Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03 novembre 2017

Amélie-les-Crayons : interview pour Mille ponts

amélie les crayons,1000 ponts,interview,mandor

15 ans déjà… 15 ans qu’Amélie-les-Crayons nous enchantent. A chaque nouvel album/nouveau spectacle, on sait que l’on va être surpris. Nous attendons avec impatience (et systématiquement) cette aventurière musicale, celle qui toujours emprunte des chemins de traverse. 15 ans, que cette fée réinvente son art pour continuer à surprendre. Avec Mille ponts, encore une fois, elle est là où on ne l’attend pas.  Encore une fois, nous sommes sous le charme.

Cette quatrième mandorisation (lire la première, la deuxième et la troisième) s’est déroulée  dans un café de Belleville, le 21 septembre dernier.

amélie les crayons,1000 ponts,interview,mandorLe disque :

12 nouveaux titres originaux pour un album rythmé et enjoué. Réponse colorée au précédent album Jusqu'à la Mer qui était introspectif, très boisé, comme un cocon précieux. Ce nouvel opus est marqué par l'utilisation d'un grand nombre de percussions ou éléments rythmiques. Une grande partie des chansons a été composée à partir d'un rythme, et non d'une harmonie ou suite d'accords. Les arrangements ont pris un chemin beaucoup plus cinglant et dynamique. Ils font la part belle aux percussions donc, mais aussi aux guitares folk claquantes, mandoline, harmonica, slide, et bien sûr piano et voix. Un côté tribal parfois, autour de textes qui parlent de filiation, de liens e les gens, d'écologie aussi, de solidarité et d'espoir.

Ecrit et composé par Amélie-les-crayons, sauf « Un Enfant » Amélie-les-crayons / Thierry Chazelle 

Le spectacle :amélie les crayons,1000 ponts,interview,mandor

Mille Ponts est un spectacle sur le lien, la filiation, le fil invisible qui relie chaque vie sur ce monde. Il est lumineux, enjoué, rythmé, percussif, virevoltant, comme un bal extraordinaire où les danseurs, connectés par le pas, ne font plus qu'un. On y retrouve toute une ribambelle de nouveaux morceaux ainsi les plus anciens sous de nouvelles formes. Accompagnée de deux multi-instrumentistes épatants, Amélie, autour de son nouveau piano magique, vous convie à un moment chaleureux, interactif, festif et poétique dont on sort le cœur léger !

Textes et musiques : Amélie-les-crayons. Mise en scène de Fred Radix (Le Siffleur), interactions chorégraphiées de Denis Plassard ! Mise en Lumière de Clodine Tardy, décor de Michel Caroline, costumes de Nadège Cezette.

amélie les crayons,1000 ponts,interview,mandor

amélie les crayons,1000 ponts,interview,mandorInterview :

Depuis notre dernière rencontre en 2012, il s’est passé beaucoup de choses.

J’ai tourné pendant trois ans. Ensuite, il y a eu un moment de break obligatoire. Il y a plein de gens qui m’en veulent beaucoup pour ça. J’aime bien faire autre chose que de la musique. Ça me permet de faire le vide et de ne pas rester dans les mêmes manies. C’est de l’imprégnation quand tu chantes des chansons tout le temps. Après, quand tu veux en écrire une, elle ressemble à celle que tu chantes tout le temps. Elle fait partie de l’inspiration directe. Moi qui fais en  sorte que chaque album soit différent, j’ai besoin de passer par un moment de vide pour pouvoir écrire de  nouvelles choses.

En tournée, j’imagine que tu n’écris jamais.

La tournée est l’opposée de l’écriture parce que l’écriture c’est l’introspection, c’est chercher  en soi des choses. En tournée, tu es tourné (c’est le cas de le dire) vers les autres et l’extérieur.

L’album précédent, Jusqu’à la mer, était empreint d’espoir et très positif, mais la musique et les mélodies étaient plus mélancoliques.

C’est l’effet Bretagne, la brume, tout ça (rires). Dans cet album, la musique est plus dansante et légère.

Clip de "Y'a plus d'Saison".

Lors de notre précédente rencontre, tu m’as dit que tu aurais aimé changer de métier. C’est toujours d’actualité ?

C’est un truc que je disais depuis le début et que je pensais être vrai. Aujourd’hui, je me rends compte que je ne saurais pas faire autre chose et que je n’ai d’ailleurs pas envie de faire autre chose. J’ai passé un cap.

Est-ce parce que tu te trouves enfin à ta place aujourd’hui ?

C’est ça. Je pense que je n’avais pas assumé ma place pour me protéger. C’est un métier particulier, du jour au lendemain, on peut ne plus t’aimer. Alors ça me rassurait de me dire que je pourrais faire autre chose si cela s’arrêtait. Je considère que j’ai encore beaucoup de terrains à explorer dans la musique, beaucoup de choses à fabriquer.

amélie les crayons,1000 ponts,interview,mandor

Ton public te suit dans tout ce que tu fais depuis le début de ta carrière.

Nous avons une relation vraie. Ces dernières années, j’ai remarqué qu’il y a un endroit où je suis complètement à ma place, c’est la scène. S’il y a un lieu où rien n’est calculé, où  je n’ai aucune arrière-pensée et où je suis complètement naturelle, c’est bien là. Je me sens complètement libre, donc la relation que j’ai avec n’importe qui quand je suis sur scène est sans filtre. Du coup, c’est de l’amour. Ma relation avec le public donne du sens au métier que je fais.

Excuse-moi  la banalité de ma question, mais comment écris-tu tes chansons ?

Je suis traversée par les chansons. Parfois, elles me tombent dessus. Je travaille pour cela.  J’essaie le plus possible d’être connectée à moi et être hyper ouverte pour tout accueillir.

Tu ouvres tous tes chakras ?

Tu ne crois pas si bien dire. Je me dépollue la tête. Il faut être à l’écoute du moment où s’ouvre une fenêtre. Quand une inspiration arrive, il ne faut pas la louper.

Tu t’inspires de ce que tu peux voir ou vivre, mais tu universalises les histoires, c’est ça ?

Oui, c’est exactement ça. Une chanson ne t’appartient pas, chaque auditeur la prend comme il veut, selon ce qu’il est et selon sa vie. Une chanson, c’est comme le spectacle, c’est  magique, vivant. Ce sont des entités à part entière sur lesquelles je n’ai aucune prise. Ça demande de l’humilité parce que ce n’est finalement pas moi le maître.

Teaser du spectacle "Mille ponts"

Quand tu es sur scène, tu es une autre femme ?

Je vais te dire un truc très personnel. Sur scène, je suis complètement libérée de tous mes verrous. Plus rien ne me bloque. Je ne suis jamais autant moi que dans ce cas de figure. Dans la vraie vie, il y a des choses que je n’ose pas faire, sur scène, j’ose tout.

Faut-il que tu sois touchée par ta propre chanson pour considérer qu’elle est bonne ?

Bien sûr. Pour moi, c’est le baromètre.

Tu es pointilleuse quand tu enregistres ?amélie les crayons,1000 ponts,interview,mandor

Très. Et pour moi, un disque n’est jamais fini. Je pars du principe que tout est toujours perfectible. Mais plus on perfectionne, plus on enlève le coté vivant. Pour le texte, par contre, je sais m’arrêter.

Tu aimes bien cette période où tout le monde découvre ton disque ?

C’est à la fois hyper flippant et hyper excitant. C’est un peu comme un rendez-vous amoureux.

Tu as conscience de donner du bonheur aux gens ?

Quand je sors d’un concert, j’ai aussi la banane. C’est vraiment un échange, du partage. A partir du moment où il y a du partage, c’est du bonheur.

Toi-même, il y a un spectacle qui te donne du bonheur à chaque fois.

Sans conteste le cirque Plume. Je suis une vraie fan depuis toute petite. A 10 ans, c’est le premier spectacle que je suis allée voir dans  ma ville natale. C’est voyant les artistes de ce cirque exceptionnel que je me suis dit : « c’est ça que je veux faire dans la vie ». C’était un choc absolu.

Session acoustique de "Le bal des vivants" pour France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

amélie les crayons,1000 ponts,interview,mandorJ’ai lu dans le journal La Croix que tu priais.

Oui, c’est un outil pour moi. C’est ce qui me sert à me reconnecter.

Tu pries un Dieu ?

Je prie l’univers. C’est spirituel, sacré… pas du tout religieux. Par contre, j’ai fréquenté beaucoup les églises quand j’étais plus jeune. J’habitais Rue de Marseille à Lyon et il y avait une église juste à côté de chez moi. Sur un grand écriteau, on pouvait lire : « Cette église est ouverte à tous ceux qui cherchent la paix ». A chaque fois que j’ai ouvert la porte, c’était ouvert. J’allais dedans pour m’entraîner à chanter. Souvent, j’étais seule, je pouvais même chanter des chansons qui n’avaient rien à faire dans des églises. Il y a dans ces endroits-là une énergie particulière.

Après le chant, j’ai l’impression que ce que tu aimes le plus c’est danser. Il en est question dans ce nouvel album.

Je vais régulièrement dans les fest-noz en Bretagne. Pour cet album, tout est parti de là. Tout est dit dans ma chanson « Le bal des vivants » (voir session acoustique plus haut). Ce que j’aime dans cette musique festive, c’est qu’il y a une connexion entre les danseurs, les musiciens, la terre, le ciel, tout quoi ! Là, c’est de la transe. On est dans le partage absolu. Je suis allé au Fest-Noz  des 30 ans du groupe Carré Manchot, un groupe mythique en Bretagne. J’ai dansé sans m’arrêter de 17 heures à 5 heures du  matin. C’était dans la nature, on a vu le soleil se coucher et les lumières artificielles arriver. C’était l’euphorie totale.

amélie les crayons,1000 ponts,interview,mandor

07 octobre 2008

Rencontres aux Muzik'Elles 2008 (3)

Nouvelle image.JPG

Vous vous souvenez (j’espère) de ma conversation avec Amélie-les-crayons…  pour annoncer sa venue aux Muzik’Elles.
Moi, ça ne me suffit pas un coup de fil pour connaître quelqu’un, surtout, si ce quelqu’un est une artiste qui m’enchante. Amélie-les-crayons, en clair, je voulais avoir une discussion « face to face » (comme ils disent dans les maisons de disques, au lieu de dire « en face à face »… pfff… les cons !) .

Je suis donc allé la voir à l’Espace Caravelle le 26 septembre dernier.
J’ai vu, j’ai entendu, je suis vaincu.
Une claque.
Bête de scène la demoiselle.
Et gentille avec tout ça.
Un peu plus tard, dans la soirée, on se pose et on cause… à l’Espace «Partenaires».

Nouvelle images.JPG

Alors, ce concert ? Pas trop petit l’espace Caravelle ?

(Ca c'est de la question pertinente!)

-On avait l’impression d’être chez nous, dans notre salon. C’était très convivial et intimiste. On aime vivre ces conditions. On apprécie vivement ce côté « proche du public ». On voit la tête qu’ont les personnes dans la salle. On les voit sourire, respirer… ce n’est pas la même ambiance que dans les grandes salles. Ce n’est pas mieux, ni moins bien… juste, on aime ces deux cas de figure.


(Précisions : Amélie a du mal à parler d’elle à la première personne du singulier. Elle parle toujours pour elle et ses musiciens. Amélie-les-crayons, si j’ai bien compris, c’est un tout global, un concept, une petite entreprise, une famille… liste non exhaustive.)

3760047480087.jpgLe spectacle La porte plume fait carton plein partout. Comment explique-t-elle ce phénomène ?

-J’ai le sentiment que c’est une aventure qui est assez magique. Il y a eu un public dès les premières représentations, de plus, les gens ont une relation affective au spectacle d’Amélie-les-crayons. Ils font des kilomètres pour le voir ou le revoir. C’est gratifiant pour nous. Touchant. Très.


Comment vivez-vous ce succès. Le public qui se déplace en masse et les prix récoltés, dont celui de l’Académie Charles Cros?

-Pour moi, c’est une reconnaissance du travail qui a été fait sur ce spectacle. On est une équipe, on a tous mis du notre dans ce projet, alors vous pensez bien que d’avoir le prix de l’Académie Charles Cros,  pour nous, c’est une récompense énorme et une forme d’encouragement à continuer…

Donner du bonheur aux gens… un sacerdoce ?

-Vous vous imaginez bien que je n’envisage pas les choses ainsi. J’évite de penser à cela, ça parasiterait ma création. Evidemment, j’écris des chansons pour les jouer sur scène et qu’elles soient appréciées, mais je ne me dis pas « je vais donner du bonheur aux gens ! ». Je suis la première spectatrice de mes chansons et à partir du moment où elles ont été écoutées par d’autres que moi, elles ne m’appartiennent plus.  Idem pour mes spectacles ou mes disques. Nous ne sommes que des messagers avec le relais dans la main. On ne fait que jouer des chansons pour qu’elles soient reçues ou vécues d’une manière différente par chacun. On tend une perche, ensuite, les réactions sont personnelles et variées. C’est magique !


Un prochain album en gestation ?

-Oui, il est prévu, mais je ne sais pas encore à quoi il va ressembler. Tout est en train de s’accumuler quelque part. Un beau jour, ça va sortir sur mon piano. Je n’arrive pas à être dans l’énergie de la scène, qui est vraiment un acte qui va vers l’autre et dans l’énergie d’écrire, qui est vraiment un acte vers soi. Je ne peux vivre ces choses intenses au même moment.

Voilà, c'est fini pour aujourd'hui.

Demain, je reviens avec mon coup de coeur du festival à moi que j'ai eu.

Pour mieux vous faire découvrir l'univers magique d'Amélie-les-crayons, je ne peux pas vous proposer plus que tout ça...

Le blog de cette grande demoiselle, avec un regard extérieur.

Un autre blog de cette fée de la chanson française, avec un regard intérieur (cette fois-ci!).

Des vidéos de cette malicieuse artiste.

Pis, son MySpace...