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31 janvier 2019

Laurie Darmon : interview pour son EP Dévêtue

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Si j’ai toujours soutenu Laurie Darmon (lire et ) que je trouve fort talentueuse, piquante et originale, j’ai toujours regretté que sa part de mélancolie et de tristesse soit si perceptible. Il n’en parait plus rien aujourd’hui avec ses nouvelles chansons. Légèreté, sexualité et joie de vivre, voilà ce qui ressort de l’EP Dévêtue… et c’est une bonne nouvelle. Cette Laurie désinhibée fait plaisir à voir et à entendre.

Le 24 janvier dernier, je l’ai rencontré une troisième fois pour qu’elle m’explique cette belle évolution.

48191390_2247245482158414_3253975679963758592_n.jpgArgumentaire de presse officiel :

Il s’agit d’un véritable virage artistique résultant d’une créativité et d’un enthousiasme retrouvés suite à une double rupture : tout d’abord avec son entourage professionnel, suivie d’une rupture dans sa vie privée un mois plus tard.

C’est au cœur de cette perte totale de repères emprunte de danger, de risques et d’urgence autant que de liberté et d’énergie intenses que la création vient envahir la jeune femme, qui crache en un mois et demi son deuxième album, totalement conçu seule dans son home studio.

Une renaissance et un renouveau inattendus qui sonnent comme une célébration de la vie. Dévêtue, Laurie Darmon s’aventure ici et là, se laisse vivre et capte alors une lumière féconde et puissante qui la remplit de rythmes, de mélodies et de mots. Des mots, plus crus, qui sonnent comme le manifeste d’une féminité moderne, libérée et décomplexée, pour embrasser la vie comme elle vient, ses petits riens et ses grands feux, sur un tempo qui appelle les déhanchés d’un corps en mouvement perpétuel.

La mélancolie passée de ses premiers textes laisse aujourd’hui place à une musique plus légère, joyeuse et dansante, mâtinée d’une électro-pop singulière, qui traduit l’éclosion d’une femme profondément libre et indépendante succédant à la jeune fille autrefois contenue.

Auteure, compositrice, interprète, arrangeuse, réalisatrice, et productrice de son nouvel EP composé de 5 titres, Laurie s’entoure désormais d’une équipe réduite pour aboutir et mettre en lumière ce travail, dont Gaspard Murphy, ingénieur son et co-réalisateur, ou encore Eléonore Wismes, photographe et graphiste.

Pour écouter l'EP, c'est par ici.

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I50299874_2273329779549984_5172188136842723328_n.jpgnterview :

Tu sors un EP plus léger et dansant que tes précédentes productions.

Peut-être que ce ne serait pas arrivé si je n’avais pas eu de gros changements dans ma vie professionnelle et personnelle. Cette façon d’écrire plus légère est une conséquence naturelle aux ruptures que je viens de vivre. De grave, je suis passée à quelqu’un de plus léger. En termes d’inspiration, il y a eu quelque chose de nouveau qui est venu m’habiter et que je ne pouvais pas garder pour moi. Tous les jours, il y avait des chansons qui sortaient, je ne pouvais pas ne rien en faire. Je pense qu’après mes ruptures, la liberté est arrivée et elle m’a rendu inspirée et productive. Je n’avais plus aucun frein.

Les thèmes abordés dans tes 5 nouvelles chansons n’ont rien à voir avec ce que tu chantais avant.

J’ai dû m’autosoigner en écrivant ces chansons-là. Avoir tout dit sur soi précédemment m’a permis d’accéder à la légèreté. Avant, quand je vivais des ruptures, je les vivais de manière beaucoup plus grave et triste, pour une fois-là, j’ai considéré que ce n’était pas dramatique, que n’était pas un échec. Je ne voyais plus le verre à moitié vide, mais le verre à moitié plein. Je n’étais pas de nature aussi optimiste, je le deviens d’expérience en expérience.

Clip de "On bai."

Quand on écoute « On Bai. », on te sent radieuse et heureuse. laurie darmon,dévêtue,ep,interview,mandor

C’est parce qu’il y a une acceptation de soi. Je ne me suis pas remise en question, mais au contraire, je me suis assumée telle que je suis. Mes nouvelles chansons sont à l’image de ce que je veux être aujourd’hui, plus dévêtue, plus à l’aise avec mon corps et plus à l’aise avec la vie en général, en fait. J’avais envie de franchir mes limites habituelles dans ma vie et dans ma musique. Comme j’étais très confinée, que je m’autorisais rarement à être moi-même, que je refoulais très fort qui j’étais, je m’étais imposé beaucoup de barrières. Je suis passée par-dessus.

Peut-on dire que tu as mis longtemps à quitter l’enfance ?

On  peut le dire très nettement. En y réfléchissant, je crois que ça me rendait nostalgique de quitter l’enfance. Je ne voulais pas grandir. Cet EP est le disque de mon émancipation et la preuve que l’on peut guérir de son enfance.

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laurie darmon,dévêtue,ep,interview,mandorIl est beaucoup question de sexe dans tes nouvelles chansons…

Dans ma vie de jeune fille, je m’étais, là aussi, imposé beaucoup de limites. Ce disque est la preuve que je deviens femme et que je l’assume. Pourquoi le sexe serait-il un sujet tabou et marginal ? Finalement, ça fait partie de la vie, alors parlons-en directement. Aujourd’hui, je dis ce que je pense sans gêne aucune. En vrai, je ne sais pas trop faire les choses à mi-chemin, donc j’y vais carrément.

La création est-elle pour toi un acte mystérieux ?

On ne sait pas comment vient l’inspiration. On a beau savoir quels sont les accords, comment on a composé la chanson, à quel moment, suite à quoi…etc. Il y a quand même une part de mystère sur comment tout ça arrive en nous. Pour cet EP et l’album qui va suivre, les chansons arrivaient tous les matins et ça me prenait une journée pour les concrétiser. Je ne me posais pas de question. C’était évident, fluide et limpide. En même temps que je créais, je ne m’interdisais pas de sortir, de rentrer tard le soir, de boire, de rire, de vivre. Je n’ai pas du tout vécu comme une ascète pendant cette période, alors je n’avais aucune frustration. Et ça, c’est bénéfique pour bien travailler.

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Avant il y avait beaucoup de parlé-chanté dans tes chansons, plus du tout dans cet EP.

Je murmure beaucoup moins. C’est le fameux lâcher prise dans je te parlais tout à l’heure.

Textuellement, tu es passée de la chanson plutôt littéraire à de la chanson simple et efficace. 

Le lâcher prise encore et encore. J’ai effectivement écrit différemment et je me suis souvent posée la question suivante : « est-ce que c’est assez écrit ? » J’ai décidé d’assumer ça aussi. Avant j’avais besoin de ficeler beaucoup de choses pour ne pas être lue directement, pour ne pas être démasquée en fait. J’avais envie d’être dévêtue.

Tes proches ont vécu comment ton virage ?

Bien. Ils ont compris qu’il y avait aussi une part de fantasme dans ce que je raconte. C’est un mix entre le fantasmé et la réalité. Ils acceptent et semblent apprécier mes nouveaux choix artistiques.

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Après l'interview, le 24 janvier 2019.