07 avril 2012

Marc Dugain : interview pour "Avenue des Géants"

marc dugain,avenue des géants,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorInspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée entre le milieu des années 60 et la fin des années 70, Avenue des géants raconte le terrible destin de Edmund Kemper – ici appelé Al Kenner – tueur en série qui défraya la chronique aux États-Unis. Dans ce roman puissant et captivant, Marc Dugain (l'auteur notamment de La chambre des officiers et de La malédiction d'Egard) s’applique à décrire la figure du mal quand elle s’incarne dans un tueur en série. Il conjugue ici sa passion pour les États-Unis avec son intérêt toujours vif pour les personnages décalés, marginaux, voire fous, mais qui permettent de saisir l’humanité dans ses contradictions et ses excès. J’ai rencontré Marc Dugain, le 20 mars dernier, dans les locaux de sa maison d’édition, Gallimard. Voici pour commencer, l’interview publiée dans Le magazine des loisirs culturels Auchan daté du mois d’avril 2012.

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Voici un extrait du fameux entretien qu'a donné Ed Kemper à Stéphane Bourgoin, le spécialiste mondial des tueurs en série...


Entretien de Stéphane Bourgoin avec Edmund Kemper par Pasprod

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Bonus mandorien : ce que vous n'avez pas lu dans le magazine...

Avez-vous un petit attachement à Edmund Kemper, du coup ?

Non, on ne peut pas dire ça. Je n’ai même pas voulu le rencontrer pour laisser la part de fiction opérer. Cet homme a beaucoup de respect pour les gens qui le respecte. Les tueurs compulsifs sont des gens qui ont été bafoués. Lui, il a été bafoué par sa mère et ses sœurs et négligé par son père, du coup, il est très attaché aux gens qui lui montrent du respect. Il a une sorte de considération pour eux. Il n’imagine pas qu’il puisse les tuer, ce qui est déjà énorme pour lui. Dans sa tête, c’est ça le degré supérieur de la considération. Les épargner.

Il ment de temps en temps, mais on sent que ça lui coûte. Il est plutôt du genre à dire la vérité.

Dans ma vie, j’ai côtoyé, malheureusement de façon assez proche, de grands schizophrènes. Le fait de ne pas savoir mentir et même en être incapable est parfois un signe assez pathologique. L’homme est constitué pour s’adapter. Lui, il ne ment pas et en même temps, il ment de façon colossale. Par moment, il est impressionnant de vérité et à d’autres moments de son histoire, il est impressionnant de dissimulation. Cette dissimulation ne sert qu’à se protéger vis-à-vis de lui-même. Il a conscience en permanence de sa maladie, de son état de folie, de ce qui le ronge.

Pour une meilleure compréhension du personnage, vous êtes allé aux États-Unis pour voir les lieux où les événements se sont déroulés.

Oui, en particulier la maison de sa mère. Je suis resté 10 minutes et je suis parti tellement je ne supportais plus. Il y avait une telle puissance du lieu dans sa force évocatrice et destructrice. Cette maison dégage une angoisse extraordinaire. Je suis allé dans le bar qu’il fréquentait assidument, et aussi dans le campus. Il dégage une atmosphère de félicité. Les étudiants sont dans le jardin d’Éden. Il y en a 6 qui sont passés du jardin d’Éden à l’enfer en deux minutes. Il fallait que j’aille voir cela de près pour mieux retranscrire les ambiances et les atmosphères. J’ai passé tout le mois de juillet aux États-Unis pour traquer les lieux.

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Faut-il se mettre dans la tête du tueur pour décrire le mécanisme bien huilé ?

S’il y a une valeur ajoutée à mon livre, c’est qu’effectivement,  je me suis mis à sa place. J’ai fait des réglages qui font que ça restitue quelque chose qui est réel. Je vois bien là où il est atteint, qu’est-ce que ça a pu exacerber chez lui, comment il réagit, comment il se défend, comment il ne se défend pas et qu’est-ce que ça entraîne comme modification de sa perception, ensuite, je me suis lancé…

On ne lui connait pas trop de passion à Edmund Kemper, sauf peut-être la littérature.

Oui, il est devenu lecteur de livres pour aveugles. Il a 8 médailles de meilleur lecteur de livres pour aveugles. Si je l’avais rencontré, c’est une des questions que je lui aurais posées : a-t-il tiré une expérience de la littérature ? Je pense que fondamentalement ces esprits très entachés pathologiquement ne sont pas de grands passionnés de quoi que ce soit. C’est ce que j’essaie de retransmettre dans sa relation avec Wendy, sa visiteuse de prison, c’est l’extrême solitude dans laquelle il est tout le temps,  le non-attachement et le non-intérêt aux choses. Les autres deviennent vite un encombrement, c’est pour ça qu’il les dézingue sans scrupules, puisqu’ils n’existent plus.

Oui, il est persuadé qu’il leur rend service quand il tue les gens.

Il a l’idée que s’il avait tué sa mère dès le début, 9 personnes auraient eue la vie sauve. Dès le moment où il a tué sa mère, il n’a plus jamais eu de pulsion meurtrière. C’est tellement freudien comme approche…

En matière d’écriture, je crois savoir que vous n’aimez pas les règles, que vous n’hésitez pas à casser les conventions littéraires habituelles…

Il n’y a pas de règle générale dans l’écriture, chacun fait ce qu’il veut. Tout le monde sait que je suis très lié à Fred Vargas. Je ne dis pas qu’elle fait toujours le même livre, loin de là, mais c’est toujours la même structure et elle très à l’aise là-dedans. Moi, je suis bien quand je sais que mon prochain livre n’aura rien n’à voir avec le précédent. Que le succès soit là ou pas, je n’exploite jamais une veine.

marc dugain,avenue des géants,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorIl y a donc la notion de risque « littéraire ».

J’adore ça, sinon, ça ne sert à rien que j’écrive. C’est marrant de se lancer dans un sujet complètement neuf pour soi et de se l’approprier avec justement un regard neuf. Dès le moment ou la fiction est un réenchantement de la réalité, réenchantement tant négatif que positif, c’est bien d’aborder le sujet avec des yeux neufs et un regard distancié. Ce n’est pas un juge d’instruction qui va écrire les meilleures histoires judiciaires.

Vous dites que la vie, c’est de la fiction.

Oui, il faut remarquer que vous passez la moitié de votre vie dans les rêves et curieusement, ce sont ces rêves qui vous ramènent à une vraie réalité. Quand un psychanalyste vous fait raconter vos rêves, c’est parce que c’est à travers ses rêves qu’il va pouvoir venir vers le vrai vous et non pas à travers ce que vous allez lui dire quand vous êtes éveillé. Donc, il y a un rapport entre la fiction et la réalité qui est constant  et qui s’auto-nourrit. La fiction est un biais formidable pour ramener les gens à une certaine forme de réalité. Je n’ai pas dit à la vérité… une certaine forme de réalité.

Votre livre sort bientôt. Vivez-vous sa sortie comme celle des autres livres ?

Quand vous êtes sensibles à une critique, c’est qu’elle vous renvoie à vos propres doutes. Si vous aimez vraiment un livre et que vous y croyiez, dans le sens où vous avez été honnête en l’écrivant, que vous avez vraiment tout donné, il n’y a pas de raisons d’avoir une inquiétude particulière. J’ai eu tellement de plaisir à l’écrire que je ne redoute rien pour ce livre. Ce grand moment de plaisir d’écriture, personne ne peut me l’enlever. C’est 7 mois de ma vie à me lever le matin avec une pêche d’enfer parce que je suis en train d’écrire le livre que j’ai envie d’écrire, c’est énorme. Maintenant, je préférerais que les lecteurs le lisent et l’apprécient en nombre, c’est sûr. Mais je rappelle ce que disait Cioran : « J’ai connu tout type de désillusions dans mon existence, y compris le succès ».

D’autant qu’il ya de très mauvais livres qui ont du succès.

Exactement. Le tout, c’est de savoir ce que l’on fait, d’avoir envie de le faire, de prendre du plaisir à le faire et de s’y tenir.

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Avec Marc Dugain, le 20 mars 2012, chez Gallimard.

06 avril 2012

Benjamin Paulin : interview pour son deuxième album "2"

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On l’a connu rappeur avec le groupe Puzzle, puis sous le nom Le vrai Ben. C’est en 2010 avec L’homme moderne, que Benjamin Paulin trouve sa voix/voie, certes dans un style de crooner un chouia surjoué. Mais même si ses compositions paraissaient légères à la première écoute (inattentive), ses textes étaient en fait l’exact contraire. Corrosifs, entre dérision et ironie. Le deuxième album s’intitule (judicieusement) 2. Entre pop new wave des années 80 et electro pop nerveuse, cet album est tout simplement classieux.

Benjamin Paulin est venu à ma rencontre à « l’agence », le 16 mars dernier (merci à Patricia Téglia pour l’organisation sans faille du rendez-vous. Comme d’habitude.) Un jeune homme bien sympathique qui risque de devenir un futur incontournable de la pop française.

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benjamin paulin,interview,2,mandorInterview :

Tu reviens un an et demi  après L’homme moderne. C'est plutôt rapide...

J’ai même rongé mon frein. L’homme moderne était un album qui a été finalisé un an avant sa sortie. Il y a toujours une très grande inertie dans le marché du disque. En tant qu’artiste, quand on a envie de créer, quand on a envie de faire des choses, le laps de temps entre deux albums, deux tournées est toujours trop long...

Il faut bien recharger les accus et trouver l’inspiration, non ?

Je suis bien d’accord, mais pas trop longtemps.

L’homme moderne  a été un joli succès d’estime. C’était un album pop très bien ficelé qui a incité pas mal de journalistes à s’intéresser à ton cas.

En effet, même si cela n’a pas suivi au niveau des ventes. La maison de disque avait l’air d’être surprise de tant de bonnes critiques. Cela étant, ils n’avaient pas fait une immense mise en place dessus, à tort où à raison, il n’en reste pas moins que ça leur a donné envie de partir sur un nouveau disque.

Ce nouveau disque s’intitule 2. Plus de maturité, moins d’exercice de style. Ton écriture gagne en profondeur…

Avec ce titre, j’ai voulu appuyer sur la thématique de l’album. Le dédoublement qui s’opère dans l’esprit d’un personnage porteur d’une dualité complexe : l’auteur et l’interprète. Après avoir fait un an de concert et de première partie avec mon précédent disque dans lequel je m’étais construit un personnage avec un costume, j’étais fatigué de jouer ce rôle-là et je trouvais intéressant d’en parler. C’est un album dans lequel, vraiment, je raconte la lutte entre l’auteur et l’interprète. J’insiste sur ce point.

Est-ce que sur ce disque, tu te confies plus ? Je pose ma question autrement, est-ce lebenjamin paulin,interview,2,mandor vrai Benjamin Paulin ?

Le premier disque était plus impertinent et plus cynique, mais c’est justement quelque chose que j’ai voulu m’interdire sur celui-là. « Tout m’est égal » et « Les fleurs en plastique » sont les deux seules chansons de ce deuxième album qui se rapprochent du premier. Sur toutes les autres, j’ai essayé de ne pas fonctionner comme d’habitude, c'est-à-dire à la punchline, à la phrase coup-de-poing, comme j’avais coutume de le faire dans le rap. J’avais besoin d’être plus moi-même et de ne pas me cacher derrière de la rhétorique ou des formules.

As-tu l’impression de te bonifier avec l’âge, artistiquement bien sûr…

Depuis le début de ma carrière, à travers le rap puis à travers la chanson, je vais vers une quête de vérité, vis-à-vis de moi-même en tout cas. J’essaie de m’en rapprocher à chaque fois un peu plus. Textuellement, vocalement et musicalement. La musique, c’est une psychanalyse. C’est un chemin très long.

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D.R. © Ramon Palacios-Pelletier

2 est un album lumineux et sombre, simple et complexe, introspectif et divertissant. De plus, aucune chanson n’est placée au hasard…

Étant un grand fan de Gainsbourg et particulièrement de L’homme à tête de chou, j’avais envie depuis toujours de faire un album concept. Par contre, je n’aime pas le côté narratif pour souligner chaque chose. J’ai préféré faire des chansons sur des saynètes que j’imaginais et je me suis arrangé pour que l’on puisse les écouter sans que l’on pense à l’histoire. On entend une cohérence globale, même si le liant n’est pas surligné. Ce qui est certain, c’est que je ne voulais pas faire un album jugé « intellectuel » encore moins que l’on puisse considérer « excluant ».

Frédéric Lo a réalisé l’album… Il a une forte identité musicale, toi aussi. Comment c’est passé votre collaboration ?

J’étais très content de travailler avec Frédéric.  Je suis très content de ce qu’il a fait de mes chansons, comment il les a fait vivre. Je n’en espérais pas autant.  On a eu un rapport assez simple. Je l’ai laissé aller là où il voulait se rendre. Il m’écoutait, je l’écoutais et on n’a jamais été dans le combat. Il a dépassé souvent ce que j’espérais. Cet album s’est conçu de façon logique, comme si tout s’organisait pour que ça se réalise avec beaucoup de plaisir et d’implication.

Tes textes sont littéraires. Lis-tu beaucoup ?

Comme tout ce que je fais, je fonctionne de manière extrême et boulimique. Je peux lire 10 livres en une semaine et ne pas en lire pendant un an. Les mots et l’écriture sont ce qui génèrent le plus d’émotion en moi. Je peux être ému par un auteur, par de la littérature, être ému par de la musique toute seule. Quand on mélange le sens et la musique, il y a un troisième langage qui se créé. C’est ce que j’ai voulu explorer dans ce disque-là.

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Il y a la participation exceptionnelle d’une légende de studios, le bassiste anglais Herbie Flowers (basse de "Melody Nelson" de Gainsbourg, "Electric Warriors" de T Rex et "Transformer" de Lou Reed.)

Il a passé deux jours en studio avec nous. On a payé un tribut au rock’n roll. Il nous a raconté plein d’anecdotes de studios, c’était un sacré bon moment.

Ton clip de « Variations de noirs » est assez particulier. Il y a trois comédiennes qui écoutent ton disque sur trois clips différents…

L’idée était de regarder quelqu’un écouter. C’était un concept intéressant et comme c’était un album assez radical, il fallait aussi que la mise en image le soit.

Rossy de Palma.

Hafsia Herzi.

Zoé Félix.

Le clip final avec tout le monde dedans... même le chanteur !

En quoi ton album 2 est-il radical ?

Parce que rien n’est fait pour plaire. On a juste voulu aller au bout d’une idée, d’un sentiment et d’une esthétique sans chercher à rentrer dans un cadre habituel.

Tu cites volontiers Cioran, Albert Cohen, Céline ou encore Bukowski. Es-tu tenté par l’écriture d’un roman ?

J’écris des nouvelles. D’ailleurs, il y a une qui va être publiée dans une revue en juin. Pour l’instant, je ne me sens pas encore capable d’attaquer un format plus long. J’ai une espèce d’incapacité à développer vraiment ou à faire tenir mes idées sur des chapitres entiers. J’ai toujours besoin de compacter au maximum les idées pour qu’elles soient efficaces. Moi, je souhaite écrire sans rien qui ne soit présent pour décorer. Je veux que l’on sente la  puissance des mots à chaque phrase.

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05 avril 2012

Mina Tindle: interview audio et session acoustique pour "Taranta"

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Au mois de mars, j’ai écrit pour ActuFnac un court article sur un album que j’ai beaucoup apprécié. Celui de Mina Tindle, Taranta.

Le voici.

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Quand j'ai un gros coup de coeur pour un artiste, je m'arrange pour le faire venir à MusiqueMag afin qu'il nous gratifie d'une session acoustique et d'une interview (comme pour Rover, récemment). Le 12 mars dernier, Mina Tindle et son guitariste ont donc accepté mon invitation. Ils ont interprété "To Carry Many Small Things" et "Pan", deux titres tirés de ce premier album.

 
"Pan" (session acoustique)

 Deux photos de la session...

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Et pour la première fois, je vous propose la version audio de l’interview. Sans montage... telle quelle, donc.
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Pour finir, voici le clip officiel de "To Carry Many Small Things".

04 avril 2012

Bref, j'ai interviewé le mec de Bref !

kyan khojandi,bref,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandorOrganiser une vraie rencontre n’a pas été possible. Je le regrette, mais des délais de bouclage ont eu raison de l’emploi du temps de Kyan Khojandi (ou vice versa).

À l’occasion de la sortie en DVD des 40 premiers épisodes de Bref, j’ai donc interrogé par téléphone  le jeune comédien et auteur de la série de Canal+ pour Le Magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois d'avril 2012.

Je n’aime pas les interviews téléphoniques, je l’ai déjà expliqué plusieurs fois. On n’obtient pas la même chose qu’en face à face. Je ne peux appliquer ma méthode d’interview. Ce sont des questions plus banales. On ne peut pas passer par des chemins de traverse et je n’aime pas ça.

Et ne pas voir les yeux des gens, leur sourire quand on leur parle… j’ai du mal. Cela étant Kyan Khojandi a été disponible, très sympathique et d'une rare humilité. J'ai juste l'impression d'être passé à côté.

Bref, je n’ai pas fait l’interview idéale du mec de Bref.

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Bref, j'ai visionné le DVD de Bref.

 

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03 avril 2012

Laetitia Chazel : interview pour son livre "Dégoût"

laetitia chazel,dégoût,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandor Laetitia Chazel sort son premier roman, Le dégoût. Il vient de recevoir le Prix du roman du mois des Espaces culturels Leclerc et Télé 7 Jours. L’occasion pour moi de découvrir ce livre particulièrement prenant et sulfureux mettant en scène un "renifleur du mal". J'ai beaucoup aimé son écriture à la fois singulière et fédératrice. Du coup, je l’ai interviewé pour Le magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois d’avril 2012 (en magasin depuis hier). C'était sa toute première interview, mais elle ne m'a pas semblé impressionnée... elle était même plutôt à l'aise. Il y a une forte probabilité qu'on assiste là à la naissance d'une auteure à succès. Je le sens ainsi. Nous verrons bien. Quoi qu'il en soit, voici la substantifique moelle de notre entretien.

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02 avril 2012

Jérome attal : Interview pour "L'histoire de France racontée aux extra-terrestres"

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jérôme attal,l'histoire de france racontée aux extra-terrestres,interview,mandor8e mandorisation de Jérôme Attal. (Les précédentes mandorisations : pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol , pour Pagaille Monstre et enfin pour Folie furieuse. On ne pourra pas dire que je ne crois pas en son talent.

Avec ce 7e roman, Jérôme Attal raconte l’histoire de France aux extra-terrestres. Toujours avec son style : humoristico-poético-romantique... et forcément jubilatoire!

L’auteur :

Jérôme Attal est l’un des paroliers les plus prisés de la scène musicale française (Pierre Guimard - Florent Pagny - Johnny Hallyday - Eddy Mitchell - Michel Delpech - Jenifer - Mareva Galanter - William Rousseau - Constance Amiot - Marie Amélie Seigner - Chimène Badi ...). Il poursuit également une carrière d’auteur, compositeur, interprète. Il a écrit 7 romans.

jérôme attal,l'histoire de france racontée aux extra-terrestres,interview,mandorLe livre selon l’éditeur :

Suite à une rupture amoureuse, le narrateur se retrouve sur une planète inconnue : Zyproxia.

Les Zyproxiens, qui évoluent dans un éternel présent, sont dépourvus de souvenirs comme d’imagination. Un problème pour les enfants qui réclament toujours des histoires avant de s’endormir ! Le chef des Zyproxiens voit donc comme une aubaine l’arrivée de notre héros, et lui demande s’il aurait la gentillesse de raconter à son fiston de merveilleuses histoires de là d’où il vient.

L’histoire de France racontée aux extra-terrestres se compose de plus d’une trentaine de courts chapitres parmi lesquels : La faute à Saint-Ex. Le Go fast de la révolution française. Et si le vase de Soissons avait été made in China ? L’histoire de France doit-elle avoir peur des jeunes filles au pair ? Les conversations secrètes entre François Mitterrand et Andy Warhol. Le Journal intime de Louis XIV. Pourquoi nos cousins du Québec sont-ils toujours enthousiastes ? Confessions d’une accro à l’Histoire de France... Et vous assisterez même à un concours de drapeaux français réalisés par des extra-terrestres. Vous découvrirez tout cela et davantage dans ce roman jubilatoire et poétique, inventif et malin.

Interview (à lire souvent avec un second degré qui, j'en suis sûr, ne vous échappera pas) :

jérôme attal,l'histoire de france racontée aux extra-terrestres,interview,mandorAprès les Livres dont vous êtes le héros, Pagaille monstre et Folie furieuse,  voici un livre qui s’adresse aux extra-terrestres. Deviens-tu un auteur « conceptuel » ?

Non, mais je trouve que c’est une proposition intéressante et plaisante d’écrire des livres plutôt rigolos dans lesquels je peux me permettre d’y inclure des choses plus intimes. Il y a une belle texture au final, j’espère. Ça m’aide en interview et dans les salons du livre. Je suis plus à l’aise avec des propositions décontractées, même si je garde une exigence littéraire. Ce procédé ouvre le champ des lecteurs. Il y a des choses profondes et des choses plus marrantes d’instinct et d’emblée.

Tu n’aimes pas vraiment être cloisonné.

Quand j’ai fait mon disque, on m’a dit que ça faisait trop « parisien », alors que les gens à Paris ne le soutenaient pas du tout. Par contre les radios francophones se demandaient pourquoi je n’avais pas rencontré le succès à Paris. Bref, j’essaie de tout décloisonner à présent. Je souhaite que ce que j’écris plaise à des jeunes gens de 17-18 ans, comme aux gens plus âgés.

Tu décloisonnes tellement que tu nous embarques sur la planète Zyproxia.

Je prends de la hauteur, en effet. Quand j’ai eu l’idée de ce livre, j’étais dans un grand moment de lecture de Richard Brautigan. Il a fait un livre qui s’appelle La pêche à la truite en Amérique, qui est son grand succès. Il prend la pêche à la truite en Amérique et en fait un personnage, Baduc…  et il part dans un délire. De plus, je savais que le livre sortirait pendant une période grave en politique où les gens allaient s’accaparer la nation, la patrie… tout ça. J’évoque une patrie de souvenirs en commun ou de visages rencontrés plutôt qu’une patrie nationale. J’aime bien le fait que Louis XIV se demande comment il va faire pour renouveler sa carte d’identité parce que sa mère s’appelle Anne d’Autriche et qu’elle habite en Espagne.  Ca m’a fait marrer de prendre le biais de personnages historiques pour raconter des choses plus contemporaines.Ceux qui aiment La folle histoire du monde de Mel Brooks ou Sacré Graal ! des Monthy Python ne seront pas dépaysés, en tout cas.

L’histoire de France te passionne depuis tout petit, je crois.

J’aimais beaucoup l’histoire de France pour en faire des héros avec lesquels je pouvais jouer. Je recréais des scènes avec des Playmobil dans ma chambre. L’histoire de France, c’était un immense bac à sable. Chacun avait ses héros favoris, Napoléon, Vercingétorix par exemple, et on pouvait les tenir entre les mains et imaginer des situations inédites. On se constitue aussi par les héros que l’on a dans sa jeunesse. Ce livre, oui, finalement est très lié à l’enfance.

Dans ce livre, on retrouve les thèmes présents dans tous tes livres : les filles, la littérature et Andy Warhol en particulier. Est-ce que ce roman est le condensé de ton œuvre ? Es-tu allé au maximum de tes possibilités ?

Non, je ne suis pas allé au maximum, car il faut toujours garder des cartouches pour la suite. J’adore Jean-René Huguenin qui est un auteur qui n’a écrit qu’un seul roman. Il est mort à 26 ans d’un accident  de voiture. Son roman est tellement parfait que par superstition, je garde toujours des cartouches pour la suite. Tu sais, j’écris toujours pour améliorer les livres d’avant. Je n’ai pas trop l’angoisse de la page blanche, parce que je suis insatisfait. Je suis toujours insatisfait du livre précédent, donc j’écris le suivant pour essayer de réparer les erreurs du précédent.

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A un moment, tu écris : « les lois de la fiction sont parfois bien étranges ».

Pourquoi, j’ai dit ça ?

Je ne sais plus. Mais tu es d’accord avec ce que tu as écrit ?

Hors contexte, je suis rarement d’accord avec moi-même. C’est mon côté Deleuzien. Ce qui est important, c’est le contexte. Je suis pour le contexte. Retrouve-moi le contexte et je valide cette phrase.

Non, j’aime bien ta réponse. Je ne cherche pas plus loin.

Cela étant, quand je vais en librairie et que je feuillette des livres, je me dis, qu'effectivement, les lois de la fiction et de l’édition sont parfois bien étranges.

jérôme attal,l'histoire de france racontée aux extra-terrestres,interview,mandorAs-tu peur que l’on ne comprenne pas ton œuvre ?

Je suis toujours en train d’être en colère contre des gens qui m’ignorent et qui se foutent de mon existence. Je préfère que des lecteurs et que des gens comme toi, qui me soutiennent depuis le début, trouvent une cohérence à tout ce que j’entreprends artistiquement, plutôt que d’être compris par ce qui fait mode et ce qui fait l’actualité. Je suis revenu de ça depuis très longtemps.

Tout artiste recherche la reconnaissance.

Oui, mais la reconnaissance dépend aussi souvent d’un contexte. On y revient, tu vois. Je préfère avoir des gens qui trouvent ça bien de manière spontanée. Moi, je suis mon premier client. Très vite, il faut que je plaise aussi au goût que j’ai et, du coup, je tente de faire le mieux possible en conséquence.

Tu te demandes pourquoi il n’y a pas plus d’éclairages sur les livres que tu fais, je le sais.

Bien sûr. C’est mon 7e livre, je n’ai jamais été aidé par un organisme. À chaque fois, je pose des dossiers à droite et à gauche pour avoir des bourses et ça ne marche jamais. Par contre c’est vrai qu’il y a de nombreux libraires qui me soutiennent et ça, c’est inestimable.

Il y a aussi ton éditeur, Stéphane Million.

Oui, c’est lui qui, a un moment donné, m’a proposé d’écrire un livre. C’est lui qui m’a donné confiance. Il a accepté tous mes projets littéraires les plus surréalistes. Il est toujours enthousiaste. C’est un sacré luxe.

Est-ce que l’on peut dire que plus tu écris, moins tu deviens grave ?

Parce que je suis plus heureux. Le livre le plus grave, c’était Le garçon qui dessinait des soleils noirs, mais je sortais vraiment de cette expérience de la musique où j’avais été très malheureux en tant que chanteur par rapport à ma façon de voir les choses. Par contre, je suis ennemi de la pesanteur. Même dans mes écrits un peu tristes, je fais en sorte qu’il y ait un peu de distance. Il faut toujours avoir une distance par rapport à sa colère et à son désespoir. Ce n’est pas pour rien que j’ai toujours aimé l’œuvre de Cioran.

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Ça n’a rien à voir, mais tu regardes The Voice ? Je te demande ça, car il y a dans le jury Jenifer et Florent Pagny pour lesquels tu as écrit de beaux textes…

Ce sont les deux artistes qui ont sorti cette année un single avec une de mes chansons. Jennifer pour « L’envers du paradis » et Florent Pagny pour « Tout et son contraire ». J’ai trouvé cette émission plutôt bien et très fraiche par rapport aux émissions du même genre. Je n’ai pas encore regardé les « battles », mais à priori, le succès n’est pas volé.

J’ai entendu unenouvelle chanson écrite par toi et chantée par Daran, « Kennedy ».

Je  ne sais pas si le nouvel album de Daran sera en vente en France étant donné qu’il s’est exilé au Québec. Le disque est sorti là-bas en tout cas et on peut le trouver sur ITunes.

À quand un nouveau concert de Jérôme Attal ?

Pour l’instant, je n’y songe pas. Je préfère que les gens achètent mon livre plutôt qu’ils viennent me voir chanter alors que je n’ai pas de nouveau disque. La littérature est vraiment ma priorité du moment. Cela étant, je vais t’avouer un truc qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. J'aimerais proposer aux salons du livre de pouvoir faire un concert avec mes musiciens qui mêlerait pourquoi pas quelques lectures de participants au salon, ou alors un concert seul. Puisque je fais le tour des salons du livre quasiment toute l'année, et que je cherche la cohérence entre mes divers travaux, ce serait top de pouvoir proposer un concert le samedi soir aux organismes qui nous reçoivent. Un concert ouvert à tous les participants, les bénévoles et le public.

Pour revenir à ton livre L’histoire de France racontée aux Extra-terrestres, peut-on dire que c’est Le Petit Prince des années 2010 ?

(Rires). Elle est super celle-là ! Est-ce que tu pourrais faire un bandeau ? En fait, je ne suis pas d’accord. Saint Exupéry, il dit que « s’aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction », et moi je dis « s’aimer c’est, se tenir la main et regarder où bon nous semble ». Et puis, mon livre est plus cultivé que Le Petit Prince. Après tout, le petit prince ne cultive que sa rose…

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(Merci à Pierre-Yves Mattera pour être devenu l'espace d'un instant un Zyproxien plus vrai que nature...)

A noter : Ce soir, (lundi 2 avril), Jérôme Attal est l'un des invités de l'émission AU FIELD DE LA NUIT, sur TF1.

31 mars 2012

Dominique A : interview pour "Vers les lueurs"

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(Photo: Julien Mignot)

Voici une rencontre que j’attendais depuis longtemps (même si ce n’était pas ma première avec lui). Dominique A est un maître de la belle chanson française. Beaucoup de jeunes artistes se revendiquent de lui. Il le sait, mais reste humble et détaché par rapport à l’image qu’il véhicule. Fausse ou vraie, cette interview réalisée à l’occasion de la sortie de son nouvel album Vers les lueurs était un bon prétexte pour revenir sur sa réputation et sur son œuvre en général… 

Le 13 mars dernier, nous nous retrouvons en tête à tête dans un bureau de son label (Cinq7). Voici l’interview publiée dans ActuFnac daté du mois d’avril 2012 (dans les magasins FNAC à partir de lundi).

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Voici un avant goût de Vers les lueurs, le premier clip tiré de cet album : "Rendez-nous la lumière".

Un autre extrait de l'album, mais en live... "Par les lueurs".

Bonus mandorien : Avec Dominique A, on a aussi parlé littérature…

Vous n’êtes pas sans savoir que j’anime depuis 3 ans le Salon du Livre de Provins, grâce à David Sottiez et l’association Encres Vives qui me réitèrent leur confiance chaque année. Ce même David a convié l'année dernière Dominique A à chanter à Provins, ville dont il est originaire. Pour l’artiste, c’était un moment unique et troublant… qui lui a donné envie d’écrire un livre. Explications.

Vous sortez  bientôt un livre de souvenirs, principalement lié à votre enfance…  à Provins (en Seine-et-Marne).

Oui, j’ai écrit sur mon rapport à Provins. Un rapport que je qualifierais d’ambivalent. Je n’aurais pas écrit ce livre s’il n’y avait pas eu un problème.

Vous avez eu envie d’écrire ce livre, quand l’année dernière, vous êtes venue à Provins chanter à l’initiative de David Sottiez dans le cadre du festival Encre Vives.

Oui, et cette journée est devenue la dernière partie du livre. Plusieurs fois, je suis revenu à Provins parce qu’il y a quelque chose qui m’attire et en même temps qui me révulse dans la ville et ses environs. Ce que la ville dégage. Cette espèce de solitude, ce truc qui tire vers le bas. Ces vieilles pierres, cette humidité antique. En même temps, j’ai l’impression que cette ambiance correspond à mon état d’esprit vraiment.

Vous vous êtes, je crois, beaucoup interrogé...

Des interrogations sur : Dans quelle mesure un lieu vous modèle ? Quel effet miroir ou non ? Et ce jour-là, le fait de revenir là-bas pour chanter certaines chansons qui étaient en rapport avec Provins, voir la réaction des gens, je vous assure que j’appréhendais beaucoup. Je me suis aperçu que certaines idées que j’avais préconçues sur moi et sur la ville étaient faussées. Cette journée m’a permis de me rendre compte que j’étais dans l’erreur. À la fin, du livre, je suis dans les rues de la ville et je raconte ce que je ressens, ce que je vois et ce que j’en retire. C’est un portrait de la ville peu engageant et, du coup, je ne suis pas sûr que les Provinois apprécieront particulièrement. Je ne pense pas que l’office du tourisme de Provins mettra en avant ce livre. Après je serais ravi de revoir David pour en parler et participer éventuellement au Salon du Livre de l’année prochaine. Il faut voir…

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Avec Dominique A, dans les locaux de sa maison de disque, Cinq7 le 13 mars 2012.

30 mars 2012

Revolver : interview pour "Let Go"

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Le 12 mars dernier, je me suis rendu dans les locaux d’EMI, afin d’aller interviewer les 3 membres du groupe Revolver.  J’aime bien musicalement et humainement ces jeunes hommes particulièrement matures et talentueux. Voici le fruit de notre conversation pour ActuFnac (daté du mois d’avril 2012 et dans les FNAC à partir de lundi).

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Pendant l'interview...

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Après l'interview, avec la participation amicale et discrète de David Robert Jones.

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Pour finir, le premier clip de Revolver tiré de ce deuxième album, Wind Song.

28 mars 2012

Mary* : interview découverte !

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Mary*, je l’ai découverte par le biais de Christian Garcia, le vice-président du Pic d’Or (dont j’explique ici pourquoi il m’a demandé d’être membre du jury de l’édition 2012). Mary*, c'est un peu son année. Elle est la lauréate de l’édition 2011 du Pic d'Or et des Talents Acoustiques de TV5 Monde 2011. La jeune femme a du talent, c’est incontestable. Et avec sa voix, sa guitare et son sampler, un style original. Je suis assez d’accord avec sa présentation officielle : « Elle a forgé son style, animal, au corps à corps avec sa guitare, elle gratte, tape, pince, va même jusqu'à chanter dans la rosace de l'instrument, invite la beat box et s'installe alors une joute jubilatoire avec la machine. »

Je l’ai reçu dans les locaux de « l’agence », le 14 mars dernier, pour une interview… avant de la découvrir, voici son tout premier clip. Simple et beau.

Il me tarde de MARY*. Réalisation : Safia Hadjhadjeba

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Interview:

Ton premier album éponyme est spontané, urbain, habité, frais et quelques perles comme « il me tarde », « A l'encre noire », ou l'africanisant « Restes de toi » valent amplement que l'on s'y attarde. En l'écoutant attentivement, je trouve que ta plume est « trempée dans l’encre noire » comme tu le chantes, d’ailleurs.

Le disque que tu as date de 2010, mais a été enregistré en 2008. Beaucoup des chansons présentes dataient de quand j’avais 16 ans. (Rires). Il y a des textes, aujourd’hui, je n’ai plus l’aplomb de les défendre. J’ai grandi depuis… Il y en a quatre que je réenregistrerais bien pour un EP.

Tout ce qui t’est arrivée cette année est très encourageant, non ? Tes victoires au Pic d’Or 2011 et aux Talents Acoustiques de TV5 Monde 2011…

Christian Garcia, le vice-président des Pic d’Or m’a repéré pendant le concours. Ensuite, après avoir été lauréate, il s’est un peu occupé de moi. Il fait office de manager non officiel et il le fait bien.C’est lui qui m’a incité à m’inscrire aux Talents Acoustiques de TV5 Monde. Et j’ai gagné, comme par miracle.

Mary* remporte le Pic d'Or 2011. Le jury était présidé cette année par Arnold Turboust et parrainé par François Jouffa.

Mary* remporte Les Talents Acoustic 2011 / TV5Monde.

mary*,interview,pic d'or,mandorÇa doit te rassurer sur ton potentiel.

C’est arrivé au moment où j’allais lâcher l’affaire. Cerise sur la gâteau, j’ai été convié à jouer à l’Olympia le 8 mars dernier pour la 6e édition du Prix Génération Réservoir. J’ai joué juste un morceau, mais j’en ai fait un moment de kif absolu.

Que fais-tu pour te faire remarquer par les professionnels ?

C’est le problème, je suis une piètre auto manageuse. J'essaie quand même de faire beaucoup de tremplins. Je le répète, ma rencontre avec Christian Garcia a été décisive et il m’a ouvert quelques portes. Comme la tienne d’ailleurs.

Comme je suis membre du jury de la prochaine édition du Pic d’Or, c’est vrai que j’ai écouté avec une attention particulière… un peu dans l’esprit « quel genre d’artiste à gagné l’année dernière ? ». Je t’ai trouvé une originalité et un talent suffisamment conséquent pour que j'ai le désir de te rencontrer. J'ai même beaucoup apprécié, pour être franc. Parlons de la scène, à présent. Le fait de chanter seule avec une guitare et un sampler, ça facilite les choses pour trouver des endroits ou jouer?

Les programmateurs me le disent souvent. Pour les premières parties par exemple, c’est idéal. J'ai eu la chance de faire celles de Alexis HK, La Rue Ketanou, Tété, Amadou & Mariam, Les Ogres de Barback, Pauline Croze, Fred, Rose, Vincent Delerm, Camille Bazbaz, Victoria Tibblin, Camélia Jordana, Olivia Ruiz, Féfé, Brigitte... En juillet dernier, j’ai fait aussi la première partie de Christophe Maé.Honnêtement, j’ai été bluffé. Lui et ses musiciens sont hallucinants. Les 11 000 personnes étaient conquises par l’énergie que cet artiste dégage.

Intégralité du concert de Mary* le 9 juillet 2011 en première partie de Christophe Maé au parc Eana, à Gruchet-le-Valasse (76).

mary*,interview,pic d'or,mandorGrande question métaphysique. Pourquoi es-tu pieds nus sur scène ?

C’est pour gérer au mieux mon sampler, ce n’est pas du tout pour faire style, comme beaucoup pensent à cause de mes dreadlocks. Les premières scènes, j’étais en basket, mais bon… vraiment, je gère mieux mes repères sur le sampler pieds nus.

Dans tes textes, le sens a de l’importance, bien sûr, mais le son aussi. J’ai l’impression qu’il faut que ça sonne avec ta musique. Le son des mots à travers la voix viennent servir la musique, un phrasé soul, des rythmiques groovy, un chant aux accents afro hip hop, des ambiances trip hop.

J’essaie vraiment d’allier la sonorité et le texte. Cela étant, on m’a proposé de travailler avec un ou des auteurs, mais je ne me sens pas la maturité d’interpréter les chansons des autres. Je ne me prétends pas chanteuse, mais musicienne. Avec le temps, j’assumerai peut-être plus l’ensemble de ce que je forme.

Dans la chanson « L’encre noire », (écrite par l'artiste 10Vers et interprétée avec lui), on entend cette phrase :« c’est maladif d’écrire ce que l’on a du mal à dire ».

Oui, il y a effectivement une forme d'exutoire. C’est aussi l’explication de l’astérisque qui est derrière mon nom de scène, Mary*. C’est un peu la Marie funky, donc elle devient Mary*, la face cachée de la fille que je suis. Ce n’est pas la Marie de tous les jours. Je trouve génial le nota bene… mettre un mot, mais renvoyer à une autre idée.

Tu sens un vrai phénomène de schizophrénie entre Marie et Mary* ?

Face à ma feuille, j’ai un peu cette sensation. Du coup, je m’en veux de ne pouvoir cracher qu’à ma feuille ce que je ressens. Les sujets dont je parle dans mes chansons sont vraiment intimes, même s’ils sont universels. Je parle d’amour, l’enfance, la famille… rien de bien original, mais c’est son traitement et les choses dites qui sont personnels. Devant une feuille, je n’ai plus peur de dire.

Quand tu écris, faut-il que tu sois dans une énergie positive ?

Pas forcément. Ma plume va mieux pour dire ce qui ne va pas que pour dire ce qui va bien. Je trouve extrêmement difficile d’écrire sur le bonheur éclatant.

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Mary* sera sur la scène du Théâtre des Nouveautés de Tarbes le 26 mai 2012, soir de la finale du Pic d'Or 2012, pour un mini concert! Que je ne verrai pas, car elle jouera lors de la délibération du jury (pour décerner le ou la lauréate de cette année)…

26 mars 2012

Sandrine Roudeix : interview pour "Les petites mères"

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C’est un joli roman que celui de Sandrine Roudeix. La famille, les non-dits, la communication difficile, la transmission qui ne l’est pas moins… Les Petites Mères chamboulent le lecteur. M’ont chamboulé moi, en tout cas.

Après avoir chroniqué ce livre aussi noir que délicat, j’ai donc souhaité rencontrer cette auteur(e) (néanmoins photographe réputée), le 9 mars dernier, pour une mandorisation en règle dans "mon" agence.

Portrait :

D'origine espagnole par son arrière-grand-mère, Sandrine Roudeix passe son enfance à Toulouse, fait ses études à Bordeaux et sa vie professionnelle à Paris. Elle travaille d’abord dans l’édition avant de devenir journaliste, puis photographe et romancière, ses deux passions.

Après un premier roman, Attendre, où Sandrine Roudeix abordait la question de l'identité à travers les enjeux d’une naissance, elle explore dans Les Petites Mères, son dernier titre paru aux éditions Flammarion, les conséquences de la transmission mère-fille.

Voici ma chronique de Les Petites Mères paru dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de Mars 2012).

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sandrine roudeix,les petites mères,interview,mandorInterview :

Revenons sur votre parcours, en quelques mots.

J’ai fait un bac scientifique, math-physique, plus une prépa HEC, plus une école de commerce, plus une fac de Lettres. En fait, dès le départ, je voulais travailler dans la littérature. Je suis issue d’une famille un peu populaire, un peu modeste qui disait : « Travaille ma fille, la littérature, ça ne fait pas vivre !  Le commerce, c’est bien. » Tout ce qui est associé à la culture n’était ni la culture de la maison, ni l’espoir de la maison.

Vous êtes rentrée chez Gallimard après vos études en 1996.

J’ai travaillé un an dans cette maison, je m’occupais du marketing chez Folio. J’ai fait d’ailleurs du marketing pendant 10 ans, chez Gallimard, chez 10-18 et au Seuil. Au bout de 10 ans, j’ai fini par me rendre compte que je m’étais trompée de voie. Je suis devenue journaliste pendant un an à Livres Hebdo, après j’ai fait des portraits d’écrivains et de musiciens pour le Nouvel Obs Paris. Toujours dans la culture, quoi !

Ça se tient comme parcours (que l’on peut découvrir plus en détail là !).

Je suis partie d’un entonnoir, j’ai tâtonné parce que  je n’osais pas encore m’avouer que je voulais aller vers la littérature directement.

Mais comment en êtes-vous venue à la photo ?

Au bout de six mois au Nouvel Obs Paris, je leur ai dit que je pouvais aussi leur faire des photos. Ils ont accepté. Je n’ai pas de formation photo. Je suis juste partie voyager autour du monde toute seule avec mon appareil photo, après ma cassure du monde du marketing et de l’édition.

Vous avez photographié Raymond Depardon et vous connaissez bien Jean d’Ormesson. Vous ne vous mettez pas un peu de pression dans chacun de vos domaines de prédilection ?

C’est très motivant, au contraire. Et moi, venant d’un autre milieu et d’un peu loin, cette reconnaissance est la preuve que tout est possible. En toute modestie, j’ai envie de suivre leur chemin. Pour Les petites mères, Jean d’Ormesson a été le deuxième à m’appeler, après ma mère. Il m’a dit avec sa petite voix chevrotante : « Sandrine, j’ai trouvé ça déchirant, mais déchirant ».

sandrine roudeix,les petites mères,interview,mandorVotre premier roman, Attendre, vient tout juste de sortir en poche.

C’est génial. Je connais très bien les rouages d’une maison d’édition. Ça veut dire que ce livre va durer un peu plus longtemps. Attendre, c’est mon premier roman, mais Les Petites Mères, c’est encore plus mes tripes.

Dans vos deux romans, il n’y a pas de grands paysages, on est plutôt enfermé.

J’aime les espaces clos dans les romans. Dans la contrainte, je trouve qu’on est beaucoup plus créatif. La difficulté avec Les petites mères, c’est que je voulais raconter cette malédiction familiale, matriarcale, transmission mère/fille qui ne se passait pas très bien, dans une seule et même journée. Je ne voulais pas que les gens s’emmerdent parce qu’elles sont beaucoup dans les réminiscences du passé et dans les télescopages de leurs espoirs et leurs déceptions. Il fallait que ça soit tendu, j’ai donc travaillé cette tension-là en essayant, pour chacune des petites mères, d’avoir un enjeu dès le départ, une interrogation. Yann Queffelec m’avait dit un jour : « S’il n’y a pas d’énigme dans un livre, c’est du foutage de gueule pour les lecteurs ». Ça m’a marqué, moi qui ne suis intéressée que par le côté psychologique et les liens, du coup, dans mes romans immobiles, j’ai décidé d’inclure énigmes et résolutions.

Vous parlez dans vos romans de transmission, certes, mais aussi du poids de l’héritage et sandrine roudeix,les petites mères,interview,mandordes répétitions de génération et génération.

Les parents et les grands-parents font ce que l’on est aujourd’hui. Si on ne comprend  pas ça, on n’a rien compris à la vie. Dans Les petites mères, j’ai voulu montrer que chaque petite mère ne fera pas pareil que sa propre mère avec sa fille. Je dresse le constat que, finalement, on ne fait jamais bien.

Il n’est pas exagéré de dire que ce que vous écrivez est très largement inspiré des évènements de votre vie personnelle.

En fait, comme pour Attendre, il y a un gros côté autobiographique, mais je suis issue d’une famille de taiseux, j’ai des bribes, mais tout n’est pas dévoilé sur mon histoire familiale. La littérature m’a permis d’inventer les fils qui relient chaque information que j’ai pu glaner petite ou plus récemment. Dans Attendre, je raconte une naissance non désirée. Je me mets tout à tour à la place de la petite fille qui attend son père qu’elle ne connait pas, de la mère qui, deux ans plus tôt, veut dire à sa fille qui est son père. Je traite la question de l’identité. Qui on est par rapport à un père et une mère qui ne nous ont pas voulu. La fin du livre se termine au moment zéro de la naissance. En vrai, je connais la conséquence, je connais le fait, mais je ne connais pas l’entourage. J’invente donc.

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Est-ce que votre mère à lu Les Petites Mères ?

Oui. Elle a été bluffée que j’écrive des choses dont elle était certaine que je ne savais pas et que la littérature m’a fait découvrir, mais sans m’en rendre compte. On sait toujours ce que l’on porte en soi.

Était-elle au courant que vous écriviez ce genre de livre ?

Oui, je ne lui ai jamais caché, mais je ne lui ai pas fait lire avant, ni l’un, ni l’autre. Toute modeste qu’elle soit, c’est une grande lectrice. Elle a tout à fait compris que mes livres étaient des objets littéraires, que c’était des livres et qu’il fallait les prendre comme tels. Du coup, elle ne se sent presque pas visée. J’ai trouvé cela très intelligent.

Parlons des hommes dans Les petites mères. Ils n’ont pas le beau rôle…

C’était le sujet puisque je voulais traiter le matriarcat. Le matriarcat = pas d’homme. Soit parce que les hommes sont absents, soit parce qu’ils sont méchants. Les petites mères ont choisi les mauvaises personnes et elles ont été très abimées. Je ne dis pas que tous les hommes sont des salauds, mais dans cette famille-là, ils l’étaient tous. La plupart des gens disent à mon éditeur et à mon attachée de presse que c’est hyper sombre et hyper noir. Je pense plutôt que mon roman est très noir, mais surtout qu’il est très proche du commun des mortels et que c’est un peu dérangeant. Si on gratte dans chaque famille, on peut trouver des accointances avec ce que je raconte dans ce roman. En fait, dans mon livre, il y a un message d’espoir : on peut croire qu’il y a une répétition et une malédiction, mais malgré tout, on peut s’en sortir et avoir une prise de conscience pour ne pas reproduire le schéma. Chacun fait comme il peu, mais chacun peu, à un moment donné, s’échapper.

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Avez-vous peur qu’on ne comprenne pas ce que vous avez voulu exprimer.sandrine roudeix,les petites mères,interview,mandor

Non. Ça ne se dit pas, mais je n’écris pas pour le lecteur, j’écris pour moi. J’écris parce que ça me semble important. J’ai voulu comprendre le processus de la transmission mère/fille. J’ai voulu tout désarticuler sur ce sujet pour essayer d’en saisir les nuances et tout mettre à plat.

Et ça va mieux aujourd’hui ?

Je comprends que vous insinuez que ce roman a remplacé un psy. Ce n’est pas tout à fait exact dans mon cas, parce que je ne peux écrire sur un sujet que lorsqu’il est réglé pour moi. C’est le seul moyen, encore une fois, d’en faire un objet littéraire.

Y a-t-il un rapport entre votre façon de photographier et votre façon d’écrire ?

Vous ne croyez pas si bien dire. Quand j’écris une scène avec plusieurs personnages, je m’amuse à les faire tous parler à tour de rôle, à la première personne du singulier. C’est vraiment comme un travail photographique. J’ai mon appareil photo. Je fais une photo d’un côté, et comme un chat, je tourne autour de mon sujet. En littérature, c’est pareil, j’essaie de me mettre dans tous les angles de vues possibles pour comprendre une psychologie et qu’il y ait à la fois de l’adhésion et du rejet.

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Portrait en ouverture d'interview : Alain Delorme

Les autres portraits : Sandrine Roudeix

Les photos à l'agence: bibi

23 mars 2012

Music is not fun : interview pour "Nuit et Jour"

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Photo © Abdelawaheb Didi / Pbox / Believe 2011

Music Is Not Fun est à l’honneur chez Mandor aujourd’hui. Le 28 février dernier, le trio lyonnais est passé à MusiqueMag pour nous interpréter 3 titres en acoustique et pour répondre à quelques questions. Afin que vous en sachiez plus sur Guillaume Herrero Chapelle, Valentin Ducommun et Julien Bloch, je vous propose ma chronique sur le disque, publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mars 2012).

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Voici 3 titres en acoustique (2 extraits de l'album et une reprise de la Mano Negra)...

Quelques photos de la session... signé bibi.

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Après une session chez nous, généralement, je m'adonne à une interview flash. La voici. C'est en grande partie, Guillaume, le chanteur qui répond.

À la sortie de votre premier disque, British Rendez-Vous en 2009, vous disiez que vous étiez Lyonnais d’origine, mais londonien de cœur. Ce deuxième album, Nuit Et Jour, est chanté entièrement en français, donc est-ce toujours le cas ?

Le premier disque était une forme d’hommage à nos influences anglaises, avec une pointe d’humour. Sur Nuit Et Jour, le but était aussi d’être plus honnête avec nous-mêmes et de faire écouter ce que nous sommes vraiment. Là, il y a un mélange d’influences que l’on n’avait pas pu montrer dans le premier. Le but était d’avoir un texte en français et une façon de jouer avec nos influences anglo-saxonnes.

Quand on chante en Français, est-ce que ça oblige à composer différemment ?

Ça nous a juste permis d’avoir plus de liberté artistique. Avec un public français, si on écrit en anglais, on est obligé d’écrire des chansons immédiates, très simples, très « pop ». En français, on a pu faire des chansons dans lesquelles on pouvait partir dans plus de directions.

En français, doit-on faire plus attention aux textes ?

Non, même en anglais, nos chansons avaient du sens. Le sujet était différent. Le premier album parlait de l’Angleterre et un peu de tous les groupes qu’on avait aimés. Ce nouveau disque parle plus de notre expérience en tant que groupe et de notre vie sur la tournée.

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Ça parle aussi des filles, de sexe et d’amour. Malgré ces sujets qui peuvent paraître légers, j’ai décelé en vous beaucoup de mélancolie. Une mélancolie étonnante pour votre jeune âge.

Les textes parlent de la sortie de l’adolescence. Ca rend un peu mélancolique. Il y a effectivement le sexe, les frustrations, la mélancolie, l’envie et la recherche de soi. On parle aussi des montagnes russes émotionnelles que l’on a pu traverser ses deux dernières années après la sortie de notre premier disque. On joue dans des salles qui sont pleines à craquer, où c’est la folie et le lendemain, on rentre chez nous et on ne sait plus trop qui on est.

Le groupe existe depuis 2006, avez-vous la sensation que cet album-là va vous permettre d’enfin décoller ?

Ce n’est pas encore bien concret. On est très content, le clip de « Nuit et jour » passe beaucoup en télé, on a beaucoup d’articles dans la presse, mais ce qui nous permet de nous rendre compte d’un frémissement de quelque chose, c’est la tournée. Elle vient tout juste de démarrer, ça marche bien, mais c’est un peu trot tôt pour se prononcer réellement. On croise les doigts.

Sur scène, c’est quoi Music Is Not Fun ?

Il y a plus de liberté et c’est plus rock et il y a forcément plus d’énergie.

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Finissons avec le premier clip tiré de l'album, Nuit et jour(réalisé par Alex SKARBEK)

(Merci à Carine Chevanche pour l'organisation de la rencontre et pour les photos de l'interview...)

22 mars 2012

CD'aujourdhui : M Pokora pour "A la poursuite du bonheur"

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m pokora,à la poursuie du bonheur,interview,cd'aujourd'hui,mandorLundi dernier, M Pokora a sorti un 5e album qui embrasse plusieurs courants musicaux. Il s'est entouré d'une nouvelle garde rapprochée. Particulièrement éclectique, celle-ci est composée de Mathieu Mendes, Soprano, Corneille, The Bionix, Fred Château, Julien Comblat, Joe Rafaa...

Les 14 autres chansons de l'album sont beaucoup plus chantées et mélodieuses. Néanmoins, M Pokora ne laisse pas tomber ce qui reste de son genre musical. Si son répertoire n’est pas ma tasse de thé, je ne compte plus mes mandorisations avec lui. Je l’aime bien humainement.

En 2007, je lui ai écrit une lettre, ici.

J'ai aussi participé à une de ses conférences de presse en février 2008 (et je goûte pourtant peu cet exercice).

Enfin, je l’ai interviewé aussi pour son précédent album.

Le jour de la sortie de l’album, le CD’Aujourd’hui lui était consacré. Pour voir l’émission, c’est ici…

Et voici quelques photos de la session acoustique...

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Après l'interview.

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Le 6 mars 2012 dans un studio d'enregistrement de Colombes.

21 mars 2012

Garance : interview découverte !

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(Crédit : Magali Tifiou Fernandez)

Garance est une jeune chanteuse que j’ai découvert par hasard sur la page Facebook d’un de ses musiciens, qui est aussi un ami, Fred Féraud. J’ai regardé deux extraits d’un récent concert et j’ai beaucoup apprécié (et immédiatement, ce qui chez moi est rare). Fraîcheur, ironie, second degré, une voix aussi belle que la plume.


Peut-être par garancemusique


Les idées rock par garancemusique

J’ai envoyé un message à Fred en lui disant tout le bien que je pensais de la chanteuse avec laquelle il bossait. L’idée de la mandoriser n’a pas mis longtemps à germer. Aussitôt dit, aussitôt fait, la jeune femme est venue avec Fred à mon agence, le 8 mars 2012 dernier.

Je me suis amusé à compléter la biographie officielle de Garance avec des extraits de son interview :

DSC03331.JPG

29154_406127603517_305792583517_4123841_4344335_n.jpgÀ l'âge de 18 ans, elle écrit, joue, chante et met en scène des pièces de théâtre, danse dans des créations.

- J’ai toujours chanté, mais ma vocation première était de faire du théâtre. À l’âge de 18 ans, quand je suis arrivée à Paris, c’était pour m’adonner à cette activité artistique. J’ai suivi les cours Florent, puis j’ai monté ma propre compagnie, j’ai joué,  mis en scène et écrit des pièces. Mes premières chansons, je les ai écrites un peu par hasard sans vraiment me dire que j’allais en faire un métier.

De ce travail se dégage peu à peu le besoin de faire passer les émotions à travers ses propres mots. C'est naturellement que la guitare s'impose pour donner vie à des mélodies toujours rythmées par la cadence du texte. En 2006, les premiers concerts ont lieu avec Brams, lui aussi auteur compositeur, et pendant 2 ans le duo baptisé « Garance et Brams » se produit dans des cafés-concerts et enregistre l'album "Repose ta veste".

- On était copains au lycée. Un Noël d’il y a 6 ans, nous nous sommes revus. Lui composait déjà et moi je chantais. On a décidé de jouer ensemble. On a fait beaucoup de concerts. Quatre par semaines dans tous les bars de Paris. On était super motivés et c’était une école de la vie formidable et formatrice. Capter un public qui ne vient pas spécialement voir un concert, ce n’est pas évident. On a fait ça pendant deux ans. Ça m’a donné envie de continuer, mais dans des salles plus importantes et surtout, d’y consacrer ma vie de manière plus professionnelle. Avec Julien, nous n’avions pas tout à fait les mêmes ambitions, donc, j’ai décidé de poursuivre seule en faisant des concerts en solo ou avec un guitariste.

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37227_413649418517_305792583517_4318163_1440471_n.jpgEn 2008 Garance débute donc une série de concerts dans sa nouvelle formule. Elle présente son guitare-voix dans les salles parisiennes et ailleurs en France.  Elle sort en 2010 un album éponyme comprenant 8 titres.

-Il n’est plus trop représentatif de ce qu’on fait aujourd’hui en concert. De plus, certains textes sont très anciens. J’ai le souhait d’en enregistrer un autre très vite. Beaucoup de nouvelles chansons sont déjà prêtes.

Aujourd’hui, c'est donc accompagnée par un guitariste, un bassiste et un batteur qu'elle revient sur la scène musicale en 2012. De l'acoustique elle passe à l'électrique et revoit son répertoire dans des nouvelles sonorités avec une formation plus rock. Elle se présente sur scène avec justesse et honnêteté, choisit de faire résonner ses mots au travers d'un son brut, sans apprêt.garance,garance bauhain,interview,mandor

- Au bout de quelques années de travail, je me suis sentie au bout de ce que je pouvais faire toute seule. Je sentais que je n’arrivais plus à avancer,  j’avais envie d’aller plus loin et de dire autre chose. En mai 2011, j’ai mis une annonce sur un forum de musique pour chercher bassiste, batteur et guitariste. J’ai ensuite fait passer des auditions. Ensuite on a fait des répétitions ensemble et ça a fonctionné immédiatement. Je joue donc aujourd’hui avec Fred Feraud à la basse, Matthias Moreno à la batterie et Thomas le Mazurier à la guitare électrique et à la clarinette.

Ses chansons parlent de certains évènements de la vie (la sienne ou pas) avec recul et un peu d’humour.

Parfois ce sont des petites histoires, parfois juste des sensations. J’aime quand les textes sont un peu abstraits. J’aime aussi raconter le ressenti des choses à un moment précis. Ce n’est pas de la chanson réaliste, car je laisse parfois les choses dans le flou. J’apprécie que les gens qui écoutent mes chansons aient plusieurs interprétations.

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Garance avec son bassiste, Fred Feraud sur le désormais fameux canapé de "mon" agence...

Merci encore à lui pour m'avoir permis de découvrir cette pépite aussi talentueuse que sympathique.

Merci à Magali Tifiou Fernandez pour les jolies photos "studio" (pas celles prises le jour de l'interview).

Je souhaite une longue route à cette jeune chanteuse qui est loin d'être une débutante et qui, je pense, à beaucoup à donner à cette chanson française d'aujourd'hui que j'aime tant.  

16 mars 2012

Rover : interview d'une future star mondiale !

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Le titre de cette chronique est un brin exagéré et provocateur, mais bon, je ne suis pas loin de le penser. Ce serait, en tout cas, assez logique étant donné le talent immense de la personne concernée…

Le 5 mars dernier, j’ai reçu le très charismatique Rover à MusiqueMag pour une session acoustique et pour une interview. J’ai eu un vrai gros coup de cœur pour son premier et magnifique album. Ses compositions et sa voix m’ont bluffé au plus haut point. Comme très rarement, en fait. J’avais écrit dans le FNAC ACTU daté du mois février 2012 un article pour le moins dithyrambique sur la sortie de son EP. À lire pour comprendre un peu mieux le personnage.

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Les deux sessions acoustiques...

 
Une belle session dans la jungle de MusiqueMag...

rover,interview,actufnac,mandor

rover,interview,actufnac,mandorInterview :

Vous venez de nous interpréter deux titres en acoustique. Je vous sens habité quand vous chantez…

C’est la première fois que l’on me le fait remarquer, mais personnellement, je sais que c’est indispensable pour interpréter les morceaux de Rover. Inconsciemment, je suis obligé de rentrer dans une émotion qui est la plus vraie possible. Les morceaux ont été écrits avec une émotion assez forte qui j’espère est ressentie à leur écoute. Le plus facile pour bien chanter une chanson, c’est de savoir et comprendre ce qu’on est en train de chanter, pourquoi on a écrit ces paroles et s’appuyer là-dessus. Je fais comme un acteur qui joue son texte au théâtre. Je prends donc votre réflexion comme un compliment.  J’ai une tendance à avoir une relation amoureuse avec la musique. Je la consomme et je la joue de façon passionnelle. J’essaie d’être le plus « dedans » et le plus « avec ».

Il y a des influences évidentes quand on vous entend, Bowie et les Beach Boys par exemple, et pourtant, vous avez votre propre style… c’est difficile de se détacher des gens qu’on a beaucoup écoutés ?

Oui, pour être franc, c’est difficile évidemment. Je suis absolument certain qu’il ne faut jamais renier ses influences, les disques avec lesquels on a grandi… Il faut bien assimiler ses influences, les assimiler, bien les passer dans son filtre. Il faut s’appuyer sur leur travail prémâché et parvenir à mettre ses propres émotions, sa patte, à travers les clés qu’ils nous donnent. Ce sont des alliés, pas des concurrents.  David Bowie en fait partie et c’est un nom qui revient très souvent quand on parle de ma voix. C’est très flatteur, du moins si cela fait écho à la première période de son travail, dont je grand fan. Il fait partie des 5 grands song writers de ses 50 dernières années, alors j’accepte volontiers cette remarque élogieuse.

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rover,interview,actufnac,mandorVous venez d’un groupe punk rock. J’ai remarqué que les artistes qui viennent de ce genre musical  ont besoin d’apaisement et ont tendance à avoir en solo un répertoire calme.  

C’est drôle comme réflexion. Je n’y avais jamais songé, mais c’est fort possible. Les rockeurs sont souvent des gens très doux, tout comme les balèzes, les gens très forts et très grands… en fait, s’ils font peur au premier abord, ils sont très sensibles. Un rockeur, c’est un song writer qui crie juste un peu plus fort pour qu’on l’entende. Moi, je ne fais pas une grande différence entre les catégories de chansons, entre un chanteur de folk, un rockeur ou un rappeur. Ce sont juste des habillages qu’on utilise qui diffère. Que ce soient les influences, les outils, les instruments ou les codes vestimentaires,  tout ça permet de faire passer son message. Mais au fond, peut être que vous avez raison, il y a ce sentiment de prendre une retraite après le rock…

Vous venez parler de message. Quel est le vôtre ?

Il y a une thématique qui rejoint le ressenti que j’ai au moment d’écrire des chansons. Quand je vis mon quotidien, c’est ce temps qui passe. La musique, c’est la raison n° 1 qui me donne la foi au quotidien, pour écrire une chanson, pour prendre ma guitare ou me mettre au piano… j’essaie d’avoir un peu d’emprise sur le temps qui passe, je crois que c’est ce qu’il y a de plus dur à notre époque. Tout est chronométré dans la vie, la musique me permet de me mettre dans une bulle intime ou je peux suspendre le temps. Ce n’est pas une volonté de ne pas vieillir, c’est juste ne pas en être le témoin chaque minute qui passe.

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Quand vous créez, vous êtes un solitaire ?

Plus on met d’éléments, plus ça peut devenir des pollutions potentielles. On est toujours diverti de l’essentiel quand on est plusieurs. La solitude à cela de fantastique qu’on est en relation qu’avec soi même et on apprend à se connaître, du coup, on en sort enrichi.

Quand vous êtes sur scène, vous avez des musiciens. C’est facile pour vous de donner votre musique à d’autres personnes. Les musiciens doivent s’accaparer votre musique.

Non, ce n’est pas facile. Les musiciens qui composent l’équipe qui m’accompagne sur scène sont des gens humains, brillants, fins et intelligents. Ils ont tout de suite compris l’ambiance de l’album et ils ont su se l’approprier avec respect tout en injectant leur « touch ».

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rover,interview,actufnac,mandorPour un musicien, c’est dur de jouer du Rover ?

A mon avis oui. C’est un projet tellement personnel et je suis tellement exigeant avec moi-même au moment d’écrire et d’interpréter les morceaux que je le suis forcément avec les autres. Dans mon répertoire, il  y a une zone de sensibilité très fragile. L’émotion peut très vite devenir pathétique si elle est prise à la légère. Il n’y a rien de pire que de jouer avec les émotions. Il faut qu’elles soient pures, blanches, dans le sens translucides, et sans maquillage. C’est ce que j’aime en musique, c’est ce que j’aime en peinture et chez les gens en général.

Vous venez de parler de peinture. Vous dites qu’elle vous inspire souvent.

Au-delà du support artistique, c’est une façon d’aborder son travail. Je ne suis pas un grand historien de la peinture. Je découvre des toiles, des peintres, mais ce sont les  peintres romantiques du début du 20e siècle qui me fascinent le plus. La peinture, c’est comme la musique, il y a quelque chose d’impossible à toucher idéalement. Quand on y arrive, on se rend compte qu’il faut s’y remettre le lendemain. 

Vous sentez qu’il se passe des choses autour de vous en ce moment ?

Indéniablement. Je perçois une vraie réception des gens qui ont acheté le disque et qui écoutent. C’est toujours angoissant parce que c’est une musique très personnelle. J’ai voulu un disque vrai, sans fioritures et qui ne suit pas les modes. Voir cet engouement autour de lui et de moi, ça me touche réellement.

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Pour finir voici son premier clip officiel...

15 mars 2012

Eric Antoine : interview pour son DVD "Réalité ou illusion"

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Éric Antoine, quand je le voyais faire un sketch à la télévision de manière parcellaire, très sincèrement, je n’accrochais pas des masses. Ses gesticulations, sa façon de parler, son rire forcé m’énervaient un peu. Je me disais qu’un petit peu de modération  ne lui ferait pas de mal. Et puis, quand j’ai regardé le DVD de son spectacle au Palace, Réalité ou illusion, je me suis surpris à rire un peu, puis beaucoup. Éric Antoine, pour bien apprécier son travail, il faut s’immerger dans son univers. Ce fou nous embarque vraiment dans son monde burlesco- magique.

Quand on lui parle, ce qui est frappant, c’est la douceur avec lequel il s’exprime. Son personnage est rangé dans l’armoire… j’aime bien le Éric Antoine pondéré et (très) sympathique du civil. Pour cette interview, j’ai dû l’appeler dans sa chambre d’hôtel, alors qu’il était en vacances à l’Ile Maurice.  « Cette semaine, vous êtes le seul journaliste à qui je parle, j’ai un besoin énorme de « décrocher » et de me reposer… » Voici donc le fruit de cet entretien (interrompu parfois par des gazouillis destiné à son bébé resté à proximité de lui lors de l’interview) pour Addiction, le mag (daté du mois de mars 2012).

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La bande annonce du spectacle...


Bande-annonce DVD Eric Antoine par dvd_eric_antoine