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01 novembre 2018

Françoise Bourdin : interview pour Gran Paradiso

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françoise bourdin,gran paradiso,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorNée à Paris en 1952 de parents chanteurs lyriques, Françoise Bourdin est plongée dès son plus jeune âge dans le monde artistique. Passionnée d'équitation depuis l'adolescence, elle l'est aussi par la littérature. Elle commence, dès quinze ans, à écrire des nouvelles et publie son premier roman, Les Soleils mouillés, à l'âge de vingt ans. Plusieurs grands succès littéraires font d'elle une romancière reconnue. Elle a également signé de grandes sagas télévisées à succès : Un été de canicule et Terre indigo. Mère de deux filles, Françoise Bourdin vit en Normandie. Pour Le magazine des Loisirs Culturels Auchan daté des mois de septembre/octobre 2018, j'ai interviewé à la fin du mois d'août l'auteure pour évoquer son nouveau roman, Gran Paradiso.

 

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Photo datant du 3 juin 1999 à Radio Notre Dame… (donc 19 ans avant cette interview).

28 octobre 2018

Absol Vidéos, Anthox Colaboy, Sir Gibsy et Le DESSINATOR : interview pour leur BD Tubonia (tome 1)

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Vous le savez, j’ai passé beaucoup de moments dans les bureaux de l’agence Mixicom. Pendant ce temps-là, je n’ai cessé de rencontrer des YouTubers de tout poil. Des plus connus à de plus confidentiels. Un samedi, alors que je travaillais dans mon bureau, je vois arriver quelques personnes pour un tournage. Il y avait notamment les 3 vidéastes critiques sur YouTube : Absol Vidéos, Anthox Colaboy et Sir Gibsy. Ils venaient tourner un teaser pour un projet de BD. Je leur demande quelques explications et je comprends que cette bande dessinée leur permettra de prolonger leurs analyses de YouTube, sous un ton léger et un angle différent.

Après le tournage, en compagnie de LeDESSINATOR, ils sont venus m’en dire plus. C’était le 14 avril dernier. Je ne publie qu’aujourd’hui cette mandorisation parce que la BD  n’est livrée que depuis le début du  mois d’octobre.

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Le projet :

Les FDP de Tubonia ! Ou plutôt les Forces De Protection de Tubonia, est une BD mettant en scène une métaphore de YouTube dans un univers d'Heroic Fantasy.

C'est sous le crayon d'un 4e vidéaste, leDESSINATOR (Julien Parra), que Absol Vidéos, Anthox Colaboy et Sir Gibsy incarnent en BD 3 héros, Sir Gibsy, Anthox Colle-à-Bois et le Chevalier Mage Absol et ils s’apprêtent à sauver le Royaume de Tubonia d'un mal mystérieux qui ronge ses habitants !

Les porteurs du  projet :

-Absol Vidéos, un Youtuber qui fait des analyses des phénomènes liés à YouTube. www.youtube.com/absolvideos

-Anthox Colaboy, qui lui propose sous une forme humoristique des critiques de chaînes YouTube. www.youtube.com/wildesyde

-Sir Gibsy, qui à travers des coups de gueule donne son avis sur YouTube et les autres chaînes. www.youtube.com/AddictiVideoGibz

-leDESSINATOR, le dessinateur de la BD qui possède une chaîne de tuto de dessin. www.youtube.com/leDESSINATOR

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De gauche à droite, Anthox Colaboy, Sir Gibsy, LeDESSINATOR et Absol Vidéos dans mon bureau de Mixicom.

Iabsol vidéos,anthox colaboy,sir gibsy,le dessinator,tubonia,fdp,bande dessinéenterview :

Je crois que c’est Anthox qui est à l’origine de ce projet ?

Anthox : Quand leDESSINATOR a fait nos bannières, j’ai eu envie d'aller plus loin encore. Je lui ai demandé qu'il nous fasse un fan art (un poster) où nous serions tous les trois en mode Chevaliers de la Table Ronde, tel les justiciers de YouTube. C’est ainsi qu’on nous appelle. LeDESSINATOR m’a répondu qu’il n’avait pas le temps car il était très occupé. Le lendemain, il m’appelle et me dit : « Mec, on va faire mieux. On va faire une BD! »

LeDESSINATOR : J’ai pensé que décliner Anthox, Gibsy et Absol en personnages de bande dessinée était une bonne idée. Une fois que l’on a décidé d’ouvrir un financement participatif avec Ulule (voir là), nous sommes allés chez Absol pour écrire le tome 1.

(M’adressant aux trois YouTubers). L’idée de la BD, ça vous a plu immédiatement ?

Sir Gibsy : Tu m’étonnes, mégalos comme nous sommes ! (Rires) Ce qui nous a intéressé, c’est que personne n’avait eu l’idée de retranscrire l’univers de YouTube en BD.

Absol : Ce qui est fou, c’est qu’au départ, c’était un délire entre potes. Nous nous étions fixés de sortir au maximum 1000 exemplaires, donc sur Ulule, nous espérions obtenir 15 000 euros.

Mais la machine s’est emballée !

Absol : On a obtenu 521 825 euros grâce à 26 122 contributeurs. On a été le premier projet européen en termes de contributeurs en financement participatif. On a battu le record.

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Le 12 octobre 2018, tous réunis chez Anthox  pour dédicacer les bandes dessinées.

Comment expliquez-vous ce succès inouï ?

Absol : Comme le sujet évoquait YouTube, ça a intéressé les YouTubers d’en être et du coup, beaucoup, et pas des moindre, nous ont fait de la pub.

Anthox : Comme l’a dit Sir Gibsy, au départ, personne n’avait fait une BD parodiant YouTube France dans son intégralité, en plus, dans un univers médiéval fantastique. Des YouTubers ont déjà fait des bandes dessinées mais c’était des histoires fictives ou des histoires centrées sur eux. Dans notre BD à la Game of Thrones, certes, il y a nous, mais tous les YouTubers préférés des français. De plus, il y a pleins de clins d’œil à la pop culture.

LeDESSINATOR : Anthox Colaboy, Absol Vidéos et Sir Gibsy étaient déjà regroupés et considérés par le public comme les justiciers du Net. D’une certaine manière, il ne restait qu’un pas à faire pour créer une véritable histoire ancrée dans l’univers de Youtube. Les trois personnages des Forces de Protection (FDP) de Tubonia étaient là, sous mes yeux, bien vivants. Toutes les idées du scénario viennent de nos quatre expériences partagées, remaniées...

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Est-ce que tous les YouTubers figurant dans la BD ont donné leur accord ?

LeDESSINATOR : Bien sûr. Les trois personnages principaux sont Absol, Anthox et Sir Gibsy, mais nous voulions inclure des cameos. Et il était hors de questions qu’on ne leur demande pas l’autorisation. J’ai donc envoyé de nombreux mails à des YouTubers. Le premier qui m’a répondu positivement était Cyprien, ensuite Kevin Tran du Rire Jaune. C’est amusant parce que le premier est auteur de bande-dessinée et le second de manga. Ils ont été très curieux du projet. Tous les autres ont accepté et en ont parlé sur leur chaine. Ça a fait boule de neige.

Anthox et Sir Gibsy, votre spécialité dans vos videos, c’est de critiquer YouTube… enfin de donner votre avis sans langue de bois. Pourtant, les gens qui vous regardent vous aiment bien j’ai l’impression.

Sir Gibsy : Je me sens obligé de répondre. En fait, j’énerve un peu plus que les autres, je le sais. Dans la BD, qui n’est pas du tout polémique, on a mis aussi des YouTubers qu’on a nous-même critiqué. Il n’y a pas de rancœur.

LeDESSINATOR : Dans la  BD, il y a beaucoup d’autodérision dans le personnage de Sir Gibsy. Il est le gueulard, le gros bourrin qui fait parfois foirer la mission. On caricature ce que représentent Sir Gibsy, Anthox et Absol dans la tête des gens. Absol, c’est le sage par excellence, Anthox, c’est un mélange de fouine et de pile électrique. En tout cas, il n’y a aucune attaque ad hominem, ni aucun clash. D’ailleurs, le sujet du tome 1, ce sont les haters.

Définition d’haters : expression pour désigner un groupe de personnes qui, en raison d'un conflit d'opinion ou parce qu'ils détestent une personne, passe son temps à dénigrer une cible, par exemple les célébrités (ou des émissions de télévisions ou des films ou éventuellement des youtubers) grâce aux réseaux sociaux ou en commentant des articles sur internet ».

Anthox : Dans la BD, les haters ne sont pas des êtres humains à part entière. Pour répondre à ta question, j’ai l’impression que les gens aiment bien le recul et le cynisme que je mets dans mes vidéos. Les gens savent que je critique le contenu des chaines et pas les personnes. Cela dit, il m’arrive aussi de déborder de ce côté-là, mais je tente de faire attention.

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Tournage du teaser de la BD, le jour de l'interview, le 14 avril 2018.

Vous avez des personnalités clairement différentes. Ça a été facile d’écrire ensemble ? absol vidéos,anthox colaboy,sir gibsy,le dessinator,tubonia,fdp,bande dessinée

Absol : Nous sommes différents, mais très complémentaires. En écrivant, nous nous stimulions.

Anthox : On arrivait avec nos idées et les autres les rendaient encore meilleure.

Il fallait l’unanimité pour chaque gag ?

Absol : Oui. C’est arrivé que l’on perde deux heures pour un petit détail.

Qui était le plus chiant ?

Sir Gibsy : Absol, justement.

Anthox : Je vais dire aussi Absol. Ce n’est pas qu’il est chiant, mais il est perfectionniste. Il y a des détails qu’il voulait absolument ajouter et, du coup, on a perdu beaucoup de temps à le convaincre qu’il ne fallait pas en faire plus.

LeDESSINATOR : Moi, j’ai trouvé très intéressant toutes ces discussions. De plus, chacun a mis son ego de côté. Même si une personne trouvait son idée hyper drôle et que les autres n’étaient pas d’accord, chacun respectait la décision commune. C’est normal de défendre son bout de gras, mais il faut l’intelligence de céder.

Anthox : LeDESSINATOR était là aussi pour calmer nos ardeurs. Lui, il sait ce que c’est une BD. Il connait les difficultés, alors il nous disait parfois que telle ou telle idée n’était pas possible, car cela prendrait trop de pages par exemple. Il était notre modérateur.

Sir Gibsy : Pour nous, un combat, ça prend 3 cases, mais en vrai, ça prend 8 pages (rire collectif).

LeDESSINATOR : Comme j’ai une vision personnelle, si je n’arrive pas à visionner celle des autres, je ne peux pas la dessiner.

absol vidéos,anthox colaboy,sir gibsy,le dessinator,tubonia,fdp,bande dessinéeVous trois, être personnages de BD, ça vous fait quoi ?

Anthox : Mais jamais de la vie je n’aurais pensé devenir un personnage de bande dessinée. C’est juste ahurissant.

Sir Gibsy : Bien souvent, les gens voient YouTube comme un moyen de subvenir à ses besoins en faisant des vidéos. Personnellement, pour moi, YouTube, c’est un tremplin. Tu commences à faire tes vidéos, tu fais tout toi-même au départ, ensuite tu rencontres d’autres personnes, tu envisages des projets… et c’est comme ça que tu finis par aller au-delà de YouTube. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans cet étrange état : personnage de bande dessinée.

Absol : Moi, je suis surtout content parce que c’est un objet physique. On fait des vidéos YouTube, c’est numérique, alors je trouve génial d’avoir quelque chose de physique, de concret entre les mains.

Et, mine de rien, ça vous réunit ad vitam aeternam !

Absol : Mais, je vais plus loin. Ca réunit tout YouTube ! C’est un univers qui n’appartient pas qu’à nous trois. Après le tome 2, on a même envie de faire une série de spin-off avec d’autres YouTubers. Il y a énormément de YouTubers qui sont partants pour faire leur propre spin-off avec leur univers.

LeDESSINATOR : Et avec des dessinateurs différents, je précise.

Pourquoi avez-vous décidé que les histoires se déroulent dans un univers héroïco-médiéval ?

LeDESSINATOR : A la base, nous sommes partis sur l’idée d’Anthox, les Chevaliers de la Table Ronde, mais quand nous nous sommes donné rendez-vous chez Absol pour écrire le premier tome, on a hésité entre le médiéval, la SF ou le contemporain. On a choisi le médiéval.

Anthox : Je pense que le médiéval est ce qui touche le plus de monde. On pensait à Donjons et Dragons, les jeux de rôles papier, Kaamelott, Game of Thrones,  Le Seigneur des anneaux…

Absol : C’est très geek tout ça.

LeDESSINATOR : De plus, je suis moins bon en SF.

Sir Gibsy : Et j’ai l’impression que les métaphores sont plus faciles à faire dans l’univers médiéval. Je ne sais pas pourquoi.

Ce projet de BD peut-être déclinable en série télé ou dessin animé…absol vidéos,anthox colaboy,sir gibsy,le dessinator,tubonia,fdp,bande dessinée

LeDESSINATOR : Ce projet plait beaucoup. Il faut que l’on transforme l’essai avec un tome 2 plus percutant et spectaculaire.

Absol : Il n’y aura plus le phénomène de nouveauté, de curiosité, alors il va falloir faire beaucoup mieux encore. Même sur Ulule, il va y avoir des contreparties encore plus folles dont une qui n’a jamais été proposée de par le monde.

Anthox : On ne peut pas en dire plus, c’est trop gros !

Sir Gibsy : Nous avons conscience que si le tome 2 marche comme on le souhaite, ce sera déclencheur de beaucoup de choses. Pour l’instant, le plus dur est de se tempérer.

Dernière question. Pourquoi ce livre n’est pas vendu en magasin ?

LeDESSINATOR : Je viens du milieu de la bande dessinée. Le constat que je fais est clair : les auteurs/dessinateurs ne sont plus respectés, ils sont mal payés. Depuis 2012, j’ai arrêté avec ce système. Je voulais revenir dans ce milieu-là, mais dans un circuit alternatif ou les auteurs sont rémunérés à leur juste valeur. Il n’y a pas de grands méchants dans les circuits traditionnels. Les libraires sont cools, mais ils prennent 36%, les diffuseurs distributeurs prennent 20%, après, pour l’auteur, il ne reste plus grand-chose. Si on élimine ces intermédiaires-là, tout le travail revient aux auteurs. Je voulais donc passer par un système comme ça. De plus, avec YouTube, il y a un relais pas possible pour ce livre, que ferait de plus un éditeur ? J’ai donc créé ma maison d’édition personnelle pour ces deux premiers livres, pour les spin-off avec d’autres dessinateurs. Je veux lancer un circuit parallèle avec une meilleure économie. L’auteur, au lieu de toucher 8% va toucher 80%. Ce que je fais est aussi idéologique.

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De gauche à droite, Absol Vidéos, LeDESSINATOR, bibi, Anthox Colaboy et Sir Gibsy.

Pour finir, voici les 3 premières pages de la bande dessinée.

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26 octobre 2018

Gilles Paris : Interview pour La lumière est à moi et autres nouvelles

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(Photo : Didier Gaillard-Hohlweg) 

gilles paris,la lumière est à moi,interview,collection haute enfance,mandor,gallimardDans la lignée de son roman devenu culte, Autobiographie d'une courgette (Plon, 2002), adapté au cinéma en 2016 et récompensé par deux césars, Gilles Paris signe chez Gallimard (dans la collection « Haute enfance » dirigée par Colline Faure-Poirée) le recueil de nouvelles, La lumière est à moi. Une fois de plus, la plupart de ses personnages sont entre le monde de l’enfance et celui des adultes. Comme souvent chez Gilles Paris, ses histoires sont habitées par la perte et le manque d’une mère, d’un père, d’un frère ou d’une sœur. C’est beau, poignant, émouvant parfois noir... même si la lumière n’est jamais loin.

Avec ce recueil, est organisé une exposition (photographies : Didier Gaillard-Hohlweg/textes : Gilles Paris). "Des paysages saisis dans la fugacité, cet 1/125s entre ombres et lumières, comme une ouverture vers le champs des possibles, espace-temps où tout se décide. Issus de la chambre-noire, des portraits rouges, incarnations des émotions interdites. celles des personnages de Gilles Paris dans son nouvel opus La lumière est à moi.
Des extraits de textes qui ponctuent le parcours, donnant vie au tout."

Teaser de l'exposition La lumière est à moi.

J’apprécie beaucoup humainement Gilles Paris. Ses romans aussi. Ce n’est pas pour rien que je l’ai mandorisé déjà trois fois (là en 2012, là en 2014 et là en 2017). Je pense pouvoir affirmer qu’on aime bien notre rendez-vous « interview » à chaque sortie d’un de ses livres. Pour ce recueil de nouvelles, il s’est tenu le 10 octobre dernier dans le salon jaune de sa nouvelle maison d’édition, Gallimard.

4e de couverture : Anton, Eytan, Angus, Julian, Aaron, Lior, Ethel, Anna, Ruth, Ambre, Brune... Les hérosgilles paris,la lumière est à moi,interview,collection haute enfance,mandor,gallimard romanesques de Gilles Paris ont tous en commun une part d'enfance déchue, le   désir de s'échapper, happés par l'espoir d'une vie plus lumineuse. Des bords de Seine aux rivages du lac Léman, de la mer des Éoliennes à l'océan Atlantique, leurs destins intranquilles se nouent et se dénouent, à l'heure où les paysages s'incendient en fin de journée.

L’auteur : Gilles Paris travaille dans le milieu de l’édition depuis plus de 30 ans. Il a publié 5 romans, parmi lesquels Autobiographie d’un Courgette dont l’adaptation cinématographique en octobre 2016, sélectionnée aux Oscars, a reçu 20 prix dans le monde entier et deux Césars.

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(Photo : Didier Gaillard-Hohlweg) 

Igilles paris,la lumière est à moi,interview,collection haute enfance,mandor,gallimardnterview :

Tu viens de sortir un recueil de 19 nouvelles. En fait, tu as commencé l’écriture par ce genre-là.

J’en écris depuis l’âge de 12 ans. Chaque fois que j’ai signé un contrat dans une maison d’édition,  j’ai demandé si, après, je pouvais sortir un recueil de nouvelles et tous m’ont répondu non. A commencer par mon premier éditeur, Jean-Marc Roberts, qui m’a confirmé que mes nouvelles étaient superbes, qu’il y avait une atmosphère, mais qu’il préférait que j’en étire une pour en faire un roman. Il en résulte que mes deux premières nouvelles « Papa et maman sont morts » et « Icare et Camille » sont devenus mes deux premiers romans. « Icare et Camille » a été débaptisé pour devenir « Autobiographie d’une courgette ». Les éditeurs ont toujours été frileux pour publier des nouvelles, car les recueils se vendent moins bien que les romans.

La belle histoire c’est que tu as été contacté par Gallimard quand tu étais en pleine promotion de Le vertige des falaises l’année dernière.

Ils ont adoré Autobiographie d’une courgette et L’été des lucioles et ils m’ont demandé si j’accepterais d’écrire un recueil de nouvelles. Pour moi, c’était le rêve total qui se réalisait.

C’est agréable d’être demandé ?

Ça n’arrive pas souvent  parce que le milieu de l’édition est un milieu très conservateur, très hypocrite, à quelques exceptions près. Il faut vraiment trouver les bonnes personnes pour avoir une confiance mutuelle. Aujourd’hui, beaucoup d’éditeurs, pour des raisons économiques compréhensibles, font moins de paris et s’enthousiasment beaucoup plus pour des succès colossaux. Il faut faire son petit bonhomme de chemin au milieu de tout ça, ce qui n’est jamais évident. On demande davantage aux auteurs aujourd’hui qu’on ne le faisait il y a 30 ou 40  ans.

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Gilles Paris dans le salon jaune de chez Gallimard.

Il y a quelque chose qui m’interpelle sur le fait de te demander de rallonger tes nouvelles. Une gilles paris,la lumière est à moi,interview,collection haute enfance,mandor,gallimardnouvelle se suffit à elle-même. Tout y est dit, normalement. Tu n’as pas l’impression de faire du remplissage ?

Non, vraiment pas. Papa et maman sont morts, par exemple, était une longue nouvelle, voire un très court roman si j’y réfléchis. Dans mon recueil La lumière est à moi, les deux nouvelles qui font l’ouverture,  « Les pins parasols »  et « Anton-Les pins parasols », je pourrais tout à fait aller bien au-delà de ce que j’ai écrit. Ce sont deux nouvelles qui se déroulent sur près de 40 ans, je me sentirai très bien le transformer en roman.

Quel plaisir prends-tu à écrire ?

J’aime prendre le lecteur et l’emmener dans une histoire forte, passionnante, passionnelle ou l’amour et l’enfance sont très présents. J’aime l’emmener vers quelque chose qui soit de l’ordre de la lumière et du vivant. Le vivant étant quelque chose qui nous fait battre le cœur et qui nous fait avancer dans la vie.

Dans ce recueil de nouvelles, tu t’es beaucoup intéressé aux étymologies des prénoms.

L’étymologie est intéressante parce qu’elle définit le prénom. Il parait que mon prénom, Gilles, vient d’un vieux nom allemand qui veut dire otage. C’est intéressant d’apprendre ça (rires).

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"Il y a une brisure nette entre les pierres, en bas de l’avenue. Les pavés écorchés semblent suspendus au-dessus de la flaque d’eau, où se reflètent les feuilles des arbres, en ombres noires et mobiles. Une herbe humide et résistante pousse entre les pierres. J’y vois comme une promesse." 
Gilles Paris « Le fleuve des oiseaux peints » - Extrait du livre La lumière est à moi et autres nouvelles.

gilles paris,la lumière est à moi,interview,collection haute enfance,mandor,gallimardL’ombre et la lumière sont dans tous tes romans.

Les deux vont ensemble. On ne peut pas traverser une vie guilleret, léger, insouciant, à moins d’avoir un pois chiche dans la tête. La vie n’est pas comme ça. On traverse tous des épreuves qui peuvent nous affaiblir, mais si nous les affrontons, les supportons et les dépassons, ça nous rend plus grands et forts. Et ça nous emmène justement vers la lumière. 

Une des nouvelles qui m’a le plus touché dans ton recueil, c’est « La petite dernière ». L’histoire d’une petite peste qui fait ce qu’elle veut car ses parents, les élèves et le professeur à l’école, lui passent tout… il y a évidemment une triste raison à cela.

Elle a semé la terreur partout et tout le monde se tait. La chute de l’histoire est encore plus terrible que ce que l’on pouvait imaginer. Dans « Incendie » aussi, il y a une petite peste qui accuse son professeur de l’avoir violé… sauf que.

Sauf que ce n’est pas possible. Et pour cause. Bref, on ne dira rien de plus, mais bravo parce que tu nous retournes toujours à la fin de chaque nouvelle.

Quand je trouve ce qui va faire le sel de ma nouvelle, je suis entre la jubilation et la jouissance. Ecrire, c’est comme faire l’amour. Tu peux écrire machinalement, mais quand ton texte prend une sorte de relief, comme une envolée lyrique, tu ressens presque une excitation.

Je crois savoir que tu n’es jamais totalement satisfait de ce que tu écris.

C’est parce que je me dis toujours que je peux faire encore mieux. Parce que je doute perpétuellement de moi, cela m’incite à beaucoup travailler mes textes.

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"Thomas, photographe, venu pour ces montagnes roses, ce ciel qu’il dépeint d’un bleu insolent, ces gens aussi rêches que la pierre, ce vide abyssal, ce rien loin du monde. Il m’a demandé si j’accepterais d’être photographiée par lui. J’ai haussé les épaules. Une insouciance pareille n’a pas sa place dans mon monde." 
Gilles Paris « Sur le toit du monde » - Extrait du livre La lumière est à moi et autres nouvelles.

On voyage beaucoup dans ton livre. gilles paris,la lumière est à moi,interview,collection haute enfance,mandor,gallimard

Oui. A Nice, aux Etats-Unis et en Italie notamment. Je trouvais intéressant de montrer différents décors,  différents lieux. Je voulais montrer que les sentiments et les émotions  restent les mêmes où que l’on soit.

Dans ton recueil, il y a des histoires racontées par des enfants, ça chez toi, c’est systématique, mais il y a aussi, pour la première fois, des histoires racontées par des adultes.

Les nouvelles « adultes », je les ai écrites spécifiquement pour Gallimard. Elles sont sorties de moi entre juillet et octobre dernier. Il y a quelques nouvelles « enfants » qui étaient déjà écrites depuis quelques années. On a convenu avec la directrice de la collection « Haute enfance », Colline Faure-Poirée, de faire une sorte d’alternance entre les adultes et les enfants, ce qui a donné une forme de respiration, de souffle. Malgré tout, chez les adultes qui racontent, l’enfance et l’adolescence sont primordiales. Soit, ils ont vécu quelque chose pendant cette période qui ne cesse de décrire leur destinée, soit ils sont observés par un neveu, une nièce, un fils ou une fille comme un personnage presque de fiction.

Tu vas finir par l’écrire ton roman dans le registre adulte ?

Oui, ce sera le prochain roman sur lequel je travaille depuis un an. C’est un gros livre, touffu, complexe, avec beaucoup de personnages, qui va me demander encore deux ans de travail. Il sera bien sûr question de l’enfance et de l’adolescence. Ça, je ne pourrai jamais l’enlever.

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"On fait du mal sans le vouloir. On sauve des vies, on en perd d’autres. On apprend à nuancer, à ne plus s’emporter autant. C’est sûrement cela être adulte : additionner les petites lâchetés et les sentiments qui nous paraissent les plus justes."
Gilles Paris « Les pins parasols » - Extrait du livre La lumière est à moi et autres nouvelles.

gilles paris,la lumière est à moi,interview,collection haute enfance,mandor,gallimardDans ton recueil, j’ai trouvé une définition sur le fait d’être adulte exprimé par ton personnage Anton : « C’est sûrement cela être adulte : additionner les petites lâchetés et les sentiments qui nous paraissent les plus justes. »

Je fais mienne cette phrase. Quand je dis additionner les petites lâchetés, je veux parler des petits coups bas que l’on fait dont on ne parle jamais parce que l’on en est pas très fier. Ils s’additionnent les uns après les autres et en même temps, ça nous aide à grandir parce que l’on est passé à autre chose. Personne n’a été le meilleur amant, le meilleur ami, la meilleure relation possible… je parle aussi de cette petite satisfaction que l’on peut avoir de soi-même qui est un peu agaçante. Mais, il faut bien l’avouer, l’autosatisfaction, nous aide aussi à grandir.

Tu refuses d’être adulte ?

Non, parce qu’on est obligé de l’être. J’ai un appartement, je paye un loyer, des impôts… Etre adulte, c’est ça aussi malheureusement. Mais l’année prochaine, j’ai 60 ans… je n’ai pas l’impression de les avoir. Dans ma tête, j’en ai toujours 30 ans. Bref, je n’ai pas le sentiment de n’être qu’un adulte.

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Le vernissage de l'exposition "La lumière est à moi" le 2 octobre à la galerie 55 Bellechasse.

Parlons de cette histoire de photo  avec Didier Gaillard-Hohlweg. Il y a une exposition parallèlement gilles paris,la lumière est à moi,interview,collection haute enfance,mandor,gallimardà la sortie de ton livre.

Je suis très attiré par la photographie depuis longtemps et je connais le travail de Didier depuis un an et demi. J’ai vu la plupart des reportages qu’il a faits. Il a travaillé longtemps dans le domaine de la mode, ensuite comme la mode ne lui plaisait pas, il est allé couvrir des pays en conflit, en Serbie, en Bosnie, en Israël… Au lieu de photographier les gens, il a photographié les lieux. Les murs criblés de balles, des affiches de propagandes déchirées, des traces de mémoires de ce qu’il reste finalement. Il a aussi beaucoup travaillé sur la seconde guerre mondiale et ses lieux de mémoires qui existent notamment en Allemagne et en Argentine. A un moment donné, j’ai vu un reportage qu’il avait fait en Uruguay, à Colonia, et  je lui ai demandé de me passer 5 photos. Je les ai regardé un quart d’heure chez moi et j’ai inventé une histoire autour.

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"Je viens d’arriver à Colonia del Sacramento. Je suis restée longtemps sous la douche, les yeux fermés, appuyée contre le carrelage frais. Je sors de l’hôtel et marche au hasard dans cette ville d’Uruguay où j’ai vécu autrefois."
Gilles Paris « Le fleuve des oiseaux peints » - Extrait du livre La lumière est à moi et autres nouvelles.

Comment se présente cette exposition ?

Il y a des photos de paysages prisent par exemple à Malte, en Urugay, en Bretagne, en Argentine… L’idée, c’était que l’on accorde nos émotions. Le texte que l’on a mis sous chaque photo résonne sur l’émotion propre à elle. On a choisi 100 phrases tirées de mon recueil, on en a gardé 16. Lors du vernissage à la galerie 55 Bellechasse à Paris, nous étions contents, car les visiteurs regardaient autant les photos que les textes qui correspondaient. Il y avait une totale adéquation.

Tu as un deuxième livre en préparation pour ton éditrice Colline Faure-Poirée.

On a signé pour deux livres. Ce recueil de nouvelles et un livre jeunesse illustré, Inventez les couleurs, qui sortira en mars 2019 au moment du Salon du livre de Paris.

As-tu le sentiment de construire une œuvre ?

Non. De par mon métier d’attaché de presse, j’ai défendu de grands écrivains depuis 35 ans, donc je sais rester à ma place. J’estime qu’une œuvre, c’est quand tu as publié au moins 50 livres.

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Après l'interview, le 10 octobre 2018, dans les jardins de chez Gallimard.

08 octobre 2018

Adeline Dieudonné : interview pour La vraie vie

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Tous les médias spécialisés en littérature (et les autres également) le disent avec force conviction : le adeline dieudonné,la vraie vie,interview l'iconoclaste,mandor,fnacpremier livre d’Adeline Dieudonné est un bijou finement ciselé. Qu’il provoque toutes sortes d’émotions oscillant entre peur, rire, tristesse…et espoir. La Vraie Vie touche tout le monde sans exception. Perso, je suis resté scotché du début à la fin. Coup de poing au cœur et à l'âme. Ce roman est un petit miracle comme on en fait peu.

J’ai interviewé Adeline Dieudonné pour l’un des magazines culturels pour lesquels je travaille (un léger indice se trouve sur la photo d’ouverture). Par souci d’honnêteté, je précise que nous avons échangé par mail, l’auteure étant en promotion (vrai tourbillon médiatique, devrais-je dire) dans toute la France, nous ne sommes pas parvenus à caler un tête à tête avant ma deadline (date à laquelle je dois rendre mon interview à ma rédaction).

adeline dieudonné, la vraie vie, interview l'iconoclaste, mandor, fnacArgumentaire de presse :

LA CONDITION PAVILLONNAIRE

Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère est transparente, amibe craintive, soumise à ses humeurs.

Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l’arrivée du marchand de glaces. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

LA POÉTIQUE DU CAUCHEMAR

La Vraie Vie est un roman initiatique détonant où le réel vacille. De la plume drôle, acide et sans concession d’Adeline Dieudonné jaillissent des fulgurances. Elle campe des adeline dieudonné,la vraie vie,interview l'iconoclaste,mandor,fnacpersonnages sauvages, entiers. Un univers à la fois sombre et sensuel dont on ne sort pas indemne.

L’auteure (photo à droite : Jean-François Robert):

Adeline Dieudonné est née en 1982. Elle habite Bruxelles. Dramaturge et nouvelliste, elle a remporté grâce à sa première nouvelle, Amarula, le Grand Prix du concours de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle a publié une nouvelle, Seule dans le noir aux éditions Lamiroy, et une pièce de théâtre, Bonobo Moussaka, en 2017. La Vraie Vie est son premier roman.

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(Photo : Stéphane Remael)

adeline dieudonné, la vraie vie, interview l'iconoclaste, mandor, fnacInterview :

On suit votre héroïne de 10 à 15 ans. Pourquoi avoir écrit sur la perte de l’innocence d’une jeune fille en construction ?

Je ne sais pas trop. Cette histoire est née toute seule, je n’avais pas de volonté de parler d’un sujet en particulier. Mais l’adolescence est une période qui me fascine, c’est le moment des grandes métamorphoses, des émotions brûlantes…

Peut-on dire que votre roman est une fable sur la violence et la maltraitance ?

Oui, il y a de ça. J’aime bien l’aspect fable ou conte, ça permet de prendre du recul sur la violence, tout en la restituant avec beaucoup d’intensité. Mais de nouveau, ce sont des sujets qui se sont imposés à moi, je n’ai pas prémédité l’écriture…

Le père qui a trois passions (la chasse, la télé et le Whisky) lui propose deux alternatives dans la vie: adeline dieudonné,la vraie vie,interview l'iconoclaste,mandor,fnacêtre prédatrice ou une proie. Où trouve-t-elle la force de s’opposer à cette vision binaire ? (Photo de droite : Gael Maleux)

C’est une bonne question. Probablement dans l’amour qu’elle ressent pour son petit frère. Peut-être aussi qu’il y a une forme d’instinct de survie là-dedans. Et puis elle a le modèle de sa mère, auquel elle ne veut surtout pas ressemble. Son amie Monica arrive au bon moment avec la figure de Marie Curie, qui fait mouche. Avec Marie Curie ma jeune héroïne comprend que rien n’est joué d’avance, que ce sera certainement plus compliqué pour elle parce qu’elle est une fille mais qu’elle a la possibilité d’échapper au déterminisme de son père.

La narratrice aime son frère avec la tendresse d’une mère. Pourquoi se sent elle obligée de tout faire pour le sauver du traumatisme dont il fait l’objet ?

Parce que leurs parents font défaut. Et qu’elle sait que le petit ne peut compter que sur elle. Elle a peur de la solitude. Si elle perd son petit frère, elle sera complètement seule dans cette famille. Socialement, il est tout ce qu’elle a. Du moins au début de l’histoire…

adeline dieudonné,la vraie vie,interview l'iconoclaste,mandor,fnacL’accident du glacier est à la fois épouvantable et presque drôle. Il fallait envisager l’humour pour décrire l’horreur ? (Photo de gauche : Gael Meleux.)

Oui, je crois que c’est indispensable. En tout cas, je ne pouvais pas imaginer raconter cette scène autrement. C’est tellement atroce que sans humour, on tombait vite dans le pathos. Et puis j’aime bien mélanger les émotions, c’est là que le travail d’écriture devient intéressant.  Jusqu’où des mélanges atypiques peuvent rester harmonieux? C’est un peu comme en cuisine…

Tout le monde s’accorde à dire que votre écriture est au scalpel. « Il n’y a pas un mot en trop et pas un mot qui manque ». C’est difficile de trouver l’efficacité immédiate ?

Ça n’est pas difficile mais ça m’oblige à être extrêmement connectée à mes émotions. Et puis c’est aussi du travail de réécriture, je dois repasser sur le texte et le nettoyer de tout ce qui est superflu.

François Busnel a dit que ce roman était à ranger entre Stephen King et Amélie Nothomb. Ce sont deux références qui vous conviennent ?

Oui et elles sont extrêmement flatteuses! Mais j’ajouterais Thomas Gunzig, qui m’influence aussi énormément. Si on parle du mélange d’émotions, de l’étrangeté, du ton grinçant, de la jubilation dans la noirceur, ce sont des choses que j’ai puisées dans son écriture.

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Adeline Dieudonné a reçu son prix des mains de Daniel Pennac, invité d'honneur du 3e salon Fnac Livres, lors de l’inauguration de la manifestation le 14 septembre à Paris à la Halle des Blancs-Manteaux.

adeline dieudonné, la vraie vie, interview l'iconoclaste, mandor, fnacQu’avez-vous ressenti en apprenant que vous aviez remporté le prix du roman Fnac ?

Tout d’abord l’incrédulité. J’avoue que je n’avais pas envisagé cette possibilité. Puis j’ai pleuré comme une gamine avec mon éditrice… C’est incroyable d’être choisie par des libraires et des lecteurs, dans un contexte extrêmement démocratique et ce, parmi d’autres romans exceptionnels. Avec toute l’équipe de l’Iconoclaste, on est sur un petit nuage…

Vous êtes nommés pour de nombreux prix donc les prix Goncourt et Renaudot. Vous en revenez ?

Non. Pas du tout. Au mois de mai, quand mon éditrice m’a dit qu’elle allait envoyer La Vraie Vie pour les prix littéraires, j’ai rigolé. Je n’aurais jamais imaginé que les jurys de ces grands prix puissent se pencher sur mon petit roman.

 

03 septembre 2018

Daniel Pennac : interview pour Mon frère et le Salon Fnac Livres

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daniel pennac,salon fnac livres,mon frère,interview,mandorLa troisième édition du Salon Fnac Livres se déroulera du 14 au 16 septembre 2018, à la Halle des Blancs Manteaux, à Paris. L’invité d’honneur de cette année est Daniel Pennac. Il remettra le 17ème Prix du Roman Fnac lors de la cérémonie d’ouverture, vendredi 14 septembre à 17h00. L’occasion de l’interviewer le 12 juillet dernier pour le journal des abonnés de la FNAC, Contact (tirage: 1 million 500 000 exemplaires), pour qu’il nous parle notamment de son nouveau roman, Mon frère et du Salon Fnac Livres 2018. Dans ce récit tendre, drôle et parfois cinglant, il dresse le portrait de son grand frère, Bernard, disparu il y a une dizaine d’années, entrecoupé d’extraits de la pièce Bartleby, le scribe, d’après une nouvelle d’Herman Melville.

(Rappel : En 2009, à Paris, Daniel Pennac donnait une série de lectures-spectacles de la nouvelle de Melville, Le Scribe, où il interprétait le rôle du scribe, Bartleby, cet employé aux écritures qui se dérobe aux consignes, aux invites et sommations de son employeur par une formule polie et désolée, toujours la même : «I would prefer not to», une esquive intraduisible dans les idiomes besogneux. Quelque chose comme : «Je préférerais ne pas», «Je ne préférerais pas», ou «J'aimerais autant pas».)

Voici ce qui est paru dans le journal Contact :

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Vous voyez, c'est assez court, alors je vous propose ici la version longue de l’interview (parce qu’avec Mandor, rien ne se perd).

Idaniel pennac,salon fnac livres,mon frère,interview,mandornterview: 

Il a fallu 10 ans après la mort de votre frère pour que vous écriviez ce livre sur lui.

C’était le 12 juillet 2017, à 5 heures et demi… (Daniel Pennac s’interrompt) Tiens ! Ca fait juste un an aujourd’hui, c’est amusant cette coïncidence… Bref, je me suis réveillé avec ce fort désir d’écrire sur Bernard et, en tête, la structure du livre telle que vous l’avez lu. J’avais essayé plusieurs fois sans y parvenir, parce que l’émotion était trop grande et les sensations de tristesse et de mélancolie empêchaient le souvenir. Mais ce matin-là, cela m’a paru comme une évidence narrative absolue de mettre en rapport Bernard et mon envie de monter au théâtre Bartleby de Melville. Vraiment, j’insiste, il y avait organiquement un rapport consubstantiel, un rapport de vitalité pure, entre le fait d’avoir monté Bartleby et le fait d’avoir écrit ce livre. C’est la même chose.

Votre adaptation de Bartleby et vos souvenirs de Bernard se sont entremêlés selon un rythme qui s’est imposé de lui-même?

Tout cela est tissé, absolument indémêlable, aussi mécaniquement enchaîné que le « marabout-bout de ficelle ». Et pourtant, après l’avoir réécrit et relu cinquante fois, je ne m’attends jamais au chapitre qui va suivre.

Il y avait du Bartleby chez votre frère ?

Mon frère avait en tout cas une forte résistance au monde consumériste et à toutes les idioties qui vont avec, c’est-à-dire le désir de carrière, les mondanités, la consommation… Les gros consommateurs, les grands carriéristes, les mondains frénétiques considèreraient cela comme du Bartlebyste chez Bernard, moi, je considère ça comme une grande sagesse. S’il était un personnage littéraire, il serait à classer du côté des non-désirants.

Qu’aimez-vous chez Bartleby ?daniel pennac,salon fnac livres,mon frère,interview,mandor

Par le biais de Melville, Bartleby a profondément interrogé le 20e siècle à partir des années 50. Dans notre société de satiété, d’explications permanentes, ce refus absolu de jouer le jeu et de donner la moindre explication à ses décisions et au refus lui-même m’impressionne.

Vous écrivez dans votre livre « Melville, c’est de la pâte à pain, c’est épais sans être lourd, c’est gorgé de sens et de silence ». L’écriture de Pennac, c’est la même chose ?

Pas vraiment. L’écriture de Melville est une écriture spécifique, extrêmement travaillée, comme la pâte à pain est travaillée. Ce qu’il raconte est une analyse sociétale, de milieu, d’éducation. C’est ça qui est extraordinaire chez Melville… et ce n’est pas du tout mon écriture à moi.

Votre livre donne envie de relire Bartleby.

Tant mieux, parce que j’espérais bien qu’après lecture de mon livre, ça donne envie au plus grand nombre possible de lire ou relire cette nouvelle essentielle.

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Daniel Pennac, 3 ans, et son frère Bernard, 8 ans.

(Photo : Gallimard)

daniel pennac,salon fnac livres,mon frère,interview,mandorVous dites que vous avez aimé votre frère comme personne d’autre, mais qu’au fond, vous ne savez pas qui vous avez perdu. Est-ce que vous le connaissez mieux après l’écriture de ce livre ?

Ca a ressuscité une connivence. En matière de connaissance humaine, avec lui, la connivence me suffit. J’ai retrouvé notre fraternité.

Vous vous aimiez, mais vous ne communiquiez pas beaucoup. D’ailleurs, vous expliquez dans le livre que vous étiez « les derniers représentants du monde du silence ». Le monde du silence, ça ne vous concerne plus. Vous communiquez beaucoup depuis quelques années.

J’ai d’abord été professeur de littérature. J’ai toujours refusé de faire de la psychologie avec mes élèves parce que je ne pense pas que ce soit le bon moyen de  pédagogie, mais effectivement, un professeur est dans la communication permanente avec l’élève. Il transmet un type de savoir, la littérature, qui est lui-même la trace du désir permanent de communiquer de l’humanité. De ce point de vue, je suis communiquant, même si je déteste ce mot. J’ai donc des rapports avec les gens, mais au plan strictement privé, je suis très réservé. Vous entendrez assez peu de chose sur mon intimité. L’intimité est une valeur.

Vous expliquez qu’à la mort de votre frère, vous n’avez plus eu peur de votre propre mort.

Après sa mort, j’ai eu plein d’accidents. Pendant 6 mois, je n’ai pas été suicidaire, mais j’étais déconnecté du danger. Je ne faisais attention à rien en matière de précaution. Je n’avais conscience de rien, je prenais donc des risques non calculés. Je traversais la route sans regarder par exemple, je suis tombé d'une falaise, des choses comme ça. Ma tête, mon esprit et mon corps n’étaient plus reliés… Ça a été un des effets du deuil sur moi daniel pennac,salon fnac livres,mon frère,interview,mandor

Est-ce que ça vous a fait du bien d’écrire ce livre ?

En ce qui me concerne, ça me fait toujours du bien d’écrire. Comme je vous le disais tout à l’heure, ce livre-là en particulier m’a juste installé dans une connivence retrouvée avec mon frère et ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai ressenti de la douceur et de la tranquillité.

Aimeriez-vous refaire ce spectacle-lecture sur Bartleby ?

Ce qui m’empêche de refaire ce spectacle c’est le désir de faire des choses nouvelles. Là, par exemple, je suis en train d’adapter à la scène la bande dessinée que j’ai faite avec Florence Cestac, Un amour exemplaire. Nous le jouerons cet automne au Théâtre du Rond Point avec des comédiens.

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Vous êtes l’invité d’honneur du Salon Fnac Livres. C’est un honneur ?

J’en suis très heureux, bien sûr. C’est une des modalités de la vie littéraire d’aujourd’hui. Les lecteurs se rassemblent, se rencontrent et rencontrent des auteurs, c’est une forme de vie formidable.

Ce statut d’écrivain populaire, vous le vivez comment ?

Je ne sais pas quoi vous dire là-dessus. Ma vie s’est faite ainsi. C’est comme ça. C’est bien. Le rapport à la littérature est un rapport avec la littérature. Qu’on soit lu ou pas lu, dès lors qu’on a affaire avec la langue, on a un rapport à la littérature. Qu’ensuite ce rapport fasse que vous ayez ou non du succès, cela est dû à des paramètres qui nous échappent. Moi, le succès, ça me simplifie juste la vie matériellement… c’est assez trivial comme réponse, j’en ai conscience.

Pouvez-vous nous donner deux coups de cœur littéraires impératifs?

Philippe Videlier avec Dernières nouvelles des bolcheviks. Ce sont 14 nouvelles émouvantes, tragiques ou drôles, qui racontent la Russie de l’époque soviétique et les événements ou les acteurs majeurs de la révolution. Il y a aussi Antonio Moresco  avec La petite lumière. Un livre destiné aux lecteurs qui croient encore que la littérature est une entreprise dont la portée se mesure dans ses effets sur l’existence.

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27 août 2018

Matthias Jambon-Puillet : interview pour son premier roman Objet trouvé

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(Photo : Pauline Darley)

31924563_10155522259542944_3166127591417446400_n.jpgUn des romans chocs de cette rentrée est celui de Matthias Jambon-Puillet, Objet trouvé. Il pose de nombreuses questions sur le désir, sur l’amour à travers le prisme de la soumission. Quand j’ai dit cela, je n’ai rien dit. C’est un livre qui interroge aussi sur la sexualité, sur les émotions qu’elle engendre. Et l’on comprend que rien n’est simple, qu’il est difficile d’aimer et que parfois, pour y parvenir, l’être humain peut envisager des solutions qui peuvent paraître radicales aux yeux de certains et finalement normales pour d’autres. On ressort de la lecture de ce premier roman un peu bouleversé et moins sûr de nos certitudes sur les choses de l’amour.

Le 11 août dernier, intrigué par la lecture de ce livre très bien écrit, je l’ai mandorisé sur la terrasse d’un café parisien.

Argumentaire de l’éditeur : Objet-trouve.jpg

« Disparaître n'est jamais le plus compliqué. On peut s'effacer comme on appuie sur un interrupteur. Il suffit de ne plus sortir, de ne plus parler, de ne plus penser. Un coup tu me vois, un coup tu me vois plus. Non, la véritable épreuve, c'est de refaire surface, de naître une seconde fois, prendre de nouveau sa première inspiration. »

Le soir de son enterrement de vie de garçon, Marc disparait, laissant seule sa fiancée, Nadège, enceinte de leur premier enfant. Trois ans plus tard, alors que Nadège a refait sa vie, on retrouve Marc : nu, dans une salle de bain, bras menottés dans le dos. Dans la pièce voisine, quelqu’un est mort – une femme gainée de cuir. Qui était-elle ? Que s’est-il passé durant ces années ? Et, surtout, quel futur pour Marc et Nadège ?

Derrière l’énigme apparente se cache une histoire simple qu’il faut reconstituer, celle de trois personnes qui se cherchent, se frôlent, et doivent choisir comment mener leur vie.

Dans ce roman, Matthias Jambon-Puillet donne à voir un triangle amoureux atypique, qui trouve sa réalisation dans l’exploration des sexualités alternatives. C’est aussi, en filigrane, une réflexion sur la masculinité, l’engagement et la quête de la jouissance.

L’auteur :

Matthias Jambon-Puillet est titulaire d'un Master 2, Communication Stratégique et Marketing de l'École des hautes études en sciences de l'information et de la communication - Celsa (2008-2011).

Il travaille dans le milieu du divertissement et des nouvelles technologies.

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(Photo : Pauline Darley)

matthias jambon-puillet,objet trouvé,interview,anne carrière,mandorInterview :

Je lis ton blog The best place depuis qu’il existe et j’ai toujours aimé ta plume. L’écriture a toujours fait partie de ta vie ?

J’écris depuis l’âge de 6 ans. En colonie de vacances, l’été, les moniteurs nous faisaient écrire des nouvelles pour nous occuper. J’écrivais des histoires qui faisaient peur avec des loups-garous, du sang… c’était un peu dark pour un gamin.

Comment expliques-tu cela ?

J’ai grandi sans télé jusqu’à 13 ans et je n’avais pas non plus Internet. J’avais juste le droit d’accéder à la bibliothèque et de choisir les livres que je souhaitais. J’ai lu jusqu’à satiété. En  primaire et au collège, je lisais de la littérature générale parce que j’avais épuisé la littérature ado. Par survie, pour lutter contre l’ennui, je lisais donc tout.

Il y a des gens qui aiment lire et qui n’écrivent pas pour autant.

Moi, j’aime raconter les histoires. Faire des récits, inventer des intrigues, mettre des éléments narratifs en place, ça m’a toujours passionné. L’imaginaire était tout pour moi. J’étais très porté sur l’heroic fantasy, la science-fiction, parce que c’était des dimensions supplémentaires.

Tu montrais tes textes ?

Oui, et c’était même primordial. Je pouvais créer en sortant des choses de moi et le montrer à quelqu’un. C'était ma famille, mes amis, mes profs. Ainsi, je pouvais avoir un retour sur mon travail. Il y a avait une espèce de cercle vertueux, presque social.

Il y a des gens qui n’écrivent que pour eux. matthias jambon-puillet,objet trouvé,interview,anne carrière,mandor

Cela m’est étranger. Personnellement, je n’ai jamais rien écrit sans avoir eu pour objectif de le montrer à un moment.

Y a-t-il une part de calcul dans tes écrits ?

A partir du moment où tu sais que tu n’écris pas uniquement pour toi, mais pour être lu par d’autres, tu réfléchis dès l’inception du projet à comment il va être reçu. Mine de rien, tu as quelques contraintes qui viennent se greffer par rapport à quelqu’un qui écrit juste pour écrire.

Jeune, tu écrivais déjà des romans.

Non. J’ai commençé par écrire des nouvelles jusqu’à mes 15 ans. Ensuite, jusqu’à 20 ans, je me suis lancé dans les scénarios de bande dessinée, je dessinais aussi des petits strips. C’est à partir de 20 ans, que j’ai commencé à faire de la prose en m’intéressant à des sujets plus proches de la littérature générale. Mon premier vrai manuscrit de roman, je crois qu’il date d’il y a dix ans.

Là, tu as franchi une nouvelle étape.

Il y avait un peu de ça, en effet. Le medium influe sur le type d’intrigue et l’univers que je dépeins. Quand je faisais de la BD, j’avais des histoires très visuelles qui me venaient avec des bagarres, des vaisseaux, des choses souvent très spectaculaires. En faisant de la prose et du texte, j’allais plus vers l’intimiste. A 20 ans, j’avais des préoccupations autres que le divertissement pur. J’ai commencé à avoir des questionnements sur ma propre vie, mes relations, mon rapport aux autres. C’est par évolution naturelle que j’ai écrit de la littérature générale.

A quel moment tu te dis : « Tiens ! Si j’étais publié ! » ?

Mon premier manuscrit, je l’ai soumis à la publication. Tous les textes que j’ai écrits dans ma vie, je les trouvais supérieurs aux précédents, donc j’ai continué à les soumettre aux maisons d’édition. C’est rétrospectivement que tu comprends que tu n’étais pas encore au point pour telle ou telle raison.

matthias jambon-puillet,objet trouvé,interview,anne carrière,mandorTu as mis 10 ans avant d’être publié pour la première fois.

Oui. Objet trouvé est le 4e que j’ai soumis à tout  le monde dans l’espoir d’être publié.

Quel est le sujet de ton livre ?

Il parle de la masculinité contemporaine. On est actuellement sur une charnière entre les modèles traditionnels de masculinité et la possibilité de faire autre chose. Depuis quelques années, on peut inventer d’autres masculinités hétérosexuelles sans que cela pose de problème, tout en étant encore dans un milieu ou, pour des gens, ça en pose. C’est aussi un livre qui parle de fuite, de la fatigue d’être soi, de l’envie de se reposer.

Ton héros, Marc, se laisse dominer complètement par une femme, mais vraiment de manière extrême.

Il se repose de sa propre identité. Il s’est dit : « Voilà qui je suis. Voilà le rôle que la société me donne et que j’accepte. » Il y a des moments, ce rôle est épuisant. Dans le livre, il y a trois histoires avec trois personnages différents, et les trois se demandent quelle modalité de couple ils sont prêt à explorer, à accepter, pour être heureux. Ces trois personnages cherchent un équilibre qu’ils ne trouvent pas là où ils auraient pensé le trouver.

C’est un roman qui tombe à pic, je trouve, socialement parlant. C’est le moment de parler de ces choses-là.

Dans les milieux militants du genre, des rapports hommes-femmes ou globalement des avancées sur la société, on parle beaucoup de la notion de « déconstruction ».

C’est quoi cette notion ?

C’est oublier ce que l’on nous a appris pour pouvoir construire sur de nouvelles bases. Pourquoi le rose est pour les filles et le bleu pour les garçons ? C’est une construction sociale, il faut donc déconstruire cela pour pouvoir avancer. Dans Objet trouvé, Marc se déconstruit mentalement, mais aussi physiquement, en renonçant à toutes prises de décisions. Il revient à un état, pas amorphe, mais assez neutre à tous les niveaux.

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Après l'interview.

Dans la troisième partie du livre, on assiste au détricotage de Marc.

Il se rend compte qu’on ne peut pas ne rien être. Il faut reconstruire. Ce personnage va essayer de se reconstruire en faisant la paix entre ce qu’il pensait qu’il était et ce qu’il peut être. Pour moi, ça sert à ça la déconstruction : il faut voir ce que l’on garde, ce que l’on jette et ce que l’on remplace.

Ce roman interroge, mais il ne donne pas de réponse.

Ce n’est pas un manuel. Ce qu’il se passe ne s’applique qu’aux personnages de mon roman. Je propose une façon, parmi d’autres, de s’en sortir, de trouver un équilibre. Comme cette façon va à l’encontre de ce que l’on nous apprend, elle devient une réflexion. J’aimerais que le lecteur prenne du recul et comprenne qu’il y a aussi cela qui existe.

A un moment, tu parles de la masculinité toxique. C’est quoi ?

Ce sont tous les aspects de la masculinité telle que communément définie qui sont destructeurs ou blessants. C’est, entre autres et par exemple, tout ce qui est injonctions négatives et rappels à l’ordre, liés à la masculinité que tu renvoies.

matthias jambon-puillet,objet trouvé,interview,anne carrière,mandorPourquoi avoir abordé tous ces sujets dans un roman ?

Jeune, je n’ai pas subit des choses ou vexations terribles, mais j’ai toujours été très conscient des rappels à l’ordre sur la masculinité. Je ne suis pas grand, je n’étais pas très sportif,  j’ai mis 25 ans à avoir des muscles, j’ai toujours un peu flirté avec la marge. J’ai toujours trouvé absurde que l’on puisse commenter ou juger ma masculinité et avec le temps, j’ai découvert des outils pour qualifier cette absurdité. Je trouve que nous sommes dans une période de remise en question des frontières de la masculinité. C’est un vrai sujet.

C’est un livre qui sera clivant.

Oui, je le sais. Il y a déjà des gens qui ne comprennent pas du tout ma démarche et mes propos. Il y a eu aussi des retours de gens très enthousiastes. Je pense que c’est lié au vécu des personnes. On m’a laissé entendre que certains avaient détesté car ils ont trouvé ce livre amoral, choquant et malvenu. Les voix discordantes ne me dérangent pas.

C’est bien d’être clivant, non ?

Ça m’inquiète un peu parce que je préfèrerais que les gens aiment mon livre et le comprennent. Il n’est pas du tout trash, il est même bienveillant. J’ai beaucoup de tendresse pour tous les personnages parce qu’ils font tous de leur mieux.

Il y a des scènes dures quand même.

Oui, mais elles sont toutes réalisées dans le consentement mutuel de tout le monde. Le livre met en scène des rapports et des actes qui sont peu communs et qui vont chatouiller certaines perceptions ou logiques du couple traditionnel, mais aussi la masculinité et la féminité traditionnelles.

Sur le BDSM (Bondage, Discipline, Sado-Masochisme) dont il est question dans le roman, tu t’es renseigné auprès de gens très compétents ?

Le SM n’est pas le thème du livre, mais le révélateur du thème. Ce sont des pratiques suffisamment fortes pour faire ressortir le sel de tous les personnages et c’est cela qui m’intéressait. Je n’avais pas l’expérience nécessaire pour écrire ces choses-là, du coup, je me suis inscris sur des forums. J’ai lu des articles, des journaux intimes en ligne sur leurs expériences dans ce domaine, j’ai interviewé plusieurs personnes, dont une dominatrice qui est remerciée à la fin du livre. Je voulais que ce que je raconte sur le sujet soit juste et respectueux.

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Après l'interview, le 11 août 2018.

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04 juillet 2018

Jérémie Bossone : interview pour son roman Crimson Glory

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(© David Desreumaux-Lamao Editions)

jérémie bossone,crimson  glory,lamao éditions,interview,mandorSi on connait l’œuvre de Jérémie Bossone (mandorisé une première fois ici en 2015), on n’est pas étonné de le voir arriver sur ce terrain-là. Celui de la littérature. La belle en plus. Bossone n’est pas un  chanteur qui écrit, il est écrivain. Il chante aussi. Point barre. On a le droit de bien maîtriser ces deux arts. Dans Crimson Glory, il ne raconte pas sa vie. Il livre une histoire originale où l’on fait la connaissance du facétieux pirate Sean Fountain. Certes, il distille quelques parcelles de son monde à lui, principalement celles liées à son métier d’artiste. Il y a même quelques considérations bien senties sur le petit milieu de la chanson française qui pourront amuser ceux qui en font partie ou ceux qui le connaissent. Hormis cela, l’auteur nous livre un « page turner » palpitant et souvent drôle.

Rendez-vous avec Jérémie Bossone le 14 juin dernier, sur une terrasse de Belleville pour parler littérature et chansons.

4e de couverture : jérémie bossone,crimson  glory,lamao éditions,interview,mandor

Chanteur à la carrière fluctuante, le narrateur voit sa vie bousculée sur une plage lorsqu’une bouteille s'échoue entre ses pieds. A l'intérieur, un message de 1823 l'invite à une chasse au trésor insolite.

Un chassé-croisé mouvementé entre cette nouvelle aventure et sa vie de songwriter s'engage alors.

Aventures imaginaires, autobiographies romancées ?

Un jeu d'équilibriste envoutant !

L’auteur :

Après un passage par le monde du théâtre (Prix du Meilleur Acteur Florent 2004), Jérémie Bossone, auteur-compositeur-interprète, a remporté de nombreux prix (Grand Prix du Centre de la Chanson, Prix Sacem, Prix Adami...).

En 2015 son album Gloires reçoit le Coup de Cœur de l'Académie Charles Cros.

Crimson Glory est son premier roman. 

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(© Lamao Editions)

jérémie bossone,crimson  glory,lamao éditions,interview,mandorInterview :

Crimson Glory n’est pas ton premier roman je crois.

C’est le 10e que j’écris et c’est le premier publié. Pour moi, le roman est une forme d’écriture complémentaire à la chanson, ce format court où il faut tout dire en quatre couplets. Le roman me permet de dispatcher l’action, la narration, sur du plus long terme. Pour être sincère, j’ai commencé à écrire des romans bien avant ma première chanson.

Que fais-tu de ces romans ?

Je les range dans un tiroir, parce que je n’ai pas envie de me battre pour m’imposer dans le milieu de l’édition, comme je me bats pour m’imposer dans le milieu de la chanson.

Alors pourquoi Crimson Glory sort-il ?

Celui-là, j’ai voulu tenter le coup. J’avais fini le précédent qui faisait 700 pages et je le savais invendable. Crimson Glory, je le sentais plus donc, je l’ai envoyé à quelques maisons d’édition. J’ai eu des réponses presque positives, mais pas tout à fait, y compris dans de grosses maisons. Chez Albin Michel, je suis même arrivé au dernier comité de lecture, mais quelqu’un est passé devant moi. Au même moment, je reçois un mot de Fany Souville m’expliquant qu’un journaliste Bordelais avait écrit un article sur sa maison d’édition, Lamao Editions, dans lequel il était indiqué par erreur que j’avais écrit un livre chez elle. Je lui réponds, un peu sous forme de boutade, que j’aurais pourtant bien aimé.

Et du coup, tu lui as envoyé ton manuscrit par mail, c’est ça ? jérémie bossone,crimson  glory,lamao éditions,interview,mandor

Exactement. Fany (voir photo à droite) l’a lu dans la nuit.

Elle me l’a raconté récemment. Elle l’a lu sur son téléphone et elle n’a pu le lâcher.

Oui, et c’était bon signe.

Bref, vous avez fait affaire. Comment t’es venu l’idée de ce livre ?

Je marchais sur une plage avec un pote, j’étais en train de lui dire que j’étais au bout de mon roman, celui de 700 pages, que je l’avais recommencé trois fois, que ça m’avait demandé cinq ans de travail et que je n’en pouvais plus. Et soudain mon pied cogne une bouteille. Illico, ça a déclenché tout un processus. Celui d’en écrire un autre avec ce point de départ de bouteille sur une plage. En revenant dans le train qui me ramène de Toulon à Paris, je prends quelques notes, même si Proust disait que ça ne servait à rien d’accumuler les notes… Pendant deux ans, j’ai laissé murir tout ça. Un jour, j’ai dit : « C’est maintenant ». J’avais la narration et le schéma, ensuite, ça m’a pris quatre semaines de rédaction. En l’écrivant, j’ai souhaité qu’à chaque fin de page, le lecteur ait envie de tourner la suivante.

Le personnage principal du livre te ressemble beaucoup, non ?

C’est ce que me disent les gens.

Tu parles de ta vie de chanteur, de ton disque, du milieu de la musique… tu t’es un peu amusé à glisser des clefs.

Je savais que le public « chanson » qui me suit depuis quelques années allait éventuellement s’intéresser à ce disque, c’est une sorte de clin d’œil.

Clip de P-P-Patricia.

Tu n’es pas très tendre avec ce milieu.

Pas très, en effet. Il n’a pas toujours été très tendre avec moi non plus.

C’est bizarre parce que j’ai l’image d’un Jérémie Bossone aimé de ce milieu.

Ca dépend, mais globalement, je n’ai pas à me plaindre comparé à d’autres. Maintenant, on va peut-être apprendre à me détester parce que je tente d’autres aventures. En France, on aime un artiste pour une chose, un genre. On l’aime une fois pour quelque chose, on aimerait qu’il continue à faire ce pour quoi on l’a aimé. Le problème, c’est que c’est aux antipodes de ce que je suis. Faire constamment la même chose m’est proprement insupportable. Je ne peux pas. J’ai besoin de changer. J’ai besoin de métamorphoses, de passer par plusieurs formes et je sais que, fatalement, je perds des gens.

Tu as envie de chanter autre chose, avec des textes moins consensuels ?

J’aimerais chanter des sujets différents, scabreux, douteux… j’aimerais être le Roger Nimier de la chanson. J’hésite parce que je sais que les gens ne veulent pas entendre certaines choses. Faut-il leur donner tort ? A la base, la chanson est un art populaire. Si on vogue vers des choses non populaires, ont elles leur raison d’être ? Moi, je pense que oui. Il faut proposer d’autres alternatives.  Il y aura toujours des chansons sur l’amour, sur l’amitié, sur le temps qui passe, mais il ne faut plus qu’il n’y ait que ça. Il y a un continent à explorer et j’ai tendance à vouloir le rejoindre.

Clip de "Playmobil".

Revenons au livre. Il y a toi et il y a le « pirate » Sean Fountain. Par son attitude, lui aussi pourrait être un double de Jérémie Bossone, non ?

Il y a beaucoup de moi dans ce personnage, bien sûr. Je le considère  comme un grand frère, une espèce de modèle. A part que je ne vis pas au XVIIIe siècle, on a effectivement beaucoup de choses en commun.

Ce côté joueur, tu l’as ?

Oui, même s’il va très loin dans le jeu et les facéties. J’aime les gens qui vont loin, même s’ils finissent par être mal vus par une société qui a d’autres manières de fonctionner.

Il est sacrément égoïste.

Très. Je le revendique aussi chez moi, à la fois comme une force et comme une énorme faiblesse. Ce n’est pas un égoïsme qui va dans le mur, il doit être orienté vers quelque chose. C’est comme l’orgueil. Pour moi, l’orgueil est une grande valeur.

Et la vanité ?

C’est le travers de l’orgueil.

Un artiste n’est pas un homme comme tout le monde ?

C’est ce que les gens attendent. Si c’est pour être comme tout le monde, ça ne sert à rien. Il faut aller plus loin quitte à déranger, bousculer, choquer. C’est important parce que ça peut déclencher un réveil chez le public. L’artiste doit donner un coup de pied à l’ordre établi sinon, il n’a aucun intérêt.

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Quelle image penses-tu donner au public ?

Après 10 années de chansons, j’ai été enfermé dans une image d’artiste écorché vif, romantique. C’est de ma faute parce que cela doit être une part de moi que j’ai mis un peu trop en avant. J’aime déconner et rire, mais je n’arrive pas à exprimer ça dans ce que je chante. Quand je tente, ce ne sont pas mes chansons les plus réussies. Proust, encore lui, écrivait que le bonheur n’était pas fait pour être écrit, mais pour être vécu. Ce qui s’écrit, c’est le malheur.

Dans le roman, l’humour est là en tout cas. Un peu noir, second degré, sarcastique.

Je veux tirer dans le tas tout en restant élégant. J’aime les sourires qui dézinguent.

Le narrateur, il ne fait pas bon vivre avec lui quand on est une femme amoureuse.

Dans le livre, Suzanne a eu raison de partir, en effet.  La patience a des limites, j’ai les miennes. Euh… le narrateur à les siennes. A un moment donné, chacun retourne à sa place.

Est-ce que ce livre a été écrit aussi pour que les gens, voire tes proches, te comprennent, te connaissent un peu mieux ?

Je voulais montrer une forme de cynisme qui est en moi et que ne véhiculent pas mes chansons. Je le regrette, mais le peu de fois où j’ai essayé, je me suis ramassé. Ce livre me permet peut-être inconsciemment de faire voler en éclat le romantisme qui me colle à la peau.

Comme ton nouveau personnage musical Kapuche.

Oui, il se moque de tout et de tout le monde. Il n’a pas de place à défendre dans ce milieu musical… il se contente de survivre sur un radeau, et ce n’est pas facile. J’aime beaucoup ce double parce qu’il dit ce qu’il veut, comme il veut.

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Bossone et Kapuche.

jérémie bossone,crimson  glory,lamao éditions,interview,mandorAvec le projet Kapuche, tu veux balayer Jérémie Bossone ?

C’est ça. C’est moi derrière le masque, mais quand je l’endosse, je ne suis réellement plus le même. En termes d’écriture, ça m’envoie encore ailleurs, comme tu pourras le constater quand tu auras écouté le prochain album (dont voici la pochette à gauche). J’ai besoin de ça. 

Tu passes de guitare-voix à du rap insolent.

Le changement est violent, je te l’accorde. J’aimerais pourtant que l’on m’apprécie pour ma manière de passer d’un projet à un autre.

Comme dans tes chansons, dans le livre, tu parles aussi beaucoup d’alcool. Je te cite : « Quand  je pense qu’il existe des gens qui sont réfractaires aux lumières de l’alcool, je n’arrive pas à me figurer une telle étroitesse de vue ».

Je me suis fait remonter les bretelles à cause de cette phrase (rires). Il y a un bouquin à écrire sur l’alcool, sur son panache, sur ce que cela permet…

Blondin a écrit sur l’alcool.

Comme toute la bande des Hussards, ils ont fait un premier pas, il manque la dimension épique.

Tu évoques aussi l’écriture : « Or, ce qui prime en écriture, c’est la puissance ludique. C’est ce plaisir du jeu que procure l’agencement des images et des sonorités. Sans lui, nulle catharsis et les émotions retournent comme des baudruches dégonflées… ». L’écriture est ta passion absolue ?

Elle a une part prépondérante dans ma vie, c’est clair et net. Mais, ma passion absolue est de raconter des histoires. Soit en chanson, en poème, en roman, en série, ou avec des outils vidéo. 

Des outils vidéo ?

On a publié sur YouTube deux épisodes en vidéo sous forme de dessin animé avec Kapuche. Les dessins animés m’ont énormément impactés aussi, et notamment les mangas. Pour moi, c’est la dernière forme d’art qui défend une valeur épique de la narration.

Trailer de Kapuche : La Sparkle Rose.

Je sais que tu ingurgites beaucoup de séries télévisées et que tu lis des mangas. Est-ce que cela peut influencer ta façon d’écrire tes chansons ?

Absolument. Déjà, mon schéma narratif à tendance à se modifier continuellement. Ces derniers temps, contrairement à avant, je suis très porté vers la rime riche. A travers Kapuche, le rap me permet de m’y adonner.

Le rap, ce n’est pas un nouvel amour pour toi.

Non, c’est loin d’être une lubie. Ça fait  20 ans que j’en écoute et ça fait un moment que j’avais envie de m’y mettre. Déjà, pour faire comprendre au milieu « chanson » que l’on pouvait marier la chanson et le rock, ça m’a pris 10 ans. J’estime avoir fait mon job. Il faut que je fasse pareil avec le rap.

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Pendant l'interview...

Pourquoi es-tu pour la violence dans l’art ?

S’il y avait plus de violences dans l’art, il y en aurait moins dans la vie. Je ne dis pas que l’art doit se restreindre à n’être que de la violence, mais allons loin dans la violence dans l’art. Il y aura moins de guerre…

Dans Crimson Glory tu évoques aussi la morale : « Depuis que j’ai une conscience, je me suis toujours essuyé les pieds sur la morale. C’est la moindre des politesses à l’égard de la poésie. « La morale, c’est la faiblesse de la cervelle » dit le frangin Rimbaud et l’ami Proust de surenchérir « on devient moral quand on est malheureux » ». Tu aimes aller à l’encontre de la morale ?

Par posture, un peu, par essence même, par profondeur, oui. Faut dézinguer la sacro-sainte morale. Comme disait Brassens : « Je préfère me tromper tout seul qu’avoir raison avec tout le monde ». J’ai un côté sale gosse qui a envie d’avoir sa place. Une  place différente.

Un artiste, c’est un grand enfant ?

Il faudrait qu’il le soit, malheureusement, ce n’est pas toujours le cas.

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Après l'interview, le 14 juin 2018.

18 juin 2018

Eddy la Gooyatsh : interview pour le livre-disque Pull Over

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(Photo : Jean Elliot Senior)

L'artiste nancéen Eddy la Gooyatsh, chanteur à guitare et à texte, réalisateur pour d’autres artistes comme Chet et Camille (entre autres) et créateur de spectacles jeunes publics (M le Méchant, Rio Clap Clap Clap...), vient de sortir un livre-disque comportant 13 titres inédits, Pull Over (LamaO Editions).

Vous pouvez l'écouter ici.

Tendre iconoclaste rêveur, Eddy la Gooyatsh, nous propose des textes animés par une verve habile et délicate. De la pop qui redore le paysage musical français dont la langue française est bien souvent mise de côté au profit de l’anglais plus mélodique.

Le 4 juin dernier, de passage à Paris pour jouer en première partie du groupe Ange au Café de la Danse, je l’ai mandorisé dans un bar à proximité de la salle.

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandorArgumentaire officiel (par Olivier Bas), légèrement raccourci :

Quand on cherche un pull-over, on aimerait qu’il soit beau, doux, élégant, chic, rock, original, saillant. Il devrait être de qualité irréprochable et passer au lavage sans rétrécir ni pelucher. On souhaite pouvoir le porter en toute circonstance, qu’il nous tienne chaud les soirs d’hiver et qu’il soit léger les nuits d’été. Qu’il devienne notre pull-over préféré.

Le Pull Over d’Eddy La Gooyatsh est tout ça à la fois ! Doux, élégant, brillant, chaud, original et rock !

Un livre dans lequel on se plonge comme un enfant en s’émerveillant des illustrations et un Album qu’on passe et repasse en boucle, maille après maille, sans s’effilocher.

Eddy La Gooyatsh nous offre avec son 4ème album le pull-over idéal ! 

Ni miaulant, ni rugissant, Eddy la Gooyatsh est le carrefour de ses influences. Des Beatles à Chet Baker en passant par la musique surf, cubaine, hawaiienne, le post-rock ou la noise, cette voix qu’il pensait être un brin n’est pas à mettre au filet, bien au contraire.

Auteur-compositeur-interprète, avec déjà deux livre-disque à son actif pour les enfants, il se dévoile en chanson pour le plaisir des plus grands (mais pas que).

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eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandorInterview :

La question originale. Pourquoi ce livre-disque ?

J’en avais déjà fait deux pour les enfants, M le Méchant et Rio clap clap clap, chez LamaO Editions et j’ai bien aimé l’expérience. De plus,  je ne voulais plus faire de disques pour « adultes ». Mon précédent album, Beaurivage, avait été si compliqué à sortir que je n’avais pas le courage de recommencer une telle bataille. Sortir des disques dans des conditions difficiles, je trouve ça un peu vain. C’est donc mon éditrice, Fany Souville, qui m’a suggéré de faire un livre-disque. Au moment où elle m’en a parlé, je n’étais pas sûr d’avoir des choses à dire. Plus tard, nous en avons rediscuté et, à ce moment-là, j’étais en train de perdre quelqu’un de proche. J’avais de nouveau des choses à dire.

Pourquoi as-tu enregistré Pull Over très vite.

Je connaissais les thématiques que je souhaitais aborder, mais je ne voulais pas trop réfléchir à ce que j’allais écrire. Du coup, par soucis d’authenticité, d’honnêteté, de spontanéité et de justesse, j’ai écrit assez vite et on a enregistré dans la foulée dans des conditions live dans une vieille boite de nuit désaffectée.

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L’ambiance du décor est importante pour toi quand tu enregistres ?

Oui. J’ai fait exprès de choisir ce lieu. J’ai un studio chez moi, je pouvais donc très bien rester à la maison. J’ai déplacé mon studio là-bas pour que l’on puisse jouer tous ensemble. J’ai bien fait parce qu’il s’est passé quelque chose entre tous les musiciens.

Il y a dans Pull Over des images, des illustrations, des  collages, des photos…  

J’ai demandé à des artistes que j’aime bien de travailler autour de mes nouvelles chansons. Ensuite, je leur ai proposé de m’envoyer une image pour illustrer celle qu’ils préféraient. J’ai tout gardé, je n’ai rien eu à rediscuter avec quiconque. Pour moi, tout était parfait. J’ai laissé toute liberté à chacun, car j’avais l’impression d’avoir suffisamment donné de moi-même dans chaque chanson.

Dans les studios de France Bleu Lorraine, Eddy La Gooyatsh interprète une version acoustique de " Trompe la mort ", un titre issu de Pull over.

Tu as fait la couverture et quelques dessins à l’intérieur.

(Rires) Je n’ai pas été très courageux. J’en ai fait moins que ce que j’envisageais au départ.

Quand tu étais plus jeune, tu voulais être illustrateur.

Oui, jusqu’à l’âge de 20 ans. A la base, je voulais faire de la bande dessinée. J’ai suivi des études dans un collège spécialisé en art plastique. Finalement, ça ne s’est pas passé comme ça, je suis devenu musicien. Je suis très content de l’être. Cela dit, depuis l’adolescence je faisais aussi de la musique. J’avais des groupes, j’écrivais des chansons. Mais vraiment, je n’avais pas envisagé que musicien devienne mon métier principal.

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Eddy la Gooyatsh au Café de la Danse, une heure après l'interview.

(Photo : Mandor avec son iPhone)

Dans ce livre-disque,  je pensais qu’il y aurait un fil conducteur. En fait, non. Il y a plein de petites histoires indépendantes.

L’album tourne autour du souvenir et de ce que l’on en fait. Plus précisément, que fait-on de la disparition de quelqu’un ? Est-ce que quand les gens ne sont plus là, il n’y a que les bons souvenirs qui restent ? Est-ce qu’au bout d’un moment, cela devient des souvenirs douloureux ? J’ai voulu montrer qu’il faut garder les bons souvenirs comme quelque chose de réconfortant, comme un vêtement qui tient chaud. D’où le nom de l’album, Pull Over.

Il y a évidemment une gravité sous-jacente, mais ce n’est pas un album « grave ».

Je n’ai pas fait des ritournelles pour rigoler, c’est sûr, mais je n’étais pas dans l’état d’esprit de me perdre dans un état de tristesse stérile. Bien sûr, c’est triste de perdre des gens, mais ce que l’on garde, je le répète, il faut que cela soit réconfortant.

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Pendant l'interview... (photo : Fany Souville).

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandorEcrire, ça aide à supporter les choses ?

Ce livre-disque est ce que j’ai fait de plus personnel depuis le début de ma « carrière ». Ça m’a obligé à réfléchir, à me poser des questions. Concernant l’écriture, je ne pars jamais forcément avec un projet hyper structuré. Je pars toujours en écriture comme je pars me balader, sans trop savoir où je vais. Il m’arrive de découvrir des choses de moi-même par le biais de mes textes.

Tu aimes prendre des risques dans la musique ? Chacun de tes albums est différent.

Disons que j’aime me renouveler. Je ne veux pas refaire éternellement ce que je sais faire et qui fonctionnent. C’est ennuyeux. Je me suis toujours dis que j’allais faire chaque disque comme j’en ai envie, en  ne me souciant pas des conseils des uns et des autres.

Tu es venu à la chanson par le biais de la littérature.

Oui, et pas du tout par celui de la chanson française. Ma culture musicale, c’est la pop, la musique instrumentale de toutes sortes comme le jazz ou la world music… J’ai découvert la chanson française en travaillant avec des chanteurs français. C’est ainsi que je me suis forgé ma culture dans ce domaine. J’ai découvert Brel, Brassens, Ferré, Gainsbourg hyper tard. Pour te dire la vérité, l’influence que j'aurais pu avoir de la chanson francophone, elle aurait pu venir plus de Goldman ou de France Gall, mais il me semble que ça ne s'entend pas dans ma création . Ma mère écoutait ce genre de 45 tours, mais au final, ça ne m'a pas beaucoup influencé.

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(Le 4 juin 2018, à l'issue de l'interview)

(Photo : Fany Souville).

11 juin 2018

Pic d'Or 2018 : explications, bilan et photos!

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IMG_3153.JPG« Ces dernières années ce tremplin né à Tarbes il y a plus de trente ans, s’est fait un nom dans le paysage de la musique indépendante en général et de la chanson française en particulier. Le Pic d’Or fait découvrir aux professionnels et au public, des artistes s’exprimant en français sans distinction de genre (acoustique, électro, urbain ou amplifié). Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des principaux tremplins francophones. Des professionnels venus d’horizons divers : presse nationale, programmateurs de festivals, de salles et de radios, s’y retrouvent en quête de nouveaux talents », explique le dossier de presse.

Depuis 2011, une nouvelle équipe a pris la direction du Pic d’Or, présidée par Corinne Labat. Pour l’édition 2018, près de 300 dossiers ont été reçus (100 de plus que l'année dernière) et 23 ont été retenus. Une fois de plus, la sélection révèlent des artistes éclectiques, originaux et modernes (que vous pouvez découvrir ici).

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Cette année le cru était exceptionnel (comment ça j'ai déjà dit ça l'année précédente?):

Alysce (mandorisée), Arash Sarkechik, Baptiste Braman, Benjamin Conte (mandorisé), Centaure, Claire Faravarjoo, Coloris, Esparto, Gervaise, (mandorisée), Lombre, Massy Inc, Nirman, (mandorisé), Thelma, Thibault Eskalt, Julien Estival, Lembe Lokk (mandorisée), Livia (mandorisée), Ravages, Romain Provence, Siau (mandorisé dans une autre vie musicale), Woondor,(mandorisée aussi dans une autre vie musicale, mais comme cette artiste fort talentueuse n'a pas dévoilé sa vraie identité, je respecte cet anonymat,...donc, pas de lien), Zoé Simpson (mandorisée) et The Rodeo (chanteuse qui s'est désistée au dernier moment). 

Voici les lauréats de cette année:

Pic d'Or : Lombre

Pic d'argent : SiAu

Prix du texte : Nirman

Prix de la Musique : Zoé Simpson

Prix d'interprétation et Magazine FrancoFans : Centaure

Prix du public et du Cartel Bigourdan : Gervaise

Prix de la créativité décerné par l'Académie Charles Cros : Lembe Lokk

Je suis membre du jury depuis 7 ans et chaque année, j'écris ma note sur le Pic d'Or (voir làlà, et .) Je vois passer sous mes yeux de formidables artistes, dont beaucoup pourraient devenir ceux qui compteront dans les années à venir tel Radio Elvis, Pic d’Or 2014 et vainqueurs aux Victoires de la Musique 2017 dans la catégorie "Album Révélation" et Caruso, Pic d’argent 2016 qui vient de signer chez Barclay et qui écrit des chansons pour de nombreux artistes comme Louane (dont il fait actuellement la première partie de la tournée des Zenith). Quant à Dani Terreur, Pic d’Argent 2017, il a rejoint le label AT(h)ome en mars 2018 et prépare la sortie son 1er album.

Mais bien d’autres artistes passés par le Pic d’Or ont largement le niveau pour en faire autant. Après, on  peut contester les choix des jurés, un tremplin ne sera jamais totalement juste et sera toujours sujet à controverse. Mais personne ne pourra contester l’intégrité de tous, de l’organisation au jury. Un seul but : choisir avec le cœur et en notre âme et conscience. 

Quelques jours avant le Pic d'Or  (en l'occurrence le 15 mai dernier), il y a la traditionnelle conférence de presse au Théâtre des Nouveautés en présence de l'équipe organisatrice et Gérard Trémège, maire de la ville, qui a salué un "événement qui grandit et qui participe à la notoriété nationale de Tarbes"

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De gauche à droite, Céline Boisseau-Deschouart, adjointe Culture et Musées, Marie Cruzel, Gérard Trémège, maire de Tarbes,  Corinne Labat, présidente du Pic d'or,  Corinne Daunez et Eric Kieser.

Cette année, l'évènement, c'est aussi le parrainage d'un grand monsieur de la chanson française, la bête de scène, Cali

Vendredi 25 mai 2018:

Une partie de l'équipe de Tarbes en scène, (de gauche à droite, Olivier, Jean-Marc, Laurent et Cyrille) qui fait chaque année un travail de dingue pour que la technique soit la plus irréprochable. Chapeau à eux!

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(Photo : Nöt)

Toute la journée du vendredi, les membres du jury assistent aux auditions des candidats sélectionnés. A l’issue des auditions, il y a une première sélection pour la demi-finale du soir et ensuite pour la finale du lendemain soir.

A propos, petite présentation du jury 2018:

Le président Arnold Turboust (compositeur, auteur), Annie et Alain Navarro (Festival Pause Guitare), Dominique Janin (Fédération des festivals de chanson francophone), Patrice Demailly (Libération, RFI Musique), Caroline Guaine (Mégaphone Tour), Thierry Dupin (France Inter), Thierry Lecamp (Agent artistique), Stéphanie Berrebi (FrancoFans), Jean-Marc Vaudagne (Académie Charles Cros), Olivier Bas (Studio des Variétés), Isabelle Young (France Bleu Béarn) et bibi (Les chroniques de Mandor).

Les jurés... toujours en pleine réflexion dans le foyer Yvette Horner. Au fil des années, nous avons créé des amitiés très fortes et nous avons tous beaucoup de respect les uns envers les autres. Ce qui n'empêche pas quelques séances houleuses (bien vite oubliées), parce que nous sommes tous des passionnés... et les passionnés s'emportent pour ce qui leur importe. 

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Retour sur la scène du Théâtre des Nouveautés pour annoncer les demi-finalistes retenus pour les auditions du soir.

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(Photo : Nöt)

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(Photo: Nöt)

Petite photo souvenir du jury 2018 pour La Nouvelle République des Pyrénées. De gauche à droite : Isabelle Young, Annie Navarro, Jean-Marc Vaudagne, Caroline Guaine, Patrice Demailly, Stéphanie Berrebi, Arnold Turboust, Dominique Janin, Olivier Bas et Thierry Lecamp.

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Voici en photos les demi-finalistes :

Coloris:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Massy Inc: 

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Thelma :

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Arash Sarkechik:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

 Siau :

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Thibault Eskalt:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Zoé Simpson :

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Livia :

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Pendant ce temps-là, alors que les demi-finalistes continuent à se produire, ceux-qui sont déjà passés méditent dans les loges. Comme  par exemple Zoé Simpson...

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(Photo : Nöt)

...ainsi que SiAu et Arash Sarkechik.

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(Photo : Nöt)

Ici, SiAu et le turbulent Axel Legrout, chanteur des For The Hackers (Pic d'or 2017).

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(Photo : Nöt)

Les deux Thelma...

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A la sortie des loges, la présidente du Pic d'Or, Corinne Labat, et deux membres très actifs (et éminents) de l'association qui organise le tremplin, Eric Kieser et Marie Cruzel.

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(Photo : Nöt)

A la billetterie, deux bénévoles du Pic d'Or, les souriantes et efficaces Jackie Duflots et Marie-Christine Huin.

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En attendant son tour, Romain Provence (une voix tout à fait étonnante et un charisme qui n'a pas laissé grand monde insensible) pose pour le photographe officiel du Pic d'Or, Nöt (dont vous pouvez admirer le travail ici)

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Continuons avec les artistes en pleine audition...

Nirman:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Alysce:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Romain Provence :

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Lembe Lokk:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Gervaise :

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Claire Faravarjoo:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Lombre:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Centaure:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Les membres du jury sont allés délibérer une nouvelle fois, celle fois-ci pour décider qui ira en finale le lendemain. (Pas de photos).

Pendant ce temps-là, Centaure a considéré qu'après l'effort s'imposait le réconfort... avec deux For The Hackers (Pic d'or 2017).

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(Photo : Nöt)

En attendant les résultats, Dani Terreur (Pic d'argent 2017) s'est produit pour faire patienter le public et présenter des nouveaux morceaux. Superbe prestation!

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Après délibérations, les 9 finalistes retenus sont : Coloris, SiAu, Zoé Simpson, Dimitri Nirman, Romain Provence, Lembe Lokk, Gervaise, Lombre et Centaure. Bravo aux autres candidats qui n'ont pas démérité. A l'issue de la soirée, petites discussions entre artistes et membres du jury. Ici, Lembe Lokk avec Arnold Turboust.

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(Photo : Nöt)

Alysce avec Alain Navarro (je crois).

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(Photo : Nöt)

Benjamin Conte et moi.

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(Photo : Nöt)

Claire Faravarjoo et David Garnier (des For The Hackers).

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Lombre "cerné" par Thierry Dupin et Patrice Demailly.

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(Photo : Nöt)

 Samedi 26 mai 2018:

Le deuxième jour est plus "tranquille". En attendant la finale du soir, l'organisation du Pic d'Or propose toutes sortes d'activités aux membres du jury, disons en clair qu'il y a un déjeuner qui n'a rien à voir avec le régime Dukan (ceci n'est pas un placement de produit). Nous voici donc cette année à Hautacam. 

Olivier Bas décide de tenter de marcher sur l'eau, tel Jésus devant la foule médusée. 

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Pas de doute, c'est criant de vérité. Bravo Olivier! Impressionnant vu du ciel.

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Tout le jury est là, sans exception.

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Enfin l'heure des agapes (qui n'avaient pas grand chose de religieux, je le confesse). Il paraîtrait que certains jurés, de très bons professionnels, seraient aussi de bons vivants (il paraîtrait).... Olivier Bas (après avoir marché sur l'eau, je le rappelle,) sert la garbure, ce qui n'a rien à voir.

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La garbure, késako? C'est une soupe typique des Pyrénées à base de choux et de pommes de terre, dans laquelle on pourra trouver aussi du confit de canard ou du jarret de porc séché. C’était le repas du pauvre et bien souvent son plat unique. La garbure était l’aliment quotidien des paysans. Elle variait d’une maison à l’autre et suivant le rythme des saisons, avec les ressources du potager et du saloir. Le principe de sa recette consiste à faire cuire longuement un assortiment de légumes et de viandes en général confites. Le secret de la garbure réside en partie dans sa cuisson. En effet, plus la garbure mijote, parfois jusqu’à plusieurs jours, meilleure elle est. Servie en potage ou en plat de résistance, la garbure peut être adaptée aux besoins de chacun. Voilà, il me semblait important de vous informer sur ce plat régional dans une chronique concernant un tremplin de chanson française. De rien.

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A vos marques, prêt, feu!

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Après le repas, Olivier Bas et moi regardons l'horizon, tout à nos réflexions philosophiques sur le sens de la vie. Evidemment.

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On prend l'air/on digère/on papote.

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On s'amuse aussi. Mais que font Annie et Alain Navarro sous l'œil hilare (l'œil hilare?) d'Olivier Bas? Pourquoi Patrice Demailly se cache-t-il derrière la porte des toilettes? Autant de questions auxquelles je n'apporterai aucune réponse ici. Tout ce qu'il se passe à Hautacam reste à Hautacam.

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Bon, c'est pas le tout, mais il faudrait repartir à Tarbes, il y a une finale ce soir...

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Sur la route du retour, quelques poses pour la postérité (qui n'en demande pas tant). Jean-Marc Vaudagne, Arnold Turboust, Stéphanie Berrebi et moi sans paysage, mais avec brouillard insensé. 

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Les mêmes avec paysage. 

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Oui, Stéphanie Berrebi, c'est le paysage, on avait compris.. Merci. 

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Samedi 16h30. Le parrain du Pic d'Or 2018, Cali, arrive enfin à Tarbes (la veille, il était en concert en Suisse). Il commence directement avec une séance de dédicaces de son livre Seuls les enfants savent aimer à l'espace culturel Leclerc de Tarbes (partenaire du Pic d'or). 

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Pratiquement deux heures de signatures, avec un Cali gentil et généreux, passant pas mal de temps avec chaque personne...

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Une foule patiente et heureuse de voir le chanteur si abordable. 

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Pendant ce temps là, au Théâtre des Nouveautés, répétitions générales. Ici, Corinne Daunay dirigeant Corinne Labat et Patrice Demailly qui rendront hommage à la gagnante du Pic d'Or de 2016, Barbara Weldens, cruellement disparue sur scène l'été dernier. 

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A 19h00, un cocktail est organisé pour les partenaires du Pic d'Or au restaurant de la boutique de disques Discobuzz.

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(Photo : Nöt)

Cali discutant avec la présidente du Pic d'Or, Corinne Labat.

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Le chanteur de Boulevard des Airs, Sylvain Duthu, est venu faire un petit coucou. 

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(Photo : Nöt)

Le maire de Tarbes, Gérard Trémège, en pleine discussion avec Cali

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(Photo : mairie de Tarbes)

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Clic clac Kodak! (Comment ça, ça ne se dit plus?)

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20h30: juste avant la finale. Deux For The Hackers parlent avec un Cali

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Top départ! La finale peut commencer. Tout le monde est en place.

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(Photo : Nöt)

La soirée commence donc avec l'hommage à Barbara Weldens par Corinne Labat...

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

... puis suite de l'hommage par Patrice Demailly (qui a écrit la biographie du disque de Barbara Weldens). Il a fait chialer tout le monde.

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Puis une minute d'applaudissement pour la formidable interprète qu'était Barbara Weldens.

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(Photo : Nöt)

Après l'émotion, gorges serrées et larmes versées, la soirée peut commencer. Eric Bentahar, l'animateur du Pic d'Or  interroge le parrain, Cali

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(Photo : Nöt)

Cali explique tout le bien qu'il pense de ce tremplin dont il a entendu parler depuis quelques années en des termes élogieux. Il est ravi de constater sur place et de juger sur pièce. 

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(Photo : Nöt)

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Place aux finalistes. La soirée débute avec Centaure.

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Nirman:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Lembe Lokk:

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Gervaise :

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Gervaise a pour habitude de "titiller" une personne choisie au hasard dans la salle. Sans le savoir, sa "victime" est le maire de Tarbes. Gérard Trémège s'en est bien amusé (à sa gauche, Michel Garnier, son directeur de cabinet, aussi). 

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Dans le public, Cali et certains membres du jury sont très attentifs à ce qu'il se passe sur scène. 

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(Photo : Nöt)

Hop! Encore un peu les coulisses. Axel Legrout (chanteur des For The Hackers) embrasse chaleureusement Romain Provence (pour l'encourager avant sa prestation).

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Zoé Simpson et sa team, Malcolm Crespin et Hipsta.

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Gervaise parle à... Mystère.

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Retour sur scène: Romain Provence.

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Lombre :

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Coloris :

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Zoé Simpson :

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Big up à Sandra à la lumière! Elle a fourni un sacré travail. Là, elle éclaire Siau.

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SiAu :

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Les prestations sont terminées. Pendant que le jury délibère, les gagnants du Pic d'Or de l'année dernière, les For The Hackers, livre un show qui a fait l'unanimité. 

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

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Un bol d'air avant d'aller délibérer une ultime fois.

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(Photo : Nöt)

C'est parti pour 45 minutes de discussions en présence de Cali qui ne s'est pas privé pour argumenter et défendre ses choix... 

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(Photo : Nöt)

Nous nous écoutons les uns après les autres....

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... puis, il y a débat. Et c'est là que cela devient intéressant. 

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Jean-Marc Vaudagne tente de convaincre Cali et Patrice Demailly en fait autant avec moi (ou vice-versa).

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(Photo : Nöt)

Cali s'investit totalement.

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(Photo : Nöt)

Isabelle Young, Arnold Turboust et Olivier Bas, attentifs.

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(Photo : Nöt)

Jean-Marc Vaudagne.

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(Photo : Nöt)

Thierry Lecamp, Caroline Guaine et Alain Navarro.

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(Photo : Nöt)

Patrice Demailly (dit le bogosse).

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(Photo : Nöt)

Cali.

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(Photo : Nöt)

Enfin, les prix sont décernés. Le président du jury, Arnold Turboust, vient féliciter les artistes.

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(Photo : Nöt)

Première récompense, celle décernée par Marc Toujas de l'association du Cartel Bigourdan. Cette association a pour but de promouvoir les musiques actuelles en organisant plusieurs concerts à l'Alamzic et sur le territoire de Bagnères-de-Bigorre ainsi que le Big Bag Festival le 3ème week-end du mois de septembre. En l'occurrence cette année les 22 et 23 septembre prochain. Et cette année, c'est Gervaise qui se produira au Big Bag Festival.

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(Photo : Nöt)

Stéphanie Berrebi (du magazine FrancoFans) a décerné le Prix FrancoFans (ça tombe bien!) à Centaure. Ce qui signifie que ce groupe aura le droit à une interview dans le magazine. 

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(Photo : Nöt)

Jean-Marc Dauvagne, de l'Académie Charles Cros, à attribué le prix de la création à la chanteuse Estonienne, Lembe Lokk.

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(Photo : Nöt)

Patrice Demailly et Olivier Bas remettent le prix d'interprétation à...

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(Photo : Nöt)

Suspense!

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(Photo : Nöt)

A Centaure, remarquable interprète en effet (et sacrée personnalité. Je suis fan.)

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Dominique Janin et moi remettons le prix du texte à...

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(Photo : Nöt)

Nirman.

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Caroline Guaine et Thierry Lecamp décernent le prix de la musique à...

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(Photo : Nöt)

... Zoé Simpson.

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(Photo : Nöt)

Zoé Simpson et Malcolm Crespin, heureux!

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(Photo : Nöt)

Isabelle Young (formidable animatrice de France Bleu Béarn) et le maire de Tarbes, Gérard Trémège, remettent le prix du public à...

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(Photo : Nöt)

Le résultat a l'air d'amuser tout le monde.

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(Photo : Nöt)

Parce que c'est, justement, celle qui s'est amusée avec le maire pendant le spectacle, Gervaise qui remporte le prix. Le public ne s'y est pas trompé.

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Alain Navarro et Thierry Dupin ont attribué le Pic d'argent à...

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(Photo : Nöt)

SiAu. Bravo à lui parce que ce qu'il a proposé était audacieux et magistral. 

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

Enfin Cali et Arnold Turboust ont annoncé le nom du Pic d'Or 2018...

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(Photo : Nöt)

...qui n'est autre que...

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(Photo : Nöt)

...l'homme que l'on applaudit à tout rompre...

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(Photo : Nöt)

...le rappeur/slameur/chanteur, Lombre. 

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(Photo : Nöt)

Son émotion était palpable (et très largement communicatif).

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(Photo : Nöt)

Le parrain et le président félicitant/consolant le lauréat. 

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

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(Photo : Nöt)

La présidente du Pic d'Or, Corinne Labat, félicitant Lombre

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(Photo : Nöt)

Nirman et Siau, bons camarades, en faisant autant. Le bonheur fait plaisir à voir.

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(Photo : Nöt)

Cali, conquit par cette édition du Pic d'Or, donne le mot de la fin.

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(Photo : Nöt)

La photo finale avec artistes, jurés, organisateurs et les essentiels bénévoles. 

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Après le spectacle,  dernières félicitations... Cali avec SiAu. Je ne vous cache pas que le parrain de ce Pic d'Or a été très impressionné par sa prestation.

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(Photo : Nöt)

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La présidente, des jurés, un parrain...

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(Photo : Nöt)

Lombre dans les bras de la nounou (très appréciée) des candidats, Florence Cortès.

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Lombre avec Mathieu, son agent.

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(Photo : Nöt)

Ultime prestation de Lombre pour finir la soirée en beauté.

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(Photo : Nöt)

Enfin, Lombre dans les bras de son père devant sa maman, très émue. 

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(Photo : Nöt)

Fierté des parents et fierté de l'enfant. Très touchant.

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Fin de ce bilan. Encore une fois, merci pour tout à l'équipe organisatrice du Pic d'Or et à ses bénévoles. Un sans faute... comme d'habitude.

07 juin 2018

Richard Gaitet : interview pour Tête en l'air

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

(Photo : René Ghilini)

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandorLes Editions Paulsen publient Tête en l'air, un récit rocambolesque d'initiation à l'alpinisme, du point de vue d'un novice. Le journaliste et facétieux écrivain, Richard Gaitet, est donc le héros de sa propre histoire.

D’une plume habile et maligne, pleine de poésie et d’humour, l’animateur de l’émission culte, la Nova Book Box, juke box littéraire de Radio Nova, raconte une aventure complètement dingue (gravir le mont Blanc, rien que ça), semée d’embuches et de rebondissements. On rit (de lui) autant qu’on frémit (pour lui). Un travail d’orfèvre.

Le 20 mai dernier, sous un soleil éclatant, Richard Gaitet est venu à ma rencontre dans un bar situé à deux pas de chez lui pour une troisième mandorisation (les deux autres, voir à : L’auteur)

4e de couverture :richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

Il a survécu à l’aiguille du Midi par l’intervention d’une providentielle main au cul, hurlé de peur dans la vallée d’Aoste, gravi cinq fois de suite en courant les deux premiers étages de la tour Eiffel, descendu sans corde des échelles d’acier sur 250 mètres, découvert les joies de la tomme de Savoie au petit-déjeuner, relu Tolkien, Lionel Terray, Mary Shelley et les mangas d’Akira Toriyama, et surtout… appris le maniement du piolet afin d’aller danser sur des arêtes sommitales de 40 centimètres de large, avec 2 000 mètres de vide de chaque côté, par - 8 °C et le visage battu par des vents de 50 km/h…

Plutôt branché bouquins que bouquetins, Richard Gaitet n’avait, avant cette épopée, aucune expérience de la montagne. Novice attentif à la parole du guide le plus romanesque qui soit, René Ghilini – vainqueur de l’Annapurna et chasseur de cristaux –, il livre l’authentique et drôlissime récit d’une première ascension du mont Blanc par un blond à lunettes inexpérimenté qui, au cours de son voyage, réapprit à marcher.

L’auteur :

Né à Lyon en 1981 par une journée d’automne étincelante, Richard Gaitet est journaliste et écrivain. Depuis 2011, il anime et produit l’émission Nova Book Box de Radio Nova. Parallèlement, il est l’auteur de trois romans publiés aux éditions Intervalles : Les Heures pâles (2013), Découvrez Mykonos hors saison (2014) (mandorisé une première fois ici pour ces deux livres) et L’Aimant (2016, avec les dessins de Riff Reb’s) (mandorisé une seconde fois pour celui-ci).

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(Photo : Richard Gaitet)

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandorInterview :

Avant de partir conquérir le mont Blanc, il y a eu beaucoup d’entraînements ?

D’abord, à Paris : chaque week-end, de la course à pied, puis monter et descendre des escaliers, pendant environ une heure et demie – avec, une fois, lors d’un dimanche improbable, toutes les marches de la Tour Eiffel gravies cinq fois de suite en courant. Puis, à Chamonix : dix jours d’entraînement extrêmement scrupuleux sous la vigilance de René Ghilini, guide de haute montagne, avec des randonnées tous les jours en augmentant petit à petit le dénivelé, la durée, la difficulté, et de la via ferrata, de la marche sur glace, pratique du piolet et des crampons, nuit en altitude… En fait, j’ai l’impression d’avoir fait le minimum. Dans le chapitre où René m’explique ce que je dois faire, tu vois bien que je n’ai pas suivi strictement le programme. J’ai pleine conscience que ce que j’ai fait, à Paris, j’aurais dû le faire deux fois par semaine.

L’été dernier, quand tu t’es lancé pour de bon dans cette ascension, il y a eu cinq fois plus de morts sur  la voie dite royale ou normale d’accès au mont Blanc.

Depuis 1990, on déplore en moyenne trois morts et huit blessés sur cette voie parcourue chaque année par environ vingt mille personnes. Là, quinze personnes ont perdu la vie, pour des raisons très variées : manque d’équipement ou d’expérience, malchance, chute de pierres... J’insiste sur le fait que chacun est libre à 200% de vivre sa vie comme il l’entend et de prendre les risques qu’il souhaite, néanmoins, il est fortement conseillé d’y aller très entraîné ou encadré par quelqu’un qui sera en mesure de fournir les enseignements nécessaires pour parvenir à aller jusqu’au bout de l’expérience.

Interview très intéressante de l'extraordinaire guide de haute montagne, René Ghilini, au sujet de Richard Gaitet et de ce livre. 

Dans ton livre, tu ne prétends pas que tout le monde peut gravir le Mont Blanc.

Non, moi j’ai été encadré par le meilleur des meilleurs des guides, René Ghilini. Il a gravi les montagnes parmi les plus périlleuses du monde. A 60 ans, c’est encore un sacré athlète avec une philosophie et un caractère pédagogique très affirmé. Il a su transmettre son savoir à un branque comme moi. C’est parce que l’on s’est bien entendu, tous les deux, que j’ai eu confiance, que j’ai réussi à me dépasser. Il a su me motiver.

C’est un personnage de film, ce type-là !

Tout à fait. Il a 1000 vies. Très grand alpiniste, chasseur de pierres précieuses, un des concepteurs des parcs Accrobranches en France, photographe, qui a aussi été chargé de veiller sur Gérard Depardieu quand il avait 19 ans, lors d’un tournage... Contrairement à la majorité des guides de haute montagne qui sont plutôt des gens taiseux, René est un homme joueur, espiègle, bavard, charmeur… Quand on y  pense, la maison d’édition a envoyé un citadin comme moi dans les pattes de ce cow-boy. Sa nature a nourri le livre d’un sentiment de vitalité qui est extraordinaire.

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Richard Gaitet (au premier plan) et René Ghilini (photo : Richard Gaitet)

Il t’a jugé/jaugé en quelques secondes.

Il a tout compris de moi en trois minutes. Je vais te faire une confidence. Lors de notre première rencontre, j’ai fait quelque chose que j’ai déjà observé chez un certain François Alquier : poser les bonnes questions. Faire de bonnes interviews, ça permet aux gens de se rencontrer. Le premier chapitre le concernant est le fruit d’une interview de trois heures  qu’il m’a accordé chez lui. J’avais cinq pages de questions. A la fin des trois heures d’entretien, il s’est dit : « je ne sais pas ce qu’il vaut sur une montagne, en tout cas, je vois qu’on peut se parler et qu’il est attentif ». Le lendemain, il m’a emmené faire un « kilomètre vertical » : mille mètres de dénivelé, bien raides, pour voir si je parvenais à trouver mon chemin sans indication particulière. Il a considéré que je me débrouillais pas mal sur une pente, que mon rythme n’était pas mauvais. Et s’est dit qu’il pouvait tenter de me faire vivre cette aventure.

As-tu souvent douté du bien-fondé de ce projet ?

J’ai douté à fond de mes capacités et de mes possibilités de réussir jusqu’à la veille de l’ascension. Mais, au fur et à mesure, après une première tentative qui a dû être annulée à cause d’une météo très capricieuse et d’un risque élevé de chutes de pierres sur la voie, mes compétences ont légèrement augmentées, sur la glace je me cassais moins la gueule, je pouvais enquiller le dénivelé sans être exténué… Dans le regard de René, j’ai vu qu’il y croyait de plus en plus. Je me dis que ce n’est pas sans risque, mais que je pouvais m’en sortir.

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René Ghilini (photo : Richard Gaitet)

Mais si ça ne l’avait pas fait, tu aurais réagi comment ?

J’aurais été très déçu parce que le livre n’aurait pas eu la même gueule. Le récit d’une aventure qui ne marche pas, c’est moins enthousiasmant… Mais pas forcément moins intéressant sur le plan littéraire et introspectif, ceci dit.

La maison d’édition avait envisagée cette possibilité ?

A demi-mot. En tout cas, il n’était pas question, je crois, que j’y retourne une troisième fois.

Le fait qu’il y ait un livre au bout de cette expérience, ça doit beaucoup aider à trouver la force de parvenir au but.

Ça change tout. Ça aide le mental, c’est sûr. Tu es en train de vivre quelque chose que tu vas devoir consigner et que tu sais que ça va sortir dans une maison d’édition sérieuse et réputée. Ce n’est pas juste toi qui tente de te dépasser, il y a un contrat qui est signé et il faut aller jusqu’au bout.

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(Photo : Richard Gaitet)

Quand il se passe des choses pas faciles, tu peux te consoler en te disant que ce seront de bonnes pages dans ton livre.

Toutes les emmerdes donnent du relief au livre, tu as raison. Il n’a jamais été question de ne pas parler de la première fois qui n’a pas marché parce que cela fait partie intégrante de l’aventure. Ça permet d’expliquer que, quoi qu’il arrive, c’est la montagne qui décide. C’est elle qui dit « Non, là, il fait trop chaud, il y a des pierres qui tombent, il y a des blessés, c’est une saison pourrie, si tu veux continuer à tenter ton aventure, tu reviens la saison prochaine. » Le livre a pris un an de retard, mais ce n’est pas grave.

Que représente René Ghilini pour toi ?

Nous avons eu un rapport de maître à disciple. J’ai suivi avec humilité son enseignement. Ma vie était entre ses mains.

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René Ghilini (photo : Richard Gaitet)

Tu as beaucoup souffert?

Oui, mais jamais de manière insurmontable.

Quel est le moment où tu as le plus peur ?

C’est la scène d’ouverture du livre. La perte d’équilibre sur l’arête de l’aiguille du Midi. René m’a imposé cela pour voir comment je réagis au vertige, au vide et à l’effort soutenu. 

Il y a dans ton livre beaucoup de références à des écrivains qui ont écrit sur l’alpinisme. Tu as lu ces livres avant de partir vivre cette aventure ?

J’ai beaucoup lu avant et pendant. Après aussi. J’ai écrit mon livre en neuf mois. J’ai continué à lire des ouvrages de montagne ou des récits d’alpinistes pour rester dans le bain. Je voulais que mon livre soit aussi agréable à lire pour des gens qui ne connaissent rien à la montagne que pour des gens qui sont professionnels ou familiers de cette activité.

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Richard Gaitet en plein effort dans un décor somptueux (Photo : René Ghilini)

Tu es revenu changé ?

J’ai découvert que je pouvais aussi envisager des aventures physiques. J’entreprends beaucoup de choses, j’ai toujours plusieurs projets sur le feu, je suis assez actif, mais ce sont des choses qui sont plutôt intellectuelles. Là, je sais que je peux mettre en jeu mon corps. Je sais que j’ai une certaine résistance physique. Je suis moins peureux que ce que j’imaginais, donc j’ai plutôt envie d’intégrer ça à d’autres livres. J’ai découvert une extension de mes possibilités. Tu peux être généreux, voire exigeant sur la langue, travailler le style, faire des recherches et s’appuyer sur une expérience du corps extrêmement intense. Utiliser la tête et les jambes, c’est un endroit de littérature qui est magnifique.

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Richard Gaitet (photo : René Ghilini)

Aujourd’hui, tu continues le sport ?

Je pensais que j’allais parvenir à maintenir une certaine hygiène de vie, mais en toute franchise, je n’y parviens pas. J’essaie de courir toutes les trois semaines, mais c’est un peu laborieux. J’ai la flemme de m’y remettre. Ma malédiction, c’est que j’aime beaucoup trop la bière et le jambon. Je suis un bon vivant.

René Ghilini a-t-il lu le livre ?

Après mes éditrices, il a été mon premier lecteur. Son avis était le plus important pour moi. Il l’a lu hyper attentivement. Il m’a appelé un soir et il m’a dit : « Ça roule ma poule ». Il était très content. Il m’a juste fait quelques remarques hyper précises. J’ai parlé de calcaire à propos d’une paroi, il m’a dit que c’était du granit, des trucs dans ce genre… il m’a précisé qu’il y a des choses qu’il n’aurait pas racontées comme moi, mais il n’y a aucune erreur technique, ni erreur factuelle.

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Richard Gaitet au sommet du Mont Blanc. Mission accomplie! (Photo : René Ghilini)

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandorQuel est ton prochain projet ?

Début juillet, avec quelques amis écrivains (dont la plupart sont certainement dans cette mandorisation), nous allons refaire intégralement, à pied, la seconde fugue d’Arthur Rimbaud.

Rappelons qu’au début d’octobre 1870, alors qu’il va sur ses 16 ans, Rimbaud fuit sa ville de Charleville et une mère étouffante et prend la direction de Charleroi, en Belgique, à travers la forêt des Ardennes. Seul !

Voilà. Nous, on part de la maison de Rimbaud le 2 juillet et on a pour objectif de marcher 111 kilomètres pour aboutir à Charleroi en longeant la Meuse et en suivant au plus près le trajet de cette fugue. Ce serait beau d’écrire un livre collectif sur cette promenade. Il y aura aussi avec nous cinq personnes de Radio Nova pour prendre un maximum de son. L’idée est d’en faire un feuilleton radiophonique qui sera diffusé pour la reprise de la Book Box en septembre. L’aventure est ouverte aux auditeurs. Si vous n’avez rien de mieux à faire du 2 au 7 juillet, venez marcher avec nous !

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Le 20 mai 2018, après l'interview. #soleildanslesyeux #mercifrançois