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13 avril 2016

Benoît Doremus : interview pour En Tachycardie

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Comparaison n’est pas raison, je sais bien, mais pour moi, Benoît Dorémus est l’héritier légitime de Renaud. En moins écorché vif, il me semble… quoique. Sophie Delassein, dans Le Nouvel Obs, va encore plus loin : « Benoît Dorémus appartient à une lignée que l'on pourrait ainsi présenter : petit-fils adoptif de Brassens, neveu rêvé de Souchon et Le Forestier, fils caché de Leprest, ami d'enfance possible d'Alexis HK, de Vianney, d'Agnès Bihl. » Rien que ça!
Si Benoît Dorémus ne peut nier ces filiations, en trois albums, il propose sa propre poésie et sa propre révolte douce. Le dernier en date est un joyau. Il ressemble bien à son titre En Tachycardie : un cœur qui vibre, qui s’emballe, un peu comme sa vie ces dernières années.

C’était donc le moment de le rencontrer de nouveau (sa première mandorisation en 2007 est ici, la seconde en 2010 est ). Ainsi fut fait le 3 mars dernier, dans un magasin de guitares.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorMot (raccourci) de Benoît Dorémus à propos de En Tachycardie :

Ce titre ne reprend pas l’une des chansons, pourtant il leur colle à toutes. Comme si cet état physique, ce symptôme de vigilance et de désarroi était un pays, un continent à part entière, où le cœur bat trop vite et trop fort, et qu’il m’a semblé traverser ces dernières années.

Trop fort, à cause des filles. Enfin, à cause de l’amour. Enfin, à cause de l’amour quand il s’arrête et vous cloue sur place. Trop vite, à cause des questions qui tournent constamment dans nos esprits comme des petits vélos agaçants. Il y a ce que le monde attend de nous, il y a ce qu’on attend de nous-mêmes, il y a ce qu’on attend du monde, et on doit se débrouiller comme ça.

Pour qu’il batte un peu moins durement, on peut être tenté par les anxiolytiques, ils sont là pour ça non ? « 20 milligrammes » est une chanson importante pour moi. J’ai mis du temps à mettre ce thème en chanson, or j’en avais besoin, dans le fond comme dans la forme.

J’ai composé l’intégralité de ces 14 titres, sauf 2, ce qui fait 12. A ma grande fierté, je dois la musique de « Ton petit adultère » à Maxime Le Forestier et celle de « Lire aux chiottes » au duo d’Archimède.

Il faut que j’évoque le plaisir que j’ai eu à travailler avec benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorPolérik Rouvière, qui signe la réalisation de ce disque. Je lui parlais de Rodriguez pour les cuivres, d’Eminem pour l’intensité, des Beatles pour les batteries, de Gainsbourg pour les basses, de MGMT pour les claviers, de Dylan, d’Ennio Morricone, de Feist, que sais-je encore... Son travail a été de me faire taire au bout d’un
moment, et de faire en sorte que mes chansons ne ressemblent qu’à moi. J’ai trouvé avec lui le son que je cherchais depuis longtemps.

Pour finir, je ne peux passer sous silence ce jour d’août 2015 où j’ai trouvé Alain Souchon en personne sur mon paillasson ! J’explique. Avec une gentillesse déconcertante, il avait accepté de venir expressément dans mon petit appartement enregistrer sa si belle phrase « Tu la voyais grande et c’est une toute petite vie », pour le titre « Dernièrement (acte V) ».

De battre, mon cœur ne s’est pas arrêté.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorInterview :

Cinq ans entre ton dernier disque et celui-ci. As-tu trouvé le temps long ?

Oui. S’il y a eu un peu de frustration, il y a eu aussi plein d’évènements qui ont ponctué cette attente. J’ai notamment fait beaucoup de concerts. Mais discographiquement parlant, ce n’est pas passé vite. Je ne peux pas dire que j’ai passé cinq années délicieuses à attendre.

Je te le dis à chaque fois que je te vois, mais je ne comprends pas que tu ne sois pas plus reconnu et soutenu.

Je me suis longtemps demandé pourquoi il en était ainsi, mais franchement, aujourd’hui, je cesse de me poser la question. J’ai une très belle reconnaissance des gens qui font ce métier, Renaud dans un premier temps, puisque c’est lui qui a produit mon premier album Jeunesse se passe, puis Francis Cabrel quelques années plus tard. J’ai tendance à dire que Renaud m’a découvert et que Cabrel m’a relancé. « Il a découvert mon travail lors des Rencontres d’Astaffort auxquelles j’ai participé en 2013, puis a eu dans les mois qui ont suivi d’autres occasions de m’écouter. Il m’a alors invité à passer une semaine avec lui dans son studio. Rien que ça. J’ai profité de ses suggestions très avisées, de ses guitares très avisées aussi, de sa gentillesse. Francis joue du banjo sur « Aïe ouille » et chante avec moi en clin d’œil dans le dernier refrain de « Dernièrement (acte V) ». Il faut dressez l’oreille… Non seulement on a travaillé dur, mais en plus, on a bien rigolé. Et rigoler, y compris de moi-même, c’est peut-être ce que je préfère au monde, vous savez. Peu après, lorsqu’il m’a proposé d’assurer toutes les premières parties de sa nouvelle tournée, j’ai tout fait pour que l’album soit prêt pour ce rendez-vous avec son public. J’ai cessé d’attendre les maisons de disque qui ne l’ont d’ailleurs pas vraiment remarqué ».

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Benoît Dorémus chez et avec Francis Cabrel.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorOn s’habitue à côtoyer ces deux légendes de la chanson française ?

Il y a toujours un moment dans la journée où je fais un pas de côté et où je me dis « tu réalises ce que tu es en train de vivre ? » Je sais qu’il y a plein de gens qui donneraient beaucoup pour vivre ça, ne serait-ce qu’une heure. Cela dit, je ne suis pas tétanisé par le trac, l’enjeu ou qui ils sont, au contraire. Je ne dis pas oui à tout. Cabrel et Renaud aiment bien qu’on leur résiste un peu. Très vite, avec Renaud, nous nous sommes engueulés et boudés plein de fois. Cabrel, lui, est économe en mot. Il est plus calme. Ce sont des gens que j’admire énormément, mais une fois que nous sommes dans le concret, on ne peut pas être dans un état de vénération totale sinon, il est impossible de travailler. Je tiens également à préciser qu'il y a un autre grand artiste qui est très présent dans ma vie, c'est Maxime Le Forestier. Il est  toujours là quand j'ai besoin de conseils...

Justement, tu as fait récemment la première partie de Francis Cabrel pendant trois mois et cela s’est super bien passé.

J’ai fait 45 dates avec lui. C’était énorme !

Bande annonce d'En Tachycardie.

Ressens-tu de la douleur de ne pas être plus accepté et aimé ?benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandor

J’ai surtout ressenti de la culpabilité quand j’étais dans de grosses maisons de disque. Eux te parlent de ventes de disques et ça te met une pression de dingue. J’ai très mal vécu ça. Je fais partie des 95 % de chanteurs de ma génération qui font leur métier en vivant bon an mal an de leur métier. Et il y a les 5% qui cartonnent.

Au final, n’est-ce pas mieux de faire tout soi-même ?

Il y a le pour et le contre. C’est difficile de se passer de tout un tas de métier. Franchement, les métiers des maisons de disques me manquent. Je fais tout moi-même et quand je dis tout, c’est tout. Je suis allé chercher les disques à l’usine, je les ai envoyés aux 800 personnes qui l’ont préacheté sur KissKissBankBank, alors que j’étais en pleine tournée avec Cabrel. Cela fait neuf mois que j’ai des  journées de 12 à15 heures par jour. Je donne physiquement de ma personne. Je me transforme en producteur, en juriste, en attaché de presse, en administrateur, je signe les chèques… j’en passe et des bien pires.

Quelle énergie bousillée au lieu de créer !

C’est vrai que tout ceci est au détriment de la création. Je t’avoue que j’ai hâte de retrouver l’artiste qui sommeille en moi, qui a envie d’écrire, de trouver l’inspiration. Pour nous, chanteurs des années 2010, il faut tout faire soi-même.

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Benoît Doremus, Gaël Faure et Mandor. Interview en avril 2015.

As-tu eu la tentation de baisser les bras ?

Oui, il y a trois ans, quand j’ai vu que personne ne s’intéressait à cet album, qu’aucune maison n’en voulait. Je ne voyais pas comment l’enregistrer. Il faut de l’argent pour faire les choses bien, c’est le nerf de la guerre. « Après deux albums en major, j’ai mis un moment à m’adapter aux évolutions de mon métier. Je me suis senti perdu et découragé bien des fois, j’ai mal vécu cette attente compliquée commune à bien des chanteurs de ma génération. Heureusement, il y a la scène pour faire vivre les chansons, il y a le soutien du public, et les coups de pouces de compères comme Renan Luce, Alexis HK ou Oldelaf. »

Je sais que tu as hésité à demander de l’argent sur un site participatif.

Oui, mais c’est mon manager qui a eu les mots qu’il fallait pour me décoincer. Il m’a dit : « Benoît, c’est juste du préachat. Les gens qui t’aiment bien, qui te connaissent, achètent maintenant ton disque et il ne sort que dans six mois. Rien de plus. S’ils ont envie de donner plus des 15 euros qu’ils auraient donnés à la Fnac, ils le peuvent. Ils ont la possibilité d’avoir des petits cadeaux de ta part, tu ne voles personne… » Il a fini par me décomplexer et j’ai accepté de rentrer dans ce système. J’ai remarqué que les gens sont contents d’avoir ce lien avec l’artiste…  J’ai atteint en 24 heures une somme que j’attendais sur un mois. Ca fait énormément de bien et c’est très gratifiant. « La somme finale m’a non seulement permis d’enregistrer en toute indépendance mais m’a aussi fait prendre la mesure de l’attente du public pour la suite de mes histoires. J’ai foncé en studio ».

Clip de "Bêtes à chagrin", réalisé par Thierry Teston avec Valentine Atlan. Montage Nicolas Elie.

Les chanteurs sont-ils tous des « bêtes à chagrin » ?

Dans cette chanson, je mets en garde. Attention ! Les artistes dans leur quotidien, hors micro et hors caméra ne sont pas forcément ceux que l’on fantasme. Ils peuvent faire du mal car un artiste est quelqu’un qui est hanté, qui est un peu prisonnier de son intériorité et de ses questionnements. Y a-t-il de la place pour de l’amour dans le cerveau déjà bien encombré d’un artiste ? J’ai essayé de mettre de l’humour, de la tendresse et de l’autodérision dans cette chanson. Il y a des clins d’œil à des artistes que je fréquente.

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Benoît Dorémus et Renaud.

J’ai pensé à Renaud, évidemment.

Renaud est clairement une bête à chagrin. C’est la personne la plus complexe que j’ai croisé dans ma vie. Francis Cabrel, lui, a l’air plus maître de ses émotions.

Un artiste est différent des autres ?

Oui, mais ça devient une douleur. J’utilise cette douleur et j’en fais du second degré pour que mes chansons ne soient pas plombantes. Un artiste est quelqu’un qui est plus sensible que la moyenne, dont le boulot est de faire en sorte que cette sensibilité résonne chez ceux qui l’écoutent. On transforme notre sensibilité en art.

Ton album sort des sentiers battus et il est très varié.

J’essaie de varier les plaisirs et de ne pas faire que de la chanson française en octosyllabe tout le temps, d’une chanson à l’autre. Même si ma famille reste la chanson, j’aime me diriger vers le hip-hop ou explorer d’autres planètes musicales. Je fais en sorte qu’on ne s’emmerde pas, ce qui me fait chercher des astuces dans la forme.

"Brassens en pleine poire", live en première partie de Francis Cabrel.

Dans certaines chansons, il faut gratter pour saisir le propos. On y parvient toujours, mais au bout de quelques écoutes.

J’aime bien qu’il y ait à manger au niveau du texte et que l’on n’ait pas tout compris à la première écoute. J’y tiens. Il y a toujours une histoire, un fil conducteur et une chute… mais toujours une deuxième couche.

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Pendant l'interview...

Tu t’amuses en écrivant ?

Je m’éclate. C’est le moment que je préfère. Parfois, c’est un peu dur parce que je ne trouve pas, alors je cherche, je retourne… et je finis par trouver. Tant que je sais que je suis sur une bonne chanson, le temps, le travail et la patience ne me dérangent pas. Au contraire.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorSais-tu quand une chanson est terminée ?

Quand j’estime qu’une chanson est terminée, je la joue à trois copains. J’ai des cobayes comme Renan Luce, Alexis HK (voir photo à gauche), Renaud et même Cabrel. Leur opinion compte énormément. Mais après ces appréciations, elle est validée, tamponnée, cachetonnée, quand la chanson traverse et réussit l’épreuve de la scène.

Un artiste fait du bien au gens. As-tu conscience  de l’importance de son rôle dans la société?

Pas assez, même si on me le dit parfois. C’est vrai que si je pense au bien que m’ont fait Alain Souchon, Renaud, Eminem, les Beatles ou Dylan, je ne me dis jamais que moi, je peux procurer la même chose à des gens. J’ai l’impression que c’est trop beau pour être vrai. Si mon travail peut faire du bien, je suis le plus heureux des hommes.

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Après l'interview, le 3 mars 2016.

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08 juin 2010

Benoît Doremus : interview pour l'album "2020"!

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l_155e9a2ee351495fbbc93f253df2f6fb.jpgBenoît Dorémus est un jeune artiste que je suis depuis son premier album « Jeunesse se passe ». J’avais déjà écrit une note après ma première rencontre avec celui que l’on appelle aujourd’hui, peut-être un peu vite, « le nouveau Renaud ». Je dis « un peu vite » parce que le sieur Dorémus à son propre talent… et aussi parce que comparaison n’est pas raison.

Poil au menton !

 

Le 17 mai dernier, je l’ai revu pour la promo de son nouveau disque « 2020 ».

Un disque que j’ai beaucoup apprécié, comme le témoigne l’article que j’ai écrit dans le nouveau « Addiction, le mag » du mois de juin (et sorti ce matin !), que je vous propose de lire à la fin de cette note.

Pour le moment, voici l’interview filmée (par Clément) pour MusiqueMag.

Et voici quelques clichés pris par Sabine, rédactrice stagiaire de MusiqueMag fort talentueuse et que j’emploie de temps en temps comme photographe pour ce blog. (Merci à elle!)

Avant l'interview...

 

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 Pendant...

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Après...

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 Et pour clore de chapitre « Dorémussien », voici le sus-cité article pour « Addiction, le mag ».

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11 décembre 2007

Benoît Dorémus... vu, l(o)u et corrigé!

 

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Comment vais-je traiter cette note ?

Je me suis posé cette question.

J’ai rencontré le jeune Benoît Dorémus vendredi dernier (quelques heures après Vincent Delerm), à l'occasion de la sortie de son premier disque Jeunesse se passe.

Dont est tirée cette chanson J'écris faux, je chante de la main gauche.

 

 

 

 

Ayant remarqué qu’une jeune blogueuse, amoureuse de la bonne chanson française, appréciait le bonhomme, je l’ai convié à se joindre à moi pour assister à l’interview.

Ma bonté me perdra.

Bon, comme Lou est jeune, forcément, elle est pressée… (moi, je ne suis qu’un lent et vieux croûton) et donc, dès le lendemain, la jeune demoiselle avait déjà écrit sa note sur le sujet (me grillant, au passage, la priorité... mais bon, rien ne sert de s’offusquer, j’ai 20 ans de plus, donc, plus beaucoup respectable…)

(C’est à ce moment, que normalement, vous devriez crier à la face de monde : « Non, Mandor, tu es encore tout jeune et beau et talentueux et toutes sortes de compliments hypocrites, mais qui font tout de même plaisir quand on atteint un âge « canonique »)

(Je dis ça, je dis rien.)

Donc, comment traiter cette note sur le jeune Benoît Dorémus, quand tout a été presque raconté ?

(Surtout qu'elle a bien compris la notion de "coulisses du show-biz"...)

Après de longues heures de méditation.

Hop ! Un coup de tantra, un coup de yoga et pim pam poum, je trouve la solution.

Sortez les cahiers et les crayons !

Aujourd’hui, commentaire de texte.

Pauvre Lou, si tu avais su…

Voici sa note intégrale. À partir de là, ce qui est un rouge est mon apport personnel à cette magnifique prose.

 

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Lou, c'est elle.

Il était une fois...

Ça commence bien !
Un beau matin où le réveil m'apporta la surprise d'un mail :

" Ça t'intéresse de venir avec moi interviewer (ou pas) Benito le vendredi 7 décembre à 15 h 45 chez EMI ?" Je me reconnais bien là...cette espèce de proposition complètement désintéressée…
Lui, c'est
Mandor, chroniqueur et journaliste remarquable notamment pour ses goûts musicaux de qualité.

Bon là, je ne vois pas grand-chose à redire. Tout est rigoureusement exact. Principalement la dernière phrase. Le mot « remarquable » est particulièrement bien trouvé. Même à la limite, vous pourriez vous arrêter ici, la suite est beaucoup moins intéressante.
Ce matin c'est le jour J....
Mais j'ai
rien à me mettre, j'envoie un mail à Merode "Jupe ou pantalon"... il me répond pantalon... par esprit de contradiction sûrement, je me retrouve en jupe et file, en retard, au boulot.

Je ne sais pas qui est Merode mais ce garçon devrait savoir que les vieux schnocks de mon espèce préfèrent les jeunes filles en jupe. Je loue l’esprit de contradiction de Lou (ça fait 3 loups dans la même phrase : Je, Lou et loue. Je ne sais pas si à ce stade de mes commentaires, vous me suivez, mais, bon, je me comprends et c’est déjà pas si mal…)
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Quel crâneur ce Benoît! Il verra quand il aura mon âge.


 

Quelques coups de fil avec divers centres culturels français en Asie... et je tente de ne pas angoisser. Pari réussi, je pars toute zen retrouver Mandor à 15 h à l'Ouest Bar...
 « Des coups de fil avec divers centre culturels français en Asie ! ». Ça en jette pas mal comme phrase. La grande classe internationale…Je la note et tenterai de la ressortir un jour.

Sinon, j’ai choisi l’Ouest Bar car c’est le troquet le plus près de la maison de disques EMI. Et moi, j’ai un certain côté pratique. Oh ! Ce n’est rien, ne soyez pas impressionné… des années d’expérience !
Première grande rencontre, celle avec un homme souriant, généreux et humble dont on pourrait sûrement passer des soirées entières à le questionner sur ses rencontres musicales d'Obispo à
Daphné (pour aller d'un extrême à l'autre!).

Oui, mais enfin, je tiens à dire ici qu’il m’arrive de parler d’autres choses que de mes souvenirs de guerre, surtout en soirée. J’irais presque jusqu’à affirmer que je ne cause pas de mes états de service en société. Sauf, si on me pose des questions avec insistance.

Je vous rappelle que je suis humble, souriant et généreux. Doublé d’un parfait modeste. Si.
Très vite (en courant ?) on rejoint les locaux d'EMI pour rencontrer et interviewer
Benito !Anagramme de Benoît ! C’est le double du chanteur dans ces chansons. Oui, Lou, il faut préciser ce genre de détail sinon, comment veux-tu que les lecteurs comprennent ?

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1ère rencontre avec son agent de presse, fort sympathique... mais Benito est en retard dans son interview précédente.C’est assez habituelle comme circonstance. Généralement, il y a le quart d’heure de retard réglementaire. Petite précision : cette loi systématique de physique n’a qu’un défaut : elle ne fonctionne pas (du tout) à l’envers. Le journaliste se doit d’être toujours à l’heure pile. Pas avant, pas après.
Nous aurons donc 20 min, chrono en main, pour l'interviewer, avant qu'il ne parte : direction le téléthon...

1er contact...Benoît qui court, direction les toilettes "je vais faire un petit pipi et j'arrive"
Mais je t'en prie !! ...
Là, très bien. Moi aussi, je n’aurais pas hésité à souligner cette phrase. Elle n’est pas anodine, car elle prouve que le chanteur ne se la pète pas. Pas encore, en tout cas. Il est resté naturel.
Comme Mandor se l'est dit aussi, je me dis tellement de choses, vous savez, le souci avec Benoit Dorémus est de trouver un point d'entrée original pour faire son interview. Oui, que voulez-vous ? C’est mon obsession: ne pas me diriger tête baissée dans la banalité la plus confondante (voir Delerm hier). Le faire parler de lui ? Il le fait dans ses chansons... et si on écoute son album de A à Z, on aura vite découvert l'histoire de Sarclo / Renaud / la guitare / la production de l'album et le lancement de sa carrière ... Bon, en fait, pour ceux qui entendent parler de Benoît Dorémus pour la première fois, je suis quand même obligé de donner quelques éclaircissements à ce que vous venez de lire. C’est le chanteur suisse Sarcloret (voir ma note sur lui) qui s’est arrangé pour que le jeune artiste rencontre Renaud (voir ma note sur lui bis), son idole de jeunesse. Le premier lui a donné une guitare à remettre en main propre au second. Benoît en a profité pour lui donner une démo et c’est ainsi que quelques jours plus tard, Renaud, conquis par son talent, décide de produire son premier album. Mais aussi son caractère, sa façon de se protéger en nous prévenant qu'il écrit faux et chante de la main gauche (le comble étant que ce sont les plus doués qui s'excusent, quand d'autres s'affirment malgré leurs incompétences!) Bien dit !... sa peur de ce temps qui passe et qu'il aimerait parfois ralentir voir stopper !
Mais t'inquiètes Benito, t'as toujours
17 ans non ?!

Alors pour éviter de lui faire parler de Renaud, Mandor lui demande de nous raconter sa rencontre avec Sarclo...

Moi aussi, j’ai l’esprit de contradiction.

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Benoît avec Sarcloret à Genève. Septembre 2005.


 

Depuis 2003, Benoit connaît la scène... partant d'un 1er petit concert dans un bar du 11ème La Fontaine , il sillonne peu à peu les bars de la capitale, sans sono, la guitare à la main... faisant croire qu'il a 15 titres alors qu'il n'en a alors que 8... le coquin ! tentant de trouver des musiciens.

Lou ? Tu as un magnéto à la place du cerveau où quoi ? Je viens de réécouter l’interview, c’est exactement ça !
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Peu à peu il s'entoure, prend de l'assurance, et complète son carnet de bord de nouveaux textes...
Puis commençant à épuiser sa liste des bars parisiens à écumer (je passe sous silence ses confidences quant aux troquets ! ;-) ) ...Non, non, vas-y, raconte ! il s'exporte et rencontre en Suisse le fameux Sarclo.

De là découle l'histoire avec
Renaud qu'il a du tant de fois répété.
Bon, ça, je l’ai dit aussi.

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Renaud et Benoît au studio ICB de Bruxelles. Mars 2006.


Mais si on l'interroge sur ses influences, Benoit tient à en citer d'autres... Alain Souchon notamment, sans oublier Eminem.
Mandor cherche d'ailleurs à expliquer son style vocal... entre chanson française, hip-hop, slam... ? Je sais, c’est très fort comme interrogation !
et là je sens que justement ce que Benoît apprécie, c'est qu'on lui dise qu'il n'est pas complètement l'un d'eux, mais bel et bien le résultat de toutes ces influences revendiquées qui fait de lui un artiste à part entière et unique.
Amen !
On évoque également son goût pour l'écriture, et il nous parle alors de son roman « impubliable » et de sa fierté d'avoir achevé alors un projet... mais nous explique que bizarrement la versification lui sied mieux que la prose malgré les contraintes qui en découlent, justifiant cela par son goût de la rime, etc...
Il faut avouer qu'il n'en a pas que le goût mais aussi le talent !

Amen !
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Il nous parle aussi de sa jalousie... petit sourire rougissant, Benito reconnaît qu'il y a une part (petite?) d'exagération... mais c'est trop tard il s'est une fois de plus dénudé dans ses textes !
Je confirme. Ca n’a servi à rien que je me retape, ce matin, les 25 minutes d’interview, vu que Lou ressort tout par cœur.
C’est dégueulasse de me mâcher autant le travail. Je ne peux rien ajouter au débat…
Puis petite réflexion sur sa notoriété... est-ce vraiment ça qui lui plaît... la reconnaissance du public, des médias et de la critique musicale, voire littéraire ? (on passera sous silence ses relations purement sexuelles avec ses 9 fans exclusifs dont je lui avoue vouloir faire parti alors... ;) Malheureuse, ne passe pas ça sous silence ! Tout le monde aime le croustillant. Et mes stats, tu y penses à mes stats ??? Tu as une certaine propension à ne pas raconter ce qu’il y a de plus passionnant, je trouve petit clin d'oeil de Benoit... comment pourrait-on ne pas être sous le charme?) Tu n’exagères pas un peu ? Il n’est pas si beau, si sympathique et talentueux que ça. Non, son petit côté rebelle ne plait pas autant aux filles que tu le crois. Hein, les filles ? Finalement, il s'attache assez peu à cette notoriété... il est d'ailleurs subtilement humble, mais il apprécie le contact avec son public, avec ses "fans", ceux qui ne le connaissent pas d'aujourd'hui... le tout avec modestie, naturel et aisance. Un peu comme Mandor, en somme. Beaucoup de points communs avec moi, c’est fou 
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Sa fierté serait plutôt d'avoir réussi son pari... d'être enfin chanteur, reconnu, entouré et diffusé... de faire ce qui lui plaît et il faut avouer que c'est un luxe qu'il a malgré tout du mal à savourer tandis que tout s'enchaîne, lui laissant peu le répit de le faire.1ère télé en direct pour le Téléthon, c'est une nouvelle expérience qui s'ajoute à ce bout de chemin qu'on te souhaite de continuer sur ta si belle lancée.
Merci Benito !
Merci Mandor ! J'attends ton article avec impatience...

 

De rien.

Heu… pas trop déçue ?

D’aucun dirait que je ne me suis pas foulé.

Alors, qu’en vrai, si, je me suis foulé.

On se boit un dernier thé, débrieffing, réflexions... du thé, les amis ! Oui, vous avez bien lu. Pour un premier rendez-vous, je reste raisonnable…il faut avouer qu'il nous a charmé et convaincu par sa sympathie le Dorémus !

Son MySpace...

Un autre clip, celui-ci tourné avec des bouts de ficelle... J'apprends le métier. La chanson figure aussi sur l'album. 

 

 

Rendez-vous jeudi (après-demain) au Zèbre de Belleville. 

 

Oui, et puis aussi ce soir. Lou organise une petite rencontre de blogueurs (et gueuses).

Bon, franchement, c’est plus que pas mal ton compte-rendu, mademoiselle.

Sincèrement.

Et puis, ça m’a fait gagner du temps, j’ai une longue journée aujourd’hui.

Merci à toi!