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02 mars 2016

Stéphane Nolhart : interview pour le livre De sang et la maison d'édition Ravet-Anceau

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de sang,polars en nord,ravet-anceau,stéphane nolhart,interview,mandorStéphane Nolhart est écrivain. Il est d’ailleurs en pleine écriture d’un nouveau livre (dont j’ai lu les fascinantes premières pages), Largo. Il m’est arrivé de le recevoir ici comme auteur, mais je l’accueille cette fois-ci comme directeur d’ouvrage chez Ravet-Anceau à l’occasion de la sortie du livre De sang (collection Polars en nord). Je lui ai donc posé quelques questions sur la maison qui édite le livre et sur ce recueil de 30  nouvelles en particulier.

(Merci à l’éditrice de cette maison, Marion Weber-Massenat, pour ces quelques précisions apportées dans les réponses).

4e de couverture :

« Dimanche matin, des morceaux de corps humain carbonisés ont été découverts dans ce qu’il restait d’une poubelle incendiée. Dans la foulée, les pompiers ont également été sollicités pour circonscrire deux nouveaux incendies signalés à deux autres endroits de la ville. Là encore, les soldats du feu ont trouvé des restes de corps. »

Ce fait divers a inspiré trente et un auteurs de la collection Polars en Nord des éditions Ravet-Anceau. Ces de sang,polars en nord,ravet-anceau,stéphane nolhart,interview,mandorplumes expertes en crime ont imaginé les pires scénarios : ils vous offrent ici trente nouvelles inédites. Trente nouvelles plus noires, plus étonnantes et plus frémissantes les unes que les autres.

Imaginé par un journaliste de La Voix du Nord, ce fait divers est une fiction créée pour les auteurs de la collection Polars en Nord. Il fut le point de départ de l’écriture des nouvelles du 200e titre de cette collection de polars régionaux à succès.

Les auteurs et l’éditeur Ravet-Anceau ont décidé que les droits et profits de ce « Polars en Nord no 200 » seraient reversés à l’association Le Noël des déshérités de La Voix du Nord.

Ont participé à cet ouvrage : Alain Stucker, Alain-Paul Autret, Aude Lhôtelais, Benoît Chavaneau, Bernard Leconte, Bernard Thilie, Christine Desrousseaux, Christophe Arneau, Denis Albot, Emmanuel Sys, Francis Essique, Françoise Samsoën, Geneviève Reumaux et René Charlet, Gérard Bertuzzi, Guillaume Lefebvre, Hervé Hernu, Hervé Jovelin, Irénée Deltombe, J. Wouters, James Holin, Jean-Pierre Bocquet, Lakhdar Belaïd, Luc Watteau, Marc Le Piouff, Marie Goudeseune, Michel Bouvier, Philippe Declerck, Philippe Tassart, Stéphane Nolhart, Sylviane Taquet.


de sang,polars en nord,ravet-anceau,stéphane nolhart,interview,mandorInterview :

Ce livre est le 200e de la collection Polars du Nord et il coïncide avec les 10 ans de la collection. Pouvez-vous me présenter cette collection ?

La collection Polars en Nord est née en 2005 avec pour premier titre Le vagabond de la baie de Somme de Léo Lapointe, vendu à ce jour à plus de 12 000 exemplaires, toujours diffusé en librairie et adapté récemment en téléfilm pour France 3. Cette collection explore le roman noir, du polar au thriller en passant par le whodunit. Son parti pris : le suspense près de chez vous. Nos polars se déroulent principalement à ce jour  en  Nord-Pas de Calais-Picardie, en Normandie et en Belgique francophone. Nous en publions plus d’une vingtaine par an, qu’ils s’agissent de premiers romans ou d’écrits d’auteurs « maison ».

Pour trouver l’idée de ce 200e livre, vous vous êtes réunis dans les locaux de chez Ravet-Anceau. Au fil des échanges, est née l’idée d’un projet singulier, original et audacieux que j’aimerais que vous m’expliquiez.

L’équipe éditoriale a imaginé ce 200e titre comme un hommage. Il fallait qu’il s’intègre dans une réflexion globale, qu’il soit vraiment différent des autres. C’est pourquoi nous avons réuni des auteurs de la maison pour un échange. Le but : qu’ils nous disent comment ils voyaient le 200e Polars en Nord. Ce sont eux qui font vivre la collection depuis dix ans, il nous semblait important de les impliquer encore plus à ce moment particulier. Après une matinée de réflexion collective s’est dessiné le projet de ce recueil de nouvelles. Immédiatement, les auteurs ont souhaité que leurs droits d’auteur soient reversés à une association caritative. L’idée d’un fait divers commun a permis de donner une cohérence à l’ouvrage et a pimenté l’exercice : si la nouvelle est déjà en soi un genre particulier, l’écriture sous la contrainte est une difficulté supplémentaire !

Il y a trente nouvelles inspirées d’un même fait divers. Trente angles différents pour raconter la même histoire, c’est un défi facile ou complexe ?

Le point de vue des auteurs à ce sujet est assez partagé : certains ont eu du mal avec cette contrainte et ont cherché à la détourner. D’autres ont joué avec, et elle leur a parfois permis d’aller au-delà de leur zone de confort habituelle, de découvrir un autre horizon. Un nouvel imaginaire est né. De notre côté, nous craignions les redites. Mais finalement, s’il existe quelques similitudes quant aux thèmes abordés, chacun a su recréer un univers bien à lui. Le défi était complexe mais a été relevé avec brio par nos trente et un auteurs.

Bande annonce du livre, De sang, réalisé par Hervé Hernu.

Comment avez-vous choisi les auteurs ?

Nous avons partagé l’idée de l’écriture d’une nouvelle avec une quarantaine de nos auteurs Certains ont répondu avec enthousiasme et s’y sont mis rapidement. D’autres, moins à l’aise avec la forme de la nouvelle, ont préféré ne pas s’y risquer. Ou n’était pas disponible. Toutes les nouvelles que nous avons reçues ont été publiées.

Vous-même, vous vous êtes mis en danger en livrant à vos auteurs votre propre nouvelle. Pourquoi avoir écrit dans ce livre ?

Quand Marion m’a proposé d’écrire une nouvelle dans ce recueil, considérant que c’était pour une œuvre caritative, j’ai tout de suite accepté. Je travaille avec les auteurs de la collection sur les corrections ou modifications éditoriales à apporter (ou pas) à leur texte. Ce sont parfois des heures de discutions (justifiées) pour une virgule ou une idée. Contrairement aux auteurs Polars en Nord qui excellent dans le genre Polars, l’exercice était nouveau pour moi et naturellement j’avais le sentiment d’être jeté dans la fosse aux lions, un poil attendu au tournant. J’ai biaisé. J’ai fait une nouvelle noire qui parle de polars et d’éditions mais pas un polar dans les règles. Je ne suis pas descendu à proprement parlé sur leur terrain de jeux. 

Quels sont les projets de Ravet-Anceau en terme d’évolution ?

La collection Polars en Nord a vu naître sa petite sœur il y a trois ans : Polars en Nord Junior. Des enquêtes menées par des enfants pour de jeunes lecteurs (à partir de 8 ans). Nous publions par ailleurs des romans historiques et contemporains, des biographies, des livres de cuisine… Nous réfléchissons aussi actuellement à de nouvelles collections en littérature. Enfin, concernant la collection Polars en Nord la zone géographique s’étend…

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16 mars 2011

Signature à La Terrasse de Gutenberg !

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Le jeudi 10 mars dernier, grâce à la sortie de mon livre, je me suis retrouvé encore dans une situation inédite (et carrément à contre-emploi pour moi). Expliquer et signer mon livre, avec deux autres écrivains, devant un parterre de spectateurs (amis des uns et des autres pour la plupart). Mes deux collègues étaient Stéphane Nolhart pour Blackbook (sorti chez Laura Mare Editions) et Harold Cobert pour L’entrevue de Saint-Cloud  (Aux éditions Héloïse d’Ormesson).

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Stéphane et Harold sont très potes, se connaissent et se respectent depuis des années.  Moi, j’ai connu Stéphane en le mandorisant pour son premier roman, Les ailes de Giacomo, du coup, j’ai préfacé son second livre, Je ne vous voyais pas comme ça (2eme mandorisation, là). Une histoire d’amitié naissante (la préface, pas le sujet du livre).

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Les hasards de la vie, (je vous le jure) ont fait que nous sommes publiés dans la même maison d’édition et que nos livres respectifs sont sortis le même jour, le 15 février 2011. Et les hasards de la vie ont fait que je suis l’un des premiers journalistes à avoir chroniqué le tout premier livre d’Harold Cobert, Le reniement de Patrick Tréboc en 2007.

Et je l’ai aussi mandorisé pour son troisième livre.

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Bref, cette réunion n’était, par contre, pas tout à fait le fruit du hasard. C’était le fruit de l’envie de la journaliste Aïda Valceanu (pour qui j’ai une grande estime personnelle et professionnelle).  Avec l’aide de mon éditrice, Laura Mare, et de la responsable de la librairie « La Terrasse de Gutenberg » (photo ci-dessous), cette soirée s’est superbement bien passée.

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Le décor n'est pas signé Donald Cardwell...

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Avant...

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Pendant... (et l'arrivée discrète de Corinne Royer).

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Juste, j’ai constaté que je suis plus doué pour poser des questions que pour y répondre. Je suis un très mauvais vendeur de moi-même. J’ai compris ce soir-là ce que j’infligeais aux artistes qui passaient devant mon micro depuis des années. Parler de soi ne va pas de soi. Ce n’est pas un acte naturel.

Et moi, je ne suis pas comédien.

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Mais, c’est intéressant de vivre ces moments.

Je me suis dépatouillé comme j’ai pu, comme je suis.

Maladroitement.

Hop ! Un port folio (avec commentaires)…

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Aïda menant le débat...

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Harold Cobert et moi...

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Mes amis Benoît Luciani et Marc Louboutin (à l'arrière plan).

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Le public, très largement féminin... l'effet Harold/Stéphane...

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Dominique Juillard, Jérôme Cayla, SophieLit...

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A gauche Laure Petit et à droite Ariane Charton.

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Arthur, le fils de Stéphane Nolhart...

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Stéphane hilare...

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Putain... le regard, le salaud!

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Monsieur et madame Mallock... (les feux de l'amour).

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Marie-Laure Bigand et Anne-Laure Buffet. Reines de mots.

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Marc Louboutin... auteur pas vin.

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Amédée Mallock, autre auteur pas vin... (décidément, ces deux-là, Louboutin et Mallock, ont quelques correspondances).

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La photo suivante mérite quelques explications, il me semble.

Monsieur Mallock me sert du vin discrètement, sans que personne ne s'en aperçoive. Rien de plus, non mais!

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Ah ouais, Manue Colombani, tu ne dis pas non, hein?

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Après le vin, Aïda nous cuisine...

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Juliette Cohen-Solal lit avec Harold Cobert des extraits de L'entrevue de Saint-Cloud.

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Les deux photographes officiels de la soirée. A gauche, Edmond Huet, à droite, Jean-Paul Dayan.

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Le Nolhart's look!

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Les signatures, c'est parti!

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-Bon, comment tu t'appelles, Aïda?

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Amédée Mallock.

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Marc Louboutin.

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Avec Karine Fléjo (Koyfée).

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Avec Delphine Dewost.

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Delphine Dewost et Elena Guritanu.

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Avec Aïda Valceanu.

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Dominique Juillard, Karine Fléjo et Jérôme Cayla...

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30 juin 2009

Stéphane Nolhart... à découvrir absolument!

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J’ai beaucoup hésité. Je l’invite, je ne l’invite pas ?

Quand même, j’ai préfacé son deuxième livre, Je ne vous voyais pas comme ça (dans laquelle, j’expliquais notamment qu’il m’avait sauvé la vie… à lire ici), le convier à la radio pour l’interviewer pouvait éventuellement passer pour du copinage.

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Et puis, je me suis fait la réflexion que, du coup, je n’avais pas vraiment parlé de son livre. Le précédent oui, mais pas son dernier né. Ni sur ce blog, ni à la radio, ni dans mes deux journaux. C’est injuste, car je l’ai vraiment beaucoup apprécié. Vraiment beaucoup. Sous le prétexte qu’il est un ami et que je suis "un peu" impliqué dans cette publication, du coup, je le prive d’éventuels nouveaux lecteurs. Je ne dis pas qu’après cette note et l’interview diffusée sur 77FM (à écouter ici), Stéphane Nolhart (car, c’est de lui dont il s’agit) va voir son chiffre de vente décoller subitement, mais, si quelques personnes supplémentaires pouvaient s’intéresser à ce roman très drôle, j’aurais rempli ma mission. Pas question, donc, que je me taise. Cet homme-là voue sa vie à l’écriture et je suis en adéquation totale avec son style, sa philosophie et son humour permanent (et décapant!).

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Et humainement, ce grand gaillard charmeur et charismatique est une crème. Il se montre grand, fort et puissant, je le devine fragile et à fleur de peau. À fleur de peau, j’en suis sûr. Mais, c’est le genre de faiblesse que je connais (pour en être victime) et que j’aime bien chez les autres. Je n’apprécie pas particulièrement les personnes sans failles… ils m’ennuient.

Stéphane Nolhart à tout pour devenir un grand de la littérature française, mais peu de gens du métier le sait encore. Son jour viendra, vous verrez, pour moi, c’est une évidence.

Bref, le 17 juin dernier, je suis allé chercher mon camarade à la gare de Meaux. Direction Crégy-les-Meaux (2 kilomètres… un voyage de dingue !). Je le présente à la dream team de la radio et nous passons directement dans le studio. Je suis toujours gêné d’interviewer quelqu’un que je connais personnellement. Alors, je me mets sur le mode "professionnel". Tout à coup, je me mets à vouvoyer la personne et j’oublie presque que j’ai devant moi un ami. C’est curieux comme sensation, mais ça marche à chaque fois.

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Voici quelques extraits de cette interview :

-Quel est votre parcours littéraire ?

-J’ai baigné dans la littérature.  J’ai commencé à écrire pour moi dans ma prime jeunesse, puis pour les autres à l’âge adulte. J’ai écrit des biographies, des documentaires et j’ai attendu la quarantaine pour écrire mon premier roman Les Ailes de Giacomo. Ca a fonctionné correctement et, là, je viens de sortir mon deuxième roman.

-Vous préférez écrire pour les autres ou pour vous?

-Pour moi. Un roman, c’est un vrai travail d’écrivain. Émouvoir ou faire rire le lecteur avec des histoires conçues par soi-même est jubilatoire.

-Quelle est la définition de l’écriture "Nolhartienne" ?

- J’ai du mal à répondre à ce genre de question… Humoristique peut-être. Faire rire, ça tient sur une mécanique et sur un style très précis.

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 -Dans Je ne vous voyais pas comme ça, vous humanisez la mort. Elle s’appelle Catule LAMORT et elle est, je cite, "sensible, pleine d’humour, érudite, touchante, fatiguée, brillante, mélomane et… cruciverbiste." D’où vous est venue l’idée d’écrire sur la mort ?

-Je suis parti en voyage à Édimbourg et je suis tombé sur une petite lithographie du 17e siècle où la mort était assise sur un rocher, complètement déprimée, auscultée par un médecin. J’ai eu un flash avec cette vision. Et si la mort était vivante, si elle avait un vrai souci de santé, que se passerait-il ?

-Elle a même des rêves de gloires et veut devenir une star. Quelle imagination fertile !

-Disons que je suis parti de l’idée que personne n’aime pas la mort, qu’on la déteste alors qu’en fait, elle est très utile. Si elle n’était pas là, on serait 200 milliards, je ne sais pas… plus peut-être. Moi, j’ai mis la mort en grève au début de mon roman et le bordel planétaire a commencé.

-Voulez-vous réhabiliter la mort ?

-Non, mais je veux la montrer autrement.  C’était un pari de vouloir que les lecteurs aiment la mort. Qu’elle les fasse rire, que " personne ne la voit comme ça "… Chez moi, la mort, enfin personnifiée, est drôle, burlesque et fait juste son travail.

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-Comment a été reçu le personnage de Catule LAMORT par vos lecteurs ?

-Globalement, je n’ai eu que des retours positifs après lecture de ce livre. Mais j’ai eu aussi un petit pourcentage de lecteurs qui a eu du mal à rire avec la mort. Après, chacun voit les choses à sa façon. Moi, j’ai toujours eu un regard un peu cynique face à la mort. Je préfère en rire avant d’avoir a en pleurer. 

-Dans votre prochain roman, vous évoquez un sujet tabou dans le milieu littéraire, je crois.

-Oui, enfin non… j’ai passé pas mal d’années à écrire pour les autres… à travers un livre drôle, je raconte l’histoire d’un nègre littéraire qui se retrouve à la montagne pour écrire un livre pour une dame très particulière. C’est 7 jours de la vie d’un nègre à la montagne. Je tape un peu sur les éditeurs, j’espère que ça ne m’empêchera pas d’en trouver un.

-Écrire, pour vous, c’est une façon de vivre ou de survivre ?

-Les deux mon capitaine, mais c’est aussi une façon d’exister.

-Vous travaillez comment ?

-Je considère l’écriture comme un métier, donc je m’y mets à heure fixe. Par moment, ça met du temps à venir, mais l’inspiration finit par se déclencher. J’ai pensé pendant longtemps qu’il fallait attendre le bon moment, qu’il fallait être prêt… et puis je me suis aperçu qu’à travers des commandes que j’ai eues où les délais étaient très courts, je pouvais sortir plus de pages que je ne le pensais.

-Les romans, par rapport aux biographies, aux documentaires, c’est la récréation ?

-Non, c’est le but du jeu. J’écris le reste uniquement pour pouvoir écrire des romans.

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Et voici le podcast en deux parties montées de l'entretien.
Première partie:

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Et hop! La deuxième:

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Belle voix, non?

Après cet entretien, Stéphane est resté un moment à la radio à tailler la bavette avec Richard, mon boss. Puis, nous sommes allés au Bureau pour déjeuner ensemble. En terrasse. Moments agréables où nous avons parlé littérature, milieu de l’édition, projets communs éventuels, ami(e)s commun(e)s… c’était presque l’été, la serveuse était séduisante, le rosé commençait à faire son petit effet… et nous étions biens. La vie était belle.

(Et j’espère qu’un éditeur "important" s’intéressera au cas Stéphane Nolhart. Qu’ils lisent, au moins… ils comprendront.)

27 juillet 2008

Le préfaceur...

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 Cette photo été prise au salon du livre 2008 et a un sérieux rapport avec cette note.

Jeudi soir, au Chao Ba, en terrasse.

-Je n’ai pas osé te demander parce que tu avais déjà préfacé le livre d’Elisabeth Robert. Je me suis dit que tu n’étais pas du genre à dire oui à tout le monde.

-En effet, mais je dis oui aux gens que j’aime bien et dont la lecture est un ravissement. Allez, fêtons cela, tu veux une 23e bière ?

PLE685106_petit.jpgSouvenez-vous ce que j’avais écrit sur le premier roman de Stéphane Nolhart.

Les ailes de Giacomo, ça s’appelait…

Top là ! Va pour une nouvelle préface !

J’adore ce mec. Son manuscrit m’a laissé baba d’admiration. Quelle érudition! Quel style! Quel humour!

Je ne pouvais faire autrement qu'accepter de participer à cette aventure littéraire hors norme.

Le pitch :

Personne ne vous avait dit que la mort était drôle, érudit, sensible, touchante, fatiguée, communiste, brillante, cruciverbiste à ses heures,  jusque là, le secret était bien gardé.

Je ne vous voyais pas comme ça, le roman de Catule LAMORT est à paraître très prochainement.

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Stéphane Nolhart parle de tout ça sur son blog, dans sa dernière note...

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Sinon, ce matin, j’ai reçu Voyages de toi..., le livre d’Elisabeth Robert. Celui que j’ai préfacé.

J’étais tout ému, dites donc.

Voir son texte, son nom et sa photo sur un ouvrage, ça m’a fait un drôle d’effet.

La preuve.

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Pour en savoir plus (et éventuellement, vous le procurer)…

La quatrième de couv':

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Merci à tous les deux pour votre confiance.

Sans plaisanter, ça me touche beaucoup.

27 décembre 2007

Stéphane Nolhart... écriv'ange!

 

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Le livre dont je vais parler aujourd’hui, je l’avais mis dans mes bagages, lors d’un récent départ en week-end à Dijon pour aller voir de la famille. A priori, prendre un livre quand on va voir de la famille, c’est louche.

Mais là, non. 

Je n’avais pas peur de m’ennuyer, juste, avoir un livre à portée de main me rassure.

On ne sait jamais, en cas d’insomnie…

Les Ailes de Giacomo de Stéphane Nolhart, pour tout dire, a finalement été mon médicament pendant toute une nuit.

J’étais malade comme un chien. Je vous passe les détails, mais, à cause d’une longue et insupportable quinte de toux, j’ai dû m’enfermer dans une pièce afin de ne pas réveiller ma tribu.

Étant dans l’impossibilité de dormir, j’ai pris ce roman et l’ai lu d’une traite.

Et il m’a fait du bien.

J’ai cessé de tousser.

Vrai.

En 4 heures.

(Peut-être était-ce aussi l’effet de mes nombreux « miel citron » bu tout au long de la nuit ?)

Croulant sous les livres à lire, j’avais hésité à prendre celui de ce jeune auteur.

(Enfin, jeune, nous avons quasiment le même âge. Oui, donc, jeune.)

Mais, vraiment, le thème m’intéressait.

 

Léalan d’Antoni, un petit garçon prématuré (de 6 mois) continu de vouloir vivre malgré les souffrances, sous a35056b78b72531a90b1a688aa57316c.jpgl’impulsion de son ange gardien, le plus contesté qui soit, Giacomo Casanova.

(C'est lui, à gauche).

 

Tout en croisant d’incroyables destins, Léalan  passera sa vie à chercher sa mère (prostituée) sous l’œil de cet ange iconoclaste.

Il y a, parmi les protagonistes, une chanteuse de rock alcoolique, suicidaire et nymphomane, un champion du monde de boxe, un champion du monde d’échec reconverti dans l’islam le plus radical et toutes sortes de personnages plus excessifs les uns que les autres.

Tout est crédible et rien n’est caricatural, ce qui est une performance quand on crée des héros aussi déjantés.

Hier, j’ai donné rendez-vous à Stéphane Nolhart dans une brasserie de la Porte Maillot. J’arrive un peu avant lui. Je m’adonne donc à mon activité préférée dans ce genre d’endroit. L’observation des gens.

J’adore contempler ses vies inconnues.

Une femme seule (et magnifique) est là.

Elle me sourit.

Elle doit penser que je l’allume.

A la place, elle s’allume une clope. Posture.

Elle prend son téléphone, écoute des messages en fronçant les sourcils. Posture.

Puis, elle boit son thé, l’œil méditatif. Posture.

Du coup, je ne cesse de la regarder.

Pour voir, comme ça.

Ça m’amuse.

Sachant d’autant plus que je ne l’aborderai pas.

(J’ai déjà bien assez de soucis comme ça !).

(Cœur fragile.)

Puis, un bel homme arrive et s’assoit à côté d’elle.

Puis l’embrasse sur les lèvres.

Avec avidité.

Imposture.

L’auteur arrive, lui aussi.

Heureusement, j’allais pleurer.

Il m’inspire immédiatement de la sympathie. C’est fou ce que l’on peut dégager comme ondes positives (ou pas) en quelques secondes. Je lui raconte mon histoire à Dijon.

Il sourit et me dit : « on écrit des mois et des mois et en 4 heures, le livre est ingurgité ».

Oui, mais, à moi, il m’a fait un sacré bien.

L’idée d’avoir écrit un livre salvateur lui plait.

Je lui demande ce qu’il veut boire : « Je ne sais pas, j’hésite entre un thé et une pression. »

J’appelle le garçon et commande, deux pressions.

Je lui pose des questions indiscrètes sur sa vie d’écrivain.

Il me dit en vivre.

Ce qui est si rare que je lui demande de m’en dire un peu plus.

Parce qu’il écrit depuis l’âge de 14 ans et qu’il n’a jamais cessé cette activité jusqu’à aujourd’hui.

Mais encore ?

 

-Des nouvelles, des contes pour enfants… mais j’utilise plusieurs pseudonymes. Depuis un an, j’écris des livres pour d’autres.

Autant dire qu’il est nègre, même s’il préfère le terme anglais : « écrivain fantôme ».

Stéphane Nolhart s’astreint à une discipline d’enfer rigoureuse.

-J’écris de 4 heures du matin à 11 heures. L’écriture, c’est aussi lire beaucoup et avoir un rythme de vie très carré. C’est un métier… on ne peut rien faire qui tienne la route si on ne s’y consacre pas à plein temps. Je me demande comment font les écrivains qui pondent un livre en 3 mois tout en ayant un autre travail pour gagner sa vie. Je ne cesse de rencontrer des auteurs qui parviennent à maîtriser cette double vie. Moi, ça me dépasse.

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Stéphane Nolhart a pourtant une longue vie professionnelle derrière lui : « de parachutiste à balayeur, de pigiste pour des magazines pour adultes à directeur de groupe de presse », dixit la 4eme de couverture de ce livre sorti chez Pietra Liuzzo Editions.

Ce qu’il me confirme :

 

-J’ai bien profité du début de la bulle Internet, quand tout était facile et que l’argent se ramassait à la pelle. Je suis  passé d’une boite de 30 personnes, très rapidement à une boite de 300 personnes. J’ai vu le vent tourner, j’ai tout vendu et je suis parti avec de quoi voir venir…

Je comprends qu’il a eu les moyens de se « poser ». Il s’est mis à écrire.

Un divorce et d’autres problèmes lui ont imposé une réflexion sur la vie qu’il menait. Il affirme que la littérature lui a permis de traverser certaines bourrasques du quotidien.

-La littérature peut sauver la vie comme on peut en crever. Personnellement, elle m’a sauvé. Écrire ou lire permet d’échapper à une réalité qui est parfois trop dure. Si le monde dans lequel on évolue ne nous plait pas complètement, on peut en créer un autre…

Le but étant d’écrire aujourd’hui des romans qui n’impliquent pas sa petite personne et qui fédèrent un public large…

-Je me suis attaché à essayer de prendre mon lecteur par l’épaule et à l’amener jusqu’à la fin sans qu’il ait envie de se barrer. J’ai passé beaucoup de temps sur le style et le rythme…

Pourquoi ce thème des « représentants du Seigneur qui guident et protègent » ?

-La seule chose autobiographique de ce roman, c’est que je suis moi aussi un enfant prématuré de 6 mois. Que j’ai réellement pesé 900 grammes… Je suis parti de cette question : pourquoi, alors que la vie n’est que souffrance, un petit être décide de continuer à se battre pour vivre. Et si, quelqu’un l’incitait à persister. J’ai aussi réfléchi sur l’intuition…peut-être est-ce les anges qui nous parlent ? Notre destinée, dépend- elle de la compétence des anges qui nous surveillent ? Je tente de répondre à ces questions de manière ludique et amusante. Mais je ne prétends rien.

Stéphane Nolhart, en vrai, ne croit pas précisément aux anges…

-Je crois juste en ma bonne étoile. Peut-être parce que j’estime que j’ai eu une vie assez jolie. Ça ne m’empêche pas de m’interroger sur le sens de la vie, de l’amour et de la mort… Pourquoi fait-on certains choix ? Pourquoi court-on après quelque chose ? Mais, je dois avouer que l’une de mes priorités en écrivant ce livre était de réhabiliter Giacomo Casanova. C’était un vrai philosophe, d’ailleurs, je cite beaucoup d’extraits de Histoire de ma vie. Une vie tout à fait fascinante.

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S’il y avait une morale dans Les ailes de Giacomo, ce serait : la vie est un éternel recommencement.

Pour être franc, je préfère ne pas trop en dire sur ce roman cynique et épique. Simplement, je le conseille vivement à ceux qui aiment les histoires qui sortent des sentiers battus, qui transportent le lecteur dans un monde qui n’est pas tout à fait le nôtre, sans en être, pour autant, très éloigné.

Stéphane Nolhart, ce grand et beau gaillard d’1m90 est touchant.

Il m’avouera (en off) qu’il a eu le trac avant de faire lire « les ailes de Giac… » aux êtres qui lui sont chers. Il était terrorisé de le présenter à son fils de 18 ans. Il fait des études littéraires et son jugement est souvent sévère. Le fils avait une larme à l’œil après lecture. Le père était fort ému.

Son plus beau cadeau.
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Le prochain livre de Stéphane Nolhart aura comme héros, la mort.

Un livre très drôle qui l’humanise.

Un livre pour faire aimer la mort.

En tout cas, pour avoir un peu d’affection pour elle.

Pour ne plus la regarder de la même manière.

Et quand je lui demande s’il en a peur, il cite Giacomo Casanova (ce qui boucle la boucle) :

« Finalement, mourir, c’est quitter la scène du théâtre de la vie avant que la pièce ne soit terminée. ».

Oui, enfin, moi, ça ne me console guère.

Mais j’attends avec beaucoup d’intérêt ce livre, pour le moment intitulé : L’incroyable vie de monsieur Catule LaMort.

Nous restons près de deux heures ensemble à parler ensuite de nos vies respectives.

Encore une fois, je me dis que ce type-là pourrait être un pote.

Peut-être le deviendra-t-il ?

Peut-être pas.

Les surprises de mon métier.

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On se sépare en se promettant de se revoir.

On verra.

Les surprises de la vie…

 

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