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14 décembre 2016

Georgia : le conte musical vivement conseillé pour Noël!

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C’est bientôt Noël… il m’a semblé important de vous parler de ce conte musical extraordinaire, pour petits et grands, signé Timothée de Fombelle. J'ai eu un vrai coup de cœur pour lui. On y retrouve une pléiade d'artistes exceptionnellement réunis pour raconter et chanter Georgia : Cécile de France, Alain Chamfort, Emily Loizeau, Albin de la Simone, Ben Mazué, Amandine Bourgeois, Pauline Croze, Ariane Moffatt, Raphaële Lannadère, Babx, Rosemary Standley... Une production imaginée et réalisée par l'ENSEMBLE CONTRASTE. Raconté par Cécile de France. Un projet en soutien à l'association SOS Villages d'Enfants avec la participation exceptionnelle d'Anny Duperey, marraine de l'association.

Ce livre-disque a reçu la Pépite 2016 du meilleur livre jeunesse (catégorie moyens) et a été « Coup de cœur » de l'Académie Charles Cros 2016.

Georgia est un conte musical réussi, beau et émouvant, drôle et intelligent, qui laissera rêveurs les petits comme les grands. Il est vivement conseillé pour être glissé sous le sapin.

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Argumentaire officiel :

Il est des secrets fondateurs qu’il n’est pas toujours facile de révéler lorsqu’on  est devenue une grande star de la musique...  Un jour, pourtant, arrive  le moment de se livrer : la mémoire déroule alors un à un les souvenirs et les rêves.  Les doutes aussi, qui ont jalonné cette route sinueuse jusqu’au succès.  Le lecteur, aux premières loges, découvre la petite Georgia et une ribambelle  de personnages hauts en couleur, imaginaires pour la plupart, et pourtant  très présents. De ceux qui aident à grandir et à dépasser ses plus grandes peurs.

sans-titre.pngRésumé officiel :

Georgia s’installe dans un nouvel appartement avec sa tante. Sa famille vient d’être dispersée. Georgia, en déménageant, a laissé derrière elle ses petites sœurs, mais elle emmène ses Rêves, personnages espiègles qui ne la quittent pas et chantent autour d’elle. Une nuit, Georgia se rend compte qu’on joue du violon derrière le mur de sa chambre. Une amitié va naître avec Sam, jeune voisin extraordinaire qui joue à la lueur des bougies. Mais qui est ce Sam qui voudrait tant qu’elle chante ? Où vit-il puisqu’il n’y a plus d’immeuble depuis longtemps derrière celui de Georgia ? Elle découvre qu’un siècle est posé entre leurs deux vies. Pourtant, au fil d’une aventure en chansons, malgré l’épaisseur du mur et des années qui les séparent, Sam va remettre la musique au cœur de la vie bouleversée de Georgia.

Interviews :

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Timothée de Fombelle (auteur) :

Comment est né le conte musical Georgia ? 

Les histoires trouvent toujours un moyen pour prendre vie… Mais celle de Georgia serait peut-être restée au fond de moi si on n’était pas venu me présenter un rêve. C’était le rêve d’un conte raconté, joué et surtout chanté. Quand l’équipe de Contraste Productions m’en a parlé, j’étais impatient de me remettre à un nouveau roman, en solitaire... Mais l’ambition de cette proposition et la chance de travailler avec de grands musiciens m’ont convaincu facilement de faire ce détour passionnant qui a finalement duré un an. La chanson est un art qui m’a construit depuis l’enfance. Et puis, j’avais rencontré des garçons et des filles venus de villages d’enfants quand ils m’avaient remis un prix littéraire pour Tobie Lolness.  J’avais envie de les retrouver à travers ce projet. Je pensais à eux à tout moment de l’écriture.

Quel est votre rapport au genre du conte musical ?

J’aime quand la musique n’est pas là seulement pour le décor. Georgia est ce que j’appellerais « une histoire en chansons ». C’est la musique qui raconte l’histoire, autant que les mots et les dessins. Nous avons travaillé main dans la main, jour après jour, avec Johan Farjot, Arnaud Thorette, Albin de la Simone... Parfois je faisais le premier pas et la musique suivait, parfois c’était le contraire. Les mots et les notes ont cherché leur place jusqu’au dernier moment. En studio, j’étais encore là, dans un coin, à corriger des petites choses ou donner des indications aux chanteurs. Le travail avec Cécile de France a été aussi un bonheur pour moi. Je viens du monde des planches. J’allais voir les spectacles que Cécile jouait quand elle était encore à l’école de théâtre. Depuis des années,  je crois qu’elle a un lien particulier avec les textes que j’écris. On travaille souvent ensemble. L’enregistrement s’est déroulé comme une évidence.

Ben Mazué interprète "Tous mes rêves chantent".

Georgia ou Sam sont-ils un peu de vous enfant ? Aviez-vous des rêves qui vous parlaient?

Mes rêves m’ont souvent fait tenir. Ils ne me parlaient pas mais ils dessinaient un horizon, ils servaient de ligne de fuite pour voir loin, pour m’échapper. Mais très vite j’ai transformé mes rêves en création : fabriquer un radeau, construire un décor de théâtre, écrire une histoire. C’est la force de l’enfance. Je suis très heureux que Benjamin Chaud ait su donner une forme si touchante et drôle à ce petit peuple des rêves. Au début, Georgia dit qu’elle les trouve encombrants comme une équipe de rugby ou une fanfare. La musique va lui permettre de les rendre plus légers, puis de les laisser partir quand ils se réaliseront.

Les rêves nous poursuivent-ils adultes ?

Heureusement, un rêve en chasse un autre. La capacité à rêver est restée mon moteur. Pour mes proches, je suis un peu épuisant, à force de rêver toujours loin devant, de faire à chaque instant des projets possibles ou impossibles…

Quels liens tissez-vous entre vos livres ?

La fuite, l’imaginaire, le temps, la fragilité. Je crois que je laboure toujours le même sillon, mais avec des moyens chaque fois un peu différents. Et quand la musique de Johan ou le dessin de Benjamin s’emparent de mon univers, ils m’entraînent aussi dans leur monde à eux. Ils ouvrent d’autres paysages. C’est un voyage que j’aime beaucoup. Et quelle chance de pouvoir finalement se reconnaître dans chaque note, chaque couleur de cette histoire alors que nous sommes si nombreux à l’avoir fabriquée !

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Arnaud Thorette, de l’Ensemble Contraste (directeur artistique).

D’où l’envie de ce conte musical vient-elle ?

Nous gardons tous en nous une part de notre enfance, faite de rêves, qui nous amène quelquefois sans qu’on y prête attention à imaginer des projets un peu fous. Jeune, j’ai été bercé par Émilie Jolie, une histoire et une musique qui ont marqué toute une génération d’enfants. Aujourd’hui, Georgia naît avec, nous l’espérons, l’idée que ce conte musical fera chanter nos enfants et aidera l’association SOS Villages d’Enfants.

Pourquoi avoir confié à Timothée de Fombelle, auteur de romans pour la jeunesse, l’écriture de l’histoire et des chansons ?

En fait l’idée revient à la productrice du projet,  Hélène Paillette, férue de littérature et qui connaissait l’œuvre de Timothée,  son imaginaire, ses personnages toujours un peu cabossés par la vie, à la recherche d’un paradis perdu, mais aussi parce que c’est un homme de théâtre aimant les collaborations un peu folles et étonnantes. Gallimard Jeunesse a répondu présent. L’aventure a commencé ...

Florian Laconi interprète "Le temps des cerises".

Quels ont été vos critères de choix pour les artistes interprètes, les comédiens, le chœur d’enfants … ?

C’est avant tout un choix du cœur: le premier choix s’est naturellement porté sur Anny Duperey, marraine de l’association SOS Villages d’Enfants, et une bande de copains comédiens très talentueux qui ont eu envie de participer à cette belle aventure collective. Timothée de Fombelle a demandé à Cécile de France qu’il connaît de longue date d’incarner Georgia. Elle a spontanément accepté. J’ai connu la jeune Marie Oppert lorsqu’elle interprétait Les parapluies de Cherbourg avec Michel Legrand au Théâtre du Châtelet. C’est une grande révélation. Quant au rôle de Sam, c’est tout naturellement vers Albin de la Simone que je me suis tourné même si j’assure moi-même la partie de violon ! Le choix des voix des rêves s’est laissé guider par nos envies multiples de collaboration. Ce sont des artistes pour qui j’ai une très grande admiration. Je tenais aussi à ce qu’il y ait de magnifiques voix d’enfants, j’ai donc proposé aux jeunes chanteuses de La Maîtrise de Paris de venir chanter à nos côtés.

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Albin de la Simone lisant Georgia.

Quel a été le rôle particulier d’Albin de la Simone ?

Venant plutôt du monde classique, je tenais à être guidé par un artiste en qui j’avais une confiance absolue pour réaliser un disque de pop. Pour trouver ce son, cette esthétique, c’était pour moi un choix évident. Albin connaît notre monde et il nous a emmenés dans son univers, respectant nos envies et apportant son savoir-faire. Quant à Johan Farjot, nous travaillons ensemble depuis presque 20 ans ! Il a composé et arrangé  la plupart des musiques avec une imagination folle. Nous souhaitions être à la jonction d’un conte et d’une comédie musicale, et il a relevé ce défi avec un immense talent.

(Par manque de temps et à cause de plannings compliqués, il n'a pas été possible de faire les interviews des protagonistes de ce conte avant Noël. Or, l'intérêt de cette chronique était de faire connaître "Georgia" avant les fêtes afin que ce livre-disque puisse devenir cadeau. En accord avec l'attachée de presse de ce projet, vous avez lu deux interviews tirés du dossier de presse. Je n'aime pas cela, mais... cas de force majeure!)

26 juillet 2016

Pauline Croze : interview pour Bossa Nova

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Pauline Croze, Claire Pathé (9).jpgPauline Croze signe son grand retour musical quatre ans après Le Prix de l'Eden. La chanteuse bouleverse ses habitudes dans les onze titres de Bossa Nova. Entourée d'artistes de jazz du monde tels que Flavia Coelho, Marie Navarro, Manda Sissoko et Vinicius Cantuaria, elle s'illustre dans des reprises douces et mélodieuses des chansons les plus mythiques du répertoire brésilien.
On découvre « Voce Abusou », remix franco-portugais de « Fais comme l'oiseau », la réinterprétation de « La Rua Madureira » de Nino Ferrer et celle de « Jardin d'Hiver » signée Henri Salvador, teintée de sonorités reggae. 

Le pari est donc parfaitement réussi : le voile suave de sa voix accompagnée des guitares sèches nous fait traverser l'Atlantique, direction Rio.

Je suis allé prendre un café le 11 mai dernier avec elle. Même si nous n’étions pas à Rio (mais à Paris), c’est toujours très agréable de converser avec Pauline Croze que je suis et interviewe depuis son premier album (première mandorisation , la seconde ici).

Voici le fruit de notre entretien, publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du juillet-août 2016).

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Quelques vidéos tirées de Bossa Nova :

"Voce Abusou".

"Tu verras".

"Les eaux de Mars", session acoustique.

"La Rua Madureira", session acoustique.

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Après l'interview, le 11 mai 2016.

27 octobre 2012

Pauline Croze : CD'Aujourd'hui, session acoustique pour MusiqueMag et interview pour Le prix de l'éden

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Pauline-Croze-Quelle-heure-est-il1.jpgJ’ai beaucoup d’admiration et d’affection artistiquement et humainement pour Pauline Croze. Je suis sa carrière depuis son premier disque.

(Voir ma première mandorisation de la jeune femme, ici)

Une coïncidence assez intéressante a fait que dans la même après-midi (du11 octobre 2012), elle est venue à ma demande faire une session acoustique de deux titres de son nouvel album, Le prix de l’éden, dans les locaux de MusiqueMag, puis j’ai enchaîné un CD’aujourd’hui avec elle juste après, à la demande de la production de l’émission.

Bref, nous avons passé une bonne partie de l’après-midi ensemble. Il y a des moments plus difficiles dans la vie.

J'avoue.

Avant de développer tout cela, voici ma chronique sur son nouveau disque, publié dans l’ActuFnac daté du mois d’octobre 2012:

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Et notre CD’Aujourd’hui, diffusé hier (12 octobre).

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Pour voir l'émission, cliquez là!

Quelques photos du tournage (à l'Institut Suédois)...

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Après l'interview...

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Voici la version longue de l’interview qu’elle m’a accordée, agrémentés des deux titres guitare voix qu'elle a offert aux lecteurs de MusiqueMag.

Interview :

Au bout de 5 ans d’absence, vous avez senti que c’était le moment de revenir ?

Ça ne s’est pas passé vraiment comme ça. J’avais quelques morceaux par-ci, par-là. Il y a un moment, j’ai eu besoin de travailler avec quelqu’un qui pouvai m’aider à écrire et à composer. C’est la raison pour laquelle je me suis tournée vers Édith Fambuena qui avait déjà réalisé mon premier album. Elle est réalisatrice, mais aussi auteure et compositrice. Nous avons donc vraiment travaillé en binôme. Il s’est avéré qu’au final, on n’a rien écrit et composé ensemble, mais ce n’était pas le plus important. La période de studio a duré un an, avec des coupures et des retours pour enregistrer des nouveaux morceaux.

Savez-vous terminer une chanson ? Je veux dire, savez-vous quand il faut s’arrêter de la fignoler.

Il y a des chansons où l’on sait qu’on a tout dit et où tout est clair, il y en a d’autres qui viennent en tâtonnant et là, on a envie de les améliorer, de les développer au maximum, de les enrichir. Il n’y a pas de généralité à faire par rapport au processus de création. Ce n’est jamais pareil.  Chaque morceau à son profil.

"Quelle heure est-il ?" en acoustique

Le précédent album, qui était votre second, était plus expérimental. Celui-ci revient vers ce que vous faisiez dans le premier. Plus de simplicité.

Je suis très contente d’avoir fait le deuxième album parce que ça m’a appris beaucoup de choses. J’ai vraiment analysé ce qui était négatif et ce qui était positif. J’ai compris que j’avais pu être un peu confuse dans les arrangements et dans les textes. A la sortie du deuxième album, quand j’étais sur scène, j’avais remarqué que les gens mettaient plus de temps à rentrer dans mon univers. Mes chansons avaient moins d’immédiateté. Je sentais que les gens manquaient de ce rapport guitare voix qui quelque part faisait le squelette de mon premier album. En discutant avec Édith, elle m’a dit : « Pauline, toi c’est le bois ». Dans mon deuxième disque, j’avais fait exprès de ne pas être dans ce rapport guitare-voix parce que je ne voulais pas faire ce que je faisais avant. Sur ce troisième album, je voulais revenir à plus de simplicité. Du coup, mes chansons sont plus faciles à aborder.

On a l’impression qu’il est moins mélancolique. Est-ce que lorsque Pauline Croze est mieux dans sa vie l’ambiance générale s’en ressent ?

Si j’ai mis 5 ans à sortir un nouveau disque, c’est que j’avais moins d’inspiration. Si j’avais moins d’inspiration, cela provenait sans doute du fait que j’étais mieux dans ma vie et dans ma tête. Je pense que tous les artistes écrivent sous le coup d’une émotion. De la peine, du désespoir, de la tristesse, de la colère. C’est vrai que moi, j’étais beaucoup plus apaisée. Vous savez, j’ai besoin de chanter des choses qui me prennent aux tripes. Sur cet album, il y a effectivement plus de choses apaisées et positives, mais je pense qu’il y a aussi un peu de noirceur… juste, elle est contrebalancée par des choses plus éclairées, plus lumineuses.

"Dans la ville" en acoustique

Ignatus et Vincent Delerm ont signé des textes.

Je vais être franche avec vous. J’ai beaucoup de mal à écrire, j’ai plus de facilité à composer. Ce qui compte pour moi, c’est de faire de la musique. Produire quelque chose de sonore. Là, Vincent Delerm a écrit une chanson pour moi. Ça me fait hyper plaisir et ça me touche beaucoup. Je trouve que c’est une superbe chanson. Quant à Ignatus, on a commencé à travailler ensemble dans des ateliers d’écriture. Je lui ai montré des textes et il arrivait fréquemment à trouver l’issue d’une phrase sur laquelle je bloquais. Comme j’aimais les ouvertures qu’il me donnait, j’ai voulu travailler avec lui pour cet album.

Si la musique vous intéresse plus que les textes, du coup, il faut qu’il y ait un son vocal qui sonne/frappe/cogne à votre convenance.

Le vocabulaire que je vais employer est très important pour le son des mots. Le texte doit produire sa musique à lui. En même temps, si on fait trop gaffe aux sons, le texte peut ne plus vouloir dire grand-chose. Il faut que je comprenne ce que la musique n’a pas exprimé pour que je complète la chanson avec le texte.

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Considérez-vous que plus les années passent, plus vous chantez mieux ?

Ce n’est pas une histoire de temps qui passe et de progression technique. C’est progresser par rapport au fait d’être au plus proche de soi même. Je pense qu’à partir du moment où on est plus connecté avec sa chanson, connecté avec ce qu’on a envie de dire, connecté avec le moment présent, c’est à ce moment-là qu’on est meilleur.

Craint-on que le public ne soit plus là quand on s’absente 5 ans ?

Oui, il y a quelque chose comme ça. Depuis 3 ans, ça m’angoissait beaucoup de ne pas avoir sorti d’album. Je me demandais tout le temps si les gens avaient encore envie de m’écouter. Ça a été une forte angoisse et pour tout dire, ça m’a même donné des cauchemars et ça m’en donne encore d’ailleurs. Pour moi, faire de la musique, c’est ma raison de vivre. C’est ce qui me donne envie d’exister, c’est qui me donne envie d’avancer, de me lever le matin.

Vous avez l’impression de repartir à zéro avec cet album.

Oui, complètement. Quand on fait un album, quand on propose un projet, c’est important de se dire que l’on doit repartir neuf, blanc, comme un espace vierge, sinon, on ne se renouvelle pas et on fait toujours la même chose. Chaque album est une remise en question et un redémarrage à zéro.

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12 novembre 2007

L'univers unique de Pauline Croze...

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Le métier parle d’elle comme d’une valeur sûre (et durable) de la chanson française. Il semblerait même que le doute sur la question soit écarté avec véhémence.

À l’occasion de la sortie (aujourd’hui, pile-poil) de son deuxième album Un bruit qui court, jeudi dernier, chez Wagram, j’ai de nouveau interviewé Pauline Croze.

Ici son MySpace.

Et là, un site non officiel, bien ficelé.

 

Elle me dit, presque essoufflée : J’suis en retard, pardonnez-moi !

Nous avions rendez-vous à 11h15, il était 11h18.

Je réponds que « j’ai vu pire comme retard dans ma vie de journaliste à Paris »

Mais elle se justifie encore.

-Non, c’est parce qu’hier soir, j’ai chanté à la fin de l’émission de Frédéric Taddéi.

Il est vrai qu’elle a dû se coucher tard, alors.

Je suis ravi de constater qu’elle n’a pas changée.

La première fois que nous nous sommes vus, c’était pour son premier disque. Elle était toute timide dans ce petit bar de Bastille.
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Si j’ai une certaine propension à m’exalter facilement, je vous assure que Pauline Croze, elle, m’impressionne.

Sa voix est unique. Elle détend et trouble. On voudrait que jamais elle ne s’arrête, que la chanteuse poursuive et continue cette quête du beau à travers laquelle elle guide son auditoire. Comme Piaf. Elle sourit de cette comparaison.

-C’est rigolo ce que vous me dites là. Je n’ai jamais trop écouté de chansons françaises. Ce n’est pas du tout mon truc. Personnellement, j’écoute beaucoup de musique noire. Reggae, soul, funk, blues, musique africaine. 

Bon, je remets Piaf au placard de mes illusions. C’est au siècle dernier (en 1999, en fait) que Pauline écrit, compose et maquette ses premiers titres avec son ami Quito, du groupe Senor Holmes.

-J’ai fait ensuite leurs premières parties. Une cinquantaine de concerts dans les bars. Je vous assure que c’est une école très difficile. Capturer l’attention de gens qui boivent,  discutent et qui se foutent que vous soyez là, ce n’est pas une mince affaire !

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En janvier 2003 elle rencontre Édith Fambuena (arrangeuse hors pair). C’est le début d’une belle collaboration. L’une et l’autre sont exigeantes. Édith dira de Pauline :

-Derrière ses yeux candides et espiègles à la fois, se cachent de la rage, de la ferveur, de la hargne, de la colère et surtout de la passion qui se traduisent la plupart du temps par une générosité sincère qu’elle distribue autour d’elle dès qu’elle se met à chanter. 

Mademoiselle Croze s’étonne elle-même de cette sincérité absolue, elle si pudique.

-A la fin de l’enregistrement de mon album, en réécoutant tout, je me suis étonnée d’avoir dit tout ça de moi, de m’être tant dévoilée. Je donne ma vulnérabilité. Il faut pourtant  faire attention de ne pas donner sa faiblesse aux gens. 

Les chansons de Pauline sont celles d’une jeune femme un peu floue (moins dans le deuxième album, d’ailleurs), amoureuse transie ou déçue, peu enclin, en tout cas, à devenir une femme parfaite, encore moins une épouse modèle. La mélancolie n’est jamais loin.

-C’est cet état qui me pousse à écrire. Dans la vie, j’ai une part de mélancolie mais en même temps, je peux être drôle. Quand j’écoute de la musique, je n’ai pas envie qu’elle me fasse rire, sinon, je vais voir un humoriste. J’ai envie qu’on me donne du son avec les tripes, j’ai envie d’être bouleversé. Je tente donc, moi-même d’arriver à ce résultat. 

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Avec le nouvel opus, réalisé cette fois-ci par elle-même et le brillant Jean Lamoot (Salif Keita, Alain Bashung, Brigitte Fontaine, Noir Désir… excusez du peu !), on part à la découverte de Pauline Croze comme on se lance à la conquête d’horizons lointains, de contrées non explorées.

-Jean a complété la base que j’avais posée. Il a fait de la dentelle avec ma toile de jute. Notre mélange donne un résultat à la fois étonnant et détonnant.

Ce n’est pas pour rien que la belle plait tant aux rappeurs. Une histoire de flow, sans doute.

-Je trouvais jusqu’à présent ma manière de chanter trop linéaire et je voulais m’en défaire, la renouveler. J’ai donc travaillé le débit. Je voulais que mon chant soit plus « percussif » et « pulsif ». Je ne voulais plus faire celle qui se contente de chanter un texte. Il me fallait surprendre et aller dans des endroits ou il fallait recréer des repères. 

Vous dire qu’elle admire les univers de Jeff Buckley, Björk et Camille ne devrait pas vous surprendre.

Aujourd’hui, les chansons de Pauline Croze sont à la fois plus aériennes, plus légères mais aussi plus entraînantes, beaucoup plus rythmique en tout cas.

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J’ai pour habitude de poser des questions sur quelques chansons mais là, je lui explique que je n’en ai pas envie. Je ne souhaite pas nécessairement obtenir des éclaircissements sur les thèmes abordés. La poésie ne s’explique pas.

-Je vous comprends parfaitement. Il faut se laisser porter par les mots et pas forcément y coller une histoire en particulier. J’ai l’impression d’avoir laissée plus de portes ouvertes aux interprétations.

Cet album va surprendre. Il est moins accessible que le premier (qui était un peu plus connoté « chanson française »). J’ai dit à l’attachée de presse de la chanteuse après avoir écouté plusieurs fois Un bruit qui court: « c’est un disque qui se mérite ».

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Et je le pense sincèrement. Il faut, pour l’aimer vraiment, parvenir à pénétrer dans ce singulier univers. Mais une fois qu’on y est, on ne peut plus en sortir. Je vous assure, cet album envoûte d’un bout à l’autre.

 

-Ça me fait plaisir cette réflexion. Il y a parmi mes premiers auditeurs, ceux qui sont franchement emballés et il y a ceux qui sont sur une réserve. Ils ne savent pas trop quoi en penser, ni comment aborder le disque…

Un silence avant qu’elle ne reprenne.

-Je sais que j’ai pris des risques en voulant tout casser. Le premier est de décevoir mes « fans » de la première heure. Peut-être ne vont-ils pas me suivre dans cette expérience, peut-être vont-ils me laisser au bord du chemin. Pour moi, de toute manière, la relation avec son public, c’est comme une histoire d’amour. Il faut toujours se surprendre et il ne faut pas se mouler dans ce que l’autre veut voir de nous.

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Ce charmant petit bout de femme a du caractère et sait ce qu’elle veut.

Nous devons juste nous mettre à sa portée. Ce n’est pas grand-chose, après tout, de faire un effort pour approcher l’excellence.

Je trouve.

Petit rappel : l’album sort aujourd’hui.

2eme petit rappel : le monde de Croze est beau.

 

Le premier single Jour de foule en témoigne...