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24 février 2014

Skip The Use : interview pour Little Armageddon

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À l’occasion de la sortie de l’album Little Armageddon, (précisément aujourd’hui), je suis allé à la rencontre de deux membres éminents du groupe Skip The Use, le chanteur-auteur Mat Bastard et le guitariste compositeur Yann Stefani. Le rendez-vous s’est tenu dans les locaux de Universal Music France, le 5 février dernier.

Voici donc le fruit de cette interview pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois de février et mars 2014).

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1er clip extrait de Little Armageddon, "Nameless World".

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Selfie avec Mat Bastard et Yann Stefani, le 5 février 2014, après l'interview chez Universal Music France.

Bonus: mon article sur Little Armageddon publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de février 2014).

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30 novembre 2013

Maxime Chattam : interview pour Autre-Monde 6, Neverland

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(Photo : agence Anadore)

Il y a deux ans, j’avais déjà interviewé (par téléphone) Maxime Chattam, pour le livre 4 de la série Autre-Monde, Entropia. Je n’étais pas du tout allé au fond des choses. J’étais même déçu de cette conversation sans grand intérêt. Je n’aime pas les « phoners ». Pour réaliser une interviewe honorable, j’ai besoin d’avoir la personne interrogée devant moi. Voir ses yeux. Analyser son comportement. Écouter ses silences. Rebondir sur ses propos. J’ai besoin du contact humain. Pour la sortie du livre 7, Neverland, de cette même série, j'ai rencontré Maxime Chattam, le 21 octobre dernier, dans les locaux de sa maison d’édition, Albin Michel. Entre deux séances de signatures de son service de presse, il m'a accordé une heure de son temps. 

Voici le fruit de cette conversation, publié dans Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan (daté des mois de novembre et décembre 2013).

Ensuite, je vous propose une version longue de cette interview.

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Intro en version plus lisible:

La série de Maxime Chattam, « Autre-Monde » déjà traduit dans une dizaine de langue, est un véritable succès. Dans ce 6e tome (l'avant dernier), le deuxième Cœur de la Terre a été détruit par l'ennemi et l'Alliance des Trois a explosé. Laissés pour morts et séparés, les trois héros Matt, Ambre et Tobias vont devoir survivre chacun de leur côté. Cette nouvelle aventure prépare le grand final de la saga et l'heure de percer les ultimes secrets d'Autre-Monde se rapproche...

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maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen kingBonus mandorien :

Je me souviens que lors de notre première interview, vous m’aviez dit qu’Albin Michel était très frileux pour entamer cette série.

J’ai la chance d’avoir une maison d’édition qui écoute ses auteurs. Donc, quand je débarque en disant que j’ai un nouveau projet qui n’a rien à voir, mais qui me tient à cœur, on m’écoute  toujours. Alors que j’écris habituellement des thrillers, quand j’ai expliqué Autre-Monde, j’ai senti un léger scepticisme au point qu’ils m’ont demandé si je ne voulais pas l’écrire sous un pseudonyme. Il y a eu des discussions et au final, c’est sorti sous Maxime Chattam parce que ça fait partie de mon univers et que ça me correspond parfaitement. Aujourd’hui, je suis connu pour des polars un peu noirs et documentés et de temps en temps, pour du fantastique grand public. Un jour, on apprendra aussi que j’aime le fantastique « adulte » qui fait peur. Je ne me m’interdis rien parce qu’avant tout, j’aime écrire, j’aime partager ma passion de l’écriture et mes univers quels qu’ils soient. J’ai besoin de tous ces univers-là, ils font partie de moi, ils me nourrissent et, du coup, quand je me mets devant un cahier de notes ou devant mon écran pour écrire, ce qui vient n’est pas nécessairement calibré dans un genre particulier. Au contraire, ce qui vient, c’est ce que je suis, c'est-à-dire un mélange de plein de choses.

Juste, il faut que vous restiez cohérent dans ce que vous écrivez…

 C’est exactement ça ! Si  je suis parti vers une enquête policière, j’essaie de rester cohérent à cet univers d’enquête policière documentée, stricte, avec une vraie structure narrative complexe.

maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen kingLa série Autre-Monde a trouvé immédiatement son public. Dès le premier volet, L’alliance des Trois.

Ça, c’est une vraie surprise. Les deux fois dans ma vie où j’ai fait des changements particuliers, mon roman fantastique, Le 5e Règne, mes romans d’aventures « grand public », un peu à la Tom Sayer, Harry Potter et compagnie, qui est cette série Autre-Monde, les gens suivent. Très honnêtement,  je m’attendais à ce que les gens ne suivent pas. Avec mon éditeur, on avait de longues conversations durant lesquelles on finissait par admettre qu’on allait en vendre beaucoup moins. On avait décidé d’aller au bout de la série, même si elle ne fonctionnait pas. J’en avais besoin.

Et ce besoin d’écrire se traduit de quelle manière ?

C’est mental. Imaginons une semaine où je n’écris pas, ça me démange. J’ai tellement d’idées que ça crée un embouteillage dans la tête… ce qui fait que j’ai du mal à me concentrer sur autre chose dans ma vie. Quand vous êtes au régime pendant 15 jours, à un moment donné, vous avez envie de dévorer une bonne pizza. Et vous le faites parce que vous n’en pouvez plus. Je ne sais pas si mon cerveau sécrète de la dopamine, mais ce n’est pas impossible (rire). Je suis dopé à l’imaginaire et aux choix des mots.

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Le 21 octobre 2013, jour de signature de ses "services de presse".

Il faut jubiler pour écrire ?

Moi, je dis oui, mais beaucoup d’auteurs parlent de souffrance quand ils écrivent. Parmi ceux-là, certains ont écrit des chefs-d’œuvre. Moi, je ne verrais aucun intérêt à écrire dans la souffrance. Au contraire.

Vous faites très attention à la réalité, l’exactitude des faits que vous écrivez.

Quand je lis un livre, même un roman policier, donc un divertissement, si on me dit que tel produit de la police scientifique permet de relever les traces de sang sans altérer l’ADN, je vais le croire. J’estime qu’il y a une sorte de pacte passé entre le lecteur et l’auteur. Je ne supporte pas un roman dans lequel on me balance des choses comme si c’était de grandes vérités, parfois scientifiques, et que je finis par me rendre compte que ce sont des inventions de l’auteur. J’ai l’impression de m’être fait berner par des mensonges. Je ressens ça comme une trahison. Moi, j’ancre mes récits dans une forme de réalisme. Les lieux que je décris existent, les procédures scientifiques et techniques existent. J’essaie de ne pas faire trop d’erreurs. Par conséquent, il y a un vrai et long travail de préparation en amont.

Dans  la série L’Autre-Monde, en 7 volumes,  il y a beaucoup de personnages, de planètes, de noms compliqués… comment vous y retrouvez-vous ?maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen king

Pour cette série, j’ai deux cahiers différents. Un cahier pour les personnages, la chronologie de toute l’histoire, les notes principales pour vérifier la cohérence. Et j’ai un deuxième cahier où j’ai tout ce qui est bestiaire, géographie, les peuples, l’univers de mes mondes. J’y fais des petits croquis, des plans… bref, ça me permet de visualiser certaines scènes et de n’oublier aucun détail.

Pour revenir à ce que vous me disiez tout à l’heure… vous continuez à croire beaucoup à l’enfant.

Alors qu’un enfant devient un jour un adulte... Mais je suis convaincu qu’un enfant peut inverser la donne et changer les choses. Pendant longtemps, j’ai pensé qu’on était perdu d’avance. J’étais très misanthropique et très fataliste. Plus je vieillis, plus le temps avance, plus je retrouve un peu d’espoir. Je crois que, s’il y a quelque chose à sauver de l’humanité, c’est l’enfance. La réponse est dans l’éducation, dans la lecture et dans le rêve. C’est pour ça que je suis fier de faire ce métier-là. Plus les enfants liront, plus les adultes liront, plus je serai heureux. Le modeste romancier populaire que je suis, croit qu’écrire peut servir à beaucoup de personnes. Moi, je veux distiller en chacun des notions de respect.

maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen kingVous sentez-vous adulte ?

Je me suis longtemps posé la question. Qu’est-ce que c’est qu’être un adulte ? Mon roman Le 5e règne pose la question et apporte un début de réponse. Sinon, oui, depuis quelques années, je suis adulte. J’en ai conscience. Je suis adulte, mais je continue de nourrir le gamin qui est en moi. D’abord parce que ce gamin-là m’a fait rêver pendant longtemps et il n’est pas mort. Il existe encore quelque part. J’ai été très longtemps nostalgique de mon adolescence. Aujourd’hui, j’ai fait la paix avec ça, parce que j’en ai fait le deuil. De temps en temps, j’ai envie de me regarder dans le miroir et de demander au gamin qui est en moi : est-ce que tu es content de ce que tu es devenu ? Est-ce je n’ai pas merdé en chemin ? Est-ce que je ne me suis pas fourvoyé ? J’ai l’impression, pour l’instant, que la réponse est non, mais il faut continuer d’être vigilant. La route est longue.

En plus vous êtes papa.

Oui, mais ceci dit, des papas gamins, j’en connais plein.

Non, mais c’était pour inclure un peu de peopolisation dans cette mandorisation.

(Sourire) Cela dit, fondamentalement, d’être papa me change et m’ouvre les yeux sur des tas de trucs.

Je reviens sur un terme que vous avez employé sur vous-même : je suis un modeste auteur populaire…  Modeste et populaire, ça va ensemble ?

Oui. Je fais de la littérature populaire, c'est-à-dire pour tout le monde. Je n’ai aucune prétention littéraire et je ne milite pas pour avoir le Goncourt un jour. J’écris le mieux possible pour servir le fond de mon livre. Je soigne la forme le mieux possible pour qu’elle corresponde au fond. J’insiste sur ce point. Je fais de la littérature de divertissement que je pense efficace. C’est ce que j’aime lire et ce que j’aime écrire. Avant tout, mon lecteur type, c’est moi. Si je ne me fais pas plaisir pendant l’écriture, je ne publie pas. J’écris jusqu’à ce que ça marche. J’estime être modeste parce que je n’ai pas la prétention de changer le monde et d’être un auteur très pompeux. Ce n’est pas parce que j’ai vendu beaucoup de bouquins que cela fait de moi une référence. Je suis très lucide par rapport à ça.

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Est-ce que lorsqu’on vend autant que vous permet d’être zen à chaque sortie de nouveau roman ?

J’essaie de ne pas raisonner dans ces termes-là sinon ça me paralyserait dans l’écriture. Si je commence à me dire qu’il faut que j’écrive pour que ça plaise, que je fasse 100 000 lecteurs pour le livre en cours sinon je vais tomber en dessous de ce que je vais faire d’habitude,  il y a un côté tyrannie du succès que je ne veux pas vivre.  Je crois qu’il n’y a rien de pire. Moi, je ne connais pas la page blanche parce que je ne me pose pas la question de la destination. La destination, c’est moi. Je me fais plaisir. C’est une fois que je relis le livre terminé qu’éventuellement je commence à envisager un lecteur type. Quand le livre sort, j’ai une angoisse, mais je ne peux pas y faire grand-chose.

Oui, mais vous y pensez.

Quand un livre sort, je suis déjà en train d’écrire le suivant. C’est le meilleur moyen de penser à autre chose. Je croise juste les doigts pour que ce qui sort de ma cervelle continue à plaire au plus grand nombre. Il ne faut pas se leurrer, quand on publie, on met ses tripes sur la table. Un roman c’est comme un bébé que vous présentez à vos amis. Si les gens vous disent qu’il est moche, qu’il a les oreilles décollées et qu’il louche, ça vous fend le cœur. J’ai écrit 18 bouquins et ce sentiment reste le même à chaque fois.

18 livres, ça commence à constituer une œuvre, non ?

Oui. Parfois, je me demande si je n’écris pas trop vite. Je relisais récemment des interviews de Stephen King et il expliquait qu’à l’époque où ses romans cartonnaient le plus, il publiait trois livres par an. Et des pavés à chaque fois. Je me dis que, finalement, je suis un petit joueur.

maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen kingVous continuez de le lire, Stephen King ?

Évidemment. Oui, à tel point que je ne peux pas attendre la traduction française. Stephen King reste la référence absolue d’imaginaire. C’est l’auteur qui m’a ouvert les yeux à la lecture et qui m’a donné envie d’écrire. Il ne s’en doute pas, mais c’est aussi l’auteur qui m’a conseillé dans l’écriture. Quand j’ai commencé l’écriture de nouvelles et de romans et que j’avais des doutes, je me replongeais dans un de ses livres et la situation se débloquait. Le lire répondait à mes questionnements sur la littérature et l’écriture. Rassurez-vous, je ne suis pas en train de dire que j’estime être à son niveau, loin de là, mais ça répondait à des angoisses de jeune auteur.

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Maxime Chattam lors de la soirée exceptionnelle avec Stephen King au Grand Rex, le samedi 16 novembre 2013, à Paris.

Vous êtes fans de lui ?

Oui, clairement. Pas fan qui se prosterne, mais fan très admiratif de son œuvre. Je vois sa cohérence et sa qualité… Il a 50 romans à son actif, j’en ai 18. Dans ses 50 romans, il n’y a rien à jeter. C’est dingue à quel point il a maintenu le cap.   

Vous écrivez combien d’heures par jour ?

Moins qu’avant. Avant, j’étais un peu dingo. J’écrivais 7 jours sur 7. Je ne vivais que pour l’écriture. Ça se voyait. Je pesais 25 kilos de plus qu’aujourd’hui. J’étais tellement enfermé dans le fait de juste écrire que je n’étais pas heureux dans ma vie d’homme. A un moment, j’ai juste ouvert les yeux sur le reste du monde. Aujourd’hui, j’ai trouvé un équilibre. Quand on est marié et qu’on est papa, on souhaite avoir une vie de famille normale.

Heureusement, l’animatrice Faustine Bollaert, votre femme, est bien occupée.maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen king

Heureusement, oui. On arrive à ménager nos emplois du temps. Moi, j’écris 5 jours par semaine entre 6 et 10 heures par jour.

Ce sont de bonnes journées !

Et j’avoue que de temps en temps, quand je suis en fin de roman et que ça me démange, ma femme m’embrasse tendrement sur la joue, le samedi matin, et me dit : « Je sens que ça te démange. Lève-toi ! Va écrire ! On se revoit dans l’après-midi, mon amour ».

19 septembre 2013

Tal : interview pour A l'infini

b059c2f40e2d11e38cc022000ae80ec6_7.jpgAprès avoir vendu 300 000 unités de son premier album Le droit de rêver et tutoyé le sommet des charts français en participant à l'aventure Génération Goldman, Tal revient avec un deuxième opus, baptisé A l’infini. L'artiste franco-israélienne de 23 ans, loin de s'appesantir sur une formule qui a fait ses preuves, a choisi d'explorer de nouvelles directions musicales pour son deuxième album, en y incorporant des touches de reggae, tout en conservant les influences pop et R'n'B qui ont fait son succès. Évidemment, ce n’est pas ma tasse de thé personnelle, problème sans doute de génération. En tout cas, Tal confesse volontiers proposer aujourd'hui des chansons « plus musicales » et moins « commerciales ». Le résultat ne décevra pas ses fans, dans un album à l'image de sa pochette : nuancé, coloré et esthétique.

Pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan (daté des mois de septembre/octobre 2013), j'ai rencontré Tal le 26 août dernier, dans sa loge, lors de l'enregistrement de la première de Les chansons d'abord (émission musicale sur la chanson Française présentée par Natasha St-Pier sur France 3).

(Petit rappel: le goût des uns n'est pas le goût des autres... je n'ai pas l'âge du public visé et je suis amateur de chanson française plus... disons "traditionnelle". Je ne me sens donc pas le droit de juger une musique qui n'est pas faite pour moi.) (Ma fille l'adore et la jeune femme est très sympathique et lucide... ça me suffit pour l'apprécier un peu).

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A l'international (clip officiel).

Petit bonus mandorien (tout petit, le bonus):

Qu’est-ce qui fait mûrir quand on fait ce métier et que ça marche ?
Ce sont les expériences humaines et scéniques que j’ai vécues en deux ans. On rencontre beaucoup de gens. Il y a beaucoup de partages et on vit des moments très forts. J’ai vécu énormément de choses qui ont été très fortes émotionnellement.

1044200_550859224971518_746427716_n.jpgVous participez aussi à l’album Génération Goldman 2. Tout comme vous étiez sur la première compilation. Pourquoi ce choix ?
C’est toujours un plaisir de devoir défendre des chansons de Jean-Jacques Goldman. C’est un vrai honneur pour moi. Je respecte et admire vraiment cet artiste. J’ai eu la chance de le rencontrer aux Enfoirés cette année. Goldman, pour moi, c’est le parfait exemple de carrière et de gestion humaine. Le type parfait. Il faudrait que tous les artistes soient comme lui humainement.

On vous voit beaucoup danser dans vos clips.
C’est parfait pour participer à Danse avec les Stars (à partir du 28 septembre 2013), dont vous êtes l’une des candidates…
Je fais cette émission pour l’expérience parce que, selon mes amis qui y ont participé, c’est une aventure humaine extraordinaire. Moi, je n’ai jamais dansé à deux. J’ai toujours dansé seule des chorégraphies très urbaines. Là, ça va me changer. J’ai envie de vivre une nouvelle expérience et ça va me faire du bien physiquement. J’adore les défis.

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Tal et Mandor le 26 août 2013.

17 septembre 2013

Eric-Emmanuel Schmitt : interview pour Les perroquets de la place d'Arezzo

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Rencontrer Éric-Emmanuel Schmitt est toujours un délice. Cet  homme érudit et charmant a été l’un des tout premiers mandorisés (en 2006), à une époque où je cachais encore mon visage et où (donc) personne ne savait qui se cachait derrière Mandor (voir là).

Dans ce nouveau roman choral, Les perroquets de la place d'Arezzo, Eric-Emmanuel Schmitt a voulu montrer qu’il y a autant de façons d’aimer, autant de sexualités différentes qu’il y a de peaux. Chacun arrive avec une histoire et des désirs différents. Il a écrit une sorte de petite encyclopédie romanesque des manières d’aimer. Il a aussi souhaité montrer qu’il n’y a pas de normalité en matière d’amour ou de sexualité. Pour lui, tant qu’il y a accord entre les parties, rien n’est répréhensible.

Bref, l’amour dans toute sa diversité selon maître Schmitt !

Le 17 juillet dernier, pour Le Magazine des Loisirs culturels des magasins Auchan (daté des mois de septembre/octobre 2013), nous nous sommes rencontrés dans un bar situé en face du théâtre qu’il dirige, le Théâtre Rive Gauche. Ce que j'aime avec lui, c'est qu'il ne mâche pas ses mots...

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(Voici l'intro, pour ceux et celles qui n'avaient pas pensé à se munir d'une loupe avant d'arriver sur cette page)

Autour de la place d'Arezzo se croisent, dans un voisinage élégant et contrasté, le fonctionnaire et l'étudiant, le bourgeois et l'artiste, la poule de luxe et la veuve résignée, mais aussi la fleuriste et l'irrésistible jardinier municipal. Jusqu'au jour où leur parvient une lettre, anonyme, identique, mystérieuse : "Ce mot simplement pour te signaler que je t'aime. Signé: tu sais qui." Une vraie bombe à retardement. Et chacun de s'enflammer, de rêver, d'y voir une promesse, un bonheur attendu, une blague, une menace. Éric-Emmanuel Schmitt revient avec une véritable anthologie littéraire de l’érotisme et des relations de couple.

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Voici le bonus mandorien (autant dire, la version longue de l'interview).

Il y a un moment où vous avez senti que ce nouveau livre était prêt ?

Oui, c’est exactement ce qu’il s’est passé. Je n’ai ni diagramme, ni plan, je n’ai qu’à tirer le fil et tout va se mettre en place très naturellement. Ça se fabrique tout seul dans une partie de mon cerveau. Mon rôle consiste ensuite à rendre ça lisible, visible, audible, mais ça existait déjà quelque part.

Pourquoi ce livre fait-il plus de 800 pages ?

Vous ne trouvez pas que c’est un peu chiche quand le sujet principal est l’amour ? Dans ce livre, je voulais avoir un regard encyclopédique sur toute forme d’amour et toute sorte de sexualité. Il y a une trentaine de personnages. C’est écrit bref, mais il y a beaucoup de protagonistes, donc il y a beaucoup à dire.

Vous faites toujours en sorte qu’aucune explication ne l’emporte sur une autre.

Je ne veux pas tomber sur le psychologisme ou tout s’explique par l’histoire des gens. Je n’exclus pas les données de nature, mais je ne réduis pas tout à elles. Je donne des clefs, mais en montrant qu’il n’y en a jamais une seule. Il y a un trousseau.

À lire votre roman, personne ne vit normalement…

Ça n’existe pas les gens qui vivent normalement, qui ne cachent pas des cadavres. Quand on pense que quelqu’un est normal, c’est qu’on en a une vision superficielle. Moi, personnellement, je ne connais personne de normal.

Il y a une forme d’œcuménisme dans cette observation des êtres…eric-emmanuel schmitt,les perroquets de la place d'arezzo,interview,mandor,magazine des loisirs culturels auchan,poussin 1er

Dans beaucoup de mes livres, je parle de religion et de spiritualité. Il y a ce regard d’intérêt et d’attention pour, sans jugement. J’ai le même regard pour la vie intime des gens. Dans ce livre, j’ai été très surpris de me trouver proche de tous les personnages.

Quel est le personnage qui vous ressemble le plus.

Il y en a plusieurs… en plus édulcoré (rires). Votre question a de l’intérêt, mais ma réponse n’en a pas. Ce qui compte, c’est que le lecteur fasse son propre cheminement par rapport aux personnages. Dans ma vie, j’ai toujours été plusieurs personnages, alors je suis obligatoirement bon nombre de personnages de ce roman. Je peux même me portraiturer dans la peau d’une femme. Je n’ai peur de rien… Dans ma vie, il y a des points d’ancrage, qui sont mes affections et mes fidélités, mais en même temps, il y a une vraie diversité qui fait que je peux être vraiment plusieurs de ces personnages.

Tout ce que fait Éric-Emmanuel Schmitt trouve un large public. Cette confiance met-elle de la pression.

Normalement, un auteur de romans fait un même roman tous les 18 mois. Moi, c’est un conte, un recueil de nouvelles, un gros roman, une pièce, un film, un essai sur la musique…  je varie mes activités. Ma spécificité, c’est d’être au rendez-vous, mais on ne sait jamais avec quoi. Ce n’est pas une pause de ma part. Dès que j’ai l’impression que je sais faire, j’arrête. Je veux retrouver le sentiment du danger, le sentiment de la première fois.

Redevenir puceau.

Oui, complètement. Vivre chaque œuvre comme si c’était la première fois.

Est-ce qu’écrire ce type de livre est une prise de risque ?

Je ne me pose pas ce genre de question, mais j’entends ça autour de moi. Moi, j’ai juste peur de ne pas être à la hauteur de ce que je me promets de faire.

eric-emmanuel schmitt,les perroquets de la place d'arezzo,interview,mandor,magazine des loisirs culturels auchanVous sortez aussi une bande dessinée, « Poussin 1er, cui suis-je ? » dessiné par Janry.

C’est un personnage que j’avais dans la tête depuis 25 ans et j’avais écrit certaines de ses histoires sous la forme de contes. Un jour, j’ai compris qu’il fallait que ces histoires deviennent une bande dessinée. J’ai donc rencontré les gens de chez Dupuis. Je leur ai raconté mon projet : un petit poussin philosophe qui est dans une bassecour avec des poules qui sont toutes plus idiotes les unes que les autres. Quand elles répondent aux questions, elles savent, mais sans avoir appris. Elles ont des opinions, des préjugés. Elles reproduisent la façon de pensée commune. Poussin, lui, pose des questions justes auxquelles il apporte des réponses fausses. C’est parti pour plusieurs albums. Je suis en train d’écrire le deuxième.

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Eric-Emmanuel Schmitt et Mandor le 17 juillet 2013.

17 juin 2013

Eliette Abécassis : interview pour Le palimpseste d'Archimède

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 Romancière et essayiste, Eliette Abécassis alterne textes intimistes (La répudiée, Mon père, Un heureux événement), épopées (Qumran, Le Trésor du Temple, Sépharade) et essais (Petite métaphysique du meurtre, Le Livre des Passeurs, Le Corset invisible). Elle collabore par ailleurs régulièrement à des journaux (Le Monde des Religions, Le Figaro littéraire, Elle) et travaille pour le cinéma (Kadosh, Un heureux événement). La dame a du talent et, elle aussi, ça faisait un moment que je souhaitais que nos chemins se croisent. Voilà qui est fait  à l’occasion de la sortie de son roman Le palimpseste d’Archimède.

Le 29 mai dernier, elle m’a donné rendez-vous au café d’en bas de chez elle… Voici la synthèse de notre conversation pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (puis je vous propose un complément pour ce blog).

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(Puisque vous n'avez pas de loupe à portée de main, je vous propose une lecture plus aisée de l'introduction de cette interview... De rien!)

"Et si le monde avait un code secret qu’il serait dangereux de déchiffrer ?" s’interroge Éliette Abecassis dans son nouveau thriller historico-ésotérique. Des mystères d’Eleus au nombre Pi, de l’élite savante aux jésuites d’un obscur monastère de Judée, l’auteure embrasse deux mille ans de l’histoire humaine en mêlant rituels anciens, philosophie et mathématiques, assassinats sanglants et mysticisme. Un livre dans la lignée du Da Vinci Code !

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Le teaser du livre.

220px-ABECASSIS_Eliette-24x30-2006.jpgBonus mandorien:

On sent que derrière ce livre, il y a une agrégée de philosophie. Je trouve que ce roman est avant tout un livre philosophique.

Je l’ai voulu comme tel. On apprend beaucoup de choses sur la philosophie grecque, mais aussi la philosophie d’une façon générale. Et surtout, ce qu’apporte la philosophie à la vie et l’importance de la philosophie pour chacun de nous. Je pense qu’aujourd’hui les philosophes ont un peu démissionné de leur rôle. Ils n’apportent plus aucune vérité. Ils se retirent du débat. Sauf certains philosophes qui, pour le coup, sont un peu trop dans la démagogie de la philosophie. On est dans une époque où on a plus que jamais besoin de la philosophie pour répondre à toutes les questions que l’on se pose sur la marche du monde.

On ne peut pas écrire un livre dense comme celui-ci, dans lequel il y a autant d’informations, sans être passionné par tout ça.

La philosophie, pour moi, est la reine des disciplines. Je l’ai enseigné pendant trois ans. J’ai essayé de retransmettre ma passion que j’ai pour la philosophie à travers la relation entre ce professeur de philosophie, Elsa Marrek et son disciple. À travers eux, j’essaie d’avoir la même relation avec le lecteur.

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(Photo : Gala)

Vous-mêmes, vous avez eu un mentor, un initiateur en philosophie ?

La philosophie ne débouche que sur l’enseignement de la philosophie. Les gens qui étudient la philosophie doivent avoir une rencontre, un initiateur privilégié. Si on prend un livre de philo, comme ça, tout seul, on ne va pas comprendre. On a besoin de quelqu’un qui va nous expliquer, à la façon des péripatéticiens d’Aristote ou de Socrate avec leurs élèves. Moi, j’ai eu plusieurs mentors, à commencer par mon père qui est prof de philosophie. J’ai été son élève et son disciple. C’est avec lui que j’ai appris la philosophie. En terminal, à Strasbourg, j’ai eu un professeur extraordinaire qui s’appelle Norbert Engel. C'était un accoucheur d'esprit, subversif et provocateur, passionné et passionnant. C'est lui qui, le premier, m'a encouragée à écrire à 15-16 ans et à passer le concours de l'ENS. Il est l’un de mes d’éveilleurs de conscience comme devrait l’être tout bon prof de philo.

Du coup, vous, vous éveillez les consciences de vos lecteurs.

Pour moi, c’est très important, de transmettre à travers les romans. Je pense que j’ai cette mission-là. Je n’écris pas pour moi, je n’écris pas pour me faire plaisir, ni pour raconter des aventures personnelles, mais j’écris pour transmettre quelque chose. J’ai toujours le souci du lecteur, je ne le lâche jamais et puis surtout, je tente de l’élever, de l’introduire dans un monde inconnu. Je le prends pour quelqu’un de curieux et d’intelligent qui va être ravi de découvrir un univers.

Il y a aussi une jolie histoire d’amour dans ce roman.

J’aime bien le mélange des genres. C’est un roman philosophique, c’est un thriller, c’est une histoire d’amour. On fait des va-et-vient dans le temps, c’est moderne et ancestral…

Même si un livre comme Le palimpseste d’Archimède est complexe à écrire, est-ce que cela vous amuse d’écrire ce genre de livres ?

Oui, semer des indices, construire des fausses pistes est très amusant. La règle du polar, c’est que le lecteur doit avoir tous les éléments pour dénouer lui-même l’intrigue. L’auteur sème des cailloux qu’il n’arrête pas de camoufler pour égarer le lecteur. Celui qui est clairvoyant trouvera l’intrigue. 

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Le 29 mai 2013, après l'interview...

19 avril 2013

Florent Mothe : interview pour son premier album Rock In Chair

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Florent Mothe vient de sortir son premier album, Rock In Chair, après l’aventure Mozart, l’opéra rock. Je l’ai rencontré pour Le magazine des loisirs culturels Auchan daté d’avril-mai 2013.

Florent Mothe est le chanteur de variété française qui monte. Son album, à peine sorti, se vend déjà très bien. Chez Warner, on se frotte les mains…

La voix unique de Florent Mothe se démarque de ce que l’on peut entendre habituellement en variété française. Les titres, tous en français, sonnent parfois comme de la pop britannique.

Jérôme Attal, Dove Attia, Ycare et Vincent Baguian (tous mandorisés) sont quelques-uns des auteurs présents sur ce disque.

Le chanteur est venu à l’agence le 15 mars dernier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune homme est extrêmement poli, sympathique et avenant.

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Le clip de "Je ne sais pas"

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Petit rappel : le premier grand succès de Florent Mothe, "L'assasymphonie", tiré de Mozart, l'opéra rock.

17 avril 2013

Tatiana de Rosnay : interview pour A l'encre russe

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DSC07296.JPGTatiana de Rosnay est l’auteur français le plus lu en Europe et aux États-Unis. Sa belle aventure littéro-planétaire a débuté avec Elle s’appelait Sarah. En 2007, elle devient une star des lettres grâce à ce roman vendu à plus de 9 millions d’exemplaires dans 42 pays. Son douzième roman A l’encre russe  a pour origine une mésaventure subie par la romancière elle-même. Dans une très belle mise en abîme, ce livre raconte l’histoire d’un jeune homme, Nicolas Kolt qui, au moment de refaire sa pièce d’identité, découvre la véritable origine de son père mort en mer. À partir de cet événement, il va écrire un roman au succès planétaire. A l’encre russe vaut tant pour son intrigue que pour sa description du milieu littéraire.

J’ai beaucoup d’affection pour Tatiana de Rosnay et cela fait maintenant quelques années que nous nous connaissons. Je l’ai mandorisé de nombreuses fois.

Pour la sortie d’Elle s’appelait Sarah, pour une rencontre à la Fnac Val d’Europe à l’occasion de la sortie de Boomerang, pour une émission de télé sur le web, pour une projection privée d’Elle appelait Sarah, pour une rencontre avec des élèves de Provins et pour un Coca Light au soleil pour évoquer la sortie de La mémoire des murs.

Et, c'est elle qui a eu la gentillesse de préfacer mon livre, Les chroniques de Mandor.

Voici donc notre dernière rencontre. C’était le 19 mars dernier dans un bar situé près de chez elle. Une interview pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté du mois d’avril-mai 2013)

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Le 19 mars dernier dans un bar parisien après l'interview...

22 février 2013

Jean Teulé : interview pour Fleur de tonnerre

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J’avais rencontré la première fois Jean Teulé dans les années 90 lorsque j’officiais à RFO Guyane. Lui était venu faire un reportage pour je ne sais quelle émission, sur un endroit qui s’appelle Pompidou-Papaïchton et sur le dernier bagnard encore vivant à l’époque, à Saint-Laurent du Maroni. Nous nous sommes côtoyés, le temps de son séjour guyanais. C’est avec plaisir que je suis allé lui rendre visite, près de 20 ans (et quelques best-sellers) plus tard, dans le bureau où il écrit tous ses livres. Le 4 février dernier, Jean Teulé me reçoit (comme si le temps n’était pas passé) pour parler de son nouveau livre, Fleur de tonnerre.

Voici donc le fruit de notre entretien, en version courte pour Le magazine des loisirs culturels Auchan daté du mois de février/mars 2013. La suite de l’entretien suivra…

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jean teulé,fleur de tonnerre,interview  le magzine des loisirs culturels auchan,mandorInterview, version mandorienne...

Hélène Jégado n’avait pas de cœur ?

Si, mais le personnage qu’elle croyait être, lui, non. Elle pouvait donc tuer, même des gens qu’elle aimait beaucoup. Et ça lui faisait de la peine.

Elle est schizophrène, mais vous ne l’indiquez pas clairement.

Je le fais comprendre. Dans la vie, on essaie tous de sauver sa peau comme on peut. La seule solution qu’elle a trouvée pour dominer son angoisse liée à son enfance, c’est de devenir l’angoisse.

Vous, c’est en écrivant des livres comme celui-ci.

Exactement. Et moi à chaque livre je me dis que j’arrête d’écrire des choses monstrueuses. Et je n’y parviens pas. Vous vous rendez-compte que mon livre le plus optimiste, c’est « Le magasin des suicides », ça vous donne une idée du niveau (rires).

Les villageois ont réagi plus vite que les médecins pour soupçonner Hélène…

Au début de sa carrière de tueuse, on faisait très peu d’autopsies. C’était une période où il y avait des fulgurances de choléra. Hélène s’occupait de ses victimes jusqu’au bout, elle ne volait pas, donc c’était difficile de la soupçonner. La plupart du temps, dans la famille où elle se trouvait, elle avait buté tout le monde, donc, il n’y avait personne pour la payer. Bon, en plus, les médecins au 19e siècle en Basse Bretagne, ce n’était pas des cadors. Souvent, les serials killers ont de la chance, sinon, ils ne seraient pas des serials killers.

On connait chez vous le souci que vous avez de la réalité historique. Avez-vous fait des recherches sérieuses sur les légendes bretonnes ?jean teulé,fleur de tonnerre,interview  le magzine des loisirs culturels auchan,mandor

Évidemment, je ne veux pas être « piégeable » par les Bretons. C’est un pays fou la Bretagne. C’est pour ça que j’ai mis en exergue une phrase d’un breton, Jacques Cambry, fondateur de l’Académie celtique en 1805 : « Chaque pays a sa folie. La Bretagne les a toutes ». Comme ça, avant même que le livre commence, l’affaire est réglée.

Vous mettez toujours un peu d’humour dans vos livres. On voit dans celui-ci des perruquiers normands constamment présents et vivants des aventures rocambolesques.

Ça m’amusait de mettre en parallèle les perruquiers qui à chaque fois qu’il leur arrive une mésaventure bretonne pestent contre cette région, mais qui au fur et à mesure que l’histoire avance deviennent plus bretons que les bretons. Ils se sont fait eux-mêmes avaler par la Bretagne.

Ça déplombe l’ambiance du coup.

Je voulais aussi éviter d’être trop répétitif. Quand on raconte la vie d’un tueur en série comme Hélène Jégado, c’est compliqué. C’est quand même l’histoire d’une nana qui arrive chez des gens, elle fait à manger et les gens meurent. Elle change de maison, elle fait à manger, les gens meurent. 37 fois… À chaque fois, il a fallu que je trouve un angle différent et un contre point  pour raconter les scènes.

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Hélène Jégado.

Si on ne sait pas que c’est une histoire vraie, on peut se dire que ce n’est pas très crédible comme histoire.

C’est un lieu commun de dire que la réalité dépasse la fiction, mais c’est vrai. Qui peut inventer un personnage comme ça ? Non, franchement, la réalité est plus balaise que la fiction.

Votre carrière devient absolument incroyable. Tous les livres que vous sortez sont adaptés immédiatement au cinéma.

Au cinéma, au théâtre ou en bande dessinée. Le Montespan qui est sorti en bande dessinée, le premier tome de  Je, François Villon, Le magasin des suicides va bientôt sortir en BD et aussi Charly 9 qui est en train d’être dessiné. Au prochain Festival d’Avignon, j’ai trois romans qui vont être joués en pièce de théâtre. Je crois que ça n’est jamais arrivé à un auteur français.

jean teulé,fleur de tonnerre,interview  le magzine des loisirs culturels auchan,mandorJe sais que vous n’aimez pas analyser ce qui vous arrive, mais c’est quand même un cas rare.

Moi, je me dis que peut-être tout va s’arrêter avec Fleur de Tonnerre. Les gens vont peut-être détester ce livre ou s’en foutre. Mon éditeur, ça le fait marrer quand je dis ça. Pas moi. Rien n’est jamais acquis.

Vous êtes toujours dans le doute ?

Fleur de Tonnerre m’a rendu malade. À force de raconter des gens qui se tiennent le ventre et qui crèvent, au fur et à mesure que j’écrivais le livre, je commençais à avoir de plus en plus mal au ventre. Je me disais que la nana qui bute tout le monde, elle est en train de buter aussi le mec qui raconte l’histoire. Je suis allé voir un proctologue qui m’a fait une coloscopie et il m’a dit que je n’avais strictement rien. Il m’a dit  que 80% des maux de ventre sont des mots de tête. Je lui ai raconté le livre que j’écrivais et sur l’ordonnance il m’a juste écrit « l’empoisonneuse doit disparaître ».

C’est dingue ce que vous me racontez !

Quand j’écrivais Mangez le si vous voulez, l’histoire d’un type qui se fait massacrer tout le temps. J’avais mal partout, aux os. Je suis allé chez le chiropracteur. Quand j’ai écrit Darling, je l’ai terminé sous anti anxiolytique. Ce qui fait que je me dis que, maintenant, il va falloir que je fasse bien gaffe au sujet de mon prochain livre. Selon ce que j’écris, je change de médecin.

Pourquoi n’essayez-vous pas d’écrire un roman positif et amusant ?

C’est ce que me demande Miou (la comédienne Miou Miou qui partage sa vie). Elle me dit :« T’as pas entendu parler du Père Noël ? Tu raconterais l’histoire d’un monsieur, il aurait un traineau et il donnerait des cadeaux aux enfants… » À chaque fois je me dis que le prochain livre sera un livre comme ça. Je m’installe devant mon clavier et, très vite, ça se barre dans un truc un peu sanglant. Quand je dis que c’est la faute de ma mère, elle n’aime pas, mais je suis sûr que c’est vrai. Elle m’a traumatisé.

Tous vos héros dans votre œuvre ne lâchent jamais rien.

Le point commun c’est que tous mes héros sont seuls contre tous et ils ne lâchent pas, en effet.

Un écrivain écrit-il nécessairement des livres qui lui ressemblent ?jean teulé,fleur de tonnerre,interview  le magzine des loisirs culturels auchan,mandor

Je me dis : un pommier fait des pommes. Il ne se demande pas s’il va faire des poires ou du raisin. Moi, j’ai l’impression d’être un pommier. Voilà, c’est le type de pomme que je fais… un peu empoisonnée.

Vous êtes déjà sur le prochain livre ?

Non et je ne sais pas de quoi il va parler. Chaque livre, je l’écris comme si c’était le dernier en me disant « là, je balance tout ! » De plus, je n’ai jamais trouvé une idée de livres. À chaque fois, c’est un hasard. Ça me fout les mains moites ça. Je me dis que le hasard a été là tout le temps… et s’il ne vient plus le hasard ?

Est-ce que vous profitez de ce succès ?

Je ne m’en rends pas beaucoup compte parce que je sors très peu. Je ne vais dans les soirées littéraires, je n’ai aucun copain écrivain, je ne les connais pratiquement pas. De 10h à 19h, tous les jours je suis dans ce bureau où nous sommes là. Samedi, dimanche, pas de vacances tant que le livre n’est pas terminé. Si, en fait, je dis des bêtises. Je m’en rends compte quand je reçois mes droits d’auteurs. Là, je comprends qu’il y a eu du monde. 

Vous vous rendez-compte que vous comptez dans le milieu des Lettres françaises ?

Oui, ça commence à rentrer dans ma tête, mais c’est parce que c’est mon éditeur qui me le dit. Encore une fois, je m’attends toujours à ce que tout ça s’arrête brutalement. Je ne suis peut-être qu’une source. Une source, à un moment, ça se tarit. À chaque livre, je me demande si la dernière goutte est sortie.

Vous êtes fatigué à la fin de l’écriture d’un roman ?

Je suis claqué. Quand j’ai fini un livre, je suis exsangue. Après, pendant 5, 6 mois, je n’écris plus une ligne.

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Bonus: Le cas d'Hélène Jegado, "En votre âme et conscience". La reconstitution du procès d'Hélène Jegado à la cour d'assises d'Ille et Vilaine, à Rennes, le 6 Décembre 1851. (Archives de l'Ina 24/01/1967)

08 novembre 2012

Francis Cabrel: interview pour Vise le ciel

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(Crédits : Claude Gassian)

Cabrel-Gassian8538.jpgL’exercice était amusant. Interviewer un artiste, Francis Cabrel, sur un même sujet, la sortie du disque Vise le ciel, pour deux journaux différents. Et ne pas publier la même interview. La méthode est simple. Faire un entretien un peu plus long que d’habitude (qui s’est tenu il y a deux mois, le 10 septembre dernier au bar du Park Hyatt Paris) et poser beaucoup de questions. Ensuite, partager la substantifique moelle de l'interview entre les deux magazines de manière à ne léser aucun des deux, tout en gardant une fluidité et une cohérence.

Donc, en lisant les deux interviews, vous saurez tout sur ce disque, n°1 des ventes des disques en France depuis deux semaines consécutives.

Voici pour commencer la version du Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2012).

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Francis Cabrel - Comme une Femme
Extrait de l'EPK
Nouvel album "Vise le Ciel" sortie le 22 octobre 2012

A présent, l’interview pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan. Vous pouvez comparez... aucun doublon.

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Le 10 septembre 2012 au bar du Park Hyatt Paris.

06 octobre 2012

Bernard Werber : interview pour Troisième Humanité

bernard werber,troisième humanité,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorBernard Werber, je l’ai beaucoup lu au début de sa carrière, puis moins, puis de nouveau depuis peu. Parfois parce que mon métier m’y oblige, parfois par curiosité (et même par intérêt). J’apprécie l’homme, j’ai donc beaucoup de plaisir à le rencontrer pour des entretiens. Cette interview est la 6e (lire la précédente ici). L’auteur m’a reçu une fois encore chez lui, le 25 septembre dernier, pour Le Magazine des loisirs culturels Auchan, à l'occasion de la sortie, quelques jours plus tard de son nouveau roman, Troisième Humanité. (Vous avez évidemment le droit à la version complète juste après l’officielle.)  

 

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bernard werber,troisième humanité,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorBonus : version longue de l'interview juste pour Les chroniques de Mandor.

L’action de votre livre est censée se dérouler dans 10 ans, mais le monde que vous décrivez ressemble à celui d’aujourd’hui…

Le monde d’aujourd’hui est déjà un monde dans lequel il y a la dynamique de tout ce qui va arriver dans le futur. Par exemple, la fonte des neiges en Arctique dont je parle dans le livre, c’est quelque chose qui est en cours actuellement et qui sera donc beaucoup plus développé dans 10 ans. Il y a une réflexion sur la croissance démographique. Je pose une question en tant que romancier : est-ce que la Terre peut supporter 10 milliards d’humains, alors qu’au siècle dernier, il n’y en avait qu’un milliard ?

Il y a un moment sensuel, voire presque sexuel entre vos deux héros Aurore Kammerer et David Wells. Ce genre de scènes est rare dans vos romans.

Avec la scène à laquelle vous faites référence, je voulais souligner qu’au-delà de tout, nous sommes des êtres de chair et de sang avec des hormones. On a beau être scientifique et manier de grandes idées, on est comme des animaux. Il y a la parade nuptiale et il y a l’envie de reproduction qui est inhérente à notre espèce. Mélanger la sexualité et la science me semble un cocktail intéressant.

Vous évoquez la réincarnation.

J’ai fait des séances d’hypnoses dans lesquelles on m’a fait revivre mes vies précédentes. Je ne suis pas dans le « est-ce que c’est vrai ? Est-ce que c’est faux ? », c’est une histoire qui m’apporte des informations pour ma vie actuelle et ça m’apporte du miel pour écrire mes romans. Il m’a semblé avoir revécu une vie ancienne, maintenant je ne jurerai pas que cela est vraiment arrivé. Le seul élément qui pourrait m’inciter à penser que c’est vrai, c’est la masse de détails que j’ai retenue. C'est-à-dire que quand j’ai revécu ma vie en Atlantide, je voyais ce que l’on mangeait, je pouvais décrire avec précision les pièces que je visitais, les gens que je croisais. J’avais l’impression d’être un archéologue de vies antérieures. Maintenant, est-ce un rêve ou le fruit de mon imagination de romancier ?

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Dans Troisième Humanité, la terre prend la parole...

Vous n’avez jamais récidivé ?

Non. C’est comme faire de la montgolfière et du parapente, j’ai envie de le faire une fois et d’en parler. Pour l’expérience d’hypnose que j’ai vécue, j’ai peur qu’il y ait une sorte d’addiction malsaine si je recommence. J’ai l’impression que je tomberais dans la croyance. Mon métier ne consiste pas à être croyant, mon métier consiste à être expérimentateur et après raconter.

Vous n’êtes ni un mystique, ni un gourou.

L’approche de mon travail est philosophique. Philosophie, c'est-à-dire qui aime la sagesse. Dans le mot sagesse, j’entends le mot curiosité et capacité d’émerveillement. Sagesse, c’est faire des expériences et comprendre le monde. D’où l’on vient et où l’on va.

Vous en êtes à votre 18e livre. Vous parlez toujours du monde, de la planète, de l’univers, de la mort, de la vie, mais vous parvenez de roman en roman à vous renouveler. Vous 387545_430477610322496_204143402_n.jpgtrouver des angles systématiquement différents pour parler de la même chose. Puis-je affirmer cela ?

Je le répète, à mon avis, tous les romans reviennent sur les mêmes questions : qui sommes-nous ? Où allons-nous ? D’où venons-nous ? Vous savez, définir l’être humain, c’est très difficile, surtout aujourd’hui. La manière que j’ai d’explorer ça, c’est toujours de prendre un héros et de le confronter à une situation extraordinaire qui va l’obliger à se poser aussi la question : « qu’est-ce notre espèce et où allons-nous ? » Actuellement, la démarche que j’ai dans mes livres et le travail que je fais ne sont pas très à la mode en France. On considère que c’est plus un style anglo-saxon.

Vous sentez-vous visionnaire ?

Ça m’amuse d’avoir une vision du futur et ça m’amuse d’autant plus quand ce que je raconte se réalise. Il y a une phrase de Woody Allen qui dit « si je m’intéresse au futur, c’est parce que c’est là que je veux passer mes prochaines années ».

C’est facile pour votre entourage de vivre avec quelqu’un comme vous ?

(Rire) Pour mon entourage, je ne suis pas un écrivain, je suis un type normal, qui doit descendre les ordures et qui doit gérer l’appartement. Ma femme, qui est pourtant une de mes lectrices, depuis qu’elle vit avec moi ne me voit plus comme un auteur, elle ne voit plus que comme un simple humain avec lequel elle vit.

J’ai remarqué que vous aviez du mal à écrire un roman qui se suffit à lui-même. Ce sont toujours des cycles ou des sagas.

Celui-ci devait être un petit bouquin. Mais, il y a un moment, les personnages parlent d’eux-mêmes et les histoires ont besoin d’une certaine taille pour pouvoir exister. Les personnages de ce roman avaient envie de beaucoup de place pour exister. Je suis aussi aux ordres de mes personnages. C’est une forme de schizophrénie, mais quand ils dialoguent, je ne fais pas d’effort, je les écoute et je suis obligé de les suivre. J’ai tellement répété les scènes qu’à un moment mes personnages existent par eux-mêmes. À force d’écrire, je les fabrique et ils finissent par vivre. Plus ils seront autonomes plus ils auront la chance de surprendre le lecteur.

Vous dites, « à force de répéter une scène »… c’est comme une pièce de théâtre ?

Je crée la scène en l’écrivant. J’ai écrit une vingtaine de romans ou les personnages ont fait autre chose et où ils ont vécu d’autres histoires. Pour moi, c’est comme une partie de Master Mind. J’ai tous les éléments, mais ils ne sont pas bien placés.

C’est dingue ce que vous me racontez. Vous écrivez 20 romans pour n’en sortir qu’un. Mais vous écrivez combien d’heures par jour ?

J’écris 4 heures et demie par jour, de 8h à midi et demi. Pendant ce laps de temps, je fais à peu près 10 pages efficaces.

La notion d’efficacité me trouble toujours.

Efficace pour moi, c’est quand la scène est bouclée dans sa cohérence. Chaque scène doit être comme une nouvelle avec une avancée de la crise et une chute surprenante. Une scène de 10 pages devrait avoir toutes ces vertus-là.

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Une semaine après cet entretien, Bernard Werber rencontrait comme chaque année son public au Virgin des Champs-Elysées.

Vous faites très attention aux réactions du public.

Je suis très à son écoute. Quand je fais des livres, c’est pour lui. En fonction de leur feedback, je modifie le livre suivant et l’écriture.

Les lecteurs vous en parlent quand vous les rencontrez dans les salons du livre ?

Non, sur internet. Dans les salons du livre, ils n’osent pas trop s’exprimer sur mes romans. J’ai conscience que ce sont les lecteurs qui me font vivre et j’ai conscience qu’ils peuvent aussi être déçu, donc je suis très à l’écoute, notamment sur mon site bernardwerber.com. Je me perçois comme connecté à une famille de lecteur. J’essaie de les émerveiller et de les surprendre. Surtout surprendre. Il y en aura toujours qui trouveront que c’était mieux avant, Les fourmis, Les Thanatonautes… mais mon devoir est de ne pas toujours leur servir les mêmes livres. Pour moi, écrire des livres est un acte d’échange.

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Le 25 septembre 2012, après l'interview. (Photo prise par son fils.)

11 septembre 2012

Tryo : interview (filmée et écrite) pour Ladilafé

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Le groupe Tryo a sorti son 5e album Ladilafé à la fin du mois dernier (il est déjà numéro un des ventes en France). L’occasion pour moi d’aller rendre visite à Christophe Mali et Daniel Bravo dans les locaux de leur maison de disque. Pour être sincère, cette rencontre s'est tenu avant l’été, précisément le 28 juin dernier. J’ai retiré de cette rencontre une interview filmée pour MusiqueMag, que j’ai transformée en version papier pour Le magazine des loisirs culturels Auchan.

Pour commencer, voici ma chronique du disque pour Le magazine des espaces culturels Leclerc.

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L'interview filmée...

 
La version de l'interview publiée dans Le Magazine des Loisirs Culturels Auchan (daté du mois de septembre 2012).

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A l'issue de l'interview, le Tryo infernal... chez Sony le 28 juin 2012.
(Christophe Mali et Daniel Bravo).

10 septembre 2012

Philippe Delerm : interview pour Je vais passer pour un vieux con

Philippe Delerm est venu à l’agence  le 27 août dernier pour évoquer son dernier livre, Je vais passer pour un vieux con. J’aime bien humainement cet auteur et son écriture minimaliste (et revendiqué comme tel) est loin de me déplaire. Je le rencontre de temps en temps (voir là). Voici le fruit de notre entretien publié dans Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté du mois de septembre 2012) qui est sorti aujourd’hui. Vous pourrez ensuite lire le bonus mandorien.

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Le bonus des Chroniques de Mandor :

Vous avez une bonne réputation/image médiatique. On ne vous critique pas trop.

Dans l’ensemble, je suis d’accord. Le simple fait de voir la vie en positif, ça fait de vous un être positif. Par rapport au petit milieu germano pratin, c’est sûr, c’est un peu incorrect. Des gens comme moi ou Christian Bobin, qui déboulent dans le paysage littéraire sans avoir conçu de stratégie, ça ne plait pas beaucoup.

Êtes-vous satisfait de votre condition d’écrivain ? Moi, quand je vois la façon dont vous la menez, elle me parait idéale.

J’ai ramé assez longtemps, vous savez. Près de 10 ans avant d’être publié. Après j’ai publié pendant 15 ans avant de connaître la notoriété et tout d’un coup, cadeau de la vie. La première gorgée de bière fait un carton. J’ai eu grâce à ce succès des cadeaux parallèles. Cela m’a permis de rencontrer des gens que j’admirais et que je rencontre, aussi bien des sportifs que des chanteurs. C’est une chance incroyable.

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Vous avez aussi la chance d’avoir un fils qui a beaucoup de succès.

C’est plus une source de soucis pour moi. Je suis assez inquiet de tempérament. Vincent est jeune encore. Il faut que ça continue à fonctionner pour lui, d’autant plus qu’il a eu l’habitude du succès assez tôt. Je sais que, pour lui, une désaffection du public, ce serait très lourd à supporter.

Si vous voyez une critique négative sur lui, ça vous heurte.

Évidemment, ça me heurte. Bien plus que si elle est pour moi.

Vous, vous supportez bien quand il s’agit de vous?

Non, ce serait mentir que de dire que ça ne me dérange pas. Ça me fait toujours mal, même si ce n’est pas si fréquent.

Comment sont les gens avec vous dans la rue ?

J’ai une trombine un peu connue, du coup, il m’arrive souvent d’être sollicité, mais très discrètement et gentiment. Un écrivain est assez préservé des critiques quand on le rencontre dans la rue. C’est marrant, les gens qui vous tiennent la jambe, qui s’incrustent, ce sont généralement des gens qui font semblant d’être des lecteurs et qui ne le sont pas. Les vrais lecteurs n’insistent pas longtemps lourdement.

Vous écrivez un nouveau livre. De quoi s’agit-il ?

C’est un roman. J’ai du mal à écrire des romans, mais j’aime bien. Celui-ci est un peu grave et évoque sur le début de la fin de la vie.

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07 juin 2012

I Muvrini : interview pour "Imagina"

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Pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan (daté du mois de juin 2012), j'ai interviewé Jean-François Bernardini, le leader emblématique du groupe Corse I Muvrini, à l'occasion de la sortie de leur nouvel album Imagina.

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13 mai 2012

Isabelle Autissier : interview pour "L'amant de Patagonie"

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Isabelle Autissier, ingénieur agronome, née en 1956 à Saint-Maur, ancienne navigatrice en solitaire jusqu’en 1999, présidente actuelle du World Wild Fund (France), est également connue comme une auteure de talent. Elle a écrit, chez Grasset, une biographie de Kerguelen (2004), Salut au Grand Sud (coécrit avec Erik Orsenna, 2006), Versant Océan, avec l’alpiniste Lionel Daudet (2008), et un roman remarqué, Seule la mer s’en souviendra (2009). Je l’ai interviewé à l’occasion de la sortie de L’amant de Patagonie. En voici la substantifique moelle pour Le magazine des loisirs culturel Auchan (daté du mois de mai 2012).

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Bonus mandorien :

C’est votre 7e livre, mais votre 2e roman.

Je vais jusqu’à dire que L’amant de Patagonie est mon premier roman 100%. Seule la mer s’en souviendra était inspiré d’un fait réel, même s’il était romancé. Là, c’est vraiment de la fiction.

Écrire des livres fictionnels vous taraudait depuis longtemps ?

Je suis une grande lectrice, alors évidemment, écrire un roman est de l’ordre du fascinant. Raconter des aventures vécues n’a rien à voir avec le fait d’inventer des histoires. Avec le roman, on est face à une page blanche et un monde à inventer de A à Z. Je voulais me lancer dans cette aventure, car je me  demandais si j’en étais capable et surtout, j’aime aller voir ailleurs, sortir de ma vie et mes expériences habituelles.

Vous sentez-vous l’âme d’un écrivain ?

C’est en tout cas ma façon de m’exprimer. J’aime les mots, j’aime leur musique, j’aime ce qu’ils portent comme imaginaire. On peut abattre toutes les frontières avec eux.

La mer est présente dans votre livre, moins que dans les précédents, mais quand même… arriverez-vous à vous détacher de la navigation dans vos livres.

Ma vie tourne autour de l’océan depuis longtemps et j’ai toujours eu le sentiment depuis petite fille que ma vie allait se passer là. Ce qu’il y a de bien avec la mer, c’est que l’on peut tout faire. J’ai eu une carrière scientifique, j’ai travaillé avec les marins pêcheurs,  j’ai eu une carrière sportive, maintenant, je suis plus dans le culturel. Je crois que je n’ai pas épuisé toutes les ressources que l’océan peut m’offrir d’un point de vue intellectuel en tout cas.

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En termes d’océans et de navigation, difficile de trouver plus légitime que vous, mais en termes d’écriture, cherchez-vous une légitimité ?

Je serais contente si je gagne cette légitimité. A partir du moment où on écrit, c’est que l’on se vit un minimum comme écrivain et qu’on a envie d’être lu. Bien sûr que la reconnaissance des lecteurs et de ses pairs est importante. Par contre, je n’ai pas forcément envie d’être dans une boite avec marquée dessus « écrivain ».

Le livre fini, quand il arrive dans vos mains, ça vous fait quoi ?

Ça concrétise des mois de travail, d’élan intérieur. L’envie de trouver les bons mots, l’envie d’être comprise. Un livre, c’est un peu un bébé qui va vivre sa vie… dont j’espère qu’elle sera belle.

Vous faites des salons du livre, vous rencontrez quelques écrivains… vous aimez bien ce milieu ?

J’aime bien parler de ce que j’aime, j’aime bien partager, j’aime bien emmener les gens dans ce qui m’a fait rêver moi, dans ce qui continue à me faire rêver. Toutes ces merveilles que j’ai la chance de voir et de vivre, il n’y aucune raison que je les garde pour moi. Être dans le partage et le compte rendu, depuis que j’ai arrêté la course au large, c’est ma façon de vivre et de travailler aujourd’hui.

Faire rêver les gens convient bien à la vie que vous avez menée finalement…

C’est important, il ne faut pas que rêver. Il faut aussi après se prendre par la main et se mettre au boulot, mais tout commence par des rêves.

07 avril 2012

Marc Dugain : interview pour "Avenue des Géants"

marc dugain,avenue des géants,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorInspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée entre le milieu des années 60 et la fin des années 70, Avenue des géants raconte le terrible destin de Edmund Kemper – ici appelé Al Kenner – tueur en série qui défraya la chronique aux États-Unis. Dans ce roman puissant et captivant, Marc Dugain (l'auteur notamment de La chambre des officiers et de La malédiction d'Egard) s’applique à décrire la figure du mal quand elle s’incarne dans un tueur en série. Il conjugue ici sa passion pour les États-Unis avec son intérêt toujours vif pour les personnages décalés, marginaux, voire fous, mais qui permettent de saisir l’humanité dans ses contradictions et ses excès. J’ai rencontré Marc Dugain, le 20 mars dernier, dans les locaux de sa maison d’édition, Gallimard. Voici pour commencer, l’interview publiée dans Le magazine des loisirs culturels Auchan daté du mois d’avril 2012.

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Voici un extrait du fameux entretien qu'a donné Ed Kemper à Stéphane Bourgoin, le spécialiste mondial des tueurs en série...


Entretien de Stéphane Bourgoin avec Edmund Kemper par Pasprod

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Bonus mandorien : ce que vous n'avez pas lu dans le magazine...

Avez-vous un petit attachement à Edmund Kemper, du coup ?

Non, on ne peut pas dire ça. Je n’ai même pas voulu le rencontrer pour laisser la part de fiction opérer. Cet homme a beaucoup de respect pour les gens qui le respecte. Les tueurs compulsifs sont des gens qui ont été bafoués. Lui, il a été bafoué par sa mère et ses sœurs et négligé par son père, du coup, il est très attaché aux gens qui lui montrent du respect. Il a une sorte de considération pour eux. Il n’imagine pas qu’il puisse les tuer, ce qui est déjà énorme pour lui. Dans sa tête, c’est ça le degré supérieur de la considération. Les épargner.

Il ment de temps en temps, mais on sent que ça lui coûte. Il est plutôt du genre à dire la vérité.

Dans ma vie, j’ai côtoyé, malheureusement de façon assez proche, de grands schizophrènes. Le fait de ne pas savoir mentir et même en être incapable est parfois un signe assez pathologique. L’homme est constitué pour s’adapter. Lui, il ne ment pas et en même temps, il ment de façon colossale. Par moment, il est impressionnant de vérité et à d’autres moments de son histoire, il est impressionnant de dissimulation. Cette dissimulation ne sert qu’à se protéger vis-à-vis de lui-même. Il a conscience en permanence de sa maladie, de son état de folie, de ce qui le ronge.

Pour une meilleure compréhension du personnage, vous êtes allé aux États-Unis pour voir les lieux où les événements se sont déroulés.

Oui, en particulier la maison de sa mère. Je suis resté 10 minutes et je suis parti tellement je ne supportais plus. Il y avait une telle puissance du lieu dans sa force évocatrice et destructrice. Cette maison dégage une angoisse extraordinaire. Je suis allé dans le bar qu’il fréquentait assidument, et aussi dans le campus. Il dégage une atmosphère de félicité. Les étudiants sont dans le jardin d’Éden. Il y en a 6 qui sont passés du jardin d’Éden à l’enfer en deux minutes. Il fallait que j’aille voir cela de près pour mieux retranscrire les ambiances et les atmosphères. J’ai passé tout le mois de juillet aux États-Unis pour traquer les lieux.

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Faut-il se mettre dans la tête du tueur pour décrire le mécanisme bien huilé ?

S’il y a une valeur ajoutée à mon livre, c’est qu’effectivement,  je me suis mis à sa place. J’ai fait des réglages qui font que ça restitue quelque chose qui est réel. Je vois bien là où il est atteint, qu’est-ce que ça a pu exacerber chez lui, comment il réagit, comment il se défend, comment il ne se défend pas et qu’est-ce que ça entraîne comme modification de sa perception, ensuite, je me suis lancé…

On ne lui connait pas trop de passion à Edmund Kemper, sauf peut-être la littérature.

Oui, il est devenu lecteur de livres pour aveugles. Il a 8 médailles de meilleur lecteur de livres pour aveugles. Si je l’avais rencontré, c’est une des questions que je lui aurais posées : a-t-il tiré une expérience de la littérature ? Je pense que fondamentalement ces esprits très entachés pathologiquement ne sont pas de grands passionnés de quoi que ce soit. C’est ce que j’essaie de retransmettre dans sa relation avec Wendy, sa visiteuse de prison, c’est l’extrême solitude dans laquelle il est tout le temps,  le non-attachement et le non-intérêt aux choses. Les autres deviennent vite un encombrement, c’est pour ça qu’il les dézingue sans scrupules, puisqu’ils n’existent plus.

Oui, il est persuadé qu’il leur rend service quand il tue les gens.

Il a l’idée que s’il avait tué sa mère dès le début, 9 personnes auraient eue la vie sauve. Dès le moment où il a tué sa mère, il n’a plus jamais eu de pulsion meurtrière. C’est tellement freudien comme approche…

En matière d’écriture, je crois savoir que vous n’aimez pas les règles, que vous n’hésitez pas à casser les conventions littéraires habituelles…

Il n’y a pas de règle générale dans l’écriture, chacun fait ce qu’il veut. Tout le monde sait que je suis très lié à Fred Vargas. Je ne dis pas qu’elle fait toujours le même livre, loin de là, mais c’est toujours la même structure et elle très à l’aise là-dedans. Moi, je suis bien quand je sais que mon prochain livre n’aura rien n’à voir avec le précédent. Que le succès soit là ou pas, je n’exploite jamais une veine.

marc dugain,avenue des géants,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorIl y a donc la notion de risque « littéraire ».

J’adore ça, sinon, ça ne sert à rien que j’écrive. C’est marrant de se lancer dans un sujet complètement neuf pour soi et de se l’approprier avec justement un regard neuf. Dès le moment ou la fiction est un réenchantement de la réalité, réenchantement tant négatif que positif, c’est bien d’aborder le sujet avec des yeux neufs et un regard distancié. Ce n’est pas un juge d’instruction qui va écrire les meilleures histoires judiciaires.

Vous dites que la vie, c’est de la fiction.

Oui, il faut remarquer que vous passez la moitié de votre vie dans les rêves et curieusement, ce sont ces rêves qui vous ramènent à une vraie réalité. Quand un psychanalyste vous fait raconter vos rêves, c’est parce que c’est à travers ses rêves qu’il va pouvoir venir vers le vrai vous et non pas à travers ce que vous allez lui dire quand vous êtes éveillé. Donc, il y a un rapport entre la fiction et la réalité qui est constant  et qui s’auto-nourrit. La fiction est un biais formidable pour ramener les gens à une certaine forme de réalité. Je n’ai pas dit à la vérité… une certaine forme de réalité.

Votre livre sort bientôt. Vivez-vous sa sortie comme celle des autres livres ?

Quand vous êtes sensibles à une critique, c’est qu’elle vous renvoie à vos propres doutes. Si vous aimez vraiment un livre et que vous y croyiez, dans le sens où vous avez été honnête en l’écrivant, que vous avez vraiment tout donné, il n’y a pas de raisons d’avoir une inquiétude particulière. J’ai eu tellement de plaisir à l’écrire que je ne redoute rien pour ce livre. Ce grand moment de plaisir d’écriture, personne ne peut me l’enlever. C’est 7 mois de ma vie à me lever le matin avec une pêche d’enfer parce que je suis en train d’écrire le livre que j’ai envie d’écrire, c’est énorme. Maintenant, je préférerais que les lecteurs le lisent et l’apprécient en nombre, c’est sûr. Mais je rappelle ce que disait Cioran : « J’ai connu tout type de désillusions dans mon existence, y compris le succès ».

D’autant qu’il ya de très mauvais livres qui ont du succès.

Exactement. Le tout, c’est de savoir ce que l’on fait, d’avoir envie de le faire, de prendre du plaisir à le faire et de s’y tenir.

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Avec Marc Dugain, le 20 mars 2012, chez Gallimard.