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04 août 2010

Mes livres de l'été 2010 (5) : Christine Spadaccini pour "Le voyage en argentique"

Chaque année, sur ce blog, je consacre de nombreuses notes estivales sur mes lectures du moment. En cet été 2010, je ne vais pas faillir à la règle. Je vais vous présenter un choix de livres lus et appréciés quasi en temps réel. Évidemment exhaustif, le choix. Il y aura quelques livres de la nouvelle collection « Nuit Blanche » dirigée par Denis Bouchain chez Plon. Une collection de thriller 100% français. Mais, il n’y aura pas uniquement ce genre littéraire. Au programme aussi, Héroïc Fantaisy, roman épistolaire et roman dit « blanc», donc « normal ».

 

Après Thierry Brun pour Surhumain, Samantha Bailly pour Lignes de vie, Laurent Terry pour Usurpé, William Réjault pour Tous ces jours sans toi, voici ma cinquième invité, Christine Spadaccini pour Le voyage en argentique (Laura Mare Editions).

 

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La quatrième de couverture de Le voyage en argentique :

 

« Y a-t-il chose plus terrible que de voir s'effriter la vie d'un être cher ? Quoi de plus monstrueux que de le voir plonger, jour après jour, dans l'oubli de soi, l'oubli des siens, l'oubli de tout, à la merci de cet ennemi aussi insaisissable qu'implacable : Alzheimer.…
Les souvenirs de M'amie s'envolent les uns après les autres. Désespérée, sa petite-fille cherche un moyen de les retenir. Peut-être la clef de cette mémoire prisonnière se trouve-t-elle dans les vieilles photos jaunies que sa grand-mère a éparpillées aux quatre coins de la maison familiale ? Oui, peut-être que de la trame usée de ces clichés, témoins du temps passé, on peut encore tirer et renouer le fil de cette vie qui s’enfuit ! En entreprenant cette drôle de quête pour tenter de garder sa grand-mère auprès d'elle, la narratrice va construire un puzzle de mots et d'images aux couleurs tristes et tendres où les souvenirs enchantés de son enfance semblent remonter au fur et à mesure que ceux de la vieille dame s'effacent inexorablement, comme dans un douloureux effet de vases communicants. Le rappel des beaux instants d'amour partagés saura-t-il adoucir la cruauté des épreuves quotidiennes liées à cette affection ?
Avec pudeur et réalisme, l'auteur nous emporte dans le récit de ce combat inégal entre la maladie et la vie. Un sujet délicat traité avec prouesse et élégance. »

 

Voyage en argentique est le troisième livre de Christine Spadaccini. Pour le précédent, elle avait déjà accepté que je lui pose quelques questions (alors qu'elle exècre cet exercice)…

Cette fois-ci, la rencontre est à l’image de ce roman. Poétique, lumineuse et photographique.

A propos des photos, justement, sachez qu'elle a pioché dans ses réserves... certaines auraient d’ailleurs pu figurer dans le livre puisqu'elles font partie de la même série que cellent qui l'illustrent. Ce sont donc des photos inédites, pour cette interview. 

Et vous ne trouverez pas de clichés "mandoriens", car, comme l’explique l’auteur(e) elle-même : « Nous nous sommes donnés rendez-vous dans la 4ème dimension, dans un lieu magique qui doit rester secret et où, donc, les appareils enregistreurs et photos ne sont pas autorisés… »

 

 

Interview :

 

- Ton roman est une bulle de nostalgie et de mélancolie. On est happé dans tes souvenirs d’enfance. Ton texte oscille entre le passé et le présent. La maladie de ta grand-mère et ce livre… c’est ton devoir de mémoire familial ?

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Je n’ai pas eu la sensation de « devoir » écrire quoi que ce soit, je crois qu’au début c’était plus ma façon de lui dire au revoir, de faire face de manière créative à une situation douloureuse. Et puis, au final, les phrases ainsi alignées (« à lignée » ?) participent quand même à la construction de la mémoire familiale que tu évoques : c’est pour mon neveu et ma nièce, ses arrière-petits-enfants qui l’ont très peu connue, l’occasion de la découvrir et de l’interminable jeu des questions qui font grandir : « C’est M’amie sur cette photo, Tata ? Ah ben dis donc, je la voyais pas si jeune ! » « Mais c’était quand alors ? « Et toi, t’étais où ? » « Et lui, là, c’est qui ? »  « Et il faisait quoi ? » « Et pourquoi ? » « Mais comment ? »…etc…ad lib !

 

- Crois-tu qu’on ne peut correctement gérer sa vie d’aujourd’hui qu’en faisant table rase du passé…en l’immortalisant comme tu le fais par exemple ?

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 « La vie, c’est ce qui t’arrive quand tu es occupé à prévoir autre chose », chantait Lennon. Je suis assez d’accord avec ça. S’il y a gestion, elle est plutôt au jour le jour en ce qui me concerne ! Et, dans ce cas précis, le passé, les souvenirs d’enfance convoqués pour l’écriture de ce texte, m’ont aidée à passer un cap pénible. Ils étaient une ouverture claire, un horizon auquel se raccrocher dans les heures sombres, un rappel des moments joyeux et ils m’ont permis d’avancer. Le passé est ce qu’il est, le présent ce qu’on en fait : au boulot !

 

- Ta grand-mère est morte une semaine après que ton livre soit terminé, comme si la boucle devait être bouclée. As-tu vécu son départ comme ton nouveau départ ?

 

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Départ. Fin

Des parfums qui restent.

Des ombres qui suivent.

On continue sa route…

Non, je n’ai pas vécu sa disparition comme un nouveau départ pour moi mais, avec le recul,  ce livre m’a permis de mieux m’y préparer donc les cahots ont été plus faciles à négocier…

 

- Tu dis que la grand-mère décrite dans ce « voyage en argentique » est ta grand-mère, mais pas tout à fait, et que sa petite-fille est toi, mais pas complètement… C’est de la pudeur ou une façon de brouiller les cartes sur qui tu es vraiment ?

 

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Malgré l’intervention des plus fins limiers et même du grand Sherlock avec sa loupe, l’enquête dans le but d’identifier formellement les protagonistes de cette histoire piétine… (Jokœur !)

 

- Tu expliques que le plus difficile dans la maladie d’Alzheimer, c’est que la personne qui en est victime ne reconnait pas ses proches. En l’occurrence sa descendance… Au fond, c’est ça que tu as trouvé le plus inacceptable ?

 

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Les rapports familiaux sont pétris d’habitudes, de vieux automatismes et de certitudes établies. C’est très difficile de concevoir et se s’habituer au fait que tu puisses ainsi devenir complètement étranger à une personne si proche, avec laquelle tu as partagé tellement de choses, d’autant que, dans les premiers temps de la maladie, ce n’est pas systématique, les souvenirs, les perceptions, ne disparaissent pas d’un coup, ils s’effritent lentement, vont, viennent, et, tant qu’il le peut, le malade essaie de pallier à ses absences, de les dissimuler sous le masque des habitudes, justement. C’est très déstabilisant et épuisant à la longue. Mais tu apprends à intégrer ce facteur, avec le temps, à faire avec et à trouver les réponses, les attitudes qui conviennent même si ce n’est pas évident de faire face à la distance, au brouillard qui s’installent entre le malade et son entourage. Mais, le plus inacceptable, ce n’est pas cela, c’est de voir souffrir celui ou celle que tu aimes, comme dans n’importe quelle autre maladie.

 

- Tu écris : « J’écris ce que je ne peux pas photographier » et « Je photographie ce que je n’ai pas besoin d’écrire ». L’image et les mots couchés sur du papier sont essentiels à ta vie. Ce sont tes meilleurs moyens pour « communiquer » ?

 

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J’adore (me) raconter des histoires et les mots et les photos sont de merveilleux outils pour ça : on prend un (c)rayon et zou, on ouvre une fenêtre où il n’y en avait pas, on s’y penche, on fait coucou aux gens qui passent et zou, c’est parti!

 

- De toutes ces photos « au passé recomposé », tu en sors des mots-clichés, des images-histoires. T’es-tu « emmêlée les pinceaux dans ce mélo-rétro, roman photo de petites histoires sans importance, mais irremplaçables », les tiennes ?

 

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J’ai défait le nœud du ruban qui fermait le grand sac des souvenirs et ils ont tous roulé sur la table de la cuisine : dedans s’y trouvaient tout un tas de babioles, des loupes, des briquets, des pinces, des ciseaux, des cure-dents, des couteaux, des coupe-papier, des livres fripés, des photos jaunies, des lettres oubliées, des listes de courses, des factures, des moignons de crayons, des lames de rasoir, des bigoudis, des boutons dépareillés, de la colle, du scotch, des bons de garantie, des épingles à cheveux, des tickets de cinéma, un dictionnaire Poucet, un ouvre-boîte miniature, des avis d’obsèques découpés dans le journal, un roi de cœur sans sa reine, des fèves en porcelaine, des bouts de recettes, des miettes, des pièces trouées, des fichus en plastique, trois petits cochons en caoutchouc et même des dents en or ! Et chaque chose y est allée de sa petite histoire, déterrant son instant de gloire, versant sa petite larme de temps passé, m’enveloppant d’odeurs rances et de poussière collante. Au début, j’ai essayé de comprendre, de trier, de classer, de noter mais  c’était trop la pagaille ! J’ai mélangé les gens, mélangé les genres, mélangé les dates, mélangé les lieux, je me suis même parfois arrangée avec ma vérité. Et mon tout a fini par faire cette histoire où tout le monde se reconnaît et personne ne se retrouve !

 

- Depuis ton premier livre, tu malaxes les mots, tu t’amuses avec eux. Pour raconter ta réalité, ta forme narrative reste faite de jeux de mots, de fins calembours, d’images poétiques, de dialogues surréalistes. On sent une certaine « jouissance » à jouer avec la langue française…

 

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J’aime bien cette phrase de Boris Vian : « Je crois que je suis en train de jouer avec les mots. Et s’ils étaient faits pour ça ? » Je crois que tu connais ma réponse à cette question ! L’écriture est un cadeau et, oui, je me fais plaisir chaque jour quand je m’installe à mon bureau et que je commence à déballer mes jouets, les mots. J’essaie d’utiliser toutes leurs facettes, leurs couleurs, leurs sonorités, je les tourne et les retourne dans tous les sens, je traque les reflets inattendus…

 

- Il y a des passages parfois drôles, parfois cruels, mais toujours émouvants. On sent un auteur à fleur de peau, toujours sur le fil. Tu as souffert en écrivant ce livre ?

 

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Jean Cocteau se demandait ce qu’il emporterait si sa maison était la proie des flammes. Et il répondait : « j’emporterais le feu ». La disparition de ma grand-mère, c’était un peu comme si un incendie ravageait le château-fort de ses souvenirs, de nos souvenirs. Alors oui, on se crame toujours un peu quand on veut emporter le feu, même le feu follet des souvenirs d’enfance…

 

- Il y a de nombreuses photos « à ta façon » de tes grands-parents et d’autres personnes de ta famille. Une façon de, je te cite de « pénétrer des strates de vies passées où la présence de tes chers fossiles ». Il n’y a pas un risque d’idéaliser ses proches directs ?

 

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Non, pas un risque, une vraie volonté ! A la souffrance, à la déchéance, je voulais opposer du beau et des sourires, de la légèreté, faire en sorte que la lourdeur installée par la maladie dans la vie quotidienne n’étouffe pas les bons moments d’avant, la tendresse passée, leur permettre de rester en surface, conserver des plages de calme pour souffler un peu dans la tempête…On pose un mot lumineux, un rayon malicieux, et y’a soudain ton petit indien-neveu en peintures de sourires qui vient t’épauler dans le combat du jour…

 

- En plongeant dans ce passé familial, as-tu appris sur toi ? Est-ce une forme de psychothérapie.

 

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Que j’avais les gènes d’un plongeur téméraire, mon père sur la photo ! Plus sérieusement, plutôt qu’une forme de psychothérapie, je préfère dire une forme d’évasion. La réalisation de ce livre a été une récréation, une respiration presque. Quelqu’un a dit, je ne sais plus qui, « créer, c’est ne pas mourir »  et, en effet, malgré les circonstances, je me suis beaucoup amusée à prendre les photos qui émaillent le livre, à débusquer les vieux clichés dans leurs cachettes et à les parer d’une nouvelle lumière, à leur redonner vie. Certaines scènes du passé étaient également très drôles à écrire. Quant aux plus cruelles, je les ai collées fermement sur le papier pour qu’elles n’aient pas l’idée de se rejouer. Et tout ça, sous le nez d’Alzheimer, ce sont des souvenirs, bons ou mauvais, que ce bandit ne nous piquera plus et toc ! Son piège n’a pas totalement fonctionné…

 

- Tu racontes avec beaucoup de délicatesse et d’élégance le combat inégal entre la maladie et la vie. Penses-tu que ton livre peut aider des personnes qui connaissent ce genre d’épreuve ?

 

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Je n’en ai aucune idée, c’est un cheminement tellement personnel, chacun réagit de manière différente… Et puis ce livre n’est pas à proprement parler un témoignage sur la maladie d’Alzheimer, même s’il en évoque certaines manifestations douloureuses, notamment près de la fin. La maladie n’est que le point de départ, l’élément déclencheur de ce récit, une balade-refuge dans les souvenirs d’enfance qui viennent ponctuer de leur naïveté, de leur légèreté, la réalité cruelle de la lutte engagée par le malade et ses proches. Il y a des passages très tristes et d’autres colorés, d’un côté le train de la mort qui nous sépare et de l’autre le brin d’amour qui nous répare…

 

- Tu écris un nouveau livre en ce moment ? 

 

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Pas un jour sans une partie de pêche aux lignes !  Et tu vois, aujourd’hui, je te dévoile le nœud de l’intrigue en cours…Chut, je sens que ça mord ! ;-)

30 janvier 2008

Christine Spadaccini... auteur funambule!

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Il n’y a rien de plus difficile (j’veux dire à part la guerre, la famine, la peste, le choléra…) que d’écrire une note sur quelqu’un que l’on connaît, que l’on apprécie et qui fait partie de son panthéon personnel.

C’est le cas de Christine Spadaccini.

La Kiki du blog.

Déjà, on reçoit le livre.

Existe en Ciel qu’il s’appelle.

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On sait que la nana, elle triture joliment les mots, qu’elle sait parfaitement les malaxer, jouer avec comme personne. Ce serait même une sacrée marque de fabrique. Un style unique et jubilatoire.

D’ailleurs, dans son livre, elle l’explique :

« Je préfère y aller avec les doigts, jongler avec les mots, sucer leur suc sémantique, phonétique, les fouiller, les dépouiller, les enchanter, bousiller leur sens, les détourner, les réinventer, les repêcher, fondus et faibles, sous le feu tragique des réalités, les caparaçonner d’histoires et de poésies, les mélanger, chercher la phrase, la bonne formule, jouer à l’ « alchimot »… »

Elle exprime bien d’autres considérations sur l’écriture, la Kiki , mais je me suis un peu fait griller par Anne-Sophie Demonchy.

Je ne te remercie pas, Anne-Sophie.

 

Mais quand même, parce que je suis bien con, je me suis posé la question essentielle :« Et si je n’aimais pas ? ».

Je vais quand même devoir en parler de ce bouquin. Kiki, c’est une copine, il est hors de question que mon blog passe cet ouvrage sous silence.

70e7b10a064521ec65319abd1ea552f3.jpgBon, en même temps, ayant lu et dégusté son Aïe Love You précédent, mon angoisse de lire une daube n’était pas à son niveau maximum.

Hein, pour tout dire, j’étais même assez confiant.

D’autant plus que Kiki m’avait déjà envoyé une nouvelle figurant sur le nouveau né.

La première.

Et que, bon sang, ne saurait mentir, elle m’avait déjà foutue une bonne baigne dans la gueule avec ses mots.

(Si vous croyez que je fais ce métier depuis si longtemps pour ne pas avoir ce genre de privilège insensé que de lire des récits implacables avant les autres, c’est bien mal saisir l’opportuniste qui est en moi.)

Alors, que voulez-vous que je fisse ?

J’ai lu.

Pas la peur au ventre.

Dès les premières lignes, on se dit : « C’est sûr, là, on va bien se marrer ! ».

Je plaisante. Bien sûr qu’on ne rit pas. Ce n’est pas ce qui caractérise l’œuvre de Christine. Non, mais de l’émotion plein la tronche, ça oui… on peut même se l’étaler sur le corps entier, tellement il y en a.

Dans les histoires de cette auteur(e) (non, parce que je peux difficilement la nommer autrement, maintenant. Ce n’est plus Kiki, du blog, c’est Christine Spadaccini, l’écri(pas)vaine. Respect !), on croise des jeunes qui crèvent d’amour, des chiots abandonnés, des miroirs indiscrets, une mère morte, un père aux mots assassins, une grand-mère ingérable à gérer, des amours déconfits, des enfants non désirés, une morte habillée en mariée… et le fragile équilibre de la vie.

Et des mots qui claquent.

Tout le temps.

Pas moyen d’y échapper, d’esquiver.

Bim Boum ! Prends ça, lecteur insatiable!

Et je fais quoi maintenant qu’elle m’a pris en otage ?

Comment je vais expliquer sur mon blog que Christine Spadaccini n’a rien à faire dans une petite maison d’édition (sauf le respect que je lui dois, à cette maison) ?

Que c’est un livre important, ce Existe en Ciel, qu’il faut le lire pour savoir ce qu’est un « alchimot », que que que… tout plein de trucs que je ne vais pas dire. J’ai peur que l’on insinue que je fais ici du copinage.

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Je ne fais pas du copinage. Par contre, je suis très fier d’être le copain d’une telle fille.

Très fier d’avoir la possibilité de la voir quand elle quitte (rarement) Clermont Ferrand et qu’elle se rend dans la capitale.

Très fier d’aller boire quelques coups avec elle à l’Européen, bistrot sympatoche, situé en face de la gare de Lyon.

Très fier qu’elle me dise : « sors pas ton Sanyo, tu écriras ton ressenti ! »

(Kiki, j’ai bien compris que tu n’aimais pas être interviewée… je ne suis pas dupe !)

Je ne sors pas mon Sanyo, ce qui me permet de ne pas jouer au journaliste et de profiter de ses instants là, avec elle.

Où je tente de déceler ce qui est vrai dans ce qu’elle écrit. Démêler la vérité de l’imaginaire. Mais, elle, la peste, elle ne me dévoile rien. « Hé ho ! J’suis Mandor », que je lui dis, «tu pourrais faire une exception à ton président de la FAPM préféré ! ».

Argument non recevable, elle ne trahit personne. Ni elle, ni ses personnages.

Mystérieuse Christine Spadaccini.

Mais, je sais que la personne devant moi a bien bourlingué. Bien vécue des trucs pas évidents et à peu près bien ingurgitée les évènement en évacuant par la littérature (et les voyages).

On n’a pas parlé de ça.

Parce qu’avec Kiki, on ne parle pas sérieusement, on se contente d’être bien.

Dès la première fois que nous nous sommes vus, on s’est jaugé, jugé et vite compris.

Pas aux antipodes, nous deux.

Les trucs de « la vie pas belle », quand on est ensemble, on les laisse au placard. Juste, on aère les fenêtres et un vent délicieux traverse nos pores.

C’est blizzard cette histoire…

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Allez, je ne vais pas en faire une tartine avec la dame.

Juste, ses récits sont foudroyants.

Et je l’aime beaucoup.

Ce qui n'a rien à voir.

EDIT à 21h50:

Bon, Anne-Sophie n'a pas eu les photos, moi, j'ai été privé d'interview... après cette note, si vous lisez La Lettrine, vous aurez les deux.

Complémentarité, quand tu nous tiens...