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02 avril 2019

Clarika : interview pour A la lisière

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(Photo : Julie Oona)

clarika, à la lisière, interview, mandorClarika, l’une des plus belles plumes de la chanson française, affiche plus de 20 ans de carrière et son public lui est fidèle. J’en fais partie et ce depuis son premier album en 1993, J’attendrai pas cent ans. Elle s’est construit un répertoire irréprochable et une carrière scénique qui forcent le respect et l’admiration de tous. Dans ma précédente mandorisation, en introduction,  j’ai écrit : « A la question, « qu’elle est ta chanteuse préférée ? » je n’ai jamais su qui répondre. J’apprécie beaucoup de chanteuses, mais Clarika a toujours figuré dans le peloton de tête. Et puis là, encore une fois, à l’écoute de ses chansons, je suis fasciné. Par sa voix, par la profondeur de ses mots, ses histoires qui me touchent au plus haut point (alors que je suis un homme, je suppose qu’elle fait remonter en moi ma part de féminité ou quelque chose comme ça), sa manière de raconter la vie… bref, j’ai décidé qu’à partir d’aujourd’hui, je répondrai « C’est Clarika ma chanteuse préférée ». » Je ne change pas à mot aujourd’hui. C’est même la confirmation la plus totale à l’écoute de son  8e album, A la lisière.

Pour parler de ce nouveau disque (à découvrir ici), le 1er mars dernier, elle m’a convié dans un bar de son quartier. Xième mandorisation, mais jamais je ne me lasse…

Argumentaire de presse officiel (mais un peu écourté) :clarika, à la lisière, interview, mandor

C’est à la frontière entre les ineffables vertiges de l’amour et les grandes bascules de l’existence que l’on retrouve Clarika. Pour son huitième album, À la lisière, l’autrice et interprète française dessine en filigrane, avec finesse et causticité, le portrait éclaté d’une femme aux prises avec son époque. 

Et Clarika s’est relevée des combats qui marquent une destinée, de la rupture amoureuse qui appelle à réinventer une vie. Voici donc qu’elle affronte le monde qui vient, conjuguant de front le sentiment prégnant de l’incertitude comme celui, tenace, de la combativité. Bien souvent chez Clarika, l’appréhension des soubresauts de la vie rencontre un fulgurant désir de légèreté.

On croise dans À la lisière un astronaute neurasthénique, une femme bousculant les codes du genre ou la dentellière de Vermeer rêvant à des nuits d’amour avec la Joconde, depuis son cadre du Louvre. Cette galerie de personnages, surprenants et fantasques, sont autant de chemins de traverse que Clarika utilise pour se dévoiler.

Ces ballades entêtantes et ces mantras piquants ont été conçus en tandem avec le compositeur Florent Marchet (Bernard Lavilliers, Calogero, Frère Animal…). Une symbiose qui avait déjà fait mouche lors de l’album très remarqué de Clarika, Moi en mieux, en 2008. À ce duo vient s’ajouter la touche singulière du guitariste et compositeur François Poggio (Etienne Daho, Lou Doillon, Pony Pony Run Run). Un véritable laboratoire d’expérimentations musicales qui mêle aux textes ciselés de la parolière des influences issues de l’électro-rock (MGMT, Charlotte Gainsbourg, Beck ou St Vincent) et des envolées symphoniques façon cinéma. On retrouve également, sur deux titres, le compositeur Jean-Jacques Nyssen.

Avec À la lisière, Clarika est donc là où ne l’attend pas, mutine et bravache face aux aléas du monde, déterminée à prendre la vie comme la mort à bras-le-corps, appelant à faire fi de la peur pour plonger dans l’inconnu.

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(Photo : Julie Oona)

clarika,à la lisière,interview,mandorInterview :

Pourquoi  avoir fait appel à Florent Marchet pour réaliser ton disque (avec François Poggio).

C’est quelqu’un que j’aime depuis longtemps humainement et artistiquement. Notre collaboration s’est faite en deux temps. D’abord, je lui ai envoyé trois textes pour qu’il me donne simplement son avis et éventuellement des conseils. Il m’a répondu le lendemain avec des musiques. En les écoutants, j’ai compris qu’il fallait que ce soit lui qui réalise. François Poggio nous a rejoints un peu après pour coréaliser certains morceaux.

Ton précédent album, De quoi faire battre mon cœur, avait comme thématique bien appuyé la rupture. Dans celui-ci, on est plus dans la reconstruction après la rupture.

Tu crois que mes chansons parlent de moi ? Pas toujours. Ce que je pense n’est pas très intéressant, ce sont les chansons qui parlent…

Oui, d’accord, mais j’ai quand même l’impression qu’il y a beaucoup de toi dans tes chansons.

Bon, j’avoue, dans celles qui sont un peu personnelles, j’ai du mal à tricher avec la vérité. Mais il faut que ce que je chante n’intéresse pas que moi, alors il ne faut pas que sois axée uniquement sur ma personne.

La lisière est le titre de l’album et celui de la première chanson. Elle se trouve où cette lisière ?  

Je dis dans la chanson : « tout est devant, tout est derrière, tout reste à faire ». On a un vécu derrière, il faut vivre le devant qui peut parfois être vertigineux, excitant… et faire peur. Cette lisière peut arriver à différents moments de sa vie, notamment à la suite d’une rupture, mais pas que.

Clip de "Même pas peur" (tournée à Venise).

Dans « Même pas peur », tu racontes le monde à la Clarika, souvent en disant l’exact contraire de ce que tu penses. J’adore ça depuis toujours chez toi.

J’aime bien raconter notre société avec dérision, distance et mauvaise foi, tout en faisant en sorte que le message de base soit bien reçu.

Dans « Ame ma sœur âme », tu t’interroges sur toi-même.

J’interroge une part de moi que je ne connais pas bien. Comment suis-je réellement par rapport à ce que je montre et à ce que les gens perçoivent de moi. Est-ce que mon âme est si bonne que ça ? Est-ce que moi, je suis si bonne que ça ? Comme tout le monde, je sais que j’ai une part de moi assez noire que je ne montre pas. On est tous un peu Docteur Jekyll et Mister Hyde. Il est bon de faire le point avec soi-même de temps en  temps. Me concernant, je ne dois pas être aussi bonne que j’aimerais l’être.

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(Photo : Julie Oona)

Tu parles de la mort assez frontalement dans cette chanson. Tu y penses souvent ?

C’est difficile de ne pas y penser quand tu prends de l’âge, que tu as des enfants… nous naissons pour mourir un jour.

Dans « Tout tout de suite », tu dis : « De toute façon, un jour t’es mort, alors autant qu’on en profite tout tout de suite ».

Comme la mort est inéluctable, elle me fait peur. Je n’ai aucun détachement par rapport à ça.

Tu chantes avec Pierre Lapointe, dans « Venise ».

Je l’ai connu lors des Nuits de Champagne, à Troyes. Il y avait un projet qui consistait à chanter Brel avec 900 choristes. Après, nous nous sommes retrouvés sur un projet de Sophie Calle. Avec Florent, on a très vite pensé à lui pour cette chanson. C’était limpide, comme une évidence.

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Florent Marchet, Clarika et Pierre Lapointe, en studio.

Je t’avoue que je n’ai pas compris la chanson écrite par Jean-Jacques Nyssen, « Je suis ton homme ».

J’avais en tête cette phrase « je suis ton homme », mais je ne trouvais pas l’angle pour aborder le sujet. Jean-Jacques a eu l’idée d’aborder plein d’axes. En général, j’aime bien que mes chansons soient assez claires, mais, sur celle-là, je n’ai pas envie de faire une explication de texte parce que je trouve amusant de brouiller les pistes. Certains peuvent penser que l’on règle nos comptes… ce n’est tellement pas ça.

Ce qui te caractérise, c’est que tu peux aborder n’importe quel sujet, il y aura chez toi un angle jamais écouté ailleurs.

L’écriture sert à trouver des nouveaux axes. Je travaille beaucoup le fond et la forme.

Au bout de huit albums, n’a-t-on pas tout dit ?

Le premier se fait dans l’insouciance, le deuxième, ça va aussi, mais à partir du troisième, effectivement, on se demande ce que l’on va raconter la prochaine fois. En plus, je n’ai jamais de fond de tiroir. Il m’arrive de noter des choses pour ne pas les oublier. Une idée, une formule. J’écris vraiment dans l’urgence d’un album à un intant T de ma vie. C’est une machine à remettre en route et au bout d’un moment, il y a un déclic et ça revient… Mais j’ai besoin de rigueur et une organisation de travail.

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(Photo : Julie Oona)

En 2019, tu es toujours une artiste en état de marche avec un public très fidèle.

Je ne me plains pas de mon sort, mais je sais que c’est de plus en plus compliqué d’être programmé dans les salles. J’ai la chance de faire des tournées depuis un moment et que mon public me suive, mais il ne faut pas croire que tout est simple. Je suis impactée, comme tout le monde, sur ce qu’il se passe dans l’industrie de la musique, notamment, en termes de vente de disques.

Tu seras à la Cigale, le 3 avril. Cela doit être jouissif de jouer les nouvelles chansons, non ?

Oui, en plus on réactualise les anciennes. Nous sommes contents, car nous avons trouvé de chouettes versions pour elles. Et puis, La Cigale, j’adore. Je fais cette salle quasiment à chaque sortie d’album. Le décor sera super beau et les lumières particulièrement soignées. Pour moi la scène doit être un peu magique. Je ne veux pas que ce soit tiède, au contraire, il faut impérativement que cela provoque des émotions.

clarika,à la lisière,interview,mandorOn disait à l’époque où tu arrivais avec La Grande Sophie et deux trois autres chanteuses, que les femmes prenaient le pouvoir dans la chanson. On redit ça aujourd’hui avec l’arrivée de Clara Luciani, Angèle, Fishbach, Juliette Armanet…

Quand nous sommes arrivées avec La Grande Sophie, il y avait plus d’interprètes que de nanas qui écrivaient leurs textes. Depuis, il y en a eu plein. Aujourd’hui, je suis ravie car il y a autant d’hommes que de femmes dans la chanson.

As-tu peur de ne plus être dans le « moove », de ne plus être à la page ?

J’imagine que je ne le suis plus. Mais de part ce que j’écris et les collaborations que je choisis, j’essaie d’aller vers la modernité. En  même temps, je ne vais pas aller vers quelque chose que je ne suis pas. Je ne suis pas une jeune femme de 22 ans, par exemple. J’essaie d’être cohérente.

Penses-tu être estimée à ta juste valeur ?

Oui. Je vois toujours le verre à moitié plein. Je suis toujours là en 2019, j’ai fait huit albums studio, alors que le métier est super compliqué et que j’ai plein de « collègues » qui ont disparu de la circulation. Je me dis que j’ai de la chance d’avoir encore une équipe professionnelle qui m’entoure. Un tourneur, un manager, un éditeur, une maison de disque, des gens qui croient encore en moi… Quand je ne ferai plus de concerts, je serai peut-être un peu déprimée, mais tant que j’en fais, tout va bien.

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Le 1er mars 2019, après l'interview.

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21 février 2016

Clarika : interview pour De quoi faire battre mon cœur

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(Photo : Frank Loriou)

A la question, qu’elle est ta chanteuse préférée ? Jusqu’à la réception du nouvel album de Clarika, De quoi faire battre mon cœur, je n’ai jamais su qui répondre. J’apprécie beaucoup de chanteuses, mais Clarika a toujours figuré dans le peloton de tête. Et puis là, encore une fois, à l’écoute de ses chansons, je suis fasciné. Par sa voix, par la profondeur de ses mots, ses histoires qui me touchent au plus haut point (alors que je suis un homme, je suppose qu’elle fait remonter en moi ma part de féminité ou quelque chose comme ça), sa manière de raconter la vie… bref, j’ai décidé qu’à partir d’aujourd’hui, je répondrai « C’est Clarika ma chanteuse préférée ».  Et petit rappel : c’est elle qui, dès le milieu des années 1990, avec La Grande Sophie,  a ouvert la voie aux Jeanne CherhalAnaïs ou Camille d’aujourd’hui. Dans son nouvel album, il n’est question ni de larmoyer, ni de se répandre, elle raconte juste sa vie aujourd’hui, sans le mentor et amoureux d’avant. Cette géniale artiste a indéniablement le talent de l’autodérision.

Je l’adore. Voici donc sa deuxième mandorisation (la première est là). Elle s’est tenue dans le bar d’à côté de « mon agence », le 7 janvier dernier.

clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivressesArgumentaire de l’album (version raccourcie) :

Un disque à la fois singulier et familier, intime et universel, qui évoque, entre douceur et douleur, le thème de la séparation. Une séparation amoureuse et artistique d’avec son compagnon, le compositeur et arrangeur Jean-Jacques Nyssen, avec qui elle partageait vie et musique depuis vingt-cinq ans.

De quoi faire battre mon cœur, son septième opus, est surtout prétexte à renouveau : changement de ton, d’ambiances et d’équipe, pour prendre le pari de tout chambouler, abandonner le confort des habitudes, quitte à se mettre en danger. Pour la première fois, l’album a été concocté sous la houlette du réalisateur, arrangeur, compositeur et musicien Fred Pallem (Le Sacre du Tympan), avec la complicité de Raoul Tellier (La Maison Tellier), les deux principaux compositeurs. Au fil des plages, on croise aussi Mathieu Boogaerts, Skye, Claire Joseph, Alexis HK, Tony Melvil et même Jean-Jacques Nyssen, crédité de deux titres. Des chansons à la grave légèreté (l’émouvante « Je ne te dirai pas », sans doute l’un des plus beaux textes de Clarika, « La vie sans toi », « Rien de nous », « Dire qu’à cette heure », en duo avec Alexis HK), traversées de souvenirs turbulents (« On a fait », « Le Choix ») et de métaphores éloquentes comme dans « La Cible », en duo avec Helmut Tellier, évocation sous chapiteau d’un amant maladroit lanceur de couteau, « L’Inaperçue », portrait d’une fille transparente, ou « Le Lutétia », inspirée de l’histoire vraie d’un couple âgé venu finir ses jours dans le palace parisien.

Dans les nouvelles chansons de Clarika, il y a des pluies de cordes venues de Budapest, des traversins de clavecins, des basses gainsbouriennes, des guitares tartares et des claviers vintage. Comme la BO d’un grand film moderne qui raconterait la vie et les amours qui passent. Avec des cœurs qui battent à l’unisson. Le sien et les nôtres.

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(Photo : Frank Loriou)

clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivressesInterview :

C’est le 7e album en 20 ans de carrière.

Oui, et si on veut être précis, le premier album est sorti tout début 1994. Donc ça fait 21 ans.

Tu te sens progresser d’album en album ?

Mes albums me ressemblent, donc ils changent en même temps que je change. Je n’écris évidemment pas les mêmes choses qu’il y a 21 ans, heureusement pour vous. Dans la forme, je tente de ne jamais faire le même album que le précédent, je ne sais pas si j’y parviens. J’aime changer de collaborateurs, mais dans celui-ci, évidemment, c’est plus flagrant puisque ce n’est plus Jean-Jacques Nyssen qui a réalisé.

Du coup c’est le talentueux Fred Pallem qui s’y est collé.

Il a arrangé l’album, mais il a fait aussi quelques compositions. Diversifier la collaboration permet d’aller un peu ailleurs. Fred a permis qu’il y ait une vraie rupture.

Tu le connaissais avant de travailler avec lui ?

On se suit de loin depuis longtemps. Pour cet album, ce réalisateur arrangeur a pris les choses en main. J’avais vraiment envie de travailler avec lui et il a accepté rapidement. Notre collaboration s’est faite totalement naturellement.

Quand tu travaillais avec Jean-Jacques Nyssen, vous étiez à la maison, là, la façon de travailler n’est plus la même.

On a fait cet album dans un temps un peu plus cadré qu’avant, mais ça n’a pas trop changé la méthode de travail. Moi, ça m’a fait du bien d’avoir un souffle nouveau et une nouvelle écoute. Même les musiciens ne sont plus les mêmes que pour mes albums précédents. Je ressentais le besoin de tout changer.

"Je ne te dirai pas".clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivresses

J’ai trouvé que tu étais allée très loin dans les trois chansons sur ta rupture avec Jean-Jacques
Nyssen.

C’était ça ou rien. Je ne pouvais pas faire dans la demi-mesure. Jusqu’à présent, je n’avais jamais écrit de manière viscérale. Il y a parfois des moments incontournables dans la vie qui font que les textes arrivent comme ça et on y peut rien. Ce n’est pas impudique parce que ce que je vis et chante est universel.

Ton premier single « Je ne te dirai pas » parle du manque de l’autre, avec délicatesse et classe. Aucune pleurnicherie.

Ce que je dis est tellement ce que je suis, ce que je vis et ce que je pense. C’est un mélange de douleur et d’espoir. J’ai aussi voulu faire comprendre que l’histoire était belle.

Il faut bien le dire, dans ce disque, il y a moins d’espoir dans tes chansons.

Il y a même de la tristesse, disons-le. Je n’ai pas de chansons dans les tiroirs, donc j’écris ce que je ressens. J’écris telle que je suis. Il raconte deux ans de ma vie récente… Il fallait que ça sorte et franchement, ça fait du bien. Par contre dans l’écriture musicale et les arrangements, on a cherché à rendre tout ça plus léger et digeste.

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(Photo : Frank Loriou)

C’est vrai que ton disque est loin d’être plombant et je trouve ça très fort.

C’est le retour que j’en ai. La gravité est là, mais on a réussi à l’amoindrir avec la musique. Mon équipe avait franchement peur en voyant arriver les chansons au fur et à mesure. Ils se sont dit qu’il y en avait quand même beaucoup sur ma rupture. Dans l’écriture, je suis toujours en phase avec l’état dans lequel je suis et avec la vie que je mène. Je ne peux pas faire autrement.

Tu t’es posée la question de savoir comment ton public allait prendre ces nouvelles chansons ?

Non, pas vraiment. Je sais que les albums que je préfère sont parfois des albums tristes. J’ai le goût de ça artistiquement. Je pense aussi que je suis fidèle à mon écriture habituelle, même si c’est sur des thématiques douloureuses.

Est-ce que le dernier disque est le plus important ? Celui qui compte le plus ?

Oui, pour l’instant. Jusqu’au prochain. Il y a toujours une émotion quand on sait que les gens vont découvrir vos nouvelles chansons, surtout quand elles sont si personnelles.

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(Photo : Frank Loriou)

clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivressesDepuis quelques mois, tu es en concert avec Daphné. Parle-nous de cette expérience.

On s’est rencontré à l’occasion d’une commande de la Ville de Paris qui nous donnait carte blanche à La Cigale pour clôturer le Festival des Vendanges. Comme nos managers respectifs sont amis, se connaissent et travaillent souvent ensemble et que toutes les deux, nous avions envie de nous lancer dans un projet parallèle aux nôtres, on a décidé de faire ce bout de chemin ensemble. On ne se connaissait pas, mais nous respections beaucoup ce que faisait l’autre. On a créé ce spectacle, « Ivresses ». Nous avons cherché toutes les ivresses, éthyliques, de l’amour, de la vie, des sommets… ça permet quand même un éventail assez large de chansons. On y retrouve quelques poèmes de Prévert ou Baudelaire, des chansons des autres qui vont de Serge Reggiani à Britney Spears en passant par Renaud et Barbara, et quelques chansons à nous.

Daphné et toi, vous êtes différentes.

C’est ce qui nous intéressait. En plus, nos voix collaient bien. C’est amusant parce qu’on a remarqué qu’on a des gens qui nous suivent en commun. On s’éclate vraiment à chanter les autres et c’est une très belle expérience.

Excuse ma question un peu directe. Pour toi, professionnellement parlant, les choses sont difficiles ou ça va ?

Ça va. Je me dis souvent que j’ai eu la chance d’arriver avant la panique dans cette industrie du disque. J’ai eu le temps de fidéliser un public. Si je ne suis pas une grande vendeuse de disque, j’arrive à faire des tournées et remplir les salles. La scène, c’est ce que je préfère faire. C’est la cerise sur le gâteau après l’écriture et l’enregistrement de l’album.

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Après l'interview, le 7 janvier 2016.

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Toutes les photos sont signées de l'excellent Frank Loriou (mandorisé récemment là), sauf celle avec Daphné et celle où  je suis avec Clarika

Clarika : site officiel

04 décembre 2010

Clarika : interview à propos de ses (premiers) adieux au Palace !

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À l’occasion de ses "premiers" adieux à la scène qui se tiendront ce lundi (6 décembre 2010) au Palace, j’ai rencontré Clarika (pour MusiqueMag). Coïncidence ou pas, le même jour sortira en téléchargement légal son nouveau single interprété avec Mariam Doumbia (du duo Amadou et Mariam), "De fille à femme" (en écoute ici). J’ai souvent interviewé Clarika parce que je suis un fervent admirateur de la dame depuis toujours. (Vous pouvez voir ici un reportage sur sa venue à la FNAC Val d’Europe pour un showcase que j’animais et là, une interview filmée réalisée pour 77 infos, à l’occasion de la sortie de son dernier album, Moi en mieux). Je considère que cette grande dame de la chanson française n’est pas reconnue à sa juste valeur.

Nous sommes nombreux à penser ainsi.

Hop ! Interview express…

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Mandor : C’est quoi cette histoire de "premiers" adieux à la scène ?

 Clarika : C'est une plaisanterie. C’est la dernière date et on a voulu marquer le coup. J’ai trouvé ça rigolo de faire un truc autour des adieux qui commencent et qui ne s’arrêtent jamais. Dans le spectacle, je me traite d’icône, donc, je pars du principe que toute icône se doit de faire ses adieux.

 À quoi devons-nous nous attendre lors de ce concert exceptionnel ?

C'est le concert de la tournée, mais évidemment, il y a aura des évènements non prévus et quelques surprises. Je vais faire aussi un medley de tous mes "tubes"… On est allé piocher des trucs que seulement les fans de base connaissent, je parle de ceux qui me suivent depuis le premier album.

l_cacf2c65f72a45538efb76b3dccdabcd.jpgParlez-nous de la première partie de votre concert.

Ça va déménager avec le groupe Electroboy 80. Ce sera un retour aux années 80 grâce à leurs reprises déchainées, revisitées, rock, techno, on ne sait plus, mais c'est surtout à ne pas manquer, énergie et bonne humeur...

Dans votre parcours il y a cette particularité que vous ne vendez pas vos albums en masse, mais que vos concerts sont toujours pleins à craquer.

D'album en album, les ventes sont croissantes, donc ça me rend un peu sereine. Dans la mesure où un album en emmène un autre, que je sens qu’il y a un public qui grandit dans les salles, tout va bien ! En plus, je vends assez de disques pour être suffisamment crédible auprès de mon entourage professionnel. C’est vrai que je ne suis pas une grosse vendeuse, mais je suis quand même bien installée. Moi, ma peur, c’est plutôt de ne plus avoir d’inspiration.

Vous vous demandez parfois : "Est-ce que je serai capable de faire un nouvel album ?"

C'est exactement ça ! Les deux premiers albums, on les fait un peu dans l’insouciance et après, ça commence un peu à se corser, car il ne faut pas redire les mêmes trucs. Forcément, on revient toujours vers les mêmes thèmes : l’amour, la séparation… Il faut trouver un autre moyen d’en parler. Bizarrement, avec l'expérience, on devrait considérer qu’écrire une chanson, c’est de plus en plus facile. C’est tout le contraire.

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Vous écrivez tout le temps des chansons ?

Clairement pas. Les tournées, c'est l’histoire de l'album qu’on vient de faire, je trouve donc difficile de se projeter vers de nouvelles histoires. Quand j'arrête une tournée (130 dates, à peu près, entre deux albums), pour retrouver l'inspiration, il faut que je me pose un peu, que je reprenne tout à zéro.

filleafemme.jpgVous sortez un single d’une chanson qui figure sur votre dernier album, Moi en mieux. Mais, cette fois-ci  interprété en duo avec Mariam Doumba (de Amadou et Mariam).

Je me suis toujours dit que cette chanson méritait d’être chantée avec une autre représentante de la gent féminine. Avec Jean-Jacques Nyssen (pygmalion et "homme de sa vie" de Clarika), on a cherché plusieurs pistes et on a fini par considérer que l’univers de Mariam convenait parfaitement au morceau. Elle nous a dit qu’elle appréciait beaucoup le texte et que le thème la touchait. Elle et moi, c’est une rencontre entre deux univers différents. On aimait bien l’idée que ce soir Mariam seule qui chante, sans Amadou. De toute façon, ils sont tout de même indissociables. Il était là lors de l’enregistrement. Pour Amadou, c’est une expérience assez nouvelle, de se mettre plus en avant. La chanson a été réarrangée. C’est un mélange de nos deux cultures respectives.

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Vous êtes très partageuse, musicalement parlant. Vous interprétez très souvent des duos…

Ce sont souvent des questions d’opportunités, de hasard total ou d’invitations qui m’ont été faites. Quand Jonasz t'invite, tu ne dis pas non, par exemple. Avec Mariam pour ce single et avec Bernard Lavilliers aussi, c’est nous qui sommes allés les chercher.

Vous devenez une artiste qui compte, une artiste qui d’album en album devient de plus en plus reconnue.

Même si ma notoriété publique est assez lente, depuis que je suis dans le métier, elle est en constante progression. J’ai une vraie reconnaissance du métier, des critiques et des artistes, c’est ce qui me rassure pas mal. Certaines personnes me considèrent comme un espèce d'électron, moi, je ne me sens pas du tout marginal.

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En fouinant sur Internet, j’ai essayé de trouver des articles négatifs sur vous et votre œuvre. Je n’ai rien trouvé de la sorte.

Tant mieux, tant mieux (rires). C’est souvent très gentil, autant pour mes concerts que pour mes disques.

Pourquoi n’y-a-t-il jamais eu de captation de vos concerts en CD ou en DVD ?

Les "live" représentent "peanuts" pour les maisons de disque. On ne peut pas dire que ce soit leur priorité. Ceci étant, personnellement, je ne suis pas fan des albums live. Je me rends compte que je préfère écouter les albums studios.

Avec La Grande Sophie et Rachel des Bois, vous faites partie des toutes premières chanteuses rock "qui ont des choses à dire" de la scène française. Toutes les trois, vous avez ouvert une grosse brèche.  Aujourd’hui, vous suivez la carrière de quelle chanteuse ?

J'aime beaucoup Yael Naim qui vient de sortir son deuxième album. J'aime aussi des artistes à voix comme Cat Power et Feist, cette lignée pop folk. Dans les Françaises, j'apprécie La Grande Sophie, Jeanne Cherhal, Émilie Loizeau, des chanteuses comme ça…

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Je remercie Patricia Téglia pour l'organisation sans faille de la rencontre... et pour ces "sensationnelles" photos de l'interview prises par elle-même avec un iPod (il me semble).

On termine avec le clip de "Bien Mérité", extrait du dernier album de Clarika, Moi en mieux.


Clarika - Bien Mérité
envoyé par Clarika. - Regardez la dernière sélection musicale.

17 septembre 2009

Le vendredi 18 septembre, Clarika, Luciole, Sandra Nkaké et les Broken Box à la Fnac Val d'Europe.

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06 août 2009

Un avant-goût des Muzik'Elles 2009!


Vendredi 18 septembre à partir de 17h30
Rencontre Muzik'Elles de Meaux animé par 77FM (François Alquier) au Forum de la FNAC Val d'Europe
avec Clarika, Luciole, Sandra Nkaké, les Broken Box et toute l'équipe organisatrice du festival au féminin pluriel.
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(Photo: 77FM)
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(Photo: Patrick Méléo AM2V)
Un extrait de la prestation de Luciole filmée par FNAC LIVE:
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(Photo: 77FM)
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(Photo: Patrick Méléo AM2V)
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(Photo: Patrick Méléo AM2V)
Un extrait de la prestation de Sandra N'Kaké filmée par FNAC LIVE:
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(Photo: Patrick Méléo AM2V)

Les Broken Box, les coups de coeur des Muzik'Elles 2009.
Un extrait de leur prestation filmée par FNAC LIVE.
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(Photo: Patrick Méléo AM2V)
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(Photo: Patrick Méléo AM2V)
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(Photo: Nicolas Maillard [Absolute Web])
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Ici, avec le directeur des Muzik'Elles, Pierre Corbel.
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(Photo: Patrick Méléo AM2V)
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(Photo: Patrick Méléo AM2V)
Le plateau final...
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(Photo: 77FM)
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(Photo: Nicolas Maillard [Absolute Web])
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(Photo: 77FM)
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(Photo: Patrick Méléo AM2V)
Voici le reportage sur ce show case de Atome 77 (avec photos et une vidéo).
Allez... on se quitte avec le final de cette session musicale.

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