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04 juillet 2019

Armèle Malavallon : interview pour Dans la peau

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(Photo : Christophe Carlier)

armèle malavallon,dans la peau,interview,mandorJ’ai connu Armèle Malavallon en 2014 lorsque j’ai participé au recueil collectif Les aventures du concierge masqué (voir la mandorisation là). C’est elle qui avait la lourde tâche de gérer les auteurs (très nombreux), de corriger, voire de faire retravailler la copie de quelques-uns, tout cela avec diplomatie et efficacité.

Je l’ai retrouvée un an plus tard, alors qu’elle venait de remporter le Prix VSD Polar 2015 avec son premier roman Soleil noir (mandorisation à lire ici). Elle revient aujourd’hui avec un thriller psychologique rondement mené. Il y est question de tourments intérieurs, d’assassinats, de tatouages, d’amours compliquées... et plus anecdotiquement d'un chien protecteur et d’un chat qui s’appelle Canard.

Mon conseil lecture pour cet été !

Armèle Malavallon et moi nous nous sommes retrouvés à Pézenas le 26 avril dernier, lors du Festival Printival pour évoquer ce deuxième roman.

4e de couverture :armèle malavallon,dans la peau,interview,mandor

Paris, en plein été. Le corps d’une femme non identifiée est repêché dans la Seine. Adèle Hème, journaliste spécialisée dans les faits divers, est en pleine rupture sentimentale quand elle tombe sur cette information a priori anodine. Quel est le lien entre l’inconnue de la Seine, Jérôme Fasten, flic à la criminelle, et Oscar Ortiz, un mystérieux artiste parisien ? À tenter de vouloir le découvrir, Adèle va sombrer petit à petit dans l’obsession et la paranoïa au point de tutoyer la folie…

L’auteure :

Armèle Malavallon est vétérinaire. Elle a travaillé sur les maladies infectieuses et la nutrition animale en France et à l’étranger. Elle a publié au sein d’ouvrages collectifs (recueils de nouvelles, polar collaboratif lancé par TF1) et son premier roman Soleil Noir a remporté en 2015 le Prix VSD du polar, présidé par Franck Thilliez.

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armèle malavallon,dans la peau,interview,mandorInterview :

Dans ce thriller psychologique, rien n’est simple dans les rapports humains.

C’était principalement ce que je voulais évoquer dans ce livre : les rapports humains, les relations amoureuses et les rapports humains dans la relation amoureuse.

Adèle, ton héroïne est complexe. On sent qu’elle a du mal à gérer les choses de l’amour.

Elle a l’impression de plier sous le poids des hommes et des sentiments qu’ils éprouvent pour elle. Elle ne sait pas trop comment y répondre. Du coup, elle répond mal ou trop tard… et rarement avec enthousiasme.

Oscar, le tatoueur d’Adèle, a beaucoup de mal également avec les rapports humains.

Il a eu des problèmes dans son enfance dont il ne parvient pas à se remettre. Cela lui donne une personnalité très froide, impassible, dénuée de sentiments qui fascine Adèle. Elle a l’impression qu’il parvient à la cerner immédiatement, qu’il peut presque lire dans ses pensées.

Alors que les deux hommes de sa vie, Jérôme, le flic, et Graham, le patron de son journal, sont un peu trop exubérants et intrusifs.

Ils l’accablent trop de leurs sentiments respectifs. Elle étouffe parfois, mais elle a quand même besoin d’eux. Comme tout le monde, elle est très paradoxale.

De toute manière, on peut dire que tous tes personnages sont torturés dans ton thriller, non ?

Ils sont tous borderline et à un moment de leur vie très particulier. Adèle vient de se faire plaquer par Graham et vient de commencer son travail de tatouage qu’elle souhaitait depuis 20 ans. Quant à Jérôme, sa femme vient de le quitter et il connait des gros problèmes dans son travail. Enfin Oscar, lui, est dans une période où quelque chose va basculer. Mais je ne peux pas en dire plus, sinon je spoilerais…

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L'héroïne du livre, Adèle Hème et ses monstres intérieurs.

Il y a dans ce livre une réflexion sur la mort donnée à l’autre. Tu démontres que l’on peut tuer sans être un criminel.

J’ai voulu que l’on comprenne les rouages psychologiques de tous les personnages et pourquoi toutes ces choses terribles sont arrivées. Qui a tué ? Au fond, même si je donne la solution, ça n’a pas une importance capitale. L'intérêt est dans  l'enchaînement des faits qui vont  conduire à cette fin inéluctable. Découvrir ce qu'il s'est passé, mais surtout pourquoi ça s'est passé.

Tu prouves que n’importe qui peut devenir un assassin… ce qui n’est pas rassurant.

Tous les assassins ne sont pas forcément des monstres, des serial killers ou des psychopathes qui torturent, violent et découpent en morceau les femmes dans les caves. Les faits divers que nous lisons dans les journaux, la plupart du temps, ça n’a rien à voir avec ce que l’on voit dans les séries américaines.

Il y a une scène de sexe un peu particulière. A-t-elle été facile à écrire ?

Elle est venue assez naturellement. Je n’avais pas envie d’écrire une scène de sexe pour écrire une scène de sexe. En tout cas, elle a beaucoup marqué parce qu’on m’en parle beaucoup (rires).

Quand tu écris, y a-t-il un dosage à faire pour ne pas trop en dire ? Je reformule ma question. Laisses-tu sciemment un peu de place à l’imagination du lecteur ?

J’ai toujours en tête de ne pas trop expliquer au lecteur. Je considère qu’il ne faut pas le prendre pour un idiot. Je ne décris pas trop le physique des personnages, les décors, les lieux… d’abord parce que je trouve cela ennuyeux et surtout parce que j’aime laisser au lecteur sa part d’imaginaire.

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Après l'interview, le 26 avril 2019 à Pézenas.