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21 décembre 2016

Grands Prix du Disque et du DVD 2016 de l'Académie Charles Cros

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971350_153136021534652_1854479169_n.pngLe 24 Novembre dernier s’est tenue la proclamation des Grands Prix 2016 de l’Académie Charles Cros à la Maison de la Radio. Fondée au lendemain de la guerre, en 1947, cette académie a pour objectifs de soutenir la création autant que la préservation de la mémoire sonore. Une fois par an elle décerne ses Grands Prix internationaux du disque, attentive tant aux compositeurs, auteurs, interprètes qu’à l’esprit d’entreprise et au courage des éditeurs graphiques et phonographiques. 

Cette académie, que beaucoup jugent irréprochable dans ses choix (il se trouve que depuis quatre ans, les jeunes artistes primés correspondent souvent aux mandorisés des mois précédents... preuve que nous avons des goûts similaires) récompense les artistes qui portent et  illustrent la diversité des cultures des peuples qui ont le français en partage. Elle contribue également à établir le lien entre les artistes et les publics, notamment les jeunes, mettant au cœur de ses préoccupations l’accès de chacun à la culture. Elle établit désormais un lien entre l’enregistrement sonore et le spectacle vivant. 

Je m’attarde ici sur les récompenses « CHANSON », laissant de côté la musique classique, le jazz et les musiques du monde (qui ne sont pas précisément mes spécialités). Ainsi, voici les photos (accompagnées de quelques commentaires) de Juliette (grand prix pour l’ensemble de sa carrière), Michèle Bernard, Christian Olivier, Hildebrandt (en découverte discographique), Merlot (pour un disque jeune public), Miossec, Jules et le Vilain Orchestra ainsi que Barbara Weldens, ces trois derniers pour la scène.

(Merci à Jean-Marc Vaudagne  et Elodie Louette  de l’Académie Charles-Cros pour l’invitation… et l’accueil chaleureux et Alain Fantapié pour sa présidence, sa bienveillance et sa gentillesse exceptionnelles).

IN HONOREM INTERPRÈTES :

CHANSON :

JULIETTE (mandorisée là) pour l’ensemble de sa carrière, à l’occasion de la sortie de l’intégrale des albums en 13 CD + 1CD raretés (14 CD Polydor)

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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Le discours de remerciements de Juliette qui n'était pas vraiment un discours convenu, mais qui a bien fait rire l'assemblée. 

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(Photo : Caroline Paux)

Juliette et Alain Fantapié (président de l'Académie Charles Cros).

LES GRANDS PRIX INTERNATIONAUX DU DISQUE

DISQUES POUR ENFANTS :

MERLOT pour Marcel le Père Noël (et le petit livreur de pizza) (Little Village / Harmonia Mundi)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

Merlot (Marcel, le Père Noël) et Cédryck Santens (le petit livreur de pizza), fiers de ce prix.  

CHANSON :

Michèle BERNARD  pour Tout’Manières… (EPM)      

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(Photo : Caroline Paux)

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Sourire radieux d'une très grande dame de la chanson française (très souvent charlescrossisée et bientôt mandorisée). Que Michèle Bernard soit si peu médiatisée est un grand mystère (cf Anne Sylvestre).

CHANSON :

Christian OLIVIER (mandorisé là) pour On/Off (Mercury / Universal music)

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Dans une loge : Christian Olivier écoutant le Prix Filleul 2015, Thibaut Garcia (guitare classique) (photo : Jean-Marc Vaudagne)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Pierre Majek)

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"Z'avez vu mon beau diplôme?"

CHANSON DÉCOUVERTE :

HILDEBRANDT (mandorisé ici) pour Les Animals (At(h)ome)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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Joie!

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Je suis heureux de ce prix, parce qu'Hildebrandt est pour moi l'une des plus grandes découvertes de l'année.

GRANDS PRIX CHARLES CROS SCÈNE avec la Fédération des Festivals de Chanson Francophone  :

GRAND PRIX SCÈNE :

MIOSSEC (absent de la cérémonie) (mais mandorisé ici). Il est distingué pour sa tournée actuelle, qui suit son dixième album, Mammifères, avec des concerts qui se sont parfois déroulés dans des lieux inhabituels (guinguettes, chapelle, vignoble, musée, jardins).

PRIX "RÉVÉLATION SCÈNE"  :

Barbara WELDENS

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Pointe de pied tendue, Barbara Weldens détendue avant de fouler pieds nus la scène du studio 105 (photo : Jean-Marc Vaudagne).

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(Photo : Pierre Majek)

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(Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Pierre Majek)

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Barbara Hammadi (pianiste), Barbara Weldens et Marc Pfeiffer (président de la Fédération des Festivals de chanson francophone) (Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Caroline Paux)

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Barbara Weldens (Pic d'Or 2016) avec Corinne Labat, présidente du Pic d'Or et Dany Lapointe (la manageuse de la chanteuse).

PRIX "RÉVÉLATION SCÈNE"  :

JULES et son Vilain Orchestra

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Dans les coulisses... Jules et ses compères interprétant les Forbans, juste avant leur entrée en scène (photo : Jean-Marc Vaudagne).

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Caroline Paux)

 

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Pierre Majek)

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Un journaliste chelou (mais fan de Jules) s'est incrusté sur cette photo. Sachez le reconnaître. 

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La photo de famille...

25 février 2014

Christian Olivier (Têtes Raides) : interview pour Les Terriens

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Lorsque l'on s'intéresse à la poésie et la chanson française engagée, il est impossible de ne pas évoquer les Têtes Raides. Les Terriens raconte qui nous sommes, avec nos qualités et nos travers universels. Rencontre avec la « tête pensante » du groupe, à La Niche (son antre), le 6 janvier dernier.

(Précédente mandorisation de Christian Olivier, ici).

Avant de lire l'interview, je vous propose ma mini chronique sur ce nouvel album, paru dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc, daté du mois de février 2014.

 

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christian olivier,les têtes raides,les terriens,interviews,mandorInterview :

Vous sortez sensiblement un album tous les deux ans depuis 1988.

Nous sommes constants, mais nous avons toujours des choses à dire. Si on n’avait plus rien à dire, nous ferions autre chose. Il faut avoir de la matière pour raconter des histoires, mais il faut aussi avoir la flamme et l’envie de continuer. Une chanson peut être écrite en deux jours ou en six mois. Nous, on raconte toujours des histoires qui vont dans les profondeurs, tant au niveau du sens que de la forme. Têtes Raides, c’est plein de styles mélangés. De la chanson au rock par exemple. On ne se met aucun frein. Souvent, le rythme et la mélodie viennent au moment où j’écris le texte.

Ce sont les textes qui rythment la chanson ?

Un peu des deux. Sur Les Terriens, il y a eu au moins quatre titres qui sont partis de la musique. On a eu la volonté de travailler sur un son assez nouveau pour nous. On a pris un autre chemin. Par rapport à l’album précédent où il y avait un travail sur les cordes, violons, violoncelles et les cuivres, là on est sur un son et une rythmique plus électriques. On a trois guitares électriques. Si je dois schématiser, je dis que c’est un album blues rock. C’est même parfois rockabilly, par exemple dans « Moderato » et « Les Terriens ». Autant dire que Brian Setzer (ex leader des Stray Cats) est passé nous voir.

Teaser n°2.

Chantez-vous différemment selon la matière sonore que vous utilisez ?

Obligatoirement. Il y a un mouvement qui se fait naturellement. Je n’arrive pas à forcer dans le chant. Pour moi, il est l’aboutissement entre la matière sonore et l’harmonie. Au bout d’un moment, le chant se place tout seul. J’ai une manière de chanter un peu brute ou, disons... naturelle. Je la travaille et la cherche, mais je ne fais jamais d’effet. J’essaie de rester sur le ressenti et le sens. Je me demande constamment ce que cela peut procurer comme émotion. La voix, pour moi, c’est un instrument et une matière sonore. Selon l’harmonie, je vais toujours chercher la profondeur et l’émotion tout au fond de moi.

Selon les chansons, on ne chante pas de la même façon ?

Non, ça bouge. C’est un vrai instrument de musique. L’interprétation et la tonalité vont être différentes.

Vous êtes dans l’instinctif ?

Oui, mais on peut prendre du temps. Quand on rentre dans l’album, on est proche de ce que l’on aimerait avoir, mais pour aller un peu plus loin, le chemin peut être compliqué parce que l’on peut se perdre.

Teaser n°4.

Dans « Moderato » et « La Tache », vous évoquez le retour du fascisme en France. L’actualité abonde dans votre sens, non ?

Oui, et nous le déplorons. L’histoire nous amène à penser qu’il faut toujours rester sur ses gardes. Ce qui est le plus choquant, c’est l’histoire qui se répète et même qui s’aggrave parfois. L’histoire devrait servir à ne pas faire deux fois les mêmes conneries.

La chanson « Les Terriens » parle aussi du genre humain. Par contre, vous ne dites pas s’ils sont bons ou vauriens…

Les vauriens sont parfois de bons terriens, vous savez. Mes chansons, contrairement à ce que l’on pourrait penser, sont toujours positives. Les gens ont pu penser que non, mais si. Même si je ne chante pas des choses toujours drôles, il y a toujours une grosse lumière au bout.

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Vous êtes bien, vous, parmi les Terriens ?

Je suis bien parce que j’ai réussi à faire avancer un univers et que j’arrive à faire bouger des choses à mon niveau. Je suis bien, mais c’est un combat de tous les jours. Je n’apprends à personne que la vie est un combat perpétuel.

N’êtes vous jamais tenté d’aborder des thèmes un peu plus légers ?

Je ne choisis pas. Je ne suis pas quelqu’un qui construit les choses en essayant d’édulcorer, même si parfois il y a de l’humour. Quand j’évoque l’amour, je ne peux pas faire dans la légèreté, car c’est toujours compliqué. Je suis toujours dans la recherche d’une certaine beauté et d’une certaine grâce. 

Teaser n°5.

Travaillez-vous encore votre voix ?

Je la travaille quand j’écris des morceaux, quand je suis en train de répéter. Naguère, j’ai fait un an de cours de chant classique qui m’avait donné les bases fondamentales. La respiration, le ventre... pour moi le chant vient de là. Que l’on soit fatigué ou pas, il faut pouvoir chanter.

Êtes-vous satisfait de cet album maintenant qu’il est terminé et qu’il est bientôt à la disposition du public ?

Je suis super heureux de cet album. Dès que j’entends la première chanson, je trouve qu’il y a quelque chose de nouveau dedans. J’ai pris beaucoup de plaisir à l’enregistrer et surtout, je suis heureux du son nouveau qu’il contient.

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C’est quoi les Têtes Raides ?

Dans tout disque des Têtes Raides, il y a la musique, le texte, le sens et puis l’histoire humaine qui est là. L’album s’est enregistré en studio en live. C’est un animal à plusieurs têtes. On joue des chansons très lentes, mais à l’énergie toujours très forte. Dans nos textes, il y a des couches, des strates à gratter pour comprendre tout.

Il y a une chanson en anglais. Pourquoi ?

Généralement, les chansons en anglais sortent comme ça. Je suis très mauvais en anglais, mais en même temps, je suis très bon. L’un des premiers textes que j’ai écrit en anglais, c’est « Lesson number six ». L’anglais a un côté musical que le français n’a pas.

Il y a des thèmes majeurs dans votre œuvre.

J’écris beaucoup sur l’absence, l’attente et l’oubli. Dans mon écriture, il y a plusieurs niveaux. Quand je raconte une histoire, j’aime bien quand il y a une autre histoire qui est en train de se jouer. J’aime bien les couches et les strates.

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Après l'interview, le 6 janvier 2014.

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18 décembre 2007

Christian Olivier... Tête Raide pensante!

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C’est un truc que j’ai toujours eu du mal à comprendre (et en même temps, je comprends parfaitement, hein, c’est juste une phrase qu’on dit comme ça… je les adore, les phrases qu’on dit comme ça…). Comment Christian Olivier, qui sort des disques avec son groupe les Têtes Raides (un des meilleurs groupe français, à mon humble avis) depuis presque 20 ans, n’est pas plus respecté, reconnu à sa juste valeur. Sa notoriété « grand public », n’existe que depuis peu.

Pour être clair, depuis sa collaboration avec une ancienne fan du groupe, Olivia Ruiz, et ce clip qui tournait en boucle il y a quelques mois sur toutes les chaînes musicales, le monsieur dit vaguement quelque chose au quidam moyen…

 

 

Mais Christian Olivier est un grand…

 

Qui n’a pas écouté les albums Mange tes morts, Chamboultou, ou autre Qu’est-ce qu’on se fait chier n’a pas une grande vision de la chanson française actuelle.

(Je me surpasse aujourd’hui. Je viens d’écrire un truc très journalistico-pédant qui insinue que, tsss…, en fait, vous êtes des billes dans ce domaine, mais moi, je suis une véritable bête pour vous conduire sur le bon chemin.)

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Allez, je peux en tout cas vous dire que Banco, le dixième album studio alterne brûlots politico-poétiques tels l’emblématique Expulsez-moi, hymnes à la nuit, poésies à la veine surréaliste, et chansons d’amour, sur un fond musical toujours renouvelé, où l’accordéon retrouve sa place, au milieu d’un attirail électro-acoustique bariolé. On y croise Olivia Ruiz (ben tiens !) le temps d’un featuring sur le burlesque Plus haut. L’album comprend en outre un véritable morceau de bravoure de 20 minutes, avec une interprétation passionnée de la poésie de Stig Dagerman  Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.

Après avoir vendu plus d’un million d’albums, Têtes Raides continuent leur route unique, en dehors des ornières de la scène rock hexagonale et des sentiers bien tracés de la chanson française.

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Je suis allé à la rencontre de Christian Olivier, jeudi dernier, à la Maroquinerie dans ses bureaux de Mon Slip (le nom de son label 100% coton qui produit des artistes de la même mouvance, Jean Corti, Pusse, Mell, Lola Lafon, Loïck Lantoine…etc.).

Rendez-vous à 14 h avec lui. Son attaché de presse est devant la porte blindée et, par la même occasion, fermée. Nous attendons 10 minutes quand une jeune femme arrive, nous fait monter pour patienter. C’est très grand. Il y a tous les labels de Christian Olivier réunis à cet étage. Jamais j’dégeule (qui produit les Têtes Raides) et le bureau Mon Pauvre Ami (édition musicale et papier de Christian Olivier). C’est d’ailleurs là que l’on me propose de patienter. Christian Olivier arrive à 14h20.

Un peu confus, mais droit dans ses bottes. Je sens qu’il a bien profité de son repas (il faisait très froid, ce jour-là… fallait bien trouver le moyen de réchauffer son corps…)

C’est bizarre, j’ai rencontré pléthore d’artistes dans ma vie, mais il fait parti de ceux qui m’impressionnent réellement.

 

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Le groupe en plein travail...

Avant de brancher mon Sanyo, je lui parle des disques que j’ai aimés de lui. Bref, je le (Jean)* amadoue afin qu’il sache qu’il a devant lui un professionnel de la profession qui connaît bien son sujet. Pourquoi cherche-je (Lama)* le respect mutuel quand je suis devant des gens talentueux dans leur domaine et qui, en plus, ne sont pas du genre à juger les autres ? Je ne sais pas. C’est comme ça. Un bête complexe.

Mais, en tout cas, ça marche. Christian Oliver est délicieux. Au sens qu’il sourit, te répond droit dans les yeux en toute franchise. Il n’est pas très à l’aise en interview. Il cherche ses mots, bredouille ses mots, mais lance ses messages. Tous les poètes ne sont pas des orateurs.

Je lui demande s’ils vont bientôt fêter leurs 20 ans d’existence…

 

-Là, nous n’avons encore que 19 ans et demi de carrière. Nous fêterons cet anniversaire en 2eme partie de 2008. Nous sommes en train de préparer la pâte du gâteau, nous ne l’avons pas encore mis au four.

Christian Olivier m’explique qu’il se moque complètement de la notion de temps. Les Têtes Raides vivent les albums de sortie en sortie. Tout est à refaire à chaque fois, rien n’est gagné. C’est un travail de tous les instants.

Mais l’artiste est aussi chef d’entreprise. Je m’interroge sur les interférences que cela peut procurer par rapport à la création.

 

-C’est effectivement une charge supplémentaire. Lorsque la schizophrénie aura atteint son niveau extrême, je me poserai la question et me positionnerai clairement. Pour l’instant, je ne suis pas tout seul dans ma petite bulle. Il y a des gens qui travaillent avec moi. Dans Banco, il y a des réflexions sur comment, artistiquement, être complètement libre dans l’écriture musicale et des textes. Tu sais, quand je suis devant ma table et que j’écris des chansons, je ne pense pas à mes labels. Je ne pense qu’à ma création. Je suis dingue des mots, de la littérature, de la poésie, du style…

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S’il y a de l’artisan, du goût de l’objet, du tactile, chez Christian Olivier, c’est peut-être à son menuisier de père qu’il le doit.

-La musique, c’est très abstrait. Les mots, les mélodies, le son, c’est de la matière qui se travaille. Pour moi, c’est une passion absolue. Choisir un mot est à la fois plaisir et souffrance. Tout passe par le corps.

Il ne parle pas de « transe » mais je suis certain que ce n’est pas loin de cette idée.

Ce que j’apprécie dans l’écriture de Christian Olivier c’est l’urgence de dire, de dénoncer. Ses textes sont des cris universels.

 

-J’ai la volonté de laisser les portes grandes ouvertes pour que la personne qui lit ou entend le texte puisse l’interpréter, se raconter sa propre histoire.

Chez lui, comme pour un livre, du 1er au dernier morceau du disque, il y a une logique, un chemin à suivre.

Du bel ouvrage, je vous dis.

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Je lui montre la note que j’ai reçue avec le disque. « Banco est sans doute l’album le plus varié du groupe depuis le début de sa carrière…». Je lui dis que cette phrase est « débile », d’autant plus que je ne trouve pas que ce soit l’album le plus varié, ni le plus novateur. Le précédent Fragile, je l’avais trouvé ainsi (ce n’est d’ailleurs pas l’album qui a le mieux trouvé son public.). Celui-ci est dans une certaine continuité. À la fois personnelle et universelle dans les thèmes abordés, acoustique et électrique, bruitiste et feutrée. Il y a un mélange d’accordéon et de guitares électriques toutes griffes dehors.

Christian Olivier insiste sur un point :

 

-Mais quand même, nous avons changé de batteur. Ce n’est pas rien çà. Le son n’est plus le même à ce niveau là.

Ouaips !

À la fin de l’interview, comme je suis très intéressé par Benoît Morel (je le place à un niveau similaire au leader des Têtes Raides), je lui parle aussi des Chats Pelés. Un trio de graphistes réunissant Christian Olivier, Benoît Morel, justement, (chanteur de La Tordue) et Lionel le Néouanic (alias Zemle).

-C’est une belle aventure. C’est nous qui illustrons tous les disques des Têtes Raides et de La Tordue. C'est une autre passion. Là, non plus, je ne pourrais pas m’en passer.

Ici avec le Morel en question, le 29 juin 2006, à l'occasion de la sortie de son premier album solo Félin pour l'autre.

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Christian Olivier n’appartient à aucun clan, il désobéit à toute catégorisation.

C’est pour ça qu’il me fascine.

Le terme rebelle lui sied à merveille.

Qu’il continue sa route encore longtemps.

Une route que vous pourrez croiser prochainement.

Têtes Raides sera en tournée française à partir de février, avec une résidence parisienne au Bataclan du 25 mars au 5 avril 2008.

Nous en reparlerons.

En attendant, nous nous quittons, après avoir été dérangés par l’attaché de presse (qui fait simplement son boulot). C’est rare quand je ne respecte pas le timing imposé. Mais, là j’étais trop bien.

Après la séance de photos auquel il se prête très gentiment (et qu’il a presque dirigé) et une chaleureuse poignée de main, je m’efface dans le froid.

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Ce froid cinglant a eu raison de moi ce jour-là.

Froid perçant, moi, mal couvert.

Il est la cause de mes tourments de ces jours-ci.

Malade à cause des Têtes Raides.

Pfff…

J’ai toujours besoin de trouver un responsable à chaque problème.

Normal.

Jamais de ma faute.

Mandor ne fait jamais d’erreur.

Non.

Jamais.

Question à Thomas Clément (qui diffuse donc son interview de Stanislas avant bibi et c'est assez dégueulasse, je trouve): Comment fais-tu pour réussir les photos « à bout de bras ». Les tiennes sont réussies à chaque fois.

Moi, ça donne ça, presque systématiquement.

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Problème d’inclinaison ?

De petits bras ?

De vues déclinantes ?

D’incapacités à toutes formes d’arts primitifs ?

Franchement, là, je sèche.

(J'aime beaucoup poser des questions existentielles à mes éminents confrères es-blog)

*Jeux de mots de bon aloi. Je remets 10 francs dans le nourrain.