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23 juillet 2013

Keen'V: interview pour Ange ou démon

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-Ce que tu fais, à priori, c’est l’antithèse de ce que j’aime. J’ai 46 ans et je ne corresponds pas du tout au public visé. Mais ça m’intéressait quand même de te rencontrer. Par curiosité.

-Merci de ta franchise. Je comprends parfaitement que mon travail ne te touche pas.

-Mais, j’ai bossé sur ton disque comme je le fais sur n’importe quel autre disque que je traite habituellement et je dois dire que j’ai été surpris par tes chansons calmes et émouvantes comme « Mon père », « Elle nie l’évidence » ou « Malgré moi ». Ce sont réellement de très bonnes chansons. Je te suivrais presque avec intérêt si tu développais ce côté-là de ton répertoire.

-Moi, pour le moment, je suis bien avec ce que je fais et j’adore les morceaux rythmés que tu n’aimes pas. C’est dans celles-ci que je me sens le plus à l’aise et que j’aime le plus chanter… Tu sais, moi je chante pour faire danser et amuser les gens. Donner un peu de légèreté dans ce monde quand même pas mal obscur, il n'y a rien de déshonorant...

C’est ainsi que nous avons débuté notre conversation/interview avec Keen'V, le 9 juillet dernier dans au bar d’un hôtel parisien.

Voilà tout à fait le genre d’artiste vers lequel je ne viens pas naturellement. Et c’est (aussi) ce que j’apprécie dans mon métier. Rencontrer quelqu’un qui ne m’inspire pas un intérêt grandiose (voire même qui m’indispose textuellement et musicalement) parce qu’un des médias pour lequel je travaille m’y incite… et être surpris. Par les qualités humaines et les propos échangés.

J’ai rencontré Keen'V pour le site musical auquel je collabore, MusiqueMag (l’interview originale est visible là.) Mais, j’ai aussi chroniqué le disque pour lequel je rencontre l’artiste pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté des mois de juillet/août 2013).

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keen v,ange ou démon,interview,musiquemagInterview :

Dans cet album, il y a le Keen'V que l’on connait, chansons légères sur rythmes dansants, mais aussi des chansons profondes et émouvantes. Celles-ci ne sont heureusement pas inspirées de ta vie personnelle.

Comme je me suis mis une grosse carapace, j’ai du mal à être touché par quoi que ce soit. Donc, j’ai du mal à m’inspirer de mes propres difficultés. Il y a juste en amour où, éventuellement, je parle un peu de mes histoires.

Ce qui est curieux dans ce disque, c’est qu’il a des chansons comme « Quitte-moi » dans laquelle tu joues une ordure et celle qui lui succède, « Je ne gâcherai pas tout », dans laquelle tu es l’homme idéal.

C’est l’antagonisme parfait. Tu as l’enculé et le mec adorable. Je suis content que tu aies employé l’expression « jouer », parce que c’est exactement ça. Je joue mes chansons et ce n’est jamais moi. J’aime bien prendre la musique comme si c’était de l’acting, comme si je jouais un rôle. Je me mets dans la peau du personnage. Jouer un enculé, personne ne le fait, pourquoi ne le ferais-je pas ?

Clip de "Copine de baise".

Comme tu le fais par exemple dans « Copine de baise », qui est une chanson très provocante.

J’ai eu pas mal de relations longues jusqu’au jour où je n’ai plus cru à l’amour. Aujourd’hui, comme je n’ai pas le temps de me poser, au final, j’ai des copines de baise. J’ai toujours dit que j’étais célibataire, mais que j’avais des copines. Je n’ai aucune honte à l’avouer et désormais, à le chanter.

C’est le quatrième album. Trouves-tu que ta carrière a progressé rapidement ?

Non. On a eu le temps de voir arriver les choses. En 2008, l’album Phenom’N a bien marché avec notamment le titre « À l’horizontale». On a fait deux ans de tournée avec ce disque. Quant j’ai sorti « J’aimerai trop » en 2001, tiré de l’album Carpe Diem, là par contre, on a été largué. On n’a pas vu arriver ce tube. À part ce méga succès, je trouve que tout est allé en progression.

Je sais que tu as l’impression qu’on te met des bâtons dans les roues. Explique-moi pourquoi tu as cette sensation ?

Je ne joue pas au people, moi. Je ne suis donc pas dans les petits papiers de certains. Je préfère me concentrer sur la musique pendant que d’autres sortent en soirée à boire du champagne.

Tu ne joues pas le jeu du show-biz.

Du tout. De la promo oui, mais pas du show-biz. La promo, à partir du moment où les questions sont intelligentes, c’est un réel plaisir. En toute honnêteté, je n’aime pas la foule et particulièrement la foule en mouvement. Sur scène ça va, mais je ne pourrais pas traverser la foule comme Johnny Hallyday.

Clip de "La vie du bon côté".

Dans ce disque, il y a plein de genres musicaux.

Je n’ai rien à prouver à quiconque. Sauf à mon public. Dans chacun de mes albums, il y a des styles musicaux différents, mais effectivement, dans celui-ci, nous sommes allés un peu plus loin. Il y a aussi du rock, du reggae, de la soul. Je ne me contente pas du dance hall qui a fait mon succès. Mon album, c’est comme un jus de fruit multivitaminé dans lequel il y a de tout. Des chansons rythmées et ensoleillées pour la plupart et des chansons émouvantes et lentes qui devraient déclenchées d’autres émotions.

Ta voix devient parfois plus blues…

Je n’ai pas une grande voix et il y a beaucoup de choses que je ne sais pas chanter. Ma vraie faculté n’est pas dans ma voix, mais plus dans ma façon d’interpréter. Je sais où aller par rapport aux chansons. Jacques Brel n’a jamais chanté comme Adèle, que je sache !

Pour beaucoup, ce que tu fais n’est pas d’un haut niveau. Dans l’esprit de beaucoup, keen v,ange ou démon,interview,musiquemagchanson légère égale chanson nulle.

Je m’en moque royalement. Ça me passe très largement au-dessus de ma tête. Je fais ce genre de musique parce que j’aime ça. Être critiqué par des gens qui n’aiment pas le genre que j’affectionne, je m’en fous. J’aime ça ! Tu n’aimes pas, et bien, n’écoutes pas ! Pendant qu’ils perdent leur temps à critiquer, moi je continue à tracer ma route. Ça ne m’atteint pas dans le sens où j’essaie de plaire à mon public. Plaire à tout le monde, c’est plaire à n’importe qui ! Je ne comprends pas pourquoi certains de mes collègues sont touchés par les critiques ?

Si un artiste en prend plein la gueule sur ses textes et sa musique, moi, je comprends qu’il le prenne moyennement.

Oui, mais si on ne t’explique pas pourquoi ce tu fais c’est de la merde, comment peut on être touché ?

Très sincèrement, tant mieux pour toi, si ça ne t’atteint pas.

Je relativise tout. Je sais que les gens qui disent que je ne sais pas chanter ne sont jamais venus me voir en live. Les gens qui sont venus, ils savent… Je vais plus loin. Les critiques, je les lis. Ça m’amuse et ça me détend même. Ça me permet de voir la profondeur de la débilité humaine. Et puis, très franchement, la vraie question dans tout ça, c’est : pourquoi des gens décident de commenter des forums ou des sites avec la ferme intention de détruire un artiste ? Moi, j’aime tellement la vie que je ne comprends pas cette perte de temps. Les seules critiques qui me font de la peine, ce sont celles de mon public.

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Tu te sens victime de la jalousie ?

Comme tout le monde. En France, plus tu montes, plus on veut te descendre. Nous sommes le seul pays dans le monde à agir ainsi. Ici, on n’aide pas les gens, on ne les encense pas, on veut qu’ils soient à notre niveau. Du coup, encore une fois, je m’en fous.

Tu es très détaché de la notoriété ?

Il y a des gens qui font Secret Story pour être reconnus, je ne comprends pas. Je ne comprends pas le fait de vouloir être reconnu dans la rue. Après ça t’empêches de vivre, donc je ne vois pas l’intérêt. Moi, je veux vivre de ma passion et point barre.

Tu es anxieux à quelques jours de la sortie de cet album ?

Je suis anxieux comme un gamin qui attend ses jouets de Noël. J’ai hâte de savoir ce que mon public va en penser... je ne veux tellement pas le décevoir.

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18 mai 2013

Laurent Lamarca : interview pour Nouvelle Fraîche

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(Photo : Julien Bourgeois)

Laurent Lamarca séduit, attire. Une tête d’écorché vif et un charisme émanant un naturel, une exactitude, une vérité dans les expressions, dans les gestes et dans les attitudes. Des textes d’un réalisme troublant et un côté voyou a faire chavirer le cœur des filles. Je l’ai rencontré le 5 décembre 2012. Oui, vous avez bien lu. Il y a plus de 5 mois. Nous avions convenu avec son attaché de presse que l’interview serait publiée quand l'album le sera en physique. Je ne crois pas qu’il le soit encore, alors je décide de mettre en ligne cette mini interview. Mini interview parce qu'en 5 mois, beaucoup de propos deviennent obsolètes. Dommage...

Biographie officielle (mais largement écourtée et quelque peu modifié. Du coup, ce n'est plus la biographie officielle, mais, bon... on ne va pas chipoter) :

Laurent Lamarca propose un premier disque, façonné en home studio avec son plus fidèle acolyte Victor. Laurent Lamarca, c’est une enfance heureuse en banlieue lyonnaise, passée à construire des cabanes, s'émerveiller devant les oiseaux, apprendre la clarinette. Des après-midis dans le garage de son père musicien, transformé en home studio: c'est là que retentirent les notes de son premier groupe, formé avec cousines et sœurs. Laurent Lamarca a vécu une adolescence placée sous le signe de la musique, partagée entre les groupes de rock à guitares héritées de Noir Désir et les projets trip-hop.

293642_355940034504026_1094673388_n.jpgUn jour, un éditeur parisien lui propose d'écrire des chansons pour les autres. Laurent accepte le défi et prend le chemin de la capitale. Très vite, il décide de revenir à un projet personnel et de chanter sous son propre nom.

Il travaille avec l'auteure Helene Pince, collaboratrice de Bertrand Burgalat ou Luce. Pour soigner les arrangements, il convie son ancien acolyte Victor. Au mix, il fait appel à l'omniprésent Julien Delfaud (Revolver, Keren Ann, Phoenix). De ces rencontres naîtront Nouvelle Fraîche, un premier disque à l'écriture sensible et au vaste champ musical, qui apparait comme le trait d'union entre les projets passés du monsieur. On y passe du folk, à la chanson, de la pop à des ambiances électroniques. Si le jeune homme respire la joie, ses textes souvent bouleversent.

Le clip de "J'ai laissé derrière moi" (une chanson qui me parle terriblement).

Laurent-Lamarca.jpgInterview :

Tu as vécu dans une ambiance familiale musicale.

Mon père est musicien. Ma mère aussi, d’ailleurs. Elle joue de l’accordéon. Bref, ils sont de très gros amateurs de musique. Depuis que je suis gamin, il y a des bœufs à la maison. Mes parents étaient un peu des hippies. Les gens arrivaient sans prévenir à la maison, ils fumaient des joints, jouaient de la gratte. J’ai été élevé dans ce genre de contexte.

En ce moment, tu vis le rêve de ton père…

C’est exactement ça. Mon père est sicilien et son parcours est bizarre. Il a fait beaucoup de rock , il y a très longtemps, puis il est devenu fan de Laurent Voulzy, ensuite, il a joué de l’electro acoustique, puis de la chanson, puis de la country. Là, en ce moment, il a monté un groupe de punk.

Clip de "Kleptomane".

Au départ, tu as joué dans pas mal de groupes, à Lyon.

Oui, ça ne fait que 3 ans que je suis à Paris. J’ai joué dans des groupes comme Musicale Partition, un groupe de variété sous influence Voulzy,  XX Mariani, groupe de rock sombre et fougueux, bref, plein de choses différentes,  pas toutes de très bon gout d’ailleurs. A Lyon, j’ai eu l’impression d’être arrivé un peu au bout de la chose. XX Mariani, groupe sur lequel j’étais à fond à l’époque, a splitté un peu de la douleur. D’un coup, je me suis retrouvé sans rien et je suis monté à Paris parce que j’ai eu un plan pour pouvoir faire des chansons pour d’autres artistes.

Qui ça ?

Camélia Jordana, Luce, Ycare, par exemple. Ça m’a fait pas mal bosser et ça m’a fait du bien.

Ca donne confiance en ses talents d’auteurs, je suppose.

J’étais dans une période hyper angoissée. Ça faisait tellement longtemps que je voulais vivre de la musique, tellement longtemps que j’avais besoin d’un peu de reconnaissance, tellement longtemps que je me posais des questions sur mon intérêt à rester dans ce milieu. Travailler pour d’autres, ça m’a soulagé de cette angoisse-là.

"Taxi", version acoustique pour Le Transistor.com.

Beaucoup de gens du métier ont découvert ta voix sur les maquettes que tu enregistrais pour les autres…

Tout le monde m’entendait chanter. Mes potes, mon éditeur, des maisons de disque… et tout le monde trouvaient ma voix intéressante. De fil en aiguille, ils m’incitaient tous à travailler sérieusement pour moi. Écrire des chansons qui me correspondaient.

Du coup, ça t’a fait repartir à zéro.

C’est exactement ça. Mais, j’ai mis trois mois à me retrouver. J’ai finalement pioché dans toutes les influences que j’ai eues : rock, electro, variété…

Il est d’ailleurs impossible de dire de quel genre est ton album Nouvelle fraîche. Et j’adore le grain de ta voix.

Merci. Je trouve que je n’ai pas une grande voix et j’ai toujours été complexé par mon chant. Le seul axe que je tiens dans ce disque, ce sont les textes. Moi, je suis vraiment dans la chanson. Il me faut un texte et ensuite je fais la musique. La musique est vraiment au service du texte. Je prends un texte et je définis quels accords ou suite d’accords fonctionnent le mieux par rapport à lui. Tel style musical, telle sonorité, ça va bien coller avec, ça va bien le mettre en valeur, soit d’une manière illustrative, mais aussi sensitive… Bref, tout tourne autour des mots.

"Little Rimbaud" en acoustique pour La Bande Sonore.com à l'Atelier 154 à Paris 11e.

Les textes sont écrits pour la plupart par Hélène Pince.

Avec Hélène, on travaille d’une manière que j’adore. Elle m’envoie des textes. C’est la friche totale. Récemment, elle a battu son record. Elle m’a fait parvenir un texte qui faisait 9 pages. Je réduis, je découpe, je prends ici et là, ce que j’estime le meilleur. J’ai de la matière.

La scène est l’endroit où tu te sens le mieux…

Je n’arrête pas d’en faire. Pour mes propres concerts ou en première partie de pas mal d’artistes. La scène, c’est ce que je préfère. Tu joues devant des gens, tu te marres, tu fais parfois pleurer, il y a une relation forte qui s’instaure entre le public et toi. Si j’ai des chansons qui ne sont pas forcément très drôles, j’aime bien faire un peu d’humour entre les chansons. Je veux communiquer avec le public comme je pourrais communiquer avec des amis.

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Et si vous voulez participer à son prochain clip, c'est le moment où jamais...

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26 novembre 2012

Alexandre Astier : interview pour Que ma joie demeure!

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alexandre astier, que ma joie demeure, interview musiquemag, mandor, jeuxactu, filmsactuAlexandre Astier est de retour dans une performance scénique époustouflante ! L’auteur de la célèbre série Kaamelott monte sur les planches pour interpréter avec finesse et brio Que Ma Joie Demeure !. Un spectacle unique où le portrait insolite de Jean Sébastien Bach est revisité avec la touche Alexandre Astier. Entre les leçons de piano désopilantes et les confessions intimes, il mélange les genres, du rire au drame, du théâtre à la musique.

Pour MusiqueMag et Les chroniques de Mandor, je suis allé à la rencontre de ce comédien auteur inspiré (que je tiens pour un génie depuis des années) dans un appartement parisien… le 15 novembre dernier. Merci à Alexandre Astier, carrément malade ce jour-là, mais qui a eu la gentillesse d’assurer l’interview avec professionnalisme et gentillesse.(Il a annulé le rendez-vous suivant.)

J’étais ce jour-là accompagné par mon collègue de FilmsActu, Fabien Waxin, fan du monsieur (qui a posé les deux dernières questions). Ensuite, il y des liens qui évoquent la fin de Kaamelott,  Kaamelott le jeu vidéo et enfin sa vision de Star Wars 7

Bande annonce...

Interview :

Comment prend-on la décision de bâtir toute une pièce sur Bach. Il faut l’aimer, il faut être touché par sa vie, l’admirer ?

Je l’avais beaucoup étudié avant, musicalement, mais le bonhomme reste un mystère. Avant que je ne fasse des recherches poussées, moi qui ai vécu dans des conservatoires toute mon enfance, il ne transparaissait rien de l’homme. Sa musique est bouleversante et elle fait école. Mais le mec, non. Il a fallu aller à la recherche de qui il était. Ce n’est qu’avec ces recherches que j’ai compris qu’il y a un sacré bonhomme derrière. Même si c’est quelque fois exagéré dans le spectacle, j’ai constaté que c’était quelqu’un de charnel, quelqu’un qui avait mauvais caractère. Il était en bisbille avec sa hiérarchie, tout le temps et sur beaucoup de points. Il était aussi  monomaniaque. Je voulais faire quelque chose sur Bach depuis longtemps, mais les choses étaient tellement floues en ce qui le concernait, que j’ai toujours reporté ce projet. Je n’avais que des choses techniques à dire. Des choses sur la partie « leçon », ça j’avais. Je savais aussi qu’il avait perdu 10 enfants sur 20, mais c’est tout.

Vous dites que c’était un être mystérieux, mais il existait des ouvrages qui ont tenté de percer le mystère, l’armure de Bach.

Notamment ceux du musicologue et écrivain, Gilles Cantagrel. Il a relevé beaucoup de traces de gens qui parlent de lui. J’ai recoupé les témoignages et j’ai pu commencer à dresser un portrait et une personnalité proche de la réalité.

Pour camper le personnage, vous êtes-vous rapproché au maximum de ce qu’on disait de lui ou, au nom de l’humour, vous l’avez un peu caricaturé ?

Je n’ai pas pu respecter de manière immodérée l’homme qu’il était réellement, parce que personne ne peut nous dire comment il était vraiment. Tout ce que je sais, c’est que c’était un bonhomme. La seule chose que je peux dire, c’est que tous les personnages historiques ont eu des vies avec plein de soucis comme on en connait tous. Ils ne sont pas sans aspérités, contrairement on ce qu’on voudrait nous faire croire. Je ne vois pas pourquoi Bach n’aurait pas été comme tout le monde.

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alexandre astier,que ma joie demeure,interview musiquemag,mandor,jeuxactu,filmsactuVous racontez tous les pans la vie de Bach, même les plus tristes. La perte de ses nombreux enfants. Et surtout la peur de la perte de nouveaux enfants… Il y a une scène très émouvante sur le sujet. C’est dur l’équilibre, à trouver, entre le rire et les larmes.

Je crois même que c’est la seule chose difficile. C’est même une quête de tous les instants. Dans Kaamelott c’est pareil, il fallait que je trouve l’équilibre entre le drôle et le pas drôle. La promesse au public, c’est qu’il ne s’ennuie pas. Ça fait un moment que je fais ça, bien avant Kaamelott. J’ai fait des pièces de théâtre avant et il y a avait toujours ce côté comédie et plus grave. Pour moi, c’est une quête permanente que de faire cohabiter les rires et les larmes sans que ce soit indigeste.

Vous dites que l’humour, c’est le verni, c’est ce qui ne se raconte pas, ce sont les couches de peintures qu’on met par-dessus une histoire sérieuse. Mais parfois, avez-vous envie de vous laisser aller aux grosses ficelles de l’humour.

C’est un truc que je n’ai pas envie de faire, mais c’est surtout un truc que je ne sais pas faire. Je crois simplement que je ne les ai pas, ces ficelles. Je ne suis pas doué pour ça. Je n’arrive pas à me fixer sur des choses qui, soi-disant marchent ou ne marchent pas, pas plus qu’un public qui éclate de rire ne me semble un meilleur public qu’un public plus discret, plus attentif, plus pudique. Je ne me base pas là-dessus. Je pense qu’une histoire, c’est une histoire et qu’une histoire n’est pas intrinsèquement drôle. Une histoire, c’est des faits, une situation. L’humour, c’est le vernis, c’est ce qu’il y a dessus, c’est la façon dont on raconte les choses. Oui, c’est une façon, pas forcément le fond. L’humour, ce n’est pas mon métier. Je raconte des histoires et je veux qu’on les prenne telles que je les donne.

Mais pourtant, chez vous l’humour est sous-jacent constamment dans votre œuvre. Vous êtes en train de me dire que l’humour qui se dégage de la façon de raconter vos histoires est naturel et non le fruit de réflexion « pour faire rire ».

C’est de la séduction. Après, comme toutes les séductions, est-ce que c’est sincère ? Est-ce que ce n’est pas se montrer sous son meilleur jour ? Un auteur-acteur sur scène, qu’est-ce que c’est d’autre pour le public que quelqu’un qui s’arrange pour être vu sous son meilleur angle ? Faire rire, ce n’est pas un truc que vous déclenchez au moment d’écrire vos scènes. Vous essayez d’être ça, toute la vie, tout le temps, partout. Vous essayez d’être celui qui arrive à faire sourire, celui qui arrive à avoir un angle de vie un peu particulier sur tel ou tel sujet.

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Donc, Alexandre Astier est un peu comme on le voit dans Kaamelott ou dans Que ma joie demeure ?

Il y a un cousinage. Il y a un fond tragique et un vernis rigolo. Sinon, je ne raconterais pas mes histoires de cette manière. ce phénomène doit s’expliquer, se psychanalyser... ça vient de très loin, je suppose.

Dans Que ma joie demeure, je suis impressionné par votre texte. Il est très compliqué, surtout au début, quand Bach répond à la question, « qu’est-ce que la musique ? »

En l’occurrence, tout ce que je raconte est vrai. C’est parce que c’est vrai que je m’y retrouve. Je suis musicien, j’ai étudié tout ce que je raconte, donc, je n’ai jamais eu de mal à retenir ces choses-là. Ce sont des termes qui sont presque phonétiques, d’où, effectivement, l’impression de complexité.

Quand on vous dit que vous avez un humour fin, spirituel, intelligent, vous avez tendance à faire le faux modeste ?

Comment dire ? Je prends le risque de demander beaucoup du public et d’exiger des choses d’eux. Je ne peux pas leur dire, « venez, je vais vous faire marrer », puis c’est fini. Je leur demande de me suivre aussi quand ce n’est pas drôle, je leur demande de me suivre quand c’est plus compliqué, je leur demande même de me suivre quand c’est même flou ou bancal. Je leur demande de me suivre tout le temps. Donc, quelqu’un qui me dirait « écoute, t’es trop compliqué, moi j’ai envie de passer une bonne soirée, tu me fais chier avec tes histoires », je serais malheureux, évidemment. À l’inverse, quand il se passe ce que vous dites, que les gens disent « j’aime bien Astier parce qu’il me parle comme ça », c’est la vraie récompense. Ça veut dire qu’il y a des gens pour recevoir ce que j’ai envie de faire.

Kaamelott : le mega best of ! (livre I et II)

Pour en revenir à Kaamelott. Il y a deux façons d’appréhender vos épisodes. Soit on se marre franchement, soit on se dit « le mec est très très fort ». Moi, je suis entre les deux…

Je pense qu’il y a les deux.

Dans le DVD, il y a une scène ou Bach parle à ses élèves, et là, j’ai vu Louis de Funes alexandre astier,que ma joie demeure,interview musiquemag,mandor,jeuxactu,filmsactudans La Grande Vadrouille. Je me suis souvenu que Kaamelott est dédicacé à Louis de Funes. En quoi vous a-t-il influencé ?

Je suis obligé d’être plus général à son sujet. Il m’a influencé dans le fait de me donner envie de jouer des situations ou mon personnage est plus rapide que les autres. Pas plus intelligent forcément, mais qui a un cran d’avance. De Funes s’est toujours arrangé pour jouer des personnages qui subissent le rythme des autres. Il est toujours un peu plus rapide que les autres, du coup, tous les autres le font traîner ou retardent ses affaires, ses enjeux. Comme je regarde de Funes depuis que je suis tout petit, je pense que j’ai hérité de l’envie de jouer ça, des situations comme ça. Donc, je joue plus volontiers des situations où Bach parle à des gens qui en savent moins que lui ou qui dirige un orchestre qui lambine et on peut y retrouver, très modestement, un peu de lui. Mais, je le répète, c’est plus général que ça. Parce que dans Kaamelott, le Roi Arthur, dans une réunion de la table ronde avec les chevaliers, c’est hérité de de Funès aussi. Je ne l’imite pas, mais c’est vraiment l’envie de jouer ça avec des gars qui ne veulent pas le suivre, qui ne sont jamais motivés, qu’il faut toujours enthousiasmer… oui, indéniablement, je pense que tout ça vient de lui.

alexandre astier,que ma joie demeure,interview musiquemag,mandor,jeuxactu,filmsactuQuand on voit Kaamelott, on voit l’histoire du Roi Arthur qui cherche sa descendance. Dans Que ma joie demeure, on voit ça aussi. La question de la descendance est-elle primordiale pour vous aussi ?

Bon sang, mais vous avez raison. Même dans mon film David et madame Hansen, il y a un enfant mort. Bon, aujourd’hui, je pense que ça va mieux. Il a fallu tout ça. On est tous en train de fourguer notre angoisse. Je ne suis pas le seul. J’avais un truc qui trainait avec ça. Avant d’avoir des enfants moi-même, j’étais persuadé de ne pas pouvoir en avoir. Je ne sais pas du tout d’où je tiens ça, parce que j’en ai eu sans problème. Je vivais dans le truc de me dire, "je ne vais pas y arriver, ça va m’être interdit". C’était un grand cauchemar alors que depuis l’âge de 16, 17 ans je souhaite en avoir. Je n’ai pas trouvé tout de suite une dame assez courtoise pour m’en faire tout de suite. J’avais 25 ans, mais si j'avais pu en faire plus tôt, je l’aurais fait, je vous assure. J’ai vécu avec cette panique jusqu’à ce que j’en ai, à tel point que quand ma femme m’a annoncé qu’elle était enceinte pour la première fois, je ne l’ai pas cru tout de suite. Je ne sais pas, l’enfance, c’est quelque chose qui me touche. La mienne. Et ma paternité, je n’en fais rien d’original, mais c’est le fruit d’une grande inspiration. Désormais, là, avec votre réflexion, je ne vais plus dire les choses de la même façon. Je pense.

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Avec Alexandre Astier, le 15 novembre 2012.

Bonus de Fabien Waxin :

Alexandre Astier évoque la fin de Kaamelott.

Il donne des détails sur Kaamelott le jeu vidéo.

Et enfin, il livre sa vision de Star Wars 7

27 octobre 2012

Pauline Croze : CD'Aujourd'hui, session acoustique pour MusiqueMag et interview pour Le prix de l'éden

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Pauline-Croze-Quelle-heure-est-il1.jpgJ’ai beaucoup d’admiration et d’affection artistiquement et humainement pour Pauline Croze. Je suis sa carrière depuis son premier disque.

(Voir ma première mandorisation de la jeune femme, ici)

Une coïncidence assez intéressante a fait que dans la même après-midi (du11 octobre 2012), elle est venue à ma demande faire une session acoustique de deux titres de son nouvel album, Le prix de l’éden, dans les locaux de MusiqueMag, puis j’ai enchaîné un CD’aujourd’hui avec elle juste après, à la demande de la production de l’émission.

Bref, nous avons passé une bonne partie de l’après-midi ensemble. Il y a des moments plus difficiles dans la vie.

J'avoue.

Avant de développer tout cela, voici ma chronique sur son nouveau disque, publié dans l’ActuFnac daté du mois d’octobre 2012:

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Et notre CD’Aujourd’hui, diffusé hier (12 octobre).

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Pour voir l'émission, cliquez là!

Quelques photos du tournage (à l'Institut Suédois)...

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Après l'interview...

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Voici la version longue de l’interview qu’elle m’a accordée, agrémentés des deux titres guitare voix qu'elle a offert aux lecteurs de MusiqueMag.

Interview :

Au bout de 5 ans d’absence, vous avez senti que c’était le moment de revenir ?

Ça ne s’est pas passé vraiment comme ça. J’avais quelques morceaux par-ci, par-là. Il y a un moment, j’ai eu besoin de travailler avec quelqu’un qui pouvai m’aider à écrire et à composer. C’est la raison pour laquelle je me suis tournée vers Édith Fambuena qui avait déjà réalisé mon premier album. Elle est réalisatrice, mais aussi auteure et compositrice. Nous avons donc vraiment travaillé en binôme. Il s’est avéré qu’au final, on n’a rien écrit et composé ensemble, mais ce n’était pas le plus important. La période de studio a duré un an, avec des coupures et des retours pour enregistrer des nouveaux morceaux.

Savez-vous terminer une chanson ? Je veux dire, savez-vous quand il faut s’arrêter de la fignoler.

Il y a des chansons où l’on sait qu’on a tout dit et où tout est clair, il y en a d’autres qui viennent en tâtonnant et là, on a envie de les améliorer, de les développer au maximum, de les enrichir. Il n’y a pas de généralité à faire par rapport au processus de création. Ce n’est jamais pareil.  Chaque morceau à son profil.

"Quelle heure est-il ?" en acoustique

Le précédent album, qui était votre second, était plus expérimental. Celui-ci revient vers ce que vous faisiez dans le premier. Plus de simplicité.

Je suis très contente d’avoir fait le deuxième album parce que ça m’a appris beaucoup de choses. J’ai vraiment analysé ce qui était négatif et ce qui était positif. J’ai compris que j’avais pu être un peu confuse dans les arrangements et dans les textes. A la sortie du deuxième album, quand j’étais sur scène, j’avais remarqué que les gens mettaient plus de temps à rentrer dans mon univers. Mes chansons avaient moins d’immédiateté. Je sentais que les gens manquaient de ce rapport guitare voix qui quelque part faisait le squelette de mon premier album. En discutant avec Édith, elle m’a dit : « Pauline, toi c’est le bois ». Dans mon deuxième disque, j’avais fait exprès de ne pas être dans ce rapport guitare-voix parce que je ne voulais pas faire ce que je faisais avant. Sur ce troisième album, je voulais revenir à plus de simplicité. Du coup, mes chansons sont plus faciles à aborder.

On a l’impression qu’il est moins mélancolique. Est-ce que lorsque Pauline Croze est mieux dans sa vie l’ambiance générale s’en ressent ?

Si j’ai mis 5 ans à sortir un nouveau disque, c’est que j’avais moins d’inspiration. Si j’avais moins d’inspiration, cela provenait sans doute du fait que j’étais mieux dans ma vie et dans ma tête. Je pense que tous les artistes écrivent sous le coup d’une émotion. De la peine, du désespoir, de la tristesse, de la colère. C’est vrai que moi, j’étais beaucoup plus apaisée. Vous savez, j’ai besoin de chanter des choses qui me prennent aux tripes. Sur cet album, il y a effectivement plus de choses apaisées et positives, mais je pense qu’il y a aussi un peu de noirceur… juste, elle est contrebalancée par des choses plus éclairées, plus lumineuses.

"Dans la ville" en acoustique

Ignatus et Vincent Delerm ont signé des textes.

Je vais être franche avec vous. J’ai beaucoup de mal à écrire, j’ai plus de facilité à composer. Ce qui compte pour moi, c’est de faire de la musique. Produire quelque chose de sonore. Là, Vincent Delerm a écrit une chanson pour moi. Ça me fait hyper plaisir et ça me touche beaucoup. Je trouve que c’est une superbe chanson. Quant à Ignatus, on a commencé à travailler ensemble dans des ateliers d’écriture. Je lui ai montré des textes et il arrivait fréquemment à trouver l’issue d’une phrase sur laquelle je bloquais. Comme j’aimais les ouvertures qu’il me donnait, j’ai voulu travailler avec lui pour cet album.

Si la musique vous intéresse plus que les textes, du coup, il faut qu’il y ait un son vocal qui sonne/frappe/cogne à votre convenance.

Le vocabulaire que je vais employer est très important pour le son des mots. Le texte doit produire sa musique à lui. En même temps, si on fait trop gaffe aux sons, le texte peut ne plus vouloir dire grand-chose. Il faut que je comprenne ce que la musique n’a pas exprimé pour que je complète la chanson avec le texte.

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Considérez-vous que plus les années passent, plus vous chantez mieux ?

Ce n’est pas une histoire de temps qui passe et de progression technique. C’est progresser par rapport au fait d’être au plus proche de soi même. Je pense qu’à partir du moment où on est plus connecté avec sa chanson, connecté avec ce qu’on a envie de dire, connecté avec le moment présent, c’est à ce moment-là qu’on est meilleur.

Craint-on que le public ne soit plus là quand on s’absente 5 ans ?

Oui, il y a quelque chose comme ça. Depuis 3 ans, ça m’angoissait beaucoup de ne pas avoir sorti d’album. Je me demandais tout le temps si les gens avaient encore envie de m’écouter. Ça a été une forte angoisse et pour tout dire, ça m’a même donné des cauchemars et ça m’en donne encore d’ailleurs. Pour moi, faire de la musique, c’est ma raison de vivre. C’est ce qui me donne envie d’exister, c’est qui me donne envie d’avancer, de me lever le matin.

Vous avez l’impression de repartir à zéro avec cet album.

Oui, complètement. Quand on fait un album, quand on propose un projet, c’est important de se dire que l’on doit repartir neuf, blanc, comme un espace vierge, sinon, on ne se renouvelle pas et on fait toujours la même chose. Chaque album est une remise en question et un redémarrage à zéro.

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11 octobre 2012

Marie-Pierre Arthur : session acoustique et interview pour Aux alentours

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Marie-Pierre Arthur est la sensation pop québécoise qui monte. Au Québec, l’artiste n’a plus grand-chose à prouver, mais en France, sa popularité est encore à acquérir. En promo en France, elle est passée le 28 septembre dernier dans les locaux de MusiqueMag pour une session acoustique et une interview. Pour en savoir un peu plus sur son deuxième album, Aux alentours, voici la chronique que j’ai écrite pour ActuFnac (daté du mois de septembre 2012).

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Interview mandorienne:

BONAL015-CD_Cover_480.jpgVotre premier album a fait un carton dans votre pays. En France, il n’a pas été présenté au public. On vous découvre donc avec Aux alentours.

Je ne connaissais pas de maison de disque française qui puisse sortir ici mon premier album, mais j’aurais bien aimé. Il fallait que j’existe au Québec par ce premier album pour pouvoir prétendre venir me présenter en France. C’est souvent ainsi que les choses se passent pour nous, artistes québécois.

Pourquoi les artistes de chez vous souhaitent toujours être connus également en France ?

C’est valorisant parce que l’on revient chez nous avec un sentiment de réussite à l’étranger. Tout à coup, les gens deviennent hyper fiers de nous parce qu’on les a bien représentés ailleurs dans le monde. On est peu de francophone dans une Amérique anglophone, alors on veut se faire connaître dans le plus de pays possible.

Sentez-vous qu’il se passe quelque chose en France autour de ce deuxième album ?

Je ressens effectivement quelque chose. Je trouve qu’ici, on fait beaucoup attention à mes textes et à la musique. On me pose des questions pointues et je suis très surprise par cet intérêt très précis. Ici, on me pose des questions plus directes qu’au Québec parce que les journalistes ont moins peur de violer mon intimité.

"Emmène-Moi" en acoustique

Vous êtes musicienne depuis votre tendre enfance. Dans votre village, tout le monde jouait un instrument…

À peu près tout le monde jouait de la guitare. Il y avait des racines très country et très chansons francophones, un mélange des deux. Je suis partie de là à 17 ans pour aller étudier la musique dans une université. J’avais le choix entre la musique classique et le jazz. J’ai choisi le jazz parce que c’était la musique que j’aimais le plus. J’aime les mélodies et l’harmonie de ce genre musical. Dans mon deuxième album, on n’entend pas précisément du jazz, mais ça m’a parmi de maîtriser parfaitement les harmonies que j’ai créées.

marie-pierre arthur,aux alentours,session acoustique,musiquemag,mandorC’est curieux parce qu’ont sent que Aux alentours est « fabriqué » de manière compliquée et pointue, alors qu’il sonne simple.

Ça me fait très plaisir ce que vous me dites. Si ça sonne simple, alors que nous, nous nous sommes creusé la tête, je me dis qu’on s’est creusé la tête dans le bon sens. C’est difficile de faire simple. C’est comme synthétiser une idée, ou trouver le mot exact. C’est toujours plus difficile que de l’expliquer en 4 phrases.

C’est quoi précisément votre musique ?

C’est très difficile de donner un nom à ma musique. Il y a tellement d’influences variées. Ce n’est pas du rock, ni de la pop, pas plus du folk, c’est un mélange de tout ça et de bien plus.

Vos textes ne sont pas souvent au premier degré. Il faut parfois gratter, chercher le message. Vous aimez que l’auditeur s’approprie vos chansons à sa manière ?

Je ne suis presque jamais anecdotique, parce que j’aimerais que le public écoute mes chansons de la même façon que moi, j’écoute les chansons des autres. J’aime que l’histoire soit relativement claire, mais en même temps floue pour que les personnes qui l’écoute puissent se faire leur propre histoire avec.

"Fil de soie" acoustique

Il y a une nouvelle génération de la chanson québécoise extraordinaire. Pierre Lapointe, Ariane Moffat, dont vous avez été la bassiste, Catherine Major et vous. Chacun de vous a sa propre personnalité et aucune ne ressemble à ce que l’on fait en France.

Je pense que nous sommes très influencés par d’où on vient.  On a beaucoup entendu de la musique qui vient du blues des prairies. On a le très vieux blues dans nos gènes. En France, c’est un autre héritage musical et nous aussi, on trouve que vous êtes très originaux dans la façon de concevoir la musique. On adore.

Fantastique récolte de nominations au 34e Gala de l’ADISQ : Album pop de l’année, Album de l’année choix de la critique, Auteur ou compositeur de l’année, Pochette de l’année et Interprète féminine de l’année…

Je suis ravie. Tous ces prix rendent aussi hommage à mes collaborateurs, parce que je ne travaille pas toute seule. Là, c’est comme si on disait « bravo tout le monde ! ». C’est gratifiant et encourageant pour la suite.

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02 octobre 2012

Buridane : session acoustique et interview pour Pas fragile

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_buridane3-by-fabienne-chemi.jpgComment naviguer entre le grave et le léger, trouver les nuances pour se livrer tout en retenue, maquiller les histoires délicates qu’elle raconte dans ses chansons ? Buridane sait y faire. Quand elle chante les violences affectives ou (et) physiques, une grossesse non désirée ou une maladie « comme un caillou que l’on trimballe dans sa chaussure », on écoute ému et attentif.
Buridane sort son premier album enregistré et réalisé par Pierre Jaconnelli (Johnny Hallyday et Benjamin Biolay par exemple). Elle nous chante à l’oreille ses histoires pas ordinaires, entre douceur et amertume. Le 17 septembre dernier, elle est venue à ma rencontre pour une session acoustique et une interview destinées à MusiqueMag. Interview vérité.

Vous êtes quelqu’un de plutôt timide, de pudique, et pourtant, vous dites beaucoup de choses  dans vos chansons.

C’est que je refuse l’idée que l’on puisse être figé dans quelque chose, genre « je suis née comme ça, c’est ma nature ». Depuis plusieurs années, j’essaie toujours d’aller contre, de voir si je peux être différente, si je peux essayer des choses et voir si je peux être bien dedans.  Je vais contre ce qui pourrait paraître facile et confortable.

"Pas Fragile" en acoustique

C’est un peu lutter contre soi même.

Oui, on est notre pire ennemi. Mais, j’ai remarqué que j’avais une espèce d’instinct, pas de survie, mais de faire les bons choix… même si ça prend du temps.

Vous parlez d’évènements graves, voire très graves dans cet album. Ces chansons ont-elles aussi l’effet salvateur d’évacuer tout ça de votre tête ?

Il y a quelque chose dans le fait d’écrire des histoires personnelles et de les partager qui est une forme de catharsis. Tant que ce n’est pas écrit et posé, je n’arrive pas à le sortir de moi, vous avez raison. Je dois avoir un problème d’émotion, d’expression, quelque chose comme ça. En chantant ces chansons-là régulièrement devant des gens, c’est une forme de thérapie.

Il n’y a pas une chanson anodine, légère, hormis musicalement.

Peut-être, mais il n’y a pas une seule chanson où il n’y a pas de lumière dedans. Et je fais preuve aussi d’auto-ironie constante. C’est cette légèreté-là qui met une légère distance avec ce que je raconte d’un peu lourd.

Ces chansons sur une enfance maltraitée et plus vont toucher beaucoup de gens. N’avez-vous pas peur de recueillir ensuite beaucoup de témoignages de personnes ayant vécu la même chose ?

Chacun comprend mes chansons avec leur propre vécu, donc ce n’est parfois pas la même histoire. Mais, en général, quand c’est arrivé, c’est arrivé de manière positive. La personne me dit que ma chanson lui a fait du bien. Elle a mis des mots que je n’aurais pas réussi à mettre, mais c’est exactement ce que je voulais dire. Dans ces moments-là, je me dis que je ne fais pas ça pour rien. Si à la base, c’est parti de quelque chose de personnel pour me faire du bien à moi et que je vois que ça a des répercussions sur d’autres, je me dis que ce que je fais n’est pas vain, ce n’est pas du vent.

"Badaboum" en acoustique

Quand vous écriviez vos chansons, vous êtes-vous demandé parfois si vous n’alliez pas plomber l’ambiance ?

Si bien sûr. Mais, ça va au-delà de ça de la dureté de certains sujets et de certains mots. Mes chansons sont pleines de vie.  La vie, elle est là plus que tout.Mais, vous savez, les gens aiment bien appuyer sur leur peine, parfois. Je pense aux Grecs qui allaient voir des tragédies, qui venaient pour pleurer et au final se faire du bien. On aime tous parfois regarder un bon film un peu triste. Quelque part on voit l’autre aller mal, il y a comme un transfert, une espèce de solidarité dans le malheur.

Ce qui m’impressionne dans cet album, c’est que les choses sont dites clairement, sans qu’elles soient tout à fait dites vraiment.

Ce qui me tient à cœur, c’est de ne pas tomber dans des propos hyper réalistes. Ce que je me dis, c’est qu’on ne vit pas les mêmes choses, mais on arrive au même résultat et aux mêmes émotions. À histoires différentes, on arrive aux mêmes conséquences comportementales, d’où l’envie de masquer les choses. Je veux aussi me protéger moi et protéger les gens qui seraient éventuellement concernés par ces chansons. On n’est pas là pour faire un étalage impudique des choses, mais pour faire de l’art.

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Vous dites que vous transformez la réalité en sublimation. Je me demande si on peut vraiment sublimer des évènements vécus pas très beaux.

Si, on peut. Ça rend les choses moins dures et plus acceptables. La chanson permet vraiment ça. Je finis par aimer cette chanson, du coup par finalement aimer un bout de cette histoire, en tout cas de  l’accepter. On subit moins l’histoire, on la façonne.

Que peut-on écrire après des chansons si fortes ?

C’était important de faire ce premier album. Les premières choses qui m’ont incité à faire de la musique sont sorties et sont posées, je me dis que maintenant que tout ça est exprimé, je vais pouvoir passer à quelque chose d’autre. Il y a déjà des façons d’écrire, des thématiques différentes qui apparaissent et l’envie d’aller creuser un petit peu sur d’autres terrains.  Je serai moins sur « comment je m’en suis sortie », un peu moins dans la lutte.

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27 septembre 2012

BB Brunes : interview et session acoustique pour Long Courrier

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Le 3e album de BB Brunes vient de sortir. L’occasion m’a été donnée de les rencontrer tous les 4. Habituellement, je n’interviewais que le leader du groupe Adrien Gallo (voir ici et ).

Avant tout, et pour que vous sachiez un peu plus sur l’ambiance générale de Long courrier, je vous propose mon article publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d’octobre 2012).

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Avec mes deux caméramans (Vincent et Guillaume), pour MusiqueMag, nous avons rencontré les BB Brunes dans une chambre de l’Hôtel Mac Mahon. Peu d’espace pour que le groupe évolue convenablement, mais nous nous sommes débrouillés.

Voici l’interview.

 
Et deux titres tirés de Long courrier en acoustique.

 
Petit bonus: 2 photos surexposées (photographe, c'est un métier!)

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Men in (presque) black!

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11 septembre 2012

Tryo : interview (filmée et écrite) pour Ladilafé

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Le groupe Tryo a sorti son 5e album Ladilafé à la fin du mois dernier (il est déjà numéro un des ventes en France). L’occasion pour moi d’aller rendre visite à Christophe Mali et Daniel Bravo dans les locaux de leur maison de disque. Pour être sincère, cette rencontre s'est tenu avant l’été, précisément le 28 juin dernier. J’ai retiré de cette rencontre une interview filmée pour MusiqueMag, que j’ai transformée en version papier pour Le magazine des loisirs culturels Auchan.

Pour commencer, voici ma chronique du disque pour Le magazine des espaces culturels Leclerc.

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L'interview filmée...

 
La version de l'interview publiée dans Le Magazine des Loisirs Culturels Auchan (daté du mois de septembre 2012).

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A l'issue de l'interview, le Tryo infernal... chez Sony le 28 juin 2012.
(Christophe Mali et Daniel Bravo).

07 septembre 2012

C2C : interview pour la sortie de leur premier album, Tetra

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Vous n’échapperez pas à ce groupe. Les C2C ont sorti cette semaine leur premier album, Tetra, et il est l’un des plus attendus de cette rentrée musicale.

Présentation des personnages (d'après leur page Wikipédia):

C2C est 4 fois champion du monde par équipe du DMC consécutif, record du championnat jusqu'en 2011 après la cinquième victoire du duo japonais Kireek. Le groupe a aussi remporté le championnat par équipes ITF en 2006. Pfel complète ces récompenses par des trophées remportés en compétition individuelle (vice-champion du monde DMC en 2005). 20Syl et Greem sont également les membres créateurs du groupe de jazz rap Hocus Pocus, et en sont respectivement MC et compositeur, et DJ. Atom et Pfel forment quant à eux le duo Beat Torrent.

Voici ma chronique du disque publiée dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de septembre 2012).

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Dans un nouveau bar parisien, L'Atelier, ce mardi 4 septembre, pour MusiqueMag, accompagné de deux caméramans, je suis allé à  la rencontre des C2C, pour parler de la sortie de cet album phénoménal.

Voici l'interview filmée...

 
Quelques photos prises lors de l'interview. Merci à Vincent de La Vaissière.

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Pour finir, voici quelques clips de C2C de titres présents dans ce premier album.

14 août 2012

Serj Tankian (System Of A Down) : question des internautes pour la sortie d'Harakiri

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harakiri-extralarge_1335969536913.jpgLe mois dernier, Serj Tankian était à Paris pour la promotion de son troisième album solo, Harakiri (sorti le 9 juillet). Le, chanteur, compositeur, multi-instrumentiste, poète et activiste a autoproduit l'album dans son home studio de Los Angeles. C'est le groupe qui tourne avec lui, The F.C.C., qui a joué avec lui. « Ce disque est différent de tout ce que j'ai pu faire jusqu'à présent en solo. Il est plus dynamique et punk avec des influences allant du goth à l'électro avec des sonorités 80s, le tout résultant en des chansons heavy rock ou d'épiques ballades. » Pour ce qui est des paroles, l'album aborde des thèmes divers, qu'ils soient personnels, politiques et philosophiques avec des considérations plus spirituelles, le tout teinté d’humour et d’amour.

Le 27 juin dernier, celui qui est aussi (et surtout) le chanteur de System Of A Down a fait un crochet par les locaux de MusiqueMag pour répondre aux questions que les internautes du site lui ont posées. Découvrez ses réponses dans la vidéo ci-dessous.

Quelques photos de l'enregistrement...

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L'after...

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Et pour clore ce spécial Serj Tankian, voici 4 clips tirés de son album Harakiri (l'homme est prolifique).

Figure It Out.

Harakiri.

Occupied Tears.

Uneducated Democracy.