10 février 2009

Suspendus... deFranck-Olivier Laferrère (partie n°2)

l_6b0e8ea2d2d645b29f2d05260bdfde90.jpgSortir les phrases de leur contexte est toujours un jeu dangereux.
Généralement, elles ne reflètent pas l’exacte vérité.
Pourtant, je m’adonne aujourd’hui à cet exercice de style.
J’étais là, bien présent, mais peu disert, lors de cette soirée réunissant Fishturn, Franck-Olivier Laferrère (l'auteur de l'oeuvre théâtrale, Suspendus) et moi.
Un peu crevé.
Mais attentif.
C’était jeudi dernier, au Mantra, juste après la 17eme représentation de Suspendus.
Les réflexions de Franck-Olivier Laferrère sont tirées de la conversation entre Fishturn et lui.
Et ce Fishturn… quel fin intervieweur, psychologue, tireur de vers du nez… mine de rien.
Presque, faudrait que j’en prenne de la graine.
L’observateur auditeur que j’étais ce soir-là vous propose quelques extraits.
Grappillons ensemble…

Sur l’écriture et la littérature :

« Il n’y a pas de concurrence chez les écrivains. La concurrence, elle n’existe que dans la communication. »

« Herman Hesse disait, quand il était au séminaire : « je ne comprends pas… vous nous faites étudier des génies de la littérature, des gens d’exception, qui ont refusé les règles, qui ont tout lâché, qui ont tout fait péter et nous, élèves, quand on veut faire pareil, vous nous interdisez tout ». »

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Franck-Olivier Lafferère et Fishturn en pleine discussion.


« Il y a le piège de l’écriture. Tu as beau te raconter que tu ne maîtrises pas ce que tu écris. C’est faux. Entre la parole et l’acte d’écrire, il y a un geste. Et ce geste, il est le temps de maîtriser les choses. »

« Un écrivain, c’est une personne engagée. Ad litteram, c’est mettre son corps en gage. A partir du moment où tu ne peux pas faire autrement qu’écrire, tu es engagé. La question c’est : est-ce que l’engagement doit se limiter au militantisme ? »

« L’écriture et la littérature, c’est fort, quand ça t’échappe. Moi, j’aime bien cette sensation de ne pas savoir où je vais tout en y allant. »

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Franck-Olivier Lafferère me fait toujours réfléchir...


Sur son propre vécu :


« A 12 ans, je savais que ce serait ça (l’écriture) que je ferais dans la vie. Après, j’ai du me battre contre moi, contre ma famille, contre l’éducation… A 19 ans, j’ai connu une forme de culpabilité. Je me suis dit qu’écrire, ça ne suffisait pas… écrire, c’était dérisoire. J’ai travaillé en collège de zones prioritaires, j’ai fait de l’alphabétisation pour les gitans… »

« A 20 ans, j’ai acheté une ruine que j’ai retapée et j’ai accueilli pendant 8 ans des gens qui avaient des problèmes de toxicomanie, d’alcoolisme, de psychotique. J’étais persuadé qu’on ne pouvait pas s’occuper des autres si on ne s’était pas occupé de soi-même. Mais, dans la réalité, ce n’est pas vrai. Même quand les gens sont bancales, ça fonctionne aussi. C’est un peu comme avec les parents. Si tu as des parents parfaits, tu deviens fou. Si tu en as qui ne le sont pas, il y a des trous et dans ces trous, tu te construis. C’est le message que je voulais faire passer dans ma pièce. »

« Gamin, j’avais déjà conscience que la vision du monde que me présentaient mes parents n’était qu’une vision du monde. Très tôt, j’ai compris que si on voulait comprendre la société, il fallait voir ses marges. J’avais envie de voir des gens qui vivaient des choses intenses, des choses « à la limite ». »

« J’ai écrit un bouquin à l’âge de 17 ans qui raconte une France qui a élu un président extrémiste. 2 meilleurs amis luttent à leur façon. Un par l’écriture de pamphlet, l’autre en posant des bombes. »

Sur des touts et des riens :

« On est 23 millions a avoir Internet, a avoir des blogs, a être censé échanger les uns avec les autres et en fait, on ne se parle pas. On communique vaguement et on se console de la parole de l’autre. On n’écoute pas, on n’entend pas. »

« On dit souvent que c’est l’angoisse de la mort qui fait que les hommes cherchent à vivre au maximum ! Mon cul ! On n’a pas conscience de la mort. C’est l’angoisse de la vie qu’on a. »

En rapport avec la pièce :

« Les personnages sont tous les deux dépassés par quelque chose. Par la mort, l’incompréhension et bien d’autres évènements. L’homme a beau avoir 60 ans, même si on s’attend à ce qu’il soit posé et serein parce qu’il a bien vécu, on se rend compte, au fur et à mesure de la pièce, qu’il a des failles et qu’elles sont énormes. »


« Je voulais démontrer que le savoir ne suffit pas toujours. Tu vas à l’école, tu acquiers des savoirs, ses savoirs vont te permettre de grandir dans la société, de trouver ta place. Mais ça ne suffit pas. Jean-François est exemplaire de ça. Louise aussi. Elle est plus intello que lui, mais ça ne lui donne pas plus de mots pour parler d’elle. »

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A votre avis, début ou fin de soirée?


« Grosso Modo, la république ne s’est pas interrogée là-dessus. On est passé de la charité chrétienne, aux dons, avec ce que cela implique de dettes pour l’autre à la République. Qu’est-ce qu’il se passe pour les enfants de la DASS, pour les mômes qui sont envoyés en famille d’accueil, comment ils s’en sortent ? Peuvent-ils la payer un jour, cette dette? Comment ils s’arrachent à ça ? Je dis dans la pièce que « famille d’accueil » ce n’est pas un métier, c’est un statut. Jean-François ne se rend pas compte de la dette qu’il fait peser sur les gens qu’il prend sous son aile. »

« Dans cette pièce, je sais que tout ne sera pas entendu. Il y a des gens qui sont venus deux/trois fois et à chaque fois, ils ont découvert autre chose dans le texte. Il y a des doubles lectures. »

« J’ai vraiment l’impression que le théâtre c’est le lieu de la littérature et de la psychanalyse. Il y a les choses qui sont perçues directement dans la salle et il y a des choses qui sont dites par l’un et par l’autre qui font leur chemin dans le temps. »

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Franck, le Fish et Mandor

Je ne peux que vous inciter à aller voir Suspendus.

Une pièce de théâtre « engagée », mais très accessible.

Derniers jours : ce mercredi, ce jeudi, ce vendredi et ce samedi !

19 novembre 2008

To Fishturn... parce que!

" Ceci est un détournement de blog du Front de Libération du Fishturn Show.
Ne paniquez pas. Mettez-vous debout et enlevez vos chaussettes,  ou l'inverse.
Et toi au fond, retire les doigts de ton nez.
Tout se passera bien.

Damon Fishturn ne peut en aucun cas être tenu pour responsable de cette opération"

01 novembre 2007

La belle équipe!

Pause aujourd’hui.

Pas de « vedettes ».

Rentré tard hier soir.

Le Fishturn, là, il m’a convié à une petite « sauterie » dans sa boite.

(Quand je dis sa boite, c'est réellement sa boite. Il est boss quoi!)

(Oui, je sais, c'est dingue. Il cache bien son jeu le lascar.)

Juste avant, nous avons un peu travaillé. Sérieusement.

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Pour en savoir plus, sur la dite « sauterie », c’est là. Je n’ai d’ailleurs pas grand-chose à ajouter.

Son équipe est fort sympathique mais il y avait trop de belles filles pour mon petit cœur d’artichaut. Je vous assure, pour moi, c’est dur à vivre.

(Je suis marié depuis peu, vous pensez bien que c’est une notion que j’ai bien en tête…)

Parmi la communauté présente, j’ai enfin mis un visage sur les 2 « bouts-de-papiers » dont j’ai beaucoup lu le site/blog à l’époque où ils l’alimentaient (mon cher Watson !).

Aujourd’hui, je crois qu’ils ne sont pas loin d’être à l’origine de ce site, il faut bien l’avouer (j’en rougis, Mandor est prude), un peu spécialisé sur « la chose » mais au féminin...

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Ils sont jeunes et beaux, c’est normal qu’ils s’intéressent encore à ça.

Hein… moi, suis trop vieux.

Evidemment.

(Quoique, en même temps, je viens de me marier.)

Voilà quelques photos fishturnisées…

Merci à toi l’ami.

L’ami. Le vrai (mine de rien).

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(Bob l’Eponge s’est incrusté dans une des photos…

Je vous jure, il y en a qui ferait n’importe quoi pour un peu de notoriété supplémentaire !

J’ai honte pour lui.)

20 août 2007

Finir Tourville au Tourville (avec l'aimable participation de Fishturn)!

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Vendredi 17 août, 13h :

Fishturn : Bon, pourquoi tu me fais venir dans le 7eme ? C’est le bout du monde ici. Juste à cause du nom de ce café ? T’es vraiment tordu comme mec, parfois.

Mandor : Tu ne trouves pas ça amusant que je presque finisse ma saga sur Tourville au café Le Tourville ?

 

F : Non.

 

M : …

 

F : Mandor, je trouve que tes deux notes ( et ) pour parler de ce livre sont un peu tirées par les cheveux.

 

M : Mais, j’ai mis en scène un roman qui m’a intrigué et quasi envoûté. Je trouvais l’idée bonne. Pas toi ?

 

F : Non.

 

M : …

 

F : Bon, fais voir ce livre, que je me fasse une idée. Je suppose que tu ne perds pas ton temps à écrire des notes pour quelque chose qui n’en vaut pas la peine.

 

M : Oh, tu sais, ça m’est déjà arrivé plein de fois ! Mais là, non. Ce roman est un OVNI littéraire qui va énerver mais dont tout le monde va parler à la prochaine rentrée littéraire. L’auteur nous emmène, avec son style très personnel, dans une autre dimension. Un truc de dingue !

 

F : C’est quoi son style très personnel ?

 

M : Un langage parlé spontané, un rythme effréné et des risques grammaticaux insensés…

 F : Houlà! Ca me fait presque peur. Allez, fais voir !

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M : Alors ?

 

F : Je comprends rien.

 

M : Ben, évidemment. En puisant n’importe où, au hasard, par fragmentations, on ne peut pas rentrer dans l’histoire. Déjà qu’en le lisant en intégralité, faut s’accrocher…

Fishturn me regarde intensément.

Et me dit :

F : Je me demande si tu n’es pas plus fou que moi.

M : Non, impossible, ça. Je ne sais même pas pourquoi tu me dis ça. Simplement, j’aime les gens hors norme, qui cassent tout, qui ne marchent pas sur les chemins tout tracés, qui revendiquent, qui gueulent leur liberté et leur dégoût de la société. D’après toi, pourquoi tu es mon pote ?

 

F : Tu exagères Mandor. Je ne suis pas ça.

 

M : Si.

 

F : …

Après un moment de silence.

F : Bon, fais moi lire un passage représentatif.

M : Tiens là, par exemple. Ce passage.
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F : C’est un peu cru, non ?

 

M : Oui, parfois. Mais faut passer outre. Il y a des messages là dedans. Sur la société dans laquelle on vit, sur les névroses de notre époque, sur le désespoir de la jeunesse, sur…

 

F : Mandor?

 

M : Oui ?

 

F : Tu sais quoi ? Je préfère écouter mon I Pod en ce moment. J’ai besoin de calme, de volupté, de musique... Je me sens l’âme mélancolique. A ce propos, je t’ai parlé de mon nouveau blog ? Tu sais, là où les gens m’envoient une photo d’eux jeunes, la date qui correspond ainsi qu’une anecdote sur cette période… moi après, je leur colle une vidéo d’une musique de l’année choisie.

 

M : Ouais, tu m’en as parlé. D’ailleurs, je t’ai envoyé une photo. Bon, le livre d’Alex D. Jestaire, tu vas pas l’acheter ?

 F : Pfff… T’es lourd là.

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P.S : Merci à Fishturn qui n’a pas du tout tenu ces propos mais à qui a bien voulu me laisser carte blanche (le fou !).

Notez au passage quel comédien naît il est. Cette puissance dans le regard quand il fait semblant de lire le livre… j’en suis béat d’admiration…

Re P.S : Allez, courage les amis! Plus qu’une note sur ce livre (qui est, je vous le rappelle, ma saga de l’été !). Je vais boire un coup avec Alex D. Jestaire cette semaine.

Amen !

 

EDIT à 18h30:

 

Alex D. Jestaire est un fou (j'en étais sûr! Et pourtant, je vais boire des coups avec lui mercredi. Je suis comme un journaliste de guerre finalement. Je prends des risques.). Il a créé un MySpace signé Jean-Louis Nabucco, le héros de son livre!!!

Et il y a un forum du même sus cité héros....

Sinon, ce blog parle de ce livre de manière pertinente...

 

25 août 2006

Ziggy Stardust par Fishturn

Vous savez quoi ? Et bien je n’ai pas grand-chose à vous dire. C’est l’autre là : « J’ai une expérience métaphysique à te proposer, je te prête mon blog pendant trois jours » qu’il me sort…Métaphysique non mais franchement… « T’es pas un peu dingo ?» que je lui dis comme ça. Mais ll n’en démord pas l’animal « Si si, t’es spécial mais t’es pas dangereux, ça sera drôle ». Je l’ai prévenu ! « T’es définitivement tapé de la cloche toi ! Je vais te l’explosionner moi ton lectorat (j’invente des mots si je veux !) ». C’était bien envoyé ça ! Tout flippé il était ! Je me bidonnais.

medium_ZiggyStardust_small.jpgEt puisqu’il faut bien parler de quelque chose ici, et en prêtant attention aux fautes d’orthographe je vous prie, parcqu’en plus c’est censé être journalistique (ah oui oui, causer de quelques hurluberlus qui se mettent laborieusement au solfège après la vente de leur premier album, c’est journalistique). Je vais vous parler de mon grand retour dans les années 70, et particulièrement d’un album rock, celui qui a changé toute ma vie, qui me sert de repère pour situer tous les autres (On en a tous un comme ça) le mien c’est « The rise and fall of Ziggy Stardust and the spider’s from Mars » de David Bowie. A priori comme ça je vous sent dubitatifs…ouais ouais Bowie…Let’s dance tout ça machin…bof. Non mais écoutez le ou réécouter le celui là, C’est incontournable je vous assure ! Bowie à cette époque déjà, c'était le précurseur des albums concepts, ceux qui tournaient autours d’une seule situation, un seul personnage. Ici en l’occurrence Ziggy Stardust, sorte d’extra-terrestre androgyne et bi-sexuel.medium_bowie_portrait.2.jpg Une matière de base extrêmement judicieuse pour traîner derrière lui une myriade d’ados en pleine révolution hormonale. Tous surexcités comme des puces qu’ils étaient ! Les mecs maquillés ! Peinturlurés comme des camions ! Fallait voir ! Les fringues ! Les talons hauts ! Des clowns partout ! Les petites anglaises pré pubères toutes hystériques ! On crève de chaud à Londres ! Tous à poils ! Carnaval à tous les étages !...Un de ces cirque ! Ah ça non, décidément on ne s’ennuyait pas à cette époque pendant que moi j’étais là, bêtement, semi endormi a téter des biberons tièdes. Résultat : tout le monde a suivi ! Une inspiration mondiale qui allait durer des années, jusqu'à Patrick Juvet…et là il était temps que ça s’arrête faut bien le dire. Ziggy Stardust c’est aussi les mises en scène théâtrales, celles qui n’allaient plus le quitter tout au long de sa carrière et qui feraient de tous ses concerts, des événements incontournables « This ain’t Rock n’ Roll ! This is Génocide ! » (Diamond dogs 1974) . Pour ceux qui aiment le personnage il y a aussi ce film de Nicolas Roeg en 1976 « L’homme qui venait d’ailleurs »…Une espèce d’ovni dans l’histoire du cinéma (aujourd’hui édité en DVD par studio canal). medium_film_bowie_large.2.jpgDonc voila, à mon sens si vous ne deviez avoir qu’un seul Bowie dans votre CD’thèque c’est bien celui là. J’aurais aimé prolonger la causette avec vous, enchaîner gaiement et tout emporté que je suis, trémousser ma souris sur l’excellent « Outside » qui marqua le retour Eno-Bowie quelques années après la période berlinoise (Low, Station to Station) ou même du groupe Tin Machine (période Bowie plus méconnue) mais je vous sent pas super concentrés là – Oui bon ben n’est pas Mandor qui veut, et pis moi c’est pas mon métier ces inepties là.

Quoi ? Qu’est ce qu’il dit Mandor ? C’est de nouveautés dont il faut parler ici ?? Ah ben oui saperlipopette ! Ca m’est sorti de l’esprit dis donc…

 

Fishturn. Remplaçant imposé.