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12 février 2014

Da Silva : interview pour Villa Rosa

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Ça fait un moment que je suis la carrière de Da Silva. Depuis son premier opus, en fait. J’ai chroniqué bon nombre de ses albums pour différents journaux. Mais, je n’ai jamais eu l’opportunité de le rencontrer. Voilà qui est fait. Et bien fait. L’homme est sympathique, disert et dit ce qu'il pense.

Il est passé à l’agence quelques jours avant son concert au Café de la Danse, le 12 février 2014.

Avant de lire le fruit de notre conversation, je vous propose ma chronique de son nouveau disque, Villa Rosa, publiée dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc, datée du mois de février.

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da silva,villa rosa,café de la danseInterview :

Sur ce nouveau disque, l'ambiance est moins minimaliste. Mais ce changement avait déjà commencé avec l’album précédent « La distance », non ?

Il y a un truc qui est assez étonnant. C’est mon 5e album, j’ai fait près de 400 dates et très honnêtement, j’ai toujours fait la même chose. En tout cas, je dis toujours la même chose. C’est le propre d’un artiste, on a quelques obsessions, on n’arrive pas à s’en défaire.

Quelles sont les tiennes ?

Le deuil, la mort, la joie, la vie, le rapport à l’autre, les sentiments amoureux… des problèmes existentiels. Je me pose toujours les mêmes questions dans mes chansons, mais je change ma façon de le dire. Je creuse mon sillon.

Mais la musique varie d’album en album.

Je suis en perpétuelle recherche. J’ai commencé avec un disque très dépouillé, Décembre en été, enregistré en guitare-voix avec notamment le titre « L’indécision ». Les deux albums suivants, De beaux jours à venir et La tendresse des fous, avec Joseph Racaille aux cordes, aux vents et aux cuivres, étaient plus orchestrés. Pour le quatrième album, La distance, je suis passé à un format plus pop avec des basses, batteries et claviers. D’un seul coup, avec ce 5e disque, les gens te disent « c’est plus enjoué ». C’est juste plus orchestré. J’ai enrobé un peu le poivre dans un bonbon. J’ai réussi à tromper l’ennemi.

Qui est l’ennemi ?

Moi. J’ai réussi à m’étonner de mon propre travail. J’ai réussi à me renouveler. Un artiste qui ne se renouvelle pas, il est mort.

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C’est vrai que tous les artistes parlent de la même chose ? 

Ce qui différencie un artiste d’un autre, c’est le style. Cela dit, on ne raconte pas tous la même chose. Il y a des chanteurs engagés, des chanteurs sentimentaux, des chanteurs romantiques, d’autres qui sont très crus… Moi, dans mon écriture, j’emploie des métaphores. J’essaie aussi de mettre un peu de distance entre le sentiment et le ressenti, avec un peu de pudeur.

Tu es chanteur de quoi, toi ?

C’est très dur de le définir. J’ai très peu de recul sur moi. C’est comme quand on me demande mes influences, j’ai beaucoup de mal à répondre. L’influence, ça travaille dans ton dos. C’est inconscient. Ce qui est inspirant pour moi, c’est une photo. J’aime bien quand l’image est arrêtée. Ça me permet de fantasmer. Je me demande ce qu’il s’est passé avant et qu’est ce qu’il s’est passé après. Tout m’est permis sur une image arrêtée. Ça me fait chier les clips !

Pourtant, tu en as fait quatorze et déjà trois pour ce 5e album.

(Rires). Ne te moque pas ! J’aime les images arrêtées, je te dis.

Clip de "Villa Rosa" extrait de l'album Villa Rosa.

J’ai l’image de toi d’un artiste qui ne fait aucune concession.                      

Je fais zéro concession. On ne va pas me faire faire la tartignolle à la télé, tu vois. Je viens du punk rock, quand j’ai commencé j’avais 17 ans. Aujourd’hui, j’ai 38 ans. J’ai passé 21 ans de ma vie à essayer de m’aimer un peu, à essayer d’aimer les autres, à essayer d’être un mec « bien », de ne pas être un salaud. À travers tout ça, j’ai une seule liberté et elle a canalisé toute ma vie et mon esprit. C’est la musique. Et jamais un producteur ne m’a imposé quelque chose. Le reste, c’est de l’intelligence. Quand on me dit qu’il faut que j’aille faire une séance photo avec machin, une interview avec truc, je dis toujours oui. Moi, je considère que je ne fais pas de promo. Je vais rencontrer un mec, on va discuter ou pas, ça va être super ou ça va être nul. Je ne suis jamais en représentation. Je ne m’habille pas de façon exceptionnelle, je ressemble au voisin d’à côté, je fais 1m60, je suis chauve, il n’y a rien à dire sur moi de transcendant. Je ne joue pas au chanteur beau gosse ! Moi, je ne pense qu’à la musique et je sais que si je perds la main là-dessus, ma vie s’écroule.

Pourquoi es-tu parti de chez tôt Ou tard ?

Un label, c’est un deal que tu signes à deux. On te propose un contrat, tu viens avec ton avocat et tu signes ou pas. Quand tu signes un contrat, tu es content et quand tu n’es plus content, tu t’en vas. Je devais leur rendre un album et j’ai refusé. Je me suis tiré au quatrième album. Je dois te dire que je ne me suis pas fait que des copains.

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Il faut que tu te sentes bien tout le temps avec les gens qui t’entourent professionnellement ?

C’est la moindre des choses. Mais, en général, j’ai du mal à me sentir bien. J’arrive à dire « je me suis senti bien »,  « j’ai été bien » ou « j’étais bien », mais il est très difficile pour moi de ressentir le bien-être au présent.

Tu n’arrives pas à profiter des moments intenses que tu vis ?

Je n’arrive pas à synthétiser le plaisir dans l’instant. Je donne. Je peine à recevoir.

Mais ton pessimisme légendaire se transforme peu à peu en optimisme, non ?

Quand j’ai eu conscience de la vie, très tôt, je me suis dit que tout ça n’irait pas loin. Je le sentais comme ça. Je trouvais que la vie était un bordel, un véritable chaos. C’est bien après que je me suis dit que la vie, c’était quand même bien. Aujourd’hui, je suis satisfait de celle que je mène. J’ai une fille, ça, c’est le plus important. Et aussi, j’ai fait cinq albums, je suis toujours là, il y a encore des gens qui ont encore envie de venir me voir en concert et ils sont heureux quand ils viennent.

Clip de "Le coureur de fond" extrait de l'album Villa Rosa.

Tu fais le plus beau métier du monde ?

Je ne le conseillerais pas à tout le monde. Mais j’ai toujours rêvé de faire ce métier et aujourd’hui j’y suis. Qui peut s’enorgueillir de faire le métier dont il a rêvé gamin ? C’est une petite victoire sur la vie, non ?

Tu as donc le sentiment d’avoir réussi ta vie ?

Réussir sa vie, ce n’est pas que ça. Réussir sa vie, c’est ce que tu as réussi à apporter aux autres, ce que tu as réussi à faire passer comme message. Chaque jour, j’essaie d’apporter un peu de bonne humeur autour de moi. Tu vois, quand je suis arrivé tout à l’heure, j’ai déconné pour que l’ambiance soit cool directement et que les choses se passent bien.

Ce comportement est-il naturel ou te fais-tu violence ?

Je ne sais pas si c’est naturel, mais c’est une philosophie de vie. Je ne veux pas emmerder les gens. Je ne dis jamais « je veux », mais « il serait souhaitable ».

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C’est marrant parce que je m’aperçois que tu es plutôt hyperactif depuis que tu es là et pourtant tes chansons sont souvent calmes. Je ne parle pas de celles de tes deux derniers albums…

J’aime bien ce petit livre de Stig Dagerman, « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier ». Quand j’ai lu ce bouquin, je me suis dit que ma musique devait avoir la fonction de faire du bien et de consoler. Ce que je dis dans mes chansons est très dur, mais ça rassure quand même. Tu te dis qu’il y a pire que ce que l’on vit soi-même. Je fais de la musique qui console.

Elle console les gens, mais te console-t-elle aussi ?

Oui, un peu. Elle me réconcilie avec moi, avec la vie, avec ce qui nous passe entre les doigts, avec ce que l’on rate, avec ce que l’on réussit et ce que l’on ne réussira plus. J’ai décidé de ne pas vivre comme un légume. J’ai décidé d’avoir conscience d’être vivant.

Quand tu fais quelque chose qui est nase, tu le reconnais ?

On ne peut pas faire bien tout le temps. Moi, je fais du mal aux gens, souvent. Mais oui, je le reconnais, je leur dis pardon.

Faut-il mentir parfois ?

Oui… mais bien. Il faut bien mentir. Connais-tu la différence entre la sincérité et la franchise ?

Non.

La franchise c’est l’idée de dire tout ce que tu penses. La sincérité, c’est de penser tout ce que tu dis. Là, ça prend son sens parce que tu réfléchis avant de dire quelque chose. Moi, la franchise, je n’en ai rien à foutre, mais j’adore la sincérité. Bon, après tout le monde se réclame de la sincérité, c’est très noble. Personne ne se réclame d’être une ordure, alors qu’on est constitué de 50% de ça.

Ah bon ?

L’homme a des vices. Il est poussé par la facilité. Il faut toujours lutter pour retrouver un peu de noblesse, d’élégance et d’humanité.

LSDR #4 - Da Silva - Un jour peut être extrait de "Villa Rosa" from Tomat'Prod on Vimeo.

da silva,villa rosa,café de la danseLa scène, pour toi, c’est quoi ?

Il faut créer un spectacle, revisiter et réorchestrer toutes les chansons, aller les chercher dans cinq répertoires, proposer des inédits. Il faut soigner son entrée, soigner sa sortie, et au milieu être captivant. Il faut être aimé, il faut se faire aimer et il faut aimer. Un artiste, il devient beau quand il sort de scène, que la salle est debout, que les gens tapent dans les mains et qu’ils ne veulent pas qu’il parte.

Ça fait du bien a l’ego ?

Oui, les applaudissements sincères flattent l’ego. C’est une sorte d’adrénaline dont il est difficile de rester insensible.

C’est aussi une satisfaction par rapport à tes parents ?

Mon père est ouvrier et ma mère femme de ménage. Mon père voulait que je devienne soit médecin, soit avocat même s’il n’a jamais été ni chez l’un, ni chez l’autre. Ma mère voulait juste que je ne fasse pas les ménages parce que c’est galère. Après mon père, constatant mon taux d’absentéisme à l’école, s’est contenté de vouloir que je devienne ouvrier à l’usine. A 17 ans, je leur ai dit que je voulais devenir Garcimore, parce que j’étais fan de ce magicien qui loupait toujours ses tours, tu imagines le tableau.

J’ai l’impression que tu ne sacralises personne.

Je ne suis fan de personne. J’ai trop écouté de musique pour ne m’attacher qu’à un groupe ou à un chanteur. Et puis, plus généralement, je t’accorde à toi autant de crédit que si je parlais au barman du coin, je suis désolé de te dire ça, mais c’est vrai.

Ça ne me dérange pas. Je ne me sens pas plus important.

Je ne sacralise personne, de fait, cela agit comme un miroir. Je ne peux pas avoir le melon.

Tu écris beaucoup pour d’autres artistes. Tu es très sollicité ?

Oui et, à chaque fois, je le prends comme un compliment. Ce que j’aime bien c’est poser mon regard sur quelqu’un, c’est fantasmer. On me fait un brief sur la personne à qui je dois écrire des chansons. Quand je travaille pour Claire Denamur ou Mélanie Pain qui font des albums de chansons exigeantes et qualitatives ou pour une chanteuse de variété pop comme Jenifer, quand elles m’appellent, j’ai le brief. Mon envie est de leur dessiner une robe qui leur va bien.

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(Photo : Guillaume Depagne)

Par rapport à ton répertoire, j’avais l’image de toi d’un type un peu dark. En fait, tu es tout le contraire.

Je n’ai jamais été un mec désagréable ou « dark » comme tu dis. Mais, tu sais, il n’y a jamais plus triste qu’un clown et donc, vice versa.

Parfois ça cache des choses !

Il faut bien rendre la vie meilleure qu’elle n’est, non ?

Pour cet album, tu as travaillé avec deux réalisateurs. C’était plus confortable pour toi ?

Non, ce n’est pas plus confortable. J’ai fait des maquettes guitares, voix, basses, guitares, batteries et j’ai confié mes maquettes à deux de mes musiciens qui sont aussi deux amis. C’est difficile de faire un cumul des mandats plus explosif. C’était pimenté. Il y a la fête, l’amour que tu as pour les gens, leur projection qu’ils ont de ta musique, la projection que toi tu en as. Nous nous connaissons très bien et parfois, nous n’avons pas eu la même vision des titres. Personne n’a rien lâché. Ça a explosé, mais cela a fait exactement l’album que je voulais et l’album qu’ils voulaient. On a réussi à ne pas faire de compromis. Personne n’a tort ou raison, il y a juste des visions différentes. Au lieu d’empiler les visions et faire des compromis, on peut aussi se désaxer et regarder les choses de façons différentes et trouver un arrangement qui soit transversal. Il faut faire du jus de cerveau, tu ne fais pas un disque en regardant pousser les pâquerettes.

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C’est le disque que tu voulais faire ?

Il est fidèle à mon évolution musicale et textuelle. Il y a tout ce que je voulais. Il y a des titres pop, comme « La tasse », avec un orchestre de cinquante cordes et juste un son de batterie.

Cinquante musiciens! Tu n’as pas eu peur de perdre ta chanson, ou en tout cas la réalisation de ta chanson ?

Pendant très longtemps, j’enregistrais mes disques chez moi et je jouais tous les instruments. Je pensais que lorsque tu faisais jouer les instruments par d’autres musiciens, ça diluait le propos de ta chanson. Dans la musique, il y a le temps fort et le temps faible. On a tous une rythmique intérieur, un groove à soi, un battement,  une pulsation. Je me disais que si quelqu’un mettait sa pulsation dans ma pulsation le château allait s’effondrer par le centre. J’ai compris qu’il n’en était rien et qu’il fallait que j’aille rechercher dans les ressources des gens. J’ai ouvert la vanne, maintenant ça déborde (rires). Le prochain album, ça va chier.

Le prochain sera hyper orchestré ?

J’ai très envie de faire un album uniquement avec un orchestre.

Un best of en version symphonique ?

Un best of, c’est un peu embêtant étant donné que je ne sais pas ce qui est best et ce qui est of chez moi !

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Après l'interview, le 5 février 2014.

07 novembre 2013

Norig : interview pour son deuxième album Ionela

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(Photo : Marguerite Mai)

Ce soir Norig se produit au Café de la Danse. Un spectacle à ne pas manquer tant la jeune femme à du talent et sait toucher le cœur et l’âme. Norig est un jour tombée amoureuse du chant tzigane, ce « cri » dans lequel elle se reconnait. Tant mieux pour nous. Depuis, elle n'a eu de cesse de s'imprégner de cette culture pour se l'approprier à sa façon, poétique et puissante. Aujourd’hui, elle chante en français et le résultat est remarquable. Plume, musique et voix exceptionnelles, Norig enchante.

L'artiste est passée me voir à l'agence, le 4 octobre dernier.

norig,ionela,interview,café de la danseArgumentaire :

Après un premier album, Gadji, (vendu à plus de 10 000 exemplaires en 2006), une bande originale pour Tony Gatlif, une tournée européenne avec le spectacle Django Drom (Salle Pleyel, Jazz in Marciac, Les Nuits de Fourvière…), Norig revient aujourd’hui avec Ionela, nouvel album riche d’histoires sensibles, contées en Français, et de mélodies d’où s’envolent des vapeurs balkaniques.

Forte d'une écriture sincère et poétique, des histoires plein la tête et plein le cœur, la chanteuse écrit désormais ses textes. Désireuse de raconter et chanter avec ses propres mots, pour partager ses rencontres, ses héroïnes, ses errances et sa poésie, sa capacité à écrire de vrais récits répond en écho lyrique aux compositions du musicien Sébastien Giniaux. Il crée sur Ionela une mosaïque musicale aux inspirations multiples : Jazz, classiques et rock.
Des mélodies pleines, des valses, l'orchestration épique d'un tango laissent la place à une guitare qui s’électrise en phrasés balkaniques, et se ballade en Nougaro (mandorisé là)…

L'album Ionela nous embarque sur une vague d'émotion, nous attache à une nostalgie, une mélancolie, sublimées par l'incroyable voix de Norig, émouvante, puissante et grisante.

norig,ionela,interview,café de la danseInterview :

As-tu toujours eu un goût prononcé pour la musique ?

J’ai abordé la musique par besoin et presque dans l’urgence. Je n’ai pas pris des cours de chant pour prendre des cours de chant, il fallait que je prenne des cours de chant. Je sentais qu’il fallait que j’exprime quelque chose à travers la voix. Je viens d’un milieu familial où on faisait de la musique. Mon père est guitariste classique. J’ai beaucoup écouté Villa-Lobos et de musique baroque. J’ai vraiment beaucoup baigné dans la musique classique.

Tu as pris des cours de chant avec qui ?

Avec Martina Catella. Elle travaillait sur les techniques vocales du monde entier. Je suis arrivée dans cette école par hasard, je ne m’imaginais pas qu’un jour je ferais de la musique tsigane. Après, tout est affaire de hasards et de concours de circonstances. Après mes premiers cours de chant, j’ai vu Le temps des gitans d’Émir Kusturica. J’ai eu un choc émotionnel en voyant ce film. Je suis tombée amoureuse de la chanson qui revient en boucle, Erdelesi. J’ai dit à ma prof que je voulais la chanter. Ensuite, j’ai rencontré Sébastien Giniaux. Lui qui était violoncelliste de formation s’est mis à la guitare. Lui et moi avions beaucoup d’intérêt pour cette musique-là, donc on a travaillé ensemble pendant 12 ans.

Les héroïnes + interview.

Tu t’es reconnue dans la musique tsigane ?norig,ionela,interview,café de la danse

Je me suis parfaitement retrouvée dans cette musique qui est arrachée.

Tes grands-parents maternels sont espagnols.

Oui et mes parents sont nés à Montpellier dans des quartiers populaires, il y avait une certaine proximité avec les quartiers gitans. On croisait Manitas de Platas (mandorisé là) dans la rue, j’ai un oncle gitan par alliance.... Bref, quand j’écoute du flamenco, je sens que ça réveille des choses en moi.

Le fait que tu joues cette musique, du coup, ce n’est pas que le fruit du hasard.

Peut-être qu’il n’y a pas de hasard, en effet. On ne se retrouve jamais quelque part sans raison. Cette influence est un peu impalpable.

Le premier album, Gadji, était plus radical que Ionela. Ce n’était que de la musique tsigane.

C’est le disque avec lequel tout commence. Un disque à part parce qu’il y avait beaucoup de compositions originales et donc il ne rentrait pas dans la catégorie de musique traditionnelle. On ne se posait pas de questions. C’était évident qu’il fallait que je fasse ce disque-là comme ça, à ce moment-là.

Dans tes deux albums, il y a une chanson de Gainsbourg. « Les petits papiers » dans l’un et « L’aquoiboniste » dans l’autre. 

J’aime beaucoup le Gainsbourg de l’époque « Ce mortel ennui » ou « La javanaise ». Il jouait avec les mots et avec la résonnance des mots. Je sais que Gainsbourg aimait beaucoup le jazz manouche.

"Ionela".

Dans cet album, Ionela, tu as écrit de nombreux textes. Plus que dans le premier.

La musique tsigane est la musique dans laquelle je me retrouve émotionnellement. Les gens ne comprennent pas nécessairement ce que je raconte, mais ça touche leur âme. A un moment, j’ai réalisé qu’il me manquait quelque chose : ma culture française. J’avais besoin de m’exprimer dans ma propre langue et de raconter des choses qui m’appartiennent plus. Cet album me dévoile complètement. Ce n’est pas très confortable de se mettre à nu sans rien cacher, mais je ne fais pas de la musique pour être dans le confort.

Tu es méticuleuse dans ton écriture poétique ?

Oui. J’ai essayé de m’imposer des écritures cadrées avec strophes, refrains. Ça m’amuse de chercher la rime, la phrase, l’image. Parfois, je sais où je vais, parfois, je ne sais pas.

Quels artistes t’impressionnent en matière d’écriture ?

Les textes de Bashung (mandorisé ici) m’impressionnent. Je les trouvais beaux, parce qu’ils étaient libres. La liberté dans l’écriture me fascine. J’écoute beaucoup de musiques anglo-saxonnes, Noir Désir, de la chanson française un peu passée, de la musique traditionnelle. Je peux écouter une chanson jusqu’à ce que mort s’en suive. J’aime beaucoup les textes de Léo Ferré et de Philippe Léotard (chez Mandor ici).

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Comment tu vis ton Café de la Danse à venir (ce soir) ?

Je fais beaucoup de concerts en tzigane et en roumain et je m’y sens à l’aise. C’est plus effrayant de présenter ses textes personnels en français, mais je suis très excitée de le présenter au public. Il y aura tout de même des chansons tsiganes, celles qui me paraissent les plus importantes et qui auront un sens dans ce spectacle. On jouera sur scène le disque parce que le disque a été enregistré quasiment en live. Il y aura peut-être un invité ou deux. Il faudra venir vérifier sur place.

Tu as un fond mélancolique.

C’est mon côté Mylène Farmer, mais il ne faut pas le dire (rires).

Tu fais de la musique pour qui ? Pour toi, pour les autres, pour aller mieux ?

Je pense qu’on ne peut pas commencer la musique pour les autres. Il faut commencer pour soi. Je me souviens, quand je montais sur scène, les musiciens avec lesquels je travaillais me disaient « il faut qu’on s’écoute, il faut qu’on soit ensemble, après on reverse tout au public ». Pour que le public ressente les émotions, il faut bien qu’entre les musiciens et moi, il se passe quelque chose.

Techniquement, quand on chante en roumain ou en français, on chante de la même façon ?

Pas moi. Il faut accepter d’entendre la voix différemment. Ce ne sont pas les mêmes consonances, on ne place pas la voix de la même manière. Le roumain, c’est une langue latine, il y a des voyelles qu’on n’utilise pas du tout en français. Pour moi c’est impensable de chanter en français comme on chante en tsigane.

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(Photo : Marguerite Mai)

Il faut parvenir à se défaire des chanteurs ou chanteuses illustres dont on aime le travail ?

Oui. Ma prof de chant, au début, me déculpabilisait sur le fait que j’imitais des chanteuses. Elle me disait qu’au début, c’était normal. J’ai donc beaucoup imité et recopié les voix. Les années ont passé et ma voix a changé très naturellement. Une voix, c’est comme la calligraphie, il y a des pleins et des déliés. Je veux qu’au moment où j’envoie ma voix délicatement, il y ait du sens et que l’émotion soit très présente. En tout cas, j’ai envie d’interpréter mes chansons en langue française avec la même ferveur que j’ai dans la musique tsigane.

Tu me sembles être quelqu’un de nostalgique…

Oui, mais pas dans la nostalgie mélancolique. Ça ne veut pas dire ne pas vivre dans le présent, ça veut dire juste procurer une sensation douce dans le souvenir.

Je sens que ce disque est fait avec le cœur.

Je ne sais pas où je serai dans quelques années, j’ai donc toujours l’impression que c’est le dernier. J’ai mis du temps à écrire ces textes et donc,  j’aimerais que les gens les écoutent. Mais c’est pareil pour la musique. Ce que j’aime dans ces chansons, c’est qu’il y a de vraies mélodies. C’est important les mélodies. C’est ce que l’on retient.

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Norig et Mandor, après l'interview le 4 octobre 2013.

07 octobre 2011

Flow: interview pour "Larmes Blanches"

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Ce soir la chanteuse Flow est au Café de la Danse. L’occasion pour moi de la rencontrer dans un restaurant des Halles pour une interview. Son deuxième album, Larmes Blanches, n’est pas de ce temps, tout en étant dans d’une modernité déconcertante. Son histoire en est pour quelque chose. Florence Vaillant, alias Flow a été reporter photographe et a réalisé des reportages en Israël, en Amérique Latine et à Gaza. Une baroudeuse incorruptible doublée d'une écorchée vive. Dorénavant passée à la musique, Flow a gardé une approche réaliste de la chanson qui transparaît dans ses textes à fleur de peau, servis de sa voix éraillée et profonde.

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Tu as une chanson qui explique qu’il faut se méfier des apparences. Toi, tu donnes l’image d’une femme de caractère qui dit ce qu’elle pense et qui lance des messages. Tu sembles te moquer de ce que les gens peuvent penser de toi.

Ce qui compte dans le bonbon, ce n’est pas le papier, c’est bien le bonbon. C’est un peu la maladie du siècle de s’arrêter à la première couche de vernis et de ne pas aller voir ce qu’il se passe derrière. Par exemple, quand on rencontre un artiste, c’est intéressant qu’on ne s’arrête pas à son single. Certes, on peut être déçu, mais je vous garantis qu’il y a encore pas mal d’artistes à univers. J’espère que j’en fais partie.

Ton disque est un patchwork musical. Difficile de le cataloguer dans une quelconque catégorie. Il y a de la chanson française traditionnelle, du rock, du folk… mais pas que.

Il y a effectivement, plusieurs orientations, plusieurs lectures et plusieurs formes musicales. Quand on me demande ce que je fais comme musique, j’ai inventé un terme qui est : valse-punk-acoustique. Je me demande ce qu’aurait répondu un artiste comme Brel, à la grande époque de la chanson française, si on lui avait demandé ce qu’il faisait comme musique.

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As-tu l’impression de ne pas être née à la bonne époque ?

J’ai toujours eu cette impression parce que j’ai été élevée par des parents gaullistes catholiques rigoureux de l’ancienne époque et des professeurs soixante-huitards. A 15 ans, en échappant à l’autorité parentale, je découvre d’un coup, Janis Joplin, les Doors, les Rolling Stones, les Béru… tout à la fois ! Le choc. Je me demande comment j’ai pu vivre jusqu’à ce moment-là sans connaître ce monde, cette musique.

Tu chantes depuis 2003, mais c’est avec ce deuxième album que tout semble se débloquer pour toi.

Moi, je n’avais jamais fait de chansons de ma vie. Dans mon environnement de jeunesse, « artiste », c’est un quolibet. Je suis quelqu’un de travailleur, mes parents sont auvergnats, ça bosse dur, on n’a rien par l’opération du Saint-Esprit. Artiste, chanteuse, ça ne faisait pas sérieux. Moi, en vrai, j’étais journaliste, reporter photographe. En l’an 2000, je romps mon intérêt pour ce métier  parce que je ne m’y retrouve pas. Je suis une utopiste, j’aimerais bien qu’on dise la vérité. Après mon arrêt, je commence à chantonner et un soir, Yannick Noah me découvre sur l'île de Saint Barth où je m’étais retirée, plus ou moins. Ensuite, on a fait 12 000 exemplaires du premier album, sans radio.

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Comment expliques-tu que tu émerges en 2011 ?

Je surfe sur une vague. La vague de ce que l’on défend depuis toujours. Depuis que je suis maman, je regarde le monde qui m’entoure avec encore plus d’acuité. Si j’ai l’occasion de faire un tout petit truc pour que ça change, si je peux apporter ma pierre à la construction d’un monde qui ne ressemble pas à ce qu’on me propose et ce que l’on propose à mes enfants, je me lance à corps perdu dans cette bataille. Je pense que c’est l’heure du réveil et que les gens ont arrêté d’être dupes. Personne ne sait encore comment faire. Comment fédérer sans passer pour un enfoiré ? Dès que tu fédères, tu passes pour un de ces guignols qui essaient de récupérer des voix à la course à la présidence. Personne n’a le talent d’un Abbé Pierre ou d’un Coluche ! Alors, à plusieurs, on va peut-être y arriver. En ce moment, je me fais engueuler par mes copains punks parce que je travaille avec Yannick Noah. Ils me disent que je me « variétise ». Je dis : « Man, il faut rentrer. Le gars, il nous donne un coup de main, pourquoi je ne rentrerais pas dans la bergerie pour faire bouger les choses?".

Je comprends que l’on vous dise que Flow et Yannick Noah, ce sont deux mondes.

Non, je ne suis pas d’accord. Il n’y a pas plusieurs mondes. Ce sont les vendeurs de tapis et les vendeurs de produits qui nous ont saboté et saccagé le plaisir qu’on a entre artistes de travailler ensemble. Ils n’arrêtent pas de détruire tout ce qui est humain, tout ce qui est joli, tout ce qui est beau, tout ce qui est vrai. Moi, si je pouvais donner de l’argent sur des Zéniths que je remplis à des gamins pour que ça aille mieux dans leur vie, comme lui fait avec l’association de sa mère, je le ferais. Yannick Noah, c’est la personnalité préférée des français, il ne peut pas faire comme tout le monde. Il ne peut même pas aller boire un café tranquillement, sans qu’il y ait 25 demandes de photos avec lui avec un IPhone. Et discrètement, sans faire de pub, il donne ses sous. Et discrètement, il me permet de délivrer mes messages face à son public.

flow,larmes blanches,interview,café de la danseTu n’aimes pas évoquer ton métier de reporter photographe. Tu as vu pas mal de guerres… Je trouve cela dommage, car ça explique beaucoup tes chansons.

Un jour, je me suis astreint à me dire que ce que j’écrivais pour les journaux n’était pas objectif. Quand tu es journaliste, tu dois l’être. Tu dois dire la vérité. Etre journaliste, c’est prendre le maximum d’informations, vérifier leur exactitude et les retranscrire dans leur état, sans donner ton point de vue. Un bon reporter rapporte ce qu’il a vu, ce qu’il a entendu et il le donne en l’état. Alors, quand j’ai commencé à écrire des chansons, j’ai pu enfin donner mon avis personnel. C’était important que j’exprime ce que je ressentais, car je ne pouvais plus le garder à l’intérieur. Pour moi, les chansons, c’est thérapeutique.

Tu es très fâchée avec les médias ?

Je suis contre la communication, c’est pour ça que j’en fais avec mes petits bras, mes petites mains, ma grande bouche. Quand je rencontre des gens comme Melissmell ou Yanick Noah qui ont ce genre de puissance artistique, je m’accroche.

Tu as changé depuis que tu es chanteuse ?

Je pense qu’il faut travailler sur soi dans la vie, avant de travailler sur les autres. Quand on se fait évoluer soi, on fait évoluer les autres. Je me suis aperçue que quand tu mets une claque à quelqu’un, tu ne peux plus parler avec lui. Et bien, on le fait tous les jours avec les mots. Ce ne sont pas de vraies claques physiques, mais le résultat est le même. Si on communique avec agressivité, que voulez-vous que vous donne l’autre ? Rien. J’ai mis très longtemps avant de comprendre que la diplomatie n’était pas des courbettes. C’est juste peut-être même la forme nécessaire pour pouvoir commencer quelque chose avec quelqu'un. Moi, j’ai pris beaucoup de temps pour comprendre ça, parce que je suis une hyperactive, directe et plutôt rentre dedans. Je prends sur moi tous les jours. C’est un travail au quotidien.  

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J’avais de toi l’image d’une femme qui n’aime pas trop la promo, un peu farouche…

Tout le monde pense que je suis un doberman très méchant. C’est faux, mais n’approchez pas trop quand même ! C’est comme avec les enfants, c’est vraiment libre chez moi, mais tu ne dépasses pas les bornes. On est vraiment bien ensemble, mais si tu commences à marcher sur ma figure, je vais rouspéter un petit peu. Punk, cash !

La scène, pour toi, c’est quoi ?

Le bonheur total. C’est un endroit où je suis à 100% moi-même. Si j’ai envie de pleurer sur ma chanson, je pleure. Si j’ai envie de crier merde dans mon micro, je le fais. On ne peut pas tricher sur scène.

Tu dis que tu fais ce métier, pas pour être chanteuse, mais pour amener quelque chose aux gens.

Sinon, ça ne sert strictement à rien. Je veux que les gens qui sortent de mes concerts soient pleins. De nostalgie, d’émotion… en tout cas pleins de quelque chose.

Toi, tu donnes beaucoup sur scène, mais tu veux que le public te donne aussi. Ce sont des concerts interactifs, finalement.

Je ne suis pas là pour être gentille, ni être en complaisance, encore moins  pour faire mon numéro. Il faut être très prétentieux pour faire ce métier. Vous vous rendez compte ? Monter sur une scène et dire aux gens : « Regardez ! Ce que j’ai à dire est très intéressant !».  Donc, si ça ne sert à rien, j’arrête. Et si je continue, c’est que ça sert à quelque chose. Je voudrais qu’il y ait plusieurs alternatives à la révolte.

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 Petits souvenirs mandoriens, après l'interview...

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Ce soir, donc, au Café de la Danse...

27 mars 2008

Alexandre Kinn... sur la bonne roots!

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Encore un qui déboule et qu’on n’avait pas vu venir… un bon en plus.

Alexandre Kinn. On entend sa chanson Aude (Emmène-moi) sur pas mal de radios.

La voici.

Sa bio ne nous apprend pas grand-chose sur le monsieur. Extraits :

« Parti pour devenir égyptologue, Alexandre se prendra les pieds dans la musique pour de bon, après un voyage de plusieurs mois à la Nouvelle-Orléans et la découverte du blues... Il entame un autre voyage à Paris qui ne devait durer que quelques jours pour finalement y rester et faire ses classes en écumant les bars. Le répertoire se forme, et les rencontres se multiplient… »

Un peu court jeune homme, comme explication !

1017735431.jpgLe 6 mars dernier, je suis allé à sa rencontre, chez AZ/Universal, pour en savoir un peu plus sur lui et son premier disque, Dans la tête d'un homme. (Sur son MySpace: 4 titres à écouter!)

En bas de l’immeuble de la multinationale, je rencontre une amie attachée de presse d’une autre maison de disques. On papote quelques minutes et elle finit par me demander qui je viens interviewer. Je réponds, mais elle ne voit pas qui est ce Alexandre Kinn. Au moment où je réponds : « il fait un peu comme Christophe Maé, mais en plus authentique, moins variétoche... », l’artiste en question passe devant nous en nous regardant bizarrement. Comme je connais mal son visage, je ne suis pas certain qu’il s’agisse de lui. Je le suis. Nous montons ensemble dans l’ascenseur. Je lui demande opportunément : « vous êtes Alexandre Kinn ? ». Il me regarde amusé. « Non, je suis Christophe Maé ! ».

Très drôle. Bon, ça y est, on est pote puisqu’on se taquine déjà…

En vrai son style, ce serait plutôt John Butler trio, G.love and Special Sauce, Bob Dylan, Ben Harper ou Jack Johnson dans la composition musicale, m’explique-t-il, une fois installé dans la salle d’interview.

-J’ai placé des textes français sur de la musique américaine. Tu enlèves le texte en Français, ça sonne ricains, je t’assure. Tout est roots. Pour être plus précis, mon album est un condensé de ce que j’ai joué jusqu’à présent. Du blues, du folk et de la chanson « song writer ». J’ai tordu le système dans tous les sens pour trouver la bonne alchimie de tout ça. J’ai plein d’abats… sur 80 chansons, 13 sont sur le disque, le reste est à la poubelle.

Je lui réponds, en plaisantant à moitié, qu’il s’agit donc d’un best of de ses meilleures chansons.

Il acquiesce en se marrant.

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Je lui demande ce que ça lui fait d’être là, à parler de son « œuvre », de marcher dans la rue et de voir sa tronche sur tous les murs de Paris (car tel était le cas)…

-C’est vraiment bizarre. Il y a peu, je chantais dans les bars, je faisais la manche dans le métro, personne ne venait me poser des questions. Je trouve ça intéressant de parler soudain de mes chansons. Elles sont la fin d’un trajet. Je démarre un nouveau cycle avec ce disque. Je considère que c’est la fin de 8 ans de galère parisienne.

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Je suis un vrai pro de la photo... je sais. Merci!

Rassurez-vous, il ne se croit pas arrivé. Il sait parfaitement qu’il va falloir se battre pour rester dans ce milieu et construire une carrière. Alexandre Kinn est un type humble et sympathique. Juste, il a quelques étoiles dans les yeux et je trouve ça beau.

-Moi, j’attendais la reconnaissance de mes pairs, les musiciens. Je commence à sentir que je suis un peu respecté. Quant au public, il y a tellement de paramètres pour que la sauce prenne, ou pas… Je suis très lucide. Nous vivons dans un monde ou le CD est en train de disparaître. Il n’y en aura plus dans 5 ans, c’est une certitude. Tout va désormais se jouer sur le live.

Je lui fais remarquer que, quand même, il y a sur le marché du disque français de plus en plus de chanteurs « roots ». Je ne prends pas comme exemple des artistes comme Maé et De Palmas, mais je le pense très fort…

-Les gens en ont marre du superficiel dans la musique. Ils ont besoin d’authenticité. Des prises de guitares simples, de voix, de chansons pures… et moi, c’est ce que j’ai toujours fait.

Il n’ira pas plus loin dans ses explications.

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Il n'est pas beau et souriant, là?

Je remarque qu’il est très curieux. Il me pose quelques questions du genre : « tu définirais comment ma musique ? », « quelles chansons tu préfères dans l’album ? ». Je réponds un peu maladroitement à tout ça. Je suis plus à l’aise dans l’exercice inverse. Poser des questions, je sais faire, y répondre, je ne suis pas un as…

Alexandre Kinn est très sincère. Il ne veut pas jouer à l’artiste au passé tumultueux et difficile : « Je viens du sud de la France , de Hyères, plus précisément. Je n’ai jamais eu de problèmes dans on enfance. Tout à été toujours très calme… ». N’est pas Édith Piaf qui veut.

(Très intéressante, cette dernière remarque… de mieux en mieux, Mandor).

Il me confie aussi qu’il a besoin de repères pour avancer dans ce métier :

-J’ai une petite équipe avec moi. Un « crew » comme on dit dans le milieu Hip Hop, que je respecte d’ailleurs beaucoup. Mon manager, mes musiciens, mon régisseur et mon ingé son sont un peu ma deuxième famille. Nous sommes très soudés et c’est rassurant pour moi.

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(Y a-t-il quelqu'un qui pourrait m'expliquer dans un langage clair, comment je peux résoudre mon problème de photos prises en haute déf' qui apparaissent en basse déf' sur mon blog? Merci, parce que ça commence à me courrir sur le système!)

 

 

J’aime les gens qui ne cachent pas leurs failles. Alexandre Kinn n’est pas Superman, mais il joue bien, il chante bien, ces textes ne sont pas dénués d’intérêt. C’est tout ce qu’on lui demande.

Pour le découvrir, voici un extrait du making of du vrai clip de Aude (emmène-moi).

Celui d’en haut, c’était un pré clip…

Avant cela, quelques explications :

-On a tourné le clip « officiel » à Los Angeles au volant d’une Aston Martin. On voulait juste faire des images caméra à l’épaule. En 4 jours, on a eu toutes les galères du monde. Un truc de fou ! On en a fait un making of, tellement c’était dingue.

Et puis un extrait d’un de ses concerts. Dans la tête d’un homme. (J’adore vraiment ce titre !)

    

Pour le voir et l’apprécier en live. C’est ce soir que ça se passe.

Au Café de la Danse.

Impératif !