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30 janvier 2008

Christine Spadaccini... auteur funambule!

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Il n’y a rien de plus difficile (j’veux dire à part la guerre, la famine, la peste, le choléra…) que d’écrire une note sur quelqu’un que l’on connaît, que l’on apprécie et qui fait partie de son panthéon personnel.

C’est le cas de Christine Spadaccini.

La Kiki du blog.

Déjà, on reçoit le livre.

Existe en Ciel qu’il s’appelle.

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On sait que la nana, elle triture joliment les mots, qu’elle sait parfaitement les malaxer, jouer avec comme personne. Ce serait même une sacrée marque de fabrique. Un style unique et jubilatoire.

D’ailleurs, dans son livre, elle l’explique :

« Je préfère y aller avec les doigts, jongler avec les mots, sucer leur suc sémantique, phonétique, les fouiller, les dépouiller, les enchanter, bousiller leur sens, les détourner, les réinventer, les repêcher, fondus et faibles, sous le feu tragique des réalités, les caparaçonner d’histoires et de poésies, les mélanger, chercher la phrase, la bonne formule, jouer à l’ « alchimot »… »

Elle exprime bien d’autres considérations sur l’écriture, la Kiki , mais je me suis un peu fait griller par Anne-Sophie Demonchy.

Je ne te remercie pas, Anne-Sophie.

 

Mais quand même, parce que je suis bien con, je me suis posé la question essentielle :« Et si je n’aimais pas ? ».

Je vais quand même devoir en parler de ce bouquin. Kiki, c’est une copine, il est hors de question que mon blog passe cet ouvrage sous silence.

70e7b10a064521ec65319abd1ea552f3.jpgBon, en même temps, ayant lu et dégusté son Aïe Love You précédent, mon angoisse de lire une daube n’était pas à son niveau maximum.

Hein, pour tout dire, j’étais même assez confiant.

D’autant plus que Kiki m’avait déjà envoyé une nouvelle figurant sur le nouveau né.

La première.

Et que, bon sang, ne saurait mentir, elle m’avait déjà foutue une bonne baigne dans la gueule avec ses mots.

(Si vous croyez que je fais ce métier depuis si longtemps pour ne pas avoir ce genre de privilège insensé que de lire des récits implacables avant les autres, c’est bien mal saisir l’opportuniste qui est en moi.)

Alors, que voulez-vous que je fisse ?

J’ai lu.

Pas la peur au ventre.

Dès les premières lignes, on se dit : « C’est sûr, là, on va bien se marrer ! ».

Je plaisante. Bien sûr qu’on ne rit pas. Ce n’est pas ce qui caractérise l’œuvre de Christine. Non, mais de l’émotion plein la tronche, ça oui… on peut même se l’étaler sur le corps entier, tellement il y en a.

Dans les histoires de cette auteur(e) (non, parce que je peux difficilement la nommer autrement, maintenant. Ce n’est plus Kiki, du blog, c’est Christine Spadaccini, l’écri(pas)vaine. Respect !), on croise des jeunes qui crèvent d’amour, des chiots abandonnés, des miroirs indiscrets, une mère morte, un père aux mots assassins, une grand-mère ingérable à gérer, des amours déconfits, des enfants non désirés, une morte habillée en mariée… et le fragile équilibre de la vie.

Et des mots qui claquent.

Tout le temps.

Pas moyen d’y échapper, d’esquiver.

Bim Boum ! Prends ça, lecteur insatiable!

Et je fais quoi maintenant qu’elle m’a pris en otage ?

Comment je vais expliquer sur mon blog que Christine Spadaccini n’a rien à faire dans une petite maison d’édition (sauf le respect que je lui dois, à cette maison) ?

Que c’est un livre important, ce Existe en Ciel, qu’il faut le lire pour savoir ce qu’est un « alchimot », que que que… tout plein de trucs que je ne vais pas dire. J’ai peur que l’on insinue que je fais ici du copinage.

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Je ne fais pas du copinage. Par contre, je suis très fier d’être le copain d’une telle fille.

Très fier d’avoir la possibilité de la voir quand elle quitte (rarement) Clermont Ferrand et qu’elle se rend dans la capitale.

Très fier d’aller boire quelques coups avec elle à l’Européen, bistrot sympatoche, situé en face de la gare de Lyon.

Très fier qu’elle me dise : « sors pas ton Sanyo, tu écriras ton ressenti ! »

(Kiki, j’ai bien compris que tu n’aimais pas être interviewée… je ne suis pas dupe !)

Je ne sors pas mon Sanyo, ce qui me permet de ne pas jouer au journaliste et de profiter de ses instants là, avec elle.

Où je tente de déceler ce qui est vrai dans ce qu’elle écrit. Démêler la vérité de l’imaginaire. Mais, elle, la peste, elle ne me dévoile rien. « Hé ho ! J’suis Mandor », que je lui dis, «tu pourrais faire une exception à ton président de la FAPM préféré ! ».

Argument non recevable, elle ne trahit personne. Ni elle, ni ses personnages.

Mystérieuse Christine Spadaccini.

Mais, je sais que la personne devant moi a bien bourlingué. Bien vécue des trucs pas évidents et à peu près bien ingurgitée les évènement en évacuant par la littérature (et les voyages).

On n’a pas parlé de ça.

Parce qu’avec Kiki, on ne parle pas sérieusement, on se contente d’être bien.

Dès la première fois que nous nous sommes vus, on s’est jaugé, jugé et vite compris.

Pas aux antipodes, nous deux.

Les trucs de « la vie pas belle », quand on est ensemble, on les laisse au placard. Juste, on aère les fenêtres et un vent délicieux traverse nos pores.

C’est blizzard cette histoire…

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Allez, je ne vais pas en faire une tartine avec la dame.

Juste, ses récits sont foudroyants.

Et je l’aime beaucoup.

Ce qui n'a rien à voir.

EDIT à 21h50:

Bon, Anne-Sophie n'a pas eu les photos, moi, j'ai été privé d'interview... après cette note, si vous lisez La Lettrine, vous aurez les deux.

Complémentarité, quand tu nous tiens...