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24 octobre 2012

Delphine Volange : interview pour Et de Delphine Volange, le ciel était toujours sans nouvelles

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« Raffinée, surprenante. Inédite. Les mots sont ses alliés, elle n’en a pas peur, mais sa délicatesse nous laisse comme deux ronds de flan. Delphine est belle et vulnérable. Prenez soin d’elle ». C’est par ces mots que l’écrivain Marie Nimier présente Delphine Volange. Pour faire plus ample connaissance avec la jeune femme, je parcours son dossier de presse, et je lis : « L’écriture raffinée servie par des mélodies et arrangements tout à la fois sobres et sophistiqués laisse percevoir une nature romanesque et sensuelle. Chaque séquence semble comme échappée d’une toile de maître ». Je me méfie toujours de ce qu’indique un dossier de presse. Mais là, après écoute. C’est ça. Pas un mot à modifier.

Réalisé par David Aron-Brunetière, l'album Et de Delphine Volange, le ciel était toujours sans nouvelles, majoritairement composé par Bertrand Belin offre également une touche Gainsbourienne grâce à la complicité de Jean-Claude Vannier (HÔTEL CHOPIN).

delphine volange,et de delphine volange,le ciel était toujours sans nouvelles,interview,mandorLe 3 octobre dernier, Delphine Volange est passée à l’agence en compagnie de l’éditeur Laurent Balandras, à l’origine de la carrière d’Olivia Ruiz. Celui-ci décide de soutenir activement son travail.

J’ai lu aussi ceci dans le dossier de presse : « Fragile et drôle, elle offre à qui veut l’entendre sa sensualité singulière et la tendre extravagance dont elle a le secret. Elle semble réveiller le doux fantôme d’un passé éternel, diva de cinéma, pimpante ou poignante, qui joue sur scène - non sans dérision - ce qu’elle est au naturel à la ville, dans ses toilettes distinguées et subtilement anachroniques. ». J’ai pensé la même chose pendant l’instant passé avec elle lors de l’interview. Cette femme s’est trompée d’époque, certes, mais elle transporte ce qu’elle est dans des chansons élégantes et finalement très modernes. Chapeau bas !

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delphine volange,et de delphine volange,le ciel était toujours sans nouvelles,interview,mandorInterview :

Beaucoup vont penser que vous débutez. Rien n’est moins faux.

Effectivement, ça fait quelques années que je chante, mais très vite, je suis tombée sur un compositeur dont j’ai fini par devenir une sorte de muse et qui, très vite, a essayé de composer des choses pour que je puisse poser mes mots dessus et chanter. J’ai donc joué les cocottes un petit temps.

Joué les cocottes ?

J’avais la nostalgie des salons à la française où, dans les après-midi un peu voluptueuses, on chantait des chansons un peu à la Yvonne Printemps. Je me suis beaucoup éloignée de cette période et de ce genre là de répertoire, mais je ne peux pas renier cette part de moi-même qui était un peu nostalgique. C’est ma voix qui m’emmenait vers ce genre de répertoire… Mais je dois dire que j’étais entourée de musiciens classiques et de professeurs qui avaient tendance à valoriser cet aspect-là de moi, et comme j’étais plutôt comédienne de nature, il y avait une manière un peu théâtrale de jouer ces chansons-là qui me plaisaient. Ça me permettait de m’amuser beaucoup.

Et donc, vous vous êtes éloignée de tout ça.

Oui, j’ai commencé à transposer des textes de Thérèse d’Avila et de Saint Jean de la Croix en espagnol. Alors, c’est devenu quelque chose d’un peu tragique. J’adore les histoires de reines à qui il arrive des malheurs. J’adore aussi jouer les saintes éplorées, mais je vous rassure, ça n’a pas duré très longtemps. J’ai vite senti cet appel à autre chose.

Après il y a eu un peu de cabarets…

Non, ce n’était pas vraiment du cabaret. Disons que c’étaient des gens qui avaient la nostalgie du cabaret qui ont employé ce terme. Peut-être avais-je une manière un peu folâtre de me manifester sur scène ?

En tout cas, vous avez eu plusieurs types de répertoire.

Celui de cette période était plutôt inspiré de l’opérette, ensuite je suis tombé sur un autre compositeur qui était plus jazzy. Il est vrai qu’aujourd’hui j’arrive comme ça avec cet album, comme tombée du ciel, mais en même temps j’aurais pu déjà enregistrer deux disques de chansons, dont je ne peux pas dire que je regrette qu’elles n’aient pas été enregistrées. Si je ne les renie pas, je préfère nettement apparaître avec des chansons qui sont pleinement les miennes.

Ce premier album « Et de Delphine Volange, le ciel était toujours sans nouvelles » est composé par Bertrand Belin. Il y a deux duos avec lui d’ailleurs sur le disque.

J’ai eu le sentiment en rencontrant Bertrand que, d’une certaine façon, sa personne d’artiste répondait chez moi à un désir impérieux et très personnel. En le trouvant, j’ai eu la sensation que mon désir avait été tellement puissant que j’avais réussi à le manifester. J’ai trouvé avec lui la vibration idéale, celle à laquelle j’aspirais pour moi. Il y a eu un genre de tropisme positif, ça arrive dans le monde végétal, un rapprochement réflexe, ce qui a fait que je me suis sentie accueillie. Après cela, le temps à imposé sa loi de patience. Ça ne s’est pas fait tout de suite, mais j’ai eu raison d’attendre.

Peut-on affirmer que Bertrand Belin est un double musical ?

Oui, ce qui ne l’empêche pas de collaborer avec d’autres personnes. A la base, avec Bertrand, on ne s’est pas dit que l’on allait faire un album, on s’est dit qu’on allait faire une chanson. Puis une autre, puis une autre… chaque chanson était un monde à part.

Il y a un titre qui s’intitule « Sublimons ». Est-ce qu’il faut sublimer la musique ?

Intuitivement, je dirai que c’est un élan naturel chez Bertrand. C’est instinctif. Cette exigence musicale lui colle au corps.

Ce disque est ce vers quoi vous vouliez parvenir ?

Oui et c’est énormément grâce au réalisateur de l’album, David Aron-Brunetière, dont on n’imagine pas à quel point son rôle est essentiel. Il a eu à cœur de respecter le son acoustique, boisé, charnel des instruments, de ne pas tout passer au robot mixeur des ordinateurs, même si on n’y échappe pas complètement, mais il a été très vigilant là-dessus. Du coup, l’aspect davantage formel, classique, très tenu de mes textes, croisé avec cette musique plutôt contemporaine, donne ce résultat qui, pour moi, m’inscrit dans aujourd’hui.

Ceci n'est pas un clip, je répète, ceci n'est pas un clip. Juste une chanson. Monceau.

Vos textes sont indéniablement très littéraires et poétiques. Lisez-vous beaucoup ?

Je ne suis pas très lettrée, même si j’ai beaucoup lu quand j’étais petite. Les choses me viennent ainsi naturellement. Je ne peux pas revendiquer une influence littéraire qui soit très précise. Même Bertrand s’amusait parfois à comparer une phrase, par-ci par-là, à des auteurs. Mettons que j’ai l’âme romantique.

Depuis le début de notre conversation, je vous trouve… habitée. Un peu hors-norme.

Pour moi, être habitée, ce n’est pas hors norme. Je ne suis pas la seule à penser cela, mais je trouve que nous vivons dans un temps qui a tendance à abolir la ferveur et l’ardeur et la passion et la flamme. Il est beaucoup question de flamme et de feu dans cet album d’ailleurs. Après coup, dans un miroir, je me suis dit que, oui, finalement, je porte cette flamme. Vous savez, nous sommes nombreux à ne pas vouloir nous éteindre. Il est vrai que je pense beaucoup au ciel et à la part d’invisible des choses. Pour moi, elle est presque palpable. C’est là tout le temps. Il est naturel que parfois, certaines personnes sensibles le ressentent au travers de ce qui peut parfois émaner de moi.

Votre travail d’artiste, vous le faites pour dire au public la même chose de ce que vous venez de me confier ?

Sûrement. Mais vous savez tout ça est très instinctif, ce n’est pas cérébral. Je dois vous dire que je suis surprise moi-même de ce que je viens de vous dire. Je le sentais, je le savais, je le pressentais, mais là, je le vois posé à l’extérieur de moi, alors ça me trouble un peu. En même temps, c’est un vertige qui n’est pas désagréable.

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(Copyright: David Ignasweski)

Je sens que vous faites très attention aux mots que vous prononcez, que vous contrôlez vos propos.

C’est une réflexion que l’on me fait, même dans la vie courante. Je redoute toujours de poser un mot qui ne soit pas juste.

Comme dans vos chansons. Ce n’est pas fatigant de faire attention en permanence ?

Nous sommes en interview. Je ne suis pas toujours en train de m’observer. Là, je sais que les choses seront inscrites, donc je prends garde parce que c’est toujours désagréable de lire sa pensée déformée, malmenée. Je ne suis pas seule en cause dans cette histoire. Il y a aussi Bertrand, il y a David… et toute l’équipe qui a travaillé sur ce disque. Sinon, pour répondre à votre question, non, ce n’est pas fatigant… enfin ça peut être fatigant pour qui m’écoute (rires).

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Que représente la scène pour vous ?

C’est le pourquoi de tout. Il y a pour moi, une nécessitée absolue à aller partager.

Vous voyagez beaucoup grâce à la musique, ces derniers temps.

Oui, nous sommes allés au Japon par exemple. Puis, j’ai fait un concert à Londres, puis à Cuba. Au Japon on a fait trois concerts. D’ailleurs, je reviens sur le fait que vous disiez que je cherchais mes mots pour ne pas dire n’importe quoi. Ce qui était très troublant au Japon, c’est que les gens ne comprenaient rien du tout de ce que je disais et qu’ils s’en foutaient même royalement. J’étais très fascinée par ça. Vous vous rendez compte, une fille comme moi qui baragouine des choses que personne ne comprend. Manifestement, le public ne pouvait être sensible qu’à la voix, qu’au son, qu’à la vibration. Pour moi, ça, c’était comme une forme de libération. Cela ouvre tout de même de manière conséquente le champ des possibles et cela remet les choses à leur juste place. Les chansons, elles sont faites pour être chantées. Ce sont des sons, c’est de la musique. J’étais finalement infiniment touché que les gens soient eux-mêmes touchés par ce qui émanait de la chanson, au-delà du sens. Peut-être que le sens subliminal est beaucoup plus important et transcende le reste. Pour moi, c’était une sorte de révélation.

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Delphine Volange, le 3 octobre 2012. En haut, avec Mandor. En bas, avec Tony Montana.

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(Merci à Patricia Espana, l’attachée de presse de la chanteuse en néanmoins amie, pour l’organisation de cette interview en deux temps, trois mouvements.)

19 octobre 2012

Céline Mastrorelli : interview pour Elle était une fois

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(Photo : Stéphanie Gac)

J’ai découvert Céline Mastrorelli lors des Muzik’Elles 2009. Elle avait remporté avec brio le tremplin Nouv’Elles. Nous nous étions rencontrés à cette occasion. Depuis, je suis de loin (pas de si loin que ça d'ailleurs) son évolution musicale. Son album est sorti le mois dernier et il est brillantissime. Elle écrit et compose, textes et mélodies, classe ce premier album et sa musique comme de la pop minimaliste. C’est de la chanson française, inspirée par Gainsbourg, Brel, Barbara, avec des cordes et des violons… et aussi de l’électro… Céline Mastrorelli nous offre un premier album soigné et pétillant dédié aux femmes qui aiment les hommes qui aiment les femmes, et qui saura séduire le plus grand nombre. La chanteuse cannoise est venue à l’agence le 28 septembre dernier pour une interview mandorienne fort agréable.

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorExtrait de la biographie signée Henry Michel (je ne sais pas qui est ce monsieur, mais comme le laïus était signé, je rends à César ce qui… etc.) :

Céline Mastrorelli vient de la « chanson française, » qu’on prend enfin plaisir à prononcer à nouveau sans son voile de poussière. Ayant accompagné en première partie Biolay, Chamfort, Raphaël ou Le Forestier, Céline croit encore aux jolies phrases.

Céline croit encore aux jolis mots, et aime jouer avec, parfois en trapèze, mais ne tombe jamais. Céline croit encore aux chansons qui racontent des choses, comme elle croit encore au prince charmant. Des chansons qui, en concert, font sourire hommes et femmes. Les unes, se retrouvant dans ces récits, les messieurs, grimaçant peut-être à l’évocation de crimes passés ou pire encore : à venir.

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céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorInterview :

Tu as mis longtemps pour sortir cet album…

J’ai perdu beaucoup de temps, mais à la fois, ce temps perdu m’a servi. S'il y a 8 ans on m’avait dit que mon album sortirait en 2012, j’aurais arrêté tout de suite. Mais comme tu ne sais jamais ce genre de chose par avance, ça ne pouvait pas me décourager. Tu sais, j’ai commencé tard à écrire des chansons. J’avais 25 ans. Très vite, mon style s’est affirmé. Chaque fois, j’estimais que la chanson d’après était meilleure que celle d’avant. Quand tu rentres dans cette logique de te dire que la prochaine sera meilleure alors on va l’attendre, tu perds des années. J’avais très peur de graver quelque chose qui existe et que je renie.

Ensuite, il a fallu trouver les bonnes personnes pour faire cet album.

J’ai surtout cherché longtemps un label qui lui-même pourrait me trouver les bonnes personnes. En fait, ça faisait beaucoup d’intermédiaires tout ça et beaucoup de perte de temps. Quand j’ai eu 30 ans, je me suis dit que c’était maintenant. Chacun à l’investissement de sa vie. D’aucuns s’achètent un appart, l’autre une bagnole, un troisième des voyages. Moi, mon investissement il est là. J’ai tout mis dans la production de cet album.

Le teaser de l'album.

On sent qu’il y a les moyens derrière…céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandor

Oui, par exemple, je voulais, un joueur de Thérémin. C’est un des premiers instruments électroniques de tous les temps qui produit des sons à base d'ondes et de champs magnétiques. C'est le déplacement des mains dans l'espace qui produit le son, un truc presque irréel un peu comme si on dessinait sans feuille. Je voulais aussi un quatuor de cordes, un bon pianiste, un bon réalisateur, un bon studio, bref, je voulais le meilleur pour mon album. Je voulais quelqu’un qui comprenne ce que j’avais envie de rendre. J’ai donc fait appel à Benjamin Tesquet et Benjamin Constant. Et les deux ont été incroyables. On est rentré en studio en octobre 2010, il y a deux ans.

Il y a deux ans ? Du coup, tes chansons ne sont pas toutes récentes.

Comme je savais que j’allais mettre longtemps avant de réussir à sortir cet album, je voulais sélectionner les chansons qui seraient pour moi intemporelles, qui auront toujours un sens et celles dont je savais que j’aurais toujours autant de plaisir à chanter. Je n’ai d’ailleurs pas choisi de potentiels singles.

Tu racontes des histoires personnelles, mais toutes les femmes peuvent se retrouver dans tes chansons.

Quand j’étais petite, je pensais que j’étais différente. Quand j’ai grandi, je me suis dit que j’étais finalement comme tout le monde. Et aujourd’hui, je m’aperçois que je suis différente comme tout le monde. Chacun est unique et tout le monde est différent. C’est pour ça que mon histoire personnelle parle à tout le monde. On aime, on déteste, on a le cœur brisé, on vit des moments extraordinaires. C’est vrai que ce sont des chansons de filles dans le sens où c’est une fille qui les raconte, mais l’angle de la caméra est de temps en temps placé vers la fille, de temps en temps placé vers l’homme. Tout le monde devrait se retrouver.

Le premier clip officiel: "Robe de Cocktail".

Tu manies à merveille l’autodérision dans tes textes ?céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandor

Je trouve qu’arriver à se moquer de soi même, c’est tellement plus simple. Tout est plus relatif, tout prend une dimension beaucoup moins grave. Mais surtout, l’auto dérision, c’est ce qui sauve.

Je lis sur ton Facebook beaucoup de belles réactions par rapport à la sortie de cet album.

C’est incroyable. Ça te fait presque oublier les 8 ans de patience. En plus, il y a 79 radios, grandes et petites, qui ont souhaité me programmer. J’ai un quota d’écoute en streaming sur Spotify ou sur Deezer qui est assez incroyable. Je parle bien sûr dans le cas de quelqu’un qui n’a pas de promo.

On peut difficilement te ranger dans une case en tout cas.

Oui, personne ne sait si c’est dans la case variété variété, ou intello intello. Le « entre les deux » n’est pas très pratique à situer. Je trouve, en tout cas, que c’est faux de penser que la variété ne peut pas être intello. Depuis quand il faudrait écrire des textes débiles pour faire de la variété ?

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorTon album commence par un magnifique instrumental. On dirait presque une musique de film.

Si mon album est une histoire, j’ai envie de faire un générique de début et un générique de fin. J’ai composé vraiment une musique qui explique que l’on rentre dans une histoire.

L’ordre des chansons est donc important.

Ça a été un véritable casse-tête. J’ai fais en sorte qu’il y ait un sens logique. Tout commence avec « Lost in Paris ». Cette chanson ne peut pas bouger, c’est sa place. Et évidemment, tout fini avec « A mes amours ». C’est une manière de dire aux hommes qui ont traversé ma vie: voilà, j’en ai chié, vous m’en avez fait baver, mais merci parce que, grâce à vous j’ai appris, grâce à vous, je suis ce que je suis devenue aujourd’hui. Et maintenant, je suis prête à nouveau à aimer. Ça y est, je sais comment ça marche.

Enregistrement de "T'oublies or not T'oublies" (1ere version) en duo avec Benjamin Tesquet.

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorParlons de « T’oublies or not t’oublies », ton duo avec Joseph d’Anvers. Je n’ai pas reconnu sa voix, d’ailleurs.

Non, parce qu’il ne chante pas comme d’habitude. Pour ce duo, j’avais deux chanteurs en tête. Marc Lavoine et lui. J’aime les voix graves, je trouve ça tellement beau.  C’est marrant, dans cette chanson, il a un timbre de gros fumeur, alors qu’il ne fume pas.

"Ex en Provence" est ta chanson préférée. Pourquoi ?

Je l’aime aussi pour ce qu’elle raconte : la fin d’une très jolie histoire. Mais, il y a une lecture pour les personnes qui veulent écouter cette chanson au premier degré. En fait, dans chaque phrase, tu as vraiment un deuxième sens… J’aime aussi l’arrangement.

Le 22 octobre, tu joues au Réservoir, avec Pauline Brooks en première partie.

C’est le concert de ma sortie d’album. Donc j’ai envie de faire un peu la fête. Sur scène, il y aura évidemment les chansons de l’album, et je ferai des duos avec deux trois amis chanteurs. Par exemple Vincent Lieben avec notamment la reprise de « Mademoiselle liberté », le chanteur du groupe Super Pop Corn et Pauline Brooks. On sera 6 sur scène… Ce sera plus une fête qu’un concert.

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(Photo d'ouverture de l'interview : Sand Mulas).

15 octobre 2012

Mathieu Boogaerts : interview pour son album éponyme

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mathieu boogaerts,eponyme,interview,mandorMathieu Boogaerts a sorti son nouvel album éponyme le 1er octobre dernier. Il propose des chansons dont il doit être lassé de s’entendre dire qu’elles sont minimalistes. Disons qu’elles sont aussi simples qu’elles sont sophistiquées. Il suit sa route sans les paillettes, mais avec une impeccable rigueur. Je l’ai déjà mandorisé pour son précédent album, c’était en 2008, dans un bar de la capitale. Cette  fois-ci, le lieu est plus personnel. Il m’a reçu le 26 septembre dans son petit studio, à deux pas de sa salle fétiche, La Java. Un endroit coupé du monde dans lequel il aime venir réfléchir, travailler et désormais, donner ses interviews…

Interview :

À la Java, tu as rodé tes nouvelles chansons quelques mois. Était-ce aussi pour les tester auprès du public avant de les inclure dans l’album ?

Pas du tout. Quand on fait un concert, ce n’est pas un disque. On n’a pas d’applaudimètre pour savoir si telle ou telle chanson marche mieux que l’autre.

Mais un artiste sait si la chanson capte l’attention du public, quand même…

Dans un spectacle, une chanson peut avoir un succès parce qu’elle amène une énergie, parce qu’elle arrive au bon moment,  alors que quand on fait la vaisselle chez soi, on s’en fout. Néanmoins, le fait d’avoir joué ses chansons régulièrement sur scène, quand j’étais derrière mon micro, en studio pour les enregistrer, j’avais un supplément de confiance et de foi que je n’aurais pas eu autrement. 80% de la matière audible sur le disque ont été faits en deux après-midi. Basse, batterie, guitare. J’ai pris un peu plus de temps pour faire des voix, mais ça a été plutôt rapide quand même.

Clip de "Avant que je m'ennuie".

Cette réputation que tu as d’être pointilleux en studio est-elle exagérée ?

Je ne suis pas pointilleux pendant les enregistrements, mais je suis pointilleux quand j’écris les textes, pointilleux quand j’écris les mélodies, pointilleux pendant l’enregistrement, pointilleux pendant le mixage, pointilleux pour l’ordre des chansons, pointilleux pour la pochette. C’est pour ça que j’ai la prétention de sortir un disque et de le vendre au public. Si je n’étais pas pointilleux, ce serait malhonnête de ma part.

Dans ce disque, on sent que tu t’es amusé avec les sons et les mots. Cela étant, c’est valable pour tous tes albums précédents.

Merci de cette dernière précision. L’exigence du son des mots et du sens du texte fait partie du métier d’auteur-compositeur-interprète de chansons. Une chanson c’est la rencontre entre des mots et de la musique. Les mots doivent évoquer les sentiments, un sens, mais ils doivent aussi sonner et vibrer avec les accords… bref, c’est un tout. En aucun cas, il n’y a pas de chansons avec lesquels je suis plus ambitieux et pointilleux. Le curseur est au même niveau pour chaque chanson.

Est-ce que c’est une création mathématique d’écrire une chanson ?

C’est mathématique dans le sens où il y a un cadre. Une mélodie, ça a un certain nombre de pieds. Voilà, j’ai 12, 12, 6, 6, 7, 12… donc effectivement, il y a un peu de mathématique qui intervient dans la création d’une chanson. La musique, c’est mathématique.

Et le rôle d’un auteur compositeur est-il aussi d’inventer de nouvelles formules ?

Personnellement, même si je suis forcément conditionné, j’essaie au maximum de me libérer de toute convention. Par exemple, il y a certaines fautes de français dans mes textes, mais comme je les fais volontairement, j’assume tout à fait. Quand Nino Ferrer chante « Gaston, y a l’téléfon qui son », ça n’a pas le même impact que « Gaston, y a le téléphone qui sonne ».

Parfois, crains-tu que ton second degré assez fréquent ne soit pas toujours perçu comme tel ?

Je peux me dire que telle ou telle phrase est potentiellement confuse ou pourrait être mal interprétée. Pour la première fois, quand je l’ai remarqué, je l’ai un peu modifié, parce que pour ce disque, j’avais vraiment envie d’être compris plus que d’habitude. J’ai été soucieux d’être le plus limpide possible, tout en gardant ma patte personnelle.

Pourquoi as-tu le souci de ne pas envisager la musique et les textes comme les autres ?

Parce que pour moi, cela va de soi. Être artiste et sortir un disque à 20 euros, si on revendique que ça vaut le coup de l’acheter, c’est aussi parce que ce n’est pas le même que celui du voisin. Mon métier, c’est de traduire en chanson des sentiments par lesquels je suis passé avec un langage personnel et original.

Pour la première fois, un de tes albums n’a pas de titre…

Je crois qu’on a le droit d’utiliser ce procédé une fois. Je ne veux pas que cet album ait un statut différent des précédents, mais sur les autres, le titre s’est imposé. Là, je n’ai eu aucun déclic, du coup, il était hors de question que je nomme ce disque avec un titre que j’aurais été susceptible de regretter. Inconsciemment, ça à un peut-être un sens, mais que je ne maîtrise pas.

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Dans cet album, il y a deux chansons d’amour, très premier degré, comme « Sylvia » et « Je sais ». C’est rare dans ton répertoire que tu ne cherches pas à créer des effets stylistiques quand tu chantes quelque chose de très personnel.

Cette remarque me fait plaisir. Je reviens à ce que je te disais tout à l’heure, je veux que cet album soit plus « abordable ». En gros, je suis sur une plage l’été, il y a un feu de camp, il ya une guitare sèche qui passe, je sens que la chanson, tout le monde peut la chanter en chœur avec moi et comprendre de quoi je parle.

C’est difficile pour toi de faire simple ?

Le plus beau compliment que l’on puisse me faire quand on écoute une de mes chansons, ce serait « mais bon sang, bien sûr, il fallait y penser ! ». C’est comme le mec qui a inventé le carré, le rond ou le triangle, ça paraissait évident, mais ça n’existait pas avant que quelqu’un y pense. Ça peut paraître bizarre, mais je t’assure que j’ai toujours été à la recherche de la simplicité, tout en étant original et nouveau si possible.

Tu écris parfois pour les autres, récemment pour Luce, Camélia Jordana et en ce moment pour Vanessa Paradis. 5 titres en tout. C’est énorme !

C’est elle qui est venue vers moi parce qu’elle a beaucoup aimé la chanson « Moi c’est » que j’ai écrite pour Camélia Jordana. J’en ai fait 6, elle a gardé 5. Elle semble très enthousiaste de mes chansons et j’en suis ravi parce que je les aime aussi beaucoup. J’ai développé des musiques et des textes en fonction de l’idée de ce que je me fais de ce qu’elle a dans la tête.

Il faut se prendre pour Vanessa Paradis pour écrire pour Vanessa Paradis.

C’est pareil qu’au cinéma. Il faut se prendre pour Antoine Doinel pour jouer Antoine Doinel.  Dans tous mes albums, chaque chanson est un prétexte pour aller explorer un personnage enfoui au fond de moi. Quelque part, j’ai un peu de Vanessa Paradis en moi. J’ai un peu de femme en moi. C’est marrant ce que je te dis là, c’est la première fois que je formule les choses comme ça.

En fait, tu joues un peu la comédie pour interpréter ce que tu as de plus caché en toi.

C’est difficile à expliquer. Pourquoi je passe tout d’énergie, tant d’amour, tant de temps, à écrire des chansons, à les enregistrer, à les trouver justes, à les mettre sur un disque, enfin… d’employer autant d’énergie à tout cela ? Inconsciemment, je dois avoir un déficit de communication dans la vraie vie, et donc, c’est une façon d’exister, de créer un lien avec le reste du monde. Quand je suis sur scène, ce sont des moments de jouissance au sens propre du terme. Ce n’est pas de l’orgasme sexuel, mais le corps exulte réellement. Ce sont des moments où je me sens vraiment vivant.

Le teaser du disque.

Est-ce que tu vis ta vie d’artiste de la manière la plus idéale ?

Mon opinion est qu’on ne peut pas vivre sa vie d’artiste idéalement. Je vais un peu loin dans ma théorie, mais un artiste, par définition, est toujours à la recherche de quelque chose. Si on refait un disque, c’est que le précédent n’était pas comme on voulait qu’il soit parce qu’il manquait quelque chose. Moi, je suis toujours frustré. C’est une composante inhérente à mon travail. Cela étant, il y a des jours où je vois le verre à moitié vide et d’autres jours, le verre à moitié plein.

Et ça se traduit comment ?

Quand je le vois à moitié vide, je me dis : « J’ai 41 ans, j’en suis à mon 6e album. Je fais toujours partie des artistes confidentiels, toujours dans la case « spé ». Pourquoi, je ne vends pas autant de disques qu’Étienne Daho, qu’Alain Souchon ou que Benjamin Biolay ? ».  Je ne comprends pas donc je suis un peu jaloux, un peu frustré, un peu aigri.

Et quand tu vois le verre à moitié plein ?

A ce moment, je me dis : « Ça fait 17 ans que je fais exactement la musique que je veux, comme je veux. J’en vis correctement, je n’ai pas de problèmes d’argent. Le matin quand je me réveille, ma seule problématique professionnelle, c’est de me demander quel type d’accord, quel mot je vais choisir, quel typo je vais prendre pour l’affiche ? ». Dans ce sens, je sais que c’est un luxe énorme et  je me sen hyper privilégié.

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13 août 2012

Jonathan Dassin : interview avant la sortie de son premier album

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C’est rare quand je demande à un artiste dont je n’ai pas entendu l’album de venir me voir. Dans le cas de Jonathan Dassin, je n’ai écouté que deux titres, Dans le désert et Ma gueule… Mais cet artiste est un cas particulier. Il est impossible de ne pas voir en lui son père, Joe Dassin. Et pourtant il a beaucoup lutté contre cette ressemblance. Puissamment. Aujourd’hui, il a cessé de lutter. Il assume cette filiation vocale et physique. Du coup, il avance plus vite et plus honnêtement.

Les textes de son premier album, selon son dossier de presse, sont « romantiques et effrontés. Sa musique est à la frontière de la soul, du funk et de la variété. L’univers du premier album de Jonathan Dassin joue sur les contrastes, entre mélodies enjouées et textes désenchantés. Sa voix grave nous  rappelle celle de son père, mais son univers bien particulier épouse la nouvelle scène française ». Jonathan Dassin est venu à « l’agence » le 19 juillet dernier. Merci à son attaché de presse, Pierre-Henri Janiec, d’avoir tenu parole... et si vite. Comme d’habitude.

jonathan dassin,interviewInterview :

Vous avez commencé à composer à 13 ans vos premières chansons, en anglais, au sein du groupe pop Limelight. 

Je faisais traduire les chansons que j’écrivais en français en langue anglaise par ma tante, Richelle Dassin, la sœur de mon père. Je trouvais que ça sonnait mieux et c’était aussi une question de facilité. Quand on chante dans une langue que l’on ne maîtrise pas, pas besoin de raconter des histoires fabuleuses ou d’être excellent dans l’écriture.

Vous avez donc changé d’avis, aujourd’hui.

Oui, puisque je ne chante plus qu’en français. Je me suis sérieusement penché sur cet aspect-là de mon travail. Pour chanter en français, il fallait que je fasse murir quelque chose qui n’était pas forcément naturel pour moi.

En 1997, à l’âge de 18 ans, vous accompagnez à la trompette et au bugle le groupe afro Nassara.

C’était une très grande expérience. A ce moment-là, je me disais que le chant n’était pas fait pour moi, mais je voulais continuer la musique. Je me suis donc mis à la trompette avec ce groupe. Avec Nassara, j’ai élargi mes horizons musicaux et multiplié les concerts. Le groupe a fait les premières parties de Manu Dibango et des Wailers, et a été la tête d’affiche d’un concert au Bataclan en 1998. Cette expérience m’a beaucoup appris. Musicalement et dans les rapports humains… c’était une grande famille.

Vous avez quitté le groupe pour pouvoir vous recentrer sur un projet personnel et chanter de nouveau.

Oui. Chanter n’a jamais été un grand problème pour moi. Ce qui a été compliqué long et fastidieux, c’est d’accepter la voix que j’avais. Il fallait que j’accepte que ma voix ressemble à celle de mon père. Pendant une grande période de ma vie, j’ai essayé de m’en éloigner. Cela m’obsédait, un peu trop d’ailleurs. Je suis baryton et je ne chantais pas dans ma tonalité. Je chantais plus ténor, alto parce que je n’assumais pas la ressemblance vocale avec Joe Dassin.

jonathan dassin,interviewQu’est-ce qui a fait que finalement, vous avez décidé d’assumer cette voix ?

Le temps et ma maturité ont fait leur travail. J’ai fini par réaliser que ça ne servait à rien de fuir la réalité des faits.

Quand on est le fils de Joe Dassin on a envie de crier : « écoutez-moi pour mon travail et pas parce que je suis le fils d’un chanteur populaire » ?

Je suis au début de ma carrière et je sais pertinemment que je ne passerai pas à côté de la comparaison. Je sais ce que je veux faire et je me suis toujours un peu éloigné du répertoire de mon père. Je me suis démarqué volontairement de ses chansons… je suis confiant en moi et en mes chansons. Ce que je vis en ce moment est un moment de vérité. Je travaille pour que l’on reconnaisse mon travail et je ne veux surtout pas profiter de la notoriété de mon père.

Les comparaisons avec lui, vous vous y attendez.

J’entends ça depuis que je suis enfant… j’y suis habitué.

1er clip officiel : Dans le désert.

Vous faites des chansons éloignées de la variété pure et simple. Ma gueule ou Le désert, par exemple, ne sont pas des chansons « faciles ».

J’adore la musique américaine et ma musique peut se rapprocher de la soul, du funk, parfois c’est plus « ambiance », parfois elle tire vers le reggae. J’ai finalement une palette assez large. Ça va vous étonner, mais je considère que je fais aussi de la variété.

Vous aimez qui musicalement ?

J’adore Curtis Mayfield, Marvin Gaye, Prince, Ben Harper par exemple. Chez les Français, c’est Gainsbourg et Brassens.

Et les chansons de votre père, vous ont-elles influencées ?

J’ai eu une période, dans ma petite enfance, où je n’écoutais que lui. Ensuite, j’ai complètement zappé. Il avait une manière de faire de la musique et de chanter qui était unique.

Êtes-vous admiratif de ce papa que vous n’avez presque pas connu ?

Honnêtement, je pense qu’aujourd’hui, je suis objectif. En progressant personnellement dans la musique, j’ai pu mieux comprendre pourquoi il était bon.

Pourquoi alors ?

Alors que beaucoup de musiciens sont à la recherche de la complexité, lui, cherchait la simplicité et l’efficacité. Un musicien n’est jamais aussi bon que quand il cherche à faire simple. C’est à ce moment que le public est touché. Moi, dans mon évolution, je tends à cela. Je me bats pour simplifier.

Un extrait de Ma gueule.

Votre album est annoncé depuis longtemps. Il tarde un peu à venir.

On vient de signer chez Wagram, il faut patienter encore un peu. J’ai beaucoup composé ces dernières années, mais j’ai du choisir parmi une douzaine de titres ceux qui allaient figurer sur mon album. Le choix fut difficile. Je ne suis pas mécontent d’avoir mis du temps à sortir ce disque, car je sais que maintenant je présente un travail mature. Nous allons retourner en studio en septembre et en octobre. Il y a des textes un peu second degré, un peu cynique aussi, voire méchant parfois. J’aime bien un peu provoquer.

Avez-vous déjà des « fans » ?

Un petit peu. J’ai aussi pas mal de fans de mon père qui observent ce que je fais et qui m’encouragent. Ça ne me dérange pas, je le comprends parfaitement.

jonathan dassin,interview

Le souci, dans votre cas particulier, c’est qu’il y a un a priori immédiat. Le fils de Joe Dassin, qui a la même voix et la même tête, chante lui aussi. Même moi, j’ai dû freiner ce réflexe de suspicion.

Je sais bien. Il faut passer cette première étape et être curieux pour découvrir mon univers. Faire de la musique est une démarche personnelle puisque je n’ai pratiquement pas connu mon père et que ma mère ne nous a jamais incités à nous lancer dans ce domaine. Mon frère et moi, nous nous sommes débrouillés tout seuls pour aller dans cette direction.

Une chanson de Joe Dassin dédiée à son fils Jonathan. Paroles très troublantes...

A 17'30'', Joe Dassin parle de Jonathan et de son éventuel envie qu'il devienne chanteur lui aussi...

Votre frère cadet, Julien, justement, il chante aussi.

Oui, mais nous n’avons pas la même démarche musicale et je ne parle jamais à sa place.

Avez-vous peur du jugement des autres ?

Pas trop. Si c’est négatif, bien sûr, ça va me plaire moyennement, mais j’ai plutôt confiance en moi. Il le faut pour avancer.

Est-ce qu’il y a quelque chose de l’ordre de « je crois en ma bonne étoile » ?

Je ne me suis jamais posé cette question. Je sais que c’est ce que je veux faire tout en ayant pleine conscience que les choses peuvent très bien se passer ou pas aussi bien que je l’espère. En ce moment, je suis heureux. J’ai la possibilité d’enregistrer mes chansons, puis de les faire connaître, c’est une belle période. J’ai envie d’en découdre avec le public. J’ai hâte d’avoir son avis…

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18 juin 2012

Céline Ollivier : interview pour "La femme à l'éventail"

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(Photo : Nicolas Berat)

Quand j’ai reçu le disque de Céline Ollivier, j’ai d’abord trouvé la pochette très belle. Un peu osée, mais pas trop. Je ne vous cache pas que je regarde aussi la provenance de l’envoi. Il y a des attachées de presse dont je sais qu’elles sont exigeantes dans leur choix personnel et qui sélectionnent les artistes qu’elles souhaitent que je rencontre (par rapport à ce qu’elles savent que je suis susceptible d’être intéressé). Ce n’est pas toujours le cas. Mais Flavie Rodriguez, oui. C’est agréable.

Dès la première écoute (c’est là le plus important),  je suis tombé sous le charme de la voix de Céline Olliver. Quelques chansons me paraissent même des évidences tubesques, comme par exemple « Le flore » et « La femme à l’éventail »… 

Vous pouvez écouter 6 extraits de l'album sur son site, celineollivier.com.

Une rencontre s’imposait donc.  Elle s’est tenue le 7 juin dernier. J'ai découvert une jeune femme sympathique dont la langue de bois n'est pas la spécialité.

Avant de lire le fruit de notre entretien, voici sa bio officielle.

céline ollivier, la femme à l'éventail, interview, mandor

céline ollivier,la femme à l'éventail,interview,mandor

céline ollivier,la femme à l'éventail,interview,mandorInterview :

Tu es passée par le groupe Maximum Kouette

J’étais sur la tournée du 3e album, One, two, très fort ! en 2005. C’était ma première grosse expérience professionnelle. La première fois que je me retrouvais sur de grosses scènes. On était souvent en tête d’affiche ou en fin de plateau de gros festivals avec parfois plus de 8000 personnes.

Leur musique n’était pas franchement ton univers, il me semble ?

Pas vraiment. Tu sais, ils avaient besoin d’une vraie guitariste qui chante. Ils m’ont demandé si je me sentais de faire des rythmiques un peu reggae. Je n’y connaissais pas grand-chose au rock steady et au dub, mais je me suis lancée.

Tu as fait le conservatoire de musique. Ça permet de pouvoir s’adapter à tous les genres de musique, il me semble…

Oui, parce qu’au conservatoire, tu apprends à être polyvalent. Tu peux lire n’importe quelle grille, tu es armé et bien outillé.

Le chant, c’est inné chez toi ?

J’ai pris des cours de chant avec plusieurs professeurs. Il y a deux ans, j’en ai rencontré une super qui m’a remise dans ma voix, qui m’a replacé, parce que je chantais tout beaucoup trop bas.  Mes autres professeurs pensaient que j’étais alto. Erreur de diagnostic vocal, puisqu’en fait, j’ai une voix de soprano. Aujourd’hui, je chante là où je dois chanter.

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(Photo : Nicolas Berat)

Sur ton album, il y a des chansons sur lesquelles tu vas loin vocalement et d’autres où tu parles comme « Mes adieux ».

Je ne me suis pas posé la question comme ça. C’est plus le sens du texte qui donne l’interprétation, l’intention à la voix. J’aimerais aller plus loin dans la liberté, dans la manière de s’affranchir et de tout se permettre. Pour tout ça, il faut bien se connaître et grâce au cours que je continue à suivre, je suis encore en train de découvrir des choses.

Tu as travaillé et enregistré cet album avec le talentueux Martin Gamet.

Quand on s’est rencontré, tout de suite, on a parlé artistique et pas argent. Travailler avec lui était comme une évidence. C’est lui qui a composé l’équipe de musiciens qui m’accompagne. Moi, j’avais juste très envie de Benjamin Brillant qui jouait de la guitare avec moi sur scène.

Dans ce disque, la musique est parfois « chaude »…

J’aime bien dire qu’elle est un peu blues du sud, un peu fado. Il y a Sébastien Martel qui est venu rentrer des  guitares et c’était une grande leçon.

Quand tu entends ton œuvre, ta création, joué par des musiciens professionnels, ça t’émeut.

Il y a une élévation que ce que tu as créé. Je n’imaginais pas qu’on aurait pu aller jusque-là avec mes chansons. C’est magnifié sérieusement. Entre mes maquettes et l’enregistrement ainsi que les changements de tonalité avec ma prof de chant, il y a du chemin parcouru.

Ce disque a été enregistré en 3 semaines.

Oui, plus précisément, en 3 fois une semaine. Les respirations entre deux sessions sont essentielles. On est plus objectif quand on reprend. Franchement, cet enregistrement s’est déroulé de manière idyllique.

La chanson « Flore », ton premier single, évoque Jane Birkin. Je n’arrive pas à déceler si c’est un hommage ou une déception.

J’aime bien que chacun s’en fasse une libre interprétation. Je peux être piquante, douce ou pince sans rire quand je chante cette chanson sur scène… j’aime le fait qu’il y ait un vrai éventail d’interprétation. De toute manière, on est tous là à écouter les chansons avec notre parcours et notre histoire.

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(Photo : Nicolas Berat)

Il y a une chanson à part dans ce disque, « Jardin du Luxembourg ».

C’est une commande de Naïve pour Enzo Enzo. Je parle d’une femme et de sa relation avec son amant. J’ai masculinisé cette histoire d’amour, contrairement, effectivement, aux autres chansons. Souvent, c’est vrai, il est question de femmes, d’amantes.

céline ollivier,la femme à l'éventail,interview,mandorSur la pochette, tu es nue, mais pudiquement.

J’avais envie de réfléchir sur cette question : est-ce que c’est parce qu’on est nue que l’on se livre et est-ce que c’est parce qu’on est habillée, au sens esthétique du terme, que l’on se cache. Il y a quelque chose d’artistique dans la prise de vue de cette photo, dans le travail du photographe.

Textuellement, trouves-tu que tu te dénudes dans cet album ?

C’est proche de moi dans les humeurs. Douce ou piquante, c’est tout à fait ce que je suis. Des chansons d’amour, d’une certaine manière, il y en a dans le disque, mais ce qui est important, c’est comment l’auteur interprète aborde l’amour, ce qu’il vit, ce qu’il voit. Pour moi, c’est plus une histoire de ton, d’angle de vue.  Est-ce que ce serait intéressant de rentrer plus dans certains détails. Je n’en suis pas certaine.

Tu as une très belle écriture, l’utiliser autrement, ça te tente ? Genre des nouvelles ou un roman…

J’ai découvert le blog de l’écrivain Mathieu Simonet (note de l’auteur : mandorisé la même semaine) sur lequel il propose des sujets imposés. Je ne réponds pas à tous les textes, mais j’y participe souvent. C’est une merveilleuse idée ce blog, ça désacralise l’écriture. On n’est obligé de rien et ça me fait du bien. Écrire sans notes, c’est vraiment un autre exercice pour moi. La mise en musique influe beaucoup sur la tonicité des mots, le rythme, le flow. Ce sont deux exercices que j’aime beaucoup.

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19 juillet 2011

Imany : Interview pour The Shape Of a Broken Heart

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Imany est une artiste qui monte, qui monte... il m'a semblé évident de la rencontrer rapidement. Son attachée de presse m'avait prévenu. "Elle est en tournée tout le mois de juillet, il faut faire fissa!". Ainsi fut fait.

Fissa, donc.

Je l'ai rencontré le 4 juillet dernier pour l'un de mes journaux, Addiction, le mag (daté du mois de juillet). Voici le résultat de cette rencontre.

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Pour finir, le clip officiel du premier single d'Imany, "You Will Never Know".

Son MySpace.

25 février 2010

Coup de fil à Yves Jamait!

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yves-jamait-concert-L-1.jpgYves Jamait, chanteur, auteur, compositeur et réalisateur des illustrations de l'album, puise l'inspiration de ses textes au coeur de la vie quotidienne. Angoisse existentielle des veilles de lundi, joies et déchirements amoureux, coups de gueules sur la société défilent au gré des sentiments de l'auteur. Yves Jamait insiste sur ce point : il n'est pas un chanteur engagé. Il écrit au fil de ses impressions sur tout ce qui fait la vie : un jour l'amour, l'autre le travail, mais toujours, toujours, ce qu'il y a au creux du ventre.

Sur scène et sur ses albums, Jamait s'éraille la voix, s'extirpe les mots nés au fond des entrailles, fait grincer les dents et verser les larmes, mais ne se départit pas non plus de la gaieté des bals populaires, de cette douce lumière des souvenirs d'enfance en noir et blanc devenus jaunies. À la lumière du pourpre, Jamait ravive les émotions. De valses tristes en clin d'oeil de java, un autre rock'n roll y résonne.

Récemment, pour Culturissimo, j'ai chroniqué son récent "Yves Jamait en concert".

Vous le savez si vous êtes lecteurs fidèles de ce blog, de temps en temps, je passe un coup de fil à un artiste pour prendre rapidement de ses nouvelles. C'est ce que j'ai fait cette semaine avec Yves Jamait...

Première partie:

-Comment tout a commencé?

-Yves Jamait : chanteur de scène?

-Que pense-t-il de sa réputation?
podcast
Deuxième partie:

-La rock attitude à la Jamait!

-L'humour pendant les concerts.

-Prochain disque.

-La création.

-La condition de chanteur.
podcast

Pour finir, voici un extrait de Jamait en Concert: "Je passais par hasard".

Une chanson qui tombe à pic en ce jour où l'Assemblée Nationale doit adopter des mesures contre les violences conjugales. Parmi elles, la mise en place du port du bracelet électronique pour éloigner les hommes violents de leurs compagnes. Rappelons que chaque année, en France, près de 160 femmes meurent sous les coups de leur conjoint.



Yves Jamait en concert - Je passais par hasard
envoyé par wagramlabel

18 février 2010

Coup de fil à F.M...

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f-m-a-dream-or-two-2480482_1350.jpg"La musique de F.M. aurait pu n'etre que le débalage pompeux d'un savoir-faire et d'une culture qu'on imagine développée. Engagé au contraire dans une recherche d'efficacité qui le rattache au monde de la pop, ce chanteur atypique met à profit d'indéniables talents de compositeur et d'arrangeur pour développer un genre accessible quoique sophistiqué, entre la musique de chambre et la chanson rock. Suspendu aux cabrioles d'une voix à l'envergure parfois impressionnante, l'auditeur prend le risque de s'envoler...haut."
(MySpace de l'artiste
J'aime cet artiste hors du commun. Il parvient à concilier deux approches longtemps considérés comme antagonistes, celle de la pop et la musique de chambre.
Abolissant toute notion de hierarchie entre les esthétiques, F.M recherche plutôt l'excellence dans chacun des genres abordés.
Je l'ai appelé hier pour réaliser une interview téléphonique "sur le pouce".
J'espère qu'en l'écoutant, vous aurez envie de le découvrir plus intensément.
podcast
Voici son clip :


F.M. clip "Certain People"
envoyé par Pop_Music.

11 février 2010

Que devient Jean-Claude Borelly?

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  Jean-Claude Borelly, c’est :

18 albums enregistrés.

Plus de 15 millions d’albums vendus dans 23 pays.

22 disques d’or.

Et plus de 2.000 concerts dans le monde.

Son plus grand succès est Dolannes Mélodie.

En 1975...

 


Jean-Claude Borelly - Dolannes Melodie
envoyé par peter95000.

414973.jpgJe l'ai retrouvé... enfin, je lui ai passé un coup de fil pour prendre de ses nouvelles.

Première partie :

-Présentation du musicien.

-Tournée des églises et des cathédrales.

-La relation avec son public.

-Ne plus être en haut de l'affiche...
podcast

Deuxième partie:

-Son duo avec Stéphane Guillon.

-Son nouveau disque : "Du choeur à la lumière".

-Facebook.
podcast

Merci à Jean-Claude Borelly d'avoir eu suffisamment d'autodérision pour jouer le jeu de Mandor. Un jeu qui n'en reste pas moins respectueux.

Allez, on se quitte avec un page de pub!

25 décembre 2009

Hommage à Nino Ferrer par The Nino's!

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l_68b84357a9444909a45dd4e20a11feb8.jpgJ’ai publié cet article au mois de novembre pour Culturissimo.

Dans le trio sus cité, je connais bien Laurent Madiot… il sait l’intérêt que je lui porte. Tom Poisson, je ne le connais pas personnellement (hormis un délicieux déjeuner que nous avons pris ensemble il y a quelques années, dans le restaurant de son frère… il s’agissait de faire un long article sur lui et son album du moment pour Virgin, article qui fut, au final, minuscule… la faute à un manque de place soudain et inexpliqué.) J’ai tous les disques du monsieur et lui trouve un talent fou. Quant à Benoît Simon, il m'était, jusqu’à l’écoute de ce disque, inconnu au bataillon. Alors qu’il a sa propre vie en solo.

 

En ce jour de Noël, j’ai décidé de vous faire découvrir l'album de The Nino's chantent Nino Ferrer (sorti chez Naïve Jeunesse) et ses trois protagonistes.

J’ai rencontré Laurent… et passé des coups de fil à Tom et Benoît, tous deux absents de la capitale.

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 Laurent Madiot, un soir de la semaine dernière, chez lui, après l'interview...

Les podcasts proposés sont la quasi-totalité des magazines que j’ai réalisés et diffusés toute cette semaine sur 77FM.

 

Certaines chansons ne sont pas dans leurs versions intégrales (à part Mirza)…

 

Première partie : Laurent Madiot raconte la genèse de ce projet+Les cornichons par Laurent Madiot.
podcast

Deuxième partie : Tom Poisson explique pourquoi il est si enthousiate de participer à un tel projet+La maison près de la fontaine par Tom Poisson.
podcast

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Troisième partie : Laurent Madiot explique comment The Nino's ont choisi les chansons+Mon copain Bismarck par Laurent Madiot.
podcast

the-ninos.jpgQuatrième partie : Quand on reprend un tel répertoire, y a-t-il une grosse pression? Réponse de Tom Poisson+Le sud par Tom Poisson.
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Cinquième partie : Quelle est la différence entre chanter pour les enfants ou chanter pour un public plus large? Réponse de Laurent Madiot+Alexandre par Laurent Madiot.
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Sixième partie : Selon Tom Poisson, The Nino's est bien parti pour durer+Mirza par

Tom Poisson.

podcast

 

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Septième partie : Laurent Madiot affirme que les enfants qui assistent au spectacle des The Nino's connaissent déjà les chansons de Nino Ferrer+Je vends des robes par Laurent Madiot.
podcast

Huitième partie : Laurent Madiot raconte sa rencontre avec les fils de Nino Ferrer+Blues en fin du monde  par The Nino's.
podcast

Neuvième partie : Comment Benoît Simon est-il arrivé dans cette aventure musicale?+Les hommes à tout faire par Benoît Simon.
podcast
Dixième partie : A qui The Nino's vont-ils s'attaquer après Nino Ferrer? La réponse de Benoît Simon+Le millionnaire par Benoît Simon.

podcast


madiot_002.jpgEt en exclu... rien que pour "Les chroniques de Mandor", une chanson inédite (de Nino Ferrer), guitare voix (qui ne figure pas sur le disque), interprétée par Laurent Madiot à l'issue de mon entretien...

Merci à lui.
podcast

Et pour finir, voici ma note évoquant ma rencontre avec Nino Ferrer.

C'était il y a bien longtemps.

Et j'étais très impressionné...

20 novembre 2009

Stuck In The Sound en tournée!

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stuckinthesoundshoegazingkids.jpgStuck In The Sound est un quatuor parisien de rock-indé formé en 2002, révélé en 2004, par les Inrockuptibles et sa compilation CQFD, et quelques mois plus tôt par le réseau Pince Oreilles à travers sa compilation La Pépinière.
Leur MySpace.
Ils ont sorti leur deuxième album en janvier dernier et sont sur la route pour une longue tournée française...
Toutes les dates sont indiquées ici.
L'occasion pour Mandor d'appeler l'un des membres de ce groupe.
Le batteur fou, François Ernie.
Interview Express:
podcast
Le tout nouveau clip : Shoot shoot.

"Ouais", c'était le premier clip tire de ce second album...

STUCK IN THE SOUND – OUAIS (CLIP OFFICIEL)
envoyé par Discograph.

31 mars 2008

Laetitia Godès... femme aux 1000 vies!

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J’avais déjà parlé de Laetitia Godès, il y a un mois de cela… j’avais promis une mandorisation. Elle s’est tenue jeudi dernier (le 27 mars), chez l’artiste.

Je récapitule. La chanteuse se produit tous les lundis à 20h00 au Théâtre Les Déchargeurs jusqu’au 30 juin prochain. J’ai déjà dit ce que j’en pensais. Que du bien. Tout comme son disque auto produit Prière Profane.

Je trouve courageux les gens qui se jettent corps et âme dans un projet. Tout sacrifier pour concrétiser le fruit de ses rêves… c’est exactement ce qu’à fait Laetitia Godès.

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Elle m’accueille chaleureusement dans son appartement. Je sens qu’elle me jauge. J’ai l’habitude. Je discute donc avant de sortir mon magnéto. Pas de précipitations. On a le temps.

La sensibilité repérée dans sa façon de chanter et dans la brillance de ses textes, je la ressens là, devant moi.

Je comprends très vite que Laetitia Godès  a eu 1000 vies… qu’elle n’hésite pas à prendre des virages radicaux quand le besoin s’en fait sentir.

-J’ai beaucoup basculé dans ma vie. Toute jeune déjà, lorsque j’étais étudiante, alors que j’étais titulaire d’un bac scientifique, un prof de philo m’a fait comprendre que j’étais faite pour les Lettres, donc j’ai fait Hypokhâgne et à 20 ans, j’entre en Maîtrise de Lettres Modernes à la Sorbonne.

Le tout, sans difficulté, mais elle me demande de ne pas le préciser. Elle poursuit.

 

-Un matin, je me suis réveillée en étant persuadée qu’il fallait que je fasse du théâtre. C’était comme une révélation. Je n’avais vu que 3 pièces dans ma vie et je n’avais pas la télé… je me suis inscrit dans une école de formation dramatique, le Studio 34… j’y suis restée 3 ans.

 

Ensuite, Laetitia a enchaîné les pièces (voir son site).

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-Avec les rôles que l’on joue au théâtre, on a la possibilité d’aller explorer, de dire, de donner des sentiments, des émotions ni courantes, ni usuelles. Dans la vie, on a tendance à les cacher parce qu’il faut un masque social et surtout ne pas embêter les gens… le théâtre m’a permis ça.

En parallèle, elle est devenue une « as » du doublage (synchronisation). Elle est la voix, notamment de Lucy Liu.

 

-Avec ce métier, il faut essayer de devenir l’autre, de réussir à imiter à la perfection ce que l’autre fait, de le respecter au maximum. Et pour qu’il en soit ainsi, en général, il faut savoir comment on joue soi-même pour pouvoir jouer autrement. C’est passionnant parce qu’à chaque fois, on rencontre un autre corps, une autre façon de réagir, de pleurer, de crier, d’aimer… et ton champ de comédienne s’ouvre vers d’autres ailleurs.

 

D’autres ailleurs, comme la chanson, par exemple…

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-Quand j’ai basculé dans la musique, j’ai vite compris que la synchro m’avait beaucoup apporté. Il faut parler dans un rythme qui n’est pas le sien, il faut suivre et s’arrêter à un temps précis… quand on chante, il en est de même.

Pour apprendre la musique, Laetitia Godes a suivi 25 heures de cours par semaine à l’école Atla ensuite, elle a continué son travail de chants avec différents professeurs réputés. Elle s’est donnée les moyens de réussir…

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Photo de la pochette: Patricia de Gorostarzu.
 

Venons-en aux chansons. Elle nous offre dans Prière Profane des textes à la fois très personnels et universels. Des textes qui touchent, qui ne peuvent laisser personne indifférent. Je ne rentre pas dans les détails, mais je crois comprendre que Laetitia n’a pas eu que des moments très beaux dans son enfance. Et avec pudeur, elle raconte…

 

-La démarche est impudique et en même temps, non. C’est comme la pochette du disque. Je suis nue, mais on ne voit rien. C’est pareil dans mes textes. Il n’y a que ceux qui ont des oreilles qui entendent. Entre le fond et la forme, j’ai voulu une vraie communauté d’élégance et de pudeur.

Quand à la musique, là aussi, c’est une question d’instinct…

 

-Ma première chanson, A toi l’enfant est arrivée avec sa musique. Après je n’ai jamais été capable que d’écrire sur mélodie. J’entends sur les notes quelle est la syllabe qui doit correspondre. Je crée donc des mélodies avant d’écrire des chansons.

Les 12 chansons de l’album ont toutes été écrites par Laetitia et composées en partenariat avec Alexis Didier.

Une présentation des musiciens qui entourent la chanteuse s’impose :

Guitares : Jacky Arconte.

Percussions : Alain Douïeb

Claviers : Ronny Gold

Flûte traversière: Hervé Meschinet de Richemond.

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J’aime beaucoup ce disque. Il est vrai, simple et bouleversant parfois. Assez troublant, je dois dire.

Ce soir, donc, Au Théâtre des Déchargeurs.

Au programme : authenticité, sourire et émotion.

 

Son MySpace.

10 mars 2008

Kent (1ère partie): portfolio de Julien Pace.

 Ces photos ont été prises par l'excellent Julien Pace, le jeudi 6 mars dernier, dans un bar de la place du Chatelet (dont je ne tiens pas à citer le nom puisque ce n'est pas l'amabilité qui les étouffe).
Kent est un artiste polyvalent et parfaitement génial.
Je l'ai podcasté pour parler principalement de son chef d'oeuvre (un disque-livre "concept" qui m'a cloué sur place tellement il a un effet jubilatoire, rien de moins!): L'homme de Mars.
Il y aura donc, le podcast "officiel" du nouvel album et le podcast "en roue libre".
Version on et version off, en somme...
J'adore le résultat!
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20 décembre 2007

Thomas Fersen... quelques heures avant le rencontre+ (NEW VERSION) quelques heures après la rencontre!

Aujourd'hui, à 11h, je vais chez un de mes artistes français préférés. J'exulte de joie!

Pour ses deux actualités de la semaine.

Un livre de désordre, d'éparpillement avec des tas de souvenirs ne respectant pas la chronologie:

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On y découvre l'élaboration de son oeuvre grâce à des documents inédits et intimes. Photos d'enfance, cahier d'écolier, carnet de travail, notes sur les mises en scènes de ses concerts... mais aussi des objets, des costumes, des instruments, un fourre tout réjouissant à l'image de Fersen. Il explique aussi le genèse de certaines chansons: Croque, Les Cravates, Pièce montée des grands jours, Zaza, Mon iguanadon...

Les fans apprécieront.

Et un disque dans lequel Thomas Fersen revisite 18 de ses succès (+un inédit et un titre emprunté au folklore italien) en compagnie de son guitariste, Pierre Sangra. Chacun un ukulélé dans les mains (Thomas:soprano, Pierre:barython) et hop! C'est parti mon quiqui! Nouvelles versions qui mettent en avant une sorte de vérité sobre et légère...

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Deux beaux cadeaux pour Noël....

Voilà, c'est dit.

Thomas Fersen est de la trempe des artistes essentiels. Ceux qui laissent une empreinte originale et intemporelle dans l'univers de la chanson française.

J'aime l'univers poétique, étrange, souvent noir de Thomas Fersen.

 

Je m'épanche peu sur la question habituellement mais, je dois vous dire que quand je suis vraiment amateur de quelqu'un que j'admire profondément, j'ai effroyablement peur que ça ne se passe pas aussi bien que je le souhaite. Peur d'être déçu par le personnage, peur d'être déçu par mon attitude, mon aptitude professionnelle ou d'autres paramètres imprévus.

C'est ce qui fait le sel de mon métier.

Je reste enthousiaste, je ne suis sûr de rien, j'ai souvent les pétoches. Les années d'expériences ne m'ont strictement rien enlevées de tout ça!

(Je ne suis pas très prolifique en ce moment. Par monts et par vaux... La semaine prochaine, retour à une certaine normalité.)

(Qu'est-ce que la normalité?)

(Bonne question, mais, franchement, là, ce n'est pas le sujet.)

Allez, une autre, pour la route:

 

EDIT , le même jour à 15h10:

J’imagine que le suspens a dû être insupportable… durant ces quelques heures.

Mandor a-t-il assuré comme une bête où s’est-il lamentablement planté devant son idole ?

(Euh…idole, faudrait peut-être pas exagérer!)

Et bien, pas comme une bête, certes, mais je m’en suis tiré honorablement.

Le truc, c’est que je perds toute trouille dès que je commence une interview.

Il n’y a rien à expliquer, c’est comme ça.

Je ne suis plus tout à fait moi.

Je suis arrivé un peu en avance, comme d’habitude. Je m’apprêtais à me rendre dans un café, comme j’ai l’habitude de la faire avant un rendez-vous, quand mon portable sonne.

DRELINE DRELINE !

(Onomatopée imitant à la perfection la sonnerie de mon Sony Ericson.)

(Pas une thune, il me file Sony Ericson, je vous jure !)

 

(Enfin, pas beaucoup.)

-Hello ! C’est Xavier…

(Un de ces attachés de presse.)

Je ne lui laisse pas le temps de continuer.

-Hello ! C’est Mandor ! Tu n’appelles pas pour annuler, j’espère ?

(Je l’aurais assez mal vécu, je pense.)

-Pas du tout, c’est juste pour te dire que si tu es dans le coin, tu peux venir tout de suite, on a un peu d’avance dans le planning.

(Le truc qui n’arrive JAMAIS !)

-Je suis devant chez lui. J’arrive.

-Je t’ouvre.

Xavier me fait pénétrer dans une superbe cour, puis chez l’artiste.

Grand, beau, classieux.

Dans la cuisine, il me présente une autre attachée de presse (de chez tôt Ou tard).

Nous papotons quelques secondes avant qu’ils m’invitent dans le salon.

Je prépare mon matos.

(Ah oui… je fais une petite pause. Juste pour dire que ce matin, je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma petite tête, mais j’ai décidé de filmer l’entretien. Tout seul, comme un grand. Je tente la chose. On verra ce que ça donne.)

(Je la diffuse la semaine prochaine, parce que je me suis mis un peu en scène et tout ça a besoin d’un peu de montage, je pense…)

Thomas Fersen, que je n’avais pas encore vu jusqu’à présent, descend d’un escalier.

-Bonjour, je suis Thomas !

(Pas possible !!!)

Souriant, étincelle dans les yeux. Je lui demande de s’installer.

Les deux attachées de presse retournent dans la cuisine qui donne sur le salon.

(Donc, je sais qu’ils nous écoutent, il y a un silence de mort...)

Je le filme durant 15 minutes. Comme je veux diffuser en intégralité l’interview, je vais droit à l’essentiel.

Pas de fioritures, directement au cœur des sujets qui me préoccupent.

Son livre, son disque, la littérature, la création de chansons…

(Évidemment, je ne vais rien relater des propos tenus… je ne vais pas faire redite avec la vidéo à venir… un peu de logique, voyons !)

Ça se passe bien. Je veux gratter plus loin, le sortir de ses retranchements. Il se laisse faire mais avec parcimonie. 15 minutes, ce n’est pas suffisant pour que j’obtienne le vrai Fersen.

J’en ai une partie.

J’arrête subitement l’interview, il semble surpris.

Je lui explique que je ne fais jamais plus que nécessaire. Quand j’ai ce qu’il me faut, je ne m’amuse pas à faire perdre du temps à quiconque.

-Courte mais efficace votre façon de faire.

Me dit-il.

Oui.

Avant de partir, je demande à Xavier de nous prendre en photo.

(Il a l’habitude, il connaît mon blog).

La première, sur un de des canapés du chanteur…

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Mais, bon... un attaché de presse (émule ou pas de David Hamilton) n’est pas obligé de savoir qu’il y a parfois des soucis de surexposition.

Voyant le résultat du cliché, je prends les choses en main.

Debout, en évitant la lumière du jour derrière (et en ajoutant le flash).

Voilà, voilà.

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Thomas me serre la pince, me remercie et remonte les escaliers pour vaquer à je ne sais quelle occupation.

C’est pratique de donner ses interviews chez soi.

Pas trop de pertes de temps.

Bonne idée.

Je pars satisfait et heureux de cette nouvelle rencontre.

Je ne sais pas si je l’ai déjà dit (1000 fois, Mandor !!! D’ailleurs, tu nous énerves avec ça !), mais chaque jour, tout m’oblige à me rappeler que je fais là un beau métier.

Qui me passionne.

Par-dessus tout.