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01 février 2009

Richard Andrieux... lettres et le néant!

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Bon, vous n’allez pas mourir de rire en lisant le deuxième roman de Richard Andrieux.

C’est dit.

Le premier, José, je ne vais pas y revenir, je l’avais beaucoup apprécié, comme le précise ma première mandorisation de l’écrivain.

Moi qui aime la noirceur, je me suis jeté avec avidité dans la lecture de cet Homme sans lumière.

Sans regret.

Le rien à ce point à quelque chose de fascinant.

« Ce roman épistolaire mène le récit du chagrin comme un thriller haletant », explique la quatrième de couverture.

Pas faux.

Mais les lecteurs suivront-ils cette descente  abyssale dans les tréfonds d’une vie terne où il ne se passe pas grand chose ?

La triste banalité du quotidien et la folie cachée des gens, leurs insondables déprimes et dépressions… pas sûr que les lecteurs des Musso-Lévy-Werber-Nothomb se jettent sur ce roman parfois anxiogène.

Je ne vais pas tenter de les inciter à changer d’avis.

Chacun sa bulle.

 

Richard Andrieux est venu à 77FM pour parler de ce livre.

Merci à Anne-Laure, son attachée de presse (et néanmoins personne que j’apprécie beaucoup…) d’avoir accompagné son auteur jusqu’à Meaux.

 

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Mandor : L’homme sans lumière raconte l’histoire, je vous cite « de quelqu’un qui se considère comme un petit homme triste, sans avenir ni passé, un pas grand-chose en quelque sorte ». Pourquoi raconter l’histoire d’un homme de si peu d’envergure ?

 

Richard Andrieux : J’ai eu envie d’écrire un livre sur les sentiments humains les plus intimes et plus encore, de décrire la noirceur de l’âme d’un être, de manière jusqu’au-boutiste. Ce personnage est profondément tourmenté face à ses peurs, face à ses regrets, face à sa solitude. C’est un roman épistolaire sur un homme qui se confie avec honnêteté, par rapport à ce qu’il est.

 

Mandor : Votre héros est incapable d’approcher le bonheur, il vit dans l’ennui et dans la souffrance… dans quel état avez-vous écrit ce livre ?

 

Richard Andrieux : Ce roman a été très difficile à écrire. Je n’ai pas suffisamment d’expérience dans l’écriture pour avoir une forme de distanciation. J’ai vécu avec ce personnage pendant plus d’un an, ça n’a pas été chose facile…

 

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Mandor : Vous expliquez que votre héros, Gilbert Pastois, « est persuadé que l’homme tient à vivre parce qu’il ne tient pas trop à mourir… ». Jolie formule ! Dans vos deux romans, la mort est très présente. C’est d’ailleurs le seul lien entre les deux romans.

 

(Il ironise sur le fait qu’il n’est pas le seul à avoir peur de la mort.

Je lui demande de développer un peu.

L’explication n’est pas aisée.)

 

Richard Andrieux : La mort est un sujet qui mérite qu’on s’y attarde. Et je suis sûr que je ne suis pas le seul au monde à avoir des difficultés à l’accepter. L’acceptation de la mort nous renvoie en permanence au sens de la vie. 

 

Mandor : Vous écrivez : « Le malheur, c’est une maladie que l’on se refile de génération en génération… ». Le malheur est donc génétique !

 

Richard Andrieux : Je le pense. On se trimballe des choses de manière ancestrale. Très souvent, les casseroles que l’on traîne peuvent devenir des quincailleries.

 

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Mandor : Gilbert Pastois, c’est un personnage de 64 ans qu’on arrive ni à aimer, ni à détester. J’ai eu beaucoup de mal à avoir une opinion tranchée sur lui.

 

Richard Andrieux : C’est un personnage qui va coucher à travers toutes les lettres qu’il envoie à ce mystérieux destinataire, tout ce qu’il est réellement, avec ce qu’il peut y avoir d’épouvantable, de terrible et en même temps, parfois de beau chez lui. À travers des lettres, on peut aller beaucoup plus loin dans la confidence parce qu’on a le choix des mots, parce qu’on peut avoir du recul par rapport à ce que l’on écrit. Gilbert Pastois pense que le destinataire de ses lettres a une forme de reconnaissance du malheur, ce qui lui permet d’être honnête par rapport à ce qu’il lui écrit. Je pense qu’il y a dans l’existence une forme de reconnaissance, à travers les autres, de certaines douleurs communes, même si ce ne sont pas vraiment les mêmes affres.

 

Mandor : Quels sont les points communs entre les deux histoires de José et de L’homme sans lumière ?

 

Richard Andrieux : Il y a une certaine analogie entre les deux, même si José, à 8 ans et Gilbert Pastois en a 64. Ce sont finalement deux personnages qui rencontrent des problèmes avec leur existence. Je ne pense pas que ces deux personnages soient si éloignés.

 

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Anne-Laure serait-elle en train de méditer sur mes questions ou boit-elle les propos de Richard Andrieux?
Je me pose encore la question aujourd'hui...

 

Mandor : Vous aimez le noir. Écrire la joie et le bonheur, ça n’a pas l’air d’être votre truc !

 

Richard Andrieux : Effectivement, je n’en vois pas l’intérêt ? J’ai une carrière de musicien et je n’ai jamais réussi à écrire des histoires positives. La gaieté, j’ai envie de la vivre, mais je n’ai pas envie de l’étaler sur des pages. Je n’ai pas envie d’écrire sur la frivolité. Pas certain d’ailleurs que je sois doué pour cela.

 

Mandor : Votre 3eme roman est déjà dans votre tête…

 

Richard Andrieux : Oui. Ca se passe au sortir de la guerre d’Algérie en 1962. C’est l’histoire d’un ouvrier qui a eu un accident de voiture et qui va vivre une amitié profonde avec un algérien en France…Je ne peux pas trop en parler encore…Il y aura encore dans ce livre une même couleur que les deux précédents.

Certes, ce sera noir, mais dans ce que j’écris, ce n’est jamais une noirceur sans issue, il y a toujours une lueur, un espoir.

 

En ayant lu L’Homme sans lumière, je suis tenté de lui répondre : ah bon ?

Parce que, quand même, Richard Andrieux raconte l’histoire d’un homme qui, « toute sa vie a cherché une étoile sans jamais la trouver, et à fini par se noyer dans un océan de pénombre au milieu des tempêtes. ».

Voici le podcast de l'entretien, en deux parties:

Première partie (avec, au début, le temps que je règle le son, une superbe imitation d'Edouard Balladur).


podcast

Deuxième partie:


podcast

 

09 février 2008

Quand Richard Andrieux dédicace...

Tout avait pourtant bien commencé...

Hier soir, je suis allé voir mon très vieil ami (je parle de son âge, hein, parce que, moi, personnellement, je ne le connais que depuis un an!), Richard Andrieux.

Un type, malgré son âge canonique, tout à fait merveilleux.

Son talent n'égale que sa gentillesse.

Que je croyais.

Bon, je raconte.

J'arrive à la librairie Tropiques (dans le 14eme arrondissement de Paris) vers 18h.

L'auteur est déjà là, attablé devant ses nombreux exemplaires de José et son litre de jus d'orange.

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Entre deux signatures, nous parvenons à discuter un peu... je suis quand même un peu l'artisant de son immense succès.
Ah?
Oui.
Grace à ma note sur lui qui a été lu par le monde entier, et notamment par l'ensemble du milieu littéraire qui a suivi mon avis.
(Vous savez, tous les journalistes sont un peu des moutons panurges. Dès qu'un éminent confrère écrit un éloge sur un nouveau génie, les autres suivent.)
(Ca va, vous, sinon?)
Je fais une pause, parce que la suite est un peu violente...
J'organise pour vous un jeu concours au prix extraordinaire, histoire de détendre l'atmosphère.
(Qu'on ne vienne pas me dire après que je suis radin!)
Une personnalité du monde de l'écriture est passé faire un petit coucou.
Si vous devinez qui est ce(tte) brillant(e) auteur(e), visible de dos, là, sur la photo, vous gagnez son dernier livre dédicacé à votre nom.
(Je ne plaisante pas, même si ce jeu est un évènement à vous couper le souffle!)
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Bon, ensuite, l'ambiance s'est un peu gâté...
Avant de continuer, je dois vous avouer un secret.
Je rêve de devenir écrivain. Je n'en ai pas le talent, mais c'est juste pour avoir une crédibilité auprès des autres.
(Parce que journaliste, c'est d'un commun, par contre, auteur, ça en jette pas mal...)
Bref.
Je fais boire Richard Andrieux, pour l'amadouer.
(En vrai, pour lui faire faire n'importe quoi après.)
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Ne résistant pas au vin blanc, il cède à mes assauts.
Nous nous adonnons à quelques libations.
Innocemment, je lui demande s'il peut aller me chercher des clopes au tabac d'à côté.
Il accepte.
Il est gentil, à la base, je vous rappelle.
Pourquoi ai-je fait cela?
Et bien, pour prendre sa place.
Je voulais réaliser un vieux phantasme...
Je l'ai réalisé.
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Prendre sa place.
Chausser ses lunettes.
Jouer à l'auteur qui signe ses livres à de jolies filles.
(Parce que le public d'Andrieux, bizarrement, est très féminin. Pourtant, son âge devrait... enfin, je ne veux pas être lourd...)
En tout cas, les personnes présentes n'y ont vu que du feu.
J'ai signé 47 ouvrages de Richard Andrieux.
(En truffant chaque phrase de fautes d'ortographe. C'était d'un drôle.)
Quelle jouissance!
Une heure et quart plus tard, par contre, le vrai auteur est revenu.
(En fait, il n'y a pas de "bar tabac" dans le quartier... j'avais vérifié!)
Je ne sais pas, j'ai eu comme la vague impression qu'il n'avait pas bien pris le subterfuge.
Tsss... aucun humour.
Un paparazzi présent à photographié la scène...
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Je sais, c'est proprement insoutenable!
Pour me racheter, je tiens à vous signaler que Richard Andrieux sera de nouveau en "signature" cet après-midi.
A 18h, à la Bibliothèque Vaugirard : 154 rue Lecourbe dans le 15e arrondissement de Paris.
Il y aura un autre invité: Philippe Fréling, pour "Ceinture jaune", chez Arléa.