27 septembre 2009

VIRGIN (septembre) 5: Abha Dawesar

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Mes lecteurs habituels savent que je suis la carrière d'Abha Dawesar depuis son premier roman traduit en français (aux éditions Héloïse d'Ormesson).

 

Première mandorisation et une rencontre FNAC ici (avec Tatiana de Rosnay).

 

Lors de son dernier passage parisien, j'en ai profité pour l'interviewer pour son dernier livre en date: "L'Inde en héritage". C'était le vendredi 11 septembre dernier. J'avais rendez-vous dans le fameux bureau des auteurs de la maison d'édition à 20h... je suis arrivé à 19h30.

J'appelle Abha pour lui demander si je peux monter quand même... "Euh, oui... je demande." Un peu plus tard. "Aucun problème, tu peux monter...". En entrant dans le bureau, je comprends l'hésitation. Héloïse d'Ormesson est là, avec son charismatique père, Jean. Il vient de passer l'après-midi à signer son deuxième ouvrage publié par sa fille, « Saveur du temps ». Nous conversons quelques minutes puis ils me laissent seul avec la radieuse Abha.

Voici l'article publié dans le Virgin du mois de septembre.

Suivront ensuite des questions bonus, non publiées...

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Bonus track : quelques questions non publiées…

 

Mandor : Relisez-vous les traductions qui sont faites de vos ouvrages ?

 

Abha Dawesar : Si  j’ai le temps, en effet, je jette un coup d’oeil. Par exemple, pour « L’Inde en héritage », on a discuté avec Laurence Videloup, notamment pour les noms des personnages dans la langue française. Elle me suggérait et souvent j’étais d’accord. Je fais une confiance absolue envers ceux qui traduisent mes livres dans leur langue. Même si je parle français, je suis incapable de traduire mes propres œuvres. Par contre, je prends plus de risque dans les pays qui traduisent mes livres dont je ne connais pas la langue… je ne peux rien vérifier. Dans ce cas de figure, je suis obligé de faire confiance.

 

M : Pensez-vous aux lecteurs lorsque vous écrivez ?

 

A.D : Je pense aux lecteurs quand le roman est déjà fini, mais c’est déjà trop tard. Je serais paralysée si je me demandais continuellement ce que va penser le lecteur du livre. Ca bloquerait le processus de fabrication.

 

M : Est-ce que vous écrivez pour faire évoluer les consciences ?

 

A.D : En tant qu’individu qui voit et subit le système, qui est souvent frustré par celui-ci, il me semble normal d’essayer. En tant qu’écrivain, je me demande si l’écriture peut changer le cours des choses. Je ne sais pas.

 

M : Aimeriez-vous qu’un livre comme « L’Inde en héritage » soit étudié à l’école ?

 

A.D : Oui, bien sûr, mais c’est mon ego d’écrivain qui vous répond.

 

M : Vous êtes sur la liste des éventuels Prix Médicis de cette année… j’imagine que votre ego est satisfait…

 

A.D : Oui, mais comme vous dites : il faut raison garder. Vous savez, le travail d’écrivain est très cloisonné. On devient presque sauvage. Quand on est célébré, on se dit qu’on n’écrit pas pour rien. Être pris au sérieux est salvateur et encourageant pour continuer son œuvre.

 

M : Vous écrivez quoi en ce moment ?

 

A.D : J’ai un projet d’écriture dans lequel il y a beaucoup de sciences. L’action se situe en France, en Inde et à New York. C’est très contemporain, mais il ya quelques flashbacks sur la Première Guerre mondiale. Je ne suis pas encore à un stade où je peux en dire plus.

 

M : J’ai lu vos trois ouvrages et je trouve qu’aucun ne se ressemble… ne jamais écrire le même roman est la moindre des choses, mais avec vous, on est aux antipodes systématiquement.

 

A.D : Par rapport aux styles, j’adore apprendre des choses en écrivant. Plus j’écris, plus j’apprends, plus je vais pouvoir aller plus loin.

 

M : Votre vie est partagée entre la France, l’Inde et les États-Unis… Ce n’est pas perturbant ?

 

A.D : C’est mon mode de vie pas tout à fait normal, depuis 7 ans. C’est compliqué, mais ça m’a fait évoluer en tant qu’individu. Ça m’apporte beaucoup de richesses intellectuelles, mais je ne peux me fixer quelque part. J’ai une vie plus virtuelle que réelle. Je suis rarement présente pour les gens de mon entourage.

 

M : Vous avez toujours vos deux blogs ?

 

A.D : Oui, je les alimente quand le temps me le permet.

 

M : Nous sommes « amis Facebook »… je vous ai vu en jeune collégienne. Vous étiez charmante.

 

A.D : (Elle rit aux éclats)… j’ai aussi beaucoup d’amis de l’Inde et de New York. Ça nous permet de garder le contact. Et effectivement, il y a des archives qui ressortent.

 

M : On se revoit l’année prochaine pour le prochan romain?

 

A.D : Si l’on se revoit uniquement pour le prochain roman, ce sera donc plutôt dans deux ans. Je ne pense rien sortir d’ici là.

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