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10 juin 2017

Stéphane Mondino : interview pour Les rêves de Babylone

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(Photo : Joanna Zielinska)

Au son d’un rock des années 70, dans Les rêves de Babylone, Stéphane Mondino décline le concept du rêve éveillé. C'est le livre de Richard Brautigan, Un privé à Babylone, qui a donné au chanteur le fil conducteur de ce disque oscillant entre rêve et réalité. Son héros à lui révèle une part de lumière même là où il fait sombre. Et puis, un album solaire qui se termine mal… pas de doute, c’est du Stéphane Mondino.

Cet artiste est l’un de mes préférés. Je le suis et le soutiens depuis son premier album en 2004 (outre son œuvre à lui que je trouve admirable, l’idée que son chanteur préféré soit Daniel Balavoine, n’est pas non plus pour me déplaire). Le 13 avril, Stéphane Mondino est venu une seconde fois à l’agence (la première fois, c’est à lire là).

stéphane mondino,les rêves de babylone,interview,mandorArgumentaire officiel :

On l'a découvert La tête ailleurs produit par Francis Cabrel en 2004... On l'a suivi au fil des 4 albums qu'il a sortis par la suite... Et c'est avec une énergie « babylonienne » qu'il revient aujourd'hui.

Stéphane Mondino nous livre, avec ce nouvel album des chansons aux accents pop/rock. L'ambition d'un disque aussi onirique que cruellement réel est pleinement assumée par l'auteur. Il porte une poésie qui veut que la beauté se cache aussi dans les coins sales de l'âme et d'ailleurs. On retrouvera certainement derrière le chant d'un oiseau enfin libre, derrière l'odeur d'une cigarette mal éteinte ou derrière une saison d'eaux salées, la contradiction d'un monde où la course aux profits n'autorise plus à ralentir, mais qui porte pourtant en lui tout le dégoût nécessaire à lâcher prise. Peut-être que Stéphane Mondino a vraiment arraché des bouts de songes qui sortaient du sable. Peut-être qu'il a ramassé pour de vrai des fantasmes qui dormaient dans l'ombre pour en faire Les rêves de Babylone. Peut-être aussi que le vent chaud venu du désert parviendra à coller à vos oreilles la trace brûlante d'un cœur énorme qui bat vite et lourd. Et parce qu'au final, même les plus terriens d'entre nous peuvent aussi passer un tiers de leur vie à rêver, on pourrait dès maintenant et le temps d'une heure au moins, le faire avec Les rêves de Babylone. 

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(Photo : Patrick Batard).

stéphane mondino,les rêves de babylone,interview,mandorInterview :

Je t’ai interviewé il y a 5 ans. Entre les deux disques, 1975, et celui-là, Les rêves de Babylone, il y a eu un album compilation intitulé Un jour en juillet.

Il n’est sorti qu’en numérique. Je l’ai enregistré après une tournée en piano-voix. Je suis retourné à Astaffort pour le jouer dans les conditions live, mais en studio. On a demandé à quinze personnes de faire le public pour que j’aie la niaque. C’est un disque réunissant plein de titres à moi tirés de mes quatre albums précédents, en version acoustique.

Les chansons du nouveau disque, Les rêves de Babylone, tu les portes depuis au moins trois ans. Je t’ai vu les chanter sur scène il y a deux ans je crois.

Je ne voulais pas sortir ce disque en autoproduction. L’expérience que j’ai à ce niveau-là m’a permis de pointer du doigt les limites que j’avais.  Cette fois-ci, je voulais une structure, un label, un distributeur…

La première fois que je t’ai interviewé, c’était pour ton premier disque, Saint Lazare, en 2004. Nous étions chez Sony. Tu as donc connu major et petit label.

Je me suis fait repérer par Francis Cabrel, un homme simple, qui te donne des conseils et des moyens, je passe par Columbia, j’ai des soucis, je passe en autoprod, j’ai des soucis, je suis indépendant, j’ai des soucis. J’ai fini par me faire à l’idée qu’il y a des soucis tout le temps. Très vite, tu as du mal à chercher un bouc émissaire, un coupable de tout ça, parce qu’il ne faut pas chercher un coupable. Tu es sans doute toi-même le premier responsable de ce qu’il t’arrive.

DES LARMES from Stéphane Mondino on Vimeo (extrait de l'album Les rêves de Babylone).

Ta période Columbia, ça a été une sacrée désillusion du métier, non ?

J’avais l’impression d’être jugé en permanence. Il fallait que je sois dans la performance. En interview, j’étais naturel, j’avais une façon de parler qui ne leur plaisait pas. On me recadrait. Quand j’étais petit, ce n’est pas comme ça que je voyais les choses. Je faisais des concerts avec des Lego. Je faisais aussi des concerts chez moi à Franconville, dans le salon de mes parents. Quand j’ai été signé, j’ai compris que ce monde n’était pas celui que je fantasmais inconsciemment. Il avait tendance à sacrément se regarder le nombril.

Il n’y a plus beaucoup de place pour la chanson française de toute façon.

Pour que les médias s’intéressent à toi, c’est très difficile en tout cas. J’ai 41 ans et j’ai l’impression d’être un chanteur des années 70.

On n’y reviendra. Pourquoi ne lâches-tu pas le morceau si c’est difficile ?

Parce que j’ai toujours envie d’écrire des chansons.

Et de les faire écouter.

Oui, mais honnêtement, quand ça me fera trop de mal de faire des disques parce qu’on ne peut pas les entendre nulle part, je pense que j’arrêterai. Je fais beaucoup de scènes, pas dans de grosses salles, mais j’y vais,  je me donne… et combien de fois les gens qui me voient me demandent pourquoi on ne me connait pas.

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Tu te revendiques chanteur de variété.

Ce n’est pas un gros mot. Je ne suis pas un chanteur de rock. Le problème de la variété d’aujourd’hui, c’est que celle qui est matraquée à la radio n’est pas forcément la plus subtile. Du coup, on dit que ma variété à moi est ambitieuse. Putain, mais ça veut dire quoi, « c’est ambitieux » ?

Certes, tu as des textes exigeants, mais je trouve que tes mélodies sont d’une redoutable efficacité et que beaucoup de tes titres auraient pu devenir des tubes.

Ce qui ne va pas, c’est peut-être ce que je suis. Je suis obligé de prendre en compte aussi cela. Il y a les chansons, mais il y a aussi le chanteur, avec tout ce qu’il véhicule.

As-tu l’impression de progresser dans ton écriture ?

J’espère. Ce que j’aime en tout cas, c’est écrire à plusieurs. J’ai des mélodies depuis 20 ans et je ne leur trouve pas de textes. J’adore travailler avec des auteurs qui vont plus loin que moi au niveau de l’écriture. Je n’arrive pas à ajouter de la poésie à mes chansons. Pour cela, j’ai besoin d’aide. Et puis, je t’avoue que je suis une feignasse pour les mots. Autant la musique, je ne m’en lasse jamais, autant les textes, pour moi, c’est laborieux.

Clip de "Les rêves de Babylone" (extrait de l'album Les rêves de Babylone).

Peut-on dire que ton album est conceptuel ?

Il y a un fil avec Babylone, mais évidemment, les chansons s’écoutent indépendamment. Babylone, c’est juste le décor. Le monde de l’inconscient m’a toujours fasciné. Ce que l’on croit être, ce que l’on projette… ce disque parle de tout ça.

Tu t’es inspiré d’un roman de Richard Brautigan, Un privé à Babylone.

Son héros à lui est un détective privé minable. Un gros looser. Un jour il reçoit une balle de baseball et dans son évanouissement, il se retrouve à Babylone. Et du coup, dans sa vie réelle, à chaque fois qu’il le peut, il se barre à Babylone. Ça lui pourri sa vie réelle, il rate des arrêts de trams… ce livre, c’est beaucoup de poésie dans une ambiance crade.

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Pendant l'interview...

Tu fais des concerts « hommage » à Daniel Balavoine. Pourquoi ?

Parce que je suis fan depuis toujours. Ça me fait plaisir de faire un spectacle sur ses chansons que j’interprète à ma façon. Je ne copie pas Balavoine parce que de toute façon, vocalement, c’est impossible. J’arrive à atteindre les voix de têtes, mais  lui était  tellement un extra-terrestre qu’il est inimitable. En faisant ces concerts-là, je me suis rendu compte qu’il était très segmentant. Balavoine, soit tu l’adores, soit tu le détestes. Ce n’est pas comme Goldman qui, lui, fait l’unanimité.

Il était ultra populaire quand même !

Oui, mais il pouvait agacer. Moi, encore une fois,  je suis son plus grand fan.

Aurais-tu préféré être de la génération des Balavoine, Goldman, Souchon, Voulzy, Cabrel ?

C’est marrant que tu me poses cette question, car j’en parlais récemment à Marc Lumbroso (éditeur et directeur artistique, découvreur de Goldman et Paradis notamment). Je lui ai dit qu’il aurait fallu que je naisse plus tôt pour faire partie de cette famille-là qui me correspond totalement. D’ailleurs, mon nouvel album sonne fin des années des 70, ce n’est pas un hasard. 

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Après l'interview, le 13 avril 2017.

07 juin 2017

Céline Ollivier : interview pour Grands Espaces

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Céline Ollivier revient avec un nouvel album doux et envoûtant, mystérieux et sensuel, Grands Espaces, quatre années après La femme à l’éventail (lire la mandorisation (juin 2012) de la chanteuse pour cet album). Elle prend son temps, ne cesse jamais d’écrire, parce qu’écrire c’est se soigner.  Dans ses textes, il y a autant de certitudes que de doutes. On n’y entend un travail  vocal exceptionnel, par superpositions chorales à certains moments. Musicalement, Céline Ollivier passe de l’épure d’une guitare acoustique ou d’un piano à des déploiements orchestraux subtils.

Céline Ollivier sera demain au Divan  du  Monde avec quelques guest comme Robi, MellClarikaAlex Beaupain et Katel. Elle sera accompagnée par sa Team : Franck Amand à la batterie, Remy Galichet aux Claviers, et Emilie Marsh à la guitare. 

L’occasion était belle de se rencontrer une nouvelle fois pour évoquer le disque et le concert.  Le 31 mai, Céline Ollivier est donc revenue à l’agence pour une seconde mandorisation.

celine-o-hp.jpgArgumentaire de presse officiel :

Souvenir encore tenace que celui de La Femme à l’Eventail, disque d’arc-en-ciel d’émotions, de sentiments mélangés. Ceux qui ont eu su tendre l’oreille n’ont eu de cesse que de vouloir le partager. Parce qu’on y décelait un bouquet royal d’élans, d’évocations, de sensations altruistes et de parfums qui touchent droit au cœur. Entrée en matière probante avec notamment un passage significatif en playlist sur France Inter et un accueil médiatique enthousiasmant. Puis quatre ans. Laps de temps écoulé avant ce deuxième chapitre. Pourquoi une si longue durée ? Ne pas y voir de la désinvolture dans la démarche. Plutôt de l’exigence.  Les chansons sont venues à elle, l’ont culbutée, sans lui laisser le choix. Ses nuits sont mélodiques, ses lectures durassiennes. Forcément, ça travaille inconsciemment.

Changement d’approche également avec le piano qui a cette fois-ci provoqué l’impulsion, à la fin de l’automne 2014, elle a suffisamment de matière dans son escarcelle pour reprendre contact avec Martin Gamet, le réalisateur du premier album. Mais Céline Ollivier, en intransigeante perfectionniste, multiplie les allers-retours avec ses morceaux. Entre-temps, elle se fond aussi dans le projet folk de Charlotte Savary (Felipecha) à la guitare et aux chœurs. Poursuit son activité de professeur de chant. Et revient, encore et toujours, sur ses micro-détails qui peuvent changer l’existence d’un titre. Presque une question d’éthique chez elle. En d’autres termes, Céline Ollivier défend un modèle d’artiste davantage préoccupé par la qualité des chansons que par les points d’édition.

La dernière chanson à prendre naissance ouvre l’album. Elle s’appelle « Où je reprends mon Souffle ». Une738_celine-299-2.jpg supplique adressée à sa grand-mère, doublée d’une tendresse diffuse. Aux manettes, Katel dont la superposition de claviers scintille comme une voie lactée.

Pour ces Grands Espaces, la jeune femme ne s’est résolue qu’à écrire sans autre objet que ses obsessions. Aucune joliesse superflue de sa part. C’est un journal intense et sincère dans son abandon. Ses textes embrassent un « tu » permanent et récurrent. Elle s’adresse à un destinataire bien défini, à une ou deux exceptions près, jamais le même.

Dans toutes les chansons, il y a toujours des absent(e)s. Ce sont eux qui tiennent le rôle principal. Elle sait que c’est lourd, une absence. Bien plus lourd qu’une disparation. Voilà ce qu’elle nous dit aussi, souvent de manière concise et imagée. En duo avec Alex Beaupain, « Pour la Peine », elle chante pour les vivants et dessine une géographie post-Bataclan.  L’air circule sur ce disque à larges bouffées de constats distanciés. Il y a autant de certitudes que de doutes. Des inquiétudes rédemptrices aussi. Ce sont surtout des chansons magnétiques et d’une élégance vibratile. Parfois, elles sont traversées par une tension teintée de colère, comme sur « Le 8 Rouge ». Il y a aussi la femme à la parole décomplexée qu’elle admire « Le Rouleau », les tétanies douces des renoncements amoureux, « En Miroir ».

Avec ses compagnons de partage (Martin Gamet, Mathieu Coupat, Mell et donc Katel), Céline Ollivier joue subtilement avec les textures, absorbe nos âmes dans un divin piano-voix « Tes Lèvres sur mon Front », renoue avec le côté latin des débuts, « Dernière Bobine », marche dans les pas d’une valse atmosphérique « Les Goélands » et s’envole vers des chœurs aériens « Tes Vertiges ».  Et enfin la voix, l’autre grande affaire de l’album. Une voix d’une vibrante légèreté, d’une justesse imparable et qui voltige audacieusement entre le phrasé et le parlé. Une voix féline, en osmose avec l’écriture, assumant les différentes facettes de sa personnalité et exprimant toutes les nuances d’un sentiment. Rares sont les chanteuses qui parlent, avec autant de justesse, au cœur et à l’intellect.

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IMG_2062.JPGInterview :

J’aime quand les artistes ne se précipitent pas pour sortir des disques…

Je me suis accordé le  luxe de prendre le temps. Un an avant que l’on détermine la sortie du disque, j’ai cru que nous l’avions fini. Mais non. Finalement,  j’ai encore écrit « Pour la peine » et « Je reprends mon souffle ».

Cette chanson pour ta grand-mère est d’une beauté.

Je l’ai écrite au mois d’octobre. Je suis allée la voir dans sa maison de retraite à Bayeux et cela m’a inspiré cette chanson. Comme j’adore la voix et les mélodies de Pauline Croze, je voulais que ce soit une chanson pour elle. Je crois qu’elle ne l’a jamais reçu.

Aimes-tu raconter à un journaliste de quoi parle tes chansons ?

Oui, j’aime bien. Mes chansons sont tellement ciblées, que cela ne me dérange pas d’expliquer à qui elles s’adressent. Cela part toujours d’une histoire personnelle, intime, d’un lien à l’autre, qu’expliquer ce que j’ai poétisé à ma façon me parait logique. Paradoxalement, j’aime bien que les gens ne sachent pas de quoi parle un de mes textes, mais que cela raisonne quand même chez  eux. Le but de toute œuvre est que les gens s’en fassent une interprétation personnelle.

Ton premier album La femme à l’éventail était un album très personnel, dans lequel tu te livrais beaucoup. Est-ce que tu t’es demandée à un moment ce que tu allais bien pouvoir raconter dans le prochain ?

J’ai des phases de plongée intérieure et de solitude qui provoquent des rencontres avec moi. C’est pour ça que j’ai appelé cet album Grands Espaces. J’aime rencontrer des zones dans lesquelles je n’ai pas poussé certaines portes complètement. En tout cas, là,  je pense déjà au prochain. Je sais juste que des chansons récentes comme « Où je reprends mon souffle » et « Tes  lèvres sur mon front », j’aurai envie de les défendre sur scène toute ma vie. Ce qui n’est pas le cas de quelques chansons du premier disque.

Parce qu’elles racontent des histoires d’un autre passé ?

Pour des raisons musicales et textuelles, que je trouve relatives.

Tu as travaillé un peu comme tu voulais, dans une sorte d’élasticité idéale ?

Exactement ! J’écris en fonction de mon humeur du moment, de mes états, de mes lectures, de mes envies. Cet album parle beaucoup de tensions, de réconciliations, des présents, des absents, de mes absences à moi… Je garde de cette période de création un souvenir très agréable, mais très dense aussi.

Pas douloureux ?

Si, quand on écrit « Pour la peine » ou « Où je reprends mon souffle »,  je ne suis pas dans la gaité la plus absolu. Après réflexion, la plongée à l’intérieur de moi n’a pas toujours été facile, parce qu’il y a beaucoup de résistance.

Et d’insatisfactions ?

Oui. Par exemple, pour « Les goélands », j’ai mis des mois à terminer le texte. Il est très court, car je voulais être au plus juste de l’idée que j’avais du choix des mots et des structures. Martin Gamet, un des réalisateurs de ce disque, m’a apporté son intuition, son éclat. A un moment donné, il faut savoir laisser la main. Quand on essaie plein de choses, il faut qu’elles se résolvent. Il faut savoir s’appuyer sur des gens de confiance.

De quoi parle « Les goélands » ?

Je m’adresse à la Alice du premier album, ma meilleur amie qui est décédée il y a très longtemps. Je parle de l’absence avec la métaphore de la mer, de la rocaille et de la marée. Je la cherche et j’essaie de la retrouver parmi les signes… Quand tu perds quelqu’un dans un tragique accident, il y a un sentiment d’injustice, de réparer quelque chose, de comprendre. Cela devient une quête.

"Les goélands" en concert.

La solitude, dans la création, c’est compliqué ?

Oui. Heureusement que les réalisateurs sont là. J’aime beaucoup ce mot : réaliser. Réaliser les chansons des autres. Martin Gamet a vraiment une facilité pour cela. J’ai une écriture musicale assez classique, assez simple et toutes mes chansons folks, mes chansons acoustiques, il parvient toujours à les sublimer.

Tu ne lui as pas confié toutes les chansons, contrairement au premier album. Pourquoi ?

Parce que j’avais beaucoup composé et maquetté aux claviers et que j’avais envie de quelqu’un qui est habitué à une réalisation de ce type-là. Naturellement, j’ai pensé à Mathieu Coupat, à qui j’ai confié « Sourde », « Le 8 rouge », « Tes lèvres sur mon front » et « Le rouleau ».

Il y a aussi Mell dans ce projet.

On avait réalisé des prémaquettes de « Tes vertiges » quand elle habitait  encore à Metz. J’ai gardé une des prémaquette plutôt que l’autre version qu’on avait faite pour l’album. Elle sonnait mieux, elle avait même une sorte de magie.  Je passe beaucoup par l’émotion, la musicalité, le placement dans l’espace. Il y a une dimension spatiale à la musique.

"Pour la peine" en concert.

Revenons à la chanson post-Bataclan, « Pour la peine ».

Je l’ai écrite après les évènements. Mais, à la base, je voulais qu’elle soit pour la chanteuse Dani, pour les bonus dans son dernier disque, mais ils n’ont gardé aucune nouvelle chanson. C’est mon producteur qui m’a incité à l’enregistrer moi-même.

Tu la chantes donc avec Alex Beaupain.

Oui, et avant que je lui dise, il ne savait pas vraiment de quoi la chanson parlait. Juste, il l’a trouvait belle. On a fait quatre prise ensemble, face à face. Les deux premières, il ne savait pas… on a gardé  la troisième et la quatrième.

La mort t’obsède ?

Pas du tout. Je parle beaucoup plus d’absence physique.

Ecrire, c’est un pansement à ses failles personnelles ?

Un pansement, je  ne sais pas. Je dirais qu’au contraire, c’est comme si je revenais sur la cicatrisation. C’est comme si j’ôtais la croute pour que cela se cicatrise mieux. Parfois, on croit qu’un problème est réglé et on se rend compte qu’il faut y retourner parce qu’il n’est pas réglé tout à fait. Une chanson peut être aussi une remise en question personnelle. Parfois je sais que j’ai condamné les autres un peu vite…  

Parlons de ton concert de demain ? Pourquoi y aura-t-il plein d’invités ? Pour te rassurer ?  

Non parce qu’au contraire, il faut gérer… ce n’est pas une mince affaire ! Je réunis mes amis et les artistes que j’aime. Il y a un vrai sens à la présence de chacun.

Tu as le trac ?

Je suis toujours une grosse traqueuse. Cette date sera un peu celle de l’année pour moi. En tout cas, je suis heureuse de jouer ces chansons dans une version très fidèle à l’album. Je veux qu’on respecte l’esprit et les structures de Grands Espaces.

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Après l'interview, le 31 mai 2017.

02 juin 2017

Daguerre : interview pour le livre disque La nuit traversée

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(Photo : Julie Thomas)

Daguerre sort déjà son sixième album solo. Je l’ai déjà mandorisé seul, ou à deux, c’est dire s’il ne me laisse pas indifférent. Il fait partie de ces artistes essentiels, authentiques, rares, bons, qui sortent des sentiers battus et que j’aime mettre en avant. La nuit traversée est un livre disque illustré à découvrir absolument. Il y dévoile ses blessures du passé, son espoir en l’avenir, conquêtes et aventures en tous genres. Ses textes vifs et sincères tapent dans la fourmilière sociétale et pourraient même déranger une certaine société bien propre sur elle. Le 25 avril dernier, le jour de son Café de la Danse, nous nous sommes posés à la terrasse d’un café à proximité de la salle parisienne. Au programme cup of tea et longue conversation.

daguerre,la nuit traversée,sarane mathis,mély vintilhac,lamao éditionsArgumentaire de presse de La nuit traversée :

 ..." Cette nuit nous devons partir, et on ne va pas se mentir

D'autres ont essayé avant nous, et on a tous entendu dire, fuir c'est mourir

Il nous faut prendre le risque d'affronter ce sentiment, et choisir

Qu'on a le droit de rêver d’une meilleure destinée,

On a le droit de rêver de la nuit traversée "

Le sixième album de Daguerre nous invite à une découverte singulière. Une toile sombre et lumineuse est tissée. On se perd, on se retrouve, on oublie, on se rappelle, on se bat, on se relève. Les mots revêtent une texture, les sons prennent des odeurs, des couleurs. Guitares, piano, cordes atmosphériques et cuivres, éclairée par sa voix rauque et profonde, viennent rythmer ses neufs chansons inédites, engagées et poignantes.

Daguerre a voulu offrir plus qu’un album : un livre-disque illustré où les dessins de Sarane Mathis et le récit de l'écrivaine Mély Vintilhac viennent transpercer ses nouvelles chansons.

Une traversée à oser...

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daguerre,la nuit traversée,sarane mathis,mély vintilhac,lamao éditionsInterview :

Raconte-moi l’aventure de ce livre-disque ?

En préparant mon 6e album, j’avais envie de sortir un objet particulier, quelque chose d’original. Je sais que le vinyle revient pas mal. Je voulais vivre autre chose. Après, c’est une histoire de rencontre. J’ai eu l’idée du livre, car je suis  amoureux de l’objet, de leur odeur…  J’en ai plein chez moi.  Cette compagnie-là m’apaise. J’aime aussi les librairies, je me sens bien dans ces lieux.

Du coup, tu voulais qu’on te trouve dans  les librairies ?

Il y avait aussi l’idée de découvrir autre chose que le circuit habituel de distribution auquel je suis habitué. Le disque est en train de crever et comme je suis en indé, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose de beau. J’ai donné mon nouveau disque à Fany Souville de Lamao Editions, celle qui est devenue mon éditrice. Elle semblait intéressée, alors je lui ai dit que je voulais travailler avec un auteur et un illustrateur autour de mes chansons. Je ne voulais pas que ce soit juste un beau livret amélioré. Elle  a adoré l’idée et la machine s’est mise en route.

Mély Vintilhac est l’auteure et Sarane Mathis, l’illustrateur. Peux-tu me les présenter ?

Mély, je ne l’ai rencontré que deux fois. C’est quelqu’un qui est venu me voir en concert à Biarritz et à Paris. Il y a trois ans, elle m’a dit qu’elle souhaitait m’envoyer des nouvelles très courtes. Je les ai reçu par mail et je les ai trouvé vraiment très intéressantes. On est resté en contact. Quand j’ai eu l’idée de ce livre-disque, j’ai pensé à elle pour les textes. Elle habite en Nouvelle-Zélande donc ce n’était pas très pratique, mais je voulais que ce soit elle qui écrive. Quant à Sarane, je le connais depuis le lycée. Il était en seconde, première et terminale avec ma fille. C’était déjà un tueur en dessin, maintenant, il aux Arts déco  de Strasbourg. Avec lui, je vois la vision d’une autre génération sur mes textes. Je n’ai pas envie de devenir un vieux con, alors j’aime bien confronter ce que je fais à la jeunesse.

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(Photo : Sébastien Garcia)

Quand on écoute une chanson, des images nous parviennent. Le fait de proposer des illustrations, ce n’est pas mâcher le travail de ceux qui écoutent ?

Je ne crois pas. Je lui ai donné carte blanche, c’est donc juste sa vision à lui.

Est-ce que Mély et Sarane ont eu un peu peur de te décevoir ?

Enormément. Sarane a eu un gros trac au début et dès qu’il a trouvé son fil conducteur avec son personnage, c’est allé vite. Mély, elle, a complètement craché les mots. Mes chansons l’ont renvoyé à des moments douloureux. Ensuite, c’est Fany Souville et moi qui avons coordonné le tout. Un an de travail dans une ambiance hyper agréable avec un côté artisanal intéressant.

Tu revendiques ce travail artisanal depuis le début de ta carrière.

C’est passionnant parce que tu redémarres toujours à zéro. Tu es sur un fil en permanence, tu ne sais pas si tu vas y arriver. Il n’y a aucun confort. Ça me fait me sentir vivant. C’est un moteur pour moi. J’ai été en majors et les choses étaient simples. J’ai rencontré des gens formidables, mais je me suis ennuyé. J’ai compris que cela ne me correspondait pas. Je venais du punk au départ, alors, même si toute identité se construit tout le temps, il y a des choses qui me sont restées.

Le côté inconfortable t’apporte quoi ?

Tu dois construire tout toi-même et il y a une grande fierté quand tu vas au bout de tes projets. Et c’est souvent le début de grandes amitiés qui se créent. Ça  n’a pas de prix, surtout dans le monde dans lequel nous vivons.

Tu as toujours 1000 projets, j’ai l’impression, non ?

En tout cas, j’en ai toujours 3 ou 4 en même temps. Là, je suis en train de réfléchir à quelque chose destinée aux jeunes publics, je fais beaucoup de collectifs d’artistes, je partage ma passion de l’écriture et je tente de transmettre aux autres… et puis, je suis sur un projet avec Michel Françoise. On a beaucoup travaillé ensemble. Je ne m’interdis rien, je recherche toujours des alternatives à quelque chose.

Clip de "Oublier". 

Mély Vintilhac a vu beaucoup le deuil dans tes chansons.

Dans La nuit traversée, elle a surtout vu comment on relève la tête après des épreuves. Certaines de mes chansons l’ont ramené à des moments ultra précis de sa vie qui n’était pas ultra joyeux. J’ai adoré qu’elle s’empare de mes chansons.

C’est génial d’écrire une chanson et que chacun se l’approprie par rapport à son vécu, n’est-ce pas ?

C’est la magie des chansons. Une chanson qui nous touche te renvoie toujours à un souvenir unique, qui n’appartient qu’à soi. On peut être 100 000 à écouter la même chanson, on n’aura pas les mêmes souvenirs, les mêmes sensations.

Il me semble que La nuit traversée est ton album le plus noir.

C’est vrai. Je pense que c’est par rapport au contexte actuel du monde. Ça fait naïf de dire ça, mais les artistes sont des éponges. J’ai ressenti chez les gens une tristesse, une haine et une violence incroyable. La tristesse plane au-dessus de nous. On a tous une angoisse nouvelle que je ne pensais pas connaitre de mon vivant. Ça m’a beaucoup influencé dans l’écriture.

Clip de "La nuit traversée". 

La nuit traversée, ça me fait penser aux migrants. Je sais que tu es touché par leur sort.

L’impuissance mondiale que l’on a face aux problèmes des migrants me révolte. C’est insupportable de voir ces images d’eux dans des bateaux. Il faut avoir un courage de dingue pour s’entasser comme ça afin de fuir un pays. Personne ne comprend qu’ils le font par désespoir et pas par plaisir? Alors, oui, l’album est sombre, comme notre époque.

Dans tes albums, tu as toujours parlé de la vie, de la mort, de l’amour, du deuil, du désir de liberté et de paix… finalement, tu parles toujours des mêmes sujets, mais sous des angles différents.

Chaque artiste est spécialisé dans certains thèmes. Les thèmes récurrents, je trouve ça assez logique. Après, il y a la manière d’écrire et l’interprétation. J’ai toujours écrit de façon très libertaire. Je ne fonctionne que comme ça. Et c’est aussi un mode de vie.

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(Photo : Patrick Batard)

Y a-t-il plus de gravité dans ta manière de chanter ?

Je ne crois pas, mais j’ai en moi une sorte de colère impuissante. J’ai toujours était en colère, mais la colère peut être une ennemie. Il ne faut pas se complaire là-dedans, donc j’essaie de désamorcer les choses.

La scène, tu l’envisages comment ?

De manière physique, voire animale. Presque charnelle. J’ai appris la scène comme ça. Quand je sens le public attentif et réceptif, c’est hyper impressionnant. Je ressens l’énergie de la salle. C’est ce qui fait que l’on devient accro à la scène.

On se sent comment ?

On ne se sent pas seul. Je vis la scène comme un match de tennis. Chaque chanson qui passe, c’est un point. A chaque fois, l’émotion est différente et surtout, je sais que ce n’est jamais acquis. Ca reste inconfortable pour moi, mais c’est un besoin vital. Si je n’ai pas la notion de danger, je m’emmerde. Il faut que je rencontre des gens aussi névrosés que moi pour que l’on fasse des trucs ensembles (rires).

Il y a un aspect ludique à la création ?

Bien sûr ! Moi, je m’amuse tout le temps. J’ai toujours désacralisé ça, j’en ai besoin. Tous mes projets sont épicuriens. Il faut que l’on travaille aussi autour d’une bonne table… un peu arrosée aussi. Je bosse comme un malade, mais en m’éclatant.

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Pendant l'interview...

Je reviens sur ton amour de la transmission. Tu fais ça aux Voix du Sud à Astaffort, mais pas uniquement.

Pour mes ateliers d’écriture, il m’arrive d’aller même dans les prisons, d’enseigner aux cabossés de la vie, aux jeunes, aux handicapés... Ça me permet de sortir du sentier balisé du métier. J’avais envie de ressentir une émotion super forte dans la transmission. C’est une autre façon de se sentir vivant. Etre intervenant maintient en vie ma sensibilité. Je ne veux pas qu’elle soit abîmée.

Habiter Biarritz, c’est important pour toi ?

Dans ma vie privée, j’ai la chance d’avoir une femme incroyable et d’habiter dans un endroit qui est primordial pour pouvoir vivre comme je le veux et le mieux possible. Mon sud-ouest et l’océan sont des éléments vitaux dans ma vie. Je ne peux pas ma passer de l’océan. Que j’aille bien ou pas, j’en ai besoin.

Tu as la vie rêvée ?

Oui, je le crois. Je me suis donné les moyens d’être le plus libre possible. Je n’ai jamais eu le projet de vivre vieux, maintenant que ça avance, je commence à l’avoir. Je suis heureux et je sais qu’aujourd’hui, c’est un luxe.

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Le 25 avril 2017, après l'interview. 

01 juin 2017

Camille : interview pour Ouï

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(Photo : Patrick Messina)

Camille a passé beaucoup de temps en cellule ces derniers mois. La cellule I, située entre le grand cloître et le jardin des senteurs, au cœur caché de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon (un ancien monastère du XIVe siècle, reconverti en centre culturel et résidence d’artistes). C’est là que Camille a conçu Ouï, son cinquième album studio, en apparence simple, essentiel, primitif, basé sur le rythme, le chant et la conséquence naturelle de leur rencontre, la danse.

J’ai interviewé Camille pour Le  magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois d’avril et mai 2017). Et comme j'aime me l'a jouer un peu. Il s'agissait là de la toute première interview pour cet album. Et ouï!

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Teaser de l'album.

Clip de "Fontaine de lait".

31 mai 2017

Pic d'Or 2017 : explications, bilan et photos!

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Chaque année depuis 6 ans, j’écris ma note sur le Pic d’Or. Je répète tout le temps que c’est l’un des tremplins de chanson française les plus exigeants et qualitatifs en France (en 30 ans de métier, j’en ai écumé). J’ajoute aujourd’hui que c’est l’un des plus modernes aussi. 

Quelques jours avant le début du tremplin, Corinne Labat, présidente du Pic d'Or (entourée de Marie Christine Huin, Jackie Duflots, Céline Roulet Boisseau-Deschouart, adjoint Culture et Musées, Marie Cruzel et Corinne Daunay) présente à la presse l'édition 2017.

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18556804_1662114400484271_7673438571011552678_o.jpgJe suis membre du jury et je vois passer sous mes yeux de formidables artistes, dont beaucoup pourraient devenir ceux qui compteront dans les années à venir. Radio Elvis, Pic d’Or 2014 et vainqueurs aux Victoires de la Musique 2017 dans la catégorie "Album Révélation" et Caruso, Pic d’argent 2016 qui vient de signer chez Barclay et qui écrit des chansons pour de nombreux artistes comme Louane (le nouveau single, « On était beau », c’est lui) en prennent le chemin. Mais bien d’autres artistes passés par le Pic d’Or ont largement le niveau pour en faire autant. Après, on  peut contester les choix des jurés, un tremplin ne sera jamais totalement juste et sera toujours sujet à controverse. C’est le jeu ma bonne dame. Mais personne ne pourra contester l’intégrité de tous, de l’organisation au jury. Un seul but : choisir avec le cœur et en notre âme et conscience. Cette année, le cru était exceptionnel :

WolzovitchTom BirdPas vu pas pris (les régionaux de l’étape) –  OuestLouis Arlette ManteMartin LuminetFor The Hackers, FTH – NinettaFafapunkCécile Hercule RyadhMaxime Manot’- Marjolaine Piémont  –  Dani Terreur.

Comme  les cinq années précédentes (voir là et ).

Pas de compte rendu stricto sensu (mais de nombreuses photos légendées).

Pas de faux suspens non plus, voici les lauréats de cette édition :

Pic d’or : For The Hackers.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Pic d’argent : Dani Terreur.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Prix d’interprétation : Ninetta.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Prix du public : Fafapunk.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Prix du texte et Prix Charles Cros de la création: Wolzovitch.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Prix de la musique : Louis Arlette.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Prix de la revue FrancoFans : Mante.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Je le dis et le redis, ce n'est pas parce que les autres artistes n'ont pas été primés qu'ils ont moins de talent. Parce qu'ils en sont pétris et qu'aucun n'a démérité. Franchement même souvent bluffants...

Les voici  : 

Cécile Hercule:

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Tom Bird  

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Pas Vu Pas Pris, groupe de Tarbes:

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

 Ouest :

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Marjolaine Piémont :

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

 Maxime Manot' :

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Martin Luminet :

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(Photo : Cedrick Nöt)

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L'Arthur

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Corps Météore :

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Ryadh:

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Marengaux

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21 Juin le duo

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Dans un tremplin, pour "juger" (quel vilain mot!) les artistes, il faut un jury. De professionnels. 

Qui sont-ils?

Arnold Turboust (auteur-compositeur- interprète), Marie Aumoine (festival Chantons sous les pins), Patrice Demailly (journaliste pour Libération et RFI), Olivier Bas (Directeur de la création au Studio des Variétés, membre du CA de Voix du Sud à Astaffort, de l’équipe des Chantiers des Francofolies de La Rochelle), Thierry Lecamp (radios RMC, Nostalgie et Europe 1, documentariste, management d’artistes…), Caroline Guaine (Mégaphone Tour), Alain Navarro (directeur artistique de Pause Guitare ), Dominique Janin (scène « Talents » du festival  Grain de Sel de Castelsarrasin), Stéphanie Berrebi (Magazine FrancoFans), Jean-Marc Vaudagne (Académie Charles Cros) et moi ( télévisions, radios, écriture … blog Les chroniques de Mandor ).

Que font-ils?

Ils assistent aux auditions:

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(Photo : Cedrick Nöt)

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Alain Navarro (Pause Guitare)

(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Puis, ils délibèrent : 

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Patrice Demailly (RFI, Libération)

(Photo : Cedrick Nöt)

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Olivier Bas (Studio des Variétés)

(Photo : Cedrick Nöt)

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Arnold Turboust (auteur-compositeur-interprète)

(Photo : Cedrick Nöt)

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Olivier Bas et moi.

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Thierry Lecamp (au premier plan), Dominique Janin et Alain Navarro.

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Alain et Annie Navarro.

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Patrice Demailly, Arnold Turboust et Olivier Bas. 

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Pendant les délibérations, les artistes restent dans les coulisses...

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Marjolaine Piémont et Dani Terreur.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Ninetta et deux Wolzovitch.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Steeve, l'animateur de HPy Hour et Martin Luminet.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Ninetta et Marjolaine Piémont.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Premier plan : deux Wolzovitch. Second plan: Ninetta et Florence Cortes (la super nounou). Au fond: Louis Arlette et Romain Lefrançois.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Cécile Hercule.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Ninetta.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Mante.

(Photo : Cedrick Nöt)

...ou patientent devant le Théâtre des Nouveautés.

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Fafapunk accompagné de Tomislav Matosin et Erwan Arzel.

(Photo : Cedrick Nöt)

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For The Hackers, Mante et quelques autres artistes.

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Wolovitch et Ryadh.

(Photo : Cedrick Nöt)

Et puis, vient le moment des résultats. 

Pour la demie finale : 

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Arnold Turboust, président du jury annonce ceux qui franchissent la première étape. Derrière, Jean-Marc Vaudagne (Académie Charles Cros) et Caroline Guaine (Mégaphone Tour).

(Photo : Cedrick Nöt)

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Arnold Turboust et Alain Navarro (Pause Guitare).

(Photo : Cedrick Nöt)

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Avec Dominique Janin, Olivier Bas et Arnold Turboust.

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Marie Aumoine (Chantons sous les pins), bibi, Arnold Turboust, Dominique Janin (découvertes à Grain de Sel) et Olivier Bas (Studio des Variétés).

(Photo : Cedrick Nöt)

Pause : avant de passer à l'annonce des lauréats 2017 du Pic d'Or qui se tient le samedi soir, pour les membres du jury, c'est une journée off. L'organisation du tremplin propose traditionnellement aux membres du jury une petite virée en montagne pour un déjeuner disons... copieux. Il paraîtrait que certains jurés, de très bons professionnels, seraient aussi de bons vivants (il paraîtrait). Chaque année, je vous propose quelques clichés de ses agapes qui font partie intégrante de ce tremplin. Direction chez Loulou, col des Palomières à Gerde:

plaque-millesim-pf2017.jpgVoici ce qu'en dit Le Petit Futée 2017

Quelles que soient les générations, l'ambiance et la formule restent les mêmes Chez Loulou, à savoir un copieux festin servi dans la bonne humeur. L'intérieur de ce refuge des chasseurs est habillé de rondins, rideaux et nappes rouges à petit carreaux. Les jours de grand beau temps, demandez à manger en terrasse, sous une tente de verdure et à proximité du barbecue qui distille l'odeur de merveilleuses grillades. A midi, pas de carte surchargée... il n'y en a pas ! Videz-vous la tête et laissez-vous guider par le chef, il connaît son affaire : soupière de garbure, charcuteries, choix entre 2 viandes, fromage à volonté, dessert tout juste sorti du four, vin... la cruche de café et l'armagnac sont en sus à 1 € ! Et le soir, toute l'année, gigue de cerf, salmi de palombe, poulet à l'écrevisse, cassolette de poisson... C'est copieux, c'est bon, le cadre est champêtre, l'accueil est décontracté, les prix sont doux, que demander de plus ! Attention la carte bancaire n'est pas acceptée !

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Avant le festin... ambiance au beau fixe.

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Le fameux Loulou, un personnage haut en couleur. 

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La garbure est arrivée... 

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"Miam!" déclara officiellement Olivier Bas.

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The charcuterie!

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Mais que viennent faire des écrevisses ici?

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Marie Aumoine, Jean--Marc Vaudagne, Dominique Janin, Alain Navarro... avant d'attaquer.

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Patrice Demailly pleure d'émotion devant tant de bonne chère. Thierry Lecamp tente de trouver les mots pour le consoler. (Par contre, je ne sais pas qui veut se faire resservir.)

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MC Navarro. Disons... prévoyant. 

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Délibération d'après repas. On a eu du mal à départager le meilleur plat. 

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Bibi, Stéphanie Berrebi (FrancoFans) et Patrice Demailly (RFI, Libération).

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La photo officielle des membres du jury. 

Retour à la finale... avec les résultats, le samedi 20 mai au soir. 

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Eric Bentahar et les membres du jury.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Deux président(e)s réunis: du jury (Arnold Turboust) et du Pic d'Or (Corinne Labat).

(Photo : Cedrick Nöt)

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Les mêmes, avec le maire de Tarbes, Gérard Trémège.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Stéphanie Berrebi annonce le Prix FrancoFans qui est décerné à Mante (pas de photos de la remise).

(Photo : Cedrick Nöt)

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Jean-Marc Vaudagne décerne le Prix Charles Cros de la création à...

(Photo : Cedrick Nöt)

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...Wolzovitch.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Caroline Guaine et Dominique Janin remettent le prix d'interprétation à...

(Photo : Cedrick Nöt)

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...Ninetta.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Annie et Alain Navarro remettent le prix de la musique à...

(Photo : Cedrick Nöt)

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...Louis Arlette.

(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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Thierry Lecamp et moi remettons le prix du texte à...

(Photo : Cedrick Nöt)

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...Wolzovitch.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Le maire de Tarbes, Gérard Trémège, et la présidente du Pic d'Or remettent le prix du public à...

(Photo : Cedrick Nöt)

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...Fafapunk.

(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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Marie Aumoine et Olivier Bas remettent le Pic d'argent à...

(Photo : Cedrick Nöt)

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...Dani Terreur.

(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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Enfin, le Pic d'Or est décerné à... (roulement de tambour)

(Photo : Cedrick Nöt)

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...For The Hackers.

(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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Quelques lauréats.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Les artistes et les bénévoles... 

(Photo : Cedrick Nöt)

Je ne terminerai pas ce compte-rendu sur le Pic d'Or 2017, sans rappeler la présence du Pic d'Argent 2016, Caruso, qui est venu chanter durant les délibérations du jury le vendredi 19 mai.

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(Photo : Cedrick Nöt)

Sur scène...

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...et à la fin de la soirée. 

(Photo : Cedrick Nöt)

La lauréate du Pic d'Or 2016, Barbara Weldens, est venue chanter lors des délibérations de la finale, le samedi soir.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Voilà, c'est fini...

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Le maire de Tarbes, Gérard Trémège. (Notez la présence de Florent Dasque, de Boulevard des Airs, de dos).

(Photo : Cedrick Nöt)

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L'ami JB Bullet et Axel Legrout, chanteur des For The Hackers.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Maxim Manot (au fond) avec Corinne Labat. Au premier plan, Thierry Cadet (Melody TV, Horscène). 

(Photo : Cedrick Nöt)

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Arnold Turboust et Olivier Bas.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Axel Legrout, chanteur des For The Hackers.

(Photo : Cedrick Nöt)

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Stéphanie Berrebi et Thierry Cadet. 

(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Bonus : Quelques photos de "l'after" par Manuel Tondon.

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Thierry Cadet et Baptiste Braman (Roockie).

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Dominique Janin, Anne Navarro, Eric Kieser et Alain Navarro.

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Louis Arlette et Hervé Lauzanne...

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Dani Terreur et ses musiciens.

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Les mêmes... avec JB Bullet.

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Steeve de HP Hour, Marie Cruzel et Patrice Demailly.

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21 juin le duo, Florence Cortes et Corinne Labat.

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L'équipe de HP Hour, Marie Cruzel et Eric Kieser.

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21 juin le duo, Ninetta et Laurent Wolovitch.

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The end.

30 mai 2017

Martin Luminet : interview pour son EP En attendant d'aimer

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martin luminet,en attendant d'aimer,interviewJ’ai vu pour la première fois Martin Luminet il y a quelques mois dans un bar de Tarbes, Le Celtic, dans le cadre du Mégaphone Tour (j’en ai fait une mandorisation là). J’ai très vite apprécié ses chansons. Chansons d’amour désillusionnées à l’extrême, ironiques, tendres et drôles. Un savant mélange extrêmement rare. Il relie « plusieurs chansons » explique-t-il, « qui évoquent un peu la même période, celle où l’on tarde à tomber amoureux soit parce qu’on ne l’a jamais été, soit parce qu’on l’a été très fort et que l’on piétine à l’idée à s’y abandonner de nouveau. »

Chansons cinématographiques aussi, pour des raisons qu’il explique plus bas dans l’interview.

Bien sûr, quand on le voit seul sur scène avec son piano, on est saisi par l’influence de Vincent Delerm. Mais quand on écoute son EP, En attendant d’aimer (que vous pouvez écouter ), l’influence est beaucoup moins évidente. Personnellement, j’entends aussi du Arnaud Fleurent-Didier et du Alain Souchon, ce qui est un sacré compliment. Bref, Martin Luminet va très vite prendre son envol, dès qu’il aura décidé d’imposer sa propre personnalité et son propre style à la face du monde.

J’oubliais… cet as de la mélodie est éminemment sympathique et séduisant. Bref, fortement énervant.

Biographie quasi-officielle :martin luminet,en attendant d'aimer,interview

Martin Luminet a le même âge que les garçons de 1989.

Opposé à l’idée de devoir réussir dans la vie plutôt que de réussir sa vie, il quitte ses études de Sciences Politiques et se présente aux auditions du Conservatoire National de Lyon et de l’École Nationale de Musique et d’Arts Dramatiques de Villeurbanne où il sera admis en 2011. Il éprouve un grand intérêt à décloisonner les arts, les sortir de leur étui pour leur faire embrasser un inconnu et voir la réaction. Au cours de son apprentissage, il perfectionne son goût pour la mise en scène et crée en 2012 avec Joris Fistolet le projet Sur Les Mains, véritable film musical de poche entre chanson et spectacle (« un bijou de poésie, d’humour et de tendresse, un moment essentiel » France Inter / « élu parmi les meilleurs groupes lyonnais en 2015 » Madmoizelle). Passionné depuis toujours par les films sur grand écran, il fera cette fois-martin luminet,en attendant d'aimer,interviewci s’entrelacer le Cinéma et la Chanson afin que l’on puisse danser sur des films et fredonner des chansons du bout des yeux. Son premier EP, En attendant d’aimer, nous indique déjà la direction que va prendre Martin Luminet.

On retrouve dans ses chansons de doux paradoxes et l’entêtante idée de pouvoir vivre avec des incohérences, des faiblesses, des aveux d’impuissance et des regrets paisibles. Dans ses chansons on a le droit d’être maladroit, de souffrir de jolies choses, d’être heureux de travers, d’aimer quelqu’un de loin, de faire des chansons tristes qui rendent heureux, bref, on a le droit d’être pas droit. Martin Luminet cherche juste à démontrer qu’il est possible de pleurer en dansant.

En attendant d’aimer représente la période la plus confuse d’une vie, où l’on alterne entre le prodigieux et le dégradant, on fait du mal à se faire du bien, on abîme les entourages, on abandonne l'idée du courage. Jusqu’à ce que quelqu’un voit en nous ce qu’on n’est plus du tout et nous remette le cœur à l’ouvrage.

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Le 4 avril 2017.

martin luminet,en attendant d'aimer,interviewInterview :

Quels sont les albums qui t’ont marqué dans ta jeunesse ?

Nous avions deux, trois CD dans la voiture. L’album de Souchon, C’est déjà ça, Voulzy, Rockcollection et un disque de Céline Dion. On s’écoutait ça tout le temps pendant les vacances. J’étais petit donc j’ai été imprégné par ces trois disques.

Je te reconnais plus en Souchon.

Moi aussi. C’est d’ailleurs grâce à ce disque 1000 fois écouté que je me suis senti proche de lui. Par contre, ceux qui m’ont donné envie d’écrire, ce sont plus des artistes que j’ai eu la sensation de trouver tout seul comme Alex Beaupain, Thomas Fersen ou Benjamin Biolay. J’avais l’impression de les dénicher. 

Ta famille épouse-t-elle ta passion pour la chanson ?

Pas vraiment. Mon grand-père est chocolatier. Il est la figure centrale de la famille. J’étais le premier petit-fils, donc l’héritier naturel, on m’a demandé de reprendre l’affaire. C’est un métier de passion, mais je n’ai pas cette passion-là. J’ai choisi un autre métier de passion.

Ton histoire d’amour avec la musique a-t-elle commencé au lycée ?

Oui, pendant l’année du bac. J’étais avec des amis qui faisaient de la musique l’après-midi et comme je me faisais chier l’après-midi, pour assister à leurs répétitions, je leur ai fait croire que je faisais de la musique aussi. J’ai commencé à leur écrire des chansons. De leurs côtés, mes parents attendaient quelque chose de moi qui avaient l’air super bien sur le papier, mais sans me demander mon avis à la base. C’était donc ma petite rébellion à moi. Jusqu’à 20 ans, je ne me suis jamais demandé ce que j’allais faire de ma vie. Je n’avais pas une urgence absolue à me bouger le cul pour éviter de finir sous un pont. Il n’y avait pas de danger dans ma vie, mais c’est un peu dangereux de vivre loin du danger parce que du coup, on n’a aucune urgence sur rien.

Ton premier projet musical s’appelait « Sur les mains ».

C’est un duo piano-voix qui continue à exister d’ailleurs. Je fais ça avec mon meilleur ami, Joris Fistolet. On a donc laissé notre groupe de musique du lycée quand il a fallu se professionnaliser. C’est un spectacle nostalgique avec un peu de vidéos et des photos, tourné vers l’histoire de nos grands-parents.

"Pardonnez-moi" en piano-voix.

Pourquoi as-tu décidé de lancer aussi un projet solo ? martin luminet,en attendant d'aimer,interview

Pendant un an, je me suis mis à écrire des chansons tout seul. La maman d’un copain m’avait prêté son piano parce qu’elle ne savait pas quoi en faire. J’ai mis le piano dans le salon et j’ai commencé à pianoter. Ça m’a donné de l’inspiration, mais mes nouvelles chansons étaient trop personnelles, trop intimes, je n’osais pas les faire écouter à Joris. J’ai fini par avoir 20 chansons et je trouvais dommage de ne rien en faire. Des amis m’ont poussé à me lancer seul.

Tu as décidé de faire un EP. Sage décision ?

Oui sage. C’est le parcours habituel des gens qui font de la chanson. J’ai pris mes chansons comme une entité globale. J’ai écrit ça comme un scénario avec des chansons qui racontent les étapes importantes dans la vie de deux personnes. J’avais dix chansons qui pouvaient faire un album. Avant de le dévoiler, j’ai considéré que c’était bien de reprendre un petit échantillon et d’en faire un EP qui montrerait ce que j’ai envie de faire après.

L’EP est donc la bande annonce de l’album à venir ?

Ce disque-là est un film sonore, alors pourquoi ne pas l’envisager ainsi et assumer le côté cinématographique ? On a poussé l’idée plus loin. Notre démarche est de dévoiler les chansons, dévoiler mon univers et un jour, si on le peut, présenter une vraie histoire d’amour sur grand écran.

Le fil rouge, c’est l’amour. L’amour qui ne rime pas avec toujours.

Quand on parle d’amour, on parle toujours de ce qui va mal. L’amour, c’est l’aventure humaine que tout le monde peut vivre. Je me suis interrogé sur ce qu’il y a comme recours à l’amour boiteux.

"Boite d'ennui" (audio).

Il y a beaucoup d’ironie…

Ca fait passer les choses. En même temps, mes chansons permettent de dédramatiser les amours qui ne marchent pas. L’amour n’est pas une tragédie. Les vraies tragédies, on en voit partout tous les jours dans le monde.

Tes chansons expriment aussi le droit à vivre en étant incohérent, le droit d’être maladroit, faible. C’est un peu  toi ?

Un proche m’a dit : s’accepter soi est un acte ignoble. C’est dur d’accepter ce qu’on a de pas bien en nous et de se dire qu’on ne peut pas être autrement. Soit je convertis mes faiblesses en force, soit je me considère comme un bon à rien incompétent. Une fois que tu digères ça, tu prends tes points faibles et tu en fais des armes pour te sauver. Mes chansons c’est ça.

C’est attendrissant un homme lucide, qui dit les choses, qui se révèle tel qu’il est.

Pour moi l’exercice est d’être ultra sincère et de ne pas trop romancer. Il n’y a rien de fictif dans ce que je raconte, mais je souligne le trait.

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Pendant l'interview...

Ton EP est pop avec pas mal de synthés, contrairement à quand tu es sur scène où tu es en piano-voix. N’as-tu pas peur de désarçonner ?

Ce sont mes deux penchants. Parfois on aime les soirées au coin du feu, parfois, on aime bien s’éclater à danser toute la nuit. Comme mes chansons sont nées en piano voix, j’avais besoin pour cette première année d’existence de les restituer nues sans artifices, sans prothèses, sans armures autour et voir ce qu’elles valaient ainsi. Quand les choses vulnérables vont se renforcer, je pourrai venir sur scène avec des musiciens.

Faire des chansons, c’est quoi ?

C’est hyper dérisoire. Je ne comprends pas pourquoi on a ce besoin vital d’écrire des chansons pour aller mieux et faire du bien sur scène. Au bout d’un moment, je me dis que si je veux faire du bien aux gens, je prends mon sac et je vais aider vraiment ceux qui sont dans le besoin. Mais non, quand même, j’ai l’impression qu’avec des chansons ont peut prendre soin des gens.

Et la scène ?

Il n’y a que ça de vrai. Je ne veux pas tricher, je veux y arriver par le public, c’est la seule vérité de ce métier. J’ai envie de rencontres.

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Après l'interview le 14 février 2017, à l'agence.

20 avril 2017

Loïc Nottet : interview pour Selfocracy

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The Voice, l’Eurovision, Danse avec les stars… Le jeune artiste belge Loïc Nottet a déjà une belle carrière télévisuelle derrière lui, à seulement 21 ans. Avec Selfocracy, il nous présente un album à cœur ouvert mélangeant pop et électro. Il se frotte aux grands noms de la pop internationale, avec des titres aux productions massives. Un recueil de tubes pourtant conçu comme un film musical, avec une part personnelle prépondérante. Preuve qu’en danse comme en chanson, le jeune Belge aime à jouer sur l’équilibre. Je l’ai rencontré le 14 mars dernier dans sa maison de disque pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d’avril 2017). Un jeune homme sympa, timide, lucide… et sachant parfaitement ce qu’il veut (ou ne veut pas).

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Clip de "Million Eyes".

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Après l'interview, le 14 mars 2017, chez Sony.

04 avril 2017

Julie Zenatti : interview pour son projet Méditeranéennes

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Je ne suis pas hyper fan des chanteuses à voix, mais il y en a une que j’apprécie : Julie Zenatti.  Je ne sais pas pourquoi, son grain me touche. De plus, la jeune femme est discrète et simple, cela ajoute à mon intérêt pour elle. Et puis, il faut bien le dire aussi, elle fut l’une des premières mandorisées. En 2007, je l’avais interviewé pour son album La boite de Mandor… non, pardon, La boite de Pandore. Deux ans plus tard, nous nous sommes revus pour évoquer sa participation au jury de l’émission X Factor. En 2010, nouvelle mandorisation pour la sortie de Plus de diva et enfin, une quatrième chronique pour évoquer son disque très personnel, Blanc.

Pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois d’avril 2017), j’ai interviewé de nouveau la jeune femme pour un projet qui ne porte même pas son nom, Méditerranéennes.

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Clip de "Zina" en duo avec Chimène Badi.

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Julie Zenatti et Samira Brahmia : "Et si en plus y'a personne", live à RTL

24 mars 2017

Fred Alera : interview pour son premier EP

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(Photo : Olivier Ducruix)

Jusqu’ici, le guitariste-bassiste-chanteur Fred Alera a toujours fait du rock (dans toutes les variations que peut proposer ce style musical) et a toujours chanté en anglais. C’est dire s’il y avait peu de chance qu’il se retrouve un jour sur ce blog. Mais il y a deux ans, il décide de franchir un autre cap. Il écrit des chansons dans sa propre langue sur des musiques plus pop. En découle un EP éponyme diablement efficace. Dès que j’ai découvert ce travail, j’ai appelé illico Fred Alera pour lui proposer une mandorisation. J’ai du mal à comprendre qu’il n’y ait pas d’articles, de focus sur cet EP (que vous pouvez découvrir là en intégralité) réalisé par Damny Baluteau, sorte de petit génie de la réalisation et de l’arrangement. Les chansons de Fred Alera, fines et sensibles te caressent l’âme et  réchauffent le cœur. Et quand  même, putain de voix !

J’espère pour lui que mes confrères auront la curiosité de s’intéresser à cet artiste au parcours pas banal et au talent certain. Le 24 janvier dernier, Fred Alera est donc passé à l’agence pour une première mandorisation.

fred alera,ep,billy the kill,interview,mandorBiographie officielle :

Auteur-compositeur-interprète multi-instrumentiste issu de la scène indé française depuis le début des années 2000, c'est avec des groupes punk-rock/noise hardcore (Second Rate, Billy Gaz Station, Napoleon Solo, Billy The Kill en solo...) que Fred Alera arpente le circuit Do It Yourself avec ce qu'il faut de de passion, de ténacité, et l'intégrité que requièrent les difficultés de la discipline. Tournées, disques, studios, collaborations, rien n'arrête ce hobo des temps modernes pour qui le rock est une réalité non fantasmée, celle qui rime avec mode de vie au quotidien.  Avec son nouveau répertoire en français, Fred est rapidement repéré sur internet par le réalisateur et arrangeur Damny Baluteau (La Phaze, Pungle Lions...). C'est dans cette collaboration fructueuse au Pliz Studio qu'il s'épanouit, en autonomie, à travers une production singulière et racée. Des arrangements crépusculaires conduisant au cœur des nuits urbaines, taillés à la mesure du songwriting pop et ombreux de Fred Alera.  Un blues à lui qui se prononce désormais BLEU.

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fred alera,ep,billy the kill,interview,mandorInterview :

Tu as commencé ta vie de musicien au début des années 2000 dans le punk rock et le rock’n’roll.

Je suis un pur produit de ma génération. J’ai eu des grandes sœurs qui m’ont fait découvrir très tôt des disques des années 70-80, que ce soit du classic rock ou du punk rock. A l’apparition de Nirvana, j’avais 13 ans  et l’impression que ce que chantait Kurt Cobain s’adressait à moi et à ma génération. Du coup, ça a décomplexé pas mal de choses parce que c’était une musique qui se faisait simplement, rapidement… quelques accords, de belles chansons. C’était des groupes qui mettaient un coup de pied dans la fourmilière. On était loin du rock progressif ou du rock technique.

Dans tes différents groupes, vous chantiez des textes revendicatifs ?

Pas forcément, non, mais j’écoutais des groupes revendicatifs comme les Clash. En France, à l’époque, nous étions plus séduits par la forme. Le fond des textes et les messages délivrés n’étaient pas trop notre problème. En tout cas, personnellement, à 14 ans, personnellement, j’étais loin de ses préoccupations là.

Second Rate : Live de "Must be a reason" et de "Full of devil" à La Pêche (Montreuil) le 03 mai 2014.

Tu étais un peu rebelle ?

Oui, on va dire ça. Ça se mesurait avec un look, une attitude face à la masse. On essayait de sortir du lot pour avoir notre propre identité. On avait le désir d’être à part.

Un jour, tu as décidé de te lancer en solo, en créant Billy The Kill. Tu en avais marre de la vie de groupe ?

J’ai fait Billy The Kill en parallèle de mes autres groupes. Je composais pas mal de chansons sur ma petite guitare en bois, du coup, je me suis mis à enregistrer des disques tout seul, à faire de la scène tout seul. Il y a avait derrière ça peut-être un truc égotique, mais j’estimais qu’il était dommage que  les chansons que je créais ne soient pas jouées. Je suis du genre à me dire : « N’attends pas que les gens viennent te chercher, va les chercher toi-même. »

Billy The Kill: "Please let me be" en audio.

Alerte !Tout le dernier album de Billy The Kill, An open bookwith spelling mistakes est écoutable ici.

Ce n’est pas pour rien si tu fais partie du circuit DIY( Do it yourself ).fred alera,ep,billy the kill,interview,mandor

C’est un mouvement américain qui se tient loin des majors, loin des grosses maisons de disque. « Fais toi-même ce que tu as à faire » est un peu le credo de ce mouvement. Moi, par exemple, à 14 ans, j’ai fait un fanzine pour parler des groupes que j’aimais bien. Je prenais le taureau par les cornes pour partager ma passion.

Que t’ont appris ces années-là ?

L’autonomie, la débrouillardise, la confiance en soi et penser par soi-même. C’était une belle aventure humaine à base d’échanges, de coups de main, de solidarité. Nous avions aussi une posture un peu politique et sociologique, avec de gros guillemets.  On était anti vedettariat, anti tout ce qu’on nous bassinait à la radio. Bon, je suis revenu aujourd’hui sur pleins d’idées préconçues que j’avais.  

Peut-on dire que le rocker est un peu fatigué et donc qu’il tourne la page pour se consacrer à la chanson française?

J’ai toujours beaucoup d’amour pour le punk rock, mais artistiquement, dans le fond, je trouvais que ce genre n’était plus mon meilleur vecteur d’expression. J’avais besoin d’une nouvelle façon de m’exprimer. Déjà avec Billy The Kill, je commençais ma mutation. C’était du song writing sur du blues, des ballades.

fred alera,ep,billy the kill,interview,mandorTu chantais en anglais, dans ton nouvel EP, tu chantes en français…

Chanter en français a été une manière de m’exprimer plus précisément et de réunir la forme avec le fond. Au bout d’un moment, quand je chantais en anglais, je me suis senti dans la peau d’un imposteur.

Tu as donc commencé à mettre de nouvelles chansons en langue français sur Youtube.

J’ai sauté le pas en n’en attendant rien de précis. Damny Baluteau, qui connaissait mes travaux d’avant,  tombe sur certaines vidéos. Il apprécie, on se rencontre et on décide qu’il devienne le réalisateur de mon EP. Il a aimé le côté un peu anglo-saxon de la musique avec les textes en français.

Qu’est-ce que cela t’apporté de travailler avec lui ?

D’abord, je voulais avoir une production vraiment différente de ce que je faisais avec Billy The Kill. Habituellement, je faisais tout moi-même, là, je suis arrivé, il a proposé des arrangements un peu plus synthétique avec plus de relief.

Il est bon de se laisser un peu diriger ?

En tout cas, je voulais tenter l’expérience. A la force d’avoir trop le contrôle de sa musique, j’ai l’impression que l’on se répète, que l’on dit la même chose. J’avais vraiment envie de tester d’autres choses, de travailler avec d’autres gens.

Tes chansons racontent des histoires d’un trentenaire désabusé, non ?fred alera,ep,billy the kill,interview,mandor

C’est vrai que je suis trentenaire bien entamé et que je suis un peu désabusé, mais je raconte surtout des choses qui traversent la vie de beaucoup d’individus, les difficultés de l’existence. Parfois, je pars d’un texte et je ne sais pas où il me mène. Après, rétrospectivement,  je pourrai y trouver du sens. Je réfléchis à la sonorité des mots, comment ils sonnent fluides dans ma tête. J’aime quand mes textes paraissent assez vagues, très naturels. J’essaie de trouver quelques « punchlines », des phrases qui me font de l’effet et dont j’espère qu’elles toucheront les gens.

Chaque personne peut trouver du sens à tes chansons, c’est très fort !

Merci, c’est un compliment, car je déteste imposer les choses. L’appropriation d’une chanson par ceux qui l’écoute est ce qu’il y a de plus important. J’aime qu’il y ait autant de liberté donné à moi qu’à l’auditeur.

Tu chantes de la même façon en anglais qu’en français ?

Je suis moins démonstratif en français, je n’ai rien à compenser et je suis un peu plus dans les graves. Et on chante mieux parce que, quand on a la mélodie dans la tête, avec par exemple, tels nombres de pied, on a pas de mal à la remplir. C’est beaucoup plus fluide.

Estimes-tu faire de la chanson française ?

J’aime à dire que ce que je fais aujourd’hui est du song writing pop. Pour moi, la base, c’est le song writing, que ce soit interprété par un groupe de punk rock sur une minute quinze ou par William Sheller dans une œuvre de six minutes. J’aime l’art de faire de bonnes chansons avec de bonnes mélodies.

"J'ai menti" en live le 2 mars 2017 au Pop-up du label.

Ta voix à quelque chose de proche de celle de Pascal Obispo, même si tu as ta propre et superbe identité vocale.

Pour moi, ce n’est pas du tout une insulte. J’aime bien sa voix, il utilise beaucoup les aigus à la Polnareff. Il est souvent démonstratif, mais il peut être très suave. C’est d’ailleurs son côté suave que je préfère. Mais quand on me dit que sa voix est proche de la mienne, je reste tout de même septique.

Je crois qu’un de tes groupes français préférés est Les Innocents.

Ils ont des productions hypra anglo-saxonnes. C’est hyper pop. Je conseille à tous les fans d’Elliot Smith, tous les gens qui aiment la pop élégante, d’écouter l’album Post-Partum. Ça n’a rien à envier aux américains ou aux anglais. Si j’atteins ce niveau un jour, je pourrai dormir tranquille.

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Pendant l'interview le 24 janvier 2017.

10 mars 2017

Albin de la Simone : interview pour L'un de nous

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(Photo : Frank Loriou, mandorisé )

« Albin de la Simone a creusé son sillon de manière aussi modeste que profonde. Parmi la grande famille de la chanson française, c'est lui le plus doux », indique le dossier de presse.  La fragilité de son timbre l'a immédiatement conduit à un registre intimiste : il en a fait sa force aujourd'hui. Quand Albin chante, c'est comme s'il vous parlait au creux de l'oreille.

L’un de nous fait suite à Un Homme, qui avait connu un accueil critique unanime. C’est peut-être son disque le plus grave, le plus sérieux et le plus mélancolique. C’est en tout cas ainsi que je l’ai ressenti. Ce 5ème album confirme ce que le précèdent avait commencé à montrer : Albin de la Simone est un artiste incontournable de la Chanson Française.

Je le connais un peu, juste par le biais de différentes interviews, et, lui comme moi, aimons nous rencontrer à chaque nouvel album. Le 23 février dernier, nous nous sommes donné rendez-vous dans un café à côté de sa maison de disque. Un délicieux moment.

15822890_10158096133215201_7463495530205142409_n.jpgBiographie officielle (très écourtée) :

Le précédent album d'Albin de la Simone s'appelait Un homme. Le nouveau aurait pu s'appeler Une femme tant il en est question. Il aurait aussi pu s'appeler Un piano, puisque c'est le trait d'union entre les titres : ils ont tous été enregistrés selon la formule piano-voix en deux jours, pour être par la suite généreusement étoffés. Il s'appelle finalement L'un de nous.

Si tous les morceaux sont nés autour d’un seul piano, ils se gardent bien de représenter le point de vue d'un seul homme mais plutôt celles d'une multitude de personnages qu'incarne tour à tour le chanteur : l'incorruptible ("À midi on m’a dit"), le résigné ("Embrasse ma femme"), le lucide ("Ma barbe pousse") mais aussi l'optimiste ("La fleur de l’âge"), le sensible ("Une femme"), le peintre face à son miroir ("L'ado")  et le disciple de l'absurde  ("L'un de nous"). La légèreté des arrangements cachent une mélancolie profondément ancrée au creux du personnage. Qui est toujours contrebalancée par un grain de folie qui donnent aux chansons d'Albin de la Simone toute leur saveur.

Les chansons de L'un de nous ont en commun d'exprimer un rapport au temps. Le couple est également unalbindelasimone_FrankLoriou2016-30.jpg sujet qui l'inspire. A l'auditeur de deviner quelles sont les chansons les plus autobiographiques : il n'en dira pas plus.  

On reconnaît encore ici le timbre sensuel d'Emiliana Torrini. Maëva Le Berre et Anne Gouverneur, les complices d'Albin à la scène, l'ont accompagné au violoncelle et au violon. François Lasserre est venu poser des accords de guitare, Sarah Murcia de la contrebasse. Des instruments inattendus se sont invités à la table : la harpe de Milamarina, la scie musicale de Mara Carlyle et les casseroles de Jacques Tellitocci. Raphael Chassin a eu carte blanche au niveau des batteries. Sabina Sciubba, la chanteuse du groupe américain Brazilian Girls donne la réplique à Albin sur « À quoi ». En conclusion de L’un de nous, la voix de Vanessa Paradis – qui répondait déjà à celle d’Albin en 2008 sur « Adrienne » - invite « L’ado » à sortir de sa solitude.

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(Photo : Frank Loriou)

albindelasimone_FrankLoriou2016-164.jpgInterview :

Tu viens d’obtenir les 4 T de Télérama. C’est encourageant d’être reconnu par les professionnels ?

C’est super agréable. Je suis très content que l’on parle de moi et qu’il y ait ma photo dans Télérama. Ça me fait plaisir et ça fait plaisir à ma maman. En dehors du côté narcissique, qui est évidemment présent, ce genre d’article sympa amène plus de gens à mon travail. D’une manière pragmatique, c’est le véhicule de mes chansons. Il y a trois positions : soit la presse est contre ton travail, soit elle s’en fout, soit elle est pour. C’est plus agréable d’être dans cette dernière catégorie. Si je fais des disques et que personne n’en parle, je l’ai dans l’os. Je lis des choses très douces à mon sujet et ça rend acceptable le contre.

Il y a du contre ? Je n’en ai pas beaucoup vu ou lu.

Aujourd’hui, j’ai lu un article dans le Nouvel Obs qui est globalement pour, mais qui dit trois, quatre trucs assez chargés, un peu contre, mais ça ne me dérange pas du tout. Parce que c’est mon 5e album, j’arrive à être plus détaché par rapport à ce que l’on peut dire sur moi. Les gens aiment plus ce que je fais aujourd’hui que ce que je faisais il y a 15 ans, du coup, ça me détend. Je suis beaucoup moins inquiet.

Après ton précédent album, Un homme, que j’avais trouvé sublime, je me suis demandé si tu allais pouvoir faire mieux la fois suivante. Tu y es parvenu.

Moi aussi je me suis demandé si je pouvais faire mieux parce qu’il avait été dit beaucoup de bien de ce disque. Avec L’un de nous, c’est la première fois que je faisais un disque en étant encore en accord avec le précédent. Les autres, je les faisais un peu contre le disque d’avant. Là, je n’étais plus en réaction, donc j’ai cherché à « attraper » Un homme pour écrire ce nouvel album.

C’est vrai, tu as raison. Je me souviens par exemple que Bungalow, par exemple, était complètement opposé du précédent, Je vais changer.

Oui et d’ailleurs, Un homme a été une réaction à Bungalow.

Mais de réaction en réaction, du coup, tu es tombé sur la bonne réaction ?

Oui. Avec Un homme, j’ai trouvé le langage et la place qui me convenaient. En gros, je suis le même mec que la dernière fois que nous nous sommes vus, mais qui a vécu de nouvelles choses, donc qui parlent d’autres choses. Je suis désormais moins préoccupé par la masculinité, par le poids de ma responsabilité de nouveau papa. Aujourd’hui, je pense plus au couple. J’évolue, mais ma place est la même ? Je suis juste plus serein.

Clip de "Le grand amour", tiré de l'album L'un de nous.

Est-ce qu’un homme serein fait des chansons sereines ?

C’est à toi de me le dire.

D’après ce que j’ai écouté dans ton disque, pas forcément. Il y a de la rupture, des doutes…

Oui, mais aborder les choses, voir les problèmes et les accepter comme tels permet d’y faire face et permet d’être heureux. Je suis d’un tempérament psychanalytique. Je ne fais plus de psychanalyse, mais j’en ai fait. J’ai plutôt tendance à me dire que la vie n’est possible que lorsque l’on en reconnait les embuches. En parler est la première étape pour pouvoir y faire face. Si mes chansons parlent de ça, c’est parce que je ne me voile pas la face sur ce que c’est de vieillir, ce que c’est que la difficulté de faire durer l’amour. Pour moi, il faut être lucide pour pouvoir avancer et il faut faire des chansons lucides pour être honnête.

Quand tu vis des choses pas très agréables dans ta vie, tu te dis qu’au moins, ça fera une belle chanson ?

Non, pas du tout. Tu sais, je n’ai pas vécu la moitié de ce que raconte.

Oui, mais beaucoup de tes chansons racontent des évènements qui te sont personnels.

Je ne suis jamais sûr de pouvoir réussir une chanson sur une thématique. Je ne décide jamais des thèmes sur lesquels je vais écrire. Par exemple, un jour j’ai trouvé cette phrase que j’aime bien : ma barbe pousse. Ça veut dire quoi ma barbe pousse ? C’est le temps qui passe, je change aussi, et ça veut dire « tu ne reviendras pas ». Je confronte le changement et le temps à  l’amour. Elle ne reviendra pas parce qu’il a changé. Dans le refrain de cette chanson « Ma barbe pousse », finalement, il dit « ça va ». Et dans le refrain suivant, il dit « ça va aller » et on comprend que ça ne va pas tant que ça en fait. De fil en aiguille, j’avance et je me rends compte de quoi parle ma chanson. Je te le répète, je ne définis jamais un thème à l’avance.

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(Photo : Frank Loriou)

Cette faculté qu’ont les gens, j’en fais partie, de penser que des artistes comme toi racontent leurs propres histoires, c’est agaçant ?

Pas du tout. Je sais que je joue avec le feu. Je n’ai qu’à dire « sa barbe pousse ». Que cela parle de moi ou de mes préoccupations personnelles n’a aucun intérêt. Je peux avoir vécu certaines histoires que je raconte, sans que ce soit mon quotidien. Je me sers aussi de ce que je vois dans la vie des autres, dans des films… Une chanson comme « Les chiens sans langue », on peut ne pas comprendre que je parle d’un couple qui a perdu un enfant. Mais j’ai fait exprès d’écrire une chanson un peu énigmatique sur ce sujet. Je ne connais personne à qui c’est arrivé, mais je me suis inspiré du film « La chambre du fils » de Nanni Moretti que je n’ai pas vu, mais dont je connais le thème. Tu l’as compris, j’ai des images d’un film que je n’ai pas vu, des histoires que j’ai entendues, de très grandes peurs par rapport à mon propre enfant.

Est-ce qu’il faut savoir précisément de quoi parle une chanson ? Parce que maintenant, au regard de ce que tu viens de me dire, j’écouterai « Les chiens sans langue » différemment.  

Je ne sais pas justement. Sur mon deuxième disque, Je vais changer, j’ai écrit une chanson sur la pédophilie qui s’appelait « Notre homme ». C’est une chanson qui est forte, mais elle est trop dure. Il y a des gens qui m’ont dit avoir beaucoup souffert d’écouter cette chanson. Tout le monde n’a pas envie de faire face à ça. Un film de Nanni Moretti, tu décides d’aller le voir, on ne te le met pas au milieu d’un album, sans prévenir, entre deux chansons plus légères. Je ne veux plus que les gens prennent une chanson qui leur fasse comme un coup de poing dans la gueule parce qu’ils n’ont rien demandé. Du coup, je fais attention de ne pas faire souffrir les gens et je ne veux pas les prendre au piège. Je laisse désormais des portes de sorties à mes chansons graves.

Dans « Les chiens sans langue », moi, j’avais juste compris que c’était un couple qui avait complètement déraillé. Tu as mis de la poésie sur la souffrance la plus dure qu’un être humain puisse endurer.

Ceux qui ont vécu la tragédie que je raconte comprendront peut-être…

Parlons musique. Tu as enregistré tes chansons en piano-voix, ensuite toutes les musiques ont été intégrées sur elles au fur et à mesure.

On enregistre toujours un noyau, un squelette au piano ou à la guitare et après on étoffe. On fait toujours comme ça, sauf qu’après on refait toutes les voix. Là, j’ai décidé de ne rien toucher. J’ai enregistré sans aucune contrainte avec les arrangements. Ce sont les arrangements qui ont été contraints par la voix. J’ai découvert ça en travaillant avec Vanessa Paradis et avec Christophe Miossec. On a fait le costume autour du corps plutôt que d’essayer de faire rentrer le corps dans le costume.

Audio : 6 extraits de l'album L'un de nous en 1'36''.

Quel rapport entretiens-tu avec ta voix ?

J’ai un rapport compliqué avec ma voix, mais ça va de mieux en mieux. Je ne suis pas le chanteur que j’aimerais être. Je m’estime un chanteur correct et j’ai une voix qui ne ressemble à aucune autre, il parait que c’est déjà une chance. Par contre, j’ai un problème avec les effets non nécessaires.

D’où, ta série de concerts sans micro.

Si on est dans une pièce avec 100 personnes et que les murs ne sont pas trop loin, y a-t-il vraiment besoin d’un micro pour que l’on me comprenne, que l’on m’entende et que ce soit joli ? J’ai décidé, quand c’est possible, de chanter sans micro le plus souvent. Je vois que les gens apprécient beaucoup ça. On a joué dans des salles de 700 places avec mes musiciens et il n’y a eu aucun problème. Les oreilles s’ouvrent comme les yeux dans le noir.

Le public doit être discipliné, non ?

Quand un prof ne parle pas fort, s’il est intéressant, tout le monde l’écoute. Ce n’est donc pas une question de discipline, mais d’intérêt. Quand le public tape dans les mains, il entend plus la musique, donc finalement, ça créé un rapport ou tout son devient musique. On peut faire chanter le public, on se retrouve dans un rapport acoustique complètement juste et complètement équitable. Quand je demandais au public de faire les chœurs  ou des sifflements, comme je le faisais lors de la tournée précédente, c’était parfaitement musical et dissocié. Tous, dans la même pièce, nous faisions de la musique ensemble. Tout devient simple, naturel,  normal… c’est l’inverse qui n’est pas normal. On est tellement bombardé par la lumière et le gros son, que j’ai misé sur la simplicité.

Je suis le premier à t’interviewer pour ce disque, mais cette période de promo qui t’attends, tu l’apprécies à l’avance ?

J’aime bien parler, mais ce qui m’enrichit le plus, c’est d’entendre les analyses des uns et des autres sur mon travail, de découvrir des trucs sur moi, sur mon disque. J’aime bien mais évidemment, ça dépend aussi avec qui. On ne sait jamais comment le travail que l’on fait est compris. Il est possible qu’au 95e appel d’un journaliste de la presse régionale qui n’aura pas écouté mon disque, mais à qui on aura dit que je viens jouer le lendemain dans sa région et qu’il faut me poser des questions, je ne sois pas dans le même état d’esprit.

Clip de "Mes épaules", tiré de l'album Ton homme.

Dans ton précédent album, il y a une chanson qui est sorti du lot et qui a touché beaucoup de monde, c’est « Mes épaules ». Quand on écrit une chanson comme celle-ci, on a envie de parvenir et en faire une autre aussi importante ?

A mon échelle, « Mes épaules » est le tube de ma carrière. Les gens m’ont dit que cette chanson leur racontait des choses très intimes et très fortes. Est-ce qu’à un autre moment, je parviendrai à écrire une chanson aussi forte ? On ne sait jamais une telle chose. On ne peut pas, ni ne doit s’habituer à ce que notre « œuvre » fasse de l’effet, mais quand tu sais qu’une chanson a beaucoup marqué, à chaque fois, ça te fait plaisir.

La musique est un art…

Pas mineur du tout. Je ne suis pas du tout d’accord avec cette notion-là. Je suis un artiste totalement. Peut-être pas majeur, mais je fais un art qui est digne de cette appellation.

Tu fais le plus beau métier du monde ?

Oui, je pense En tout cas, il faudrait que je sois bien con pour que je ne me rende pas compte que j’ai une vie qui me plait. Ma vie est super compliquée pour plein de trucs, mais je fais un métier qui me demande beaucoup, mais qui me satisfait tellement. Le plaisir que j’ai est à la hauteur de mon investissement. Mon père est décédé en 2009, il n’a donc pas vu l’essentiel de mon travail. Entre 2009 et aujourd’hui, il s’est passé beaucoup de choses, je regrette qu’il n’ait pas eu le temps d’assister à ça. Je pense qu’il serait content de ce que je suis devenu et de ce que je fais.

Tu es ami avec Sophie Calle. Son travail d'artiste consiste à faire de sa vie, et notamment des moments les plus intimes, une œuvre.… Elle t’a permis d’utiliser une de ses photos pour la couverture de ton disque. Elle qui ne cache strictement rien de sa vie, est-ce que ça change ta perception du dévoilement dans la chanson ?

Je ne me suis pas posé la question de savoir si ça a modifié mon rapport à l’autobiographie. Je ne crois pas, parce qu’entièrement se dévoiler demande un certain tempérament. Etre Sophie Calle, c’est être Sophie Calle. Elle est ultra authentique, magnifique et sincère. Elle m’a tellement touché par cette manière de travailler sur elle. Moi, je suis beaucoup moins autobiographe. Ma matière est plus maquillée…

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Le 23 février 2017, après l'interview.

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09 mars 2017

Les Tit' Nassels : interview pour En plein coeur

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(Photo: Ji Fotoloft).

Cela fait bientôt 20 ans que Les Tit' Nassels livrent leur univers teinté de tendresse, d’humour et de profondeur. En plein cœur qui a nécessité deux ans d’écriture est leur 9ème album  (studio et live confondus). Il ne ressemble pas aux précédents, même s’il reste dans le même esprit. Il est plus rock, les guitares électriques, les claviers se font plus entendre. Il est peut-être un peu plus sombre au niveau des textes mais ils restent optimistes. "Bien ancrés dans leur époque, ils manient la poésie du quotidien comme celle des grandes cassures sociales". Les Tit' Nassels, dans cette droite ligne de la chanson française qui sait se faire pop, ont donc encore de belles heures devant eux. Le 23 janvier dernier, j’ai rejoint Sophie et Axl dans leur loge du Divan du Monde, salle de spectacle dans laquelle ils se produisaient le soir même.

tit's nassels,en plein coeur,interview,mandorArgumentaire officiel de l’album :

Voilà maintenant plus de quinze ans et une tonne de concerts qu'Axl et Sophie offrent au public leurs chansons naviguant entre humour acerbe, mélancolie et commentaire social percutant. En 2014, ils devenaient fous (Soyons fous !) et se payaient le luxe de transformer le duo en quatuor. Ils s'allouaient alors les services de Romain Garcia à la basse et David Granier à la batterie. Une riche idée au service de leur disque le plus abouti jusque-là. En 2016, fini la folie, c'est en plein cœur qu'ils veulent toucher. Et, à quatre de nouveau. Dans En plein cœur,  ils parviennent à capter l'air du temps et à raconter avec douceur cette époque morose où la nostalgie de temps plus apaisés se heurte à un avenir incertain. D'une demande en mariage bizarre ("Ta main") à un rejet des fanatismes religieux ("J'ai tout oublié") en passant par des histoires d'amour qui tournent mal ("Quitte-moi", "T'aurais pu prévenir"...), l'ambiance n'est peut-être pas à la fête ("Je vois"), mais l'espoir n'est jamais loin ("Bonhomme"). Un disque qui prouve, si c'était encore à faire, que les Tit' Nassels savent toujours nous toucher en plein cœur.

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(Photo : Ji Fotoloft)

tit's nassels,en plein coeur,interview,mandorInterview :

Vous vous êtes rencontrés au lycée. Racontez-moi comment vous avez décidé de créer ce duo qui dure.

Sophie : Axl jouait déjà dans un groupe de rock et, contrairement à moi, il savait déjà qu’il passerait sa vie à faire de la musique. Dans les soirées étudiantes, il prenait la guitare et nous chantions ensemble. Constatant que j’aimais bien chanter, un jour, il m’a demandé de venir avec lui dans des scènes ouvertes. J’aimais bien faire la deuxième voix.

Tu n’aimais pas trop te mettre en avant. Par timidité ?

Sophie : Oui, un peu. Mais au départ, je faisais ça pour lui rendre service. Petit à petit, on s’est pris au jeu et nous ne nous sommes plus arrêtés.

Quand avez-vous compris que la musique allait devenir une affaire sérieuse dans votre vie ?

Sophie : C'est venu naturellement. En 1997, on a fait toute les scènes ouvertes du Théâtre de poche à Saint-Etienne. Un jour, le directeur du théâtre nous a dit qu’il voulait nous programmer de manière officielle. Il a suggéré que nous trouvions un nom. On a décidé de s’appeler les Tit’s Nassels, on ne sait même plus pourquoi. On a dû trouver cela dans une soirée arrosée (rires).

Vous chantiez quoi à cette époque ?

Sophie : Des reprises de chansons françaises comme celles de Mano Solo et de Kent et aussi du Beatles, du Simon & Garfunkel. On aimait bien reprendre des mélodistes. Mon plaisir était d’harmoniser.

Un jour, vous décidez d’enregistrer un premier disque. Non, pardon, une première cassette.

Sophie : Oui, de manière très artisanale. Nous les vendions à la fin des concerts. On a dû en écouler une centaine.

Il vous en reste des exemplaires ?

Sophie : Axl en a une. Il garde tout, c’est dingue !

Ensuite, tout s’est enchaîné rapidement ?

Sophie : Notre premier album a été enregistré dans un garage et il était autoproduit. Axl avait réussi à en mettre quelques-uns à la Fnac de Lyon. Il y avait Fabien Salzi qui était vendeur à la Fnac de Lyon, mais qui avait aussi un label. Non seulement, il a aimé notre album, mais il a pu également constater qu’il partait bien, du coup, il nous a proposé de signer dans son label, Délivrance.

Vous avez beaucoup joué dans les bars. C’est l’école de la musique la plus formatrice ?

Sophie : Complètement. Il fallait savoir captiver l’attention de personnes qui n’étaient pas là pour nous. Il y avait des gens bien « bierrisés » qui criait « fais chanter la fille ! », « A poil ! »… bref, c’est effectivement très formateur de jouer dans ces conditions. Après, on peut se produire n’importe où.

"En plein cœur", tiré de l'album En plein cœur.

Cela fait plus de  20 ans que vous jouez ensemble, il n’y a pas, parfois, un peu de lassitude ?tit's nassels,en plein coeur,interview,mandor

Axl : Ça peut arriver quand on fait plein de concerts successifs, mais là, c’est plus de la fatigue que de la lassitude. Non, vraiment, on ne se lasse pas l’un de l’autre. On a la chance de faire un métier qu’on aime, on s’amuse, on rencontre plein de gens, on fait des chansons… on n’a surtout pas envie que cela s’arrête.

Textuellement et musicalement, sentez-vous que vous progressez d’album en album ?

Axl : Lorsque l’on écoute la première cassette, on comprend que la progression est réelle (rires). Sans dénigrer ce que l’on faisait on début, on sent qu’il y a de l’amélioration à tous les niveaux : l’écriture, le chant et la façon de jouer de la musique. De plus, il faut savoir se renouveler.

Ce renouvellement passe par deux musiciens supplémentaires ?

Sophie : Oui, ça permet beaucoup plus d’arrangements.

Axl : Ça donne une dynamique différente dans notre musique. Et puis, ça nous permet de nous lâcher plus sur scène. On a moins de technique à gérer et c’est très agréable.

Votre public est très fidèle. Vous n’avez pas eu peur de le décevoir en changeant de formule ?

Axl : Même si on y a pensé, ça reste nos deux voix et nos chansons. Et puis, ça fait au moins 10 ans que nous sommes plus que deux sur nos albums. Jamais personne ne nous a dit : « on préfère le duo ! ». Nous sommes toujours un duo aux yeux du public.

Version acoustique de "Contre toi", chanson tirée de l'album En plein cœur.

tit's nassels,en plein coeur,interview,mandorJ’aime beaucoup votre sens de la mélodie.

Sophie : Je peux commenter parce que c’est Axl qui compose. Ce qui m’impressionne chez lui, ce sont ses mélodies et son sens des arrangements.

Axl : Je dois tout à Daniel Balavoine.

C’est ironique ?

Sophie : Non, Axl adore Balavoine.

Axl : L’album Les aventures de Simon et Gunther est un bijou. Les arrangements sont superbes.

On ne vous entend pas beaucoup à la radio, du coup, votre popularité n’est pas à la hauteur de celle que vous méritez. Ça vous fait quoi ?

Sophie : On aimerait bien que le public accède plus facilement à nos chansons, mais nous ne sommes absolument pas dans la frustration.

Axl : Si on avait plus de notoriété, cela nous permettrait de faire plus de scènes et de nous ouvrir plus de portes. Nous aimerions avoir des moyens plus conséquents pour continuer à faire de la scène dans des conditions encore meilleures. Bien sûr, on ne refuserait pas une reconnaissance plus importante par rapport au travail que nous faisons depuis plus de 20 ans. Mais tout va bien. Le réseau alternatif dans lequel nous sommes nous permet de faire ce métier honorablement.

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Dans toutes vos chansons, il y a du drôle et du moins drôle. tit's nassels,en plein coeur,interview,mandor

Sophie : Depuis le début, on écrit comme ça. Je me souviens qu’un jour une programmatrice nous avait dit : «  vous devez choisir, soit vous êtes drôles, soit vous ne l’êtes pas ! » Non, parce que dans la vie nous sommes comme ça et que nos chansons nous ressemblent.

Axl : Un album représente une période de vie. On vit des choses légères et d’autres qui le sont moins.

Est-ce que l’un veut épater l’autre ?

Sophie : Pas épater, mais j’aime bien quand Axl est content de mon travail.

Axl : Et vice versa. Avec Sophie, on voit le monde de la même manière, donc nous sommes presque toujours sur la même longueur d’onde.

Sophie : Par exemple, ça n’est jamais arrivé que je ne sois pas en totale adéquation avec un texte d’Axl.

Il faut se ressembler un peu pour qu’un duo dure longtemps ?

Sophie : Oui, je pense.

Axl : C’est important que nous ayons les mêmes idéologies pour chanter des textes réciproques ensemble.

Il y a des messages dans vos chansons, mais tellement poétiques qu’ils ne paraissent pas engagés.

Sophie : On n’aime pas la chanson engagée pure. Qui sommes-nous pour faire la morale ? On préfère dire les choses de manière poétiques et imagées.

Axl : J’aime la chanson engagée quand elle veut dire quelque chose. Brassens, Ferré, là oui, ça voulait dire quelque chose. Aujourd’hui, c’est facile de lever le poing et de dire « j’emmerde le Front National ! »  Ce n’est pas notre boulot, notre démarche, notre envie d’être premier degré dans les chansons qui racontent la société et le monde d’aujourd’hui.

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Pendant l'interview...

tit's nassels,en plein coeur,interview,mandorQuand on écrit et chante depuis 21 ans, est-ce qu’on n’a pas tout dit ?

Axl : On a peut-être tout dit, mais jamais sous le même angle.

Sophie : On ne se pose pas la question. Si nous nous la posions, ce serait peut-être mauvais signe.

Vous faites partie d’une scène parallèle qui n’a pas besoin des médias.

Sophie : C’est rassurant, mais c’est tout de même de plus en plus difficile pour cette scène-là.

Axl : Les gros artistes médiatisés prennent de plus en plus cher pour faire de la scène et participer aux festivals. Comme les maisons de disques ont un manque à gagner dans la vente des disques, du coup, ils récupèrent avec la scène. Il y a donc moins de place pour les autres groupes. Les festivals veulent de moins en moins prendre de risques.

Sophie : Les programmateurs savent qu’ils vont remplir leur festival avec les gros artistes, alors, ils prennent tous les mêmes et ne vont pas chercher plus loin. Comme ils sont moins subventionnés, on peut aussi les comprendre. Il faut bien que leurs festivals tournent.

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Après l'interview, le 23 janvier 2017.

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04 mars 2017

Gaëlle Pingault : interview pour Avant de quitter la rame

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(Photo : Rémon Deupardon)

Gaëlle Pingault est une nouvelliste que j’apprécie depuis longtemps, littérairement et humainement. Elle sort un nouveau recueil de nouvelles, Avant de quitter la rame aux éditions Quadrature. Je lui ai donné rendez-vous dans un bar parisien lors de son dernier passage dans la capitale (elle habite à Tinténiac, un village au nord de Rennes), le 21 janvier dernier, pour une deuxième mandorisation (la première est là !)

gaëlle pingault,avant de quitter la rame,quadrature,interview,nouvelles,mandor4e de couverture :

Il y a Alice, qui n’aime ni Paris, ni le métro, ni les petits encarts de poésie qui y sont affichés. Qui n’a guère d’autre choix que de faire avec, cependant. Alors elle râle. Pas toujours.

Il y a Nadya, qui souvent marche sur un fil, et qui boit ces quelques vers arrachés au métro comme si sa vie en dépendait. Elle en dépend peut-être. Allez savoir.

Et entre les chassés-croisés de Nadya et d’Alice, se glissent d’autres histoires avec un soupçon de poésie, et sans métro.

L’auteure :

Auteure, animatrice d’ateliers d’écriture, orthophoniste, Bretonne. Et réciproquement, ou l’inverse. Ça dépend du sens du vent. Celui que je préfère, moi, c’est le noroit qui claque.

Pas très sérieuse, enfin pas trop, parce que la vie est trop courte pour ça. Déjà 38 ans de passés, c’était bien, merci. Barman, vous m’en remettrez le double, s’il vous plaît ?

Un homme, une petite fille de moins en moins petite, la mer à moins de 50 kilomètres : triangle parfait, équilibre atteint.

Interview :gaëlle pingault,avant de quitter la rame,quadrature,interview,nouvelles,mandor

Avant de quitter la rame est ton quatrième livre. Tu commences à constituer une œuvre ?

Holà ! Comme tu y vas ! J’écris ce que j’ai envie d’écrire et je ne songe pas à ce genre de chose. Quand j’ai réalisé que celui-ci était  le quatrième, je me suis juste dit : « Oh ! Quand même ! » A chaque fois qu’il y en a un qui sort, j’ai l’impression que c’est un hasard ou un coup de chance. Bref, à chaque fois, c’est Noël !

Il me semble que ce nouveau recueil de nouvelles a comme fil rouge le mal être dans notre société ?

C’est rigolo parce que je l’ai imaginé au départ comme des nouvelles avec des fins positives. Il arrive des événements pas simples à mes personnages, mais ça se termine bien. Ce sont des héros de la vie quotidienne et j’ai l’impression de côtoyer beaucoup de personnes comme ça.

Ce recueil a une histoire un peu particulière.

Ca rejoint ma réponse précédente. Il y a les habitudes de la nouvelle à chute couperet, un peu noire. Comme je viens de le dire, j’avais envie depuis longtemps d’écrire un recueil à fins positives. Jusqu’à présent, je n’avais pas assez d’idées pour mener à bien ce souhait… pour tout te dire, j’ai toujours peur de faire « cucul la praline ». Quand, chez Quadrature, ils ont sorti la collection « Miniature », j’ai estimé que le calibrage qu’ils demandaient allait me permettre d’essayer de concrétiser mon envie.

Es-tu un des personnages ? Je te verrais bien en Alice, la jeune femme qui n’aime pas Paris…

Il y a un peu d’elle par le côté « la ville me rend terne ». Là, par exemple, je reviens à Paris pour le week-end, je me suis baladé avec ma sœur et j’ai vite ressenti le besoin de repartir chez moi, en rase cambrousse. Pour répondre à ta question, je me retrouve un peu dans tous mes personnages. C’est une question que je ne me pose pas trop, mais je crois que tu mets toujours de toi dans tes histoires. Inconsciemment ou parfois consciemment, sans savoir précisément à quel degré.

gaëlle pingault,avant de quitter la rame,quadrature,interview,nouvelles,mandorJ’aime beaucoup ton écriture, fine et délicate. J’ai dégusté ce recueil.

Quand je l’ai écrit, j’avais envie d’un espèce de petit bonbon, un truc qui ferait du bien et qui serait agréable. Je ne suis pas capable d’écrire le pays des bisounours, je maltraite un peu mes personnages de temps en temps, mais c’est pour qu’ils aillent mieux après.

Il y a deux personnages majeurs dans ton recueil, Alice et Nadia. Elles sont très attachantes.

Moi, je m’attache toujours à mes personnages en tout cas, même quand ils sont cons, méchants ou bêtes… note que je n’en ai pas dans ce livre-là. La façon dont j’écris à leur sujet doit faire en sorte qu’ils deviennent attachants aussi pour le lecteur.

La nouvelle « La nuit, je ne mens plus » m’a beaucoup touché. Ça m’a fait du bien de lire l’histoire d’une famille recomposée où tout se passe intelligemment. Mais la nouvelle dont on te parle plus, c’est « Tu dors petit homme ».

Ça parle de l’adoption. Je trouve qu’il y a une ambivalence dans l’adoption. Ce sont des enfants qui ont été abandonnés et en même temps, ils ont été très désirés par ceux qui les adoptent. Une mesure d’adoption est très longue et très compliquée. Un enfant adopté est toujours super attendu. Je trouve cette complexité-là très belle.

« Un ciel d’orage », j’adore aussi. Par l’amour, on arrive à ne plus avoir peur d’un truc qui fait peur…

La scène initiale est vraie. J’ai ce souvenir de maman venant me voir un soir dans ma chambre quand un orage a éclaté. Dans ses bras, elle me disait : « Regarde, c’est beau ! Ça se reflète sur la pelouse avec la pluie… » A partir de ce soir-là, je n’ai plus jamais eu peur de l’orage. J’ai brodé autour de ce souvenir.

Pour écrire tes histoires, tu te sers de la réalité vécu ou vu ?gaëlle pingault,avant de quitter la rame,quadrature,interview,nouvelles,mandor

Je suis une éponge. Je passe ma vie à regarder ce qu’il se passe autour de moi. J’emmagasine 2500 trucs par jour qui pourront ressortir un jour, ou pas, dans une nouvelle ou un roman.

Ça te fait du bien d’écrire ?

Oui. Par contre, je ne considère pas que l’écriture soit ma thérapie. C’est du boulot. Un boulot très agréable. Tu as raison, ça me fait du bien d’écrire, c’est tout. J’ai infiniment besoin de chose jolie autour de moi sinon je ne suis pas capable de vivre, l’écriture est peut-être ma part de joli, ma modeste contribution aux jolies choses.

Tu écris beaucoup ?

C’est éminemment variable en fonction du moment. Je peux écrire tous les jours ou je peux ne rien écrire pendant quatre mois.

Tu écris surtout des nouvelles. Tu ne t’estimes pas performante sur la longueur ?

Je suis obligée de te répondre que probablement si, puisque j’ai un roman qui va sortir au mois de septembre aux éditions du Jasmin, il s’intitulera, Il n’y a pas Internet au paradis. Mon pitch peut paraître sinistre, mais il semblerait que cela ne le soit pas. C’est l’histoire de la résilience d’une femme dont le mec s’est suicidé suite à un harcèlement au travail.

C’est sinistre.

Ha ha ha ! Il y a de l’humour, mais très grinçant.

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Après l'interview, le 21 janvier 2017 (Photo: Henri Calquier-Bresson).

03 mars 2017

Magyd Cherfi : interview pour l'album Catégorie Reine

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Pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de mars 2017), j’ai interviewé Magyd Cherfi. Ce n’était pas la première fois (voir là en 2007, ici en 2012 et encore là récemment en 2015 et pas tout seul).

Le 6 février dernier, je suis allé à sa rencontre dans une péniche restaurant, La Nouvelle Seine, qui fait aussi office de salle de spectacle. Voici la substantifique moelle de notre interview…

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Le premier clip tiré de l'album Catégorie Reine, "Ayo".

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Après l'interview, le 6 février 2017, sur la péniche La Nouvelle Seine.

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02 mars 2017

Mountain Men (avec Denis Barthe et Olivier Mathios): interview pour Black Market Flowers.

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mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandorDix-huit mois après l’intense Against The Wind qui marquait déjà une ouverture vers un versant plus électrique du duo, le chanteur-guitariste Mr Mat et l’harmoniciste australien Barefoot Iano, le duo impeccable de Mountain Men, reviennent (ma première mandorisation du duo est à lire ici). Mais magie des rencontres et des envies, ils se sont  associés à un autre duo, le bassiste, Olivier Mathios de The Hyènes et le batteur, Denis Barthe (ex-Noir Désir), lui aussi membre de The Hyènes. Un quartet qui s’est entouré d’autres pointures bordelaises comme Estelle Humeau (Eiffel), Hervé Toukour (The Very Big Small Orchestra) et Jean-Paul Roy (Noir Désir). Du beau monde pour un album marie émotion et riff parfois brutal. L’album Black Market Flowers compte treize morceaux dont deux en français. Une puissance décuplée, un blues profond. Impressionnant !

Le teaser de Black Market Flowers.

Le 18 janvier dernier, à la veille de leur concert mémorable au Café de la Danse, j’ai reçu à l’agence Mr Mat (Matthieu Guillou), Barefoot Iano (Ian Giddey), Olivier Mathios et Denis Barthe. Nous avons parlé de leur rencontre, de leur disque commun, des concerts et de l’industrie musicale actuelle. Aucune langue de bois à l’horizon…

Argumentaire de presse de l’album Black Market Flowers :mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandor

Depuis leur 1er album Spring Time Coming, sorti en 2009, Mountain Men poursuit sa route, pavée de rock, de folk et de blues. Aucune limite artistique ne s’impose à eux, seules l’émotion et l’énergie priment. Leurs influences qui vont du rock à la chanson, de Metallica à Brassens en passant par Bob Dylan ou Tom Waits, font de Mountain Men un groupe à part et singulier alliant émotion et sens aigu du spectacle. Black Market Flowers ouvre une nouvelle page pour le groupe, paradoxalement encore plus personnelle. Il y est question de tempêtes intérieures, d'amis disparus, de colère et d'amour, de rock et d’énergie, toutes ces émotions qui font de Black Market Flowers un pur condensé de vie et à l'image de leur musique : Brute, simple, belle et universelle.

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(Photo: Vincent Assié)

mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandorInterview :

Mr Mat et Barefoot Iano, comment s’est passée cette fusion  avec Denis et Olivier ?

Mr Mat : Nous cherchions un réalisateur qui pouvait réaliser notre disque sous une autre forme. On a donc fait une liste d’artistes avec lesquels nous aurions aimé bosser… dont Denis Barthe.

Denis Barthe : Nous avons été contactés par Mike, le producteur de Mountain Men. C’est un pote à moi, mais je n’avais jamais entendu parler de ce groupe. Je lui ai dit que je n’avais pas le temps, mais qu’il m’envoie quand même du son. Les titres reçus m’ont parlé immédiatement. Piqué par la curiosité, je suis allé voir sur Internet  et là, j’ai découvert deux mecs qui donnaient beaucoup sur scène, et donc qui recevaient beaucoup du public. Encore une fois, j’ai expliqué que je n’avais pas le  temps, mais que deux mecs punks qui faisaient du blues, ça m’intéressait beaucoup. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu ça. J’ai donc demandé à les rencontrer. MrMat est venu à la maison. Au bout d’un quart d’heure de conversation, j’avais l’impression de le connaître depuis des années. Nous étions sur la même longueur d’onde, aussi bien dans la vie que musicalement.

Et vous, Mr Mat et Barefoot Iano, pourquoi le choix de Denis Barthe ?

Mr Mat : Parce que l’on connaissait son travail pour d’autres groupes, comme les Têtes Raides et Les Suprêmes Dindes, par exemple… et aussi parce que, quand même, Noir Désir…

Denis Barthe : Je travaille aussi pour des petits groupes. Je fonctionne au coup de cœur. Que les gens soient connus ou pas, qu’il y ait une boite de pro ou pas, je m’en fous. Il faut que ça me plaise. C’est mon seul critère.

Et toi, Olivier Mathios, tu es arrivé comment ?

Olivier Mathios : Comme une fleur (rires). Je joue avec Denis dans The Hyènes depuis 10 ans. Il m’a fait part de sa nouvelle passion pour Mountain Men. J’écoute et comme il m’avait dit, je découvre que, vraiment, « ça déboite ». Denis me demande si je veux bien faire deux, trois basses. J’accepte avec plaisir. Dès que nous nous sommes serrés la main avec MrMat et Barefoot Iano, on a compris qu’il se passait un truc. Quand nous avons commencé à jouer ensemble, il y a eu une osmose totale, une parfaite alchimie. Au fur et à mesure que l’album avançait, je prenais conscience que ce que nous faisions était énorme.

Mr Mat : J’ai pris un plaisir incroyable à faire cet album. Rester tous les quatre en studio, à presque faire exprès de prendre notre temps parce qu’on était bien, c’est un souvenir inoubliable pour moi. Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à faire de la musique. Avant cet album, les sessions de studio étaient des moments douloureux pour moi. Là, on a travaillé énormément, on a fait de grosses journées, mais dans une superbe ambiance et dans un plaisir fou.

Clip de "Dog Eye" tiré de l'album Black Market Flowers.

Vous jouiez en live dans le studio ?

Denis Barthe : Oui. La prod, je l’assimile à de la cuisine. Je n’ai pas de recette. Le groupe m’amène des aliments. C’est posé sur la table et il y a des choses à faire avec. On n’est jamais sûr de rien. On ne sait pas si ça va être bon. Quand on trouve la recette miracle, quelle satisfaction ! Et pour cet album, on a souvent trouvé la recette miracle.

Olivier Mathios : On a joué de manière assez instinctive. C’est ça qui donne la fraîcheur de l’enregistrement.

Mr Mat : Avec Barefoot Iano, on a toujours joué de manière instinctive. L’album est très basé sur l’instinct et l’instant T.

Barefoot Iano : La seule attente que nous avions, c’est que Denis et Olivier apportent quelque chose à table. Puisqu’on parle cuisine, nous ne voulions pas « manger » la même chose que d’habitude. On ne savait pas où on allait, mais on était prêt à aller n’importe où pourvu que ça sonne et que ça nous amène ailleurs.

Barefoot Iano, comment tu as vécu l’arrivé de Denis et Olivier dans l’aventure Mountain Men ?

Barefoot Iano : J’étais très confiant. Comme d’habitude, je n’avais pas préparé mes parties d’harmonica. Mes préparations sont techniques. J’essaie d’être capable de faire ce que l’on me demande,  je bosse à fond et je tente d’intégrer au mieux mon instrument dans les compositions déjà enregistrées. Denis a manœuvré le bateau avec une délicatesse et une gentillesse qui m’ont beaucoup plu.

Clip de "Still in the race", tiré de l'album Black Market Flowers.

Mr Mat et Barefoot Iano, vous attendiez quoi de Denis et d’Olivier ?

Mr Mat : Travailler avec un réalisateur, c’est souhaiter ouvrir une porte et aller se balader dans des chemins auxquels nous n’aurions pas pensé. C’était aussi une manière de mettre nos ego au placard. Je suis toujours très intransigeant quand nous enregistrons un disque, ça peut être pénible pour l’autre. Là, je me suis un peu laisser conduire et ça fait un bien fou.

Denis, il  faut ressentir l’âme du groupe pour lequel tu travailles ?

Denis Barthe : Oui. Inévitablement, il faut se fondre, trouver sa place sans pour autant bousculer l’équilibre. Il faut rentrer dans la cuisine du duo, sans casser la vaisselle.

Ça s’est tellement bien passé entre vous, que l’aventure continue sur scène.

Denis Barthe : Ce n’était pas prévu du tout. A la fin des enregistrements en studio, nous nous sommes quittés, heureux du devoir accompli, mais point barre. Un jour, Mat m’appelle pour me demander si nous acceptions de jouer pour le Café de la Danse. Pour une date, c’était possible. Très rapidement, on s’est dit que nos calendriers étaient compatibles pour en faire un peu plus. Et la machine s’est mise en route, comme une évidence.

Olivier Mathios : Et pour être clair, et je vais placer l’ego là où il ne faut pas, il était hors questions qu’il y ait un autre batteur et autre bassiste que nous deux… d’autres auraient forcément souillés cette œuvre (rires).

Mr Mat : Pour nous, c’était trop évident qu’il fallait que ce soit eux qui nous accompagnent. On a fait 600 concerts à deux, notre public était donc un peu inquiet de ce qu’allait donner Mountain Men à quatre… et, visiblement, ils ont adoré. Parce qu’avec cette formule, nos chansons sont magnifiées et ont pris de l’ampleur.

Olivier Mathios : Le tout premier concert, c’était l’épreuve du feu. Nous étions dans le bar où Mr Mat et Barefoot Iano se sont rencontrés. Ça s’est super bien passé et nous avons eu la sensation d’avoir été accepté par la « famille ».

Le 19 janvier 2017, le lendemain de l'interview, Mountain Men au Café de la Danse. Un aperçu de l'énergie et l'ambiance de folie qu'ils transmettent. A voir absolument!

mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandorC’est jubilatoire pour vous deux de redécouvrir vos chansons habillées différemment ?

Mr Mat : Mais carrément. Nous ne repartons pas à zéro, mais nous repartons avec quelque chose de tout neuf. En 2015, je me suis rendu compte que j’étais nostalgique du tout début. Quand il y avait tout à faire, tout à prouver… on collait nos affiches nous-mêmes la nuit. En ce moment, j’ai l’impression de revivre tout ça.

Barrefoot Iano : Sauf qu’on ne colle plus nous-même les affiches. Moi, voilà l’image que j’ai de ce qu’il se passe. Au début, avec Mat, nous sommes rentrés dans un tunnel, bien éclairé, et là, nous sommes en train de sortir de l’autre côté et on voit un grand panneau qui indique : vous êtes en train de quitter la puberté. Il y a dans nos chansons, une vraie puissance qu’il n’y avait pas avant.

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(Photo : Vincent Assié).

Denis, rétrospectivement, tu ne te demandes pas comment l’existence de ce duo t’avait échappé ?

Denis Barthe : C’est surtout parce qu’ils n’ont presque jamais joué dans le grand sud-ouest. Il n’en reste pas moins que, depuis longtemps, je n’avais pas entendu un groupe qui joue de manière si artisanale. Avec eux, on a envie de mettre les mains dans la terre. Ce que fait Mountain Men est pensé, senti et paradoxalement, pas prémédité ni élaboré. Ça m’a beaucoup plu.

Olivier Mathios : Quand j’ai découvert ce duo, je me suis demandé d’où il sortait. J’ai trouvé leur musique mortelle. Je n’avais pas regardé leur vidéo sur internet, je les ai pris en studio direct. J’ai trouvé ça monstrueux. Je me suis demandé ce qu’étaient ces mecs qui nous fracassaient la gueule… à domicile, en plus.

(Rires général)

Mr Mat et Barefoot Iano, vous commenciez à vous lasser de cette vie musicale à deux ?

Mr Mat : L’envie première de faire un album comme Black Market Flowers, c’était justement pour éviter que cela arrive. Je déteste la routine dans tout ce que je fais. Quand une routine ou un certain confort s’installe, ça se délite. En 2015, on a fait à peu près 110 dates. Ça a été aussi une année très compliquée humainement au sein du groupe. Il y a eu des histoires intérieures et extérieures dont nous nous serions bien passés. Ça a été très difficile émotionnellement par rapport à nos vies respectives. Cette année compliquée est d’ailleurs ce que raconte notre disque. Pour exorciser beaucoup de choses, je voulais du neuf bien pimenté.

Barefoot Iano : Je ne peux rien ajouter de plus.

"Passe dans cette vallée", tiré de l'album Black Market Flowers, live filmé par France 3 Auvergne-Rhones-Alpes pour l'émission Le Backstage.

mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandorDepuis que je vous suis, je me demande pourquoi Mountain Men n’est pas plus populaire.

Mr Mat : J’essaie de ne plus me poser cette question, car elle m’a travaillé souvent. On a toujours eu que des retours dithyrambiques sur tous nos albums. Les gens, en sortant de nos concerts ne cessent de nous demander pourquoi on ne nous entend pas plus. J’avoue que cette situation m’a rendu aigri très longtemps. Je n’ai plus envie de me prendre la tête avec ça. Je me contente de suivre notre chemin en jouant la musique que l’on a envie de faire. On se considère comme des artisans et on essaie de faire vivre le spectacle vivant. On fait le plus possible avec nos petits moyens. Au moment, où on nous bassine depuis des mois avec les élections, il faut faire gaffe à la culture. Il n’y a aucun candidat qui n’a prononcé le mot culture. C’est symptomatique de notre époque.

Denis Barthe : Pourtant la culture rapporte en France plus que l’industrie automobile. On vit une époque où le business et les médias, sont plus fermés qu’avant. Il y a des portes qui sont dures à pousser. Ce qu’on entend venant d’une radio ou d’un programmateur, c’est : « Ça rentre pas dans ma grille de programme ». C’est stupide. Une grille des programmes est là pour être ouverte. Qu’est-ce qu’on risque à programmer un disque qui a plu ? Au mieux, qu’il plaise aussi aux auditeurs ou aux spectateurs, au pire, rien.

Mr Mat : Si on ne prend pas garde, dans dix ans, il ne restera plus que cinq gros festivals en France. Il y aura cinq artistes du moment, ceux qui vendent le plus de disques. Tout le reste sera mort.

Denis Barthe : On est dans un fonctionnement dinosauresque. Les maisons de disque, les organisateurs de festival… tout est dinosauresque. Les cachetons pour certains groupes sont indécents, on dirait qu’ils font du football. On aurait besoin d’un mouvement musical qui vienne balayer tout ça, qui ouvrent les fenêtres et qui vienne distiller du sang neuf.

Mr Mat : Denis, je ne sais pas ce que tu en penses, mais un groupe comme Noir Désir qui arriverait mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandormaintenant, il ne signerait pas.

Denis Barthe : Surtout avec la maquette qu’on a présenté à l’époque. Il n’y aurait pas non plus de Têtes Raides, d’Alain Bashung, de Stéphan Eicher, de Mano Negra, de Gainsbourg, de Ferré, de Brassens, de La Tordue. Tous ces artistes, y compris Noir Désir, étaient dans des maisons qui ont perdu des ronds avec leurs premiers disques.

Olivier Mathios : Il y avait la notion de carrière, mais elle n’existe plus aujourd’hui. Maintenant, tout le monde est jetable.

Mr Mat : En cinq ans la musique est devenue un produit de consommation comme un autre. Le téléchargement, le streaming n’ont pas aidé… C’est un vaste sujet.

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(Photo : Vincent Assié).

Denis Barthe : Les maisons de disques ont menti aux gens. On te permet de télécharger du MP3, qui est quand même une qualité de merde, du coup, la maison de disques n’a pas à fabriquer de supports physiques, c’est-à-dire de pochettes, de boitiers, il n’y a pas à payer de livreurs pour faire parvenir les disques, pas de personnel pour mettre en place dans les magasins. C’est tout bénéf’ pour les maisons de disque au détriment de la qualité. Aujourd’hui, les gens qui ont les moyens d’écouter de la musique dans de bonnes conditions, ce sont des gens qui ont des moyens financiers conséquents.

Mr Mat : Nous, malgré le fait que nous ayons vendu 50 000 albums et fait 600 concerts, pour gagner notre vie, nous sommes condamnés à tourner en permanence. Sur Deezer, je schématise, mais on est pas loin de la vérité, on est rémunéré 0, 00008 centimes par clic. Mountain Men est rémunéré par une unité de mesure qui n’existe pas. Je ne sais pas si tu te rends compte, mais, en gros, il faut que le morceau soit lu 10 000 fois pour que nous touchions 8 centimes. Et dans tout ça, nous ne sommes pas sûr d’avoir notre statut d’intermittent à la fin de l’année, ni que l’on puisse continuer à faire perdurer le groupe.

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Je ne comprends pas pourquoi les festivals de l’été ne font pas appel à vous.

Mr Mat : C’est très facilement explicable. Je n’ai rien contre les Insus par exemple, ni contre Renaud ou Vianney… ça parle aux gens. Le problème n’est pas là. Mais sur tous les gros festivals, on ne verra quasiment qu’eux. Ils sont payés des cachets astronomiques. Conséquence : les organisateurs n’ont plus rien à donner au groupe comme Mountain Men.

Denis Barthe : Je ne sais pas quel autre métier pourrait supporter cela. Admettons que demain, avec des imprimantes 3D, on puisse imprimer chez soi la baguette de pain. Vous vous imaginez que les boulangers vont accepter de vendre leur baguette 0, 00008 centimes. Quand allons-nous cesser de tout tirer vers le bas ? Il faut que les choses soient acceptables pour tout le monde.

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Pendant l'interview...

Vous pensez qu’un jour, les choses se rétabliront dans le bon sens ?

Mr Mat : Socialement, si ça ne change pas, ça va devenir violent.

Denis Barthe : Il ne faut pas combattre. Dans un combat, il n’y a jamais vraiment de gagnant. On risque de tout perdre face aux puissants de ce monde, les financiers en particulier Il vaut mieux créer quelque chose à côté, que ce soit en social, en politique, en musique, en ce que l’on veut… et faire en sorte que la chose qui te fait suer devienne une coquille vide. Il faut proposer un nouveau modèle qui concurrence en mieux la proposition des puissants.

Avant, les stars de la musique c’était, par exemple Noir Désir, aujourd’hui c’est Jul ou Black M… que s’est-il passé pour qu’on en arrive là ?

Mr Mat : Sans parler de ceux que tu cites, je ne sais même pas ce qu’ils font, je me rends compte en tout cas que depuis quelques années on maintient les gens dans la médiocrité, qu’elle soit musicale, intellectuelle ou politicienne. C’est devenu une unité de mesure.

Denis Barthe : Ça a commencé quand les directeurs artistiques des maisons de disques sont devenus des « chefs de produit ». Tout est dit dans cette appellation. On a introduit la notion de rentabilité à tout prix. Les financiers se sont emparés de la création. Plus généralement, aujourd’hui, on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire. Tous les jours on t’éteint une petite liberté.

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Le 18 janvier 2017, à l'agence, à l'agence. De gauche à droite, Denis Barthe, Olivier Mathios, Barefoot Iano et Mr Mat.  

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01 mars 2017

D.I.V.A : interview pour la sortie de D.I.V.A

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Pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de février 2017), je suis allé à la rencontre de deux chanteuses lyriques, Flore Philis et Marie Menand. Ces deux audacieuses artistes ont créé le projet D.I.V.A. L’idée est de faire découvrir l’Opéra à un large public en désacralisant ce genre musical… et en ajoutant une bonne dose de folie.

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Le clip de "Carmen".

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Après l'interview, chez Universal, le 18 janvier 2017. A gauche, Flore Philis, à droite, Marie Menand.