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03 avril 2014

Dyne : interview pour son EP "A la tombée des nues"

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(© Hélène Kérisit)

Voilà une artiste encore inconnue dont j’aime la voix (elle est capable, avec une dextérité étonnante, de descendre dans les graves comme de monter dans les aigus), les textes et les compositions. Pianiste hors pair, Dyne chante et joue avec une sorte d’urgence qui ne peut pas laisser indifférent. Une bonne raison pour s’y intéresser et lui offrir ici un peu de visibilité. Pour le moment, il n'existe encore aucun clip, juste des captations lors de Tremplins ou lors de prestations dans de petites salles.Quand j’ai reçu la chanteuse à l’agence, le 18 décembre dernier, j’ai été très étonné par ses propos. Elle tient un discours inédit pas piqué des hannetons, mais intéressant. J’aime être surpris quand un artiste me parle et là... je n’ai pas été déçu.

dyne,à la tombée des nues,interview,mandorBiographie officielle, à propos de l’EP 6 titres, A la tombée des nues.

Ça parle d’amour. Comme pas mal d’autres avant elle.
Ça parle avec pas grand-chose, un piano, une voix, une contrebasse, parfois une guitare. Ça suffit à évoquer les rêves et les espoirs, les désillusions aussi. Ça parle de quelques-uns sans jamais vraiment les dire et c’est ce qui touche, l’émotion brute et fragile qui s’immisce entre les lignes des notes. Des parcelles de classique, jazz, latino, variété, des parcelles de gens, de vécus, de cœur que Dyne livre sur un plateau d’argent à qui veut l’écouter.

Car Dyne c’est ce mélange d’une intimité si étrange qu’elle en reste ouverte à chacun, là, sous vos oreilles, c’est son émoi qui bat au rythme de ses songes, aux rythmes saccadés, brisés par l’effet de surprise que peut prendre la tournure des vers. En musique, rien ne se répète vraiment, Dyne se joue du piano sur les sentiments… avec sincérité. C’est un mot d’ordre et de droiture, c’est bien sa vie qu’elle met en jeu dans ses textes. Au service d’une mélancolie qui empoigne avec douceur, des mélodies qui n’ont pas de refrain, dont on se souvient pourtant.

Et s’il fallait trouver un but à la démarche, il serait dans l’instant. Creuser dans les silences comme on creuse sa bulle, une brèche dans le temps où l’auditoire est pris d’une même chaleur, partager l’émotion d’un être qui se donne sans carapace l’espace d’une chanson.

Pour en savoir plus sur son actu, suivez sa page Facebook.

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(© Hélène Kérisit)

dyne,à la tombée des nues,interview,mandorInterview :

Tu as un cursus d’arts appliqués. À la base, tu voulais devenir mangaka (auteur de manga)

Oui, j’ai suivi cette voie jusqu’à mon bac, puis j’ai tenté de faire un BTS de design de mode avant de changer d'orientation une nouvelle fois et faire une licence de musicologie. Je voulais raconter des histoires.

Dans le dessin, tu aimes quoi ?

Les gens. Dans le dessin et le design, j’aime croquer les gens. Mais, plus généralement, depuis toute petite, j’écris des romans, des livres dont tu es le héros et je raconte les gens.

Tu ne te contentes donc pas d’un art.

Et je vais même te dire que la forme d’art dans laquelle je suis le moins à l’aise, c’est la chanson. La poésie d’une chanson est extrêmement difficile à trouver. C’est compliqué d’amener des situations, des contextes, des surprises avec des mots épurés. La poésie, les paroles de chansons, ce sont des éclats de surprises.

Comment en es-tu venue à décider de chanter ?

J’ai commencé à composer à l’âge de huit ans. J’aimais inventer. Je me suis mise à écrire des chansons quand je suis tombée amoureuse, à l’âge de douze ans. J’aimais écrire des déclarations. J’ai commencé à chanter parce qu’il fallait bien que quelqu’un interprète le fruit de mon travail d’auteure-compositrice. À cette époque, je n’avais pas spécialement envie d’être sous les projecteurs. Même aujourd’hui, ce qui me plait le plus, c’est inventer.

"Si tu l'as pas compris", version live en 2013.

Tes chansons sont compliquées dans leur structure. Tu ne te contentes pas de trois dyne,à la tombée des nues,interview,mandoraccords…

Elles ne sont pas évidentes à jouer et chanter en même temps, en effet. Je ne fais pas forcément des chansons que l’on a envie de fredonner. Je prends le chant et le texte avec la musique. C’est comme si c’était une voix qui faisait partie de la musique.

C’est rare de créer une chanson texte plus musique en même temps. 

Chez moi, tout vient ensemble. Mais, c’est aussi une volonté. Comme je ne me sens pas la plus douée en la matière, je préfère créer de la manière la plus sincère possible. Donc, je compose et écris uniquement quand ça vient. Il me faut l’inspiration ou une volonté profonde de sortir quelque chose. Quand l’inspiration vient, elle se matérialise en un jet. Et après, je ne retouche pas. J’accepte ce que j’écris sans rien changer parce que c’est venu de mon cœur. Je ne juge pas ce que je fais, sinon je me prends trop la tête.

C’est de l’écriture instinctive ?

Complètement instinctive. C’est même de l’écriture inconsciente. Encore une fois, j’écris des chansons, ensuite, je vois ce que j’ai créé. Il y a des artistes qui ont une intention et qui vont la créer. Moi, je crée et après je vois l’intention que j’ai mise en avant. Il m’arrive de découvrir des phases de ma vie.

Musicalement, c’est pareil ?

Quasiment. Je lis la musique à peu près, mais je ne connais ni les accords, ni les gammes. Rien n’est prémédité. C’est pour cela que mes chansons sont parfois imparfaites. Par contre, elles sont le reflet exact de ce que je suis.

Je trouve ta voix exceptionnelle.

Le problème de la voix, c’est qu’elle fait partie de ton physique, donc, tu peux l’abimer. Et c’est quelque chose qui ne se remplace pas. J’ai donc pris quelques cours avec un professeur incroyable.

Tu t’amuses bien avec elle.

J’ai une voix plutôt « jazz ». J’arrive à sortir des timbres différents.

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As-tu des modèles dans la chanson ?

Je commence tout juste à m’intéresser à la chanson française. Je sais que je vais choquer beaucoup de personnes, mais ça m’a répugnée pendant un moment. Je ne trouvais pas ça bon. J’avais du mal avec les textes et je trouvais la musique pauvre. Alors que non, en fait, évidemment. Mais les premières chansons qui sont arrivées à moi ne m’ont pas marquées. Ça ne m’a pas donné envie de chercher. Même Brassens et Brel, ça ne m’a rien procuré. Par contre, un jour, je suis tombée sur Barbara et je me suis sentie assez proche d’elle.

Tu as fait une fac de musicologie. Tu devrais être ouverte aussi à la chanson, non ?dyne,à la tombée des nues,interview,mandor

C’est d’ailleurs là que j’ai un peu changé d’avis, car il y a avait un cours de chanson française. Par la force des choses, ça m’a amenée à découvrir ce monde-là. Ça m’a davantage intéressée quand j’ai compris les contextes, ce qu’il y a derrière les chansons, les thèmes d’une œuvre…  Mais quand même, j’ai du mal avec les chanteurs morts. Je préfère aller vers le vivant. Je sais que je peux encore être surprise par eux.

Et dans les « vivants », alors, tu apprécies qui ?

J’adore Nicolas Jules par exemple. Ses textes m’ont vraiment étonnée. La chanson, ce n’est pas là où on va trouver la plus grande musique. Moi, je suis très musicale, j’aime le rythme, le groove…

C’est l’hôpital qui se moque de la charité… on ne peut pas dire que ton EP soit hyper groove.

C’est paradoxal, je sais, mais ce que je fais, je ne l’écouterais pas. Ce n’est pas un truc vers lequel je me tournerais. C’est de la chanson. Mais, c’est ce qui sort de moi, je n’y peux rien. Par contre, je t’avoue qu’en ce moment, il y a des nouvelles chansons qui m’arrivent. Elles sont plus « punchy » et plus jazz.

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Qu’est-ce que ça t’apporte de chanter ?

J’ai besoin de m’exprimer au plus juste, de sortir des choses qui me touchent. J’ai remarqué que je pouvais faire de la musique pendant des heures et que je ne m’ennuyais jamais. C’est ça qui m’a poussée à persister dans cette voie. C’est toujours une source de curiosité et d’approfondissement. Mes autres activités, au bout d’un moment, ça pouvait devenir une corvée.

As-tu envie de devenir chanteuse musicienne professionnelle?

Ce n’est pas forcément une envie. C’est un besoin mêlé à un devoir.

Un devoir ?

C’est un devoir que je ressens en moi. Je pense que chacun à son utilité sur Terre et est doué pour quelque chose. Il a donc le devoir de le partager avec les autres. Je sens en tout cas qu’il y a quelque chose dans l’expression que je dois développer.

Je reviens au terme « devoir ». C’est amusant parce que pendant longtemps, je pensais que les artistes avaient pour mission de divertir, faire réfléchir ou sensibiliser. Tu penses quoi du terme « mission » ?

Je n’ose pas l’utiliser parce qu’il est très fort. Le problème du monde dans lequel on vit, c’est que l’on met des valeurs sur la société, mais tout le monde est « à part » et chaque mission est importante. La mission de l’artiste a un rapport avec les autres. Elle est un exemple, un regard et un véhicule.

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Te sens-tu parfois habitée ? Quand tu es sur scène par exemple.

Parfois, je suis tellement partie que j’oublie ce que je fais. Il faut que je parvienne à un équilibre entre la concentration et l’abandon.

Il faut s’abandonner ?

En s’abandonnant, pour ma part, c’est là où je parviens à me connecter aux autres. Plus je m’abandonne, plus les gens me disent que je suis avec eux.

J’ai lu que quand tu écrivais une chanson, tu pensais toujours à une personne. Est-ce toujours le cas ?

Beaucoup moins. J’évolue. Maintenant, un texte peut me venir par rapport à un mot que j’entends. Par exemple, j’ai une chanson récente qui s’appelle « Girouette ». Je suis partie de ce mot. Maintenant que le texte est terminé, je sais à qui s’adresse cette chanson. Je me découvre à partir de mes inspirations.

"Girouette" en concert privé en région aixoise en février 2014. A la contrebasse Renaud Duret.

Est-ce que tu trouves que ta carrière est longue à aboutir ?

En ce moment, je suis découragée. Je continue parce que j’en ai le devoir… et c’est ça qui me permet de tenir.

Te sens-tu différente des autres ?

Tous les gens sont différents, tous les gens sont similaires.

Ton discours est très original. Aucun autre artiste n’ose vraiment l’aborder.

C'est difficile d'en parler ouvertement, il faut pouvoir assumer un tel discours. Ça peut être assimilé à beaucoup de choses. Je ne veux pas être considérée comme quelqu’un d’illuminé, par exemple. Quand tu tiens des propos aussi francs dans une direction, tu sais que ça ne va pas correspondre à plein d’autres directions et de modes de pensée. Je prends le risque. Je veux être la plus sincère possible. Dans mes chansons et dans ma vie.

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Une selfie avec Dyne et mes deux stagiaires de 13 ans, présentes ce jour-là pendant l'interview.

10 juin 2013

Pic d'or 2013 : Bilan (1)... la finale en vidéo

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Le jury 2013, la directrice et la nounou des artistes...

389809_464222313646783_237346011_n.jpgL'édition 2013 du Pic d’Or  s’est tenue les 24 et 25 mai dernier au Théâtre de Nouveautés de Tarbes (Hautes-Pyrénées).

C’est la deuxième année que l’organisation du Pic d’Or me fait l’honneur de me demander de faire partie du jury de ce tremplin. J’avais accepté l’an dernier « pour voir », malgré les réticences énormes que j’avais à juger les artistes et, pour certains d'entre eux, les éliminer.

Être membre d’un jury, ce n’est évidemment pas que ça. Il s’agit surtout de mettre en avant et de récompenser ceux que nous estimons les plus méritants. Cette partie-là s’impose d’ailleurs moins à moi, je dois l’avouer.

Dans cette première chronique « bilan » et avant de publier celle des coulisses de ces trois jours formidables passées là-bas, je vous propose de voir les prestations des finalistes.

Force est de constater que le Pic d’Or est, depuis trois ans, un tremplin qui réunit une partie de la fine fleur de la scène française d’aujourd’hui. Je le disais déjà l’année dernière (c’est d’ailleurs ça qui est fou, un tel bis repetita), j’ai rarement vu sur une même scène, un plateau composé d’aussi talentueux artistes en devenir. Je ne dis pas ça en l’air. C’est la réalité des faits. A ce propos, j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi le France 3 du coin ne couvre absolument pas l’évènement. Mystère et boule de gomme ! (Y a-t-il tant que cela des manifestations musicales de cette tenue dans la région. Très certainement (je ne vois que ça…).

Je remercie ici Corinne Labat (à l’énergie communicative), la présidente du Pic d’Or, ainsi que Florence Cortes, la nounou des artistes (et un peu celle du jury aussi) et tous les bénévoles (sympas et efficaces) de nous avoir tous accueillis admirablement et chaleureusement.

(Une pensée à Christian Garcia qui est à l'origine de mon entrée dans cette aventure. Je n’oublie pas.)

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(Photo : Nöt Pixbynot)

En tant que membre du jury, tout comme l'année dernière, je ne donne pas mon avis personnel sur les uns et sur les autres, mais j’ai évidemment mes préférences et mes évidences. Cela étant, vous lirez dans quelques futures chroniques des mandorisations de ceux qui ont eu ma faveur. (Je suis donc très hypocrite sur ce coup-là. Une fois n'est pas coutume.)

Des artistes, des organisateurs, des autres membres du jury (dont vous verrez les interviews à la fin de cette chronique), de l’ambiance générale, je parlerai dans ma prochaine chronique (avec photos et commentaires).

Pour toutes ces belles vidéos, un grand merci  et surtout un grand bravo à Pascale Sonneville Paugam et son mari (pour Via communication, une agence de communication multimédia créée depuis 8 ans sur Tarbes dont le cœur de métier est, justement, la production vidéo) !

Askehoug (mandorisé ici): Pic d'Or.

La remise du Pic d'Or à Askehoug.

Jesers (mandorisé là) : Pic d'argent.

La remise du Pic d'argent et du Prix du public à Jesers.

Leïla Ssina : Prix d'interprétation et prix de l'ACP Manufacture de la Chanson.

Remise du prix d'interprétation à Leïla Ssina.

Manon Tanguy (mandorisée ici) : Prix de la musique et prix de l'ACP Manufacture de la Chanson.

Remise du prix de la musique à Manon Tanguy.

Guillo : Prix du texte.

Remise du prix du texte (que je remets chaque année. Merci Corinne Labat et Stéphane Rigot) à Guillo.

Les autres finalistes non primés (mais qui aurait très largement pu l'être).

Simon Autain.

Tony Melvil.

Dyne.

Virgule (mandorisée ici).

Maeva.

Après les 10 finalistes, voici les interviews des 4 membres du jury "parisiens" par Pascale Sonneville Paugam.

Commençons avec le chef, le président Arnold Turboust (auteur, compositeur, interprète. On connait de lui le single "Adelaïde" en duo avec la comédienne Zabou et il est l'auteur des musiques de grands succès d'Etienne Daho tels que "La notte, la notte", "Tombé pour la France", "Pop satori", "Epaule tatoo", "Le grand sommeil" et "Pour nos vies martiennes"...)

Dans cette vidéo, beaucoup d'images des délibérations du jury...

Thierry Cadet, journaliste du site musical HorsCène, chanteur, animateur sur Télé Melody et co-créateur du Prix Georges Moustaki.

Jean-Charles Pasqualini, fondateur et rédacteur en chef de Platine et animateur sur Télé Mélody. Par ailleurs, il est régulièrement sollicité par les grandes chaînes de télévision pour des interviews (50 mn Inside, 100% Mag, Accès Privé, L’édition spéciale, Planète Music Mag…). Il a signé plusieurs livres sur la chanson et conçu plus d’une centaine de compilations et coffrets de Piaf à Sanson.

Et bibi, pour finir.