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17 juin 2013

Eliette Abécassis : interview pour Le palimpseste d'Archimède

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 Romancière et essayiste, Eliette Abécassis alterne textes intimistes (La répudiée, Mon père, Un heureux événement), épopées (Qumran, Le Trésor du Temple, Sépharade) et essais (Petite métaphysique du meurtre, Le Livre des Passeurs, Le Corset invisible). Elle collabore par ailleurs régulièrement à des journaux (Le Monde des Religions, Le Figaro littéraire, Elle) et travaille pour le cinéma (Kadosh, Un heureux événement). La dame a du talent et, elle aussi, ça faisait un moment que je souhaitais que nos chemins se croisent. Voilà qui est fait  à l’occasion de la sortie de son roman Le palimpseste d’Archimède.

Le 29 mai dernier, elle m’a donné rendez-vous au café d’en bas de chez elle… Voici la synthèse de notre conversation pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (puis je vous propose un complément pour ce blog).

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(Puisque vous n'avez pas de loupe à portée de main, je vous propose une lecture plus aisée de l'introduction de cette interview... De rien!)

"Et si le monde avait un code secret qu’il serait dangereux de déchiffrer ?" s’interroge Éliette Abecassis dans son nouveau thriller historico-ésotérique. Des mystères d’Eleus au nombre Pi, de l’élite savante aux jésuites d’un obscur monastère de Judée, l’auteure embrasse deux mille ans de l’histoire humaine en mêlant rituels anciens, philosophie et mathématiques, assassinats sanglants et mysticisme. Un livre dans la lignée du Da Vinci Code !

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Le teaser du livre.

220px-ABECASSIS_Eliette-24x30-2006.jpgBonus mandorien:

On sent que derrière ce livre, il y a une agrégée de philosophie. Je trouve que ce roman est avant tout un livre philosophique.

Je l’ai voulu comme tel. On apprend beaucoup de choses sur la philosophie grecque, mais aussi la philosophie d’une façon générale. Et surtout, ce qu’apporte la philosophie à la vie et l’importance de la philosophie pour chacun de nous. Je pense qu’aujourd’hui les philosophes ont un peu démissionné de leur rôle. Ils n’apportent plus aucune vérité. Ils se retirent du débat. Sauf certains philosophes qui, pour le coup, sont un peu trop dans la démagogie de la philosophie. On est dans une époque où on a plus que jamais besoin de la philosophie pour répondre à toutes les questions que l’on se pose sur la marche du monde.

On ne peut pas écrire un livre dense comme celui-ci, dans lequel il y a autant d’informations, sans être passionné par tout ça.

La philosophie, pour moi, est la reine des disciplines. Je l’ai enseigné pendant trois ans. J’ai essayé de retransmettre ma passion que j’ai pour la philosophie à travers la relation entre ce professeur de philosophie, Elsa Marrek et son disciple. À travers eux, j’essaie d’avoir la même relation avec le lecteur.

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(Photo : Gala)

Vous-mêmes, vous avez eu un mentor, un initiateur en philosophie ?

La philosophie ne débouche que sur l’enseignement de la philosophie. Les gens qui étudient la philosophie doivent avoir une rencontre, un initiateur privilégié. Si on prend un livre de philo, comme ça, tout seul, on ne va pas comprendre. On a besoin de quelqu’un qui va nous expliquer, à la façon des péripatéticiens d’Aristote ou de Socrate avec leurs élèves. Moi, j’ai eu plusieurs mentors, à commencer par mon père qui est prof de philosophie. J’ai été son élève et son disciple. C’est avec lui que j’ai appris la philosophie. En terminal, à Strasbourg, j’ai eu un professeur extraordinaire qui s’appelle Norbert Engel. C'était un accoucheur d'esprit, subversif et provocateur, passionné et passionnant. C'est lui qui, le premier, m'a encouragée à écrire à 15-16 ans et à passer le concours de l'ENS. Il est l’un de mes d’éveilleurs de conscience comme devrait l’être tout bon prof de philo.

Du coup, vous, vous éveillez les consciences de vos lecteurs.

Pour moi, c’est très important, de transmettre à travers les romans. Je pense que j’ai cette mission-là. Je n’écris pas pour moi, je n’écris pas pour me faire plaisir, ni pour raconter des aventures personnelles, mais j’écris pour transmettre quelque chose. J’ai toujours le souci du lecteur, je ne le lâche jamais et puis surtout, je tente de l’élever, de l’introduire dans un monde inconnu. Je le prends pour quelqu’un de curieux et d’intelligent qui va être ravi de découvrir un univers.

Il y a aussi une jolie histoire d’amour dans ce roman.

J’aime bien le mélange des genres. C’est un roman philosophique, c’est un thriller, c’est une histoire d’amour. On fait des va-et-vient dans le temps, c’est moderne et ancestral…

Même si un livre comme Le palimpseste d’Archimède est complexe à écrire, est-ce que cela vous amuse d’écrire ce genre de livres ?

Oui, semer des indices, construire des fausses pistes est très amusant. La règle du polar, c’est que le lecteur doit avoir tous les éléments pour dénouer lui-même l’intrigue. L’auteur sème des cailloux qu’il n’arrête pas de camoufler pour égarer le lecteur. Celui qui est clairvoyant trouvera l’intrigue. 

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Le 29 mai 2013, après l'interview...

19 avril 2013

Florent Mothe : interview pour son premier album Rock In Chair

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Florent Mothe vient de sortir son premier album, Rock In Chair, après l’aventure Mozart, l’opéra rock. Je l’ai rencontré pour Le magazine des loisirs culturels Auchan daté d’avril-mai 2013.

Florent Mothe est le chanteur de variété française qui monte. Son album, à peine sorti, se vend déjà très bien. Chez Warner, on se frotte les mains…

La voix unique de Florent Mothe se démarque de ce que l’on peut entendre habituellement en variété française. Les titres, tous en français, sonnent parfois comme de la pop britannique.

Jérôme Attal, Dove Attia, Ycare et Vincent Baguian (tous mandorisés) sont quelques-uns des auteurs présents sur ce disque.

Le chanteur est venu à l’agence le 15 mars dernier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune homme est extrêmement poli, sympathique et avenant.

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Le clip de "Je ne sais pas"

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Petit rappel : le premier grand succès de Florent Mothe, "L'assasymphonie", tiré de Mozart, l'opéra rock.

17 avril 2013

Tatiana de Rosnay : interview pour A l'encre russe

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DSC07296.JPGTatiana de Rosnay est l’auteur français le plus lu en Europe et aux États-Unis. Sa belle aventure littéro-planétaire a débuté avec Elle s’appelait Sarah. En 2007, elle devient une star des lettres grâce à ce roman vendu à plus de 9 millions d’exemplaires dans 42 pays. Son douzième roman A l’encre russe  a pour origine une mésaventure subie par la romancière elle-même. Dans une très belle mise en abîme, ce livre raconte l’histoire d’un jeune homme, Nicolas Kolt qui, au moment de refaire sa pièce d’identité, découvre la véritable origine de son père mort en mer. À partir de cet événement, il va écrire un roman au succès planétaire. A l’encre russe vaut tant pour son intrigue que pour sa description du milieu littéraire.

J’ai beaucoup d’affection pour Tatiana de Rosnay et cela fait maintenant quelques années que nous nous connaissons. Je l’ai mandorisé de nombreuses fois.

Pour la sortie d’Elle s’appelait Sarah, pour une rencontre à la Fnac Val d’Europe à l’occasion de la sortie de Boomerang, pour une émission de télé sur le web, pour une projection privée d’Elle appelait Sarah, pour une rencontre avec des élèves de Provins et pour un Coca Light au soleil pour évoquer la sortie de La mémoire des murs.

Et, c'est elle qui a eu la gentillesse de préfacer mon livre, Les chroniques de Mandor.

Voici donc notre dernière rencontre. C’était le 19 mars dernier dans un bar situé près de chez elle. Une interview pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté du mois d’avril-mai 2013)

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Le 19 mars dernier dans un bar parisien après l'interview...

22 février 2013

Jean Teulé : interview pour Fleur de tonnerre

jean teulé, fleur de tonnerre, interview  le magzine des loisirs culturels auchan, mandor

J’avais rencontré la première fois Jean Teulé dans les années 90 lorsque j’officiais à RFO Guyane. Lui était venu faire un reportage pour je ne sais quelle émission, sur un endroit qui s’appelle Pompidou-Papaïchton et sur le dernier bagnard encore vivant à l’époque, à Saint-Laurent du Maroni. Nous nous sommes côtoyés, le temps de son séjour guyanais. C’est avec plaisir que je suis allé lui rendre visite, près de 20 ans (et quelques best-sellers) plus tard, dans le bureau où il écrit tous ses livres. Le 4 février dernier, Jean Teulé me reçoit (comme si le temps n’était pas passé) pour parler de son nouveau livre, Fleur de tonnerre.

Voici donc le fruit de notre entretien, en version courte pour Le magazine des loisirs culturels Auchan daté du mois de février/mars 2013. La suite de l’entretien suivra…

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jean teulé,fleur de tonnerre,interview  le magzine des loisirs culturels auchan,mandorInterview, version mandorienne...

Hélène Jégado n’avait pas de cœur ?

Si, mais le personnage qu’elle croyait être, lui, non. Elle pouvait donc tuer, même des gens qu’elle aimait beaucoup. Et ça lui faisait de la peine.

Elle est schizophrène, mais vous ne l’indiquez pas clairement.

Je le fais comprendre. Dans la vie, on essaie tous de sauver sa peau comme on peut. La seule solution qu’elle a trouvée pour dominer son angoisse liée à son enfance, c’est de devenir l’angoisse.

Vous, c’est en écrivant des livres comme celui-ci.

Exactement. Et moi à chaque livre je me dis que j’arrête d’écrire des choses monstrueuses. Et je n’y parviens pas. Vous vous rendez-compte que mon livre le plus optimiste, c’est « Le magasin des suicides », ça vous donne une idée du niveau (rires).

Les villageois ont réagi plus vite que les médecins pour soupçonner Hélène…

Au début de sa carrière de tueuse, on faisait très peu d’autopsies. C’était une période où il y avait des fulgurances de choléra. Hélène s’occupait de ses victimes jusqu’au bout, elle ne volait pas, donc c’était difficile de la soupçonner. La plupart du temps, dans la famille où elle se trouvait, elle avait buté tout le monde, donc, il n’y avait personne pour la payer. Bon, en plus, les médecins au 19e siècle en Basse Bretagne, ce n’était pas des cadors. Souvent, les serials killers ont de la chance, sinon, ils ne seraient pas des serials killers.

On connait chez vous le souci que vous avez de la réalité historique. Avez-vous fait des recherches sérieuses sur les légendes bretonnes ?jean teulé,fleur de tonnerre,interview  le magzine des loisirs culturels auchan,mandor

Évidemment, je ne veux pas être « piégeable » par les Bretons. C’est un pays fou la Bretagne. C’est pour ça que j’ai mis en exergue une phrase d’un breton, Jacques Cambry, fondateur de l’Académie celtique en 1805 : « Chaque pays a sa folie. La Bretagne les a toutes ». Comme ça, avant même que le livre commence, l’affaire est réglée.

Vous mettez toujours un peu d’humour dans vos livres. On voit dans celui-ci des perruquiers normands constamment présents et vivants des aventures rocambolesques.

Ça m’amusait de mettre en parallèle les perruquiers qui à chaque fois qu’il leur arrive une mésaventure bretonne pestent contre cette région, mais qui au fur et à mesure que l’histoire avance deviennent plus bretons que les bretons. Ils se sont fait eux-mêmes avaler par la Bretagne.

Ça déplombe l’ambiance du coup.

Je voulais aussi éviter d’être trop répétitif. Quand on raconte la vie d’un tueur en série comme Hélène Jégado, c’est compliqué. C’est quand même l’histoire d’une nana qui arrive chez des gens, elle fait à manger et les gens meurent. Elle change de maison, elle fait à manger, les gens meurent. 37 fois… À chaque fois, il a fallu que je trouve un angle différent et un contre point  pour raconter les scènes.

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Hélène Jégado.

Si on ne sait pas que c’est une histoire vraie, on peut se dire que ce n’est pas très crédible comme histoire.

C’est un lieu commun de dire que la réalité dépasse la fiction, mais c’est vrai. Qui peut inventer un personnage comme ça ? Non, franchement, la réalité est plus balaise que la fiction.

Votre carrière devient absolument incroyable. Tous les livres que vous sortez sont adaptés immédiatement au cinéma.

Au cinéma, au théâtre ou en bande dessinée. Le Montespan qui est sorti en bande dessinée, le premier tome de  Je, François Villon, Le magasin des suicides va bientôt sortir en BD et aussi Charly 9 qui est en train d’être dessiné. Au prochain Festival d’Avignon, j’ai trois romans qui vont être joués en pièce de théâtre. Je crois que ça n’est jamais arrivé à un auteur français.

jean teulé,fleur de tonnerre,interview  le magzine des loisirs culturels auchan,mandorJe sais que vous n’aimez pas analyser ce qui vous arrive, mais c’est quand même un cas rare.

Moi, je me dis que peut-être tout va s’arrêter avec Fleur de Tonnerre. Les gens vont peut-être détester ce livre ou s’en foutre. Mon éditeur, ça le fait marrer quand je dis ça. Pas moi. Rien n’est jamais acquis.

Vous êtes toujours dans le doute ?

Fleur de Tonnerre m’a rendu malade. À force de raconter des gens qui se tiennent le ventre et qui crèvent, au fur et à mesure que j’écrivais le livre, je commençais à avoir de plus en plus mal au ventre. Je me disais que la nana qui bute tout le monde, elle est en train de buter aussi le mec qui raconte l’histoire. Je suis allé voir un proctologue qui m’a fait une coloscopie et il m’a dit que je n’avais strictement rien. Il m’a dit  que 80% des maux de ventre sont des mots de tête. Je lui ai raconté le livre que j’écrivais et sur l’ordonnance il m’a juste écrit « l’empoisonneuse doit disparaître ».

C’est dingue ce que vous me racontez !

Quand j’écrivais Mangez le si vous voulez, l’histoire d’un type qui se fait massacrer tout le temps. J’avais mal partout, aux os. Je suis allé chez le chiropracteur. Quand j’ai écrit Darling, je l’ai terminé sous anti anxiolytique. Ce qui fait que je me dis que, maintenant, il va falloir que je fasse bien gaffe au sujet de mon prochain livre. Selon ce que j’écris, je change de médecin.

Pourquoi n’essayez-vous pas d’écrire un roman positif et amusant ?

C’est ce que me demande Miou (la comédienne Miou Miou qui partage sa vie). Elle me dit :« T’as pas entendu parler du Père Noël ? Tu raconterais l’histoire d’un monsieur, il aurait un traineau et il donnerait des cadeaux aux enfants… » À chaque fois je me dis que le prochain livre sera un livre comme ça. Je m’installe devant mon clavier et, très vite, ça se barre dans un truc un peu sanglant. Quand je dis que c’est la faute de ma mère, elle n’aime pas, mais je suis sûr que c’est vrai. Elle m’a traumatisé.

Tous vos héros dans votre œuvre ne lâchent jamais rien.

Le point commun c’est que tous mes héros sont seuls contre tous et ils ne lâchent pas, en effet.

Un écrivain écrit-il nécessairement des livres qui lui ressemblent ?jean teulé,fleur de tonnerre,interview  le magzine des loisirs culturels auchan,mandor

Je me dis : un pommier fait des pommes. Il ne se demande pas s’il va faire des poires ou du raisin. Moi, j’ai l’impression d’être un pommier. Voilà, c’est le type de pomme que je fais… un peu empoisonnée.

Vous êtes déjà sur le prochain livre ?

Non et je ne sais pas de quoi il va parler. Chaque livre, je l’écris comme si c’était le dernier en me disant « là, je balance tout ! » De plus, je n’ai jamais trouvé une idée de livres. À chaque fois, c’est un hasard. Ça me fout les mains moites ça. Je me dis que le hasard a été là tout le temps… et s’il ne vient plus le hasard ?

Est-ce que vous profitez de ce succès ?

Je ne m’en rends pas beaucoup compte parce que je sors très peu. Je ne vais dans les soirées littéraires, je n’ai aucun copain écrivain, je ne les connais pratiquement pas. De 10h à 19h, tous les jours je suis dans ce bureau où nous sommes là. Samedi, dimanche, pas de vacances tant que le livre n’est pas terminé. Si, en fait, je dis des bêtises. Je m’en rends compte quand je reçois mes droits d’auteurs. Là, je comprends qu’il y a eu du monde. 

Vous vous rendez-compte que vous comptez dans le milieu des Lettres françaises ?

Oui, ça commence à rentrer dans ma tête, mais c’est parce que c’est mon éditeur qui me le dit. Encore une fois, je m’attends toujours à ce que tout ça s’arrête brutalement. Je ne suis peut-être qu’une source. Une source, à un moment, ça se tarit. À chaque livre, je me demande si la dernière goutte est sortie.

Vous êtes fatigué à la fin de l’écriture d’un roman ?

Je suis claqué. Quand j’ai fini un livre, je suis exsangue. Après, pendant 5, 6 mois, je n’écris plus une ligne.

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Bonus: Le cas d'Hélène Jegado, "En votre âme et conscience". La reconstitution du procès d'Hélène Jegado à la cour d'assises d'Ille et Vilaine, à Rennes, le 6 Décembre 1851. (Archives de l'Ina 24/01/1967)

08 novembre 2012

Francis Cabrel: interview pour Vise le ciel

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(Crédits : Claude Gassian)

Cabrel-Gassian8538.jpgL’exercice était amusant. Interviewer un artiste, Francis Cabrel, sur un même sujet, la sortie du disque Vise le ciel, pour deux journaux différents. Et ne pas publier la même interview. La méthode est simple. Faire un entretien un peu plus long que d’habitude (qui s’est tenu il y a deux mois, le 10 septembre dernier au bar du Park Hyatt Paris) et poser beaucoup de questions. Ensuite, partager la substantifique moelle de l'interview entre les deux magazines de manière à ne léser aucun des deux, tout en gardant une fluidité et une cohérence.

Donc, en lisant les deux interviews, vous saurez tout sur ce disque, n°1 des ventes des disques en France depuis deux semaines consécutives.

Voici pour commencer la version du Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2012).

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Francis Cabrel - Comme une Femme
Extrait de l'EPK
Nouvel album "Vise le Ciel" sortie le 22 octobre 2012

A présent, l’interview pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan. Vous pouvez comparez... aucun doublon.

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Le 10 septembre 2012 au bar du Park Hyatt Paris.

06 octobre 2012

Bernard Werber : interview pour Troisième Humanité

bernard werber,troisième humanité,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorBernard Werber, je l’ai beaucoup lu au début de sa carrière, puis moins, puis de nouveau depuis peu. Parfois parce que mon métier m’y oblige, parfois par curiosité (et même par intérêt). J’apprécie l’homme, j’ai donc beaucoup de plaisir à le rencontrer pour des entretiens. Cette interview est la 6e (lire la précédente ici). L’auteur m’a reçu une fois encore chez lui, le 25 septembre dernier, pour Le Magazine des loisirs culturels Auchan, à l'occasion de la sortie, quelques jours plus tard de son nouveau roman, Troisième Humanité. (Vous avez évidemment le droit à la version complète juste après l’officielle.)  

 

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bernard werber,troisième humanité,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorBonus : version longue de l'interview juste pour Les chroniques de Mandor.

L’action de votre livre est censée se dérouler dans 10 ans, mais le monde que vous décrivez ressemble à celui d’aujourd’hui…

Le monde d’aujourd’hui est déjà un monde dans lequel il y a la dynamique de tout ce qui va arriver dans le futur. Par exemple, la fonte des neiges en Arctique dont je parle dans le livre, c’est quelque chose qui est en cours actuellement et qui sera donc beaucoup plus développé dans 10 ans. Il y a une réflexion sur la croissance démographique. Je pose une question en tant que romancier : est-ce que la Terre peut supporter 10 milliards d’humains, alors qu’au siècle dernier, il n’y en avait qu’un milliard ?

Il y a un moment sensuel, voire presque sexuel entre vos deux héros Aurore Kammerer et David Wells. Ce genre de scènes est rare dans vos romans.

Avec la scène à laquelle vous faites référence, je voulais souligner qu’au-delà de tout, nous sommes des êtres de chair et de sang avec des hormones. On a beau être scientifique et manier de grandes idées, on est comme des animaux. Il y a la parade nuptiale et il y a l’envie de reproduction qui est inhérente à notre espèce. Mélanger la sexualité et la science me semble un cocktail intéressant.

Vous évoquez la réincarnation.

J’ai fait des séances d’hypnoses dans lesquelles on m’a fait revivre mes vies précédentes. Je ne suis pas dans le « est-ce que c’est vrai ? Est-ce que c’est faux ? », c’est une histoire qui m’apporte des informations pour ma vie actuelle et ça m’apporte du miel pour écrire mes romans. Il m’a semblé avoir revécu une vie ancienne, maintenant je ne jurerai pas que cela est vraiment arrivé. Le seul élément qui pourrait m’inciter à penser que c’est vrai, c’est la masse de détails que j’ai retenue. C'est-à-dire que quand j’ai revécu ma vie en Atlantide, je voyais ce que l’on mangeait, je pouvais décrire avec précision les pièces que je visitais, les gens que je croisais. J’avais l’impression d’être un archéologue de vies antérieures. Maintenant, est-ce un rêve ou le fruit de mon imagination de romancier ?

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Dans Troisième Humanité, la terre prend la parole...

Vous n’avez jamais récidivé ?

Non. C’est comme faire de la montgolfière et du parapente, j’ai envie de le faire une fois et d’en parler. Pour l’expérience d’hypnose que j’ai vécue, j’ai peur qu’il y ait une sorte d’addiction malsaine si je recommence. J’ai l’impression que je tomberais dans la croyance. Mon métier ne consiste pas à être croyant, mon métier consiste à être expérimentateur et après raconter.

Vous n’êtes ni un mystique, ni un gourou.

L’approche de mon travail est philosophique. Philosophie, c'est-à-dire qui aime la sagesse. Dans le mot sagesse, j’entends le mot curiosité et capacité d’émerveillement. Sagesse, c’est faire des expériences et comprendre le monde. D’où l’on vient et où l’on va.

Vous en êtes à votre 18e livre. Vous parlez toujours du monde, de la planète, de l’univers, de la mort, de la vie, mais vous parvenez de roman en roman à vous renouveler. Vous 387545_430477610322496_204143402_n.jpgtrouver des angles systématiquement différents pour parler de la même chose. Puis-je affirmer cela ?

Je le répète, à mon avis, tous les romans reviennent sur les mêmes questions : qui sommes-nous ? Où allons-nous ? D’où venons-nous ? Vous savez, définir l’être humain, c’est très difficile, surtout aujourd’hui. La manière que j’ai d’explorer ça, c’est toujours de prendre un héros et de le confronter à une situation extraordinaire qui va l’obliger à se poser aussi la question : « qu’est-ce notre espèce et où allons-nous ? » Actuellement, la démarche que j’ai dans mes livres et le travail que je fais ne sont pas très à la mode en France. On considère que c’est plus un style anglo-saxon.

Vous sentez-vous visionnaire ?

Ça m’amuse d’avoir une vision du futur et ça m’amuse d’autant plus quand ce que je raconte se réalise. Il y a une phrase de Woody Allen qui dit « si je m’intéresse au futur, c’est parce que c’est là que je veux passer mes prochaines années ».

C’est facile pour votre entourage de vivre avec quelqu’un comme vous ?

(Rire) Pour mon entourage, je ne suis pas un écrivain, je suis un type normal, qui doit descendre les ordures et qui doit gérer l’appartement. Ma femme, qui est pourtant une de mes lectrices, depuis qu’elle vit avec moi ne me voit plus comme un auteur, elle ne voit plus que comme un simple humain avec lequel elle vit.

J’ai remarqué que vous aviez du mal à écrire un roman qui se suffit à lui-même. Ce sont toujours des cycles ou des sagas.

Celui-ci devait être un petit bouquin. Mais, il y a un moment, les personnages parlent d’eux-mêmes et les histoires ont besoin d’une certaine taille pour pouvoir exister. Les personnages de ce roman avaient envie de beaucoup de place pour exister. Je suis aussi aux ordres de mes personnages. C’est une forme de schizophrénie, mais quand ils dialoguent, je ne fais pas d’effort, je les écoute et je suis obligé de les suivre. J’ai tellement répété les scènes qu’à un moment mes personnages existent par eux-mêmes. À force d’écrire, je les fabrique et ils finissent par vivre. Plus ils seront autonomes plus ils auront la chance de surprendre le lecteur.

Vous dites, « à force de répéter une scène »… c’est comme une pièce de théâtre ?

Je crée la scène en l’écrivant. J’ai écrit une vingtaine de romans ou les personnages ont fait autre chose et où ils ont vécu d’autres histoires. Pour moi, c’est comme une partie de Master Mind. J’ai tous les éléments, mais ils ne sont pas bien placés.

C’est dingue ce que vous me racontez. Vous écrivez 20 romans pour n’en sortir qu’un. Mais vous écrivez combien d’heures par jour ?

J’écris 4 heures et demie par jour, de 8h à midi et demi. Pendant ce laps de temps, je fais à peu près 10 pages efficaces.

La notion d’efficacité me trouble toujours.

Efficace pour moi, c’est quand la scène est bouclée dans sa cohérence. Chaque scène doit être comme une nouvelle avec une avancée de la crise et une chute surprenante. Une scène de 10 pages devrait avoir toutes ces vertus-là.

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Une semaine après cet entretien, Bernard Werber rencontrait comme chaque année son public au Virgin des Champs-Elysées.

Vous faites très attention aux réactions du public.

Je suis très à son écoute. Quand je fais des livres, c’est pour lui. En fonction de leur feedback, je modifie le livre suivant et l’écriture.

Les lecteurs vous en parlent quand vous les rencontrez dans les salons du livre ?

Non, sur internet. Dans les salons du livre, ils n’osent pas trop s’exprimer sur mes romans. J’ai conscience que ce sont les lecteurs qui me font vivre et j’ai conscience qu’ils peuvent aussi être déçu, donc je suis très à l’écoute, notamment sur mon site bernardwerber.com. Je me perçois comme connecté à une famille de lecteur. J’essaie de les émerveiller et de les surprendre. Surtout surprendre. Il y en aura toujours qui trouveront que c’était mieux avant, Les fourmis, Les Thanatonautes… mais mon devoir est de ne pas toujours leur servir les mêmes livres. Pour moi, écrire des livres est un acte d’échange.

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Le 25 septembre 2012, après l'interview. (Photo prise par son fils.)

11 septembre 2012

Tryo : interview (filmée et écrite) pour Ladilafé

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Le groupe Tryo a sorti son 5e album Ladilafé à la fin du mois dernier (il est déjà numéro un des ventes en France). L’occasion pour moi d’aller rendre visite à Christophe Mali et Daniel Bravo dans les locaux de leur maison de disque. Pour être sincère, cette rencontre s'est tenu avant l’été, précisément le 28 juin dernier. J’ai retiré de cette rencontre une interview filmée pour MusiqueMag, que j’ai transformée en version papier pour Le magazine des loisirs culturels Auchan.

Pour commencer, voici ma chronique du disque pour Le magazine des espaces culturels Leclerc.

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L'interview filmée...

 
La version de l'interview publiée dans Le Magazine des Loisirs Culturels Auchan (daté du mois de septembre 2012).

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A l'issue de l'interview, le Tryo infernal... chez Sony le 28 juin 2012.
(Christophe Mali et Daniel Bravo).

10 septembre 2012

Philippe Delerm : interview pour Je vais passer pour un vieux con

Philippe Delerm est venu à l’agence  le 27 août dernier pour évoquer son dernier livre, Je vais passer pour un vieux con. J’aime bien humainement cet auteur et son écriture minimaliste (et revendiqué comme tel) est loin de me déplaire. Je le rencontre de temps en temps (voir là). Voici le fruit de notre entretien publié dans Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté du mois de septembre 2012) qui est sorti aujourd’hui. Vous pourrez ensuite lire le bonus mandorien.

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Le bonus des Chroniques de Mandor :

Vous avez une bonne réputation/image médiatique. On ne vous critique pas trop.

Dans l’ensemble, je suis d’accord. Le simple fait de voir la vie en positif, ça fait de vous un être positif. Par rapport au petit milieu germano pratin, c’est sûr, c’est un peu incorrect. Des gens comme moi ou Christian Bobin, qui déboulent dans le paysage littéraire sans avoir conçu de stratégie, ça ne plait pas beaucoup.

Êtes-vous satisfait de votre condition d’écrivain ? Moi, quand je vois la façon dont vous la menez, elle me parait idéale.

J’ai ramé assez longtemps, vous savez. Près de 10 ans avant d’être publié. Après j’ai publié pendant 15 ans avant de connaître la notoriété et tout d’un coup, cadeau de la vie. La première gorgée de bière fait un carton. J’ai eu grâce à ce succès des cadeaux parallèles. Cela m’a permis de rencontrer des gens que j’admirais et que je rencontre, aussi bien des sportifs que des chanteurs. C’est une chance incroyable.

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Vous avez aussi la chance d’avoir un fils qui a beaucoup de succès.

C’est plus une source de soucis pour moi. Je suis assez inquiet de tempérament. Vincent est jeune encore. Il faut que ça continue à fonctionner pour lui, d’autant plus qu’il a eu l’habitude du succès assez tôt. Je sais que, pour lui, une désaffection du public, ce serait très lourd à supporter.

Si vous voyez une critique négative sur lui, ça vous heurte.

Évidemment, ça me heurte. Bien plus que si elle est pour moi.

Vous, vous supportez bien quand il s’agit de vous?

Non, ce serait mentir que de dire que ça ne me dérange pas. Ça me fait toujours mal, même si ce n’est pas si fréquent.

Comment sont les gens avec vous dans la rue ?

J’ai une trombine un peu connue, du coup, il m’arrive souvent d’être sollicité, mais très discrètement et gentiment. Un écrivain est assez préservé des critiques quand on le rencontre dans la rue. C’est marrant, les gens qui vous tiennent la jambe, qui s’incrustent, ce sont généralement des gens qui font semblant d’être des lecteurs et qui ne le sont pas. Les vrais lecteurs n’insistent pas longtemps lourdement.

Vous écrivez un nouveau livre. De quoi s’agit-il ?

C’est un roman. J’ai du mal à écrire des romans, mais j’aime bien. Celui-ci est un peu grave et évoque sur le début de la fin de la vie.

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07 juin 2012

I Muvrini : interview pour "Imagina"

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Pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan (daté du mois de juin 2012), j'ai interviewé Jean-François Bernardini, le leader emblématique du groupe Corse I Muvrini, à l'occasion de la sortie de leur nouvel album Imagina.

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13 mai 2012

Isabelle Autissier : interview pour "L'amant de Patagonie"

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Isabelle Autissier, ingénieur agronome, née en 1956 à Saint-Maur, ancienne navigatrice en solitaire jusqu’en 1999, présidente actuelle du World Wild Fund (France), est également connue comme une auteure de talent. Elle a écrit, chez Grasset, une biographie de Kerguelen (2004), Salut au Grand Sud (coécrit avec Erik Orsenna, 2006), Versant Océan, avec l’alpiniste Lionel Daudet (2008), et un roman remarqué, Seule la mer s’en souviendra (2009). Je l’ai interviewé à l’occasion de la sortie de L’amant de Patagonie. En voici la substantifique moelle pour Le magazine des loisirs culturel Auchan (daté du mois de mai 2012).

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Bonus mandorien :

C’est votre 7e livre, mais votre 2e roman.

Je vais jusqu’à dire que L’amant de Patagonie est mon premier roman 100%. Seule la mer s’en souviendra était inspiré d’un fait réel, même s’il était romancé. Là, c’est vraiment de la fiction.

Écrire des livres fictionnels vous taraudait depuis longtemps ?

Je suis une grande lectrice, alors évidemment, écrire un roman est de l’ordre du fascinant. Raconter des aventures vécues n’a rien à voir avec le fait d’inventer des histoires. Avec le roman, on est face à une page blanche et un monde à inventer de A à Z. Je voulais me lancer dans cette aventure, car je me  demandais si j’en étais capable et surtout, j’aime aller voir ailleurs, sortir de ma vie et mes expériences habituelles.

Vous sentez-vous l’âme d’un écrivain ?

C’est en tout cas ma façon de m’exprimer. J’aime les mots, j’aime leur musique, j’aime ce qu’ils portent comme imaginaire. On peut abattre toutes les frontières avec eux.

La mer est présente dans votre livre, moins que dans les précédents, mais quand même… arriverez-vous à vous détacher de la navigation dans vos livres.

Ma vie tourne autour de l’océan depuis longtemps et j’ai toujours eu le sentiment depuis petite fille que ma vie allait se passer là. Ce qu’il y a de bien avec la mer, c’est que l’on peut tout faire. J’ai eu une carrière scientifique, j’ai travaillé avec les marins pêcheurs,  j’ai eu une carrière sportive, maintenant, je suis plus dans le culturel. Je crois que je n’ai pas épuisé toutes les ressources que l’océan peut m’offrir d’un point de vue intellectuel en tout cas.

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En termes d’océans et de navigation, difficile de trouver plus légitime que vous, mais en termes d’écriture, cherchez-vous une légitimité ?

Je serais contente si je gagne cette légitimité. A partir du moment où on écrit, c’est que l’on se vit un minimum comme écrivain et qu’on a envie d’être lu. Bien sûr que la reconnaissance des lecteurs et de ses pairs est importante. Par contre, je n’ai pas forcément envie d’être dans une boite avec marquée dessus « écrivain ».

Le livre fini, quand il arrive dans vos mains, ça vous fait quoi ?

Ça concrétise des mois de travail, d’élan intérieur. L’envie de trouver les bons mots, l’envie d’être comprise. Un livre, c’est un peu un bébé qui va vivre sa vie… dont j’espère qu’elle sera belle.

Vous faites des salons du livre, vous rencontrez quelques écrivains… vous aimez bien ce milieu ?

J’aime bien parler de ce que j’aime, j’aime bien partager, j’aime bien emmener les gens dans ce qui m’a fait rêver moi, dans ce qui continue à me faire rêver. Toutes ces merveilles que j’ai la chance de voir et de vivre, il n’y aucune raison que je les garde pour moi. Être dans le partage et le compte rendu, depuis que j’ai arrêté la course au large, c’est ma façon de vivre et de travailler aujourd’hui.

Faire rêver les gens convient bien à la vie que vous avez menée finalement…

C’est important, il ne faut pas que rêver. Il faut aussi après se prendre par la main et se mettre au boulot, mais tout commence par des rêves.

07 avril 2012

Marc Dugain : interview pour "Avenue des Géants"

marc dugain,avenue des géants,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorInspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée entre le milieu des années 60 et la fin des années 70, Avenue des géants raconte le terrible destin de Edmund Kemper – ici appelé Al Kenner – tueur en série qui défraya la chronique aux États-Unis. Dans ce roman puissant et captivant, Marc Dugain (l'auteur notamment de La chambre des officiers et de La malédiction d'Egard) s’applique à décrire la figure du mal quand elle s’incarne dans un tueur en série. Il conjugue ici sa passion pour les États-Unis avec son intérêt toujours vif pour les personnages décalés, marginaux, voire fous, mais qui permettent de saisir l’humanité dans ses contradictions et ses excès. J’ai rencontré Marc Dugain, le 20 mars dernier, dans les locaux de sa maison d’édition, Gallimard. Voici pour commencer, l’interview publiée dans Le magazine des loisirs culturels Auchan daté du mois d’avril 2012.

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Voici un extrait du fameux entretien qu'a donné Ed Kemper à Stéphane Bourgoin, le spécialiste mondial des tueurs en série...


Entretien de Stéphane Bourgoin avec Edmund Kemper par Pasprod

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Bonus mandorien : ce que vous n'avez pas lu dans le magazine...

Avez-vous un petit attachement à Edmund Kemper, du coup ?

Non, on ne peut pas dire ça. Je n’ai même pas voulu le rencontrer pour laisser la part de fiction opérer. Cet homme a beaucoup de respect pour les gens qui le respecte. Les tueurs compulsifs sont des gens qui ont été bafoués. Lui, il a été bafoué par sa mère et ses sœurs et négligé par son père, du coup, il est très attaché aux gens qui lui montrent du respect. Il a une sorte de considération pour eux. Il n’imagine pas qu’il puisse les tuer, ce qui est déjà énorme pour lui. Dans sa tête, c’est ça le degré supérieur de la considération. Les épargner.

Il ment de temps en temps, mais on sent que ça lui coûte. Il est plutôt du genre à dire la vérité.

Dans ma vie, j’ai côtoyé, malheureusement de façon assez proche, de grands schizophrènes. Le fait de ne pas savoir mentir et même en être incapable est parfois un signe assez pathologique. L’homme est constitué pour s’adapter. Lui, il ne ment pas et en même temps, il ment de façon colossale. Par moment, il est impressionnant de vérité et à d’autres moments de son histoire, il est impressionnant de dissimulation. Cette dissimulation ne sert qu’à se protéger vis-à-vis de lui-même. Il a conscience en permanence de sa maladie, de son état de folie, de ce qui le ronge.

Pour une meilleure compréhension du personnage, vous êtes allé aux États-Unis pour voir les lieux où les événements se sont déroulés.

Oui, en particulier la maison de sa mère. Je suis resté 10 minutes et je suis parti tellement je ne supportais plus. Il y avait une telle puissance du lieu dans sa force évocatrice et destructrice. Cette maison dégage une angoisse extraordinaire. Je suis allé dans le bar qu’il fréquentait assidument, et aussi dans le campus. Il dégage une atmosphère de félicité. Les étudiants sont dans le jardin d’Éden. Il y en a 6 qui sont passés du jardin d’Éden à l’enfer en deux minutes. Il fallait que j’aille voir cela de près pour mieux retranscrire les ambiances et les atmosphères. J’ai passé tout le mois de juillet aux États-Unis pour traquer les lieux.

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Faut-il se mettre dans la tête du tueur pour décrire le mécanisme bien huilé ?

S’il y a une valeur ajoutée à mon livre, c’est qu’effectivement,  je me suis mis à sa place. J’ai fait des réglages qui font que ça restitue quelque chose qui est réel. Je vois bien là où il est atteint, qu’est-ce que ça a pu exacerber chez lui, comment il réagit, comment il se défend, comment il ne se défend pas et qu’est-ce que ça entraîne comme modification de sa perception, ensuite, je me suis lancé…

On ne lui connait pas trop de passion à Edmund Kemper, sauf peut-être la littérature.

Oui, il est devenu lecteur de livres pour aveugles. Il a 8 médailles de meilleur lecteur de livres pour aveugles. Si je l’avais rencontré, c’est une des questions que je lui aurais posées : a-t-il tiré une expérience de la littérature ? Je pense que fondamentalement ces esprits très entachés pathologiquement ne sont pas de grands passionnés de quoi que ce soit. C’est ce que j’essaie de retransmettre dans sa relation avec Wendy, sa visiteuse de prison, c’est l’extrême solitude dans laquelle il est tout le temps,  le non-attachement et le non-intérêt aux choses. Les autres deviennent vite un encombrement, c’est pour ça qu’il les dézingue sans scrupules, puisqu’ils n’existent plus.

Oui, il est persuadé qu’il leur rend service quand il tue les gens.

Il a l’idée que s’il avait tué sa mère dès le début, 9 personnes auraient eue la vie sauve. Dès le moment où il a tué sa mère, il n’a plus jamais eu de pulsion meurtrière. C’est tellement freudien comme approche…

En matière d’écriture, je crois savoir que vous n’aimez pas les règles, que vous n’hésitez pas à casser les conventions littéraires habituelles…

Il n’y a pas de règle générale dans l’écriture, chacun fait ce qu’il veut. Tout le monde sait que je suis très lié à Fred Vargas. Je ne dis pas qu’elle fait toujours le même livre, loin de là, mais c’est toujours la même structure et elle très à l’aise là-dedans. Moi, je suis bien quand je sais que mon prochain livre n’aura rien n’à voir avec le précédent. Que le succès soit là ou pas, je n’exploite jamais une veine.

marc dugain,avenue des géants,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorIl y a donc la notion de risque « littéraire ».

J’adore ça, sinon, ça ne sert à rien que j’écrive. C’est marrant de se lancer dans un sujet complètement neuf pour soi et de se l’approprier avec justement un regard neuf. Dès le moment ou la fiction est un réenchantement de la réalité, réenchantement tant négatif que positif, c’est bien d’aborder le sujet avec des yeux neufs et un regard distancié. Ce n’est pas un juge d’instruction qui va écrire les meilleures histoires judiciaires.

Vous dites que la vie, c’est de la fiction.

Oui, il faut remarquer que vous passez la moitié de votre vie dans les rêves et curieusement, ce sont ces rêves qui vous ramènent à une vraie réalité. Quand un psychanalyste vous fait raconter vos rêves, c’est parce que c’est à travers ses rêves qu’il va pouvoir venir vers le vrai vous et non pas à travers ce que vous allez lui dire quand vous êtes éveillé. Donc, il y a un rapport entre la fiction et la réalité qui est constant  et qui s’auto-nourrit. La fiction est un biais formidable pour ramener les gens à une certaine forme de réalité. Je n’ai pas dit à la vérité… une certaine forme de réalité.

Votre livre sort bientôt. Vivez-vous sa sortie comme celle des autres livres ?

Quand vous êtes sensibles à une critique, c’est qu’elle vous renvoie à vos propres doutes. Si vous aimez vraiment un livre et que vous y croyiez, dans le sens où vous avez été honnête en l’écrivant, que vous avez vraiment tout donné, il n’y a pas de raisons d’avoir une inquiétude particulière. J’ai eu tellement de plaisir à l’écrire que je ne redoute rien pour ce livre. Ce grand moment de plaisir d’écriture, personne ne peut me l’enlever. C’est 7 mois de ma vie à me lever le matin avec une pêche d’enfer parce que je suis en train d’écrire le livre que j’ai envie d’écrire, c’est énorme. Maintenant, je préférerais que les lecteurs le lisent et l’apprécient en nombre, c’est sûr. Mais je rappelle ce que disait Cioran : « J’ai connu tout type de désillusions dans mon existence, y compris le succès ».

D’autant qu’il ya de très mauvais livres qui ont du succès.

Exactement. Le tout, c’est de savoir ce que l’on fait, d’avoir envie de le faire, de prendre du plaisir à le faire et de s’y tenir.

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Avec Marc Dugain, le 20 mars 2012, chez Gallimard.

12 février 2012

Alain Mabanckou : interview pour "Le sanglot de l'homme noir"

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Le 23 janvier dernier, je suis allé à la rencontre d’Alain Mabanckou dans un restaurant des Halles. Il s’agissait pour moi de l’interviewer à propos de son nouvel essai : Le sanglot de l’homme noir pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan. L'homme est souriant, inspire la sympathie immédiate et la conversation sincère et profonde...

Voici la version de l’interview publiée. Elle est suivie de la version intégrale pour « Les chroniques de Mandor ».

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Pour ceux qui auraient l'outrecuidance de considérer qu'il faut une loupe pour lire l'intro, le revoici en version lisible. De rien!

(Le nouveau livre d’Alain Mabanckou est un essai polémique virulent sur la condition de l’homme noir en France. Après avoir étudié en France, l’auteur congolais a choisi d'enseigner la littérature francophone aux USA. Grâce à cette confluence des trois cultures, il sait que l'identité d'un homme ne tient ni à sa terre natale ni à son sang, mais résulte de son choix personnel. Rencontre avec Alain Mabouckou.)

Interview:

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Voici la  suite de cette conversation... et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Alain Mabanckou n'a pas la langue/plume dans sa poche.

Vous regrettez que l’homme de couleur qui, au lieu de s’occuper de son présent, s’égare dans les méandres d’un passé cerné sous l’angle de la légende, du mythe et surtout de la « nostalgie ».

Il y a ceux qui vont vous vendre l’Afrique ancienne. Ils vont dire : « A l’époque, c’était bien, il n’y avait pas les blancs. Tout était calme, à la rigueur, les enfants pouvaient jouer avec les lions, on pouvait promener le serpent. On vendra toujours une Afrique mythique, une Afrique mystique. Tout est faux. Nous avons connu des royaumes qui se faisaient la guerre, nous avons connu des empires, des conquêtes, l’esclavagisme fait par des noirs sur des autres noirs. Il y a des périodes belliqueuses dont on ne parle jamais. On veut fonder l’identité sur une Afrique mythique et je dis à mon enfant que ce n’est pas possible.

Vous dites aussi à Boris que la pire des intolérances est celle des êtres qui lui ressemblent, c'est à dire celle de ceux qui ont la même couleur que lui. Avez-vous voulu lui déclencher un électrochoc ?

Je lui ai raconté aussi des choses personnelles qui ne sont pas dans le livre. La première injustice raciale que j’ai eue en Europe venait d’un noir des Antilles. Je n’avais pas de sous à l’époque, j’ai triché dans le métro. J’étais poursuivi par 3 personnes, deux blancs et un noir. C’est le noir qui ne m’a pas lâché, qui m’a traité de tous les noms. Comme il était antillais, il m’a dit que c’était les africains qui faisaient honte à notre race.

Ce que vous voudriez savoir, si j’ai bien compris votre livre, c’est la part de responsabilité que vous avez en tant qu’africain dans les fléaux qui ont frappé votre continent.

Tout à fait. J’endosse une certaine charge de responsabilités, mais ma façon de pouvoir me soulager ou peut-être changer de vie, c’est de construire un présent qui viendrait équilibrer les choses et qui démontrerait que l'on s’est trompé dans "le noir dans l’histoire". C’est quelqu’un qui est debout et qui peut marcher et non, qui a les jambes coupées par les colons.

C’est un dur combat d’essayer de convaincre ?

Oui, je pense. Tout Africain est fier d’être africain, est fier de son continent, est fier de ses traditions, de ce fait, un Africain n’aime pas entendre quelqu’un qui dit des vérités sur l’Afrique. On aime entendre des discours consensuels. Il est temps d’écouter un nouveau discours qui va à rebrousse-poil.

Vous dites aussi que « derrière ces idéologies communautaires de façade, c’est indirectement un appel à la pitié pour le nègre qui est lancé ». Pourquoi le salut du nègre n’est-il, ni dans la commisération, ni dans l’aide ?

On a toujours l’impression que l’Africain, c’est quelqu’un qui a la main tendue. Je ne veux pas rentrer dans la logique de l’identité de la pitié. Moi je refuse ces aides qui sont détournées et qui ne font que prolonger l’asservissement de l’Africain.

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Donner un coup de pied dans la fourmilière, ça vous plait ?

C’est un livre que j’ai écrit avec mes tripes. Un livre qui reste dans le droit fil d’autres de mes livres, comme « Black Bazar » où se trouvaient des questions de racisme intra-communautaire. Ce livre est à cheval entre le récit personnel et la réflexion dans les idées.

Vous expliquez que l’immigration est deux fois et demie inférieure à ce qu’elle est dans les autres pays européens depuis les années 90. En outre, une majorité d’immigrés en France sont issus de l’Europe et non d’autres continents.

Quand on parle de l’immigration en France, on a l’impression qu’il y a plus de noirs immigrés qu’ailleurs. Non, il y a plus d’immigrés de races blanches à l’intérieur. L’immigration d’Afrique noire n’est pas celle qui pose le plus de problèmes. C’est en général une immigration très intellectuelle de personnes venues faire des études. Il y a en France des non-dits au sujet de l’immigration qui font que certaines vérités ne sont pas bonnes à dire. Ca ferait tomber les pans de l’idéologie qui se trouvent en France.

Vous dites aussi que ni la droite, ni la gauche n’a le monopole du cœur. Vous rappelez aussi que les premiers charters datent de la présidence de François Mitterrand. Dites-moi, vous êtes sarkoziste ?

Pas du tout, mais il faut qu’on arrête de penser que la gauche est forcément l’endroit qui a le plus le cœur porté vers les damnés de la Terre. « La France ne peut pas héberger toute la misère du monde »… c’est Michel Rocard qui a prononcé ses paroles. La gauche à flirté avec les idées nationalistes au moment où le Front National commençait  à monter. La question de l’immigration est une question qui devient tellement idéologique que n’importe quelle partie, de gauche ou de droite, utilise cette question pour avoir les voix de Lepen.

alain mabanckou,le sanglot de l'homme noir,interview  le magzine des loisirs culturels auchan,mandorÊtes-vous déçu par la France ?

Ce n’est pas le terme exact. Je suis très amer. La mémoire française est très courte. Soit-disant, nous sommes dans une ère qui va très vite. On a oublié qui sont ces gens qui ne leur ressemblent pas. On a oublié cette hospitalité. Nous, on était dans notre pays, les gens sont venus, ils exploitent les matières premières, on leur a donné le pétrole, les usines, les administrations, les asservissements, malgré cela, dans la majorité des pays africains, il n’y a pas eu d’hostilité envers la race blanche. Quand il y a eu la guerre civile dans mon pays, au Congo Brazzaville, les gens se battaient entre eux, personne n’a jamais touché un seul cheveu des Français. On savait que ce n’était pas leur histoire. L’ingratitude persiste parce qu’on n’a pas enseigné assez la vraie histoire de France aux petits Français.

Ce livre est dur pour les noirs, mais aussi pour les français en général.

Quand je décortique la question de l’immigration, quand j’évoque Eric Zemmour et Robert Ménard, quand je parle de l’article 1 de la constitution française… je ne ménage personne. Il ne faut plus se voiler la face.

A la fin de votre livre, vous expliquez pourquoi vous écrivez : "on écrit parce que « quelque chose ne tourne pas rond », parce qu’on voudrait déplacer les montagnes ou faire passer un éléphant dans le chas d’une aiguille. L’écriture devient alors à la fois un enracinement, un appel dans la nuit et une oreille tendue vers l’horizon."

On n’est pas forcé d’écrire. On peut vivre sans écrire. Mais le problème, c’est que l’écrivain, c’est celui qui est tourmenté par le besoin absolu d’écrire. Non seulement, je ne peux pas ne pas écrire, mais je peux tout abandonner pour écrire. Même si je ne vends plus que deux exemplaires, que plus personne ne me lit, je resterai toute ma vie écrivain. Au moins, j’aurai une quiétude intérieure. L’écriture est d’ailleurs une thérapie intérieure. Elle me permet tous les jours de réinventer mon humanisme, elle me permet de chercher les portes qui ouvrent vers la générosité, vers la rencontre des peuples, vers la rencontre d’autres cultures. Le désir  d’écrire est fondamental et quand ce désir est matérialisé, c’est extraordinaire !

Etre écrivain, est-ce que c’est être guerrier ?

Peut-être pas, mais ce n’est pas anodin, l’acte d’écrire pour dire. L’écrivain, c’est quand même quelqu’un qui décide de transmettre, de mettre en public ses idées, parfois à ses risques et périls.

Ce qu’il y a de bien chez vous, c’est que vous êtes un intellectuel accessible ?

Je pense que ce sont certains écrivains qui ont détourné le sens d’intellectuel. L’intellectuel, c’est quelqu’un qui réfléchit à une société pour, peut-être, proposer des pistes au peuple. Un intellectuel ne doit pas vivre dans sa tour d’ivoire et ne parler qu’à une certaine élite. Moi, je suis plutôt porté vers le peuple, parce que tous mes romans sont écrits dans les bas-fonds de la population. Mes personnages sont toujours des marginaux.  « Verre cassé », c’est un soulard, « African Psycho » c’est un petit serial killer, « Black Bazar » c’est quelqu’un qui erre dans le quartier de Château-Rouge…

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C’est quoi le bonheur d’un écrivain ?

C’est de faire lire des gens qui ne sont pas censés faire partie du pourcentage de lecteurs.

Utiliser un langage simple pour exprimer des idées un peu compliquées, c’est facile ?

Quand j’écris un roman, je souhaite qu’on se laisse porter par ce que nous disent les personnages. Ils donnent le ton d’un roman. L’écrivain doit trouver la voix. Un roman commence quand on a l’impression d’entendre la voix d’un personnage… l’écrivain essaye de retranscrire cette voix. Je crois qu’un roman doit ressembler à la vie.

Il y a aussi de nombreux dialogues, souvent croustillants.

Dans un roman, le dialogue, c’est ce qu’il y a de plus difficile. Le dialogue demande à l’écrivain d’être comme un scénariste ou un metteur en scène. On doit imaginer une conversation entre deux personnages, mais pour coucher cette conversation dans la page, il faut que l’auteur s’efface, qu’il ne vienne pas empiéter pour que les personnages se parlent. Pour moi, un des romans les plus réussis des années 90 à aujourd’hui,  sur le dialogue, c’est certainement « Hygiène de l’assassin » d’Amélie Nothomb. Aux Etats-Unis, quand je fais un cours de littérature pour parler des dialogues, j’utilise les romans et je mets en avant celui-là particulièrement.

Vous avez deux activités imposantes, écrivain et professeur. C’est complémentaire ?

Oui, c’est complémentaire, d’autant plus que j’enseigne la littérature. Je reste un peu dans le même domaine. Je parle des livres que j’aime, j’essaie de donner envie à mes étudiants le goût de la littérature. Quant à l’écriture, c’est le côté solitaire, certes, mais c’est paradoxal parce qu’avant d’être seul pour écrire, j’ai besoin d’être dans le monde…

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Alain Mabanckou et Pia Petersen (qui était à nos côtés lors de l'interview), le 23 janvier 2012, lisent un livre passionnant, au Père Tranquille à Paris.
http://www.alainmabanckou.net/
http://piapetersen.net/

19 décembre 2011

Amanda Sthers: interview pour Lili Lampion (spectacle et carnet)!

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Si vous avez des enfants, n’hésitez surtout pas à les emmener voir Lili Lampion, le spectacle musical au Théâtre de Paris  jusqu'aux vacances de Pâques (le 29 avril 2012) ! Tirée du Carnet secret de Lili Lampion d’Amanda Sthers, cette comédie musicale m’a conquis autant que ma fille. En effet, en prévision de ma rencontre avec la créatrice de ce personnage « mordant », je suis allé avec elle juger par moi-même ce spectacle. Je ne sais pas lequel des deux à préféré, mais pour ma part, non seulement je ne me suis pas ennuyé, mais j’y ai trouvé un réel intérêt, voire beaucoup de plaisir. Vous comprendrez peut-être pourquoi en lisant mon interview qui vient de paraître dans Addiction, le mag daté de décembre-janvier 2012.

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Ici, le 13 novembre 2011, au Théâtre de Paris, à l'issue de la représentation, petite pose/pause avec Lili Lampion (Anne Frèches) et ma fille Stella (qui a réellement beaucoup apprécié le spectacle).

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Avec Amanda Sthers, à l'issue de l'entretien, le 29 novembre 2011, au Théâtre de Paris.

Pour Le Magazine des Loisirs Culturels des magasins Auchan, j'ai aussi chroniqué Le carnet secret de Lili Lampion.

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15 décembre 2011

Jérôme Commandeur pour son DVD "Jérôme Commandeur se fait discret"

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Bizarre de mélanger l’amitié et le boulot. Bizarre, mais logique quand on a un ami (voir là) dont la carrière est en train d’exploser et que l’on travaille pour plusieurs journaux culturels… le télescopage est inévitable. Pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan, j’avais pour mission (entre autres) d’écrire une page sur l’actualité fort chargée de Jérôme Commandeur. Dans ces cas-là, je l’appelle directement et nous nous voyons illico. Pratique. Comme je suis poli, j’appelle aussi son attachée de presse, Émilie, pour la tenir au courant.

Bref, le 1er décembre dernier, j’ai joué au journaliste et lui à l’artiste. Évidemment, je signale dans l’article qu’il est le parrain de l’association « Les P’tits courageux » (association qui a besoin d’être plus mise en lumière…). Je l’ai déjà dit ici, j’en suis le responsable communication, car concerné (ma fille est atteinte du syndrome de Crouzon). N’hésitez d’ailleurs pas à adhérer à l’association : http://www.lesptitscourageux.net/

 

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Exclu 10 minutes du dvd "Jérôme Commandeur se... par jeromecommandeur

Lors de l'entretien...

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14 décembre 2011

Interview Laurent Gerra pour son DVD au Palais des Sports

 

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Depuis le début des années 2000, je n’avais pas revu Laurent Gerra. Nous étions pendant un an voisin de bureau lorsque j’étais l’une des voix de la météo de RTL (oui, j’ai fait ça aussi !). Il testait les vannes sur ses collègues, dont je faisais partie, donc.

Le 3 novembre dernier, je me rends dans les locaux de Universal Video (rue François 1er) pour l’interviewer à l’occasion de la sortie du DVD de son dernier spectacle capté au Palais des Sports. On se remémore le bon vieux temps quelques minutes, puis on passe aux questions « officielles ».

Voici le résultat de ces 30 minutes d’interview réduites à 2500 signes pour Le Magazine des loisirs culturels des magasins Auchan.

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Bande-Annonce DVD Laurent Gerra par upvfrance

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Après l'interview....

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