19 février 2008
Frédéric Vignale... homme multiple!

Tout était mal parti dans ma relation avec ce garçon. Je me retrouvais souvent après lui lors de différentes interviews et il avait le don de terminer bien après le temps qui lui était imparti. Je me demandais même s’il ne le faisait pas exprès.
Je suis un peu parano, parfois.
Bon, comme c’est « Vignale du mague.net » (350.000 connexions uniques en décembre, 270.000 en janvier…etc.), les attachés de presse ont tendance à ne pas trop le brusquer. Il a une visibilité qui fait qu’on ne presse pas monsieur.
(Mais, mince, mes chroniques, elles comptent pour du beurre ???)
Évidemment, je le connaissais, mais surtout de réputation… et quand on connaît quelqu’un de réputation, ce n’est pas le meilleur qui en ressort. Nous n’avions jamais discuté ensemble lors de ces brèves rencontres.
Le comble s’est déroulé le 24 janvier dernier. Je devais interviewer Zaho et ensuite filer à la soirée de présentation du nouveau livre d’Henri Loevenbruck que je co-organisais...
Ce jour-là, précisément, le timing n’est pas respecté. Je ne sais trop quel imbroglio fait que Frédéric Vignale passe avant moi alors que le contraire était prévu. Xavier, l’attaché de presse me dit : « Tu sais, il doit ensuite filer à une soirée littéraire… si je ne le laisse pas passer, il va être en retard. ».
Ah oui ?

Je vous la fais courte, mais qui je vois à la soirée Loevenbruck ? Frédéric Vignale, tout sourire, en train de trinquer tandis que j’arrive essoufflé et en retard d’une heure à cause de lui.
Il me dit : « Ah, mais c’est toi, Mandor ! Si j’avais su…».
Bon, on s’explique (je sors mon épée), on se jauge et on finit par s’apprécier (je range mon épée, son regard était impressionnant. Faut dire, il a un côté mousquetaire, le garçon). Quelques jours plus tard, on se recroise à la conférence de presse de M Pokora et là, on passe la vitesse supérieure. On se sert la main chaleureusement et discutons assez longuement. Nous nous auto congratulons sur nos sites et blogs respectifs et promettons de nous revoir hors contexte boulot.
L’idée de le mandoriser me vient à l’esprit. Pourquoi ? Parce qu’au fond, je me rends compte que ce type-là m’intéresse. Il est à la fois un mec passionné, enthousiaste, jusqu'au-boutiste et surtout décrié par certains et adoré par d’autres. Un jeune homme qui ne laisse personne indifférent et ça, ça me plait bigrement.
On se retrouve à deux pas de chez lui, dans un bar qui porte le nom d’un célèbre roman de mon écrivain préféré : L’été en pente douce. C’était le 11 février dernier.
Comme il me lit, lorsqu’il arrive, il me dit : « Je sais comment tu vas commencer ton papier sur moi. Tu vas dire que je suis arrivé à la bourre alors que j’habite à côté! ». Non, ce n’est pas mon style, ce genre de petite mesquinerie. Enfin si, en fait.
Donc, je récapitule. Qui est Frédéric Vignale selon ce que j’en savais avant ce rendez-vous ?
Un réalisateur de films (pas « grand public »), un trublion qui aime bien foutre son boxon à la télévision, un auteur d’essai sur la censure à la télévision, le créateur d’un site culturel et sociétal très bien ficelé, l’ennemi nº 1 de Yann Moix, l’ami numéro un d’Edouardo Pisani (« Je t’aime le lundi, je t’aime le mardi »…etc.), un insatiable créateur et découvreur de talents…voilà, globalement, je n’étais pas allé plus loin dans mes investigations sur le personnage.
Mais, je trouve que c’est déjà pas mal.

Je lui demande de me raconter son histoire avec Yann Moix (la presse s’en est largement fait l’écho) mais, c’est trop long, trop compliqué et je ne me sens pas des masses concerné par l’affaire (je sais, c’est moi qui lui ai posé la question…). Je zappe. Mais si cela vous intéresse, allez faire un tour ici.
Il était aussi ami avec le frère de Yann, Alexandre Moix. Frédéric s’est occupé de la promo de son livre Second Rôle et avaient, tous deux, le projet (avorté) de tourner un documentaire sur Paulette Dubost, la doyenne du cinéma français
-Nous sommes allés tous ensemble à la Ferté-Saint -Aubin, sur le lieu du tournage de La règle du jeu. On a eu l’impression de toucher les fantômes de Renoir. Paulette Dubost, l’héroïne principale du film, n’y était pas retournée depuis 50 ans.

Nous parlons aussi télévision. Sa courte période chroniqueur chez Dechavanne et surtout son apparition à L’arène de France ou il a joué le provocateur. Un dandy méprisant… comme ça, pour s’amuser…
Sa famille et ses amis, lorsqu’ ils l’ont vu dans ce rôle de petit con prétentieux, se sont effondrés.
-C’était une blague. Une farce que personne n’a prise comme telle, mais ce n’est pas grave. Il voulait un mec qui mette de l’ambiance, j’ai mis de l’ambiance.
Je m’interroge sur le fait de se moquer de sa réputation, des propos tenus par les uns et les autres après une telle prestation… j’ai devant moi un vrai mystère. Un type tout à fait adorable, intéressant, intelligent (très) mais qui semble ne pas comprendre quelles fâcheuses conséquences peuvent avoir ces pitreries télévisuelles sur son entourage et sur lui même… que je croyais.
-Mais, je m’en fous. Après, j’ai eu un nombre impressionnant de visites sur Le Mague. Etre jugé sur 5 minutes d’un show qui est monté, qui est entièrement truqué ne me dérange pas. Je fais le jeu du système pour mieux le combattre, pour savoir de quoi je parle. J’en ai fait un livre « Les censurés de la télé ». (Tout plein de vidéos sur la question, là…).
Alors, bien sûr que ce genre de déclaration trouvera son lot de détracteurs. Il est comme ça, le Vignale. Il aime provoquer, foutre le bordel, bousculer les conventions et ça rend fou beaucoup de monde. Moi, je le répète, j’aime bien les gens comme ça. Je l’ai dit souvent sur mon blog, les gens « borderline » ont mon affection indéfectible, à tel point que je deviens souvent pote avec eux. Au fond, avec Frédéric, on se ressemble sur bien des points sauf sur l’exubérance et la provocation que je n’ai pas. En tout cas, que je cache. Je lui dis. Il est complètement d’accord.
-Nous sommes pareils tous les deux. Quand je lis tes chroniques, je m’y retrouve à 200%. Un mec trentenaire qui aime ce milieu sociologiquement intéressant.
(Euh… sauf que moi, je suis plus gentil que lui et que j’ai 40 balais, mais merci du compliment !)
Il poursuit :
-Il y a une phrase qui m’intéresse beaucoup : « ne critiquez pas les médias, créez votre propre média ! ». C’est vrai, il y en a marre de la posture post Debordienne. Moi, la société du spectacle m’amuse et je sens que toi aussi. Quand je suis sur ton blog, je sens une voix de quelqu’un qui regarde le monde.
(Ça ne vous dérange pas que je retranscrive des propos flatteurs qui me concernent ? Laissez, ça me fait plaisir.)
-Internet est un terrain d’expérimentation tellement drôle, passionnant et varié. On passe d’un univers à l’autre… on a l’impression d’avoir 1000 vies.

Je reviens sur son côté grande gueule… non, parce qu’il n’y va jamais avec le dos de la cuillère le monsieur Vignale et je dois avouer que je ne comprends pas comment il fait...
-C’est très facile de ne pas se faire aimer dans ce milieu. Il suffit de savoir dire non. Tu sais, se faire détester par des gens que je déteste est assez jubilatoire. La réputation que j’ai, c’est vrai, je l’ai cherché, mais le drame, c’est que je suis vraiment gentil.
Je le confirme.
Je ne sais pas, les deux mots qui me viennent à l’esprit quand on est ensemble sont : adorable et paradoxal. Les victimes de ses articles qui ont fait les frais de sa plume parfois acide me riront (jaune) au nez (au mieux), ou m‘objecteront tout un tas de raisons pour le casser vertement, (au pire).
Je ne dis pas qu’ils auront tort. Juste, ce n’est pas mon ressenti.
-Mais, en même temps, tout ce que je fais, je le partage. Après, on aime ou on n’aime pas, je m’en fous. Je livre ce que je pense sincèrement. Je ne sais pas d’où ça vient, mais dès que je rencontre quelqu’un d’intéressant, que je lis un livre, que je vois un film au cinéma, que je découvre un resto sympa, je ressens le besoin irrépressible de le raconter. Quand tu es comme ça, tu passes pour un fou, un mythomane, un mec dangereux. J’ai une énergie qui fait peur.
Il est accusé d’être parfois virulent, d’avoir la dent dure, de manquer d’objectivité s’il n’aime pas personnellement les gens qu’il chronique…
Gasp !
Je me suis replongé dans les archives du Mague. En effet, j’ai repéré quelques articles assassins (et un chouia excessif), mais, ils sont loin d’être en majorité. Très loin même.
Je note au contraire une certaine bienveillance. (Je sais, il faut juste être dans le bon camp). Si Vignale tirait à boulet rouge constamment, son site ne serait ni lu, ni crédible.
Alors qu’il est reconnu d’une grande partie du monde culturelle.
(Ce qui, encore une fois, n’empêche pas qu’il puisse en agacer plus d’un. On peut être énervé contre quelqu’un et reconnaître son travail objectivement.)
Se sent-il respecté par ses pairs ?
-Ce n’est pas une histoire de respectabilité. Je m’intéresse à Ingmar Bergman, à Orson Welles… mon obsession c’est de faire des films en noir et blanc, muet avec Edouardo Pisani qui traverse la ville. C’est là que je prends mon pied. Les gens qui pensent que je suis narcissique ou mégalo, je trouve ça hallucinant parce que je déteste ce genre de comportement… j’ai tellement de plaisir à mettre en scène les autres.
Paradoxal, disais-je…
-Il y a des gens qui pensent que j’ai Le Mague parce que je rêve de faire de la télé. Si tel était le cas, j’aurais fait en sorte de ne me faire griller par personne. Je t’assure que je n’ai aucune finalité à part le plaisir.
Je crois cet homme multiple.
Je ne suis pas sûr qu’il gère parfaitement bien ses contradictions, mais ce qu’on ne peut pas lui reprocher, c’est de faire les choses à moitié.
Pour finir, je dirais juste qu’à part le fait (assez chiant) qu’il me fait arriver en retard aux soirées que j’organise et qu’il prend son temps avec les artistes qu’il interviewe avant moi (je suis lourd là ?), j’ai beaucoup de respect pour Frédéric Vignale. Je l’aime bien. Nous sommes sur la même longueur d'onde professionnelle.
A sa manière, il fait bouger les choses.
Et, il n’y en a pas tant que ça des gens qui mouillent leur chemise.
Car la passion est là, l’envie que les autres jouissent de ces découvertes.
On est pareil, je vous dis, mais avec deux styles différents.
Pas opposés. J’ai bien dit « différents ».
Quelques liens :
19:55 Publié dans Les coulisses du show biz | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Frédéric Vignale, Le Mague
Quand Le Mague parle de Mandor...
La semaine dernière, j'ai rencontré Frédéric Vignale, le créateur et rédacteur en chef du Mague (un site culturel et sociétal qui remporte un succès considérable).
Je viens de m'apercevoir qu'il a écrit un article sur moi.
Expliquer avec des mots imbéciles qu'il m'a touché est peu de le dire.
(C'est con, mais j'ai enfin l'impression d'être compris...)
(C'est con, je vous avais dit!)
Je suis un peu gêné car vous allez croire que c'est un échange de bon procédé. En effet Frédéric est le sujet de ma note de cet après-midi (plus nuancée que la sienne parce qu'il y a beaucoup à dire sur ce personnage complexe).
Et bien non. Le renvoi d'ascenseur n'était pas prévu... Vignale n'est ni réputé être un tendre, ni homme à procéder ainsi.
Cela me fait d'autant plus plaisir...
12:45 Publié dans Auto promo | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Le mague, Frédéric vignale




