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07 avril 2012

Marc Dugain : interview pour "Avenue des Géants"

marc dugain,avenue des géants,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorInspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée entre le milieu des années 60 et la fin des années 70, Avenue des géants raconte le terrible destin de Edmund Kemper – ici appelé Al Kenner – tueur en série qui défraya la chronique aux États-Unis. Dans ce roman puissant et captivant, Marc Dugain (l'auteur notamment de La chambre des officiers et de La malédiction d'Egard) s’applique à décrire la figure du mal quand elle s’incarne dans un tueur en série. Il conjugue ici sa passion pour les États-Unis avec son intérêt toujours vif pour les personnages décalés, marginaux, voire fous, mais qui permettent de saisir l’humanité dans ses contradictions et ses excès. J’ai rencontré Marc Dugain, le 20 mars dernier, dans les locaux de sa maison d’édition, Gallimard. Voici pour commencer, l’interview publiée dans Le magazine des loisirs culturels Auchan daté du mois d’avril 2012.

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Voici un extrait du fameux entretien qu'a donné Ed Kemper à Stéphane Bourgoin, le spécialiste mondial des tueurs en série...


Entretien de Stéphane Bourgoin avec Edmund Kemper par Pasprod

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Bonus mandorien : ce que vous n'avez pas lu dans le magazine...

Avez-vous un petit attachement à Edmund Kemper, du coup ?

Non, on ne peut pas dire ça. Je n’ai même pas voulu le rencontrer pour laisser la part de fiction opérer. Cet homme a beaucoup de respect pour les gens qui le respecte. Les tueurs compulsifs sont des gens qui ont été bafoués. Lui, il a été bafoué par sa mère et ses sœurs et négligé par son père, du coup, il est très attaché aux gens qui lui montrent du respect. Il a une sorte de considération pour eux. Il n’imagine pas qu’il puisse les tuer, ce qui est déjà énorme pour lui. Dans sa tête, c’est ça le degré supérieur de la considération. Les épargner.

Il ment de temps en temps, mais on sent que ça lui coûte. Il est plutôt du genre à dire la vérité.

Dans ma vie, j’ai côtoyé, malheureusement de façon assez proche, de grands schizophrènes. Le fait de ne pas savoir mentir et même en être incapable est parfois un signe assez pathologique. L’homme est constitué pour s’adapter. Lui, il ne ment pas et en même temps, il ment de façon colossale. Par moment, il est impressionnant de vérité et à d’autres moments de son histoire, il est impressionnant de dissimulation. Cette dissimulation ne sert qu’à se protéger vis-à-vis de lui-même. Il a conscience en permanence de sa maladie, de son état de folie, de ce qui le ronge.

Pour une meilleure compréhension du personnage, vous êtes allé aux États-Unis pour voir les lieux où les événements se sont déroulés.

Oui, en particulier la maison de sa mère. Je suis resté 10 minutes et je suis parti tellement je ne supportais plus. Il y avait une telle puissance du lieu dans sa force évocatrice et destructrice. Cette maison dégage une angoisse extraordinaire. Je suis allé dans le bar qu’il fréquentait assidument, et aussi dans le campus. Il dégage une atmosphère de félicité. Les étudiants sont dans le jardin d’Éden. Il y en a 6 qui sont passés du jardin d’Éden à l’enfer en deux minutes. Il fallait que j’aille voir cela de près pour mieux retranscrire les ambiances et les atmosphères. J’ai passé tout le mois de juillet aux États-Unis pour traquer les lieux.

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Faut-il se mettre dans la tête du tueur pour décrire le mécanisme bien huilé ?

S’il y a une valeur ajoutée à mon livre, c’est qu’effectivement,  je me suis mis à sa place. J’ai fait des réglages qui font que ça restitue quelque chose qui est réel. Je vois bien là où il est atteint, qu’est-ce que ça a pu exacerber chez lui, comment il réagit, comment il se défend, comment il ne se défend pas et qu’est-ce que ça entraîne comme modification de sa perception, ensuite, je me suis lancé…

On ne lui connait pas trop de passion à Edmund Kemper, sauf peut-être la littérature.

Oui, il est devenu lecteur de livres pour aveugles. Il a 8 médailles de meilleur lecteur de livres pour aveugles. Si je l’avais rencontré, c’est une des questions que je lui aurais posées : a-t-il tiré une expérience de la littérature ? Je pense que fondamentalement ces esprits très entachés pathologiquement ne sont pas de grands passionnés de quoi que ce soit. C’est ce que j’essaie de retransmettre dans sa relation avec Wendy, sa visiteuse de prison, c’est l’extrême solitude dans laquelle il est tout le temps,  le non-attachement et le non-intérêt aux choses. Les autres deviennent vite un encombrement, c’est pour ça qu’il les dézingue sans scrupules, puisqu’ils n’existent plus.

Oui, il est persuadé qu’il leur rend service quand il tue les gens.

Il a l’idée que s’il avait tué sa mère dès le début, 9 personnes auraient eue la vie sauve. Dès le moment où il a tué sa mère, il n’a plus jamais eu de pulsion meurtrière. C’est tellement freudien comme approche…

En matière d’écriture, je crois savoir que vous n’aimez pas les règles, que vous n’hésitez pas à casser les conventions littéraires habituelles…

Il n’y a pas de règle générale dans l’écriture, chacun fait ce qu’il veut. Tout le monde sait que je suis très lié à Fred Vargas. Je ne dis pas qu’elle fait toujours le même livre, loin de là, mais c’est toujours la même structure et elle très à l’aise là-dedans. Moi, je suis bien quand je sais que mon prochain livre n’aura rien n’à voir avec le précédent. Que le succès soit là ou pas, je n’exploite jamais une veine.

marc dugain,avenue des géants,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorIl y a donc la notion de risque « littéraire ».

J’adore ça, sinon, ça ne sert à rien que j’écrive. C’est marrant de se lancer dans un sujet complètement neuf pour soi et de se l’approprier avec justement un regard neuf. Dès le moment ou la fiction est un réenchantement de la réalité, réenchantement tant négatif que positif, c’est bien d’aborder le sujet avec des yeux neufs et un regard distancié. Ce n’est pas un juge d’instruction qui va écrire les meilleures histoires judiciaires.

Vous dites que la vie, c’est de la fiction.

Oui, il faut remarquer que vous passez la moitié de votre vie dans les rêves et curieusement, ce sont ces rêves qui vous ramènent à une vraie réalité. Quand un psychanalyste vous fait raconter vos rêves, c’est parce que c’est à travers ses rêves qu’il va pouvoir venir vers le vrai vous et non pas à travers ce que vous allez lui dire quand vous êtes éveillé. Donc, il y a un rapport entre la fiction et la réalité qui est constant  et qui s’auto-nourrit. La fiction est un biais formidable pour ramener les gens à une certaine forme de réalité. Je n’ai pas dit à la vérité… une certaine forme de réalité.

Votre livre sort bientôt. Vivez-vous sa sortie comme celle des autres livres ?

Quand vous êtes sensibles à une critique, c’est qu’elle vous renvoie à vos propres doutes. Si vous aimez vraiment un livre et que vous y croyiez, dans le sens où vous avez été honnête en l’écrivant, que vous avez vraiment tout donné, il n’y a pas de raisons d’avoir une inquiétude particulière. J’ai eu tellement de plaisir à l’écrire que je ne redoute rien pour ce livre. Ce grand moment de plaisir d’écriture, personne ne peut me l’enlever. C’est 7 mois de ma vie à me lever le matin avec une pêche d’enfer parce que je suis en train d’écrire le livre que j’ai envie d’écrire, c’est énorme. Maintenant, je préférerais que les lecteurs le lisent et l’apprécient en nombre, c’est sûr. Mais je rappelle ce que disait Cioran : « J’ai connu tout type de désillusions dans mon existence, y compris le succès ».

D’autant qu’il ya de très mauvais livres qui ont du succès.

Exactement. Le tout, c’est de savoir ce que l’on fait, d’avoir envie de le faire, de prendre du plaisir à le faire et de s’y tenir.

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Avec Marc Dugain, le 20 mars 2012, chez Gallimard.

12 février 2012

Alain Mabanckou : interview pour "Le sanglot de l'homme noir"

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Le 23 janvier dernier, je suis allé à la rencontre d’Alain Mabanckou dans un restaurant des Halles. Il s’agissait pour moi de l’interviewer à propos de son nouvel essai : Le sanglot de l’homme noir pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan. L'homme est souriant, inspire la sympathie immédiate et la conversation sincère et profonde...

Voici la version de l’interview publiée. Elle est suivie de la version intégrale pour « Les chroniques de Mandor ».

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Pour ceux qui auraient l'outrecuidance de considérer qu'il faut une loupe pour lire l'intro, le revoici en version lisible. De rien!

(Le nouveau livre d’Alain Mabanckou est un essai polémique virulent sur la condition de l’homme noir en France. Après avoir étudié en France, l’auteur congolais a choisi d'enseigner la littérature francophone aux USA. Grâce à cette confluence des trois cultures, il sait que l'identité d'un homme ne tient ni à sa terre natale ni à son sang, mais résulte de son choix personnel. Rencontre avec Alain Mabouckou.)

Interview:

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Voici la  suite de cette conversation... et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Alain Mabanckou n'a pas la langue/plume dans sa poche.

Vous regrettez que l’homme de couleur qui, au lieu de s’occuper de son présent, s’égare dans les méandres d’un passé cerné sous l’angle de la légende, du mythe et surtout de la « nostalgie ».

Il y a ceux qui vont vous vendre l’Afrique ancienne. Ils vont dire : « A l’époque, c’était bien, il n’y avait pas les blancs. Tout était calme, à la rigueur, les enfants pouvaient jouer avec les lions, on pouvait promener le serpent. On vendra toujours une Afrique mythique, une Afrique mystique. Tout est faux. Nous avons connu des royaumes qui se faisaient la guerre, nous avons connu des empires, des conquêtes, l’esclavagisme fait par des noirs sur des autres noirs. Il y a des périodes belliqueuses dont on ne parle jamais. On veut fonder l’identité sur une Afrique mythique et je dis à mon enfant que ce n’est pas possible.

Vous dites aussi à Boris que la pire des intolérances est celle des êtres qui lui ressemblent, c'est à dire celle de ceux qui ont la même couleur que lui. Avez-vous voulu lui déclencher un électrochoc ?

Je lui ai raconté aussi des choses personnelles qui ne sont pas dans le livre. La première injustice raciale que j’ai eue en Europe venait d’un noir des Antilles. Je n’avais pas de sous à l’époque, j’ai triché dans le métro. J’étais poursuivi par 3 personnes, deux blancs et un noir. C’est le noir qui ne m’a pas lâché, qui m’a traité de tous les noms. Comme il était antillais, il m’a dit que c’était les africains qui faisaient honte à notre race.

Ce que vous voudriez savoir, si j’ai bien compris votre livre, c’est la part de responsabilité que vous avez en tant qu’africain dans les fléaux qui ont frappé votre continent.

Tout à fait. J’endosse une certaine charge de responsabilités, mais ma façon de pouvoir me soulager ou peut-être changer de vie, c’est de construire un présent qui viendrait équilibrer les choses et qui démontrerait que l'on s’est trompé dans "le noir dans l’histoire". C’est quelqu’un qui est debout et qui peut marcher et non, qui a les jambes coupées par les colons.

C’est un dur combat d’essayer de convaincre ?

Oui, je pense. Tout Africain est fier d’être africain, est fier de son continent, est fier de ses traditions, de ce fait, un Africain n’aime pas entendre quelqu’un qui dit des vérités sur l’Afrique. On aime entendre des discours consensuels. Il est temps d’écouter un nouveau discours qui va à rebrousse-poil.

Vous dites aussi que « derrière ces idéologies communautaires de façade, c’est indirectement un appel à la pitié pour le nègre qui est lancé ». Pourquoi le salut du nègre n’est-il, ni dans la commisération, ni dans l’aide ?

On a toujours l’impression que l’Africain, c’est quelqu’un qui a la main tendue. Je ne veux pas rentrer dans la logique de l’identité de la pitié. Moi je refuse ces aides qui sont détournées et qui ne font que prolonger l’asservissement de l’Africain.

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Donner un coup de pied dans la fourmilière, ça vous plait ?

C’est un livre que j’ai écrit avec mes tripes. Un livre qui reste dans le droit fil d’autres de mes livres, comme « Black Bazar » où se trouvaient des questions de racisme intra-communautaire. Ce livre est à cheval entre le récit personnel et la réflexion dans les idées.

Vous expliquez que l’immigration est deux fois et demie inférieure à ce qu’elle est dans les autres pays européens depuis les années 90. En outre, une majorité d’immigrés en France sont issus de l’Europe et non d’autres continents.

Quand on parle de l’immigration en France, on a l’impression qu’il y a plus de noirs immigrés qu’ailleurs. Non, il y a plus d’immigrés de races blanches à l’intérieur. L’immigration d’Afrique noire n’est pas celle qui pose le plus de problèmes. C’est en général une immigration très intellectuelle de personnes venues faire des études. Il y a en France des non-dits au sujet de l’immigration qui font que certaines vérités ne sont pas bonnes à dire. Ca ferait tomber les pans de l’idéologie qui se trouvent en France.

Vous dites aussi que ni la droite, ni la gauche n’a le monopole du cœur. Vous rappelez aussi que les premiers charters datent de la présidence de François Mitterrand. Dites-moi, vous êtes sarkoziste ?

Pas du tout, mais il faut qu’on arrête de penser que la gauche est forcément l’endroit qui a le plus le cœur porté vers les damnés de la Terre. « La France ne peut pas héberger toute la misère du monde »… c’est Michel Rocard qui a prononcé ses paroles. La gauche à flirté avec les idées nationalistes au moment où le Front National commençait  à monter. La question de l’immigration est une question qui devient tellement idéologique que n’importe quelle partie, de gauche ou de droite, utilise cette question pour avoir les voix de Lepen.

alain mabanckou,le sanglot de l'homme noir,interview  le magzine des loisirs culturels auchan,mandorÊtes-vous déçu par la France ?

Ce n’est pas le terme exact. Je suis très amer. La mémoire française est très courte. Soit-disant, nous sommes dans une ère qui va très vite. On a oublié qui sont ces gens qui ne leur ressemblent pas. On a oublié cette hospitalité. Nous, on était dans notre pays, les gens sont venus, ils exploitent les matières premières, on leur a donné le pétrole, les usines, les administrations, les asservissements, malgré cela, dans la majorité des pays africains, il n’y a pas eu d’hostilité envers la race blanche. Quand il y a eu la guerre civile dans mon pays, au Congo Brazzaville, les gens se battaient entre eux, personne n’a jamais touché un seul cheveu des Français. On savait que ce n’était pas leur histoire. L’ingratitude persiste parce qu’on n’a pas enseigné assez la vraie histoire de France aux petits Français.

Ce livre est dur pour les noirs, mais aussi pour les français en général.

Quand je décortique la question de l’immigration, quand j’évoque Eric Zemmour et Robert Ménard, quand je parle de l’article 1 de la constitution française… je ne ménage personne. Il ne faut plus se voiler la face.

A la fin de votre livre, vous expliquez pourquoi vous écrivez : "on écrit parce que « quelque chose ne tourne pas rond », parce qu’on voudrait déplacer les montagnes ou faire passer un éléphant dans le chas d’une aiguille. L’écriture devient alors à la fois un enracinement, un appel dans la nuit et une oreille tendue vers l’horizon."

On n’est pas forcé d’écrire. On peut vivre sans écrire. Mais le problème, c’est que l’écrivain, c’est celui qui est tourmenté par le besoin absolu d’écrire. Non seulement, je ne peux pas ne pas écrire, mais je peux tout abandonner pour écrire. Même si je ne vends plus que deux exemplaires, que plus personne ne me lit, je resterai toute ma vie écrivain. Au moins, j’aurai une quiétude intérieure. L’écriture est d’ailleurs une thérapie intérieure. Elle me permet tous les jours de réinventer mon humanisme, elle me permet de chercher les portes qui ouvrent vers la générosité, vers la rencontre des peuples, vers la rencontre d’autres cultures. Le désir  d’écrire est fondamental et quand ce désir est matérialisé, c’est extraordinaire !

Etre écrivain, est-ce que c’est être guerrier ?

Peut-être pas, mais ce n’est pas anodin, l’acte d’écrire pour dire. L’écrivain, c’est quand même quelqu’un qui décide de transmettre, de mettre en public ses idées, parfois à ses risques et périls.

Ce qu’il y a de bien chez vous, c’est que vous êtes un intellectuel accessible ?

Je pense que ce sont certains écrivains qui ont détourné le sens d’intellectuel. L’intellectuel, c’est quelqu’un qui réfléchit à une société pour, peut-être, proposer des pistes au peuple. Un intellectuel ne doit pas vivre dans sa tour d’ivoire et ne parler qu’à une certaine élite. Moi, je suis plutôt porté vers le peuple, parce que tous mes romans sont écrits dans les bas-fonds de la population. Mes personnages sont toujours des marginaux.  « Verre cassé », c’est un soulard, « African Psycho » c’est un petit serial killer, « Black Bazar » c’est quelqu’un qui erre dans le quartier de Château-Rouge…

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C’est quoi le bonheur d’un écrivain ?

C’est de faire lire des gens qui ne sont pas censés faire partie du pourcentage de lecteurs.

Utiliser un langage simple pour exprimer des idées un peu compliquées, c’est facile ?

Quand j’écris un roman, je souhaite qu’on se laisse porter par ce que nous disent les personnages. Ils donnent le ton d’un roman. L’écrivain doit trouver la voix. Un roman commence quand on a l’impression d’entendre la voix d’un personnage… l’écrivain essaye de retranscrire cette voix. Je crois qu’un roman doit ressembler à la vie.

Il y a aussi de nombreux dialogues, souvent croustillants.

Dans un roman, le dialogue, c’est ce qu’il y a de plus difficile. Le dialogue demande à l’écrivain d’être comme un scénariste ou un metteur en scène. On doit imaginer une conversation entre deux personnages, mais pour coucher cette conversation dans la page, il faut que l’auteur s’efface, qu’il ne vienne pas empiéter pour que les personnages se parlent. Pour moi, un des romans les plus réussis des années 90 à aujourd’hui,  sur le dialogue, c’est certainement « Hygiène de l’assassin » d’Amélie Nothomb. Aux Etats-Unis, quand je fais un cours de littérature pour parler des dialogues, j’utilise les romans et je mets en avant celui-là particulièrement.

Vous avez deux activités imposantes, écrivain et professeur. C’est complémentaire ?

Oui, c’est complémentaire, d’autant plus que j’enseigne la littérature. Je reste un peu dans le même domaine. Je parle des livres que j’aime, j’essaie de donner envie à mes étudiants le goût de la littérature. Quant à l’écriture, c’est le côté solitaire, certes, mais c’est paradoxal parce qu’avant d’être seul pour écrire, j’ai besoin d’être dans le monde…

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Alain Mabanckou et Pia Petersen (qui était à nos côtés lors de l'interview), le 23 janvier 2012, lisent un livre passionnant, au Père Tranquille à Paris.
http://www.alainmabanckou.net/
http://piapetersen.net/

19 décembre 2011

Amanda Sthers: interview pour Lili Lampion (spectacle et carnet)!

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Si vous avez des enfants, n’hésitez surtout pas à les emmener voir Lili Lampion, le spectacle musical au Théâtre de Paris  jusqu'aux vacances de Pâques (le 29 avril 2012) ! Tirée du Carnet secret de Lili Lampion d’Amanda Sthers, cette comédie musicale m’a conquis autant que ma fille. En effet, en prévision de ma rencontre avec la créatrice de ce personnage « mordant », je suis allé avec elle juger par moi-même ce spectacle. Je ne sais pas lequel des deux à préféré, mais pour ma part, non seulement je ne me suis pas ennuyé, mais j’y ai trouvé un réel intérêt, voire beaucoup de plaisir. Vous comprendrez peut-être pourquoi en lisant mon interview qui vient de paraître dans Addiction, le mag daté de décembre-janvier 2012.

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Ici, le 13 novembre 2011, au Théâtre de Paris, à l'issue de la représentation, petite pose/pause avec Lili Lampion (Anne Frèches) et ma fille Stella (qui a réellement beaucoup apprécié le spectacle).

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Avec Amanda Sthers, à l'issue de l'entretien, le 29 novembre 2011, au Théâtre de Paris.

Pour Le Magazine des Loisirs Culturels des magasins Auchan, j'ai aussi chroniqué Le carnet secret de Lili Lampion.

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15 décembre 2011

Jérôme Commandeur pour son DVD "Jérôme Commandeur se fait discret"

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Bizarre de mélanger l’amitié et le boulot. Bizarre, mais logique quand on a un ami (voir là) dont la carrière est en train d’exploser et que l’on travaille pour plusieurs journaux culturels… le télescopage est inévitable. Pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan, j’avais pour mission (entre autres) d’écrire une page sur l’actualité fort chargée de Jérôme Commandeur. Dans ces cas-là, je l’appelle directement et nous nous voyons illico. Pratique. Comme je suis poli, j’appelle aussi son attachée de presse, Émilie, pour la tenir au courant.

Bref, le 1er décembre dernier, j’ai joué au journaliste et lui à l’artiste. Évidemment, je signale dans l’article qu’il est le parrain de l’association « Les P’tits courageux » (association qui a besoin d’être plus mise en lumière…). Je l’ai déjà dit ici, j’en suis le responsable communication, car concerné (ma fille est atteinte du syndrome de Crouzon). N’hésitez d’ailleurs pas à adhérer à l’association : http://www.lesptitscourageux.net/

 

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Exclu 10 minutes du dvd "Jérôme Commandeur se... par jeromecommandeur

Lors de l'entretien...

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14 décembre 2011

Interview Laurent Gerra pour son DVD au Palais des Sports

 

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Depuis le début des années 2000, je n’avais pas revu Laurent Gerra. Nous étions pendant un an voisin de bureau lorsque j’étais l’une des voix de la météo de RTL (oui, j’ai fait ça aussi !). Il testait les vannes sur ses collègues, dont je faisais partie, donc.

Le 3 novembre dernier, je me rends dans les locaux de Universal Video (rue François 1er) pour l’interviewer à l’occasion de la sortie du DVD de son dernier spectacle capté au Palais des Sports. On se remémore le bon vieux temps quelques minutes, puis on passe aux questions « officielles ».

Voici le résultat de ces 30 minutes d’interview réduites à 2500 signes pour Le Magazine des loisirs culturels des magasins Auchan.

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Bande-Annonce DVD Laurent Gerra par upvfrance

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Après l'interview....

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10 novembre 2011

Frank Michael: interviews pour "Romantique"

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0825646640522.jpgAllez-y, vous pouvez rire ! Mandor, il parle de Frank Michael aujourd’hui sur son blog.

Non, parce que j’ai l’habitude, vous savez, d’entendre des railleries quand ce nom est évoqué dans une conversation. « Le chanteur pour vieux » « des bluettes »,  « des chansons à l’eau de rose »…

Euh… dites-moi… êtes-vous une femme cinquantenaire/sexagénaire ou plus ?

Non, alors quoi ?

Ne faut-il pas qu’il y ait un artiste qui enchante cette catégorie-là de personne ?

De tout temps, les critiques acerbes et définitifs sur un genre musical ou sur un type d’artiste m’ont toujours beaucoup énervé/exaspéré.

Les ayatollahs du bon goût, je les méprise totalement.

Frank Michael, je n’aime pas sa production discographique, mais peu importe, il ne s’adresse pas à quelqu’un comme moi, de ma génération, de ma culture, de mon âge. Je suis de la génération Balavoine, Goldman, Cabrel, Souchon, Sheller, Simon, Jonasz  ça ne m’empêche pas d’apprécier, d’écouter, en tout cas de respecter beaucoup d’autres artistes et de ne pas me complaire dans mes propres goûts.

Je suis ouvert.  Ce n’est pas le cas de tout le monde.

f.jpgSi Frank Michael fait rêver un certain public, moi j’applaudis des deux mains. Pour CD’Aujourd’hui, j’ai pu juger par moi-même ce qu’il se passe lors d’un concert de cet artiste. Je suis allé à Dole le 8 octobre dernier pour l’interviewer et assister à son spectacle. Près de 2000 personnes. La folie. Les femmes, limite en transe, qui crient, pleurent, reprennent en chœur l’intégralité de ses chansons, lui offrent des cadeaux par centaines, bref, lui témoignent leur amour indéfectible.

Moi, je regardais ça fortement impressionné. J’ai pourtant vu bon nombre de concerts dans ma vie…

Certaines admiratrices n'hésitent pas à parcourir des centaines de kilomètres pour venir témoigner à leur idole un soutien inconditionnel. Elles succombent à ses mélodies d'amour et à sa simplicité.

Car il faut le savoir, Frank Michael est un homme profondément simple et particulièrement gentil. Un peu timide, même. Dans les coulisses de La Commanderie, je garde l’image d’un homme prévenant, se souciant toutes les 10 minutes de vous, vous posant des questions sur votre vie perso… et surtout ne parlant jamais de lui. C'est rare. Très.

En interview, on sent qu’il n’aime pas parler de lui. Il est un peu maladroit, mais simple, tellement simple qu’il en est touchant.

(Et, soit-dit en passant, l'album Romantique, cette semaine est à la 6e place du top IFOP, la meilleure entrée au Top de sa carrière.)

Pour voir le CD’Aujourd’hui (diffusé le 3 novembre dernier) qui lui est consacré, cliquez ici!

Et dans  Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan qui vient de sortir (daté du mois de novembre 2011), je lui ai consacré une double page.

Je n’achèterai jamais ses disques, ne l’écouterai même jamais sans raison professionnelle, mais je le respecterai toujours, c’est une certitude. L'humilité non feinte et l'amour vrai d'un artiste pour son public sont devenus rares dans ce métier.

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05 novembre 2011

Maxime Chattam: interview pour Entropia

Pour Le magazine des Loisirs Culturels (des magasins Auchan), dont vient de sortir (hier) le deuxième numéro, daté de novembre 2011, j’ai notamment interviewé l’auteur de thriller et de fantaisy, Maxime Chattam. J’avoue le préférer en écrivain « noir » qu’en écrivain SF. Les hasards de la vie font que je le rencontre pour le deuxième genre. Pas de bol, mais pas grave... l’homme est aimable et disert. Un vrai plaisir de converser avec lui…

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06 octobre 2011

Grégoire: interview pour sa tournée 2011 et la réédition de "Le même soleil"

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interview,grégoireDernière nouvelle : depuis ce mois-ci, je travaille pour un quatrième magazine (plus communément appelé consumer).

Celui des magasins Auchan. Il s'appelle : Le magazine des loisirs culturels. Le premier numéro est daté du mois d'octobre 2011.

Comme les trois autres, il s’agit pour moi de chroniquer des livres, des disques et d’interviewer des personnalités du monde artistique. Le premier (d’une prochaine longue série) est un chanteur que j’apprécie beaucoup humainement (et déjà mandorisé, là).

Grégoire.

On aime ou on n’aime pas, mais ce chanteur de variété est incontestablement populaire. Nous nous sommes rencontrés au Pré Saint-Gervais dans sa loge de l’émission Chabada le 7 septembre dernier.

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Grégoire et votre serviteur, à l’issue de l’entretien.

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Allez, soyons fous!

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