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24 août 2018

Boulevard des Airs : interview de Sylvain Duthu pour Je me dis que toi aussi

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Sylvain Duthu et Florent Dasque (Photo : Cedrick Nöt)

boulevard des airs,bda,sylvain duthu,interview,je me dis que toi aussi,tarbesDès leur premier album, sorti en 2012, Paris-Buenos-Aires (certifié disque d’or), le groupe Boulevard des Airs, à l’époque considéré comme un groupe « festif » avec leurs cuivres mis en avant, a trouvé un large public. En 2013, avec leur deuxième album, Les apparences trompeuses, il était net qu’il se passait quelque chose autour d’eux. Une tournée de presque deux ans s’en est suivie ainsi que des critiques positives dans tous les médias.

Quand j’ai reçu le troisième album, Bruxelles, la claque ! J’ai compris que ce groupe était une perle et qu’il y avait une forte probabilité qu’il devienne un des nouveaux poids lourds de la scène française. Avec ce disque (vendu à plus de 200 000 exemplaires), ils affichaient clairement une volonté d’évoluer vers des sons plus modernes. Moins de cuivres et une touche d’électroboulevard des airs,bda,sylvain duthu,interview,je me dis que toi aussi,tarbes sur des textes de plus en plus aboutis de Sylvain Duthu. Résultat, des tubes en  pagailles (« Emmène-moi », « Bruxelles », « Ce gamin-là » et « Demain de bon matin ») et des concerts complets partout.

Boulevard des Airs revient avec un disque encore plus ambitieux, écrit et enregistré entre Tarbes et Bruxelles. Avec les onze nouveaux titres de Je me dis que toi aussi, mixés par Lionel Capouillez (Stromae), BDA va plus loin encore dans l’exploration du son électro-pop d’aujourd’hui. C’est impressionnant.

Rencontre avec le chanteur et auteur du groupe, Sylvain Duthu, dans un bar devenu une institution, L’Europe, en plein centre de Tarbes, le 20 août dernier.

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Sylvain Duthu à L'Europe à Tarbes.

boulevard des airs,bda,sylvain duthu,interview,je me dis que toi aussi,tarbesInterview :

Que ressent-on quand un nouvel album va être divulgué au public ?

Ce n’est pas une angoisse. Nous sommes simplement excités. Nous avons travaillé sans discontinuer pendant près de neuf mois. Je ne dirais pas jusqu’à épuisement, mais on a tout donné en tout cas. On a fait ce que l’on a voulu, ce que l’on aime et ce que l’on aurait aimé entendre dans le paysage musical. Est-ce que cela va correspondre à ce qu’attend le public ? C’est notre seule crainte. Nous nous sommes lancés, nous verrons bien.

Depuis l’album Bruxelles en 2015, le son de BDA est devenu très moderne. Mais alors, avec celui-là, vous franchissez une étape supplémentaire.

D’abord cela vient de nos influences. Pour ma part, je parlerais notamment d’Odezenne, de Vitalic, de Vald et de Damso. Très français modernes, donc. Les autres membres écoutent des choses différentes et m’ont fait découvrir des milliers d’artistes durant l’élaboration de cet album. Tout cela s’est mélangé et a donné un son d’aujourd’hui. Les trois compositeurs du groupe, Jean-Noël Dasque, Florent Dasque et Jérémie Planté, ont monté un groupe électro qui commence à tourner et qui s’appelle Trackead. Du coup, ils ont acquis un savoir-faire énorme sur les machines et sur la production. Ça se ressent sur notre nouvel album qui est donc plus léger, plus moderne.

Le serveur du bar où nous sommes nous interrompt. boulevard des airs,bda,sylvain duthu,interview,je me dis que toi aussi,tarbes

-Excusez-moi, vous me dites quelque chose. Vous êtes chanteur, non ?

-Si.

-De Boulevard des Airs ?

-Oui, c’est ça.

-J’aime beaucoup ce que vous faites. Mais je peux encaisser tout de suite ?

Je reprends.

Tu aimes ça, être reconnu ?

Ce n’est pas que j’aime où que je n’aime pas, c’est comme ça. Je n’ai pas le choix. Mais c’est toujours gentil, simple et bienveillant. Les gens qui ne t’aiment pas te laissent tranquille.

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(Les  cinq autres membres du groupe, de gauche à droite : Jean-Noël Dasque (guitare-programmation), Jérémy Planté (piano-programmation), Laurent Garnier (basse), Jean-Baptiste Labe (trombone) et Ernst Caree (batterie).)  Photo : Cédrick Nöt

Au début de votre carrière, il y avait pas mal de cuivres. Là, plus du tout.

Deux membres du groupe sont partis, Manu et Mélissa, et comme ils jouaient respectivement de la trompette et du saxophone, nous nous sommes dirigés ailleurs musicalement et eux ont pris un autre chemin. Mais nous nous sommes quittés dans une très belle entente, je le précise.

Aucun album ne se ressemble, je trouve que vous prenez des risques de disque en disque.

Pendant l’enregistrement de cet album, on a eu conscience de cela. On a fait vraiment ce qu’on aimait. C’est ainsi depuis le premier album, donc nous continuons sur cette voie. Parfois, on se disait qu’on allait peut-être un peu loin, mais à partir du moment où ça plaisait aux trois compositeurs et moi, on y allait quand même.

Clip de "Je me dis que toi aussi".

Vous travaillez un album dans la sérénité la plus totale ?

Oui, surtout sur celui-ci. On a de plus d’expériences et de savoir-faire… et on se connait de plus en plus.

Mais vous vous connaissez depuis le lycée !

Oui, mais on continue à apprendre de chacun. Nous nous sommes connus à 15 ans, aujourd’hui, nous en avons 30, nous sommes donc devenus adultes et par la même occasion, une véritable famille. On s’apprécie vraiment beaucoup et il y a un respect mutuel très fort. Aujourd’hui, on n’a plus peur de se dire les choses.

Et l’ego entre les membres du groupe ?

Déjà que nous n’en avions pas beaucoup, avec l’âge, on en a encore moins. Etre en groupe est une école sublime pour calmer son ego. Ce n’est pas ton projet personnel et tu n’as pas toujours raison. C’est l’intelligence du groupe qui a raison. BDA n’appartient à personne en particulier, c’est le bébé de sept personnes.

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Sylvain Duthu et Florent Dasque (Photos : Cédrick Nöt)

Pourquoi sur la pochette de Je me dis que toi aussi, il n’y a que Florent Dasque et toi. C’est la première fois que vous êtes isolés comme ça.

C’est uniquement pour être un peu plus identifiés. Quand on déplie l’album, il y a tout le groupe. Ça fait dix ans que l’on se produit, mais quand les gens nous demandent dans une discussion ce que l’on fait dans la vie, nous répondons que l’on joue de la musique au sein de Boulevard des Airs. Souvent les gens nous répondaient qu’ils ne voyaient pas qui était ce groupe. Quand on leur parlait de « Cielo Ciego », « Bruxelles » et « Emmène-moi », ils disaient qu’ils connaissaient très bien. On a donc décidé qu’on n’allait pas faire toute notre carrière sans être identifiable. On ne voulait pas que les chansons soient connues et pas du tout le groupe.

Je sais pourtant que Florent et toi n’aimez pas vous mettre en avant.

(Rires) Les autres, c’est pire. Ils sont extrêmement timides. Voir nos têtes en gros sur les affiches, Florent et moi, ça ne nous rend pas fous de joie, mais nous acceptons cela pour le bien de BDA. Quand le public entend les chansons de nos copains Jain et Vianney, direct, il voit leur visage. Il y a plus d’affect de la part du  public pour l’artiste quand il y met un physique.

Grand moment parmi bien d'autres, Boulevard des Airs aux Francofolies de la Rochelle en 2017 : "Bruxelles".

boulevard des airs,bda,sylvain duthu,interview,je me dis que toi aussi,tarbesPuisque tu évoques Vianney, parles-moi du duo avec lui sur cet album.

On l’aime beaucoup. On a fait des participations dans ses concerts et lui dans les nôtres. Même si on a quelques connaissances, on n’a pas beaucoup de vrais amis dans le métier. S’il y en a un, c’est lui. Il est simple et humble. On voulait absolument faire un duo avec Vianney. Nous sommes allés chez lui, on a écouté les six premiers morceaux de l’album et il a adoré. Sa préférée était « Allez reste ». On lui a proposé de la chanter avec nous, quitte à ce qu’il y mette sa patte perso. Il a accepté, on a fait quelques légères modifications, il a ajouté un gimmick avec sa guitare. C’est un vrai duo comme on les aime. Il n’est pas juste venu poser sa voix, on a vraiment fait le morceau ensemble.

Vous faites tout vous-mêmes et êtes très indépendants. C’est rare dans ce métier.

On a une liberté totale. Maison de disque, manager, tourneur… aucun ne nous embête parce que cela fonctionne comme cela depuis des années. Il y a juste Bertrand Louis, notre manager, qui ne lâche pas le morceau si quelque chose le gêne… et il a souvent raison.

Qui écoute en premier vos nouvelles chansons ?boulevard des airs,bda,sylvain duthu,interview,je me dis que toi aussi,tarbes

Les autres membres du groupe. Leurs avis sont primordiaux. Dans un second temps, on fait écouter à nos amis et aux proches. Là, pour la première fois, on a d’excellents retours de la part de proches qui n’étaient pas particulièrement amateurs de notre musique. Ça nous a rassurés. Ensuite, on les fait écouter à Bertrand et au label… et là, on a plus d’angoisses. Ça ne s’est jamais aussi bien passé que pour ce disque. Tout le monde était ultra content, du coup, ça a boosté et surmotivé la maison de disque et créée une belle dynamique générale.

Tu es l’auteur de tous les textes. Sur votre musique énergique, ils sont un peu mélancoliques. Tu évoques beaucoup le temps qui passe par exemple.

J’ai l’impression de me répéter (rires).

Les chanteurs parlent d’amour depuis la nuit des temps.

Moi, je veux faire de belles chansons. Il y a trois grands tiroirs : l’amour, la mort, donc le temps qui passe et la société. Depuis Homère qui a écrit l’Illiade et l’Odyssée, les deux premières œuvres de la littérature occidentale, ce sont toujours ces mêmes grands thèmes qui sont évoqués. Il faut juste ne pas trop se répéter. J’essaye toujours de trouver un angle d’attaque différent pour diversifier notre répertoire.

boulevard des airs,bda,sylvain duthu,interview,je me dis que toi aussi,tarbesTu es quelqu’un de mélancolique ? 

Apparemment, c’est inné en moi. Je suis comme ça, je n’y peux rien. Dans les chansons de BDA, c’est toujours de la mélancolie joyeuse, car il y a toujours de l’espoir. Dans la chanson « Emmène-moi » qui est quand même très sombre, dans les trois dernières phrases la lueur est là. Je procède ainsi souvent.

Je te rencontre parfois, tu es toujours calme et posé. Dès que tu es sur scène, ce n’est plus le même Sylvain que je vois.

Avec le recul, je me rends bien compte que je rentre en transe. Je ne suis plus du tout le même homme. Un jour, je me suis cassé l’orteil d’un pied, je suis rentré sur scène, pendant une heure et demie et je n’ai strictement rien senti. J’ai eu extrêmement mal, de nouveau, après le concert. Quand on joue devant un public, on oublie tous ses maux.

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Les disques de Boulevard des Airs sont désormais vendus au Japon. Ils viennent d'y effectuer (avec succès) une mini tournée.

boulevard des airs,bda,sylvain duthu,interview,je me dis que toi aussi,tarbesJean-Noël Dasque, Florent Dasque et Jérémie Planté ont leur projet de groupe techno, Trackhead, toi tu as ton spectacle pour enfant Quand j’étais petit, j’étais une limace. Ça fait du bien de sortir de sa zone de confort ?

Ça fait du bien de mener un projet avec une amie, en l’occurrence Fanny Violeau. Grâce au producteur de la pièce qui est Le Parvis, la scène nationale de Tarbes, on est parti d’une simple idée et elle s’est transformée en spectacle avec deux musiciens et une équipe technique. On a même fait les Francofolies de la Rochelle cet été. Et tu as raison, ça fait du bien de faire autre chose que ce je fais depuis 10 ans. Il est bon de se prouver qu’on est capable de sortir des chemins déjà battus.

La présentation de l’album se passera à Tarbes à La Plage de l’Arsenal le 1er septembre prochain, toute l’après-midi à partir de 16h,  jusqu’au soir. C’est symbolique ?

On est d’ici, la ville et les tarbais nous sont très fidèles, ça nous fait plaisir de présenter ça en avant-première ici. C’est vraiment la moindre des choses… Après, on fera la promo partout ailleurs, mais depuis notre premier album, c’est toujours Tarbes d’abord.

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Pendant l'interview, le 20 août 2018, à l'Europe à Tarbes.

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Et enfin, les premières dates de concert prévues...

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21 mai 2018

Franck Thilliez : interview pour Le manuscrit inachevé

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franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandorAvis aux amateurs d’énigmes et de thrillers habilement ficelés, le nouveau Franck Thilliez est sorti. Quoi de plus mystérieux qu’un roman dont on vous annonce dès les premières pages qu’il n’a pas de fin ? Dans son 17e thriller, Thilliez se joue du livre, des lecteurs et s’amuse avec les mots et les énigmes tout en nous proposant une intrigue de haut-vol. 

Pour Le magazine des loisirs culturel Auchan (daté des mois d'avril et mai 2018), j'ai rencontré l'auteur dans un café parisien, el 26 mars dernier. Voici le fruit de notre heure passée ensemble + le bonus mandorien. 

(Ici, sa première mandorisation en 2011).

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Une enquête sans corps. Une défunte sans visage. Un thriller sans fin.

Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. A la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule. Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lien, l’Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l’enlèvement de sa fille Sarah. L’agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre années écoulées.   Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d’autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l’unique vérité est que tout vous devient étranger.

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franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandorBonus mandorien :

En n’évoquant dans tes livres que des gens dont l’âme humaine n’est pas reluisante, les vois-tu de manière très sombre ?

On a tous une partie sombre au fond de nous. Tous les gens qui sont dans ce café avec nous ont ça en eux. Ils ne vont pas l’exprimer devant nous, mais ils vont l’exprimer d’une manière ou d’une autre ailleurs, à un certain moment de leur existence. Je ne dis pas que tout le monde est pourri et que tous les gens sont mauvais. Ceux qui le sont ne sont pas forcément des gens que l’on trouve dans les bas-fonds, ils peuvent faire partie des hautes sphères politiques, de la haute hiérarchie d’une entreprise. J'ai lu qu'il y a 10% de psychopathes chez les grands patrons,  c’est hallucinant. Et ils font beaucoup de dégâts.

Parallèlement à la sortie du Manuscrit inachevé, Sharko vient de ressortir en poche. franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

Quand j’ai rendu le manuscrit, je pensais ne jamais écrire un livre mieux que celui-ci. Lucie Henebelle et Franck Sharko, mes deux flics du 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, ont fortement déconné. En dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, Lucie a tué un homme. Pour la protéger, Franck a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d’être confiée au 36, car l’homme abattu n’avait rien d’un citoyen ordinaire. Il a fallu lui inventer une mort à sa mesure. Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l’enquête et s’enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine.

Reprendre un personnage récurent est compliqué ?

Oui, parce qu’il faut être à la hauteur des livres précédents.

Pourquoi tes livres sont volumineux ?

Comme il y a beaucoup d’intrigues tordues, complexes, qu’il y a toujours deux points de vue, j’ai besoin d’au moins 500 pages. Il faut trouver des rebondissements à chacune d’elle pour que le lecteur ait envie de continuer  à lire.

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Pendant l'interview...

Tu es considéré comme le maitre du polar français. Tu le vis comment ?

Je le prends avec beaucoup de recul. Tous les jours, quand je suis devant mon bureau, je me dis que c’est une chance incroyable. Depuis La chambre des morts, les choses sont allées au fur et à mesure. Maintenant, je sais que les gens achètent le nom, pas forcément le livre. C’est bien d’en arriver là. C’est un sacré gage de confiance, mais si les gens sont déçus par l’histoire que je leur raconte, ils sont déçus par moi, pas par le livre. Ça change la donne.

Pourquoi sors-tu un livre tous les ans, à la même période.

C’est mon rythme. Je travaille tous les jours de 8 heures à 17h, sauf le week-end, comme la plupart d’entre nous. J’adore écrire, mais j’aimerais bien ne pas le faire un certain temps. Le rendez-vous annuel est parfait pour être là, pour exister. La complexité est dans l’épuisement des idées. A peine je termine un livre, je dois enchainer avec le suivant… et des idées neuves. Pour cela, mon cerveau est perpétuellement en éveil. J’ai la passion de l’écriture, quand je ne l’aurai plus, je ne suis pas certain de pouvoir continuer. Pour le moment, en tout cas, je suis toujours très motivé.

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Après l'interview, le 26 mars 2018.

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05 mars 2018

Slimane : interview pour Solune.

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Pour Le magazine des Loisirs Culturels Auchan (daté des mois de février et mars 2018), je suis allé à laslimane,solune,interview,mandor,le magazine des loisirs culturels auchan rencontre d'un des chanteurs les plus populaires (disons même mainstream) du moment, Slimane. Dans son deuxième disque, le chanteur n'a ni peur d'exposer ses failles, ni de mettre en avant sa vision du monde. Il se livre sans tabou ni complexes à propos de son parcours et de sa vie. Son interprétation aussi force le respect.

Sa maison de disque m'a donné rendez-vous dans sa loge de l'émission C'est à vous (France 5). Slimane, devenu un chanteur populaire en moins de deux ans est resté néanmoins très sympathique, lucide et simple. Ca fait plaisir. Voici le fruit de cet entretien. 

Slimane n'a ni peur d'exposer ses failles, ni d'imprimer sa vision du monde.
En savoir plus sur http://www.chartsinfrance.net/Slimane/news-106030.html#QVLyovryjUFfE8Up.99
Slimane n'a ni peur d'exposer ses failles, ni d'imprimer sa vision du monde.
En savoir plus sur http://www.chartsinfrance.net/Slimane/news-106030.html#QVLyovryjUFfE8Up.99

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Clip de "Solune". 

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"Viens, on s'aime", en live dans C à Vous, quelques minutes après notre interview. 

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Avec Slimane, après l'interview, le 25 janvier 2018, dans sa loge de C'est à vous sur France 5.

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Et puis, pour l'anecdote, sachez que nous avons un clip en commun. Celui de "Octobre rose" de Faby Perier, il y a 3 ans. Lui chantait, moi, je parlais... pour LA bonne cause. 

11 décembre 2017

Kevin Tran : interview pour le manga Ki et Hi (tome 2)

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En décembre 2016, j’avais ici réalisé une première interview du YouTuber star et désormais auteur de manga à succès, Kevin Tran (Le Rire Jaune). C’est un garçon que j’apprécie beaucoup humainement et j’ose dire « intellectuellement ».

Il sort le deuxième tome de sa série Ki & Hi, intitulé Une famille de fous. Pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois de décembre 2017 et janvier 2018), je l’ai interviewé de nouveau.

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28 novembre 2017

Lorie Pester : interview pour Les choses de la vie

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lorie pester,les choses de la vie,interview,auchan,mandorLorie Pester, anciennement Lorie tout court, a changé. Elle a évidemment grandi et son répertoire en fait tout autant. Sa vie de femme l’inspire. Alors qu'elle est à l'affiche de la saga de TF1, Demain nous appartient, la chanteuse vient de publier son nouvel album Les choses de la vie. Un nouvel album différent qu'elle décrit comme « une étape de (sa) vie d'artiste » : « un moment de ma vie de femme que je vous livre après une longue période de travail, de choix, parfois difficiles, de remises en question indispensables, d'expériences multiples, d'élans vertigineux, de désirs ardents ». 
Pour l'artiste, aujourd'hui âgée de 35 ans, ce disque est « un arrêt sur image de la personne que je suis aujourd'hui. J'y aborde les sujets qui me touchent et qui, je l'espère, vous toucheront aussi ».

Pour Le magazine des Loisirs Culturels Auchan (daté des mois de décembre 2017 et janvier 2018), elle m’a accordé une interview. Pour la petite histoire, nous avions rendez-vous dans un bureau parisien. J’étais à l’heure… mais pas dans la bonne rue (et très loin de la bonne adresse). Nous avons donc reporté l’interview au lendemain. Mais cette fois-ci au téléphone, car Lorie n’était déjà plus à Paris. Bien joué Mandor !

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Clip de "La vie est belle", extrait de l'album Les choses de la vie.

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Clip de "Bel été" extrait de l'album, Les choses de la vie.

16 octobre 2017

Florent Pagny : interview pour Le présent d'abord

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Un beau soir de septembre 2017, j'ai interviewé une énième fois un chanteur que j'aime bien. Florent Pagny pour la sortie de son album Le présent d'abord. La palette du disque s'étale ainsi de la grande variété opératique au pop-rock californien, de la pop urbaine africaine aux références eighties redigérées.

Ce qui me plait en lui, c'est que cet homme très sympathique a trouvé l'équilibre parfait entre sa vie professionnelle et sa vie privée. Je sais qu'il agace (ses histoires d'impôts, son franc parler...), mais on ne peut pas nier qu'il est un formidable interprète et qu'il est l'incontestable roi de la variété française populaire (avec Calogero). Après, on aime ou on n'aime pas. 

Voici ce que j'ai publié dans Le magazine des loisirs culturels Auchan, daté des mois de septembre-octobre 2017.

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Clip de "Le présent d'abord".

Clip de "La beauté du doute".

06 juin 2017

Gilles Paris : interview pour Le vertige des falaises

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(Photo : Jean-Philippe Baltel)

gilles paris,le vertige des falaises,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorCeci est la quatrième mandorisation de Gilles Paris, (la première en 2012, pour évoquer son livre Le pays des kangourous, la seconde en 2013 pour la réédition d'Autobiographie d’une courgette (qui a connu une autre vie artistique phénoménale depuis) et en 2014 pour son roman L’été des Lucioles). Gilles Paris est une figure incontournable du milieu littéraire depuis de nombreuses années. Il n’est pas seulement auteur, il est également l’un des attachés de presse les plus importants de France. On ne compte plus les écrivains qu’il défend.

Pour en savoir plus sur Gilles Paris, lisez l'excellent article du Parisien, paru récemment.

Je lui suis fidèle parce que, même si nous ne sommes pas des amis proches, nous avons des liens suffisamment forts pour que je sois très attaché à lui et à son œuvre. Elle (son œuvre) me touche profondément. Les secrets de familles, l’enfance un peu cabossée... ne me laissent pas indifférent…

Le 11 avril 2017, pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois d’avril et mai 2017), j’ai interviewé Gilles Paris une nouvelle fois, à l’agence. Voici ce que j’en ai retenu pour le consumer… et ensuite, je vous propose, comme souvent, un bonus mandorien.

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(Photo : Jean-Philippe Baltel)

gilles paris,le vertige des falaises,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorBonus mandorien :

Le succès mondial de l’adaptation cinématographique d’Autobiographie d’une courgette est-il un conte de fées ?

Oui, dans lequel il y a eu des montagnes russes. J’ai vécu des émotions fortes. Autobiographie d’une courgette, il faut le rappeler, est mon deuxième roman. Il est paru en  2002, c’est à dire il y a 15 ans. Il a déjà eu en 2007, une adaptation à la télévision  pour France 3 (sous le titre C’est mieux la vie quand on est grand), réalisé par Luc Béraud, produit par Pascale Breugnot, avec Daniel Russo qui jouait le gendarme.

Mais l’aventure du film d’animation réalisé par Claude Barras est tout à fait incroyable.

Tu peux le dire ! Je l’ai suivi de près et de loin. Je regardais un peu ce qui se disait, mais pas tout. Cette aventure incroyable m’a rendu très heureux. Nous sommes allés jusqu’à deux César, une nomination aux Oscars et à peu près 20 prix dans le monde entier. Mais pour moi, la plus importante des victoires est celle du public. Il y a eu plus de 800 000 entrées en France et  le DVD qui vient de sortir se vend très bien. C’est un peu le succès de David contre Goliath. Je rappelle que c’est un film d’auteur avec un budget correct, mais modeste par rapport aux productions américaines. Il s’est pourtant hissé vers les plus hautes sphères. Je remercie encore Claude Barras d’avoir su garder l’esprit du livre.

As-tu suivi l’élaboration de ce film d’animation ?

Non. J’ai suivi tout ça comme un fan. Je regardais les teasers, les premières images, je lisais les articles paraissant sur le projet… je n’étais pas encore en contact avec la production à ce moment-là.

La première fois que tu t’es assis pour voir le résultat final, il s’est passé quoi dans ta tête ? gilles paris,le vertige des falaises,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandor

Tout ce que j’avais vu et lu au préalable m’avait rassuré. Mais c’est toujours un peu étrange de voir un film tiré d’un de ses livres. C’était une projection faite pour les partenaires du film, en avril dernier. Je me suis recroquevillé dans mon fauteuil, mais à la fin, les réactions étaient tellement bonnes que j’ai été rassuré. Depuis,  j’ai vu le film une vingtaine de fois et à chaque fois, j’ai découvert quelque chose de nouveau que je n’avais pas vu auparavant. Par exemple, j’ai remarqué qu’une de mes héroïnes, Camille, lisait Kafka, que la grenadine était rose… des détails comme ça.

Peut-on être ému par une histoire qu’on a écrit soi-même finalement ?

Pas vraiment par l’histoire, mais par le contexte, par ce que ce film a véhiculé dans ma vie. J’étais très ému à cette projection et encore plus à Cannes. Cannes, c’était la première projection publique payante. C’était une très grande salle et nous étions tous réunis. Quand le film s’est terminé, il s’est passé quelque chose de très inattendue : des applaudissements pendant 20 minutes. C’est très long 20 minutes ! J’avais ce sentiment étrange de me dire que si je n’avais pas écrit ce livre, dans cette salle, ce serait d’autres gens, une autre histoire, un autre livre, un autre film. Tatiana de Rosnay m’a raconté qu’elle a eu le même sentiment quand elle a vu pour la première fois Elle s’appelait Sarah en projection.

T’es-tu expliqué l’émotion qu’a suscitée ce film ?

Non. On explique plus les échecs que les réussites. Si on connaissait le secret d’une réussite, on ne ferait que ça. Dans le cas du film, le bouche à oreille a été très important.

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Pendant l'interview...

Ce succès a-t-il changé ta vie ?

Ma vie s’est améliorée. Depuis toujours,  je suis quelqu’un qui n’a pas une super grande confiance en lui, mais le succès de la courgette m’a un peu galvanisé et m’a indéniablement apporté du bien-être.

Il y a quelques années, je te demandais si le fait d’être écrivain toi-même n’était pas un problème pour être attaché de presse d’autres écrivains. Aujourd’hui, tu es plus connu que beaucoup d’entre eux…

En ce moment, j’ai la chance d’avoir des auteurs qui sont extrêmement heureux pour moi et qui m’envoient régulièrement des textos et des messages d’affection. Je reste quelqu’un d’extrêmement discret.

Je peux en témoigner, tu n’as absolument pas changé.

Je ne changerai jamais tu sais. Quand on est heureux, que la réussite est là, il ne faut jamais oublier qu’il y a toujours quelqu’un pour te rappeler de descendre les poubelles.

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Après l'interview, le 11 avril 2017.

01 juin 2017

Camille : interview pour Ouï

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(Photo : Patrick Messina)

Camille a passé beaucoup de temps en cellule ces derniers mois. La cellule I, située entre le grand cloître et le jardin des senteurs, au cœur caché de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon (un ancien monastère du XIVe siècle, reconverti en centre culturel et résidence d’artistes). C’est là que Camille a conçu Ouï, son cinquième album studio, en apparence simple, essentiel, primitif, basé sur le rythme, le chant et la conséquence naturelle de leur rencontre, la danse.

J’ai interviewé Camille pour Le  magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois d’avril et mai 2017). Et comme j'aime me l'a jouer un peu. Il s'agissait là de la toute première interview pour cet album. Et ouï!

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Teaser de l'album.

Clip de "Fontaine de lait".

30 mars 2017

Eric Fouassier : interview pour Le piège de verre

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éric fouassier,piège de verre,interview,mandor,le magazine des loisirs culturels auchanÉric Fouassier membre de l’Académie nationale de pharmacie, grand spécialiste de l’histoire de la
pharmacie qu’il enseigne en faculté depuis plus de vingt ans, est un passionné de jeux de piste et d’énigmes. Bayard ou le Crime d’Amboise est le premier tome d’une série. Le deuxième tome, Le Piège de Verre, vient de sortir en parallèle aux Éditions Jean-Claude Lattès en grand format. De livre en livre, Éric Fouassier commence à se faire un nom dans le domaine du polar historique français. Je l’ai déjà mandorisé deux fois (en 2010 et en 2011 avec son frère Luc-Michel, lui aussi écrivain… de qualité). Cette fois-ci, je l’ai interviewé pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté de Février/Mars 2017).

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13 décembre 2016

Kevin Tran (Le Rire Jaune) : interview pour Ki & Hi

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(Photo : Christophe Panepinto)

Kevin Tran est un YouTuber français de 25 ans. Il compte près de 3,4 millions d'abonnés sur sa chaîne YouTube, Le Rire Jaune. Lancée en 2012, elle compile des vidéos humoristiques, réalisées en solo ou en duo avec son frère.

Le jeune homme a sorti il y a près de deux mois un manga. Son premier manga, Ki & Hi. Il  s'est écoulé en quelques jours à près de 50 000 exemplaires : un record absolu pour un manga français, et peut-être même pour un manga tout court. Dans le classement Edisat des meilleures ventes, tous livres confondus, semaine du 17 au 23 octobre, le titre se classe en 7e position. Au bout de trois jours, les libraires étaient en rupture de stock. Un retirage de 100 000 exemplaires a dû être effectué, soit autant que pour un tome de « Naruto », le 2e manga japonais le plus vendu en France...

Ce qu'en dit BFMTV.

Bref, Kevin passe à l’agence régulièrement. Il a son studio perso… On se voit, on discute, je l’apprécie. Il a la tête sur les épaules et une humilité.

Il a accepté que je le mandorise. De fil en anguille, j’ai utilisé une partie de cette interview pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté du mois de novembre 2016).

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Le Rire Jaune : "J'ai écrit un manga".

kevin tran,le rire jaune,interview,mandor,le magazine des loisirs culturels auchanBonus mandorien:

Tu as commencé tes activités de YouTuber en 2012 ? Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire des vidéos ?

Je ne suis pas quelqu’un de communautariste, mais on a tous besoin d’une idole en qui on pourrait se reconnaitre. Dans ma jeunesse, je n’en voyais aucune d’origine asiatique en France ou même dans le monde, à part les comédiens qui font des arts martiaux. Je n’ai donc pas eu de français d’origine asiatique en qui me reconnaitre. Ceux qui avaient des rôles, c’était pour des compositions très clichés, avec l’accent qu’il faut : le traiteur chinois, le magouilleur… bref, des choses dans lesquelles je ne me reconnaissais absolument pas. J’ai eu très envie de changer les choses. Avec YouTube, ça devenait possible. J’ai décidé de partagé mon point de vue sur cette plateforme et prouver que l’on pouvait faire rire sans utiliser l’accent.

Ses caricatures sur le français d’origine asiatique, ça te blessait ?

Ça m’atteignait. Je peux comprendre que des personnes qui ont 35-40 ans acceptent ce genre de rôle parce qu’ils ont effectivement vécu ça… L’accent ne me dérange pas, mais quand on décide de faire des blagues qui sont de l’autodénigrement, je n’aime pas.

Tu t’es dit qu’il fallait combattre cela.

Oui, en maitrisant le français comme n’importe qui. Après, je suis asiatique et je suis fier de l’être. C’est une appartenance que je n’ai jamais nié et que, forcément, j’utilise dans mes vidéos. Je ne pense pas qu’une personne asiatique qui regarde une de mes vidéos se soit dit une seule fois : « cette personne nous fait honte ». Si on doit aller dans le cliché ou dans la culture asiatique, il faut parler de choses irréfutables. La sévérité des mères asiatiques, ça c’est vrai. J’en ai parlé souvent et ça fait toujours marrer les asiatiques parce qu’ils savent que c’est un phénomène rigoureusement exact.

Le Rire Jaune : "La langue chinoise".

Ta mère, tu ne l’épargnes pas beaucoup.

Je la taquine un petit peu. Quand elle voit un sketch dans lequel je la mets en scène, elle trouve que j’exagère trop les traits.

Elle te regarde ?

Elle regarde tout ce que je fais.

Et la relation avec ton petit frère, là aussi tu exagères le trait ?

Quand on était petit, on se chamaillait tout le temps. Je le frappais souvent. J’étais un grand frère très possessif, très dominateur, très contrôleur. Maintenant, je le suis beaucoup moins.

Et aujourd’hui ?

Tu sais, c’est comme quand on joue à la console, à un moment, on passe à autre chose. Je me suis lassé de le frapper. Je l’ai frappé avec toutes les techniques de main possibles et sous tous les angles. A un moment, je me suis dit : « c’est un art que je maitrise, je peux passer à autre chose » (rires).

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Kevin  Tran et son illustratrice Fanny Antigny (photo : Christophe Panepinto)

Avant de commencer tes vidéos, tu avais des idoles YouTubers ?

Je regardais beaucoup de YouTubers américains comme Ryanhiga. Ça fait 10 ans qu’il fait des vidéos d’un contenu extrêmement créatif et il est encore en activité. En France, il y avait Le Joueur du Grenier que j’aimais beaucoup. C’est d’ailleurs toujours celui que je préfère.  Après, je regardais les blockbusters français comme Norman et Cyprien.

Tu as tout de suite su ce que tu allais faire ?

Oui. Le face caméra s’est imposé à moi immédiatement. Ca me paraissait le plus simple pour raconter ce que j’avais envie de raconter. Je suis la dernière personne à avoir réussi en faisant du face caméra. En termes de positionnement, il suffit d’être plus drôle que les autres, c’est tout (sourire). Je me suis beaucoup appliqué sur la qualité des textes.

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Kevin  Tran et son illustratrice Fanny Antigny (photo : Christophe Panepinto)

Ton contenu est drôle et souvent très fin. C’est ça le secret de ta réussite ?

C’est de travailler beaucoup. Pour cela, il faut profondément aimer ce que l’on fait. Faire des videos, créativement parlant, c’est très complet. Il y a l’écriture, le jeu, la technique (montage et réalisation), il y  a des rencontres avec d’autres esprits créatifs, des collaborations… tout cela est très stimulant et épanouissant. Quand on goûte à ça, on a envie que cela dure pour toujours et donc, il faut travailler énormément.

Quel rapport as-tu à la notoriété ?

Accéder à elle peut être considéré comme génial. Mais une fois que l’on s’est fait reconnaitre dans la rue, ça devient banal. Après, je t’assure, c’est plus des problèmes qu’autre chose. Quand on est connu, il y a des gens qui trainent avec toi juste pour obtenir quelque chose de toi. Il faut gérer cette situation seul. Tes proches ne peuvent pas comprendre ce que tu vis. On peut vite péter un câble. Faire des vidéos sur Internet demande beaucoup de maturité si on veut durer.

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(Photo : Christophe Panepinto)

Tu as l’air très pudique.

Ca dépend. Je dévoile les parties que j’ai envie de dévoiler. Quand je les dévoile, je le dévoile à fond. Il y a des parties de ma vie que j’ai envie de garder privée, comme chacun d’entre nous.

Nous nous sommes croisés dans la rue récemment. Tu marchais avec une capuche pour que les jeunes ne te reconnaissent pas…

Parfois, je suis pressé, je n’ai pas forcément envie de me faire reconnaître dans la rue parce qu’ils vont me retarder. Je ne refuse jamais un autographe ou une selfie. Il y a dans ces jeunes certains qui font partie de mes abonnés. Du coup, je suis obligé de mettre une capuche ou une casquette et tracer en baissant la tête.

Tu t’es expliqué le fait d’avoir du succès ?

Pour réussir, j’ai regardé beaucoup de vidéos avant de commencer. J’ai essayé d’analyser ce qui marchait le plus sur YouTube. J’ai la chance que ce qui fonctionne le mieux correspond à ce que j’ai envie de faire. Il faut trouver le juste milieu entre ce que j’ai envie de faire et ce qu’attend le public de toi. L’humour, ça marche toujours et j’adore ça. Même si dans la vie, je suis beaucoup moins drôle quand dans mes vidéos.

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Pendant l'interview...

Quand je te vois évoluer ici à l’agence, je te trouve  toujours calme, posé et tu sembles avoir un recul énorme sur ce qu’il t’arrive. Rien n’a voir avec le Kevin des vidéos !

A partir du moment où une vidéo est publiée sur ma chaine, je considère qu’elle est là pour divertir le public, donc forcément, je rentre dans mon rôle de « divertisseur », d’humoriste et de comédien. Pour cela, je vais tenter de diffuser des bonnes ondes et j’essaie de transmettre de bons messages. Je vais forcément être différent du Kevin de tous les jours, mais ce n’est pas pour autant que je vais manquer d’authenticité dans mes vidéos. Ce que je raconte dans mes vidéos avec un grand sourire et en parlant super vite, c’est ce que je pense dans la vraie vie en parlant plus lentement et posément.

Ta lucidité sur ton succès m’impressionne. J’ai l’impression que tu n’es pas dupe sur la fragilité de ce genre de notoriété.

Je ne suis pas dupe, mais je ne suis pas résigné non plus. Je sais que tout peut s’arrêter du jour au lendemain, mais en même temps, je sais aussi que ça ne s’arrête pas si tu continues à fournir du bon contenu.

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Le 27 octobre 2016, après l'interview...