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08 décembre 2017

De Calm : interview pour Disparue Juliette

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(Photo   : Agathe Peyrot des Gachons)

Je ne comprends pas le fait que les albums de De Calm restent confidentiels. Bien sûr, il y a un public, bien sûr, les médias en disent du bien, mais les radios jouent très peu leurs titres et la masse populaire ne les connait pas. Il y a un problème quelque part. Où ? Je ne sais pas.

J’avais adoré le précédent album de ce duo, Amour Athlétic Club (mandorisation là). Disparue Juliette est un sacré bijou lui aussi, pourtant, ce disque est passé sous silence. C’est injuste. Parfaitement injuste.

"Sous une fausse apparence de nostalgie mélancolique, De Calm signe un disque chargé d’optimisme et d’espoir, en choisissant d’orner la poésie inhérente de textes précis à des arrangements pop malins et variés. En résulte un album profondément humain, qui nous parle autant qu’il se confie, qui nous conseille autant qu’il nous écoute." (source IndieMusic.fr)

Le 12 octobre dernier, le tarnais Guillaume Carayol m’a rejoint sur une terrasse parisienne pour évoquer cet album somptueux. Oui, somptueux, c’est le mot.

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(Photo  : Mickaël Serrano)

Biographie officielle (un peu écourtée):

A l’heure où la notion d’album n’est souvent qu’un prétexte, Guillaume Carayol (écriture et chant) et Mickaël Serrano (composition) veillent au contraire à lui rendre son lustre. Pour eux, faire un album, c’est retrouver un plaisir enfantin même si le vernis a une apparente gravité. Cette réjouissance et l’ironie qui se dégagent de l’ensemble, on peut l’observer dès la pochette avec cet alligator en laisse, à la recherche d’une hypothétique Juliette.

Produit avec Mako, l’un des fidèles collaborateurs de Daho et avec la section rythmique de ce dernier, ce troisième album vise à étendre l’harmonie amorcée avec les deux précédents : Le Film Définitif  et Amour Athlétic Club. Le premier absorbait le travail de réalisateur de Guillaume tandis que le second, agitait son passé de footballeur sentimental. Tous deux avaient été accueillis favorablement par les médias et les radios, avec notamment la chanson « Un Jour de Mai » largement playlisté. Ils leur avaient également permis d’être distingués lors d’un concours des Inrocks ou encore de figurer dans la sélection du Prix Moustaki, tout en se produisant aux quatre coins de la France.

de calm,guillaume carayol,mickaël serrano,mako,disparue juliette,interview,mandorL’album :

Avec Disparue Juliette, le duo toulousain De Calm continue de regarder droit dans les yeux la pop mélancolique des ainés, tout en remuant une vase singulière qui fait d’eux des outsiders à l’élégance constructive.

On pourrait rapidement le classer dans le registre pop synthétique sauf qu’ici les batteries sont jouées, les basses sont véritables et parfois, les guitares servent à fabriquer des sons artificiels qui rappellent ceux des synthés.

Pendant plus d’un an, Guillaume et Mickaël se sont rendus à intervalles réguliers à Saint Jean de Luz dans le cocon du Studio Drop-In. Le thème de la disparition rôde un peu partout : la disparition amoureuse omniprésente, la disparition des liens entre deux frères qui ne se parlent plus (« Les rues qui nous séparent ») ou encore, la disparition programmée de pays qui s’apprêtent à sauter d’une falaise (« Au bord des falaises »).

L’ensemble peut paraître pessimiste alors qu’en réalité, c’est gorgé d’espérance. De par la musique et les lueurs qui sommeillent dans chaque texte, mais aussi à travers la poésie humaniste des clips que réalise Guillaume pour eux et pour d’autres artistes. Il y a toujours cette volonté d’être à bonne distance, à bonne pudeur comme sur « La Bonté est bizarre » inspirée par les événements tragiques du Bataclan ou comme dans « Il fait froid » qui préserve jusqu’au bout le mystère qu’il renferme.

Au bout du compte, de la noirceur apparente des textes se dégage toujours une euphorie colorée qui trouve son équilibre dans les mélodies pop. Cet album n’a qu’une seule vocation : faire du bien.

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de calm,guillaume carayol,mickaël serrano,mako,disparue juliette,interview,mandorInterview :

Nous nous sommes vus il y a 3 ans pour le précédent album.

Je ne suis pas quelqu’un qui écrit en permanence. Jusqu’à présent, ma méthode était simple. Je disais à Mickaël, « viens, on y retourne » et là, on ouvre les vannes intensivement pendant quelques temps. On accumule des chansons, ensuite, on voit avec qui on peut les faire. Sur chaque album, on a essayé de varier les plaisirs en changeant de producteur et de réalisateur. Pour celui-ci, on a choisi Mako. Comme Mickaël avait laissé les guitares de côté pour privilégier les claviers, on a trouvé que c’était le choix idéal parce qu’on savait qu’il avait une collection de claviers à St-Jean-de-Luz. On a considéré qu’il y avait moyen de s’amuser avec, de surcroit, une personne très douée.

St-Jean-de-Luz, mazette ! C’est important d’avoir un bel environnement pour enregistrer un disque ?

Je ne sais pas si tu te souviens, mais nous avions enregistré le précédent album dans une usine avec des machines de partout… franchement, à chaque fois, l’idée c’est de se faire plaisir. C’est vrai qu’à St-Jean-de-Luz, le cadre était sympa. On mangeait à midi au bord de la mer. Le studio se trouvait dans les locaux de Quick Silver. Les employés étaient très chouettes et l’ambiance très bonne. Quelque part, ça doit influencer quelque chose dans la façon d’envisager un disque, je ne sais pas.

Avec Mickaël, vous tentez de vous impressionner mutuellement ?

Oui, mais depuis toujours. Cela crée une émulation importante. En plus, à chaque fois, nous travaillons avec une pointure, ça nous oblige à nous élever. C’est comme quand tu joues un match de foot, quand tu es face à une équipe magistrale, il y a de fortes chances que ton niveau s’élève. Avant d’enregistrer un album, avec Mickaël, on bosse comme des bêtes de manière à arriver avec des titres déjà bien aboutis. Nous faisons en sorte que pendant l’enregistrement, il ne nous reste plus qu’à les magnifier.

Clip de "Alligator".

C’est un album qui laisse entrevoir une pointe d’espérance dans les textes… mais très discrète. de calm,guillaume carayol,mickaël serrano,mako,disparue juliette,interview,mandor

Elle est là, mais elle se repère selon le regard de chacun. Je laisse le soin à ceux qui écoutent de prendre le texte avec leur sensibilité et à leur convenance. Nos chansons peuvent partir d’un postulat pénible, mais elles aboutissent à quelque chose de positif qui élève. Quand je vais au cinéma, j’aime les films qui laissent une part d’imaginaire, qui vont susciter un truc personnel qui va réveiller quelque chose. J’ai le sentiment qu’en écrivant comme j’écris, cela offre cette possibilité.

Tu n’as pas l’impression que les professionnels n’arrivent pas à vous cataloguer ?

Pour les très indés, nous sommes « variétés » et vice-versa. Avec Mickaël, nous sommes des coureurs de fond. Bien sûr, on aimerait plus de reconnaissance, ne serait-ce que pour jouer régulièrement dans des salles honorables. Je me dis que le temps joue pour nous et qu’au fur et à mesure, on crée quelque chose qu’un public apprécie.

Je sais que par exemple, en Allemagne, on s’intéresse à vous.

On passe sur la radio nationale allemande depuis le mois d’avril 2017, on ne sait pas trop pourquoi.

Quand ça ne marche pas dans son pays, y a-t-il un risque de développer une certaine aigreur ?

Bien sûr, mais ce risque est ponctuel. Après, je fais tellement d’autres choses que ça passe vite. Avec Mickaël, malgré tout, on s’émerveille d’avoir fait trois albums.

de calm,guillaume carayol,mickaël serrano,mako,disparue juliette,interview,mandorParle-moi de la chanson et du  clip de "La bonté est bizarre".

Ce titre a été écrit avant les événements parisiens. Il s'agissait au départ d'une déambulation nocturne à la recherche d'humanité. Peut-être celle qu'on guette dans les concerts. Nous avons été troublé qu'il entre en résonance avec ce qui s'était passé au Bataclan. Nous avons pris la liberté de changer une ou deux petites choses mais tout était déjà là. L'hommage s'est prolongé avec la réalisation d'un clip avec des élèves du Collège de la Montagne Noire de Labruguière dans le Tarn. Ensemble, nous l'avons écrit et mis en scène dans une salle de spectacle. Une expérience unique où de bout en bout, nous avons cherché la bonne distance en n'esquivant pas la noirceur tout en essayant de rassembler l'humanité et l'espoir qui peut survivre à tout ça. Vraiment, nous avons essayé d'approcher tragédie et espérance.

Pour écrire une chanson, tu pars toujours d’un fait réel ?

Je parle toujours de choses qui m’émeuvent. J’essaie toujours d’en faire des chansons pas mièvres et qui, à un moment, va bousculer. Ça m’excite de trouver l’angle idéal. J’aime challenger une idée, voire la sublimer.

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 Est-ce que le nouvel album est toujours le meilleur ?

Tout le monde dit que le dernier chasse le précédent. Je sais que dans les trois albums, il y a des liens entre pleins de chansons. J’ai l’impression que nous avons des thématiques qui reviennent. Dans l’écriture, c’est quelque chose qui m’amuse. J’ai besoin de tisser une toile discrète entre chaque album.

Tu as l’impression d’avoir tout dit ?

Oui. Après, on redit les choses mais différemment. J’adore l’écrivain Jean-Paul Dubois. J’ai l’impression qu’il raconte ses mêmes obsessions, mais à chaque fois, je reprends une dose de bonheur en le lisant. Il reste dans son pâturage tout en continuant à m’émerveiller.

Contrairement à Jean-Paul Dubois, il n’y a pas de cynisme dans ton écriture.

Je préfère que dans mon écriture, on me parle d’humanisme. J’y tiens parce que cela fait partie de ma personnalité. Je ne veux surtout pas faire de chansons engagées ou moralisatrices. Je n’aime pas les donneurs de leçons.

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Le 12 octobre 2017, après l'interview...

Et pour finir, un peu de promo spécial Noël!

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18 janvier 2014

DE CALM: Interview pour Amour Athlétic Club

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Après un premier disque paru en 2010, le duo DE CALM  composé de Mickaël Serrano etimage.jpg Guillaume Carayol continue de distiller avec talent ses chansons françaises baignées de douce mélancolie (avec une pointe d’accent méridional). Je n’ai qu’un souhait : que ce deuxième album, Amour Athlétic Club, à la fois sensible, simple et chaleureux, leur permette de franchir un palier et pourquoi pas, de devenir numéro un de la french pop. Ils le méritent.

Le 29 novembre dernier, Guillaume Carayol (seul) à quitté Saint-Baudille (Tarn) pour me rendre visite à l’agence (mais évidemment, il a rencontré plusieurs journalistes pendant son court séjour parisien.)

Biographie largement inspirée de l’officielle (et raccourcie) :

DE CALM, c’est le duo Mickaël Serrano et Guillaume Carayol. Le premier compose et joue, le second écrit et chante. L’alchimie opère ensuite en studio et sur scène, avec la contribution de musiciens qui se fondent dans le collectif.

155894_462275286282_867884_n.jpgDistingué par Les Inrocks lors d’un concours CQFD, DE CALM sort fin 2010, un premier album intitulé Le Film Définitif réalisé par Pierre Rougean (Statics, Cats on Trees).  « L’envie d’Écouter Miossec » et « L’idylle » connaissent une encourageante diffusion auprès des radios françaises et étrangères.

Relayés par les médias (France Inter, FIP en tête), ils effectuent un « Tour Métrage » où chaque soir, une trame narrative différente accompagne leurs chansons. Cette passerelle entre le cinéma et la musique n’est pas une lubie ou un effet de style. Guillaume, qui est aussi réalisateur, la déploie également à travers les clips qu’il réalise pour DE CALM et pour des artistes aussi divers que Le Prince Miiaou, Bertrand Betsch ou dans l’électro avec Sayem.

Leur second album Amour Athlétic Club rassemble onze chansons. On peut bien sûr y voir un1381966_10151692495296283_629922307_n.jpg clin d’œil aux années footballistiques de Guillaume au sein du Toulouse F.C. lorsque son entraîneur n’était autre qu’Élie Baup, l’actuel coach de l’OM. Mais si le sport affleure ici et là, il n’est qu’un prétexte pour des chansons d’amour. Il y a le premier amour (« Un Jour de Mai »), l’amour oublié (« En 601 »), l’amour cinéphile (« Le Film qui ne se fera jamais ») ou encore le désamour de soi (« Les Plongeoirs »)… Onze variations autour du seul thème qui sollicite en permanence nos aptitudes physiques et mentales.

Le disque a été réalisé avec Marc Denis (Bertrand Betsch) dans des conditions singulières, au milieu des machines et des ouvriers dans un immense atelier. Le batteur Philippe Entressangle et le bassiste Marcello Giuliani, qui forment l’habituelle section rythmique d’Étienne Daho, sont venus apporter de l’ampleur au projet. Un vernis pop qui dissimule un aspect plus sombre qu’il n’y parait. C’est plus charnel, plus direct. Les ambiances sont mélancoliques et pourtant enjouées, avec toujours cette volonté de proposer des chansons ambitieuses, sans s’adresser à une élite.

DSC08578.JPGInterview :

Comment as-tu rencontré Mickäel Serrano ?

Nos copines respectives se connaissaient. Nous étions les pièces rapportées. Lui, il composait. Il écoutait Jean-Jacques Goldman, moi j’étais dans la mouvance Miossec et Biolay.

Dans DE CALM, on reconnait plus ta mouvance que la sienne.

(Rire) J’ai réussi à le tordre, à le convertir.

Et tu as pris le dessus musicalement.

Moi, je n’étais pas ouvert à Goldman, mais lui était plus ouvert à la découverte. Ça doit s’expliquer comme cela. Il avait peut-être plus le sentiment de ne pas avoir écouté grand-chose jusqu’à présent. En tout cas, il n’avait écouté que des musiques qui venaient comme ça, par les médias. À partir du moment où j’ai commencé à lui donner des textes, il a ingurgité ce que je lui proposais rapidement. Mikäel a fait un travail de fou. Il a écouté plein de disques, il m’a demandé de lui envoyer des liens d’artistes et de chansons que j’aimais, bref, il a été très curieux et travailleur. Il a quand même rejeté certaines choses, mais du coup, dans la composition, il est allé vers beaucoup de subtilités. Il m’a réellement impressionné.

Clip de "Les plongeoirs".

Réalisation et montage : Guillaume Carayol
Images : Simon Barthes
Images additionnelles : Mickaël Serrano – Guillaume Carayol

548944_10151363956311283_2100352357_n.jpgToi, à l’origine, tu n’étais pas parti pour chanter.

J’avais juste la volonté d’écrire des textes. Je le soumettais à Mickäel et lui les chantait à la guitare pour se faire une idée. Et puis un jour, j’ai essayé de m’y mettre…

Ça m’intrigue toujours ça. Comment peut-on se dire « je vais devenir chanteur » ?

Je t’avoue que j’avais un peu envie d’y aller, avec le sentiment que je n’avais aucun sens du rythme, je ne savais pas trop ce que c’était que la justesse. Mickäel a été d’une patience extrême. J’ai commencé par du chanté-parlé, c’était donc jouable. On a fait écouter à quelques personnes ce qu’on avait commencé à enregistrer. Ils ont trouvé qu’il y avait un truc intéressant dans ma voix. « C’est faux, c’est à côté, mais c’est intéressant ». À ce moment-là, Mickäel a pris les choses en main pour que l’on bosse sérieusement. On est parti de très loin, je t’assure.

Très vite, vous êtes sélectionnés par Les Inrocks pour le concours CQFD.

On sortait vraiment de nulle part. Nous n’avions  fait aucun concert. On a envoyé un titre, assez inécoutable, pour participer à ce concours. Contre toute attente, on s’est retrouvé sur la compilation. Ça a déclenché des réflexions intimes. Nous aurions donc notre place et une légitimité. Cela nous a permis d’être reçus par pas mal de labels. Ça nous a aussi donné du courage pour monter sur scène. Enfin, nous avons commencé à travailler avec Pierre Rougean (qui a réalisé l’album de Cats on Trees) sur Toulouse. Un mec très subtil avec lequel nous avons appris à travailler un morceau, à construire, à structurer, à avoir une pensée pop élégante.

Vous êtes allés chaque semaine chez lui travailler vos morceaux, presque avec vos trousses et vos cahiers…

Oui, ça peut casser l’esprit rock’n’roll de savoir tout ça, mais Pierre Rougean est ainsi. Un laborieux. Pour nous, c’était super. On a tout appris. Il te donne des phrases, des indications et tu repars avec tes devoirs à la maison.

Entre 2006, date de la sortie de la compilation CQFD et 2010, date de la sortie de votrecqfdcd.jpg premier album, il s’est passé 4 ans. Vous avez pris votre temps pour apparaître.

L’une des raisons, c’est que je suis aussi réalisateur. C’est ma formation initiale. J’ai fait l’ESAV, l’école d’audiovisuel à Toulouse. Et Mickäel est instituteur. Ça nous a permis d’avoir un peu de recul et une certaine patience pour avancer. Il n’y avait aucune urgence financière par exemple. C’était confortable.

Dans le premier album Le film définitif, vous parliez beaucoup de cinéma… dans Amour Athlétic Club, il est plus question de sport et d’amour.

Il est toujours question de cinéma dans notre nouvel album, mais de manière plus dissimulée. Je ne voulais pas refaire un autre disque concept sur le cinéma, j’avais peur que nous soyons catalogués.

J’aime bien vos chansons, il y a des couches et des sous-couches qui leur donnent plusieurs sens.

J’adore l’idée que les auditeurs de nos chansons puissent interpréter différemment nos chansons. Pour moi, une chanson doit avoir une part de mystère. Si elle n’a pas une part de mystère, même infime, pour moi, elle est ratée. En même temps, la difficulté, c’est qu’il faut qu’elle soit accessible.

Clip de "Un jour de mai".

Réalisation : Guillaume Carayol
Images : Mickaël Serrano – Guillaume Carayol

Tu ne racontes pas beaucoup ta vie.

Parfois, on peut retrouver des histoires un peu personnelles, mais je suis plus dans l’observation de ce qu’il se passe à côté. Je ne suis pas persuadé qu’un chanteur ait beaucoup de choses à dire sur sa propre existence. C’est facile de mettre à la première personne des histoires qui arrivent aux autres. Cet artifice d’auteur amène de la puissance aux chansons.

Es-tu très méticuleux dans l’écriture d’un texte ?

Le secret, c’est d’avoir une bonne corbeille et de ne pas hésiter à y jeter beaucoup de choses. J’ai une propension à ne pas être satisfait de mes écrits. Il faut pourtant conserver la fraîcheur d’écriture de ce qui arrive spontanément, mais ce n’est pas facile pour moi.

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Mickäel a-t-il son mot à dire sur les textes ?

Son mot, il le dit plus sur les structures, et c’est très confortable pour moi. Quand j’écris un texte, je ne sais pas forcément qu’elles seront les parties qui feront office de couplet ou de refrain… et lui le sait rapidement. Ça me permet de terminer plus facilement une chanson.

Et toi, donnes-tu ton avis sur les arrangements et sur la composition ?

Ça m’arrive. On communique et on échange beaucoup, c’est normal. On se dit les choses avec délicatesse, en tout cas.

Vous avez enregistré ce deuxième album dans un grand hangar avec des machines et des ouvriers. Quelle curieuse idée ?

Oui, on a enregistré dans un immense atelier dans lequel j’avais tourné un clip. On a trouvé l’acoustique originale, alors, même en sachant que ça allait être casse bonbon, on a décidé de tenter le truc. On a eu de la chance parce que le projet a plu au batteur Philippe Entressangle et au bassiste Marcello Giuliani, qui sont habitués aux plus grands studios parisiens. Ils étaient extrêmement motivés de se retrouver en difficulté dans un lieu inhabituel. Bon, on avait une super table de mixage. Nous n’avions pas lésiné sur le matos. Ils se sont éclatés.

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201301221587.jpgLes critiques de ce deuxième album sont dithyrambiques. On dit de vous que vous êtes le renouveau de la pop française. Mazette !

Ça fait plaisir. Après, on a travaillé comme des chiens pour en arriver là. (Rires) Avec Mickäel, on a vraiment envie de construire une carrière sur la durée. Nous ne sommes pas à la recherche du succès fulgurant. Pour nous, l’idéal, ce serait de parvenir à s’ancrer quelque part dans la chanson française. Notre but serait de pouvoir continuer à enregistrer d’autres albums, à notre rythme, en artisan, en conservant un niveau d’exigence élevé.

Le fond, vous l’avez… mais aussi la forme. L’image est importante pour vous.

Je trouve qu’il faut aussi prendre le temps sur les visuels, les pochettes des disques, les clips. Je ne comprends pas les artistes qui se moquent de tout ça. Dans mes créations, de par ma formation audiovisuelle, ça m’a toujours intéressé de mettre une cohérence, des explications et du sens dans tout mon travail artistique.

Même quand tu réalises des clips pour d’autres artistes ?

Oui, j’essaie de glisser des petites passerelles avec l’œuvre de DE CALM, même très discrètes.

Le nouveau clip de Bertrand Betsch "Je voudrais que tu me dises" réalisé par Guillaume Carayol.

Tu diras à Mickäel que je le félicite pour les mélodies très efficaces qu’il compose.

C’est son côté Goldman. Très efficace et en même temps, subtil. Mickaël a une culture populaire et commerciale qu’il ne renie pas. Il sait donc trouver des airs que l’on retient sans difficulté.

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Avec Guillaume Carayol, le 29 novembre 2013, après l'interview.