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16 janvier 2008

Julien Blanc-Gras... messager burlesque!

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Hier, midi.

 

-Prends la grande voiture, me dit ma femme. J’ai entendu à la télé que les vents allaient souffler à plus 110 km heure en Ile-de-France !

-Mais, avec la Fiat Punto , tu crois que je vais m’envoler sur le périph ?

-Je préfère que tu prennes la grande voiture.

Ce que femme veut...

Je souris en prenant « la grande voiture ». Je pars interviewer un auteur qui sort un livre sur la fin du monde.

Peut-être est-ce là un signe du destin ? Je crois beaucoup aux signes du destin.

En tout cas, je suis parti de Groslay city deux heures en avance et je suis arrivé (sans encombre) une heure avant l’heure de mon rendez-vous avec Julien Blanc-Gras.

C'est-à-dire que j’ai mis le temps habituel pour aller à Paris.

Je peux allègrement affirmer ici qu’avec ma Fiat Punto bleu métallisé, je serais arrivé également une heure avant, mais, je ne veux surtout pas en faire un fromage.

Mais, quand même, ma Fiat Punto Bleu métallisé, elle est beaucoup plus pratique que l’énorme autre voiture verte que j’ai (en cas de tempête extrême, (???) comme hier en Ile-de-France) pour se garer.

Quoi faire en attendant que je pénètre dans le bar (L’entrepot’s) où j’ai rendez-vous avec l’auteur de Comment devenir un Dieu vivant ?

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Je décide d’aller me balader dans le coin. La rue de Ménilmontant est sympathique, mais elle grimpe, et il n’y a rien de bien intéressant à mater. Si ce n’est un bar à hôtesse qui n’ouvre qu’à 16 heures et qu’il n’est que 13 h 30 et que je ne vais jamais dans un bar à hôtesse. Je suis pauvre et ça coûte cher.

(Hé ho! Second degré, hein...)

Je retourne à ma voiture (vous vous souvenez, la grande verte qui ne permet pas de se garer facilement dans les rues de Paris….) et je lis le roman de mon prochain mandorisé.

J’ai oublié mon stylo à la maison (genre, je n’ai qu’un Bic à la maison…. Tsss….), du coup, je ne peux même pas annoter des annotations (Mandor, roi de la formule appropriée) et donc, j’écoute la radio à la place.

(Je rappelle qu’ici, on évoque les coulisses du show-biz !)

Oui, bon, ça va, je sais bien qu’à ce stade-là de ma note, je n’ai pas dit un mot sur ce roman que j’ai adoré.

Mais, si vous cessiez de m’interrompre, peut-être que je pourrais avancer plus vite.

Donc, à14h31 arrive Julien Blanc-Gras.

Comme nous avions rendez-vous à 14 h 30, je peux décemment affirmer que le monsieur est ponctuel.

Pas tout à fait parce qu’il a une minute de retard, mais je n’écris pas ici pour chipoter sur des détails sans importances.

Avec moi, à chaque phrase, une information essentielle.

Je suis journaliste.

C’est très important d’aller droit au but.

Ne pas vous faire perdre votre temps à lire des inepties.

La vie est trop courte.
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Si j’écris que Julien Blanc-Gras est un type sympa, vous me direz, « c’est un peu court, jeune homme » (ce qui me fait plaisir parce que j’ai quand même 40 balais), « comme présentation du personnage. »

A cela, je rétorque tout de go et dans un esprit fort à propos doublé d’un sens de l’improvisation aiguisé :

-Ah bon ?

1198868e627a6cc17c9288eb1432c51c.jpgCe « jeune urbain trentenaire » (c’est ainsi qu’il se présente), journaliste pigiste pour quelques magazines branchés vient de sortir son deuxième roman (après Gringoland, qui soit dit en passant, va être publié au Mexique et en Russie).

Que les choses soeint claires, Comment devenir un Dieu vivant est une comédie apocalyptique.

Ce livre raconte l’histoire de William Andy. Un loser ordinaire qui devient prophète médiatique en proposant des solutions pour aborder la fin du monde sans se faire mal.

-L’idée n’était pas d’établir les causes de la fin du monde, ni de pointer des responsables ou des coupables aux chaos  et à la dégénérescence, je voulais juste aborder un état de fait. Nous sommes dans une période qui semble apocalyptique, penchons-nous sur la question.

Bon, je tiens à vous rassurer tout de suite. Ce roman n’est pas du tout anxiogène. C’est même un véritable tour de force que de parvenir à traiter un sujet aussi casse-gueule en faisant rire et surtout réfléchir.

-Le ton du bouquin est un peu burlesque. Je force le trait sur les personnages, sur les dialogues et les situations. J’ai toujours considéré que la caricature crée l’humour. Mais, il est primordial pour moi de glisser des messages dans mes romans. J’ai des choses à dire et je ne me retiens pas.

Julien Blanc-Gras enrobe ses messages sérieux dans la drôlerie.

C’est un peu comme un Treets.

Au début, c’est bon… ça fond sous la langue, c’est doucereux, puis vous tombez sur du dur, mais du craquant salé.

(Voyez l’image ?)

(Non ?)

(Pfff…)
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Bien sûr, les propos tenus par l’auteur sur la société ou sur les « gens » en général sont un brin désabusés.

« Malgré tout, les gens passaient, entendaient sans écouter. Ils avaient autre chose à faire, des enfants à nourrir, un cynisme à cultiver, une vie à rater. »

Tout est faux dans cette constatation ?

Pas vraiment (même s’il force le trait… on l’a déjà dit).

« Moi, je voulais être différent, comme tout le monde », écrit-il plus loin.

C’est le problème de tous. Se démarquer de la masse. Mais comment faire ?

C’est aussi le sujet de ce livre.

William, le héros se considère dramatiquement banal. « Or la banalité, dans une société narcissique et mégalomaniaque, vous rabaisse au rang d’anonyme. »

Et ça, on n’aime pas. Il faut bien se l’avouer.

Alors, William et sa bande (oui, j’ai oublié de le préciser, ils sont 4 !) créent une chaîne de télévision dans laquelle il ouvre l’antenne à n’importe qui pendant un quart d’heure. Sans casting. (Dis-moi oui, Andy !)

Puis, très vite, il devient gourou, faiseur de tubes, un nouveau Bono (puissance 1000)… il participe avec bonne grâce à « l’auto Orwellisation » de sa propre vie.

« Roi du monde, c’est pas mal comme métier ! » écrit avec ironie Julien Blanc-Gras.

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À l’heure où la toute-puissance télévisuelle sévit, où tout le monde veut devenir une star, je n’hésite pas à dire qu’il faut lire Comment devenir un Dieu vivant.

Histoire de calmer nos ardeurs et de nous remettre sur le droit chemin.

Ce matin, j’ai lu cette note, je lui trouve des résonances avec ce livre.

Mais, le message principal de ce roman ne serait-ce pas celui-là ?

Vivons, profitons des moments qu’il nous reste à passer avant de trépasser !

 

Si. Je crois finalement que c’est un livre positif.

Un hymne à la vie, version 2008.

D'ailleurs, William Andy conseille ceci : « Porte ta croix et cesse de gémir. On n’a plus trop le temps de s’adonner à l’apathie. Désormais, on sera peut-être malheureux, mais vivant. »

Je n’Andy pas plus.

On va encore dire que j’exagère toujours dans mon enthousiasme.

Que je ne suis pas objectif quand j’aime bien les gens.

C’est un peu vrai, mais je suis aussi capable de faire la part des choses.

Mais, tout de même, une dernière chose… ce roman est à lire, car il a été écrit pour nous.

Pauvres enfants de la mondialisation consuméristes que nous sommes…

C’est tout.

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(Je vous propose d’aller jeter un coup d’œil ailleurs parce que sur mon blog, c’est un peu le bordel pour comprendre un livre. Mon copain Franswa P. lui, sait rédiger de vraies critiques littéraires. Courtes, efficaces, sans digressions aucunes. Bref, un peu académiques et tristounettes (je le déplore), mais instructives. Voilà ce qu’il dit de Comment devenir un Dieu vivant.
C’est beaucoup mieux expliqué qu’ici.)
(Et puis chez Culture Café aussi, j'aime bien.)
Je vous laisse avec deux pages de pubs.
(Payées par l'auteur, évidemment.)
(Je plaisante!)
Ne me remerciez pas.
(message personnel à Julien Blanc-Gras: Ce n'est pas joli joli de jouer avec ses lecteurs. Inventer un mot qui n'existe pas dans chaque roman, juste pour s'amuser... Dans Gringoland, "tréplégie", dans Comment devenir un Dieu vivant, "Panorgasmique"...
Est-ce bien raisonnable?
(Le pire, c'est que ça l'amuse et qu'il va continuer!)
(Franchement...)
EDIT 22h30:
J'ai oublié de préciser que Gringoland venait tout juste de sortir en Pocket.
J'ai manqué à mon devoir de vous informer de manière rigoureuse et irréprochable.
Cet oubli est impardonnable.
J'arrête le métier.
(Jusqu'à demain, parce que là, j'suis crevé...)
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