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21 janvier 2008

Stanislas... chanteur aérien!

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En ce moment, Stanislas, il faut le choper quand on vous le propose, sinon, ça retarde pas mal la prochaine échéance. La précédente date ne me convenait pas puisque je devais m’absenter de Paris. J’ai attendu un mois la suivante, bien fait pour moi ! C’était mercredi dernier (16 janvier) dans les locaux de Universal.

Stanislas, c’est le chanteur populaire qui monte. S’il en agace certains avec sa voix haut perchée, son look de jeune premier romantique, ses musiques avec des cordes virevoltantes et ses textes d’amours qui finissent mal, il plait à la majorité. Et pas qu’à un public masculin. Je ne compte plus les blogs qui ont diffusé le clip du Manège avec des commentaires élogieux sur le personnage.

 

 

Stanislas est arrivé d’un coup dans nos vies. TF1 ayant diffusé en boucle ce clip (de préférence avant les quotidiennes de la Star Ac ’), difficile d’y échapper. (Mais, je sais, vous, évidemment, vous n’avez jamais jeté un œil sur cette émission…)

Et puis un jour, je reçois le disque à la maison. J’écoute, j’aime bien. Il y a une atmosphère qui se dégage de ses chansons. Un truc indéfinissable qui n’existe pas chez les autres. Une espèce de pureté, un travail propre, soigné avec de l’émotion derrière.

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Je ne suis pas convaincu par certains textes, mais dans l’ensemble, je reste scotché par cet album. En voilà un qui essaie de se démarquer. Il y parvient.

Je lis sur le dossier de presse qui m’a été envoyé qu’il est chanteur, chef d’orchestre, enseignant, compositeur, musicien et arrangeur. « Quelqu’un qui peut diriger l’orchestre de l’Opéra de Massy et écrire des arrangements de cordes pour Calogero, Céline Dion, Kool Shen ou Charles Aznavour… tout en enseignant la gestique à l’École Normale et en oeuvrant pour que la musique classique soit accessible à tous. ».

Mazette !

Il fallait que je rencontre une telle bête musicale.

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Au dernier étage de la maison de disque, il y a une petite pièce « interview » que j’ai pas mal fréquenté. C’est là que je retrouve Stanislas. Souriant et chaleureux, tout en me serrant la main « virilement », il me demande direct si on peut se tutoyer. J’accepte, évidemment, Mandor est l’ami des stars, non ?

Non.

Ah bon ! Je me calme alors.

Il me confie qu’il tente de prendre du plaisir aux interviews, mais qu’il n’en fait jamais plus de trois consécutives dans la même journée.

-C’est difficile de parler de soi. Quand on pose son œuvre sur la table en face de soi, finalement, on finit par l’observer. On sort d’elle, on remarque des détails qu’on n’aurait pas remarqué si on n’avait pas fait le travail de formulation. Avec vous, les journalistes, c’est un peu comme si j’allais voir un psy.

Je lui dis que c’est la première fois qu’un artiste m’avoue cela. Je suis entièrement d’accord avec Stanislas, mais, habituellement, aucun interviewé ne l’admet.

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Avant de parler musique, je lui demande s’il n’est pas un peu gêné par ce passé élogieux que l’on présente systématiquement pour poser le personnage. Le côté « regardez cet homme comme il est exceptionnel », n’est-il pas un peu « too much » ?

 

Il réfléchit.

 

-On met en avant mon parcours parce que, « marketinguement » parlant, il y a des points clés qui sont glamours. J’ai chanté avec Pavarotti quand j’avais 12 ans, je suis devenu chef d’orchestre à 20 ans, j’ai fait des arrangements pour Dion, Aznavour, c’est carrément du Name Dropping… Mais, tu sais, je ne suis dupe de rien. Dans mon métier d’enseignant, j’apprends à mes élèves qu’en direction d’orchestre, ce qu’il y a d’intéressant dans la musique, ce ne sont pas les arrêtes de poisson, c’est ce qu’il y a entre les arrêtes…

Son disque est un album de variété, est-ce vraiment compatible avec ses autres activités liées à la musique classique. Je veux dire par là, excusez l’expression, « est-ce qu’il n’y a pas une couille dans le potage ? ». Il sourit.

-Si j’avais fait La danse des canards et que l’on voit que j’ai fait les choses avec cynisme, je comprendrais que l’on me critique sans appel. Je t’assure que je n’ai pas fait un coup pour vendre beaucoup et tout de suite. Je veux construire une vraie carrière, à long terme. 

Il s’interrompt et reprend :

-J’imagine qu’il y a plein de musiciens classiques qui trouvent lamentable qu’on puisse prétendre de près ou de loin que ma musique à un cousinage quelconque avec de la musique classique. Je sais que certains crient à l’usurpation et à l’imposture. Il faut qu’ils se calment, moi, je revendique juste l’utilisation d’instruments traditionnellement utilisés dans la musique classique.

Je le sens un peu blessé par certaines attaques, même s’il ne le dit pas. Je remarque aussi qu’il parle de ses chansons comme des « petites chansons ».

-Tu as raison, il faut que j’arrête ça. Je m’auto-flagelle là et j’en ai marre. Il faut que je respecte mon travail pour que les autres le respectent aussi. Je n’ai aucune honte de cet album. Il est moi-même. Si je suis comme ça, c’est que je me méfie de l’interaction de mon parcours avec la musique. Je veux simplement qu’on écoute mes chansons avant de considérer que je me la pète avec mon passé. Je comprends qu’on n’aime pas Le manège, qu’on dise que c’est trop répétitif, trop féminin, trop gnangnan… ça, il faut que je l’assume. Mais quand on dit que je suis un faiseur, un mec qui veut plaire aux filles, ça à tendance à m’énerver parce que c’est tellement aux antipodes de ce que je suis et que mon but est loin d’être celui-là !

La discussion s’arrête nette. « Toc Toc » crie la porte !

ff3f903c141db164ab6008b69184ec8b.jpg« Entrez ! » répondons-nous. Et là, nous voyons pénétrer une femme qui nous dit : « continuez, je viens prendre de la vaisselle… c’est pour la galette des rois des enfants. »

Stanislas interroge, surpris, « Vous faites une galette des enfants ici ? ». « Ben oui. Les gens, chez Universal, ils font des enfants eux aussi ! ».

Deux autres personnes débarquent, dont Carine qui nous dit : « Faites comme si nous n’étions pas là ». Stanislas préfère se lever pour nous servir un café. Les 3 membres du personnel font un terrible raffut, ça devient un grand n’importe quoi, mais ça nous amuse. Puis, il regarde mon Sanyo et me dit : « Il est analogique ton matos ? ».

Je ne réponds pas. Attention terrain glissant. J’ai peur du coup bas. Il ne va pas me vexer quand même…

Bref, le silence revient dans la salle, nous poursuivons.

 

Je lui parle de son nouveau statut de vedette. L’aime-t-il ?

 

-Franchement oui. A 20 ans, j’ai quand même essayé d’être chanteur. J’avais un groupe de rock, mais je me suis vite aperçu que j’allais plus vite qu’eux et qu’il fallait que je trace ma route seul. A l’époque, personne n’a voulu de moi. On me disait que ma voix était trop aiguë et que mes textes étaient trop compliqués. J’ai mis du temps à imposer mon style. Même aujourd’hui, mon éditeur, Pascal Obispo, a du mal à placer mes chansons pour les autres chanteurs. A croire qu’il n’y a que moi qui puisse les chanter.

On dit de Stanislas qu’il est un hyper actif. Qu’en est-il exactement ?

-Je ne sais pas si tu as vu, mais ma tête part dans tous les sens, comme un moineau. Je suis attiré par différents stimulis mais je suis surtout un anxieux et un nerveux. J’ai sûrement peur du vide. J’ai tout le temps besoin d’être en remplissage intellectuel.

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Nous parlons de ses textes. Je lui reproche (avec diplomatie) de ne chanter que des chansons d’amour tristes. La rupture est le thème majeur de son répertoire.

-Musicalement, ma musique s’accorde bien avec le fait d’aller chercher les sentiments douloureux. Mais il y a quand même de l’espoir et de la lumière derrière, tu ne trouves pas ? De toute façon, le thème de l’amour perdu est très symbolique et universel. La chanson et la littérature sont remplies de l’introspection de cette douleur.

Le temps qui passe semble aussi beaucoup le préoccuper…

-J’ai 35 ans, je ne me sens ni jeune, ni vieux. Dans ma carrière, je n’ai jamais fait les choses qui correspondaient à mon âge. L’âge, c’est la description du temps. Le temps et la musique sont intimement liés. J’aime penser que la musique, c’est la façon élégante de tuer le temps.

Et la mélancolie qui se dégage de son disque, est-elle une posture ou le fruit réel de son état d’âme ?

(Rassurez-vous, je n’ai pas posé cette question, de cette manière…)

-Oh ! Je crois que je porte sur moi le poids du péché originel. Je porte avec moi des casseroles non résolues, mais je n’ai pas l’intention de les résoudre parce qu’elles me sont bien utiles dans mon processus de création. Ce sont des briques, de la matière première pour mon travail.

Mais, j’espère quand même bien être heureux un jour…

Houlà, la confession !

-Non, enfin, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Je suis heureux là…

J’aime la fragilité des artistes.

Nous évoquons aussi les scènes à venir. Lui qui, en tant que chef d’orchestre, à l’habitude d’être dos au public, comment aborde-t-il cet aspect-là de sa vie de chanteur à succès ?

-Il va falloir que je gère mon trac parce que, comme je l’ai dit tout à l’heure, je suis très anxieux. Il faut que j’y aille sans calcul. Moi qui suis très précis, rigoureux en tout point, il ne faudra pas que je me laisse embarquer par des détails et garder une espèce de spontanéité. Ce n’est pas évident.

Le temps file. C’est terminé.

Déjà.

J’ai passé un moment fort agréable avec un artiste qui n’hésite pas à parler vrai et à montrer ses fêlures. « Bon client », comme on dit dans notre jargon.

Nous nous quittons après la séance photo que j’impose aux « mandorisés ». Il s’y prête joyeusement (mais veux quand même valider les clichés retenus…).

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Pour terminer cette note très longue, je laisse « la parole » à mon amie Lou. Cette jeune fille qui aime beaucoup la chanson française. Je lui ai demandé de m’apporter sa vision personnelle. Moins positive que la mienne puisque la variété n’est pas du tout sa tasse de thé. Je voulais un pendant à mon avis. Merci à elle d’avoir joué le jeu.

(Mais tu es dure, Lou!)

Hop ! Pour lire, c’est chez elle que ça se passe.

Ensuite, ce sera à vous de juger...

Un autre extrait de l'album pour la route (avec en guest, Calogero).