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24 février 2018

Nour : interview pour son album Après l'orage

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(Photo ci-dessus et à gauche : Hugues Anhes)

nour,nour agan,après l'orage,interview,mandorUn beau soir du mois de septembre 2017, des amis journalistes musicaux m’ont incité vivement à découvrir une artiste que je ne connaissais que de nom, mais que je n’avais jamais écouté ou vu sur scène. J’ai obtempéré, car je suis très curieux des nouvelles voix de la chanson française ou francophone. C’est ainsi que j’ai découvert Nour chez Madame Arthur lors de sa Release Party (soirée de lancement de son disque Après l’orage). Et là, le choc. Une forte personnalité, des textes et des mélodies magnifiques et surtout une voix extraordinaire. J’ai donc décidé de m’y intéresser.

Le 15 février dernier, nous sommes donnés rendez-vous sur la terrasse d’un bar parisien. Et nous avons passé un beau moment…

Biographie officielle (par Olivier Bas) mais légèrement écourtée:

Tout droit venue de Suisse, Nour court depuis toujours après la liberté musicale. Elle ouvre la porte à toutes les formes de musique, même si le jazz reste son point de départ : « Je chantais du jazz dans les bars à punks ».

Son troisième album respire la lumière, l’audace élégante, et ne refuse jamais l’absurde artistique. Après l’orage raconte sans en avoir l’air les quotidiens d’une jeune femme auteur, compositeur, interprète.

Cet album est aussi le premier fait en France, les deux précédents Des P’tits Hommes et Au-delà de l’Arc-En-Ciel connurent une jolie vie chez les helvètes. Arrivée à Paris, pensionnaire de la Cité Des Arts, Nour se réinvente, flirte avec les arts plastiques sans abandonner la musique. Années d’expériences et de redécouverte de soi. Les rencontres sont bien sûr au rendez-vous : Les Zoufris Maracas (avec qui elle fera la manche et pour qui elle fera les chœurs), Bertrand Belin qui est présent sur le titre « Pauvre Prince Charmant » (extrait de son second album) : « Parce qu’il avait la voix d’un prince charmant » CQFD. L’amoureuse de Boris Vian et de Nougaro se réinvente à Paris, affiche sa vision du monde, en affirme sa version féminine.

L’album (par Olivier Bas) :nour,nour agan,après l'orage,interview,mandor

Le très doux « Les horizons » est le premier titre qui vit le jour. Au départ conçu comme une musique de film, il met en valeur la voix entre malice et tendresse et montre l’étendue de sa poésie. C’est une vraie chanson de film qui sera le dernier morceau crée pour cet album. « Lumière bleue » est la chanson générique du film de Marie Noelle-Sehr : Marie Curie qui raconte le nouvel amour de cette femme aux deux prix Nobel. Un titre pêchu avec des chœurs comme elle les aime, intégré à la BO faite par Bruno Coulais.

« Sale temps » qui ouvre l’album démarre par… des essuie-glaces et introduit l’ossature de « Après l’orage ». Nour malaxe, triture et fait vivre les bruits du quotidien. La magie de cet acte créatif est que cela ne fait jamais gadget ou bidouillage.

Après avoir travaillé sur un EP récemment paru, avec Camille Ballon (aka Tom Fire) et dont on retrouve ici trois morceaux, c’est Alexis Campet (Eskalina- Bergman) qui réalise le reste de l’album, s’il a bien sûr apporté sa patte, il a surtout validé le travail que pas à pas Nour avait fait dans son coin.

Ni trop drôle ni trop triste Nour aime cependant le grain de folie nécessaire pour ne pas tomber dans… la folie justement. Le monde est ce qu’il est. Nour le redécore et convoque les surréalistes, Breton, Ernst et Magritte en tête pour les marier à Tom WaitsAndré Minvielle et Billie Holiday pour être elle en toute simplicité et vivre dans sa tête et dans son corps tous ses morceaux. Absurde peut être mais toujours plein de sens.

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(Photo : Ewa Cieskowska)

nour,nour agan,après l'orage,interview,mandorInterview :

Avec un papa musicien qui avait son propre studio, tu es un peu une enfant de la balle, non ?  

Il y a longtemps, mon père, d’origine libanaise, faisait la manche à Paris. Pour être clair, il faisait aussi les 400 coups. Il était pote avec Polnareff et vivait la vie de bohème. Un jour, il a rencontré ma mère. Ils sont partis s’installer en Suisse et il a créé un studio d’enregistrement. C’est lui d’ailleurs qui avait enregistré mes deux premiers albums. Après l’orage est le premier disque que je fais sans mon père.

Ça ne devait pas être évident d’enregistrer sous le regard du père…

Ce n’est pas simple parce que cela génère beaucoup de confusions. Il avait mis des sous dessus, du coup, il attendait des choses. Il me dirigeait un peu, mais moi, j’avais ma vision assez claire de ce que je voulais et de ce que je ne voulais pas. Mon père et moi avons beaucoup de personnalité, donc ça pouvait péter à tout moment. Avec le temps, il s’est adouci. 

Tu as toujours écrit des chansons ?

Oui, dès ma prime enfance. Je demandais d’ailleurs à mon père de m’aider. J’avais 6 ans.

On écrit quoi à 6 ans ?

Des conneries (rires). J’ai gardé des carnets de textes de quand j’étais gamine. C’est à mourir de rire, même si je regarde cela avec beaucoup de tendresse aujourd’hui. 

Tu n’as jamais cessé d’écrire depuis ce moment ?nour,nour agan,après l'orage,interview,mandor

Jamais… même si j’ai eu des moments où j’écrivais moins.

Quel a été le déclic qui t’a incité à faire ce métier-là sérieusement ?

A l’époque, je travaillais dans un bistrot, La Bretelle, à Genève. J’étais serveuse, mais parfois j’y interprétais des reprises. Un jour, un copain me voit chanter et me dit qu’il fait une soirée avec des potes à L’Usine, un lieu alternatif de la ville. Il me propose de venir, mais avec des chansons à moi. J’ai accepté le challenge. J’avais des textes non aboutis, je les ai fignolés. C’était un déclic pour moi. J’étais heureuse parce que, même sur cette scène alternative où il y avait des gens de tous les âges, j’ai constaté que mes chansons retenaient l’attention de la même manière les jeunes et les moins jeunes. J’ai toujours détesté les tiroirs, alors ressentir que je pouvais toucher tout le monde était un sacré beau cadeau. C’est ce soir-là que j’ai compris que la musique était un art qui pouvait relier tout le monde.

Tu as fait des études musicales ?

J’ai fait un peu le conservatoire pour bien apprendre le piano, mais cette expérience m’a un peu traumatisé. Ma prof me mettait dehors à chaque fausse note. Ça m’a foutu la honte. J’ai mis du temps pour me remettre au piano après ça. J’ai quand même fait 6 ans de solfège, mais je ne suis pas allée plus loin. Je me considère comme autodidacte. Je travaille beaucoup à l’oreille.

Tu as été cheffe de chœurs à Science Po.

Oui, pendant plus de deux ans. Sans partition. On faisait tout a capella, sans instrument.

Clip de "Lumière bleue".

nour,nour agan,après l'orage,interview,mandorParlons de ta voix. Tu as un timbre très original.

Je suis une mezzo colorature. Je peux naviguer dans les hauts et dans les bas et j’adore ça. C’est ce qui m’amuse. Quand je fais quelque chose, il faut toujours que ça vienne titiller une forme d’amusement.

C’est aussi une forme de jeu ?

Oui. Je joue avec les mots, la voix, le texte. C’est un des rares métiers où peut s’adonner à cela.

Comment as-tu enregistré Après l’orage ?

J’ai tout maquetté, arrangé et j’ai imaginé tous les bruits et les bidouillages dans mon coin, chez moi. Les réalisateurs ont ensuite mis leur patte dans mon travail.

Dans quel état tu es quand tu crées ?

Il y a des états psychologiques qui aident. Ça me fait chier ce côté où il faut être dans le pathos pour pouvoir écrire. Cela dit, j’ai vécu quelques soubresauts dans ma vie et j’ai eu la sensation d’avoir mis un capot sur ma tronche un moment et soudain, de m’en être libérée. Je ne pouvais pas passer une journée sans écrire. Il fallait que je sorte ce que j’avais à dire. Il fallait que je trouve un moyen de sublimer ce que je vivais. Ce qui est bien, c’est tu peux vivre les pires merdes de l’existence, mais la beauté de la création fait que tu peux en tirer quelque chose. Tu es dans le fumier extrême, mais c’est de la nourriture.

Clip de "Sale temps".

Ton album commence par une chanson qui s’appelle « Sale temps ». Une chanson qui dit que la vie nour,nour agan,après l'orage,interview,mandord’artiste n’est pas facile…

Pour se faire sa place de rêveur dans cette société, il faut se battre à un point phénoménal.

Un artiste est donc un rêveur ?

C’est ma conviction. Dans mon deuxième album, il y a de très nombreuses chansons tirées de mes rêves. C’est très important pour moi les rêves. Source inspiratrice.

Je sais que tu aimes le mouvement artistique des surréalistes.

C’est celui qui me touche le plus.

Ton album est dadaïste ?

Je n’en suis pas sûre. Ce qui peut être dada, sur un certain plan, c’est que j’ai utilisé les objets du quotidien pour en faire des rythmiques. Je sors l’objet de son rôle d’objet et je l’emmène ailleurs.

Clip de "Si légère". 

Tu ne te sens pas un peu part dans le milieu de la chanson ?

Je me suis toujours sentie à part de toute façon (rires).

Ton papa a écouté l’album ?

Oui, il a beaucoup aimé.

Le fait de faire un album sans lui, c’est aussi pour « tuer le père ».

Je pense qu’il y a quelque chose de cet ordre-là. J’ai eu une nécessité d’indépendance. Il faut toujours trouver suffisamment de ressources internes pour trouver son indépendance. Je fais tout pour trouver mon assise avec ce que je suis, avec l’artiste et l’artistique. J’ai une recherche d’authenticité totale. Je pense que je suis en train de la trouver. Je me sens artiste et désormais, j’ai décidé de l’assumer. Je ne me perdrai plus à faire autre chose car, c’est ma nature profonde.

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Après l'interview, le 15 février 2017. 

20 avril 2017

Loïc Nottet : interview pour Selfocracy

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The Voice, l’Eurovision, Danse avec les stars… Le jeune artiste belge Loïc Nottet a déjà une belle carrière télévisuelle derrière lui, à seulement 21 ans. Avec Selfocracy, il nous présente un album à cœur ouvert mélangeant pop et électro. Il se frotte aux grands noms de la pop internationale, avec des titres aux productions massives. Un recueil de tubes pourtant conçu comme un film musical, avec une part personnelle prépondérante. Preuve qu’en danse comme en chanson, le jeune Belge aime à jouer sur l’équilibre. Je l’ai rencontré le 14 mars dernier dans sa maison de disque pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d’avril 2017). Un jeune homme sympa, timide, lucide… et sachant parfaitement ce qu’il veut (ou ne veut pas).

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Clip de "Million Eyes".

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Après l'interview, le 14 mars 2017, chez Sony.

04 avril 2017

Julie Zenatti : interview pour son projet Méditeranéennes

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Je ne suis pas hyper fan des chanteuses à voix, mais il y en a une que j’apprécie : Julie Zenatti.  Je ne sais pas pourquoi, son grain me touche. De plus, la jeune femme est discrète et simple, cela ajoute à mon intérêt pour elle. Et puis, il faut bien le dire aussi, elle fut l’une des premières mandorisées. En 2007, je l’avais interviewé pour son album La boite de Mandor… non, pardon, La boite de Pandore. Deux ans plus tard, nous nous sommes revus pour évoquer sa participation au jury de l’émission X Factor. En 2010, nouvelle mandorisation pour la sortie de Plus de diva et enfin, une quatrième chronique pour évoquer son disque très personnel, Blanc.

Pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois d’avril 2017), j’ai interviewé de nouveau la jeune femme pour un projet qui ne porte même pas son nom, Méditerranéennes.

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Clip de "Zina" en duo avec Chimène Badi.

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Julie Zenatti et Samira Brahmia : "Et si en plus y'a personne", live à RTL

23 mars 2017

Beatrice Alemagna : interview pour Un grand jour de rien (Prix Landerneau 2017 Album Jeunesse)

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beatrice alemagna,un grand jour de rien,prix landerneau 2017 album jeunesse,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorBeatrice Alemagna est née à Bologne, en Italie. Depuis dix ans elle illustre les affiches pour L’Ecran des enfants à Beaubourg. Elle a exposé à Bologne, Milan, Rome, Paris, Reims, Lille, Bordeaux, Charleville, Munich, Lisbonne, Tokyo et Kyoto. Elle a publié une quinzaine d’albums en tant qu’auteur-illustratrice, au Seuil, chez Autrement jeunesse et Gallimard jeunesse, mais aussi chez Didier jeunesse, Rue du Monde et Thierry Magnier, travaillant parallèlement pour des auteurs comme Apollinaire, Queneau, Kristof, Huxley, Buten, Grossman, Tchékhov, Dahl, Rodari. Ses illustrations ont été souvent remarquées et primées et son livre « Mon amour » est traduit en une dizaine de langues. Au début du mois de mars, elle a reçu le Prix Landerneau 2017 Album Jeunesse pour son nouvel album, Un grand jour de rien. Je me devais donc de l’interviewer (de plus, ce livre m’a touché énormément) pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de mars 2017).

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01 mars 2017

D.I.V.A : interview pour la sortie de D.I.V.A

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Pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de février 2017), je suis allé à la rencontre de deux chanteuses lyriques, Flore Philis et Marie Menand. Ces deux audacieuses artistes ont créé le projet D.I.V.A. L’idée est de faire découvrir l’Opéra à un large public en désacralisant ce genre musical… et en ajoutant une bonne dose de folie.

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Le clip de "Carmen".

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Après l'interview, chez Universal, le 18 janvier 2017. A gauche, Flore Philis, à droite, Marie Menand.

19 février 2017

Pierre Bordage : interview pour Arkane

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Pour Le Magazine des Espace Culturels Leclerc (daté du mois février 2017), j'ai enfin interviewé Pierre Bordage, cet immense écrivain, à mon sens, mésestimé. Ce maître de la science-fiction fait des infidélités à son genre de prédilection pour s'essayer à l'heroïc fantasy. Il sort Arkane : La désolation, premier épisode d'un futur diptyque publié aux éditions Bragelonne. Bordage a bâti sa réputation sur des histoires humanistes remplies d'action qui ont marqué les lecteurs de science-fiction et contribué au renouveau du genre en France. Ce premier volet perpétue cette tradition. Avec panache...

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08 décembre 2016

Tal : interview pour son album éponyme

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C'est la deuxième fois que je mandorise Tal (voir la première ici). Vous vous doutez bien que sa musique n'est pas ce que j'écoute tous les jours, mais je trouve le travail (par rapport au public visé) et la personnalité de cette jeune femme respectables. J'aime bien la rencontrer, car elle a la tête sur les épaules et parle avec humilité. C'est appréciable. Voici le fruit de notre entretien réalisé dans un bureau de sa maison de disque le 6 octobre dernier pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté des mois de décembre 2016-janvier 2017). Il s'agissait d'évoquer la sortie de son troisième album.

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Voici les deux premiers clips des titres tirés de cet album.

Clip de "Le temps qu'il faut".

Clip de "Are We Awake".

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Après l'interview, le 6 octobre 2016.

21 novembre 2016

Karine Tuil : Prix Landerneau des lecteurs 2016 pour L'insouciance

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Le jury du Prix Landerneau des lecteurs a décerné sa première récompense de la saison, le mercredi 5 octobre  dernier, à Karine Tuil pour son roman L’Insouciance, paru le 18 août chez Gallimard. Créé en 2008 par Michel-Edouard Leclerc, le prix Landerneau était jusqu'ici décerné par un jury de libraires. Mais, ce nouveau prix Landerneau des lecteurs a fait appel à un jury de 200 lecteurs sélectionnés dans toute la France (présidé par Philippe Claudel, mandorisé ici pour l’occasion), associés aux choix littéraires de 1170 libraires des Espaces culturels de l’enseigne. Le lendemain de la remise du prix, Karine Tuil a répondu à mes questions pour le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de Novembre 2016). Et hop! Du bonus pour ce blog si passionnant.  

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karine tuil,l'insouciance,prix landerneau des lecteurs 2016,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorBonus mandorien:

Vous décrivez une société où l'image prédomine, où la communication est reine, où le pouvoir se gagne et se perd en un rien de temps sur le terrain médiatique, où les apparences comptent plus que le mérite. Comment avez-vous enquêté sur tous ces sujets ?

J’ai à la fois lu des documents, des témoignages, vu des films, des documentaires et rencontré des spécialistes du milieu militaire, des soldats, des personnalités du monde économique, mais également des conseillers et des plumes qui ont travaillé avec des présidents de la république. Le monde politique est un monde qui me fascine, j’avais donc envie d’en raconter les coulisses, ce que j’ai fait à travers l’ascension d’un jeune homme politique issu d’une minorité qui devient une valeur montante au lendemain des émeutes de 2005. C’était vraiment dans la continuité du travail que j’avais commencé avec mon précédent roman, L’invention de nos vies.

Vous mettez en scène également le pouvoir de l’attraction sexuelle. La volonté de s’y plier  ou de s’en détacher. Les deux personnages s’interrogent sur l’utilité d’une liaison uniquement portée sur le sexe, même s’il y a de l’amour entre eux.

Je voulais montrer que l’amour et le désir étaient les derniers espaces de la perte de contrôle, les derniers espaces ou les individus devenaient enfin eux-mêmes. On voit Marion et Romain se reconstruire, dans un premier temps par le désir et l’acte sexuel et peu à peu, à travers une véritable histoire d’amour qui se construit malgré le chaos environnant. Les liens affectifs, sentimentaux, permettent à mes personnages de supporter les épreuves auxquelles ils vont être confrontés. 

Peut-on dire que L’insouciance est un roman à clef ? On reconnait des personnalités, mais ce ne sontkarine tuil,l'insouciance,prix landerneau des lecteurs 2016,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandor pas vraiment eux…

Les personnages ne sont pas identifiés car j’ai tenu à ce que ce livre reste un roman, mais j’aime beaucoup m’inspirer d’éléments issus de la réalité ou de propos que j’ai entendus. Mêler la fiction et la réalité est extrêmement intéressant du point de vue romanesque ; cela permet d’aborder avec précisions des sujets de société tout en conservant un souffle, une densité, et surtout une liberté que seuls autorisent la fiction.

L’état du monde vous démoralise-t-il ?

Malgré les difficultés, il faut rester combatif. C’est le rôle des écrivains d’être des passeurs, de transmettre leur vision du monde à leurs lecteurs, qu’elle soit optimiste ou pessimiste. Il faut que le livre soit l’espace du questionnement, de la réparation, voire de la consolation.

J’ai lu que ce livre était si précis sur le 21ème siècle qu'il risque d'en devenir un témoignage de référence pour les générations à venir. Je suppose que ce commentaire vous fait plaisir.

Oui, bien sûr.  Quand on écrit, il y a une forme d’inconscience. On écrit sur ses obsessions, mais on ne sait absolument pas où le livre va nous mener, quelle va être la réaction des lecteurs. Il y a un moment où le texte vous échappe. Le livre me permet de circonscrire le territoire de mes propres angoisses, de mes peurs et je suis très touchée quand les gens me disent qu’ils y ont trouvé un écho à leur propre vie, à leurs propres peurs et interrogations.

Skarine tuil,l'insouciance,prix landerneau des lecteurs 2016,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorelon vous, L’insouciance est-il votre plus grand livre ?

Mon dernier livre est toujours le texte qui est le plus important pour moi, celui qui correspond le mieux à mon projet littéraire. Et puis ce livre est très particulier pour moi parce qu’il aborde des questions qui touchent à la condition humaine.

Avec tout ce qu’il se passe autour de L’insouciance, êtes-vous une auteure heureuse ?

Je suis très heureuse de l’accueil que mon livre a reçu, en effet, mais il faut savoir aussi que le doute fait partie inhérente du travail d’écriture. On crée avec pour seul matériau, le mot. Il y a une vulnérabilité constitutive de l’écrivain qui fait qu’il n’est jamais totalement léger et insouciant. L’écrivain Orhan Pamuk dit d’ailleurs qu’il écrit pour être heureux. En tout cas, être lauréate du prix Landerneau est une très grande chance et je remercie tous ceux qui ont lu et aimé mon livre.

10 novembre 2016

Serge Lama : interview pour Où sont passés nos rêves

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Je n'avais encore jamais interviewé ce grand de la chanson française. J'ai pourtant beaucoup d'admiration pour Serge Lama depuis quelques décennies. Voilà qui est enfin fait à l'occasion de la sortie de son nouveau disque Où sont passés nos rêves. Pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2016), voici la synthèse de notre demi-heure de conversation téléphonique qui s'est tenue le 17 octobre dernier.

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Clip de "Les Muses", réalisé par Igreco pour Hi Five Productions.

18 octobre 2016

Julien Doré : Interview pour &

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Quatrième mandorisation de Julien Doré (voir les autres là en 2009, là en 2011 et aussi là en 2013). Cette fois-ci, je l’ai rejoint dans un hôtel de la capitale pour parler avec lui de son nouvel album &. Notamment.

Voici le fruit de notre conversation pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d’octobre 2016) + un minuscule bonus.

 

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Le clip de "Le lac".

julien doré,&,le magazine des espaces culturels leclerc,interview,mandorPetit bonus mandorien:

Je sais que tu as du mal à parler d’un nouveau disque, qu’il te faut du temps pour l’assimiler.

Ce qui est certain, c’est que quand je finis le disque, je n’ai aucun mot qui sort sur ce que j’ai fait. Je ne peux l’expliquer à personne, puisque que moi-même, je ne me l’explique pas. C’est comme si j’étais stupide par rapport à ma propre cohérence. Evidemment, ces chansons, elles ont un sens et une raison d’être, mais ils m’échappent.

Avec le recul, est-ce que tu finis par comprendre ton œuvre ?

(Rires) Déjà, le jour où un artiste arrive à prononcer le mot « œuvre » en parlant de ses propres chansons, c’est qu’il n’est guère modeste. Mes chansons, c’est un parcours, du travail, des choses digérées qui deviennent une matière à chaque fois différente. Le recul est extrêmement difficile à avoir. J’adore écrire, j’adore poser des mots, mais je trouve que ma bouche est bien plus maladroite que mes mains. J’ai toujours l’impression de pouvoir faire des phrases très simples, mais je complexifie systématiquement parce que j’en mets quatre à la fois dans ma tête au lieu d’une. Je suis compliqué dans ma tête.

Pendant la promo, il faut donc synthétiser toutes les informations que tu as en toi.

Pour moi, c’est délicat, parce que c’est très difficile de résumer. Donc ça se fait sur l’instant, comme je sens les choses. Mais très franchement, j’ai l’impression que mes chansons parlent mieux que moi.

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Le 22 septembre 2016, après l'interview.