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23 décembre 2014

Matthias Vincenot : interview pour L'almanach insolite et pour Le mot et la note

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(Photo : Nicolas Rabot)

Matthias Vincenot est quelqu’un qui m’impressionne.

Avec l’air de ne pas y toucher, ce poète est toujours en mouvement. Il crée en permanence. Poèmes, festival, tremplin, livres… C’est la deuxième fois que je le mandorise. La première, c’était pour un recueil de poèmes, cette fois-ci, c’est pour un almanach et pour un essai. Points communs entre les deux ouvrages : les mots, la poésie, la littérature, la chanson…

Le 3 décembre dernier, Matthias Vincenot est venu à l’agence pour évoquer ses deux nouveaux ouvrages.

L’auteur :

Matthias Vincenot, né en 1981, a publié 12 recueil de poèmes, depuis Un autre ailleurs (Lettres du Monde, 1998), jusqu’au plus récent, Les Choses qui changent (Mines de rien, 2013, avec des photos de Pascal et Nicolas Rabot). Président de l’association Poésie et Chanson Sorbonne et fondateur et Directeur artistique du Festival DécOUVRIR de Concèze, il organise de nombreux moments autour de la poésie et de la chanson. Il est Sociétaire de l’Académie Charles Cros et membre d’honneur du Comité du P.E.N. Club français (Poètes Essayistes Nouvellistes). Créateur, avec Thierry Cadet, du Prix Georges Moustaki de l’album indépendant et/ou autoproduit, il est aussi le Directeur artistique de Poésie en liberté. Par ailleurs Docteur ès Lettres, il est professeur aux Cours de Civilisation française de la Sorbonne.

almanach-insolite.jpgL’Almanach insolite (éditions Mines de rien, 2014) :

Un Almanach qui ne ressemble à aucun autre. Des inédits, des nouveautés, mais pas du déjà-vu. Avec parfois des textes très courts. Du sérieux et de l’humour. Avec des personnalités de différents horizons, dans une diversité harmonieuse.
Chaque dimanche, une recette est proposée par un chef cuisinier ou des passionnés de cuisine.
Un Almanach de plus ? Non. Un nouveau type d’Almanach, avec de l’allure et du fond. Qui donnera du plaisir, qui fera rêver et réfléchir, avec lequel les lecteurs seront surpris, émus, bousculés. Un Almanach qu’on n’attend pas, un Almanach original.
En résumé, un Almanach insolite.

Interview :

C’est toi qui as eu l’idée de créer un nouvel almanach plus original que les autres ?

Oui. Je me suis dit : si je faisais un almanach comme j’ai envie d’en lire ? L’almanach a une image un peu particulière, un peu vieillotte et désuète.  On pense qu’on y lit des blagues par forcément drôles, des espèces d’astuces bidons…  moi, j’avais envie de partir de l’image qu’a cet ouvrage populaire, mais en y mettant des choses que j’aurais envie de lire moi-même.

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C’est très intellectuel alors ?

Mais, je ne lis pas et ne fais pas que des choses intellectuelles. Ce que je propose est très varié. Il y a 300 personnalités, une recette de cuisine par des chefs ou des passionnés de cuisine. Parmi les chefs : Gérard Baud, Michel Del Burgo, Jean-Luc Rabanel, Philippe Gardette et Francis Tessandier (de « Chez Francis » à Brive). Pour ce qui est des gens qui ont envoyé des textes, c’est une diversité qui va de CharlElie Couture à Monseigneur Di Falco par exemple. Je ne me suis pas cantonné à un style. On découvre les gens sous un autre jour. Quand Dave écris sur la mort, on n’imagine pas forcément qu’il écrirait sur ce sujet. 

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As-tu donné des indications aux contributeurs ?almanach-insolite4.jpg

Non, car je voulais que les participants à cet almanach se sentent libres et, se sentant libres, certains décident d’écrire des choses différentes de ce que l’on pourrait attendre d’eux. De ce côté-là, j’ai été servi.  Ici, Smaïn propose une chanson. Pour Noël Mamère et Jean Glavany, c’est un poème, de même que pour Pierre Rochefort, Arthur Dreyfus, Arno Klarsfeld, Daniel Lavoie, Alice de Lencquesaing et Jeane Manson. Guy Konopnicki évoque Dada et Alain Bauer quelques criminels mythiques. Pour le rugbyman Wenceslas Lauret, c’est l’importance de la chance. Bernard Ménez fait un plaidoyer pour l’athéisme et la laïcité. Marielle de Sarnez parle d’Europe et Bernard Combes des pendus de Tulle. De la mémoire à la perte de mémoire… par Florence Duprat, qui évoque la maladie d’Alzheimer. Frédérique Deghelt rend hommage à son oncle, François Deguelt, l’évoquant publiquement pour la première fois. On trouve aussi de nombreux textes souriants, comme celui d’Hervé Chabalier sur les marronniers dans la presse, de Christophe Girard qui s’amuse de certaines expressions courantes, de François Rollin, ou de Francis Lalanne avec une fable. Également, des nouvelles inédites, de Philippe Jaenada, et, plus étonnant, de Sophie Mounicot, de Muriel Combeauet de Céline Caussimon.Valérie Vogt, en plus d’un texte, fait découvrir une recette. Des chanteurs proposent un extrait d’une de leurs chansons, comme Liane Foly, Gérard Lenorman et Arno. CharlElie Couture écrit en prose, et s’interroge : Si j’étais une femme

Il y a aussi des éphémérides originales signées Christophe Tastet, animateur sur France Bleu Limousin.

Ces éphémérides sont ce qui se rapprochent le plus d’un almanach sauf que les siens sont très savants et, apparemment, légers. On apprend plein de choses en s’amusant. Il y a de l’humour mélangé à du fond.

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10608666_738581709546050_1201113732284525704_o.jpgEn quoi cet almanach est-il insolite ?

Parce que l’on ne s’attend pas à trouver autant de personnalités, autant de textes différents, autant de textes différents de ces personnalités, associés à cette belle mise en page, ces magnifiques photos à chaque page, les éphémérides et les recettes de cuisine. Non, franchement, c’est un almanach unique, inattendu et original.

Avec tes activités, tu connais beaucoup de monde dans la chanson française. Nombreux sont les artistes qui y participent.

Les chanteurs, nous les entendons chanter, mais parfois on oublie qu’ils savent aussi écrire.

Il y aussi pas mal de poètes.

Oui, mais je n’ai pas souhaité assommer les gens de poésies. Je voulais montrer dans un ouvrage, avec des textes différents, qu’un poème pouvait se lire avec naturel.

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Matthias Vincenot à l'agence, le 3 décembre.

couv_le_moet_et_la_note.jpgLe mot et la note (éditions de l’Amandier, 2014) :

« Tout au long de cet ouvrage, avec minutie et érudition, Matthias Vincenot traque les différences et les ressemblances entre les deux cousines. Il révèle les processus de création à travers l’analyse des figures et les œuvres maîtresses dans les deux disciplines », écrit Georges Moustaki dans son prologue. Après une introduction présentant un historique des rapports entre la poésie et la chanson, cet ouvrage tente de déterminer d’abord ce qui peut faire poésie, en s’arrêtant sur la mise en musique des poèmes, étudiant notamment comment un poème peut devenir une chanson ; ensuite, il est question de la chanson, de la façon dont on peut la définir comme de son pouvoir évocateur, qui n’est pas sans conséquences dans la culture et la mémoire populaires. Puis ce travail s’arrête sur la musique des mots, et donc sur l’utilisation du son, dans la poésie comme dans la chanson, avant de présenter le rapport des chanteurs à la poésie. Enfin, cela amène à déterminer la nature et la place du slam.

Interview :

Dans ce livre, tu as réuni tes deux passions, la chanson et la poésie.

On entend beaucoup de simplifications sur la poésie et la chanson. Soit c’est totalement différent, soit c’est totalement la même chose. Ce n’est ni totalement différent, ni totalement la même chose. Il fallait se poser un peu pour parler de tout ça. En fait, la source de ce livre est ma thèse de Doctorat que j’ai faite à la Sorbonne. J’ai voulu partager mon point de vue sur la question au-delà du cercle universitaire, c’est pour cela que j’ai transformé la thèse en livre. Je voulais élaborer un livre grand public qui puisse se lire facilement.

Allain Leprest par exemple, c’est un chanteur, mais c’est aussi un poète, non ? La leprest3.jpgfrontière entre les deux est mince en tout cas…

Pour moi Leprest est d’abord un chanteur, même s’il est aussi un poète. Mais en général, ça fait du mal à la poésie de dire que dès qu’un chanteur écrit bien, c’est un poète. Un poète quand il écrit un texte, il écrit juste pour être lu et pour être publié dans des livres. Un chanteur, quand il écrit un texte, il écrit pour être chanté. Ce n’est pas le même objectif d’écriture, ni la même façon d’écrire. Il faut être très prudent avec ça parce que la poésie est malade de cet amalgame. Dès qu’il y a un chanteur qui a des textes très riches, on dit que c’est un poète. Pendant très longtemps, on a imaginé que la poésie, c’était Brel, Brassens, Ferré et que ce n’était rien d’autre. Il n’y a rien de plus faux.

Et toi, en tant que poète, as-tu essayé d’écrire des chansons ?

J’ai tenté d’écrire des chansons, mais ça n’a pas marché. Là où il y a de très bons résultats, c’est quand des chanteurs prennent un de mes poèmes et le chantent.

Le prologue de ton livre est signé Georges Moustaki.

Je me suis dit que sur ce sujet Moustaki avait des choses à dire. Le soir de ma thèse, quand je suis arrivé chez moi, je lui ai envoyé un message et il m’a répondu tout de suite. Pour ce livre, il a écrit ce petit texte et il était déjà très fatigué, donc, ça m’a beaucoup touché.

bandeau-prix.jpgTu es aussi le co-fondateur du Prix Georges Moustaki avec Thierry Cadet. Peux-tu nous annoncer quelques nouvelles pour le prix 2015 ?

La présidente est cette année la chanteuse Rose et le parrain est le groupe Archimède. Le Prix Moustaki reste une très belle expérience, d’autant plus que nous avons de nouveaux partenaires pour cette édition, comme le FestiVal de Marne et Catalyse. Et nous avons le soutien de l’Université Paris-Sorbonne.

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Après l'interview, le 3 décembre 2014.

04 septembre 2014

Archimède : interview pour Arcadie

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(Photo : Valérie Archeno)

archimède,arcadie,interviewLes deux premiers albums d’Archimède ont largement été plébiscités : deux nominations aux Victoires de la Musique, des clips totalisant 2 millions de vues ; plus de 200 dates de concerts... Il faut dire que ce groupe est très doué. Des textes français servis de mélodies à l'anglaise, le duo ne s'interdit rien. Nico (chant) et Fred Boisnard (guitares) se sont isolés pour construire ce troisième projet. De la trentaine de maquettes qui en a résulté, onze titres seulement ont été retenus. Le meilleur du meilleur. Cette nouvelle aventure est marquée par la collaboration avec A.L.B.E.R.T, trois musiciens et réalisateurs connus pour leur travail avec Arthur H, Jean Louis Aubert ou encore Alain Souchon. Leur collaboration a permis d’élargir la palette des sons et des thèmes abordés. Archimède 2014 devrait conquérir un public encore plus large. C’est tout le bien (mérité) qu’on leur souhaite.

Le 26 juin dernier, je suis allé à la rencontre de Fred et Nico Boisnard dans les locaux de leur maison de disque, Sony.

Interview :archimède,arcadie,interview

Après votre précédent album Trafalgar, je trouve qu’Arcadie est, lui aussi, très bien reçu par la presse musicale et généraliste.

Nico : Nous aimons les mélodies, mais nous avons un attachement très fort aux textes. Quand les journaux disent que l’on raconte vraiment des choses fortes et que ça les touche, ce sont des retours sur le travail que l’on a fourni qui sont importants.

Avez-vous l’impression de faire des progrès d’album en album ?

Fred : Musicalement, oui. Moi, j’ai beaucoup appris entre le premier disque de 2009 et celui-ci, principalement dans le jeu de guitare et dans ce que l’on peut insuffler dans certaines mélodies. On apprend et on se pose des questions que l’on ne se posait pas forcément avant. Nous tentons d’abandonner ce que l’on a l’impression de faire depuis toujours.

Il faut éliminer les réflexes ?

Fred : Oui, sans perdre la spontanéité et la naïveté non plus. C’est hyper important de sortir une mélodie et de se dire que le premier jet est réussi. Sans intellectualiser, il faut faire en sorte que ce premier jet soit magnifié.

Nico : C’est la même chose pour les textes. Je n’aurais pas réussi à écrire un « Dis-le nous » ou « Le grand jour » sur les deux premiers albums. Quand on évoque des sujets douloureux, il faut avoir un peu de pratique et avoir progressé dans le cheminement de la langue. Il faut savoir évoquer un sujet sans que ce soit de manière frontale. C’est bien d’utiliser les chemins de traverse.

Premier clip tiré de l'album Arcadie, "Julia".

Pour « Le grand jour » qui parle d’un enfant malade à Necker, c’est pourtant frontal.

Fred : Non, c’est juste la dernière phrase qui est frontale. Sans elle, on ne saisit pas le sens de la chanson.

Nico : Dans le texte, je joue avec un champ lexical et tout passe par des images. Il fallait trouver un angle fort pour parler des enfants malades. L’angle en question, c’est le jour où le clown leur rend visite. Il s’agit de leur lueur hebdomadaire.

Pourquoi avoir écrit cette chanson ?

Fred : Cette chanson a été écrite quand on a perdu un pote de notre âge, il y a presque deux ans. Ça a fait resurgir des émotions relatives à notre adolescence où mon frère avait perdu un copain. J’avais 13 ans et je me souviens que je trouvais horrible d’être hospitalisé en long séjour.

Nico : J’exorcise aussi peut-être la hantise de vivre la chose. Mes enfants ont eu des petits ennuis de santé à leur naissance. Ça me touche donc beaucoup.

Dans « Dis-le-nous », vous racontez l’annonce de l’homosexualité en milieu rural.

Nico : C’est une chanson hyper sincère qui s’adresse à un proche qui est homosexuel et qui ne le dit pas. On vient d’un département, la Mayenne, où ce n’est pas aisé de s’annoncer comme tel.

Mine de rien, il y a beaucoup de chansons où on se fait piéger. On croit écouter une histoire et on comprend sur un mot que ce n’est pas du tout ça.

Nico : On donne souvent les clefs du thème de la chanson aux deux tiers. Une bonne chanson, c’est aussi créer un suspens. Il ne faut pas être bas de plafonds. A ce niveau-là, dans cet album, je trouve qu’on a muri.

Chez vous, la création doit-elle être ludique ?

Fred : Dans cet album, on a mis beaucoup de nos émotions dans les musiques et dans les textes. On se sent concernés dans tout ce qui est dit. Mais, il faut aussi s’amuser pour ne pas tout dévoiler à la première écoute. On aime que l’auditeur soit concentré à la première écoute pour comprendre le thème de la chanson. Les fois suivantes, il peut se laisser aller à une écoute plus intuitive.

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Beaucoup d'articles très positifs pour cet album...

Tous les deux, vous travaillez indépendamment. Vous n’êtes jamais ensemble.

Fred : J’ai besoin de m’enfermer. Je suis dans une petite pièce, huit heures par jour avec un ordinateur, un clavier et une guitare. C’est de l’acharnement.

Nico : Moi non. Les idées viennent quand je me promène. Je ne peux pas me mettre derrière un bureau pour écrire un texte. Je suis tout le contraire de mon frère. Soit ça vient, soit ça ne vient pas.

Parlons de la chanson la plus rock « Allons enfants ». Nico, ça te gène si je dis que tu chantes un peu comme Bertrand Cantat époque Noir Désir ?

Nico : J’ai la même scansion. En écrivant la chanson, je me suis rendu compte qu’elle devenait efficace en terme de sens à partir du moment où je hachais la langue et où on se plaçait dans un registre de rythmique et de métrique très saccadé.

Fred : On a essayé de contrebalancer dans la prod avec des guitares un peu « japonaises » avec des effets un peu « plastiques ». On n’a pas voulu la grosse guitare distordue.

Nico : Nous ne sommes pas issus de ce genre-là musical. On est plus dans une pop mélodique. Les Français qu’on aime, c’est Renaud, Dutronc, Polnareff ou Nino Ferrer. Si on ne nomme pas Noir Désir dans nos influences, il n’empêche qu’on les a beaucoup écoutés et qu’on les admire.

Ça Fly Away (live at RTL2)

Abordons le thème de la chanson « Ça fly away ». Même s’il y a beaucoup de seconds degrés, vous n’y allez pas avec le dos de la cuillère. Vous critiquez les artistes français qui chantent en anglais.

Nico : C’est une chanson à charge, je l’avoue. On ne peut pas faire dans la demi-mesure quand on écrit sur ce thème-là.

Fred : On rencontre beaucoup de groupes français qui chantent en anglais dans les festivals.

Nico : Je le répète, une chanson doit être à charge. Il faut qu’elle aille au fond du sujet. Après, en interview, on modère le propos. Nous ne sommes pas des patriotes écervelés. Nous ne sommes pas contre les groupes français qui chantent en anglais. On surligne la chose, c’est tout. Il ne faut pas prendre cette chanson comme quelque chose de revanchard. C’est un tacle sur le mode de la joke.

Fred : Ce qui est amusant, c’est qu’on pourrait nous reprocher de faire une production complètement anglaise sur cette chanson. Il y a de nombreux clins d’œil à la musique anglaise. On contrebalance ainsi sur ce que l’on balance. Il faut se calmer, ce n’est qu’une chanson ironique.

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Vous avez travaillé avec le collectif A.L.B.E.R.T. Il faut parfois changer d’équipe ?

Fred : Il faut surtout parfois se poser des questions. Les deux premiers albums ont été très bien réalisés par Philippe Paradis. Dans ce troisième album, on a juste ouvert les oreilles sur ce qui peut se faire ailleurs. On a un style bien à nous. Il faut chercher des sonorités différentes. J’ai tapé à la porte de ces gens-là parce que je me suis dit que c’était bien de glaner vers des claviers un peu à l’ancienne. On a fait des essais et ça a été concluant immédiatement. Ils ont apporté autre chose à Archimède.

Nico : Ce sont des magiciens du son. Nous sommes arrivés avec les compositions et l’écriture terminées. Ils ont filé une grosse claque à certaines de nos maquettes,  sur les arrangements et la production, mais nous restions les seuls maîtres à bord de l’œuvre.

Chez vous, il n’y a jamais de chansons anodines. C’est à la fois gai dans les musiques et sombre dans les textes.

Nico : Comme Dutronc et Ferrer, on parle de la société avec un petit rictus au bord des lèvres. Dans nos chansons, il y a plus de fond qu’il n’y parait.

Fred : On est dans cette filiation-là. On aime bien le télescopage entre le fond et la forme.

Nico : L’illustration parfaite de cette idée-là étant la chanson « Toi qui peines au bureau ». On a une chanson hawaïenne, chaloupée, à base de ukulélé et en même temps, c’est une carte postale d’un actionnaire à ses ouailles. Nous avons donc une chanson engagée dans le fond et très dégagée pour la forme. Quand nous trouvons un équilibre comme ça, nous sommes ravis.

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Avec les Archimède à l'issue de l'interview... selfie (avec perche discrète) le 26 juin 2014.