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02 février 2010

Antoine Dole... laisse brûler.

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(crédit : Fabrice Manga)

Antoine Dole est un écrivain français âgé de 28 ans.

9782849240328.jpgEt je le suis depuis son premier livre « Les Autopsies intimes ».

C’est un garçon à l’écriture violente, aiguisée, choquante parfois, dont les inspirations sont aux antipodes des miennes (ceci dit, je ne suis pas sûr d’apprécier la lecture d’un roman qui raconterait l’histoire d’un père de famille, journaliste, à qui il n’arrive pas grand-chose…).

J’aime les livres d’Antoine Dole. Son style, ses histoires.

Présentation de l’auteur  (largement inspiré de sa fiche Wikipédia, dont je peux assurer la véracité, puisque je connais un peu le jeune homme).

C’est à travers la littérature des années 90 (Virginie Despentes et Guillaume Dustan, entre autres) qu’Antoine Dole va faire l’apprentissage d’une littérature décomplexée à la syntaxe particulière.

Après des études de psychologie, pendant lesquelles il se fera surtout connaître par le biais de son blog (SeeMeAngry), ce dernier se tourne vers l’écriture avec un premier recueil de textes (Les Autopsies intimes, Editions du Cygne, 2007), véritable boîte noire d’une société à la dérive. Première mandorisation.

60d3dded1f09c25b509542d80bb1b2da.jpgAntoine Dole participe ensuite à différentes revues papiers et est vite repéré par Tibo Bérard. Il publie en 2008 un premier roman (Éditions Sarbacane, collection Exprim), Je reviens de mourir. Deuxième mandorisation.

Des journalistes voient dans ce texte la naissance du digne héritier de Virginie Despentes, le comparant même aux œuvres à l'énergie brute de Larry Clark. Le roman figurera dans la sélection 2008 du prix de l'ARALD.

Mais ce premier roman vaudra aussi à son auteur d’être taxé de misogynie par certains médias, ce dernier étant même accusé d’offrir à ses lecteurs une vision glamour du suicide. La polémique s’étendra à des librairies et bibliothèques qui boycotteront l’ouvrage peu de temps après sa parution, évoquant son caractère "pornographique".

Voir le site du Nouvel Obs.

On en est là.

En mars 2010, un deuxième roman, intitulé Laisse brûler, va paraître aux Éditions Sarbacane, dans la même collection, Exprim. L'auteur continue d'y explorer son obsession pour une société faite d'incommunicabilité et de misère sexuelle. Pour en assurer la promotion, Fabrice Manga (2-35 productions) réalise avec Antoine Dole une nouvelle bande-annonce.

La Voici :


Laisse brûler Antoine Dole, 2-35
envoyé par imyourheroone.

J’ai demandé à Antoine de venir à la radio pour enregistrer un podcast.

Ce qui fut fait le jeudi 28 janvier dernier...

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Première partie :

-Présentation de l’auteur.

-Ses précédents ouvrages.

-Ses romans dans une collection jeunesse, alors que…
podcast

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Deuxième partie :

-Présenter son livre dans les écoles.

-La revue « En attendant l’or ».
podcast

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Troisième partie :

-Il écrit depuis toujours.

-Blogueurs précurseurs.

-La promo…
podcast

28.01.10 Antoine Dole 3.JPG

couv laisse bruler.jpgQuatrième partie :

-« Laisse brûler » : difficile pitch et présentation des trois personnages principaux.

-Un héros « liquide ».
podcast

Cinquième partie :

-Suite de la présentation des personnages.

-Un prochain livre aux éditions Au Diable Vauvert (avec la rappeuse Sté Strausz, ils sont partis à la rencontre de 50 femmes qui ont construit et construisent le hip hop des années à aujourd’hui. L’ouvrage présente, sous la forme de fictions, l’histoire de ces femmes emblématiques de toute une génération. Le recueil paraîtra en mars 2010 au Diable Vauvert et sera illustré par des photos d’Emmanuelle Tricoire.)

-En avril 2010, c'est du côté de l'illustration qu'on retrouve Antoine Dole, pour la publication de sa première bande-dessinée, intitulée Bad Romance (City Editions) où il met sa propre vie en scène. Un extrait :

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-Un essai sur « les nouvelles virilités » aux éditions de la Musardine.
podcast

04 janvier 2008

Antoine Dole... profession (h)auteur!

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Avant-hier, j’ai rencontré Antoine Dole. Ce n’est pas la première fois que je m’entretiens avec lui d’un de ses livres. L’année dernière, c’était pour son recueil de nouvelles (enfin, pas vraiment des « nouvelles », mais le propos du jour n’est pas là...) : Les autopsies intimes.

Antoine est avec moi pour me parler de son premier roman publié dans une maison d’édition (parce qu’il en a d’autres qui traînent ici et là sur quelques sites Internet) : Je reviens de mourir.

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Il me paraît plus calme, plus serein. Allez, j’ose… presque heureux.

Ce qui n’a pas toujours été le cas chez ce garçon.

Nous nous installons à la Villa Pereire (au même endroit qu’à cette occasion).

Une menthe à l’eau pour lui, un thé citron pour moi.

(Je signale au passage que je me calme nettement au niveau de la boisson euphorisante…)

(Enfin, juste l’après-midi.)

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Nous parlons un peu de comment nous allons bien tous les deux et d’autres sujets plus confidentiels. Et puis, je sors mon Sanyo.

Antoine sourit. Il sait qu’à partir de ce moment-là, nous ne serons plus tout à fait naturels, mais que ça fait partie du jeu quand on rencontre Mandor.

Ce livre est un « conte défait ».

Il y a Marion, il y a Eve.

Marion aime Nicolas, jusqu’aux coups reçus, jusqu’aux « clients » qu’il la force à voir.

Eve est une dévoreuse d’homme (rencontrés sur Internet), jusqu’au jour où elle rencontre David. Un alter ego masculin.

Du destin de l’une dépendra la survie de l’autre… (Dixit la 4eme de couverture).

Bien sûr, c’est parfois violent, mais Antoine Dole n’en rajoute pas.

Écriture tout en parcimonie.

Prose simple, percutante et efficace… pas un mot de trop, pas de longueurs, du rythme et une diversité de style selon les personnages.

-Cette fois-ci, je me suis fait plaisir, beaucoup plus qu’avec Les autopsies intimes. Je me suis lâché en images et en métaphores.

Et notamment sur l’amour. J’ai hésité à vous donner quelques exemples, mais ce serait vous gâcher le plaisir.

Donc, je m’abstiens même si ça me démange.

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Antoine est un malin. Il nous balade.

Tant est si bien qu’il est extrêmement difficile d’évoquer ce roman, car il faut ménager le suspense, ne rien dévoiler, laisser la surprise aux lecteurs.

C’est un livre à clefs, un livre de perceptions et de fantasmes. Quelle est la vraie réalité de ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux ?

Un livre piège.

 

-Le point de départ de ce livre est venu d’une réflexion que je me suis posé à la fin d’une relation destructrice. Quelle question doit-on se poser ? Jusqu’où est-on capable d’aller par amour ? Ou bien: Jusqu’où la personne qui t’aime est capable de te laisser aller ? Mes deux héroïnes sont les pendants de ces deux questions. Marion est celle qui laisse l’autre décider et Eve, elle, décide de se poser ses propres limites.

Antoine Dole réfléchit puis reprend.

-C’est l’histoire de deux trajectoires. Deux jeunes femmes qui, à un moment de leur vie, sont liées par la notion d’incommunicabilité. Chacune en fait quelque chose de différent. Au final, elles aboutissent au même endroit.

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S’il est effectivement beaucoup question d’incommunicabilité, ce livre résume aussi une certaine philosophie sur la misère amoureuse de notre temps.

f4bc882f1936cdef8f7e303307aee893.jpgPour tout dire, Antoine est un garçon un peu dur avec l’amour, un brin désillusionné. « On est une génération qui a peur de souffrir. » Il m’explique que les jeunes de son âge, ceux qu’ils fréquentent en tout cas, ont un regard peu positif à l’égard des grandes histoires d’amour et surtout du couple.

 

-Si je parle de prostitution au sens propre dans mon livre, ce n’est pas un hasard. Au fond, dans un couple, on est tous amené à se prostituer. Mentalement, en tout cas, pour être ce que l’autre demande.

Oui, le jeune Dole est radical, violent parfois, mais sensible, beaucoup.

Un mélange aussi détonant qu’étonnant.

(Formule facile, mais, dans le cas présent, très vraie !)

Il me confie qu’une jeune comédienne est intéressée « pour porter le projet d’une adaptation cinématographique »

Je ne donne pas son nom, parce qu’il m’a prié d’être une tombe.

Ce que je sais être.

Parfois.

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Antoine file pour un autre rendez-vous. Il voit beaucoup de monde, car il fourmille de projet.

Un jeune homme dont je pressens que l’on n’a pas fini d’entendre parler.

Nous nous reverrons bientôt.

Pour son prochain livre, je pense.

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J’aime bien mon rendez-vous annuel avec lui.

Pour finir, je vous rediffuse la bande-annonce de son livre…

Bande-annonce qui fait pas mal réagir chez les blogueurs littéraires (voir et aussi ici).

 

 

Ici, le MySpace d'Antoine...

Là, son blog de "critique littéraire".

Et enfin, l'article Strictement Confidentiel de Dahlia.

18 avril 2007

Antoine Dole... le Hulk de la littérature!

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Antoine Dole pourrait être un jeune homme énervant.

Il se présente ainsi sur son site :

        

 « Je ne cherche pas à négocier ce que je suis. Je ne cherche pas à être un bon garçon, docile et agréable. Je ne cherche pas à être exemplaire. En aucun cas. Alors, je peux dire que ça va, je suis prêt à écrire. Et ce qui est important, dans le fond, c’est les raisons pour lesquelles j’ai entrepris ce voyage dans mes profondeurs, c’est ça qui a changé qui je suis, pas l’endroit où je vais…» A.D

medium_Antoine_dole_red.jpgMais, en vrai, ce garçon de 23 ans ne l’est pas (énervant).

J’ai découvert ce nouvel auteur grâce à Olivia Michel, avec qui il dirige la revue En attendant l’or (voir leur soirée de présentation ici).

Antoine Dole, d’après ce que j’en ai lu me semble être un écorché vif  doublé d’un type pas très bien dans sa peau (ce qui, globalement, doit revenir au même...).

Du coup, il écrit.

Tout le temps.

Des nouvelles, des romans, des pensées…

Il lui est arrivé de me laisser quelques commentaires ici et le personnage a fini par m’intriguer. J’ai voulu savoir qui se cachait derrière ces mots.

Le jeune homme n’habite pas à Paris alors, j’ai attendu qu’il vienne dans la capitale pour le Mandoriser.

Le mardi 10 Avril, la chose fut faite.

Je lui ai donné rendez-vous à Porte de la Chapelle pour déjeuner.

Je sais, il y a mieux comme quartier, mais je devais faire une autre interview dans le coin peu après.

Nous rentrons dans le premier restaurant venu.

Antoine est gentil, un peu timide, mais l’esprit vif et droit. Aussi charmant à l’extérieur qu’obscur à l’intérieur. On sent en lui une certaine dichotomie.

Le bien, le mal se bousculent.

De toute manière, à la poubelle le manichéisme…

Au cours de la conversation, je constate aussi qu’il sait parfaitement ce qu’il veut et qu’il ne mâche pas ses mots. Les conséquences de ses actes, de ses écrits, il les assumera sans l’ombre d’un doute.

Et pourtant, le garçon est tenaillé par le doute.

J’adore la complexité et le paradoxe des hommes.

Beurk les gens lisses !

(Certains me considèrent ainsi d’ailleurs.

Faudrait juste avoir la curiosité de gratter un peu… je ne montre pas mon vrai jour à n’importe qui.)

Il me raconte que l’un de ses blogs était de couleur verte, comme son héros préféré.

Un héros qui lui ressemble. Un héros double.

Parfois, il est le docteur Banner, parfois il se transforme en Hulk

-Quand j’écris, c’est qu’il y a quelque chose qui sort et qui me dépasse vraiment. Je suis très violent dans les propos que j’arrive à obtenir avec mon écriture alors que je suis plus tranquille dans la vie. Tu vois, comme là, à cet instant précis.

medium_Antoine_dole_couverture_revue.jpgRapidement, la conversation porte sur la revue dont il est le fer de lance :

En attendant l’or (le rendez-vous de la scène littéraire alternative).

Antoine m’explique qu’il ne s’attendait pas à un tel retour de bâton. Les critiques, notamment sur les blogs littéraires, ont été virulentes. Il en est fort contrarié.

Touché, mais pas encore coulé.

-Je n’étais pas préparé à recevoir une volée de bois verts. Nous aurions du écrire qu’il s’agissait du « rendez-vous de l’une des scènes littéraires alternatives » car, visiblement, beaucoup ne se sont pas reconnus dans ce premier numéro. Mais je persiste à dire qu’il y a une vraie scène littéraire mise en place par le net. Avec Olivia, nous souhaitons la mettre en avant et nous réfutons la polémique qui traîne sur Internet. Nous n’avons pas pris d’amis à nous. Nous en avons démarché deux sur la toile. Pablo Krantz et Marylou Viennel, c’est tout. Les autres ont simplement répondu à un appel à texte qu’on a véhiculé sur nos sites respectifs, sur celui du Buzz littéraire  et sur celui de la revue. Nous avons reçu un peu moins de 300 textes d’une qualité inégale. Olivia et moi avons lu chacun de notre côté tous les textes. Nous avons fait ensuite une liste de 20 nouvelles chacun et étrangement, nos 20 noms étaient les mêmes. Il a fallu en éliminer 5 et c’était difficile.

Les autres sont donc : Julia Kino, Jérôme Bonneto, Caroline Petit, Patrick Tuan, Axl Cendres, Sylvie Del Nevo, Ritta Badoura, Samuel Raharison, Paul Austère, Isabelle Dumont et Laura Berent.

Olivia Michel et Antoine Dole ont également publié leur texte… histoire de mouiller la chemise…

Notons enfin la participation de Aymeric Patricot (son blog et là, sa Mandorisation), Max Monnehay, ainsi que les artistes chanteurs musiciens Mayane Delem et Louis.

Du beau monde, je vous l’assure, pour traiter le sujet imposé : L’errance.

 

Quant à ceux qui critiquent sytématiquement toutes nouvelles initiatives, je lui dis de ne pas trop en tenir compte (sauf quand elles sont constructives, ce qui est loin d'être toujours le cas).

C'est toujours comme ça.

Les gens qui ne font rien détruisent.

Comportement vieux comme le monde.

Antoine n’arrive pas à manger et à parler en même temps. Il est gêné. Ça m’amuse parce qu’il trouve que ce medium_antoine_dole.jpgn’est pas esthétique. Moi, je ne me pose pas ce genre de question. Son image lui pose des problèmes. Il me l’avoue. Bizarre, il est plutôt beau garçon et son charme est indéniable.

Il a ses raisons.

Il me les a expliqué mais c’est un peu personnel.

Mais pas sans rapport avec un roman à venir, L’âme au Napalm.

Pas une biographie, mais presque.

Duraille.

Ses états d’âme, son mal-être, il l’expulse par le biais de l’écriture.

-Ma littérature ne m’autorise aucune hésitation et aucune prudence. Il faut que j’aille dedans.

Lisez son nouveau livre, Les autopsies intimes, recueil de 33 textes, de 33 vies qui sort le 7 mai prochain :

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« Des anonymes, ou peut-être pas vraiment. Derrière la porte de votre voisin, dans la rue en bas de chez vous, cette personne que vous venez de croiser. Peut être vous, d’ailleurs. Les trente-trois pièces d’un même puzzle. Portrait de notre société.

Le point commun entre une vieille dame seule sur le sol de sa cuisine à Paris pendant la canicule de 2003 et un gosse de 6 ans pris dans l’explosion d’un train de banlieue en Espagne pendant les attentats de Madrid ? Le point commun entre cette mère qui donne la mort à son fils dans un hôpital de Berck, et ce père qui serre contre lui ce bébé qui vient de naître un matin de novembre ?

Un seul : ça pourrait être vous.

À partir de maintenant, oubliez qui vous êtes. »

Je n’ai pas lu le livre.

Pas encore reçu, donc, je ne porte aucun jugement dessus.

Ayant apprécié d’autres textes de lui, j’ai hâte de suivre ses pérégrinations littéraires, car il a une belle plume.

Fragile et forte, douloureusement ironique, même pas porteuse d’espoir.

Mais belle.

Une écriture qui trifouille l’intérieur et qui ne laisse pas de glace.

Antoine Dole ne devrait pas rester inconnu longtemps.

-J’insiste sur un point important. Je n’ai pas créé la revue pour me faire connaître. J’ai juste besoin d’entreprendre, pour les autres et pour moi. C’est viscéral !

La peur que l’on ne comprenne pas sa démarche, la peur d’être incompris en général, c’est finalement ce qui le fait avancer.

Le solitaire Antoine Dole aime le monde, mais il ne le comprend pas. C’est là tout son problème, je crois. (Merci Mandor pour cette psychanalyse de comptoir !)

Et à propos de comptoir…

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Je me pose juste une question.

Pourquoi suis-je attiré par les gens ténébreux ?

Fishturn, tu n'es pas exclu de cette remarque.

(Et pardon à toi, Antoine, si je ne t’ai pas perçu comme tu es réellement.

C’est juste ma vision. Elle est forcément faussée.)