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09 mars 2017

Les Tit' Nassels : interview pour En plein coeur

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(Photo: Ji Fotoloft).

Cela fait bientôt 20 ans que Les Tit' Nassels livrent leur univers teinté de tendresse, d’humour et de profondeur. En plein cœur qui a nécessité deux ans d’écriture est leur 9ème album  (studio et live confondus). Il ne ressemble pas aux précédents, même s’il reste dans le même esprit. Il est plus rock, les guitares électriques, les claviers se font plus entendre. Il est peut-être un peu plus sombre au niveau des textes mais ils restent optimistes. "Bien ancrés dans leur époque, ils manient la poésie du quotidien comme celle des grandes cassures sociales". Les Tit' Nassels, dans cette droite ligne de la chanson française qui sait se faire pop, ont donc encore de belles heures devant eux. Le 23 janvier dernier, j’ai rejoint Sophie et Axl dans leur loge du Divan du Monde, salle de spectacle dans laquelle ils se produisaient le soir même.

tit's nassels,en plein coeur,interview,mandorArgumentaire officiel de l’album :

Voilà maintenant plus de quinze ans et une tonne de concerts qu'Axl et Sophie offrent au public leurs chansons naviguant entre humour acerbe, mélancolie et commentaire social percutant. En 2014, ils devenaient fous (Soyons fous !) et se payaient le luxe de transformer le duo en quatuor. Ils s'allouaient alors les services de Romain Garcia à la basse et David Granier à la batterie. Une riche idée au service de leur disque le plus abouti jusque-là. En 2016, fini la folie, c'est en plein cœur qu'ils veulent toucher. Et, à quatre de nouveau. Dans En plein cœur,  ils parviennent à capter l'air du temps et à raconter avec douceur cette époque morose où la nostalgie de temps plus apaisés se heurte à un avenir incertain. D'une demande en mariage bizarre ("Ta main") à un rejet des fanatismes religieux ("J'ai tout oublié") en passant par des histoires d'amour qui tournent mal ("Quitte-moi", "T'aurais pu prévenir"...), l'ambiance n'est peut-être pas à la fête ("Je vois"), mais l'espoir n'est jamais loin ("Bonhomme"). Un disque qui prouve, si c'était encore à faire, que les Tit' Nassels savent toujours nous toucher en plein cœur.

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(Photo : Ji Fotoloft)

tit's nassels,en plein coeur,interview,mandorInterview :

Vous vous êtes rencontrés au lycée. Racontez-moi comment vous avez décidé de créer ce duo qui dure.

Sophie : Axl jouait déjà dans un groupe de rock et, contrairement à moi, il savait déjà qu’il passerait sa vie à faire de la musique. Dans les soirées étudiantes, il prenait la guitare et nous chantions ensemble. Constatant que j’aimais bien chanter, un jour, il m’a demandé de venir avec lui dans des scènes ouvertes. J’aimais bien faire la deuxième voix.

Tu n’aimais pas trop te mettre en avant. Par timidité ?

Sophie : Oui, un peu. Mais au départ, je faisais ça pour lui rendre service. Petit à petit, on s’est pris au jeu et nous ne nous sommes plus arrêtés.

Quand avez-vous compris que la musique allait devenir une affaire sérieuse dans votre vie ?

Sophie : C'est venu naturellement. En 1997, on a fait toute les scènes ouvertes du Théâtre de poche à Saint-Etienne. Un jour, le directeur du théâtre nous a dit qu’il voulait nous programmer de manière officielle. Il a suggéré que nous trouvions un nom. On a décidé de s’appeler les Tit’s Nassels, on ne sait même plus pourquoi. On a dû trouver cela dans une soirée arrosée (rires).

Vous chantiez quoi à cette époque ?

Sophie : Des reprises de chansons françaises comme celles de Mano Solo et de Kent et aussi du Beatles, du Simon & Garfunkel. On aimait bien reprendre des mélodistes. Mon plaisir était d’harmoniser.

Un jour, vous décidez d’enregistrer un premier disque. Non, pardon, une première cassette.

Sophie : Oui, de manière très artisanale. Nous les vendions à la fin des concerts. On a dû en écouler une centaine.

Il vous en reste des exemplaires ?

Sophie : Axl en a une. Il garde tout, c’est dingue !

Ensuite, tout s’est enchaîné rapidement ?

Sophie : Notre premier album a été enregistré dans un garage et il était autoproduit. Axl avait réussi à en mettre quelques-uns à la Fnac de Lyon. Il y avait Fabien Salzi qui était vendeur à la Fnac de Lyon, mais qui avait aussi un label. Non seulement, il a aimé notre album, mais il a pu également constater qu’il partait bien, du coup, il nous a proposé de signer dans son label, Délivrance.

Vous avez beaucoup joué dans les bars. C’est l’école de la musique la plus formatrice ?

Sophie : Complètement. Il fallait savoir captiver l’attention de personnes qui n’étaient pas là pour nous. Il y avait des gens bien « bierrisés » qui criait « fais chanter la fille ! », « A poil ! »… bref, c’est effectivement très formateur de jouer dans ces conditions. Après, on peut se produire n’importe où.

"En plein cœur", tiré de l'album En plein cœur.

Cela fait plus de  20 ans que vous jouez ensemble, il n’y a pas, parfois, un peu de lassitude ?tit's nassels,en plein coeur,interview,mandor

Axl : Ça peut arriver quand on fait plein de concerts successifs, mais là, c’est plus de la fatigue que de la lassitude. Non, vraiment, on ne se lasse pas l’un de l’autre. On a la chance de faire un métier qu’on aime, on s’amuse, on rencontre plein de gens, on fait des chansons… on n’a surtout pas envie que cela s’arrête.

Textuellement et musicalement, sentez-vous que vous progressez d’album en album ?

Axl : Lorsque l’on écoute la première cassette, on comprend que la progression est réelle (rires). Sans dénigrer ce que l’on faisait on début, on sent qu’il y a de l’amélioration à tous les niveaux : l’écriture, le chant et la façon de jouer de la musique. De plus, il faut savoir se renouveler.

Ce renouvellement passe par deux musiciens supplémentaires ?

Sophie : Oui, ça permet beaucoup plus d’arrangements.

Axl : Ça donne une dynamique différente dans notre musique. Et puis, ça nous permet de nous lâcher plus sur scène. On a moins de technique à gérer et c’est très agréable.

Votre public est très fidèle. Vous n’avez pas eu peur de le décevoir en changeant de formule ?

Axl : Même si on y a pensé, ça reste nos deux voix et nos chansons. Et puis, ça fait au moins 10 ans que nous sommes plus que deux sur nos albums. Jamais personne ne nous a dit : « on préfère le duo ! ». Nous sommes toujours un duo aux yeux du public.

Version acoustique de "Contre toi", chanson tirée de l'album En plein cœur.

tit's nassels,en plein coeur,interview,mandorJ’aime beaucoup votre sens de la mélodie.

Sophie : Je peux commenter parce que c’est Axl qui compose. Ce qui m’impressionne chez lui, ce sont ses mélodies et son sens des arrangements.

Axl : Je dois tout à Daniel Balavoine.

C’est ironique ?

Sophie : Non, Axl adore Balavoine.

Axl : L’album Les aventures de Simon et Gunther est un bijou. Les arrangements sont superbes.

On ne vous entend pas beaucoup à la radio, du coup, votre popularité n’est pas à la hauteur de celle que vous méritez. Ça vous fait quoi ?

Sophie : On aimerait bien que le public accède plus facilement à nos chansons, mais nous ne sommes absolument pas dans la frustration.

Axl : Si on avait plus de notoriété, cela nous permettrait de faire plus de scènes et de nous ouvrir plus de portes. Nous aimerions avoir des moyens plus conséquents pour continuer à faire de la scène dans des conditions encore meilleures. Bien sûr, on ne refuserait pas une reconnaissance plus importante par rapport au travail que nous faisons depuis plus de 20 ans. Mais tout va bien. Le réseau alternatif dans lequel nous sommes nous permet de faire ce métier honorablement.

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Dans toutes vos chansons, il y a du drôle et du moins drôle. tit's nassels,en plein coeur,interview,mandor

Sophie : Depuis le début, on écrit comme ça. Je me souviens qu’un jour une programmatrice nous avait dit : «  vous devez choisir, soit vous êtes drôles, soit vous ne l’êtes pas ! » Non, parce que dans la vie nous sommes comme ça et que nos chansons nous ressemblent.

Axl : Un album représente une période de vie. On vit des choses légères et d’autres qui le sont moins.

Est-ce que l’un veut épater l’autre ?

Sophie : Pas épater, mais j’aime bien quand Axl est content de mon travail.

Axl : Et vice versa. Avec Sophie, on voit le monde de la même manière, donc nous sommes presque toujours sur la même longueur d’onde.

Sophie : Par exemple, ça n’est jamais arrivé que je ne sois pas en totale adéquation avec un texte d’Axl.

Il faut se ressembler un peu pour qu’un duo dure longtemps ?

Sophie : Oui, je pense.

Axl : C’est important que nous ayons les mêmes idéologies pour chanter des textes réciproques ensemble.

Il y a des messages dans vos chansons, mais tellement poétiques qu’ils ne paraissent pas engagés.

Sophie : On n’aime pas la chanson engagée pure. Qui sommes-nous pour faire la morale ? On préfère dire les choses de manière poétiques et imagées.

Axl : J’aime la chanson engagée quand elle veut dire quelque chose. Brassens, Ferré, là oui, ça voulait dire quelque chose. Aujourd’hui, c’est facile de lever le poing et de dire « j’emmerde le Front National ! »  Ce n’est pas notre boulot, notre démarche, notre envie d’être premier degré dans les chansons qui racontent la société et le monde d’aujourd’hui.

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Pendant l'interview...

tit's nassels,en plein coeur,interview,mandorQuand on écrit et chante depuis 21 ans, est-ce qu’on n’a pas tout dit ?

Axl : On a peut-être tout dit, mais jamais sous le même angle.

Sophie : On ne se pose pas la question. Si nous nous la posions, ce serait peut-être mauvais signe.

Vous faites partie d’une scène parallèle qui n’a pas besoin des médias.

Sophie : C’est rassurant, mais c’est tout de même de plus en plus difficile pour cette scène-là.

Axl : Les gros artistes médiatisés prennent de plus en plus cher pour faire de la scène et participer aux festivals. Comme les maisons de disques ont un manque à gagner dans la vente des disques, du coup, ils récupèrent avec la scène. Il y a donc moins de place pour les autres groupes. Les festivals veulent de moins en moins prendre de risques.

Sophie : Les programmateurs savent qu’ils vont remplir leur festival avec les gros artistes, alors, ils prennent tous les mêmes et ne vont pas chercher plus loin. Comme ils sont moins subventionnés, on peut aussi les comprendre. Il faut bien que leurs festivals tournent.

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Après l'interview, le 23 janvier 2017.

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27 janvier 2017

Garner : interview pour l'EP En plein coeur

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Avec la sortie de cet EP, En plein cœur, Garner le magnifique persiste, signe et confirme. Sa mélancolique électro, ses magnifiques mélodies et ses textes puissants, voire poignants continuent à m’intriguer/charmer/subjuguer. En tout, 5 nouveaux titres qui prennent aux tripes. Le viril et tendre Garner dit tout sans détours, mais avec un amour infini. Le 12 décembre 2016, il est venu à l’agence, car je voulais en savoir plus sur lui. Le mystérieux Garner s’est un peu dévoilé. Pas trop quand même, l’homme est pudique.

garner,ep,en plein coeur,arnaud garnier,interview,mandorArgumentaire de l’album (signé Alexis Bernaut est vraiment très écourtée) :

Après la sortie de son album Bas les armes en juin 2015, Garner nous revient avec son dernier Ep En plein cœur, un 5 titres résolument pop électro réalisé et co-signé par son complice Philippe Balzé (Renan Luce, Thiéfaine, Bénabar, Miossec, Saez, Ludéal, Joseph d’Anvers, Jali, Le soldat rose, Maissiat…). La verve du chanteur n’a pas changé et si ce nouvel opus semble en apparence plus léger, il ne quitte pas sa délicieuse ambiguïté. De quoi nous parle-t-il ? D’amour beaucoup, pour ne pas dire essentiellement d’amour. Car en ces temps tumultueux, il était nécessaire d’en parler. Garner est toujours celui qui accepte que l’ailleurs absolu n’existe pas.

Si la part rock du précédent album s’est estompée au profit de l’électro, on y retrouve aussi des rythmiques presque « funky ». Funky, mais sombre. On ne rigole pas, mais ne nous prenons pas non plus au sérieux.

Garner nous invite à l’accompagner (et plus si affinités) dans l’équilibre mystérieux entre légèreté et inquiétude. Mais bien que profondément pudique, il ose aussi l’intime…

On va souffrir, c’est entendu, on finira seul c’est évident, mais il ne faudrait quand même pas que ça nous empêche de danser, ni de rêver… La vie est un sujet trop grave pour ne pas s’amuser.

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garner,ep,en plein coeur,arnaud garnier,interview,mandorInterview :

J’ai fait ta connaissance avec ton album Bas les armes il y a un an.

Et pourtant, j’avais 30 ans quand j’ai fait mon premier projet musical. J’ai ai 47 aujourd’hui. Cela fait donc 17 ans que je suis dans le métier.

Mais pas sous ton nom d’aujourd’hui.

J’avais deux autres projets sous d’autres noms, en effet. Le premier, Les buveurs de lune, dans une configuration, guitare-trombone-voix.  On a ajouté un clavier, une basse, une batterie, alors, comme on devenait plus rock que jazz, on a changé de nom, on est devenu Alias Nautilus. Après, comme j’ai pu avoir une prod, j’ai fidélisé des musiciens autour de moi et de mon projet aux couleurs plus electro. Je suis devenu Garner et je pense que ce projet-là, c’est celui que je garderai jusqu’au bout.

Clip de "Sirop de menthe", tiré de l'album Bas les armes.

On sent que tu aimes la chanson française.

Mes goûts ont évolué au fil du temps. J’ai écouté William Sheller en boucle à un moment de ma vie. Aujourd’hui, il ne fait plus partie de mon quotidien, mais il continue à faire partie de mon ADN et de ma construction musicale. J’ai aussi beaucoup écouté Brel. Aujourd’hui, il me déprime profondément. Il y a un artiste qui résiste encore au temps, c’est Bashung. Il continue de me procurer des sensations dingues. L’album L’imprudence par exemple, il y a des trouvailles extraordinaires et le son est indémodable. Je ne suis pas du genre à être fan. Sauf pour Bashung. J’attendais le prochain album avec une impatience folle. Bashung, c’est la bande son de ma propre existence.

L’imprudence est un disque audacieux. Toi aussi tu vises l’audace ?

Je ne crois pas. Ma compagne me demande si je ne veux pas écrire des chansons plus accessibles, plus immédiates. Je ne me refuse pas à cela, mais je fais les choses telles que je les ressens. J’ai mis mes exigences dans les endroits qui ne sont pas les plus universelles, mais en tout cas, je ne veux pas être élitiste.

Clip de "Je finirai à Brest", tiré de l'album Bas les armes.

Je trouve que ce que tu fais est plutôt efficace. Ton album Bas les armes, c’était de la bonne popgarner,ep,en plein coeur,arnaud garnier,interview,mandor electro…

L’histoire de cet album est un peu particulière. Presque toutes les chansons existaient déjà en live, mais pour les besoins du disque, il a fallu que je rajoute des titres. On a tenté de trouver le trait d’union entre les deux. En créant les nouveaux morceaux, je sentais que je basculais vers quelque chose de plus pop electro, alors que les premiers étaient ancrés rock. On a cherché l’unité en tout cas.

Pourquoi as-tu pris cette direction pop electro ?

Je constate que dans ce que j’écoute aujourd’hui, dans ce qui me touche musicalement,  je suis tourné vers des choses plus pop electro que rock. Je me suis mis à écouter Jay Jay Johanson en boucle et moins Noir Désir, tout simplement. Je me suis aussi rendu compte, à force de pratique, que le champ sémantique et les mots qui sont les miens sont parfois un peu denses. La texture de l’electro collait mieux à mes mots... et elle n’est pas redondante là où le rock peut l’être.

Tu dois composer différemment aujourd’hui.

Avant je composais guitare-voix et après je rajoutais des choses. Maintenant, je fais mes accords guitare-voix, je les transforme en accord piano, puis ensuite, je décompose ces accords pour faire des lignes de basse, j’ajoute des boucles electro et ensuite, je travaille avec mon réalisateur Philippe Balzé. Il a vraiment sa part de créativité dans ce que je fais aujourd’hui.

Clip de "N'en abuse pas", tiré de l'EP En plein cœur.

garner,ep,en plein coeur,arnaud garnier,interview,mandorIl y a des français d’aujourd’hui que tu apprécies ?

Je trouve des choses excellentes chez Florent Marchet. Quand il est trop proche de Souchon, je suis moins fan, mais quand il s’en écarte, au niveau des arrangements et des mélodies, je trouve cela très fort. Son disque, Bambi Galaxy, par exemple est génial. Chez François and The Atlas Mountain, il y a des fulgurances. Chez Lescop aussi d’ailleurs. Mais pour ne rien te cacher, aujourd’hui, j’écoute principalement de la chanson anglophone.

C’est bien, tu chantes en français malgré tout !

Et ça ne me tente pas du tout de chanter en anglais. Je suis très amoureux de la chanson française. En plus j’aime écrire en français, cela me permet d’aller au fond des choses. Si la langue est peut-être moins riche en sonorité, elle offre un paquet de possibilités, d’altérations… on peut jouer avec la langue française. Mon projet est à 50-50 un travail d’auteur et le reste de composition et d’interprétation. Ma nécessité principale de création, c’est d’écrire des textes.

Tu écris autre chose que des chansons ?

Ça fait trois ans que je suis sur un scénario. J’en suis à la 8e version.

C’est vrai que tu as été comédien, mais pas que. Tu as un parcours atypique.

Je vais t’en faire une synthèse. J’ai fait des études d’économie d’abord, ensuite, j’ai été guide de rafting, j’ai fait du théâtre,  j’ai tourné dans des pubs, des films pour la télé, puis je suis retourné vers la chanson. C’est vraiment un résumé parce qu’en fait, ce n’est pas aussi simple que cela.

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Pendant l'interview...

Excuse-moi de parler de ton âge. A 47 ans, comment vis-tu la situation d’être considéré comme un artiste en développement ?

Il m’arrive de le vivre comme un handicap en me disant que j’arrive à un âge où normalement les artistes sont accomplis et ont déjà une belle carrière derrière eux… et, en même temps, c’est un âge où tu prends de la hauteur de vue, du recul, tu considères le chemin parcouru. Aujourd’hui, je ne rêve pas de gloire, de grands succès, juste d’arrêter de me poser la question de ma légitimité qui est propre à tous les artistes et trouver l’équilibre financier pour pouvoir me permettre de continuer de créer sans avoir les angoisses existentielles qui vont avec.

En écoutant tes chansons, je me suis dit que tu étais très complexe, très noir à l’intérieur.

Je pense surtout que je suis un grand mélancolique. Mais un mélancolique qui a réussi à dompter sa mélancolie pour la transcender. J’ai une vraie passion pour l’actualité, la géopolitique, la politique. Je dévore goulument chaque jour ce qui peut influencer mes humeurs et mon regard sur le monde. A l’intérieur de mes chansons, traine toujours une partie de cette obscurité du monde, mais j’essaie de révéler derrière la part de lumière qui existe.

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Le 12 décembre 2016, après l'interview.