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10 septembre 2015

Emmanuel Moire : interview pour La rencontre

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Interview d'Emmanuel Moire réalisé pour Le magazine des Espace Culturel Leclerc (daté du mois de septembre 2015) à l'occasion de la sortie de son quatrième album, La rencontre. C'est de la variété classique et populaire, et dans le genre, c'est ce que l'on fait de mieux actuellement. Et le bonhomme est un vrai gentil. Bref, je l'aime bien.

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L'intro en version plus lisible...

Deux ans après Le Chemin, Emmanuel Moire revient avecLa Rencontre. L’ancien premier rôle du Roi-Soleilse livre un peu plus à chaque chanson, comme si ce rendez-vous promis par le titre du disque était celui du chanteur avec lui-même.Voilà donc le temps du bilan, ou en tout cas de l’introspection. De l'attirance et ses premiers émois à la peur de l'usure du temps, toutes les saisons du cœur sont déclinées. Cette "rencontre" nouvelle avec Emmanuel Moire est un enchantement et certainement l'album de la résilience.

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Clip de "Bienvenue" extrait de l'album La rencontre.

23 juin 2015

Collectif Métissé: interview pour Rendez-vous au soleil

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Allez, c'est les vacances! Ne bavassons pas sur l'intérêt de la musique festive estivale. Ce n'est pas du tout ce que j'aime, mais je ne fais pas partie du public visé non plus. Pour Le Magazine des Loisirs Culturels Auchan (daté de l’été 2015), j'ai interviewé le leader de cette formation haute en couleur.

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Clip officiel de "Rendez-vous au soleil".

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19 juin 2015

Grégoire Delacourt : interview pour Les quatre saisons de l'été

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Voici la troisième mandorisation de l’écrivain Grégoire Delacourt (lire la première, la seconde et là, un café littéraire avec lui). Bref, j’aime beaucoup l’auteur (qui a rejoint depuis quelques années le petit cercle des écrivains français de best-sellers. Rappelons que son roman, La liste de nos envies, s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires et qu’il a été adapté au théâtre et au cinéma)… mais j’aime aussi l’homme. Comme avec Guillaume Musso, Tatiana de Rosnay, Bernard Werber ou Jean-Christophe Grangé, malgré son succès international, je continue à entretenir des liens normaux et cordiaux avec lui.

Grégoire Delacourt reste encore celui dont je me sens le plus proche. Je ne sais pas pourquoi. La même sensibilité sans doute. Une vision de la vie, de l’amour, de la mort, pas si éloignée…

Pour la sortie de son nouveau roman, Les quatre saisons de l'été, je l’ai donc interviewé une nouvelle fois pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté de l'été 2015).

Ensuite, il y aura un bonus… plus personnel.

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Daniel Balavoine : "Aimer est plus fort que d'être aimé".

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Francis Cabrel : "Hors saison".

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Après l'interview, le 12 mai 2015, dans un bar PMU de la Plaine Saint-Denis.

Grégoire Delacourt aime la prétendue.JPGBonus (sous forme de petite histoire d’amitié et de coïncidence) :

En lisant ce nouveau  livre de Grégoire Delacourt, je n’en revenais pas. Il y évoquait (notamment) le langage des fleurs. Moi qui faisait tout pour que l’on connaisse l’excellent livre de mes amis d’enfance, Franck Caldéron et Hervé de Moras (d’enfance, d’enfance… genre nous nous sommes connus morpions de 7 ans et plus jamais séparés depuis. Enfin si, mais pas toujours et jamais totalement). Bref, ce livre s’appelle La prétendue innocence des fleurs (j’en ai parlé là) et l’intrigue à un (très)  gros rapport avec le langage des fleurs (c’est le moins que l’on puisse dire). J’ai pris ça comme un signe, simplet que je suis. Je me suis dit : « Tiens, si tu apportais le livre pour l’offrir à ton ami Grégoire ! ». Sans but particulier. Parce que j’ai toujours aimé connecter les gens que j’aime.

Ainsi fut fait.

Après l'interview pour le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan, en off, je lui explique l’histoire.

Grégoire Delacourt et moi, je crois que nous ne sommes pas aux antipodes. Il adore ce genre de coïncidence et je pense que les histoires d’amitié le touchent.

« Ça tombe bien », me dit-il, « je repars à Nice tout à l’heure et je n’ai rien à lire dans l’avion. Je le lis et je te dis ce que j’en pense. Si je n’aime pas, je serai sincère…»

Et puis, nous nous sommes quittés.

Et deux jours plus tard, Grégoire m’envoie un mail pour m’annoncer qu’il avait beaucoup aimé. Et (encore) deux jours plus tard, je découvre ce qu’il en a dit sur son blog :

« Alors bien sûr, lorsque François Alquier (excellent journaliste doublé d’un vrai chouette type) l’a Fleurs2.jpglu*, il a aussitôt établi un lien avec mes Quatre Saisons de l’été, à cause du langage des fleurs. Il m’en a donc fait une : il m’a offert ce premier roman, écrit à quatre mains par Franck Calderon et Hervé de Moras. La Prétendue innocence des fleurs (quel beau titre) est, comme un bouquet multicolore, multi savoureux, tout à la fois un chant d’amour pourpre, un thriller vénéneux, une intrigue judiciaire à épines, une histoire d’amitié rugueuse, un chemin de rédemption à l’odeur de glycines, un concerto enivrant, une course au trésor où le trésor serait la vérité, et un pardon douloureux qui porte le jaune d’une rose. L’ensemble -a priori hétéroclite- offre une composition d’une rare virtuosité, qui laisse dans son sillon le parfum d’un très, très bon bouquin. »

*La Prétendue innocence des fleurs, de Calderon et de Moras, éditions Scrinéo. En librairie depuis le 7 mai 2015.

Merci Grégoire. Vraiment merci !

06 mai 2015

Guillaume Musso : interview pour L'instant présent

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Voici ma troisième interview de Guillaume Musso. La première, c’était en 2004, à l’occasion de la sortie de son premier livre, Et après (je crois d’ailleurs avoir été l’un des premiers à l’avoir interviewé… ou alors ça fait partie de ma légende personnelle et je finis par y croire, je ne sais pas).

L’année dernière, le 20 mars 2014, à l’occasion de la sortie de Central Park, je suis allé lui poser des questions chez XO Éditions, déjà pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois d’avril-mai 2014).

Un an plus tard, le 31 mars dernier, bis repetita pour son nouveau roman L’instant présent, toujours chez XO Editions et toujours pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (cette fois-ci daté des mois d’avril-mai 2015). Je me mets à espérer que nous aurons désormais un rendez-vous annuel, tant j’aime nos rencontres. Guillaume Musso donne ses interviews « au compte-goutte » et il me fait l’amitié d’accepter de faire partie des heureux élus dès que je le souhaite. Voici donc le résultat de notre entretien pour le magazine, puis vous pourrez lire le bonus mandorien.

Avant cela, voilà un résumé de son livre.

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L'interview :

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guillaume musso,l'instant présent,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandorBonus mandorien :

Il y a quelques années, tu me disais que tu te moquais des critiques, tant que les lecteurs étaient là, ça n’avait pas d’importance.  Mais au final, quand les critiques sont bonnes, comme c’est le cas depuis tes deux derniers romans, tu es content, non ?

Évidemment, je suis humain. Tu sais, une bonne critique te fait plaisir cinq minutes, une mauvais t’ennuie cinq minutes, après, ça ne change ni ta vie, ni tes ventes. En avançant dans l’âge, tu apprends à te dépouiller un peu et à moins tenir compte de l’écume. A quarante ans, tu sais comment la vie fonctionne, tu te connais mieux avec tes points positifs, négatifs, tes failles, tes qualités, tes défauts. Tu as plus de distance et de recul. Moi, je ne veux plus que ma vie soit polluée par des pensées trop négatives. Ma devise est : « Ne fréquente pas la médiocrité, c’est une maladie contagieuse ».

Ce n’est pas innocent si le roman s’intitule L’instant présent ?

Vivons l’instant et arrêtons d’avoir nos vies saccagées par les regrets et les remords liés au passé ou aux projections, les plans sur la comète que tu peux faire par rapport au futur. Il faut savoir saisir sa chance quand elle se présente. Il faut bouger, ne pas attendre, être actif, c’est ainsi que les choses finissent par arriver.

C’est marrant que tu dises cela parce que dans tes romans, il y a toujours cette idée de mouvement.

J’ai toujours peur de lasser. Dans mes romans, à la Hitchcock, il y a toujours des personnages ordinaires qui sont pris dans des évènements qui les dépassent. Souvent, ils sont la tête dans le guidon parce que leur vie bouge trop vite.

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Finalement, tes livres sont tout le temps des enquêtes sur les personnages eux-mêmes,guillaume musso,l'instant présent,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor non ?

C’est Jean-Christophe Grangé qui me disait : « qu’est-ce qu’un thriller sinon une enquête sur soi-même ? » Le danger et l’inconnu servent de révélateurs de personnalité. Ce n’est jamais l’intrigue proprement dite qui m’intéresse, ce sont plutôt les personnages qui vont apprendre qui ils sont vraiment.

Parlons un peu de ta vie privée, mais cela à un rapport direct avec ton nouveau roman. Ta femme te reproche-t-elle d’être trop souvent coupé du monde et de ne pas passer suffisamment de temps avec elle et votre enfant ?

Quand je l’ai connu, je lui ai expliqué que lorsque j’écrivais, j’avais des rituels, que ça me prenait beaucoup de temps, parfois quinze heures par jour. Elle a rapidement constaté que c’était vrai et un jour elle m’a dit : « Tu te rends compte que tu passes quinze heures avec des personnages de papier dans un univers imaginaire ? Tu te rends compte que c’est pathologique, au minimum un peu singulier ?». Elle me reprochait gentiment de passer plus de temps avec un univers chimérique qu’avec elle ou qu’avec ma famille. Depuis, c’est resté en moi et je lui ai répondu en écrivant un livre, La fille de papier. Moi, contrairement à ce que tout le monde croit parce que je sors un livre par an depuis dix ans, je n’écris pas vite. Je travaille très lentement, mais je travaille tous les jours. J’ai besoin de passer du temps à écrire, à faire des recherches, à polir mes dialogues…

Tu n’es donc pas comme Bernard Werber qui est l’exact opposé de toi à ce niveau-là.

Effectivement, quand j’ouvre le robinet, ça ne coule pas forcément. L’écriture est une activité qui structure ma vie. Je suis même un peu monomaniaque. Je n’arrive jamais à appuyer sur le bouton « off ». Même quand on part en vacances, pour moi, c’est un terrain de jeu pour trouver des idées pour le roman suivant.

Tu dis dans le livre qu’un roman « est presque toujours autobiographique puisque l’auteur raconte son histoire à travers le prisme de ses sentiments et de sa sensibilité ».

Ça, c’est un débat sans fin. A partir du moment où c’est vous qui écrivez, ça passe à travers le filtre de votre personnalité. L’instant présent est mon livre le plus personnel, mais n’est pas du tout autobiographique.

Tu fais le parallèle entre une histoire d’amour et un roman…

Une histoire d’amour réussie c’est « rencontrer la bonne personne au bon moment » et un roman réussi c’est « la bonne histoire, mais racontée à un moment où vous êtes capable vous-même de développer les thèmes et les exploiter le mieux possible. »

Faut-il écrire un livre, à chaque fois, comme si c’était le dernier ?

D’abord, il ne faut pas écrire un livre pour rien. Il faut écrire des livres qui ont du sens dans ta vie d’homme et ta vie d’auteur. Il faut toujours être fier de son nouveau roman. J’ai besoin d’être convaincu que, si je terminais ma vie avec le dernier livre écrit, je puisse en être fier.

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Après l'interview, le 31 mars dernier.

17 novembre 2014

Agnès Abécassis : interview pour Assortiment de friandises pour l'esprit...

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1966698_10152791176762520_1426005831302040187_n.jpgAssortiment de friandises pour l’esprit ou l’art de positiver au quotidien est une arme anti-morosité signée de la romancière et scénariste Agnès Abécassis. Elle offre là à ses lecteurs un objet littéraire non identifié, entre vade-mecum zen et traité sur le bonheur, avec en fin de chaque chapitre des exercices qui font appel à nos sens et à notre créativité. Un ouvrage bourré d’humour, cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année.

C’est toujours un réel plaisir de passer un peu de temps avec Agnès Abécassis (déjà mandorisées là). Cette fois-ci, je suis allé à sa rencontre pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté de Noël 2014) pour évoquer la sortie du livre cité plus haut et la réédition en version poche spéciale Noël de son plus grand succès, Les tribulations d'une jeune divorcée.

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10658874_10152791121727520_2581570188185422076_o.jpgBonus mandorien :

En France, vous êtes la seule romancière qui publie aussi des bandes dessinées. 

Je ne sais pas si je suis la seule romancière à faire cela… je sais juste que je réalise un rêve d’enfance. Quand j’étais petite, mes proches pensaient tous que j’allais faire du dessin mon métier. Ils ont donc été étonnés de voir qu’en fait, je m’épanouissais dans l’écriture. Ceci étant, quand on m’a proposé de réaliser ma première bande dessinée, j’ai sauté sur l’occasion. Et puis c’est tellement agréable de passer d’un univers à un autre.

Vous vendez beaucoup de livres et vous êtes réputée dans votre domaine. Êtes-vous contente de votre sort littéraire ?

Je crois qu’on est content de son sort quand on prend le temps de se retourner sur son parcours. Moi, pour l’instant, j’ai plutôt la tête dans le guidon ! A chaque sortie d’un nouveau livre, j’ai l’impression que c’est la première fois. Je travaille toujours l’angoisse chevillée au corps. Je suis en permanence poussée par mon envie de bien faire. C’est mon moteur à moi.

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27 septembre 2014

Grégoire Delacourt : interview pour On ne voyait que le bonheur

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DSC09198f.JPGDeuxième interview/mandorisation de Grégoire Delacourt (voir la précédente pour La première chose que l’on regarde). Son nouveau livre, On ne voyait que le bonheur, fait beaucoup parler de lui, car l’auteur a modifié sensiblement son écriture. Elle est peut-être un peu plus grave, profonde… disons, un peu moins légère. Quitte à déstabiliser ses lecteurs habituels. Un auteur a besoin d’évoluer, de « capturer » de nouveaux lecteurs, de se prouver qu’on peut sortir de ses habitudes littéraires, même si elles ont fait leur preuve. Pour Le Magazine des Loisirs Culturels Auchan, je suis allé à sa rencontre dans un hôtel de la capitale. C’était le 25 juillet dernier.

(Après l’interview publiée, je vous propose un petit bonus. Nous revenons notamment sur les déboires qu'il a eu avec la comédienne Scarlett Johansson.)

(J'en profite aussi pour annoncer que j'animerai un café littéraire avec Grégoire Delacourt le 27 mars prochain à la Ferme Pereire d'Ozoir-la-Ferrière).

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Bonus mandorien :

Vous écrivez : « Grandir, c’est comprendre qu’on n’est pas autant aimé que ça »…

Ça correspond aussi à l’idée que je suis devenu orphelin en écrivant le livre. Ma mère est décédée quand j’ai écrit L’écrivain de la famille et comme je vous l’ai dit tout à l’heure, mon père est mort quand je venais de finir celui-ci. Je me suis dit que plus personne ne va m’aimer de cet amour-là. De cet amour d’enfant. De cet amour qui nous a fait grandir. Je crois qu’on n’a pas tant aimé que ça, parce que les gens nous quittent.

Pourquoi ce titre, On ne voyait que le bonheur ? J’aurais tendance à dire « On ne voyait que le malheur ».

Dans les albums photos, il n’y a que des clichés de gens heureux. On ne veut voir et montrer que le bonheur. On ne voit que ça parce que ça nous arrange. Derrière certaines photos, en fait, ça gronde. Il n’y a jamais de photos où le malheur est présent. Vous avez déjà vu une maman qui crie ou un papa qui casse un verre de rage? On ne montre que les jolies choses. Avec ce titre, j’ai voulu montrer qu’une famille, c’est une grenade qui peut se dégoupiller malgré les sourires et les apparences. Dans notre société, on se doit d’être une famille heureuse. La pub, les films et les contes de fées racontent ça. Il n’y a pas que le bonheur dans notre monde.

grégoire delacourt,on ne voyait que le bonheur,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,mandorJe vais terminer avec l’affaire Scarlett Johansson. Elle a attaqué conjointement les Éditions Lattès et vous pour «violation et exploitation frauduleuse et illicite de son nom, de sa notoriété et de son image, au mépris de ses droits de la personnalité pour les besoins de la commercialisation et de la promotion d'un ouvrage qui contient de surcroît des allégations attentatoires à sa vie privée ». La comédienne a réclamé ainsi la somme de 50.000 euros de dommages et intérêts et l'interdiction de la cession des droits de reproduction et d'adaptation de l'ouvrage, ainsi que de toute utilisation de son nom. Ça s’est bien terminé pour vous puisqu’elle a été déboutée de toutes ses demandes (mais obtient néanmoins 2500 euros de dommages et intérêts pour atteinte à la vie privée), mais vous avez été touché ?

Ça m’a touché parce que c’était un livre bienveillant autour d’elle. Moi, je rêvais d’aller plus loin avec elle, en faire un film et qu’elle le réalise. J’ai été un peu blessé parce que ça a été le contraire qui s’est produit. Je ne suis pas sûr qu’elle ait lu le livre parce qu’il n’est pas sorti en anglais. On a dû lui rapporter des choses malveillantes. C’est une fille qui souffre qu’on la prenne pour elle, je ne comprends pas qu’elle attaque ce livre. Dans cette société, je trouve toujours suspect qu’on attaque, des artistes. Je n’ai rien dévoilé d’intime et il n’y a aucune information négative. De plus, je ne raconte pas son histoire. Ça a duré un an avant d’avoir le verdict.

Ca parasite un peu l’esprit, j’imagine.

Je suis étanche par rapport à ça, mais je trouve que c’est embêtant pour l’éditeur.  Elle avait des demandes tellement extravagantes. Elle a interdit les traductions, la possibilité de faire un film… ça bloquait aussi les pays qui voulaient acheter le livre, l’Angleterre, notamment, qui attendait le verdict. Scarlett n’a pas gagné, moi, je n’ai pas gagné...  c’est le livre qui a gagné. Tout le reste, c’est de la broutille. J’ai reçu beaucoup de courriers, de mots, de coups de fil d’écrivains qui étaient ravis de l’issue du procès. Ça conforte beaucoup de monde dans leur liberté, tant qu’elle n’est pas malveillante, de pouvoir se nourrir de la réalité. L’épisode est clôt. C’est beaucoup de bruit pour rien.

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Après l'interview, le 25 juillet 2014, à l'Hôtel Amour.

19 juin 2014

Jérôme Attal : interview pour Presque la mer

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jérôme attal,presque la mer,interview,mandorJ'ai déjà tout dit (ou presque) sur Jérôme Attal. Cet entretien est le dixième que je lui consacre sur mon blog, mais c'est toujours un réel plaisir d'échanger avec lui. Je pense que l'on peut considérer que je suis très attaché à son œuvre, mais aussi à sa personnalité.

(Voici ses précédentes mandorisations pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol , pour Pagaille Monstre, pour Folie furieuse, pour L’Histoire de France racontée aux extraterrestres et enfin pour Le voyage près de chez moi.)

Notre dernière rencontre date du 16 mai dernier. Je l'ai interviewé pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté de l'été 2014). Notre entretien est donc un peu plus plus court et "formel" que d'habitude...

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Le 16 mai dernier, après l'interview, dans la cour de l'agence.

19 avril 2014

Guillaume Musso : interview pour Central Park

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guillaume musso,central park,interview,mandorCeci est ma deuxième interview de Guillaume Musso. On ne peut pas dire que l’on se croise souvent, mais c’est un garçon que j’aime bien... et il m’arrive de le lire au hasard des exigences de ma vie professionnelle. Notre « première fois », c’était en 2004 pour la sortie de son premier livre, Et après (je n’étais d’ailleurs pas loin d’être le premier journaliste à l’avoir interviewé, si je ne m’abuse). Il était tout timide, encore prof dans la région de Nice et il ne se doutait certainement pas du destin littéraire qui l’attendait. Ensuite, je ne l’ai plus jamais interviewé (mais ça ne m’a pas empêché d’en parler sur ce blog).

Le 20 mars dernier, à l’occasion de la sortie de Central Park, son dernier livre, je suis allé lui poser des questions chez XO Éditions pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois d’avril-mai 2014). Il m’a accueilli très chaleureusement en me disant qu’il se souvenait parfaitement de notre première interview et aussi, qu’il lisait certaines de mes chroniques (il m’a parlé de celles de ses collègues Franck Thilliez et Jean-Christophe Grangé). Mon ego était ravi…

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(Je sais, il faut faire des efforts pour lire l'intro... alors, je vous facilite un peu la tache...)

Une jeune femme flic a passé une soirée un peu arrosée entre copines  sur les Champs-Élysées. Au même moment, un musicien de jazz, après son concert dans un club de Dublin, taquine lui aussi la bouteille. Au petit matin, ils se réveillent menottés l’un à l’autre à New York, au cœur du « Ramble », l’endroit le plus sauvage de Central Park. Ils ne se connaissent pas et n’ont absolument plus aucun souvenir de ce qu’il s’est passé la nuit précédente. Alice et Gabriel vont devoir faire équipe pour comprendre ce qui leur arrive. Pas de doute, l'auteur préféré des Français excelle en matière de thrillers psychologiques.

Interview:

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guillaume musso,central park,interview,mandorBonus mandorien:

Pour qui écris-tu ?

Quand je lis les biographies de mes cinéastes fétiches, Hitchcock, Spielberg, Scorcese… ils ont en commun les mêmes mots à la bouche : les spectateurs, les spectateurs, les spectateurs… Quand j’analyse mon travail, j’ai tout le temps le mot « lecteur » à la bouche. Mon travail, c’est de raconter une histoire et de la raconter aux lecteurs. Toute la construction, les repérages, ma façon d’écrire et d’organiser les chapitres ont pour but d’avoir une chute qui procure des frissons et toutes sortes de sensations inédites.

As-tu toujours la chute quand tu commences un roman ?

Généralement oui, parce que dans la littérature à suspense, il y a un côté mécanique, horlogerie, et pour l’obtenir, il vaut mieux savoir où l’on va. J’ouvre beaucoup de portes, il faut savoir les refermer sans en oublier et en ne me trompant pas. Je tiens à rester crédible. Je sais que Stephen King, lui, explique dans des interviews que parfois il part comme ça, sans savoir trop où. Moi, je n’y parviens pas.

Travailles-tu de la même façon qu’à tes débuts ?

La méthode change un peu parce que j’ai pris de la bouteille dans ce métier. J’ai un peu plus confiance en moi. Ça me permet de faire davantage confiance à mes personnages. On vit à une époque où les gens n’ont jamais consommé autant de fictions, à la télé, au cinéma ou même en littérature. Les gens sont rompus aux recettes de la fiction. Donc, pour les surprendre aujourd’hui, il faut s’accrocher. Il faut des intrigues qui soient suffisamment denses et complexes, mais surtout, il faut des personnages dont on se sent proche et en empathie. Je travaille beaucoup là-dessus. J’attends le moment où mes personnages vont être suffisamment autonomes pour avoir envie de leur faire faire des choses auxquelles je ne le prédestinais pas forcément.  

Comme ton collègue Jean-Christophe Grangé, as-tu des livres d’avance ?

Je n’ai pas de livres d’avance. J’ai une vingtaine d’idées, d’embryons, d’histoires, voire de scénarios bouclés. En amour, on dit « il faut la bonne personne au bon moment ». Parfois, tu rencontres la bonne personne, mais ce n’est pas le bon moment. Aucun des deux n’est libre. Parfois, c’est le bon moment pour tomber amoureux, mais on ne trouve pas la bonne personne. Parfois, l’adéquation se fait. Sur la vingtaine de sujets que j’ai en tête, il faut qu’ils soient en adéquation avec la personne que je suis aujourd’hui en 2014, à presque 40 ans.

Tu écris toujours tes romans avec deux niveaux.

Le premier niveau : le plaisir de tourner les pages, le suspens, le côté « page turner ». Le deuxième niveau : mettre en avant un thème dans chaque livre. Et après, c’était sur l’acceptation du deuil. Dans Central Park, il y a la fraternité, la quête de l’identité.

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A propos de Central Park.

Fais-tu très attention à ce que disent tes lecteurs ?

Toi, tu essaies de faire le meilleur article possible, moi j’essaie de faire le meilleur livre possible. J’écoute ce que me disent les lecteurs quand je suis en signature et je lis leurs mails ou leurs lettres. Le dialogue et l’interaction avec les lecteurs sont très stimulants pour moi. Je suis neuf mois de l’année tout seul chez moi, dans un bureau où pendant douze heures je suis devant un écran. C’est solitaire et assez aride. J’aime la période où le livre sort. Ça me permet de voir du monde et parler aux gens.

Es-tu très attaché aux livres?

Si on me propose d’écrire des scénarios, des articles dans la presse, des préfaces, je refuse systématiquement. Comme tu le sais, je suis fils de bibliothécaire, je suis donc effectivement très attaché à l’objet livre et à ses particularités. Je suis fier de ça.

C’est un point commun avec Milan Kundera qui, lui, refuse même que ses livres se transforment en ebooks. Il ne veut pas les voir en numérique pour les tablettes et les liseuses.

On trouve mes livres en ebooks quand même. Mais je préfère le vrai livre. Par contre, je fais très attention à la qualité de mes ouvrages. A une époque où tout se dématérialise, c’est bien d’accorder une attention particulière à l’objet.

Es-tu sur les réseaux sociaux ?

Je me suis rendu compte qu’il y avait une page Facebook à mon nom et qu’il y avait déjà 25 000 fans. Je me suis dit qu’il fallait que j’aie une vraie page. J’ai donc une page Facebook avec 201 000 fans. Je suis sur Twitter, mais c’est purement informatif sur mon actualité. Il n’y a pas d’autres visées.

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Combien vends-tu de livres en moyenne ?

Mes cinq derniers romans se sont vendus à un demi-million d’exemplaires chacun en grand format et l’année suivante un demi-million en poche. Sachant qu’un roman se prête, il y a donc peut-être deux millions de personnes qui lisent mes romans. Il ne faut surtout pas que j’y pense quand j’écris, sinon, je ne fais plus rien. Quand tu es à ces niveaux de ventes, toutes les catégories sociales te lisent. Le pilote de ligne, la grand-mère, la Parisienne active de 40 ans ou l’adolescente. Et tu es lu dans quarante pays... Tout ça t’échappe en fait. Le plus difficile, c’est de se remettre à chaque livre dans l’état d’esprit dans lequel tu étais quand tu as écrit ton premier livre, quand tu ne savais pas si tu allais en vendre.

Ce sont des chiffres vertigineux. Comment on fait pour rester cool comme tu l’es ?

Ca dépend comment tu as été élevé. Les valeurs que j’ai reçues dans mon enfance et mon adolescence sont celles qui me guident. J’aime mon métier et je passe beaucoup de temps à travailler. Je ne me prends pas la tête en songeant à tout ça. Je fais juste le plus beau métier du monde. J’entendais récemment Anna Gavalda dire : « je suis une artiste, ça veut dire simplement que je paie mes factures avec mes rêves ». Je trouve ça très beau et très vrai.

Écrivain le plus lu de France, quand même, ce n’est pas rien.guillaume musso,central park,interview,mandor

J’ai une gratitude incroyable par rapport aux lecteurs. Bernard Werber me disait que « dans tout succès, il y a une part de travail, de talent et de chance ». Il faut savoir rester humble. Je suis très tranquille par rapport à ma popularité, parce que je n’ai jamais cherché à être populaire à tout prix. J’ai toujours écrit les romans que j’ai voulus. Jamais personne ne m’a demandé de changer la fin. Je n’ai fait aucune concession pour en arriver là.

09 mars 2014

Amédée Mallock : interview pour Les larmes de Pancrace

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Pour tout dire, j’en avais marre de prêcher dans le désert depuis 3 ans. J’ai reçu ici Jean-Denis Bruet-Ferreol, alias Amédée Mallock, à chacun de ses nouveaux livres. Parce que je l’ai découvert avec Le massacre des Innocents, un putain de bon thriller qui m’a époustouflé dès les premières pages et que je n’ai pu lâcher. J’ai récidivé à la sortie de Les Visages de Dieu et l’enthousiasme ne m’a pas quitté. Décidément, ce Mallock est très très fort. Et enfin, je lui ai ouvert cet espace pour la troisième fois pour Le cimetière des hirondelles, autre chef d’œuvre du monsieur. Ses livres ont toujours trois niveaux : Un niveau mythologique, un niveau narratif, un niveau purement littéraire. Mallock est un petit malin doué très très doué quand il s'agit de créer l'envie de tourner la page, encore et encore.

Pour Les larmes de Pancrace, j’ai dit assez ! Que puis-je faire pour offrir autre chose que mon blog à cet auteur qui mérite un succès fou et une visibilité importante ? Travaillant pour différents journaux, j’ai fini par obtenir la page « interview » du Magazine des Loisirs culturels Auchan (daté des mois de février et mars 2014) tiré à 200 000 exemplaires.

(Et pour ne rien vous cacher, ça se débloque pour Mallock. Il commence a être traduit dans de nombreux pays, il semblerait que Fleuve Noir croit en sa destinée et la plupart de ses anciens titres sortent chez Pocket. Amen.)

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(Comme je ne fournis pas la loupe pour lire l'introduction de cette interview, je la republie en version plus lisible.)

2014 est la grande année Mallock chez Fleuve Noir et Pocket. Ce mois-ci paraît son nouveau roman, Les larmes de Pancrace, et en poche la toute première aventure du commissaire, Les Visages de Dieu, dans une version intégralement revue et augmentée. D’autres publications sont prévues dans l’année. Jean-Denis Bruet-Ferreol, qui a pris pour pseudonyme le nom de famille du commissaire de sa série, a exercé pendant 20 ans dans le milieu de la publicité. Il est peintre, photographe, designer, inventeur, directeur artistique, compositeur et, bien entendu et avant tout, écrivain.

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Après l'interview, le 6 février 2014.

Bonus track:

Je suis allé rendre visite à Mallock au Cultura de Franconville, le 1er mars 2014, lors d'une séance de dédicaces...

(Parce qu'on aime bien se retrouver de temps à autre. Et que j'habite pas loin.)

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Mallock et moi, c'est à la vie, à la vie!

01 mars 2014

Lola Lafon : interview pour La petite communiste qui ne souriait jamais

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J’ai rencontré Lola Lafon chanteuse en 2008. Aujourd’hui, je suis ravi de rencontrer la Lola Lafon, auteure de romans. De plus, pour un livre qui m’a autant passionné que touché, La petite communiste qui ne souriait jamais.

Voici l’interview publiée dans Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté du mois des mois de février-mars 2014). Elle est suivie par un petit bonus mandorien…

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Nadia Comaneci-Floor Exercise-1976 American Cup

Bonus mandorien:

Êtes-vous une auteure dans le doute ?

Tout le temps. C’est clair, je doute sans arrêt. Le succès de ce livre m’a calmée cinq minutes. Ca fait me fait un plaisir fou de savoir que les gens reconnaissent mon travail. Quand j’imagine les gens chez eux en train de lire ce que j’ai concocté dans une chambre, j’espère qu’ils ont le même enthousiasme de le lire que j’ai eu à l’écrire. Mais aujourd’hui, je pense déjà à l’après. Je ne sais pas encore ce que je vais faire. Enfin, si, un peu. Mais, pour l’instant, je ne dis rien à personne. C’est trop tôt.

Êtes-vous compartimentée au niveau des arts ? Quand vous écrivez un livre, vous ne faites plus de musique et vice versa ?

Exactement. En plus, pour La petite communiste qui ne souriait jamais, j’ai fait beaucoup de recherches et j’ai beaucoup lu. C’était très chronophage. Je passais mon temps à la BNF. Je commençais à vouloir écrire une thèse sur le sport féminin, puis sur le communisme… Je lisais tellement qu’il a fallu que j’arrête et que je passe quelques mois à tout oublier. J’avais trop d’informations dans la tête, il fallait que tout cela se dilue un peu en moi.

La promo que vous faites actuellement est assez soutenue ? Vous vous en passeriez bien ?

Pas du tout. Là, par exemple, on échange, j’aime bien. Parfois, j’ai l’impression d’être un automate qui répond toujours aux mêmes questions. Quand je vois que le journaliste en face de moi n’attend rien de spécial de ma personne, c’est comme une rencontre amicale qui ne se fait pas. Pour ne rien vous cacher, ce que j’aime, ce sont les rencontres en librairie. Je trouve très important et intéressant de rencontrer les gens qui prennent la peine de faire rentrer votre imaginaire dans leur vie. Ils s’arrêtent de travailler pour lire votre roman. C’est incroyable !

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Après l'interview, le 4 février 2014, dans un café parisien.

24 février 2014

Skip The Use : interview pour Little Armageddon

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À l’occasion de la sortie de l’album Little Armageddon, (précisément aujourd’hui), je suis allé à la rencontre de deux membres éminents du groupe Skip The Use, le chanteur-auteur Mat Bastard et le guitariste compositeur Yann Stefani. Le rendez-vous s’est tenu dans les locaux de Universal Music France, le 5 février dernier.

Voici donc le fruit de cette interview pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois de février et mars 2014).

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1er clip extrait de Little Armageddon, "Nameless World".

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Selfie avec Mat Bastard et Yann Stefani, le 5 février 2014, après l'interview chez Universal Music France.

Bonus: mon article sur Little Armageddon publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de février 2014).

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30 novembre 2013

Maxime Chattam : interview pour Autre-Monde 6, Neverland

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(Photo : agence Anadore)

Il y a deux ans, j’avais déjà interviewé (par téléphone) Maxime Chattam, pour le livre 4 de la série Autre-Monde, Entropia. Je n’étais pas du tout allé au fond des choses. J’étais même déçu de cette conversation sans grand intérêt. Je n’aime pas les « phoners ». Pour réaliser une interviewe honorable, j’ai besoin d’avoir la personne interrogée devant moi. Voir ses yeux. Analyser son comportement. Écouter ses silences. Rebondir sur ses propos. J’ai besoin du contact humain. Pour la sortie du livre 7, Neverland, de cette même série, j'ai rencontré Maxime Chattam, le 21 octobre dernier, dans les locaux de sa maison d’édition, Albin Michel. Entre deux séances de signatures de son service de presse, il m'a accordé une heure de son temps. 

Voici le fruit de cette conversation, publié dans Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan (daté des mois de novembre et décembre 2013).

Ensuite, je vous propose une version longue de cette interview.

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Intro en version plus lisible:

La série de Maxime Chattam, « Autre-Monde » déjà traduit dans une dizaine de langue, est un véritable succès. Dans ce 6e tome (l'avant dernier), le deuxième Cœur de la Terre a été détruit par l'ennemi et l'Alliance des Trois a explosé. Laissés pour morts et séparés, les trois héros Matt, Ambre et Tobias vont devoir survivre chacun de leur côté. Cette nouvelle aventure prépare le grand final de la saga et l'heure de percer les ultimes secrets d'Autre-Monde se rapproche...

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maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen kingBonus mandorien :

Je me souviens que lors de notre première interview, vous m’aviez dit qu’Albin Michel était très frileux pour entamer cette série.

J’ai la chance d’avoir une maison d’édition qui écoute ses auteurs. Donc, quand je débarque en disant que j’ai un nouveau projet qui n’a rien à voir, mais qui me tient à cœur, on m’écoute  toujours. Alors que j’écris habituellement des thrillers, quand j’ai expliqué Autre-Monde, j’ai senti un léger scepticisme au point qu’ils m’ont demandé si je ne voulais pas l’écrire sous un pseudonyme. Il y a eu des discussions et au final, c’est sorti sous Maxime Chattam parce que ça fait partie de mon univers et que ça me correspond parfaitement. Aujourd’hui, je suis connu pour des polars un peu noirs et documentés et de temps en temps, pour du fantastique grand public. Un jour, on apprendra aussi que j’aime le fantastique « adulte » qui fait peur. Je ne me m’interdis rien parce qu’avant tout, j’aime écrire, j’aime partager ma passion de l’écriture et mes univers quels qu’ils soient. J’ai besoin de tous ces univers-là, ils font partie de moi, ils me nourrissent et, du coup, quand je me mets devant un cahier de notes ou devant mon écran pour écrire, ce qui vient n’est pas nécessairement calibré dans un genre particulier. Au contraire, ce qui vient, c’est ce que je suis, c'est-à-dire un mélange de plein de choses.

Juste, il faut que vous restiez cohérent dans ce que vous écrivez…

 C’est exactement ça ! Si  je suis parti vers une enquête policière, j’essaie de rester cohérent à cet univers d’enquête policière documentée, stricte, avec une vraie structure narrative complexe.

maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen kingLa série Autre-Monde a trouvé immédiatement son public. Dès le premier volet, L’alliance des Trois.

Ça, c’est une vraie surprise. Les deux fois dans ma vie où j’ai fait des changements particuliers, mon roman fantastique, Le 5e Règne, mes romans d’aventures « grand public », un peu à la Tom Sayer, Harry Potter et compagnie, qui est cette série Autre-Monde, les gens suivent. Très honnêtement,  je m’attendais à ce que les gens ne suivent pas. Avec mon éditeur, on avait de longues conversations durant lesquelles on finissait par admettre qu’on allait en vendre beaucoup moins. On avait décidé d’aller au bout de la série, même si elle ne fonctionnait pas. J’en avais besoin.

Et ce besoin d’écrire se traduit de quelle manière ?

C’est mental. Imaginons une semaine où je n’écris pas, ça me démange. J’ai tellement d’idées que ça crée un embouteillage dans la tête… ce qui fait que j’ai du mal à me concentrer sur autre chose dans ma vie. Quand vous êtes au régime pendant 15 jours, à un moment donné, vous avez envie de dévorer une bonne pizza. Et vous le faites parce que vous n’en pouvez plus. Je ne sais pas si mon cerveau sécrète de la dopamine, mais ce n’est pas impossible (rire). Je suis dopé à l’imaginaire et aux choix des mots.

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Le 21 octobre 2013, jour de signature de ses "services de presse".

Il faut jubiler pour écrire ?

Moi, je dis oui, mais beaucoup d’auteurs parlent de souffrance quand ils écrivent. Parmi ceux-là, certains ont écrit des chefs-d’œuvre. Moi, je ne verrais aucun intérêt à écrire dans la souffrance. Au contraire.

Vous faites très attention à la réalité, l’exactitude des faits que vous écrivez.

Quand je lis un livre, même un roman policier, donc un divertissement, si on me dit que tel produit de la police scientifique permet de relever les traces de sang sans altérer l’ADN, je vais le croire. J’estime qu’il y a une sorte de pacte passé entre le lecteur et l’auteur. Je ne supporte pas un roman dans lequel on me balance des choses comme si c’était de grandes vérités, parfois scientifiques, et que je finis par me rendre compte que ce sont des inventions de l’auteur. J’ai l’impression de m’être fait berner par des mensonges. Je ressens ça comme une trahison. Moi, j’ancre mes récits dans une forme de réalisme. Les lieux que je décris existent, les procédures scientifiques et techniques existent. J’essaie de ne pas faire trop d’erreurs. Par conséquent, il y a un vrai et long travail de préparation en amont.

Dans  la série L’Autre-Monde, en 7 volumes,  il y a beaucoup de personnages, de planètes, de noms compliqués… comment vous y retrouvez-vous ?maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen king

Pour cette série, j’ai deux cahiers différents. Un cahier pour les personnages, la chronologie de toute l’histoire, les notes principales pour vérifier la cohérence. Et j’ai un deuxième cahier où j’ai tout ce qui est bestiaire, géographie, les peuples, l’univers de mes mondes. J’y fais des petits croquis, des plans… bref, ça me permet de visualiser certaines scènes et de n’oublier aucun détail.

Pour revenir à ce que vous me disiez tout à l’heure… vous continuez à croire beaucoup à l’enfant.

Alors qu’un enfant devient un jour un adulte... Mais je suis convaincu qu’un enfant peut inverser la donne et changer les choses. Pendant longtemps, j’ai pensé qu’on était perdu d’avance. J’étais très misanthropique et très fataliste. Plus je vieillis, plus le temps avance, plus je retrouve un peu d’espoir. Je crois que, s’il y a quelque chose à sauver de l’humanité, c’est l’enfance. La réponse est dans l’éducation, dans la lecture et dans le rêve. C’est pour ça que je suis fier de faire ce métier-là. Plus les enfants liront, plus les adultes liront, plus je serai heureux. Le modeste romancier populaire que je suis, croit qu’écrire peut servir à beaucoup de personnes. Moi, je veux distiller en chacun des notions de respect.

maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen kingVous sentez-vous adulte ?

Je me suis longtemps posé la question. Qu’est-ce que c’est qu’être un adulte ? Mon roman Le 5e règne pose la question et apporte un début de réponse. Sinon, oui, depuis quelques années, je suis adulte. J’en ai conscience. Je suis adulte, mais je continue de nourrir le gamin qui est en moi. D’abord parce que ce gamin-là m’a fait rêver pendant longtemps et il n’est pas mort. Il existe encore quelque part. J’ai été très longtemps nostalgique de mon adolescence. Aujourd’hui, j’ai fait la paix avec ça, parce que j’en ai fait le deuil. De temps en temps, j’ai envie de me regarder dans le miroir et de demander au gamin qui est en moi : est-ce que tu es content de ce que tu es devenu ? Est-ce je n’ai pas merdé en chemin ? Est-ce que je ne me suis pas fourvoyé ? J’ai l’impression, pour l’instant, que la réponse est non, mais il faut continuer d’être vigilant. La route est longue.

En plus vous êtes papa.

Oui, mais ceci dit, des papas gamins, j’en connais plein.

Non, mais c’était pour inclure un peu de peopolisation dans cette mandorisation.

(Sourire) Cela dit, fondamentalement, d’être papa me change et m’ouvre les yeux sur des tas de trucs.

Je reviens sur un terme que vous avez employé sur vous-même : je suis un modeste auteur populaire…  Modeste et populaire, ça va ensemble ?

Oui. Je fais de la littérature populaire, c'est-à-dire pour tout le monde. Je n’ai aucune prétention littéraire et je ne milite pas pour avoir le Goncourt un jour. J’écris le mieux possible pour servir le fond de mon livre. Je soigne la forme le mieux possible pour qu’elle corresponde au fond. J’insiste sur ce point. Je fais de la littérature de divertissement que je pense efficace. C’est ce que j’aime lire et ce que j’aime écrire. Avant tout, mon lecteur type, c’est moi. Si je ne me fais pas plaisir pendant l’écriture, je ne publie pas. J’écris jusqu’à ce que ça marche. J’estime être modeste parce que je n’ai pas la prétention de changer le monde et d’être un auteur très pompeux. Ce n’est pas parce que j’ai vendu beaucoup de bouquins que cela fait de moi une référence. Je suis très lucide par rapport à ça.

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Est-ce que lorsqu’on vend autant que vous permet d’être zen à chaque sortie de nouveau roman ?

J’essaie de ne pas raisonner dans ces termes-là sinon ça me paralyserait dans l’écriture. Si je commence à me dire qu’il faut que j’écrive pour que ça plaise, que je fasse 100 000 lecteurs pour le livre en cours sinon je vais tomber en dessous de ce que je vais faire d’habitude,  il y a un côté tyrannie du succès que je ne veux pas vivre.  Je crois qu’il n’y a rien de pire. Moi, je ne connais pas la page blanche parce que je ne me pose pas la question de la destination. La destination, c’est moi. Je me fais plaisir. C’est une fois que je relis le livre terminé qu’éventuellement je commence à envisager un lecteur type. Quand le livre sort, j’ai une angoisse, mais je ne peux pas y faire grand-chose.

Oui, mais vous y pensez.

Quand un livre sort, je suis déjà en train d’écrire le suivant. C’est le meilleur moyen de penser à autre chose. Je croise juste les doigts pour que ce qui sort de ma cervelle continue à plaire au plus grand nombre. Il ne faut pas se leurrer, quand on publie, on met ses tripes sur la table. Un roman c’est comme un bébé que vous présentez à vos amis. Si les gens vous disent qu’il est moche, qu’il a les oreilles décollées et qu’il louche, ça vous fend le cœur. J’ai écrit 18 bouquins et ce sentiment reste le même à chaque fois.

18 livres, ça commence à constituer une œuvre, non ?

Oui. Parfois, je me demande si je n’écris pas trop vite. Je relisais récemment des interviews de Stephen King et il expliquait qu’à l’époque où ses romans cartonnaient le plus, il publiait trois livres par an. Et des pavés à chaque fois. Je me dis que, finalement, je suis un petit joueur.

maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen kingVous continuez de le lire, Stephen King ?

Évidemment. Oui, à tel point que je ne peux pas attendre la traduction française. Stephen King reste la référence absolue d’imaginaire. C’est l’auteur qui m’a ouvert les yeux à la lecture et qui m’a donné envie d’écrire. Il ne s’en doute pas, mais c’est aussi l’auteur qui m’a conseillé dans l’écriture. Quand j’ai commencé l’écriture de nouvelles et de romans et que j’avais des doutes, je me replongeais dans un de ses livres et la situation se débloquait. Le lire répondait à mes questionnements sur la littérature et l’écriture. Rassurez-vous, je ne suis pas en train de dire que j’estime être à son niveau, loin de là, mais ça répondait à des angoisses de jeune auteur.

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Maxime Chattam lors de la soirée exceptionnelle avec Stephen King au Grand Rex, le samedi 16 novembre 2013, à Paris.

Vous êtes fans de lui ?

Oui, clairement. Pas fan qui se prosterne, mais fan très admiratif de son œuvre. Je vois sa cohérence et sa qualité… Il a 50 romans à son actif, j’en ai 18. Dans ses 50 romans, il n’y a rien à jeter. C’est dingue à quel point il a maintenu le cap.   

Vous écrivez combien d’heures par jour ?

Moins qu’avant. Avant, j’étais un peu dingo. J’écrivais 7 jours sur 7. Je ne vivais que pour l’écriture. Ça se voyait. Je pesais 25 kilos de plus qu’aujourd’hui. J’étais tellement enfermé dans le fait de juste écrire que je n’étais pas heureux dans ma vie d’homme. A un moment, j’ai juste ouvert les yeux sur le reste du monde. Aujourd’hui, j’ai trouvé un équilibre. Quand on est marié et qu’on est papa, on souhaite avoir une vie de famille normale.

Heureusement, l’animatrice Faustine Bollaert, votre femme, est bien occupée.maxime chattam,autre-monde,neverland,interview,le magazine des loisirs culturels auchan,stephen king

Heureusement, oui. On arrive à ménager nos emplois du temps. Moi, j’écris 5 jours par semaine entre 6 et 10 heures par jour.

Ce sont de bonnes journées !

Et j’avoue que de temps en temps, quand je suis en fin de roman et que ça me démange, ma femme m’embrasse tendrement sur la joue, le samedi matin, et me dit : « Je sens que ça te démange. Lève-toi ! Va écrire ! On se revoit dans l’après-midi, mon amour ».

19 septembre 2013

Tal : interview pour A l'infini

b059c2f40e2d11e38cc022000ae80ec6_7.jpgAprès avoir vendu 300 000 unités de son premier album Le droit de rêver et tutoyé le sommet des charts français en participant à l'aventure Génération Goldman, Tal revient avec un deuxième opus, baptisé A l’infini. L'artiste franco-israélienne de 23 ans, loin de s'appesantir sur une formule qui a fait ses preuves, a choisi d'explorer de nouvelles directions musicales pour son deuxième album, en y incorporant des touches de reggae, tout en conservant les influences pop et R'n'B qui ont fait son succès. Évidemment, ce n’est pas ma tasse de thé personnelle, problème sans doute de génération. En tout cas, Tal confesse volontiers proposer aujourd'hui des chansons « plus musicales » et moins « commerciales ». Le résultat ne décevra pas ses fans, dans un album à l'image de sa pochette : nuancé, coloré et esthétique.

Pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan (daté des mois de septembre/octobre 2013), j'ai rencontré Tal le 26 août dernier, dans sa loge, lors de l'enregistrement de la première de Les chansons d'abord (émission musicale sur la chanson Française présentée par Natasha St-Pier sur France 3).

(Petit rappel: le goût des uns n'est pas le goût des autres... je n'ai pas l'âge du public visé et je suis amateur de chanson française plus... disons "traditionnelle". Je ne me sens donc pas le droit de juger une musique qui n'est pas faite pour moi.) (Ma fille l'adore et la jeune femme est très sympathique et lucide... ça me suffit pour l'apprécier un peu).

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A l'international (clip officiel).

Petit bonus mandorien (tout petit, le bonus):

Qu’est-ce qui fait mûrir quand on fait ce métier et que ça marche ?
Ce sont les expériences humaines et scéniques que j’ai vécues en deux ans. On rencontre beaucoup de gens. Il y a beaucoup de partages et on vit des moments très forts. J’ai vécu énormément de choses qui ont été très fortes émotionnellement.

1044200_550859224971518_746427716_n.jpgVous participez aussi à l’album Génération Goldman 2. Tout comme vous étiez sur la première compilation. Pourquoi ce choix ?
C’est toujours un plaisir de devoir défendre des chansons de Jean-Jacques Goldman. C’est un vrai honneur pour moi. Je respecte et admire vraiment cet artiste. J’ai eu la chance de le rencontrer aux Enfoirés cette année. Goldman, pour moi, c’est le parfait exemple de carrière et de gestion humaine. Le type parfait. Il faudrait que tous les artistes soient comme lui humainement.

On vous voit beaucoup danser dans vos clips.
C’est parfait pour participer à Danse avec les Stars (à partir du 28 septembre 2013), dont vous êtes l’une des candidates…
Je fais cette émission pour l’expérience parce que, selon mes amis qui y ont participé, c’est une aventure humaine extraordinaire. Moi, je n’ai jamais dansé à deux. J’ai toujours dansé seule des chorégraphies très urbaines. Là, ça va me changer. J’ai envie de vivre une nouvelle expérience et ça va me faire du bien physiquement. J’adore les défis.

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Tal et Mandor le 26 août 2013.

17 septembre 2013

Eric-Emmanuel Schmitt : interview pour Les perroquets de la place d'Arezzo

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Rencontrer Éric-Emmanuel Schmitt est toujours un délice. Cet  homme érudit et charmant a été l’un des tout premiers mandorisés (en 2006), à une époque où je cachais encore mon visage et où (donc) personne ne savait qui se cachait derrière Mandor (voir là).

Dans ce nouveau roman choral, Les perroquets de la place d'Arezzo, Eric-Emmanuel Schmitt a voulu montrer qu’il y a autant de façons d’aimer, autant de sexualités différentes qu’il y a de peaux. Chacun arrive avec une histoire et des désirs différents. Il a écrit une sorte de petite encyclopédie romanesque des manières d’aimer. Il a aussi souhaité montrer qu’il n’y a pas de normalité en matière d’amour ou de sexualité. Pour lui, tant qu’il y a accord entre les parties, rien n’est répréhensible.

Bref, l’amour dans toute sa diversité selon maître Schmitt !

Le 17 juillet dernier, pour Le Magazine des Loisirs culturels des magasins Auchan (daté des mois de septembre/octobre 2013), nous nous sommes rencontrés dans un bar situé en face du théâtre qu’il dirige, le Théâtre Rive Gauche. Ce que j'aime avec lui, c'est qu'il ne mâche pas ses mots...

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(Voici l'intro, pour ceux et celles qui n'avaient pas pensé à se munir d'une loupe avant d'arriver sur cette page)

Autour de la place d'Arezzo se croisent, dans un voisinage élégant et contrasté, le fonctionnaire et l'étudiant, le bourgeois et l'artiste, la poule de luxe et la veuve résignée, mais aussi la fleuriste et l'irrésistible jardinier municipal. Jusqu'au jour où leur parvient une lettre, anonyme, identique, mystérieuse : "Ce mot simplement pour te signaler que je t'aime. Signé: tu sais qui." Une vraie bombe à retardement. Et chacun de s'enflammer, de rêver, d'y voir une promesse, un bonheur attendu, une blague, une menace. Éric-Emmanuel Schmitt revient avec une véritable anthologie littéraire de l’érotisme et des relations de couple.

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Voici le bonus mandorien (autant dire, la version longue de l'interview).

Il y a un moment où vous avez senti que ce nouveau livre était prêt ?

Oui, c’est exactement ce qu’il s’est passé. Je n’ai ni diagramme, ni plan, je n’ai qu’à tirer le fil et tout va se mettre en place très naturellement. Ça se fabrique tout seul dans une partie de mon cerveau. Mon rôle consiste ensuite à rendre ça lisible, visible, audible, mais ça existait déjà quelque part.

Pourquoi ce livre fait-il plus de 800 pages ?

Vous ne trouvez pas que c’est un peu chiche quand le sujet principal est l’amour ? Dans ce livre, je voulais avoir un regard encyclopédique sur toute forme d’amour et toute sorte de sexualité. Il y a une trentaine de personnages. C’est écrit bref, mais il y a beaucoup de protagonistes, donc il y a beaucoup à dire.

Vous faites toujours en sorte qu’aucune explication ne l’emporte sur une autre.

Je ne veux pas tomber sur le psychologisme ou tout s’explique par l’histoire des gens. Je n’exclus pas les données de nature, mais je ne réduis pas tout à elles. Je donne des clefs, mais en montrant qu’il n’y en a jamais une seule. Il y a un trousseau.

À lire votre roman, personne ne vit normalement…

Ça n’existe pas les gens qui vivent normalement, qui ne cachent pas des cadavres. Quand on pense que quelqu’un est normal, c’est qu’on en a une vision superficielle. Moi, personnellement, je ne connais personne de normal.

Il y a une forme d’œcuménisme dans cette observation des êtres…eric-emmanuel schmitt,les perroquets de la place d'arezzo,interview,mandor,magazine des loisirs culturels auchan,poussin 1er

Dans beaucoup de mes livres, je parle de religion et de spiritualité. Il y a ce regard d’intérêt et d’attention pour, sans jugement. J’ai le même regard pour la vie intime des gens. Dans ce livre, j’ai été très surpris de me trouver proche de tous les personnages.

Quel est le personnage qui vous ressemble le plus.

Il y en a plusieurs… en plus édulcoré (rires). Votre question a de l’intérêt, mais ma réponse n’en a pas. Ce qui compte, c’est que le lecteur fasse son propre cheminement par rapport aux personnages. Dans ma vie, j’ai toujours été plusieurs personnages, alors je suis obligatoirement bon nombre de personnages de ce roman. Je peux même me portraiturer dans la peau d’une femme. Je n’ai peur de rien… Dans ma vie, il y a des points d’ancrage, qui sont mes affections et mes fidélités, mais en même temps, il y a une vraie diversité qui fait que je peux être vraiment plusieurs de ces personnages.

Tout ce que fait Éric-Emmanuel Schmitt trouve un large public. Cette confiance met-elle de la pression.

Normalement, un auteur de romans fait un même roman tous les 18 mois. Moi, c’est un conte, un recueil de nouvelles, un gros roman, une pièce, un film, un essai sur la musique…  je varie mes activités. Ma spécificité, c’est d’être au rendez-vous, mais on ne sait jamais avec quoi. Ce n’est pas une pause de ma part. Dès que j’ai l’impression que je sais faire, j’arrête. Je veux retrouver le sentiment du danger, le sentiment de la première fois.

Redevenir puceau.

Oui, complètement. Vivre chaque œuvre comme si c’était la première fois.

Est-ce qu’écrire ce type de livre est une prise de risque ?

Je ne me pose pas ce genre de question, mais j’entends ça autour de moi. Moi, j’ai juste peur de ne pas être à la hauteur de ce que je me promets de faire.

eric-emmanuel schmitt,les perroquets de la place d'arezzo,interview,mandor,magazine des loisirs culturels auchanVous sortez aussi une bande dessinée, « Poussin 1er, cui suis-je ? » dessiné par Janry.

C’est un personnage que j’avais dans la tête depuis 25 ans et j’avais écrit certaines de ses histoires sous la forme de contes. Un jour, j’ai compris qu’il fallait que ces histoires deviennent une bande dessinée. J’ai donc rencontré les gens de chez Dupuis. Je leur ai raconté mon projet : un petit poussin philosophe qui est dans une bassecour avec des poules qui sont toutes plus idiotes les unes que les autres. Quand elles répondent aux questions, elles savent, mais sans avoir appris. Elles ont des opinions, des préjugés. Elles reproduisent la façon de pensée commune. Poussin, lui, pose des questions justes auxquelles il apporte des réponses fausses. C’est parti pour plusieurs albums. Je suis en train d’écrire le deuxième.

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Eric-Emmanuel Schmitt et Mandor le 17 juillet 2013.

17 juin 2013

Eliette Abécassis : interview pour Le palimpseste d'Archimède

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 Romancière et essayiste, Eliette Abécassis alterne textes intimistes (La répudiée, Mon père, Un heureux événement), épopées (Qumran, Le Trésor du Temple, Sépharade) et essais (Petite métaphysique du meurtre, Le Livre des Passeurs, Le Corset invisible). Elle collabore par ailleurs régulièrement à des journaux (Le Monde des Religions, Le Figaro littéraire, Elle) et travaille pour le cinéma (Kadosh, Un heureux événement). La dame a du talent et, elle aussi, ça faisait un moment que je souhaitais que nos chemins se croisent. Voilà qui est fait  à l’occasion de la sortie de son roman Le palimpseste d’Archimède.

Le 29 mai dernier, elle m’a donné rendez-vous au café d’en bas de chez elle… Voici la synthèse de notre conversation pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (puis je vous propose un complément pour ce blog).

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(Puisque vous n'avez pas de loupe à portée de main, je vous propose une lecture plus aisée de l'introduction de cette interview... De rien!)

"Et si le monde avait un code secret qu’il serait dangereux de déchiffrer ?" s’interroge Éliette Abecassis dans son nouveau thriller historico-ésotérique. Des mystères d’Eleus au nombre Pi, de l’élite savante aux jésuites d’un obscur monastère de Judée, l’auteure embrasse deux mille ans de l’histoire humaine en mêlant rituels anciens, philosophie et mathématiques, assassinats sanglants et mysticisme. Un livre dans la lignée du Da Vinci Code !

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Le teaser du livre.

220px-ABECASSIS_Eliette-24x30-2006.jpgBonus mandorien:

On sent que derrière ce livre, il y a une agrégée de philosophie. Je trouve que ce roman est avant tout un livre philosophique.

Je l’ai voulu comme tel. On apprend beaucoup de choses sur la philosophie grecque, mais aussi la philosophie d’une façon générale. Et surtout, ce qu’apporte la philosophie à la vie et l’importance de la philosophie pour chacun de nous. Je pense qu’aujourd’hui les philosophes ont un peu démissionné de leur rôle. Ils n’apportent plus aucune vérité. Ils se retirent du débat. Sauf certains philosophes qui, pour le coup, sont un peu trop dans la démagogie de la philosophie. On est dans une époque où on a plus que jamais besoin de la philosophie pour répondre à toutes les questions que l’on se pose sur la marche du monde.

On ne peut pas écrire un livre dense comme celui-ci, dans lequel il y a autant d’informations, sans être passionné par tout ça.

La philosophie, pour moi, est la reine des disciplines. Je l’ai enseigné pendant trois ans. J’ai essayé de retransmettre ma passion que j’ai pour la philosophie à travers la relation entre ce professeur de philosophie, Elsa Marrek et son disciple. À travers eux, j’essaie d’avoir la même relation avec le lecteur.

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(Photo : Gala)

Vous-mêmes, vous avez eu un mentor, un initiateur en philosophie ?

La philosophie ne débouche que sur l’enseignement de la philosophie. Les gens qui étudient la philosophie doivent avoir une rencontre, un initiateur privilégié. Si on prend un livre de philo, comme ça, tout seul, on ne va pas comprendre. On a besoin de quelqu’un qui va nous expliquer, à la façon des péripatéticiens d’Aristote ou de Socrate avec leurs élèves. Moi, j’ai eu plusieurs mentors, à commencer par mon père qui est prof de philosophie. J’ai été son élève et son disciple. C’est avec lui que j’ai appris la philosophie. En terminal, à Strasbourg, j’ai eu un professeur extraordinaire qui s’appelle Norbert Engel. C'était un accoucheur d'esprit, subversif et provocateur, passionné et passionnant. C'est lui qui, le premier, m'a encouragée à écrire à 15-16 ans et à passer le concours de l'ENS. Il est l’un de mes d’éveilleurs de conscience comme devrait l’être tout bon prof de philo.

Du coup, vous, vous éveillez les consciences de vos lecteurs.

Pour moi, c’est très important, de transmettre à travers les romans. Je pense que j’ai cette mission-là. Je n’écris pas pour moi, je n’écris pas pour me faire plaisir, ni pour raconter des aventures personnelles, mais j’écris pour transmettre quelque chose. J’ai toujours le souci du lecteur, je ne le lâche jamais et puis surtout, je tente de l’élever, de l’introduire dans un monde inconnu. Je le prends pour quelqu’un de curieux et d’intelligent qui va être ravi de découvrir un univers.

Il y a aussi une jolie histoire d’amour dans ce roman.

J’aime bien le mélange des genres. C’est un roman philosophique, c’est un thriller, c’est une histoire d’amour. On fait des va-et-vient dans le temps, c’est moderne et ancestral…

Même si un livre comme Le palimpseste d’Archimède est complexe à écrire, est-ce que cela vous amuse d’écrire ce genre de livres ?

Oui, semer des indices, construire des fausses pistes est très amusant. La règle du polar, c’est que le lecteur doit avoir tous les éléments pour dénouer lui-même l’intrigue. L’auteur sème des cailloux qu’il n’arrête pas de camoufler pour égarer le lecteur. Celui qui est clairvoyant trouvera l’intrigue. 

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Le 29 mai 2013, après l'interview...