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11 mai 2016

Julien Jouanneau : interview pour La dictature du bien

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Si le nouveau livre de Julien Jouanneau, La dictature du bien, était signé Guillaume Musso, il serait immédiatement numéro 1 des ventes (et ce serait mérité). Cette histoire de deux hommes que tout oppose, Antoine et Madji, qui deviennent des justiciers qui œuvrent pour le bien est absolument jouissive. Jouanneau part du postulat simple que l’homme fait plus souvent le mal que le bien. Il a donc mis en scène deux héros qui n’ont plus rien à perdre et souhaitent remettre dans le droit chemin ceux qui sèment le mal sur leurs passages.

Belle idée, belle histoire. Sa dictature, on s’y soumet avec un immense plaisir.

Le 30 mars dernier, Julien Jouanneau est venu à Webedia pour une troisième mandorisation (lire la première ici et la seconde ).

1507-1.jpgRésumé :

C’est à l’hôpital que les destins de ces deux hommes se croisent. L’un est condamné. L’autre est ­convaincu de l’être.

Parce qu’ils n’ont plus rien à attendre, ils ­s’interrogent sur la meilleure façon d’utiliser le temps dont ils disposent. Le romancier nous questionne : que ­ferions-nous si nous étions voués à ne plus rien espérer pour nous-mêmes ?

Antoine et Madji tergiversent peu : ils vont faire le Bien. Démarre ainsi une quête peu ­banale, qui consiste à ­offrir une victoire aux victimes et aux perdants de la vie. Chaque nuit, ils « empruntent » une ambu­lance et partent à l’assaut de la misère, de l’injus­tice et de la vilenie : donner une leçon au type valide qui se gare sur une place réservée aux handi­capés, exaucer le dernier vœu d’un mourant, retrouver un amour Photo Jouanneau 5 couleurs Crédit Pascal Mary.jpgperdu…

Plus rien à perdre ! est leur mantra. On a envie de leur ­répondre Tout à gagner à lire ce livre, qui évoque une  solidarité collective, éclairée et joyeuse.

L’auteur :

Julien Jouanneau est né en 1980. Passionné de cinéma et de télévision, journaliste et écrivain, il est chef des infos du site de L'Express.

Il a publié plusieurs ouvrages, dont le plus récent s’intitule L’effet postillon et autres poisons quotidiens, paru chez Rivages en 2014.

P1000645.JPGInterview :

Tes deux héros veulent faire le bien, mais parfois en faisant du mal. Ce n’est pas un peu paradoxal ?

Quand tout va mal, il faut bien agir, quitte à utiliser des méthodes extrêmes. Et de manière générale, faire le mal est plus facile que faire le bien. En dépit de toutes les tentatives de faire des choses positives, on arrive toujours à une impasse, finalement. J’ai essayé de montrer que dans certaines situations, on peut faire le bien facilement et dans d’autres, moins facilement, dans d’autres encore, plus difficilement. Mais à chaque fois, on peut le faire. Plus généralement, le mal, le bien, ça dépend sous quel angle on se place.

Antoine et Madji, ils sont extrêmes quand même !

Oui, mais extrêmes originaux. J’ai voulu rendre hommage aux « vigilante movies » (films qui mettent en scène unjulien jouanneau,la dictature du bien,interview,mandor ou plusieurs personnages qui vont se substituer à la loi d'un état où pays, et vont juger, condamner et faire appliquer la peine aux criminels hors de tout cadre légal.) J’aime les films de justiciers. On a tous le fantasme de se faire justice soi-même. Je crois que mes lecteurs vont se placer derrière la philosophie de mes deux héros. On a tous en nous une petite étincelle sombre.

Que voulais-tu démontrer ?

Qu’il y a des gagnants parfois, mais qu'il y a toujours des perdants. Est-ce que c’est le mal ou le bien qui triomphe à la fin? 

Ton livre a failli s’appeler Les états généreux. C’est une référence aux états généraux de 1789 ?

Oui, exactement. Il y a dans ce livre beaucoup de discrètes références à la Révolution Française. Le peuple est avec mes deux héros. Il les suivent avec une confiance absolue. Quand l’un d’eux monte sur la table, c’est ce qu’a fait Camille Desmoulins. (Note de Mandor : se promenant dans les jardins du Palais-Royal, apprenant le renvoi de Necker, Desmoulins monte sur une table et, oubliant ses difficultés d'élocution, se met à haranguer la foule, lui donne pour signe de ralliement une feuille verte cueillie sur les arbres et lance l'idée de prendre la Bastille). 

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Je verrais bien ce livre devenir un film.

Une série pour la télé, ce serait pas mal. A chaque épisode, mes deux héros justiciers seraient chargés de régler un problème. Cette histoire est déclinable à souhait.

Il y a un peu de Kubrick dans ton livre.

C’est bien que tu aies vu ça. Le lion, le clown, en effet, c’est très Kubrickien. J’ai distillé plein de références cinématographiques. Mon livre, c’est un mélange de La ligne verte, Terminator et des Valseuses.

julien jouanneau,la dictature du bien,interview,mandorIl y a aussi des références un peu littéraires. J’y ai vu du Vian. Comme lui, tu ajoutes du merveilleux dans le quotidien.

Merci de remarquer cela. C’est tout à fait cela et j’ai souvent pensé à lui.

Que souhaites-tu en tant qu’auteur. Etre reconnu ?

Etre lu serait déjà pas mal. Ce n’est pas un souhait énorme. J’ai envie de faire rêver, d’émouvoir et de captiver mes lecteurs.

J’ai lu tous tes livres et aucun ne ressemble à un autre.

Je cherche mon style, ma voie/voix. J’essaie tout, je tâtonne.

Considères-tu que La dictature du bien est ton meilleur livre ?

Non. Je serai encore plus fier du prochain.

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Le 30 mars 2016, après l'interview.

03 mai 2016

Guillaume Musso : interview pour La fille de Brooklyn

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(Photo : Emanuele Scorcelletti)

guillaume musso,la fille de brooklyn,interview,mandorAvec plus de 25 millions d’exemplaires vendus, Guillaume Musso est l’un des auteurs français les plus lus dans le monde. La puissance de ses histoires et l’originalité de ses personnages ont touché les lecteurs de nombreux pays. En 2015, il est pour la cinquième année consécutive le romancier français qui a vendu le plus d’exemplaires en France (source GfK) et ses romans ont été traduits en 40 langues.

C'est ma quatrième interview de Guillaume Musso. La première, c’était en 2004, à l’occasion de la sortie de son premier livre, Et après

10 ans plus tard, le 20 mars 2014, à l’occasion de la sortie de Central Park, je suis allé lui poser des questions chez XO Éditions pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois d’avril-mai 2014).

Un an après, le 31 mars 2015, bis repetita pour L'instant présent, toujours chez XO Editions et toujours pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois d’avril-mai 2015).

Je rappelle que Guillaume Musso donne ses interviews « au compte-goutte » et qu’il me fait l’amitié d’accepter de faire partie des heureux élus dès que je le souhaite. Je crois que nous apprécions mutuellement nos échanges littéraires. Je ne me prive donc pas. 

Cette année encore, petite visite dans sa maison d'édition. C'était le 1er avril dernier, à l'occasion de la sortie de La fille de BrooklynVoici donc le résultat de notre entretien pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois d'avril-mai 2016) , puis vous pourrez lire le bonus mandorien.

Avant cela, voilà la 4e de couverture de son livre :

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guillaume musso,la fille de brooklyn,interview,mandor

guillaume musso,la fille de brooklyn,interview,mandorBonus mandorien :

Avec la prolifération des séries télés policières américaines, très bien ficelées, ne te demandes-tu pas comment on peut être à la hauteur.

Si, surtout que moi je suis seul et les scénaristes de ses séries sont nombreux. Mais je considère que c’est positif parce que ça met la barre très haute en termes de narration. Il faut trouver des astuces pour maintenir un suspense. Mes deux séries de références pour ce livre-là sont The Affair et The Killing. The Affair met en scène un adultère successivement raconté par l’homme ou la femme. C’est dans la diversité des points de vue que réside le suspens. J’ai toujours été fasciné par comment un évènement peut-être perçu de manière complètement différente  selon les protagonistes concernés par la même histoire. Quant à The killing, saison 1, en version danoise, cette série raconte comment le meurtre d’une jeune femme peut avoir un impact à la fois sur sa famille, sur la sphère politique et sur bien d’autres champs. Comment la disparition de cette femme va avoir des répercussions en chaîne ? Comment un événement peut avoir des effets dévastateurs des deux côtés de l’atlantique ? C’est un peu l’effet papillon. Bref, dans les séries et au cinéma, les images sont imposées, dans un roman,  tout le monde lit le même texte et pourtant tout le monde se fait son propre film. J’aime cette phrase de Paul Auster qui dit : « le livre, c’est le seul endroit au monde où deux étrangers peuvent se rencontrer de façon intime ».

Comment reste-t-on auteur de best-sellers sans interruption pendant plus de 10 ans ? Donne-nous la recette.

(Rire). Quelle bonne question ! Sans plaisanter, tous les gens qui ont essayé d’appliquer des recettes se sont plantés. La seule recette que j’ai, c’est d’écrire le roman que j’aimerais lire en tant que lecteur. J’ai la chance d’avoir une sensibilité qui s’accorde au plus grand nombre. Maintenir le succès dans le temps, c’est compliqué, et le rechercher à tout prix, c’est la meilleure façon de ne plus le trouver.

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Pendant l'interview...

Est-ce que tu prends le train ou le métro ?

Oui. Mon nom est connu à travers mes livres, mes personnages, mes histoires et pas à travers mon physique.

Enfin, en ce moment, je vois ta photo partout dans les rues de Paris.

On me voit partout 10 jours par an et 10 jours par an, je fais de la promo. Mais , je fais une promo qualitative, en rencontrant que des gens et des médias sérieux avec lesquels je sais que je pourrai m’exprimer sans danger. Parler de mon travail avec des gens biens, c’est une politesse par rapport à mes lecteurs.

On t’arrête dans la rue ?

Non, jamais. Mon nom est plus connu que moi, c’est comme ça et c’est très bien. Je n’aime pas particulièrement ma notoriété, ça ne flatte pas mon ego plus que ça. J’ai été 10 ans prof, j’ai eu une vie avant, je vis entouré de gens qui sont normaux, je descends la poubelle le matin… Ma vie est très normale et beaucoup tournée vers le travail.

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A la fin de l'interview, le 1er avril 2016.

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01 mai 2016

Gérard de Cortanze : interview pour Zazous

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(Photo : Witi de TERA/Opale/Leemage)

Des adolescents qui ont 15 ans quand la guerre commence, 21 lorsqu'elle prend fin. Ils refusent de voir leur jeunesse confisquée et s’opposent à la barbarie grâce à leur joie de vivre, la danse, les chansons… et le swing, Un véritable fait de société qui a toujours été occulté. Dans ZazousGérard de Cortanze a voulu rendre hommage à ces anticonformistes qui, à leur manière, ont fait de la résistance. J’ai beaucoup aimé ce livre.

Le 24 mars dernier, je suis allé rejoindre l’auteur dans sa maison d’édition, Albin Michel pour une longue mandorisation (merci à Gilles Paris).

gérard de cortanze,zazous,interview,mandor4e de couverture :

On n’est pas sérieux quand on a quinze ans, même en pleine Occupation. Chaque jour, au café Eva, une bande de zazous se retrouve pour écouter du jazz. Josette, Pierre et Jean sont lycéens, Sarah est coiffeuse, Charlie trompettiste, Marie danseuse, Lucienne apprentie mannequin. Dans un Paris morose, ils appliquent à la lettre les mots d’ordre zazous : danser le swing, boire de la bière à la grenadine, lire des livres interdits, chausser en toutes circonstances des lunettes de soleil et enfiler de longues vestes à carreaux.
À mesure que les Allemands montrent leur vrai visage, ces jeunes gens qui ne portent pas encore le nom d’adolescents couvrent les murs de Paris du « V » de la victoire, sèment la panique dans les salles de cinéma et les théâtres, déposent une gerbe le 11 novembre sous l’Arc de Triomphe, arborent, par solidarité et provocation, l’étoile jaune. Traqués par les nazis, pourchassés par les collaborateurs, rejetés par la Résistance, les zazous ne veulent pas tant « changer la vie » qu’empêcher qu’on ne leur confisque leur jeunesse.
 
Dans cet ample roman aux accents de comédie musicale, Gérard de Cortanze nous plonge au cœur d’un véritable fait de société trop souvent ignoré, dans le quotidien d’un Paris en guerre comme on ne l’avait encore jamais vu, et nous fait découvrir la bande-son virevoltante qui, de Trenet à Django Reinhardt, sauva une génération de la peur.

L’auteur :gérard de cortanze,zazous,interview,mandor

Traducteur littéraire, essayiste, poète, éditeur, Gérard de Cortanze a publié 80 livres, parmi lesquels des romans, des récits autobiographiques dont Spaghetti ! et Miss Monde (collection Haute Enfance), ainsi que des essais consacrés à Auster, Semprun, Hemingway, Sollers, Le Clézio... En 2002, il a obtenu le prix Renaudot avec Assam. Descendant d'une illustre famille aristocratique (les Roero Di Cortanze) par son père, et de Michele Pezza (plus connu sous le nom de Fra Diavolo) par sa mère, cet ancien coureur de 800 mètres a fait de l'Italie en général et du Piémont en particulier la matière première de son œuvre littéraire, notamment dans son cycle romanesque des Vice-rois. Il collabore au Magazine littéraire et dirige la collection Folio Biographies aux Éditions Gallimard. Gérard de Cortanze est aussi auteur de nombreux livres, articles et conférences sur le monde hispanique et l'Amérique latine. Il est considéré comme l'un des grands spécialistes de Frida Kahlo. Conseiller lors de l'exposition Frida/Diego, l'art en fusion, qui s'est tenue en 2013 à l'Orangerie, il en a rédigé le catalogue. Auteur aux éditions Albin Michel de Frida Kahlo par Gisèle Freund (2013), il a également publié Frida Kahlo, la beauté terrible (finaliste du Prix Femina 2011).

gérard de cortanze,zazous,interview,mandorInterview :

Comment avez-vous préparé ce livre ?

Mes romans historiques parlent du présent de l’époque traité. Je fais donc beaucoup de recherches sur l’histoire du moment. J’essaie de ne jamais écrire avec tous le bagage d’analyses et le recul qu’on a aujourd’hui sur cette époque. La seule façon d’être le nez sur une période précise, c’est de consulter les journaux de cette période, c’est à dire les nouvelles au jour le jour. Dans ses journaux, il y a aussi des rumeurs et des fausses nouvelles. Je me sers de tout pour avancer dans mon livre. J’ai consulté aussi des journaux intimes et des mémoires.

La musique vous a-t-elle beaucoup aidé ?

Elle a été primordiale. Comme c’est un livre sur les zazous, j’ai écouté et réécouté en boucle pendant plus d’un an entre 200 et 300 morceaux de jazz et de musiques swing.

Pendant l’écriture aussi ?

J’ai beaucoup travaillé à partir de fonds sonores. Ce livre est un peu une comédie musicale. Il y a beaucoup de références à des chansons.  J’en cite de nombreuses d’ailleurs.

Ça vous a amusé de chercher des chansons qui collaient à l’intrigue de votre histoire ?

Beaucoup. J’ai souvent trouvé l’équivalent musical de la scène que j’étais en train d’écrire. Il y avait quelque chose de troublant dans ce phénomène.

D’où vient le mot zazou ?

Cab Calloway vient à Paris en 1934. Il donne un concert à la salle Pleyel. Il chante « Zaz Zuh Zaz ». A la suite de cela, Johnny Hess, qui quitte le duo qu’il formait avec Charles Trenet, chante en solo « Je suis swing »et dans le refrain, il reprend l’expression de Cab Calloway, Zaz Zuh Ze. A partir de là, le mot zazou rentre dans le vocabulaire.

Cab Calloway : "Zaz Zuh Zaz" (1933)

Peut-on dire que les zazous étaient les précurseurs des yéyés ?

C’est exactement ça. Ils se sont regroupés en classe d’âge et pas du tout en classe sociale. Dans mon livre, il y a une modiste, une boulangère, des étudiants, un soldat… Que font des jeunes du même âge qui se regroupent ? Ils s’habillent de la même façon, en l’occurrence des vestes très longues, des pullovers moulant pour les filles, des jupes courtes, des pantalons serrés pour les garçons. Les filles et les garçons ont deux accessoires indispensables : les lunettes de soleil qu’il est de bon ton de porter quand il n’y a pas de soleil et le parapluie Chamberlain que l’on prend toujours avec soi, mais qu’on n’ouvre jamais, encore moins quand il pleut.

Ils avaient des drôles de rites.

Ils mangeaient des carottes rappées, buvaient de la bière grenadine, lisaient des livres comme Rebecca de Daphné du Maurier et Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell.

Johnny Hess : "Ils sont Zazous" (1942).

Avant de lire votre roman, j’avais une opinion sur les zazous, complètement erronée. Pour moi, c’était de jeunes écervelés, légers, qui ne pensaient qu’à s’amuser et à écouter du jazz… Or, vous nous les présentez aussi comme des gens très profonds et courageux. On dirait que vous les réhabilitez.

Mais c’est ce que j’ai voulu faire. En rendant hommage aux zazous, je rends hommage à la jeunesse française de ces années-là. Cette jeunesse a refusé qu’on lui confisque leur jeunesse. Ils voulaient continuer d’exister et faire en sorte que Paris continue d’être une fête. Ils refusent ce qu’il se passe avec les armes de leur âge, le chant, la danse, la musique, et une certaine dose d’inconscience. Ce roman est un hymne à la joie et à l’espoir.

On voit vos zazous évoluer. Ils ont 15 ans au début de la guerre et 21 à la fin.

Au fur et à mesure que la situation devient complexe et tendue, avec les assassinats, la barbarie, les trahisons, les dénonciations, les enlèvements, les camps, leurs positions évoluent. Ils se rendent bien compte qu’en continuant à faire les imbéciles, ils sont dans une forme de résistance.

Vous ne niez pas l’autre résistance, évidemment.

J’évoque bien sûr la résistance qui est armée, constituée, De Gaulle, Londres… Mais force est de constater qu’il y a eu aussi une résistance quotidienne très importante menée par des gamins et des gamines.

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A travers eux, on voit ce que devient Paris à cette période-là.

J’y tenais beaucoup. La guerre, ce n’est pas un bloc qui tombe comme ça. La guerre en 39, ce n’est pas la guerre en 44 et 45. En montrant la transformation de Paris, j’ai essayé de ne pas tomber dans les clichés habituels. Un écrivain doit travailler sur les zones grises un peu complexes et ambiguës.

Au début de la guerre, à Paris, la guerre n’était pas perceptible.

Les cinémas, les théâtres et les boites de nuit ont été rouvertes très rapidement. Les allemands sont présents, mais relativement discrets. Il y a même des consignes données par la Kommandantur pour que les soldats soient polis avec les français. Il y a une zone étrange où il ne se passe pas grand-chose et la jeunesse va se déployer dans ce Paris encore endormi. Mais la capitale va vite changer en se trouvant face à tous les travers d’un monde en guerre.

Andrex : "Y'a des zazous" (1944).

La couverture de votre livre montre une jolie fille qui fait de la bicyclette dans les rues de Paris. C’est un acte de résistance, non ?

Oui, parce qu’il y a une loi en 1942 qui interdit aux femmes faisant de la bicyclette de porter un pantalon. Elles doivent porter une jupe. Vous avez raison, c’est une forme de résistance.

Ça manque, aujourd’hui, des jeunes comme les zazous ?

Au lendemain de la tuerie du Bataclan et des terrasses de café, la jeunesse d’aujourd’hui a continué à aller dans d’autres terrasses de café. Finalement, ils se sont comportés comme les zazous d’hier. Mon fils, trois jours après ces terribles évènements, est allé assister à un concert avec ses amis. Je trouve qu’il y a là aussi, à la fois une espèce d’inconscience et une prise de position évidente chez ces ados. Eux aussi ont dit « on ne va pas se laisser faire ! »

gérard de cortanze,zazous,interview,mandorIl y a un coffret sorti chez EPM avec deux CD réunissant 50 morceaux sélectionnés par vous.

Les 50 morceaux figurent, d’une façon ou d’une autre, dans le livre. Elles sont les plus représentatives de cette époque, en versions originales et remasterisées. C’est tellement frais qu’on a l’impression que ces titres ont été enregistrés hier.

Votre maman était une zazoue, c’est une des raisons pour laquelle vous avez écrit ce livre ?

Certainement. Ma mère était à Paris à cette époque-là, elle avait 14 ans. Elle avait la chance d’avoir un père italien qui jouait de l’accordéon dans les bals du samedi soir. Il avait un petit orchestre. Toute son adolescence, elle a dansé. Les dancings et les bals populaires étaient fermés, mais il y a eu un développement des concerts de jazz pendant la guerre qui était absolument hallucinant. Le jazz et le swing étaient interdits, mais on donnait quand même des concerts dans lesquels un monde fou se rendait. C’était gai et festif. Au fond, je voulais que ce livre sur une période sombre soit un livre joyeux. Je voulais rendre la joie de vivre de ces jeunes gens.

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Après l'interview, le 24 mars 2016.

29 avril 2016

Claire Favan : interview pour Serre moi fort.

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Claire Favan, de livre en livre, devient notre Stephen King à nous. Elle ne se contente pas d’écrire des thrillers d’une efficacité redoutable, elle prend un malin plaisir à nous terroriser. Elle l’assume, comme elle me le disait dans sa deuxième mandorisation : « Je pense toujours à ma mère qui, un jour, a refermé un livre de Stephen King en disant : « C’est génial ! C’est l’histoire d’un tueur en série. Je n’avais jamais lu un livre comme ça ! ». Ce jour-là, elle m’a donné une deuxième naissance. » 

(La première mandorisation (où elle n'était pas toute seule) est .)

Dans ce 5e roman, Serre moi fortClaire Favan nous raconte l’enquête du policier Adam Gibson sur un charnier où toutes les victimes sont des femmes. Une fois de plus, Claire ballade le lecteur dans tous les sens. Son nouveau thriller est d'une noirceur à vous couper le souffle. Le 15 mars dernier, je suis allé la rejoindre dans un bar parisien pour évoquer ce nouveau livre (notamment).

claire favan,serre moi fort,interview,mandor4e de couverture :

« Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré.
Du jeune Nick, d'abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l'incertitude et l'absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l'Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité.
Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l'enquête sur la découverte d'un effroyable charnier dans l'Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psycho logique d'une rare violence...

Ce qu’ils en disent :

« Monstrueusement magistral, horriblement bon ! » Bruno Lamarque, Librairie de la Renaissance, Toulouse.
« Intime, violente, déroutante, l'intrigue de Claire Favan s'enroule autour du lecteur tel un serpent. » Olivier Norek, auteur de Code 93,de Territoires et Surtensions.claire favan,serre moi fort,interview,mandor
« Une des grandes du polar français ! » Gérard Collard, librairie La Griffe noire, Saint-Maur.

L’auteure :

Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son premier thriller, Le Tueur intime, a reçu le Prix VSD du Polar 2010, le Prix Sang pour Sang Polar en 2011 et la Plume d'or 2014 catégorie nouvelle plume sur le site Plume Libre. Son second volet, Le Tueur de l'ombre, clôt ce diptyque désormais culte centré sur le tueur en série Will Edwards. Elle a également participé aux recueils de nouvelles du Collectif des auteurs du noir : Santé !, Les Aventures du concierge masqué et Irradié. Après les succès remarqués d'Apnée noire et de Miettes de sang, Claire Favan nous revient avec un thriller d'une noirceur absolue : Serre-moi fort.

claire favan,serre moi fort,interview,mandorInterview :

Par rapport à notre précédente rencontre, les choses ont évolué pour toi. Tu commences à te forger une belle réputation. Comment vis-tu cette nouvelle notoriété ?

Je le vis raisonnablement parce que je sais que rien n’est gagné et qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Je prends les bonnes choses comme elles arrivent, mais je reste prudente et je ne me relâche pas. La notoriété t’apporte aussi des regards moins bienveillants, je suis en train de le remarquer.

Je trouve que ça va très vite pour toi. Est-ce que ce qui t’arrive te donne confiance en toi ?

Chaque livre est un nouveau pari. Une fois que ton plus récent roman est cautionné, tu n’as plus qu’à recommencer sur le suivant. Ça donne confiance, certes, mais il y a quand même toujours une part de frissons.  

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claire favan,serre moi fort,interview,mandorEn lisant tes thrillers, j’ai remarqué que tu prends un malin plaisir à manipuler les lecteurs.

C’est le travail d’un auteur de polar. J’écris sur les tueurs en série et, à priori, tout a déjà été écrit sur eux. Quand j’écris je me demande jusqu’où je peux aller pour sortir des sentiers battus. Ma priorité est d’écrire des livres qui parviennent à me surprendre moi-même. Je ne veux pas de sentiments de « déjà lu ».

Pourquoi mets-tu en scène toujours des tueurs en série ?

Ça fait partie un peu de mon image désormais. Et puis, je ne pourrais pas écrire une histoire policière basique… Je n’ai pas fait d’études ou de recherches dans ce domaine, je ne suis pas tueuse en série, mais ces criminels m’intéressent beaucoup, je ne sais pas pourquoi. A chaque livre, je trouve un angle différent pour expliquer le pourquoi du comment des actes commis.

Je sais que tu as rencontré le spécialiste mondial des tueurs en série, Stéphane Bourgoin. Lui as-tu poséclaire favan,serre moi fort,interview,mandor des questions sur ce qu’il y a dans la tête de ce genre de tueur ?

Non, parce que lui est vraiment dans la vérité, moi dans la fiction. Je ne prétends pas être autre chose qu’une romancière, mais je tente de faire en sorte que mes explications tiennent la route psychologiquement parlant. Je fais tout pour être crédible.

Il y a quelques scènes très émouvantes dans ton livre. Notamment quand le fils de la famille s’occupe de ses parents qui se laissent dépérir après la disparition de leur fille.

Stephen King, notre maître à tous, prend toujours des gens dans le quotidien pour tout bouleverser de manière fantastique. Il raconte un peu leur vie, cela permet que tous les lecteurs se sentent concernés. C’est ce que je fais également. Il faut que l’on soit touché par le sort des uns et des autres, que l’on soit presque dans l’empathie.

Mais, tu aimes bien, aussi, traumatiser le lecteur.

Je ne veux pas le traumatiser, mais l’idée de le secouer ne me dérange pas (rire).

Comment vis-tu la phase de création ?

Je ne la vis pas dans la sérénité, ça se rapproche même de la souffrance. Avant, quand j’avais le temps, j’écrivais des livres soupapes non publiés pour me libérer l’esprit. Aujourd’hui, je n’ai plus le temps.

claire favan,serre moi fort,interview,mandorLes histoires qui sont dans ta tête, ne parasitent-elles pas ton quotidien ?

Il y a des auteurs qui disent que quand ils écrivent, ils ne peuvent pas lire. Moi, je peux. Ce que je lis ne va pas m’influencer. La journée, je suis responsable, j’encadre des gens, je construis des dossiers, il faut que je sois concentrée. Le soir je rentre, il faut que je sois disponible pour ma famille. J’ai une bonne faculté à compartimenter. J’arrive devant mon ordinateur, je sais que c’est pour bosser, donc je bosse.

Tu es toujours dans la banque. Il n’y a pas un moment où tu vas devoir faire un choix entre la littérature et la finance ?

Je ne le souhaite pas. Le doute fait partie de mon travail, mais si je n’avais que du doute, j’imploserais en vol. Et puis, pour être sincère, actuellement, je ne vends pas suffisamment pour me le permettre. Je ne me plains pas, mais là, c’est encore un peu tôt (rire).

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Le 15 mars 2016, après l'interview.

Bonus :

La chronique de Gérard Collard sur Serre moi fort.

19 avril 2016

Agnès Martin-Lugand : interview pour Désolée, je suis attendue

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08 avril 2016

14e Salon du Livre et de la Chanson de Randan : bilan et photos.

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affiche2016.jpg-Allo, François ! Ça te dirait de participer au salon du livre de Randan ?

-D’où ?

-Randan.

-Connais pas.

-C’est dans le Puy-de-Dôme, pas loin de Vichy. C’est le Salon du Livre et de la Chanson. Il se tient tous les premiers week-ends d’avril depuis 14 ans. Inauguré en 2003, ce salon se propose d’inviter en Auvergne, face à l'orangerie du château de Randan, une vingtaine d’auteurs, artistes, biographes et chroniqueurs pour deux journées de dédicaces avec un public passionné par la chanson française. Cette manifestation culturelle, unique en France, met vraiment en lumière la chanson francophone

-Il y a qui cette année ?

-Nicoletta, Hervé Vilard, Jean-Jacques Debout, Anne Sylvestre…

-Les jeunes pousses de la chanson française quoi ! Note que je les respecte tous et que je sais qu’ils vont ramener du monde.

-Non, mais il y a aussi Emma Daumas. Et des biographes comme Stéphane Loisy ou Baptiste Vignol.

-Baptiste Vignol ! Mais il va me snober avec mon livre sur Louane. Le mec est pointu, je lis son blog Mais qu’est-ce qu’on nous chante ? depuis longtemps. J’adore. Mais il sort des livres sur Renaud et Guy Béart… il va me regarder de haut c’est sûr !

-Non, François, détrompe-toi. Tu vas voir, ils sont tous sympa. Les organisateurs sont doués pour que tout le monde se sente bien. Je t’assure, tu viens une fois, tu as envie de revenir l’année suivante. Je ne te cache pas, qu’en plus, on mange et on boit très bien.

-C’était la première chose à me dire. Top là ! J’accepte.

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Extraits d’une conversation téléphonique (légèrement exagérée) que j’ai eue avec Olivier Vadrot. J’ai accepté, et je ne l’ai pas regretté. J’ai passé deux jours exquis. Je tiens ici à remercier Edda Mathillon et la formidable association organisatrice de l’évènement « Le Livre et la Chanson ». Deux jours de bienveillance et de gentillesse.

Voici quelques photos avec leur légende.

(Je sais que je ne reviendrai pas l’année prochaine, car mon prochain livre ne sera pas « musical », mais je garderai un doux souvenir de ces deux jours auvergnats).

Le samedi.

Baptiste Vignol, celui que je craignais. Il va falloir que j'apprenne à exterminer les a priori. S'il peut avoir la dent dure dans ses chroniques, il se révèle un homme délicat et sympathique. Globalement, nous sommes restés deux jours ensemble sans discontinuer. Il sera bientôt mandorisé pour son excellent Guy Béart, il n'y a plus d'après.

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Hervé Vilard... non, je ne dis pas encore ce que j'en pense humainement. 

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Jean-Jacques Debout et Nicoletta dans "Confessions intimes". 

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La souriante chanteuse corse Domistria.

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Le souriant François Alquier pour son livre (Prix Albert Londres 2016) sur la chanteuse et comédienne Louane. Joie de vivre et compagnie. 

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Bon, Emma Daumas, je l'adore depuis longtemps. J'aimais son travail, j'aime la femme qu'elle est devenue. Simple et talentueuse. On en reparle bientôt ici... parce son livre Supernova est bien écrit et nous en apprend beaucoup sur l'envers du décor du show-biz. 

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Emma et moi, ce tout petit supplément d'âme...

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Le salon et son public.

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Le dimanche.

Au petit-déjeuner, je découvre la presse locale. La Montagne fait un focus sur le salon.

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Alors Corbier, franchement, il n'y a pas plus sympathique. Un vrai mec bien. Gentil, généreux, drôle... et une oeuvre à découvrir. 

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J'ai été très déçu par le comportement d'Hervé Vilard et de Nicoletta envers leur public. Une condescendance souvent insupportable dont j'ai été témoin. Je respecte la carrière de ces deux artistes. A eux deux, ils ont vendu des millions d'albums. Chapeau! Mais le respect envers ceux qui ont acheté leurs disques, ce n'est pas un luxe, c'est un devoir. En 2016, qu'ils se comportent en diva me laisse pantois. Je précise qu'ils ont été très corrects envers moi, là n'est pas le problème. J'ai juste vu et entendu des trucs qui ne m'ont pas plu. Du tout. J'ai posé avec eux avant que le salon n'ouvre ses portes le dimanche parce qu'ils représentent beaucoup dans la variété française. Et, encore une fois, ils ont une carrière magnifique et certaines de leurs chansons m'ont touché. 

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Hervé Vilard. Donc.

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Et Nicoletta. (Que je déteste être déçu humainement!)

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Jean-Jacques Debout. Lui, simple, un peu ironique et beaucoup de recul sur lui-même et sur le métier.

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Philippe Jadin, un des deux ayants droit de Jean Sablon

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Baptiste Vignol et Charles Langhendries, le deuxième ayant-droit de Jean Sablon

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L'association "Le livre et la chanson" remet la médaille de la ville à Hervé Vilard

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Puis à François Corbier (devant Hervé Vilard particulièrement attentif et respectueux de la cérémonie).

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Un auteur à l'aise devant les objectifs. 

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Et des lectrices attentives. (Photo non truquée). (Et trois ventes en une minute). (Merci à elles).

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Peu de temps avant de partir, photo souvenir avec les deux ayants droit de Jean Sablon, Anne Sylvestre (Anne Sylvestre quoi! Ce n'est pas de la gnognotte. C'est la plus grande!), la femme de Ricet Barrier, grand habitué de ce salon, parti en 2011, Ane Barrier.)

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Voilà, il a fallu partir. Avec regret. Beaucoup.

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25 mars 2016

Tatiana de Rosnay : interview pour Partition amoureuse

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(Photo : Denis Félix)

tatiana de rosnay,partition amoureuse,livre de poche,interview,mandorTatiana de Rosnay est une auteure que j'ai la chance de la connaître un peu, depuis presque 10 ans. Elle m’a accordée beaucoup d’interviews pour ce blog. Même depuis qu’elle vend ses livres dans le monde entier. (Pour la sortie d’Elle s’appelait Sarah, pour une rencontre à la Fnac Val d’Europe à l’occasion de la sortie de Boomerang, pour une émission de télé sur le web, pour une projection privée dElle appelait Sarah, pour une rencontre avec des élèves de Provins, pour un Coca Light au soleil pour évoquer la sortie de La mémoire des murs et enfin pour la sortie de son roman A l'encre russe.)

Quelqu’un qui, avec le succès planétaire, reste la même et d'une fidélité exemplaire, c’est suffisamment rare pour être signalé.

A l’occasion de la sortie en poche d’un ancien livre (revu et corrigé), Tatiana de Rosnay a bien voulu répondre à mes questions pour Le magazine des Loisirs Culturels Auchan (daté des mois de février et mars 2016). Ceci est la seule interview pour ce livre et la seule pour 2016. Elle a besoin de retrouver du calme, de passer des moments en famille et d’écrire un nouveau livre. Merci à elle pour son éternelle confiance.

Nous nous sommes vus dans un café parisien le 18 janvier dernier pour évoquer principalement son roman, "véritable inventaire amoureux joué à la manière d’une partition musicale, dans lequel chaque amant tient sa propre cadence".

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(Photo : Denis Félix)

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tatiana de rosnay,partition amoureuse,livre de poche,interview,mandorLe bonus mandorien :

La question qui tue. Les ex de Margaux sont-ils inspirés des tiens ?

Aucun des ex de ce livre n’a été le mien… j’ai eu beaucoup de plaisir à les inventer. Je ne voyais pas l’intérêt de mettre les miens dans un bouquin. Je ne te dis pas qu’il n’y a pas des fantasmes qui sont liés à l’époque que je vivais… Je voudrais préciser que ce livre est dédicacé à mon mari… « qui ne sera jamais un ex ».

Selon Margaux, j’ai appris qu’en matière de sexe, « un homme est toujours un pion sur l’échiquier ».

(Elle rit et ne répond pas).

(C’est vexant !)

Changeons de sujet… et de livre. Ta romancière préférée est Daphné du Maurier. Elle est l’héroïne detatiana de rosnay,partition amoureuse,livre de poche,interview,mandor ton précédent livre, Manderley forever (qui sort en poche très bientôt). Pourquoi estimes-tu que c’est ton livre le plus important, plus encore qu’Elle s’appelait Sarah, qui a été pourtant le livre qui a déclenché ta carrière dans le monde entier ?

Ce livre est le roman d’une vie. Je ne l’ai pas écrit comme une biographie… parce que je ne sais pas écrire une biographie. C’est Daphné du Maurier qui m’a donné envie d’écrire à l’âge de 10 ans. En fait, je porte ce livre en moi depuis plus de 40 ans. Il a suffi qu’un éditeur très malin, Gérard de Cortanze, me poursuive depuis des années pour m’inciter à écrire ce livre. Un jour, il m’a coincé et m’a dit que j’étais la seule à pouvoir écrire un livre sur Daphné du Maurier. Parce que je suis moitié anglaise, que je l’adore, que je la cite dans beaucoup de livres et qu’elle a nourri mon œuvre. Le goût de la mémoire des murs, des fins ouvertes, des secrets, me vient d’elle. J’ai mené une véritable enquête. Je suis partie sur ses traces, j’ai rencontré sa famille…

Il y a beaucoup d’accointances entre vous deux.

Oui, je peux t’en citer pas mal des très banales. On a eu des cheveux blancs très tôt, on aime la couleur bleue, nous sommes franglaises… mais il y a aussi des points communs beaucoup plus profonds. Je ne te dis pas lesquels, il faudra que tu finisses par te décider à lire ce livre.

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Pendant l'interview...

Ecrire Manderley Forever était-il un défi ?

Complètement. C’était un challenge intellectuel et littéraire pour moi. Je le répète, ce n’est pas une biographie au sens classique du terme. J’ai écrit à la troisième personne au présent. J’ai voulu que le lecteur découvre la vie de Daphné en même temps qu’elle. Je donne des indices pour que ceux qui me lisent puissent comprendre le puzzle de sa vie.

Les lecteurs ont largement suivi.

Oui… et ce n’était pas gagné. Je dois dire que ce livre m’a donné la reconnaissance littéraire qui me manquait. On avait tendance à me mettre dans les mêmes cases littéraires que les gros vendeurs qu’on ne va pas citer, mais que l’on connait par cœur. On a dit que j’étais une machine à écrire des best-sellers, que mes intrigues étaient rapidement ficelées, qu’il n’y avait pas de réflexion littéraire dans mon œuvre. Depuis que j’ai sorti Manderley forever, je n’entends plus ces commentaires. Ce livre a donné une autre lumière sur mon travail.

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Après l'interview, le 18 janvier 2016, dans un café parisien.

24 mars 2016

Mallock : interview pour Le principe de parcimonie

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mallock,le principe de parcimonie,interview,mandor« Pardon, mais pourquoi Mallock, ce pur génie de la littérature noire, n'a pas le succès foudroyant qu'il mériterait d'avoir. Pourquoi la France ne le célèbre pas (l'Italie le vénère). Il est réellement (et largement) au-dessus de tous, tant dans l'écriture, les intrigues, la philosophie et la personnalité de ses personnages que dans le suspense. C'est violent (mais comme la société est violente), réaliste, malin, d'une intelligence rare, extrêmement bien documenté, sans concession... et souvent prophétique. Un jour, on reconnaîtra son talent à sa juste mesure. Tous ses livres sont des bijoux absolus. Le dernier, "Le principe de parcimonie", est un pur chef d'œuvre! Jamais rien lu d'aussi intense. J'ai voulu parler de lui aujourd'hui (comme une sorte de pulsion) parce que je trouve injuste que cet auteur ne soit pas porté aux nues. Je trouve injuste que les médias culturels le laissent de côtés. On ne laisse pas un auteur pareil dans la solitude du doute. Moi, je lui réitère une énième fois mon admiration sans borne. » J’ai écrit ça, il y a quelques jours, sur Facebook.

Pour tout dire, j’en ai marre de prêcher dans le désert depuis 6 ans. J’ai reçu ici Mallock, à chacun de ses nouveaux livres. Je l’ai découvert avec Le massacre des Innocents, un putain de bon thriller qui m’a époustouflé dès les premières pages et que je n’ai pu lâcher. J’ai récidivé à la sortie de Les Visages de Dieu et l’enthousiasme ne m’a pas quitté. Je lui ai ouvert cet espace pour la troisième fois pour Le cimetière des hirondelles, autre chef d’œuvre du monsieur. La quatrième fois, c’était pour Les larmes de Pancrace.

Ses livres ont toujours trois niveaux : Un niveau mythologique, un niveau narratif, un niveau purement littéraire. Aujourd’hui, je vous propose ma 5e mandorisation de Mallock. Je l’ai accueilli le 2 mars dernier, pour son nouveau chef d’œuvre, Le Principe de parcimonie. Sur fonds de crue, de boue et de sang, le voilà aux prises avec une enquête qui ne manque pas de créativité. Ce thriller baroque en immersion totale dans le monde de l’art contemporain, constitue la chronique la plus esthétiquement cruelle du commissaire. Son chef-d’œuvre, si l’on peut dire.

4e de couverture :mallock,le principe de parcimonie,interview,mandor

Dans le bocal de verre, à la place des cornichons, des doigts humains. Et sur l’étiquette cette mention : « Pervers au vinaigre. Tu ne toucheras pas aux enfants avec des pensées sales. »

En ce mois d’octobre finissant, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas sous le ciel de la capitale. L’artiste contemporain Ivo est soufflé par une explosion en pleine performance. Quant à l’objet de son étude, La Joconde, elle s’est purement et simplement
volatilisée.

Tout porte à croire que ces méfaits sont signés Ockham, personnage dérangeant qui se met en scène dans des vidéos délirantes, entièrement habillé de latex rouge. Mais que recherche-t-il au juste ? L’argent ? Le geste politique ? Flatter son ego surdimensionné ?

Une nouvelle occasion pour Mallock de se ronger les méninges, avec cet acharnement qui fait de lui plus qu’un commissaire : un véritable extralucide auquel aucun tordu ne résiste…

Lecture de la Quatrième de couverture. Sur FinalCut ProX… © Mallock. Pour l'essentiel : prises de vues personnelles (faites au iPhone + quelques iStock et musique de Alan Singley)

mallock,le principe de parcimonie,interview,mandorL’auteur :

Sous le pseudonyme de Mallock se cache J.D. Bruet-Ferreol, peintre, photographe, designer, inventeur, directeur artistique, compositeur et bien entendu… écrivain. Depuis 2000, ce génial touche-à-tout ne se consacre plus qu’à sa carrière de peintre numérique au travers d’expos et d’édition de livres d’art, et à celle d’auteur, notamment de romans policiers. Pour cette année 2016, Fleuve Éditions met son œuvre à l’honneur, avec la publication du Principe de parcimonie, mais aussi les rééditions du Cimetière des hirondelles et des Larmes de Pancrace, en versions revues et embellies, avec des couvertures entièrement designées par Mallock. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir cet auteur au charme singulier, en train de bâtir sa propre légende.

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Interview :

Bon, on en est au même point que d’habitude. Tu n’es toujours pas un écrivain « populaire », ce que je ne trouve toujours pas compréhensible.

Il n’y a que les blogs qui me suivent. Tu es le premier à avoir parlé de moi et beaucoup d’autres t’ont suivi. Je les remercie tous et du fond du cœur. Mais, il est certain que je déplore ne pas avoir de papier dans la presse, ni être invité nulle part pour parler de mes livres.

Pour moi, je le dis tout net, tu es le meilleur.

Tu me l’as toujours dit et ça me touche beaucoup. Je suis très laborieux, j’ai attendu très tard pour sortir tous ces livres, je bosse énormément dessus, je leur fait profiter de mon expérience de vie, de lectures, de créations dans tous les domaines. Ça donne à chaque fois, ce que j’espère être des sommes.

Tu sors trois livres d’un coup chez Fleuve Noir. Deux précédents et le nouveau, Le principe de parcimonie.

C’est une idée de mon éditrice parce qu’elle a estimé que mes deux précédents, Le cimetière des hirondelles et Les larmes de Pancrace n’avaient pas eu la carrière qu’ils méritaient. J’ai trouvé ça très sympathique de sa part. On s’est mis d’accord sur un format plus petit afin que l’accès financier, pour les gens, soit plus abordable.

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A Livre Paris 2016.

Tu es aussi graphiste et c’est toi qui as fait les couvertures de ces ouvrages.

J’ai fait les couvertures et j’ai « designé » le principe des typos et les illustrations. Je voulais que l’ensemble soit pertinent.

Il parait que tu vas aller jusqu’à neuf livres.

Après Mallock va disparaître et c’est le commissaire Amédée Mallock lui-même qui va raconter les histoires. Elles seront écrites à la première personne et les romans seront plus courts. Il racontera ce qui lui ait vraiment arrivé pendant son enfance, avec ses parents… Jusqu’à aujourd’hui, je l’ai toujours suggéré, mais ne l’ai jamais raconté pas.

Toi, tu ne t’appelles pas Mallock, mais tu écris sous ce nom. Les prochains seront écrits par Amédée Mallock et non plus par Mallock tout court qui n’est pas le commissaire, mais l’auteur… tu ne crois pas que c’est un peu compliqué tout ça ?

Il y a une mise en abyme. Cela permet de prendre du recul par rapport à ce que l’on fait. M’appeler Mallock pour écrire les aventures d’Amédée Mallock était presque de l’ordre du gag et cela m’amusait beaucoup. Mes éditeurs, eux, ne voulaient pas que je signe Mallock, parce que cela ne se faisait pas. Le simple fait que l’on me dise que cela ne se faisait pas m’a incité à le faire. Deuxième raison, le nom est court et cela permettait de ne pas ajouter de signes sur la couverture. Le personnage s’appelle Amédée Mallock, il est écrit par qui ? Pas pour mon véritable non, Jean Denis Bruet-Ferreol. Il est trop long. Je fais quoi ? Je vais chercher un troisième nom ? Principe de parcimonie, je prends le signifiant qui existe, le plus petit, c’est Mallock. Je décide de signer Mallock, deux simples syllabes.

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A Livre Paris 2016.

Dans les salons littéraires, tes lecteurs t’appellent Mallock, Amédée ou Jean-Denis ?

On m’appelle par ces trois noms.

Alors que l’on se connait bien, je continue à t’appeler Mallock. Tu es indissociable de ton héros.

Je ne dis plus rien à personne, parce que je comprends les confusions et il y a la même gentillesse derrière.

Quand je lis les histoires d’Amédée Mallock, je te vois toi dans le rôle du commissaire.

Ceux qui me connaissent ou ceux qui m’ont vu en dédicaces me font tous la réflexion.

Il faut dire que physiquement, tu corresponds bien.

Comme je rêvais d’être plus grand, je me suis rajouté quinze centimètres. Il y a vingt ans, tout à fait au départ de l’aventure Mallock, je voulais que le rôle soit tenu par Depardieu ou Nick Nolte,  alors je lui ai mis des cheveux blonds. Sinon, le reste, cela peut être moi en effet. Ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est la vérité du personnage. J’ai contrôlé tous les personnages que j’ai créé, mais le seul que j’avais du mal à contrôler, c’était Mallock. J’ai préféré le laisser vivre sa vie et vivre la mienne en fin de compte. Je ne savais pas comment il allait être reçu.

Comment décris-tu Amédée Mallock ?

C’est un personnage d’une sensibilité exacerbée, qui souffre du monde dans lequel il vit. C’est un personnage de vérité. Nous vivons dans un monde de mensonge, de parfaite médiocrité, de non courage. Toutes les valeurs qui lui sont chers, la droiture, le courage, la sincérité, n’ont plus lieu d’être dans cette société.

Dis donc, Ockham, il pense exactement comme toi… ou comme Mallock.

Je me demande si Mallock l’écrivain n’est pas plus proche d’Ockham qu’il n’est du commissaire Amédée Mallock. J’ai un profond désespoir de voir le monde devenir ce qu’il est. Ce que l’on voit à la télévision est immonde de médiocrité, de mensonge et d’hypocrisie. Aujourd’hui, dans ce monde médiatique, nous sommes avides de tout, sauf de vérité. Moi qui suis avide de vérité, je me sens très mal.

Tu te sens un peu seul ?

Oui, je me sens seul dans ma colère, dans ma rage. Cela me tue et me déprime complètement. Heureusement que je prends des médicaments depuis des années et que je suis sous substances. Je ne vois pas comment on peut tenir dans cette société sans avoir de médications appropriées. Quelqu’un qui vit sans antidépresseur, c’est un grand malade. Si tu es lucide, tu prends des cachets ou tu t’en vas d’ici et tu n’allumes plus jamais ta radio et ta télé.

Amédée Mallock, à un moment, se demande s’il n’aime pas Ockham.

Ockham est un rédempteur fou. Quelque part, c’est un justicier. Moi, Mallock l’écrivain, si la loi n’existait pas, je me demande si je ne serais pas comme lui. Je me demande si je ne mettrais pas des bombes dans certains lieux, si je ne me baladerais pas avec des rasoirs pour couper quelques têtes.

Tu tuerais des innocents ?

Qui est innocent, à partir du moment où tu es complice et que tu profites du système à ce point-là ?

Tu dis ça parce que le système médiatique te boude ?

Non, je t’assure. Même si j’arrive à cette chose incroyable : écrire depuis 20 ans et n’avoir jamais eu un seul article dans un journal, une seule interview télé ou radio.

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Mallock et Franck Thilliez, deux maîtres du thriller français à Livre Paris 2016. 

Ça me révolte aussi, je te l’avoue.

Ça me rend fou. J’investis beaucoup de temps, d’énergie, d’amour. Je donne tout dans chacun des bouquins. Je ne m’économise pas. Si tu me voyais en train d’écrire…

Combien de temps mets-tu pour écrire un roman ?

Au minimum, trois ans. Et je ne fais que ça. On ne fait pas le genre de livre que j’écris en six mois. Il faut habiter les personnages, avant, pendant, après. Les mettre en cave. Je pose, j’attends trois mois et je relis.

Je crois savoir que tu travailles en permanence sur trois livres.

J’en finalise un, j’en écris un autre et je conçois la structure et le plan d’un troisième.

Quand tu écris, tu ne t’épargnes pas et tu ne nous épargnes pas.

J’ai envie d’aller au bout de tout. Dans mes livres, ce qui est poétique, triste, nostalgique est extrêmement poétique, triste et nostalgique. Ce qui est sanglant est donc extrêmement sanglant. Je pense que dans la réalité, nous sommes en deçà. Il m’est arrivé de rencontrer des morts dans la vie. C’est terrible et terrifiant. Dans un livre, il faut exagérer le trait si on veut que les gens aient un vrai malaise.

(A voir absolument pour comprendre qui est cet auteur!) Pour la librairie Mollat, Mallock vous présente son ouvrage "Le principe de parcimonie" aux éditions Fleuve Noir.

Tu fais comme dans la série Game of Thrones. Tu tues sans vergogne les héros récurrents auxquels nous nous sommes attachés.

Il y a une raison un peu stratégique, je dois le reconnaître. Quand tu écris un one shot, tu ne sais pas ce qu’il va se passer avec le héros, c’est ce qui crée la tension d’un véritable thriller. Comment mener un thriller avec un personnage récurrent ? Comment créer la tension ? La solution est simple : avoir une équipe autour de Mallock, composé de personnages héroïques et attachants, en sachant que n’importe lequel d’entre eux peut mourir.

On annonce une éventuelle crue du siècle de la Seine pour prochainement… et c’est ce qui arrive aussi dans ton livre.

Cette crue me permet de refaire une description de Paris que je hais et que je « aime » d’une autre façon. Je l’avais déjà décrit dans Le visage de Dieu et dans Le massacre des innocents et je ne voulais pas me répéter. J’ai toujours la peur d’avoir des livres qui se ressemblent. Je veux que l’originalité soit constante. Métaphoriquement, c’était aussi intéressant d’avoir cette eau qui vient nettoyer les rues de la capitale, comme Ockham vient nettoyer cette espèce de Sodome et Gomorrhe de la médiocrité qu’est devenue notre société.

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Après l'interview, le 2 mars 2016, à l'agence.

10 mars 2016

Thibaut Derien : interview pour J'habite une ville fantôme

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(Photo : Arno)

J’ai connu Thibaut Derien comme chanteur. Il écrivait et composait des chansons biens ciselées. Je l’avais interviewé à cette époque et il m’avait paru très sympathique. Un jour, il a arrêté. C’est con. 

Je l’ai retrouvé plus tard comme collaborateur de CD’Aujourd’hui. Il filmait, moi je posais des questions aux artistes. Je n’arrêtais pas de lui dire que je trouvais la situation incongrue parce que j’aurais pu tout aussi bien lui poser des questions… étant donné que je n’ai jamais cessé de le considérer comme chanteur.

Et voilà que, récemment, je le retrouve comme photographe avec sa série Sur scène dans une minute !. Il prenait en photo des artistes dans leur loge, une minute avant leur entrée sur scène. De sacrés moments de vérités.

Les gens doués dans toutes les activités artistiques sont un peu agaçants. Voire, ils m’énervent. Mais, bon, j’ai craqué quand j’ai vu son livre (et donc ses photos) de J'habite une ville fantôme (aux éditions du Petit Oiseau). Une mandorisation s’imposait.

Le 4 février dernier, dans un café parisien, puis à l’agence, Thibaut Derien s’est prêté au jeu des questions-réponses, comme si nous ne nous connaissions pas…

j'habite.jpgPrésentation du livre :

J’en avais marre de la capitale. Trop de bruit, trop de gens. Et puis je ne supportais plus mes voisins. Je voulais changer d’air, et surtout de vie. Je passais le plus sombre de mon temps affalé dans mon canapé, à refaire non pas le monde, mais l’endroit idéal où m’installer. Je m’imaginais alors vivant dans un petit village à la campagne, mais pour y avoir grandi, je savais déjà que les grands espaces n’étaient pas faits pour moi. Je me voyais repartir à zéro au bord de la mer, mais le vent et le cri des mouettes m’ont toujours tapé sur le système. Bref, je tergiversais.
Je me suis donc longtemps demandé où poser ces valises que je n’avais pas encore faites, jusqu’au jour où je suis tombé dessus, par hasard. Une ville sans voiture ni habitant, sans bruit ni mouvement, calme comme la campagne, reposante comme l’océan, mais sans nature.
Aujourd’hui je me promène en silence dans ces rues rien qu’à moi, où je n’ai qu’à me servir, où tout me tend les bras. Au début je me suis bien posé quelques questions : que s’était-il passé ici et qu’était devenue la population ? Exode rural, catastrophe naturelle, cataclysme écologique, peu importe finalement. Avec le temps j’ai appris à ne pas bouder mon plaisir, et la seule chose qui m’inquiète désormais, c’est de savoir combien de temps cela va durer. Je tue le temps, qui ne passe plus vraiment par ici, en imaginant toutes ces vies passées derrière ces volets fermés, ces rideaux de fer tirés.
Je suis comme perdu sur une île déserte, sauf que je n’ai pas envie que l’on me retrouve.
J’habite une ville fantôme.
Thibaut Derien

L'artiste :

Auteur et interprète de quatre albums (de chansons, pas de photos), Thibaut Derien a aujourd'hui troqué la musique et les mots pour le silence et l'image. Après dix années consacrées à la chanson, il retourne pleinement à sa première passion, la photographie. Sa série J'habite une ville fantôme a d'ailleurs vu le jour pendant ses tournées, tandis que la dernière, Sur scène dans une minute !, le ramène irrémédiablement aux salles de spectacle.

Il vit et travaille dans sa ville fantôme.

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P1000488.JPGInterview :

Je t’ai connu chanteur, mais en fait, tu as été photographe avant d’entamer cette carrière.

Depuis le lycée, je voulais être photographe. J’étais en pension, je me sentais un peu seul. Je travaillais dans un magasin de photos, et un jour, le patron m’a offert un appareil photo. J’ai commencé à photographier tout ce qui bougeait et j’ai vite considéré que c’était un bon compagnon de jeu. Je photographiais mon quotidien, mes promenades, mes voyages, mes week-ends... Cela me permettait de rendre ma vie plus intéressante. Ma première série était constituée de photographies d’animaux morts sur la route. Je trouvais cela très esthétique, très graphique.

Ensuite, tu es parti à Cannes pour faire « filmeur ».

J’ai répondu à une petite annonce, j’avais 19 ans et une sérieuse envie de bouger. Je faisais des photos de gamins sur les plages, je leur donnais un ticket et ils devaient venir récupérer les clichés dans un magasin.

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Après, tu es revenu à Paris.

Oui, avec la réelle ambition de devenir photographe. Mais je n’ai trouvé que des petits boulots.

Plus tard, tu as tenu un bar.

C’est là qu’est née ma passion pour la musique parce que j’organisais des concerts. J’avais 21 ans et j’étais le plus jeune patron de bar de France. Cela m’a permis de ne pas faire mon service militaire puisque j’étais chef d’entreprise.

Comme ton bar ne marchait pas la semaine, tu bossais pour Luc Besson.

Il cherchait des jeunes qui connaissaient la région pour la préparation d’un film. J’ai frappé à la porte et j’ai été embauché. J’ai travaillé pour lui trois ans. Pour Jeanne d’Arc, je suis allé même allé jusqu’en République Tchèque. J’étais stagiaire régie. C’était un boulot un peu ingrat.

Après tout ça, la chanson est arrivée dans ta vie.

Quand je tenais mon bar, voir les autres chanter m’a donné envie d’écrire des chansons. J’ai rencontré un guitariste et pendant les après-midi creuses nous nous sommes composés un petit répertoire. On est monté à Paris et on a continué à travailler des chansons ensemble. On a fini par chanter le soir dans certains cafés concerts. Au bout de six mois, on a envoyé une maquette aux Chantiers des Francofolies. En 2001, nous avons été acceptés là-bas, du coup, les programmatrices nous ont programmées sur la scène des découvertes l’année suivante. C’est là que j’ai rencontré le producteur et éditeur de spectacle, Max Amphoux. On a gagné le Prix Adami, on a signé avec Max et distribués par AZ. Ma carrière de chanteur a duré 10 ans.

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Un jour, tu as arrêté la musique. Et je t’ai demandé plein de fois de ne pas. 

Il ne faut jamais dire jamais, mais ça fait six ans que je n’ai pas écrit une chanson. Depuis que ma fille est née, je n’en ressens plus le besoin. Même écrire pour les autres, je  n’y parviens pas. Ce que je faisais n’était pas très gai. Maintenant que je suis heureux, je n’ai plus d’inspiration.

Nous nous voyons pour la sortie de J’habite une ville fantôme. Toutes ses photos représentent 10 ans de travail et de recherche. Où as-tu trouvé toutes ses devantures vieillottes de magasins ?

Ça a commencé à l’époque où j’étais en tournée. Il y avait beaucoup de centres culturels de petits villages qui programmaient des artistes comme moi. Entre le moment où on arrive et le concert du soir, il y a beaucoup de temps à tuer, voire une après-midi entière. Je me baladais donc avec mon appareil photo. La première fois que j’ai vu une vieille vitrine comme ça, j’étais loin de me douter que l’histoire allait durer autant d’années. Je trouvais cela graphique et émouvant. Quand j’ai arrêté de chanter, j’ai continué à voyager. Mais, je ne prenais jamais l’autoroute, je me promenais sur les départementales et m’arrêtais pour rechercher de vieilles devantures. 

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Cette série de photos m’a rendu très nostalgique.

Comme j’ai vécu à la campagne, j’ai connu tout ça et donc, évidemment, c’est une réminiscence de mon enfance. Et, certaines personnes âgées qui viennent à mon expo ont les larmes aux yeux.

C’est ce que tu veux provoquer ? De l’émotion…

Ces façades de boutique, ce n’est pas seulement le commerce qui ferme, c’est vraiment le lien social entre les gens qui disparait. C’est ça qui me touche le plus. Les villages français se meurent de plus en plus. Un épicier qui ferme, ce sont des vieux à qui on enlève la dernière conversation de la journée…Ces photos rappellent que l’on a changé nos modes de consommation. Les centres commerciaux sont les premiers tueurs de ces boutiques de village.  

Pourquoi n’y a-t-il pas de textes qui accompagnent tes photos. Pourquoi ?

J’aurais pu effectivement parler du contexte politique et économique, mais au final, j’ai préféré que chacun ait sa propre lecture de ses photos. Je ne voulais pas qu’on les regarde que de manière engagée, alors qu’elles sont souvent drôles et poétiques.

Tu as gagné quelques prix avec cette série de photos, dont lauréat SFR Jeunes Talents en 2013, et tu as fait quelques expos, comme au Grand Palais dans le cadre de Paris Photo.

Tout cela m’a incité à tout abandonner pour n’exercer que cette activité. Et je dois dire qu’à présent, je me sens un homme libre et sans obligation.

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Après l'interview le 4 février 2016, à l'agence.

07 mars 2016

Laurent Binet : interview pour La septième fonction du langage

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Les Prix Interallié et Prix du Roman Fnac 2015 ont été attribués à Laurent Binet pour son roman La septième fonction du langage. Ce livre nous faire rire en parlant de sémiologie, la science des signes, dans le langage et le comportement. Une performance ! Mais quel est l’intrigue de ce roman ? 1980, Roland Barthes, star mondiale de la sémiologie, meurt en sortant d'un déjeuner avec François Mitterrand, renversé par une camionnette. Laurent Binet imagine qu'il ne s'agit pas d'un accident. Barthes aurait pris connaissance de la 7ème fonction du langage, celle qui fait de son détenteur un orateur aux pouvoirs illimités sur ceux qui l'écoutent: qui a fait tuer Barthes pour s'emparer de ce redoutable secret ? Mitterrand ? Giscard? La CIA ? Le KGB ?

D'Althusser à Lacan, de Foucault à Derrida, de Deleuze à Baudrillard, via Sollers, Kristeva, Cixous et BHL, ce roman réunit toute l’intelligentsia de l’époque. Loin d’être réservé à un entre soi intello, l’érudition est passée au tamis de la comédie burlesque. Jubilatoire !

Je suis allé à sa rencontre, chez lui, le 25 septembre 2015 (oui, je sais, ce n’est pas tout neuf, mais bon, j’ai du mal à suivre mon propre rythme d’interviews), pour le journal des adhérents de la Fnac, Contact (pour évoquer notamment le Prix du Roman Fnac et son livre foisonnant).

laurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandor4e de couverture :

« A Bologne, il couche avec Bianca dans un amphithéâtre du XVIIe et il échappe à un attentat à la bombe. Ici, il manque de se faire poignarder dans une bibliothèque de nuit par un philosophe du langage et il assiste à une scène de levrette plus ou moins mythologique sur une photocopieuse. Il a rencontré Giscard à l’Elysée, a croisé Foucault dans un sauna gay, a participé à une poursuite en voiture à l’issue de laquelle il a échappé à une tentative d’assassinat, a vu un homme en tuer un autre avec un parapluie empoisonné, a découvert une société secrète où on coupe les doigts des perdants, a traversé l’Atlantique pour récupérer un mystérieux document. Il a vécu en quelques mois plus d’événements extraordinaires qu’il aurait pensé en vivre durant toute sa vie. Simon sait reconnaître du romanesque quand il en rencontre. Il repense aux surnuméraires d’Umberto Eco. Il tire sur le joint. »

Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette de blanchisserie le 25 février 1980. L'hypothèse est qu'il s'agit d'un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l'époque, tout le monde est suspect...

L’auteur :

En 2010, Laurent Binet a publié HHhH, qui a obtenu le Prix Goncourt du Premier roman et a été traduit dans près de quarante pays. La Septième fonction du langage est son deuxième roman, fruit de cinq ans de travail.

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laurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandorInterview :

Comment avez-vous réagit quand on vous a annoncé que vous aviez remporté le Prix du Roman Fnac ?

Il y a des temps dans l’écriture et ça, c’est le temps de la sortie et le temps de la sortie, c’est le temps de la reconnaissance. Un prix, c’est un élément de reconnaissance non négligeable, surtout si c’est un prix composé de 800 lecteurs dont la moitié sont libraires. Les libraires sont le maillon clef de l’économie du livre et ils sont souvent désintéressés dans leur approche des bouquins. Ce type de prix est donc extrêmement gratifiant.

Vous vous étiez fait remarquer avec votre précédent livre HHhH, qui a remporté le Prix Goncourt du Premier Roman.

Pour un premier roman, c’était une exposition vraiment très utile, voire nécessaire. Les places sont chères, alors j’aime bien me faire remarquer. Je suis absolument convaincu de la qualité de mes livres, mais je n’oublie pas que dans ce milieu-là, le facteur décisif, c’est la chance. Et je dirais aussi, l’audace. Il y a beaucoup de livres de mauvaises qualités qui ont beaucoup de succès et qui sont acclamés par la critique et le contraire est aussi vrai. Il y a beaucoup de chefs d’œuvre qui sont ignorés, pas publiés ou plus simplement pas exposés. Il faut garder les pieds sur terre. Je suis très content d’avoir des prix, mais ce n’est pas ça qui me fait dire que je suis un romancier génial.

Vous venez me dire que vous étiez sûr de la qualité de vos écrits. C’est rare qu’un écrivain me confielaurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandor cela.

L’écriture est un processus compliqué. C’est un mélange de doute et de confiance en soi. Si vous n’avez pas la confiance en vous, vous n’écrivez pas. Si vous n’avez pas cette espèce d’arrogance qui vous fait penser que ce que vous pouvez écrire va pouvoir intéresser d’autres personnes, vous ne faites rien. En même temps, si vous ne doutez pas, il n’y aura pas la remise en question nécessaire pour assurer une exigence minimale au texte. L’alchimie entre ses deux états est très complexe.

La promotion, vous en pensez-quoi ?

C’est un truc marrant, mais on s’expose beaucoup et le fait de s’exposer, ce n’est pas quelque chose qui va de soi. C’est un cliché, mais on se sent dépossédé de son œuvre parce que tout le monde parle du livre qu’on a écrit. Il vaut mieux être sûr de soi pour encaisser tout ça, même quand les critiques sont bonnes. C’est un moment bizarre et délicat.

C’est dur de parler de son œuvre ?

J’ai une formation de prof. Pendant dix ans, j’ai parlé des œuvres des autres. Ça m’intéresse de parler des œuvres en général, alors pourquoi pas de la mienne (rires). Quand cela m’arrive, j’essaie d’en parler avec détachement, comme si ce n’était pas moi l’auteur de l’œuvre en question.

laurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandorOn arrive à analyser son propre roman ?

D’une manière générale, l’objectivité est impossible. Je fais toujours des méta-romans qui s’interrogent déjà sur eux-mêmes. Il y a des mises en abyme. C’est ce que j’appelle du méta discours. Je suis porté naturellement vers des discours critiques en tant que prof, mais en tant que romancier aussi, du coup parler de mon roman m’intéresse. Parfois les critiques laissent de côté des aspects qui, moi, me paraissent importants. Dans celui-ci par exemple, j’entends beaucoup le mot satire. C’est vrai qu’il y a une dimension satirique indéniable, mais ce n’est pas tout.

C’est vrai, moi, ce qui m’a intéressé dans ce livre, ce sont les relations du réel avec la fiction.

Dans ce roman, je me suis amusé à ancrer cette histoire dans un réel très documenté, très précis. Plus de la moitié de ce que je fais dire aux protagonistes sont des citations réelles. Après, j’expérimente pour voir jusqu’à quel point on peut tordre le réel. A un moment, je fais apparaître volontairement quelques anachronismes. Ils vont se multiplier jusqu’à ce que cela devienne énorme.

Regardez-vous ce qu’on dit de votre dernier livre dans la presse ou sur internet ?

Oui, j’avoue, je ne peux pas m’en empêcher. C’est à la fois stressant et excitant. Il suffit d’une mauvais critique sur dix pour que ça vous gâche un peu la journée ou que ça me contrarie une heure ou deux. Je suis hyper sensible comme tous les cons d’écrivains mégalos narcissiques. C’est de la sensibilité mal placé, je le sais bien. On a la chance d’être publié, on parle de notre livre, ça devrait nous suffire. J’avoue que moi je veux tout. Le succès critique, le succès public… je voudrais l’unanimité.

Vous aimez être interviewé alors ?

Je ne suis pas une bête des médias. Quand je vais à la télé ou à la radio, j’ai toujours peur de bafouiller ou de dire une énorme bêtise qui sera enregistré et qui finira sur YouTube et au zapping (rires). Là, une interview, tranquillement chez moi, à la cool, ça ne me dérange pas. J’aime bien même. A la télé et à la radio, dès que la réponse dépasse les 30 secondes, je sens l’animateur ou le journaliste devenir très nerveux parce qu’il faut déjà enchainer avec autre chose. Devoir dire des choses intéressantes avec si peu de temps, c’est extrêmement difficile je trouve.

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Laurent Binet s’attaque aux intellectuels parisiens (théoriciens de la French Theory ou nouveaux philosophes), notamment Sollers, Kristeva, BHL et Foucault.

C’est un roman souvent drôle. Vous n’épargnez ni les intellectuels, ni les hommes politiques de l’époque.

Je ne réserve pas le même traitement à tout le monde. Pour moi Philippe Sollers et Michel Foucault n’ont pas le même statut. Je mets Foucault dans des situations sexuelles, parfois scabreuses, mais qui ne sont que la réalité de sa vie, ce qui n’empêche pas que j’ai un profond respect pour son œuvre. La majeure partie des intellectuels et des politiques qui traversent mon roman, je respecte leur parole. Après, je retranscris tout ça de manière burlesque, mais sans discréditer leur propos. Cela devient juste du théâtre… et je vais même jusqu’à la bouffonnerie.

Votre histoire est un pur délire, mais parfaitement maitrisé.

Je le prends comme un compliment, merci. Ce qui est sûr, c’est que c’est extrêmement travaillé, ensuite, ça fonctionne ou pas. C’est construit, je ne vous le cache pas. J’ai ciselé ce texte avec minutie.

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Photographie réalisée par Michel Delaborde cinquante jours avant la mort de Roland Barthes pour la revue Culture et Communication, 5 février 1980.

Pourquoi avoir choisi Roland Barthes comme héros (malheureux) de votre roman ?

J’adore Barthes. Je l’admire même. Il a été le plus déterminant dans ma formation intellectuelle. C’est lui qui m’a appris à expliquer des textes. Je parle de sa mort et il se trouve que sa mort est romanesque. La scène de son décès, je la trouve très émouvante. Evidemment, je l’intègre dans une intrigue policière, mais je ne me moque jamais de lui. Je l’ai juste montré mélancolique. Ce qu’il était, je crois. Dans la fin de la première partie, pendant le repas avec Mitterrand, Barthes à la tête ailleurs et c’est la vision que j’avais de lui. Jamais vraiment là, sauf physiquement.

laurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandorSollers, par contre, vraiment, vous ne vous privez pas.

Non, vraiment, ça ne me gêne pas de me moquer de lui. C’est un clown. Je sais qu’il a une très haute opinion de lui-même. Présenté autrement, il pourrait admettre sa part histrionique.

Mais intellectuellement, vous ne lui trouvez rien d’intéressant?

(Rires) Pour des raisons de prudence judiciaire, je ne répondrai pas à cette question.

Ce livre est une mine d’informations sur les années 80.

C’était la période de mon enfance. Ça m’a amusé de me remémorer les voitures, l’ambiance, la musique, l’actualité de ce moment-là. Mais c’est aussi cinq ans de recherche et de documentation. Vous verriez ma chambre, il y a du Deleuze, du Derrida et des tas d’autres philosophes partout.

Votre livre est « intellectuel », mais à la portée de tous.

Le professeur qui est en moi prend cette réflexion comme un compliment. J’ai essayé d’être pédagogue et exigeant.  Je brasse quand même des théories et des problématiques pointues, mais j’ai tout fait pour les rendre accessibles. C’était toute la difficulté de ce roman.

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Lors de la remise du Prix du Roman Fnac 2015.

Ce livre est aussi un thriller mené par deux enquêteurs diamétralement opposés. Rarement une enquête policière n’avait été aussi drôle et aussi mal menée.

Deux personnes antagonistes qui travaillent ensemble, c’est un truc qui fonctionne toujours depuis la nuit des temps jusqu’à Pierre Richard et Depardieu (rires). Le commissaire Bayard est l’archétype du flic beauf qui méprise les intellectuels, les considérants comme de sales gauchistes et de purs affabulateurs. Bayard ne comprend rien à la sémiologie et juge cette discipline théorique et parfaitement inutile. Il décide de demander de l’aide à un jeune professeur en sémiologie méconnu, Simon Herzog. Lors de leur première rencontre que j’ai souhaité drôle, il l’interroge d’un air hautain sur la sémiologie et sa signification. À partir de sa posture, de ses vêtements, des traces laissées par son alliance, le jeune professeur parvient à dresser un portrait juste et complet du commissaire. J’aime bien quand les éléments ont plusieurs fonctions. Ce couple-là à une fonction comique dans son opposition et une fonction pédagogique. L’un va expliquer à l’autre ce que le lecteur à besoin de savoir.

Il me semble que votre construction narrative est influencée par des films ou des séries.laurent binet,la 7e fonction du langage,qui a tué roland barthes,interview,mandor

L’ensemble est conçu un peu comme un James Bond. Les enquêteurs vont de pays en pays à partir de Bologne. James Bond est très présent dans ce livre. Il est à la fois un modèle de construction narrative et un motif récurrent.

Au fond, c’est quoi votre livre ?

Le roman, c’est le lieu du mélange des genres par excellence. Mon livre est à la fois un roman policier et un roman picaresque et un méta roman et un roman philosophique. Si vous me permettez d’être prétentieux et pompeux, je dirai que c’est un roman total et baroque.

Vous aviez beaucoup d’ambition pour ce livre ?

Je savais que ça allait être une grosse construction extrêmement minutieuse. Proust disait qu’il faisait des cathédrales, moi j’ai pensé mon livre comme un gros édifice. Il tient ou il brinqueballe, ça, c’est au lecteur de le dire.

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Après l'interview, sur le balcon de Laurent Binet, le 25 septembre 2015.

02 mars 2016

Stéphane Nolhart : interview pour le livre De sang et la maison d'édition Ravet-Anceau

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de sang,polars en nord,ravet-anceau,stéphane nolhart,interview,mandorStéphane Nolhart est écrivain. Il est d’ailleurs en pleine écriture d’un nouveau livre (dont j’ai lu les fascinantes premières pages), Largo. Il m’est arrivé de le recevoir ici comme auteur, mais je l’accueille cette fois-ci comme directeur d’ouvrage chez Ravet-Anceau à l’occasion de la sortie du livre De sang (collection Polars en nord). Je lui ai donc posé quelques questions sur la maison qui édite le livre et sur ce recueil de 30  nouvelles en particulier.

(Merci à l’éditrice de cette maison, Marion Weber-Massenat, pour ces quelques précisions apportées dans les réponses).

4e de couverture :

« Dimanche matin, des morceaux de corps humain carbonisés ont été découverts dans ce qu’il restait d’une poubelle incendiée. Dans la foulée, les pompiers ont également été sollicités pour circonscrire deux nouveaux incendies signalés à deux autres endroits de la ville. Là encore, les soldats du feu ont trouvé des restes de corps. »

Ce fait divers a inspiré trente et un auteurs de la collection Polars en Nord des éditions Ravet-Anceau. Ces de sang,polars en nord,ravet-anceau,stéphane nolhart,interview,mandorplumes expertes en crime ont imaginé les pires scénarios : ils vous offrent ici trente nouvelles inédites. Trente nouvelles plus noires, plus étonnantes et plus frémissantes les unes que les autres.

Imaginé par un journaliste de La Voix du Nord, ce fait divers est une fiction créée pour les auteurs de la collection Polars en Nord. Il fut le point de départ de l’écriture des nouvelles du 200e titre de cette collection de polars régionaux à succès.

Les auteurs et l’éditeur Ravet-Anceau ont décidé que les droits et profits de ce « Polars en Nord no 200 » seraient reversés à l’association Le Noël des déshérités de La Voix du Nord.

Ont participé à cet ouvrage : Alain Stucker, Alain-Paul Autret, Aude Lhôtelais, Benoît Chavaneau, Bernard Leconte, Bernard Thilie, Christine Desrousseaux, Christophe Arneau, Denis Albot, Emmanuel Sys, Francis Essique, Françoise Samsoën, Geneviève Reumaux et René Charlet, Gérard Bertuzzi, Guillaume Lefebvre, Hervé Hernu, Hervé Jovelin, Irénée Deltombe, J. Wouters, James Holin, Jean-Pierre Bocquet, Lakhdar Belaïd, Luc Watteau, Marc Le Piouff, Marie Goudeseune, Michel Bouvier, Philippe Declerck, Philippe Tassart, Stéphane Nolhart, Sylviane Taquet.


de sang,polars en nord,ravet-anceau,stéphane nolhart,interview,mandorInterview :

Ce livre est le 200e de la collection Polars du Nord et il coïncide avec les 10 ans de la collection. Pouvez-vous me présenter cette collection ?

La collection Polars en Nord est née en 2005 avec pour premier titre Le vagabond de la baie de Somme de Léo Lapointe, vendu à ce jour à plus de 12 000 exemplaires, toujours diffusé en librairie et adapté récemment en téléfilm pour France 3. Cette collection explore le roman noir, du polar au thriller en passant par le whodunit. Son parti pris : le suspense près de chez vous. Nos polars se déroulent principalement à ce jour  en  Nord-Pas de Calais-Picardie, en Normandie et en Belgique francophone. Nous en publions plus d’une vingtaine par an, qu’ils s’agissent de premiers romans ou d’écrits d’auteurs « maison ».

Pour trouver l’idée de ce 200e livre, vous vous êtes réunis dans les locaux de chez Ravet-Anceau. Au fil des échanges, est née l’idée d’un projet singulier, original et audacieux que j’aimerais que vous m’expliquiez.

L’équipe éditoriale a imaginé ce 200e titre comme un hommage. Il fallait qu’il s’intègre dans une réflexion globale, qu’il soit vraiment différent des autres. C’est pourquoi nous avons réuni des auteurs de la maison pour un échange. Le but : qu’ils nous disent comment ils voyaient le 200e Polars en Nord. Ce sont eux qui font vivre la collection depuis dix ans, il nous semblait important de les impliquer encore plus à ce moment particulier. Après une matinée de réflexion collective s’est dessiné le projet de ce recueil de nouvelles. Immédiatement, les auteurs ont souhaité que leurs droits d’auteur soient reversés à une association caritative. L’idée d’un fait divers commun a permis de donner une cohérence à l’ouvrage et a pimenté l’exercice : si la nouvelle est déjà en soi un genre particulier, l’écriture sous la contrainte est une difficulté supplémentaire !

Il y a trente nouvelles inspirées d’un même fait divers. Trente angles différents pour raconter la même histoire, c’est un défi facile ou complexe ?

Le point de vue des auteurs à ce sujet est assez partagé : certains ont eu du mal avec cette contrainte et ont cherché à la détourner. D’autres ont joué avec, et elle leur a parfois permis d’aller au-delà de leur zone de confort habituelle, de découvrir un autre horizon. Un nouvel imaginaire est né. De notre côté, nous craignions les redites. Mais finalement, s’il existe quelques similitudes quant aux thèmes abordés, chacun a su recréer un univers bien à lui. Le défi était complexe mais a été relevé avec brio par nos trente et un auteurs.

Bande annonce du livre, De sang, réalisé par Hervé Hernu.

Comment avez-vous choisi les auteurs ?

Nous avons partagé l’idée de l’écriture d’une nouvelle avec une quarantaine de nos auteurs Certains ont répondu avec enthousiasme et s’y sont mis rapidement. D’autres, moins à l’aise avec la forme de la nouvelle, ont préféré ne pas s’y risquer. Ou n’était pas disponible. Toutes les nouvelles que nous avons reçues ont été publiées.

Vous-même, vous vous êtes mis en danger en livrant à vos auteurs votre propre nouvelle. Pourquoi avoir écrit dans ce livre ?

Quand Marion m’a proposé d’écrire une nouvelle dans ce recueil, considérant que c’était pour une œuvre caritative, j’ai tout de suite accepté. Je travaille avec les auteurs de la collection sur les corrections ou modifications éditoriales à apporter (ou pas) à leur texte. Ce sont parfois des heures de discutions (justifiées) pour une virgule ou une idée. Contrairement aux auteurs Polars en Nord qui excellent dans le genre Polars, l’exercice était nouveau pour moi et naturellement j’avais le sentiment d’être jeté dans la fosse aux lions, un poil attendu au tournant. J’ai biaisé. J’ai fait une nouvelle noire qui parle de polars et d’éditions mais pas un polar dans les règles. Je ne suis pas descendu à proprement parlé sur leur terrain de jeux. 

Quels sont les projets de Ravet-Anceau en terme d’évolution ?

La collection Polars en Nord a vu naître sa petite sœur il y a trois ans : Polars en Nord Junior. Des enquêtes menées par des enfants pour de jeunes lecteurs (à partir de 8 ans). Nous publions par ailleurs des romans historiques et contemporains, des biographies, des livres de cuisine… Nous réfléchissons aussi actuellement à de nouvelles collections en littérature. Enfin, concernant la collection Polars en Nord la zone géographique s’étend…

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01 mars 2016

Sophie Adriansen et Jean-Marie Leau : interview pour Naître et grandir en musique

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en ,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques ,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau ,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est ,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exemple

Une fois n’est pas coutume, je reçois de nouveau Sophie Adriansen (mandorisées ici). Cette fois-ci, elle est accompagnée de Jean-Marie Leau. Ensemble, ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner en musique les meilleurs moments de la vie de chacun. Naître et grandir en musique, le premier volume vient de sortir et il est centré sur le bien-être des bébés au travers d'une dizaine de thèmes. Au programme notamment : un historique des comptines, la musique pour la conception, l'oreille du fœtus à la première échographie, l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine, l'accouchement en musique, la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. Ce livre ludique, instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser les mamans et les papas d’aujourd’hui. Le 28 janvier dernier, je me suis rendu chez Sophie Adriansen, où le très sympathique Jean-Marie Leau nous a rejoint.

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exempleNote de l’éditeur :

La musique est le plus fabuleux des médicaments.
C’est particulièrement vrai pour le bien-être des bébés et des enfants.

Savez-vous que l’on peut stimuler auditivement le fœtus dès le sixième mois de grossesse ? Que le chant permet de traverser la douleur des contractions lors de l’accouchement ? Qu’un bébé pleure dans sa langue maternelle ? Qu’un morceau choisi peut l’endormir à coup sûr ? Que la musique est la première fenêtre sur l’art pour un enfant ?

Assorti de témoignages de chanteuses, de musiciens, de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naissance, cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques pour découvrir le pouvoir étonnant de la musique avant, pendant et après la naissance.

Retrouvez Naître et grandir en musique et la B.O. du documentaire L’Odyssée de la vie sur Deezer et Spotify.

Les auteurs :

Jean-Marie Leau est compositeur-interprète. Auteur de nombreux génériques pour la télévision et le cinéma, il a fondé l’ensemble vocal « Les voisins du dessus » et co-écrit plusieurs contes musicaux, dont Sol en Cirque.
Il a enregistré avec Zazie, Alain Souchon, Francis Cabrel, Christophe ou Claude Nougaro.
Il propose chaque mois dans le Magazine de la Santé une chronique sur la musique.

Sophie Adriansen est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages de littérature générale et jeunesse ainsi que de documents autour de la santé.

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exemple

sophie adriansen,jean-marie leau,naître et grandir en musique,interview,mandorune fois n’est pas coutume,je reçois de nouveau sophie adriansen. cette fois-ci,elle est accompagnée de jean-michel leau. ensemble,ils proposent une collection d'ouvrages destinés à accompagner e,la musique pour la conception,l'oreille du fœtus à la première échographie,l'ouïe qui s'affine à la 35e semaine,l'accouchement en musique,la fin des pleurs et l'éveil musical de l'enfant. ce livre ludiq,instructif et didactique a une forte probabilité d’intéresser le,de musiciens,de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naiss,cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques,pendant et après la naissance. retrouvez « naître et grandir en,il a fondé l’ensemble vocal « les voisins du dessus » et co-écri,dont sol en cirque. il a enregistré avec zazie,alain souchon,francis cabrel,christophe ou claude nougaro. il propose chaque mois dans le mag,mais j’ai proposé ce projet à jean-marie à partir de son travail,je n’aurais jamais eu cette idée. je connaissais ses chroniques,un jour,en discutant,je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre,ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. un jo,nous avons concrétisé cette envie que j’avais.  jean-marie leau,l’idée m’a plu immédiatement. ecrire n’est pas naturel pour moi,même quand j’écris mes chroniques. je suis plus dans l’oralité e,c’est-à-dire le lien entre la musique,le son et le reste de la vie.  premier constat,la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour,et même avant notre naissance.  jean-marie : la musique,avant d’être une industrie,c’est une expression,voire un outil relationnel. il est important d’en parler dans un,c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « les mus,jean-marie,vous êtes né sous x et vous êtes persuadés qu’il y avait de la m,de devenir,de faire,de vivre,c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas.,poétique… nous sommes des êtres musicaux. cette sensibilité est,on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale. so,c’est que,par exempleInterview :

Qui est à l’origine de ce livre ?

Sophie Adriansen : C’est un peu moi, mais j’ai proposé ce projet à Jean-Marie à partir de son travail. Sans lui, je n’aurais jamais eu cette idée. Je connaissais ses chroniques qui me passionnaient et, un jour, en discutant, je lui ai demandé si d’une manière ou d’une autre, ça ne pouvait pas se transformer en quelque chose d’écrit. Un jour, nous avons concrétisé cette envie que j’avais.

Jean-Marie Leau : Je ne me suis pas posé de question, l’idée m’a plu immédiatement. Ecrire n’est pas naturel pour moi, même quand j’écris mes chroniques. Je suis plus dans l’oralité et la musique. Je crois que Sophie a eu une vraie bonne idée de me proposer ce projet. Cela donne une nouvelle consistance à ce que j’essaie de développer depuis six ans, c’est-à-dire le lien entre la musique, le son et le reste de la vie.

Premier constat, la musique fait partie de nos vies depuis le premier jour, et même avant notre naissance.

Jean-Marie : La musique, avant d’être une industrie, c’est une expression, voire un outil relationnel. Il est important d’en parler dans une collection telle que nous voulons la mener avec Sophie. Ce sujet n’est pas anodin, c’est pour cela que nous avons appelé cette collection « Les musicaments ».

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Vous, Jean-Marie, vous êtes né sous X et vous êtes persuadés qu’il y avait de la musique dans votre entourage.

Jean-Marie : Ce que la musique m’a permis d’être, de devenir, de faire, de vivre, c’est grâce à mon vécu et même celui dont je ne me souviens pas. Je ressens la musique comme une trace vibratoire, poétique… Nous sommes des êtres musicaux. Cette sensibilité est propre à l’espèce humaine. Aujourd’hui, on arrive à valider ces concepts-là par l’imagerie cérébrale.

Sophie : Ce que je trouve fascinant, c’est que, par exemple, pour les bébés prématurés, qui n’ont pas baigné dans un environnement musical avant de naître, la musique peut jouer le rôle de rassurer et d’envelopper le bébé. Ils peuvent s’en servir comme un cocon. Cela veut dire que l’on nait en étant des êtres musicaux, même quand il n’y a pas eu de conditionnement au préalable.   

Il y a beaucoup de témoignages de femmes dans cet ouvrage.

Sophie : Oui, et elles ont été heureuses de témoigner parce que ce sont souvent de bons souvenirs qu’elles racontent. Il y a aussi des témoignages d’hommes. Moi j’ai interrogé les professionnels de santé et des anonymes et Jean-Marie a interrogé des artistes.

Quel est l’objectif de cette collection ?

Sophie : Nous avons isolé un certain nombre de thèmes dans les chroniques que fait Jean-Marie. La musique est partout, dans toutes les sphères de la vie, on a donc envie de creuser ce sillon très largement.

Que la musique soit là, à tous les âges et tous les moments de la vie, c’est essentiel ?

Jean-Marie : C’est un peu comme si vous me demandiez « conseilleriez-vous aux gens, quand ils sortent, de respirer ? » Pour moi, c’est aussi essentiel. Et en plus, ce n’est pas couteux. Ce n’est pas rien que ce qui peut permettre le développement soit abordable par tous. Quand on parle d’haptonomie (la discipline du « toucher affectif ». Cette méthode permet de créer, pendant la grossesse, un échange entre le bébé et les deux parents et constitue une préparation à l’accouchement) ou d’autres conditions de naissances particulières, tout le monde ne peut pas se l’offrir. Par contre, tout le monde peut chanter et peut écouter de la musique. Cela peut apporter une nourriture et une relation supplémentaire à l’enfant.

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Y-a-t-il une musique à privilégier ?

Jean-Marie : La musique classique c’est très bien, en particulier Mozart, mais si vous allez au fin fond de l’Amazonie ou au Tibet, vous comprendrez que Mozart ne sera pas forcément le premier choix. C’est l’émotion qui prime, ce n’est pas tant le caractère ou la classification de la musique en question. C’est ce qui va être véhicule d’émotion qui prend la force.

Sophie : Ce que l’on a aussi essayé de démontrer, c’est qu’il n’y avait pas des musiques pour les enfants et des musiques pour les adultes. On n’est pas obligé de cantonner les enfants ou les bébés aux compilations de musiques électroniques ou synthétiques. On l’explique dans le livre, un enfant préférera toujours une version instrumentale plutôt qu’une version électronique. On n’est pas obligé de réduire les exigences de qualités parce que c’est un petit. La grande musique ne lui est pas inaccessible.

Les fœtus sont plus sensibles à des sons plutôt qu’à d’autres ?

Jean-Marie : Ils sont plus sensibles aux basses fréquences, après, le spectre auditif de l’enfant va s’élargir au fur et à mesure de son développement et de sa croissance.

Accoucher en musique évite la souffrance ?

Jean-Marie : On chante par le diaphragme et le diaphragme exerce une poussée. Quand on chante, c’est presque comme on accouche. On sait que celles qui pratiquent le chant ont souvent des accouchements plus rapides.

Sophie : Sur notre échantillon, toutes les chanteuses nous ont dit que l’accouchement a été plus rapide et plus facile.

Pourquoi la médecine officielle ne prône-t-elle pas l’accouchement en musique ?

Sophie : C’est en train d’arriver. On a fait un chapitre sur une approche qui s’appelle « Naître enchantés ». Il y a des maternités dans le sud qui sont en train d’avoir des labels « Naître enchantés ». Le problème, c’est que c’est contraire aux côtés cartésiens des médecins. Pour que les médecins acceptent cela, il faudrait qu’ils abandonnent les habitudes qu’ils ont apprises et qu’ils se transmettent depuis des siècles. J’espère que ce livre va contribuer à ce que l’on y vienne petit à petit.

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Le 28 janvier 2016, après l'interview.

23 février 2016

Nicolas de Crécy : interview pour sa première monographie

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Nicolas de Crécy, selon Babelio : Nicolas de Crécy naît à Lyon dans une grande fratrie (qui compte notamment Etienne, DJ, Geoffroy, graphiste et Hervé, animateur). Nicolas fait partie de la première promotion de l'école de Bande dessinée des Beaux-Arts d'Angoulême, dont il sort diplômé en 1987. Il travaille ensuite pour les studios Disney de Montreuil, avant de se consacrer à la bande dessinée et de publier en 1991 son premier livre, Foligatto, sur un scénario de Tjoyas, immédiatement salué par la critique.

Suivent le premier tome du Bibendum céleste, et, avec Sylvain Chomet, la série des Léon la Came dans la revue (À Suivre), dont le deuxième tome obtiendra l'Alph-Art du meilleur album au Festival d'Angoulême 1998. Il travaille également sur le dessin animé La Vieille Dame et les pigeons (1998).

En 2003, une polémique accompagnera la sortie des Triplettes de Belleville de Chomet, des professionnels de l'animation accusant celui-ci d'avoir plagié le travail de Nicolas de Crécy.

En bande dessinée, il a exploré plusieurs pistes, avec une grande maîtrise du dessin et des scénarios complexes et ironiques : couleurs directes (Le Bibendum céleste), noir et blanc rapide (Monsieur Fruit), récit muet (Prosopopus), conte loufoque (Salvatore), autobiographie d’un dessin (Journal d’un fantôme), ou encore un album co-édité par le musée du Louvre et Futuropolis, Période glaciaire, qui obtiendra de nombreux prix…

Pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de février 2016), j'ai rencontré Nicolas de Crécy à l'occasion de la sortie sa première monographie. 

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22 février 2016

Louane, aujourd'hui l'avenir : Le livre (revue de presse, dédicaces, émissions radio, télé, web...).

louane,aujourd'hui l'avenir,biographie,interview,françois alquier,mandor

louane,aujourd'hui l'avenir,biographie,interview,françois alquier,mandorJ'ai publié le 18 février dernier, aux Editions du Moment, la première enquête sur Louane (mandorisée là), Louane, Aujourd'hui l'avenir (Fnac, Amazon, Leclerc, Decitre, Cultura... )

Voilà, ce qu'en pense des journaux qui ont lu le livre et qui m'ont interviewé :

L'Express : "Louane, aujourd'hui l'avenir, livre original sur une "artiste si fédératrice".

La Voix du Nord : Première biographie de Louane : "Un tel succès, c'est un truc qui est unique en France". 

Dans cette interview pour le magazine de la FNAC, OpenMag.(daté du mois de février 2016), je réponds aux questions qui me sont le plus souvent posées concernant cet ouvrage

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Ce qu'en dit le magazine Platine, daté du mois de mai 2016. Particulièrement bien vu.

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Quelques liens sur le sujet: 

Voici les articles avant que le livre sorte:

MusiqueMag : Louane : Aujourd'hui, l'avenir, sa première biographie.

Just Music : "Louane : Aujourdhui, l'avenir" par François Alquier.

LD People: Biographie... Sortie du livre sur la chanteuse Louane

Aficia info: Une biographie sur la carrière de Louane arrive la semaine prochaine!

Metro : 6 petites choses que vous ne saviez sûrement pas sur Louane.

louane,aujourd'hui l'avenir,biographie,interview,françois alquier,mandorEt, des articles plus contestables, des articles "people"... qui reviennent sur l'histoire du casting de Louane pour la comédie musicale de France Gall, "Résiste". Ça s'emballe!

Voici : Louane a postulé pour Résiste, la comédie musicale de FranceGall: elle a  été recalée.

Télé Loisirs: France Gall l'a recalée aux castings de sa comédie musicale Résiste!

Non Stop People : France Gall l'a recalée de sa comédie musicale

Star Actu : Louane recalée par France Gall pour Résiste

Public : Louane s'est fait recaler par France Gall de la comédie musicale Résiste.

DNA :"Résiste" : Louane recalée par France Gall.

Le Dauphiné : "Résiste" : Louane recalée par France Gall.

TF1 : Louane recalé par France Gall pour Résiste.

Le Journal des femmes : Louane, recalée par France Gall.

Le Figaro : Louane "recalée" par France Gall sur le casting de Résiste.

Gala : Louane, trop connue pour "Résiste" de France Gall.

BFM TV : Louane écartée de la comédie musicale Résiste par France Gall.

20 Minutes : "Résiste" : France Gall a recalé Louane au casting de la comédie musicale.

La Voix du Nord : Louane recalée par France Gall pour "Résiste" : "Elle n'avait pas besoin de ce que je voulais apporter".

France Dimanche daté du 12 au 18 février 2016 :

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Et Soudain, communiqué de presse de France Gall pour démentir. Ça continue à s'emballer :

Télé 7 Jours : France Gall dément avoir recalé Louane au casting de "Résiste".

BFMTV : Louane recalée de Résiste : les excuses de France Gall.

Metro : Louane recalée de "Résiste"? France Gall a fait une grosse bourde.

Voici : France Gall est "désolée" : Louane n'a en fait jamais passé le casting pour Résiste.

Gala : Non, France Gall n'a pas recalé Louane pour Résiste.

Le Huffington Post : France Gall s'excuse d'avoir confondu Louane avec une autre chanteuse.

Stars Actu: Louane n'a pas été recalée par France Gall... qui s'excuse.

Télé Star : France Gall : elle n'a pas recalé Louane!

Public : France Gall présente ses excuses à Louane suite à un quiproquo

Femme actuelle : Louane recalée de "Résiste"? France Gall s'excuse pour la bourde.

Canal Togo : France Gall dément avoir recalé Louane au casting de "Résiste".

 

Et puis, plus que las de tout ce tintamarre inutile, je me suis décidé à répondre et dire mes 4 vérités (diplomatiquement). MusiqueMag : Tout sur la polémique avec France Gall

Comme si une polémique ne suffisait pas, une deuxième pointe le bon de son nez, toujours tirée du contexte louane,aujourd'hui l'avenir,biographie,interview,françois alquier,mandorinitial, c'est plus vendeur... Cette fois-ci, c'est Didier Varrod qui ne veut pas diffuser Louane sur France Inter

Gala : Louane Blacklistée de France Inter

Public : Louane : France Inter refuse de diffuser sa musique !

TF1: Le directeur artistique de France Inter pas tendre avec Louane

7 sur 7 : "Louane n'a pas de crédibilité artistique"

Il est vrai que ce livre m'a apporté de bonnes et de mauvaises surprises...

La mauvaise (non, je ne cache rien, c'est arrivé et ça m'a bien foutu les boules): 

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Et la bonne (comme quoi, le public s'en fout des tweets!): 

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Les choses se sont tassées, il y a eu des articles "normaux" et objectifs, de ce type.

Le site Nos Enchanteurs (et l'avis à la fois dur et bienveillant du journaliste Michel Kemper qui m'importait beaucoup). 

L'écho du Pas-de-Calais:

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Le Matin Dimanche (l'unique journal dominical de suisse romande):

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Glossy (numéro de l'été 2016).

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Ce livre m'aura permis de participer à quelques émissions et interviews radios et télés.

A la radio, sur RTL, les très sympathiques Thomas Hugues et Sidonie Bonnec m'ont accueilli 20 minutes dans l'émission La Curiosité est un vilain défaut du 22 février 2016. Le podcast est là! (cliquer sur "Le phénomène Louane").

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Sur France 3 Nord Pas-de-Calais, j'étais l'invité du 19/20 le 13 février 2016 (en duplex de Paris) et du 12/13 le 26 février 2016 (en direct des studios de Lille).

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Dans l'émission de Christophe Caron, Le Mag'Musique, sur IFDM (la première radio du Val d'Oise), le 24 février 2016.

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Dans 90 min people présenté par Clothilde Gagnon, sur Non Stop People (chaîne de Canal Sat), le 16 mars 2016.

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Dans l'émission La Fringale culturelle présenté par Christophe Mangelle, le 17 mars 2016. La première partie de l'émission est visible et la seconde ici

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Dans l'émission HPy Hour sur le site HPY TV (Tarbes-Lourdes-Pau), la télé des Hautes-Pyrénées, le 9 avril 2016. Emission animé par Steeve avec Virginie Ricaud et Elodie. L'émission est visible ici

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Dans l'émission de Jacky sur IDF1, le JJDA, le 12 mai 2016. Moment de gloire à voir ici (à partir de 14'25'').

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Et le deuxième invité de l'émission, Boris Bergman, l'un des plus grand parolier français.

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Dans l'émission animée par Olivier Monssens et Ronan ChastellierC'est tendance, en direct sur Sud Radio, le 25 mai 2016. Vous pouvez écouter l'émission là, à partir de 6'35''.

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Le 2 juin 2016, dans l'émission Cocktail Show sur Radio Air Show, présenté par Arno Koby avec Didier Gustin (imitateur, chanteur et comédien), Hanna Castera (Chanteuse, comédienne) et moi (interrogé par Olivier Vadrot). Emission que vous pouvez écouter ici

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Le dimanche 5 juin dans les nocturnes de Légende FM animé par Benoît Quiviger (responsable support, direction technique à RTL) et Laetitia Augonnet.

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J'ai aussi fait quelques signatures dans des librairies et dans des salons du livre.

Ici à la Librairie du Hérisson à Montargis, le mercredi 23 mars 2016. On en parle ici

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(Avec la libraire, Stéphanie Hérisson Delattre).

Là, à la librairie de l'Espace culturel Leclerc de Moiselles, le samedi 26 mars 2016.

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(Un après-midi avec ma fille Stella, à qui ce livre est dédié).

Là, le salon idéal quand on sort un livre comme le mien. Le Salon du Livre et de la Chanson de Randan, les 2 et 3 avril 2016.

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Je vous jure que cette scène est vraie... 

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Le dimanche matin, dans le journal La Montagne.

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Un autre Espace Culturel Leclerc, celui du centre commercial Le Méridien à Ibos (à côté de Tarbes), le 21 mai 2016.

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01 février 2016

Martin Winckler : interview pour Abraham et fils

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Le médecin écrivain, outre ses romans publie régulièrement sur son blog d’opinion, des articles sur la contraception et la gynécologie mais aussi sur la radio et la télévision ainsi que sur ses lectures. A l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Abraham et fils, j’ai interviewé Martin Winckler, pour Le magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de février 2016). Et quand on habite en France, interviewer Martin Winckler, ça se passe par téléphone, par mail… ou par Skype.

Avec l’aide logistique et technique de ma fille de 10 ans, j’ai donc fait ma première interview Skypienne (merci Stella).

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Martin Winckler, en direct du Canada. 

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Pendant l'entretien, par Skype, le 16 janvier 2016.