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21 février 2016

Clarika : interview pour De quoi faire battre mon cœur

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(Photo : Frank Loriou)

A la question, qu’elle est ta chanteuse préférée ? Jusqu’à la réception du nouvel album de Clarika, De quoi faire battre mon cœur, je n’ai jamais su qui répondre. J’apprécie beaucoup de chanteuses, mais Clarika a toujours figuré dans le peloton de tête. Et puis là, encore une fois, à l’écoute de ses chansons, je suis fasciné. Par sa voix, par la profondeur de ses mots, ses histoires qui me touchent au plus haut point (alors que je suis un homme, je suppose qu’elle fait remonter en moi ma part de féminité ou quelque chose comme ça), sa manière de raconter la vie… bref, j’ai décidé qu’à partir d’aujourd’hui, je répondrai « C’est Clarika ma chanteuse préférée ».  Et petit rappel : c’est elle qui, dès le milieu des années 1990, avec La Grande Sophie,  a ouvert la voie aux Jeanne CherhalAnaïs ou Camille d’aujourd’hui. Dans son nouvel album, il n’est question ni de larmoyer, ni de se répandre, elle raconte juste sa vie aujourd’hui, sans le mentor et amoureux d’avant. Cette géniale artiste a indéniablement le talent de l’autodérision.

Je l’adore. Voici donc sa deuxième mandorisation (la première est là). Elle s’est tenue dans le bar d’à côté de « mon agence », le 7 janvier dernier.

clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivressesArgumentaire de l’album (version raccourcie) :

Un disque à la fois singulier et familier, intime et universel, qui évoque, entre douceur et douleur, le thème de la séparation. Une séparation amoureuse et artistique d’avec son compagnon, le compositeur et arrangeur Jean-Jacques Nyssen, avec qui elle partageait vie et musique depuis vingt-cinq ans.

De quoi faire battre mon cœur, son septième opus, est surtout prétexte à renouveau : changement de ton, d’ambiances et d’équipe, pour prendre le pari de tout chambouler, abandonner le confort des habitudes, quitte à se mettre en danger. Pour la première fois, l’album a été concocté sous la houlette du réalisateur, arrangeur, compositeur et musicien Fred Pallem (Le Sacre du Tympan), avec la complicité de Raoul Tellier (La Maison Tellier), les deux principaux compositeurs. Au fil des plages, on croise aussi Mathieu Boogaerts, Skye, Claire Joseph, Alexis HK, Tony Melvil et même Jean-Jacques Nyssen, crédité de deux titres. Des chansons à la grave légèreté (l’émouvante « Je ne te dirai pas », sans doute l’un des plus beaux textes de Clarika, « La vie sans toi », « Rien de nous », « Dire qu’à cette heure », en duo avec Alexis HK), traversées de souvenirs turbulents (« On a fait », « Le Choix ») et de métaphores éloquentes comme dans « La Cible », en duo avec Helmut Tellier, évocation sous chapiteau d’un amant maladroit lanceur de couteau, « L’Inaperçue », portrait d’une fille transparente, ou « Le Lutétia », inspirée de l’histoire vraie d’un couple âgé venu finir ses jours dans le palace parisien.

Dans les nouvelles chansons de Clarika, il y a des pluies de cordes venues de Budapest, des traversins de clavecins, des basses gainsbouriennes, des guitares tartares et des claviers vintage. Comme la BO d’un grand film moderne qui raconterait la vie et les amours qui passent. Avec des cœurs qui battent à l’unisson. Le sien et les nôtres.

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(Photo : Frank Loriou)

clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivressesInterview :

C’est le 7e album en 20 ans de carrière.

Oui, et si on veut être précis, le premier album est sorti tout début 1994. Donc ça fait 21 ans.

Tu te sens progresser d’album en album ?

Mes albums me ressemblent, donc ils changent en même temps que je change. Je n’écris évidemment pas les mêmes choses qu’il y a 21 ans, heureusement pour vous. Dans la forme, je tente de ne jamais faire le même album que le précédent, je ne sais pas si j’y parviens. J’aime changer de collaborateurs, mais dans celui-ci, évidemment, c’est plus flagrant puisque ce n’est plus Jean-Jacques Nyssen qui a réalisé.

Du coup c’est le talentueux Fred Pallem qui s’y est collé.

Il a arrangé l’album, mais il a fait aussi quelques compositions. Diversifier la collaboration permet d’aller un peu ailleurs. Fred a permis qu’il y ait une vraie rupture.

Tu le connaissais avant de travailler avec lui ?

On se suit de loin depuis longtemps. Pour cet album, ce réalisateur arrangeur a pris les choses en main. J’avais vraiment envie de travailler avec lui et il a accepté rapidement. Notre collaboration s’est faite totalement naturellement.

Quand tu travaillais avec Jean-Jacques Nyssen, vous étiez à la maison, là, la façon de travailler n’est plus la même.

On a fait cet album dans un temps un peu plus cadré qu’avant, mais ça n’a pas trop changé la méthode de travail. Moi, ça m’a fait du bien d’avoir un souffle nouveau et une nouvelle écoute. Même les musiciens ne sont plus les mêmes que pour mes albums précédents. Je ressentais le besoin de tout changer.

"Je ne te dirai pas".clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivresses

J’ai trouvé que tu étais allée très loin dans les trois chansons sur ta rupture avec Jean-Jacques
Nyssen.

C’était ça ou rien. Je ne pouvais pas faire dans la demi-mesure. Jusqu’à présent, je n’avais jamais écrit de manière viscérale. Il y a parfois des moments incontournables dans la vie qui font que les textes arrivent comme ça et on y peut rien. Ce n’est pas impudique parce que ce que je vis et chante est universel.

Ton premier single « Je ne te dirai pas » parle du manque de l’autre, avec délicatesse et classe. Aucune pleurnicherie.

Ce que je dis est tellement ce que je suis, ce que je vis et ce que je pense. C’est un mélange de douleur et d’espoir. J’ai aussi voulu faire comprendre que l’histoire était belle.

Il faut bien le dire, dans ce disque, il y a moins d’espoir dans tes chansons.

Il y a même de la tristesse, disons-le. Je n’ai pas de chansons dans les tiroirs, donc j’écris ce que je ressens. J’écris telle que je suis. Il raconte deux ans de ma vie récente… Il fallait que ça sorte et franchement, ça fait du bien. Par contre dans l’écriture musicale et les arrangements, on a cherché à rendre tout ça plus léger et digeste.

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(Photo : Frank Loriou)

C’est vrai que ton disque est loin d’être plombant et je trouve ça très fort.

C’est le retour que j’en ai. La gravité est là, mais on a réussi à l’amoindrir avec la musique. Mon équipe avait franchement peur en voyant arriver les chansons au fur et à mesure. Ils se sont dit qu’il y en avait quand même beaucoup sur ma rupture. Dans l’écriture, je suis toujours en phase avec l’état dans lequel je suis et avec la vie que je mène. Je ne peux pas faire autrement.

Tu t’es posée la question de savoir comment ton public allait prendre ces nouvelles chansons ?

Non, pas vraiment. Je sais que les albums que je préfère sont parfois des albums tristes. J’ai le goût de ça artistiquement. Je pense aussi que je suis fidèle à mon écriture habituelle, même si c’est sur des thématiques douloureuses.

Est-ce que le dernier disque est le plus important ? Celui qui compte le plus ?

Oui, pour l’instant. Jusqu’au prochain. Il y a toujours une émotion quand on sait que les gens vont découvrir vos nouvelles chansons, surtout quand elles sont si personnelles.

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(Photo : Frank Loriou)

clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivressesDepuis quelques mois, tu es en concert avec Daphné. Parle-nous de cette expérience.

On s’est rencontré à l’occasion d’une commande de la Ville de Paris qui nous donnait carte blanche à La Cigale pour clôturer le Festival des Vendanges. Comme nos managers respectifs sont amis, se connaissent et travaillent souvent ensemble et que toutes les deux, nous avions envie de nous lancer dans un projet parallèle aux nôtres, on a décidé de faire ce bout de chemin ensemble. On ne se connaissait pas, mais nous respections beaucoup ce que faisait l’autre. On a créé ce spectacle, « Ivresses ». Nous avons cherché toutes les ivresses, éthyliques, de l’amour, de la vie, des sommets… ça permet quand même un éventail assez large de chansons. On y retrouve quelques poèmes de Prévert ou Baudelaire, des chansons des autres qui vont de Serge Reggiani à Britney Spears en passant par Renaud et Barbara, et quelques chansons à nous.

Daphné et toi, vous êtes différentes.

C’est ce qui nous intéressait. En plus, nos voix collaient bien. C’est amusant parce qu’on a remarqué qu’on a des gens qui nous suivent en commun. On s’éclate vraiment à chanter les autres et c’est une très belle expérience.

Excuse ma question un peu directe. Pour toi, professionnellement parlant, les choses sont difficiles ou ça va ?

Ça va. Je me dis souvent que j’ai eu la chance d’arriver avant la panique dans cette industrie du disque. J’ai eu le temps de fidéliser un public. Si je ne suis pas une grande vendeuse de disque, j’arrive à faire des tournées et remplir les salles. La scène, c’est ce que je préfère faire. C’est la cerise sur le gâteau après l’écriture et l’enregistrement de l’album.

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Après l'interview, le 7 janvier 2016.

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Toutes les photos sont signées de l'excellent Frank Loriou (mandorisé récemment là), sauf celle avec Daphné et celle où  je suis avec Clarika

Clarika : site officiel

25 avril 2014

Daphné : interview pour l'album Fauve

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daphné,fauve,interview,mandorJ’ai rencontré pour la première fois Daphné dans un café parisien à l’occasion de la sortie de son premier disque L’émeraude, en 2005. Il en avait résulté une longue interview pour le journal des magasins Virgin. Deux ans plus tard, deuxième interview  (mandorisée, par la même occasion) pour évoquer l’album Carmin dans un salon de thé. Nous ne nous sommes plus jamais revus, jusqu’au 12 mars dernier. Je me suis cette fois-ci rendu dans les locaux de sa maison de disque, Naïve, pour évoquer la sortie de son quatrième album, Fauve. Comme à chaque fois, avant de commencer l’interview, elle m'a demandé des nouvelles de ma fille Stella. Et comme à chaque fois, ça m'a touché qu’après autant de temps, elle se souvienne d’elle. Et comme à chaque fois, je ne lui ai pas parlé de sa maladie orpheline… parce qu’on n’est pas là pour ça.

Biographie officielle (signée Sophie Delassein), coupée à la machette (la bio, pas l’auteure de la bio) :

Après L’émeraude, après Carmin, la lauréate du Prix Constantin sortait, Bleu Venise, où les hommes semblaient littéralement transpercés par les flèches décochées par Cupidon. Ces figures masculines énigmatiques, sensuelles, éprises, cruelles, peuplent depuis le début les chansons de Daphné.

Il y a eu aussi en 2012, Treize chansons de Barbara.

2014, Daphné inscrit ses nouvelles chansons aux teintes fauves, comme ces mélanges daphné,fauve,interview,mandorincandescents qui font apparaître une danse sur une toile de Matisse ou des arbres mouvants dans un tableau signé Maurice de Vlaminck. D’emblée, on retrouve ce grain si chaud dans son chant, qui s’enfonce dans les graves ou tutoie les aigus avec le même sentiment d’intimité, ce timbre reconnaissable entre tous, mélange de langueur assumée et d’exaltation retenue.

Voici donc quatorze nouvelles chansons signées Daphné, paroles et musique. Elles illustrent deux notions chères à l’artiste : la beauté et sa demi-sœur la liberté. Deux notions perceptibles dans les orchestrations, légères et savantes, fruit de discussions entre la chanteuse et David Hadjadj, de nouveau.

Daphné traite de la beauté et de la liberté, donc, et ces deux notions s’appliquent à l’amour. L’amour dans tous ses états. Et, quand elle retrouve Benjamin Biolay, celui-là même qui lui fit la courte échelle à ses débuts, c’est pour un duo, un dialogue entre deux enfants d’assassins qui le deviendront à leur tour, leur descendance aussi.

Ici tout est pensé, senti, inspiré. C’est Daphné.

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daphné,fauve,interview,mandorInterview :

Cinq albums, neuf ans de carrière. Trouvez-vous que le temps est vite passé ?

Que le temps passe vite, on le sait et on n’a pas le choix. Je ne dirais pas que c’est un combat perdu d’avance parce que ce n’est pas un combat. Je prends les choses comme elles viennent.

Si le temps qui passe n’est pas un combat, ce métier l’est-il ?

Oui. Il y a plein de choses sur lesquelles il faut vraiment se battre. Il faut aimer énormément chanter, faire des chansons, aller sur scène, pour faire ce métier aujourd’hui. À côté de ça, il y a beaucoup d’énergie dépensée pour ce métier, mais qui n’ont rien à voir avec le fait de chanter.

Quoi par exemple ?

Je suis quelqu’un qui n’aime pas subir les choses. Quand on est chanteuse dans une maison de disque, il y a un cadre bien défini, même si, personnellement, j’ai la chance qu’on me laisse faire ce que je veux artistiquement. Je ne veux pas rentrer dans les détails des coulisses, des contrats, des choses comme ça, mais il faut savoir que la musique est une industrie. Nous, artistes, on est vu comme un produit.

Clip de Flores Negras.

La musique, c’est une industrie qui provoque aussi du rêve à ceux qui écoutent les daphné,fauve,interview,mandorartistes.

Je ne sais pas si mon intention est de faire rêver les gens. C’est plus concret que ça. Mon intention est de les faire voyager. Avec des images, avec des sensations… Je suis moi-même embarquée par la musique et j’ai beaucoup d’images qui viennent à moi quand j’écoute des chansons que j’aime.

D’album en album, vous suivez votre chemin avec audace et cohérence.

C’est un plaisir de me positionner comme une chanteuse qui raconte des histoires ou des sensations. Je suis un fil qui me vient naturellement. Appeler  mes albums du nom d’une couleur, c’est un jeu. Je m’amuse. Mon parcours est ludique. Écrire des chansons est un plaisir. Je ne me dis pas : « je vais faire ça parce que c’est cohérent dans ma carrière », je le fais parce que j’en ai envie. Une chanson n’est pas du tout intellectuelle, c’est quelque chose de très spontané, même si je les travaille beaucoup les textes pour qu’elles sonnent naturellement. Pour moi, les chansons, ce sont comme des personnes. Elles ont leur indépendance et sont aussi totalement indisciplinées. Elles arrivent comme elles veulent et elles s’imposent. Quand on est chanteur, quand on écrit, il faut une capacité d’accueil. Il faut s’abandonner à ce que raconte une chanson.

Vous n’êtes pas maître de la situation quand une chanson arrive.

Si, parce que j’y prends beaucoup de plaisir. Un de mes plus grands plaisirs, c’est d’écrire des chansons, de jouer avec le son des mots, d’imaginer comment elles vont être habillées, notamment avec quels instruments. Pour moi, le plaisir de la création des chansons est le cœur de ce métier.

daphné,fauve,interview,mandorCet album s’appelle Fauve. Comme la couleur et aussi comme un animal sauvage. Êtes-vous quelqu’un de sauvage ?

Dans la chanson « Tout d’un animal », j’explique que je suis quelqu’un qui a besoin d’espace, de liberté et qui le revendique. J’ai une part sauvage en moi et je trouve qu’il est important de la préserver.

Est-ce facile de rester sauvage de nos jours ?

Ça, c’est un travail. Et je crois que le combat, finalement, il est là. Pour rester sauvage, il faut se battre.

Vous utilisez votre voix comme un instrument de musique… et chaque chanson à sa façon de l’utiliser.

C’est en fonction de l’émotion de la chanson. Prenons une chanson d’amour,  j’en ai fait beaucoup dans tous mes albums. Je ne me verrais pas chanter comme une dingue une déclaration d’amour. Pour moi, c’est l’intime, il y a une douceur. Pour des chansons qui évoquent la liberté, j’utilise ma voix de manière plus frondeuse. Je n’ai jamais considéré le chant comme une démonstration. Tous les gens qui me touchent dans la chanson ne sont jamais dans la démonstration. Pour moi, le chant n’est pas un exercice. La voix est là pour être au plus près possible de l’émotion. Je ne me dis jamais : « Tiens ! Je vais montrer que ma voix peut monter sur plusieurs octaves ! »

Votre album et la tournée d’un an où vous avez chanté des chansons de Barbara ont été loués par tous. Que retenez-vous de cette expérience ?

Outre les souvenirs que cette expérience musicale a engendrés, ça m’a donné encore plus d’assise dans ma liberté, parce que c’était une femme sans concession. C’est très important parce que sa façon d’être correspondait parfaitement à mon tempérament depuis que je suis toute petite.

Clip de "Où est la fantaisie".

daphné,fauve,interview,mandorDans « Où est la fantaisie », vous chantez le manque de fantaisie dans la vie. C’est important pour vous cette légèreté d’être?

Il faut arrêter de se faire des nœuds avec des choses qui ne sont pas si graves. Bien sûr, il y a parfois des choses dramatiques qui arrivent dans nos vies. Mais, même dans ces choses-là, on peut y trouver une forme de surréalisme, de l’absurdité, de l’humour. Moi, même quand il m’arrive des choses vraiment pas drôles, j’ai une capacité à rebondir. Ça rend la vie plus gaie. Je vois beaucoup de gens qui n’osent pas montrer leur fantaisie à cause du regard des autres. Beaucoup pensent que pour paraître intelligent, il faut être sérieux. Moi, je pense exactement le contraire. Plus on est en paix avec soi même, plus on peut raconter des bêtises, s’amuser et profiter de la vie. La fantaisie, c’est comme si c’était montrer une de ses failles.

Vous, vous n’avez jamais freiné votre fantaisie.

A chaque fois que j’ai fait un travail normal dans ma vie pour gagner ma vie avant d’être chanteuse, il fallait toujours que j’amène ma touche. Par exemple, j’ai travaillé un moment à la Samaritaine. J’ai refait toute la décoration de mon rayon. Du coup, j’ai été virée parce que ce n’est pas ce que l’on m’avait demandé. Quand je fais quelque chose, j’aime le faire selon mon ressenti. Je déplore le fait qu’on ne peut pas toujours suivre son cœur et ses élans.

Il y a un duo avec Benjamin Biolay, Ballade criminelle. Il a toujours été là, avec et pour vous.

Ça fait maintenant 10 ans que l’on s’est rencontré. Je lui avais donné une maquette et trois mois et demi après j’ai signé avec ma maison de disque de l’époque. Benjamin, c’est mon parrain, mon ange gardien. C’est un artiste que j’aime beaucoup, à qui je dois beaucoup. Et, en plus, nos voix s’accordent très simplement.


Daphné - Ballade Criminelle - La Fauve 2014 par MaudClifton