07 juin 2013
Paul Colize : interview pour Un long moment de silence (prix Landerneau Polar 2013)

De temps en temps, le bug. Le truc con. On va interviewer à 18h un auteur dont on a adoré le roman. Dont on estime que c’est même un livre important et que ce n’est pas juste un roman. Mélange de petite histoire qui s’imbrique dans la grande. Un thème universel. L’auteur est sympathique, disert, se confie même comme rarement. Je suis content. Je rentre. À 20h, impossible d’entendre la conversation menée. L’appareil produit un bruit sourd qui empêche toute compréhension de l’entretien.
Évidemment, l’auteur, belge, n’est que de passage. Il repart le lendemain. Le papier doit être rendu le lendemain (aussi). Obligé de contacter l’auteur à 23h. D’expliquer. Gêne. Qu’il faut recommencer par téléphone. Pas de souci. Auteur poli et gentil. Le lendemain, bis repetita. Interview. Strict minimum. Parce que plus la même ambiance. Parce que moins de temps. Parce que bruit autour. "Pardon, je n'ai pas compris ce que tu as dit!". Et papier banal. Et pas de version longue pour Mandor.
Et je le regrette.
Pardon à Paul Colize.
(Paul Colize est le lauréat du Prix Landerneau Polar 2013. Comme chaque année, pour Le magazine des espaces culturels Leclerc, j'interviewe l'heureux gagnant. Voici le fruit de notre rencontre pour le numéro daté du mois de juin 2013.)





Le 22 mai dernier, deux heures avant l'annonce officielle et la soirée de remise du Prix Landerneau Polar 2013 (dans le studio photo de Philippe Matsas, qui a pris la photo avec mon minable appareil Sony DSC-W220. Pardon à ce grand photographe de lui avoir fait faire cette concession.)
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04 juin 2013
Christophe Maé : interview pour Je veux du bonheur

J’interviewe une fois par an (à peu près) Christophe Maé. (2 interviews filmées là, et une première mandorisation à l’époque où je cachais encore mon identité).
Maé est un artiste dont on peut penser ce que l’on veut (et que je n’écoute pas moi-même spontanément), mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas être une bête de scène et de ne pas transporter les foules. Même les moins motivés par sa personne reconnaissent son incroyable présence et ses performances irréprochables.
Et le type est simple, voire même super sympathique (qui a dit « il ne manquerait plus que ça ! » ? Dehors !) Donc, j’aime bien le rencontrer.
Bref, voici ma toute récente interview. Pour Le Magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de juin 2013). Plus un bonus mandorien…



Clip de "Tombé sous le charme".

Bonus mandorien:
Je trouve que c’est bien d’avoir une nouvelle couleur musicale après deux albums…
Je n’ai pas l’impression que ce soit non plus aux antipodes de ce que j’ai fait jusqu’à présent. La musique cajun a une couleur métissée. Le sud des États-Unis, c’est un mélange d’influences caribéennes, africaines et autres, car il y a beaucoup d’Haïtiens, d’Espagnols, de Français, d’Irlandais. Finalement, je n’ai pas été plus dépaysé que cela. J’ai retrouvé beaucoup de couleurs musicales que j’avais déjà utilisées et qui m’inspirent.
Dans « Ma jolie », vous évoquez la culture de cette région-là. Et vous parlez des chamans. Vous croyez en leur pouvoir ?
Je ne suis pas à fond là-dedans, mais j’y crois. En Louisiane, il y a énormément de vaudous. Le vaudou est né là-bas et c’est quelque chose qui me fait un peu flipper, je vous l’avoue. J’ai une éducation catholique, je crois forcément en certaines choses.
Revenons à Serge Lama qui a écrit « Je veux du bonheur ». J’ai vraiment été étonné, car il n’a pas pour habitude d’écrire ce genre de chanson là. On a l’impression qu’il s’est mis à votre place.
Je suis allé chez lui toute une journée et on a avancé le texte ensemble. Il s’est vraiment mis à mon service. Ce n’est pas le Serge Lama de « Je suis malade », c’est sûr. C’est l’opposé. Mais, c’est intéressant ce métier. Il me permet de rencontrer des artistes de cet acabit. Il fait partie de mes pères dans sa façon d’écrire. Je ne l’ai pas sollicité par hasard. Je suis ravi de chanter ces mots.
Autre collaboration, celle avec Mike Ibrahim. Là, ce sont deux chansons, « Charly » et
« La poupée ». Deux chansons dont les sujets sont difficiles.
Ce sont des histoires qui me collent à la peau et c’est moi qui ai suggéré ces deux thèmes à Mike. Pour « Charly », c’est l’histoire d’une petite fille de 8 ans que j’ai connu et qui est morte d’une tumeur au cerveau. Personne ne peut rester indifférent à ça. C’est une histoire tragique, elle est partie en quelques mois. Mike Ibrahim est arrivé à une profondeur et une gravité supplémentaire à ma façon d’écrire personnelle. Moi, j’écris cash. Comme je parle, j’écris. Lui emmène de la poésie à tout ça. Pour « La poupée », c’est pareil. Il y avait une SDF qui était en bas de chez moi. J’ai pris l’habitude de parler avec elle pendant des mois et elle a disparu du jour au lendemain. Je la trouvais tellement belle que je l’appelais « ma poupée ».
Vous ne l’avez jamais revu ?
Non. Si un jour je la croise, je lui dirai qu’une chanson sur elle existe désormais.
Mike Ibrahim est de votre génération. Vous devez vous comprendre parfaitement.
Oui, on forme un vrai binôme. Il est descendu chez moi des mois dans le sud de la France. On écrivait ensemble, comme on jouait au ping-pong. Les mots fusaient de toutes parts et on se les échangeait.
Il y a aussi une reprise de « It’s Only Mystery ». Pourquoi cette reprise tirée de la BO de Subway ?
C’est une chanson que j’adore depuis sa sortie. J’ai fait 10 ans de piano-bar et quand j’arrivais dans un établissement, je commençais toujours par ce morceau. C’est à la fois un titre coup de cœur et porte-bonheur pour moi. J’avais failli l’enregistrer pour le premier album, puis pour le deuxième, puis j’ai même tenté d’en faire une version française, mais ça ne marchait pas. Cette fois-ci, j’ai vraiment eu envie de la mettre sur mon troisième disque.
Elle vous vient comment généralement l’inspiration ?
Soit en regardant un film ou en lisant un livre… et ça me fait rebondir sur un thème. Ou alors en voyageant. Il n’y a pas 36 possibilités.
(Et pour finir, parce qu'il est évident que Christophe Maé a besoin de Mandor pour que les salles se remplissent, voici les première images du concert enregistré le 13 mai dernier au Théâtre de Paris. A retrouver dans un cinéma près de chez vous les 7 et 8 juin prochains.
De rien Christophe!
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16 mai 2013
Olivier Norek : interview pour Code 93

Les policiers sont souvent de formidables auteurs de polars. Olivier Norek, capitaine de police dans la Seine-Saint-Denis, qui publie son premier roman, Code 93, en est un parfait exemple. Une vraie plongée dans les manipulations criminelles dans les milieux de la politique et de la finance. Rencontre à l’agence (le 23 avril dernier) avec un romancier-policier qui veut réconcilier les lecteurs avec les "vrais flics". Voici l’interview publiée dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mai 2013). Puis, vous lirez l’intretien complet. Je lui fais parler de sa vie de flic... et vous découvrirez un homme courageux qui n’a pas la langue dans sa poche.




Bonus mandorien :
Tout est vrai dans ce livre?
85% de vrai et 15% de romance, je vous répète. Un type qui achète un polar que veut-il ? Que ça lui pète à la gueule, qu’il y ait des rebondissements, du « page turner » et du « cliffhanger ». J’ai réalisé que j’avais tout ça dans les doigts. Je ne sais pas d’où ça me vient, mais j’ai compris ce genre de mécanisme assez naturellement.
Victor Coste à parfois de l’empathie pour un homme qu’il arrête. Vous-même, vous en avez eu aussi?
L’empathie, c’est la compréhension du geste, pas l’excuse du geste. C’est le seul trajet qu’on n’a le droit de faire vers cette personne-là. Le comprendre, pas l’excuser. Après, si on est trop dans l’excuse, c’est qu’on est trop dans l’enquête et il faut laisser la place à quelqu’un d’autre. Moi, je travaille à la victime. Uniquement. Arrêter un criminel, c’est une conséquence de ça.
Ce qui vous intéresse, ce n’est pas de réprimer, mais de protéger.
Protéger, c’est mon but, réprimer, c’est une conséquence de ce but. Je ne suis pas un fan des grands criminels. Je ne connais pas ces beaux mecs, ces beaux voyous dont on parle et que l’on magnifie à la télé. Ils ne m’intéressent pas. Je n’ai pas cette excitation de la petite bourgeoisie parisienne de fréquenter un voyou… ça ne me passionne pas du tout.
Michel Neyret, par exemple, a employé des méthodes peu orthodoxes, mais efficaces pour obtenir les résultats extraordinaires qu’il a eus à Lyon…
La seule chose que je dis par rapport à cette affaire, c’est que Michel Neyret est un fusible. J’adore voir un type qui bosse depuis 20 ans à l’antigang lyonnais, qui a des résultats que personne n’a eus auparavant, tomber tout seul avec sa Légion d’honneur sur le revers de la veste. C’est amusant parce que je sais que toute son équipe est au courant, que sa hiérarchie sait comment il travaillait depuis toujours, tout comme le préfet et le ministre au-dessus du préfet… on sait que parfois, ça peut déraper, ça peut déborder un peu trop loin, mais pourtant, le résultat est là. Dès que ça a commencé à sentir un peu le souffre, on l’a fait exploser, mais tout seul. C’est le concept du fusible qui marche très très bien dans la police et qui marche aussi très très bien en politique.
Vous, vous avez été à la limite ?
(Gros éclat de rire). Mais, bien sûr et je vais vous le dire. Il m’est arrivé d’avoir des montagnes d’herbes sur la table, des piles d’argent, mais je me mets vite des gardes fous. Je me souviens d’un pakistanais qui arrive un jour au boulot et qui me demande de l’aider. Il avait un sac Décathlon énorme. Il fuyait la mafia pakistanaise et son sac était rempli de billet. Comme il lui en manquait, il savait qu’il allait se faire buter par elle. J’ai demandé à 5 personnes de me rejoindre dans mon bureau pour que l’on compte l’argent tous ensemble. Il n’y a pas la tentation, mais il y a le risque. Quand on signe le contrat de ce métier, on sait qu’à un moment donné, on va se retrouver seul dans une pièce avec de l’argent. Si on n’est pas capable de ne pas céder à la tentation, il faut changer de métier tout de suite. Flic, c’est un sacerdoce.

Être flic dans le 93, c’est différent qu’être flic tout court.
Je ne crache pas du tout sur les flics de province, mais en un an de 93, vous avez vu ce que vous verrez en 5 ans en province. C’est un apprentissage accéléré.
Le flic, c’est une équipe, en fait. D’ailleurs votre livre en témoigne.
Le flic solitaire, ça n’existe pas, qu’on se le dise une fois pour toutes. Il a besoin de son équipe et sans son équipe, il n’est rien du tout. Et je rappelle qu’une enquête, c’est H24. Quand certains vont dormir, l’équipe de nuit reprend l’enquête.
Un flic ne rentre pas à 18h chez lui…
Flic en PJ, c’est en moyenne, 10 à 14h par jour, payé 8 d’ailleurs. Il y a quelques années, on nous a expliqué qu’à cause de la crise, on n’allait plus nous payer nos heures supplémentaires. On a continué à travailler 10 à 14h par jour. Flic, ce n’est pas un job, c’est un métier. Comme grand reporter, médecin, chirurgien, infirmier, enseignant. Ce sont des métiers où, même si on en prend plein la gueule, même si on nous enlève de l’argent, même si on nous enlève une voiture ou deux équipiers dans notre groupe, on va continuer. On va continuer parce que ce n’est pas que pour nous. Sur notre bureau, il y a toujours cette satanée procédure de viol, cette satanée procédure d’homicide et il y a toujours un mec dangereux dehors. Quelque part, on a une mission.
Ça implique donc une vie famille chaotique ou inexistante.
Je suis un très mauvais interlocuteur sur ce sujet, parce que je suis un éternel célibataire. C’est un choix de vie. En vrai, si j’en juge la vie de mes collègues, beaucoup sont mariés. C’est donc jouable. Mais, il faut prendre en compte la difficulté du boulot et ne pas espérer que son compagnon ou sa compagne flic ait des horaires normaux et même raisonnables. Il faut comprendre les difficultés et les obligations d’un policier. C’est 10 à 14 heures de boulot par jour, on bosse un week-end par mois, on bosse à Noël, on bosse au Nouvel an, on bosse lors des anniversaires, on bosse de nuit, on bosse très tôt le matin (la loi fait qu’on peut interpeller à partir de 6 heures du matin)… Pour résumer, ce sont des vies de famille compliquées, mais des vies de famille possibles.

Il y a un truc auquel je pense souvent. C’est comment un flic peut ou doit annoncer une mort à un proche? Je trouve ça horrible.
Ce n’est pas ma peine, ce n’est pas mes proches. La peine, elle est à eux. Si je leur prends, je leur vole.
Il y a une technique d’annonce ?
Oui. Elle est simple. Aller au plus vite. Je sonne. Ce n’est pas ma peine, ce ne sont pas mes proches. La porte s’ouvre. Je dis : « Bonjour monsieur. Je vais vous demander de réunir tous les adultes au salon, j’ai une nouvelle à vous annoncer. Les enfants peuvent rester dans leur chambre ». Une fois qu’ils sont là, je dis : « J’ai une terrible nouvelle à vous annoncer. Votre fils est mort ». J’ajoute toujours une indication sur les circonstances pour que l’imaginaire des gens présents ne parte pas dans tous les sens.
Est-ce qu’insidieusement, vous n’êtes pas marqué par ce dont vous êtes le témoin ?
Bien sûr que si. Après, je m’en défends. Je suis construit de tout ce sordide que j’ai vu. Mon quotidien, c’est le pire de l’homme. Je passe mon temps à arrêter des violeurs, des kidnappeurs, des assassins.
L’autre, c’est qui pour vous ?
Quand l’autre c’est l’auteur, je vois le mal. Et quand l’autre c’est la victime, je vois l’effet du mal. Alors, évidemment, l’autre, il en prend un sacré coup dans la gueule avec moi. Au bout d’un moment, on a les épaules un peu plus lourdes et j’ai une vision des autres qui est un peu plus méfiante. Du coup, j’ai besoin d’une famille et des amis hyper stables.
Par exemple, quand vous êtes arrivé à l’agence, je vous ai vu observer les alentours et les gens qu’on a croisés dans le couloir.
Bon, je pars du principe qu’on est tout le temps en jugement. C’est vrai que j’ai moins confiance. Personne n’est tout blanc, ça n’existe pas. Je ne peux pas faire confiance à quelqu’un à 100%. J’ai 3 amis que je connais depuis 20 ans. C’est très bien. Pas besoin de plus.
Vous lâchez prise parfois ?
Ça devient un réflexe qui n’est pas vraiment contrôlable. Je suis incapable d’aller à un rendez-vous sans avoir 20 minutes d’avance. Je regarde le lieu, je regarde comment c’est…
Vous l’avez fait aujourd’hui ?
Ça fait 20 minutes que je suis dans votre courette.
Vous vous êtes mis dans un coin. Un endroit où il ne peut y avoir personne derrière vous.
Je suis toujours dos à un mur ou dans un coin. C’est comme ça. Ce sont des réflexes conditionnés que je ne peux plus enlever. Il faut que je voie ce qu’il se passe autour de moi.
Là, je vous fais parler. Vous aussi vous faites un travail de psy quand vous interrogez les gens ?
Oui. C’est obligatoire. Je suis spécialisé dans les agressions sexuelles et dans les enlèvements. Dans le groupe auquel j’appartiens, qu’on appelle la SER (Section Enquêtes et Recherches), il faut avoir une bonne de dose de psychologie parce qu’en face de vous, je le répète, personne n’est tout blanc ou tout noir. L’auteur a peut-être ses raisons et la victime a peut-être provoqué ce qui lui ait arrivé. Il faut faire attention à tout ça, sinon on va tête baissée dans un mur. On va prendre fait et partie pour la victime, alors qu’elle y est peut-être pour quelque chose.
Vous prenez des risques en vous mettant en avant, en répondant à des journalistes ?
Qui sait ? Il n'en reste pas moins que j’ai envoyé ce livre à ma hiérarchie et qu'elle m’a laissé tout à fait tranquille. J’ai été même surpris d’avoir autant les mains libres.
Vous vous êtes mis en disponibilité pendant un an.
Je vise à manier assez bien l’écriture pour qu’à un moment donné, je puisse réussir à faire les deux. Flic et écrivain. J’ai écrit ce premier, je me lance sur le deuxième et pour le troisième, je vais essayer de réintégrer la police. Je compte réintégrer la police parce que ça me bouffe à l’intérieur de moi. Je commence à devenir frustré. J’ai envie de remettre les mains dans la boue. Tout ce qui m’énervait il y a 6 mois, ces planques interminables et ces filatures qui ne mènent jamais à rien, elles me manquent maintenant franchement.
Les médias, qui font souvent des raccourcis faciles, disent de vous que vous êtes le nouveau Olivier Marchal. Que pensez-vous de lui ? Est-ce que vous avez l’impression de faire le même métier ?
Le raccourci vient du fait que nous sommes tous les deux flics. On écrit des bouquins et lui il fait des films. En utilisant la vie de la police, on a réussi à s’en sortir. Ce qui nous différencie, c’est l’époque. Lui, il a travaillé dans une police que je n’ai pas connue et il a travaillé sans carapace, sans protection, les nerfs à vif et il s’est tout pris tout en pleine gueule.
Vous êtes confiant sur la destinée de ce premier roman ?
C’est un énième polar. Dans le monde, il y en a 1800 qui sortent par an. Personne ne m’attend, personne ne sait qui je suis. La seule chose qu’on sait, c’est que la couverture est belle et que j’ai une bonne petite gueule pour la vendre. Ce livre peut marcher parce qu’il est honnête. J’ai décidé d’être honnête sur le métier, sur les flics, mais aussi à la fois sur les enquêtes et à la fois sur moi-même.
Il est vrai que vous n’avez pas la gueule de l’emploi. Vous avez une tête de comédien.
Ça m’a beaucoup aidé dans mes enquêtes sur le terrain. On ne se méfie pas de moi, en filature par exemple.
Pour finir sur une note musicale, parlez-moi de la « Franche Touche ».
J’ai toujours eu un côté artistique, un côté assez sensible qui m’a valu pas mal de bonnes vannes dans le milieu policier. Avec ce groupe, j’ai fait des concerts, des Technivals et des boites de nuit. Un jour, j’ai changé d’art et je me suis mis à l’écriture. J’ai trouvé mon autre voie.
Le 23 avril 2013 à l'issue de l'entretien.
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11 mai 2013
Maxime Le Forestier : interview pour Le cadeau

Après Higelin, le mois dernier, Le magazine des espaces culturels Leclerc m’a offert de nouveau l’opportunité de d'interviewer une autre personnalité importante/primordiale de la chanson française. J’ai rencontré Maxime Le Forestier le 3 avril dernier dans un hôtel parisien pour un entretien de 45 minutes à l’occasion de la sortie de son album Le cadeau. Il défendra ses nouvelles chansons très bientôt sur scène, notamment au Casino de Paris pour trois soirs, les jeudi 26, vendredi 27 et samedi 28 septembre prochains. Sa grande tournée démarrera dans la foulée et occupera le chanteur jusqu'en mars 2014.
On m’avait dit qu’il n’était pas toujours évident à interroger. Un peu chafouin parfois. Je suis tombé sur un jour « avec ». Souriant et même très sympathique. Ce fut un régal. Un cadeau, finalement !




Le p'tit air.

Petit bonus mandorien :
Parlons de quelques chansons de ce nouvel album. Dans « La bête curieuse », vous expliquez que les gens ont besoin de rumeurs, d’infos en permanence.
Chacun d’entre nous a, à l’intérieur de lui, un bout de tentacule de la bête curieuse qui nous pousse à consommer de l’info. La bête curieuse, c’est la force qui me pousse à allumer la radio le matin dès que j’ai un œil ouvert, alors que je pourrai attendre une heure et deux jours ou huit jours. C’est la bête curieuse que nous sommes qui provoque tout ce dont on accuse les médias. Si on fait des feuilletons médiatiques autour de personnages comme Strauss-Kahn, c’est bien parce que les gens achètent. C’est à la fois un cercle vicieux et parfois vertueux. C’est pas mal parfois d’être informé. L’information, c’est une mission sacrée, mais c’est aussi un commerce avec les lois du commerce. On ne va pas mettre en Une d’un magazine un truc qui n’intéresse personne…
Je ne vous voyais pas comme ça.
Je suis un vrai bouffeur d’infos. Si je n’avais pas été impliqué, je n’aurais jamais écrit cette chanson-là.
Dans « Le caillou », vous parlez de notre belle planète.
J’ai voulu faire un zoom resserré et élargir de nouveau le focus. Partir de la planète, arriver jusqu’aux gens et des gens, arriver jusqu’au caillou qu’il y a dans la chaussure d’une femme et puis on relance le caillou et ce caillou, il va redevenir une planète un jour où l’autre.
Dans la chanson « Le cadeau », vous ne vous épargnez pas.
Quand je dis que je ne suis pas un cadeau, ça veut dire que je ne suis pas quelqu’un de fréquentable. Dans la chanson, je précise aussi que je n’ai pas les caractéristiques du cadeau. Je ne suis pas emballé, on ne peut pas m’offrir, on ne peut pas m’échanger. Mais, c’est une chanson de faux cul pour que l’on me dise « mais si… » (rires).

Vous ne cessez de travailler. Il y a eu la tournée (dont le Casino de Paris), le disque La maison bleue qui rend hommage à vos 40 ans de carrière, les disques consacrés à Brassens, la comédie musicale « Les gladiateurs », les Nuits de Champagne, un concert unique avec le conservatoire de Boulogne (mais une année scolaire de préparation), les Enfoirés… Il y a un moment où vous faites une pause ?
C’est impossible pour moi d’enchaîner une tournée qui termine un cycle et la semaine d’après, commencer à écrire un nouvel album. Je suis incapable de procéder ainsi. J’ai plusieurs solutions. Il y a les projets intermédiaires que vous venez de citer. C’est comme ça que j’ai fait les Brassens en deux fois deux ans, mais c’est quand même un souffle entre deux albums. Et puis, pour ne pas perdre la main, j’ai écrit aussi pour quelques artistes, comme Julien Clerc, Céline Dion, Amel Bent…
Vous avez repris Brassens, on vous reprend… c’est bien la preuve qu’une chanson est vivante.
J’adore écouter une chanson connue repeinte. On peut repeindre de la même couleur, à peu près ce que j’avais fait sur les Brassens, et on peut les repeindre de couleurs complètement différentes, flashy, ancienne, patinée. Une chanson qui résiste à ça, ça veut dire que sa structure est solide.
Voir quelqu’un dans la rue fredonner une chanson de vous, même une ancienne comme « Mon frère », « Parachutiste » ou « San Francisco », ça vous touche toujours ?
Oui, toujours. Le peintre qui peint dans la rue en me chantant, ça m’émeut… mais aussi parfois, c’est un peu particulier. Mon dentiste siffle toujours en travaillant, sauf que quand il travaille sur moi, ce sont mes chansons qu’il siffle, c’est un peu gênant.
10:07 Publié dans Interview Culturissimo, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maxime le forestier, le cadeau, interview, le magazine des espaces culturels leclerc, mandor
02 mai 2013
Bernard Pivot : interview pour Les Tweets sont des chats
Depuis plus d’un an, Bernard Pivot démontre brillamment que Twitter n’a rien à voir avec l’âge. Fort de près de 112 000 abonnés, il est devenu au gré de ses humeurs, de ses lectures, de ses voyages, de ses discussions, un orfèvre du message en 140 signes.
Les Tweets sont des chats (qui sort le 2 mai prochain chez Albin Michel) réunit ses tweets préférés, érudits, polémiques, mélancoliques ou malicieux. Ce florilège thématique témoigne du passage de la curiosité à la pratique. Pour le nouveau site des Espaces Culturels Leclerc, je suis allé à sa rencontre, chez lui, le 26 avril dernier (lire l’interview version courte, ici). Je ne vous cache pas qu’interroger l’un des intervieweurs que j’ai le plus regardé/étudié et dont j’ai souvent décortiqué la méthode, ça m’a un peu ému. Mais son accueil bienveillant a fait tomber les petites angoisses.
Et j’ai passé une bonne heure avec le maître.
Dans son canapé, en le regardant me répondre, j’avais l’impression d’être devant une télé en 3D, la chaleur humaine en plus.
Vous racontez que dans les années 60, le rédacteur en chef du Figaro Littéraire, Maurice Noël, vous avait déjà appris à faire court : des informations en 2 ou 3 lignes, des échos en 4 ou 5, des billets en 10. L’école de la concision, vous l’avez finalement toujours connue.
J’étais le dernier arrivé, j’avais 24 ans, donc le petit boulot, c’était pour moi. Je devais faire le plus court possible et Maurice Noël me faisait venir dans son bureau pour me dire que tel ou tel mot était inutile. J’ai gardé de cet apprentissage le goût de faire court. Quand je me suis initié à Twitter, ça m’a rappelé ce que je faisais il y a 50 ans au Figaro Littéraire. J’ai eu une sorte de nostalgie du jeune journaliste que j’étais.
Toute votre vie, finalement, a été une course à l’essentiel. Quand vous receviez des écrivains, je vous ai vu plein de fois devoir synthétiser les propos des uns et des autres, leur couper la parole dès qu’ils étaient trop longs…
Vous avez raison. J’ai passé ma vie à ça. Journaliste, c’est à la fois une école de la vitesse, parce qu’il faut toujours rendre son papier à l’heure, une école de la précision et une école de la clarté.
J’ai suivi votre arrivée sur Twitter. Il y a eu une effervescence de la part des twittos et
des médias. Une sorte d’évènement improbable enfin réalisé.
Il y a des gens qui n’y croyaient pas. Vous l’avez vu, sans doute, il y a marqué bernardpivot1, parce que, quand je me suis inscrit, il y avait déjà un Bernard Pivot. Un type avait usurpé mon identité. La machine a donc mis un 1. En tout cas, l’incrédulité des gens sur le fait que c’était bien moi m’a beaucoup amusé. C’est Bernard Lehut d’RTL , qui a twitté plusieurs fois pour confirmer que c’était bien moi derrière ce compte.
Pourquoi les gens étaient-ils sceptiques, selon vous ?
Je pense que c’est parce que j’ai fait des émissions littéraires et que toute ma vie j’ai lu des livres, donc je ne pouvais pas apprécier cette forme de communication très retreinte, très maigre, très brève.
Sur Twitter, évidemment, vous respectez la langue française.
Quand je me suis inscrit là, ce n’était pas pour écrire en abrégé et ne pas respecter l’orthographe. Il fallait que j’écrive comme dans un journal. On n’abrège pas dans un journal et on fait attention à ne pas faire de fautes.
Vous avez mis du temps à arriver sur Twitter, mais aujourd’hui, vous aimez beaucoup et vous êtes très actif.
Je suis abonné à 65 personnes et c’est déjà plus que je ne peux en lire. Je lis tout ce qu’ils racontent chaque jour. Ce sont des sites de libraires, des journaux littéraires, des confrères journalistes, des écrivains et puis des sites sur le football par exemple.
(Photo : Eric Garault pour Lire)
Tout ce que vous écrivez amène à réfléchir les twittos qui vous suivent. C’est souvent amusant, ludique, instructif…
Les tweets, ce n’est pas pour raconter ce que je fais dans la journée. J’exprime des choses que je n’ai pas l’habitude d’exprimer ailleurs. Je m’interroge sur les sentiments, les idées, les remarques, les bizarreries, les paradoxes de la vie. Plus le message paraît facile, plus il est populaire, plus il faut se montrer rigoureux avec lui. Il ne faut pas que je commette des fautes d’orthographe, sinon, c’est un tollé général. Ça m’est arrivé une fois et j’en ai entendu parler…
Est-ce avec ce réseau social que vous vous livrez le plus ?
Oui, bien sûr, je me révèle plus qu’à l’accoutumée. On ne peut pas dire que ce soit un autoportrait complet de moi, mais il y a des signes, des morceaux de moi qui passent à travers Twitter. Je suis parfois dans des réflexions personnelles, des maximes qui expriment mes pensées profondes. D’autres fois, c’est juste le plaisir du mot, du bon mot, de la provocation, du paradoxe…
Combien écrivez-vous de tweets par jour ?
J’en fais entre 4 et 6 le matin, sauf le samedi et le dimanche. Je tweete le matin, au petit déjeuner et ensuite, je vaque à mes occupations.
Pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette aventure-là ? Il y a eu un déclic ?
Oui, c’était le lendemain de Noël 2011. J’avais été très interloqué par la facilité dont les révolutions arabes ont jeté dehors les despotes. Je ne comprenais pas le système de rassemblements très rapides qu’avaient les manifestants pour se réunir. J’ai donc demandé à un de mes gendres de m’expliquer comment ça se passait. Il m’a montré les fonctionnements de Facebook, puis de Twitter. Et c’est Twitter qui m’a plu grâce à cette obligation de faire court. J’aime la concision, la netteté, la contrainte d’exprimer un sentiment, de faire passer une idée ou de relater un souvenir ou un fait en moins de 140 signes. C’est à la fois amusant et un exercice d’esprit et de style.
Par contre, vous n’êtes pas sur Facebook.
Ça ne me plait pas du tout. C’est très personnel. On agrège des gens qui vous connaissent. Ça n’a rien à voir avec Twitter.
Pourquoi ce livre ?
Ce sont mes abonnés qui en ont eu l’idée. Beaucoup m’ont demandé si j’allais les publier dans un recueil. Et mon éditeur, ayant appris l’espèce de réputation que j’avais sur Twitter, ma demandé si ça m’intéressait de le faire assez rapidement. J’ai fait un choix de tweets et il a été très séduit.
Vous racontez en préambule dans le livre que l’on vous pose beaucoup de questions pour des problèmes de conjugaison, d’orthographe, de construction de phrases, de syntaxe, d’acceptation des mots. Vous répondez ou ça vous gonfle un peu ?
Je ne peux pas répondre à tout, mais dans la mesure du possible, je tente quand même quand je sais. Parfois, je ne sais pas.
Twitter nous relie les uns aux autres facilement.
Oui, c’est une forme de convivialité silencieuse qui ne se manifeste que par l’écrit. Je ne dis pas que les gens de Twitter forment une famille, mais forment une sorte de vaste communauté internationale. Twitter ouvre des portes situées à 10 000 kilomètres, mais souvent, elle n’ouvre pas la porte du voisin. Je remarque que dans ma famille, personne ne suit mes tweets, par contre récemment, je suis allé à Bilbao, puis à Montréal, et à chaque fois, plein de gens inconnus de moi me disaient qu’ils me suivaient. C’est une communauté vagabonde aux frontières très imprécises, aux désirs fluctuants et très différents les uns des autres.
Ça vous rajeunit d’être sur ce réseau ?
Oui. Je dis souvent que ça me donne 10 ans de moins. C’est ma jouvence de l’Abbé Soury. C’est un mode de communication très vif. D’ailleurs, souvent les twitteurs sont des jeunes et des gens très dynamiques, c’est donc paradoxal que ce soit un homme de plus de 70 ans qui publient le premier recueil de tweets.
Avec Bernard Pivot, à l'issue de l'interview, chez lui, le 26 avril 2013.
06:20 Publié dans Interview Culturissimo, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bernard pivot, les tweets sont des chats, interview, magazine des espaces culturels leclerc, mandor
08 avril 2013
Tonino Benacquista : interview pour Nos gloires secrètes
(Photo : Le Dauphiné.com)
Interviewer Tonino Benacquista est un quasi-évènement pour un journaliste culturel tant l’auteur sélectionne ses interlocuteurs et livre ses entretiens au compte-goutte. Depuis la fin des années 80, il m’est d’ailleurs passé sous le nez un nombre considérable de fois. Allez savoir pourquoi, cette fois-ci, il a accepté de me recevoir à l'occasion de la sortie de son recueil de nouvelles, Nos Gloires secrètes. Le rendez-vous s’est tenu dans les locaux de sa maison d’édition, Gallimard, le 20 mars dernier.
C’est un Tonino Benacquista prudent et observateur qui m’accueille. Puis, au fur et à mesure de l’interview, il se détend. (Et moi aussi).
Voici l’essentiel de notre conversation pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d’avril 2013). Puis un petit plus pour le blog.



(Suite de la précédente question)
Ça vous travaille ?
Dès que je lis un livre ou le héros est un bon et bien pensant, estampillé gentil, quand on me propose un type qui a tous les défauts avec un certain type de physique, répugnant, je referme illico le livre. La vie n’est pas ça. Ce n’est pas ça. Ou alors, que l’on se débrouille pour m’y faire croire. L’important, au fond, c’est de proposer un personnage en laissant sa liberté aux lecteurs.
Avez-vous écrit ces 6 nouvelles dans le but d’en faire un recueil ou existaient-elles avant ?
J’en avais pas mal qui existaient depuis un moment. J’ai un tiroir dans lequel j’ai des textes non publiés. J’ai retravaillé celles qui pouvaient correspondre à cet ouvrage de manière à ce que cela fasse un tout, qu’elles aillent dans un sens précis avec une thématique commune.
Un recueil de nouvelles, ça ne se vend pas aussi bien qu’un roman.
Le succès d’un recueil de nouvelles se fait sur la longueur, sur un bouche-à-oreille, il faut que ça s’installe un peu, mais il y a un a priori sur la nouvelle en France.
Vous vous l’expliquez ?
Je pense que la France a été considérée comme le pays des Lettres et de la littérature pendant longtemps. Je pense que le vrai truc, la vraie consistance, c’est le roman. Par contre, les Anglo-saxons, les lecteurs d’Amérique du Sud, les Italiens adorent le format court. Ce qui est bizarre, c’est qu’une gloire française comme Maupassant en a écrit beaucoup. Moi, depuis quelques années, les auteurs qui m’ont marqué sont des auteurs de nouvelles.
Comment travaillez-vous ?
D’abord, il faut que je sois absolument sûr de la proposition que je vais faire et qu’elle soit le plus aboutie possible. Je ne me lance pas par hasard sur un récit, si je ne sais pas quelle va être sa structure, quelle va être sa fin précise et ce qu’elle dit aux lecteurs. Je connais presque la fin avant le début. Avant de me lancer dans un récit, je m’interroge pendant très longtemps sur sa légitimité.
Avant de vous rencontrer, j’avais l’image d’un auteur qui n’aime pas donner d’interview… un peu ours.
Parce que déjà, tout est dans le livre. À quoi bon surligner ? Quand je mets deux ans à écrire un roman et qu’on me demande de résumer en 3 phrases ce pour quoi je l’ai écrit, j’ai l’impression que quelque chose à foiré. Je sais qu’on est dans un monde de communication et que je suis obligé de m’adonner à cet exercice. Et puis, je vais vous dire la vérité, en ce qui me concerne, écrire c’est pour ne pas parler.
Vous donnez extrêmement rarement des interviews et je crois pouvoir dire que pour beaucoup, vous êtes mystérieux.
Moi, j’aime bien les auteurs dont je ne connais pas la tête par exemple. J’aime bien la part de mystère en plus. Si je vois un auteur sur tous les plateaux de télé, ça dépoétise l’œuvre immédiatement. Kundera, par exemple, c’est la perfection. Pas une photo de lui, pas une interview. De temps en temps, il se montre pour faire une communication dans une université. Voilà, ça, c’est la perfection.
Pourquoi vous considérez-vous comme un écrivain récréatif ?
Parce que j’ai fait de la BD, du cinéma, du polar. Je préfère dire que je raconte des histoires, que je suis un conteur.
Après l'interview, le 20 mars 2013, chez Gallimard.
09:59 Publié dans Interview Culturissimo, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 avril 2013
Jacques Higelin : interview pour la sortie de Beau Repaire

On ne part pas interviewer Jacques Higelin l’esprit serein et sûr de soi. On a beau avoir de l’expérience et avoir rencontré toutes sortes de personnalités depuis près de trois décennies, le cas Higelin impressionne toujours. Parce qu’on le sait incontrôlable. Il fait ce qu’il veut, va dans tous les sens et s’arrange toujours pour déstabiliser celui ou celle qui est devant lui pour l’interroger.
Le 15 mars dernier, l’artiste n’a pas fait exception à sa règle quand il m’a reçu chez Sony Music pour parler de son nouveau disque Beau Repaire. Mais, pour l’intervieweur chevronné que je suis, sortir de son « ordinaire » fait du bien. Se faire bousculer aussi.
Maître Higelin m’a demandé d’abandonner mes questions et de le suivre dans son monde. Ce que j’ai fait, tout en tentant de garder un certain cap… j’ai adoré.
Voici le résultat publié dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (dont il fait la couverture, merci à Valérie Archeno pour les photos) daté du mois d’avril 2013. Ensuite, vous lirez le bonus mandorien, pas piqué des hannetons.



(Photo: Valérie Archeno)



(Photo: Valérie Archeno)
Bonus mandorien:
Vous sentez-vous un survivant? Un peu seul, donc…
Tout le monde est survivant. Depuis la naissance, non ? Tout le monde va mourir un jour, donc tout le monde est survivant. On est tous des survivants de quelque chose. Dans survivant, ça me plait bien parce qu’il y a vivant et il y a au-dessus encore, sur-vivant. C’est mieux que sous-vivant.
Il y a d’ailleurs une chanson qui s’appelle « Seul » dans cet album. Vous avez voulu dire…
Je vous arrête. Ne commencez pas à m’expliquer mes chansons que moi-même, j’ai du mal à expliquer. Je n’ai pas de schéma, je n’ai pas d’idée arrêtée. « Seul », ce n’est pas sur la solitude, c’est sur le plaisir de se promener, au Printemps, dans une forêt.
C’est une chanson aussi sur quelqu’un qui se promène dans les châteaux hantés par les poètes.
Oui. Parfois, quand tu te balades, tu découvres un château en ruines. J’adore m’y promener et imaginer la vie avant. J’aimerais bien que, tout à coup, cela se reconstruise en un éclair et que je me retrouve au milieu de ce château qui fonctionne, avec des reines au balcon ou peut-être un abruti qui voudrait me foutre un coup de hallebarde dans le cul… j’ai du mal à parler. Je n’ai aucune idée pour discuter.

(Photo: Valérie Archeno)
Voulez-vous que je pose une autre question ?
Non.
Je vais quand même en poser une autre. On va parler de l’enregistrement. J’ai lu dans la biographie envoyée avec l’album qu’en fait, l’enregistrement lui-même s’est déroulé de manière simple, souple, rapidement.
(Regardant la bio). Qui est-ce qui a écrit ça ?
C’est Gilles Verlant.
Je ne savais pas qu’il avait écrit un truc. Pourquoi il décrit l’enregistrement ? Il n’était pas là.
Non, mais il a écrit d’après des propos « de témoins de bonne foi ».
Toute l’histoire est écrite par des témoins de bonne foi, y compris la vie de Jésus Christ par les apôtres. Il y avait quatre apôtres qui ont écrit l’évangile et il n’y en a pas un qui a écrit la même chose. C’est comme quand il y a un meurtre ou un accident dans une rue, il y a autant de versions que de personnes interrogées. Personne ne voit la même chose.
Mais c’est joyeux l’ambiance ?
Très. Il y a des moments joyeux et des moments difficiles. Et il y a des moments de concentration.
Les moments difficiles, c’est quand vous ne trouvez pas la bonne voie ?
Il y a plein de moments qui ne se ressemblent jamais et qui se suivent les uns après les autres. Il y a des jours où il fait beau dehors ou des jours où la nuit a été très froide ou des jours où je n’ai pas trouvé de textes et le matin ça va mieux… c’est toujours une aventure de vivre.

(Photo: Valérie Archeno)
Vos chansons racontent une histoire ou une vision ?
Ce sont souvent des visions. C’est à moi de les communiquer aux autres, si je veux que ça se passe bien. Pour résumer, parce que vous allez me trouver très embrouillé, mais ce n’est pas le cas. On ne peut pas trop parler de ce qu’on fait quand on est une équipe comme ça. Moi, je ne suis pas journaliste, vous comprenez. Je ne vais pas vous faire un reportage sur ce qu’on a fait. C’est fait. Par contre, si j’en parle avec ceux qui l’ont fait avec moi, là, on peut se dire pleins de choses, même des choses sans importances parfois. Ce qui m’ennuie un peu, c’est que vous ayez lu ce texte de Verlant avant. Si on parle d’autre chose, on va arriver là où il faut arriver, je vous assure.
Moi, vous savez, dans ma vie professionnelle, j’adore rencontrer les gens. Surtout des gens que j’admire, comme c’est le cas avec vous. Mais, parfois, je sais aussi que je vais les emmerder parce qu’ils n’aiment pas la promo, qu’ils n’aiment pas parler de leurs chansons…
Alors, voilà. Si je peux vous aider en quelque chose que ce soit, c’est qu’il ne faut jamais avoir d’a priori. Je vais vous donner un exemple. Un jour, il était question que Jean-Louis Foulquier me présente Léo Ferré aux Francofolies. On devait diner ensemble. J’avais le cœur qui battait la chamade. Rencontrer Léo Ferré, le truc de fou. Cet homme-là, il m’a complètement bouleversé de puis des années et tout à coup, on me dit « tu vas le rencontrer ». Je suis monté aux toilettes à un moment donné pour pisser et pendant ce temps-là, il s’est assis à la table. On nous avait assis l’un en face de l’autre. Je redescends l’escalier en colimaçon et il a dit en me voyant : « Oh, un prince ! ». À l’époque, j’étais tout maigre, tout fin, j’avais des boucles d’oreilles, des pompes incroyables et un costard très noir et brillant. On se sert la main. J’avais plein de choses à lui dire. Je voulais lui parler de ses textes, lui raconter des anecdotes de moments où je l’avais rencontré de loin. On commence à manger une soupe. Moi, j’étais intimidé et tout d’un coup il dit : « Dégueulasse ». Moi, je croyais qu’il s’était passé quelque chose. C’était Léo Ferré le révolté. Je pensais qu’il avait appris qu’on avait fusillé dans l’après-midi un révolutionnaire, quelque chose de cet ordre-là. Je lui demande ce qui est dégueulasse, il me répond « la soupe ». Tout à coup, la glace était brisée. Tout à coup, j’ai vu l’homme. Il trouve la soupe dégueulasse, parce qu’elle est dégueulasse. C’est juste un être humain.
Après l'interview, le 15 mars 2013, dans les locaux de Sony Music...
11:17 Publié dans Interview Culturissimo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jacques higelin, beau repaire, interview, magazine des espaces culturels leclerc, mandor
07 mars 2013
Prix Landerneau Découvertes (et Prix Goncourt 2013 du premier roman) : Alexandre Postel pour Un homme effacé

Hier, je vous présentais Le Prix Landerneau Roman 2013, aujourd’hui, je vous propose de découvrir Le Prix Landerneau 2013 Découvertes. Alexandre Postel pour son livre L’homme effacé. «Le style glacial, imprégné d’un humour distant, évite toute compassion et tout sentimentalisme, restituant très efficacement la solitude effrayante du personnage», fait valoir Gallimard.
Né en 1982, Alexandre Postel enseigne la littérature française à Paris.
Il est venu à l’agence le 18 février dernier pour évoquer ce livre et ce prix. Pas encore habitué aux interviews, je l’ai trouvé un peu timide, mais très sympathique.
Et puis, avant-hier, la nouvelle tombe. Alexandre Postel devient également le lauréat du Prix Goncourt du premier roman 2013 (élu avec sept voix sur dix par l'Académie Goncourt). Nous n’en faisons pas référence dans cette interview publiée dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (datée du mois de mars 2013), car nous ne le savions pas encore.
(C’est ballot).




Alexande Postel à l'agence le 18 février 2013, après l'interview.
Alexandre Postel - Un homme effacé from Librairie Mollat on Vimeo.
06 mars 2013
Prix Landerneau Roman 2013 : Christian Oster pour En ville
Je travaille pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc depuis quelques années. Du coup je rencontre annuellement en févier les deux gagnants des Prix Landerneau « Roman » (la lauréate 2012 est ici) et « Découvertes » (le lauréat 2012 là).
Commençons aujourd’hui avec le Prix Landerneau 2013 « Roman », en la personne de Christian Oster pour son livre En ville. Après la version publiée dans Le magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois de mars 2013, vous lirez un discret bonus…




Petit bonus mandorien (mais vraiment petit):
Dans En ville, il est aussi question de petites lâchetés quotidiennes.
Je ne veux pas que cela puisse renvoyer à une humanité médiocre. Ces hypocrisies et ces lâchetés, on les pratique tous les jours. On est tous égoïstes et on a tous besoin des autres.
Votre livre est parfois drôle.
Je ne suis jamais à la recherche de situation de drôlerie, je suis à la recherche d’écriture de roman et d’une trajectoire de personnage, après j’écris. Au fil des lignes, de temps en temps surgit une situation un peu rocambolesque.
Vous avez peur de la mort ?
Oui, ça me fait peur. J’essaie de me consoler avec diverses idées traitées çà et là que des gens plus avisés que moi ont déjà étudiées. Une des récentes consolations que je me suis trouvée c’était de me dire qu’en fait, la mort, on en vient. Je suis malheureusement trop matérialiste pour croire en la réincarnation par exemple.
Autre nouveauté dans ce roman, il n’y a pas de paragraphe.
Oui, c’est la première fois. Ma femme, Véronique Bizot, est écrivain. Elle écrit comme ça. Je la lis et je l’apprécie beaucoup… elle est devenue une influence. Cette influence rencontrait enfin mon projet littéraire. En fait, je voulais un roman où je me laissais toute la place pour le soliloque. Je voulais une liberté absolue de partir là où j’avais envie de partir sans perdre le fil général.
Le 18 février 2013 chez Christian Oster.
Christian Oster présente "En ville".
(Parution le 3 janvier 2013 aux éditions de L'Olivier.)
15:53 Publié dans Interview Culturissimo, Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : christian oster, en ville, prix landerneau roman, interview, le magazine des espaces culturels leclerc, mandor
05 février 2013
David Foenkinos : interview pour "Je vais bien"

David Foenkinos, je le croise pas mal ces derniers temps (voir là et là par exemple). Tant mieux, je l’aime bien. Lui, ses livres, sa sensibilité, son amabilité et sa fragilité (plus ou moins cachée). Pour le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de février 2013), Je suis allé chez lui. Quand il m’a accueilli, je l’ai senti tracassé. Il a fini par m’avouer que la veille, il avait enregistré On n’est pas couché jusqu'à tard le soir et qu’il n’avait pas été épargné par les deux chroniqueurs de l’émission. Je vous propose l’interview publié suivi d’un bonus dans lequel il se livre sans langue de bois. Il est rare que David Foenkinos se lâche devant un journaliste. Il m’a paru intéressant de ne pas trop censurer ses propos et de vous le présenter tel qu’il est réellement. Un type bien qui se dépatouille comme il peut avec le succès.






Bonus mandorien:
Pour ton héros, un couple finit en « anesthésie collective »…
En tout cas, il y a quelque chose qui a à voir avec la bienveillance et à la tendresse. On survole les plaies de l’autre avec délicatesse. Cette tendresse aurait pu durer toute leur vie, mais j’ai écrit un livre sur une remise en question, sur une crise. L’homme et la femme se rendent compte que ce n’est pas ça le bonheur et que l’on peut avoir envie d’être plus épanoui.
Ton roman est une fable absurde qui, mine de rien, aborde des questions contemporaines comme la place de l'individu dans le monde de l'entreprise, la solitude face à la maladie, les relations familiales, la crise du milieu de vie...
Ce que j’aime bien dans mon personnage, c’est que le mal de dos va le pousser à réagir. Quand on a une douleur, on est au bord de la folie. Il souffre tellement qu’il dérape un peu. Il prend des décisions nouvelles. Souvent, quand on a mal, on fait beaucoup de conneries. Au moins, dans son cas, ça va lui permettre de dénouer les problèmes, donc son dos.
Ton héros a la quarantaine et fait le bilan de sa vie.
Il a sa crise de milieu de vie. Il l’a matérialise par le corps. On passe tous par une période de remise en question. Lui n’en aurait pas été capable, alors son corps se réveille. Il lui dit : regarde bien ta vie, tu es en train de finir écrasé, tu passes à côté de grandes décisions, tu passes à côté de choses que tu devrais dire aux gens, et quelque part, tu passes à côté de ta propre vie et de ton propre épanouissement. D’une manière ou d’une autre, on est poussé à réagir. On ne peut pas indéfiniment supporter le poids des autres, le poids des suspicions et le poids du monde. Je trouvais une manière comique d’aborder cette crise-là à travers un type qui est plié en deux.

J’ai relevé quelques phrases de Je vais mieux, j’aimerais que tu les commentes… je veux vérifier que l’auteur est d’accord avec son personnage : « Quand on souffre, il faut organiser quelque chose d’encore plus désagréable, car seul le mal peut divertir le mal ».
Je trouve que c’est une phrase juste, mais je ne ferai jamais un truc comme ça. Quand je parle avec humour des salles d’attente dans lesquelles ça peut soulager de voir quelqu’un qui va moins bien que vous. Voir des gens qui sont dans une situation encore plus périlleuse et plus lourde que la sienne, ça peut permettre de relativiser.
« Au début, dans la vie de couple les choses drôles ne le sont plus au bout d’un moment ».
C’est vrai, c’est triste. Au début, on rit beaucoup des approximations, puis l’intérêt diminue. C’est la tristesse absolue et commune que chacun peut vivre. Je trouve ça hyper agréable aussi la vie de couple avec moins de séduction. Le bonheur du confort, mais pas au sens péjoratif. Dans le sens, on est ensemble, on se comprend, ça doit être bien à vivre…
« Être en vie ne suffit pas à faire de nous un être vivant ».
J’ai vécu la proximité de la mort et de la maladie et je me suis rendu compte qu’être en vie et être vivant étaient deux choses différentes. Souvent on est passager de notre vie…
« En cherchant la clarté, je tombais souvent nez à nez avec la confusion ».
Si on va chez le psy, on croit qu’on va éclaircir les choses et puis, plus on avance, plus on est perdu, plus c’est le bordel. La confusion elle est souvent quand on recherche la clarté.
« Je n’étais pas assez politique, pas assez comédien, je n’avais pas le don d’être un autre. Je me sentais en permanence retenu dans une sorte de premier degré, condamné à être moi. »
Honnêtement, je pense que je suis très naturel. Je ne suis pas condamné à être moi parce que j’ai deux personnalités. J’ai une personnalité qu’on connait moins, qui peut être très renfermée, très timide, très introvertie qu’on ne voit pas forcément quand je suis dans une situation sociale. L’agressivité ou la violence, ça modifie beaucoup son caractère. On se protège plus, on peut être plus effrayé. J’étais très cool et bienveillant, maintenant je vais demander qui est la personne qui veut me rencontrer. On se fragilise en fait. Je me suis rendu compte avec le succès qu’on est dans un monde qui n’est pas forcément bienveillant. Du coup, j’ai plus de retenue. Je fais plus attention. J’ai besoin d’être avec des gens avec lesquels je sais qu’il n’y aura pas d’agressivité…
« On n’écrit pas parce que la vie vous laisse du temps libre. Il faut organiser sa vie autour des mots, et non le contraire ».
J’ai mis toute ma vie au service de l’écriture. Tu sais, je fais souvent des signatures, des gens viennent me voir et me disent « moi aussi j’écris, mais je n’ai pas le temps… ». Je pense que quand on est obsédé par l’écriture, on trouve le temps et ce n’est pas parce qu’une personne a subitement du temps dans sa vie qu’elle va se dire qu’elle va se mettre à écrire. Quand on la nécessité d’écrire, on dégage du temps, quitte à faire des sacrifices.
Tu as beaucoup de succès… ça a changé quoi pour toi ?
Le succès, les lecteurs, ça ne change rien à ta vie quotidienne. Tout le monde ne se rend pas compte qu’être exposé, ça peut être déstabilisant. Les gens pensent que parce qu’on est connu, parce que ça marche pour toi, c’est toujours cool. Non, parfois, on peut être abimé, fragilisé et même parfois dépressif. Je ne suis pas quelqu’un qui partage trop mes états d’âme d’habitude. La période de promotion, je n’en raffole pas. Ce qu’on fait là, ce n’est pas pareil, on discute, je te connais, j’ai confiance…

(Photo tirée du blog de Sophielit)
C’est l’émission de Ruquier que tu as enregistré hier soir qui t’a mis dans cet état un peu... fragilisé ?
Tu sais, tu passes devant deux millions de personnes et tu es jugé par deux personnes qui sont payées pour dire du mal.
Tu regrettes d’avoir fait l’émission ?
Non, je ne regrette pas. Je l’avais refusé déjà trois fois. Je connais la télévision, je savais à l’avance ce qu’ils allaient dire et ce qui allait se passer. Je n’ai donc aucun regret parce que je l’ai fait en conscience. Et puis, je dois dire que Laurent Ruquier était cool et était plutôt de mon côté.
Tu as une côte de sympathie énorme de la part de tes lecteurs. Tu le sens ?
Les gens qui viennent me voir, oui, je le sens. Ça me fait plaisir, parce que je me nourris de ça aussi. Quand tu fais quelque chose d’artistique, quand tu crées quelque chose, c’est un échange.
Tu as besoin d’amour ?
Je ne comble pas quelque chose, en fait, si c’est ça ta question. Je n’étais pas malheureux quand je marchais moins. J’aime avoir l’affection du public, mais il m’arrive de vouloir de nouveau la carte. Que le milieu dans lequel tu évolues te respecte plus. J’étais tellement aimé de la presse avant de fonctionner, j’étais favori du Goncourt, j’étais sur toute les listes… cette mutation est étonnante et je la vis moyennement bien.
Tu as été tant égratigné que ça ?
Oui, je l’ai beaucoup été. C’est normal, j’étais numéro un des ventes, je faisais un premier film avec Tautou, les gens ont pété un plomb avec moi. Mais de haine… tu ne peux pas savoir.
On peut parler du film sur lequel tu travailles ? C’est un peu top secret pour le moment ?
Oui un peu.
C’est tiré d’un de tes romans ?
Non. Ce que je peux te dire c’est que c’est l’adaptation d’un livre inédit de Françoise Sagan. D’un livre inachevé, même.
Inachevé ?
Oui, j’ai écrit la fin. Je peux déjà te donner les titres de certains journaux : « Foenkinos achève Sagan ».
Le 11 janvier 2013, chez David Foenkinos après l'interview...
21:29 Publié dans Interview Culturissimo, Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note










