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25 juin 2012

Tomislav : interview pour "Avant le départ"

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(Photo : Sand Mulas)

Encore un artiste que j’ai repéré lors du Pic d’Or 2012. Après les lauréats de ce tremplin musical (dans la précédente chronique), j’ai demandé à celui qui a reçu le Pic d’argent (voir sa prestation ici), Tomislav, de venir me rejoindre à « l’agence » pour mieux le connaître. C’était le 20 juin dernier.

Cet auteur-compositeur-interprète m’a intrigué, il fallait que je creuse. Je sentais en lui un truc original, très fort. Un type tourmenté qui fait mine de ne pas l’être. (Regardez la profondeur de son regard dans la photo d'ouverture). Je me suis senti touché par ce garçon. Je n’en connais pas encore les raisons précises.

tomislav,avant le départ,interview,pic d'or 2012,pic d'argentPrésentation de l’artiste :

« Tomislav, français d’origine croate, fait de la chanson Folk en « one man band ». Guitare sanglée, grosse caisse et charley aux pieds, il fait hurler son harmo, de coins de rues en plateaux depuis plus de 5 ans. Il nous fait passer d'une ambiance folk acoustique aux accents pop-bluesy, délicieusement intimiste, à des envolées rock n'roll rugueuses martelées du pied.

Les textes de son album Avant le départ sont rageurs ou tendres. Il évoque les frustrations (James Dean), les amours naissantes ou déçues (J’voulais pas / La nuit), les destinées pas forcément heureuses (Tourner les talons / Avant le départ), des instants fugaces (La fille du train). Le propos sait aussi se faire plus grave et intimiste (Je suis là / Où vont les hommes ?). Que dire de « Y’a pas mort d’homme », coécrit avec Maroine Belmatih, alors détenu, est un témoignage poignant sur la condition carcérale. Poignant. Tomislav est loin de renier ses origines croates, il rend un hommage à sa langue paternelle en reprenant le chant traditionnel Tebi Majko Misli Lete. »

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tomislav,avant le départ,interview,pic d'or 2012,pic d'argentInterview :

Quand on fouine sur les sites de partages de vidéos, je te vois chanter dans plein de contextes différents… tu me donnes l’impression d’être toujours en mouvement.

C’est une des raisons pour lesquelles je fais ce métier. J’ai envie de raconter des choses, j’aime jouer de la musique, mais surtout j’aime rencontrer des gens, des publics et des artistes différents… et voir du pays.

Personnellement, je t’ai découvert au Pic d’or 2012 à Tarbes, mais avant cela, dans un pub de la ville, pour un set acoustique. Je n’étais pas très attentif ce soir-là, mais en te regardant, je me disais que tu dégageais un truc assez fort… très charismatique. Je me suis dit que derrière ce sourire se cachaient beaucoup de choses.

Moi, je suis heureux dans ma vie, du début à aujourd’hui, après, comme plein de vies, il y a des coups à encaisser. Je suis d’origine croate et depuis tout petit, toute ma famille et moi, on a toujours eu le cul entre deux chaises, entre deux vies, deux origines…

Quand tu te rendais en Croatie, en vacances, c’était la guerre.

Oui, j’ai vécu ça. C’était saisissant et tragique. J’ai vu l’ONU partout,  les militaires croates étaient présents, les avions de chasse, les coupures d’électricité, les couvre-feux entre 20h et 7h du matin. Plus petit, en Yougoslavie, j’ai vécu les pénuries de lait. Ca posait des problèmes pour les plus petits. On ne peut pas dire que j’ai souffert, mais beaucoup d’évènements durs m’ont marqué. Indépendamment de ça et de mes origines, j’ai un côté éponge et je suis constamment dans l’empathie. Un peu comme quand tu écoutes une chanson qui te rend triste et que tu es heureux d’être triste. Ce n’est pas malsain, mais c’est une émotion qui te remplit tellement que tu trouves ça beau.

" Tourner les talons ". Images : A.Courty / T.Cadet / S.Mulas

Pourquoi être retourné en Croatie pendant les conflits ? Ce n’est pas anodin.

Parce qu’un proche de mon père était gravement malade. Il vivait ses derniers jours, donc il fallait y aller. Au départ, mon père penser s'y rendre tout seul, mais toute la famille voulait y aller avec lui. La guerre ayant commencé, ça faisait 4 ans que nous n’y étions pas allés. Etant habitués depuis tout le temps à des allers-retours là-bas, on avait tous un certain mal du pays. C’est amusant, parce que lorsque nous sommes là-bas,  nous avons le mal de la France.

As-tu eu peur là-bas ?

Franchement, j’étais trop jeune pour avoir conscience des dangers. Mes parents n’étaient pas trop rassurés parce que la ligne de front était à une quinzaine de kilomètres de là où nous étions. J’avais un cousin qui allait se battre tous les jours et qui revenait chaque soir. C’était une ambiance très particulière.

Toi,  à cette époque, tu écoutais beaucoup de musique. Tu étais déjà dans ce monde-là.

Énormément. J’écoutais comme un fou des groupes comme Les Négresses Vertes ou les Clash. Quand j’étais môme, quand j’écoutais leurs chansons, en même temps, je me faisais des vidéoclips dans ma tête.

Maintenant quetu fais ta musique, tu fais ça toi-même. Tu es maître de ton monde.

(Rires). J’ai commencé la musique en me disant que j’allais écrire aussi. J’ai créé de nombreux groupes avant de me lancer en solo, mais jamais je n’ai fait de groupe de reprises. Dieu sait que mes premières chansons n’étaient pas bonnes, mais au moins, elles étaient originales et on les jouait quand même.

C’est toujours toi qui étais la pierre angulaire de ces groupes ?

Oui, parce que j’étais guitariste-chanteur et parce que j’écrivais les morceaux.

Les Talents Acoustic 2011 avec Tomislav : "Comme une balle".

Pour en revenir à tes 5 frères et sœurs… vous avez dû baigner dans une culture musicale assez intense ?

Oui. Là d’où je viens en Croatie, il y a beaucoup de groupes polyphoniques. Ils chantent des complaintes, des ritournelles qui parlent de marins, de la Terre, de partir… c’est leur culture, plus tu vas à l’est plus les gens sont partis à l’ouest. Mon père nous faisait chanter tous les 6 quand on était môme. Dès qu’il y avait une fête familiale, tout le monde chantait. Les premiers sons de musique que j’ai entendus dans ma vie, c’était des musiques de là-bas. Tu sais, dans ses jeunes années, mon père a accompagné un chanteur croate exilé. Il a beaucoup tourné en Europe pour la communauté croate. Je me souviens aussi, que, lorsque mon père rentrait du boulot, il prenait tout le temps sa gratte.

Que pense ta famille de ton cheminement artistique ?

Ils sont vraiment derrière moi. C’est drôle parce qu’avec mes précédents projets musicaux, je n’avais jamais vraiment convaincu les membres de ma famille, alors qu’avec ce disque, si. Mon frangin est super derrière moi, il me motive comme jamais et me trouve même des concerts. Avec ma frangine, j’ai carrément co-écrit des textes… je pense qu’ils se sont reconnus dans certains textes. Dans un premier temps, ça m’a gêné et aujourd’hui je trouve ça génial parce que j’entraîne ceux que j’aime dans mon sillon.

Livesquat chez Vaea. Tomislav chante "Le temps est à la fête".

As-tu un sentiment de fierté d’avoir, de voir, enfin ton disque en « physique ». Ce doit être émouvant après tant d’années de travail ?

Ma famille, ma compagne, mes amis, Christelle, ma manageuse, ça les rassure un peu. Je sens plus de fierté de leur part que j’en ai personnellement. L’objet matériel, pour les gens qui sont de l’extérieur, concrétise le fait que je sois chanteur. Alors que pour moi, c’est concret depuis le départ. La matérialisation physique de l’objet, ce n’est qu’une étape. Alors, je suis content parce qu’en terme de parcours, c’est un jalon posé. Mais, je n’arrive pas à dire le mot « fierté ». Je n’y arrive pas.

Ce premier disque solo, justement, tu as mis plus de 5 ans à la concevoir…

C’était long et laborieux à tout mettre en place et à enregistrer. J’étais content quand il est enfin sorti.  Aujourd’hui, je suis ravi de ce disque, parce qu’il met un terme à une période de 5 ans où j’ai trimé comme un fou, ou j’ai essayé plein de choses… et en même temps, il me permet d’envisager les années qui viennent.

Comment appelles-tu ton style musical ?

Je trouve que me coller moi-même une étiquette est extrêmement compliqué. Il faut à la fois qu’elle puisse te raccrocher à autre chose et en même temps te démarquer du reste. Pour l’instant, je parle de folk blues francophone. J’ai choisi le mot « francophone » plutôt que « français » parce que je ne pense pas être dans la filiation de  la chanson française, même si j’en écoute. Dès qu’on dit « chanson française », on te rattache à une sorte de lignée dans laquelle je ne suis pas. Moi, j’écoute énormément de sons anglo-saxons, comme Springsteen, Neil Young, ou plus récemment, John Butler. Mais, je me retrouve aussi dans des groupes comme les Belges d’Été 67 ou les Québécois de Karkwa. Mais moi, vraiment, je tiens à cette riche et belle langue française, donc « francophone » est le terme approprié.

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(Photo : Sand Mulas)

Je vais revenir sur le fait que tu fais tout toi-même, que tu apparais sur scène comme un « homme orchestre ». Est-ce que jouer tous les instruments seul n’empêche pas de rentrer complètement dans ses chansons ?

C’est le point vers lequel tu te heurtes au départ. Quand j’ai commencé, il y avait un côté spectaculaire à le faire, et bêtement, je ne misais que là-dessus. Il y avait une partie de mon corps qui était mobilisé d’une certaine façon et juste l’autre partie que je pouvais donner au public. J’étais une espèce d’exécutant et j’ai mis un peu de temps pour comprendre qu’il fallait que j’interprète mes chansons, que je les vive. J’ai donc beaucoup réfléchi là-dessus en travaillant tout l’aspect technique. En faisant en sorte qu’il soit totalement intégré pour ne plus y penser. Il n’en reste pas moins que de jouer avec des musiciens, c’est tout à fait différent.

Au fond, tu préfères quoi ?

Je suis tenté de te répondre, les deux. Quand on maîtrise tout de A à Z, il y a un côté défouloir, un côté très physique et quand tu as fini tu es vidé, tu es lavé. Cela étant quand je suis juste debout devant mon micro avec des musiciens, je suis vidé aussi, mais pas de la même manière. Avec mes musiciens, on arrive à mettre plus de relief à ma musique. La Sainte Trinité du trio, je suis fan… donc, oui, au fond, je préfère cette version-là de la possibilité de présenter mes chansons au public.

Être seul sur scène, c’est aussi une raison économique.

Évidemment. Dans le cadre d’un artiste en développement comme moi, le fait d’être « solo », cela permet d’aller partout plus facilement et de pouvoir faire ton chemin. C’est beaucoup plus compliqué avec une machine un peu plus grosse.

Ce qui me fascine quand je te vois sur scène, c’est que tu parviens à créer des émotions contrastées selon les titres que tu joues. C’est le propre d’un artiste, je le sais, mais chez toi, c’est flagrant. Au Pic d’Or, par exemple, ta chanson « Je suis là » nous a tous sciés. On ne s’attendait pas à un tel choc. Cette façon de raconter la guerre sans vraiment la raconter… bravo !

Quand je crée une chanson, je commence toujours par la musique. Elle fait naître une image, un climat, une ambiance, je la tourne et je la retourne encore beaucoup et au bout d’un moment, il y a une phrase qui sort inévitablement. Pour cette chanson, ce procédé m’a amené sur une thématique épineuse. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse gaffe à ce que je raconte. Je ne voulais pas faire une chanson démago qui dise : la guerre, c’est pas bien.

Au Pic d'Or : "Je suis là".

Donc, tu as choisi de faire parler un Casque bleu qui ne peut que décrire ce qu’il voit et ressent.

J’aime bien partir d’un point de tension. C’est ce que je trouve intéressant dans toute expression artistique, que ce soit un livre, un film ou une chanson… qu’il y ait une tension au départ. Un Casque bleu, dans un conflit, il est en plein milieu de la tension et il ne prend pourtant  part à rien. Il est un soldat de la paix. Il est armé, mais ne peut rien faire alors que son âme, sa personnalité, son caractère lui dicteraient d’agir de telle ou telle autre façon. J’ai trouvé que c’était l’angle idéal de me servir à la fois de sa frustration et de son recul  pour aborder un sujet comme celui-là.

Malgré les chansons « légères » qui parlent d’amour, parfois de manières très sensuelles, souvent, tout ce que tu racontes est quand même grave. Malgré tes musiques enjouées, vraiment, on devine un homme intérieurement assez noir.

J’aime bien les contrastes, j’aime bien quand ça frotte, quand ça accroche. J’aime bien raconter des histoires pas drôles sur des musiques qui donnent la pêche.

On traîne tous des casseroles, je t’assure que les tiennent ressortent dans ton album.

C’est génial, parce que c’est ça de moins à porter. Lors d’un concert, ce que j’aime bien en tant que spectateur, c’est prendre dans la tronche des émotions très variées. J’aime me marrer, être ému aux larmes, ressentir une colère qui monte, un truc super énergique, la frustration… j’aime bien quand tout ça est distillé parce que pour moi, un concert c’est un moment de vie, et la vie, c’est tout ça mélangé. Moi, je veux provoquer ça dans mon disque ou dans mes concerts.

Dans tes textes, tu évoques les voyages. Les voyages extérieurs, les vrais, et les voyages intérieurs, ceux des méandres compliqués du cerveau. Dans tes chansons, il n’y a rien ni personne de manichéen.

À mesure que le temps passe, tout devient différentes nuances de gris. Plus rien n’est ni tout blanc, ni tout noir. Tu apprends ça à mesure du temps qui passe.

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(Photo : Sand Mulas)

Artistiquement, tu te diriges dans quelle direction à présent ?

Je vais défendre cet album en tournée au maximum encore pendant 2 ans. Mais ça fait 5 ans que je suis en solo. Aujourd’hui, j’ai vraiment envie de travailler avec d’autres. Parallèlement à ma carrière perso, je travaille avec une conteuse, Sandrine Mulas (également photographe et réalisatrice video), pour monter un spectacle de conte musical tiré d’un bouquin, « Les contes traditionnels de Croatie ».

N’as-tu pas peur qu’avec ce genre de projet, tu sois catalogué comme le chanteur croate qui chante en français et qui défend son pays ?

C’est un risque, mais je veux bien l’assumer parce que dans ce travail il n’y aucune revendication politique ou identitaire. Je me sens Français, et je suis Français. Mais ma culture musicale croate m’a construit artistiquement autant que les Clash ou Bruce Springsteen ou encore les Innocents. J’ai d’autres projets, mais il est trop tôt pour que je puisse encore t’en parler. Durer, c’est lancer plein de lignes et attraper plein de poissons différents.

Songes-tu déjà à ton nouvel album ?

J’y pense déjà, et mine de rien, j’y travaille déjà. Un cheminement se fait, en tout cas. Moi, je ne peux pas écrire un album en 6 mois. Il me faut du temps. Je veux arriver avec une trentaine de chansons, comme pour celui-là, et n’en garder que la substantifique moelle.

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23 juin 2012

Scotch et Sofa : interview pour "Par petits bouts"

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(Photo: Lisa Roze, Odile Subra: maquillage, Fred Barat coiffure, Olivia Bidou: stylisme.)

scotch et sofa,par petits bouts,interview,pic d'or 2012; mandor,chloé monin,romain preussÉvidemment, j’avais remarqué et bien gardé dans mon esprit ce duo magnifique qu’est Scotch et Sofa. Je n’irai pas dans la facilité en disant que j’ai été « scotché » en écoutant leur disque, Par petits bouts, pour la première fois, mais c’était pourtant la pure réalité. Difficile de ne pas tomber sous le charme de leur musique et de la voix envoutante de la chanteuse. La possibilité d’une future mandorisation était bien ancrée en moi. Puis, ma participation en tant que juré du Pic d’Or a finalement accéléré les choses. Ils se sont présentés à ce tremplin et l’ont gagné haut la main (voir leur prestation filmée, ici). Du coup, j’ai fait brièvement leur connaissance là-bas. Eux et moi étions bien occupés, donc, nous nous sommes promis de nous revoir à Paris. C’est donc avec plaisir que j’ai accueilli Scotch et Sofa sur mon sofa à « moi » (qui n’est en fait qu’un simple canapé), le 18 juin dernier.

scotch et sofa,par petits bouts,interview,pic d'or 2012; mandor,chloé monin,romain preussBiographie de Scotch et Sofa (tirée du site RFI Musique) :

Chloé Monin, alias Sofa, chanteuse, et Romain Preuss, alias Scotch, guitariste et beatboxer. Deux mordus de jazz, rencontrés au sein de Jam, l’une des écoles réputées du genre à Montpellier.

Chloé est partagée entre sa future carrière dans le corps professoral et sa volonté de se "lancer" en groupe. Romain, guitariste autodidacte, revient d’Angleterre où il s’est enivré de soul, rythm'n'blues et jazz, et a développé sa technique de "finger-picking" sur une guitare à huit cordes rarissime, si caractéristique du style bien affiché de Scotch & Sofa.

Le duo se distingue par une couleur jazz, une vraie liberté formelle et un chant pastel parfaitement maîtrisé. Publics et professionnels ne s’y trompent pas : les Musik’elles de Meaux en 2006, les Francofolies de la Rochelle en 2007 et nombre de grandes scènes et de premières parties jalonnent le parcours du groupe.

Sur disque, l’univers dépouillé de Scotch & Sofa s’étoffe un peu, mais l’essentiel est là : le très beau timbre cotonneux de Chloé, l’étonnant sens des espaces de Romain, et des textes faussement simplistes et ciselés à merveille.

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Interview :

Quand on commence à se faire connaître, la difficulté première est-elle de continuer à tenter d’acquérir un public plus nombreux ?

Romain : Nous, on a l’impression que ça va à une allure modérée et humaine. Ce qu’il se passe autour de nous est super bon signe et ça reste agréable à vivre. Là, on vient de faire le premier disque, donc inévitablement, on pense à la suite. Pour être clair, on pense déjà au deuxième album.

Cela étant, ça fait 7 ans que vous existez et ce que vous récoltez en ce moment ne vous tombe pas dessus du jour au lendemain. Il y a beaucoup de travail. Votre album est sorti il y a deux mois et tout le monde parle de vous… comment prenez-vous la chose ?

Chloé : Je prends tout comme des cadeaux. C’est super agréable, parce que, justement, rien n’est arrivé du jour au lendemain. Comme dit Romain, ça arrive lentement, mais sûrement. Que l’album plaise, que nous passions de plus en plus à la radio, que nous remportions des tremplins, on le prend comme un bonus, mais je t’assure que l’on garde les pieds bien sur terre.

Romain : Moi, la seule réflexion que je me fais, c’est que c’est bien que notre musique parvienne à des gens. C’est ce qu’il y a de plus important.

Chloé : Romain a raison. Nous on fait de la musique et des gens peuvent la découvrir. Si notre progression est douce et  lente, on sent que le bouche à oreille fonctionne. Le clip de "Ça se", avec la participation du chanteur Ours y est pour beaucoup...

Vous faites des shows cases dans pas mal d’endroits, de vrais concerts aussi… vous êtes en permanence en activité.

Chloé : Oui, il y a même des scènes qu’on n’avait pas particulièrement envie de faire qui nous ont finalement fait passer presque un meilleur moment que dans une grosse scène dont on attendait beaucoup et ou il ne s’est finalement pas passé grand-chose.

Romain : Pour ma part, j’ai plus peur sur une petite scène que sur une grosse.

Chloé : Quand on arrive sur un Zénith, on peut penser que c’est plus impressionnant, mais quand on est sur scène, nous on voit une masse, pas des individus bien déterminés. Donc, c’est moins impressionnant que de jouer devant une soixantaine de personnes dont on voit tous les regards portés vers soi. C’est plus intimidant.

Romain : Il faut dire que quand nous sommes amenés à jouer devant autant de gens, on est souvent dans une situation d’outsiders puisque , pour le moment, c’est dans le cadre de premières parties. On n’a pas la même pression que les têtes d’affiche. Les gens n’achètent pas les billets pour voir Scotch et Sofa, ils ont juste l’occasion de nous découvrir…

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En même temps, il ne faut pas décevoir les spectateurs présents.

Chloé : C’est un challenge et on se donne toujours à fond sur ces scènes-là. On prend ces moments très au sérieux. On a toujours l’intention de se mettre le public dans la poche.

Romain : Comme nous ne sommes que deux, on ne peut pas se permettre de jouer à l’économie. Faut y aller !

Vous êtes fatigués à la fin d’un concert ?

Romain : Moi, je suis très très fatigué.

Chloé : Oui, moi aussi, mais ce sont deux fatigues différentes. Romain, c’est très physique ce qu’il fait sur scène. Quand il fait du beat box, il dépense beaucoup d’énergie, au point de souffrir parfois. Moi, ça me prend peut-être moins d’énergie, mais j’ai l’impression que ça me lessive complètement. Je me sens tellement investie par ce qui est raconté que je puise dedans. A la fin d’un concert, j’ai envie d’aller me coucher.  C’est d’ailleurs ce que je fais tout le temps.

En concert, êtes-vous très réceptif aux réactions et attitudes du public ?

Romain : Chloé est beaucoup plus une éponge que moi.

Chloé : Comme je leur raconte une histoire, je suis sensible à comment ils vont la recueillir. Par contre, je ne vais être sensible qu’en positif. Je refuse de me laisser envahir par le négatif quand je suis sur scène.

Extrait du concert du duo Scotch & Sofa dans un appart privé du quartier Gambetta à Montpellier à l'occasion de la sortie de leur album "Par petits bouts". Organisé et filmé par l'association Gumguts.

J’ai une image de vous deux comme des personnes assez secrètes et peu démonstratives quand le concert est terminé.

Chloé : Après le concert, je vais plus vers les gens que Romain.

Romain : Sans aucun dédain, c’est vrai que j’ai tendance à ne pas aller vers les gens. C’est plus de la timidité.

Chloé : Quand je suis sur scène, je suis dans une bulle, alors, c’est vrai que quand c’est fini, crever la bulle, c’est parfois un peu violent. Je prends les concerts un peu comme une mission. J’ai la mission que cette musique se diffuse, du coup, quand on finit le concert, je me dis, « ça ne s’arrête pas là ! ». J’aime beaucoup aller voir les gens, avoir leur retour. Je constate à quel point les gens sont contents d’échanger avec nous, pas uniquement musicalement, mais aussi humainement.

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Tout à l’heure, Chloé, tu me parlais de l’investissement que tu mettais en interprétant les textes… ils sont tous signés Céline Righi. C’est facile de rentrer dans l’univers des mots de quelqu’un d’autre ?

Chloé : Au début, la question ne se posait pas parce que ni Romain, ni moi n’écrivions. On est parti à la recherche d’un auteur. On a rencontré aucune autre personne avec qui ça a fonctionné aussi bien qu’avec Céline. Elle est très talentueuse et a su parfaitement comprendre où nous voulions aller. Après, pour notre indépendance, il serait bien que nous jouions sur nos propres textes. C’est quelque chose qui est en train de se mettre en place doucement.

Romain : Je précise que c’est loin d’être du dépit que de travailler avec Céline.

Chloé : Cette rencontre est même presque magique, parce qu’effectivement les gens me disent souvent qu’ils sont persuadés que c’est moi qui ai écrit les paroles.

Il y a des textes qui datent de quelques années. Certains de 6 ans. Il faut pouvoir continuer à les assumer, non ?

Chloé : Le comble, c’est que je pense que je ne les ai jamais autant assumés qu’aujourd’hui.

Avez-vous une forme de lassitude de chanter ces mêmes chansons sur scène ?

Chloé : Non parce qu’elles évoluent perpétuellement. Elles prennent des formes différentes. Pas uniquement au niveau des arrangements, mais aussi de l’instrumentation. « La trouille » et « Ca ce », c’était vraiment deux chansons différentes il y a quelques années. À chaque fois, j’ai l’impression que c’est une nouvelle histoire que l’on raconte.

Romain : Ça me plait encore beaucoup de jouer ces chansons. Je ne sens jamais un poids à interpréter tel ou tel titre. On est même très enthousiaste.

Votre style, c’est de la chanson française, jazz, lounge… etc. Indéterminé finalement ?

Romain : Je n’ai aucun problème à dire que c’est de la chanson française. Mais, elle n’est pas traditionnelle.

Oui, ça tient de votre parcours... Vous vous êtes rencontrés à Montpellier dans une école de jazz. Et le jazz, on en entend un peu par exemple.

Chloé : Ma formation musicale de base est le classique. J’ai commencé à l’âge de 6 ans, j’ai bifurqué vers le jazz bien plus tard. C’était juste un prétexte, pour lâcher le classique, pour lâcher la partition et être un peu plus libre. Après, je n’aurai pas la prétention de dire que j’ai une formation jazz.

Romain : Même en écoutant objectivement nos chansons, je ne trouve pas trop d’ancrage du jazz.

Chloé : Moi, parfois, les gens me disent par exemple qu’on entend un peu ça dans mon grain de voix.

Romain : Personnellement, musicalement et en terme d’écriture de chanson, j’aurais plus tendance à aller du côté de la pop.

Chloé : Je suis d’accord avec Romain. J’ai envie qu’on avance et qu’on ne fasse pas la même chose qu’il y a 6 ans. Je lui fais entièrement confiance pour savoir quel chemin prendre pour nous permettre de nous renouveler et évoluer. 

Chloé, ta voix dans un répertoire plus rapide, plus pop… tu t’en sens capable ?

Chloé : Je me pose la question. Mais justement, j’aime ce genre de gageure. Je pense que ça ne sera pas évident pour moi, mais que ça peut le faire.

Sur le titre Visite des Recoins, Oxmo Puccino signe un excellent featuring, sensuel et lent. Mazette Puccino !

Romain : Nous l’avons sollicité il y a longtemps pour avoir son accord de principe, et ça s’est fait assez naturellement. 3 ans plus tard, on lui demande si ça tient toujours et il confirme très gentiment. Le résultat est excellent.

Vous êtes un peu des enfants du chantier des Francos, non ?

Chloé : Oui, ils nous encouragent depuis nos débuts et nous suivent, nous encouragent, nous accompagnent comme des parrains… comme notre album vient de sortir, ils nous ont proposé de faire la première partie de Laurent Voulzy, le dernier jour des Francofolies de La Rochelle 2012.

J’ai l’impression que depuis que ce disque existe, beaucoup de monde souhaite vous prendre sous leurs ailes.

Romain : C’est une question de moment. On est déjà un vieux jeune groupe. On n’est pas en « feu vert » depuis le début. Il y a eu des creux et des bosses. Je suppose qu’il y a des moments ou le propos, l’âge qu’on a et ce que l’on raconte sont un peu alignés. Du coup, ça crée cette dynamique un peu homogène autour.

Chloé : Peut-être aussi que ce que l’on joue correspond à ce que les gens ont envie d’entendre en ce moment. J’ai cette croyance-là.

Je sais qu’en ce moment, vous ne seriez pas contre le fait de trouver un label.

Chloé : Oui, nous allons faire en sorte d’avoir de nouvelles chansons qui pourraient éventuellement être diffusées en radio. Comme nous sommes indépendants, si un label souhaite investir sur nous dans quelques mois, effectivement, ce serait vraiment bien.

C’est quoi pour vous un artiste ? Quelqu’un qui fait rêver ? Quelqu’un qui doit faire réfléchir ?

Romain : Pour moi, déjà, c’est quelqu’un qui est habité. Quelqu’un qui est complètement habité par son propos, quel que soit le mode d’expression.

Chloé : Pour moi, c’est quelqu’un qui a quelque chose à dire, quelque chose à partager et qui le fera par conviction.

Mais est-ce que vous sentez l’utilité qu’a un artiste pour le public?

Chloé : J’ai toujours peur d’entamer un discours pompeux, mais je trouve que l’on donne un bout de rêve aux gens. Ceux qui ont passé toute leur semaine à trimer au travail et qui vont au concert le samedi soir pour un instant d’évasion, je trouve ça magique. Quand ils viennent nous voir en disant qu’ils ont tout oublié de ce qu’il se passe de négatif dans leur vie, qu’ils étaient juste avec nous, à ce que nous racontions, qu’ils étaient pris par l’émotion et qu’ils nous remercient… je me dis que, vraiment, je ne fais pas ce métier pour rien.

Je me pose toujours cette question… c’est dur parfois d’appartenir à un duo ?

Chloé : (En riant) Ah ! Ce n’est pas simple tous les jours. Mais Romain est une des personnes qui m’a fait le plus fait avancer.

Romain : Je trouve ça bien qu’on ne regarde pas toujours dans la même direction, qu’on ne soit pas toujours d’accord, qu’on n’entende pas toujours la même chose. On essaie de se respecter et de s’entendre. 

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20 juin 2012

Chloé Laum : Interview pour "40 degrés nord"

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Lors du Pic d’Or 2012, j’ai profité de ma condition de membre du jury  pour repérer les artistes qui m’intéressaient (en vue d’éventuelles mandorisations). Et j’en ai trouvé. Plus que je ne l’espérais (je vous ai dit que c’était un sacré bon cru ?).

Après Pierre Donoré, voici Chloé Laum (avant de retrouver Scotch et Sofa, Pic d’or 2012 et Tomislav, Pic d’argent 2012, déjà enregistrés). Elle est venue à l'agence le 14 juin dernier.

D’autres les succèderont…

En « enquêtant » sur Chloé Laum (et surtout sur son disque), je suis tombé sur un article d’un de mes éminents confrères spécialisé dans la chanson française, Michel Kemper, qui dit tout (et mieux que je ne l’aurais fait). Cet article, les vidéos et mon interview vous inciteront, je l’espère vivement, à vous pencher sur l’œuvre de cette jeune femme aussi dynamique que pétrie de talent.

chloé laum,40 degrés nord,interview,pic d'or 2012,mandor« Que doit-on le plus louer en ce disque ? L’élégant digipack ou la superbe (le mot ne suffit pas pour qualifier un tel objet) version livre-disque collector, l’étonnante qualité du son… Ou simplement ce qu’est et ce que chante cette parfaite inconnue qu’est Chloé Laum, chanteuse dont c’est le premier album et dont on ne sait rien. Si ce n’est sa passion du son, des notes et de la langue française, ses artistes tutélaires que sont Brel, Ferré, Reggiani, Angélique Ionatos, Bach, Keith Jarret et quelques autres. Dont on trouve les soupçons, les traces, en cet assez remarquable opus. Il y a dans cet album « l’ambition, le goût des autres, des détours, des chemins de traverse et des musiques d’ailleurs ; le désir de rendre hommage à cette Méditerranée qu’elle admire, à son humanité et son universalité. » C’est une heureuse, une chaleureuse surprise que cette Chloé Laum, une voix fiévreuse et chaude, un sens de la perfection poussé très loin. Et, effectivement, un art assez indéfinissable qui emprunte à diverses rives de part et d’autre du 40°N et fait singulière collection d’émotions, en les partageant, en les offrant à qui sait écouter. Émotions, oui, tant c’est le moteur de cette dame, le justificatif, la raison sociale de ce disque pas tout à fait comme les autres. Chapeau ! »

Michel Kemper.

Teaser de l'album 40 degrés nord.

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chloé laum,40 degrés nord,interview,pic d'or 2012,mandorInterview :

Tu arrives et tu proposes directement un disque sublime dans un packaging qui l’est tout autant… c’est un livre-disque en fait.

C’est quand même un projet un peu fou de faire de la musique. Quitte à entreprendre les choses, autant y aller à fond, en essayant de se dire que ça va déboucher sur quelque chose. Je me suis demandé comment faire pour se différencier. Envoyer un boitier cristal à tout le monde… j’étais à peu près sûre que ça ne servait à rien. J’ai fait un disque dans lequel je suis allé jusqu’au bout artistiquement de ce que j’étais capable de faire à ce moment-là. J’ai conçu un objet qui donne envie aux gens d’acheter, d’aller dans la découverte de ce que je peux proposer. Il se trouve que j’ai un frère qui est éditeur de livre depuis une dizaine d’années. Un puriste amoureux de l’objet livre, qui en édite, principalement de sciences humaines, des livres assez pointus. Je lui ai demandé de mutualiser nos forces et il a été d’accord pour fabriquer l’objet.

C’est une grande force d’être bien entouré…

Oui, être entouré de gens qui ont du talent, qui bougent et qui ont des projets et une sacrée chance et un gros atout.

Si on ne te connaissait pas, tu n’es pas pour autant une débutante. Tu as même une formation musicale conséquente.

De 5 ans à 15 ans, j’étais au conservatoire, donc la musique n’est pas totalement étrangère à ma formation. Par contre, après, je n’ai pas fait d’étude musicale, je suis partie dans un développement assez classique de mon milieu social d’intellectuels de gauche. J’ai fait des études littéraires, ensuite science-po.

"A mes Aînés" (issu de l'album 40°N) - Version Live - La Dame de Canton à Paris - Mars 2012. Réalisation: Eyes Wild Shot. Chloé Laum, Clarisse Catarino (Accordéon), Martial Bort (Guitare éléctrique), Julien coulon (Guitare), Benoît Laur (Batterie), et Xavier Nikci (Basse).

J’ai senti dans tes textes que tu es quelqu’un de lettré. De par ton écriture et de certaineschloé laum,40 degrés nord,interview,pic d'or 2012,mandor références que tu cites.

S’il y a bien un privilège que j’ai eu pendant mon enfance, au-delà de l’argent, c’est bien d’avoir pu accéder à la culture au sens large. C’est une espèce d’ouverture sur le monde et un questionnement permanent. Mes frères, mes sœurs et moi, on a grandi dans cet univers-là.

Il était donc pour toi hors de question d’écrire de simples « chansonnettes ».

Je me disais qu’en tant qu’interprète, je ne pouvais faire autrement que de dire des choses.

Dans « Mes aînés », tu cites Aragon et Neruda… Comme tu y vas ! Tu ne fais pas tout pour acquérir un large public !

Le public qui achète de la musique au sens large, il s’est considérablement réduit. Les gens qui seraient intéressés par mon projet sont plus dans la catégorie de ceux qui achètent de la musique, qui ne se demandent pas s’ils téléchargent ou pas et qui ne rechignent pas à aller aux concerts. Ce sont des gens qui comprennent que c’est comme ça qu’on sauvera la création musicale.

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Dans 40 degrés Nord, tu nous emmènes, je te cite, « dans des Terres où hommes et femmes, depuis que le monde est monde, ont trouvé en musique la manière de rendre les émotions éternelles ». Si j’en juge la musique, ce sont des Terres d’Europe du sud, non ?

Oui, je me suis inspirée de la musique qui va du Portugal jusqu'au Balkan et au Caucase presque. On retrouve des influences du fado portugais, du flamenco ou de la musique orientale…

Tu as voyagé dans ces pays-là ?

Oui, et ce sont des musiques que j’ai écoutées depuis toute petite. Les harmonies sont très particulières et on sent tout de suite qu’on est dans un mélange entre quelque chose qui est très nostalgique et en même temps quelque chose de très passionné, dure et pleine d’énergie ! La difficulté pour moi a été de faire sonner des mots français sur cette musique spécifique. C’était même un petit défi.

"BORDERLINE". Captation à la Dame de Canton en juillet 2011. Avec Julien Coulon à la guitare, Clarisse Catarino à l'accordéon, Xavier Nikci à la contrebasse et Benoît Laur aux percussions... Let's swing...

Tu as fait attention au sens et au son. (En exagérant) Une double difficulté qui fait de toi une guerrière de la chanson française, en somme !

(Rires) Oh, ça me plait bien ça ! Bon, je suis consciente qu’il y a des imperfections dans le disque, mais je pense qu’en un an, j’ai muri, notamment dans la partie « chanteuse » et comportement scénique. Je sais que j’ai encore plein de choses à apprendre et je suis vraiment dans une dynamique de progression.

Il y a un charme suranné dans ton écriture… c’est rare.

Ma chanson préférée de tous les temps, c’est « La mémoire et la mer » de Léo Ferré. Elle a côté éternel, intemporel. J’adorais la manière dont ces artistes-là faisaient passer les émotions à travers leurs mots et aussi à travers la façon dont ils les dictaient. Ferré, Brel, Ferrat, Reggiani, quand je les écoute, ça me fait un effet différent que quand j’écoute les artistes contemporains de ces 30 dernières années. Il y a eu un moment de grâce dans la chanson française de ces chanteurs-là. Ce sont un peu mes maîtres. Ils m’ont beaucoup influencé. Dans mon écriture, il y a donc une forme de nostalgie, mais qui vient aussi de ce que je suis intrinsèquement.

La chanson préférée de Chloé Laum. "La mémoire et la mer" de Léo Ferré.

chloé laum,40 degrés nord,interview,pic d'or 2012,mandorTu emploies les mots « désenchantés », « désabusés » dans « A mes aînés ». Tu as l’impression de l’être ?

J’ai le sentiment d’avoir des opinions, d’être engagée, d’avoir des choses à dire, mais ce qui me désespère, c’est de n’avoir aucune solution à proposer. C’est ce qui fait que je ne m’engagerai jamais politiquement. J’ai un état d’esprit de gauche, mais parfois, je vais voter en me disant que je n’y crois pas une seconde. C’est une forme de désenchantement parce qu’on fait le constat que l’on n’est pas axé sur l’humain, mais pour autant, personne n’a de solution à proposer. Personne.

Mais, au fond, faut-il proposer des solutions dans les chansons ?

Pas du tout, d’ailleurs, je n’en propose pas. Mais, justement, mon côté désabusé vient de là. C’est paradoxale, je sais, mais du coup, je ne fais que décrire.  Il y a des gens qui tentent d’agir, qui sont dans l’humanitaire, qui s’engagent physiquement… et moi je chante.

C’est très important, l’acte de divertir les gens, de tenter juste d’éveiller les consciences par les mots et la musique.

Oui, tu as raison. C’est un autre rôle social.

Tu es devenue entrepreneuse pour sortir ce disque. Tu as un peu tout largué pour ce projet.

J’ai même mis des sous. J’essaye de partir dans plein de ramifications différentes pour essayer,  à terme, de vivre de la musique d’une façon ou d’une autre. Le propos n’est pas de « devenir une star », mais je veux juste pouvoir vivre de la musique.

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Il y a des formules, comme dans « Madame conscience » : « A trop voir le monde tel qu’il est, il faut s’attendre à tomber sur soi ». J’adore.

S’il y a une chose dont je suis fière et que je ne m’attendais pas à concrétiser, c’est l’acte d’écrire. J’adore ça. J’y prends un plaisir fou. Tu as vu, j’ai écrit sur mon expérience au Pic d’Or par exemple. J’aime bien raconter des histoires. Peut-être que dans 10 ans, je ferai ton métier, qui sait ?

Pour booster un peu ta carrière, tu cherches quoi exactement à l’heure actuelle ?

Je cherche des partenaires qui puissent me permettre de faire une résidence quelque part. En échange d’ateliers, d’un concert en fin de résidence… ce n’est pas évident à trouver et pourtant, je cherche.

Tu es en train de travailler sur le deuxième album, en ce moment !

Oui. Et il sera un peu plus rock un peu déjanté. Là aussi, au  lieu de tout faire moi-même, j’aimerais bien trouver un partenaire de production ou un label.

Il faut pour cela que les gens sachent que tu existes.

Le problème majeur est précisément celui-là.

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Pour finir, le teaser LIVE 2012 Chloé Laum
Avec Chloé Laum, Clarisse Catarino, Julien Coulon, Martial Bort, Xavier Nikci et Benoît Laur. Avec la voix et les mots de Gilles Deleuze...
Musique & Production: Chloé Laum Studio
Images: AdDiKtiV Films

11 juin 2012

Pic d'or 2012 : Bilan (2) Les coulisses

pic d'or 2012,coulissesIl m’a fallu trois semaines pour faire le bilan de ces trois jours passés à Tarbes en tant que jury du Pic d’Or 2012. J’aurais écrit le lendemain de mon retour, ça aurait dégouliné de bons sentiments. Je n’aime pas lire ça, chez les autres. J’ai donc choisi de prendre un peu de recul pour tempérer mes ardeurs (sans h, hein, je précise !).

Je vous propose donc quelques photos de ce week-end musical (et gastronomique) agrémentées de commentaires mandoriens égotiques (mais un peu explicatifs tout de même).

Cette chronique est dédiée à celles et ceux qui en ont été les protagonistes. (Oui, je dédie une chronique... le comble de la prétention !)

Première constatation une fois sur place : ça roule à Tarbes !

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A peine arrivé dans cette jolie ville de 112 000 habitants, capitale de la Bigorre, située dans le département des Hautes-Pyrénées, Arnold Turboust et moi nous installons dans nos chambres d'hôtel respectives. Une heure plus tard, Christian Garcia nous propose d'aller boire un coup sur une terrasse, puis d'aller boire un coup au Celtic Pub. (Bref, on a compris qu'on allait beaucoup boire de coups...). Coïncidence (ou pas), Tomislav, l'un des concurrents du Pic d'Or 2012 s'y produit. Mais Arnold et moi décidons de ne pas être trop attentif pour ne pas nous laisser influencer. Je dis ça, mais, personnellement, j'ai remarqué que l'homme avait du peps et du talent. Parce que c'est une évidence.

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Avec Arnold Turboust, mon président. Enfin, celui du jury, dont j'ai fait la connaissance quelques heures plutôt. Nous avons voyagé ensemble dans l'avion Paris/Lourdes-Tarbes. Très rapidement, nous nous sommes trouvés sur la même longueur d'onde. Un type bien. Nous trinquons au Pic d'Or!

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Bon, on n'est pas là pour (boire) rigoler. Voici quelques artistes sur scène lors du premier jour de sélection le vendredi 25 mai. Scotch & Sofa.

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Govrache.

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Alexandra Storti.

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Robin Boucheteil.

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Chloé Laum et ses musiciens.

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Les Meuf'in.

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Patchamama (version duo).

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Jann.

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Quelques photos dans les coulisses...

Rodrigue et ses "Rodriguettes".

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La pétulante Claire Danlalune est à l'eau. Un esprit vif dans un corps sain.

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La tarbaise, Alexandra Storti. Dernière répétition avant de se présenter aux jurés.

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Tomislav et Scotch (sans sofa). J'ai noté que les concurrents s'entendaient à merveille. Pas qu'une vue de l'esprit. Réalité pure et simple.

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Étienne Champollion (le pianiste) et Émilie Marsh (la chanteuse). L'humour fait la force.

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Rodrigue et Govrache se signent leur disque respectif. Avant qu'ils ne sachent que nous les avons tous les deux primés.

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Dans les loges, les Patchamama rencontrent la Rodrigue's connection. Deux mondes musicaux.

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Le vendredi soir, le jury annonce le nom des finalistes...

- Emilie Marsh
 
- Manon
 
- Chloé Laum
 
- Alexandra Storti
 
- Rodrigue
 
- Tomislav
 
- Govrache
 
- Scotch et Sofa
 
- Claire Danlalune
 
- Patchamama
 

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Le samedi 26 mai, nous avons un peu plus de temps, puisque la finale se déroule le soir. Les membres du jury ont la journée pour découvrir un peu la région. Corinne Labat décide donc de nous accompagner, près du Lac de Payolle, précisément à Campan-Payolle, au pied de la forêt. Pour s'y rendre, nous passons par le joli village de Saint-Martin. Corinne me dit que c'est précisément là que Paulo Coehlo possède sa maison française. Devinez ce que j'ai demandé. Juste faire un détour pour voir la dite maison. Un moulin en fait. On s'arrête, on prend une photo. Ça ne sert à rien...
(C'est ça qui est bien).
Normal quoi !

Sinon, à l'auberge des 3 Pics, le jury se sustente local...

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Une auberge charmante. Des petites salles décorées avec des outils et objets d'autrefois, une vieille cheminée… tout est authentiquement pyrénéen, les plats sont préparés à l'ancienne et servis avec générosité. Les grillades de viande ou poisson sont cuites sur les braises de hêtre de Payolle. Oui, j’ai pris des notes. Nous avons testé la garbure de Germaine, la vraie, comme la faisait son arrière grand-mère : des légumes cuits dans un bouillon mijoté avec os de jambon, confit de canard et hachis de vieux lard, ail, persil et marjolaine… je ne vous parle pas du reste. C’est honteux comment j’ai brisé mon année de régime. Pas bien, mais bien bon. Sur la photo, donc, de gauche à droite, Eric Lagarrigue, Thierry Cadet, Corinne Labat, un goinfre et Alain Navarro. Manque à l’appel, Arnold Turboust, retenu à Tarbes pour la bonne cause (voir ci-dessous), Pierre Domengès et Stéphane Rigot (occupés professionnellement).

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À l’issue de ce léger repas (hum !), trois activités s’imposaient à nous : une promenade dans la montagne, une bonne sieste réparatrice ou rejoindre Arnold Turboust. En effet, pour la deuxième année consécutive, il anime un atelier d’écriture au lycée Marie Curie de Tarbes. Thierry Cadet et moi sommes très motivés pour aller voir le fruit du travail d’Arnold. Corinne Labat nous y emmène donc.

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Arnold et trois de ses élèves d'un jour.

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Nous écoutons les trois titres composés dans la journée.

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 Avant la finale... la dream team de Manon.

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Rodrigue.

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Daisy Berthenet du groupe Patchamama.

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Petite conversation avec Chloé Monin (de Scotch et Sofa)...

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La finale.

Emilie Marsh.

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Pierrot Panse.

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 Sofía Miguélez (qui joue avec Pierrot Panse).

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Alexandra Storti.

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Manon.

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Laetikèt.

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Donoré.

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Tomislav.

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Claire Danlalune.

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Rodrigue.

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La Clouée.

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Chloé Monin (Scotch et Sofa).

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Chloé Laum et Clarisse Catarino.

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Chloé Laum et Martial Bort.

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Clarisse Catarino.

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Govrache.

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Delphine Duhamelle (L'ombre de l'Elfine).

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Daisy Berthenet du groupe Patchamama.

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Patchamama.

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Mary*, la gagnante du Pic d'Or 2011. Venue jouer pendant que les jurés délibèrent...

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Le Théâtre des Nouveautés.

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Présentation du jury, de gauche à droite :

Alain Navarro : Il y a quinze ans, il crée l’association "Arpèges et Trémolos" dont il devient président, avant d’en être le Directeur au bout de dix ans d’existence. L’association assure l’organisation et la programmation du festival "Pause Guitare", lequel lors de sa dixième édition prend ses quartiers à Albi et devient un évènement incontournable de la chanson francophone et ce grâce, il faut aussi le souligner, au dévouement de 430 bénévoles.

Pierre Domengès : Directeur artistique de "la Gespe" à Tarbes.

Eric Lagarrigue : Responsable du secteur des musiques actuelles au sein du service de l’action culturelle du Conseil général des Hautes-Pyrénées.

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Les mêmes, mais en noir et blanc.

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Les autres membres du jury, de droite à gauche, cette fois-ci :

Thierry Cadet (qu'est mon nouvel ami ami à moi que j'ai) : Il a débuté en 1998 sur M6 Music, avant de se tourner vers la presse écrite. Il est par rédacteur pour de nombreux supports (Pure Charts, Platine magazine, Serge...), biographe (Vanessa Paradis "Divine Idole"), chroniqueur sur Sud Radio et Radio Lora, animateur sur Télé Melody, et initiateur du collectif Les Marguerites contre Alzheimer (à la base du CD "J'y étais pas" et d'un concert annuel), du Prix Georges Moustaki (qui récompense chaque année l'album indépendant), et du portail horscene.com (l’information musicale autrement, décalée et inédite, servie dans un emballage original). Notamment.

François Alquier : Lui, je ne l'aime pas. Je n'ai rien à dire sur cet imposteur.

pic d'or 2012,coulissesLe président du jury, Arnold Turboust (certes, il tourne la tête, mais c'est bien lui!) : Difficile de retracer la carrière de cet artiste incontournable de la scène musicale française tant elle est riche en créations et collaborations diverses. Le grand public le découvre en 1986 avec le tube "Adélaïde" qu'il interprète avec Zabou (plusieurs semaines dans le Top 50). Pourtant dès 1980, il a participé au premier album de ‘Marquis de Sade’ avant de rencontrer en 1981 Etienne Daho dont il a fait les musiques et les arrangements de plusieurs de ses tubes. Citons au passage les noms de Sylvie Vartan, Brigitte Fontaine, Jacno avec lesquels il a travaillé (arrangements, productions) et n’oublions pas de signaler qu’il a parallèlement mené une carrière solo ; à ce sujet son dernier album Démodé est dans les bacs depuis novembre 2010.

L'homme "trouble", au fond, est l'hôte du Théâtre des Nouveautés, Stéphane Rigot : Directeur de la structure "Tarbes en Scènes", pôle culturel de la Ville de Tarbes, regroupant trois salles de spectacles (le Théâtre des Nouveautés, salle à l'italienne, le PARI, fabrique artistique et résidences d'artistes, la Gespe).

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Jury en place...

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Pendant les délibérations. Nous avons tous défendu nos choix/opinions/préférences avec conviction, mais avec diplomatie et respect. L'élégance de chacun m'a touché (je suis un petit être sensible).

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Quand l'évidence n'était pas une évidence, vote à mains levées...

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En attendant les résultats...

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Enfin, la remise des Prix !

Gérard Trémège, le maire de Tarbes, félicite Christian Garcia (je l'appelle "le grand manitou") et Corinne Labat, la présidence du Pic d'Or.

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Le président du jury, Arnold Turboust. Respect à ce monsieur pour sa classe toute dandyesque et sa générosité. J'ai beaucoup apprécié ces trois jours ensemble. Beaucoup.

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L'animateur de Pic FM qui présentait la soirée, avec Arnold et monsieur le maire...

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Tout le monde il écoute Arnold.

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J'ai l'honneur de remettre le prix du texte.

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Et le Prix du texte est attribué à... tintintin...

Govrache !

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Bravo l'artiste !

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Merci cher public ! (Non parce qu'en plus, Govrache a reçu le prix du public.)

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Emilie Marsh a reçu le prix de la musique.

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Rodrigue a remporté le prix de l'interprétation.

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Christian Garcia a reçu le prix de l'organisation sans failles et le prix du professionnalisme de chez professionnalisme.

(Tu as été grand Christian, selon l'avis de tous.)

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Tomislav est le Pic d'Argent 2012. (Il nous a ému presque aux larmes avec sa chanson "Je suis là".)

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Pour décerner le Pic d'Or 2012, nous n'avons pas hésité plus de 10 secondes. A l'unanimité. Félicitations à Scotch et Sofa !

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Tous les artistes primés (sauf le type à droite qui, décidément, s'incruste partout pour être sur la photo... pathétique!).

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Tous ensemble, tous ensemble, tous ensemble !

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La photo qu'il fallait prendre. Mary*, Pic d'or 2011 et Chloé Monin (Scotch et Sofa sans Scotch), Pic d'or 2012. Voyez le concept? pic d'or 2012,coulisses

Je rêve où quoi? Jusqu'au bout, le mec, il frime. Tsss...

(Sans blague, merci à toutes les deux! Vous êtes deux chics/brillantes/fort talentueuses filles !)

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Bon, j'ai (comme de bien entendu) quelques chaleureux remerciements à faire.

D'abord, à toute l'équipe organisatrice du Pic d'Or 2012. Corinne et Christian, bien sûr, mais aussi tous les bénévoles que j'ai rencontrés. Tous ceux qui nous ont transportés à droite à gauche avec sourire et bienveillance.

Merci aussi aux artistes et à leur entourage (attachés de presse, managers…) pour leur gentillesse et leur compréhension. (Je ne parle pas de leur talent, je n’aime pas être redondant). Je dois dire à ceux qu’il a fallu écarter que ce fut pour moi (je ne dois pas être le seul, mais je ne parle jamais pour les autres) un véritable crève-cœur. Je ne peux m’empêcher de penser aux artistes qui venaient de loin, par leurs propres moyens, et qui repartent sans rien. C’est la règle du jeu, m’a-t-on-dit. Il faut l’accepter. Les artistes l’ont accepté.

Merci à mes collègues du jury. Je ne m’étends pas, mais j’ai fait de vraies rencontres. Des que j’aimerais bien poursuivre au-delà du Pic d’Or. Stop ! Le pathos ne passera pas par Mandor.

Merci enfin aux photographes à qui j’ai piqué allégrement de nombreux clichés.

Pour les photos de la finale : Nöt Pixbynot.

Pour celles des demi-finales et de l’atelier d’écriture : Eric Stéphan (Kersidal Pix).

Et enfin pour celles des coulisses : Florence Cortes.

09 juin 2012

Pic d'or 2012 : Bilan (1)... la finale en vidéo

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422005_292781647457518_100001770550476_758477_1074632317_n.jpgL'édition 2012 du Pic d’or s’est tenue les 25 et 26 mai dernier au Théâtre de Nouveautés de Tarbes (Hautes-Pyrénées).

Je l’ai déjà raconté ici, mais suite à mon coup de gueule à propos du Prix Constantin 2011, j’ai été contacté par Christian Garcia, l’un des organisateurs du Pic d’Or, afin de devenir membre du jury de ce formidable concours.

Dans cette première chronique « bilan » et avant de vous raconter les coulisses de ces trois jours de rêves passés là-bas, je voulais vous proposer de voir la finale de cette manifestation. Histoire de bien insister sur le fait que le Pic d’Or est depuis deux ans un tremplin extrêmement bien organisé qui réunit une partie de la fine fleur de la scène française d’aujourd’hui. J’ai rarement vu sur une même scène, un plateau composé d’aussi talentueux jeunes artistes. Tout simplement bluffant !

11771_343941709008178_100001770550476_885720_1350567511_n.jpgJe remercie ici Christian Garcia, le grand manitou, et Corinne Labat, la présidente du Pic d’Or (ci-contre), ainsi que tous les bénévoles de nous avoir tous accueillis admirablement et chaleureusement.

Aucune fausse note en 3 jours, c’est suffisamment rare pour que je me permette de surligner la chose.

En tant que membre du jury, je ne peux pas (trop) donner mon avis personnel sur les uns et sur les autres, mais j’avais évidemment mes préférences et mes évidences. Je les garde pour moi.

Il n’est pas exagéré de dire avec conviction que tout le monde (et chacun dans son style) avait du talent à revendre. Non, ça, je peux le prétendre et personne ne pourra me contredire.

Des artistes, des organisateurs, des autres membres du jury, de l’ambiance générale, je parlerai dans ma prochaine chronique (avec photos et commentaires).

Pour toutes ces belles vidéos, un grand merci  et surtout un grand bravo à Pascale Sonneville Paugam et son mari (pour Via communication, une agence de communication Multimédia créée depuis 7 ans sur Tarbes dont le coeur de métier est, justement, la production vidéo) !

Présentation du jury et remise des prix.

Scotch et Sofa : Pic d'Or.

Tomislav : Pic d'Argent.

Rodrigue : Prix de l'interprétation.

Emilie Marsh : Prix de la musique.

Govrache : Prix du texte et Prix du public.

Les autres finalistes, pas gagnants, mais tout autant talentueux, chacun dans leur genre.

L'espiègle (et très drôle) Claire Danlalune.

La délicate, sensible et émouvante Manon.

L'envoûtante et mystérieuse Chloé Laum (qui raconte ici son expérience au Pic d'Or 2012).

Patchamama a conquis la salle grâce à la voix et la forte personnalité de sa chanteuse, Daisy, et au dynamisme de l'ensemble du groupe.

Enfin, la régionale de l'étape, la Tarbaise Alexandra Storti. La jeune femme très fraîche chante bien, est à l'aise avec le public... j'émets juste un bémol concernant ses textes. Pas encore aboutis. Bien managée, elle devrait faire parler d'elle.

Lire aussi le site musical Horscène sur le bilan du Pic d'Or 2012.

06 juin 2012

Donoré : interview pour "Je viens à toi" et son concert aux "Trois Baudets"

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donoré,je viens à toi,les trois baudets,interview,pic d'orDonoré, je connaissais son existence. Nous étions, je ne sais pas par quel hasard, « amis Facebook ». Je suivais donc son actualité, regardais ses vidéos, écoutais ses chansons au fur et à mesure qu’il les publiait. Je suis curieux, je n’y peux rien. J’aimais bien, mais son côté « beau gosse » romantique freinait mon enthousiasme. (Les gens qui ont tout pour eux sont énervants, non ?)

À bien écouter ses textes, j’avais tout de même constaté que ses chansons d’amour étaient loin d’être insipides. Sa parolière Marie-Florence Gros (auteure d’un roman qui m’avait beaucoup plu), sait y faire. Quand il écrit lui-même, Donoré aussi (sait y faire). Mine de rien, chez eux, l’amour ne rime pas avec facile, mais plutôt avec transgressif. Juste, il faut tendre l’oreille et écouter réellement le propos.

Et puis, je l’ai retrouvé physiquement il y a deux semaines, à Tarbes, lors du concours du Pic d’Or (je vous ai dit que j’étais juré de ce tremplin ?). J’ai donc eu l’occasion de voir le jeune homme sur scène, mais je n’ai pas eu le temps de beaucoup discuter avec lui.

Comme il sera aux Trois Baudets ce samedi (9 juin 2012), de retour à Paris, je lui ai demandé de me rejoindre à l’agence pour une interview express.

Ainsi fut fait, ce lundi 4 juin. Avant tout, présentons l’artiste.

donoré,je viens à toi,les trois baudets,interview,pic d'orBiographie officielle :

Né à Grenoble en 1978, Donoré s’initie au piano à 6 ans avant de découvrir la guitare acoustique à 13 ans. C’est une révélation et  il officie alors dans plusieurs groupes de reprise et gagne sa vie d'étudiant en dispensant ses talents dans toutes sortes d’événements. Influencé par  Renaud, Cabrel, Goldman, Clapton et Kravitz, il compose dès 1995 ses premières mélodies. Lauréat du trophée National Serge Gainsbourg en 2003, il se concentre alors davantage sur ses compositions. Ses passages remarqués au Festival International de Louisiane (USA) ou lors des premières parties de Maxime Le Forestier ou d'Enzo Enzo lui ont permis de construire et d'affiner un univers singulier, teinté d'influences pop et folk. Après un premier CD produit en 2007 et une tournée de plus de 30 dates (dont un Réservoir sold out), Donoré sort son premier album en France intitulé Je viens à toi au printemps 2010 où il partage ses histoires avec finesse et élégance en explorant les tourments de l’amour et de l’âme.

Donoré chez Noomiz.

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Interview :

Nous nous sommes croisés à Tarbes, lors du Pic d’or. Ce genre de tremplin de chanson française  apporte-t-il quelque chose à un chanteur en « développement » ?

Oui, d’abord une ligne de plus non négligeable sur un CV si tu gagnes et puis la possibilité d’être vu par des gens du métier, comme par des responsables de festivals, par exemple. Tu ne t’imagines même pas la difficulté qu’ont les jeunes de ma génération pour se faire remarquer…

Si, je m’imagine très bien. Toi, tu commences à te faire remarquer justement. Tu as joué dans différentes villes françaises et rempli de nombreuses salles parisiennes, seul ou avec tes musiciens, dont le Sentier des Halles, la Favela Chic, le Théâtre de l'Archipel, le Théâtre de la Reine Blanche, l'Alliance Française de Paris, l’Européen...

C’est un long cheminement. J’ai un petit public qui me suit et qui m’est plutôt fidèle. Et puis, j’ai un producteur plutôt réputé et doué, Gérard Drouot. Il s’est beaucoup impliqué dans la fin de la production de l’album. Je l’ai sorti le premier juin 2010, le 8 juin, j’ai fait l’Européen et le 15, la première partie de Michael Bolton à l’Olympia.

Je viens à toi (show case FNAC Strasbourg).

Plus là pour toi (show case Fnac Strasbourg)

Tu as fait beaucoup de concerts acoustiques dans les FNAC et dans les IDTGV (environ 140) et pas mal de concerts à domicile…

J’en ai fait une quinzaine l’année dernière. Mine de rien, on peut vite se retrouver à 120 personnes dans un jardin. Je fais une heure et quart de vrai concert et l’ambiance est chaleureuse et conviviale. En tant que musicien, c’est très intéressant pour moi puisqu’il y a un cachet et je peux vendre mes disques sur place. Le plus important, c’est que ce sont de vraies rencontres. Et puis, je ne te cache pas que ça a intéressé les médias. Dès que l’on sort du circuit et du système traditionnel, les médias aiment bien.

Ce sont des chansons d’amour, à priori, mais pas que.

La teneur générale de l’album est un peu nostalgique, voire mélancolique. Ce sont des chansons autobiographiques sur des relations que j’ai pu avoir. J’évoque la jalousie, l’incompréhension, l’incommunicabilité… j’essaie d’emmener un regard distancié et décalé par rapport à des choses qui peuvent être parfois dramatiques. Ce ne sont pas des chansons mièvres.

Clip officiel de Histoire Banale.

Lonely Blues (New York acoustic version filmé et réalisé par Olivier Camandone).

Ta musique, c’est de la pop folk acoustique. On peut dire ça ?

Oui, exactement, pour le moment, en effet, à tonalité acoustique. Il n’y pas de batterie, il y a de la percussion. Pour moi, une bonne chanson, c’est uniquement quand elle sonne parfaitement en guitare voix ou piano voix. Là, je réfléchis à mon prochain album. Ce dont je suis certain, c’est que les chansons seront plus pop encore, plus « rentre dedans » et il y a aura moins de balades mélancoliques. J’aimerais bien avoir un côté plus Springsteen.

Tu as participé aux rencontres d’Astaffort. Qu’en retiens-tu ?

Deux fois par an, 15 auteurs compositeurs se retrouvent là-bas. Quand j’y ai participé, c’était les 35e rencontres. Cabrel les a créés parce que, pendant longtemps, il s’est retrouvé devant des gens qui lui demandaient ce qu’il pensait de leurs chansons. Comme il ne pouvait pas répondre individuellement à tout le monde, il a décidé d’organiser ces Rencontres. Chaque artiste est confronté aux autres et peut ainsi comprendre ses forces et ses faiblesses sur l’écriture, les compositions et l’interprétation. Il y a un système d’équipe de composition, cela permet de sortir de la solitude de l’artiste que Cabrel a du/pu ressentir.

Mais, toi, ça t’a apporté quoi ?

C’est intéressant de voir comment fonctionnent les autres. Au départ, c’est hyper déstabilisant. Cabrel nous sélectionne parce que l’on sait tous composer des chansons, par contre, on n’a pas tous les mêmes méthodes ni la même productivité, encore moins des styles similaires.

Tu as grandi en écoutant quoi ?

Renaud, Goldman et Cabrel…J’ai appris la guitare en écoutant Cabrel, « Je l’aime à mourir » par exemple… c’est dire si Astaffort, c’était important pour moi. Il était là tous les jours. Il m’a dit deux trois trucs par rapport aux paroles de mes chansons.

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C’est difficile de trouver son propre style?

C’est sûr qu’il faut trouver sa couleur, sa voie et sa voix. Je connais toutes les chansons de ces artistes, il faut s’en détacher.

Quel est le plus difficile à gérer dans ce métier ?

L’indifférence. Pas de oui, pas de non, pas d’écoute, pas de réponse. C’est frustrant quand tu mets tout ton cœur dans ce que tu défends et que tes chansons ne sont pas écoutées.

Tu joues samedi aux Trois Baudets. C’est une date importante pour toi ?

C’est une date d’entre-deux. Je ne suis pas sur une sortie d’album, mais par contre, je vais tester des nouvelles chansons et présenter le son que je souhaite mettre en avant dans le prochain album. J’aurais 5 musiciens et je te garantis que ce sera très musclé.

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Voici deux dernières vidéos: D'abord, le passage de Donoré à Ce soir où jamais en juin 2010.

Et on finit avec un ancien CD'Aujourd'hui (émission que je connais bien...) le concernant. Il date du 21 juin 2010 (jour précis de la Fête de la Musique).

16 mai 2012

Pic d'or 2012 : on en parle dans "Hors Scène" et dans "Tarbes le mag" !

Dans une semaine se tient le Pic d’or 2012, à Tarbes. J’ai hâte d’y être, très sincèrement.

J’ai déjà expliqué, récemment, comment je me suis retrouvé membre du jury de ce Festival « Paroles et Musiques », plus particulièrement destiné à faire connaître au public les auteurs, compositeurs, interprètes exclusivement d’expression française.

Le site musical Hors Scène (l'information musicale autrement) évoque cette manifestation et présente ici les candidats.

Et voici un article publié dans le journal de la mairie de Tarbes.

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28 mars 2012

Mary* : interview découverte !

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Mary*, je l’ai découverte par le biais de Christian Garcia, le vice-président du Pic d’Or (dont j’explique ici pourquoi il m’a demandé d’être membre du jury de l’édition 2012). Mary*, c'est un peu son année. Elle est la lauréate de l’édition 2011 du Pic d'Or et des Talents Acoustiques de TV5 Monde 2011. La jeune femme a du talent, c’est incontestable. Et avec sa voix, sa guitare et son sampler, un style original. Je suis assez d’accord avec sa présentation officielle : « Elle a forgé son style, animal, au corps à corps avec sa guitare, elle gratte, tape, pince, va même jusqu'à chanter dans la rosace de l'instrument, invite la beat box et s'installe alors une joute jubilatoire avec la machine. »

Je l’ai reçu dans les locaux de « l’agence », le 14 mars dernier, pour une interview… avant de la découvrir, voici son tout premier clip. Simple et beau.

Il me tarde de MARY*. Réalisation : Safia Hadjhadjeba

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Interview:

Ton premier album éponyme est spontané, urbain, habité, frais et quelques perles comme « il me tarde », « A l'encre noire », ou l'africanisant « Restes de toi » valent amplement que l'on s'y attarde. En l'écoutant attentivement, je trouve que ta plume est « trempée dans l’encre noire » comme tu le chantes, d’ailleurs.

Le disque que tu as date de 2010, mais a été enregistré en 2008. Beaucoup des chansons présentes dataient de quand j’avais 16 ans. (Rires). Il y a des textes, aujourd’hui, je n’ai plus l’aplomb de les défendre. J’ai grandi depuis… Il y en a quatre que je réenregistrerais bien pour un EP.

Tout ce qui t’est arrivée cette année est très encourageant, non ? Tes victoires au Pic d’Or 2011 et aux Talents Acoustiques de TV5 Monde 2011…

Christian Garcia, le vice-président des Pic d’Or m’a repéré pendant le concours. Ensuite, après avoir été lauréate, il s’est un peu occupé de moi. Il fait office de manager non officiel et il le fait bien.C’est lui qui m’a incité à m’inscrire aux Talents Acoustiques de TV5 Monde. Et j’ai gagné, comme par miracle.

Mary* remporte le Pic d'Or 2011. Le jury était présidé cette année par Arnold Turboust et parrainé par François Jouffa.

Mary* remporte Les Talents Acoustic 2011 / TV5Monde.

mary*,interview,pic d'or,mandorÇa doit te rassurer sur ton potentiel.

C’est arrivé au moment où j’allais lâcher l’affaire. Cerise sur la gâteau, j’ai été convié à jouer à l’Olympia le 8 mars dernier pour la 6e édition du Prix Génération Réservoir. J’ai joué juste un morceau, mais j’en ai fait un moment de kif absolu.

Que fais-tu pour te faire remarquer par les professionnels ?

C’est le problème, je suis une piètre auto manageuse. J'essaie quand même de faire beaucoup de tremplins. Je le répète, ma rencontre avec Christian Garcia a été décisive et il m’a ouvert quelques portes. Comme la tienne d’ailleurs.

Comme je suis membre du jury de la prochaine édition du Pic d’Or, c’est vrai que j’ai écouté avec une attention particulière… un peu dans l’esprit « quel genre d’artiste à gagné l’année dernière ? ». Je t’ai trouvé une originalité et un talent suffisamment conséquent pour que j'ai le désir de te rencontrer. J'ai même beaucoup apprécié, pour être franc. Parlons de la scène, à présent. Le fait de chanter seule avec une guitare et un sampler, ça facilite les choses pour trouver des endroits ou jouer?

Les programmateurs me le disent souvent. Pour les premières parties par exemple, c’est idéal. J'ai eu la chance de faire celles de Alexis HK, La Rue Ketanou, Tété, Amadou & Mariam, Les Ogres de Barback, Pauline Croze, Fred, Rose, Vincent Delerm, Camille Bazbaz, Victoria Tibblin, Camélia Jordana, Olivia Ruiz, Féfé, Brigitte... En juillet dernier, j’ai fait aussi la première partie de Christophe Maé.Honnêtement, j’ai été bluffé. Lui et ses musiciens sont hallucinants. Les 11 000 personnes étaient conquises par l’énergie que cet artiste dégage.

Intégralité du concert de Mary* le 9 juillet 2011 en première partie de Christophe Maé au parc Eana, à Gruchet-le-Valasse (76).

mary*,interview,pic d'or,mandorGrande question métaphysique. Pourquoi es-tu pieds nus sur scène ?

C’est pour gérer au mieux mon sampler, ce n’est pas du tout pour faire style, comme beaucoup pensent à cause de mes dreadlocks. Les premières scènes, j’étais en basket, mais bon… vraiment, je gère mieux mes repères sur le sampler pieds nus.

Dans tes textes, le sens a de l’importance, bien sûr, mais le son aussi. J’ai l’impression qu’il faut que ça sonne avec ta musique. Le son des mots à travers la voix viennent servir la musique, un phrasé soul, des rythmiques groovy, un chant aux accents afro hip hop, des ambiances trip hop.

J’essaie vraiment d’allier la sonorité et le texte. Cela étant, on m’a proposé de travailler avec un ou des auteurs, mais je ne me sens pas la maturité d’interpréter les chansons des autres. Je ne me prétends pas chanteuse, mais musicienne. Avec le temps, j’assumerai peut-être plus l’ensemble de ce que je forme.

Dans la chanson « L’encre noire », (écrite par l'artiste 10Vers et interprétée avec lui), on entend cette phrase :« c’est maladif d’écrire ce que l’on a du mal à dire ».

Oui, il y a effectivement une forme d'exutoire. C’est aussi l’explication de l’astérisque qui est derrière mon nom de scène, Mary*. C’est un peu la Marie funky, donc elle devient Mary*, la face cachée de la fille que je suis. Ce n’est pas la Marie de tous les jours. Je trouve génial le nota bene… mettre un mot, mais renvoyer à une autre idée.

Tu sens un vrai phénomène de schizophrénie entre Marie et Mary* ?

Face à ma feuille, j’ai un peu cette sensation. Du coup, je m’en veux de ne pouvoir cracher qu’à ma feuille ce que je ressens. Les sujets dont je parle dans mes chansons sont vraiment intimes, même s’ils sont universels. Je parle d’amour, l’enfance, la famille… rien de bien original, mais c’est son traitement et les choses dites qui sont personnels. Devant une feuille, je n’ai plus peur de dire.

Quand tu écris, faut-il que tu sois dans une énergie positive ?

Pas forcément. Ma plume va mieux pour dire ce qui ne va pas que pour dire ce qui va bien. Je trouve extrêmement difficile d’écrire sur le bonheur éclatant.

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Mary* sera sur la scène du Théâtre des Nouveautés de Tarbes le 26 mai 2012, soir de la finale du Pic d'Or 2012, pour un mini concert! Que je ne verrai pas, car elle jouera lors de la délibération du jury (pour décerner le ou la lauréate de cette année)…

22 novembre 2011

Pic d'Or 2012

 

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181671_133210876747930_100001770550476_224176_580796_n.jpgIl n’est pas exclu que vous entendiez parler du Festival Pic d’Or de temps en temps sur ce blog. Ce Festival « Paroles et Musiques », est un concours destiné à faire connaître au public les auteurs, compositeurs, interprètes de textes et musiques inédits, de tous styles et exclusivement d’expression française.

Les inscriptions pour les présélections aux auditions du 25 mai 2012 ont débuté le 1er novembre dernier et se termineront le 31 mars 2012.

Il existe un site offciel qui vous expliquera tous sur ses tenants et ses aboutissants de ce festival.

L'édition 2012 aura lieu les 25 et 26 mai au Théâtre de Nouveautés à Tarbes (Hautes-Pyrénées).

J’y serai car, suite à mon coup de gueule à propos du Prix Constantin 2011, j’ai été contacté par Christian Garcia, l’un des organisateurs du Pic d’Or, afin de devenir membre du jury de leur concours.

J’ai hésité, puis finalement accepté. Après tout, si on critique d’un côté, il faut s’impliquer dans un autre.

Montrer l’exemple est un brin présomptueux, je vous l’accorde, mais enfin, au moins appliquer les conseils que l’on donne aux autres. Et puis, depuis toutes ces années passées à défendre la scène française, je vous avoue que l’éventualité de trouver la ou les nouvelles perles m’enthousiaste au plus haut point.

Voici donc les membres du jury dans sa totalité.

Aujourd’hui, je suis fier de participer à cette aventure et je remercie le Pic d’Or pour sa confiance. Je tâcherai d’être à la hauteur.


Théâtre des nouveautés à Tarbes : Stéphane RIGOT... par viaprod