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07 novembre 2013

Norig : interview pour son deuxième album Ionela

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(Photo : Marguerite Mai)

Ce soir Norig se produit au Café de la Danse. Un spectacle à ne pas manquer tant la jeune femme à du talent et sait toucher le cœur et l’âme. Norig est un jour tombée amoureuse du chant tzigane, ce « cri » dans lequel elle se reconnait. Tant mieux pour nous. Depuis, elle n'a eu de cesse de s'imprégner de cette culture pour se l'approprier à sa façon, poétique et puissante. Aujourd’hui, elle chante en français et le résultat est remarquable. Plume, musique et voix exceptionnelles, Norig enchante.

L'artiste est passée me voir à l'agence, le 4 octobre dernier.

norig,ionela,interview,café de la danseArgumentaire :

Après un premier album, Gadji, (vendu à plus de 10 000 exemplaires en 2006), une bande originale pour Tony Gatlif, une tournée européenne avec le spectacle Django Drom (Salle Pleyel, Jazz in Marciac, Les Nuits de Fourvière…), Norig revient aujourd’hui avec Ionela, nouvel album riche d’histoires sensibles, contées en Français, et de mélodies d’où s’envolent des vapeurs balkaniques.

Forte d'une écriture sincère et poétique, des histoires plein la tête et plein le cœur, la chanteuse écrit désormais ses textes. Désireuse de raconter et chanter avec ses propres mots, pour partager ses rencontres, ses héroïnes, ses errances et sa poésie, sa capacité à écrire de vrais récits répond en écho lyrique aux compositions du musicien Sébastien Giniaux. Il crée sur Ionela une mosaïque musicale aux inspirations multiples : Jazz, classiques et rock.
Des mélodies pleines, des valses, l'orchestration épique d'un tango laissent la place à une guitare qui s’électrise en phrasés balkaniques, et se ballade en Nougaro (mandorisé là)…

L'album Ionela nous embarque sur une vague d'émotion, nous attache à une nostalgie, une mélancolie, sublimées par l'incroyable voix de Norig, émouvante, puissante et grisante.

norig,ionela,interview,café de la danseInterview :

As-tu toujours eu un goût prononcé pour la musique ?

J’ai abordé la musique par besoin et presque dans l’urgence. Je n’ai pas pris des cours de chant pour prendre des cours de chant, il fallait que je prenne des cours de chant. Je sentais qu’il fallait que j’exprime quelque chose à travers la voix. Je viens d’un milieu familial où on faisait de la musique. Mon père est guitariste classique. J’ai beaucoup écouté Villa-Lobos et de musique baroque. J’ai vraiment beaucoup baigné dans la musique classique.

Tu as pris des cours de chant avec qui ?

Avec Martina Catella. Elle travaillait sur les techniques vocales du monde entier. Je suis arrivée dans cette école par hasard, je ne m’imaginais pas qu’un jour je ferais de la musique tsigane. Après, tout est affaire de hasards et de concours de circonstances. Après mes premiers cours de chant, j’ai vu Le temps des gitans d’Émir Kusturica. J’ai eu un choc émotionnel en voyant ce film. Je suis tombée amoureuse de la chanson qui revient en boucle, Erdelesi. J’ai dit à ma prof que je voulais la chanter. Ensuite, j’ai rencontré Sébastien Giniaux. Lui qui était violoncelliste de formation s’est mis à la guitare. Lui et moi avions beaucoup d’intérêt pour cette musique-là, donc on a travaillé ensemble pendant 12 ans.

Les héroïnes + interview.

Tu t’es reconnue dans la musique tsigane ?norig,ionela,interview,café de la danse

Je me suis parfaitement retrouvée dans cette musique qui est arrachée.

Tes grands-parents maternels sont espagnols.

Oui et mes parents sont nés à Montpellier dans des quartiers populaires, il y avait une certaine proximité avec les quartiers gitans. On croisait Manitas de Platas (mandorisé là) dans la rue, j’ai un oncle gitan par alliance.... Bref, quand j’écoute du flamenco, je sens que ça réveille des choses en moi.

Le fait que tu joues cette musique, du coup, ce n’est pas que le fruit du hasard.

Peut-être qu’il n’y a pas de hasard, en effet. On ne se retrouve jamais quelque part sans raison. Cette influence est un peu impalpable.

Le premier album, Gadji, était plus radical que Ionela. Ce n’était que de la musique tsigane.

C’est le disque avec lequel tout commence. Un disque à part parce qu’il y avait beaucoup de compositions originales et donc il ne rentrait pas dans la catégorie de musique traditionnelle. On ne se posait pas de questions. C’était évident qu’il fallait que je fasse ce disque-là comme ça, à ce moment-là.

Dans tes deux albums, il y a une chanson de Gainsbourg. « Les petits papiers » dans l’un et « L’aquoiboniste » dans l’autre. 

J’aime beaucoup le Gainsbourg de l’époque « Ce mortel ennui » ou « La javanaise ». Il jouait avec les mots et avec la résonnance des mots. Je sais que Gainsbourg aimait beaucoup le jazz manouche.

"Ionela".

Dans cet album, Ionela, tu as écrit de nombreux textes. Plus que dans le premier.

La musique tsigane est la musique dans laquelle je me retrouve émotionnellement. Les gens ne comprennent pas nécessairement ce que je raconte, mais ça touche leur âme. A un moment, j’ai réalisé qu’il me manquait quelque chose : ma culture française. J’avais besoin de m’exprimer dans ma propre langue et de raconter des choses qui m’appartiennent plus. Cet album me dévoile complètement. Ce n’est pas très confortable de se mettre à nu sans rien cacher, mais je ne fais pas de la musique pour être dans le confort.

Tu es méticuleuse dans ton écriture poétique ?

Oui. J’ai essayé de m’imposer des écritures cadrées avec strophes, refrains. Ça m’amuse de chercher la rime, la phrase, l’image. Parfois, je sais où je vais, parfois, je ne sais pas.

Quels artistes t’impressionnent en matière d’écriture ?

Les textes de Bashung (mandorisé ici) m’impressionnent. Je les trouvais beaux, parce qu’ils étaient libres. La liberté dans l’écriture me fascine. J’écoute beaucoup de musiques anglo-saxonnes, Noir Désir, de la chanson française un peu passée, de la musique traditionnelle. Je peux écouter une chanson jusqu’à ce que mort s’en suive. J’aime beaucoup les textes de Léo Ferré et de Philippe Léotard (chez Mandor ici).

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Comment tu vis ton Café de la Danse à venir (ce soir) ?

Je fais beaucoup de concerts en tzigane et en roumain et je m’y sens à l’aise. C’est plus effrayant de présenter ses textes personnels en français, mais je suis très excitée de le présenter au public. Il y aura tout de même des chansons tsiganes, celles qui me paraissent les plus importantes et qui auront un sens dans ce spectacle. On jouera sur scène le disque parce que le disque a été enregistré quasiment en live. Il y aura peut-être un invité ou deux. Il faudra venir vérifier sur place.

Tu as un fond mélancolique.

C’est mon côté Mylène Farmer, mais il ne faut pas le dire (rires).

Tu fais de la musique pour qui ? Pour toi, pour les autres, pour aller mieux ?

Je pense qu’on ne peut pas commencer la musique pour les autres. Il faut commencer pour soi. Je me souviens, quand je montais sur scène, les musiciens avec lesquels je travaillais me disaient « il faut qu’on s’écoute, il faut qu’on soit ensemble, après on reverse tout au public ». Pour que le public ressente les émotions, il faut bien qu’entre les musiciens et moi, il se passe quelque chose.

Techniquement, quand on chante en roumain ou en français, on chante de la même façon ?

Pas moi. Il faut accepter d’entendre la voix différemment. Ce ne sont pas les mêmes consonances, on ne place pas la voix de la même manière. Le roumain, c’est une langue latine, il y a des voyelles qu’on n’utilise pas du tout en français. Pour moi c’est impensable de chanter en français comme on chante en tsigane.

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(Photo : Marguerite Mai)

Il faut parvenir à se défaire des chanteurs ou chanteuses illustres dont on aime le travail ?

Oui. Ma prof de chant, au début, me déculpabilisait sur le fait que j’imitais des chanteuses. Elle me disait qu’au début, c’était normal. J’ai donc beaucoup imité et recopié les voix. Les années ont passé et ma voix a changé très naturellement. Une voix, c’est comme la calligraphie, il y a des pleins et des déliés. Je veux qu’au moment où j’envoie ma voix délicatement, il y ait du sens et que l’émotion soit très présente. En tout cas, j’ai envie d’interpréter mes chansons en langue française avec la même ferveur que j’ai dans la musique tsigane.

Tu me sembles être quelqu’un de nostalgique…

Oui, mais pas dans la nostalgie mélancolique. Ça ne veut pas dire ne pas vivre dans le présent, ça veut dire juste procurer une sensation douce dans le souvenir.

Je sens que ce disque est fait avec le cœur.

Je ne sais pas où je serai dans quelques années, j’ai donc toujours l’impression que c’est le dernier. J’ai mis du temps à écrire ces textes et donc,  j’aimerais que les gens les écoutent. Mais c’est pareil pour la musique. Ce que j’aime dans ces chansons, c’est qu’il y a de vraies mélodies. C’est important les mélodies. C’est ce que l’on retient.

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Norig et Mandor, après l'interview le 4 octobre 2013.

07 octobre 2011

Flow: interview pour "Larmes Blanches"

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Ce soir la chanteuse Flow est au Café de la Danse. L’occasion pour moi de la rencontrer dans un restaurant des Halles pour une interview. Son deuxième album, Larmes Blanches, n’est pas de ce temps, tout en étant dans d’une modernité déconcertante. Son histoire en est pour quelque chose. Florence Vaillant, alias Flow a été reporter photographe et a réalisé des reportages en Israël, en Amérique Latine et à Gaza. Une baroudeuse incorruptible doublée d'une écorchée vive. Dorénavant passée à la musique, Flow a gardé une approche réaliste de la chanson qui transparaît dans ses textes à fleur de peau, servis de sa voix éraillée et profonde.

flow,larmes blanches,interview,café de la danseInterview:

Tu as une chanson qui explique qu’il faut se méfier des apparences. Toi, tu donnes l’image d’une femme de caractère qui dit ce qu’elle pense et qui lance des messages. Tu sembles te moquer de ce que les gens peuvent penser de toi.

Ce qui compte dans le bonbon, ce n’est pas le papier, c’est bien le bonbon. C’est un peu la maladie du siècle de s’arrêter à la première couche de vernis et de ne pas aller voir ce qu’il se passe derrière. Par exemple, quand on rencontre un artiste, c’est intéressant qu’on ne s’arrête pas à son single. Certes, on peut être déçu, mais je vous garantis qu’il y a encore pas mal d’artistes à univers. J’espère que j’en fais partie.

Ton disque est un patchwork musical. Difficile de le cataloguer dans une quelconque catégorie. Il y a de la chanson française traditionnelle, du rock, du folk… mais pas que.

Il y a effectivement, plusieurs orientations, plusieurs lectures et plusieurs formes musicales. Quand on me demande ce que je fais comme musique, j’ai inventé un terme qui est : valse-punk-acoustique. Je me demande ce qu’aurait répondu un artiste comme Brel, à la grande époque de la chanson française, si on lui avait demandé ce qu’il faisait comme musique.

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As-tu l’impression de ne pas être née à la bonne époque ?

J’ai toujours eu cette impression parce que j’ai été élevée par des parents gaullistes catholiques rigoureux de l’ancienne époque et des professeurs soixante-huitards. A 15 ans, en échappant à l’autorité parentale, je découvre d’un coup, Janis Joplin, les Doors, les Rolling Stones, les Béru… tout à la fois ! Le choc. Je me demande comment j’ai pu vivre jusqu’à ce moment-là sans connaître ce monde, cette musique.

Tu chantes depuis 2003, mais c’est avec ce deuxième album que tout semble se débloquer pour toi.

Moi, je n’avais jamais fait de chansons de ma vie. Dans mon environnement de jeunesse, « artiste », c’est un quolibet. Je suis quelqu’un de travailleur, mes parents sont auvergnats, ça bosse dur, on n’a rien par l’opération du Saint-Esprit. Artiste, chanteuse, ça ne faisait pas sérieux. Moi, en vrai, j’étais journaliste, reporter photographe. En l’an 2000, je romps mon intérêt pour ce métier  parce que je ne m’y retrouve pas. Je suis une utopiste, j’aimerais bien qu’on dise la vérité. Après mon arrêt, je commence à chantonner et un soir, Yannick Noah me découvre sur l'île de Saint Barth où je m’étais retirée, plus ou moins. Ensuite, on a fait 12 000 exemplaires du premier album, sans radio.

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Comment expliques-tu que tu émerges en 2011 ?

Je surfe sur une vague. La vague de ce que l’on défend depuis toujours. Depuis que je suis maman, je regarde le monde qui m’entoure avec encore plus d’acuité. Si j’ai l’occasion de faire un tout petit truc pour que ça change, si je peux apporter ma pierre à la construction d’un monde qui ne ressemble pas à ce qu’on me propose et ce que l’on propose à mes enfants, je me lance à corps perdu dans cette bataille. Je pense que c’est l’heure du réveil et que les gens ont arrêté d’être dupes. Personne ne sait encore comment faire. Comment fédérer sans passer pour un enfoiré ? Dès que tu fédères, tu passes pour un de ces guignols qui essaient de récupérer des voix à la course à la présidence. Personne n’a le talent d’un Abbé Pierre ou d’un Coluche ! Alors, à plusieurs, on va peut-être y arriver. En ce moment, je me fais engueuler par mes copains punks parce que je travaille avec Yannick Noah. Ils me disent que je me « variétise ». Je dis : « Man, il faut rentrer. Le gars, il nous donne un coup de main, pourquoi je ne rentrerais pas dans la bergerie pour faire bouger les choses?".

Je comprends que l’on vous dise que Flow et Yannick Noah, ce sont deux mondes.

Non, je ne suis pas d’accord. Il n’y a pas plusieurs mondes. Ce sont les vendeurs de tapis et les vendeurs de produits qui nous ont saboté et saccagé le plaisir qu’on a entre artistes de travailler ensemble. Ils n’arrêtent pas de détruire tout ce qui est humain, tout ce qui est joli, tout ce qui est beau, tout ce qui est vrai. Moi, si je pouvais donner de l’argent sur des Zéniths que je remplis à des gamins pour que ça aille mieux dans leur vie, comme lui fait avec l’association de sa mère, je le ferais. Yannick Noah, c’est la personnalité préférée des français, il ne peut pas faire comme tout le monde. Il ne peut même pas aller boire un café tranquillement, sans qu’il y ait 25 demandes de photos avec lui avec un IPhone. Et discrètement, sans faire de pub, il donne ses sous. Et discrètement, il me permet de délivrer mes messages face à son public.

flow,larmes blanches,interview,café de la danseTu n’aimes pas évoquer ton métier de reporter photographe. Tu as vu pas mal de guerres… Je trouve cela dommage, car ça explique beaucoup tes chansons.

Un jour, je me suis astreint à me dire que ce que j’écrivais pour les journaux n’était pas objectif. Quand tu es journaliste, tu dois l’être. Tu dois dire la vérité. Etre journaliste, c’est prendre le maximum d’informations, vérifier leur exactitude et les retranscrire dans leur état, sans donner ton point de vue. Un bon reporter rapporte ce qu’il a vu, ce qu’il a entendu et il le donne en l’état. Alors, quand j’ai commencé à écrire des chansons, j’ai pu enfin donner mon avis personnel. C’était important que j’exprime ce que je ressentais, car je ne pouvais plus le garder à l’intérieur. Pour moi, les chansons, c’est thérapeutique.

Tu es très fâchée avec les médias ?

Je suis contre la communication, c’est pour ça que j’en fais avec mes petits bras, mes petites mains, ma grande bouche. Quand je rencontre des gens comme Melissmell ou Yanick Noah qui ont ce genre de puissance artistique, je m’accroche.

Tu as changé depuis que tu es chanteuse ?

Je pense qu’il faut travailler sur soi dans la vie, avant de travailler sur les autres. Quand on se fait évoluer soi, on fait évoluer les autres. Je me suis aperçue que quand tu mets une claque à quelqu’un, tu ne peux plus parler avec lui. Et bien, on le fait tous les jours avec les mots. Ce ne sont pas de vraies claques physiques, mais le résultat est le même. Si on communique avec agressivité, que voulez-vous que vous donne l’autre ? Rien. J’ai mis très longtemps avant de comprendre que la diplomatie n’était pas des courbettes. C’est juste peut-être même la forme nécessaire pour pouvoir commencer quelque chose avec quelqu'un. Moi, j’ai pris beaucoup de temps pour comprendre ça, parce que je suis une hyperactive, directe et plutôt rentre dedans. Je prends sur moi tous les jours. C’est un travail au quotidien.  

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J’avais de toi l’image d’une femme qui n’aime pas trop la promo, un peu farouche…

Tout le monde pense que je suis un doberman très méchant. C’est faux, mais n’approchez pas trop quand même ! C’est comme avec les enfants, c’est vraiment libre chez moi, mais tu ne dépasses pas les bornes. On est vraiment bien ensemble, mais si tu commences à marcher sur ma figure, je vais rouspéter un petit peu. Punk, cash !

La scène, pour toi, c’est quoi ?

Le bonheur total. C’est un endroit où je suis à 100% moi-même. Si j’ai envie de pleurer sur ma chanson, je pleure. Si j’ai envie de crier merde dans mon micro, je le fais. On ne peut pas tricher sur scène.

Tu dis que tu fais ce métier, pas pour être chanteuse, mais pour amener quelque chose aux gens.

Sinon, ça ne sert strictement à rien. Je veux que les gens qui sortent de mes concerts soient pleins. De nostalgie, d’émotion… en tout cas pleins de quelque chose.

Toi, tu donnes beaucoup sur scène, mais tu veux que le public te donne aussi. Ce sont des concerts interactifs, finalement.

Je ne suis pas là pour être gentille, ni être en complaisance, encore moins  pour faire mon numéro. Il faut être très prétentieux pour faire ce métier. Vous vous rendez compte ? Monter sur une scène et dire aux gens : « Regardez ! Ce que j’ai à dire est très intéressant !».  Donc, si ça ne sert à rien, j’arrête. Et si je continue, c’est que ça sert à quelque chose. Je voudrais qu’il y ait plusieurs alternatives à la révolte.

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 Petits souvenirs mandoriens, après l'interview...

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Ce soir, donc, au Café de la Danse...

27 mars 2008

Alexandre Kinn... sur la bonne roots!

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Encore un qui déboule et qu’on n’avait pas vu venir… un bon en plus.

Alexandre Kinn. On entend sa chanson Aude (Emmène-moi) sur pas mal de radios.

La voici.

Sa bio ne nous apprend pas grand-chose sur le monsieur. Extraits :

« Parti pour devenir égyptologue, Alexandre se prendra les pieds dans la musique pour de bon, après un voyage de plusieurs mois à la Nouvelle-Orléans et la découverte du blues... Il entame un autre voyage à Paris qui ne devait durer que quelques jours pour finalement y rester et faire ses classes en écumant les bars. Le répertoire se forme, et les rencontres se multiplient… »

Un peu court jeune homme, comme explication !

1017735431.jpgLe 6 mars dernier, je suis allé à sa rencontre, chez AZ/Universal, pour en savoir un peu plus sur lui et son premier disque, Dans la tête d'un homme. (Sur son MySpace: 4 titres à écouter!)

En bas de l’immeuble de la multinationale, je rencontre une amie attachée de presse d’une autre maison de disques. On papote quelques minutes et elle finit par me demander qui je viens interviewer. Je réponds, mais elle ne voit pas qui est ce Alexandre Kinn. Au moment où je réponds : « il fait un peu comme Christophe Maé, mais en plus authentique, moins variétoche... », l’artiste en question passe devant nous en nous regardant bizarrement. Comme je connais mal son visage, je ne suis pas certain qu’il s’agisse de lui. Je le suis. Nous montons ensemble dans l’ascenseur. Je lui demande opportunément : « vous êtes Alexandre Kinn ? ». Il me regarde amusé. « Non, je suis Christophe Maé ! ».

Très drôle. Bon, ça y est, on est pote puisqu’on se taquine déjà…

En vrai son style, ce serait plutôt John Butler trio, G.love and Special Sauce, Bob Dylan, Ben Harper ou Jack Johnson dans la composition musicale, m’explique-t-il, une fois installé dans la salle d’interview.

-J’ai placé des textes français sur de la musique américaine. Tu enlèves le texte en Français, ça sonne ricains, je t’assure. Tout est roots. Pour être plus précis, mon album est un condensé de ce que j’ai joué jusqu’à présent. Du blues, du folk et de la chanson « song writer ». J’ai tordu le système dans tous les sens pour trouver la bonne alchimie de tout ça. J’ai plein d’abats… sur 80 chansons, 13 sont sur le disque, le reste est à la poubelle.

Je lui réponds, en plaisantant à moitié, qu’il s’agit donc d’un best of de ses meilleures chansons.

Il acquiesce en se marrant.

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Je lui demande ce que ça lui fait d’être là, à parler de son « œuvre », de marcher dans la rue et de voir sa tronche sur tous les murs de Paris (car tel était le cas)…

-C’est vraiment bizarre. Il y a peu, je chantais dans les bars, je faisais la manche dans le métro, personne ne venait me poser des questions. Je trouve ça intéressant de parler soudain de mes chansons. Elles sont la fin d’un trajet. Je démarre un nouveau cycle avec ce disque. Je considère que c’est la fin de 8 ans de galère parisienne.

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Je suis un vrai pro de la photo... je sais. Merci!

Rassurez-vous, il ne se croit pas arrivé. Il sait parfaitement qu’il va falloir se battre pour rester dans ce milieu et construire une carrière. Alexandre Kinn est un type humble et sympathique. Juste, il a quelques étoiles dans les yeux et je trouve ça beau.

-Moi, j’attendais la reconnaissance de mes pairs, les musiciens. Je commence à sentir que je suis un peu respecté. Quant au public, il y a tellement de paramètres pour que la sauce prenne, ou pas… Je suis très lucide. Nous vivons dans un monde ou le CD est en train de disparaître. Il n’y en aura plus dans 5 ans, c’est une certitude. Tout va désormais se jouer sur le live.

Je lui fais remarquer que, quand même, il y a sur le marché du disque français de plus en plus de chanteurs « roots ». Je ne prends pas comme exemple des artistes comme Maé et De Palmas, mais je le pense très fort…

-Les gens en ont marre du superficiel dans la musique. Ils ont besoin d’authenticité. Des prises de guitares simples, de voix, de chansons pures… et moi, c’est ce que j’ai toujours fait.

Il n’ira pas plus loin dans ses explications.

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Il n'est pas beau et souriant, là?

Je remarque qu’il est très curieux. Il me pose quelques questions du genre : « tu définirais comment ma musique ? », « quelles chansons tu préfères dans l’album ? ». Je réponds un peu maladroitement à tout ça. Je suis plus à l’aise dans l’exercice inverse. Poser des questions, je sais faire, y répondre, je ne suis pas un as…

Alexandre Kinn est très sincère. Il ne veut pas jouer à l’artiste au passé tumultueux et difficile : « Je viens du sud de la France , de Hyères, plus précisément. Je n’ai jamais eu de problèmes dans on enfance. Tout à été toujours très calme… ». N’est pas Édith Piaf qui veut.

(Très intéressante, cette dernière remarque… de mieux en mieux, Mandor).

Il me confie aussi qu’il a besoin de repères pour avancer dans ce métier :

-J’ai une petite équipe avec moi. Un « crew » comme on dit dans le milieu Hip Hop, que je respecte d’ailleurs beaucoup. Mon manager, mes musiciens, mon régisseur et mon ingé son sont un peu ma deuxième famille. Nous sommes très soudés et c’est rassurant pour moi.

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(Y a-t-il quelqu'un qui pourrait m'expliquer dans un langage clair, comment je peux résoudre mon problème de photos prises en haute déf' qui apparaissent en basse déf' sur mon blog? Merci, parce que ça commence à me courrir sur le système!)

 

 

J’aime les gens qui ne cachent pas leurs failles. Alexandre Kinn n’est pas Superman, mais il joue bien, il chante bien, ces textes ne sont pas dénués d’intérêt. C’est tout ce qu’on lui demande.

Pour le découvrir, voici un extrait du making of du vrai clip de Aude (emmène-moi).

Celui d’en haut, c’était un pré clip…

Avant cela, quelques explications :

-On a tourné le clip « officiel » à Los Angeles au volant d’une Aston Martin. On voulait juste faire des images caméra à l’épaule. En 4 jours, on a eu toutes les galères du monde. Un truc de fou ! On en a fait un making of, tellement c’était dingue.

Et puis un extrait d’un de ses concerts. Dans la tête d’un homme. (J’adore vraiment ce titre !)

    

Pour le voir et l’apprécier en live. C’est ce soir que ça se passe.

Au Café de la Danse.

Impératif !