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16 mai 2016

Christophe Maé : interview pour L'attrape-Rêves

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Christophe Maé vient de fêter ses 40 ans. Et il les chante dans son nouvel album L’Attrape-rêves, qui est sorti ce vendredi. Il se livre sur son bonheur, ses fils, Jules et Marcel, et sa femme qu’il demande en mariage. Notamment.

Le 18 avril 2016, j’ai rencontré le chanteur pour la cinquième fois (mandorisation en 2007, , en 2010, ici, en 2011, , et en 2013, ici). L’interview s’est tenue dans un bar parisien (dont je tais le nom, car il s’agit de son QG). Toujours aussi sympathique et simple. Pas star du tout, lucide, voire franchement amical. 

Voici le fruit de notre conversation pour le magazine de la Fnac OPEN MAG (daté du mois de mai 2016).

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Clip officiel de "Il est où le bonheur".

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Le 18 avril, après l'interview...

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14 mai 2016

Matthias Vincenot : interview pour Hors Cadre

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(Photo : David Desreumaux)

Le poète Matthias Vincenot m’impressionne. Il passe sa vie à défendre la langue française en général et la poésie en particulier à travers de nombreux projets (voir sa mini bio ci-dessous). Cette fois-ci, avec Etienne Champollion et l’ensemble DécOUVRIR, il propose un CD intitulé Hors Cadre dans lequel il réunit 21 textes à lui qu’il dit, trois chantés (par Antoine Coesens, Damien Roquetty et Emily Marsh) et un, où se succèdent les voix de 53 artistes : la « génération deux mille quoi ».

Voilà ce qu’en dit ma collègue (et amie), Stéphanie Berrebi dans le magazine FrancoFans.

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Ecouter l'album .

Pour sa troisième mandorisation (la première ici et la seconde), Matthias Vincenot est venu à Webedia le 5 avril dernier.

matthias vincenot,étienne champollion,ensemble découvrir,hors cadre,interview,mandorLe projet  Hors Cadre :

C’est tout d’abord une histoire d’une rencontre et d’une amitié longues depuis bientôt dix années entre le poète Matthias Vincenot et le musicien Etienne Champollion durant lesquelles les deux artistes collaborent lors de nombreux spectacles et du livre-disque L’âge de mes désirs paru en février 2011.

Hors Cadre, c’est du slam à sa façon, puisque le slam pur n’admet pas de musique. C’est hors catégorie.
De la poésie dite, mise en valeur par un bel habillage. C’est hors format.
Un prolongement de la tradition de l’oralité, dans un esprit de transmission. C’est d’aujourd’hui et de tout temps. C’est hors mode.
De la musique aux influences multiples par des musiciens hors pair.
Une formule singulière qu’on n’a pas l’habitude d’écouter.

C’est Hors cadre.

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(Photo :  Romain Jacquot)
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Les intervenants :

Matthias Vincenot (photo David Desreumaux):

Né en 1981, il a publié, depuis Un autre ailleurs (éditions Lettres du Monde, 1998), quatorze recueils, dont le plus récent, Génération deux mille quoi, est paru en 2015 aux éditions Fortuna. Président de l’association Poésie et Chanson Sorbonne, fondateur et directeur artistique du Festival DécOUVRIR de Concèze, il a créé, avec Thierry Cadet, le Prix Georges Moustaki de l’artiste indépendant et/ou autoproduit. Il est également directeur artistique de Poésie en liberté. Par ailleurs Docteur ès lettres, il est professeur aux Cours de Civilisation française de la Sorbonne. Il donne régulièrement des lectures ou des récitals, accompagné par des musiciens, le plus souvent par Etienne Champollion, et aussi avec l’Ensemble DécOUVRIR. Il organise régulièrement des événements autour de la poésie et de la chanson.

Étienne Champollion (photo Romain Jacquot):matthias vincenot,étienne champollion,ensemble découvrir,hors cadre,interview,mandor

Multi-instrumentiste, il est aussi compositeur et arrangeur. Naviguant de la musique classique à la chanson, il partage également la scène avec différents chanteurs et comédiens tels que Michael Lonsdale, Marie Christine Barrault, Bertrand Burgalat, Emilie Marsh ou Céline Caussimon.

En tant que compositeur, il a déjà rédigé plusieurs cycles de mélodies ainsi que des pièces variées, de l’instrument solo au grand orchestre, qu'il joue actuellement en concert, en Europe et en Amérique du Nord.

matthias vincenot,étienne champollion,ensemble découvrir,hors cadre,interview,mandorL'Ensemble DécOUVRIR (photo Romain Jacquot):

Né lors de la dixième édition du festival DécOUVRIR de Concèze, l’Ensemble DécOUVRIR a décidé de poursuivre avec joie l’aventure musicale au-delà de ce berceau.

L’Ensemble est composé de sept musiciens permanents dont un quintet à cordes, une clarinette et un piano. Il s’enrichit aussi de ses doubles instrumentistes, de son compositeur/arrangeur, de ses membres invités et des artistes qu’il accompagne. Il consiste surtout en la réunion de jeunes musiciens issus de géographie et de cultures musicales différentes. Ainsi, la spécificité de l’Ensemble est de proposer un répertoire et des interventions sur mesure à la rencontre des musiques actuelles et classiques. Il s'est retrouvé aux côtés d'artistes tels que Clarika, Michaël Lonsdale, Jean Fauque, Bertrand Burgalat, Benoit Carré...

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(Photo : David Desreumaux)

matthias vincenot,étienne champollion,ensemble découvrir,hors cadre,interview,mandorInterview :

Le concept de ce disque est simple : tu dis tes propres poèmes tirés de tes différents recueils.

Oui, dont certains tirés d’anciens recueils épuisés… et il y a aussi trois poèmes inédits, le tout sur des musiques d’Etienne Champollion. Ce musicien a un talent fou pour rentrer dans l’univers des gens qu’il accompagne. J’aime quand il joue avec moi car il rentre immédiatement dans l’esprit des textes. Cela fait 10 ans que je travaille avec lui et je le trouve toujours impressionnant.

As-tu choisi les textes aussi en fonction de ce que l’on pourrait en faire musicalement ?

J’ai choisi les poèmes que l’on fait déjà en récital avec Etienne et l’Ensemble DécCOUVRIR. Ce sont ceux que l’on aime le plus jouer. Mais pour garder une certaine cohérence, j’ai conçu ce disque comme un recueil. J’ai fait attention aux thématiques et à l’ordre des poèmes.

"Nous irons", extrait de l'album Hors Cadre.

Que l’on soit clair, ce n’est pas du slam.

Les gens qui ne connaissent pas bien la poésie ont tendance à penser que la poésie, c’est le slam. Non, le slam est une toute petite partie de la poésie d’aujourd’hui et elle est extrêmement inspirée de poésies anciennes. Le slam est la parole dite, nue et qui parle de la société. Le slam a permis de montrer qu’un texte dit, ça peut passer et intéresser.

Parfois, je suis agacé par le ton que prennent les slameurs.

Moi aussi. En fait, je n’aime pas quand ce ton devient une posture. Il y a des choses très bien dans le slam et des choses moins bien, comme dans tout. En plaisantant, Etienne dit que ce disque est du slam de chambre, parce qu’il y a un peu de musique de chambre.

Parle nous de ce poème interprété par 53 artistes, Génération deux mille quoi.

Ce poème était le premier tiré de mon recueil sorti en 2015 aux éditions Fortuna, Génération deux mille quoi. Il est dit par des artistes qui sont plus ou moins de cette génération. J’ai fait parler des artistes entre 30 et 40 ans de notre époque.

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(Photo : David Desreumaux)

Ce disque est aussi une façon de défendre la poésie ?

Pour moi, la poésie doit être partout. Faire des ponts artistiques est une des manières de faire entendre de la poésie. C’est difficile parce que cet art n’est pas à la mode. Avec ce disque, je veux aussi montrer que la poésie n’est pas forcément chiante. Ça ne l’est pas du tout, mais il faut se battre pour le prouver.

Ton disque s’appelle Hors Cadre. Cela correspond à ta personnalité, je trouve.

J’aime sortir des clous. Ce disque ne ressemble pas à ce qu’on entend habituellement. Déjà, la poésie est hors cadre par rapport à ce qu’on lit le plus aujourd’hui. Moi, je veux prouver qu’il s’est passé des choses depuis Victor Hugo. Il y a des centaines de poètes en France et personne ne les connait. Je me bats pour que l’on connaisse, voire reconnaisse ces poètes dans leur diversité.

"Question de voie", extrait de l'album Hors Cadre.

Ça se vend la poésie ?

En général, un poète va vendre tout au plus cinquante recueils en librairie et il sera content. C’est un micro monde, alors tout ce qui peut se passer autour, les rencontres, les festivals, les projets comme le mien, ça permet de montrer que la poésie est autre chose que l’idée que certains peuvent en avoir.

Tu es un garçon très actif. Je ne vais pas revenir sur tout ce que tu as fait et ce que tu prépares, mais quel est ton futur projet le plus important à tes yeux ?

Il y a un truc qui me ferait plaisir. Je ne sais pas si j’y arriverai, mais je vais tenter. J’ai publié mon premier recueil de poèmes le 6 février 1998, ça va donc faire 20 ans. J’adorerais réussir à sortir un livre ou un album le 6 février 2018. J’aime bien les symboles et les boucles bouclées.

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Après l'interview, le 5 avril 2016.

Dans le FrancoFans daté de l'été 2016.

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10 mai 2016

Clio : interview pour son premier album

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clio,chanteuse,interview,mandorEt Clio, tu connais ? Cette question récurrente posée par mes confrères journalistes spécialisés dans la chanson française commençait à m’agacer. A cela, je répondais. « Oui, ce qu’elle fait est plutôt bien troussée ». Réponse un peu vague que l’on peut attribuer à de nombreux artistes. Réponse mensongère, de surcroît. J’aurais dû répondre, vexé comme un pou : « pas du tout, lâchez-moi avec cette Clio que je ne connais ni d’Eve, ni d’Adam », mais ce n’est pas digne d’un journaliste spécialisé dans la chanson française de mon envergure. J’ai ma réputation et une crédibilité professionnelle sans faille à protéger.

Bref, un beau jour (ou peut-être un nuit), je reçois le disque de Clio (non, je n’avais pas eu, entre temps, la curiosité de chercher sur YouTube deux, trois vidéos de la demoiselle, histoire que je me fasse une idée et que je puisse répondre avec honnêteté). Et je l’écoute, donc. Une voix douce et « emportante » (qui nous emporte, quoi !), des chansons empreintes de mélancolie, une écriture subtile, des mélodies discrètement accrocheuses. Je ne sais pas pourquoi j’aime, mais j’aime. Elle sort du lot de la multitude de chanteuse à texte s’accompagnant seule à la guitare. Je lis l’argumentaire qui accompagne le disque de cette diplômée de Lettres Modernes. 

« Il y a autant d’histoires chez Clio que d’introspections. Sans nostalgie. A peine le fond de mélancolie nécessaire à l’hygiène de l’âme. Clio interroge la relation, la questionne du haut de ses 28 ans, de sa langue élégante, de ses métaphores-sémaphores. En noir et blanc, en couleurs, avec subtilité et malice. Avec tantôt un zeste d’ironie à l’encre sympathique, tantôt un humour franc et clairement affiché. »

On ne saurait mieux dire.

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Clio est donc venue le 23 mars dernier dans les locaux de Webedia pour une première mandorisation (quelques jours avant qu’elle ne reçoive les trois f de Télérama, j’ai donc rencontré une chanteuse en devenir encore humble et sans garde du corps (oui, ça va, je plaisante !))

Biographie officielle :clio,chanteuse,interview,mandor

Clio écrit des histoires, et chanter l'amuse.

Avec sa voix unique, elle promène ses jolis textes, poussés par des mélodies qui rentrent dans la tête. Elle parle de balades seule à observer le monde, de garçons pas vraiment les bons, de petits morceaux de vie qui laissent un goût sucré, ou iodé.

Son premier album est sorti le 1er avril 2016 (uGo&Play / L'Autre Distribution).

Clio vient de remporter le 1er Prix du Tremplin Francophone Le Mans Cité Chanson 2016 et fera partie du Mégaphone Tour 2016/2017.
Et un peu avant : Clio a remporté en 2015 le premier prix du Carrefour de la Chanson de Clermont-Ferrand, et le 3ème prix de la médaille d'or de la chanson de Saignelégier. Elle était en juin 2015 dans les 6 finalistes du radiocrochet "Partons en Live #LaReleve" de France Inter présenté par André Manoukian

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clio,chanteuse,interview,mandorInterview :

Ta passion pour la musique vient-elle de ton enfance ?

Pas du tout. Mes parents sont profs et ils ne m’ont pas incité à jouer de la musique étant petite. Mes frères et sœurs eux en faisaient. C’est amusant parce qu’aujourd’hui, je suis la seule à faire faire ce métier.

Quand as-tu envisagé de faire de la musique et de chanter alors ?

Depuis toute jeune, j’écrivais beaucoup et plein de choses différentes dans des cahiers qui trainaient partout. Vers 22 ans, j’ai appris un peu la guitare, du coup, ça m’a incité à chanter. J’ai commencé en interprétant avec deux accords de guitare le répertoire de Georges Moustaki et de Maxime Le Forestier. Ensuite, j’ai essayé de mettre des accords et des mélodies à moi sur certains de mes textes. J’ai beaucoup travaillé parce qu’au départ, ce que je faisais n’était pas encore façonné pour la chanson. Un jour, j’ai estimé que je pouvais me lancer. J’ai tout de suite compris que j’aimais faire ça. Cela m’a surpris parce que c’était inattendu que je me dirige dans cette voie-là.

Et tu aimais chanter ?

En tout cas, je ne me sentais pas légitime. Je n’avais jamais voulu chanter et ça m’intimidait de le faire. Aujourd’hui, j’écris avec l’idée que je vais chanter moi-même mes textes, mais ce n’était pas le cas à l’époque. Je n’envisageais même pas de chanter sur scène, cela me faisait bien trop peur.

"Eric Rohmer est mort".

Quand as-tu sauté le pas ? (Photo à droite : Annie-Claire Hilga)clio,chanteuse,interview,mandor

Il y quatre ans, pour mon anniversaire, mes parents  m’ont offert un petit papier sur lequel était écrit : « Bon pour enjoliver tes chansons ». J’ai vu sur le site de Jérémie Kisling qu’il proposait des ateliers. Je cherchais quelqu’un qui puisse m’aider à faire des arrangements à mes chansons. Cela correspondait à ce qu’il proposait. Grâce à mon bon, j’ai pris deux heures d’atelier avec lui à Paris. Je lui ai fait écouter deux chansons et il a beaucoup aimé. Il m’a dit qu’on allait faire un disque. A partir de là, nous avons travaillé ensemble pendant un an. Après, ça s’est un peu compliqué avec lui, alors nous avons interrompu notre collaboration. J’ai rencontré Ugo Berardi, qui travaillait pour la boite de production de Jérémie. Il a aimé mon travail et en avril 2014, il a envoyé des chansons à moi aux Trois Baudets. Le mois suivant, j’étais programmée. Il a fallu que je trouve un guitariste pour m’accompagner et Ugo m’a présenté Gilles Clément. 

Comment s’est passée ta première scène aux Trois Baudets ?

Je n’étais pas sûre de parvenir à chanter, mais au final, c’était vraiment très bien. Bien sûr, c’était maladroit, mais j’ai vraiment eu l’impression que j’avais donné quelque chose aux personnes présentes dans la salle. C’était une curieuse sensation que de partager avec les gens. C’était fort. La deuxième fois que je suis revenue chanter dans cette salle, j’ai l’impression que c’était moins bien, parce que je n’ai pas retrouvé la magie du premier soir.

Clip de "Des équilibristes".


Tu es en dispo de l’éducation nationale depuis trois ans. Il va falloir que tu finisses par choisir définitivement:

Pour le moment, j’ai fait le choix de laisser mon métier d’institutrice pour me consacrer à 100% à la chanson. On ne peut pas faire ce métier en dilettante, il me semble. Je fais tout pour reculer l’échéance, mais au mois de juin, je vais être obligée de démissionner.

J’ai l’impression que les choses vont vite pour toi, ressens-tu la même chose ?

Je vois comment ça se passe pour les uns et pour les autres, je suis obligée de constater qu’effectivement, il se passe beaucoup de choses pour moi en ce moment. J’ai un début de parcours rapide, voire idéal.

Tu n’es pas passée par la case EP, directement tu sors un album.

On voulait sortir un EP, mais c’est mon attachée de presse, Patricia Espana, qui m’a incitée à sortir directement un album. Elle croyait en moi et elle a considéré qu’elle allait réussir plus facilement à  capter l’attention sur moi si j’avais un album complet.

Que penses-tu de ta voix ?

Je n’ai aucune idée de ce qu’elle peut produire sur les gens. C’est ma voix, je fais avec puisque je veux être l’interprète de mes propres chansons.

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Pendant l'interview...

Alain Cluzeau, le réalisateur de ton album a choisi de mettre en avant ta voix. C’est un grand réalisateurclio,chanteuse,interview,mandor qui a travaillé pour pléthores d’artistes. Comment cela s’est passé avec lui ?

Il a toujours été très réservé. C’est lui qui a choisi les titres qui figurent sur le disque. Plusieurs chansons sont parmi les plus vieilles de mon répertoire, des chansons de jeunesse, des chansons à chutes comme « Le coiffeur ». C’est un peu du gâchis autant de chansons qui ne me correspondent plus aujourd’hui. Bon, j’ai décidé de faire confiance…

Tu ne le regrettes pas aujourd’hui, je suppose ?

Je ne sais pas encore. Les chansons récentes et que j’aime bien seront donc sur un prochain album, j’espère.

Arrives-tu à te considérer comme une chanteuse ?

Je voudrais juste plus assumer le fait d’aller sur scène. J’aimerais bien être plus « fortiche ».

Idéalement, comment envisages-tu la suite ?

Je n’ai jamais été très forte pour me projeter dans l’avenir. Je ne prévois rien, mais ce qui me plairait c’est de pouvoir continuer tranquillement à chanter et à vivre de ce métier.

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Le 23 mars 2016, après l'interview.

27 avril 2016

Boulevard des Airs : interviews de Sylvain Duthu et Florent Dasque pour la réédition de Bruxelles

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Au mois de juillet 2015, j’avais interviewé Florent Dasque, l’un des deux « capitaines » du vaisseau Boulevard des Airs,  pour Mandor, afin d'évoquer l’album Bruxelles (lire là). A l’occasion de la réédition du disque (succès oblige) agrémenté de quelques bonus essentiels, j’ai passé un coup de fil au deuxième « capitaine », Sylvain Duthu. J’ai fait un mix des deux interviews pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois d’avril-mai 2016). Voici le résultat.

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Extrait de la réédition de l'album Bruxelles qui comprend 7 nouveaux titres et remixes inédits.

Boulevard des Airs (feat L.E.J) : "Emmène-moi".

Boulevard des Airs : clip de "Bruxelles".

26 avril 2016

Armelle Dumoulin : interview pour T'avoir Connu

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Armelle Dumoulin est comédienne, auteure de chansons et de pièces de théâtre. Avec T'avoir connu, elle signe un album original, mélange de chansons parfois traditionnelles et souvent très singulières et rock. Elle projette sa voix vers des zones où elle peut se mettre en danger. Armelle Dumoulin a fait des études de littérature et raffole de poésie, à commencer par Henri Michaux. 

Le 14 mars dernier, l’artiste est venue me voir à Webedia, pour une toute première mandorisation.

Armelle-Dumoulin-Simulation-Sticker1.jpgBiographie officielle :

Armelle Dumoulin commence à dire voire jeter ses textes sur scène à Paris vers 2000.
Evoluant entre les univers de la musique et du théâtre, elle multiplie les projets: les Plombiers du réel (Antoine Sahler, Alexandre Leïtao, Michel Taieb, Éric Mouchot) avec lesquels elle fait un 1er album : Est-ce nous ? (2009) ; les Sœurs Sisters, créations de divers spectacles, dont Les magnifiques et Eloge du réel ; l’écriture d’un feuilleton de 10 épisodes pour France Culture ( La vésicule merveilleuse ) avec Benjamin Abitan, Wladimir Anselme et Nicolas Flesch ; la sortie du double album Les magnifiques avec Christian Paccoud et les Sœurs Sisters ; la pièce Le curé de Camaret de Noël Tuot, joué avec Benjamin Abitan et qui tourne à travers la France…
Chanteuse rock et décalée dans la lignée des Rita Mitsouko ou de Brigitte Fontaine, Armelle Dumoulin développe un univers personnel et poétique à travers ses 2 premiers albums, dont le second est coup de cœur du Centre de la Chanson et demi-finaliste du Prix Georges Moustaki. Pour ce 3e album, elle continue son dessein exigeant, portée par une écriture à la fois littéraire et lapidaire et son chant sanguin, intime et balancé. 
Elle invite Yolande Moreau et Bertrand Belin à partager son univers singulièrement familier.

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P1000578.JPGInterview :

Tu as commencé sur scène en disant tes textes plutôt qu’en les chantant.

Je viens de la littérature, j’ai notamment une Maîtrise de Lettres. Quand j’étais petite je voulais devenir écrivain. Alors, effectivement, j’ai commencé au Limonaire en disant mes textes. C’était de la prose, pas des chansons. Peu de temps après, comme je voyais beaucoup de chanteurs et de chanteuses passer, j’ai commencé à chanter a cappella. Je me suis mise à écrire des chansons et, au fil des rencontres, je me suis lancée un peu plus sérieusement. Cela dit, même aujourd’hui, je garde des textes sans musique. Pendant que je m’accorde, j’aime bien dire des poèmes des autres, comme Antonin Artaud par exemple.

Tu aimes chanter ?

Oui, je trouve que la forme de la chanson est hyper dense. J’aime à la fois la contrainte des rimes et de la concision. J’ai une forte exigence dans l’écriture. De plus, je bégaye énormément, je mange facilement mes mots, et la chanson m’a obligé à poser les mots sur les syllabes et sur les notes.

Tu as pris des cours ?

J’ai fait Musique-Etude quand j’étais petite. J’ai fait du solfège pendant 15 ans, beaucoup de hautbois, de musique classique et de chorale. J’ai eu une maîtrise au Conservatoire. J’ai tellement étudié qu’à 22 ans, j’ai décidé d’arrêter de prendre des cours, donc ma voix est naturelle et pas du tout travaillée.

"Honneur" un morceau d'Armelle Dumoulin extrait de l'album "T'avoir connu" (Le Furieux / Musicast)
Réalisation Armel Hostiou / Production Bocalupo Films / avec le soutien du FCM

Ce disque te ressemble-t-il ?

Avec mon équipe de trois personnes, on a pris plus de temps pour cet album. On a beaucoup répété ensemble avant d’enregistrer. Je voulais un disque très épuré, très sobre, un son brut qui va avec ma voix, un album de face et profond. J’apprends la simplicité dans l’écriture. J’ai une ligne d’exigence dans le style, mais je veux parler aux gens. Je ne veux pas rester dans ma tour d’ivoire.

Il y a de la gaité et des titres plus graves.

J’essaie de tirer le fil entre ces deux états.

Comment peut-on qualifier la planète Dumoulin?

Elle est multi schizophrène, pleine de reliefs. J’aime ce qui est minéral… la pierre, la terre, les cailloux, mais sur un terrain avec des trous et des chausse-trappes.

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En écoutant ton disque et en te voyant sur scène, j’ai eu l’image de quelqu’un de fort. L’es-tu réellement ?

Je suis une grande timide, mais sur scène je suis super à l’aise. Avec l’expérience, je contrôle mieux ma timidité et je sais un peu plus ce que je veux. Mais je suis dans le doute. Le doute est un moteur et je crois que c’est la première qualité d’un artiste. A un moment, j'ai compris qu’il ne fallait pas qu’il n’y ait que ça, parce que ça peut devenir paralysant. Il faut donc dompter son doute.

Tu es une littéraire, cela se sent dans ton écriture. Quel écrivain aimes-tu ?

J’ai écrit une chanson sur Henri Michaux dans le précédent album. Il a été un grand choc littéraire et émotif. A 18 ans, j’avais tout lu de lui. Aujourd’hui, j’aime Valère Novarina, un auteur contemporain avec lequel il m’est arrivé de travailler au théâtre.

Bertrand Belin chante avec toi sur « Puisse le jour ». Pourquoi ?

C’est un ami. On se connait depuis longtemps et nous sommes très proches. Il avait déjà fait deux, trois guitares sur l’album précédent. Je suis fière qu’il chante sur une chanson.

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Pendant l'interview.

Les-Armelles-Dumoulin-2-Barbara-Heide.jpgQue penses-tu de la chanson d’aujourd’hui ?

Il y a beaucoup d’artistes qui écrivent comme si Rimbaud n’avait jamais existé, ni Beckett, ni Artaud. Ça me dérange un peu. Certains écrivent de la chanson comme on en faisait il y a cent ans, sans se soucier des bouleversements de la langue ces dernières années. Nous sommes en 2016 ! Avec la modernité, la langue a été déconstruite et pas grand monde n’en tient compte. Je trouve qu’il  y a un certain manque d’audace. Les artistes sont là pour chercher, se mettre en danger!

Deux questions que je pose souvent… qu’est-ce qu’une bonne chanson ?

Une chanson profonde, qui bouscule, bien écrite, mais compréhensible par tous.

Qu’est-ce qu’un artiste ?

C’est quelqu’un qui doit être disponible au monde. Il doit être aux aguets, en alerte permanente et retransmettre aux autres. Il doit voir différentes choses, des images, des mots, les faire s’associer et créer une réflexion autour de ça. Un artiste doit soulever des pierres.

Est-ce dur d’être artiste en 2016 ?

Je m’en sors, mais tout le monde est classifié, donc les milieux sont verrouillés. Après, ma vie me plait beaucoup comme ça. Je n’ai aucun regret, même si ce n’est pas évident de se faire connaitre.

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Le 14 mars 2016, après l'interview.

13 avril 2016

Benoît Doremus : interview pour En Tachycardie

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Comparaison n’est pas raison, je sais bien, mais pour moi, Benoît Dorémus est l’héritier légitime de Renaud. En moins écorché vif, il me semble… quoique. Sophie Delassein, dans Le Nouvel Obs, va encore plus loin : « Benoît Dorémus appartient à une lignée que l'on pourrait ainsi présenter : petit-fils adoptif de Brassens, neveu rêvé de Souchon et Le Forestier, fils caché de Leprest, ami d'enfance possible d'Alexis HK, de Vianney, d'Agnès Bihl. » Rien que ça!
Si Benoît Dorémus ne peut nier ces filiations, en trois albums, il propose sa propre poésie et sa propre révolte douce. Le dernier en date est un joyau. Il ressemble bien à son titre En Tachycardie : un cœur qui vibre, qui s’emballe, un peu comme sa vie ces dernières années.

C’était donc le moment de le rencontrer de nouveau (sa première mandorisation en 2007 est ici, la seconde en 2010 est ). Ainsi fut fait le 3 mars dernier, dans un magasin de guitares.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorMot (raccourci) de Benoît Dorémus à propos de En Tachycardie :

Ce titre ne reprend pas l’une des chansons, pourtant il leur colle à toutes. Comme si cet état physique, ce symptôme de vigilance et de désarroi était un pays, un continent à part entière, où le cœur bat trop vite et trop fort, et qu’il m’a semblé traverser ces dernières années.

Trop fort, à cause des filles. Enfin, à cause de l’amour. Enfin, à cause de l’amour quand il s’arrête et vous cloue sur place. Trop vite, à cause des questions qui tournent constamment dans nos esprits comme des petits vélos agaçants. Il y a ce que le monde attend de nous, il y a ce qu’on attend de nous-mêmes, il y a ce qu’on attend du monde, et on doit se débrouiller comme ça.

Pour qu’il batte un peu moins durement, on peut être tenté par les anxiolytiques, ils sont là pour ça non ? « 20 milligrammes » est une chanson importante pour moi. J’ai mis du temps à mettre ce thème en chanson, or j’en avais besoin, dans le fond comme dans la forme.

J’ai composé l’intégralité de ces 14 titres, sauf 2, ce qui fait 12. A ma grande fierté, je dois la musique de « Ton petit adultère » à Maxime Le Forestier et celle de « Lire aux chiottes » au duo d’Archimède.

Il faut que j’évoque le plaisir que j’ai eu à travailler avec benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorPolérik Rouvière, qui signe la réalisation de ce disque. Je lui parlais de Rodriguez pour les cuivres, d’Eminem pour l’intensité, des Beatles pour les batteries, de Gainsbourg pour les basses, de MGMT pour les claviers, de Dylan, d’Ennio Morricone, de Feist, que sais-je encore... Son travail a été de me faire taire au bout d’un
moment, et de faire en sorte que mes chansons ne ressemblent qu’à moi. J’ai trouvé avec lui le son que je cherchais depuis longtemps.

Pour finir, je ne peux passer sous silence ce jour d’août 2015 où j’ai trouvé Alain Souchon en personne sur mon paillasson ! J’explique. Avec une gentillesse déconcertante, il avait accepté de venir expressément dans mon petit appartement enregistrer sa si belle phrase « Tu la voyais grande et c’est une toute petite vie », pour le titre « Dernièrement (acte V) ».

De battre, mon cœur ne s’est pas arrêté.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorInterview :

Cinq ans entre ton dernier disque et celui-ci. As-tu trouvé le temps long ?

Oui. S’il y a eu un peu de frustration, il y a eu aussi plein d’évènements qui ont ponctué cette attente. J’ai notamment fait beaucoup de concerts. Mais discographiquement parlant, ce n’est pas passé vite. Je ne peux pas dire que j’ai passé cinq années délicieuses à attendre.

Je te le dis à chaque fois que je te vois, mais je ne comprends pas que tu ne sois pas plus reconnu et soutenu.

Je me suis longtemps demandé pourquoi il en était ainsi, mais franchement, aujourd’hui, je cesse de me poser la question. J’ai une très belle reconnaissance des gens qui font ce métier, Renaud dans un premier temps, puisque c’est lui qui a produit mon premier album Jeunesse se passe, puis Francis Cabrel quelques années plus tard. J’ai tendance à dire que Renaud m’a découvert et que Cabrel m’a relancé. « Il a découvert mon travail lors des Rencontres d’Astaffort auxquelles j’ai participé en 2013, puis a eu dans les mois qui ont suivi d’autres occasions de m’écouter. Il m’a alors invité à passer une semaine avec lui dans son studio. Rien que ça. J’ai profité de ses suggestions très avisées, de ses guitares très avisées aussi, de sa gentillesse. Francis joue du banjo sur « Aïe ouille » et chante avec moi en clin d’œil dans le dernier refrain de « Dernièrement (acte V) ». Il faut dressez l’oreille… Non seulement on a travaillé dur, mais en plus, on a bien rigolé. Et rigoler, y compris de moi-même, c’est peut-être ce que je préfère au monde, vous savez. Peu après, lorsqu’il m’a proposé d’assurer toutes les premières parties de sa nouvelle tournée, j’ai tout fait pour que l’album soit prêt pour ce rendez-vous avec son public. J’ai cessé d’attendre les maisons de disque qui ne l’ont d’ailleurs pas vraiment remarqué ».

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Benoît Dorémus chez et avec Francis Cabrel.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorOn s’habitue à côtoyer ces deux légendes de la chanson française ?

Il y a toujours un moment dans la journée où je fais un pas de côté et où je me dis « tu réalises ce que tu es en train de vivre ? » Je sais qu’il y a plein de gens qui donneraient beaucoup pour vivre ça, ne serait-ce qu’une heure. Cela dit, je ne suis pas tétanisé par le trac, l’enjeu ou qui ils sont, au contraire. Je ne dis pas oui à tout. Cabrel et Renaud aiment bien qu’on leur résiste un peu. Très vite, avec Renaud, nous nous sommes engueulés et boudés plein de fois. Cabrel, lui, est économe en mot. Il est plus calme. Ce sont des gens que j’admire énormément, mais une fois que nous sommes dans le concret, on ne peut pas être dans un état de vénération totale sinon, il est impossible de travailler. Je tiens également à préciser qu'il y a un autre grand artiste qui est très présent dans ma vie, c'est Maxime Le Forestier. Il est  toujours là quand j'ai besoin de conseils...

Justement, tu as fait récemment la première partie de Francis Cabrel pendant trois mois et cela s’est super bien passé.

J’ai fait 45 dates avec lui. C’était énorme !

Bande annonce d'En Tachycardie.

Ressens-tu de la douleur de ne pas être plus accepté et aimé ?benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandor

J’ai surtout ressenti de la culpabilité quand j’étais dans de grosses maisons de disque. Eux te parlent de ventes de disques et ça te met une pression de dingue. J’ai très mal vécu ça. Je fais partie des 95 % de chanteurs de ma génération qui font leur métier en vivant bon an mal an de leur métier. Et il y a les 5% qui cartonnent.

Au final, n’est-ce pas mieux de faire tout soi-même ?

Il y a le pour et le contre. C’est difficile de se passer de tout un tas de métier. Franchement, les métiers des maisons de disques me manquent. Je fais tout moi-même et quand je dis tout, c’est tout. Je suis allé chercher les disques à l’usine, je les ai envoyés aux 800 personnes qui l’ont préacheté sur KissKissBankBank, alors que j’étais en pleine tournée avec Cabrel. Cela fait neuf mois que j’ai des  journées de 12 à15 heures par jour. Je donne physiquement de ma personne. Je me transforme en producteur, en juriste, en attaché de presse, en administrateur, je signe les chèques… j’en passe et des bien pires.

Quelle énergie bousillée au lieu de créer !

C’est vrai que tout ceci est au détriment de la création. Je t’avoue que j’ai hâte de retrouver l’artiste qui sommeille en moi, qui a envie d’écrire, de trouver l’inspiration. Pour nous, chanteurs des années 2010, il faut tout faire soi-même.

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Benoît Doremus, Gaël Faure et Mandor. Interview en avril 2015.

As-tu eu la tentation de baisser les bras ?

Oui, il y a trois ans, quand j’ai vu que personne ne s’intéressait à cet album, qu’aucune maison n’en voulait. Je ne voyais pas comment l’enregistrer. Il faut de l’argent pour faire les choses bien, c’est le nerf de la guerre. « Après deux albums en major, j’ai mis un moment à m’adapter aux évolutions de mon métier. Je me suis senti perdu et découragé bien des fois, j’ai mal vécu cette attente compliquée commune à bien des chanteurs de ma génération. Heureusement, il y a la scène pour faire vivre les chansons, il y a le soutien du public, et les coups de pouces de compères comme Renan Luce, Alexis HK ou Oldelaf. »

Je sais que tu as hésité à demander de l’argent sur un site participatif.

Oui, mais c’est mon manager qui a eu les mots qu’il fallait pour me décoincer. Il m’a dit : « Benoît, c’est juste du préachat. Les gens qui t’aiment bien, qui te connaissent, achètent maintenant ton disque et il ne sort que dans six mois. Rien de plus. S’ils ont envie de donner plus des 15 euros qu’ils auraient donnés à la Fnac, ils le peuvent. Ils ont la possibilité d’avoir des petits cadeaux de ta part, tu ne voles personne… » Il a fini par me décomplexer et j’ai accepté de rentrer dans ce système. J’ai remarqué que les gens sont contents d’avoir ce lien avec l’artiste…  J’ai atteint en 24 heures une somme que j’attendais sur un mois. Ca fait énormément de bien et c’est très gratifiant. « La somme finale m’a non seulement permis d’enregistrer en toute indépendance mais m’a aussi fait prendre la mesure de l’attente du public pour la suite de mes histoires. J’ai foncé en studio ».

Clip de "Bêtes à chagrin", réalisé par Thierry Teston avec Valentine Atlan. Montage Nicolas Elie.

Les chanteurs sont-ils tous des « bêtes à chagrin » ?

Dans cette chanson, je mets en garde. Attention ! Les artistes dans leur quotidien, hors micro et hors caméra ne sont pas forcément ceux que l’on fantasme. Ils peuvent faire du mal car un artiste est quelqu’un qui est hanté, qui est un peu prisonnier de son intériorité et de ses questionnements. Y a-t-il de la place pour de l’amour dans le cerveau déjà bien encombré d’un artiste ? J’ai essayé de mettre de l’humour, de la tendresse et de l’autodérision dans cette chanson. Il y a des clins d’œil à des artistes que je fréquente.

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Benoît Dorémus et Renaud.

J’ai pensé à Renaud, évidemment.

Renaud est clairement une bête à chagrin. C’est la personne la plus complexe que j’ai croisé dans ma vie. Francis Cabrel, lui, a l’air plus maître de ses émotions.

Un artiste est différent des autres ?

Oui, mais ça devient une douleur. J’utilise cette douleur et j’en fais du second degré pour que mes chansons ne soient pas plombantes. Un artiste est quelqu’un qui est plus sensible que la moyenne, dont le boulot est de faire en sorte que cette sensibilité résonne chez ceux qui l’écoutent. On transforme notre sensibilité en art.

Ton album sort des sentiers battus et il est très varié.

J’essaie de varier les plaisirs et de ne pas faire que de la chanson française en octosyllabe tout le temps, d’une chanson à l’autre. Même si ma famille reste la chanson, j’aime me diriger vers le hip-hop ou explorer d’autres planètes musicales. Je fais en sorte qu’on ne s’emmerde pas, ce qui me fait chercher des astuces dans la forme.

"Brassens en pleine poire", live en première partie de Francis Cabrel.

Dans certaines chansons, il faut gratter pour saisir le propos. On y parvient toujours, mais au bout de quelques écoutes.

J’aime bien qu’il y ait à manger au niveau du texte et que l’on n’ait pas tout compris à la première écoute. J’y tiens. Il y a toujours une histoire, un fil conducteur et une chute… mais toujours une deuxième couche.

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Pendant l'interview...

Tu t’amuses en écrivant ?

Je m’éclate. C’est le moment que je préfère. Parfois, c’est un peu dur parce que je ne trouve pas, alors je cherche, je retourne… et je finis par trouver. Tant que je sais que je suis sur une bonne chanson, le temps, le travail et la patience ne me dérangent pas. Au contraire.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorSais-tu quand une chanson est terminée ?

Quand j’estime qu’une chanson est terminée, je la joue à trois copains. J’ai des cobayes comme Renan Luce, Alexis HK (voir photo à gauche), Renaud et même Cabrel. Leur opinion compte énormément. Mais après ces appréciations, elle est validée, tamponnée, cachetonnée, quand la chanson traverse et réussit l’épreuve de la scène.

Un artiste fait du bien au gens. As-tu conscience  de l’importance de son rôle dans la société?

Pas assez, même si on me le dit parfois. C’est vrai que si je pense au bien que m’ont fait Alain Souchon, Renaud, Eminem, les Beatles ou Dylan, je ne me dis jamais que moi, je peux procurer la même chose à des gens. J’ai l’impression que c’est trop beau pour être vrai. Si mon travail peut faire du bien, je suis le plus heureux des hommes.

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Après l'interview, le 3 mars 2016.

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08 avril 2016

14e Salon du Livre et de la Chanson de Randan : bilan et photos.

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affiche2016.jpg-Allo, François ! Ça te dirait de participer au salon du livre de Randan ?

-D’où ?

-Randan.

-Connais pas.

-C’est dans le Puy-de-Dôme, pas loin de Vichy. C’est le Salon du Livre et de la Chanson. Il se tient tous les premiers week-ends d’avril depuis 14 ans. Inauguré en 2003, ce salon se propose d’inviter en Auvergne, face à l'orangerie du château de Randan, une vingtaine d’auteurs, artistes, biographes et chroniqueurs pour deux journées de dédicaces avec un public passionné par la chanson française. Cette manifestation culturelle, unique en France, met vraiment en lumière la chanson francophone

-Il y a qui cette année ?

-Nicoletta, Hervé Vilard, Jean-Jacques Debout, Anne Sylvestre…

-Les jeunes pousses de la chanson française quoi ! Note que je les respecte tous et que je sais qu’ils vont ramener du monde.

-Non, mais il y a aussi Emma Daumas. Et des biographes comme Stéphane Loisy ou Baptiste Vignol.

-Baptiste Vignol ! Mais il va me snober avec mon livre sur Louane. Le mec est pointu, je lis son blog Mais qu’est-ce qu’on nous chante ? depuis longtemps. J’adore. Mais il sort des livres sur Renaud et Guy Béart… il va me regarder de haut c’est sûr !

-Non, François, détrompe-toi. Tu vas voir, ils sont tous sympa. Les organisateurs sont doués pour que tout le monde se sente bien. Je t’assure, tu viens une fois, tu as envie de revenir l’année suivante. Je ne te cache pas, qu’en plus, on mange et on boit très bien.

-C’était la première chose à me dire. Top là ! J’accepte.

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Extraits d’une conversation téléphonique (légèrement exagérée) que j’ai eue avec Olivier Vadrot. J’ai accepté, et je ne l’ai pas regretté. J’ai passé deux jours exquis. Je tiens ici à remercier Edda Mathillon et la formidable association organisatrice de l’évènement « Le Livre et la Chanson ». Deux jours de bienveillance et de gentillesse.

Voici quelques photos avec leur légende.

(Je sais que je ne reviendrai pas l’année prochaine, car mon prochain livre ne sera pas « musical », mais je garderai un doux souvenir de ces deux jours auvergnats).

Le samedi.

Baptiste Vignol, celui que je craignais. Il va falloir que j'apprenne à exterminer les a priori. S'il peut avoir la dent dure dans ses chroniques, il se révèle un homme délicat et sympathique. Globalement, nous sommes restés deux jours ensemble sans discontinuer. Il sera bientôt mandorisé pour son excellent Guy Béart, il n'y a plus d'après.

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Hervé Vilard... non, je ne dis pas encore ce que j'en pense humainement. 

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Jean-Jacques Debout et Nicoletta dans "Confessions intimes". 

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La souriante chanteuse corse Domistria.

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Le souriant François Alquier pour son livre (Prix Albert Londres 2016) sur la chanteuse et comédienne Louane. Joie de vivre et compagnie. 

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Bon, Emma Daumas, je l'adore depuis longtemps. J'aimais son travail, j'aime la femme qu'elle est devenue. Simple et talentueuse. On en reparle bientôt ici... parce son livre Supernova est bien écrit et nous en apprend beaucoup sur l'envers du décor du show-biz. 

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Emma et moi, ce tout petit supplément d'âme...

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Le salon et son public.

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Le dimanche.

Au petit-déjeuner, je découvre la presse locale. La Montagne fait un focus sur le salon.

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Alors Corbier, franchement, il n'y a pas plus sympathique. Un vrai mec bien. Gentil, généreux, drôle... et une oeuvre à découvrir. 

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J'ai été très déçu par le comportement d'Hervé Vilard et de Nicoletta envers leur public. Une condescendance souvent insupportable dont j'ai été témoin. Je respecte la carrière de ces deux artistes. A eux deux, ils ont vendu des millions d'albums. Chapeau! Mais le respect envers ceux qui ont acheté leurs disques, ce n'est pas un luxe, c'est un devoir. En 2016, qu'ils se comportent en diva me laisse pantois. Je précise qu'ils ont été très corrects envers moi, là n'est pas le problème. J'ai juste vu et entendu des trucs qui ne m'ont pas plu. Du tout. J'ai posé avec eux avant que le salon n'ouvre ses portes le dimanche parce qu'ils représentent beaucoup dans la variété française. Et, encore une fois, ils ont une carrière magnifique et certaines de leurs chansons m'ont touché. 

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Hervé Vilard. Donc.

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Et Nicoletta. (Que je déteste être déçu humainement!)

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Jean-Jacques Debout. Lui, simple, un peu ironique et beaucoup de recul sur lui-même et sur le métier.

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Philippe Jadin, un des deux ayants droit de Jean Sablon

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Baptiste Vignol et Charles Langhendries, le deuxième ayant-droit de Jean Sablon

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L'association "Le livre et la chanson" remet la médaille de la ville à Hervé Vilard

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Puis à François Corbier (devant Hervé Vilard particulièrement attentif et respectueux de la cérémonie).

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Un auteur à l'aise devant les objectifs. 

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Et des lectrices attentives. (Photo non truquée). (Et trois ventes en une minute). (Merci à elles).

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Peu de temps avant de partir, photo souvenir avec les deux ayants droit de Jean Sablon, Anne Sylvestre (Anne Sylvestre quoi! Ce n'est pas de la gnognotte. C'est la plus grande!), la femme de Ricet Barrier, grand habitué de ce salon, parti en 2011, Ane Barrier.)

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Voilà, il a fallu partir. Avec regret. Beaucoup.

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06 avril 2016

La Maison Tellier : interview pour Avalanche

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Véritable succès critique et public, Beauté pour tous, le précédent album studio de La Maison Tellier, l’a positionné comme l’un des groupes incontournable de la scène française. Bien décidés à entériner leur statut, les cinq Tellier reviennent avec un album ambitieux et magnifique, Avalanche.

Yannick, alias Helmut Tellier, auteur-compositeur-interprète du groupe a été mandorisé une seconde fois (la première, à l’occasion de la sortie de l’album live Beauté partout, en novembre 2014, est à lire ici)

la maison tellier,avalanche,interview,yannick,helmut tellier,mandorArgumentaire du disque :

Dès le premier titre La Maison Tellier donne le ton de ce nouvel album : Cinq est le numéro parfait. Cinq musiciens à l’heure de leur cinquième album. Le groupe n’y est pas allé par quatre chemins. L’album précédent glorifiait le combat pour la beauté. Celui-ci témoigne d’une quête. Une quête vers la joie. Comme certains sont en quête de la foi. Une quête semée d’embûches, de doutes et d’angoisses (« J’ai rêvé d’Avalanches », « Haut, Bas, Fragile »). De questions sans réponses (« Où Sont les Hommes ? »). Une quête où la musique et l’amitié tiennent lieu d’armes fatales (« Cinq est le Numéro Parfait »). Où l’amour (« En Toutes Choses », « Beautiful Again »), les femmes (« Amazone ») et la fête (« 23h59 ») viennent aider nos 5 Chevaliers de la Table Ronde à s’approcher du Graal.

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la maison tellier,avalanche,interview,yannick,helmut tellier,mandorInterview :

Beauté pour tous a été très bien accueilli, ça a placé la barre haute pour le disque suivant, non ?

Nous l’avons pris comme une forme de reconnaissance et cela a eu un côté stimulant pour enchaîner sur Avalanche. On a essayé d’enfoncer le clou pour rester dans la même démarche, voire de faire encore mieux.

Avalanche est l’album le plus pop de La Maison Tellier, il me semble.

(Rires.) On a fait rentrer le loup dans la bergerie. Pour la première fois, on a eu un réalisateur de bout en bout, Yann Arnaud. Du coup, cela a donné une cohérence dans le son. On avait tous confiance en lui et on a accepté de le suivre dans des choix esthétiques qui n’auraient pas été les nôtres. Il nous a parfois mis devant nos contradictions, c’était intéressant. Il a une élégance dans le son qui s’est parfaitement mariée à notre style musical.

Dans Beauté pour tous, vous étiez partis dans de multiples directions parce que vous étiez livrés à vous-mêmes ?

Oui, cela nous a incités à nous autoriser plein de choses. Il y a les deux côtés de la médaille quand on réalise nous-mêmes. On est plus libre, mais on peut s’égarer. Aujourd’hui, grâce à Yann, nous avons moins d’instrumentaux à rallonge, de musiques un peu cinématographiques. Il reste mes influences et celles de Sébastien avec qui j’ai co-composé l’album avant de faire les arrangements avec les autres membres du groupe. A l’origine, j’étais partie pour faire quelque chose d’assez live, d’assez simple et potentiellement d’un peu rock… et, au final, on a un objet qui est soyeux. Yann m’a encouragé à crooner plutôt qu’à crier sur certaines chansons. Etre dans le murmure, un peu caressant, je dois dire que c’est une surprise. Nous sommes tous très fiers de ce disque-là.

Clip officiel de "Amazone".

Est-ce que ça va faire bouger vos habitudes scéniques?la maison tellier,avalanche,interview,yannick,helmut tellier,mandor

On a nécessairement des instruments qui se sont ajoutés, mais ça ne change pas notre approche de nos modes de fonctionnement scéniques.

La chanson « Cinq est le numéro parfait » parle de votre groupe.

Oui, mais j’aime bien mettre quelques filtres et nous présenter de manière plus romancée. On a passé des heures innombrables sur des autoroutes, dans des stations-services à faire des pleins, ce n’est la chose la plus romanesque qui soit. Ce genre de chanson donne un sens un peu mythique, voire métaphysique, à tous ces instants et au fait de fabriquer des chansons. C’était aussi ma façon à moi de remercier mes partenaires et de leur dire que ma vie a changé grâce à eux.

Ça m’a fait penser à cinq chevaliers qui partent sur la route à la recherche du Graal ?

C’est tout à fait ça. Nous savons que l’on recherche quelque chose, mais nous ne savons pas quoi.

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Parfois, il y a des chansons que je ne comprends pas, comme « Où sont les hommes ? », mais ça ne me dérange pas. Ça laisse mon imagination travailler un peu.

(Rires) Je ne la comprends pas plus. Cette chanson était un peu une boutade. J’ai voulu parodier une chanson de Patrick Juvet qui m’a toujours intriguée, « Où sont les femmes ? ». Je n’ai pas voulu choisir mon camp, je pose juste la question, « où en sont les hommes du XXIe siècle qui ont grandi dans un monde où l’égalité homme femme est prioritaire ? » J’avoue que l’on a perdu un peu nos repères.

Les gens reçoivent les chansons chacun à leur façon. Ils comprennent ce qu’ils veulent comprendre.

Je n’aime pas les chansons qui ne sont que du collage de mots qui sonnent bien. Je trouve qu’il faut un juste milieu entre ce type de chansons là et les chansons narratives au premier degré constant. J’aime bien l’idée qu’on ait envie d’écouter la chanson plusieurs fois pour se l’approprier et trouver son sens.

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31 mars 2016

Parnell : interview pour Ce qu'il en reste

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(Photo : Flora Riffet)

Une jolie découverte aujourd’hui. Parnell est à mi-chemin entre la folk et la chanson. Une voix à faire tomber, un sens inné de la mélodie et une musique élégante. L’homme, que l’on pressent sensible, raconte les difficultés amoureuses (Pour Que Mon CœurElle Passe…), le quotidien et ses tourments (Santé…) et la joie (Le Grand BainMa Vie)…

Parnell est venu me voir à l’agence le 3 mars dernier. J’ai tout de suite beaucoup apprécié cette personne. Question de feeling…

Résumé (officiel) d’une vie musicale :parnell,ce qu'il en reste,interview

La guitare d’abord, puis la voix et les textes. La suite passe par ATLA, à Pigalle en 2006, pour se former, puis par FGO-Barbara, en studio, pour se perfectionner. Le tout mélangé à la scène, plus d’une centaine jusqu’ici, des Trois Baudets à Paris, au Printemps de Bourges 2013, 2014 et 2015 en passant par l’Angleterre et l’Irlande…

Ses premières vibrations de tympans se sont faites avec le rock progressif et la chanson française. Et puis, un jour, il y eu le folk. Approfondi en Irlande où il se rend régulièrement, Parnell y trouve son nom. Il se sert aujourd’hui de sa force, de son indépendance et de sa fragilité pour imaginer des ballades lourdes ou légères, et des rythmes énergiques et puissants. Toujours en français.

En 2014, il rencontre Johan Ledoux qui se prend au jeu pour la réalisation de son 1er album. Une campagne participative (réussie à 201%) lui permet de l’enregistrer en septembre, et de le masteriser au Studio La Source en Octobre.

De ses expériences, de ses écoutes, Parnell prend le temps d'assimiler sans savoir toujours ce qui l’est… Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est qu’il commence à vouloir garder des choses en mémoire. Immortaliser pour ne pas oublier.

parnell,ce qu'il en reste,interviewArgumentaire du disque :

Ce qu’il en reste est un album de mise à plat entre ce qui est arrivé et ce qui va advenir. Un retour aux fondamentaux qui donne envie de voir plus loin. Les atmosphères s’imposent dès les premiers sons de chaque titre. Le guitare-voix est la poutre sur laquelle viennent se greffer des éléments qui subliment l’ambiance recherchée. Du Rhodes au mellotron, en passant par du violoncelle, de la percussion et de la basse, ses éléments habillent les musiques, et soutiennent les textes.

Le ressenti est la base de ses textes. Parnell se plait à observer en profondeur. Savoir ce qu’il se passe dans la tête ou dans le ventre de celui qui vit un événement. Comment on vit, comment on ressent les choses.

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(Photo : Flora Riffet)

parnell,ce qu'il en reste,interviewInterview :

As-tu été élevé dans un environnement musical ?

Dans ma famille, personne ne pratique un instrument. J’ai deux sœurs  et un frère et je suis le petit dernier. Ils ont cinq, neuf et onze ans de plus que moi. Ils étaient fans de musique et c’est ce qui m’a plongé dans cet univers. A dix ans, j’écoutais Freddy Mercury et Neil Young grâce à eux. Mon père, lui, était fan de Clapton et de Cabrel… Il y a une fibre musicale chez nous. 

A 10 ans, tu voulais faire du piano.

On m’a dit non, parce que c’était encombrant. A 15 ans, mon frère a acheté une guitare. J’en avais 10. Six ans plus tard, je me suis mis à cet instrument. Je me rends compte que j’ai été attiré par la musique bien avant d’en faire.

L’Irlande a joué un rôle dans ton amour pour la musique.

J’ai découvert l’Irlande assez tôt, car j’ai une sœur qui vit là-bas. A 12 ans, j’allais dans les rues et il y avait de la musique partout, dehors et dans les pubs. C’est culturel. Il y a un côté direct et instinctif chez les gens qui jouent. Il n’y a pas de calcul. Cela m’a beaucoup plu.

Très vite, tu as chanté ?

Dès que j’ai eu une guitare, j’ai commencé à écrire et très vite à chanter. Mais les gens qui m’écoutaient me signifiaient qu’on n’entendait pas assez ma voix. La guitare était beaucoup trop forte par rapport à la voix.

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(Photo : Flora Riffet)

parnell,ce qu'il en reste,interviewTu as pris des cours de chants ?

J’en ai pris beaucoup, pour avoir confiance en ma voix. J’ai fait une école ATLA à Paris où j’en rencontré une prof de chant, Elisabeth Baïle, avec laquelle j’ai continué à prendre des cours après. Ce n’était pas du travail vocal pur, c’était surtout une prise de conscience de mon corps. On a fait un travail annexe à la musique. Pour moi, la musique et le chant ne sont pas que de la performance pure, c’est aussi très intérieur, méditatif, une sorte de recherche de paix. Cela englobe un tout. Cette professeure avait une approche très orientale.

Entre 16 ans, quand tu as commencé la guitare, et 29 ans, aujourd’hui où tu sors ton premier album, il s’est passé beaucoup de choses.

A partir du moment où on me disait que j’allais pouvoir faire quelque chose avec ma voix, j’ai fait des scènes ouvertes. J’ai foncé tête baissé. Je me suis mis en danger, je suis tombé parfois, mais j’ai persisté. Quand je jouais devant des potes, je leur demandais de me critiquer et d’y aller à fond. La seule chose qui m’intéressait, c’était d’apprendre, de me perfectionner.  Aujourd’hui, je sais un peu plus ce que je veux.

Tu as déjà enregistré un EP autoproduit.

J’ai enregistré d’abord quelques chansons, mais c’était surtout pour apprendre à utiliser les logiciels. J’ai besoin d’apprendre ce sur quoi on travaille pour pouvoir parler correctement avec la personne que j’ai en face de moi ensuite, musicien, arrangeur ou réalisateur. J’ai enregistré un EP il y a 6 ans sous le nom d’Antoine F.  Je ne l’ai jamais utilisé, jamais sorti commercialement. Il n’était pas assez abouti.

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Pour ce premier album, tu es rentré en studio avec une quarantaine de chansons.

Je voulais avoir de la matière, du choix et que ce choix de chansons soit logique.

Pour toi, le solitaire, c’était simple de travailler avec Johan Ledoux à la réalisation?

On a écouté toutes mes chansons et des titres des autres qui me plaisaient. Je voulais qu’il comprenne la musique et le style que je souhaitais. Ce que j’ai apprécié chez Johan, c’est qu’il a une vraie capacité à s’adapter au style des gens avec lesquels il travaille.

Tes références musicales sont plus dans la folk américaine et irlandaise, mais tu chantes en français.

Si je comprends la langue anglaise, je ne la maitrise pas assez pour écrire des chansons qui se tiennent.

Ton pseudo, Parnell, ça vient d’où ?

C’est un personnage historique irlandais. Charles Stewart Parnell, dit « le roi sans couronne d'Irlande », figure de proue du nationalisme. Il a défendu les irlandais contre les méchants anglais.

"Elle passe", version audio.

Ton premier single, « Elle passe », je l’adore. Il se passe beaucoup de choses dedans.

Pour moi, c’est la chanson la plus « grand public » de mon disque. J’ai vu un gamin de 12 ans l’apprécier, tout comme des gens qui ont fait khagne hippokhagne ou d’autres qui ont une grande culture musicale. Je suis étonné par le succès de cette chanson, mais ça me fait plaisir. Mais, les chansons que je préfère sont « Le grand bain » et « Piste noire ». Il y a différentes ambiances dans l’album, mais ces deux-là sont un peu plus folks que les autres.

Tu dis que tu fais de la « chanson folk ».

Ben Mazué dit souvent qu’il ne connait pas la chanson. Je suis comme lui. Je connais un peu Barbara, Brassens, mais sans plus… Quand on dit « chanson » aux gens, ils croient que l’on va faire du Brassens. Moi, j’essaie d’avoir une autre esthétique.

Tes chansons sont-elles très personnelles ?

Oui, elles le sont. Mais elles sont très instinctives. J’écris des chansons très rapidement, dans l’urgence. Elles ne sont pas forcément frontales, mais on les comprend quand même. J’aime faire travailler l’imagination de ceux qui écoutent.

parnell,ce qu'il en reste,interview

A ne pas louper pour découvrir Parnell!

C’est un disque mélancolique.

Oui, j’avoue. La mélancolie est en moi. Avant cet album, mes chansons étaient encore plus lourdes et pesantes, voire carrément plus dures. J’ai réussi à trouver un peu de lumière et de légèreté. J’ai trouvé un équilibre pour que mes chansons deviennent plaisantes pour les autres et libératrices pour moi-même.

Cet album, c’est le début d’une carrière ?

Depuis que j’ai 16 ans, ma vie est centrée sur le fait de devenir musicien, auteur, compositeur, interprète et d’en vivre. Toutes mes décisions ont été prises en fonction de ce projet. Ce disque n’est que le début, en effet. Je veux aller plus loin dans la recherche musicale. Je veux que la musique nous porte. Je veux du partage, de l’apprentissage et de la rencontre…

parnell,ce qu'il en reste,interview

Le 3 mars 2016, après l'interview.

parnell,ce qu'il en reste,interview

28 mars 2016

Erwan Pinard : interview pour Obsolescence programmée

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erwan pinard,obsolescence programmée,interview,mandorErwan  Pinard a un répertoire poético-cynico-dépressives. Ses chansons acides, amères, piquantes, caustiques n’ont rien d’anodines. Il dépeint la gravité de la vie et du monde en nous amusant/faisant réfléchir/angoissant. C’est selon. L’anticonformiste Erwan Pinard est totalement inclassable. Dans son troisième album, Obsolescence programmée, on écoute d’abord ses textes (chansons tiroirs à plusieurs niveaux de lecture). On entend ensuite sa musique et ses orchestrations faussement minimalistes. Une collection de treize nouvelles chansons, témoignages d’une société et d’un citoyen en perte de repères (enregistrées avec ses complices de scène Jérôme et Lionel Aubernon), qui mérite qu’on s’y attarde.

J’ai donc reçu Erwan Pinard à l’agence le 15 février dernier. Si l’homme est une bête de scène, il n’est pas des plus loquaces devant un micro. J’ai fait ce que j’ai pu.

Biographie officielle :erwan pinard,obsolescence programmée,interview,mandor

Après deux albums studios et une centaine de concerts en trio ou solo, Erwan Pinard (de son vrai nom Erwan Pinard) revient avec un troisième album pas pour faire pouet pouet youpi, mais pour remuer encore et encore la boue du cœur et de notre société. Ça n’empêche pas d’en rire, ni d’en pleurer, bien au contraire.

Mi-punk, mi-crooner, il débarque sans mode d’emploi avec ses chansons piégées : baroques, farouches, absurdes et toujours bienveillantes. Des pogos pour dire je t’aime, des slows à s’arracher la calvitie servis sur un bel enrobé d’humour. On ne peut jamais rouler tranquille et pourtant, on en redemande. Va comprendre, va voir.

(Sa page Facebook).

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erwan pinard,obsolescence programmée,interview,mandorInterview :

Comment, jeune, on décide d’intégrer une école de musique à Chassieu ?

Mes parents m’ont un peu poussé à faire une activité. Le foot, le basket ou des sports de ce genre ne me plaisaient pas, alors, j’ai opté pour cette école. J’aimais bien mon prof de trompette. Il m’a beaucoup appris.

Au lycée, vous participez à un premier groupe. Vous jouiez du rock.

Oui, je sais, c’est banal. J’étais chanteur bassiste. J’adorais ça. On s’enfermait dans des caves et on faisait énormément de bruit. Ça m’a donné envie de faire ce métier plein de fantasmes et de mystères. Depuis, je me suis laissé porter pour assouvir tranquillement ce désir de faire de la musique. Me laisser porter, c’est un peu ma nature.

"Tranquille", enregistré dans le backstage de France 3 Rhône-Alpes. Mars 2014.

C’est Gainsbourg et Brassens qui vous donnent envie d’aller vers la chanson.erwan pinard,obsolescence programmée,interview,mandor

Quand j’étais au lycée, j’avais pourtant un hermétisme pour tout ce qui était chanson française. Puis petit à petit, j’ai fini par apprécier. Brassens, je l’ai découvert grâce à mes parents. Quant à Gainsbourg, j’ai entendu son œuvre la première fois en anglais, interprété par un artiste qui avait repris quelques morceaux. Du coup, j’ai écouté ses premiers albums et j’ai adoré ça.

Adolescent, vous écriviez beaucoup?

Pas forcément des chansons. Des bouts de chansons, des pièces de théâtre… c’est vers 22 ans que j’ai commencé à écrire de vraies chansons.

Vous avez fait des études de musicologie. Est-ce que ce genre d’étude n’enlève pas ensuite la spontanéité de la création ?

Pour moi, c’est plus un atout, un cadre assimilé que je m’amuse à contourner. J’ai pour principe de toujours m’amuser en travaillant.

"Compte à rebours", enregistré dans le backstage de France 3 Rhône-Alpes. Mars 2014.

erwan pinard,obsolescence programmée,interview,mandorLa meilleure école, ce sont les bars et les cafés ?

Oui, c’est là que l’on apprend le métier. Il faut capter le public et mettre son ego de côté. Les gens ne viennent pas dans ce genre d’endroit pour écouter religieusement un mec chanter. Il faut s’imposer en douceur.

Vous sortez déjà un troisième album.

Le premier, autoproduit, date de 2010. C’était la démerde totale. Le second date de 2013. J’en sors un tous les trois ans finalement. J’adore les disques. J’ai toujours aimé cet objet-là. En fin de compte, une fois qu’on a un disque, puis deux, puis trois, il ne se passe rien de bien nouveau (rires).

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Cet album, en tout cas, a été conçu pendant une mésaventure sentimentale.

Oui, ça a nettement influencé les textes. Je n’évoque que cela sous différents angles, même si on peut comprendre différemment certaines chansons. J’adore quand des gens me disent qu’ils ont aimé une chanson et qu’elle n’est pas été comprise comme je l’ai conçue à la base. Je trouve fascinant le pouvoir d’une chanson. Chacun peut se l’attribuer à sa manière.

Vous êtes prof de musique. Vos élèves connaissent-ils votre double vie de chanteur ?

Oui, quelques-uns. Ils vont voir ce que je fais en allant sur YouTube ou sur Facebook. En tout cas, il ne m’emmerde pas avec ce que je fais.

Le fait d’avoir un travail rémunérateur enlève la pression de réussir à tout prix pour gagner sa vie, non ?

C’est bien et pas bien à la fois. Si je n’avais pas ce filet de sécurité, peut-être aurais-je pris plus de risque dans ma carrière de chanteur. Au fond, je pense qu’il faut être dans l’urgence pour montrer sa gueule et tout donner. Quand il y a moins d’urgence, on y va à pas feutré. Maintenant, j’aime ces deux boulots et c’est parfait pour mon équilibre.

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Vous sentez-vous proche d’autres artistes de votre génération ?

J’aime beaucoup Nicolas Jules. Je ne connais pas trop la scène française actuelle. Cela fait un moment que je n’ai pas eu la curiosité d’aller voir ce qu’il se passait… je suis un peu centré sur moi et mes soucis en ce moment, alors, les soucis des autres… (Sourire.)

Qu’attendez-vous de la sortie de ce disque ?

Qu’il me permette de jouer davantage et qu’il se vende un petit peu. Si tel n’est pas le cas, cela ne m’empêchera pas de continuer. On peut passer sa vie à faire des albums invendables (rires). 

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11 mars 2016

Anne Cardona : interview pour Oiseau de nuit

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Il y a eu un six titres Je déteste le rose en 2007, l’album Au jour la nuit en 2009, l’EP Hidden Garden sous le pseudo d’Orna Danecan en 2013 (pour lequel j’ai mandorisé cette artiste une première fois). Anne Cardona poursuit son chemin créatif avec Oiseau de nuit, aux dix titres intemporels, enchanteurs et poétiques. Ce premier album est réalisé par Benoit Guivarch et Nicolas Leroux d'Overhead ainsi que de Jean-Louis Piérot. Il contient dix chansons aux influences folks. Cette comédienne qui, le jour, fait de la télévision, du théâtre, des voix off, rêvait de chanter, ce qu’elle fait sur scène depuis déjà un certain temps. Le 11 février dernier, Anne Cardona est venue à l’agence pour une seconde interview.

1540-1.jpgArgumentaire officiel du disque :

Élégantes, sincères, singulières : ses chansons, sa voix, elle. Anne Cardona ne comprend pas la mode des chansons qu'on ne comprend pas. Pour elle, une vraie chanson, c'est un texte sans mots faiseurs, et une mélodie qui se retient sans se cacher sous des sons éphémères. Mélodies méticuleusement travaillées et pourtant mémorisables, ballades nostalgiques, avec guitares twang aux couleurs 60's et violoncelle envoûtant, ou folk plus sombre, mots choisis en français, alliés à des influences folk-rock anglo-saxonnes : ainsi se dessinent les chansons du premier album d'Anne Cardona. La mélancolie qu'elles distillent - légère, rêveuse, naïve - reste toujours au-delà des modes et modèles, empreinte de simplicité. « Ni rimes choisies, vibrante poésie, juste des mots jolis » (L'Homme de ma vie - de ces temps-ci). Les textes ne cherchent pas à faire, ils racontent.

album-anneV6.jpg

P10004971.JPGInterview :

Voilà enfin ton premier vrai album.

J’en avais déjà fait un, mais en autoproduction et il est resté hyper confidentiel.

Qu’a-t-il de différent par rapport à ce faisait Orna Danecan, ton pseudo utilisé pour ton précédent disque ?

Déjà, je chantais en anglais, alors qu’aujourd’hui, je chante en français.

Bravo ! Les français qui chantent en français, c’est un peu ma tasse de thé.

Je le sais. Il n’y a que cela qui a changé. Mais, tu sais, une langue, ça change la musique et la mélodie. Quand j'ai écrit en anglais, ça m’a ouvert des portes musicalement et élargit mon spectre de possibilités. Textuellement, je me suis finalement rendu compte que j’écrivais mieux en français qu’en anglais. Globalement, je suis restée sur les mêmes couleurs musicales, les mêmes influences, le même genre de son. Musicalement, c’est vraiment le prolongement de ce que je fais depuis le début de ma carrière.

Anne Cardona aux 3 Baudets le 29 septembre 2015. Quelques extraits de l'album Oiseau de nuit.

Est-ce que lorsqu’on écrit en français, on peut se permettre d’être moins exigeant avec le texte ?

Oui, surtout si cela est destiné  au marché français. On peut se permettre d’écrire des choses un peu moins littéraire et moins profond. L’anglais a vite fait de bien sonner.

Tu parles beaucoup d’amour. Par exemple, dans « Pas nous », tu expliques qu’il faut lutter contre le quotidien, ce tue l’amour.

Rien n’est jamais acquis. Comme dirait Beigbeder, l’amour dure trois ans, après il y a une sorte d’amitié qui s’installe. Une fois que l’amitié s’est rodée un peu, c’est la routine qui s’installe. S’il n’y a pas de fantaisie, de créativité au sein du couple, je trouve que ça s’étiole. Soit on décide de supporter cela, soit on décide de vivre sa vie ailleurs. Pour moi, c’est un exercice de tous les jours d’alimenter le feu du couple.

"Pas nous"

Il y a un climat de sérénité dans ta musique.562183_166953813462437_942766058_n.jpg

La musique que j’écoute est souvent triste, assez noir, mélancolique et low tempo. Généralement, la musique que l’on écoute déteint sur la musique que l’on fait. Sinon, j’avais aussi des morceaux qui avaient la patate. On ne les a pas sélectionné pour l’album, je les joue donc sur scène.

Avoir des réalisateurs, c’est confortable ?

Oui, surtout quand on passe son temps à douter de soi artistiquement. Je propose des idées d’arrangements, mais je serais incapable de tout réaliser moi-même. Je me suis entouré de personnes dont j’aimais les réalisations et le travail.

Tu es content du résultat de ce disque ?

Il est sorti récemment, mais je l’ai fait il y a presque deux ans. Pour moi, il est presque obsolète tant je suis déjà passé à autre chose. Ce n’est pas pour autant que je ne revendique pas cet album. Je l’aime beaucoup, mais aujourd’hui, je l’aurais fait différemment.

On n’entend pas ton disque à la radio. Je le déplore car il est dans l’esprit de France Inter par exemple.

C’est dur ça. Je suis dans une phase où je me demande où je vais. Quand on n’est pas en playlist sur France Inter, où que l’on n’a pas un article dans Télérama, c’est dur de démarrer un disque. Il faut que je réfléchisse à comment évoluer. Moi, j’irais bien vers l’épure, vers le piano-voix, le violoncelle-voix ou le guitare-voix. Je n’irais pas chercher dans les sons à la mode, juste parce que je vais considérer que c’est la solution pour que cela marche. L’electro eighties, ce sera fini dans deux ans.

Du coup, tu en es où concrètement dans la musique ?

Je gratouille ma guitare, j’écris, je composouille, je cherche, je réfléchis. Mais, je reviendrai. 

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Pendant l'interview, à l'agence, le 11 février 2016.

09 mars 2016

Ivan Tirtiaux : interview pour L'envol

ivan tirtiaux, l'envol, interview, mando

(Photo : Lara Herbinia)

Le chanteur belge Ivan Tirtiaux publie son premier opus intitulé L’Envol. Il révèle un univers musical country-folk dominé par la guitare et une écriture subtile. Ses mélodies solaires aux accords sophistiqués et aux rythmiques chaloupées explorent les sonorités latines et notamment brésiliennes et Cap-Verdienne. Un vrai bouillonnement qui caresse nos oreilles. La justesse de son écriture, subtil équilibre entre épures et fioritures, ne laisse pas indifférent. Les mots sont choisis, pesés et repesés pour exprimer au mieux un chemin intérieur semé de doutes. Bref, Ivan Tirtiaux se confie à nous et on aime écouter ses confidences.

Le 2 février 2016, l’artiste est venu à ma rencontre à l’agence pour une première mandorisation. Gageons que ce ne sera pas la dernière.

ivan tirtiaux, l'envol, interview, mandoBiographie officielle :

Après s’être frotté à plusieurs instruments, la guitare devient son alter ego.

Chanteur à la voix profonde et souple, il s’invente une chanson folk, en français, à la fois ciselée et organique, empreinte de poésie, de blues et de musique latine. Auteur et compositeur exigeant, il allie un dépouillement narratif à des mélodies raffinées et des harmonies savantes.

Ses chansons célèbrent le hasard, le cours de la vie et les nombreux déboîtements du destin. On y parle de voyages, de villes, de femmes, de libellules, de désastres, de graines d’arbres, d’océans…

Le bonheur d’un spleen belge y retentit lumineux, comme le blues et la saudade d’un Nord traversé par le monde.

Sur scène, le chanteur caresse, martèle, percute sa guitare et habite littéralement la scène, soutenu par des musiciens aux talents rares.

L’album (par Luc Lorfèvre) :

“Ne sachant pas où je vais, j‘ai toujours peur d’être arrivé”, chante Ivan Tirtiaux sur « Les Océans »,  l’uneivan tirtiaux, l'envol, interview, mando des onze chansons de son premier album L’Envol.  Pas de doute,  cet auteur-compositeur interprète qui a déjà bien bourlingué dans le monde de la musique et dans le monde tout court,  possède le sens de la formule. Et si de sa voix profonde, souple et habitée, Ivan Tirtiaux nous avoue qu’il ne  sait pas où il va,  c’est pourtant sans la moindre hésitation que nous le suivons  dans son voyage mélodique.

Folk organique, blues électrique, chansons ciselées avec l’amour du mot, poésie réaliste ou onirique, mélodies  solaires rythmées ça et là d’accords jazz ou de sonorités tropicalistes… Il y a un peu de tout ça dans cet album bien ancré dans le questionnement de notre époque tout en étant réalisé “à l’ancienne” avec un amour de l’artisanat et de la nuance. Entièrement interprété dans la langue d’Aragon, dont Ivan Tirtiaux se réapproprie joliment « La Guitare », L’Envol prend de la hauteur et impose le spleen lumineux d’un artiste nous rappelant que la chanson française n’a jamais été aussi belle que lorsqu’elle ne ressemblait pas tout à fait à de la chanson française.

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ivan tirtiaux,l'envol,interview,mandoInterview :

Tu as vécu ta jeunesse dans une ferme transformée en scène de théâtre où tu as côtoyé toutes sortes d’artistes. C’est ce qui t’a donné envie d’être dans ce milieu ?

J’étais dans un environnement un peu particulier. Il n’y avait pas que des comédiens de théâtre, il y avait aussi des artisans. Dans cette vie communautaire, il y avait un forgeron, un ébéniste, un sculpteur, mon père était maître verrier. Aujourd’hui, j’envisage la musique et la chanson de manière très artisanale. Il y avait des spectacles musicaux, des pièces de théâtre… j’ai vécu dans ce milieu très longtemps, mais moi, j’ai toujours su que mon avenir était dans la musique.

Tu as commencé la musique avec l’accordéon à l’âge de 7 ans.

Dans la région où j’étais, Charleroi, c’est un instrument assez courant. Mes parents jouaient dans un spectacle où il y avait un accordéoniste. J’ai dû dire à un moment que je voulais maîtriser cet instrument. Ils m’ont inscrit à des cours d’accordéon et j’en ai joué quelques années.

La guitare est arrivée dans ta vie à l’adolescence.

L’accordéon, ce n’était pas sexy pour brancher les filles. J’ai donc utilisé la guitare de mon père et j’ai rapidement su créer des mélodies. Je jouais aussi un peu de piano et j’avais mis de l’argent de côté pour m’acheter un clavier. Comme ça coutait trop cher, j’avais juste assez d’argent pour acheter une guitare électrique. Je ne le regrette pas. J’ai une formation de jazz. Aujourd’hui, je suis guitariste professionnel et j’accompagne d’autres artistes.

Mais tu as fait de la musique funk également.

De 17 à 23 ans, je jouais et chantais du funk. C’était mon trip.

Pourtant aujourd’hui, tu sors un disque que je qualifierais de chanson française moderne.

A cette époque-là, comme c’était ce qu’écoutaient mes parents, je voulais tout faire sauf de la chanson française. J’étais en pleine rébellion, mais un jour, cette attirance pour la chanson m’a rattrapé.

Clip de "Charlatan".

Tu fais partie d’une belle famille musicale, celle qui fait de la chanson française autrement : ivan tirtiaux,l'envol,interview,mandoBertrand Belin, JP Nataf, Babx, Dominique A, Barbara Carlotti…

En fait, j’aime la chanson, mais dans toutes les langues. C’est un choix de chanter dans ma langue maternelle et de toucher à quelque chose d’authentique. Cela dit, je suis très influencé par ce que j’écoutais avant, comme Stevie Wonder pour les harmonies par exemple. J’écris en parallèle avec la mélodie et l’harmonie. Je suis très en recherche de l’harmonie. C’est ce qui m’intéresse dans la musique brésilienne, la musique classique et le jazz.

Tu joues beaucoup avec ta voix, je trouve.

J’essaie d’être au niveau des mélodies un peu sophistiquées que j’écris. Pour cela, je dois varier mes tonalités vocales.

Il faut rentrer dans ton univers, mais après, tout devient limpide, clair et d’une redoutable efficacité.

Je le prends comme un compliment parce que les artistes que j’aime le plus sont des gens dont il m’a fallu plusieurs écoutes avant de les apprécier. Ça ne me dérange pas si on me dit que mon univers n’est pas facile d’emblée. Mais je te garantis que je fais tout pour le simplifier. Mes premiers jets sont expérimentaux puis, après, je tente de les simplifier pour qu’ils soient accessibles. Il y a une grande richesse, mais aussi, une grande simplicité.

"Les océans", live studio session @ Sunny Side Inc. Studio, Brussels

C’est ton premier album. Ya-t-il des chansons anciennes ?

La majeure partie sont plutôt récentes, mais la chanson « Les océans » a 15 ans. Je l’ai joué avec mes différentes formations. Plusieurs personnes de mon entourage m’ont dit que cette chanson ne vieillissait pas, alors j’ai décidé de la mettre sur mon premier vrai album.

Toi qui viens de la scène, j’imagine que l’idée de figer tes chansons ne doit être pas très agréable.

J’avais une forme de liberté constante dans l’interprétation, alors, effectivement, tu as raison.

L’album vient de sortir en France, mais il est sorti il y a un an dans ton pays. Comment a-t-il été accueilli ?

Oui, très bien et j’ai fait beaucoup de scène avec. Je sais qu’en France, il y a un vrai public pour la musique que je joue. Chez vous, il y a beaucoup d’artistes qui cassent les schémas traditionnels de la chanson. J’en ai rencontré bon nombre d’entre eux.

"Présage", une réalisation de Stéphane Manzone - une production diFFéré

ivan tirtiaux,l'envol,interview,mandoTes chansons, aussi poétiques soient-elles, sont très autobiographiques.

Oui, mais je mets des filtres (rires). Je travaille beaucoup mes textes pour éviter que mes chansons soient un déversoir. Mais en vrai, ça l’est. L’écriture est un peu un exutoire. Pour chanter quelque chose, j’ai besoin d’un vrai moteur lié à cette chanson pour que l’interprétation soit juste.

Tu écris déjà le prochain ?

Oui, mais comme je suis exigeant, cela prend du temps.

Es-tu content de comment tu vis ton métier et de ta condition d’artiste ?

Oui et non. Ce n’est pas un métier évident pour en vivre, surtout en Belgique. Chez nous, vivre de la chanson est extrêmement dur. En France, le statut d’intermittent est beaucoup plus simple à obtenir et on peut obtenir des subventions. Mais en Belgique, il n’y a pas d’aides pour ce genre d’activité.

Tu es confiant pour l’avenir ?

Tant que je fais ce que j’aime, je reste confiant. J’adore ce métier, j’adore jouer sur scène, rencontrer d’autres artistes, partager, écrire… je ne pourrais rien faire d’autres.

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Après l'interview, le 2 février 2016, à l'agence.

08 mars 2016

Chico & The Gypsies : interview pour "Color 80's"

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Bon, Chico, je l’aime bien. Humainement. Quand il sort un disque, je viens le voir. On aime bien se voir/parler. Déjà mandorisé pour le précédent il y a un an, je récidive avec son nouvel album, Color 80’s. Un disque pour faire la fête. Et en ces temps obscurs, ça ne peut pas vraiment faire du mal. Les chansons reprises font partie de ma vie. Je les ai diffusées à la radio des milliers de fois sur les différentes radios dans lesquelles j’officiais dans les années 80. Et le côté gypsie en plus n’est pas dénué d’intérêt. Voilà, donc pour Le magazine des loisirs culturels Auchan, Chico m’a donné rendez-vous dans les locaux de sa maison de disque le 16 février 2016.

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Clip de "Plus près des étoiles". 

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Après l'interview, le 16 février 2016, chez Sony Music. 

01 mars 2016

Sophie Adriansen et Jean-Marie Leau : interview pour Naître et grandir en musique

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en ,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques ,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau ,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est ,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exemple

Une fois n’est pas coutume, je reçois de nouveau Sophie Adriansen (mandorisées ici). Cette fois-ci, elle est accompagnée de Jean-Marie Leau. Ensemble, ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner en musique les meilleurs moments de la vie de chacun. Naître et grandir en musique, le premier volume vient de sortir et il est centré sur le bien-être des bébés au travers d'une dizaine de thèmes. Au programme notamment : un historique des comptines, la musique pour la conception, l'oreille du fœtus à la première échographie, l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine, l'accouchement en musique, la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. Ce livre ludique, instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser les mamans et les papas d’aujourd’hui. Le 28 janvier dernier, je me suis rendu chez Sophie Adriansen, où le très sympathique Jean-Marie Leau nous a rejoint.

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exempleNote de l’éditeur :

La musique est le plus fabuleux des médicaments.
C’est particulièrement vrai pour le bien-être des bébés et des enfants.

Savez-vous que l’on peut stimuler auditivement le fœtus dès le sixième mois de grossesse ? Que le chant permet de traverser la douleur des contractions lors de l’accouchement ? Qu’un bébé pleure dans sa langue maternelle ? Qu’un morceau choisi peut l’endormir à coup sûr ? Que la musique est la première fenêtre sur l’art pour un enfant ?

Assorti de témoignages de chanteuses, de musiciens, de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naissance, cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques pour découvrir le pouvoir étonnant de la musique avant, pendant et après la naissance.

Retrouvez Naître et grandir en musique et la B.O. du documentaire L’Odyssée de la vie sur Deezer et Spotify.

Les auteurs :

Jean-Marie Leau est compositeur-interprète. Auteur de nombreux génériques pour la télévision et le cinéma, il a fondé l’ensemble vocal « Les voisins du dessus » et co-écrit plusieurs contes musicaux, dont Sol en Cirque.
Il a enregistré avec Zazie, Alain Souchon, Francis Cabrel, Christophe ou Claude Nougaro.
Il propose chaque mois dans le Magazine de la Santé une chronique sur la musique.

Sophie Adriansen est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages de littérature générale et jeunesse ainsi que de documents autour de la santé.

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exemple

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exempleInterview :

Qui est à l’origine de ce livre ?

Sophie Adriansen : C’est un peu moi, mais j’ai proposé ce projet à Jean-Marie à partir de son travail. Sans lui, je n’aurais jamais eu cette idée. Je connaissais ses chroniques qui me passionnaient et, un jour, en discutant, je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre, ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. Un jour, nous avons concrétisé cette envie que j’avais.

Jean-Marie Leau : Je ne me suis pas posé de question, l’idée m’a plu immédiatement. Ecrire n’est pas naturel pour moi, même quand j’écris mes chroniques. Je suis plus dans l’oralité et la musique. Je crois que Sophie a eu une vraie bonne idée de me proposer ce projet. Cela donne une nouvelle consistance à ce que j’essaie de développer depuis six ans, c’est-à-dire le lien entre la musique, le son et le reste de la vie.

Premier constat, la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour, et même avant notre naissance.

Jean-Marie : La musique, avant d’être une industrie, c’est une expression, voire un outil relationnel. Il est important d’en parler dans une collection telle que nous voulons la mener avec Sophie. Ce sujet n’est pas anodin, c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « Les musicaments ».

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Vous, Jean-Marie, vous êtes né sous X et vous êtes persuadés qu’il y avait de la musique dans votre entourage.

Jean-Marie : Ce que la musique m’a permis d’être, de devenir, de faire, de vivre, c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas. Je ressens la musique comme une trace vibratoire, poétique… Nous sommes des êtres musicaux. Cette sensibilité est propre à l’espèce humaine. Aujourd’hui, on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale.

Sophie : Ce que je trouve fascinant, c’est que, par exemple, pour les bébés prématurés, qui n’ont pas baigné dans un environnement musical avant de naître, la musique peut jouer le rôle de rassurer et d’envelopper le bébé. Ils peuvent s’en servir comme un cocon. Cela veut dire que l’on nait en étant des êtres musicaux, même quand il n’y a pas eu de conditionnement au préalable.   

Il y a beaucoup de témoignages de femmes dans cet ouvrage.

Sophie : Oui, et elles ont été heureuses de témoigner parce que ce sont souvent de bons souvenirs qu’elles racontent. Il y a aussi des témoignages d’hommes. Moi j’ai interrogé les professionnels de santé et des anonymes et Jean-Marie a interrogé des artistes.

Quel est l’objectif de cette collection ?

Sophie : Nous avons isolé un certain nombre de thèmes dans les chroniques que fait Jean-Marie. La musique est partout, dans toutes les sphères de la vie, on a donc envie de creuser ce sillon très largement.

Que la musique soit là, à tous les âges et tous les moments de la vie, c’est essentiel ?

Jean-Marie : C’est un peu comme si vous me demandiez « conseilleriez-vous aux gens, quand ils sortent, de respirer ? » Pour moi, c’est aussi essentiel. Et en plus, ce n’est pas couteux. Ce n’est pas rien que ce qui peut permettre le développement soit abordable par tous. Quand on parle d’haptonomie (la discipline du « toucher affectif ». Cette méthode permet de créer, pendant la grossesse, un échange entre le bébé et les deux parents et constitue une préparation à l’accouchement) ou d’autres conditions de naissances particulières, tout le monde ne peut pas se l’offrir. Par contre, tout le monde peut chanter et peut écouter de la musique. Cela peut apporter une nourriture et une relation supplémentaire à l’enfant.

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Y-a-t-il une musique à privilégier ?

Jean-Marie : La musique classique c’est très bien, en particulier Mozart, mais si vous allez au fin fond de l’Amazonie ou au Tibet, vous comprendrez que Mozart ne sera pas forcément le premier choix. C’est l’émotion qui prime, ce n’est pas tant le caractère ou la classification de la musique en question. C’est ce qui va être véhicule d’émotion qui prend la force.

Sophie : Ce que l’on a aussi essayé de démontrer, c’est qu’il n’y avait pas des musiques pour les enfants et des musiques pour les adultes. On n’est pas obligé de cantonner les enfants ou les bébés aux compilations de musiques électroniques ou synthétiques. On l’explique dans le livre, un enfant préférera toujours une version instrumentale plutôt qu’une version électronique. On n’est pas obligé de réduire les exigences de qualités parce que c’est un petit. La grande musique ne lui est pas inaccessible.

Les fœtus sont plus sensibles à des sons plutôt qu’à d’autres ?

Jean-Marie : Ils sont plus sensibles aux basses fréquences, après, le spectre auditif de l’enfant va s’élargir au fur et à mesure de son développement et de sa croissance.

Accoucher en musique évite la souffrance ?

Jean-Marie : On chante par le diaphragme et le diaphragme exerce une poussée. Quand on chante, c’est presque comme on accouche. On sait que celles qui pratiquent le chant ont souvent des accouchements plus rapides.

Sophie : Sur notre échantillon, toutes les chanteuses nous ont dit que l’accouchement a été plus rapide et plus facile.

Pourquoi la médecine officielle ne prône-t-elle pas l’accouchement en musique ?

Sophie : C’est en train d’arriver. On a fait un chapitre sur une approche qui s’appelle « Naître enchantés ». Il y a des maternités dans le sud qui sont en train d’avoir des labels « Naître enchantés ». Le problème, c’est que c’est contraire aux côtés cartésiens des médecins. Pour que les médecins acceptent cela, il faudrait qu’ils abandonnent les habitudes qu’ils ont apprises et qu’ils se transmettent depuis des siècles. J’espère que ce livre va contribuer à ce que l’on y vienne petit à petit.

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Le 28 janvier 2016, après l'interview.

21 février 2016

Clarika : interview pour De quoi faire battre mon cœur

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(Photo : Frank Loriou)

A la question, qu’elle est ta chanteuse préférée ? Jusqu’à la réception du nouvel album de Clarika, De quoi faire battre mon cœur, je n’ai jamais su qui répondre. J’apprécie beaucoup de chanteuses, mais Clarika a toujours figuré dans le peloton de tête. Et puis là, encore une fois, à l’écoute de ses chansons, je suis fasciné. Par sa voix, par la profondeur de ses mots, ses histoires qui me touchent au plus haut point (alors que je suis un homme, je suppose qu’elle fait remonter en moi ma part de féminité ou quelque chose comme ça), sa manière de raconter la vie… bref, j’ai décidé qu’à partir d’aujourd’hui, je répondrai « C’est Clarika ma chanteuse préférée ».  Et petit rappel : c’est elle qui, dès le milieu des années 1990, avec La Grande Sophie,  a ouvert la voie aux Jeanne CherhalAnaïs ou Camille d’aujourd’hui. Dans son nouvel album, il n’est question ni de larmoyer, ni de se répandre, elle raconte juste sa vie aujourd’hui, sans le mentor et amoureux d’avant. Cette géniale artiste a indéniablement le talent de l’autodérision.

Je l’adore. Voici donc sa deuxième mandorisation (la première est là). Elle s’est tenue dans le bar d’à côté de « mon agence », le 7 janvier dernier.

clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivressesArgumentaire de l’album (version raccourcie) :

Un disque à la fois singulier et familier, intime et universel, qui évoque, entre douceur et douleur, le thème de la séparation. Une séparation amoureuse et artistique d’avec son compagnon, le compositeur et arrangeur Jean-Jacques Nyssen, avec qui elle partageait vie et musique depuis vingt-cinq ans.

De quoi faire battre mon cœur, son septième opus, est surtout prétexte à renouveau : changement de ton, d’ambiances et d’équipe, pour prendre le pari de tout chambouler, abandonner le confort des habitudes, quitte à se mettre en danger. Pour la première fois, l’album a été concocté sous la houlette du réalisateur, arrangeur, compositeur et musicien Fred Pallem (Le Sacre du Tympan), avec la complicité de Raoul Tellier (La Maison Tellier), les deux principaux compositeurs. Au fil des plages, on croise aussi Mathieu Boogaerts, Skye, Claire Joseph, Alexis HK, Tony Melvil et même Jean-Jacques Nyssen, crédité de deux titres. Des chansons à la grave légèreté (l’émouvante « Je ne te dirai pas », sans doute l’un des plus beaux textes de Clarika, « La vie sans toi », « Rien de nous », « Dire qu’à cette heure », en duo avec Alexis HK), traversées de souvenirs turbulents (« On a fait », « Le Choix ») et de métaphores éloquentes comme dans « La Cible », en duo avec Helmut Tellier, évocation sous chapiteau d’un amant maladroit lanceur de couteau, « L’Inaperçue », portrait d’une fille transparente, ou « Le Lutétia », inspirée de l’histoire vraie d’un couple âgé venu finir ses jours dans le palace parisien.

Dans les nouvelles chansons de Clarika, il y a des pluies de cordes venues de Budapest, des traversins de clavecins, des basses gainsbouriennes, des guitares tartares et des claviers vintage. Comme la BO d’un grand film moderne qui raconterait la vie et les amours qui passent. Avec des cœurs qui battent à l’unisson. Le sien et les nôtres.

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(Photo : Frank Loriou)

clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivressesInterview :

C’est le 7e album en 20 ans de carrière.

Oui, et si on veut être précis, le premier album est sorti tout début 1994. Donc ça fait 21 ans.

Tu te sens progresser d’album en album ?

Mes albums me ressemblent, donc ils changent en même temps que je change. Je n’écris évidemment pas les mêmes choses qu’il y a 21 ans, heureusement pour vous. Dans la forme, je tente de ne jamais faire le même album que le précédent, je ne sais pas si j’y parviens. J’aime changer de collaborateurs, mais dans celui-ci, évidemment, c’est plus flagrant puisque ce n’est plus Jean-Jacques Nyssen qui a réalisé.

Du coup c’est le talentueux Fred Pallem qui s’y est collé.

Il a arrangé l’album, mais il a fait aussi quelques compositions. Diversifier la collaboration permet d’aller un peu ailleurs. Fred a permis qu’il y ait une vraie rupture.

Tu le connaissais avant de travailler avec lui ?

On se suit de loin depuis longtemps. Pour cet album, ce réalisateur arrangeur a pris les choses en main. J’avais vraiment envie de travailler avec lui et il a accepté rapidement. Notre collaboration s’est faite totalement naturellement.

Quand tu travaillais avec Jean-Jacques Nyssen, vous étiez à la maison, là, la façon de travailler n’est plus la même.

On a fait cet album dans un temps un peu plus cadré qu’avant, mais ça n’a pas trop changé la méthode de travail. Moi, ça m’a fait du bien d’avoir un souffle nouveau et une nouvelle écoute. Même les musiciens ne sont plus les mêmes que pour mes albums précédents. Je ressentais le besoin de tout changer.

"Je ne te dirai pas".clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivresses

J’ai trouvé que tu étais allée très loin dans les trois chansons sur ta rupture avec Jean-Jacques
Nyssen.

C’était ça ou rien. Je ne pouvais pas faire dans la demi-mesure. Jusqu’à présent, je n’avais jamais écrit de manière viscérale. Il y a parfois des moments incontournables dans la vie qui font que les textes arrivent comme ça et on y peut rien. Ce n’est pas impudique parce que ce que je vis et chante est universel.

Ton premier single « Je ne te dirai pas » parle du manque de l’autre, avec délicatesse et classe. Aucune pleurnicherie.

Ce que je dis est tellement ce que je suis, ce que je vis et ce que je pense. C’est un mélange de douleur et d’espoir. J’ai aussi voulu faire comprendre que l’histoire était belle.

Il faut bien le dire, dans ce disque, il y a moins d’espoir dans tes chansons.

Il y a même de la tristesse, disons-le. Je n’ai pas de chansons dans les tiroirs, donc j’écris ce que je ressens. J’écris telle que je suis. Il raconte deux ans de ma vie récente… Il fallait que ça sorte et franchement, ça fait du bien. Par contre dans l’écriture musicale et les arrangements, on a cherché à rendre tout ça plus léger et digeste.

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(Photo : Frank Loriou)

C’est vrai que ton disque est loin d’être plombant et je trouve ça très fort.

C’est le retour que j’en ai. La gravité est là, mais on a réussi à l’amoindrir avec la musique. Mon équipe avait franchement peur en voyant arriver les chansons au fur et à mesure. Ils se sont dit qu’il y en avait quand même beaucoup sur ma rupture. Dans l’écriture, je suis toujours en phase avec l’état dans lequel je suis et avec la vie que je mène. Je ne peux pas faire autrement.

Tu t’es posée la question de savoir comment ton public allait prendre ces nouvelles chansons ?

Non, pas vraiment. Je sais que les albums que je préfère sont parfois des albums tristes. J’ai le goût de ça artistiquement. Je pense aussi que je suis fidèle à mon écriture habituelle, même si c’est sur des thématiques douloureuses.

Est-ce que le dernier disque est le plus important ? Celui qui compte le plus ?

Oui, pour l’instant. Jusqu’au prochain. Il y a toujours une émotion quand on sait que les gens vont découvrir vos nouvelles chansons, surtout quand elles sont si personnelles.

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(Photo : Frank Loriou)

clarika,de quoi faire battre mon cœur,interview,mandor,daphné,ivressesDepuis quelques mois, tu es en concert avec Daphné. Parle-nous de cette expérience.

On s’est rencontré à l’occasion d’une commande de la Ville de Paris qui nous donnait carte blanche à La Cigale pour clôturer le Festival des Vendanges. Comme nos managers respectifs sont amis, se connaissent et travaillent souvent ensemble et que toutes les deux, nous avions envie de nous lancer dans un projet parallèle aux nôtres, on a décidé de faire ce bout de chemin ensemble. On ne se connaissait pas, mais nous respections beaucoup ce que faisait l’autre. On a créé ce spectacle, « Ivresses ». Nous avons cherché toutes les ivresses, éthyliques, de l’amour, de la vie, des sommets… ça permet quand même un éventail assez large de chansons. On y retrouve quelques poèmes de Prévert ou Baudelaire, des chansons des autres qui vont de Serge Reggiani à Britney Spears en passant par Renaud et Barbara, et quelques chansons à nous.

Daphné et toi, vous êtes différentes.

C’est ce qui nous intéressait. En plus, nos voix collaient bien. C’est amusant parce qu’on a remarqué qu’on a des gens qui nous suivent en commun. On s’éclate vraiment à chanter les autres et c’est une très belle expérience.

Excuse ma question un peu directe. Pour toi, professionnellement parlant, les choses sont difficiles ou ça va ?

Ça va. Je me dis souvent que j’ai eu la chance d’arriver avant la panique dans cette industrie du disque. J’ai eu le temps de fidéliser un public. Si je ne suis pas une grande vendeuse de disque, j’arrive à faire des tournées et remplir les salles. La scène, c’est ce que je préfère faire. C’est la cerise sur le gâteau après l’écriture et l’enregistrement de l’album.

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Après l'interview, le 7 janvier 2016.

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Toutes les photos sont signées de l'excellent Frank Loriou (mandorisé récemment là), sauf celle avec Daphné et celle où  je suis avec Clarika

Clarika : site officiel