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20 juillet 2013

NACH : interview pour son premier EP

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Dans la famille Chedid, il y avait la grand-mère Andrée, écrivain et poète. Il y a toujours le père Louis, chanteur, une de mes idoles de jeunesse que je continue à apprécier sans modération. Il y a le fils, le phénoménal Matthieu alias -M-, devenu poids lourd de la scène française (voir tout ce beau monde en bas de cette chronique).

Anna Chedid arrive à son tour sous les feux de la rampe avec un pseudo, NASH, un projet pop-rock francophone très original.

LOGO NACH SUR NOIR.jpg"Lève-toi", "Oh oui je t'aime" et "Libre", les trois titres disponibles aujourd'hui à l'écoute sur une clé USB (album prévu début 2014) donnent une idée du talent de la jeune femme. Des compos béton et des textes, piquants mélanges d'ironie et de romantisme. Sa voix ensuite. Ample, puissante, se baladant sans démonstration.

Elle est passée me voir à l’agence le 10 juillet dernier.

(Merci à Christelle Florence d’avoir organisé la rencontre si rapidement et avec efficacité). Sa page Facebook.

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Biographie officielle :

Subtil est l'art de celle qui se fait appeler NACH.
Un jeu de miroirs, chassé-croisé musical, portrait chinois toujours en devenir… L'univers de Nach se refuse au formatage, cher aux géomètres du marché de la musique.

Conservatoire, comédie, scène rock: Dans son kaléidoscope à elle, tournent Scarlatti, Tim Burton, Hendrix, La Callas, Mathieu Boogaerts, Nina Simone, Khalil Gibran et les Fleurs du Mal.

DSC08346nn.JPGInterview :

Si vous êtes une enfant de la balle, vous avez tout de même envisagé ce métier sérieusement. Vous avez fait le conservatoire par exemple.

Bien sûr, la musique a bercé mon enfance et j’ai toujours été en contact avec des instruments de musique. Si j’ai été sensibilisée à cet art, je ne pensais réellement pas du tout en faire mon métier. Je pensais être psychologue ou comédienne. En fait, j’écrivais beaucoup. Un jour, j’ai écrit un morceau pour quelqu’un et j’ai commencé à le chanter. Et là, j’ai eu une révélation très forte. J’ai compris que moi aussi, j’étais reliée à la musique… comme presque tout le monde dans ma famille.

Vous vous êtes dit à un moment : « je ne vais quand même pas faire comme les autres ! »

Il y a un peu de ça. À un moment donné, il faut arrêter. Nous ne sommes pas bons qu’à ça ! Et en fait, j’ai suivi le mouvement.

Vous, vous êtes plus intéressée par la voix.

Oui. J’ai même fait du chant lyrique.

Et maintenant, vous faites quoi ?

De la chanson française pop. Après, je ne fais pas de la musique pour rentrer dans les cases.

Teaser "Film live".

Dans le film que l’on trouve dans votre clé USB, il y a trois chansons. Toutes différentes les unes des autres.

Moi, je m’investis dans ma chanson comme dans un thème, dans une couleur, dans une ambiance et dans une histoire à part entière. Je ne suis pas la même dans la tête quand j’écris « Lève-toi », « Oh oui, je t’aime ! » ou « Je suis libre ». Quand je chante l’une d’elles, je me retrouve dans l’état d’esprit dans lequel j’étais quand je l’ai créée.

Quand vous avez décidé de vous y mettre à fond, vous avez demandé conseil à votre père ?

Quel que soit mon métier, j’aurais demandé conseil comme le fait une fille auprès des siens. Après, c’est un luxe incroyable d’avoir mon père ou mon frère Matthieu qui ont beaucoup d’expérience et qui peuvent m’aider, qui peuvent répondre à des questions et surtout qui peuvent me comprendre.

Je sais que vous êtes par contre très indépendants les uns des autres artistiquement.

Oui. On est vraiment chacun dans sa créativité, sa musique et après, on se donne du recul, des avis…

"Minuit". Enregistrement live au Comptoir Général.

Mais, jeunette, vous trainiez dans les pattes de votre père en studio quand il répétait ou enregistrait. C’est un peu normal que vous attrapiez le virus.

Oui, mais regardez ma sœur. Elle, elle fait de la création vidéo, elle n’est pas chanteuse. Bon, au fond, c’est sûr, vous avez raison. Ça me parait assez évident que je sois sur ces traces-là.

Mais, y a-t-il un processus intellectuel qui fait que l’on se dit, moi, je ne vais pas suivre le courant.

Ce n’est pas réfléchi de cette manière-là. Si on s’écoute vraiment et qu’on a quelque chose à dire et qu’on a vraiment envie de faire ce métier parce qu’on en a besoin aussi, on n’a pas besoin de se dire qu’on va se démarquer des autres. Je ne suis pas comme Matthieu, je suis une fille avec une histoire différente de la sienne, même si on est de la même famille. J’ai un autre univers, je dis autre chose et je dégage autre chose.

M interprète le titre "Délivre" sur le plateau des Victoires de la musique 2011 en compagnie de sa soeur Anna.

Vous avez tourné deux ans avec lui comme musicienne et choriste. Ca vous a apporté quoi de jouer devant 6000 personnes régulièrement ?

C’est fou parce qu’il y a aussi mon autre frère Joseph dans l’aventure. Donc, se retrouver tous les trois dans ce cas de figure, c’est très fort. Joseph et moi, on avait peu d’expérience et on s’est retrouvé à faire 12 Olympia, 3 Bercy, Les Vieilles Charrues devant 60 000 personnes, on est parti en Chine, au Canada… bref, c’était la folie totale. Ça a été un rêve fulgurant de deux ans. Matthieu a été notre pilier. Il nous a beaucoup appris.

Pourquoi, vous permet-il de vivre ça ?

Je pense fondamentalement qu’il le fait parce qu’il en a profondément envie. Artistiquement, il en a envie. Il est content d’avoir ma voix par exemple sur ses choeurs. Il est content d’avoir mon clavier. Et je pense aussi que c’est un gros cadeau qu’il nous fait. Il a 16 ans de plus que nous. Au-delà d’être le frère, il a un côté « papa » avec nous. Ça fait partie de l’éducation qu’il nous offre.

Quand on passe de 6000 personnes en jouant pour un chanteur populaire comme -M- à pas grand monde pour son projet personnel, ce n’est pas un peu déstabilisant ?

Ça remet les pendules à l’heure. Ça me montre où je suis. Ce qui est génial dans ce métier, c’est que, même si on joue devant 60 000 personnes aux Vieilles Charrues et que le lendemain, on joue devant 30 personnes dans un appartement à Paris, l’émotion, dans un sens, est la même. C’est la même démarche. C’est la musique !

"Lève toi". Session Francosonik sur le Mouv'

Vous faites les textes et la musique de vos chansons.

J’adore écrire, j’adore composer, j’adore chanter et même j’adore travailler pour les autres.

Vous écrivez beaucoup ?

Je compose surtout beaucoup. Les textes viennent souvent après. À mon sens, c’est plus difficile d’écrire un texte que de composer une mélodie.

Vous en êtes où aujourd’hui, dans votre carrière en tant que NACH ?

Ça va lentement, mais sûrement. Ça va lentement, mais au bon rythme j’ai l’impression. Là, j’ai très envie de faire mon premier disque, mais je pense que ça va arriver bientôt. J’espère le sortir en 2014.

C’est qui NACH, exactement?

NACH, c’est moi. C’est une voix féminine qui chante des textes en Français. Après NASH se partage avec qui veut.

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464031_10151457341627842_297972270_o.jpgVous avez besoin d’être entourée de proches pour votre tournée personnelle.

La tournée, c’est une aventure humaine. Une tournée, c’est 5%, on fait de la musique et le reste, on vit. Je suis comme Matthieu, je veux aussi en faire profiter les gens que j’aime.

Quand les gens viennent vous voir sur scène, vous savez qu’ils viennent d’abord voir la sœur de ou la fille de.

Je le sais parfaitement. Il ne faut pas arriver avec cette énergie là sur scène. Si j’arrive en m’excusant d’exister, ça ne marchera jamais. Au-delà d’être la sœur de -M-, je suis aussi NACH.

Les chansons sont déjà écrites en vue du futur premier album ?

J’en ai énormément dans mes tiroirs parce que ça fait très longtemps que j’en écris. En 8 ans, j’en ai fait pas mal. Il va falloir que je les réécoute toutes. J’en ai une quarantaine, dont pas mal que je ne joue plus du tout auxquelles je pense un peu en ce moment. J’ai des textes forts. Bon, en plus, j’en fais aussi pas mal des nouvelles. C’est inspirant de vouloir faire un disque. Il faut juste que je trouve une cohérence entre mes anciennes chansons et les nouvelles.

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Votre grand-mère Andrée, que je connaissais un peu et que j’aimais beaucoup, a-t-elle eu de l’influence sur vous ?

Oui, c’est elle, à 8 ans, qui m’a offert mon premier cahier. Je voulais être poète quand j’étais petite, certainement parce qu’elle l’était. Elle m’a beaucoup poussée à écrire. C’est beaucoup grâce à elle que j’aime écrire.

Elle a lu certains de vos textes ?

Malheureusement non. Mais peut-être qu’elle les entend de là-haut ?

Tu es à la recherche d’un label, je crois ?

J’ai un super éditeur, j’ai un super tourneur, j’ai un super manager, mais je n’ai pas de label. Même si je ne trouve pas de label, de toute manière, je ferai mon disque par mes propres moyens. Je trouverai une solution. Je sens que c’est le moment, je ne vais donc pas attendre.

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Bonus mandorien:

Quelques moments chédidiens de ma vie des années 90 à aujourd'hui...

La Grand-Mère, Andrée Chédid.

Le 12 décembre 1998, à Radio Notre Dame.

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Là, pour une émission sur Lucy, j'avais réuni Andrée Chédid pour Lucy, la femme verticale et le paléonthologue, "papa" de Lucy, Yves Coppens pour Le genou de Lucy. Grande et belle émission... qui s'est tenu le 1er avril 1999.

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Le papa, Louis Chédid.

Le 15 janvier 1993 : rencontre à la Fnac de Strasbourg.

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Le 11 octobre 2010 dans un bar de la capitale pour la sortie de On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime (voir la mandorisation, là).

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Et Matthieu Chédid, à l'occasion de la sortie de son dernier disque, Îl, pour CD'Aujourdhui (voir là).

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16 novembre 2012

-M-: CD'Aujourd'hui (+interview intégrale)

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Je n’avais encore jamais rencontré Matthieu Chédid (dit-M-). Son père, Louis, et sa grand-mère, Andrée, de nombreuses fois, mais pas lui. Les hasards de la vie ne nous avaient pas encore placés sur le même chemin. L’émission CD’Aujourd’hui m’a permis d’y remédier.

Le 2 novembre dernier, dans les studios de Music Live Productions à Montrouge, nous avons enregistré/filmé une session de "Mojo" rien que pour nous (3 prises), puis je l’ai interviewé pour l’émission… comme elle ne dure que deux minutes, je vous propose ici l’intégralité de l’entretien.

Avant de le lire, je vous propose ma chronique parue dans le nouveau ActuFnac (daté du mois de novembre 2012)

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Pour regarder le CD'Aujourd'hui consacré à l'album Îl de -M-, diffusé le jour de la sortie du disque le 12 novembre dernier, il vous suffit de cliquer ici.

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Interview:

Faut-il surprendre pour faire un bon disque ?

Je crois qu’il faut se surprendre soi-même et surtout avoir le sentiment de se renouveler, de réinventer et , paradoxalement, de ne pas être dans la peur de se copier soi même. L’inconnu est une bonne chose, quitte à même parfois déraper ou se tromper. C’est important d’oser. Il faut se surprendre soi-même. Plus on se surprend, plus on surprend les autres.

Comment parvient-on à se surprendre ?

On se surprend surtout dans les rencontres. Je crois que j’ai besoin de me régénérer en faisant de nouvelles rencontres, c’est la raison pour laquelle je suis allé à Los Angeles. Ça m’a donné beaucoup d’énergie. Même si je l’ai ramené en France. J’ai fait ce disque dans mon petit studio à Paris. C’était pour moi comme une renaissance, un redémarrage, une nouvelle ère. J’ai eu l’idée d’inventer une île, d’inventer un lieu et surtout de s’amuser.

Qu’est ce que c’est le Îl du titre de l’album ?

Ce qui est important pour moi, c’est de laisser la porte ouverte à l’autre, c'est-à-dire d’enlever une lettre. Ça permet juste d’ouvrir l’imaginaire et de s’inventer son histoire et son propre lieu, c’est ça qui m’intéresse. À l’image des chansons. J’étais dans l’économie des mots. Ce n’était pas par flemmardise, mais par volonté artistique de laisser beaucoup de place à l’imaginaire.

-M-, MOJO, premier single extrait du nouvel album Îl.

Vous jouez beaucoup plus avec les mots dans cet album. C’est flagrant.

C’est important pour moi de désacraliser le côté littéraire. On a l’habitude en France d’être très attaché aux mots, à la grammaire. On est presque un peu cul serré. Il faut qu’on parvienne à se débrider. Grâce à ma famille, ma grand-mère et mon père notamment, qui maîtrisent vraiment la langue et qui l’a subliment, j’ai acquis un savoir-faire qui m’a permis de la violenter et de lâcher prise sur le côté trop sérieux. Dans cet album, tout est prétexte au jeu et à l’énergie positive.

Vous vous accordez même quelques libertés avec la langue française.

Une chanson permet tout. Par rapport à un texte écrit, quand on chante on peut inventer des orthographes, des grammaires, des formules. Ce sont les petites inventions qui m’intéressent.

Il y a un texte très revendicatif dans lequel vous vous adressez aux politiques, « La grosse bombe ». On n’a pas l’habitude de vous entendre lancer des messages si  frontalement.

« La grosse bombe » est une chanson d’adolescence. Je l’ai composée il y a 15 ans, à l’époque du Baptême. Elle est réapparue comme ça dans l’énergie de ce nouvel album. C’est une chanson un peu frontale et premier degré, mais en même temps, avec un humour qui sauve tout. C’est une raillerie sur la surenchère et sur la mascarade politique qui évidemment me touche.

-M- revient 1 an et demi plus tard devant les caméras du HibOO pour interpréter "Océan", extrait de son nouvel album Îl.

En écoutant ce disque, on a la sensation qu’il s’est fait dans la joie et la bonne humeur.

Ça s’est fait entre potes et dans la joie de faire de la musique, d’inventer des choses, de créer des sons, j’allais dire pousser les boutons à 11, faire un peu n’importe quoi, comme des sales gosses, un peu. C’est vraiment l’album du lâcher-prise. Peu importe le regard de l’autre, amusons-nous et soyons libres totalement. Quand on a la chance d’avoir un public et de créer comme ça un univers, on peut vite s’enfermer, avoir peur de décevoir. Je crois qu’il faut se faire confiance et aller au bout de ses idées. Ce disque est le premier disque que j’ai gardé en secret pratiquement jusqu’à la sortie. La plupart de mes proches n’ont pas écouté ce disque encore. Je l’ai préservé pour aller au bout de mes intentions, des idées et de la folie de ce disque.

Ce disque est plus énergique, voire plus viril que les précédents.

Je suis gêné par le terme viril. Je dirais qu’il est plus masculin. Ce n’est pas pour rien que l’album s’appelle Îl. C’est peut-être le disque d’un homme plus que celui d’un adolescent ou même d’un adulescent. Grâce à ma fille et au fait que j’ai 40 ans, ça me permet d’aller plus dans le délire parce qu’à 40 ans, on peut faire n’importe quoi aussi… tout en étant responsable.

On dit que le succès endort. Vous luttez contre ce phénomène ?

C’est tellement une chance le succès et tellement un miracle, voire même un accident que, quand il se répète, c’est troublant. J’ai toujours appris grâce à mon père que tout cela était éphémère et très fragile. Je sais que la vie et ce métier sont fragiles, je m’attends toujours à ce que tout ça s’arrête. J’ai tellement conscience que j’ai de la chance que ça marche, que j’essaie d’être perpétuellement à la hauteur de cette chance.

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Ca met de la pression de vouloir être à la hauteur ?

Oui, mais ça met de la pression avec soi même, d’être en phase avec soi, honnête et juste avec sa vie intérieure. Ce que je veux, c’est être connecté, faire plaisir aux gens et balancer de l’énergie positive.

Se renouveler, faire un album différent à chaque fois, c’est aussi prendre des risques.

J’espère me remettre en question à chaque fois. Chaque nouvel album est un premier disque. On me rappelle à chaque fois que j’ai une histoire que j’ai fait ça avant. Je suis en vie. J’ai besoin de me transformer, de me réinventer, de ne pas figer ma musique et mon personnage.

C’est un album plus positif que les précédents.

L’énergie musicale est avant tout une énergie animale. Au-delà du mental, au-delà de l’intellectualisme, je veux donner un message charnel et sensuel et donc, ça passe par le rythme,  l’intensité et quelque chose d’indéfinissable qui nous dépasse un peu.

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Pendant la session de "Mojo"

On voyage beaucoup dans ce disque. Il y a des rythmes orientaux, hispanisants...

Ce disque est composé de titres qui sont comme des petites scènes hollywoodiennes. Ce sont des décors assez typés. On va à fond dans les univers et dans les jeux de rôles.

Vous êtes très fier de ce disque, je crois.

Même si c’est la scène qui va encore plus enflammer ce disque, je considère qu’il fait partie des grands disques de -M-.

Vous craignez les réactions du public ?

Je ne crains pas. Je les accepte avec bonheur. Je comprends aussi bien quelqu’un qui est agacé par ma voix que quelqu’un qui va être apaisé par elle. Ça fait partie de la vie. Chacun est dans son monde, chacun est dans son île, justement. Ne pas plaire à tout le monde à un côté rassurant. Ça veut dire qu’on avance. Si c’est trop consensuel, il y a un problème quelque part. Je suis rassuré quand la chose bouscule un peu. J’accepte le regard de l’autre et en même temps je suis heureux de faire du bien aux gens.

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Petite session photo après interview.

2 novembre 2012 à Montrouge.

16 novembre 2010

Louis Chédid : interview pour "On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime".

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 (Photo : Claude Gassian)

L’une des chansons les plus connues du répertoire de Louis Chedid s’intitule « Ainsi soit-il ». Elle témoigne de cette vie qui, album après album, se déroule devant nous comme un long travelling. Un plan-séquence parfois discret – « mais je suis quelqu’un qui rebondit bien dans ses moments de creux », sourit-il. Il en a eu quelques-uns, des moments creux, certes, mais pas excessivement longs. Louis Chédid est un « contemplatif » assumé, doux rêveur revendiqué au point de faire profession de « faire rêver les autres ». La dernière fois que j’ai rencontré Louis Chédid, c'était le 11 octobre dernier pour la sortie de son nouvel album au titre fleuve, dont l’évidence s’écoule aussi simplement que l’eau du ruisseau : On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime. Comme un écho à ces mots de Victor Hugo : « Il faut s’aimer, et puis il faut se le dire, et puis il faut se l’écrire… ».  

Avant d'aller plus loins, voici ma critique publiée dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc datée du mois de novembre 2010:

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Le lieu de rendez-vous est une ancienne crémerie des années 50 devenue restaurant branché de la capitale. Le 1979. J’arrive avec un cameraman et un photographe. L’équipe « lourde » en somme. Moi, le solitaire, déboule parfois avec « capteurs de souvenirs », quand l’interviewé fait partie de mon panthéon personnel. (Voir ici et , deux précédentes rencontres...)

C’est Voici.fr qui me précède. Discrètement, j’écoute ce que racontent le chanteur et le questionneur, histoire de ne pas prendre le même chemin lors de mon « interrogatoire en douceur ». C’est une technique que j’emploie souvent pour me distinguer de mes prédécesseurs.  

Mandor n’est qu’un tricheur.

 
Quand mon tour arrive, Louis Chédid, me semble un peu las, mais il se reprend dès la poignée de main. Encore une fois, nous sommes en fin de journée et je suis le dernier des journalistes qu’il reçoit. Je ne suis pas inquiet, c’est la quatrième fois que je me retrouve en tête-à-tête pour évoquer un des ses albums.
Voici le résultat pour MusiqueMag:

 

Allons plus loin, avec une mandorisation en règle...

5414939074929.jpgCet album est l’un des plus importants pour Louis Chédid. On l'a compris, il l’a enregistré avec son fils Matthieu (le chanteur -M-).

 

- Il n’y a rien de planifié entre nous. On a un plaisir énorme à travailler ensemble et j’espère que l’on continuera ensemble longtemps parce que les expériences ont toujours été positives. Au fond, ça fait presque 20 ans que l’on bosse ensemble à petites touches. Il est même venu jouer en toutes discrétions sur certaines de mes tournées. D’abord et avant tout, c’est une relation musicale que nous avons, après le côté père-fils, c’est la cerise sur le gâteau. Le fait que l’on se connaisse depuis toujours, ça emmène un truc en plus, mais au départ, c’est vraiment deux musiciens qui bossent ensemble. Sur son album Mister Mystère, c’était la première fois qu’il me demandait de travailler sur un projet à lui. Ça nous a rapprochés encore plus. Pendant les mixages, je lui ai proposé que l’on fasse mon futur disque ensemble. Que l’on joue tous les instruments à deux. Ca l’a séduit parce que lui, son fantasme, c’est de faire un disque tout seul. On s’est retrouvé en studio en janvier 2009, on s’est pris 10 jours et on tout fait pendant ce laps de temps. On a bossé finalement de manière très détendue et en dix jours, nous avions une quinzaine de chansons. C’était fou ! On a enregistré presque deux chansons par jour.

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Évidemment, avant l’enregistrement de ce 16e album, il s’est posé l’éternelle question : « de quoi vais-je bien pouvoir parler ? ».

- A chaque disque, on a peur de lasser. C’est effrayant ! Aujourd’hui, c’est le début… les journalistes entendent le disque depuis quelques jours et le retour est plutôt encourageant et bienveillant, mais il y a un mois, vous m’auriez-vous… j’étais décomposé. Ce disque là, évidemment, c’est mon premier disque. Les 15 disques d’avant, je dirai même que ça me dessert. Il y a des gens qui ont adoré Ainsi soit-il ou Anne, ma sœur Anne, T’as beau pas être beau ou Papillon ou je ne sais quel autre titre et qui vont obligatoirement les comparer à mes nouvelles chansons. Ce n’est pas un « plus » les études comparatives, vous savez. Quand on fait un disque, on a envie d’être actuel et on n’a surtout pas envie de vivre sur un capital. En tout cas, ce n’est pas mon truc du tout. Cet album est donc pour moi, le tout premier. Je commence ma carrière, là.

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Louis Chédid 11.10.10 5.jpgChaleureux, ce nouveau disque offre son lot de chansons intemporelles, tendres, drôles ou déchirantes. Des ritournelles jamais mièvres, capables d’épouser l’amour, osant le déclarer, de le faire encore une fois rimer avec toujours ou avec « rupture », mais sans drame : « L’amour est au cœur de ce qui me fait chanter. Après tout, la plupart d’entre nous ne rêvent que de ça : être heureux en amour… »

Le nouveau Chedid propose aussi ses chansons impliquées, comme autrefois les titres marquants : Anne ma sœur Anne (« elle sort de sa tanière la nazie nostalgie »), T’as beau pas être beau (« y a des colorants pas marrants, du mazout dans les océans… ») ou le Chacha de l’insécurité (« chacha morose, chacha névrose »). Désormais, le chanteur entame À force (« de rêver d’un repas et d’un lit chaud (…) on s’imagine pas un jour sans abri »). Comme Alain Souchon, il est l’un des chanteurs français les plus subversifs, l’air de rien. 

- Il n’y a pas que nous, il y en a d’autres... Après, effectivement, nous avons une façon de concevoir les chansons qui attirent les oreilles. Elles peuvent être graves et profondes, aux messages engagés, mais nous faisons en sorte que la musique ne paraphrase pas le texte. La musique n’est pas dans le même état d’esprit que le texte. Par exemple, quand j’ai fait de la scène avec Anne, ma sœur Anne, je voyais les gens suivre le rythme en tapant des mains. Au début, ça me choquait, je me disais qu’ils ne comprenaient rien à la chanson. Et bien si ! Au contraire. S’ils n’avaient pas tapé dans leurs mains, ils n’auraient peut-être jamais été séduits par le texte. Il faut qu’il y ait quelque chose de spectaculaire dans une chanson, quelque chose qui séduise. Je ne me censure jamais, mais quand j’ai un message d’important à faire passer, je veux que ce soit quelque chose qui fasse bouger les gens.

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L’ami Chédid semble être devenu un espèce de sage. Je lui explique que son album est plus profond que les précédents, il me demande de lui en expliquer les raisons. Je réponds que je ne sais pas. Juste une sensation…

 

- Peut-être que je suis devenu plus profond. C’est l’avantage de l’âge et de l’expérience. (En riant) Soit on n’a rien compris et là, c’est foutu, soit on a vécu des tas de trucs, positifs ou négatifs et ça vous fait relativiser, on est plus sur des choses essentielles. Heureusement qu’on tire des conclusions des expériences de nos vies. Je me rends de plus en plus compte que les choses qui touchent le plus les gens, c’est quand vous êtes sincères et vrais, que vous parlez des choses qui viennent du fond de vous. Les artistes sont souvent touchants dans leurs faiblesses et leurs défauts, pas dans la brillance de soi même.  

 

L’album s’ouvre sur Tu peux compter sur moi, chanson sur l’amitié... l’occasion de lui demander quel genre d’ami il est.


-
Je pense que je suis quelqu’un d’assez affectueux, assez peu égocentrique. Pudique et à la fois mettant à l’aise les gens. Je ne suis pas du tout dans le rapport de force. Je déteste les rapports de pouvoir avec les gens, cela m’horripile. Je trouve que c’est très important de rester normal.

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Pour clore l’entretien, j’évoque la chanson, Maman, maman.  Chanson dédiée à sa mère (l’écrivain et poète Andrée Chédid que j’ai reçu bon nombre de fois dans diverses émissions radiophoniques). Elle est en train de s’éteindre doucement.

- C’est purement émotionnel. Cela vous sort comme cela. Je ne suis pas un cérébral, je suis très instinctif et c’est ma façon à moi d’envoyer un message autrement que par la voie traditionnelle. C’est quelque chose qui vole, va dans un sens ou dans un autre ou… nulle part. C’est comme un mot de tendresse que l’on met sous l’oreiller ou sur un frigidaire. C’est aussi simple que cela. Je ne me demande pas si c’est impudique. J’estime que c’est comme cela qu’il faut que je le fasse. Je préfère ne pas en dire plus.

 

Louis Chédid, homme pudique et sensible.

Chanteur à part.

Mandor aime ce genre d’homme.

Ainsi soit-il !

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Voici l'excellent clip de "Tu peux compter sur moi".


Louis Chedid - Tu peux compter sur moi
envoyé par ATMOSPHERIQUES. - Regardez la dernière sélection musicale. 

Toutes les photos de l'interview sont signées Vincent Nedelec. Merci à lui !