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25 mars 2016

Tatiana de Rosnay : interview pour Partition amoureuse

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(Photo : Denis Félix)

tatiana de rosnay,partition amoureuse,livre de poche,interview,mandorTatiana de Rosnay est une auteure que j'ai la chance de la connaître un peu, depuis presque 10 ans. Elle m’a accordée beaucoup d’interviews pour ce blog. Même depuis qu’elle vend ses livres dans le monde entier. (Pour la sortie d’Elle s’appelait Sarah, pour une rencontre à la Fnac Val d’Europe à l’occasion de la sortie de Boomerang, pour une émission de télé sur le web, pour une projection privée dElle appelait Sarah, pour une rencontre avec des élèves de Provins, pour un Coca Light au soleil pour évoquer la sortie de La mémoire des murs et enfin pour la sortie de son roman A l'encre russe.)

Quelqu’un qui, avec le succès planétaire, reste la même et d'une fidélité exemplaire, c’est suffisamment rare pour être signalé.

A l’occasion de la sortie en poche d’un ancien livre (revu et corrigé), Tatiana de Rosnay a bien voulu répondre à mes questions pour Le magazine des Loisirs Culturels Auchan (daté des mois de février et mars 2016). Ceci est la seule interview pour ce livre et la seule pour 2016. Elle a besoin de retrouver du calme, de passer des moments en famille et d’écrire un nouveau livre. Merci à elle pour son éternelle confiance.

Nous nous sommes vus dans un café parisien le 18 janvier dernier pour évoquer principalement son roman, "véritable inventaire amoureux joué à la manière d’une partition musicale, dans lequel chaque amant tient sa propre cadence".

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(Photo : Denis Félix)

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tatiana de rosnay,partition amoureuse,livre de poche,interview,mandorLe bonus mandorien :

La question qui tue. Les ex de Margaux sont-ils inspirés des tiens ?

Aucun des ex de ce livre n’a été le mien… j’ai eu beaucoup de plaisir à les inventer. Je ne voyais pas l’intérêt de mettre les miens dans un bouquin. Je ne te dis pas qu’il n’y a pas des fantasmes qui sont liés à l’époque que je vivais… Je voudrais préciser que ce livre est dédicacé à mon mari… « qui ne sera jamais un ex ».

Selon Margaux, j’ai appris qu’en matière de sexe, « un homme est toujours un pion sur l’échiquier ».

(Elle rit et ne répond pas).

(C’est vexant !)

Changeons de sujet… et de livre. Ta romancière préférée est Daphné du Maurier. Elle est l’héroïne detatiana de rosnay,partition amoureuse,livre de poche,interview,mandor ton précédent livre, Manderley forever (qui sort en poche très bientôt). Pourquoi estimes-tu que c’est ton livre le plus important, plus encore qu’Elle s’appelait Sarah, qui a été pourtant le livre qui a déclenché ta carrière dans le monde entier ?

Ce livre est le roman d’une vie. Je ne l’ai pas écrit comme une biographie… parce que je ne sais pas écrire une biographie. C’est Daphné du Maurier qui m’a donné envie d’écrire à l’âge de 10 ans. En fait, je porte ce livre en moi depuis plus de 40 ans. Il a suffi qu’un éditeur très malin, Gérard de Cortanze, me poursuive depuis des années pour m’inciter à écrire ce livre. Un jour, il m’a coincé et m’a dit que j’étais la seule à pouvoir écrire un livre sur Daphné du Maurier. Parce que je suis moitié anglaise, que je l’adore, que je la cite dans beaucoup de livres et qu’elle a nourri mon œuvre. Le goût de la mémoire des murs, des fins ouvertes, des secrets, me vient d’elle. J’ai mené une véritable enquête. Je suis partie sur ses traces, j’ai rencontré sa famille…

Il y a beaucoup d’accointances entre vous deux.

Oui, je peux t’en citer pas mal des très banales. On a eu des cheveux blancs très tôt, on aime la couleur bleue, nous sommes franglaises… mais il y a aussi des points communs beaucoup plus profonds. Je ne te dis pas lesquels, il faudra que tu finisses par te décider à lire ce livre.

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Pendant l'interview...

Ecrire Manderley Forever était-il un défi ?

Complètement. C’était un challenge intellectuel et littéraire pour moi. Je le répète, ce n’est pas une biographie au sens classique du terme. J’ai écrit à la troisième personne au présent. J’ai voulu que le lecteur découvre la vie de Daphné en même temps qu’elle. Je donne des indices pour que ceux qui me lisent puissent comprendre le puzzle de sa vie.

Les lecteurs ont largement suivi.

Oui… et ce n’était pas gagné. Je dois dire que ce livre m’a donné la reconnaissance littéraire qui me manquait. On avait tendance à me mettre dans les mêmes cases littéraires que les gros vendeurs qu’on ne va pas citer, mais que l’on connait par cœur. On a dit que j’étais une machine à écrire des best-sellers, que mes intrigues étaient rapidement ficelées, qu’il n’y avait pas de réflexion littéraire dans mon œuvre. Depuis que j’ai sorti Manderley forever, je n’entends plus ces commentaires. Ce livre a donné une autre lumière sur mon travail.

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Après l'interview, le 18 janvier 2016, dans un café parisien.

24 mars 2016

Mallock : interview pour Le principe de parcimonie

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mallock,le principe de parcimonie,interview,mandor« Pardon, mais pourquoi Mallock, ce pur génie de la littérature noire, n'a pas le succès foudroyant qu'il mériterait d'avoir. Pourquoi la France ne le célèbre pas (l'Italie le vénère). Il est réellement (et largement) au-dessus de tous, tant dans l'écriture, les intrigues, la philosophie et la personnalité de ses personnages que dans le suspense. C'est violent (mais comme la société est violente), réaliste, malin, d'une intelligence rare, extrêmement bien documenté, sans concession... et souvent prophétique. Un jour, on reconnaîtra son talent à sa juste mesure. Tous ses livres sont des bijoux absolus. Le dernier, "Le principe de parcimonie", est un pur chef d'œuvre! Jamais rien lu d'aussi intense. J'ai voulu parler de lui aujourd'hui (comme une sorte de pulsion) parce que je trouve injuste que cet auteur ne soit pas porté aux nues. Je trouve injuste que les médias culturels le laissent de côtés. On ne laisse pas un auteur pareil dans la solitude du doute. Moi, je lui réitère une énième fois mon admiration sans borne. » J’ai écrit ça, il y a quelques jours, sur Facebook.

Pour tout dire, j’en ai marre de prêcher dans le désert depuis 6 ans. J’ai reçu ici Mallock, à chacun de ses nouveaux livres. Je l’ai découvert avec Le massacre des Innocents, un putain de bon thriller qui m’a époustouflé dès les premières pages et que je n’ai pu lâcher. J’ai récidivé à la sortie de Les Visages de Dieu et l’enthousiasme ne m’a pas quitté. Je lui ai ouvert cet espace pour la troisième fois pour Le cimetière des hirondelles, autre chef d’œuvre du monsieur. La quatrième fois, c’était pour Les larmes de Pancrace.

Ses livres ont toujours trois niveaux : Un niveau mythologique, un niveau narratif, un niveau purement littéraire. Aujourd’hui, je vous propose ma 5e mandorisation de Mallock. Je l’ai accueilli le 2 mars dernier, pour son nouveau chef d’œuvre, Le Principe de parcimonie. Sur fonds de crue, de boue et de sang, le voilà aux prises avec une enquête qui ne manque pas de créativité. Ce thriller baroque en immersion totale dans le monde de l’art contemporain, constitue la chronique la plus esthétiquement cruelle du commissaire. Son chef-d’œuvre, si l’on peut dire.

4e de couverture :mallock,le principe de parcimonie,interview,mandor

Dans le bocal de verre, à la place des cornichons, des doigts humains. Et sur l’étiquette cette mention : « Pervers au vinaigre. Tu ne toucheras pas aux enfants avec des pensées sales. »

En ce mois d’octobre finissant, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas sous le ciel de la capitale. L’artiste contemporain Ivo est soufflé par une explosion en pleine performance. Quant à l’objet de son étude, La Joconde, elle s’est purement et simplement
volatilisée.

Tout porte à croire que ces méfaits sont signés Ockham, personnage dérangeant qui se met en scène dans des vidéos délirantes, entièrement habillé de latex rouge. Mais que recherche-t-il au juste ? L’argent ? Le geste politique ? Flatter son ego surdimensionné ?

Une nouvelle occasion pour Mallock de se ronger les méninges, avec cet acharnement qui fait de lui plus qu’un commissaire : un véritable extralucide auquel aucun tordu ne résiste…

Lecture de la Quatrième de couverture. Sur FinalCut ProX… © Mallock. Pour l'essentiel : prises de vues personnelles (faites au iPhone + quelques iStock et musique de Alan Singley)

mallock,le principe de parcimonie,interview,mandorL’auteur :

Sous le pseudonyme de Mallock se cache J.D. Bruet-Ferreol, peintre, photographe, designer, inventeur, directeur artistique, compositeur et bien entendu… écrivain. Depuis 2000, ce génial touche-à-tout ne se consacre plus qu’à sa carrière de peintre numérique au travers d’expos et d’édition de livres d’art, et à celle d’auteur, notamment de romans policiers. Pour cette année 2016, Fleuve Éditions met son œuvre à l’honneur, avec la publication du Principe de parcimonie, mais aussi les rééditions du Cimetière des hirondelles et des Larmes de Pancrace, en versions revues et embellies, avec des couvertures entièrement designées par Mallock. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir cet auteur au charme singulier, en train de bâtir sa propre légende.

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Interview :

Bon, on en est au même point que d’habitude. Tu n’es toujours pas un écrivain « populaire », ce que je ne trouve toujours pas compréhensible.

Il n’y a que les blogs qui me suivent. Tu es le premier à avoir parlé de moi et beaucoup d’autres t’ont suivi. Je les remercie tous et du fond du cœur. Mais, il est certain que je déplore ne pas avoir de papier dans la presse, ni être invité nulle part pour parler de mes livres.

Pour moi, je le dis tout net, tu es le meilleur.

Tu me l’as toujours dit et ça me touche beaucoup. Je suis très laborieux, j’ai attendu très tard pour sortir tous ces livres, je bosse énormément dessus, je leur fait profiter de mon expérience de vie, de lectures, de créations dans tous les domaines. Ça donne à chaque fois, ce que j’espère être des sommes.

Tu sors trois livres d’un coup chez Fleuve Noir. Deux précédents et le nouveau, Le principe de parcimonie.

C’est une idée de mon éditrice parce qu’elle a estimé que mes deux précédents, Le cimetière des hirondelles et Les larmes de Pancrace n’avaient pas eu la carrière qu’ils méritaient. J’ai trouvé ça très sympathique de sa part. On s’est mis d’accord sur un format plus petit afin que l’accès financier, pour les gens, soit plus abordable.

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A Livre Paris 2016.

Tu es aussi graphiste et c’est toi qui as fait les couvertures de ces ouvrages.

J’ai fait les couvertures et j’ai « designé » le principe des typos et les illustrations. Je voulais que l’ensemble soit pertinent.

Il parait que tu vas aller jusqu’à neuf livres.

Après Mallock va disparaître et c’est le commissaire Amédée Mallock lui-même qui va raconter les histoires. Elles seront écrites à la première personne et les romans seront plus courts. Il racontera ce qui lui ait vraiment arrivé pendant son enfance, avec ses parents… Jusqu’à aujourd’hui, je l’ai toujours suggéré, mais ne l’ai jamais raconté pas.

Toi, tu ne t’appelles pas Mallock, mais tu écris sous ce nom. Les prochains seront écrits par Amédée Mallock et non plus par Mallock tout court qui n’est pas le commissaire, mais l’auteur… tu ne crois pas que c’est un peu compliqué tout ça ?

Il y a une mise en abyme. Cela permet de prendre du recul par rapport à ce que l’on fait. M’appeler Mallock pour écrire les aventures d’Amédée Mallock était presque de l’ordre du gag et cela m’amusait beaucoup. Mes éditeurs, eux, ne voulaient pas que je signe Mallock, parce que cela ne se faisait pas. Le simple fait que l’on me dise que cela ne se faisait pas m’a incité à le faire. Deuxième raison, le nom est court et cela permettait de ne pas ajouter de signes sur la couverture. Le personnage s’appelle Amédée Mallock, il est écrit par qui ? Pas pour mon véritable non, Jean Denis Bruet-Ferreol. Il est trop long. Je fais quoi ? Je vais chercher un troisième nom ? Principe de parcimonie, je prends le signifiant qui existe, le plus petit, c’est Mallock. Je décide de signer Mallock, deux simples syllabes.

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A Livre Paris 2016.

Dans les salons littéraires, tes lecteurs t’appellent Mallock, Amédée ou Jean-Denis ?

On m’appelle par ces trois noms.

Alors que l’on se connait bien, je continue à t’appeler Mallock. Tu es indissociable de ton héros.

Je ne dis plus rien à personne, parce que je comprends les confusions et il y a la même gentillesse derrière.

Quand je lis les histoires d’Amédée Mallock, je te vois toi dans le rôle du commissaire.

Ceux qui me connaissent ou ceux qui m’ont vu en dédicaces me font tous la réflexion.

Il faut dire que physiquement, tu corresponds bien.

Comme je rêvais d’être plus grand, je me suis rajouté quinze centimètres. Il y a vingt ans, tout à fait au départ de l’aventure Mallock, je voulais que le rôle soit tenu par Depardieu ou Nick Nolte,  alors je lui ai mis des cheveux blonds. Sinon, le reste, cela peut être moi en effet. Ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est la vérité du personnage. J’ai contrôlé tous les personnages que j’ai créé, mais le seul que j’avais du mal à contrôler, c’était Mallock. J’ai préféré le laisser vivre sa vie et vivre la mienne en fin de compte. Je ne savais pas comment il allait être reçu.

Comment décris-tu Amédée Mallock ?

C’est un personnage d’une sensibilité exacerbée, qui souffre du monde dans lequel il vit. C’est un personnage de vérité. Nous vivons dans un monde de mensonge, de parfaite médiocrité, de non courage. Toutes les valeurs qui lui sont chers, la droiture, le courage, la sincérité, n’ont plus lieu d’être dans cette société.

Dis donc, Ockham, il pense exactement comme toi… ou comme Mallock.

Je me demande si Mallock l’écrivain n’est pas plus proche d’Ockham qu’il n’est du commissaire Amédée Mallock. J’ai un profond désespoir de voir le monde devenir ce qu’il est. Ce que l’on voit à la télévision est immonde de médiocrité, de mensonge et d’hypocrisie. Aujourd’hui, dans ce monde médiatique, nous sommes avides de tout, sauf de vérité. Moi qui suis avide de vérité, je me sens très mal.

Tu te sens un peu seul ?

Oui, je me sens seul dans ma colère, dans ma rage. Cela me tue et me déprime complètement. Heureusement que je prends des médicaments depuis des années et que je suis sous substances. Je ne vois pas comment on peut tenir dans cette société sans avoir de médications appropriées. Quelqu’un qui vit sans antidépresseur, c’est un grand malade. Si tu es lucide, tu prends des cachets ou tu t’en vas d’ici et tu n’allumes plus jamais ta radio et ta télé.

Amédée Mallock, à un moment, se demande s’il n’aime pas Ockham.

Ockham est un rédempteur fou. Quelque part, c’est un justicier. Moi, Mallock l’écrivain, si la loi n’existait pas, je me demande si je ne serais pas comme lui. Je me demande si je ne mettrais pas des bombes dans certains lieux, si je ne me baladerais pas avec des rasoirs pour couper quelques têtes.

Tu tuerais des innocents ?

Qui est innocent, à partir du moment où tu es complice et que tu profites du système à ce point-là ?

Tu dis ça parce que le système médiatique te boude ?

Non, je t’assure. Même si j’arrive à cette chose incroyable : écrire depuis 20 ans et n’avoir jamais eu un seul article dans un journal, une seule interview télé ou radio.

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Mallock et Franck Thilliez, deux maîtres du thriller français à Livre Paris 2016. 

Ça me révolte aussi, je te l’avoue.

Ça me rend fou. J’investis beaucoup de temps, d’énergie, d’amour. Je donne tout dans chacun des bouquins. Je ne m’économise pas. Si tu me voyais en train d’écrire…

Combien de temps mets-tu pour écrire un roman ?

Au minimum, trois ans. Et je ne fais que ça. On ne fait pas le genre de livre que j’écris en six mois. Il faut habiter les personnages, avant, pendant, après. Les mettre en cave. Je pose, j’attends trois mois et je relis.

Je crois savoir que tu travailles en permanence sur trois livres.

J’en finalise un, j’en écris un autre et je conçois la structure et le plan d’un troisième.

Quand tu écris, tu ne t’épargnes pas et tu ne nous épargnes pas.

J’ai envie d’aller au bout de tout. Dans mes livres, ce qui est poétique, triste, nostalgique est extrêmement poétique, triste et nostalgique. Ce qui est sanglant est donc extrêmement sanglant. Je pense que dans la réalité, nous sommes en deçà. Il m’est arrivé de rencontrer des morts dans la vie. C’est terrible et terrifiant. Dans un livre, il faut exagérer le trait si on veut que les gens aient un vrai malaise.

(A voir absolument pour comprendre qui est cet auteur!) Pour la librairie Mollat, Mallock vous présente son ouvrage "Le principe de parcimonie" aux éditions Fleuve Noir.

Tu fais comme dans la série Game of Thrones. Tu tues sans vergogne les héros récurrents auxquels nous nous sommes attachés.

Il y a une raison un peu stratégique, je dois le reconnaître. Quand tu écris un one shot, tu ne sais pas ce qu’il va se passer avec le héros, c’est ce qui crée la tension d’un véritable thriller. Comment mener un thriller avec un personnage récurrent ? Comment créer la tension ? La solution est simple : avoir une équipe autour de Mallock, composé de personnages héroïques et attachants, en sachant que n’importe lequel d’entre eux peut mourir.

On annonce une éventuelle crue du siècle de la Seine pour prochainement… et c’est ce qui arrive aussi dans ton livre.

Cette crue me permet de refaire une description de Paris que je hais et que je « aime » d’une autre façon. Je l’avais déjà décrit dans Le visage de Dieu et dans Le massacre des innocents et je ne voulais pas me répéter. J’ai toujours la peur d’avoir des livres qui se ressemblent. Je veux que l’originalité soit constante. Métaphoriquement, c’était aussi intéressant d’avoir cette eau qui vient nettoyer les rues de la capitale, comme Ockham vient nettoyer cette espèce de Sodome et Gomorrhe de la médiocrité qu’est devenue notre société.

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Après l'interview, le 2 mars 2016, à l'agence.

10 mars 2016

Thibaut Derien : interview pour J'habite une ville fantôme

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(Photo : Arno)

J’ai connu Thibaut Derien comme chanteur. Il écrivait et composait des chansons biens ciselées. Je l’avais interviewé à cette époque et il m’avait paru très sympathique. Un jour, il a arrêté. C’est con. 

Je l’ai retrouvé plus tard comme collaborateur de CD’Aujourd’hui. Il filmait, moi je posais des questions aux artistes. Je n’arrêtais pas de lui dire que je trouvais la situation incongrue parce que j’aurais pu tout aussi bien lui poser des questions… étant donné que je n’ai jamais cessé de le considérer comme chanteur.

Et voilà que, récemment, je le retrouve comme photographe avec sa série Sur scène dans une minute !. Il prenait en photo des artistes dans leur loge, une minute avant leur entrée sur scène. De sacrés moments de vérités.

Les gens doués dans toutes les activités artistiques sont un peu agaçants. Voire, ils m’énervent. Mais, bon, j’ai craqué quand j’ai vu son livre (et donc ses photos) de J'habite une ville fantôme (aux éditions du Petit Oiseau). Une mandorisation s’imposait.

Le 4 février dernier, dans un café parisien, puis à l’agence, Thibaut Derien s’est prêté au jeu des questions-réponses, comme si nous ne nous connaissions pas…

j'habite.jpgPrésentation du livre :

J’en avais marre de la capitale. Trop de bruit, trop de gens. Et puis je ne supportais plus mes voisins. Je voulais changer d’air, et surtout de vie. Je passais le plus sombre de mon temps affalé dans mon canapé, à refaire non pas le monde, mais l’endroit idéal où m’installer. Je m’imaginais alors vivant dans un petit village à la campagne, mais pour y avoir grandi, je savais déjà que les grands espaces n’étaient pas faits pour moi. Je me voyais repartir à zéro au bord de la mer, mais le vent et le cri des mouettes m’ont toujours tapé sur le système. Bref, je tergiversais.
Je me suis donc longtemps demandé où poser ces valises que je n’avais pas encore faites, jusqu’au jour où je suis tombé dessus, par hasard. Une ville sans voiture ni habitant, sans bruit ni mouvement, calme comme la campagne, reposante comme l’océan, mais sans nature.
Aujourd’hui je me promène en silence dans ces rues rien qu’à moi, où je n’ai qu’à me servir, où tout me tend les bras. Au début je me suis bien posé quelques questions : que s’était-il passé ici et qu’était devenue la population ? Exode rural, catastrophe naturelle, cataclysme écologique, peu importe finalement. Avec le temps j’ai appris à ne pas bouder mon plaisir, et la seule chose qui m’inquiète désormais, c’est de savoir combien de temps cela va durer. Je tue le temps, qui ne passe plus vraiment par ici, en imaginant toutes ces vies passées derrière ces volets fermés, ces rideaux de fer tirés.
Je suis comme perdu sur une île déserte, sauf que je n’ai pas envie que l’on me retrouve.
J’habite une ville fantôme.
Thibaut Derien

L'artiste :

Auteur et interprète de quatre albums (de chansons, pas de photos), Thibaut Derien a aujourd'hui troqué la musique et les mots pour le silence et l'image. Après dix années consacrées à la chanson, il retourne pleinement à sa première passion, la photographie. Sa série J'habite une ville fantôme a d'ailleurs vu le jour pendant ses tournées, tandis que la dernière, Sur scène dans une minute !, le ramène irrémédiablement aux salles de spectacle.

Il vit et travaille dans sa ville fantôme.

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P1000488.JPGInterview :

Je t’ai connu chanteur, mais en fait, tu as été photographe avant d’entamer cette carrière.

Depuis le lycée, je voulais être photographe. J’étais en pension, je me sentais un peu seul. Je travaillais dans un magasin de photos, et un jour, le patron m’a offert un appareil photo. J’ai commencé à photographier tout ce qui bougeait et j’ai vite considéré que c’était un bon compagnon de jeu. Je photographiais mon quotidien, mes promenades, mes voyages, mes week-ends... Cela me permettait de rendre ma vie plus intéressante. Ma première série était constituée de photographies d’animaux morts sur la route. Je trouvais cela très esthétique, très graphique.

Ensuite, tu es parti à Cannes pour faire « filmeur ».

J’ai répondu à une petite annonce, j’avais 19 ans et une sérieuse envie de bouger. Je faisais des photos de gamins sur les plages, je leur donnais un ticket et ils devaient venir récupérer les clichés dans un magasin.

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Après, tu es revenu à Paris.

Oui, avec la réelle ambition de devenir photographe. Mais je n’ai trouvé que des petits boulots.

Plus tard, tu as tenu un bar.

C’est là qu’est née ma passion pour la musique parce que j’organisais des concerts. J’avais 21 ans et j’étais le plus jeune patron de bar de France. Cela m’a permis de ne pas faire mon service militaire puisque j’étais chef d’entreprise.

Comme ton bar ne marchait pas la semaine, tu bossais pour Luc Besson.

Il cherchait des jeunes qui connaissaient la région pour la préparation d’un film. J’ai frappé à la porte et j’ai été embauché. J’ai travaillé pour lui trois ans. Pour Jeanne d’Arc, je suis allé même allé jusqu’en République Tchèque. J’étais stagiaire régie. C’était un boulot un peu ingrat.

Après tout ça, la chanson est arrivée dans ta vie.

Quand je tenais mon bar, voir les autres chanter m’a donné envie d’écrire des chansons. J’ai rencontré un guitariste et pendant les après-midi creuses nous nous sommes composés un petit répertoire. On est monté à Paris et on a continué à travailler des chansons ensemble. On a fini par chanter le soir dans certains cafés concerts. Au bout de six mois, on a envoyé une maquette aux Chantiers des Francofolies. En 2001, nous avons été acceptés là-bas, du coup, les programmatrices nous ont programmées sur la scène des découvertes l’année suivante. C’est là que j’ai rencontré le producteur et éditeur de spectacle, Max Amphoux. On a gagné le Prix Adami, on a signé avec Max et distribués par AZ. Ma carrière de chanteur a duré 10 ans.

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Un jour, tu as arrêté la musique. Et je t’ai demandé plein de fois de ne pas. 

Il ne faut jamais dire jamais, mais ça fait six ans que je n’ai pas écrit une chanson. Depuis que ma fille est née, je n’en ressens plus le besoin. Même écrire pour les autres, je  n’y parviens pas. Ce que je faisais n’était pas très gai. Maintenant que je suis heureux, je n’ai plus d’inspiration.

Nous nous voyons pour la sortie de J’habite une ville fantôme. Toutes ses photos représentent 10 ans de travail et de recherche. Où as-tu trouvé toutes ses devantures vieillottes de magasins ?

Ça a commencé à l’époque où j’étais en tournée. Il y avait beaucoup de centres culturels de petits villages qui programmaient des artistes comme moi. Entre le moment où on arrive et le concert du soir, il y a beaucoup de temps à tuer, voire une après-midi entière. Je me baladais donc avec mon appareil photo. La première fois que j’ai vu une vieille vitrine comme ça, j’étais loin de me douter que l’histoire allait durer autant d’années. Je trouvais cela graphique et émouvant. Quand j’ai arrêté de chanter, j’ai continué à voyager. Mais, je ne prenais jamais l’autoroute, je me promenais sur les départementales et m’arrêtais pour rechercher de vieilles devantures. 

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Cette série de photos m’a rendu très nostalgique.

Comme j’ai vécu à la campagne, j’ai connu tout ça et donc, évidemment, c’est une réminiscence de mon enfance. Et, certaines personnes âgées qui viennent à mon expo ont les larmes aux yeux.

C’est ce que tu veux provoquer ? De l’émotion…

Ces façades de boutique, ce n’est pas seulement le commerce qui ferme, c’est vraiment le lien social entre les gens qui disparait. C’est ça qui me touche le plus. Les villages français se meurent de plus en plus. Un épicier qui ferme, ce sont des vieux à qui on enlève la dernière conversation de la journée…Ces photos rappellent que l’on a changé nos modes de consommation. Les centres commerciaux sont les premiers tueurs de ces boutiques de village.  

Pourquoi n’y a-t-il pas de textes qui accompagnent tes photos. Pourquoi ?

J’aurais pu effectivement parler du contexte politique et économique, mais au final, j’ai préféré que chacun ait sa propre lecture de ses photos. Je ne voulais pas qu’on les regarde que de manière engagée, alors qu’elles sont souvent drôles et poétiques.

Tu as gagné quelques prix avec cette série de photos, dont lauréat SFR Jeunes Talents en 2013, et tu as fait quelques expos, comme au Grand Palais dans le cadre de Paris Photo.

Tout cela m’a incité à tout abandonner pour n’exercer que cette activité. Et je dois dire qu’à présent, je me sens un homme libre et sans obligation.

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Après l'interview le 4 février 2016, à l'agence.

07 mars 2016

Laurent Binet : interview pour La septième fonction du langage

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Les Prix Interallié et Prix du Roman Fnac 2015 ont été attribués à Laurent Binet pour son roman La septième fonction du langage. Ce livre nous faire rire en parlant de sémiologie, la science des signes, dans le langage et le comportement. Une performance ! Mais quel est l’intrigue de ce roman ? 1980, Roland Barthes, star mondiale de la sémiologie, meurt en sortant d'un déjeuner avec François Mitterrand, renversé par une camionnette. Laurent Binet imagine qu'il ne s'agit pas d'un accident. Barthes aurait pris connaissance de la 7ème fonction du langage, celle qui fait de son détenteur un orateur aux pouvoirs illimités sur ceux qui l'écoutent: qui a fait tuer Barthes pour s'emparer de ce redoutable secret ? Mitterrand ? Giscard? La CIA ? Le KGB ?

D'Althusser à Lacan, de Foucault à Derrida, de Deleuze à Baudrillard, via Sollers, Kristeva, Cixous et BHL, ce roman réunit toute l’intelligentsia de l’époque. Loin d’être réservé à un entre soi intello, l’érudition est passée au tamis de la comédie burlesque. Jubilatoire !

Je suis allé à sa rencontre, chez lui, le 25 septembre 2015 (oui, je sais, ce n’est pas tout neuf, mais bon, j’ai du mal à suivre mon propre rythme d’interviews), pour le journal des adhérents de la Fnac, Contact (pour évoquer notamment le Prix du Roman Fnac et son livre foisonnant).

laurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandor4e de couverture :

« A Bologne, il couche avec Bianca dans un amphithéâtre du XVIIe et il échappe à un attentat à la bombe. Ici, il manque de se faire poignarder dans une bibliothèque de nuit par un philosophe du langage et il assiste à une scène de levrette plus ou moins mythologique sur une photocopieuse. Il a rencontré Giscard à l’Elysée, a croisé Foucault dans un sauna gay, a participé à une poursuite en voiture à l’issue de laquelle il a échappé à une tentative d’assassinat, a vu un homme en tuer un autre avec un parapluie empoisonné, a découvert une société secrète où on coupe les doigts des perdants, a traversé l’Atlantique pour récupérer un mystérieux document. Il a vécu en quelques mois plus d’événements extraordinaires qu’il aurait pensé en vivre durant toute sa vie. Simon sait reconnaître du romanesque quand il en rencontre. Il repense aux surnuméraires d’Umberto Eco. Il tire sur le joint. »

Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette de blanchisserie le 25 février 1980. L'hypothèse est qu'il s'agit d'un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l'époque, tout le monde est suspect...

L’auteur :

En 2010, Laurent Binet a publié HHhH, qui a obtenu le Prix Goncourt du Premier roman et a été traduit dans près de quarante pays. La Septième fonction du langage est son deuxième roman, fruit de cinq ans de travail.

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laurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandorInterview :

Comment avez-vous réagit quand on vous a annoncé que vous aviez remporté le Prix du Roman Fnac ?

Il y a des temps dans l’écriture et ça, c’est le temps de la sortie et le temps de la sortie, c’est le temps de la reconnaissance. Un prix, c’est un élément de reconnaissance non négligeable, surtout si c’est un prix composé de 800 lecteurs dont la moitié sont libraires. Les libraires sont le maillon clef de l’économie du livre et ils sont souvent désintéressés dans leur approche des bouquins. Ce type de prix est donc extrêmement gratifiant.

Vous vous étiez fait remarquer avec votre précédent livre HHhH, qui a remporté le Prix Goncourt du Premier Roman.

Pour un premier roman, c’était une exposition vraiment très utile, voire nécessaire. Les places sont chères, alors j’aime bien me faire remarquer. Je suis absolument convaincu de la qualité de mes livres, mais je n’oublie pas que dans ce milieu-là, le facteur décisif, c’est la chance. Et je dirais aussi, l’audace. Il y a beaucoup de livres de mauvaises qualités qui ont beaucoup de succès et qui sont acclamés par la critique et le contraire est aussi vrai. Il y a beaucoup de chefs d’œuvre qui sont ignorés, pas publiés ou plus simplement pas exposés. Il faut garder les pieds sur terre. Je suis très content d’avoir des prix, mais ce n’est pas ça qui me fait dire que je suis un romancier génial.

Vous venez me dire que vous étiez sûr de la qualité de vos écrits. C’est rare qu’un écrivain me confielaurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandor cela.

L’écriture est un processus compliqué. C’est un mélange de doute et de confiance en soi. Si vous n’avez pas la confiance en vous, vous n’écrivez pas. Si vous n’avez pas cette espèce d’arrogance qui vous fait penser que ce que vous pouvez écrire va pouvoir intéresser d’autres personnes, vous ne faites rien. En même temps, si vous ne doutez pas, il n’y aura pas la remise en question nécessaire pour assurer une exigence minimale au texte. L’alchimie entre ses deux états est très complexe.

La promotion, vous en pensez-quoi ?

C’est un truc marrant, mais on s’expose beaucoup et le fait de s’exposer, ce n’est pas quelque chose qui va de soi. C’est un cliché, mais on se sent dépossédé de son œuvre parce que tout le monde parle du livre qu’on a écrit. Il vaut mieux être sûr de soi pour encaisser tout ça, même quand les critiques sont bonnes. C’est un moment bizarre et délicat.

C’est dur de parler de son œuvre ?

J’ai une formation de prof. Pendant dix ans, j’ai parlé des œuvres des autres. Ça m’intéresse de parler des œuvres en général, alors pourquoi pas de la mienne (rires). Quand cela m’arrive, j’essaie d’en parler avec détachement, comme si ce n’était pas moi l’auteur de l’œuvre en question.

laurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandorOn arrive à analyser son propre roman ?

D’une manière générale, l’objectivité est impossible. Je fais toujours des méta-romans qui s’interrogent déjà sur eux-mêmes. Il y a des mises en abyme. C’est ce que j’appelle du méta discours. Je suis porté naturellement vers des discours critiques en tant que prof, mais en tant que romancier aussi, du coup parler de mon roman m’intéresse. Parfois les critiques laissent de côté des aspects qui, moi, me paraissent importants. Dans celui-ci par exemple, j’entends beaucoup le mot satire. C’est vrai qu’il y a une dimension satirique indéniable, mais ce n’est pas tout.

C’est vrai, moi, ce qui m’a intéressé dans ce livre, ce sont les relations du réel avec la fiction.

Dans ce roman, je me suis amusé à ancrer cette histoire dans un réel très documenté, très précis. Plus de la moitié de ce que je fais dire aux protagonistes sont des citations réelles. Après, j’expérimente pour voir jusqu’à quel point on peut tordre le réel. A un moment, je fais apparaître volontairement quelques anachronismes. Ils vont se multiplier jusqu’à ce que cela devienne énorme.

Regardez-vous ce qu’on dit de votre dernier livre dans la presse ou sur internet ?

Oui, j’avoue, je ne peux pas m’en empêcher. C’est à la fois stressant et excitant. Il suffit d’une mauvais critique sur dix pour que ça vous gâche un peu la journée ou que ça me contrarie une heure ou deux. Je suis hyper sensible comme tous les cons d’écrivains mégalos narcissiques. C’est de la sensibilité mal placé, je le sais bien. On a la chance d’être publié, on parle de notre livre, ça devrait nous suffire. J’avoue que moi je veux tout. Le succès critique, le succès public… je voudrais l’unanimité.

Vous aimez être interviewé alors ?

Je ne suis pas une bête des médias. Quand je vais à la télé ou à la radio, j’ai toujours peur de bafouiller ou de dire une énorme bêtise qui sera enregistré et qui finira sur YouTube et au zapping (rires). Là, une interview, tranquillement chez moi, à la cool, ça ne me dérange pas. J’aime bien même. A la télé et à la radio, dès que la réponse dépasse les 30 secondes, je sens l’animateur ou le journaliste devenir très nerveux parce qu’il faut déjà enchainer avec autre chose. Devoir dire des choses intéressantes avec si peu de temps, c’est extrêmement difficile je trouve.

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Laurent Binet s’attaque aux intellectuels parisiens (théoriciens de la French Theory ou nouveaux philosophes), notamment Sollers, Kristeva, BHL et Foucault.

C’est un roman souvent drôle. Vous n’épargnez ni les intellectuels, ni les hommes politiques de l’époque.

Je ne réserve pas le même traitement à tout le monde. Pour moi Philippe Sollers et Michel Foucault n’ont pas le même statut. Je mets Foucault dans des situations sexuelles, parfois scabreuses, mais qui ne sont que la réalité de sa vie, ce qui n’empêche pas que j’ai un profond respect pour son œuvre. La majeure partie des intellectuels et des politiques qui traversent mon roman, je respecte leur parole. Après, je retranscris tout ça de manière burlesque, mais sans discréditer leur propos. Cela devient juste du théâtre… et je vais même jusqu’à la bouffonnerie.

Votre histoire est un pur délire, mais parfaitement maitrisé.

Je le prends comme un compliment, merci. Ce qui est sûr, c’est que c’est extrêmement travaillé, ensuite, ça fonctionne ou pas. C’est construit, je ne vous le cache pas. J’ai ciselé ce texte avec minutie.

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Photographie réalisée par Michel Delaborde cinquante jours avant la mort de Roland Barthes pour la revue Culture et Communication, 5 février 1980.

Pourquoi avoir choisi Roland Barthes comme héros (malheureux) de votre roman ?

J’adore Barthes. Je l’admire même. Il a été le plus déterminant dans ma formation intellectuelle. C’est lui qui m’a appris à expliquer des textes. Je parle de sa mort et il se trouve que sa mort est romanesque. La scène de son décès, je la trouve très émouvante. Evidemment, je l’intègre dans une intrigue policière, mais je ne me moque jamais de lui. Je l’ai juste montré mélancolique. Ce qu’il était, je crois. Dans la fin de la première partie, pendant le repas avec Mitterrand, Barthes à la tête ailleurs et c’est la vision que j’avais de lui. Jamais vraiment là, sauf physiquement.

laurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandorSollers, par contre, vraiment, vous ne vous privez pas.

Non, vraiment, ça ne me gêne pas de me moquer de lui. C’est un clown. Je sais qu’il a une très haute opinion de lui-même. Présenté autrement, il pourrait admettre sa part histrionique.

Mais intellectuellement, vous ne lui trouvez rien d’intéressant?

(Rires) Pour des raisons de prudence judiciaire, je ne répondrai pas à cette question.

Ce livre est une mine d’informations sur les années 80.

C’était la période de mon enfance. Ça m’a amusé de me remémorer les voitures, l’ambiance, la musique, l’actualité de ce moment-là. Mais c’est aussi cinq ans de recherche et de documentation. Vous verriez ma chambre, il y a du Deleuze, du Derrida et des tas d’autres philosophes partout.

Votre livre est « intellectuel », mais à la portée de tous.

Le professeur qui est en moi prend cette réflexion comme un compliment. J’ai essayé d’être pédagogue et exigeant.  Je brasse quand même des théories et des problématiques pointues, mais j’ai tout fait pour les rendre accessibles. C’était toute la difficulté de ce roman.

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Lors de la remise du Prix du Roman Fnac 2015.

Ce livre est aussi un thriller mené par deux enquêteurs diamétralement opposés. Rarement une enquête policière n’avait été aussi drôle et aussi mal menée.

Deux personnes antagonistes qui travaillent ensemble, c’est un truc qui fonctionne toujours depuis la nuit des temps jusqu’à Pierre Richard et Depardieu (rires). Le commissaire Bayard est l’archétype du flic beauf qui méprise les intellectuels, les considérants comme de sales gauchistes et de purs affabulateurs. Bayard ne comprend rien à la sémiologie et juge cette discipline théorique et parfaitement inutile. Il décide de demander de l’aide à un jeune professeur en sémiologie méconnu, Simon Herzog. Lors de leur première rencontre que j’ai souhaité drôle, il l’interroge d’un air hautain sur la sémiologie et sa signification. À partir de sa posture, de ses vêtements, des traces laissées par son alliance, le jeune professeur parvient à dresser un portrait juste et complet du commissaire. J’aime bien quand les éléments ont plusieurs fonctions. Ce couple-là à une fonction comique dans son opposition et une fonction pédagogique. L’un va expliquer à l’autre ce que le lecteur à besoin de savoir.

Il me semble que votre construction narrative est influencée par des films ou des séries.laurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandor

L’ensemble est conçu un peu comme un James Bond. Les enquêteurs vont de pays en pays à partir de Bologne. James Bond est très présent dans ce livre. Il est à la fois un modèle de construction narrative et un motif récurrent.

Au fond, c’est quoi votre livre ?

Le roman, c’est le lieu du mélange des genres par excellence. Mon livre est à la fois un roman policier et un roman picaresque et un méta roman et un roman philosophique. Si vous me permettez d’être prétentieux et pompeux, je dirai que c’est un roman total et baroque.

Vous aviez beaucoup d’ambition pour ce livre ?

Je savais que ça allait être une grosse construction extrêmement minutieuse. Proust disait qu’il faisait des cathédrales, moi j’ai pensé mon livre comme un gros édifice. Il tient ou il brinqueballe, ça, c’est au lecteur de le dire.

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Après l'interview, sur le balcon de Laurent Binet, le 25 septembre 2015.

02 mars 2016

Stéphane Nolhart : interview pour le livre De sang et la maison d'édition Ravet-Anceau

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de sang,polars en nord,ravet-anceau,stéphane nolhart,interview,mandorStéphane Nolhart est écrivain. Il est d’ailleurs en pleine écriture d’un nouveau livre (dont j’ai lu les fascinantes premières pages), Largo. Il m’est arrivé de le recevoir ici comme auteur, mais je l’accueille cette fois-ci comme directeur d’ouvrage chez Ravet-Anceau à l’occasion de la sortie du livre De sang (collection Polars en nord). Je lui ai donc posé quelques questions sur la maison qui édite le livre et sur ce recueil de 30  nouvelles en particulier.

(Merci à l’éditrice de cette maison, Marion Weber-Massenat, pour ces quelques précisions apportées dans les réponses).

4e de couverture :

« Dimanche matin, des morceaux de corps humain carbonisés ont été découverts dans ce qu’il restait d’une poubelle incendiée. Dans la foulée, les pompiers ont également été sollicités pour circonscrire deux nouveaux incendies signalés à deux autres endroits de la ville. Là encore, les soldats du feu ont trouvé des restes de corps. »

Ce fait divers a inspiré trente et un auteurs de la collection Polars en Nord des éditions Ravet-Anceau. Ces de sang,polars en nord,ravet-anceau,stéphane nolhart,interview,mandorplumes expertes en crime ont imaginé les pires scénarios : ils vous offrent ici trente nouvelles inédites. Trente nouvelles plus noires, plus étonnantes et plus frémissantes les unes que les autres.

Imaginé par un journaliste de La Voix du Nord, ce fait divers est une fiction créée pour les auteurs de la collection Polars en Nord. Il fut le point de départ de l’écriture des nouvelles du 200e titre de cette collection de polars régionaux à succès.

Les auteurs et l’éditeur Ravet-Anceau ont décidé que les droits et profits de ce « Polars en Nord no 200 » seraient reversés à l’association Le Noël des déshérités de La Voix du Nord.

Ont participé à cet ouvrage : Alain Stucker, Alain-Paul Autret, Aude Lhôtelais, Benoît Chavaneau, Bernard Leconte, Bernard Thilie, Christine Desrousseaux, Christophe Arneau, Denis Albot, Emmanuel Sys, Francis Essique, Françoise Samsoën, Geneviève Reumaux et René Charlet, Gérard Bertuzzi, Guillaume Lefebvre, Hervé Hernu, Hervé Jovelin, Irénée Deltombe, J. Wouters, James Holin, Jean-Pierre Bocquet, Lakhdar Belaïd, Luc Watteau, Marc Le Piouff, Marie Goudeseune, Michel Bouvier, Philippe Declerck, Philippe Tassart, Stéphane Nolhart, Sylviane Taquet.


de sang,polars en nord,ravet-anceau,stéphane nolhart,interview,mandorInterview :

Ce livre est le 200e de la collection Polars du Nord et il coïncide avec les 10 ans de la collection. Pouvez-vous me présenter cette collection ?

La collection Polars en Nord est née en 2005 avec pour premier titre Le vagabond de la baie de Somme de Léo Lapointe, vendu à ce jour à plus de 12 000 exemplaires, toujours diffusé en librairie et adapté récemment en téléfilm pour France 3. Cette collection explore le roman noir, du polar au thriller en passant par le whodunit. Son parti pris : le suspense près de chez vous. Nos polars se déroulent principalement à ce jour  en  Nord-Pas de Calais-Picardie, en Normandie et en Belgique francophone. Nous en publions plus d’une vingtaine par an, qu’ils s’agissent de premiers romans ou d’écrits d’auteurs « maison ».

Pour trouver l’idée de ce 200e livre, vous vous êtes réunis dans les locaux de chez Ravet-Anceau. Au fil des échanges, est née l’idée d’un projet singulier, original et audacieux que j’aimerais que vous m’expliquiez.

L’équipe éditoriale a imaginé ce 200e titre comme un hommage. Il fallait qu’il s’intègre dans une réflexion globale, qu’il soit vraiment différent des autres. C’est pourquoi nous avons réuni des auteurs de la maison pour un échange. Le but : qu’ils nous disent comment ils voyaient le 200e Polars en Nord. Ce sont eux qui font vivre la collection depuis dix ans, il nous semblait important de les impliquer encore plus à ce moment particulier. Après une matinée de réflexion collective s’est dessiné le projet de ce recueil de nouvelles. Immédiatement, les auteurs ont souhaité que leurs droits d’auteur soient reversés à une association caritative. L’idée d’un fait divers commun a permis de donner une cohérence à l’ouvrage et a pimenté l’exercice : si la nouvelle est déjà en soi un genre particulier, l’écriture sous la contrainte est une difficulté supplémentaire !

Il y a trente nouvelles inspirées d’un même fait divers. Trente angles différents pour raconter la même histoire, c’est un défi facile ou complexe ?

Le point de vue des auteurs à ce sujet est assez partagé : certains ont eu du mal avec cette contrainte et ont cherché à la détourner. D’autres ont joué avec, et elle leur a parfois permis d’aller au-delà de leur zone de confort habituelle, de découvrir un autre horizon. Un nouvel imaginaire est né. De notre côté, nous craignions les redites. Mais finalement, s’il existe quelques similitudes quant aux thèmes abordés, chacun a su recréer un univers bien à lui. Le défi était complexe mais a été relevé avec brio par nos trente et un auteurs.

Bande annonce du livre, De sang, réalisé par Hervé Hernu.

Comment avez-vous choisi les auteurs ?

Nous avons partagé l’idée de l’écriture d’une nouvelle avec une quarantaine de nos auteurs Certains ont répondu avec enthousiasme et s’y sont mis rapidement. D’autres, moins à l’aise avec la forme de la nouvelle, ont préféré ne pas s’y risquer. Ou n’était pas disponible. Toutes les nouvelles que nous avons reçues ont été publiées.

Vous-même, vous vous êtes mis en danger en livrant à vos auteurs votre propre nouvelle. Pourquoi avoir écrit dans ce livre ?

Quand Marion m’a proposé d’écrire une nouvelle dans ce recueil, considérant que c’était pour une œuvre caritative, j’ai tout de suite accepté. Je travaille avec les auteurs de la collection sur les corrections ou modifications éditoriales à apporter (ou pas) à leur texte. Ce sont parfois des heures de discutions (justifiées) pour une virgule ou une idée. Contrairement aux auteurs Polars en Nord qui excellent dans le genre Polars, l’exercice était nouveau pour moi et naturellement j’avais le sentiment d’être jeté dans la fosse aux lions, un poil attendu au tournant. J’ai biaisé. J’ai fait une nouvelle noire qui parle de polars et d’éditions mais pas un polar dans les règles. Je ne suis pas descendu à proprement parlé sur leur terrain de jeux. 

Quels sont les projets de Ravet-Anceau en terme d’évolution ?

La collection Polars en Nord a vu naître sa petite sœur il y a trois ans : Polars en Nord Junior. Des enquêtes menées par des enfants pour de jeunes lecteurs (à partir de 8 ans). Nous publions par ailleurs des romans historiques et contemporains, des biographies, des livres de cuisine… Nous réfléchissons aussi actuellement à de nouvelles collections en littérature. Enfin, concernant la collection Polars en Nord la zone géographique s’étend…

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01 mars 2016

Sophie Adriansen et Jean-Marie Leau : interview pour Naître et grandir en musique

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en ,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques ,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau ,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est ,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exemple

Une fois n’est pas coutume, je reçois de nouveau Sophie Adriansen (mandorisées ici). Cette fois-ci, elle est accompagnée de Jean-Marie Leau. Ensemble, ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner en musique les meilleurs moments de la vie de chacun. Naître et grandir en musique, le premier volume vient de sortir et il est centré sur le bien-être des bébés au travers d'une dizaine de thèmes. Au programme notamment : un historique des comptines, la musique pour la conception, l'oreille du fœtus à la première échographie, l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine, l'accouchement en musique, la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. Ce livre ludique, instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser les mamans et les papas d’aujourd’hui. Le 28 janvier dernier, je me suis rendu chez Sophie Adriansen, où le très sympathique Jean-Marie Leau nous a rejoint.

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exempleNote de l’éditeur :

La musique est le plus fabuleux des médicaments.
C’est particulièrement vrai pour le bien-être des bébés et des enfants.

Savez-vous que l’on peut stimuler auditivement le fœtus dès le sixième mois de grossesse ? Que le chant permet de traverser la douleur des contractions lors de l’accouchement ? Qu’un bébé pleure dans sa langue maternelle ? Qu’un morceau choisi peut l’endormir à coup sûr ? Que la musique est la première fenêtre sur l’art pour un enfant ?

Assorti de témoignages de chanteuses, de musiciens, de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naissance, cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques pour découvrir le pouvoir étonnant de la musique avant, pendant et après la naissance.

Retrouvez Naître et grandir en musique et la B.O. du documentaire L’Odyssée de la vie sur Deezer et Spotify.

Les auteurs :

Jean-Marie Leau est compositeur-interprète. Auteur de nombreux génériques pour la télévision et le cinéma, il a fondé l’ensemble vocal « Les voisins du dessus » et co-écrit plusieurs contes musicaux, dont Sol en Cirque.
Il a enregistré avec Zazie, Alain Souchon, Francis Cabrel, Christophe ou Claude Nougaro.
Il propose chaque mois dans le Magazine de la Santé une chronique sur la musique.

Sophie Adriansen est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages de littérature générale et jeunesse ainsi que de documents autour de la santé.

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sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exempleInterview :

Qui est à l’origine de ce livre ?

Sophie Adriansen : C’est un peu moi, mais j’ai proposé ce projet à Jean-Marie à partir de son travail. Sans lui, je n’aurais jamais eu cette idée. Je connaissais ses chroniques qui me passionnaient et, un jour, en discutant, je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre, ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. Un jour, nous avons concrétisé cette envie que j’avais.

Jean-Marie Leau : Je ne me suis pas posé de question, l’idée m’a plu immédiatement. Ecrire n’est pas naturel pour moi, même quand j’écris mes chroniques. Je suis plus dans l’oralité et la musique. Je crois que Sophie a eu une vraie bonne idée de me proposer ce projet. Cela donne une nouvelle consistance à ce que j’essaie de développer depuis six ans, c’est-à-dire le lien entre la musique, le son et le reste de la vie.

Premier constat, la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour, et même avant notre naissance.

Jean-Marie : La musique, avant d’être une industrie, c’est une expression, voire un outil relationnel. Il est important d’en parler dans une collection telle que nous voulons la mener avec Sophie. Ce sujet n’est pas anodin, c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « Les musicaments ».

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exemple

Vous, Jean-Marie, vous êtes né sous X et vous êtes persuadés qu’il y avait de la musique dans votre entourage.

Jean-Marie : Ce que la musique m’a permis d’être, de devenir, de faire, de vivre, c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas. Je ressens la musique comme une trace vibratoire, poétique… Nous sommes des êtres musicaux. Cette sensibilité est propre à l’espèce humaine. Aujourd’hui, on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale.

Sophie : Ce que je trouve fascinant, c’est que, par exemple, pour les bébés prématurés, qui n’ont pas baigné dans un environnement musical avant de naître, la musique peut jouer le rôle de rassurer et d’envelopper le bébé. Ils peuvent s’en servir comme un cocon. Cela veut dire que l’on nait en étant des êtres musicaux, même quand il n’y a pas eu de conditionnement au préalable.   

Il y a beaucoup de témoignages de femmes dans cet ouvrage.

Sophie : Oui, et elles ont été heureuses de témoigner parce que ce sont souvent de bons souvenirs qu’elles racontent. Il y a aussi des témoignages d’hommes. Moi j’ai interrogé les professionnels de santé et des anonymes et Jean-Marie a interrogé des artistes.

Quel est l’objectif de cette collection ?

Sophie : Nous avons isolé un certain nombre de thèmes dans les chroniques que fait Jean-Marie. La musique est partout, dans toutes les sphères de la vie, on a donc envie de creuser ce sillon très largement.

Que la musique soit là, à tous les âges et tous les moments de la vie, c’est essentiel ?

Jean-Marie : C’est un peu comme si vous me demandiez « conseilleriez-vous aux gens, quand ils sortent, de respirer ? » Pour moi, c’est aussi essentiel. Et en plus, ce n’est pas couteux. Ce n’est pas rien que ce qui peut permettre le développement soit abordable par tous. Quand on parle d’haptonomie (la discipline du « toucher affectif ». Cette méthode permet de créer, pendant la grossesse, un échange entre le bébé et les deux parents et constitue une préparation à l’accouchement) ou d’autres conditions de naissances particulières, tout le monde ne peut pas se l’offrir. Par contre, tout le monde peut chanter et peut écouter de la musique. Cela peut apporter une nourriture et une relation supplémentaire à l’enfant.

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Y-a-t-il une musique à privilégier ?

Jean-Marie : La musique classique c’est très bien, en particulier Mozart, mais si vous allez au fin fond de l’Amazonie ou au Tibet, vous comprendrez que Mozart ne sera pas forcément le premier choix. C’est l’émotion qui prime, ce n’est pas tant le caractère ou la classification de la musique en question. C’est ce qui va être véhicule d’émotion qui prend la force.

Sophie : Ce que l’on a aussi essayé de démontrer, c’est qu’il n’y avait pas des musiques pour les enfants et des musiques pour les adultes. On n’est pas obligé de cantonner les enfants ou les bébés aux compilations de musiques électroniques ou synthétiques. On l’explique dans le livre, un enfant préférera toujours une version instrumentale plutôt qu’une version électronique. On n’est pas obligé de réduire les exigences de qualités parce que c’est un petit. La grande musique ne lui est pas inaccessible.

Les fœtus sont plus sensibles à des sons plutôt qu’à d’autres ?

Jean-Marie : Ils sont plus sensibles aux basses fréquences, après, le spectre auditif de l’enfant va s’élargir au fur et à mesure de son développement et de sa croissance.

Accoucher en musique évite la souffrance ?

Jean-Marie : On chante par le diaphragme et le diaphragme exerce une poussée. Quand on chante, c’est presque comme on accouche. On sait que celles qui pratiquent le chant ont souvent des accouchements plus rapides.

Sophie : Sur notre échantillon, toutes les chanteuses nous ont dit que l’accouchement a été plus rapide et plus facile.

Pourquoi la médecine officielle ne prône-t-elle pas l’accouchement en musique ?

Sophie : C’est en train d’arriver. On a fait un chapitre sur une approche qui s’appelle « Naître enchantés ». Il y a des maternités dans le sud qui sont en train d’avoir des labels « Naître enchantés ». Le problème, c’est que c’est contraire aux côtés cartésiens des médecins. Pour que les médecins acceptent cela, il faudrait qu’ils abandonnent les habitudes qu’ils ont apprises et qu’ils se transmettent depuis des siècles. J’espère que ce livre va contribuer à ce que l’on y vienne petit à petit.

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Le 28 janvier 2016, après l'interview.

23 février 2016

Nicolas de Crécy : interview pour sa première monographie

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Nicolas de Crécy, selon Babelio : Nicolas de Crécy naît à Lyon dans une grande fratrie (qui compte notamment Etienne, DJ, Geoffroy, graphiste et Hervé, animateur). Nicolas fait partie de la première promotion de l'école de Bande dessinée des Beaux-Arts d'Angoulême, dont il sort diplômé en 1987. Il travaille ensuite pour les studios Disney de Montreuil, avant de se consacrer à la bande dessinée et de publier en 1991 son premier livre, Foligatto, sur un scénario de Tjoyas, immédiatement salué par la critique.

Suivent le premier tome du Bibendum céleste, et, avec Sylvain Chomet, la série des Léon la Came dans la revue (À Suivre), dont le deuxième tome obtiendra l'Alph-Art du meilleur album au Festival d'Angoulême 1998. Il travaille également sur le dessin animé La Vieille Dame et les pigeons (1998).

En 2003, une polémique accompagnera la sortie des Triplettes de Belleville de Chomet, des professionnels de l'animation accusant celui-ci d'avoir plagié le travail de Nicolas de Crécy.

En bande dessinée, il a exploré plusieurs pistes, avec une grande maîtrise du dessin et des scénarios complexes et ironiques : couleurs directes (Le Bibendum céleste), noir et blanc rapide (Monsieur Fruit), récit muet (Prosopopus), conte loufoque (Salvatore), autobiographie d’un dessin (Journal d’un fantôme), ou encore un album co-édité par le musée du Louvre et Futuropolis, Période glaciaire, qui obtiendra de nombreux prix…

Pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de février 2016), j'ai rencontré Nicolas de Crécy à l'occasion de la sortie sa première monographie. 

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22 février 2016

Louane, aujourd'hui l'avenir : Le livre (revue de presse, dédicaces, émissions radio, télé, web...).

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louane,aujourd'hui l'avenir,biographie,interview,françois alquier,mandorJ'ai publié le 18 février dernier, aux Editions du Moment, la première enquête sur Louane (mandorisée là), Louane, Aujourd'hui l'avenir (Fnac, Amazon, Leclerc, Decitre, Cultura... )

Voilà, ce qu'en pense des journaux qui ont lu le livre et qui m'ont interviewé :

L'Express : "Louane, aujourd'hui l'avenir, livre original sur une "artiste si fédératrice".

La Voix du Nord : Première biographie de Louane : "Un tel succès, c'est un truc qui est unique en France". 

Dans cette interview pour le magazine de la FNAC, OpenMag.(daté du mois de février 2016), je réponds aux questions qui me sont le plus souvent posées concernant cet ouvrage

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Ce qu'en dit le magazine Platine, daté du mois de mai 2016. Particulièrement bien vu.

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Quelques liens sur le sujet: 

Voici les articles avant que le livre sorte:

MusiqueMag : Louane : Aujourd'hui, l'avenir, sa première biographie.

Just Music : "Louane : Aujourdhui, l'avenir" par François Alquier.

LD People: Biographie... Sortie du livre sur la chanteuse Louane

Aficia info: Une biographie sur la carrière de Louane arrive la semaine prochaine!

Metro : 6 petites choses que vous ne saviez sûrement pas sur Louane.

louane,aujourd'hui l'avenir,biographie,interview,françois alquier,mandorEt, des articles plus contestables, des articles "people"... qui reviennent sur l'histoire du casting de Louane pour la comédie musicale de France Gall, "Résiste". Ça s'emballe!

Voici : Louane a postulé pour Résiste, la comédie musicale de FranceGall: elle a  été recalée.

Télé Loisirs: France Gall l'a recalée aux castings de sa comédie musicale Résiste!

Non Stop People : France Gall l'a recalée de sa comédie musicale

Star Actu : Louane recalée par France Gall pour Résiste

Public : Louane s'est fait recaler par France Gall de la comédie musicale Résiste.

DNA :"Résiste" : Louane recalée par France Gall.

Le Dauphiné : "Résiste" : Louane recalée par France Gall.

TF1 : Louane recalé par France Gall pour Résiste.

Le Journal des femmes : Louane, recalée par France Gall.

Le Figaro : Louane "recalée" par France Gall sur le casting de Résiste.

Gala : Louane, trop connue pour "Résiste" de France Gall.

BFM TV : Louane écartée de la comédie musicale Résiste par France Gall.

20 Minutes : "Résiste" : France Gall a recalé Louane au casting de la comédie musicale.

La Voix du Nord : Louane recalée par France Gall pour "Résiste" : "Elle n'avait pas besoin de ce que je voulais apporter".

France Dimanche daté du 12 au 18 février 2016 :

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Et Soudain, communiqué de presse de France Gall pour démentir. Ça continue à s'emballer :

Télé 7 Jours : France Gall dément avoir recalé Louane au casting de "Résiste".

BFMTV : Louane recalée de Résiste : les excuses de France Gall.

Metro : Louane recalée de "Résiste"? France Gall a fait une grosse bourde.

Voici : France Gall est "désolée" : Louane n'a en fait jamais passé le casting pour Résiste.

Gala : Non, France Gall n'a pas recalé Louane pour Résiste.

Le Huffington Post : France Gall s'excuse d'avoir confondu Louane avec une autre chanteuse.

Stars Actu: Louane n'a pas été recalée par France Gall... qui s'excuse.

Télé Star : France Gall : elle n'a pas recalé Louane!

Public : France Gall présente ses excuses à Louane suite à un quiproquo

Femme actuelle : Louane recalée de "Résiste"? France Gall s'excuse pour la bourde.

Canal Togo : France Gall dément avoir recalé Louane au casting de "Résiste".

 

Et puis, plus que las de tout ce tintamarre inutile, je me suis décidé à répondre et dire mes 4 vérités (diplomatiquement). MusiqueMag : Tout sur la polémique avec France Gall

Comme si une polémique ne suffisait pas, une deuxième pointe le bon de son nez, toujours tirée du contexte louane,aujourd'hui l'avenir,biographie,interview,françois alquier,mandorinitial, c'est plus vendeur... Cette fois-ci, c'est Didier Varrod qui ne veut pas diffuser Louane sur France Inter

Gala : Louane Blacklistée de France Inter

Public : Louane : France Inter refuse de diffuser sa musique !

TF1: Le directeur artistique de France Inter pas tendre avec Louane

7 sur 7 : "Louane n'a pas de crédibilité artistique"

Il est vrai que ce livre m'a apporté de bonnes et de mauvaises surprises...

La mauvaise (non, je ne cache rien, c'est arrivé et ça m'a bien foutu les boules): 

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Et la bonne (comme quoi, le public s'en fout des tweets!): 

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Les choses se sont tassées, il y a eu des articles "normaux" et objectifs, de ce type.

Le site Nos Enchanteurs (et l'avis à la fois dur et bienveillant du journaliste Michel Kemper qui m'importait beaucoup). 

L'écho du Pas-de-Calais:

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Le Matin Dimanche (l'unique journal dominical de suisse romande):

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Glossy (numéro de l'été 2016).

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Ce livre m'aura permis de participer à quelques émissions et interviews radios et télés.

A la radio, sur RTL, les très sympathiques Thomas Hugues et Sidonie Bonnec m'ont accueilli 20 minutes dans l'émission La Curiosité est un vilain défaut du 22 février 2016. Le podcast est là! (cliquer sur "Le phénomène Louane").

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Sur France 3 Nord Pas-de-Calais, j'étais l'invité du 19/20 le 13 février 2016 (en duplex de Paris) et du 12/13 le 26 février 2016 (en direct des studios de Lille).

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Dans l'émission de Christophe Caron, Le Mag'Musique, sur IFDM (la première radio du Val d'Oise), le 24 février 2016.

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Dans 90 min people présenté par Clothilde Gagnon, sur Non Stop People (chaîne de Canal Sat), le 16 mars 2016.

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Dans l'émission La Fringale culturelle présenté par Christophe Mangelle, le 17 mars 2016. La première partie de l'émission est visible et la seconde ici

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Dans l'émission HPy Hour sur le site HPY TV (Tarbes-Lourdes-Pau), la télé des Hautes-Pyrénées, le 9 avril 2016. Emission animé par Steeve avec Virginie Ricaud et Elodie. L'émission est visible ici

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Dans l'émission de Jacky sur IDF1, le JJDA, le 12 mai 2016. Moment de gloire à voir ici (à partir de 14'25'').

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Et le deuxième invité de l'émission, Boris Bergman, l'un des plus grand parolier français.

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Dans l'émission animée par Olivier Monssens et Ronan ChastellierC'est tendance, en direct sur Sud Radio, le 25 mai 2016. Vous pouvez écouter l'émission là, à partir de 6'35''.

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Le 2 juin 2016, dans l'émission Cocktail Show sur Radio Air Show, présenté par Arno Koby avec Didier Gustin (imitateur, chanteur et comédien), Hanna Castera (Chanteuse, comédienne) et moi (interrogé par Olivier Vadrot). Emission que vous pouvez écouter ici

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Le dimanche 5 juin dans les nocturnes de Légende FM animé par Benoît Quiviger (responsable support, direction technique à RTL) et Laetitia Augonnet.

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J'ai aussi fait quelques signatures dans des librairies et dans des salons du livre.

Ici à la Librairie du Hérisson à Montargis, le mercredi 23 mars 2016. On en parle ici

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(Avec la libraire, Stéphanie Hérisson Delattre).

Là, à la librairie de l'Espace culturel Leclerc de Moiselles, le samedi 26 mars 2016.

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(Un après-midi avec ma fille Stella, à qui ce livre est dédié).

Là, le salon idéal quand on sort un livre comme le mien. Le Salon du Livre et de la Chanson de Randan, les 2 et 3 avril 2016.

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Je vous jure que cette scène est vraie... 

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Le dimanche matin, dans le journal La Montagne.

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Un autre Espace Culturel Leclerc, celui du centre commercial Le Méridien à Ibos (à côté de Tarbes), le 21 mai 2016.

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01 février 2016

Martin Winckler : interview pour Abraham et fils

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Le médecin écrivain, outre ses romans publie régulièrement sur son blog d’opinion, des articles sur la contraception et la gynécologie mais aussi sur la radio et la télévision ainsi que sur ses lectures. A l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Abraham et fils, j’ai interviewé Martin Winckler, pour Le magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de février 2016). Et quand on habite en France, interviewer Martin Winckler, ça se passe par téléphone, par mail… ou par Skype.

Avec l’aide logistique et technique de ma fille de 10 ans, j’ai donc fait ma première interview Skypienne (merci Stella).

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Martin Winckler, en direct du Canada. 

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Pendant l'entretien, par Skype, le 16 janvier 2016.

31 janvier 2016

Corinne Royer : interview pour Et leurs baisers au loin les suivent

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(© Laurent d'Oliviera)

"On a toujours le choix entre la vérité et le mensonge. Et je sais à présent que si la vérité est une compagne discrète dont on peut se défaire, le mensonge est une harpie qu'on épouse pour des noces de diamant." Corinne Royer revient avec un magnifique roman sur les secrets de famille et les non-dits, notamment. « J’ai voulu que ce texte éprouve la justesse de nos sentiments, la puissance de nos attachements, un roman à l’intérieur duquel s’insinueraient plusieurs livres comme s’entrelacent plusieurs vies dans chacune de nos existences. »

Pour cette deuxième mandorisation (la première est ici), l’auteure stéphanoise est de nouveau passée à l’agence, le 12 janvier dernier. Elle me dit tout sur ce livre aussi palpitant qu’envoûtant. Et leurs baisers au loin les suivent déplie les secrets sur lesquels les fragiles destins humains se bâtissent. Et le lecteur reçoit un choc émotionnel intense.

corinne royer,et leurs baisers au loin les suivent,interview,mandorL’histoire par l’éditeur :

Cassandre vient déclarer à la gendarmerie la disparition de son mari. Pourtant elle sait où il se trouve, et qu’il ne reviendra plus. Bientôt, elle reçoit de mystérieux courriers annonçant des révélations au sujet du passé de Léon. Que peut-elle ignorer de cet époux taiseux, qu’elle a aimé résolument un tiers de siècle durant dans le quotidien rugueux d’une ferme de Saône-et-Loire ? Et connaissait-il bien sa femme, son étrangère à la peau sombre qui ne lui a pas donné d’enfant et n’a cessé de rêver du lointain pays de ses ancêtres ? On ne mesure jamais les zones de violence que recèle toute vie, la part de mensonge que contient tout amour, la force des liens qui nous attachent à la terre et aux hommes.
D’Haïti à la mer Égée, de l’Algérie au Mexique, de l’Antarctique aux États-Unis, ce roman fiévreux à l’écriture envoûtante explore les géographies intimes au hasard desquelles les fragiles destins humains s’abîment, se heurtent et malgré tout se bâtissent.

L’auteur :

Corinne Royer est née en 1967. Elle est l'auteur de deux autres romans publiés aux éditions Héloïse d'Ormesson : M comme Mohican (2009) et La Vie contrariée de Louise (2012, prix Terre de France La Montagne).


corinne royer,et leurs baisers au loin les suivent,interview,mandorInterview :

J’ai relu ta première mandorisation qui date de 2012. Je t’ai posé des questions sur ton troisième roman. Tu m’as répondu : « C’est une sorte de conte pour adulte, un conte un peu fantasque dont une partie se passe en France en territoire rural et dont l’autre partie devrait se passer en Haïti ». Tu as donc porté ce livre durant 4 ans ?

C’est fou ce que tu me dis parce que je ne pensais pas que l’idée avait déjà germée à cette époque-là. Je suis très étonnée. Quand tu m’as reçu la première fois, c’était pour La vie contrariée de Louise, dont l’action se passait dans un petit village français lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Je partais d’un fait historique majeur et à partir de ce fait, je tissais des destins individuels très intimes. Il y avait donc des contraintes de contextes historiques. Au bout du compte, j’étais frustrée par rapport à ma liberté de romancière. En réaction, j’ai souhaité être complètement dans le romanesque et l’imaginaire.

Je crois que tu avais plusieurs idées à la base.

La première idée était partie d’un reportage photographique sur un petit coin de France rurale en bord de Loire, à Bourbon Lancy, le domaine du Grand Fleury. J’ai des photos (voir plus bas) où tu vois la Loire, des falaises impressionnantes et à une dizaine de mètres de la falaise érodée, tu as ce magnifique domaine agricole. Je suis allée sur place pour m’imprégner de ces lieux-là avant d’écrire le livre. Entre le moment où j’ai commencé le roman et où je l’ai terminé, le domaine a été détruit par mesure de sécurité. Le livre est un peu testamentaire par rapport à cette géographie des lieux.

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(Photos personnelles de Corinne Royer du domaine de Grand Fleury)

Et pourquoi Haïti ?

Pour des raisons personnelles, j’ai été très proches des évènements qui se sont déroulés là-bas. D’ailleurs, c’est curieux, ce séisme a eu lieu il y a 6 ans aujourd’hui pile. Bref, je me suis demandé si je situais mon roman dans ce petit coin rural de France où en Haïti. En fait, j’ai réuni les deux puisqu’il y avait cette notion de failles des deux côtés. La faille dans les falaises qui ébranlait les terrains et la faille sismique qui s’est déroulée en Haïti.

Tu as toujours des tas de romans en tête ?

Oui, je passe plus de temps à évacuer les idées qu’à en chercher. J’ai toujours été fascinée par ça. C’est-à-dire imaginer la vie rêvée des gens,  la vie fantasmée, leurs songes. J’aurais beaucoup aimé être psychanalyste. Mon travail d’écrivain revient un peu à ça.

corinne royer,et leurs baisers au loin les suivent,interview,mandorC’est ce que tu fais dans ton roman.

Il part d’un fait divers un peu burlesque. On retrouve un homme mort dans son congélateur, alors qu’il a toujours rêvé de l’antarctique. Souvent, on entend après un fait divers, « pourtant, c’était un jeune homme sans histoires… » Cette terminologie-là est très intéressante parce qu’il n’y a pas de gens sans histoires. Dans mon roman, on rentre dans une géographie des songes et dans la psychologie des personnages. On va vite se rendre compte que des personnages, à l’apparence assez lisse, en fait, trimballent un passé assez lourd et des songes et des rêves absolument vertigineux.

C’est extrêmement difficile de raconter ton livre, car il y a beaucoup d’histoires qui se mêlent, s’entrecroisent… et il faut que le lecteur découvre au fur et à mesure.

Il y a un côté un peu polar. Il y a des détails qui se recoupent, d’autres qui sont insinués et qui viennent confirmer plus tard un fait ou une action.

Il y a trois formes de narration.

Il y a le récit au présent de Cassandre qui vient de perdre son mari. On va rentrer dans le tourment que génère cette perte. Il y a la thématique du deuil, il y a aussi la question posée : comment acquérir sa liberté. Du jour au lendemain Cassandre va pouvoir faire ce qu’elle veut de sa vie. Il y a aussi les lettres de Lucien et à l’intérieur des lettres de Lucien, il y a le rendez-vous entre les deux frères à Nevers.

C’est un roman très dense. On peut s’y perdre parfois, mais on retrouve toujours son chemin.

Il est toujours à la frontière du factuel et du songe. Parfois, on ne sait plus trop où on est. Pour ce roman, je me suis inspiré de personnages réels à qui j’ai réinventé une vie, qui est d’ailleurs plus proche de ce qu’ils montrent dans la vie réelle. Je ne sais pas. C’est ça le miracle de l’écriture. Il y a aussi des personnages totalement fictifs. Quand j’ai écrit ce roman, moi-même, je ne savais plus si j’étais dans l’inspiration liée à des rencontres ou totalement dans le fictif et le romanesque. Tout cela est très subjectif.

Pardonne-moi de te dire ça, mais je trouve que tu écris encore mieux qu’avant. Il y a une beauté de corinne royer,et leurs baisers au loin les suivent,interview,mandorl’écriture saisissante.

J’ai eu le bonheur de travailler avec Marie Desmeures d’Actes Sud. Elle a eu une vraie exigence littéraire sur le texte. Elle ne m’a rien laisser passer.

On se remet en question quand on écrit un nouveau roman ?

Chaque livre est le premier. Il n’y a pas d’acquis. C’est à chaque fois une nouvelle aventure, un nouveau défi.

Comment travailles-tu ?

Je fais un plan. J’ai l’idée de la construction de mon roman et de ce qu’il va s’y passer, mais très vite, au bout d’une semaine, le plan vole en éclat. C’est vraiment la musique de la langue qui va décider des choses. L’histoire se construit dans l’écriture et non pas l’inverse.

Il y a un personnage qui parle aux morts… mais ce n’est pas Cassandre, qui pourtant est haïtienne.

Plus que jamais, aujourd’hui, nous vivons dans une société où nous sommes étiquetés, alors qu’en fait, nous sommes tous multiples. Ça m’a amusé d’imaginer que ce soit Pierre, élevé à la campagne, qui parle aux morts. Je lutte à ma façon contre les aprioris.

Dans le personnage de Cassandre, il y a une faculté de résilience.

Oui, et une volonté de réenchanter le quotidien. C’est très symbolique du peuple d’Haïti qui a vécu des horreurs à répétition, qu’elles soient politiques ou naturelles.

Tous tes personnages se posent la question de savoir qui ils sont et d’où ils sont.

Chacun va se fourvoyer ou fantasmer par rapport à ça. Le trait commun à tous mes personnages c’est qu’ils ne sont pas forcément de là où ils sont nés, ils ne sont pas forcément de là où ils ont grandi, mais qu’ils sont toujours de là où ils ont aimé.

Dans ton livre, il est aussi largement question du mensonge.

Il y a la question du malentendu et la question du mensonge. Dans mon roman, c’est toujours un mensonge bienveillant. Les personnages mentent pour protéger l’autre, ce n’est jamais pour se protéger soi-même.

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C’est un beau roman d’amours. Au pluriel.

Lacan disait : « l’amour c’est donné ce qu’on n’a pas ». En tout cas, entre mes personnages, c’est de l’amour rugueux, mais profond et extrêmement tendre. Ce livre n’est pas qu’un roman sur l’amour, il est aussi sur le déracinement, la transmission, la filiation…

Et bien plus.

Et bien plus.

Tu ne résous pas tous les problèmes…

Je pose beaucoup de questions, mais j’apporte assez peu de réponses. J’aime laisser la place et la libre interprétation aux lecteurs.

De quoi va parler ton quatrième livre ?

Je suis sur l’histoire d’un vol d’une découverte scientifique. Je suis dedans à fond, parce que je travaille avec une vieille dame de 90 ans, qui est la dame à qui on a volé la découverte. Il y aura deux dimensions dans le roman. L’histoire à peu près vraie de cette dame et en parallèle, une histoire complètement fictive.

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Après l'interview, le 12 janvier 2016. 

14 janvier 2016

Michel Kemper : interview pour Johnny Hallyday, Chansons à la Plume et au Pinceau

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michel kemper,johnny hallyday,chansons à la plume et au pinceau,interview,mandor« J’ai un collègue et ami qui écrit actuellement un livre sur Louane. Ça m’a fait sourire de l’apprendre : je me dis qu’il doit y avoir peu à écrire sur cette jeune fille qui n’a qu’un disque et un film à son actif. Moi, avec Johnny, j’ai un monstre de la scène et plus d’un demi-siècle de Chanson. De chansons et de l’Histoire de la Chanson : et c’est, angle original, dans cette Histoire passée et présente que je le situe dans ce livre. Mais, chut, je n’en dis pas plus. Si ce n’est que c’est gorgé de belles images, souvent irrésistibles, de l’ami Héran. Ça parait le 19 novembre 2015, entre la sortie du cinquantième album studio de Johnny et ses concerts parisiens, tous à guichets fermés. »

Voilà ce qu’a écrit mon ami et confrère Michel Kemper sur son site Nos Enchanteurs, le quotidien de la chanson, le 14 octobre 2015, à propos de la sortie de son livre Johnny Hallyday, Chansons à la Plume et au Pinceau. Au passage, il m’égratigne gentiment, mais Michel Kemper châtie bien quand il aime bien, alors j’ai souri devant cette belle marque d’affection à mon égard. (Oui, parce le collègue et ami qui écrivait à l’époque un livre sur Louane, c’est moi (il sort d’ailleurs le 18 février prochain, soit dit en passant). Et le moqueur Kemper a même participé à cette « biographie »).

Bref, il est chez Mandor pour parler de Johnny, je n’aurais pas parié sur une telle chose il y a un an.

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Argumentaire officiel du livre :

En plus de 250 bouquins, des plus érudits aux livres de photos, tout a été dit sur Johnny, et plus encore. Qu’y apporter de plus ? Michel Kemper et Héran importent le sang neuf d’une plume et d’un pinceau qui ne se prennent pas pour un fan, amènent d’autres angles de vue, une autre focale, d’autres fragrances, un peu d’impertinence et bien sûr de l’humour. Leur grande culture chanson remet Hallyday à sa juste place : celle d’un grand parmi ses pairs, ses impairs aussi, celle d’un navire amiral de la chanson et de ses bateaux-remorqueurs.

Chaque chanson de Johnny fait ici thématique autant qu’écho à d’autres héros, connus ou moins, des paroles et des musiques. De notre patrimoine chanson dont Johnny Hallyday est manifestement un des plus beaux faits d’arme. Mais pas le seul.

L’auteur (biographie volée sans vergogne au site du Centre la Chanson):michel kemper,johnny hallyday,chansons à la plume et au pinceau,interview,mandor

Le 9 octobre 1978 Jacques Brel décède à l’hôpital de Bobigny. Bouleversé par la mort du chanteur, celui qui n’est encore « que » typographe au  quotidien régional Libération Champagne, mais rêve de devenir journaliste, déboule le lendemain à la rédaction son « hommage » à la main. Une « nécro » est déjà prête, mais la chef du service culture préfèrera cependant publier l’article du jeune Kemper. Son premier « papier » ! Pendant 9 ans il signera toutes les chroniques concerts et critiques CD de la région de Saint-Etienne. La plume est précise, travaillée, documentée parfois mordante et sans concession ! Le style tranche avec les comptes rendus  bâclés des localiers plus à l’aise à la fête du cochon qu’à un concert de Loïc Lantoine. La suite logique, ce sera Chorus, auquel il collabore jusqu’à l’arrêt de la revue de référence. La tribu chanson sous le choc erre alors de blogs en blogs parfois mal fagotés jusqu’au jour où, de ce cyber-foisonnement, émerge le site d’un Kemper bien décidé à redonner espoir à une planète «  chanson » désenchantée : NosEnchanteurs est né ! Et en quelques années, l’auteur d’une biographie pour le moins boycottée de Bernard Lavilliers va séduire de nombreux  lecteurs visiblement preneurs d’une information quotidienne sur l’actualité d’une chanson dont la profusion est inversement proportionnellement à la pauvreté des médias du secteur. Pour de nombreux artistes, un seul mot d’ordre: obtenir le label Kemper !

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michel kemper,johnny hallyday,chansons à la plume et au pinceau,interview,mandorInterview :

Ce livre fait partie d’une collection, peux-tu m’en parler ?

Une collection qui est née en 2013, avec un premier tome sur Brassens, partagé entre Jean-Paul Sermonte et Jean-Marc Héran. Puis en 2014 avec Renaud : là ; c'était Baptiste Vignol et Héran. C'est par Baptiste que j'ai découvert cette collection et que je me suis lié d'amitié avec Jean-Marc. Il y a eu ensuite au printemps 2015 le Brel, entre Bruno Brel et Héran. Et un jour, Héran m'a proposé le Hallyday. Le soir même, je domptais mon oreille en écoutant l'idole des toujours-jeunes.

Peux-tu comprendre que ceux qui te connaissent et qui connaissent ton travail s’étonnent du sujet de ton livre ?

Oui, bien sûr. Si on m'avait dit un jour que j'écrirais un livre sur Hallyday, je n’y aurais pas cru. Mais j'avais donné la réponse en fait il y a bien longtemps. J'étais pigiste au Progrès, spécialisé dans la chanson. Et ma chef de service m'a demandé un jour si je considérais qu'Hallyday c'était aussi de la chanson. J'ai répondu que oui, c'était trop difficile de soutenir le contraire. Et j'ai suivi Hallyday dans l'enfer vert de Geoffroy-Guichard. Le site NosEnchanteurs, qu'on considère un peu comme l'héritier de Chorus, est né, lui, de trois papiers sur Hallyday. Comme quoi... Hallyday c'est de la chanson et, de la façon dont je l'ai traité, les gens qui connaissent mon travail, qui certes ont été surpris (parfois pas qu'un peu), se retrouvent dans mon livre. Car j'y parle d'abord et avant tout de chanson. Et c'est fou comme ce livre grouille de chanteurs et de chansons. Je vais faire un aparté puisque l’on parle de chansons: j'ai un ami et collègue qui vient d’écrire un livre sur Louane. Si, si, ne riez pas ! Lui aura plus de mal à justifier son livre que moi le mien !

(Et bim ! Deuxième cassage en règle. Michel arrête de m’aimer s’il te plait !)

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Johnny Hallyday représente quoi pour toi, grand amateur de belles chansons françaises ?

D'abord le souvenir des années soixante et soixante-dix, quand la radio familiale déversait des tonnes de tubes, parmi lesquels « Oh ma jolie Sarah », « Que je t'aime » et « Noir c'est noir ». Ensuite il représente l'industrie du disque – à priori pas ma tasse de thé, donc –. Et un mystère tout de même : 55 ans de carrière, les hauts les bas, toutes les modes, comme un caméléon (en un seul mot, svp). Moi, ça m'a donné l'occasion d'explorer ce demi-siècle avec gourmandise.

Il y a 43 chansons décryptées, des très connues et d’autres plus confidentielles. Choix cornéliens ?

Ça ne m'a pas ébranlé. J'ai fait un choix composé de grands titres, d'époques différentes et de chansons pour moi inconnues qui me semblaient pouvoir être prétextes à raconter des bouts de vie, celle d'Hallyday comme la mienne, les nôtres. Par des thématiques parfois surprenantes telles que la défense de l'environnement ou la publicité. Jean-Marc Héran, le dessinateur, m'a soufflé deux ou trois titres auxquels il tenait particulièrement. Et l'ami Yves Jamait, dès qu'il a sût sur qui je bossais, a tenu à me conseiller des titres, lui le très grand amateur de Johnny. J'en ai pris quelques-uns effectivement, et pas les plus faciles.

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Il y a de très nombreuses biographies sur Johnny. Tu n’as pas eu peur de ressasser ?

Ah non, je n’ai pas fait une bio, surtout pas. J'ai lu ou survolé quelques bouquins sur Hallyday et je me suis ennuyé. Pleins de choses, des chiffres à la pelle, mais ça me semblait manquer de vie. Moi, par 43 entrées, j'essaye de retrouver cette vie mais aussi la vie de la chanson. Avec des pirouettes, de l'humour. Un peu d'impertinence aussi.

Ce doit être difficile de trouver des choses inédites à dire…

La matière chanson que j'ai utilisée est, à peu de chose près, inédite. J'ai voulu mettre Hallyday dans la chanson, le considérer par cette focale-là. J’ai eu surtout du mal à limiter mes textes pour qu'ils entrent dans les pages leur étant attribuées. Le sujet « Hallyday » est passionnant pour qui daigne s'y intéresser.

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Chaque chanson, sa période et sa thématique. C’est une vraie enquête sociologique sur la France des années 60 à nos jours finalement.

Oui, j'aime à retrouver des moments, des périodes Des endroits aussi. Dans mon livre sur Lavilliers, c'était pareil sauf que j'avais plus de place pour détailler, décrire... L'exercice Hallyday consistait à restituer une chanson en 3000 signes. Le pourquoi, le comment si besoin est, la situation de Johnny à ce moment-là, l'odeur, l'ambiance de l'époque et ce qui se chantait à l'unisson des chansons de Johnny. C'était passionnant et souvent drôle. Ma documentation allait tous azimuts, parfois très loin du sujet initial. De toute façon, pour en revenir à ta question, je tiens la chanson en son ensemble pour un traité de sociologie. Je suis content aussi d'amener aux amateurs de Johnny d'autres pistes, d'autres chanteurs, d'autres chansons. Profiter d'un livre sur Johnny pour parler de Brassens, de Bécaud, de Loïc Lantoine, de La Blanche, des Fatals Picards, de Barbara, de Yannick Le Nagard, de Cali, de Souchon et d'autres, ça me plait : je suis dans mon élément, dans l'éducation populaire !

Les dessins de Jean-Marc Héran sont souvent drôles. Tu as écrit tes textes après avoir vu les dessins ?

Oui ils sont souvent drôles. Mais pas tous, un dessin n'ayant pas toujours la fonction d'être drôle. Quand, tout fier de moi, j'ai dit un soir à Héran que je venais d'écrire sur une chanson traitant du viol (« Les chiens de paille », une idée d'Yves Jamait), j'ai senti, à l'autre bout du fil, que Jean-Marc ne débordait pas d'enthousiasme à l'idée de dessiner un viol. Voyez ce qu'il en a fait dans le livre : c'est une des plus belles pages. Jean-Marc de son côté, moi de l'autre, avons, lui par le pinceau, moi par la plume, tenté une lecture de chaque chanson. Je n'ai pas écrit sur ses dessins, lui n'a pas illustré mes textes, ce n’est pas le principe de cette collection. Mais parfois on se retrouve sur la même idée.

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Johnny, au fond, tu l’aimes ?

Ce qui est sûr c'est que je ne le déteste pas, encore moins maintenant. Surtout s'il contribue à ma fortune (rires). C'est un bonhomme important de la chanson. Et je suis content que ce livre soit tombé sur moi. Au moment de dire oui à ce livre, je le connaissais moins que le moindre de ses fans. Mais j'ai fait des progrès, je peux à présent tenir la conversation y compris avec des licenciés ès-Hallyday. J'aime bien le personnage malgré des tas de trucs qui m'irritent au plus haut point. Il m'est devenu un personnage littéraire. Et j'aime ça.

Johnny, en trois mots ?

Sylvie, Nathalie, Laeticia. J'ai adoré les faire vivre dans ce livre !

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13 janvier 2016

Dominique Maisons : interview pour Le festin des fauves

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(Photo : Kh Dedalus)

dominique maisons,le festin des fauves,interview,mandorJ'avais beaucoup apprécié le thriller de Dominique Maisons, Le psychopompe (rebaptisé Les violeurs d’âmes pour la version poche et qui avait fait l’objet d’une première mandorisation), j’avais donc hâte de lire son nouveau roman (très) noir, Le festin des fauves. Et je n'ai pas été déçu. Au contraire. Je suis resté scotché. Quel talent ce Maisons!

Ici, il est question des services de renseignements qui vont devoir déjouer les plans machiavéliques de l’autoproclamé « Judex ». Maisons nous fait découvrir les arcanes du pouvoir et du renseignement français... et tout n'est pas rose.

L'écrivain est passé me voir à l’agence le 3 novembre dernier.

4e de couverture :dominique maisons,le festin des fauves,interview,mandor

Le nouveau grand espoir du thriller français lâche les fauves.
Un roman impitoyable et magistral.

A Neuilly, un notable donne une somptueuse soirée libertine. Les hommes portent des masques de lions ou de chacals, les femmes sont les proies : gazelles ou biches. La fête s'achève dans un jaillissement de sang. L'hôte s'écroule. Un poison lui a fait exploser tous les organes. Qui est ce Judex qui revendique le meurtre et se présente en justicier ? Que viennent faire dans ce puzzle sanglant une maîtresse SM en guerre contre les hommes, trois frères brésiliens qui sèment la mort pour récupérer d'étranges urnes funéraires ?
Quand un nouveau grand ponte succombe aux avertissements de Judex, c'est tout l'appareil étatique et policier qui se retrouve en danger. Le Commandant Rossi sait qu'il est le premier fusible. Pour sauver sa peau, il doit remonter la piste de Judex jusqu'aux plus hautes sphères.

L’auteur :

Dominique Maisons est né en 1971. Il a été éditeur de presse, traducteur de bande-dessinée, a travaillé 10 ans dans la musique, a coproduit un long métrage (un thriller franco-chinois, L’œil du silence) ainsi que les DVD de La Vie privée des animaux de Patrick Bouchitey… Il a surtout vu son premier thriller couronné du Grand Prix VSD du polar 2011 : Le Psychopompe.

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(Photo : Kh Dedalus)

dominique maisons,le festin des fauves,interview,mandorInterview :

J’ai remarqué que tes trois romans sont très volumineux.

Je m’imagine toujours que le livre que je débute va faire dans les 440 pages. J’ai mon plan en tête, mais pendant l’écriture, je réalise que l’histoire demande des développements et des précisions supplémentaires. J’ai tendance à me laisser déborder… et mes personnages sont les premiers à m’inciter à déborder d’ailleurs…

Ton livre commence avec une scène quasiment gore. Il y en a plusieurs. Tu ne nous épargnes rien.

J’ai réussi à créer une ambiance tellement lourde qu’elle fait imaginer aux gens beaucoup de choses. Il n’y a pas tant d’hémoglobine que ça, si ?

Si, je t’assure. Tous ceux qui sont assassinés par le méchant de ton histoire, Judex, finissent dans d’atroces souffrances quand même.

C’est sûr, il ne rate jamais son coup (rires). Franchement, j’adore écrire des scènes un peu gore, je trouve ça drôle. Je viens de la tradition du Grand Guignol et des films d’horreur des séries Z. Quand je réussis à m’écœurer moi-même, là, je considère que la scène est réussie.

Judex est un criminel avec un fond anarchiste.

Je ne revendique aucun des propos qu’il tient. Ce n’est pas un texte politique. Judex est plus qu’un anarchiste, c’est un activiste. C’est plus un Monte Cristo qu’un révolutionnaire.

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Judex est un personnage tiré d’un feuilleton de Louis Feuillade et Arthur Bernède.

J’adore les romans populaires français, les feuilletonistes, Dumas, Feuillade, Bernède. Ces deux derniers sont responsables respectivement de Fantomas et de Belphégor. Ils font partie de notre patrimoine imaginaire. Judex, à ces débuts, étaient plus populaire que Batman. J’ose même affirmer que, quelque part, il en est à l’origine. Ce mythe du justicier masqué qui a des pouvoirs quasi surnaturels pour se venger, caché dans l’ombre… Quand Judex a traversé l’atlantique, il est devenu The Shadow. C’est pour contrer ce personnage qui était très populaire qu’un éditeur concurrent à créer Batman. Je déplore que Batman soit aujourd’hui plus connu dans la culture américaine que Judex dans la culture française. Les français ont un peu honte des personnages populaires. Ce n’est ni chic, ni noble, du coup, les personnages sont oubliés.

Du coup, avec ton roman, tu as souhaité réhabiliter Judex ?

Oui. Je trouve ce personnage extraordinaire. En 1917, il faisait chanter des banquiers véreux en leur disant « vous vous êtes enrichis sur la spéculation, vous avez ruiné des pauvres gens, donnez la moitié de votre fortune, sinon, je vous fais passer à la trappe ». Il y avait un côté Anonymous. Je trouve Judex tellement moderne. Ce qui est très fort chez lui, c’est qu’il manipule des gens pour faire des actions à sa place.

Dans ton livre, la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) panique complètement parce que Judex semble avoir accès à des informations tirés de dossiers secrets.

Oui, il sait tout de personnes protégées en raison d’intérêts conséquents derrière, comme un grand PDG d’un groupe pétrolier français ou un marchand d’armes… qui ramènent beaucoup d’argent à l’état.

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(Photo : Kh Dedalus)

J’ai appris beaucoup de choses sur le fonctionnement des services de renseignements français.

Tout est rigoureusement exact. La pratique des « blancs » à la DCRI, c’est authentique. Ils font des notes que personne ne signe pour que l’on ne sache pas qui les a écrites et pourquoi. Si un jour quelqu’un tombe dessus, il ne pourra pas y avoir d’interrogatoire, du style : « Pourquoi avez-vous espionné tel candidat à la présidentielle pendant six mois en mettant sous écoute sa famille, ses voisins, ses proches…etc. » Tout cela reste dans une totale opacité.

Les journalistes d’investigation en prennent pour leur grade aussi.

Ils sont méprisés par Judex qui sait qu’ils participent aussi au système. Il sait que s’il y a quelque chose de particulièrement dérangeant, ça ne sortira pas. Il y a très peu de journalistes réellement indépendants. S’il y a un fond de réalité dans le livre, tout est très exagéré. C’est un thriller que j’ai voulu populaire.

A un moment, Judex utilise un pigeon voyageur pour envoyer un message à un de ses sbires…

Ce qui est drôle, c’est qu’aujourd’hui, dans les services de renseignements, ces pratiques reviennent. Ils réapprennent à faire de l’espionnage « low-tech » avec la machine à écrire, les messages cryptés, voire les pigeons voyageurs. Aujourd’hui, Internet et le digital laissent des traces indélébiles.

Quand on referme ton roman, il reste un arrière-goût de « tous pourris ».

Non, j’ai essayé d’être équilibré. Si on écoute la voix de Judex, oui, mais on n’est pas obligé d’écouter cette seule voix, il y en a d’autres dans le roman. Celle de mon flic, le commandant Rossi, par exemple. C’est un bon flic, un peu alcoolique et désabusé, mais un bon chasseur et pas du tout pourri.

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(Photo : Kh Dedalus)

Tu écris toujours des romans foisonnants. Il faut suivre pour ne pas se perdre… et il faut avoir le cœur bien accroché.

Je respecte mon lecteur. Je lui donne des intrigues qui peuvent les stimuler. Je m’amuse parfois à le provoquer, à pousser un peu les limites, à atteindre des niveaux de noirceurs rares. La thématique de la chair, de la viande est très présente dans mes livres. Il y a un côté Hannibal Lecter dans certains de mes personnages. Il ne faut pas que mes lecteurs soient allergiques aux scènes de sang, c’est sûr. Mon prochain livre sera beaucoup plus soft.

Tu vas y parvenir ?

Oui, ce sont des ingrédients que l’on dose.

On sent que dans tes livres, il y a du fond… et de l’enquête pour parvenir à être le plus rigoureux possible.

Je n’aime pas les thrillers qui sont légers en documentation et sur les circonstances, les thrillers qui jouent sur des ficelles un peu grosses, sans fond, sans crédibilité, sans travail. Quand on écrit un thriller, on doit avoir une base de travail solide, créer des scènes et des personnages crédibles et avoir une mécanique qui fonctionne très bien. Ce que j’admire chez certains de mes confrères, c’est la capacité à brasser de l’information et de la restituer de manière fluide.

Comment fais-tu le distinguo entre un polar et un thriller ?

Pour moi, dans un thriller, les personnages sont toujours sous tension. Ils ne sont pas juste dans une enquête, ils sont menacés eux aussi.

La question qui tue. C’est quoi le secret pour écrire un bon thriller ?

Il faut créer une tension, ne jamais la laisser retomber, écrire des chapitres courts, éviter les introspections, être sans arrêt dans l’action. Le thriller, c’est un travail d’artisan, on dose, on calibre ses ingrédients.

Il y a un peu de sexe dans Le festin des fauves. Notamment avec la turbulente et jolie Lucie, ton héroïne un peu borderline.

Ces scènes-là, c’est Lucie qui les a provoquées. Elle a un compte à régler avec la gente masculine. Elle est très en colère et pour parvenir à ses fins, elle n’hésite pas à jouer de ses charmes. Ce qui la caractérise, c’est qu’elle refuse d’être une victime et qu’elle est tenace.

Tes personnages ont leurs qualités et leurs défauts. Ils sont loin d’être manichéens.

Ce qui est sûr c’est qu’ils sont paradoxaux, mais nous sommes tous paradoxaux. Tant mieux !

Tu as écrit ce livre en six mois.

Oui, et pas à temps plein. Par contre, il faut écrire tous les jours. Il faut rester sur sa lancée sinon on perd le contact avec ses personnages et l’action. Pas d’échappatoire possible. C’est difficile de rester dans l’ambiance du livre, dans la bonne direction, ça implique un contact quotidien.

Après, il y a les corrections.

Mon éditrice m’a rendu fou. Il y a eu 7 ou 8 jeux de corrections. A un moment, je connaissais le livre par cœur, je n’en pouvais plus (rires). Je dis ça, mais je suis très content d’avoir signé dans une maison d’édition exigeante. J’avais besoin et envie de cela. Cela m’a fait progresser.

Quand tu finis un livre, tu arrives à couper le cordon avec lui ?

C’est très difficile. Pour le couper, la seule solution, c’est d’en commencer un autre.

Le prochain livre ?

Il est déjà écrit. C’est un thriller qui se passe en 1909. Il y a encore un hommage très appuyé aux feuilletonistes de l’époque.

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Après l'interview, le 3 novembre 2015.

25 novembre 2015

Stéphane Bern : interview pour Secrets d'Histoire 6

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Interview de Stéphane Bern réalisée le 10 novembre dernier, à l'occasion de la sortie de deux livres estampillés "Secrets d'Histoire", pour le Magazine des loisirs culturels Auchan daté des mois de novembre et décembre 2015.

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24 novembre 2015

Salon du Livre d'Ozoir-la-Ferrière 2015: Bilan et photos

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C'est la septième année consécutive que j'anime le Salon du livre d'Ozoir-la-Ferrière (Voir là en 2009, ici en 2010, en 2011, en 2012, en 2013 et l'année dernière). Cette année, j'ai arrêté les interviews à la chaîne. Nous nous sommes aperçus que ça n'apportait pas grand chose, si ce n'est beaucoup de parlottes inaudibles et, pour tout dire, je me lasse de ses interviews sans fonds réels. J'ai donc fait ce que je sais et aime faire : animer des débats. En l’occurrence, deux de 45 minutes, l’un avec Jean-Marie Blas de Roblès, l’autre avec le Père Guy Gilbert, les deux invités exceptionnels de cette édition.

Merci à Luc-Michel Fouassier, maire-adjoint d'Ozoir-la-Ferrière, délégué à l'événementiel littéraire, et organisateur d'actions culturelles autour du livre et notamment de ce salon. 7 ans qu'il me fait confiance...

Comme chaque année, je rapporte de ce salon quelques souvenirs photographiques.

Voilà un cliché de la foule présente (il y a eu beaucoup plus, dans l'après-midi).

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Maryline Martin, l'illustrateur Daniel, Derek Munn posent pour la postérité.

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Jean-Marie Blas de Roblès est notamment l’auteur du monumental Là où les tigres sont chez eux (Prix du roman Fnac, Prix Giono, Prix Médicis 2008). Et tout récemment du très remarqué l’Île du Point Némo. Ici avec quelques lectrices...

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Jean-Marie Blas de Roblès reçoit la médaille de la ville, au salon du livre d'Ozoir-la-Ferrière. (Remise par le maire) sous l’œil fier de Luc-Michel Fouassier, l'organisateur du salon.

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Discussion en public avec l'un des deux invités majeurs de cette édition, Jean-Marie de Roblès. Quand j'interviewe ce genre de personne, je tente de prendre de la hauteur, même s'il est compliqué de se mettre à son niveau. Il est brillant, drôle et intéressant. Il ne faut pas décevoir la salle qui écoute. 

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Ethel Salducci, lauréate du Prix Ozoir'elles pour son recueil Singulière agape (Editions Luce Wilquin). Ici avec le maire d'Ozoir-la-Ferrière, et les ozoiriennes, membres du jury.

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Les mêmes...

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Le père Guy Gilbert, avec à droite le maire d'Ozoir, Jean-François Oneto et l'organisateur du salon, Luc-Michel Fouassier.

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Le Père Guy Gilbert est un prêtre et éducateur spécialisé pour les jeunes délinquants. Il est connu pour son registre de langue emprunté à la rue et pour son look de loubard (il arbore volontiers un cuir bardé de badges, comme vous le voyez sur toutes ces photos).

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Le débat avec le Père Guy Gilbert à commencé devant un public très nombreux... enfin, c'est prétentieux de dire débat. Avec le curé des loubards, c'est plutôt un monologue. Il fait son show et il le fait bien. Humour et profondeur, avec son langage bien à lui... J'ai adoré.

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Je fais une tentative d'approche pour l'interrompre. Impossible (même si impossible n'est pas François). 

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Rapprochement de micro... je vais y arriver. 

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Raté. Le Père Guy Gilbert fait une conférence, en fait. 

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Un homme exceptionnel, un curé comme il en faudrait beaucoup plus. 

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Série de photos avant de se dire adieu (avant de se dire à Dieu?).

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01 novembre 2015

Ingrid Desjours : interview pour Les fauves

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ingrid desjours,les fauves,la bête noire,interview,mandor« Depuis 1954 et la toute première enquête de Nestor Burma dans Les Nouveaux Mystères de Paris de Léo Malet, les éditions Robert Laffont proposent au plus grand nombre polars et thrillers, français et étrangers. C’est avec cet héritage chevillé au corps que nous lançons en octobre la collection « La Bête noire ».
Des intrigues fortes et originales, une littérature populaire de qualité destinée tant aux inconditionnels qu’à la nouvelle génération, une maison et des auteurs en relation directe avec leurs lecteurs. La Bête noire traquera ces derniers sur tous les territoires du polar : enquêtes âpres, thrillers abrasifs, suspenses éreintants, true-crimes glaçants, la bête grondera d’un constant désir d’adrénaline. Rassurez-vous, elle sera certes vorace, mais nous ne la nourrirons que d’une dizaine de titres par an, moitié français, moitié étrangers. La qualité la rassasiera plus que la quantité.La Bête noire est née, à vous de l’apprivoiser ! »

Voilà la présentation officielle de cette nouvelle collection dirigé par Glenn Tavennec. C’est le roman d’Ingrid Desjours (mandorisées , , (sous le nom de Myra Eljundir) et encore ), Les Fauves, qui lance cette collection.

Ingrid Desjours fait partie de ces auteurs de romans noirs dont je guette les sorties depuis le premier roman tant je suis admiratif de son talent. Les Fauves est un livre qui se dévore (je sais, c’est facile, mais tellement vrai). Un page turner qui fait froid dans le dos et qu’il est impossible de lâcher. La noirceur humaine, comme si vous y étiez. Le meilleur polar d’Ingrid Desjours. Sociétal et obscur comme jamais. Impressionnant!

Le 14 octobre dernier, nous avons déjeuné ensemble dans une brasserie de la capitale (micro ouvert).

4e de couverture :ingrid desjours,les fauves,la bête noire,interview,mandor

Votre pire prédateur : Celui qui vous aura apprivoisé.
« Torturez-la ! Violez-la ! Tuez-la ! » À la tête d'une ONG luttant contre le recrutement de jeunes par l'État islamique, l'ambitieuse Haiko est devenue la cible d'une terrible fatwa.
Lorsqu'elle engage Lars comme garde du corps, le militaire tout juste revenu d'Afghanistan a un mauvais pressentiment. Sa cliente lui a-t-elle dit l'entière vérité sur ses activités ? Serait-ce la mission de trop pour cet ancien otage des talibans ?
Dans cet univers où règnent paranoïa et faux-semblants, Haiko et Lars se fascinent et se défient tels deux fauves prêts à se sauter à la gorge, sans jamais baisser leur garde.

« L'ex-profileuse est passée maitre dans la manipulation de sa proie : le cerveau du lecteur » Julie Malaure, Le Point.
« La faculté stupéfiante d'Ingrid Desjours à dépeindre les émotions humaines fait mouche à chaque fois » Marie Rogatien, Le Figaro Magazine.

ingrid desjours,les fauves,la bête noire,interview,mandorL’auteur :

Ingrid Desjours est psychocriminologue. Après avoir exercé de nombreuses années auprès de criminels sexuels en Belgique, elle décide en 2007 de se retirer en Irlande pour écrire son premier thriller. Depuis, elle se consacre entièrement à l'écriture de romans et de scénarios pour des séries télévisées. Les nombreux psychopathes qu'elle a profilés et expertisés l'inspirent aujourd'hui encore. Outre ses tableaux cliniques pertinents, l'auteur excelle dans l'art de lever le voile sur la psychologie humaine et de faire ressentir au lecteur ce que vivent ses personnages, pour le meilleur et surtout pour le pire.

Ses quatre premiers romans, Écho (2009), Potens (2010), Sa vie dans les yeux d'une poupée (2013) et Tout pour plaire (2014) ont été plébiscités tant par le public que par les libraires. Consécration : Tout pour plaire est en cours de développement pour une série TV par Arte. Elle a également animé l'écriture de Connexions, un polar interactif édité en partenariat avec l'émission « Au Field de la nuit » (TF1). Son dernier-né, Les Fauves, ouvre la nouvelle collection de polars et thrillers des éditions Robert Laffont : « La Bête noire. »

Ingrid Desjours publie également chez le même éditeur des sagas fantastiques chez Robert Laffont sous le pseudonyme de Myra Eljundir : la trilogie Kaleb ainsi que Après nous, dont le premier tome paraîtra en mai 2016.

ingrid desjours,les fauves,la bête noire,interview,mandorInterview :

Ton 9e roman est particulier par rapport aux autres. Il est noir, certes, mais tu te diriges très nettement vers  la critique sociale et politique, dans la grande tradition du néo-polar français des années 70 et 80. Et tu pulvérises la frontière entre littérature de genre et littérature tout court.

Depuis Echo qui est sorti en 2009, j’ai écrit huit autres livres. J’ai changé, j’ai vieilli. On dit souvent qu’un livre, c’est comme un bébé. Je suis d’accord avec cette affirmation, c’est quelque chose d’organique. Ce que je crée est fonction de ce que je suis. Je n’applique pas une recette que j’utiliserais à chaque roman. Le livre dépend de moi, de mon état d’esprit, de l’évolution de mes réflexions, bonnes ou mauvaises. Il est le miroir de ce que je suis. Je ne vois pas mon écriture se figer, se scléroser dans un genre. J’ai envie de partager mes émotions et mes pensées, j’ai donc besoin de plus d’espace de parole.

L’action se situe en France peu après l’attentat contre les membres de Charlie Hebdo, le 7 ingrid desjours,les fauves,la bête noire,interview,mandorjanvier 2015.

Ça a été une espèce de déclic. Même avant ces évènements-là, j’étais déjà catastrophée par la montée des intégrismes et par l’apathie et l’inertie de nos dirigeants par rapport à ce problème. Quand est arrivé l’attentat de Charlie Hebdo, j’ai été très affectée et il a eu un impact très fort sur moi. Moi qui dénigre certains médias qui jouent beaucoup sur l’émotion au détriment de la véritable information, j’ai fait comme tout le monde. J’ai allumé mon poste sur une chaine d’info en continu et je n’ai pas pu lâcher l’écran de la journée, j’étais complètement hypnotisée. J’avais besoin de ce truc-là qui était horrible. Un vrai lavage de cerveau ! Avec ce livre, j’ai voulu témoigner et crier ce qui me révolte. La montée des intégrismes, la montée des haines et les épouvantails qu’agitent les politiques. Ce qu’il se passe en Europe et dans le monde me fout véritablement en l’air. Avant j’avais plus de réticences et de craintes à dévoiler ce que je pensais, peut-être par peur d’être jugée ou d’être à côté de la plaque. Mais à partir du moment où tu n’assènes pas les choses comme des vérités absolues et que tu gardes un peu d’humilité, au contraire, il faut parler, échanger.

Savais-tu, le 7 janvier, que tu allais en parler dans un livre ?

Non, ça m’est venu quelques mois après. Le livre a été écrit assez rapidement du coup. Un jour, c’est devenu une évidence, un besoin intense d’en parler.

Ton héroïne s’appelle Haiko, une jeune femingrid desjours,les fauves,la bête noire,interview,mandorme, fille d'une célèbre journaliste dont le combat est d'empêcher les jeunes français de se faire laver le cerveau et de partir en Syrie faire le Djihad. Pour cela, elle a monté une association, N.e.r.F (Nos enfants resteront en France), qui a pour but de sensibiliser, agir auprès des jeunes qui commencent à se radicaliser et dans le pire des cas, contrecarrer le départ en Syrie, à la demande des parents.

Haiko est une jeune femme qui se cherche. Elle porte une culpabilité terrible et recherche la légitimité à sa vie et à son existence. Elle essaie de racheter deux fautes qu’elle estime avoir commise, cela en fait une espèce de passionaria qui pourfend les injustices et qui est de toutes les grandes causes. Elle a aussi besoin de se rassurer, alors elle utilise beaucoup les réseaux sociaux et les médias. Elle est très accro à la notoriété et à l’image d’elle qu’on lui renvoie. Comme si elle cherchait la confirmation qu’elle existe dans ce monde.

Elle est trouble.

Oui, d’un côté, elle fait des choses très positives, parce qu’elle défend des gamins et d’un autre côté, on sent bien qu’il n’y a pas que ça. 

Tant et si bien que l’on se demande si c’est une sainte ou une diablesse.

J’aime bien pointer du doigt nos filtres, nos préjugés et nos interprétations. On confond souvent analyse et interprétation. Moi, je fais en sorte que les lecteurs interprètent. Je ne mens pas dans mes livres, c’est le lecteur qui se trompe lui-même. Les apparences sont souvent très trompeuses. Il faut arrêter de tout prendre pour argent comptant.

Et les réseaux sociaux n’arrangent rien.

Cela crée des embrasements spontanés complètement démentiels. Une chasse aux sorcières en chasse une autre. Les gens prennent ce qu’on leur dit sans vérifier. Ils s’emballent, jugent, s’enthousiasment, dénigrent…C’est toujours de la surréaction et de la mauvaise émotion. Je parle aussi de cela dans Les fauves.

Ton héros masculin s’appelle Lars, un ancien militaire revenu d'Afghanistan qui a de ingrid desjours,les fauves,la bête noire,interview,mandorlourdes séquelles psychologiques. Il a été pris en otage par des Talibans et il est en ressorti traumatisé. Depuis son retour en France, Lars est addict à l'alcool et aux amphétamines, il a suivi une formation pour devenir agent de sécurité rapprochée. Il doit surveiller Haiko.

Il est aussi la quintessence de la virilité ! Il a une force brute et beaucoup de charisme. Haiko et lui, c’est le chêne et le roseau. L’homme que l’on croit un roc a une fêlure énorme. C’est un homme extrêmement fragile, un colosse aux pieds d’argile.

Il est attachant.

Oui, parce qu’il est entier, sincère et vrai. Il doute beaucoup et se débat avec ce qu’il a. Parfois, c’est la drogue, parfois c’est Dieu, parfois ce sont ses convictions. Il sait à quel point il est atteint, entamé et il essaie de préserver le peu qui lui reste. Il s’accroche à sa dernière petite part d’humanité. C’est un pur.

Une association qui essaie d’empêcher les enfants de partir en Syrie, ça existe ?

Il y a des gens qui sont spécialisés dans la déradicalisation et qui doivent faire un travail de détricotage énorme auprès de ces jeunes. Une association qui enlève les enfants, ça n’existe pas, en tout cas, pas à ma connaissance. C’est, a priori, le fruit de mon imagination.

Tu t’appuies sur des faits véridiques et pimentes le récit en ajoutant des articles et des témoignages sortis dans la presse ou disponibles sur internet. Tu as beaucoup enquêté ?

Je voulais avoir une vision la plus exhaustive possible. Je ne suis ni experte en géopolitique, ni en théologie, ni en profil de djihadiste, alors j’ai beaucoup cherché sur internet. J’ai été en contact avec un recruteur, j’ai lu des témoignages de familles d’ado qui sont partis et qui ont pu revenir, je me suis retrouvée sur le darknet et j’ai vu des discours et la propagande des Djihadistes… avec tout ça, j’ai essayé d’être plus dans l’analyse que dans l’interprétation. Je n’étais pas en très bonne compagnie ces derniers mois, je suis contente de revenir à la vie.

Tu ne t’es pas demandé si ce livre pouvait être dangereux pour toi ?

Je me suis dit que ce livre pourrait être mal interprété. On comprend ce que l’on est capable de comprendre. Il faut raison garder, c’est juste un roman et un témoignage parmi d’autres. Si on commence à ne plus rien dire parce qu’on a peur, on est déjà dans une dictature alors. M’autocensurer serait malhonnête.

ingrid desjours,les fauves,la bête noire,interview,mandorQu’est-ce qui a été le plus difficile pour écrire ce roman ?

Sans conteste de donner la parole à tout le monde avec les vrais et bons arguments de chaque partie concernée. L’idée n’était pas de faire un procès à charge, mais d’essayer de comprendre les motivations des gens qui pouvaient être attirés par le djihad. On critique leur modèle social et leurs aspirations, mais posons-nous les bonnes questions : comment a-t-on pu générer cette envie-là chez la jeunesse ? Et nous, quel modèle de société propose-t-on ? On est déjà dans la chute de l’Empire romain là, une chute et une fin de civilisation qui n’est pas très reluisante. On propose aux jeunes un monde matérialiste, un monde sans croyance, sans valeur, un monde où personne n’a sa place. L’être humain a fondamentalement besoin de beauté, besoin de croire, besoin d’une forme de spiritualité et nous avons complètement négligé cette transmission-là. Finalement, comment ne pas être attiré par un mode de pensée morbide. Beaucoup d’islamistes vénèrent la mort. La mort est l’aboutissement final. On n’a pas assez ancrés les jeunes dans la vie, ils en viennent à souhaiter la mort. C’est quand même terrible.

Est-ce que la préparation et l’écriture de ce roman t’ont épuisé ?

L’écriture a plutôt été libératrice. Ce sont mes recherches qui ont eu des conséquences sur mon moral. Je ne suis déjà pas une grande optimiste et je n’ai pas une foi en l’humanité énorme, mais quand j’ai lu ce que j’ai lu et vu ce que j’ai vu, ça ne s’est pas arrangé. L’humain me désespère et m’horrifie. Au nom de la folie d’une poignée d’hommes, on tue, on torture, on massacre. Je ne sais pas où va ce monde…

Self défense avec Ingrid Desjours. Comment vous défendre quand un agresseur vous menace avec un couteau ?

Dernière réflexion sur Les fauves, plus anecdotique celle-ci. J’aime beaucoup le personnage qui enquête. Un certain capitaine François Alquier.

Ça m’a beaucoup amusé de te piquer ton nom et même de mettre un peu de toi dans mon personnage. Je me suis marrée à en faire un technophobe, un mec qui prend ses notes sur un petit calepin, qui n’est pas du tout branché réseaux sociaux, ordinateur… J’hurlais de rire en écrivant derrière mon ordi de te décrire ainsi. J’en ai fait aussi un amateur de photos. Le capitaine François Alquier mène tous ses interrogatoires avec des photos. Plus sérieusement, ce n’est pas rien, parce que le nom que je choisis pour un personnage va avoir une incidence sur sa personnalité.

Changeons de sujet, parlons de la déclinaison de ton roman Tout pour plaire en feuilleton ingrid desjours,les fauves,la bête noire,interview,mandorpour Arte.

Je viens de signer un contrat avec Arte série qui m’a demandé de développer mon roman en une mini-série de trois épisodes de 52 minutes. Je suis coscénariste avec Florent Meyer. Ensemble nous remanions le texte original, c’est donc une libre adaptation. Nous nous réservons même le droit d’une fin différente. Le producteur Stéphane Strano, de Delante TV, croit en moi et me soutient depuis le début. Je suis très heureuse que l’on me fasse confiance à ce point. J’ai juste peur de ne pas être à la hauteur, mais il paraît que c’est normal. 

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Le 14 octobre 2015, après l'entretien.

Pour finir, voilà ce qu'en pense l'excellent David Medioni pour Les déblogueurs TV.