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27 mars 2015

Cali : Interview pour L'âge d'or

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(Photo : Yann Orhan)

C’est déjà le sixième album de Cali et il est l’un des plus brillants, touchants et émouvants de sa production discographique. En tout, treize chansons qui frappent directement au cœur. Le troubadour engagé en appelle à la mémoire de l’auditeur et aux souvenirs de l’enfance qui permettent, selon lui, de mieux conjuguer la vie au présent. L’âge d’or est un album concept élégant, euphorique et énergique sur tous ces âges heureux de nos existences, et sur ce qui au final reste, et parfois manque.

Vous pourrez retrouver Cali en concert à partir du 26 mars et au zénith de Paris le 27 mai dans un nouveau show chargé d’énergie et de passion.

Le 13 mars dernier, j’ai rencontré Cali dans un bureau de sa maison de disque, Sony. Un Cali détendu (plus qu’il ne l’était lors de ma précédente interview pour CD’Aujourd’hui), de très bonne humeur même. Heureux des premiers retours extrêmement positifs et des premiers chiffres de vente de son nouvel album, ce qui n’était pas le cas pour ses deux précédents, La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur (2010) et Vernet-les-Bains (2012).

cali,l'âge d'or,interview,mandorArgumentaire de l’album (en version nettement raccourcie) :

Voilà un album de sève, de sourires, de rocs, de rêve, d’amour qu’on veut sentir couler en soi.

Douze chansons qui frappent tour à tour le cœur, le bonheur, les heures qu’on croyait oubliées dans le grand chapiteau de l’enfance. Un passé conjugué au fil du disque au moment présent.

Le rockeur qu’on connaît si engagé, ce troubadour qui souffle des flammes de liesse sur son public depuis maintenant plus de vingt ans, a chapitré son existence d’un « Age d’or ».
Et c’est vrai : il ouvre ici ses ailes. En mots. En musique. En confidence. Avec une puissance nouvelle : celle d’un homme ébloui par la vie, tirant de son expérience une force et une joie pures.

Ses textes, si intimes, ricochent sur Prévert, Apollinaire ou Brel. Le féminin abonde toujours dans ses mots, mais prend des visages inattendus. C’est racé. Et pourtant d’une brutalité intacte. Comme si les battements de son cœur n’étaient jamais tout à fait apaisés. Son volcan se joue de nous. Et explose de temps à autre.
Cali chante comme il vit, sans mensonge et sans artifice.

L’élégance et l’émotion, égrenées tout au long du disque, naissent aussi d’une fusion : celle du chanteur avec David François Moreau, compositeur de musique de film et de ballet, et réalisateur, musicien et arrangeur de L’Age d’or.

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cali,l'âge d'or,interview,mandorInterview :

Tout le monde dit du bien de cet album…

Je ne sais pas ce qui va se passer pour le disque, mais j’ai déjà le succès d’estime et ça me rend très heureux. Ça m’a rassuré parce que, très honnêtement, je ne savais pas trop où j’allais. On n’est jamais sûr de rien quand on sort un nouveau disque.

Vous avez travaillé avec  David François Moreau, un compositeur venu du cinéma, qui signe la plupart des musiques. Pourquoi l’avoir choisi ?

A la fin de 2013, on a fait le Téléthon avec Bénabar, Patrick Bruel et une jeune chanteuse, Marina Russo. Nous avons chanté ensemble sur une musique de Patrick Bruel. C’était David François Moreau, le frère de Patrick, qui a arrangé la chanson. J’ai trouvé le résultat très performant et classe. Il nous a dirigés vocalement. Sa façon de faire, rigoureuse, douce et intense ma beaucoup plu. Quand j’ai joué ma pièce de théâtre à Paris, il est venu me voir. La petite voix qui s’appelle intuition m’a fait lui demander s’il voulait travailler avec moi. C’est mon sixième album et j’ai toujours su où je voulais aller au niveau de la direction musicale. Là, pour la première fois, j’ai dit à quelqu’un : « tu fais ce que tu veux avec moi ».

Pour la première fois, vous avez donc décidé de ne plus être maître de toutes les situations. C’était risqué ?

Le risque majeur était d’être surpris. La première chanson qu’il a travaillé a été « La vie est une menteuse ». J’ai compris la direction qu’il voulait prendre, j’ai trouvé ça jouissif. Il me montrait ce qu’il voulait faire au fur et à mesure de la création de l’album. Il y avait un côté cinématographique qui me plaisait. Mais, franchement, on ne savait pas la couleur que ce disque allait prendre… Nous sommes très satisfaits parce que je trouve cet album hyper cohérent.

Clip officiel de "La vie quoi!"

Cet album a été écrit au début de l’année 2014. Vous jouiez au théâtre à Paris. Comme vous étiez loin de votre famille et de votre sud, du coup, vous avez écrit une soixantaine de chansons. Vous étiez dans une bulle créative ?

Absolument. Si j’avais écrit ces chansons chez moi, entouré de tous les gens que j’aime, elles auraient été peut-être belles, mais avec moins de lumière. Comme j’étais loin, je me suis créé une lumière personnelle. Pour moi, ce disque est le plus lumineux au sens propre du terme.

C’est un disque lumineux, comme vous venez de le préciser, mais aussi assagit, optimiste et mélancolique.

Si vous parlez de mélancolie, ajoutez mélancolie heureuse. Quant à « assagit », ça me fait marrer. J’ai tellement une image de chien fou que de toute façon, dès que je me calme quelques minutes, on ne peut dire que ça de moi. Est-ce qu’être sage, c’est réaliser qu’il ne faut pas être sage. Dans « Le cœur chargé comme un fusil », on pense que je parle de mon grand-père, mon référent constant, qui a fait partie des Brigade Internationales. Et bien pas du tout. Je parle de moi. A 20 ans, je voulais refaire le monde, on s’est présenté à des élections municipales avec des potes… et puis la vie avance, on s’embourgeoise un peu, on rentre dans le rang et on à tendance à moins dire ce qu’on a dans le ventre. Dans cette chanson, je me dis : « Réveille-toi ! Redeviens l’enfant, celui qui va prendre le couteau rouillé pour se battre, partager la vie et mordre les salauds qui ont fait pleurer leur père ».

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(Photo : Yann Orhan)

Vous me paraissez serein. Mais vraiment. 

Je mène une vie incroyable, j’ai l’impression d’être en permanence en colonie de vacances. Je suis toujours sur la route avec des amis proches, c’est merveilleux, c’est le cirque. Si on m’avait dit que ma vie active serait ça. Quand on me demande ce quel métier je fais, je ne sais pas quoi répondre. Et puis, un bébé est arrivé dans ma vie. C’est mon troisième enfant, je ne peux qu’être serein.

Votre chanson « Je dois te dire ça »… difficile de ne pas être touché.

Je raconte l’histoire d’une copine qui est allé voir un docteur pour un truc anodin. Il lui a annoncé qu’elle était au dernier stade d’un cancer. Aujourd’hui, on sait qu’elle n’est pas condamnée. Quand elle est sortie de chez ce médecin, elle a regardé le ciel, les oiseaux, ses amis, sa voiture… rien n’était pareil. Elle prenait conscience des choses. Moi, j’ai eu conscience de la vie, par sa conscience de la mort. Je me suis mis dans sa peau. Je me suis imaginé un jour rentrer chez moi et devoir annoncer une telle nouvelle à ma famille. Il y a une question sous-jacente dans cette chanson : pourquoi ne pas tout dire aux personnes qu’on aime avant le dernier souffle?

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(Photo : Yann Orhan)

Vous dédiez une chanson à votre fille de deux ans, Popée, et vous chantez avec votre autre fille, Coco, neuf ans.

Coco fait du violoncelle et du piano de manière assidue au conservatoire et elle adore ça. Mais elle me dit toujours qu’elle veut être obstétricienne. Ça me plait parce que cela prouve qu’elle fait de la musique pour de bonnes raisons, pas pour être sous la lumière. Elle fait ça parce que la musique lui apporte de la vie et qu’elle est heureuse de jouer. Je pouvais donc me permettre de m’amuser avec elle. Je suis ravi parce que je pense souvent à Charlotte Gainsbourg. Elle fait une carrière merveilleuse, mais je suis sûr que parfois, elle doit s’arrêter pour écouter la chanson qu’elle chante avec son père « Lemon Incest » et verser quelques larmes. J’imagine que ma fille, un jour, en pensant à son papa disparu, fera pareil.

Elle aime la vie de son chanteur de papa ?

Ça lui plait parce que ça lui permet aussi de vivre des choses. Elle vient parfois avec moi sur la route, elle est copine avec tous mes musiciens, elle rencontre des grands chanteurs connus… Mais surtout, elle voit que papa est heureux. 

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(Photo : Yann Orhan)

Vous chantez Le Grand chemin avec Jimmie O’Neill, leader des mythiques Silencers.

Il faisait partie du quintet magique du rock héroïque, U2, Simple Minds, Waterboys, Silencers, Big Country… Quand j’écoutais ce genre de musique, j’avais l’impression de rentrer dans une cathédrale. Je vois la lumière qui passe à travers les vitraux. Ça fait un bien fou cette lumière qui vient des pays magiques : l’Ecosse, l’Irlande, les pays celtiques… tout cela me fait rêver ! Pour revenir à Jimmie O’Neil, je suis fou de sa poésie et de sa voix. Un jour, il m’appelle pour me prévenir qu’il vient me voir en concert le lendemain à Rennes. Je n’en revenais pas. Je lui ai dit que, dans ce cas, il devra chanter avec moi. On a chanté et toute la nuit, je lui ai posé des questions de fans. J‘ai eu la même réaction qu’avec Coco, je veux graver sa voix avec la mienne. C’était un moment merveilleux de studio.

Vous avez chanté avec tous vos héros musicaux.  Vous vivez un rêve éveillé !

Oui, j’ai chanté dans un de mes albums avec Mike Scott, le chanteur des Waterboys, une chanson qui s’appelle «Pas la guerre ». J’ai aussi chanté avec les Simple Minds et Patti Smith. Quand j’en reparle, je trouve ça fou.  Je dis merci à la vie.

Quand sort un nouvel album, vous êtes dans une période un peu anxieuse ?

Oui. Il y a à la fois la joie et le beau trac. Comme quand on offre un cadeau à quelqu’un. Il le déballe, mais est-ce qu’il va l’apprécier ? Je viens de signer chez Columbia, avec des gens merveilleux qui bossent beaucoup. Pour moi, c’est ultime. C’est Bob Dylan, Léonard Cohen, Bruce Springsteen… ce sont mes héros. Voir le logo Columbia sur ma galette, c’est important pour moi. C’est symbolique et fort pour moi. Je n’ai pas envie que les gens du label soient déçus.  Si le disque se vendait, au moins raisonnablement, ce serait une belle aventure jusqu’au bout.

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Cali et David François Moreau. (Photo Yann Orhan)

Cet album, c’est un peu le changement dans la continuité.

Non, c’est le changement tout court. David François Moreau m’a emmené vers des terrains harmoniques et des instrumentations  vers lesquels je ne serais pas allé spontanément. De plus, il m’a fait chanter différemment.

Avec L’âge d’or, vous renouez vers le succès.

Mon premier album a surpris les gens, il a très bien marché et j’ai eu des critiques dithyrambiques. Si je dois résumer, les trois premiers albums ont cartonné et j’en ai eu deux qui se sont un peu planté… disons qui se sont moins vendus. L’un était un album très rock et l’autre très acoustique, presque piano voix. Là, avec L’âge d’or, j’ai l’impression de récupérer le public qui s’était un peu éloigné.

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Le 13 mars 2015, après l'interview.

30 novembre 2012

CD'Aujourd'hui : Cali pour Vernet-les-Bains

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cd'aujourd'hui,cali,vernet-les-bainsVernet-les-Bains, le nouvel album de Cali commence en douceur, chant apaisé, musique légère, tendre même. Mais les fantômes de Cali l’accompagnent toujours. Une partie de ses textes est une nouvelle fois secouée de tempêtes amoureuses. L’amour est un fardeau et notre catalan le porte à genoux, avec sa ferveur habituelle.

Pour CD’Aujourd’hui, le 17 octobre dernier, je suis allé à sa rencontre au Théâtre de Puteaux, afin qu’il me parle de cet album.

Pour voir l’émission, c’est ici.

Deux photos (que l'on peut qualifier de "fabuleuses" et "irréprochables" techniquement) de la session acoustique pour l'émission...

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Après l'interview...

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Pour finir, le clip officiel de "L'amour est éternel".