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31 janvier 2008

Béni Snassen... Chevaliers des temps modernes!

  
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 Vous vous souvenez, il y a trois semaines, j'avais filé un coup de projo sur ce collectif rap...

"Il aura fallu attendre la naissance de Béni Snassen pour rendre à la culture du collectif Rap ses lettres de noblesse.

Voici donc Spleen et Idéal, le premier projet à sortir sous la bannière du nouveau label Gibraltar, porté par Abd al Malik puis nourri par la présence de Bi'lin, Wallen, les NAP, Hamcho, Mattéo Falkone et un spécial guest de choix Ali.

  

Serais-ce le premier album Hip Hop humaniste? L'approche artistique de ces chevaliers des temps modernes ne nous laisse guerre entendre autre chose. C'est une belle histoire qui commence là, le genre de récit épique où ce n'est pas l'issue du combat qui importe mais le combat lui même".*

(*Extraits du dossier de presse.)

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Voici donc la suite...

C'est parti!

1e57cdebeee51880f39564cc17ce6109.jpgIl y a une part de violence en nous que l’on ne peut ignorer…

Mais il y a aussi en l’homme cette capacité exemplaire à la maîtriser.

Woaw ! Déjà là, ça commence fort. Le slogan de Beni Snassen, il en jette un max.

Beni Snassen (un peu de culture, s’il vous plait !), c’était une confédération tribale dans l’oriental marocain. Comme l’explique le dossier de presse : « Un territoire montagneux qui accueillaient depuis des siècles des tribus bien distinctes revendiquant leur unité, n’hésitant pas à exprimer leur désaccord, leur résistance, toujours avec respect, honneur et bravoure ce qui d’ailleurs valut à un char français de porter le nom de Beni Snassen. »

 

Jeudi dernier (le 24 janvier), j’ai été convié à rencontrer trois membres de ce collectif rap. Je ne parle pas beaucoup de rap ici, parce que je n’aime pas le rap. Mais, là, c’est différent, l’un des instigateurs de cette aventure est Abd al Malik (avec sa femme Wallen et Fabien Coste).

Et Abd al Malik, je l’aime bien. Certes, qu’on le compare à Brel m’exaspère (parce que ce type de comparaison est parfaitement stupide), mais le garçon est pétri de talent, c’est sûr.

J’arrive dans une petite pièce de chez EMI ou m’attendent sagement 3 Beni Snassen. Warda (l’une des deux sœurs Bi’lin), Fabien Coste (aka Badr), le producteur du disque et Abd al Malik. Ces deux derniers, je les avais rencontrés dans des circonstances, pour le moins originales…

D’ailleurs, Fabien me fixe et finit par me dire :

-On s’est croisé où ?

-J’ai interviewé Abd al Malik pour son album Gibraltar. Vous étiez avec lui ce jour-là.

-Oui, mais c’était où ?

-Euh… au Mac Do de l’Aquaboulevard.

Les deux, de crier : « Ah, oui, c’était toi ! » 

Et Abd al Malik, d’ajouter :

-A chaque fois qu’on passe devant, on repense à ce journaliste qui a consciencieusement fait son interview, assis à une table du Mac Do… devant un chicken et un coca !

-Oui, ben, moi, c’est pareil, à chaque fois que je passe devant, je répète l’anecdote à qui se trouve à côté de moi. Quand je suis seul, je me la raconte à moi-même…j’ai une vie tout à fait passionnante.

-Tu sais que tu étais le premier, en tout cas, un des tout premiers à t’intéresser à mon disque ? Tu m’as porté chance. Merci !

(De rien, moi, si je peux rendre service !)

C’était là d’ailleurs. La top classe internationale !

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Bref, je vois Warda qui sourit à cette méga aventure pittoresque, comme si elle se détendait, genre, « bon, lui, visiblement, il va être gentil avec nous. »

Mais, je suis toujours gentil, moi, avec les artistes. Surtout avec ceux qui deux jours plus tard, sont fait « chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres » par la ministre de la Culture Christine Albanel ». C’était le cas pour Abd al Malik, dimanche, à Cannes au premier jour du Midem (Marché international du disque et de l'édition musicale).

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J’attaque en demandant au futur nouveau « chevalier » de m’expliquer le pourquoi du comment de ce collectif.

Abd al Malik : Je tiens à dire qu’avant que l’on concrétise le projet Beni Snassen, il y avait déjà un collectif. Des artistes qui gravitaient autour de mon groupe NAP. On s’était toujours promis que le premier qui aurait du succès ferait quelque chose qui permettrait de mettre en avant les autres. Notre démarche s’inscrit parfaitement dans la culture hip-hop. Le collectif. Si chacun à sa singularité, il y a une idée commune. Il s’agit de trouver l’unité dans la diversité et la diversité dans l’unité. On se connaît depuis longtemps, on est fan des uns et des autres et au final, il y a une saine compétition entre nous. On se porte tous vers le haut.

Warda précise timidement : Il n’y a ni hiérarchie, ni rivalité entre nous. Pour le duo que je forme avec ma sœur (Bi’lin), Hamcho, Mattéo Falkone et les NAP, c’est bien de travailler avec Wallen et Abd al Malik. Ils ont beaucoup d’expérience et sont très enrichissants. Ce que je trouve étonnant, c’est que nous avons écrit et composé séparément et qu’à la fin, il y a une unité à cet album. C’est parce que nous sommes dans le même état d’esprit.

Fabien Coste, acquiesce. Il n’est pas là pour décorer la salle. S’il est producteur, il est aussi l’un des concepteurs du projet, donc, il participe activement à la promo. Je le soupçonne même d’aimer ça.

-On est dans une dynamique de travail, de rigueur et de respect des choses. On veut brandir l’étendard du hip-hop pour montrer que c’est une forme culturelle musicale qui fait partie de notre patrimoine. On veut prouver qu’elle est accessible dans le fond comme dans la forme. Ce qui nous unit, c’est notre humanité. Elle va nous servir à construire un pont entre les cultures…

Abd al Malik lui coupe presque la parole.

-Oui, et nous avons écrit les textes dans une forme d’urgence. Le rap, c’est une musique qui traîne des casseroles. Nous voulons dire : « N’ayons plus peur ! Essayons d’aller voir ce qu’il y a chez l’autre, observer ce qu’il y a derrière. »

Je ne comprends pas ce qu’il vous sous-entendre par là. Les rappeurs ne sont plus considérés comme des méchants sans foi ni loi… enfin, il me semble.

-Ce n’est pas ce que je veux dire, mais enfin, les rappeurs ne sont pas en périphérie de la société et du monde. Les crissements de cette société, l’individualisme, le rapport au matérialisme, une forme de misogynie, etc…etc… on les vit. On est parfois comme ça, parce que la société est comme ça. Le rap est à l’image de la société.

Tous les artistes du collectif se retrouvent autour de ses valeurs de « chevalerie universelle » comme autour d’une source intarissable d’inspiration qui leur rappelle leur soif d’idéal.

Mais franchement, je les entends dire partout qu’ils sont les chevaliers des temps modernes. Je demande à Abd al Malik, à moitié en plaisantant, s’ils n’exagèrent pas un chouia….

-Celles et ceux qui sont une démarche d’espoir et dans une dynamique de bonté sont des chevaliers. L’idée, c’est de comprendre que lorsque l’on rêve seul, ça ne reste qu’un rêve, mais dès que l’on rêve à plusieurs, c’est le début des temps nouveaux qui sont là.

Et Fabien Coste d’ajouter :

-Le temps est neuf à chaque instant. Ce qui va être demain, c’est ce qu’on fait maintenant. Nous on veut bouleverser la société par le prisme de l’art et de la culture.

Je reste assez interloqué devant cette assurance. Je réitère différemment mes propos. ? N’ont-ils pas peur de passer pour des prétentieuses personnes pétant gaillardement un câble ?

Abd al Malik ne se démonte pas.

 

-D’abord, nous n’avons peur de rien. Des discours, on en a des merveilleux, des devises gravées dans la roche aussi. Il s’agit maintenant de rendre réelles dans le quotidien les paroles prononcées. Le changement est dans nos mains. Nous artistes, vous journalistes, le boucher, le facteur, le chômeur… tous, nous devons être acteur du changement. La communauté humaine doit être à la hauteur d’elle-même. S’il y a de la prétention à dire que, finalement, la meilleure des choses pour améliorer le monde, c’est s’améliorer soi-même, ça ne me dérange pas de passer pour un prétentieux. On est là pour agir, pas pour se demander ce qu’untel va penser de notre démarche. L’essentiel, c’est de faire avancer les choses. Nous sommes sur cette Terre pour cela.

Bon, ce qu’il y a de certain, c’est que les Beni Snassen sont bien dans leurs trucs. À fond dans le concept et les personnages. C’est bien.

A tout bien réfléchir, Beni Snassen/FAPM, même combat, sauf que nous, nous agissons dans l’ombre.

Très discrètement.

Et puis, on ne sait ni raper, ni slamer, encore moins chanter… enfin, on de débrouille comme on peut.

On mange, on boit, on refait le monde à notre façon.

Tout pareil, quoi !

Ici donc, 3 Beni Snassen et un FAPM.

(Même pas peur!)

 

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De gauche à droite, Abd al Malik, Mandor, Warda (Bil’in) et Fabien Coste (Badr).

Les nouveaux maîtres du monde (ouais, ben, j’m’inclus, si je veux !).

(Hein ? Pardon ? Je n’ai pas dit un mot sur le disque en lui-même… normal, je ne dis que du bien ici. J’ai tellement aimé Gibraltar, le disque d’Abd al Malik, que j’ai été forcément déçu par celui des Beni Snassen. Pourtant mixé et arrangé par Renaud Létang (Feist, Gonzales, Katerine) et produit par Bilal. Mais, encore une fois, le rap n’est pas ma culture, c’est presque normal que je n’apprécie guère. Si vous voulez lire une critique qui colle, à peu de choses près, à ce que je pense, petit curieux, allez lire la chronique de ma copine Marie Cartier sur Zik addict.

Allez, une autre vidéo. Les Beni Snassen dans Ce soir ou Jamais sur France 3.

 

 

 

www.myspace.com/benisnassen

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