21 octobre 2009
L'interview de Michaël Furnon!

L’album de Mickey [3d] est sorti le 21 septembre.
J’ai rencontré le chanteur Michaël Furnon, le 27 juillet dernier.
Plus de 3 mois.
Je ne suis pas bien en avance, dites-moi.
Mon blog passe un peu en dernier actuellement.
Y a du lourd en attente…
Obispo, Michaël Jackson (enfin, son récent biographe) et bien d’autres sont dans les startings blocks.
Je vous propose aujourd’hui mon article sur "La Grande Evasion" écrit pour Virgin.
Puis l’interview découpée pour une "semaine spéciale Mickey [3d]" diffusée sur 77FM.
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Deuxième partie : après "Mickey tout seul", Michaël Furnon sort un album joué en compagnie de 13 musiciens.

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Troisième partie : Pourquoi Michaël Furnon a-t-il un souci constant d'indépendance?

Quatrième partie : Pour lui, aider les autres artistes est un sacerdoce. Il n'envisage pas le métier autrement.

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Cinquième partie : Michaël Furnon explique pourquoi il a voulu sortie de son image de chanteur social.

Sixième partie : Le chanteur des Mickey [3d] ne voit pas un grand intérêt à faire de la promo, mais il s'y plie poliment. Il n'aime pas les explications de textes.

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Neuvième partie: Pour finir, Michaël Furnon nous livre ses sources d'inspirations. En l'occurence, des lieux qu'il a visités et des livres qu'il a lus.


Playmobil:
L'homme qui prenait sa femme pour une plante.
Paris, t'es belle.
Méfie toi l'escargot.
On termine avec une page de pub...

07:43 Publié dans Les coulisses du show biz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mickey [3d], michaël furnon, la grande évasion, interview, virgin, 77fm
18 août 2009
Patrice Korian... chanteur humano-rigolo-naïf.
Hier matin, en revenant de vacances, je vois un disque en évidence sur mon bureau de la radio.
Bon, ça, ce n’est que très moyennement étonnant au regard de mes activités professionnelles.

" Tiens, un arménien ! ", me dis-je, sachant que tous les noms de familles des arméniens finissent en " ian " (je le sais, j’ai épousé une arménienne…).
J’écoute donc le disque.
(Parce que quand je reçois, j'écoute.)
Et je reste un instant dubitatif.
Moyennement convaincu au premier abord, je réécoute.
Ce qui est certain, c’est que le gars est un bon mélodiste.
Les titres sont efficaces.
Mais, deux bémols s’imposent à moi : textes un peu trop démagos pour moi (et, ça, vous le savez peut-être, c’est ma bête noire dans la chanson française) et musique et réalisation très (trop ?) " années 80 ".
Malgré tout, l’album est varié, attachant et ne fait du mal à personne (sauf à l’injustice!). Patrice Korian semble un observateur attentif de notre société.
Je vais donc le mandoriser.
Les bons sentiments sont un peu exclus du jeu de la vie ces derniers temps.
(Je la note celle-là !)
Et puis, c’est un premier album...
(Cette dernière phrase, je le sais, n'explique pas grand chose.)
J’appelle l’auteur, compositeur, interprète dans la matinée.
L’après-midi, il était devant mon micro.
Rarement fait aussi rapide.
Patrice Korian, m’explique qu’il n’est pas arménien et qu’il ne s’agit que d’un pseudo.
Ah bon ?
L’homme semble avoir un certain vécu et une envie de réussir à faire passer son message de fraternité et de paix qui impose le respect (mais qui peut aussi agacer).
Interview :
1ere partie : Présentation du personnage.

2eme partie : Ses chansons.
14:39 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : patrice korian, les cris du silence, interview, podcast, 77fm
30 juillet 2009
Hugues Pouyé, auteur spirituel.

La quatrième de couverture de Par d'autres chemins ne m’avait pas inspiré. Je suis incapable d’en expliquer les raisons :
« C'est l'histoire d'amour difficile entre deux êtres qui se croisent, se cherchent, se blessent et qui nous conduit au cœur de notre complexité, de nos contradictions, là où sourd une rivalité souterraine entre nos aspirations les plus hautes et nos penchants les plus charnels. Là même où nous ne voudrions pas aller et où, pourtant, il nous faut accepter de descendre, nus et à dos d'âne. »
En fait, très vite on comprend qu’une question domine ce roman : « Est-il encore possible de placer l'engagement religieux et la vie monacale au cœur d'un récit où la foi et ses règles vont être confrontées à l'homosexualité des personnages principaux, Adrien et Malcolm ? »
Si j’ai commencé à lire cet ouvrage à reculons (ce qui, convenez en, n’est pas très pratique), passé quelques pages, je n’ai pu lâcher ce roman largement autobiographique. Hugues Pouyé, l’auteur (qui a quitté la vie religieuse il y a une dizaine d’années) pose des questions essentielles et philosophiques sur la foi, l’amour avec grand A, l’organisation du monde et les rapports entre les hommes.
Je ne vais pas ajouter qu’il s’agit là d’un roman initiatique, car on emploie ce terme à tort et à travers (ce qui a tendance à m’agacer, mais enfin, on n’en est pas loin).
J’ai convié Hugues Pouyé à venir me parler de son roman sur 77FM.
Je vous propose ici la version intégrale de cet entretien.
15 minutes en 4 parties :
Première partie: présentation du livre.
Deuxième partie : Pourquoi ce livre et les questionnements d’un homme d’Église en proie à des désirs homosexuels.
Troisième partie : L’Église et l’homosexualité. Pourquoi tant d’hypocrisies ?
Quatrième partie : Des désirs désormais assumés ?
08:59 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : hugues pouyé, par d'autres chemins, interview, podcast, 77fm
03 juillet 2009
Jérôme Attal rend visite à Mandor...

Jérôme Attal est un de mes auteurs préférés.
Il est l'artiste le plus mandorisé. (1, 2, 3, 4.)
Depuis 3 ans, à chaque fois qu'il sort un livre ou un disque, nous nous rencontrons et nous en parlons.
Nous nous apprécions parce que nous aimons échanger ensemble.
Jusqu'à présent, je venais à sa rencontre dans des cafés germano-pratins, mais cette fois-ci, il est venu me rejoindre à 77FM.
Il a accepté sans se faire prier.
Pour me parler de son dernier livre en date: Le journal fictif d'Andy Warhol.
Aujourd'hui, je vous propose de changer mes habitudes.
Pas de longs textes.
Des podcasts.
C'est une sacrée révolution!
Présentation de l'ouvrage:
"Entre le pastiche et l'hommage, Jérôme Attal écrit et invente les pages manquantes du Journal intime qu'Andy Warhol a tenu dans les dernières années de sa vie. Se glissant dans la peau du peintre et artiste américain, il revisite les années 80, livre des réflexions sur l'histoire de l'art, les people, et dresse des correspondances ironiques avec notre époque. Spirituel, vertigineux, tendre ou assassin, ce Journal plus vrai que nature sérigraphie notre époque. Il est suivi d'une nouvelle, Jeunesse du héros qui met en scène Andy Warhol en culottes courtes, étudiant à Pittsburgh, dans laquelle on apprend l'origine de nombreuses obsessions de l'artiste ainsi que certaines de ses fameuses formules dont « le quart d'heure de célébrité ». Mélancolique et cinglant, ou quand la fiction transcende la réalité !"
Avec son ancienne mais opérationnelle voiture "Marguerite" (en hommage à Marguerite Duras), Jérome est arrivé à l'heure pile devant la radio.
Nous avons enregistré l'interview dès son arrivée.
Il faisait très, mais alors, très, très chaud...
La voici en 4 parties de 5 minutes:
Jérôme, au moment de l'interview à sorti un masque sans me prévenir... "pour rendre hommage au Mandor des premiers jours, quand il cachait sa tête sur les photos pour qu'on ne le reconnaisse pas...". Ca m'a fait marrer, car je ne m'y attendais pas...


15:12 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jérôme attal, journal fictif d'andy warhol, interview, podcast, 77fm
25 juin 2009
Sébastien Fritsch revient sur le lieu du crime...
C’est bizarre, je me souviens plus comment nous nous sommes connus. Je sais juste que nous lisons nos blogs respectifs depuis des lustres (« lustres » en langage 2.0 est au moins égal à 3 ou 4 ans).
Sébastien Fritsch, je ne l’avais croisé « en vrai » qu’une fois, il y a deux ans, en coup de vent, au Salon du livre de Paris… dans une allée.
-Bonjour, vous êtes Mandor ?
-Oui, à qui ai-je l’honneur ?
(D’ailleurs, je me demande toujours comment on peut me reconnaître, je suis pourtant si discret sur mon blog. Vous trouverez bien une photo ou deux de mois, en cherchant bien, mais pas plus. L’ego surdimensionné, très peu pour moi !)
-A Sébastien Fritsch.
-Ah, bonjour, ça me fait plaisir de vous voir. Moi, c’est Mandor.
-Oui, bonjour, moi, c’est Sébastien Fritsch…
-Ça me fait plaisir de vous voir, j’aime bien ce que vous faites.
-Moi aussi.
-Bon, ben, à bientôt alors…
-Oui, c’est ça, à très vite.
Bref, un premier contact enrichissant.
Et puis, j’ai reçu son deuxième livre Le Sixième Crime.
J’ai adoré.
Mais vraiment.
Je l’ai donc mandorisé par téléphone, quelques jours après lui avoir posé un lapin de chez lapin.
Aujourd’hui encore, j’ai honte.
Je raconte tout ici.
Bref, après avoir lu son dernier roman en date, Derrière toute chose exquise, j’ai décidé de lui sortir le grand jeu.
L’inviter dans ma radio.
(Enfin, la radio en elle-même ne m’appartient pas, j’y travaille juste… mais c’est une façon de parler. Non, parce que je ne veux pas qu’on dise « Hé ho, l’autre, il dit qu’il a une radio, alors qu’en fait, il est juste employé et »… euh… bref.)
J’ai demandé à Sébastien Fritsch de venir à Meaux.
Cette ville est d’ailleurs citée plusieurs fois dans son livre.
La gare de Meaux, plus précisément.
Mais, le léger détail, c’est que l’auteur habite à Lyon.
Donc, après une enquête d'investigation poussée sur Mappy.com (je suis journaliste d’investigation, il est hors de question que je ne vérifie pas une information majeure), Lyon n’est pas très proche de Meaux.
(Remarquez combien un blog tenu par un journaliste professionnel est d’une tenue intellectuelle irréprochable. Excusez-moi de surligner cette évidence, mais sachez que c’est inné. Je n’y peux rien, la rigueur est comme une deuxième peau.)
Bon, j’accélère un peu le rythme parce qu’il est possible que certains d’entre vous commencent à s’impatienter.
Voici le pitch de Derrière toute chose exquise (copié collé sans remord sur le site de la maison d’édition de Sébastien Fritsch, Pierregord. Un journaliste consciencieux cite ses sources. Ne me remerciez pas, c’est une règle d’or…) :
Jonas Burkel, photographe quadragénaire, mène depuis toujours une vie sans à-coups, sans ambition, sans émotion excessive.
Ses journées ne sont qu’un simple assemblage d’habitudes : le confort de son appartement, ses disques d’Oscar Peterson, ses heures de contemplation ou d’errance solitaire dans les rues de Paris et, surtout, les femmes qui se succèdent, au fil des ans, face à son objectif.
Elles aussi, comme le décor, la musique ou la lumière de ses clichés, le rassurent. Et pour cela, elles se doivent de ne jamais varier : toujours jeunes, grandes, brunes, fragiles, elles sont surtout exceptionnellement belles. Belles comme des anges, pense Jonas.
À la différence que les anges, eux, ne meurent pas.
Allez hop ! L’interview :
- C’est un livre noir.
(Une phrase, pas plus, pour engager la conversation. Court et efficace, chapeau Mandor !)
- Oui, comme le précédent. En même temps, il est teinté d’une petite couleur bleue. C’est à la fois un roman noir et un roman d’amour. J’ai, entre mes personnages, des relations qui sont très approfondies et très sentimentales. On décèle ce romantisme au fil des pages. Même s’il y a des descriptions, une ambiance qui est donnée, il y a tous ces sentiments qui sont étudiés et disséqués, je conduis mes lecteurs de façon à ce qu’ils aient envie de tourner les pages.
- Tu parles de Meaux et nous sommes à Meaux, c’est fou, non ?
(Il faut impliquer l’invité pour qu’il se sente bien. Le mettre en confiance pour qu’il se dévoile.)
- Effectivement, la rencontre entre le photographe quarantenaire, Jonas et la mystérieuse jeune fille fascinée par Oscar Wilde, se déroule à la gare de Meaux. Un matin de février Jonas monte dans le train et il a un coup de foudre. C’est un coup de foudre de plus parce qu’effectivement, il rencontre toujours de très belles femmes. Celle du train de Meaux est très mystérieuse, très absente dans le livre et malgré cette absence, elle s’impose et joue avec Jonas un jeu de séduction et de frustration qui va bouleverser ses petites habitudes.
- Difficile de ne pas en dire trop.
(Réactivité par rapport à une réponse donnée. Le journaliste doit montrer qu’il s’intéresse au sujet. Et ça tombe bien, car il s’intéresse au sujet.)
- Comme dans tous romans avec du suspens, il faut pouvoir donner envie de le lire sans trop en dire et sans rentrer trop dans le détail. C'est un exercice difficile que de trouver le juste milieu.
-Jonas ne semble pas être bien dans son époque. On a l’impression qu’il l’a subit plutôt qu’il ne la vit.
(Là, le journaliste professionnel analyse le héros et, du coup, impressionne l’invité par une telle puissance de déduction.)
-Le roman se situe au début des années 90, mais c’est un homme qui est très attaché au passé, qui n’écoute que des musiques qui ont quelques dizaines d’années et surtout il crée autour de lui une ambiance qui ne doit jamais changer.
-Il y a un labyrinthe sentimental dans ce roman. L’amour se rapproche de la mort.
(Je reçois un mail qui me dit : Mandor ! Ta gueule !)
-Et le labyrinthe dont tu parles est parcouru par toute une galerie de personnages. Jonas et la jeune fille, mais aussi quelques anciennes conquêtes de Jonas qui continuent de prendre une place et dont certaines vont connaître un destin tragique.
-C’est ton troisième roman. Tu écris depuis longtemps ?
(Bon OK ! Je ne dis plus rien. Motus…)
-Ça m’a pris tout petit. Quand j’avais une dizaine d’années, déjà j’écrivais. C’est 10 ans plus tard que j’ai pu écrire des projets aboutis qui tenaient debout.
-Tu nous concoctes un nouveau roman en ce moment ?
(… et bouche cousue.)
-Oui. Ce ne sera pas un "policier" ni un livre historique. Ce sera une histoire familiale entre Paris, Nancy, d’autres régions et même à l’étranger.
-Je sais que tu aimes aller à la rencontre de tes lecteurs.
(Non, parce que ça paralyse le discours, il paraît…)
-Oui, j’aime toucher les lecteurs.
(C’est une image les amis. Ne prenez pas tout au premier degré !)
Évidemment, comme je n’écris pas uniquement pour moi, j’apprécie les réactions des gens qui me lisent, discuter avec eux lors des salons du livre, avoir un retour concret de mes écrits.
-Tu as déjà un public acquis à ta cause? Des lecteurs fidèles ?
(Ah attendez, je reçois un deuxième mail! « Si tu continues, on file chez Wrath bavasser sur toi ! ». Non, pitié, pas ça !!! J’arrête, j’arrête !)
-Il y a des lecteurs qui ont lu tous mes romans et qui me demandent quand le prochain va sortir. Certains me demandent des détails sur les prochaines histoires ou me racontent comment ils ont perçu tel ou tel livre.
-Tu as un public plus féminin, je suis certain.
-Effectivement, mais c’est parce qu’il y a plus de femmes qui lisent des romans que d’hommes. Peut-être que la touche de romantisme que je distille ici et là les touche plus que le public masculin…
-Il y a un style Fritsch, je trouve.
-Je le prends comme un compliment. Je préfère que l’on me dise cela plutôt que l’on prétende que mon style ressemble à celui d’untel ou untel. Je ne veux pas être considéré comme un copieur. Je m’applique à avoir mon propre style avec une certaine musicalité, une ambiance, un rythme qui est très important, car il permet d’entraîner le lecteur.
-Quels sont tes écrivains préférés ?
-Je peux citer pour le mécanisme d’écriture, Agatha Christie, mais mes écrivains préférés sont John Irving, Patrick Modiano, Stefan Sweig, des écrivains très différents. Je dois avoir un amalgame de tout ça qui construit mon style. C’est difficile de se rendre compte.
-Ta plume est alerte, maligne, pleine de chausses trappes, intelligente, mais accessible à tous.
-J’espère ne pas être rébarbatif. Il faut écrire en ce faisant plaisir. Je reste accessible sans faire de concessions, sans vouloir simplifier ni mon écriture, ni mon histoire.
-Tu t’organises comment pour écrire ?
(Ça va ? Vous êtes là ? Non, parce que j’aimerais bien continuer à vous donner des cours de journalisme littéraire. Je peux ?)
-Je suis enseignant, donc théoriquement, ça me laisse du temps libre, mais comme c’est ma première année, ça me prend beaucoup de temps pour préparer mes cours. À côté de ça, j’ai une famille nombreuse et il faut aussi que je m’en occupe. C’est donc trois pôles de ma vie que je tente de concilier pour pouvoir écrire.
-La première version de Derrière toute chose exquise date de 1992. Tu n’as cessé de la remodeler.
(Par exemple, on ne tutoie pas l’invité. On exclut le lecteur sinon…)
-Pour moi un roman se conçoit sur plusieurs années. Un roman, ce n’est pas juste s’asseoir devant une feuille de papier, c’est concevoir, agencer les différents personnages, caractères, situations…les lieux, après on peut commencer à écrire.
-Un écrivain est-il un suceur d’âme ?
(Poser des questions originales, fortes, inédites, troublantes est un point important de ce métier, surtout lorsque c’est pour clore un entretien…)
-Oui. On prend autour de nous les différents personnages et caractères que l’on peut observer. En tant qu’écrivain, on n’invente rien. Il faut juste tenter de métamorphoser des ressentis en histoires, de préférence à rebondissements et pas portées sur sa petite personne.
Après ce brillant entretien, j’ai emmené Sébastien Fritsch au Bureau de Meaux (comme je le fais souvent avec les invités qui se déplacent jusqu’à moi). En terrasse. Et nous avons refait le monde, le milieu littéraire et la blogosphère tout en dévorant de bonnes salades meldoises.
Sans aucune médisance, car Sébastien Fritsch n’est pas du genre à jacasser sur son prochain.
Malheureusement…
Merci à lui d’être venu de si loin et d’avoir absolument ben joué le jeu.
(Et je conseille à tous de lire Le 6eme crime et Derrière toute chose exquise. Vous ne le regretterez pas, foi de Mandor !)
(Ici, Sébastien Fritsch raconte son rapide passage à Meaux...)
07:55 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sébastien fritsch, derrière toute chose exquise, le 6e crime, interview, 77fm, meaux
08 avril 2009
Lisa Portelli... la relève!

Le 4 mars dernier, j’étais content d’aller récupérer Lisa Portelli à la gare de Meaux.
Je la vois sortir avec sa guitare. Pimpante et souriante. Elle grimpe dans ma voiture et hop ! Direction 77FM.
Feeling immédiat.
Jeune fille simple et naturelle.
Mais bon sang, avec un talent fou encore méconnu.

J’avais remarqué la demoiselle lors des dernières Muzik’Elles de Meaux.
J’étais présent lors de sa prestation.
Filmée ici…
C’est mon amie Lou (Laurence Goubet), dont le (bon) goût pour la bonne chanson française est proche du mien (en toute modestie... hum!), qui m’avait incité il y a deux ans à m’intéresser à Lisa Portelli. Un premier album difficile d’accès quand on l’écoutait juste une fois, mais de plus en plus envoutant à chaque écoute supplémentaire. Un truc de dingue.
J’attendais avec impatience la suite de ses aventures musicales. Un second album, pas encore sorti, dont certains morceaux sont écoutables sur son MySpace.

Plus abordable, mais toujours aussi exigeant.
Pour moi, c’est un compliment. Lisa Portelli ne donne pas de la soussoupe à ses contemporains.
Ne partez pas en courant, elle finira par vous rattraper.
Pop et intimiste.
Textes minutieux, universels.
Fraîche et spontanée, découvrez là en écoutant le magazine que je lui ai consacré…



Je lui souhaite une bien longue carrière.

06:04 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : lisa portelli, 77fm, set de la butte, muzik'elles de meaux
27 février 2009
Les Olympic Dragons sont morts... vive les Ladylike Dragons!
J'avais évoqué ici même mon intérêt pour le groupe de rock The Olympic Dragons.
Je les aime beaucoup humainement et musicalement.
Il leur est arrivé un drôle de truc récemment.
Drôle, c'est beaucoup dire. Ils ont été obligés de changer de nom de groupe.
Le 9 février dernier, les désormais Ladylike Dragons sont venus me raconter me raconter tout ça à 77FM, il y a deux semaines...

07:01 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ladylike dragons, 77fm
15 janvier 2009
Petit cours de journalisme à l'usage des futurs journalistes!
« Bonsoir et bonne année,
Je suis étudiante en 3ème année de licence information et communication à Paris et je dois réaliser un dossier sur le métier de journaliste radio. A cet effet, je me permets de vous contacter afin de savoir si vous pourriez répondre à quelques questions que je vous ferai parvenir par mail ?
Je vous remercie d'avance.
Cordialement
X »
J’ai reçu ce mail récemment et j’ai donc accepté.
De répondre à « quelques questions ».
(Il faut bien transmettre son savoir à ceux qui vont manger mon pain dans quelques années…)
J’ai reçu le questionnaire.
25 questions en tout.
Certaines ardues, pointues et compliquées.
J’y ai passé deux dimanches matin.
Vrai.
Parce que j’avais promis.
Désormais, je refuserai ce genre de demande, car les jeunes ne sont plus raisonnables.
Plutôt que transmettre un savoir, j’ai l’impression d’avoir fait les devoirs de la jeune journaliste.
Son dossier sur le métier de journaliste radio, il est presque bouclé.
J’ai d’ailleurs envoyé un mail à la demoiselle en expliquant que lorsqu’on demande des renseignements à un professionnel, il fallait peut-être avoir le sens de la mesure.
Pas de réponse.
Bref, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, je vais vous gratifier d’un cours rapide de presse écrite dans la PQR (Presse Quotienne Régionale).
Prenez des notes, je ne répéterai pas !
Hier est paru dans les pages Seine-et-Marnaise du Parisien, un article de 500 signes sur ma participation au film Envoyés très spéciaux.
Merci à V.R de s'être intéressée à ma petite expérience dans le monde du 7eme art.
Le voici.
Un petit décryptage s’impose.
D’abord le titre : Gérard Lanvin coaché par 77FM.
Bon, ce qu’il faut savoir dans la PQR, c’est qu’il faut toujours dans un titre, une « accroche », un lien avec la région.
Là, le lien, c’est moi.
Moi qui travaille sur 77FM.
77FM étant basée à Crégy-les-Meaux.
Crégy-les-Meaux étant en Seine-et-Marne.
Bingo !
Seul problème pour rétablir l’exacte vérité, c’est que lorsque j’ai participé à ce film, je ne travaillais pas encore dans cette radio. Donc Gérard Lanvin n’a pas été coaché par 77FM, mais par François Alquier.
Mais, vous savez quoi ? À la place de la journaliste qui a écrit cet article (connue dans la région pour être fort compétente), je n’aurais pas hésité un seul instant à user de ce même procédé…
J’ai souri en lisant les noms de Gérard Lanvin et le mien avec les précisions : « à droite » ou « à gauche ».
Il est vrai que le doute est permis.
Soyez lucide, Gérard et moi, on se ressemble comme deux gouttes d’eau !
Un « 500 signes », c’est très court, on doit aller droit à l’essentiel, sans expliquer en détail le pourquoi du comment.
Quand vous lisez : « Le réalisateur Frédéric Auburtin, l’a sollicité durant 3 semaines pour apprendre à l’acteur à parler dans un micro avec le ton et le phrasé d’un journaliste radio…», il ne faut pas comprendre : « le réalisateur Frédéric Auburtin s’est mis à genou pendant trois semaines afin que François Alquier daigne venir aider Gérard Lanvin a s’en sortir dans ces scènes extrêmement compliquées… ».
Il faut juste comprendre que j’ai été engagé quelques jours, de-ci de-là, pour distiller quelques conseils à un grand acteur qui les a parfois écoutés, mais qui a surtout fait son travail de comédien avant tout. Il a pris de ma part ce qu’il a voulu, senti, trouvé intéressant, mais à surtout (et heureusement) gardé son style Lanvinesque que le public aime tant.
Je ne me minimise pas mon travail lors de ce film, mais si, quand même, un peu.
Voilà, ce premier cours sur la PQR est à présent terminé.
Rassurez-vous, il y en aura d’autres.
Calmez-vous, n’applaudissez pas trop fort, ma fille dort encore.
Pour conclure : je vous en supplie, jeunes étudiants en journalisme, ne me contactez plus pour que je vous aide.
Je suis un peu débordé en ce moment…
Contentez-vous de venir sur ce blog, vous apprendrez beaucoup sur ce qu’est le vrai journalisme d’investigation.
Sur la rigueur, le professionnalisme et le sérieux que doivent avoir les gens de notre chère corporation.
(Sinon, le film sort mercredi prochain…)
07:36 Publié dans Mandor au cinoche... | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : envoyés très spéciaux, gérard lanvin, 77fm, françois alquier, frédéric auburtin, le parisien, seine-et-marne matin
05 janvier 2009
Astoria... rock explosif!

J’ai connu le groupe Astoria quand il ne s’appelait pas encore Astoria, mais Corvette.
Leur MySpace.
J’avais trouvé puissant le son qui se dégageait de leur musique et je dois avouer que leur chanteur, Benoît Clerc m’avait très impressionné.
Sa voix, son charisme…
Ce groupe de Magny-le-Hongre m’a envoyé récemment un disque avec 3 titres (qui annonce un album futur).
Une sorte de mise en bouche.
Du rock pur et dur qui n’est pas forcément ma tasse de thé, je veux dire par là que c’est une musique que je n’irai pas spontanément écouter chez moi.
Mais, j’ai trouvé que cette production n’avait rien à envier à d’autres groupes plus connus…
Ils veulent allier, je cite « l’énergie de Led Zeppelin et le rock à paillettes de Queen ».



| LE RESERVOIR | Lagny sur Marne | ||
| MJC RELIEF - Les Journées du Rock | Morangis | ||
| LE QUAI’SON | Nancy | ||
| LE BRIDGE Café Concerts | Romilly sur Seine |
15:43 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : astoria, foogie boogie, benoît clerc, 77fm
31 décembre 2008
Dernier jour de l'année 2008...

Période de bilan… retour en arrière sur les 365 jours qui viennent de s’écouler.
Je n’aime pas ce petit jeu traditionnel, aussi, je vais m’y adonner.
(Je n’aime pas non plus la logique des choses…)
2008, pour moi, c’est une radio qui m’accueille (77FM), les pages « musique » de deux consumers (Virgin ! et Culturissimo), mon propre rôle dans un film (Envoyés très spéciaux, sortie le 21 janvier prochain), de nombreuses interviews de chanteurs, acteurs, écrivains et politiques, l’abandon de ma vie sociale blogosphérique, la non-écriture d’un roman (alors qu’il faudrait que je m’y mette), l’écoute d’innombrables disques bons où moins bons (voire, franchement mauvais), la lecture de quelques livres bons où moins bon (jamais franchement mauvais, je n’ai pas le temps !)…
Et puis aussi, je n’ai absolument pas entretenu la flamme de l’amitié avec mes anciennes et nouvelles relations…
Je ne suis pas surpris, je n’ai jamais été un très bon ami. Une fameuse tendance à m’enfermer dans mon monde et à m’en contenter.
(Certains viennent ici souvent, sans se déclarer...)
Il faut que j’apprenne à mieux aimer mes proches.
Voilà.
Non, je ne parle pas de ma vie plus intime.
Il y a eu des hauts et des débats…
Je fais ce que je peux pour être à la hauteur.
C’est tout.
Mon souhait (professionnel) pour 2009 ?
Refaire de la télé.
(En plus de mes activités actuelles…)
Mes bonnes résolutions ?
Me retrouver.
C’est beaucoup.
A tous, bonne année 2009 !
07:04 Publié dans Explications et justifications... | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : 77fm, virgin!, culturissimo, envoyés très spéciaux
24 décembre 2008
Aldebert vous souhaite un Joyeux Noël!
En ce 24 décembre, je tiens à vous faire découvrir le meilleur disque pour enfant depuis bien des années.
Il plaira sans nul doute à vos rejetons, mais vous aussi, vous allez aimer (encore plus si vous avez le syndrome de Peter Pan!).
Je vous propose de découvrir Enfantillages, le récent album d'Aldebert.
Avec pléthore d'artiste de la nouvelle génération, mais pas que. (Renan Luce, les Ogres de Barback, Elodie Frégé, Maxime Le Forestier,Clarika, Riké...)
Je l'ai rencontré (merci Barbara!) le 3 décembre dernier au Zébra Square.
Pour écouter le reportage complet que j'ai réalisé et, donc, rentrer dans son univers pendant 30 minutes (très musicales)... C'est ici que ça se passe!
Je vous souhaite un Joyeux Noël et une bonne écoute!
Voici le podcast intégral (et very passionnant!) en 3 parties de 3 minutes 30:
Première partie:

Deuxième partie:


EDIT: Quelques, jours plus tard...
Un article annonçant l'évènement:
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19 décembre 2008
Jean Hartleyb... écrivain fouilleur d'âmes!
Parfois, je trouve que Facebook a de l’intérêt. Disons qu’il peut servir à faire de belles rencontres et à découvrir des livres saisissants.
Un jour Jean Hartleyb, Docteur en sociologie qui vit à Strasbourg, me contacte. Il me parle de son livre Névropolis (sortie aux éditions Bénévent).

Voici la 4eme de couverture :
« L’existence de Nathan Wilbe, peintre new-yorkais réputé, ami volage et soupirant désastreux, ressemble à une ville de lendemains d’attentats, battue par des vents violents et n’en finissant plus de trembler sur ses fondations. Cloîtré chez lui, ne sortant que pour se rendre aux rendez-vous fixés par son psychiatre, il vit au milieu de ses toiles inachevées, de ses manies et d’étranges apparitions qui l’éloignent chaque jour un peu plus de sa propre histoire. Intimement convaincu d’avoir eu plusieurs vies, ses toiles sont les réceptacles de ses souvenirs, des bons comme des mauvais, de ses désirs enfouis et de sa folie douce. Sous l’œil d’un ange cynique et glaçant, il cherche dans un univers en ruines à retrouver la voie de la raison avant celle du cœur, reproduisant là une erreur vieille comme le monde… »
Poli et un peu curieux de ce qu’il m’en dit, je lui demande de m’envoyer son ouvrage.
Ce qu’il a fait quelques jours plus tard.
Je finis par trouver le temps de le lire, un mois plus tard.
Et là, je reste scotché par ce livre sans complaisance sur notre époque et si ironique sur notre société.
« Ah ouais, quand même ! », me dis-je en refermant la dernière page (ce qui est une analyse et une synthèse tout à fait intéressante pour un journaliste culturel…)

Je contacte de nouveau Jean Hartleyb pour lui dire le bien de ce que je pense de son livre. Je tiens à le mandoriser. Il accepte. À tel point que pour cela, il est prêt à venir à 77FM.
Non, non, ça ne m’a pas touché qu’il fasse le trajet Strasbourg-Meaux…
Je le récupère le mardi 9 décembre dernier à la gare de Meaux.
Il neige comme vache qui neige.
Limite tempête.
Je lui dis qu’il n’était pas obligé de venir du Bas-Rhin en amenant le climat de là-bas.
Il sourit par politesse. (Hé ho ! Je n’ai pas appris à faire de l’humour avec des sociologues spécialisés en "politique", moi! Je reste nature… spirituel, donc. Ahem !)
Je l’emmène déjeuner dans un restau meldois. Nous en profitons pour faire connaissance. L’homme est sympathique, disert, drôle.
Et on papote, comme de vieux amis que nous ne sommes pas (encore).
Allez, il est temps d’aller interviewer le monsieur.
Juste une petite photo enneigée au sortir du restaurant.

Voici des extraits de l’entretien :
Mandor : Votre premier livre était un essai sur le nazisme…
Jean Hartleib : C’est une thèse sur le nazisme qui a été publié après ma soutenance. J’avais choisi un angle bien particulier. La situation des Alsaciens pendant la Deuxième Guerre mondiale. Etaient-ils aussi indifférents qu’on la dit ? Il me semblait qu’il y avait un vide au niveau de l’approche de la question dans la région.
M : Vous avez une formation d’historien ?
J.H : Quand on fait de la sociologie politique, on fait forcément de l’histoire.

M : Parlons de Névropolis. Votre héros s’appelle Nathan Wilbe. Il est peintre new-yorkais et surtout il est dans un état mental assez complexe.
J.H : L’état mental est à l’image de la ville après le 11 septembre. Il y a un parallèle qui est fait en permanence entre ce qu’il traverse, ce qu’il vit au quotidien et les conséquences de ce traumatisme historique qu’est la chute de ses deux tours. Névropolis s’applique autant à la situation de New York qu’à la situation de l’un de ses habitants.
M : Nathan Wilbe est maniaco-dépressif…
J.H : Oui, il est bi polaire. La bi polarité fait référence à quelque chose de cyclique. On passe d’un état maniaque, d’hyper excitation à des états extrêmement dépressifs. Tout l’art du psychiatre étant de trouver le bon traitement pour avoir une sorte d’équilibre, pour ne pas basculer constamment d’un bord à l’autre.
M : Il est borderline ce peintre. À la frontière de la folie…
J.H : Tout dépend de la lecture qu’on fait du livre. De mon point de vue d’écrivain, aujourd’hui, je ne sais toujours pas où il se situe exactement. Soit il est bi polaire, soit il est comme vous et moi… je ne sais pas.
M : Ce dont je suis sûr, c’est que mon état n’est pas « déphasé dans des fantasmes de grandeurs de décadences cycliques »… c’est ainsi que son psy le décrit.
J.H : Il est artiste. Donc, par définition, il exagère des questions que, nous, on se pose au quotidien. Il fonctionne beaucoup dans les superlatifs, les exagérations, dans le grossissement des traits et donc, forcément, il a un délire de grandeur et d’honorabilité. C’est quelqu’un qui veut être connu et aimé pour son art.
M : Il est déstabilisant pour son entourage, car Nathan a toujours un bon sens exaspérant. Malgré son maelström intérieur, il est plein de bon sens.
J.H : Il est parfaitement logique et ça rejoint ce courant de la fin des années 60 avec Deleuze qui disait que, finalement, il fallait écouter les fous parce que les fous ont quelque chose à dire, parfois même, des évidences qu’on ne voit pas. Un bi polaire n’est pas un fou au sens ancien du terme, mais il dit des vérités à ses proches. Forcément, ils sont appelés à se poser des questions sur eux et sur lui.
M : Son psy, Parish, est complètement perturbé par son patient.
J.H : Il rentre un peu trop dans son jeu. J’ai voulu le peintre séduisant. Il a de la répartie, de l’humour…

M : Vous dites de Nathan Wilbe que « le calme et la distance avec lesquels Nathan percevait les désordres fonctionnels du monde imprégnaient la conscience de ses interlocuteurs ». Il pourrait devenir quasiment un gourou…
J.H : Sauf qu’il est un solitaire. C’est quelqu’un qui est terrorisé par les autres. Il ne s’engage pas, il est très individualiste. Il nous ressemble en exagérant un peu les traits. C’est un peu nous au quotidien. Il aime l’humanité, mais ce sont les autres qu’il ne supporte pas, comme dirait André Gide.
M : Est-ce que ce livre est aussi un moyen de faire réfléchir sur différents points : Qu’est-ce que la folie ? Qu'est-ce que la normalité ?
J.H : Oui, il y a de ça. Pour moi, la frontière est poreuse. Chez un bi polaire ou un maniaco-dépressif, il est flagrant qu’on a parfois du mal à se situer par rapport à leur trouble.
M : Votre livre évoque la relation entre le patient et son psy. Ils ont tous les deux « une volonté farouche d’attirer ceux qui leur résistent dans leur toile ». Ils ont une personnalité proche.
J.H : Je voulais insister sur le fait que ce n’est pas parce qu’on est détenteur d’un savoir qu’on sait mieux faire les choses.
M : Oui, Nathan met son psy, Parish, devant des évidences. Il le fait réfléchir sur sa propre condition.
J. H : Il le gêne. Il ne le maîtrise pas dans sa logique, même s’il comprend parfaitement qu’il détient une vérité.
M : Nathan, lui, construit son existence sur ses souvenirs de vies antérieures.
J.H : Disons que pour son psychiatre, ses troubles relèvent de la bi polarité, pour Nathan, ce ne sont que la conséquence de ses vies antérieures. Il pense un jour avoir rencontré le christ, mais il a du mal a en persuader son entourage. Il y a des évocations de la Deuxième Guerre mondiale, il y a des choses plus oniriques, plus mythologiques. Il est absolument convaincu que ses rêves ont un fondement de réalité.
M : Vous êtes proche de Nathan ?
J.H : Forcément, même si, fort heureusement, je ne souffre pas des mêmes maux que lui. Il y a évidemment des choses autobiographiques dans le texte. Elles sont maquillées, cachées et ne sont perceptibles que par les gens qui m’entourent et qui me connaissent.

M : Ce livre est un peu le regard du sociologue que vous êtes sur son monde ?
J.H : Oui. Il y a un fond de pessimisme sur l’évolution de ce monde, c’est bien pour cela qu’il y a très souvent, une évocation des anges et la présence d’une idée de Dieu. Tous les personnages de mon roman s’interrogent sur la raison de leur présence sur Terre. Nathan, ça le rassure de penser qu’après cette vie-là, il y en aura encore une autre qui suivra, qu’on a plusieurs vies derrière nous et que les choses continuent.
M : C’est rassurant !
J.H : Oui, si Dieu existe, il faut s’interroger sur la liberté que l’on a par rapport à sa présence, à son existence… mais, s’il n’existe pas, les choses sont beaucoup plus déprimantes.
M : Il y a une phrase dans votre livre qui explique bien le personnage de Nathan : « Il lui était difficile d’admettre que ses immersions dans les univers parallèles pouvaient n’avoir d’autres buts que de prendre la fuite en tournant le dos à une réalité trop anxiogène. »
J.H : Il n’a pas le choix. Pour lui, il n’y a rien d’autre. Le traitement qu’il suit ne lui sert à rien. Il n’y a pas de changement d’état. Il vit donc avec ses souvenirs, avec ses images qui lui reviennent en permanence et qu’il exprime à travers ses tableaux.
M : Pourquoi avoir écrit ce livre qui n’est pas forcément un exutoire ?
J.H : J’ai voulu écrire sur la ville de New York. J’avais envie de parler d’un personnage qui, tout en habitant cette ville, n’a pas voulu voir le 11septembre en direct. Il n’a pas voulu être témoin, il n’a pas voulu ressembler à ses congénères. Il a regardé à la télé et il n’est sorti dans la rue que quand les cendres recouvraient déjà les rues New Yorkaises. Ce personnage me semblait symptomatique de son époque. Si on est très voyeur, on est, malgré tout, très à distance de la souffrance humaine, des maux qui touchent la Terre et l’humanité en permanence.
Pour en savoir plus sur Jean Hartleyb:
A propos de Névropolis:
http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article5180
http://chatperlipopette.blogspot.com/2008/08/comme-dans-u...
http://www.editions-benevent.com/presse/9782756305523_284.pdf
http://www.editions-benevent.com/presse/9782756305523_580.pdf
Jean est aussi chroniqueur à Transversalles.
Et enfin, son blog littéraire: L'écume des livres.
07:04 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : jean hartleyb, névropolis, meaux, 77fm
30 novembre 2008
Un après-midi (en noir et blanc) avec Richard Bohringer...
Ce vendredi soir :
-Salut Mandor, c’est Gilles ! Excuse-moi, mais demain, ça ne t’embête pas d’aller chercher Richard à Paris chez lui ?
-Ben… Gilles, j’habite dans le Val d’Oise, ce n’est pas tout prêt de chez moi le 6e arrondissement de Paris. Surtout qu’après, on va dans la Seine-et-Marne…
-Bon, bon, je n’insiste pas, je comprends. Ne t’inquiètes pas je vais m’arranger…
Silence.
-Non, je te demande ça, parce que, tu sais, Richard, ça lui permettra de te connaître avant l’interview. Il n’est pas toujours facile, il a ses humeurs… ce serait bien qu’il te connaisse avant. Il se sentira plus à l’aise avec toi et vice versa. Enfin, je te dis ça, en même temps, tu habites loin. Non, laisse tomber !
Que croyez-vous que je fis?
Hier, samedi : Rendez-vous devant cher Richard Bohringer, dans une rue de la rive gauche, à 14h30.
J’arrive à 14h15. Je reste en double file devant chez lui et m’apprête à relire des passages de son livre Bouts de lambeaux (Editions Arthaud).
Tout d’un coup, j’entends des bruits secs sur la fenêtre avant droite.
Je sursaute.
Richard Bohringer est en avance et il m’a fait peur.
Je me présente, il me répond.
-Tournez là, passez par là…
Ah ce moment là, je me demande juste s’il sait que je ne suis pas chauffeur professionnel, mais celui qui va animer la rencontre à la FNAC de Val d’Europe…
J'ai mon Tom Tom. Je lui fais une confiance absolue.
-Je vais vous indiquer le chemin pour rejoindre la Francilienne !
-Mais, monsieur Bohringer, j’ai mon GPS, je vais m’en sortir, vous savez.
-Pas question ! Je veux savoir où je vais !
Dès la première rue, je pile sec. Un accident devant nous. Un deux roues par terre, son engin à côté. Bohringer sort de la voiture, visiblement bouleversé. Il y a déjà du monde autour de l’accidenté qui ne bouge pas. 5 minutes plus tard, le comédien, auteur, chanteur revient.
-C’est bon, il est conscient le pauvre homme…
Richard Bohringer continue à m’indiquer la route (qui est le même trajet que celui que me propose mon GPS, soit dit en passant).
En arrivant vers Serris, mon passager finit par me demander où j’habite précisément dans le 9.5.
Je réponds le nom de ma ville.
-Ah oui ! Je connais bien Groslay, c’est à côté d’Enghien. Je suis du 9.5 moi, vous savez… En tout cas, c’est très gentil à vous d’être venu me chercher.
On m’avait dit qu’il était un chouia lunatique… il l’est.
Le reste de l’après-midi, tout s’est bien passé.
Bon, pendant l’entretien, il a été comme je m’attendais qu’il soit : hâbleur, provocateur, ironique, un peu moqueur… parfois calme et posé parfois bouillonnant.
Interviewer Bohringer est éprouvant, mais intéressant. Je suis sorti de ces 30 minutes d’entretien sur les rotules.
Voici quelques photos prises hier après-midi par le stagiaire de 77FM, Jonathan...
Merci à lui!
EDIT DU VENDREDI 5 DECEMBRE!
Ca y est! C'est en ligne...
Ici, vous pouvez écouter l'intégralité de la rencontre (20 minutes).
Un échange verbal qui ne laissera personne indifférent! (Je vous l'assure!)
Voici quelques photos: 2 en couleurs signées de la FNAC Val d'Europe et celles en noir et blanc, signées 77FM...
09:34 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : richard bohringer, bouts lambeaux, fnac val d'europe, 77fm
27 novembre 2008
Luc-Michel Fouassier... bonnes nouvelles!

Ca fait déjà 3 ans que j’observe une maison d’édition qui publie uniquement 3 recueils de nouvelles par an. Les éditions Quadrature est une maison (belge) exigeante et sans concession. Ma nouvelle amie à moi que j’ai Emmanuelle Urien y a d'ailleurs publié un ouvrage…
J’ai demandé à un des auteurs dont j’ai particulièrement apprécié la prose de venir à 77FM (à Crégy-les-Meaux) m’en parler.

Luc-Michel Fouassier est instituteur, organisateur du salon du livre d’Ozoir-la-Ferrière et écrivain, nouvelliste, auteur de Histoires Jivaro, 100 nouvelles de 100 mots (paru le 31 octobre).
Mandor : Vous êtes très malin. Dans vos courtes nouvelles, on s’attend rarement à la chute. C’est le principe de votre livre ? Surprendre à la dernière phrase…
Luc-Michel Fouassier : Il y a deux types de nouvelles. Celles qui veut installer un climat et celle où la chute est prépondérante. Je me disais que sur des textes aussi courts la facilité aurait été d’aller vers des textes d’ambiance ou d’humeur. Moi, j’ai préféré dérouler des histoires avec une réelle chute. Et sur cent mots, c’était une difficulté qui m’intéressait.
M : Vous avez raconté des pans de votre vie où vous vous êtes inspiré de la vie des autres ?
L-M F : Euh… je me suis inspiré de ma vie, certes, mais je tiens à préciser que LUXURE et MATURE sont des nouvelles totalement inventées. Mais la plupart des autres sont tirés de mon vécu personnel, effectivement. Dans les relations familiales ou de couples, il y a une petite part de vérité. L’important pour moi est que toutes mes nouvelles parlent aux gens. Mon premier objectif étaient que chacun se retrouve dans chaque texte.

M : Hemingway disait : « la quintessence d’une nouvelle c’est ce qui tient sur le dos d’une boite d’allumette ». Vous êtes d’accord avec lui, je présume…
L-M F : Bien sûr. On s’aperçoit, en lisant beaucoup de romans, qu’il y a souvent du ventre mou. Il m’arrive de me dire que tel ou tel livre aurait fait une bonne nouvelle. Puisque les gens veulent rallonger une nouvelle pour en faire un roman, par réaction, j’ai décidé de faire l’opposé. Je les raccourci à l’extrême pour donner leur importance à chaque mot. Bon, je dois dire que j’écris aussi des romans, ce n’est pas non plus chez moi, une obsession de faire court.
M : C’est quoi la difficulté de faire court ?
L-M F : Moi, je trouve qu’au contraire, la facilité est là. On va à l’essentiel, on est sur des rails et on sait où on va.

M : Vous écrivez depuis 20 ans et c’est votre premier livre… que dois-je en conclure ?
L-M F : Que j’ai pris mon temps pour envoyer ma prose à des éditeurs… je pensais qu’il fallait que j’envoie quelques choses de très original pour pouvoir convaincre un éditeur quand on est inconnu.
M : Vous vivez pour les mots… je sens en vous en esprit bouillonnant et un assoiffé de textes.
L-M F : J’ai vécu pour les livres, je vis pour ça et je vivrai toujours pour la littérature. Ca m’a sauvé! Un jour, dans ma prime jeunesse, je m’ennuyais profondément, je suis tombé sur un livre et la vie s’est ouverte.
M : Quel était ce livre salvateur ?
L-M F : Bob Morane, « L’empereur de Macao ». Ca m’a marqué… L’empereur de Macao, je l’ai cherché partout, même chez d’autres auteurs. Il a été dans Voyage au bout de la nuit, dans L’étranger de Camus, il a été partout… Merci à Henri Vernes !

M : Un prochain livre en perspective ?
L-M Fouassier : Oui… j’ai fini un roman et c’est une bombe. Ca se passe dans le milieu de l’éducation nationale. Ce n’est pas autobiographique, mais je lance un pavé dans la mare.
M : Pfff… encore un livre sur l’éducation nationale ! ! !
L-M F : Non, c’est autre chose. Il y a moins de sérieux et plus de fantaisies. Ceci étant, il faudra une certaine forme de courage à un éditeur pour le publier. Ca s’appelle Le Hussard dilettante.
Je précise que ses nouvelles se picorent avec avidité, qu’il est difficile de ne pas le lire en intégralité séance tenante, qu’il y en a pour tous les (bons) goûts et que Luc-Michel Fouassier parvient à étonner, émouvoir, choquer, sourire (presque) à chaque nouvelle…
Le voici en pleine séance de dédicaces...

13:30 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : luc-michel fouassier, histoires jivaro, 77fm
22 novembre 2008
Conversation téléphonique...
08:42 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : berry, 77fm





