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02 août 2019

Saint Hilaire : interview de Fabien Tourrel pour Has Been

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saint hilaire,fabien tourrel,interview mandorAprès un album éponyme (en juin 2016), le groupe rouennais Saint Hilaire a sorti en février 2019 son deuxième disque : Has been (ils ont tous les deux été classés au Top 10 en chansons française sur iTunes à la sortie, 27ème toutes catégories). On y retrouve de la chanson française à texte, bourrée de second degrés, d’humour et d’ironie, le tout, sur des mélodies pop/rock entêtantes.

Saint Hilaire porte le nom d'un quartier de Rouen. Le groupe rassemble uniquement des médecins et anesthésistes de la région. C'est avant tout un groupe d'amis et de musiciens amateurs portés par le plaisir de partager des chansons légères et divertissantes. Après leur premier album, ils se sont fait remarquer par le label Noa Music. Il les a soutenus pour la création de ce deuxième album. Avec ce précieux coup de pouce Saint Hilaire passe de l'amateurisme à une production plus professionnelle.

L'album Has been est écoutable ici.

Le 2 juillet dernier, Fabien Tourrel, le chanteur auteur compositeur du groupe, a eu la gentillesse de faire un aller-retour Caen-Paris pour cette mandorisation. C’est dans un café de la gare Saint Lazare que nous nous sommes posés pour parler de l’histoire originale de Saint Hilaire.

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saint hilaire,fabien tourrel,interview mandorInterview :

Comment as-tu créé Saint Hilaire ?

Ça s’est fait naturellement. J’ai toujours écris des chansons. A un moment donné, j’ai mis en pause mes projets musicaux parce que je travaillais beaucoup en internat. Au bout de quelques années, je me suis remis à chanter dans les bars mes chansons en guitare-chant. Au bout d’un moment, mon entourage professionnel l’a su. Quand j’ai appris que ma collègue anesthésiste-réanimatrice, Elisabeth Surlemont, était violoniste, je lui ai demandé de jouer quelques notes sur mes chansons. Tout s’est greffé petit à petit. Ensuite, c’est Éric Laidoowoo, le batteur, qui nous a rejoints. J’étais son directeur de mémoire et c’est devenu un bon copain.

Il y a eu une rencontre déterminante qui a fait avancer le projet Saint Hilaire.

Oui, c’est avec le seul non médecin du groupe, Raphael Huybrechts. Il a été le déclic du point de vue du développement de Saint Hilaire. Il écrivait pas mal d’arrangements, notamment pour un opéra qu’il était en train de créer, et comme ce n’était pas ma spécialisé, je lui ai proposé de travailler sur une de mes chansons. Il a été emballé par l’idée. Une semaine plus tard, il m’a envoyé ma première chanson arrangée avec notamment des cuivres et des cordes. J’ai trouvé ça dingue. Ca a mis en lumière que l’on pouvait faire quelque chose d’intéressant. On a réalisé le premier album assez rapidement après, avec l’aide de Fabrice Vanvert, compositeur de Keen V.

Clip de "J'ai failli" (avec la participation de Nicole Ferroni), extrait du premier album.

Le fait d’avoir un groupe composé presque uniquement d’anesthésistes-réanimateurs, c’est bon poursaint hilaire,fabien tourrel,interview mandor le marketing ?

On ne s’en cache pas, mais on n’a pas décidé de mettre cet état de fait en avant. Force est de constater que ça a aiguisé la curiosité des gens. Comme on n’a pas de grosse machine de communication avec nous, on a pris ce qui était à prendre pour que l’on parle un peu de nous. Si c’est une porte pour accéder à notre musique, il n’y a pas de problèmes.

Ce deuxième album est drôle et parfois un peu grinçant. Est-ce que c’est parce que vous faites un métier difficile que vous avez besoin d’écrire ce genre de chansons ?

C’est certain. C’est une soupape, un moyen comme un autre de changer d’ambiance et de faire autre chose. Le côté grinçant est peut-être plus lié à ma personnalité.

Clip de "La théorie du complot", extrait du premier album.

saint hilaire,fabien tourrel,interview mandorEn Normandie, vous avez un public fidèle ?

Oui, et c’est grâce à France Bleu Normandie qui nous a pas mal diffusé et qui nous diffuse encore. Par ricochets, nous avons participé à la Fête de la Musique au Mans, en tête d’affiche, sur la scène de France Bleu Maine devant 4000 personnes. Pour l’instant, Saint Hilaire reste encore confidentiel dans le sens ou on n’a pas encore de diffusion nationale hormis quelques radios indépendantes. Intégrer les grosses radios nationales, ce n’est pas simple.

Ce qui est bien, c’est que vous gagnez votre vie avec votre métier, alors j’imagine que vous restez serein sur la suite des évènements.

C’est vrai. Le projet Saint Hilaire, ce n’est que du plaisir. Nous ne nous imposons rien. On le fait parce que ça nous plait. Nous avons tous conscience que c’est un luxe.

Clip de "Je veux du showbiz" (filmé au Zénith de Paris), extrait du premier album.saint hilaire,fabien tourrel,interview mandor

Pour ce deuxième disque, Has Been, vous avez eu plus de moyens que pour le premier.

C’est grâce à Bruno Leroy, l’ancien directeur de France Bleu Normandie. Il nous a fait rencontrer une connaissance à lui, Ari Sebag, qui tient le label Noa Music, à qui il avait fait écouter notre premier disque. Du coup, Ari était partant pour produire notre deuxième disque dans les quatre mois. Le problème c’est que j’écrivais une chanson tous les 6 mois et qu’il me restait à peine 3 chansons sous la pédale. Je n’ai pas eu le temps de dire que c’était un peu chaud que Raphael avait déjà répondu par l’affirmative. Je t’avoue que je ne savais pas si j’allais pouvoir créer 6 chansons en 4 mois. J’ai eu un petit stress, mais on a réussi à le faire. Je suis content parce qu’au final, je suis fier de toutes les chansons.

Clip de "Has Been" (radio mix), extrait de Has Been.

Vous avez bénéficié de musiciens de studios, du coup.

Oui, ça change tout. On a découvert une autre manière de travailler. Le premier disque, nous l’avions fait dans un studio informatique avec un gars hyper doué pour arranger. Là, si nous avions besoin de cuivres ou de tout autre instrument, on nous offrait des musiciens adéquats. C’était le luxe. On a travaillé avec des férus de sons.

Tu es pointilleux à l’enregistrement?

J’ai l’oreille qui peut s’arrêter facilement sur des détails. Mais ils me gêneront tant qu’ils ne seront pas corrigés, alors ça peut agacer ceux qui travaillent avec moi.

Clip de "Roméo"  extrait de Has Been.

Dans « Roméo », vous critiquez les garçons trop romantiques.

C’est très second degré… et c’est l’une des chansons les plus légères du disque. On a fait un clip qui a atteint les presque les 340 000 vues.

Dans « C’était mieux avant », tu ironises sur le fait qu’on a toujours dit que le passé était mieux que le présent.

Même si tout n’est pas génial dans le monde d’aujourd’hui, s’il y a des gens qui souffrent, globalement, quand on regarde en arrière, il n’y a pas que du positif non plus. Nous essayons de faire comprendre qu’il faut avancer plutôt que de regarder derrière. En règle générale, toutes les chansons, même celles qui ont des thèmes sérieux, nous avons essayé de les traiter de manière légère. C’est notre patte.

Clip de "C'était mieux avant", extrait de Has Been.

Est-ce qu’il y a un moment où vous pourrez vous dire que vous avez franchi un cap dans ce métier ?

Oui, quand on fera Les Francofolies de la Rochelle (rires). C’est un leitmotiv que nous avons. C’est notre rêve, le Graal absolu.

Votre succès peut arriver du jour au lendemain. Vous avez fait récemment la première partie de Trois cafés gourmands et, pendant longtemps, ils étaient comme vous. Connus dans leur région et c’est tout.

Ce qui est sûr, c’est que je ne lâcherai jamais mon travail. D’une part parce que j’aime ce que je fais et aussi parce que j’ai certaines responsabilités que je souhaite garder. Déjà, je me suis mis à temps partiel, ce qui me permet de continuer à écrire des chansons et de faire des concerts.

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Pendant l'interview...

Ce qui est bien, c’est que vous n’êtes jamais à la recherche de concerts, c’est toujours des organisateurs qui viennent vous chercher.

C’est confortable cette situation.

Vous faites même de temps en temps des concerts caritatifs.

C’est la moindre des choses. Etant donné le métier que l’on fait, nous sommes sensibilisés… nous acceptons à chaque fois que l’on nous sollicite pour une raison valable.

Il y a un troisième album en prévision ?

Oui. Il est déjà écrit. Reste à convaincre notre producteur pour qu’il nous produise de nouveau.

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Avec Fabien Tourrel, après l'interview le 2 juillet 2019.

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