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07 juillet 2013

Merci Edgar : l'outil idéal pour le développement des projets artistiques des musiciens!

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1001790_205326649622594_592859969_n.jpg« Vous êtes artiste ? Vous n'avez pas encore de tourneur ? Vous n'avez pas le choix, vous devez vous occuper de tout, et tout seul !
Vous aimeriez consacrer davantage de temps à créer, répéter, jouer sur scène plutôt qu'à vous occuper de la communication, des tâches administratives ou commerciales ?
Avec Merci Edgar, vous avez enfin un outil vous permettant d'être plus efficace, organisé dans vos recherches de dates. Bref, vous allez gagner du temps, du temps que vous pourrez consacrer à votre passion, pour le plaisir de votre public ! »

En lisant ce message, tout artiste qui débute ou qui rame un peu à se faire connaître d'un public plus large, devrait être tenté par ce projet (qui n’en est plus un (projet) puisque là, nous parlons bien d’éléments concrets).

J’ai découvert le blog Merci Edgar, il y a quelques mois par l’entremise de son fondateur, Christophe Robillard, responsable développement et musicien auto-produit. J’avoue qu’à la base, je n’avais pas compris tous les tenants et les aboutissants, mais j’avais une vision globale très positive de la chose. Le projet à évolué depuis.

Ce qu’il faut savoir, c’est que Merci Edgar est un outil conçu pour aider les musiciens à développer leur projet artistique. Plusieurs moyens sont proposés :

-Un logiciel pour gérer ses différents contacts professionnels, en faire le suivi, leur adresser des mails en masse (On peut le tester lors d’apéros organisés par Merci Edgar).

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-Des vidéos d’interviews de professionnels de la profession : directeurs de salle, tourneurs, journalistes, chargés de diffusion, attaché(e)s de presse et artistes. Ces vidéos permettant à l’artiste de mieux appréhender l’univers du spectacle vivant. (Et je peux témoigner que Christophe sait poser les bonnes questions. Il interviewe une demi-heure et n’en garde que 10 minutes. Le best of des entretiens, quoi !)

Voici l’interview que je lui ai accordée. C’était le lendemain de l’annonce de l'arrêt des émissions musicales actuelles sur France 2, dont celle à laquelle je collaborais, CD’Aujourd’hui. Christophe Robillard m’a donc fait réagir à ce sujet (notamment).

Entretien d'Edgar #16 : François Alquier, journaliste from Merci Edgar on Vimeo.

Les autres vidéos sont . Personnellement, en les visionnant, j’ai appris beaucoup de choses sur les rouages de cette gigantesque machinerie qu'est le monde de l'industrie de la musique en France. Tous les gens du métier devraient s'y intéresser...)

Pourquoi je décide de mettre un coup de projecteur aujourd’hui sur Merci Edgar ?

robi.jpgD’abord parce que cette initiative est intéressante et peut réellement aider les artistes émergents. Parce que Christophe Robillard est convaincu et convaincant. Parce que j’aime ce genre de type qui parle, qui demande, qui s’interroge, mais surtout qui fait. Des actes à la parole… ça devient suffisamment rare pour être dûment signalé.  

Nous devrions être nombreux à bouger notre cul comme lui et ne pas attendre que les choses se fassent. (Je parle aussi (et beaucoup) pour moi. Aussi.)

Depuis la semaine dernière, Merci Edgar possède un site « vitrine » explicatif (absolument clair et précis). 

Enfin (belle coïncidence qui n'en est pas tout à fait une quand même), sachez qu'il y a aujourd'hui (dimanche 7 juillet), un pique-nique au Parc de la Villette à Paris organisé par Merci Edgar.

Il fait beau, il fait bon... si vous êtes artiste, c'est le temps idéal pour venir jeter un coup d’œil et vous renseigner…

Pour en savoir plus sur le pique-nique, c’est ici que ça se passe.

Longue vie à Merci Edgar!

08 juin 2013

Loïc Lantoine : interview pour la sortie de J'ai changé

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Loïc Lantoine est un ovni dans le paysage de la chanson française. Cela fait longtemps que je voulais le rencontrer. Ses textes faits de sombres pensées et de tendre humanité me touchent au plus haut point. Je ne suis pas le seul, je sais. Ses mots traînent beaucoup d'entre nous jusque dans les tréfonds de nos conneries et de notre folie. Poète de notre temps, conteur d'un autre temps, l’homme n’est pas fan des interviews. Mais son attachée de  presse, la très efficace Sissi Kessaï, fait en sorte de lui faire faire de la (bonne) promo à l’occasion de la sortie de son nouvel album J’ai changé. Une rencontre mandorienne était donc une évidence (surtout pour moi). Le 24 avril dernier, nous nous sommes retrouvés dans un café (mais devant une bière. Non, deux ou trois, je ne sais plus bien).

71tSgtUbQ9L._SL1083_.jpgBiographie par Philippe Barbot (pardon à lui, mais nettement raccourcie) :

Déjà presque dix ans que le loustic Lantoine fait tanguer la langue, chavirer la rime et culbuter les strophes. Avec son complice et alter-égal François Pierron, le chantre de la chanson pas chantée a baroudé de bars en gîtes, de clubs en bouges avec une inaltérable constance et trois albums sous les aisselles : Badaboum , premier essai tapageur en 2004, suivi de Tout est calme deux ans après et du live À l'attaque , en 2008, ont forgé sa réputation de poète routard déglinguant les conventions littéraires et musicales avec un bagout et une pépie dignes d'un Bukowski ch'timi ou d'un Tom Waits nordiste. Loïc Lantoine est revenu. Il a changé, mais pas trop. Juste ce qu'il faut. En mieux. Il a changé. C'est du moins ce qu'il prétend dans le titre de ce nouvel album, aux chansons rodées comme d'habitude sur scène, pendant deux années de tournée. C'est vrai, y'a du nouveau dans cet album. Si l'on y retrouve la familière diction rocailleuse et les singuliers sonnets en vers et contre tous, on ne peut pas ne pas remarquer que le champion de la chanson chahutée s'est mis à... chanter. Loïc Lantoine le duo est devenu Loïc Lantoine le gang. Pour souder cet éclectique club des cinq, il fallait un lien, un regard extérieur, un arrangeur ni trop arrangeant ni trop dérangé : Daniel Yvinec, musicien maestro et directeur de l'Orchestre National de Jazz, a signé une réalisation à la fois dense et précise.

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loïc lantoine,j'ai changé,interview,mandorInterview :

Tes nouvelles chansons bénéficient de nouveaux musiciens. Elles sont donc plus musclées que d’habitude.

Ça s’est fait naturellement. Avec François Pierron, à la sortie du deuxième album, on tournait avec deux personnes supplémentaires, mais qui changeaient souvent. Parmi ces gens-là, il y avait Éric Philippon et Joseph Doherty. On a eu l’envie de figer les choses, alors on leur a demandé s’ils voulaient créer des nouvelles chansons à quatre. Ils ont dit oui. On était content. Thomas Fiancette est arrivé en renfort à la batterie un peu après. Nous voilà cinq maintenant. Mais rien n’était prémédité.

Du coup, vous avez créé pas mal de chansons, tous ensemble, en résidence.

Il y avait quelques textes qui préexistaient, mais je prends de plus en plus de plaisir à écrire en compagnie des musiciens. Ils sont en train de répéter, il m’arrive de les arrêter sur quelque chose qui me touche, ils restent un peu dessus. Une fois que j’ai accroché quelques vers, que je vois où je pourrais aller, je vais m’isoler, je termine la chanson et je leur fait écouter. On essaie de trucs. Parfois même la musique change complètement parce qu’ils ont trouvé autre chose… Ce n’est pas très réfléchi tout ça. Les trois quarts de ces chansons ont été écrits en leur compagnie.

Tu n’es donc pas un solitaire dans la création.

J’ai commencé comme ça, vraiment tout seul, et maintenant, beaucoup moins. Mes musiciens trainent d’autres émotions, d’autres sensibilités et ça m’ouvre l’esprit. J’ai tendance à penser que les chansons ne m’appartiennent pas, donc je trouve ça bien d’être influencé par d’autres. Ça donne des chansons plus riches.

De plus, ce qui est bien, c’est que tes musiciens ont vraiment des influences musicales différentes les unes des autres.

Joseph, c’est un irlandais qui jouait dans Son of the Desert. Il vient du rock pur et dur. Éric, dit « Fil », c’était le guitariste de la Tordue. Quant à Thomas, autant il va s’éclater à jouer de la batterie sur de la valse musette que sur du rock qui tache. Et François, c’est mon compagnon et contrebassiste de toujours… Ils auraient pu jouer n’importe quoi, je les ai choisis aussi pour leur côté humain. L’important, ce sont les bonshommes avant tout.

Clip de "Je ferme". Réalisation : Laurent Benhamou.

J’ai souvent lu que par rapport à ta musique et à ta voix, tu n’étais pas sûr de toi.

Je ne suis pas sûr de moi en général. Pour ma coupe de cheveux, comme pour mon pull ou pour mon chant. J’ai du mal à me revendiquer comme chanteur. Ca me fait toujours marrer parce que j’ai l’impression que c’est un malentendu gigantesque.

Tu as un public nombreux depuis des années.

Il n’est pas si nombreux que tu le dis, mais il est fidèle et varié et ça, ça nous fait plaisir. Il y a des gens qui nous ont découverts par le biais de la chanson traditionnelle et, avec le temps, des gens sont arrivés par d’autres entrées. Parce qu’on joue aussi du rock, monsieur !

Après les concerts, tu aimes bien parler avec ton public.

De moins en moins. Je suis un peu gêné parfois. C’est compliqué, j’ai autant de mal à recevoir les compliments que les insultes. Quand on me dit des choses très gentilles, je ne sais jamais quoi répondre et j’ai les mains qui deviennent moites. Je n’aime pas avoir les mains moites.

C’est une forme de timidité.

Oui. D’ailleurs, c’est marrant dans ce boulot le nombre de gens timides. J’ai un peu réfléchi là-dessus, ce n’est pas une histoire de thérapie. La timidité doit être une qualité parce qu’elle permet d’avoir de la pudeur. Les gens qui sont un peu plus tête brulée sont sans doute plus « évident ». C’est pour ça que ça marche un peu mieux pour les gens un peu torturés.

Pourtant, chanteur, c’est quand même un métier sacrément impudique. loïc lantoine,j'ai changé,interview,mandor

C’est justement quand on est dans le paradoxe qu’une certaine richesse arrive. C’est un métier qui est complètement aberrant, il ne faut pas faire ça. Quand tu es timide, dire à des gens « taisez-vous, c’est moi qui parle », c’est absolument n’importe quoi.

Y a-t-il deux Loïc Lantoine. Celui qui est sur scène et celui qui est dans la vie ?

Disons que celui qui est sur scène est une caricature de celui qui traine ses guêtres dans la vie. Je ne pense pas que l’on puisse réellement me connaître à travers ce que l’on voit de moi sur scène. Tous les traits sont là, mais j’exagère tout. Je suis bien plus quelconque que ce que je peux donner à voir. Je ne me réveille pas tous les matins en faisant une déclaration d’amour infernale à ma femme, par exemple (rires).

Tu as testé tes nouvelles chansons sur scène avant de les enregistrer. Pourquoi ?

C’est un rapport qui s’est inversé. La logique voudrait qu’on enregistre des chansons et après qu’on les tourne. C’est bien beau d’imaginer comment on va assumer une chanson devant les gens, mais tant qu’on ne l’a pas fait, on ne sait pas ce que ça va donner. Ce qu’on a « boxé » en studio, sur scène, on s’aperçoit que ça passe mieux en douceur. Parfois l’inverse, on a envie de muscler une chanson qu’on a enregistrée trop cul-cul. On ne sait jamais comment on investit une chanson, alors je trouve que roder une chanson avant de la graver est un bon procédé.

Ce n’est donc pas pour voir la réaction du public ?

Non, c’est juste pour voir comment on assume les chansons. Il faut être un peu schizo dans ce métier. Quand j’écris, j’essaie de me plaire en tant que public potentiel. Si je dois commencer à prendre la température des goûts des gens, je suis mort. Je fais des chansons pour le Modem après.

Tiède. Milieu quoi !

Voilà.

Tu ne te censures jamais ?

Je ne m’interdis rien dans la chanson. Mais il y a une petite alarme intérieure qui clignote parfois. Surtout sur les intertextes, parce qu’il m’arrive de sortir de grosses conneries sur scène. Je suis là pour faire passer un bon moment aux gens, alors souvent, je vais à fond. Parfois trop, mais les gens aiment quand même bien déconner. Moi aussi.

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Chanter des nouvelles chansons à un public, ça doit faire un peu peur.

On a créé ce nouveau spectacle à Évreux. Il y avait 17 nouvelles chansons et on les a toutes jouées. Je n’étais vraiment pas à l’aise. J’étais en panique même. Quand on a joué une chanson 30 fois, on est quand même plus à l’aise dedans. Tout est une question de rodage.

loïc lantoine,j'ai changé,interview,mandorPour les amateurs de chansons françaises dites traditionnelles, tu es une très grosse référence. Un peu à l’instar d’un Allain Leprest (mon hommage mandorien ici).

Leprest, c’est mon papa de métier, c’est lui qui m’a mis un peu le pied à l’étrier. Mon entrée dans le boulot c’était de coécrire avec Allain des chansons pour le chanteur Jehan. C’était pour moi hallucinant parce qu’ils étaient mes deux artistes français préférés, chacun dans leur domaine. Avec Allain, on s’est côtoyé jusqu’à sa mort.

Tu n’aimes pas du tout les comparaisons avec d’autres artistes.

Je ne comprends pas pourquoi on me compare à Allain Leprest. Léo Ferré aussi revient loïc lantoine,j'ai changé,interview,mandorbeaucoup. Peut-être parce que je fais des phrases trop longue. Arno, à la limite, là je comprends parce que j’ai une voix de fumeur, mais c’est tout. Je suis beaucoup moins connu que ces artistes-là en tout cas. C’est pour ça que je continue ce qu’on fait là.

La promo ?

Oui. Ce n’est pas un truc qui m’est très agréable. Je n’aime pas parler de moi. Mais l’idée de donner la possibilité au plus grand nombre de gens de me connaître m’intéresse. Après, ils feront le choix de m’écouter ou pas. Je joue le jeu des interviews, mais, encore une fois, ce n’est pas très agréable. (Il me regarde, se demande si je suis vexé, puis ajoute). Non, mais avec toi, ce n’est pas pareil…

Je sais très bien qu’il y a des artistes que je vais emmerder. Je sais très bien que tu n’es pas hyper fan des interviews, mais je m’en fous, je viens quand même parce que j’ai envie de te connaître. C’est égoïste de ma part,  je le sais bien.

Non, mais j’ai besoin de communiquer sur mon travail, mais je préférerais boire un coup avec toi, sans micro. Tu vois ce que je veux dire.

Dans chaque album, ce sont souvent les mêmes thèmes. L’amitié, l’amour, un bar qui se ferme… L’œuvre de Loïc Lantoine, c’est toujours pareil sauf que c’est jamais pareil.

Tu as raison. Je ne sais pas de quoi parler si ce n’est de ces choses-là. J’ai de l’admiration pour les gens qui sont capables de raconter des petites histoires surréalistes. Je trouve quelques chansons de Thomas Fersen très réussies et complètement dingues. Il invente des mondes, moi j’en suis bien incapable. Quand il raconte l’histoire d’une bille qui tombe des escaliers, je le trouve très très fort. Avec moi, la bille, elle rencontre un copain dans l’escalier. Ils vont au bar d’à côté boire un coup, mais le bar il est fermé (rires).

Ce qui compte plus que tout pour toi, c’est l’émotion qui se dégage d’une chanson.

Oui. Les émotions fortes. De mes chansons, il faut que se dégage de la colère, de la tendresse, de la nostalgie, de la fraternité, l’amour fou, une musique, un instant, une idée qui va me mettre en branle. Je veux faire naitre des émotions variées chez les gens. On est fabriqué pour vibrer. Une chanson n’est jamais belle. Si la personne qui l’écoute ressent de belles choses, c’est cette personne qui est belle. La chanson, on s’en fout.

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Après l'interview, le 24 avril 2013, dans un café parisien.

06 mars 2013

Barbara Béghin : interview pour la sortie de son premier album

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(Photos et design: Wanda Kujacz)

barbara béghin,interview,vincent-marie bouvot,mandor« Son aspiration, Barbara Béghin la puise dans l’air du temps, assise à la terrasse des cafés elle observe, saisit au vol un mot, une idée, capture une image qu’elle note dans ses carnets qui ne la quittent jamais. De ces instants fugaces, Barbara y puise son inspiration pour nous conter toujours avec optimisme et humour la vie des autres. Le résultat est un album composé de 11 chansons, autant de fragments du quotidien, de tableaux représentants l’Homme et ses amours, avec comme élément fondateur et narrateur central : la Femme. »

Ainsi est présenté officiellement le premier album de Barbara Béghin, personnalité à la fois fantasque et mutine.

J’ai fait la connaissance de cette jeune femme il y a déjà quelques mois chez son réalisateur/arrangeur/compositeur, Vincent-Marie Bouvot dans son studio d’enregistrement de Deuil-la-Barre. Je n’étais pas venue pour elle, mais Barbara était présente. Je suis repartie avec son disque. Je l’ai souvent écouté, car je le trouve iconoclaste et très varié (rock, chanson, electro…). Et j’aime beaucoup le grain de sa voix. Je suis très sensible aux voix, je le répète souvent ici.

Pour écouter sur Deezer, c'est ici.

Le 12 février dernier, Barbara Béghin est venue à ma rencontre à l’agence pour évoquer ce premier disque et sa relation avec la musique.

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barbara béghin,interview,vincent-marie bouvot,mandorInterview :

Tu as commencé la musique à l’âge de 4 ans.

Je suis un peu née avec déjà à l’esprit le spectacle.  Le spectacle plus que la chanson, d’ailleurs. Mes parents aimaient ça et ils nous ont installé un grenier ou nous pouvions faire ce que nous voulions avec ma frangine. On a tout de suite été dans la volonté de créer et d’imaginer des choses. On imitait aussi ce que l’on voyait à la télé.

Ta relation à la musique est plutôt ouverte, j’ai l’impression.

Oui. Et aujourd’hui, je sais que j’ai encore beaucoup d’artistes et de genres musicaux à découvrir. J’ai plus une affection pour des chansons que pour des styles. On a d’ailleurs du mal à définir ce que je fais moi comme genre. Je réponds que c’est de la chanson française.

Je reviens à tes parents. Tu as de la chance, ils t’ont encouragé en te faisant faire des cours de danse, de chant, de piano, de théâtre…

Dans le nord, avec ma sœur, on a commencé par la danse. Mon plaisir de la gestuelle et de la scène me vient de là. Après, quand nous sommes allés en Normandie, j’ai fait partie d’une première association de musique, puis d’une seconde, mais de théâtre. À 13 ans, j’ai pris des cours de chant quand ma prof de musique à mis en place un groupe pour faire des prestations, des reprises essentiellement. Je suis devenue la chanteuse du groupe. L’envie du spectacle, c’est aussi le fait de ne pas rester cachée derrière un piano et pouvoir se défouler autrement qu’en jouant de la musique. Ce n’est pas de l’exhibition, c’est le plaisir de ne pas être enterrée, de se dévoiler un petit peu. Ça m’apporte quelque chose que la vie ne m’apporte pas tous les jours.

Clip de "Toujours, Toujours".

Quand tu étais adolescente, tu as même sorti un EP.barbara béghin,interview,vincent-marie bouvot,mandor

Toujours avec cette association de musique en Normandie. J’ai dit à ma prof que j’écrivais des petites chansons… de collégiennes (rires). Elle m’a proposé de faire de la musique dessus ensemble. On a fait un premier 4 titres avec un groupe qui s’appelait Stationnement Interdit. C’était une toute première expérience d’enregistrement et un travail différent de la scène. On prend notre voix en pleine tronche et c’est là que l’on découvre nos premiers petits défauts. Quelques années plus tard, toujours avec le même groupe on a fait un 11 titres.

Depuis ce 11 titres dont tu nous parles et ce premier album solo, tu as l’impression d’avoir fait des progrès ?

Euh… oui, en étant objective, je peux le dire. C’est dû à un travail d’écoute et de réflexion. Et de nouvelles relations aussi. C’est Vincent-Marie Bouvot qui a mis le doigt sur des choses qui n’étaient pas possibles. Quand on fait des reprises, on essaie d’imiter ou d’interpréter de la même façon que les artistes originaux. Après, c’est très dur de retrouver son identité vocale personnelle.

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Pour faire ton disque, tu t’es inscrite sur le site participatif Akamusic en 2009. Ça a marché puisque tu as réuni assez d’argent  pour enregistrer.

C’était le moment où je tournais un peu en rond. Il fallait que j’avance, je ne pouvais pas stagner. J’avais une irrépressible envie de chanter mes propres chansons. Ça finissait par m’obséder. J’avais entendu parler des plates-formes participatives et j’ai tenté le truc. Ça m’a permis de former une équipe que je n’avais plus. J’ai mis des maquettes plutôt bien enregistrées. Avec de l’effort et de l’énergie et la volonté de s’intéresser aux principes communautaires et de tous les réseaux sociaux, la jauge a augmenté et ça m’a permis de sortir un premier single. À partir de là, le directeur artistique d’Akamusic m’a proposé de rencontrer Vincent-Marie Bouvot.

"Comme une allumette".

barbara béghin,interview,vincent-marie bouvot,mandorTu le connaissais ?

Non. Le monde des arrangeurs m’était parfaitement inconnu. On m’a vite expliqué qu’il avait travaillé pour Julie Piétri, Elsa et Zazie. J’ai écouté les albums qu’il a réalisés pour elles et j’ai reconnu une patte et un son que j’aimais beaucoup. J’ai eu le sentiment qu’il pouvait m’apporter ce que je voulais dans la recherche des sons et des mélodies. Des mélodies très efficaces…

L'as-tu rencontré pour savoir si vous pouviez travailler ensemble?

Oui. À notre premier rendez-vous, je lui ai fait écouter mes maquettes. Il a eu un regard critique dessus et m’a expliqué comment faire évoluer les chansons. Ça m’a plu tout de suite, car j’ai besoin que l’on m’explique ce qui ne va pas et que l’on me montre comment on peut changer ce qui ne va pas. Il a compris que ce que j’aimais, c’était d’essayer d’écrire des textes qui racontaient des histoires et des musiques qui font bouger avec des mélodies que l’on pouvait chanter facilement et que les gens pouvaient reprendre. On s’est quitté sans se préciser si nous allions nous revoir. Mais moi, j’avais l’impression que tout était bon pour moi. J’ai appris un peu plus tard qu’il était partant aussi.

"Pas seulement pour lui" en studio.

Tu as eu combien d’argent pour faire cet album ?

Au final, 80 000 euros grâce à 800 producteurs.

Une fois que l’album est enregistré, les producteurs suivent ce que tu fais ?

Je leur donne le maximum d’infos possible. Il ne faut pas que les gens pensent que, parce qu’on a fait une production sur un site communautaire, participatif qu’on va sortir plus vite que tous les autres artistes qui rament. Certains pensent que l’on va tout de suite cartonner et que l’on va tous faire comme Joyce Jonathan et Grégoire. Il faut donc les rassurer en leur disant que l’on fait tout notre possible pour que ça marche. Moi, je ne lâche rien. Je mets en place ma scène en ce moment.  

Dans ce disque, ce qui est fou, c’est que ta voix varie de chanson en chanson.

Ça vient des genres différents qu’il y a et qui permettent une interprétation différente.  C’est aussi la volonté avec Vincent-Marie d’aller chercher le maximum de ce que je pouvais faire parfois. J’ai osé des choses que je m’interdisais presque.

Extrait de "Emmeline".

Tu racontes les histoires d’une jeune femme de ton âge, parfois de manière un peu désillusionnée.

Pas tant que ça. J’essaie de positionner mes personnages et j’évite d’exprimer mes positions personnelles  dans mes chansons. Au  niveau de l’interprétation, j’essaie aussi d’avoir la position d’artiste chanteuse qui prend les choses graves avec une pointe de légèreté quand même.  Je  prends les choses comme elles viennent et j’essaye d’habiller mes chansons à ma sauce, en envisageant que la vie peut être sympathique quand on choisit ce qu’on veut faire.

Tu chantes aux Déchargeurs durant plusieurs jours...

En coréalisation pour 15 représentations du 19 mars au 6 avril. C’est bien parce que cela va me permettre de roder la scène et d’inviter un maximum de professionnels. Je veux leur montrer ce dont je suis capable de faire. On a choisi de faire une proposition guitare-voix et une version guitare-batterie-voix. Il y a aussi la possibilité de m’aider à financer mes scènes. (Là). Le 17 mai, je serai aussi au Sentier des Halles.

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Je sais...

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05 mai 2008

Les éditions Volpilière...

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Je vais parler d'Élisabeth Robert.

Auteur(e) et blogueuse.

 

La demoiselle a beaucoup d’amis chez les blogueurs (et gueuses)… et quelques rares détracteurs (et teuses). Certains la trouvent trop gentille, trop romantique, trop idéaliste… trop honnête.

Il y en a qui confondent tout ça avec de la naïveté.

 

Mais, en vrai, elle est capable de vous laminer par une réflexion bien sentie. Elle n’a pas la langue dans sa poche et sa répartie peut être assassine (mais toujours exprimée avec son plus joli sourire, ce qui est très déconcertant.)

Élisabeth, en colère, c’est intéressant à voir/vivre, mais je préfère ne pas être le sujet de son courroux (et je ne dis pas ça parce que j’ai habité en Guyane.)

 

Bref, j’aime beaucoup cette fille.

Humainement, quelqu’un de rare.

Les souffrances du passé, les brèches de la vie à colmater l’ont incité à devenir quelqu’un de bien.

Elle se construit sa vie familiale et professionnelle le mieux possible.

 

Il m’est arrivé d’être victime de reproches similaires.

À la différence d’elle, j’ai arrêté de me défendre.

J’ai expliqué ici naguère, qu’il fallait gratter pour comprendre ce qu’il se cache derrière les sourires, les bienveillances, le miel (supposé) des personnes que l’on qualifie de « gentils ».

Alors, quand Élisabeth m’a demandé de préfacer son prochain livre, j’ai accepté avec beaucoup d’enthousiasme… parce que je ne me sens pas aux antipodes de sa personne et de sa personnalité.

Ce sera le premier livre de la maison d’édition qu’elle vient de créer: Editions Volpilière.

La couv’ :

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Pour en savoir plus sur le thème de ce livre

 

1901918600.jpgIl sera donc en prévente jusqu'au 15 juillet 2008 au tarif préférentiel de 12 euros frais de port inclus.

Ensuite il passera à 14 euros. 

Il suffit d'envoyer un chèque à:

Éditions Volpilière

32, rue de Berne

78990 Elancourt

 

Sortie prévue: septembre 2008.

Pour la rentrée littéraire.

Et puis, Élisabeth organise un premier concours de nouvelles.

Le jury est composé de quelques écrivains, journalistes, blogueurs.

J’en suis.

Le règlement et la liste du jury se trouvent là.

Voilà, c’était juste pour lui donner un petit coup de main avec mes faibles moyens… et lui témoigner tous mes encouragements pour la suite de cette belle aventure.

(Elle prend des risques, la moindre des choses et que je lui ouvre un peu mon espace.)

Juste aussi, histoire de rappeler qu’il ne suffit pas de regarder quelqu’un tel qu’il se montre pour s’imaginer le connaître.

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23 janvier 2008

Jérôme Commandeur... la démesure incarnée!

Hommage à un ami de 12 ans qui est en train de passer la vitesse supérieure...

Version corrigée, améliorée et actualisée d'une note publiée à une époque (il y a un an et demi) où je n'avais qu'une centaine de lecteurs par jour... aujourd'hui que j'atteinds les 14.675 visiteurs uniques quoitidiennement, je voulais offrir un nouvel espace de visibilité à quelqu'un qui le mérite.

(Quoi, je grossis mes stats! Tout le monde le fait, alors, hein!!!)

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Avant tout, petit CV rapidos de ce joyeux hurluberlu: Jérôme Commandeur s'est fait connaître à la télévision dans l'émission Graine de star sur M6 à laquelle il a participé une dizaine de fois en medium_commandeur_et_goude.3.jpgtant qu'humoriste imitateur. Il a ensuite animé Rince ta baignoire sur France 2 et a collaboré à l'Hyper show sur Canal Plus. Et puis, il a fait beaucoup de scènes en solo et pas mal aussi avec Paulo Goude. Evidemment, c’est un raccourci honteux de sa vie professionnelle que je vous propose là…

J’ai connu Jérôme en février 1995 (c’est lui qui m’a rappelé la date exacte… il a un ordinateur à la place du cerveau ce mec !) alors que nous traînions nos guêtres à RTL. Il était, un court moment, standardiste (pour gagner sa croûte) et moi aussi (pour gagner la mienne) mais dans l’échelon social de ce beau métier, j’étais "chef des standardistes du soir" (oui, oui !). Et j’ai eu un coup de foudre pour cet énergumène. Son grain de folie m’a plu à la seconde où je l’ai vu. Depuis cette période, nous sommes restés potes.

Il m’est arrivé de l’embarquer dans des aventures professionnelles contestables. Je pense qu’il se souviendra longtemps de sa période limougeaude. En 1996, j’ai bossé à Rire et Chansons dans la bonne vieille ville de Limoges (oui, j’ai vraiment tout fait dans ce métier !). J’avais en charge l’animation des matinales, (c’est vous dire le potentiel d’humour qui est en moi). J’ai proposé à Jérôme de participer à mon émission quotidienne sous la forme de fausses interviews téléphoniques.

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Radio Limousin Service (devenu peu après mon arrivée Rire et Chansons), le 28 janvier 1996, à Limoges.

De fil en aiguille, il est venu me rejoindre quelques week-ends pour effectuer des galas dans d’obscures salles de spectacles, qu'on appelle parfois restaurants, cabarets...etc. (il faut bien débuter).

Jérôme? La foire de Limoges, tu ne l’as pas oublié celle là ?

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Foire de Limoges, le 16 mai 1996.

Bien sûr Jérôme se souviendra, la larme à l'oeil de la "tournée" des salles de cinémas limousines (je n'ai pas écrit "en limousine", hein...). Pas pathétique l'expérience, mais ça frisait ça, un peu.

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Tournée "mondiale" des cinémas du Limousin... le 3 juillet 1997.

Jérôme n'est pas un mec avec lequel on peut espérer passer une soirée peinarde. Il est hyper actif, bouillonnant et vraiment très drôle. C'est le seul type qui m'a fait presque mourir de rire (au sens propre du terme!).

Et les soirées festoyantes ont été nombreuses avec lui...

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Soirée Rire et Chansons Limoges en Juin 97.
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Et là, à Saint-Cloud, chez des amis. Si je peux me permettre, Jérôme, tu es proprement ridicule avec cette casquette à l'envers. Ce n'est pas moi qui mettrais, par exemple, un caleçon sur la tête, juste pour amuser la galerie.
(Derrière nous, c'est Samantha, en civil(e))...

Après ce passé douteux, il s’est bien vite fait remarquer par des gens du métier autrement plus important que ma petite personne et il a mené sa propre medium_commandeur_la_petite_scene._2.jpgbarque tout seul et intelligemment. Alors, aujourd’hui, je suis sa carrière de près et je vais voir tous ses nouveaux spectacles. J’ai loupé celui de la petite scène… mais bon, il s’est produit dans cette salle alors que je venais d’être papa.

La dernière fois que je suis allé le voir "en public", c'était le vendredi 11 août 2006. C'était au Théâtre du Tambour Royal. On m’installe au 2eme rang. Je dois dire que j’ai toujours peur de l'éventuel "bide" quand je vais voir un ami… Je dois faire un transfert. C’est un peu comme si c’était moi qui montais sur scène. Et je vois mon Jérôme égal à lui-même. Truculent, irrésistible, potache, frisant parfois la vulgarité, la méchanceté et la mauvais foi mais sans jamais les atteindre vraiment… bref, je me régale (et je suis rassuré). Quand il joue la secrétaire cinquantenaire détestable dans un bureau ou lorsqu’il raconte des vacances foireuses entre amis, les déjeuners dominicaux en famille, les dragueurs lourdingues de Meetic, les fonctionnaires fainéants et indécrottables, les curés et les camionneurs pédophiles (j’en passe et des meilleurs), je défie quiconque de ne pas rire aux éclats, en tout cas sourire constamment. Cette heure est passée à la vitesse de la lumière.

Aujourd'hui donc, il revient, mis en scène par Dany Boon. C'est une nouvelle version de son spectacle. Je vais m'y rendre prochainement.

Allez, bande-annonce!