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28 juin 2017

Fabienne Blanchut : interview pour 1749 miles et un peu plus encore...

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fabienne blanchut,zoé princesse parfaite,1749 miles,interview,mandorFabienne Blanchut prend de plus en plus d’importance dans le milieu de la littérature « jeunesse ». Connue principalement pour sa série Princesse Parfaite (illustrée par Camille Dubois), elle écrit désormais aussi pour les ados et dirige une collection de livres (tout en continuant sa brillante carrière de conceptrice d’émissions pour la télévision)…  

Dans 1749 miles (aux éditions De plaines en vallées), elle imagine avec talent et sensibilité l'amitié entre un chimpanzé pas comme les autres et un adolescent. Une longue amitié, sincère et fidèle, de celles qui changent une vie. Un roman plein d'intelligence et d'humanité, dont la lecture fait un bien fou aux jeunes et aux moins jeunes.

Voici donc la première mandorisation de Fabienne Blanchut réalisée à l'agence le 13 avril 2017. Ce ne sera sans doute pas la dernière.

Résumé du livre : fabienne blanchut,zoé princesse parfaite,1749 miles,interview,mandor

Janvier 2013, Alamogordo au Nouveau-Mexique. Joshua Shapiro revient sur les traces de son passé. Juin 1957, base du Holloman Aerospace Medical Center. À 13 ans, il se prend d'affection pour un bébé chimpanzé apeuré et maladif. À force de patience et d'amour, Ham puisque c'est le nom que Josh lui a donné, révèle une intelligence hors-norme et des qualités extraordinaires. Repéré par les ingénieurs de la NASA, il est choisi pour intégrer le programme des singes astronautes. Une aventure qui va changer à jamais leur destinée et celle de l'Humanité. [source éditeur] 

L’auteure : par le site Babelio.

Fabienne Blanchut est une auteure de livres pour enfants et scénariste de télévision française. Après une maîtrise d’histoire à l'Université de Grenoble, elle "monte" à Paris. Elle entreprend un DEA de sciences sociales à Jussieu, mais ne trouvera finalement sa voie qu'après un DESS en audiovisuel et édition à la Sorbonne. En stage de fin d'études à TF1, elle reçoit une proposition d'emploi au CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel). Elle y restera un an avant d'être rappelée par TF1 qui lui propose le poste d'observatoire de la concurrence au service de la programmation. Elle commence alors à proposer divers projets d'émissions. 
La littérature jeunesse lui tend alors les bras. Pendant deux ans, Fabienne Blanchut a travaillé en tant que libraire à Bruxelles (Libraire Jeunesse Amstramgram). Depuis 2008, elle remplit des missions de conseil dans les media et pour différentes sociétés de productions télévisuelles (en Belgique et en France).
Parallèlement, elle conçoit des émissions pour la télévision (téléfilms, séries, programmes courts, magazines, documentaires). Actuellement, plusieurs de ses émissions « tournent » sur les antennes.

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fabienne blanchut,zoé princesse parfaite,1749 miles,interview,mandorInterview :

Tu écris pour la jeunesse depuis 12 ans. Comment en es-tu arrivée à prendre ce chemin ?

Je travaillais à la programmation à TF1 sous l’ère d’Etienne Mougeotte et de Patrick Lelay. Je m’occupais spécifiquement de l’observatoire de la concurrence. Je regardais ce que faisaient les autres et je rapportais à mes supérieurs. A ce moment-là, avec Catherine Locandro, que j’avais connu en stage à la programmation d’M6, on a monté notre société de production télé. Ensemble, on a imaginé des concepts d’émissions, notamment des concepts autour de la nourriture. Mougeotte, qui avait du nez, m’a dit : « Tu es gentille Fabienne, mais la bouffe, en télé, ça ne marchera jamais ! » Prenant acte que nos projets ne l’intéressaient pas, je lui ai dit que j’allais les proposer sur d’autres chaines. Il a accepté, persuadé que personne n’allait être intéressé. Cuisine TV nous a pourtant pris notre premier concept qui s’appelait « Vous prendrez bien du fromage ?» A partir de ce moment-là, j’ai commencé à écrire et à réfléchir à d’autres concepts.

C’est l’époque aussi où Catherine Locandro commençait à écrire son premier roman, « Clara la nuit », je crois.

Oui, et je voyais qu’elle prenait beaucoup de plaisir à faire ça. Moi, en me projetant, je me suis dit que je n’écrirais jamais toute seule. J’ai un tempérament à m’associer. D’un coup, la littérature jeunesse s’est imposée à moi. J’aime l’idée d’écrire et qu’un illustrateur ou  une illustratrice s’empare de mon histoire et la transforme pour la mettre en image. Un jour, mon frère m’a fait rencontrer mon illustratrice « premium », Camille Dubois, qui est celle avec laquelle j’ai fait le plus d’albums à ce jour. Nos univers ont matché immédiatement. On est parti avec Zoé, la Princesse Parfaite.

Ça rassure d’être à deux ?

A l’époque oui, en tout cas. En plus, on se lançait. C’était la première publication pour elle et pour moi. Nous nous sommes épaulées et, aujourd’hui, c’est une amitié qui dure. En règle générale, c’est important de partager les succès comme les échecs… cela remet les pieds sur terre. Dans ce milieu-là, on peut vite avoir des ego démesurés. Princesse Parfaite, c’est 2 millions d’exemplaires vendus… on pourrait vite se prendre la tête.

Tu étais une grande lectrice ?

Oui. J’ai grandi sans télévision, du coup les livres ont toujours eu une importance incroyable dans ma vie.  J’ai commencé avec les Comtesse de Ségur, les Jules Verne, des livres comme ça.

Aujourd’hui, tu lis beaucoup de littérature jeunesse ?

Oui, je trouve que c’est une littérature beaucoup plus sensible et dense que la littérature « adulte ».

fabienne blanchut,zoé princesse parfaite,1749 miles,interview,mandorTon best-seller, c’est ta série Princesse parfaite. Tout le monde a lu une Princesse Parfaite à sa fille. Moi par exemple. Tu as l’habitude que les gens te disent ça ?

Oui, mais hormis quand je suis dans les salons du livre, je ne me rends pas compte de l’impact de cette série. J’ai parfois des ados de 17 ans qui viennent et qui me disent : « Ah ! Mais ce sont des livres de quand j’étais petite ! » C’est impressionnant parce que tu te rends compte que ce que tu écris traverse les générations. Je remarque que tous les enfants sont les mêmes. Depuis 12 ans que la série existe, c’est toujours le même regard, le même sourire, le même attachement à Zoé.

Il y a déjà 33 aventures de Princesse Parfaite publiées. Camille Dubois et toi, vous êtes pourtant beaucoup moins connues que Zoé.

La star, c’est vraiment Zoé. Sur la couverture des albums, nos noms n’apparaissent même pas. Juste à l’intérieur. De toute manière je préfère que le regard des autres soit attiré par mes personnages que par moi. Ils sont beaucoup plus intéressants et foisonnants. Je suis juste là pour tenir le crayon quand ils me racontent leurs histoires. J’invente les personnages et, ensuite, tout se met en place de manière mystérieuse et magique. Je leur laisse les portes ouvertes et toutes les possibilités. La littérature jeunesse offre cette chance-là, beaucoup plus que la littérature généraliste.

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C’est dur de se renouveler dans ce concept-là ?

Franchement non. Il suffit de décliner un thème sur  neuf scénettes. Sur la page de gauche, elle fait comme toutes les petites filles du monde et sur la page de droite, elle devient une princesse parfaite.  Pour le moment, je n’ai pas le syndrome de la page blanche. J’ai au moins une vingtaine d’histoires à écrire sans trop me torturer l’esprit.

Tu savais depuis longtemps que tu aimais raconter des histoires ?

Oui, j’adorais les rédactions quand j’étais à l’école primaire. Mon instituteur de CM1 lisait mes rédactions en classe. Il était comme transporté. Parfois, je piquais un fard, c’était un peu gênant. Aujourd’hui, il continue à me suivre et me laisse des messages sur les réseaux sociaux, c’est assez amusant. Il me lit et me donne son avis.

Aujourd’hui, tu es toujours à la télé. A la programmation d’une chaine belge.

Je suis consultante. Mais, j’ai d’autres activités encore. Je scénarise certains de mes projets en dessin-animé, je suis directrice de collection et je continue à écrire. J’aime avoir plusieurs cordes à mon arc. Dans la vie, j’ai une peur panique de m’ennuyer. Je mets un peu de moi dans chaque chose que je fais. J’ai la chance de pouvoir choisir mes projets et que l’on ne m’impose plus rien.

Même dans tes albums « jeunesse » il y a un peu de toi ?

Certainement. Zoé, ma mère te dirait que c’est un peu moi.

Toi jeune ou toi aujourd’hui ?

Un peu les deux (rires). Nos traits de caractères grandissent avec nous, je crois.

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Tu viens de signer une nouvelle collection chez Albin Michel. Peux-tu m’en parler ?

C’est une collection qui commencera en 2018. J’ai la chance d’avoir les illustrateurs avec lesquels j’ai envie de travailler depuis longtemps.

Tu es venue aussi pour me parler de ton premier roman, 1749 miles.

Je n’ai pas fait un album de cette histoire parce que le sujet était plus long à développer. De plus, je m’adresse à la tranche d’âge supérieure à laquelle je m’adresse habituellement.

C’est vrai que la littérature jeunesse est très cadrée.

Tu as des albums pour les 1-2 ans, pour les 2-4 ans, pour les 3-5 ans… etc. Clairement l’histoire de 1749 miles s’adressait à des ados, voire des adultes. J’ai beaucoup de quarantenaires qui se sont emparés de ce roman-là. Je raconte des choses qui nous ont marquées et nourries. Nous faisons partie d’une génération qui a rêvé les Etats-Unis. Ham, le chimpanzé astronaute est un parfait personnage de roman, je n’ai d’ailleurs pas romancé grand-chose.

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fabienne blanchut,zoé princesse parfaite,1749 miles,interview,mandorHam est un chimpanzé qui devient astronaute par la force des choses.

Le narrateur, Joshua Chapiro, est âgé de 70 ans et il fait un retour dans son passé en évoquant son amitié avec ce chimpanzé. Comme je suis historienne de formation, je voulais faire rejoindre la grande et la petite histoire. Je suis toujours touchée par l’amour que les animaux peuvent porter à l’être humain. Cette histoire d’amour entre Joshua et Ham est complètement pure et c’est cette pureté-là qui m’intéresse. On a tous rencontré quelqu’un qui nous a fait changer. Je pense qu’il y a des animaux qui peuvent nous rendre meilleur. A travers le personnage de Joshua, j’ai voulu raconter que ce chimpanzé a bouleversé sa vie, mais aussi l’histoire de l’humanité.

As-tu travesti la réalité historique ?

Pas beaucoup. Tout ce qui arrive au chimpanzé est vrai. La manière dont il a été trouvé au Cameroun alors qu’il se laissait mourir parce que sa mère venait de se faire tuer, le nombre d’heures d’entrainement, comment on a décidé de l’envoyer dans l’espace… tout est strictement véridique.

Ça t’a donné envie de continuer à écrire pour les ados ?

Pas forcément. Quand il y a une bonne histoire qui s’impose à moi, j’écris. Après je vois le meilleur moyen de la raconter. Dans mon écriture, rien n’est préméditée et je ne fais aucune concession pour rentrer dans des catégories d’âge ou de genre.

Tu as sorti un autre livre récemment, K comme Carafouille.fabienne blanchut,zoé princesse parfaite,1749 miles,interview,mandor

C’est une trilogie. Je suis partie dans l’idée d’écrire un album sur une petite sorcière et très vite m’est apparue un univers foisonnant autour de ce personnage. Au bout de 150 pages, j’ai compris que ce n’était pas un album illustré qui allait pouvoir accueillir mon histoire. Je suis arrivé à 200 pages pour chacun des trois livres. La trilogie s’est imposée.

Si un dessin animé est tiré d’une de tes séries, c’est la consécration suprême ?

J’avoue que ce serait pas mal. Il y a beaucoup d’appelé pour le passage de l’album à l’animation et très peu d’élus.

Il se passe beaucoup de choses autour de toi en ce moment. Nous sommes à une période charnière de ta carrière ?

Je suis en train de récolter le fruit de 15 ans de travail et d’hameçons lancés. Au fur et à mesure que ton nom commence à vouloir dire quelque chose dans ce milieu-là, certains qui t’avaient fermé la porte au nez il y a quelques années, viennent frapper à la tienne. Quand cela arrive, tu mesures le chemin parcouru.

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Pendant l'interview...

fabienne blanchut,zoé princesse parfaite,1749 miles,interview,mandorTu es depuis quelques semaines directrice de collection chez Leducs Jeunesse.

J’aime faire bouger les lignes. Jessica L. Nelson connaissait mon envie de mettre un pied dans le monde de l’édition, mais de l’autre côté de la barrière. Avec elle, nous avons contacté différentes maisons et nous avons choisi celle qui était la plus correcte en terme d’à valoir pour les auteurs et celle qui me laissait une bonne place pour accompagner les auteurs choisis. On vient de lancer la collection « Destins extraordinaires ».

Peux-tu me présenter cette collection ?fabienne blanchut,zoé princesse parfaite,1749 miles,interview,mandor

Ce sont des romanciers connus et reconnus qui s’emparent de l’enfance d’un personnage historique au moment où son destin bascule et où l’histoire va pour toujours retenir son nom. Gilbert Sinoué nous a fait l’extrême honneur d’en être le parrain. Il a écrit Je m’appelle Jeanne d’Arc et Jessica L. Nelson a été mon auteur numéro un avec Les sortilèges de Cléopâtre.

Je sais qu’il y a aussi Michel Quint qui participe à cette aventure éditoriale dédié aux 9-12 ans. Ce n’est pas compliqué de corriger ou faire des remarques littéraires à des écrivains aussi talentueux et chevronnés ?

Non, ce n’est pas compliqué. Ils le prennent très bien. Ils considèrent que cela fait partie du métier. Ils sont en demande parce que ce n’est pas un exercice qu’ils ont l’habitude de faire. Parce qu’ils me savaient « auteure jeunesse », ils se sont autorisé des questions que des auteurs jeunesse n’auraient certainement jamais osé me poser. Ils ont tous retravaillé leur texte. Il y eu parfois des versions deux, des versions trois et ils s’y sont attelés avec beaucoup d’enthousiasme et beaucoup de bonne humeur.

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Après l'interview, le 13 avril 2017, à l'agence.