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09 juillet 2013

Taïro: interview pour Ainsi soit-il

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Bon a priori, le reggae français et le ragga, ce n’est pas ma tasse de thé. Dire que je suis allé à reculons à la rencontre de cet artiste n’est pas totalement faux. Mais, bon, j’ai toujours le secret espoir de trouver en chacun quelque chose d’intéressant, des propos qui me surprennent et qui permettent un débat. C’est exactement ce qu’il s’est passé avec Taïro.

Avant de vous proposer mon interview, voici ma chronique sur ce disque (sorti hier, lundi 8 juillet) écrite pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté des mois de juillet-août 2013).

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Rencontre avec le roi du reggae français dans les locaux de sa maison de disque Polydor chez Universal Music. C’était le 25 juin dernier.

taïro,ainsi soit-il,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorInterview :

Ton album est à la fois léger et grave. Tu parles aussi bien de l’injustice et des problèmes sociétaux que de femmes ou des joints.

Je me laisse porter par mon inspiration. Avant de faire un album et de me lancer dans une chanson, je n’établis pas de plan particulier. Je ne réfléchis pas en amont aux sujets que je vais aborder. J’y vais à l’instinct, mais j’essaie aussi de diversifier les sujets pour ne pas ennuyer ceux qui m’écoutent. Ça me parait difficile de vivre dans ce monde, d’être musicien et auteur et d’être monomaniaque ou monocorde ou monothématique. Je n’ai pas de mal à parler de mes émotions.

Pourquoi as-tu commencé à faire de la musique et à écrire des chansons?

 À 15 ans, quand j’ai commencé, j’étais très influencé par le parcours de mon père qui est révolutionnaire politique marocain. J’avais trouvé dans le reggae, musique connue pour son aspect revendicatif,  une possibilité de suivre ses traces et continuer son combat. Dans ma famille, on a l’esprit de sacrifice. J’ai perdu une tante d’une grève de la faim en prison et mon père a fait quatre années de prison. Il s’en est sorti, heureusement pour lui. Au début, j’avais l’impression d’être investi par ça et d’avoir une mission. Je ne pouvais pas chanter des chansons sur notre petit quotidien. À un moment, je me suis demandé qui j’étais pour dire « ça, c’est bien, ça, c’est pas bien » ou « regardez qui sont les bons, qui sont les méchants ! »

Aujourd’hui, tu fais réfléchir et tu divertis. Ce nouvel album est vraiment un mélange des deux.

En tout cas, quand j’écris, je me laisse complètement aller vers l’émotion que je ressens à ce moment-là. Soit difficile, soit joyeuse. Je me laisse aller à cette actualité qui peut me toucher, à cette histoire d’amour que je peux vivre. Rien n’est plus calculé. Ça me permet de ne pas m’ennuyer à la fois quand j’écris et puis, j’espère, de ne pas trop ennuyer le public. L’idéal serait que les gens qui m’écoutent trouvent une résonance à leur propre douleur ou leur propre bonheur.

Taïro - "Love Love Love"

Quand tu écris « Justice », tu es traversé par quoi ?

C’était à un moment où je n’arrivais plus à vivre de la musique, un moment où je suis au RSA et forcément, ça influe sur mon inspiration. Ce n’est pas le fait que certaines personnes gagnent beaucoup d’argent qui me gêne, c’est le fait que d’autres en gagnent si peu en bossant comme des fous. C’est ça le problème.

Ton père était un révolutionnaire, crois-tu que l’on peut faire la révolution en chanson ?

Je pense que la seule chose qui pourrait faire changer les choses, c’est surtout la politique. C’est vraiment là qu’il pourrait y avoir un contre-pouvoir, parce que le pouvoir est devenu économique et uniquement économique. J’ai l’impression que les grandes sociétés pèsent un peu plus sur les décisions politiques que les convictions de ces mêmes hommes politiques. Je ne dis pas que mes chansons peuvent changer le monde, mais si elles peuvent faire du bien à ceux qui les écoutent, je serai déjà très content.

Je sais aussi que tu veux permettre à ceux qui t'écoutent de s’évader.

Parler uniquement des problèmes des gens, est-ce vraiment les aider ? Est-ce qu’avec ma musique, je ne me dois pas de leur permettre de s’échapper de la réalité. Dans cette vie assez difficile, ne dois-je pas leur permettre de partir le matin avec un peu de baume au cœur et d’énergie.

taïro,ainsi soit-il,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandor

Dans le premier titre « Je m’en fous », tu réponds à ceux qui ne croyaient pas en toi et c’est aussi un hommage à la musique.

C’est un clin d’œil à la fois aux gens qui n’ont pas cru en moi et à la fois au public. C’est une manière d’être complice avec les gens qui vont écouter le disque. Je ne viens pas du tout d’un milieu musical. Ma mère avait quelques disques. De Bob Marley, de Léonard Cohen, de Janis Joplin, de la musique des années 70 et beaucoup de musiques classiques. Au début, j’avais beaucoup de naïveté parce que je croyais énormément en moi, mais en fait j’avais beaucoup de carences et de lacunes. J’avais beaucoup d’énergie, beaucoup d’envies, mais très peu de connaissances musicales. Bon, dans cette chanson, j’appuie un peu le trait. C’est une chanson, il faut parfois surligner pour que le message passe mieux.

J’ai noté que tu apprécies les doubles lectures.

J’aime amener à un point de vue que l’on ne comprenne pas tout de suite et qu’on va découvrir à la fin du morceau. J’essaie de faire en sorte qu’on veuille le redécouvrir avec d’autres relectures.

taïro,ainsi soit-il,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorDans « Ainsi soit-il », qui est aussi le titre de l’album, tu parles d’un départ. On imagine un suicide…

Je raconte mon hypothétique dernier jour. On ne va pas échapper à la mort. Ça nous arrivera à tous un jour. Plutôt qu’angoisser ce moment, peut-être faut-il essayer de le regarder un peu différemment. Essayons de penser à la vie qu’on a eue plutôt qu’à la mort.

Dans « Bébé toute seule », tu expliques à une femme que les enfants ont besoin d’un père.

Mes parents se sont séparés quand j’étais très jeune. Mon père a toujours été présent et aimant. Je crois que ce dont un enfant a besoin le plus en grandissant, c’est l’amour de ses deux parents, s’ils sont là. Il peut arriver dans la vie qu’une femme se retrouve seule avec un enfant et qu’elle soit obligée de l’élever comme ça. Je ne veux surtout pas que cette chanson lui fasse penser que c’est impossible. C’est surtout une fille qui m’a inspiré ce texte. Elle voulait garder son enfant alors que le père était parti, sans que cela ne lui pose aucun problème. Il y avait quelque chose de très naïf dans son discours. A 21 ans, elle était ancrée dans cette certitude qu’il n’y a absolument pas besoin du père, qu’il n’est pas utile de savoir qui il est et qu’il suffira un iniquement de l’amour d’une maman. C’est un peu court comme vision des choses. Si on a la possibilité d’offrir l’amour d’un papa et d’une maman, ou de deux papas ou de deux mamans, c’est quand même mieux pour un enfant. Cette chanson est une discussion entre deux points de vue. Il ne s’agit pas de faire la morale ou la leçon, mais juste d’équilibrer le débat.

Les chansons « Love, love, love » et « High Grade », notamment, évoquent ton amour destaïro,ainsi soit-il,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandor joints.

C’était un peu pour rigoler et, surtout, c’est une thématique récurrente du reggae. C’est un classique que j’avais envie de revisiter un petit peu. Et puis, je trouve qu’il y a quelque chose qui ne va pas en France à ce niveau-là. On a le système le plus répressif et on a le plus de consommateurs. On a cette hypocrisie absolue pour dire que c’est pour nous protéger, alors qu’il y a d’autres choses dans la vie qui sont tout à fait légales et qui sont beaucoup plus dangereuses. L’alcool, par exemple. Quand on est consommateur d’herbe, au pire, on se fait du mal à soi. Quand on a une société pétrolière, quand on envoie un bateau qui s’éclate en pleine mer et qui défonce la Terre, c’est dangereux pour tout le monde, mais pourtant, même s’ils se font engueuler, ils continuent à faire du business. Il y a une inégalité là-dessus qui est gênante. Il y a une déresponsabilisation des gens. Il n’est pas question de dire que c’est la panacée du peuple et que ceux qui ne fument pas n’ont rien compris à la vie et passe à côté de quelque chose de fantastique. Je ne comprends pas que l’on puisse être en danger pénalement. Cet effet d’interdit créer encore plus de désir chez les jeunes pour jouer avec la loi. La chanson que j’ai faite « Bonne Weed », si elle a eu tant de succès, c’est en partie grâce à ça.

Taïro Feat. Kalash, Kenyon, 3010 & Némir - "Bonne Weed Remix"

La chanson SF 92 parle de la destinée d’un fusil militaire.

SF 92, c’est un modèle de Beretta. Au départ, je voulais raconter l’histoire d’un soldat, mais en commençant à écrire, je me suis dit que je pourrais pousser la personnification  plus loin. Personnifier un objet pouvait être intéressant. J’ai donc extrapolé à partir de ce que j’ai lu de l’histoire de ce flingue. J’ai imaginé quel pourrait être le parcours d’une arme que l’on a fabriquée dans les années 80.

Pourquoi y a-t-il ces 3 featurings ?

Parce que j’aime le travail de Youssoupha, Merlot et Kalash. Faire des morceaux avec les gens, ce n’est pas un truc que je recherche absolument, c’est même une démarche un peu difficile pour moi d’aller frapper à la porte pour dire « excuse-moi, tu veux chanter un morceau avec moi ? » Généralement, quand j’ai chanté avec d’autres artistes pour mes albums, ça s’est fait grâce à des rencontres et puis, parce qu’il y avait un désir commun de faire quelque chose ensemble. C’est assez génial de pouvoir faire de la musique à plusieurs. C’est quelque chose de très stimulant et très gratifiant.

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Tu as fait un album en 2009 chez Warner et pas mal de street tape et tu reviens là dans un gros label, Polydor chez Universal. Que fait un rebelle de nouveau dans ce genre de maison de disque ?

En signant ici, je me suis demandé si c’était une bonne idée et  par quel chemin j’allais passer. Avec les street tape que je faisais, je pouvais vivre de ma musique grâce à une économie autosuffisante qui me permettait de faire ce que j’aime dans une grande liberté. En étant ici, je me suis dit que c’était une possibilité de faire découvrir ma musique à plus de gens. Être supporté par Universal, ça va sans doute me permettre d’avoir plus de visibilité. Il est possible que ça m’ouvre une partie de leur réseau en télé, radio et presse écrite. Si cela permet de véhiculer des informations sur ma musique, allons-y…

Et tu as enregistré ce disque dans de meilleures conditions. Il faut le dire aussi.

Oui. Ca m’a permis de revisiter les morceaux. Quand j’ai signé avec eux, cet album était maquetté, quasiment fait, mais là, on a pu faire venir d’autres musiciens, rejouer, remixer… il faut bien le reconnaître, ça fait un meilleur disque.

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04 juin 2013

Christophe Maé : interview pour Je veux du bonheur

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J’interviewe une fois par an (à peu près) Christophe Maé. (2 interviews filmées là, et une première mandorisation à l’époque où je cachais encore mon identité).

Maé est un artiste dont on peut penser ce que l’on veut (et que je n’écoute pas moi-même spontanément), mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas être une bête de scène et de ne pas transporter les foules. Même les moins motivés par sa personne reconnaissent son incroyable présence et ses performances irréprochables.

Et le type est simple, voire même super sympathique (qui a dit « il ne manquerait plus que ça ! » ? Dehors !) Donc, j’aime bien le rencontrer.

Bref, voici ma toute récente interview. Pour Le Magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de juin 2013). Plus un bonus mandorien…

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Clip de "Tombé sous le charme".

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christophe maé,je veux du bonheur,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorBonus mandorien:

Je trouve que c’est bien d’avoir une nouvelle couleur musicale après deux albums…

Je n’ai pas l’impression que ce soit non plus aux antipodes de ce que j’ai fait jusqu’à présent. La musique cajun a une couleur métissée. Le sud des États-Unis, c’est un mélange d’influences caribéennes, africaines et autres, car il y a beaucoup d’Haïtiens, d’Espagnols, de Français, d’Irlandais. Finalement, je n’ai pas été plus dépaysé que cela. J’ai retrouvé beaucoup de couleurs musicales que j’avais déjà utilisées et qui m’inspirent.

Dans « Ma jolie », vous évoquez la culture de cette région-là. Et vous parlez des chamans. Vous croyez en leur pouvoir ?

Je ne suis pas à fond là-dedans, mais j’y crois. En Louisiane, il y a énormément de vaudous. Le vaudou est né là-bas et c’est quelque chose qui me fait un peu flipper, je vous l’avoue. J’ai une éducation catholique, je crois forcément en certaines choses.

Revenons à Serge Lama qui a écrit « Je veux du bonheur ». J’ai vraiment été étonné, car il n’a pas pour habitude d’écrire ce genre de chanson là. On a l’impression qu’il s’est mis à votre place.

Je suis allé chez lui toute une journée et on a avancé le texte ensemble. Il s’est vraiment mis à mon service. Ce n’est pas le Serge Lama de « Je suis malade », c’est sûr. C’est l’opposé. Mais, c’est intéressant ce métier. Il me permet de rencontrer des artistes de cet acabit. Il fait partie de mes pères dans sa façon d’écrire. Je ne l’ai pas sollicité par hasard. Je suis ravi de chanter ces mots.

Autre collaboration, celle avec Mike Ibrahim. Là, ce sont deux chansons, « Charly » etchristophe maé,je veux du bonheur,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandor « La poupée ». Deux chansons dont les sujets sont difficiles.

Ce sont des histoires qui me collent à la peau et c’est moi qui ai suggéré ces deux thèmes à Mike. Pour « Charly », c’est l’histoire d’une petite fille de 8 ans que j’ai connu et qui est morte d’une tumeur au cerveau. Personne ne peut rester indifférent à ça. C’est une histoire tragique, elle est partie en quelques mois. Mike Ibrahim est arrivé à une profondeur et une gravité supplémentaire à ma façon d’écrire personnelle. Moi, j’écris cash. Comme je parle, j’écris. Lui emmène de la poésie à tout ça. Pour « La poupée », c’est pareil. Il y avait une SDF qui était en bas de chez moi. J’ai pris l’habitude de parler avec elle pendant des mois et elle a disparu du jour au lendemain. Je la trouvais tellement belle que je l’appelais « ma poupée ».

Vous ne l’avez jamais revu ?

Non. Si un jour je la croise, je lui dirai qu’une chanson sur elle existe désormais.

Mike Ibrahim est de votre génération. Vous devez vous comprendre parfaitement.

Oui, on forme un vrai binôme. Il est descendu chez moi des mois dans le sud de la France. On écrivait ensemble, comme on jouait au ping-pong. Les mots fusaient de toutes parts et on se les échangeait.

Il y a aussi une reprise de « It’s Only Mystery ». Pourquoi cette reprise tirée de la BO de Subway ?

C’est une chanson que j’adore depuis sa sortie.  J’ai fait 10 ans de piano-bar et quand j’arrivais dans un établissement, je commençais toujours par ce morceau. C’est à la fois un titre coup de cœur et porte-bonheur pour moi. J’avais failli l’enregistrer pour le premier album, puis pour le deuxième, puis j’ai même tenté d’en faire une version française, mais ça ne marchait pas. Cette fois-ci, j’ai vraiment eu envie de la mettre sur mon troisième disque.

Elle vous vient comment généralement l’inspiration ?

Soit en regardant un film ou en lisant un livre… et ça me fait rebondir sur un thème. Ou alors en voyageant. Il n’y a pas 36 possibilités.

(Et pour finir, parce qu'il est évident que Christophe Maé a besoin de Mandor pour que les salles se remplissent, voici les première images du concert enregistré le 13 mai dernier au Théâtre de Paris. A retrouver dans un cinéma près de chez vous les 7 et 8 juin prochains.

De rien Christophe!

13 mai 2013

Féfé : interview pour Le charme des premiers jours

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(Photo Jean-Marc Lubrano)

Féfé sort son très attendu deuxième album solo, Le Charme des premiers jours, la semaine prochaine (le 20 mai).  Le 22 avril dernier, je suis allé à sa rencontre dans son QG, un bar nommé Le Bidule. Avant de lire son interview, voici ma chronique publiée dans Le magazine des Espaces culturels Leclerc (daté du mois de mai 2013).

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féfé,le charme des premiers jours,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorInterview :

Cet album a été fait un peu à l’instinct. C’est la sensation qu’il donne à son écoute en tout cas.

Pour le premier album, je m’étais posé beaucoup de questions avant de faire chaque titre. C’était très difficile pour moi parce que je sortais d’un groupe. J’apprenais de nouveaux instruments et une nouvelle manière de faire des chansons. Pour celui-ci, je ne savais pas du tout où j’allais aller. Il n’y avait rien de prémédité. Juste je voulais plus de rap et plus de chansons. Y arriver à tel point qu’on ne sache plus différencier l’un de l’autre.

Je trouve que cet album est plus chanté que rapé.

Ma sœur me dit exactement le contraire. Chacun y trouve ce qu’il y trouve. Les notes sont mélangées aux flows, aux mélodies, aux chants... Je suis ravi qu’on me dise tout et son contraire. C’est ma victoire.

L’évadé du rap, ça vous convient comme appellation ?

On me voit un peu comme un électron libre. Je suis un peu fou-fou. Incontrôlable musicalement. Depuis toujours, je suis dans ma bulle. Quand j’étais dans Saïan Supa Crew, j’étais un peu plus réservé, aujourd’hui, je m’exprime complètement. Je vais là où j’ai envie d’aller sans plus me poser de questions. Je fais de la manière la plus pure et la plus simple possible.

Dans le premier titre de l’album, « Le chant d’une étoile », vous expliquez que vous allez mettre un coup de pied dans la fourmilière musicale et que vous allez casser les codes.

Je n’aime pas la panoplie, j’essaie de tout casser. Dans cet album, j’ai enfin accepté d’être musicien. Je ne suis pas un grand guitariste, mais j’ai mon doigté, la manière de faire les choses. Je fais des chansons avec tous les outils qui sont les miens et de mon époque. J’ai commencé avec le rap, j’utilise donc le sample et les autres techniques liées à ce genre, mais j’utilise aussi aujourd’hui  la composition pure. J’essaie plein de choses. Bref, je sors des limites que je m’imposais moi-même sans raison.

"Parodie" (audio).

Qu’est-ce que c’est votre culture musicale de départ ?

Elle vient de mon père. Il écoutait beaucoup tout ce qui est Motown, Stax, beaucoup de Fela, parce qu’on est du Nigeria, mais aussi du Nougaro, du Hallyday, de la country, comme Kenny Rogers. Il y a des gens qui me disent qu’ils ne sentent pas de frontière dans ma musique, mais ça vient de toutes ces années à écouter beaucoup de choses variées.

Le succès de votre premier disque aide à se sentir à l’aise avec le deuxième.

Il m’a même complètement libéré. Pour le premier, je me suis jeté dans le vide et beaucoup de monde s’est intéressé à mon travail, même des gens du milieu « urbain ». J’ai constaté que plus tu es toi, plus les gens le voient, et plus les gens t’acceptent.

Dans « La somme », vous dévoilez le Féfé papounet. Vous dites à vos enfants, « je ne suis pas parfait, mais je fais et donne le maximum pour vous ».

Je dis aussi, « ce que je vous lègue, ce ne sont pas des leçons, c’est la somme de ce que j’ai moi-même vécu, positif ou négatif et après faites en ce que vous voulez ».

Dans « Cause toujours », vous évoquez aussi la condition de l’artiste aujourd’hui.  Elle est plus difficile qu’avant…

En ce moment, en effet, c’est très compliqué. On vend moins de disques, les concerts, ça va encore, mais on sent aussi une petite baisse de fréquentation. Il faut s’accrocher. Je me demande quelle est la finalité de tout ça pour un artiste. C’est là où on va voir ceux qui font vraiment ce métier par passion et ceux qui veulent juste encaisser des chèques.

Le clip de "Le charme des premiers jours".

féfé,le charme des premiers jours,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorCet album s’appelle Le charme des premiers jours, c’est aussi le premier single. Vous parlez de la difficulté d’aimer une personne du début à très longtemps après avec la même puissance.

J’ai écrit cette chanson parce qu’autour de moi, il y avait des couples qui avaient l’air solide et qui se sont séparés. Ça m’a ramené à mon propre couple. Il y a des hauts et des bas comme dans tous les couples. Parfois, quand il y a du mou, on se demande pourquoi l’autre l’aime… il faut se battre, il n’y a jamais rien d’acquis. Au début, c’est toujours magique, il faut se battre pour que cela le reste toujours.

Dans « Ailleurs », on est en Jamaïque.

C’est du pur reggae. C’est la seule chanson dans laquelle j’ai moins cherché à mélanger les genres. Je dis dans cette chanson qu’il faut arrêter de chercher cet éternel Eden, arrêter de croire que l’herbe est plus verte à côté.

Dans « 3 Words », vous dites que vous n’avez pas de cause à brandir.

Je n’ai pas envie de rentrer dans le cliché du mec qui émet ses opinions tel un gourou dont il faut prendre le discours comme argent comptant. Je ne suis pas là non plus pour représenter telle cause ou telle cause. Je ne me sens pas assez grandiloquent pour ça. J’évoque juste des prises de tête d’un mec banal.

C’est une façon de dire « laissez-moi à ma place ! »

Ne me montez pas plus haut que je ne le suis, mais ne me descendez pas non plus. Laissez-moi à ma place, oui, c’est la bonne formule.

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Vous n’aimez pas la starification extrême de l’artiste?

Je déteste ça. En concert, par exemple, je descends dans le public pour casser l’éventuelle barrière qu’il y a entre nous. C’est une façon de dire : « Il y a de la lumière, vous me voyez, je suis exactement comme vous, sauf que moi, mon kiff, c’est faire de la musique ». En ce moment, on starifie tout et n’importe qui.  C’est symptomatique de l’époque.

J’ai l’impression qu’un artiste grandit/vieillit moins vite qu’un autre…

Personnellement, j’ai toujours cette part en moi d’enfance. Je grandis beaucoup moins vite que les gens de mon entourage. Même mes enfants me disent que je suis un gamin. Plus je grandis, moins je sais. Pourtant, j’en apprends de plus en plus…

Vous êtes fier de ce deuxième album ?

Pour quelques instants musicaux ou quelques phrases. Mais, je ne me fais pas encore rêver. Je vise des choses inatteignables pour continuer à être sur la brèche  et me pousser encore plus en avant.

La musique c’est toute votre vie ?

Oui, et en même temps, ce n’est rien. Pour moi, la musique c’est tout, et ce n’est rien du tout. Juste, quand j’arrive à divertir les gens et que les gens sont heureux, ça me rend heureux. Il faut relativiser ce métier…

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11 mai 2013

Maxime Le Forestier : interview pour Le cadeau

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maxime le forestier,le cadeau,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorAprès Higelin, le mois dernier, Le magazine des espaces culturels Leclerc m’a offert de nouveau  l’opportunité de d'interviewer une autre personnalité importante/primordiale de la chanson française. J’ai rencontré Maxime Le Forestier le 3 avril dernier dans un hôtel parisien pour un entretien de 45 minutes à l’occasion de la sortie de son album Le cadeau. Il défendra ses nouvelles chansons très bientôt sur scène, notamment au Casino de Paris pour trois soirs, les jeudi 26, vendredi 27 et samedi 28 septembre prochains. Sa grande tournée démarrera dans la foulée et occupera le chanteur jusqu'en mars 2014.

On m’avait dit qu’il n’était pas toujours évident à interroger. Un peu chafouin parfois. Je suis tombé sur un jour « avec ». Souriant et même très sympathique. Ce fut un régal. Un cadeau, finalement !

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Le p'tit air.

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maxime le forestier,le cadeau,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorPetit bonus mandorien :

Parlons de quelques chansons de ce nouvel album. Dans « La bête curieuse », vous expliquez que les gens ont besoin de rumeurs, d’infos en permanence.

Chacun d’entre nous a, à l’intérieur de lui, un bout de tentacule de la bête curieuse qui nous pousse à consommer de l’info. La bête curieuse, c’est la force qui me pousse à allumer la radio le matin dès que j’ai un œil ouvert, alors que je pourrai attendre une heure et deux jours ou huit jours. C’est la bête curieuse que nous sommes qui provoque tout ce dont on accuse les médias. Si on fait des feuilletons médiatiques autour de personnages comme Strauss-Kahn, c’est bien parce que les gens achètent. C’est à la fois un cercle vicieux et parfois vertueux. C’est pas mal parfois d’être informé. L’information, c’est une mission sacrée, mais c’est aussi un commerce avec les lois du commerce. On ne va pas mettre en Une d’un magazine un truc qui n’intéresse personne…

Je ne vous voyais pas comme ça.

Je suis un vrai bouffeur d’infos. Si je n’avais pas été impliqué, je n’aurais jamais écrit cette chanson-là.

Dans « Le caillou », vous parlez de notre belle planète.

J’ai voulu faire un zoom resserré et élargir de nouveau le focus. Partir de la planète, arriver jusqu’aux gens et des gens, arriver jusqu’au caillou qu’il y a dans la chaussure d’une femme et puis on relance le caillou et ce caillou, il va redevenir une planète un jour où l’autre.

Dans la chanson « Le cadeau », vous ne vous épargnez pas.

Quand je dis que je ne suis pas un cadeau, ça veut dire que je ne suis pas quelqu’un de fréquentable. Dans la chanson, je précise aussi que je n’ai pas les caractéristiques du cadeau. Je ne suis pas emballé, on ne peut pas m’offrir, on ne peut pas m’échanger. Mais, c’est une chanson de faux cul pour que l’on me dise « mais si… » (rires).

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Vous ne cessez de travailler. Il y a eu la tournée (dont le Casino de Paris), le disque La maison bleue qui rend hommage à vos 40 ans de carrière, les disques consacrés à Brassens, la comédie musicale « Les gladiateurs »,  les Nuits de Champagne, un concert unique  avec le conservatoire de Boulogne (mais une année scolaire de préparation), les Enfoirés… Il y a un moment où vous faites une pause ?

C’est impossible pour moi d’enchaîner une tournée qui termine un cycle et la semaine d’après, commencer  à écrire un nouvel album. Je suis incapable de procéder ainsi. J’ai plusieurs solutions. Il y a les projets intermédiaires que vous venez de citer. C’est comme ça que j’ai fait les Brassens en deux fois deux ans, mais c’est quand même un souffle entre deux albums. Et puis, pour ne pas perdre la main, j’ai écrit aussi pour quelques artistes, comme Julien Clerc, Céline Dion, Amel Bent…

Vous avez repris Brassens, on vous reprend… c’est bien la preuve qu’une chanson est vivante.

J’adore écouter une chanson connue repeinte. On peut repeindre de la même couleur, à peu près ce que j’avais fait sur les Brassens, et on peut les repeindre de couleurs complètement différentes, flashy, ancienne, patinée. Une chanson qui résiste à ça, ça veut dire que sa structure est solide.

Voir quelqu’un dans la rue fredonner une chanson de vous, même une ancienne comme « Mon frère », « Parachutiste » ou « San Francisco », ça vous touche toujours ?

Oui, toujours. Le peintre qui peint dans la rue en me chantant, ça m’émeut… mais aussi parfois, c’est un peu particulier. Mon dentiste siffle toujours en travaillant, sauf que quand il travaille sur moi, ce sont mes chansons qu’il siffle, c’est un peu gênant.

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07 mars 2013

Prix Landerneau Découvertes (et Prix Goncourt 2013 du premier roman) : Alexandre Postel pour Un homme effacé

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Hier, je vous présentais Le Prix Landerneau Roman 2013, aujourd’hui, je vous propose de découvrir Le Prix Landerneau 2013 Découvertes. Alexandre Postel pour son livre L’homme effacé. «Le style glacial, imprégné d’un humour distant, évite toute compassion et tout sentimentalisme, restituant très efficacement la solitude effrayante du personnage», fait valoir Gallimard.

Né en 1982, Alexandre Postel enseigne la littérature française à Paris.

Il est venu à l’agence le 18 février dernier pour évoquer ce livre et ce prix. Pas encore habitué aux interviews, je l’ai trouvé un peu timide, mais très sympathique.

Et puis, avant-hier, la nouvelle tombe. Alexandre Postel devient également le lauréat du Prix Goncourt du premier roman 2013 (élu avec sept voix sur dix par l'Académie Goncourt). Nous n’en faisons pas référence dans cette interview publiée dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (datée du mois de mars 2013), car nous ne le savions pas encore.

(C’est ballot).

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Alexande Postel à l'agence le 18 février 2013, après l'interview.

Alexandre Postel - Un homme effacé from Librairie Mollat on Vimeo.

06 mars 2013

Prix Landerneau Roman 2013 : Christian Oster pour En ville

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Je travaille pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc depuis quelques années. Du coup  je rencontre annuellement en févier les deux gagnants des Prix Landerneau « Roman »  (la lauréate 2012 est ici) et « Découvertes » (le lauréat 2012 là).

Commençons aujourd’hui avec le Prix Landerneau 2013 « Roman », en la personne de Christian Oster pour son livre En ville. Après la version publiée dans Le magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois de mars 2013, vous lirez un discret bonus…

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Petit bonus mandorien (mais vraiment petit):

Dans En ville, il est aussi question de petites lâchetés quotidiennes.

Je ne veux pas que cela puisse renvoyer à une humanité médiocre. Ces hypocrisies et ces lâchetés, on les pratique tous les jours. On est tous égoïstes et on a tous besoin des autres.

Votre livre est parfois drôle.

Je ne suis jamais à la recherche de situation de drôlerie, je suis à la recherche d’écriture de roman et d’une trajectoire de personnage, après j’écris. Au fil des lignes, de temps en temps surgit une situation un peu rocambolesque.

Vous avez peur de la mort ?

Oui, ça me fait peur. J’essaie de me consoler avec diverses idées traitées çà et là que des gens plus avisés que moi ont déjà étudiées. Une des récentes consolations que je me suis trouvée c’était de me dire qu’en fait, la mort, on en vient. Je suis malheureusement trop matérialiste pour croire en la réincarnation par exemple.

Autre nouveauté dans ce roman, il n’y a pas de paragraphe.

Oui, c’est la première fois. Ma femme, Véronique Bizot, est écrivain. Elle écrit comme ça. Je la lis et je l’apprécie beaucoup… elle est devenue une influence. Cette influence rencontrait enfin mon projet littéraire. En fait, je voulais un roman où je me laissais toute la place pour le soliloque. Je voulais une liberté absolue de partir là où j’avais envie de partir sans perdre le fil général.

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Le 18 février 2013 chez Christian Oster.

Christian Oster présente "En ville".

(Parution le 3 janvier 2013 aux éditions de L'Olivier.)

04 février 2013

Rose : interview pour "Et puis juin"

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Rose fait la une du Magazine des Espaces Culturels Leclerc de ce mois (comme vous l’avez remarqué). Je suis donc allé lui poser quelques questions sur son troisième album, Et puis juin. Ce que j’aime chez Rose c’est qu’elle n’a aucun frein dans ses propos (du coup, l'entretien n'est pas lisse), alors comme l’interview « officielle » doit tenir sur un certain nombre de signes, je vous propose un bonus mandorien…

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831_10151153307420642_120337207_n.jpgLe bonus de Mandor :

Sur votre blog, vous vous dévoilez beaucoup.

J’ai du mal à rester discrète. Même dans les interviews, il faut souvent que je fasse gaffe. Je me complais facilement à balancer des choses sur moi, sur ma vie et je pense parfois que ce n’est pas utile d’aller aussi loin. Mais mon blog, je l’ai créé pour pouvoir dire tout ce que je voulais dire, sans me censurer. Certains sont étonnés que je raconte par exemple que pafois, les dimanches, je peux m’ennuyer avec mon enfant à Paris. Tout à coup, beaucoup de mamans me tombent dessus en me disant merci. On s’emmerde toutes au bac à sable. Moi, j’aimerais bien que des artistes que j’aime fassent des blogs comme le mien.Sincère.

En tant qu’homme, en écoutant les paroles de vos chansons, je me suis dit que ça ne devait pas être facile de vivre avec vous. Ça peut faire peur aux hommes.

Ça tombe bien, je ne leur propose pas de vivre avec moi (rires). Mais, c’est ça. Quand même, je cite mon mec qui dit que « c’est pas la joie tous les jours » et qu’avec moi, « il faut aimer vivre le cœur lourd ». Aujourd’hui, nous les femmes, on est dure à vivre, parce qu’on veut tout, mais j’avoue, qu’autour de moi, mes copines ne m’arrivent pas à la cheville en chiantise. C’est déjà difficile pour moi de vivre avec moi-même, alors pour un homme… Il faut me supporter et j’ai l’impression que je ne m’améliore pas quoi.

Le clip de "Et puis juin".

Sur votre blog, vous dites par exemple : « J'avais un fils, mais j'étais pourtant toujours cette fille qui cherchait l'approbation dans les yeux d'une mère. J'étais femme, mais tellement petite face à cette immensité qui me tombait dessus ».

Parfois, j’ai l’impression que je manque à mes devoirs vis-à-vis de ma mère et de mes parents. J’ai l’impression de trop donner en dessous à la hiérarchie et d’être "une mauvaise fille", comme le nom du roman de Justine Lévy.

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(Photo : Yann Orhan)

Chanter, c’est aussi pour impressionner ses parents ?

Psychologiquement, tout est lié, c’est sûr. Moi, je n’ai jamais su quoi faire de ma vie. Mon père a toujours dit : « mais elle, c’est une artiste ». Lui, il a toujours cru en ce fait. Un jour, il y a 15 ans, il m’a ramené un disque en me disant : « Regarde, elle t’a volé ton nom ». C’était Keren Ann. Je m’appelle Keren et ma sœur s’appelle Anna, il m’a dit: "c’est comme ça que tu aurais dû t’appeler : Keren Ann". J’ai écouté le disque de cette chanteuse et je l’ai trouvé formidable. Je suis devenu fan d’elle. Mon père, quelque part, il m’a porté jusque-là et j’ai fait de lui un homme heureux. Quand je ne chante plus, que je ne suis plus dans les médias, il est triste. Je lui manque. Ca fille ne lui manque pas, mais Rose lui manque.

Pour des parents, ce doit être bizarre de découvrir leur fille à travers des textes de chansons…

Quand mon père a entendu, « Je me manque », il a pleuré en se disant : « ce n’est pas possible, nous on ne voit pas, mais c’est ça que notre fille a dans sa tête ? ».

Vous écrivez pour d’autres artistes…

J’ai fait des chansons pour Jenifer, Amandine Bougeois, Pierre Guimard… là, je travaille avec des chanteurs de The Voice. J’espère que ça va se savoir que je peux faire des textes rapidement et bien. Zazie, par exemple, elle a la carrière que je rêverais d’avoir. Pour elle, elle a fait des chansons les plus tubesques qui soient sans aucune faute de goût. Elle a remis Axel Bauer sous les feux des projecteurs grâce à leur duo « A ma place », elle a écrit « Allumez le feu » pour Johnny, avec Obispo « Les meilleurs ennemis »… À chaque fois qu’elle fait une chanson, c’est dans le mille, quoi. Un jour, j’espère arriver à sa cheville.

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(Photo : Yann Orhan)

Vous avez une "fan base" fidèle. Je le vois sur votre profil Facebook.

C’est un peu factice parfois les relations qu’on entretient sur Facebook. Mes proches me disent : « mais arrête, tu crois que tu es en train de prendre de l’amour. On est sur Facebook, merde. Réalise ! ». Malgré tout, quand je mets une chanson à moi ou que je donne des dates de concerts et qu’il y a plein de gens qui viennent commenter, ça me fait très plaisir et je n’ai pas envie de m’en priver. C’est marrant parce que ces gens-là, ils ne se rendent pas compte à quel point je les connais aussi. Comme je suis très curieuse, souvent, je vais voir leur page. Du coup, je connais pas mal de choses de mes fans.

Vous faites attention à ce que vous écrivez sur votre page ?

Oui. Avant, je mettais trop de choses personnelles. Je suis un peu vanneuse aussi. Sur Twitter par exemple, quand je regarde la Nouvelle Star, je tweete beaucoup, je suis capable de dire que je n’aime pas untel ou untel. Il faut que je fasse gaffe, je suis très tweeteuse instinctive.

Parlons de votre collaboration avec I Music-school. Vous faites des Master class de guitare acoustique. On peut apprendre à jouer à la guitare 22 de vos titres, avec des cours très détaillés, et plus de 200 vidéos!

On me l’a proposé, je ne voulais pas. Je n’y croyais pas. Je leur ai dit qu’ils étaient fous. Mais, au fond, je pense que je suis une bonne guitariste. Ce que je sais faire, je le fais bien. J’ai un bon jeu de guitare parce que je joue depuis l’âge de 3 ans… la guitare, c’est un prolongement de moi-même. Bon, j’étais instit et je joue de la guitare, il était finalement logique que j’associe les deux. En fait, les débutants adorent et moi, je me suis éclatée…

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(Après l'interview, le 16 janvier 2013, chez Sony Music)

08 novembre 2012

Francis Cabrel: interview pour Vise le ciel

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(Crédits : Claude Gassian)

Cabrel-Gassian8538.jpgL’exercice était amusant. Interviewer un artiste, Francis Cabrel, sur un même sujet, la sortie du disque Vise le ciel, pour deux journaux différents. Et ne pas publier la même interview. La méthode est simple. Faire un entretien un peu plus long que d’habitude (qui s’est tenu il y a deux mois, le 10 septembre dernier au bar du Park Hyatt Paris) et poser beaucoup de questions. Ensuite, partager la substantifique moelle de l'interview entre les deux magazines de manière à ne léser aucun des deux, tout en gardant une fluidité et une cohérence.

Donc, en lisant les deux interviews, vous saurez tout sur ce disque, n°1 des ventes des disques en France depuis deux semaines consécutives.

Voici pour commencer la version du Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2012).

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Francis Cabrel - Comme une Femme
Extrait de l'EPK
Nouvel album "Vise le Ciel" sortie le 22 octobre 2012

A présent, l’interview pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan. Vous pouvez comparez... aucun doublon.

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Le 10 septembre 2012 au bar du Park Hyatt Paris.

04 octobre 2012

John Mamann : interview pour son deuxième album

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Voici l’interview que m’a accordée le chanteur auteur-compositeur John Mamann, pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de d'octobre 2012). C’était un beau matin du 13 septembre dernier à l’Hôtel Amour.

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Avec John Mamann, le 13 septembre 2012, à l'hôtel Amour.

03 octobre 2012

Jérôme Ferrari : interview pour Le serment sur la chute de Rome

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« Je n’avais aucune raison de croire que mon roman était très attendu pour cette rentrée, ça a donc été une grande et bonne surprise pour moi de voir ça. Être à Abu Dhabi me permet effectivement d’avoir d’autres préoccupations que la rentrée littéraire. C’est plutôt sain pour ma santé psychologique » me dit Jérôme Ferrari en préambule alors qu’il sait pertinemment que son Sermon sur la chute de Rome est en lice pour le Goncourt et l'Interallié. Vous l’avez compris, l’auteur  m’a accordé cet entretien des Émirats arabes unis (il y habite désormais pour exercer son métier d'enseignant) par téléphone pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d’octobre 2012).

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06 septembre 2012

Marc Lavoine : interview pour Je descends du singe

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 Marc Lavoine est un homme que j’apprécie. L’artiste aussi. Mais j’insiste sur la personnalité du Monsieur (avec un grand M). A chaque fois qu’il m’a été donné de le rencontrer, il a toujours été d’une élégance et d’une courtoisie rares. En 30 ans d’interviews, je crois pouvoir affirmer qu’il est le plus sincèrement sympathique, abordable et classe des chanteurs français. Encore une fois, pour cet entretien destiné au Magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de spetembre 2012), Marc Lavoine me l’a prouvé.

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Voici le bonus mandorien pour le blog...

marc lavoine,je descends du singe,le magazine des espaces culturels leclerc,interview,mandorLa pochette est très belle. Elle est signée de votre directeur artistique et chef de projet, par ailleurs remarquable écrivain, Arnaud le Guilcher.

Oui, je l’apprécie énormément dans toutes ses activités. J’ai lu En moins bien et Pas mieux. Il est en train d’écrire le 3e. Quand il m’a demandé qui je voulais comme photographe, je lui ai dit que je voulais qu’il fasse la pochette lui-même. Il était déjà très impliqué dans l’écriture du scénario du petit film de 17 minutes et très impliqué à l’écoute des chansons, j’avais envie qu’il aille au bout du travail qu’il avait envie de faire. J’avais aussi conscience des pochettes qu’il avait déjà réalisées. Celle de Bashung ou celle de Gaëtan Roussel. C’est aussi un garçon qui dessine extrêmement bien, bref… il me rend plus intelligent. A chaque fois que je parle avec lui, je ri, je suis intéressé parce qu’il me dit. Il a fait un travail remarquable.

Vous allez bientôt sortir un livre d’art avec Cyrille Putman aux éditions de la Martinière.

Ça fait des années que je travaille sur la photographie, sur des polaroïds. Je me suis pris au jeu, marc lavoine,je descends du singe,le magazine des espaces culturels leclerc,interview,mandorcomme une thérapie. Une sorte de polathérapie qui est devenu une poladépendance. Je me suis laissé prendre au piège par l’appareil photo lui-même. J’ai travaillé pendant 7 ans sur des supports différents. Avec ma femme j’ai rencontré Cyrille, quand on cherchait à acheter un tableau qu’il détenait. Nous avons discuté, il avait déjà écrit son roman Première pression à froid, je connaissais son histoire, je connaissais sa maman Andrée, une des plus grandes designers du monde. Cyrille connait l’histoire de l’art sur le bout du cœur. Il m’avait proposé d’écrire quelque chose sur moi et j’ai décliné. En revanche, je voulais qu’on écrive quelque chose sur nous.  On a commencé à faire un abécédaire, ensuite, on a installé le livre comme une sorte de galerie dans laquelle il y a plusieurs pièces. Cyrille a écrit plusieurs tableaux qui racontent notre histoire et les photos que je fais. Ce livre s’appelle Rendez-vous et sort au mois d’octobre.

marc lavoine,je descends du singe,le magazine des espaces culturels leclerc,interview,mandorAu moment où l’on se parle, vous êtes entre deux scènes du Cœur des hommes 3. Je vous interroge sur votre nouvel album… vous passez de l’un à l’autre facilement ?

Oui, c’est une question de concentration. Évidemment, la musique est quelque chose que je pratique tout le temps, avec une équipe qui est devenue une famille. C’est même une façon de vivre. Le cinéma me permet d’accepter des projets qui correspondent aussi à mes valeurs. Je fais attention autant au scénario qu’à la personne qui va réaliser, que les acteurs qui vont jouer. Le cœur des hommes, c’est une famille depuis longtemps. Ce sont toujours les mêmes techniciens, les mêmes acteurs,  le même metteur en scène, Marc Esposito. J’en suis à 4 films avec lui… c’est comme si j’étais dans une troupe. C’est une continuité, alors ce n’est pas difficile de passer de la chanson au cinéma.

Le point commun entre le cinéma et les disques, c’est que vous travaillez avec les mêmes personnes.

J’ai la chance de ne pas postuler pour tourner dans les films. Ca créé des liens particuliers. Quand j’ai fait le film avec Jean-Louis Trintignant, Fiesta, on est resté en contact après. On se revoit, on se donne des nouvelles, on se donne de l’affection. Si je suis très lié à Marc Esposito, parfois, les familles s’agrandissent. Quand j’ai tourné Liberté avec Tony Gatlif, on s’est aussi revu beaucoup après. Il se trouve que j’ai participé à l’écriture d’un album avec Calogero, Circus. Quand on a discuté avec Calo pour savoir qui était le plus coloré, le plus poétique, le plus sensible pour monter ce projet-là sur scène, j’ai pensé immédiatement à Tony Gatlif. Donc on est relié ensemble par un projet d’écriture et de mise en scène. J’aime beaucoup les projets à long terme, les relations non obligatoires, mais désirées. Comme dans le couple, d’ailleurs. J’aime la famille, les projets, la perspective d’un parcours ensemble. J’aime assez les histoires qui durent.  Je m’attache beaucoup à tout ça, mais ça ne m’empêche pas de rencontrer de nouvelles personnes.

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02 juillet 2012

Alain Chabat : interview pour la sortie en DVD de "Sur la piste du Marsupilami"

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Pour Le Magazine des Espaces culturels Leclerc daté du mois de Juillet/Août 2012, j'ai interviewé Alain Chabat...

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Sur la piste du Marsupilami - Bande-Annonce... par Lyricis

11 mai 2012

Alain Damasio : interview pour "Aucun souvenir assez solide"

Interview d’Alain Damasio, un auteur dont je connaissais l’existence, mais dont je n’avais lu aucun livre. Rien. Nada.

Et puis, pour les besoins de mon travail, je me suis plongé dans Aucun souvenir assez solide. J'ai senti souvent qu'il me manquait quelques repères intellectuels liés à ce genre littéraire... dont, habituellement, je ne suis pas le plus fervent amateur.

Voici sa bio trouvée sur le site de sa maison d’édition :

alain damasio,aucun souvenir assez solide,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorNé à Lyon en 1969, Alain Damasio caracole sur les cimes de l'imaginaire depuis la parution en 2004 de son deuxième roman, La Horde du contrevent (La Volte), Grand Prix de l'Imaginaire. Il explique sa prédilection pour les récits polyphoniques, et pour le travail physique, physiologique de la langue, par un besoin vital d'habiter plusieurs corps, et de se laisser lui-même habiter. Après la réédition par la Volte en 2007 de La Zone du Dehors (Cylibris, 2001), récit d'anticipation inspiré par Michel Foucault, il s'est lancé dans la création d'un ambitieux jeu vidéo et prépare actuellement son troisième roman.

Amplement salué par la critique, dévoré par le public, Alain damasio construit une œuvre rare, sans équivalent dans les littératures de l'imaginaire. Bienvenue au cœur d'un cyclone !

La Horde du Contrevent a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire 2006 et le prix Imaginales des Lycéens 2006. La Zone du Dehors a reçu le Prix Européen Utopiales 2007.

Voici l'interview publiée dans Le Magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mai 2012).

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09 mai 2012

Gaspard Proust : interview pour la sortie DVD de "L'amour dure trois ans"

Gaspard Proust est mon humoriste préféré. Il est cinglant, féroce, décapant, cru, une mauvaise foi jubilatoire. Un fils de bonne famille qui débite des horreurs sans ciller. Pas un mot plus haut que l'autre. Aucun effet théâtral.

Je suis fan.

Pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mai 2012) qui sort aujourd’hui, je l’ai interviewé à l’occasion de la sortie en DVD du film L’amour dure trois ans. Avant de commencer notre conversation, je lui ai demandé d’abandonner son second degré pour le bien de mon article. Il a accepté.

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L’AMOUR DURE TROIS ANS : BANDE-ANNONCE Full HD... par baryla

08 novembre 2011

Isabelle Boulay: Interview pour "Les grands espaces"

C’est la deuxième fois que je rencontre Isabelle Boulay. Pour un journaliste, elle est une « cliente » idéale. Elle parle beaucoup. Il y a de la belle matière à décrypter, elle sait s’entourer d’auteurs talentueux… et pas des moindres. Pour le magazine des Espaces Culturels Leclerc daté du mois de novembre 2011, voici quelques moments de notre conversation à propos de son nouvel albums Les Grands Espaces.

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