Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11 juin 2018

Pic d'Or 2018 : explications, bilan et photos!

29571093_1882857378413816_8643580181003665005_n.jpg

IMG_3153.JPG« Ces dernières années ce tremplin né à Tarbes il y a plus de trente ans, s’est fait un nom dans le paysage de la musique indépendante en général et de la chanson française en particulier. Le Pic d’Or fait découvrir aux professionnels et au public, des artistes s’exprimant en français sans distinction de genre (acoustique, électro, urbain ou amplifié). Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des principaux tremplins francophones. Des professionnels venus d’horizons divers : presse nationale, programmateurs de festivals, de salles et de radios, s’y retrouvent en quête de nouveaux talents », explique le dossier de presse.

Depuis 2011, une nouvelle équipe a pris la direction du Pic d’Or, présidée par Corinne Labat. Pour l’édition 2018, près de 300 dossiers ont été reçus (100 de plus que l'année dernière) et 23 ont été retenus. Une fois de plus, la sélection révèlent des artistes éclectiques, originaux et modernes (que vous pouvez découvrir ici).

soundcloud-2018.jpg

Cette année le cru était exceptionnel (comment ça j'ai déjà dit ça l'année précédente?):

Alysce (mandorisée), Arash Sarkechik, Baptiste Braman, Benjamin Conte (mandorisé), Centaure, Claire Faravarjoo, Coloris, Esparto, Gervaise, (mandorisée), Lombre, Massy Inc, Nirman, (mandorisé), Thelma, Thibault Eskalt, Julien Estival, Lembe Lokk (mandorisée), Livia (mandorisée), Ravages, Romain Provence, Siau (mandorisé dans une autre vie musicale), Woondor,(mandorisée aussi dans une autre vie musicale, mais comme cette artiste fort talentueuse n'a pas dévoilé sa vraie identité, je respecte cet anonymat,...donc, pas de lien), Zoé Simpson (mandorisée) et The Rodeo (chanteuse qui s'est désistée au dernier moment). 

Voici les lauréats de cette année:

Pic d'Or : Lombre

Pic d'argent : SiAu

Prix du texte : Nirman

Prix de la Musique : Zoé Simpson

Prix d'interprétation et Magazine FrancoFans : Centaure

Prix du public et du Cartel Bigourdan : Gervaise

Prix de la créativité décerné par l'Académie Charles Cros : Lembe Lokk

Je suis membre du jury depuis 7 ans et chaque année, j'écris ma note sur le Pic d'Or (voir làlà, et .) Je vois passer sous mes yeux de formidables artistes, dont beaucoup pourraient devenir ceux qui compteront dans les années à venir tel Radio Elvis, Pic d’Or 2014 et vainqueurs aux Victoires de la Musique 2017 dans la catégorie "Album Révélation" et Caruso, Pic d’argent 2016 qui vient de signer chez Barclay et qui écrit des chansons pour de nombreux artistes comme Louane (dont il fait actuellement la première partie de la tournée des Zenith). Quant à Dani Terreur, Pic d’Argent 2017, il a rejoint le label AT(h)ome en mars 2018 et prépare la sortie son 1er album.

Mais bien d’autres artistes passés par le Pic d’Or ont largement le niveau pour en faire autant. Après, on  peut contester les choix des jurés, un tremplin ne sera jamais totalement juste et sera toujours sujet à controverse. Mais personne ne pourra contester l’intégrité de tous, de l’organisation au jury. Un seul but : choisir avec le cœur et en notre âme et conscience. 

Quelques jours avant le Pic d'Or  (en l'occurrence le 15 mai dernier), il y a la traditionnelle conférence de presse au Théâtre des Nouveautés en présence de l'équipe organisatrice et Gérard Trémège, maire de la ville, qui a salué un "événement qui grandit et qui participe à la notoriété nationale de Tarbes"

201805211559-full.jpg

De gauche à droite, Céline Boisseau-Deschouart, adjointe Culture et Musées, Marie Cruzel, Gérard Trémège, maire de Tarbes,  Corinne Labat, présidente du Pic d'or,  Corinne Daunez et Eric Kieser.

Cette année, l'évènement, c'est aussi le parrainage d'un grand monsieur de la chanson française, la bête de scène, Cali

Vendredi 25 mai 2018:

Une partie de l'équipe de Tarbes en scène, (de gauche à droite, Olivier, Jean-Marc, Laurent et Cyrille) qui fait chaque année un travail de dingue pour que la technique soit la plus irréprochable. Chapeau à eux!

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot158-web.jpg

(Photo : Nöt)

Toute la journée du vendredi, les membres du jury assistent aux auditions des candidats sélectionnés. A l’issue des auditions, il y a une première sélection pour la demi-finale du soir et ensuite pour la finale du lendemain soir.

A propos, petite présentation du jury 2018:

Le président Arnold Turboust (compositeur, auteur), Annie et Alain Navarro (Festival Pause Guitare), Dominique Janin (Fédération des festivals de chanson francophone), Patrice Demailly (Libération, RFI Musique), Caroline Guaine (Mégaphone Tour), Thierry Dupin (France Inter), Thierry Lecamp (Agent artistique), Stéphanie Berrebi (FrancoFans), Jean-Marc Vaudagne (Académie Charles Cros), Olivier Bas (Studio des Variétés), Isabelle Young (France Bleu Béarn) et bibi (Les chroniques de Mandor).

Les jurés... toujours en pleine réflexion dans le foyer Yvette Horner. Au fil des années, nous avons créé des amitiés très fortes et nous avons tous beaucoup de respect les uns envers les autres. Ce qui n'empêche pas quelques séances houleuses (bien vite oubliées), parce que nous sommes tous des passionnés... et les passionnés s'emportent pour ce qui leur importe. 

IMG_3200.JPG

Retour sur la scène du Théâtre des Nouveautés pour annoncer les demi-finalistes retenus pour les auditions du soir.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot148-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot149-web.jpg

(Photo: Nöt)

Petite photo souvenir du jury 2018 pour La Nouvelle République des Pyrénées. De gauche à droite : Isabelle Young, Annie Navarro, Jean-Marc Vaudagne, Caroline Guaine, Patrice Demailly, Stéphanie Berrebi, Arnold Turboust, Dominique Janin, Olivier Bas et Thierry Lecamp.

IMG_3207.PNG

Voici en photos les demi-finalistes :

Coloris:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot005-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot006-web.jpg

(Photo : Nöt)

Massy Inc: 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot010-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot013-web.jpg

(Photo : Nöt)

Thelma :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot022-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot017-web.jpg

(Photo : Nöt)

Arash Sarkechik:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot025-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot028-web.jpg

(Photo : Nöt)

 Siau :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot031-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot033-web.jpg

(Photo : Nöt)

Thibault Eskalt:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot043-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot038-web.jpg

(Photo : Nöt)

Zoé Simpson :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot048-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot051-web.jpg

(Photo : Nöt)

Livia :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot062-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot059-web.jpg

(Photo : Nöt)

Pendant ce temps-là, alors que les demi-finalistes continuent à se produire, ceux-qui sont déjà passés méditent dans les loges. Comme  par exemple Zoé Simpson...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot004-web.jpg

(Photo : Nöt)

...ainsi que SiAu et Arash Sarkechik.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot003-web.jpg

(Photo : Nöt)

Ici, SiAu et le turbulent Axel Legrout, chanteur des For The Hackers (Pic d'or 2017).

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot053-web.jpg

(Photo : Nöt)

Les deux Thelma...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot141-web.jpg

A la sortie des loges, la présidente du Pic d'Or, Corinne Labat, et deux membres très actifs (et éminents) de l'association qui organise le tremplin, Eric Kieser et Marie Cruzel.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot052-web.jpg

(Photo : Nöt)

A la billetterie, deux bénévoles du Pic d'Or, les souriantes et efficaces Jackie Duflots et Marie-Christine Huin.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot176-web.jpg

En attendant son tour, Romain Provence (une voix tout à fait étonnante et un charisme qui n'a pas laissé grand monde insensible) pose pour le photographe officiel du Pic d'Or, Nöt (dont vous pouvez admirer le travail ici)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot196-web.jpg

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot197-web.jpg

Continuons avec les artistes en pleine audition...

Nirman:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot067-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot070-web.jpg

(Photo : Nöt)

Alysce:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot074-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot072-web.jpg

(Photo : Nöt)

Romain Provence :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot078-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot076-web.jpg

(Photo : Nöt)

Lembe Lokk:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot083-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot086-web.jpg

(Photo : Nöt)

Gervaise :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot090-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot095-web.jpg

(Photo : Nöt)

Claire Faravarjoo:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot102-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot107-web.jpg

(Photo : Nöt)

Lombre:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot110-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot113-web.jpg

(Photo : Nöt)

Centaure:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot124-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot127-web.jpg

(Photo : Nöt)

Les membres du jury sont allés délibérer une nouvelle fois, celle fois-ci pour décider qui ira en finale le lendemain. (Pas de photos).

Pendant ce temps-là, Centaure a considéré qu'après l'effort s'imposait le réconfort... avec deux For The Hackers (Pic d'or 2017).

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot155-web.jpg

(Photo : Nöt)

En attendant les résultats, Dani Terreur (Pic d'argent 2017) s'est produit pour faire patienter le public et présenter des nouveaux morceaux. Superbe prestation!

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot147-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot135-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot136-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot138-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot140-web.jpg

(Photo : Nöt)

Après délibérations, les 9 finalistes retenus sont : Coloris, SiAu, Zoé Simpson, Dimitri Nirman, Romain Provence, Lembe Lokk, Gervaise, Lombre et Centaure. Bravo aux autres candidats qui n'ont pas démérité. A l'issue de la soirée, petites discussions entre artistes et membres du jury. Ici, Lembe Lokk avec Arnold Turboust.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot160-web.jpg

(Photo : Nöt)

Alysce avec Alain Navarro (je crois).

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot161-web.jpg

(Photo : Nöt)

Benjamin Conte et moi.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot164-web.jpg

(Photo : Nöt)

Claire Faravarjoo et David Garnier (des For The Hackers).

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot133-web.jpg

Lombre "cerné" par Thierry Dupin et Patrice Demailly.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot166-web.jpg

(Photo : Nöt)

 Samedi 26 mai 2018:

Le deuxième jour est plus "tranquille". En attendant la finale du soir, l'organisation du Pic d'Or propose toutes sortes d'activités aux membres du jury, disons en clair qu'il y a un déjeuner qui n'a rien à voir avec le régime Dukan (ceci n'est pas un placement de produit). Nous voici donc cette année à Hautacam. 

Olivier Bas décide de tenter de marcher sur l'eau, tel Jésus devant la foule médusée. 

33848042_2022698344406963_5611100036050976768_n.jpg

Pas de doute, c'est criant de vérité. Bravo Olivier! Impressionnant vu du ciel.

IMG_3208.JPG

Tout le jury est là, sans exception.

IMG_3256.JPG

IMG_3257.JPG

Enfin l'heure des agapes (qui n'avaient pas grand chose de religieux, je le confesse). Il paraîtrait que certains jurés, de très bons professionnels, seraient aussi de bons vivants (il paraîtrait).... Olivier Bas (après avoir marché sur l'eau, je le rappelle,) sert la garbure, ce qui n'a rien à voir.

IMG_3211.JPG

La garbure, késako? C'est une soupe typique des Pyrénées à base de choux et de pommes de terre, dans laquelle on pourra trouver aussi du confit de canard ou du jarret de porc séché. C’était le repas du pauvre et bien souvent son plat unique. La garbure était l’aliment quotidien des paysans. Elle variait d’une maison à l’autre et suivant le rythme des saisons, avec les ressources du potager et du saloir. Le principe de sa recette consiste à faire cuire longuement un assortiment de légumes et de viandes en général confites. Le secret de la garbure réside en partie dans sa cuisson. En effet, plus la garbure mijote, parfois jusqu’à plusieurs jours, meilleure elle est. Servie en potage ou en plat de résistance, la garbure peut être adaptée aux besoins de chacun. Voilà, il me semblait important de vous informer sur ce plat régional dans une chronique concernant un tremplin de chanson française. De rien.

IMG_3212.JPG

A vos marques, prêt, feu!

IMG_3255.JPG

Après le repas, Olivier Bas et moi regardons l'horizon, tout à nos réflexions philosophiques sur le sens de la vie. Evidemment.

IMG_3213.JPG

On prend l'air/on digère/on papote.

IMG_3216.JPG

On s'amuse aussi. Mais que font Annie et Alain Navarro sous l'œil hilare (l'œil hilare?) d'Olivier Bas? Pourquoi Patrice Demailly se cache-t-il derrière la porte des toilettes? Autant de questions auxquelles je n'apporterai aucune réponse ici. Tout ce qu'il se passe à Hautacam reste à Hautacam.

IMG_3225.JPG

Bon, c'est pas le tout, mais il faudrait repartir à Tarbes, il y a une finale ce soir...

IMG_3227.JPG

IMG_3228.JPG

Sur la route du retour, quelques poses pour la postérité (qui n'en demande pas tant). Jean-Marc Vaudagne, Arnold Turboust, Stéphanie Berrebi et moi sans paysage, mais avec brouillard insensé. 

IMG_3230.JPG

Les mêmes avec paysage. 

IMG_3241.JPG

Oui, Stéphanie Berrebi, c'est le paysage, on avait compris.. Merci. 

IMG_3235.JPG

Samedi 16h30. Le parrain du Pic d'Or 2018, Cali, arrive enfin à Tarbes (la veille, il était en concert en Suisse). Il commence directement avec une séance de dédicaces de son livre Seuls les enfants savent aimer à l'espace culturel Leclerc de Tarbes (partenaire du Pic d'or). 

IMG_3394.JPG

Pratiquement deux heures de signatures, avec un Cali gentil et généreux, passant pas mal de temps avec chaque personne...

IMG_3395.JPG

33778954_1828199147481862_5182814409919037440_n.jpg

33566836_1946778128688407_682928202682728448_n.jpg

Une foule patiente et heureuse de voir le chanteur si abordable. 

33676153_1946778188688401_4303745960044920832_n.jpg

IMG_3396.JPG

Pendant ce temps là, au Théâtre des Nouveautés, répétitions générales. Ici, Corinne Daunay dirigeant Corinne Labat et Patrice Demailly qui rendront hommage à la gagnante du Pic d'Or de 2016, Barbara Weldens, cruellement disparue sur scène l'été dernier. 

IMG_3261.JPG

IMG_3265.JPG

A 19h00, un cocktail est organisé pour les partenaires du Pic d'Or au restaurant de la boutique de disques Discobuzz.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot174-web.jpg

(Photo : Nöt)

Cali discutant avec la présidente du Pic d'Or, Corinne Labat.

IMG_3278.JPG

Le chanteur de Boulevard des Airs, Sylvain Duthu, est venu faire un petit coucou. 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot172-web.jpg

(Photo : Nöt)

Le maire de Tarbes, Gérard Trémège, en pleine discussion avec Cali

33902970_1828199107481866_6852049833146974208_n.jpg

(Photo : mairie de Tarbes)

IMG_3289.JPG

Clic clac Kodak! (Comment ça, ça ne se dit plus?)

IMG_3295.JPG

20h30: juste avant la finale. Deux For The Hackers parlent avec un Cali

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot175-web.jpg

Top départ! La finale peut commencer. Tout le monde est en place.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot009-web.jpg

(Photo : Nöt)

La soirée commence donc avec l'hommage à Barbara Weldens par Corinne Labat...

IMG_3296.JPG

IMG_3305.JPG

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot178-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot179-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot180-web.jpg

(Photo : Nöt)

... puis suite de l'hommage par Patrice Demailly (qui a écrit la biographie du disque de Barbara Weldens). Il a fait chialer tout le monde.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot181-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot182-web.jpg

(Photo : Nöt)

Puis une minute d'applaudissement pour la formidable interprète qu'était Barbara Weldens.

IMG_3329.JPG

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot184-web.jpg

(Photo : Nöt)

Après l'émotion, gorges serrées et larmes versées, la soirée peut commencer. Eric Bentahar, l'animateur du Pic d'Or  interroge le parrain, Cali

IMG_3331.JPG

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot185-web.jpg

(Photo : Nöt)

Cali explique tout le bien qu'il pense de ce tremplin dont il a entendu parler depuis quelques années en des termes élogieux. Il est ravi de constater sur place et de juger sur pièce. 

IMG_3335.JPG

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot186-web.jpg

(Photo : Nöt)

IMG_3351.JPG

Place aux finalistes. La soirée débute avec Centaure.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot189-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot192-web.jpg

(Photo : Nöt)

Nirman:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot200-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot202-web.jpg

(Photo : Nöt)

Lembe Lokk:

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot204-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot206-web.jpg

(Photo : Nöt)

Gervaise :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot216-web.jpg

Gervaise a pour habitude de "titiller" une personne choisie au hasard dans la salle. Sans le savoir, sa "victime" est le maire de Tarbes. Gérard Trémège s'en est bien amusé (à sa gauche, Michel Garnier, son directeur de cabinet, aussi). 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot212-web.jpg

(Photo : Nöt)

IMG_3361.JPG

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot214-web.jpg

(Photo : Nöt)

Dans le public, Cali et certains membres du jury sont très attentifs à ce qu'il se passe sur scène. 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot213-web.jpg

(Photo : Nöt)

Hop! Encore un peu les coulisses. Axel Legrout (chanteur des For The Hackers) embrasse chaleureusement Romain Provence (pour l'encourager avant sa prestation).

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot241-web.jpg

Zoé Simpson et sa team, Malcolm Crespin et Hipsta.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot210-web.jpg

Gervaise parle à... Mystère.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot226-web.jpg

Retour sur scène: Romain Provence.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot220-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot224-web.jpg

(Photo : Nöt)

Lombre :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot227-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot235-web.jpg

(Photo : Nöt)

Coloris :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot245-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot247-web.jpg

(Photo : Nöt)

Zoé Simpson :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot252-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot050-web.jpg

(Photo : Nöt)

Big up à Sandra à la lumière! Elle a fourni un sacré travail. Là, elle éclaire Siau.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot258-web.jpg

SiAu :

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot255-web.jpg

Les prestations sont terminées. Pendant que le jury délibère, les gagnants du Pic d'Or de l'année dernière, les For The Hackers, livre un show qui a fait l'unanimité. 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot279-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot283-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot288-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot289-web.jpg

Un bol d'air avant d'aller délibérer une ultime fois.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot261-web.jpg

(Photo : Nöt)

C'est parti pour 45 minutes de discussions en présence de Cali qui ne s'est pas privé pour argumenter et défendre ses choix... 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot265-web.jpg

(Photo : Nöt)

Nous nous écoutons les uns après les autres....

IMG_3367.JPG

... puis, il y a débat. Et c'est là que cela devient intéressant. 

IMG_3368.JPG

Jean-Marc Vaudagne tente de convaincre Cali et Patrice Demailly en fait autant avec moi (ou vice-versa).

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot266-web.jpg

(Photo : Nöt)

Cali s'investit totalement.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot269-web.jpg

(Photo : Nöt)

Isabelle Young, Arnold Turboust et Olivier Bas, attentifs.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot270-web.jpg

(Photo : Nöt)

Jean-Marc Vaudagne.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot274-web.jpg

(Photo : Nöt)

Thierry Lecamp, Caroline Guaine et Alain Navarro.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot276-web.jpg

(Photo : Nöt)

Patrice Demailly (dit le bogosse).

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot277-web.jpg

(Photo : Nöt)

Cali.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot278-web.jpg

(Photo : Nöt)

Enfin, les prix sont décernés. Le président du jury, Arnold Turboust, vient féliciter les artistes.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot291-web.jpg

(Photo : Nöt)

Première récompense, celle décernée par Marc Toujas de l'association du Cartel Bigourdan. Cette association a pour but de promouvoir les musiques actuelles en organisant plusieurs concerts à l'Alamzic et sur le territoire de Bagnères-de-Bigorre ainsi que le Big Bag Festival le 3ème week-end du mois de septembre. En l'occurrence cette année les 22 et 23 septembre prochain. Et cette année, c'est Gervaise qui se produira au Big Bag Festival.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot293-web.jpg

(Photo : Nöt)

Stéphanie Berrebi (du magazine FrancoFans) a décerné le Prix FrancoFans (ça tombe bien!) à Centaure. Ce qui signifie que ce groupe aura le droit à une interview dans le magazine. 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot295-web.jpg

(Photo : Nöt)

Jean-Marc Dauvagne, de l'Académie Charles Cros, à attribué le prix de la création à la chanteuse Estonienne, Lembe Lokk.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot296-web.jpg

(Photo : Nöt)

Patrice Demailly et Olivier Bas remettent le prix d'interprétation à...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot297-web.jpg

(Photo : Nöt)

Suspense!

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot298-web.jpg

(Photo : Nöt)

A Centaure, remarquable interprète en effet (et sacrée personnalité. Je suis fan.)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot299-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot303-web.jpg

(Photo : Nöt)

Dominique Janin et moi remettons le prix du texte à...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot306-web.jpg

(Photo : Nöt)

Nirman.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot307-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot308-web.jpg

(Photo : Nöt)

Caroline Guaine et Thierry Lecamp décernent le prix de la musique à...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot309-web.jpg

(Photo : Nöt)

... Zoé Simpson.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot312-web.jpg

(Photo : Nöt)

Zoé Simpson et Malcolm Crespin, heureux!

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot314-web.jpg

(Photo : Nöt)

Isabelle Young (formidable animatrice de France Bleu Béarn) et le maire de Tarbes, Gérard Trémège, remettent le prix du public à...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot315-web.jpg

(Photo : Nöt)

Le résultat a l'air d'amuser tout le monde.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot317-web.jpg

(Photo : Nöt)

Parce que c'est, justement, celle qui s'est amusée avec le maire pendant le spectacle, Gervaise qui remporte le prix. Le public ne s'y est pas trompé.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot318-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot320-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot324-web.jpg

(Photo : Nöt)

Alain Navarro et Thierry Dupin ont attribué le Pic d'argent à...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot326-web.jpg

(Photo : Nöt)

SiAu. Bravo à lui parce que ce qu'il a proposé était audacieux et magistral. 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot328-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot329-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot331-web.jpg

(Photo : Nöt)

Enfin Cali et Arnold Turboust ont annoncé le nom du Pic d'Or 2018...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot335-web.jpg

(Photo : Nöt)

...qui n'est autre que...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot336-web.jpg

(Photo : Nöt)

...l'homme que l'on applaudit à tout rompre...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot338-web.jpg

(Photo : Nöt)

...le rappeur/slameur/chanteur, Lombre. 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot339-web.jpg

(Photo : Nöt)

Son émotion était palpable (et très largement communicatif).

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot340-web.jpg

(Photo : Nöt)

Le parrain et le président félicitant/consolant le lauréat. 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot341-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot342-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot345-web.jpg

(Photo : Nöt)

La présidente du Pic d'Or, Corinne Labat, félicitant Lombre

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot346-web.jpg

(Photo : Nöt)

Nirman et Siau, bons camarades, en faisant autant. Le bonheur fait plaisir à voir.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot347-web.jpg

(Photo : Nöt)

Cali, conquit par cette édition du Pic d'Or, donne le mot de la fin.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot350-web.jpg

(Photo : Nöt)

La photo finale avec artistes, jurés, organisateurs et les essentiels bénévoles. 

IMG_3393.JPG

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot351-web.jpg

Après le spectacle,  dernières félicitations... Cali avec SiAu. Je ne vous cache pas que le parrain de ce Pic d'Or a été très impressionné par sa prestation.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot354-web.jpg

(Photo : Nöt)

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot356-web.jpg

(Photo : Nöt)

La présidente, des jurés, un parrain...

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot360-web.jpg

(Photo : Nöt)

Lombre dans les bras de la nounou (très appréciée) des candidats, Florence Cortès.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot359-web.jpg

Lombre avec Mathieu, son agent.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot357-web.jpg

(Photo : Nöt)

Ultime prestation de Lombre pour finir la soirée en beauté.

IMG_3392.JPG

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot361-web.jpg

(Photo : Nöt)

Enfin, Lombre dans les bras de son père devant sa maman, très émue. 

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot363-web.jpg

(Photo : Nöt)

Fierté des parents et fierté de l'enfant. Très touchant.

pic-d'or-2018-tarbes-c-pixbynot364-web.jpg

Fin de ce bilan. Encore une fois, merci pour tout à l'équipe organisatrice du Pic d'Or et à ses bénévoles. Un sans faute... comme d'habitude.

07 juin 2018

Richard Gaitet : interview pour Tête en l'air

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

(Photo : René Ghilini)

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandorLes Editions Paulsen publient Tête en l'air, un récit rocambolesque d'initiation à l'alpinisme, du point de vue d'un novice. Le journaliste et facétieux écrivain, Richard Gaitet, est donc le héros de sa propre histoire.

D’une plume habile et maligne, pleine de poésie et d’humour, l’animateur de l’émission culte, la Nova Book Box, juke box littéraire de Radio Nova, raconte une aventure complètement dingue (gravir le mont Blanc, rien que ça), semée d’embuches et de rebondissements. On rit (de lui) autant qu’on frémit (pour lui). Un travail d’orfèvre.

Le 20 mai dernier, sous un soleil éclatant, Richard Gaitet est venu à ma rencontre dans un bar situé à deux pas de chez lui pour une troisième mandorisation (les deux autres, voir à : L’auteur)

4e de couverture :richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

Il a survécu à l’aiguille du Midi par l’intervention d’une providentielle main au cul, hurlé de peur dans la vallée d’Aoste, gravi cinq fois de suite en courant les deux premiers étages de la tour Eiffel, descendu sans corde des échelles d’acier sur 250 mètres, découvert les joies de la tomme de Savoie au petit-déjeuner, relu Tolkien, Lionel Terray, Mary Shelley et les mangas d’Akira Toriyama, et surtout… appris le maniement du piolet afin d’aller danser sur des arêtes sommitales de 40 centimètres de large, avec 2 000 mètres de vide de chaque côté, par - 8 °C et le visage battu par des vents de 50 km/h…

Plutôt branché bouquins que bouquetins, Richard Gaitet n’avait, avant cette épopée, aucune expérience de la montagne. Novice attentif à la parole du guide le plus romanesque qui soit, René Ghilini – vainqueur de l’Annapurna et chasseur de cristaux –, il livre l’authentique et drôlissime récit d’une première ascension du mont Blanc par un blond à lunettes inexpérimenté qui, au cours de son voyage, réapprit à marcher.

L’auteur :

Né à Lyon en 1981 par une journée d’automne étincelante, Richard Gaitet est journaliste et écrivain. Depuis 2011, il anime et produit l’émission Nova Book Box de Radio Nova. Parallèlement, il est l’auteur de trois romans publiés aux éditions Intervalles : Les Heures pâles (2013), Découvrez Mykonos hors saison (2014) (mandorisé une première fois ici pour ces deux livres) et L’Aimant (2016, avec les dessins de Riff Reb’s) (mandorisé une seconde fois pour celui-ci).

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

(Photo : Richard Gaitet)

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandorInterview :

Avant de partir conquérir le mont Blanc, il y a eu beaucoup d’entraînements ?

D’abord, à Paris : chaque week-end, de la course à pied, puis monter et descendre des escaliers, pendant environ une heure et demie – avec, une fois, lors d’un dimanche improbable, toutes les marches de la Tour Eiffel gravies cinq fois de suite en courant. Puis, à Chamonix : dix jours d’entraînement extrêmement scrupuleux sous la vigilance de René Ghilini, guide de haute montagne, avec des randonnées tous les jours en augmentant petit à petit le dénivelé, la durée, la difficulté, et de la via ferrata, de la marche sur glace, pratique du piolet et des crampons, nuit en altitude… En fait, j’ai l’impression d’avoir fait le minimum. Dans le chapitre où René m’explique ce que je dois faire, tu vois bien que je n’ai pas suivi strictement le programme. J’ai pleine conscience que ce que j’ai fait, à Paris, j’aurais dû le faire deux fois par semaine.

L’été dernier, quand tu t’es lancé pour de bon dans cette ascension, il y a eu cinq fois plus de morts sur  la voie dite royale ou normale d’accès au mont Blanc.

Depuis 1990, on déplore en moyenne trois morts et huit blessés sur cette voie parcourue chaque année par environ vingt mille personnes. Là, quinze personnes ont perdu la vie, pour des raisons très variées : manque d’équipement ou d’expérience, malchance, chute de pierres... J’insiste sur le fait que chacun est libre à 200% de vivre sa vie comme il l’entend et de prendre les risques qu’il souhaite, néanmoins, il est fortement conseillé d’y aller très entraîné ou encadré par quelqu’un qui sera en mesure de fournir les enseignements nécessaires pour parvenir à aller jusqu’au bout de l’expérience.

Interview très intéressante de l'extraordinaire guide de haute montagne, René Ghilini, au sujet de Richard Gaitet et de ce livre. 

Dans ton livre, tu ne prétends pas que tout le monde peut gravir le Mont Blanc.

Non, moi j’ai été encadré par le meilleur des meilleurs des guides, René Ghilini. Il a gravi les montagnes parmi les plus périlleuses du monde. A 60 ans, c’est encore un sacré athlète avec une philosophie et un caractère pédagogique très affirmé. Il a su transmettre son savoir à un branque comme moi. C’est parce que l’on s’est bien entendu, tous les deux, que j’ai eu confiance, que j’ai réussi à me dépasser. Il a su me motiver.

C’est un personnage de film, ce type-là !

Tout à fait. Il a 1000 vies. Très grand alpiniste, chasseur de pierres précieuses, un des concepteurs des parcs Accrobranches en France, photographe, qui a aussi été chargé de veiller sur Gérard Depardieu quand il avait 19 ans, lors d’un tournage... Contrairement à la majorité des guides de haute montagne qui sont plutôt des gens taiseux, René est un homme joueur, espiègle, bavard, charmeur… Quand on y  pense, la maison d’édition a envoyé un citadin comme moi dans les pattes de ce cow-boy. Sa nature a nourri le livre d’un sentiment de vitalité qui est extraordinaire.

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

Richard Gaitet (au premier plan) et René Ghilini (photo : Richard Gaitet)

Il t’a jugé/jaugé en quelques secondes.

Il a tout compris de moi en trois minutes. Je vais te faire une confidence. Lors de notre première rencontre, j’ai fait quelque chose que j’ai déjà observé chez un certain François Alquier : poser les bonnes questions. Faire de bonnes interviews, ça permet aux gens de se rencontrer. Le premier chapitre le concernant est le fruit d’une interview de trois heures  qu’il m’a accordé chez lui. J’avais cinq pages de questions. A la fin des trois heures d’entretien, il s’est dit : « je ne sais pas ce qu’il vaut sur une montagne, en tout cas, je vois qu’on peut se parler et qu’il est attentif ». Le lendemain, il m’a emmené faire un « kilomètre vertical » : mille mètres de dénivelé, bien raides, pour voir si je parvenais à trouver mon chemin sans indication particulière. Il a considéré que je me débrouillais pas mal sur une pente, que mon rythme n’était pas mauvais. Et s’est dit qu’il pouvait tenter de me faire vivre cette aventure.

As-tu souvent douté du bien-fondé de ce projet ?

J’ai douté à fond de mes capacités et de mes possibilités de réussir jusqu’à la veille de l’ascension. Mais, au fur et à mesure, après une première tentative qui a dû être annulée à cause d’une météo très capricieuse et d’un risque élevé de chutes de pierres sur la voie, mes compétences ont légèrement augmentées, sur la glace je me cassais moins la gueule, je pouvais enquiller le dénivelé sans être exténué… Dans le regard de René, j’ai vu qu’il y croyait de plus en plus. Je me dis que ce n’est pas sans risque, mais que je pouvais m’en sortir.

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

René Ghilini (photo : Richard Gaitet)

Mais si ça ne l’avait pas fait, tu aurais réagi comment ?

J’aurais été très déçu parce que le livre n’aurait pas eu la même gueule. Le récit d’une aventure qui ne marche pas, c’est moins enthousiasmant… Mais pas forcément moins intéressant sur le plan littéraire et introspectif, ceci dit.

La maison d’édition avait envisagée cette possibilité ?

A demi-mot. En tout cas, il n’était pas question, je crois, que j’y retourne une troisième fois.

Le fait qu’il y ait un livre au bout de cette expérience, ça doit beaucoup aider à trouver la force de parvenir au but.

Ça change tout. Ça aide le mental, c’est sûr. Tu es en train de vivre quelque chose que tu vas devoir consigner et que tu sais que ça va sortir dans une maison d’édition sérieuse et réputée. Ce n’est pas juste toi qui tente de te dépasser, il y a un contrat qui est signé et il faut aller jusqu’au bout.

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

(Photo : Richard Gaitet)

Quand il se passe des choses pas faciles, tu peux te consoler en te disant que ce seront de bonnes pages dans ton livre.

Toutes les emmerdes donnent du relief au livre, tu as raison. Il n’a jamais été question de ne pas parler de la première fois qui n’a pas marché parce que cela fait partie intégrante de l’aventure. Ça permet d’expliquer que, quoi qu’il arrive, c’est la montagne qui décide. C’est elle qui dit « Non, là, il fait trop chaud, il y a des pierres qui tombent, il y a des blessés, c’est une saison pourrie, si tu veux continuer à tenter ton aventure, tu reviens la saison prochaine. » Le livre a pris un an de retard, mais ce n’est pas grave.

Que représente René Ghilini pour toi ?

Nous avons eu un rapport de maître à disciple. J’ai suivi avec humilité son enseignement. Ma vie était entre ses mains.

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

René Ghilini (photo : Richard Gaitet)

Tu as beaucoup souffert?

Oui, mais jamais de manière insurmontable.

Quel est le moment où tu as le plus peur ?

C’est la scène d’ouverture du livre. La perte d’équilibre sur l’arête de l’aiguille du Midi. René m’a imposé cela pour voir comment je réagis au vertige, au vide et à l’effort soutenu. 

Il y a dans ton livre beaucoup de références à des écrivains qui ont écrit sur l’alpinisme. Tu as lu ces livres avant de partir vivre cette aventure ?

J’ai beaucoup lu avant et pendant. Après aussi. J’ai écrit mon livre en neuf mois. J’ai continué à lire des ouvrages de montagne ou des récits d’alpinistes pour rester dans le bain. Je voulais que mon livre soit aussi agréable à lire pour des gens qui ne connaissent rien à la montagne que pour des gens qui sont professionnels ou familiers de cette activité.

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

Richard Gaitet en plein effort dans un décor somptueux (Photo : René Ghilini)

Tu es revenu changé ?

J’ai découvert que je pouvais aussi envisager des aventures physiques. J’entreprends beaucoup de choses, j’ai toujours plusieurs projets sur le feu, je suis assez actif, mais ce sont des choses qui sont plutôt intellectuelles. Là, je sais que je peux mettre en jeu mon corps. Je sais que j’ai une certaine résistance physique. Je suis moins peureux que ce que j’imaginais, donc j’ai plutôt envie d’intégrer ça à d’autres livres. J’ai découvert une extension de mes possibilités. Tu peux être généreux, voire exigeant sur la langue, travailler le style, faire des recherches et s’appuyer sur une expérience du corps extrêmement intense. Utiliser la tête et les jambes, c’est un endroit de littérature qui est magnifique.

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

Richard Gaitet (photo : René Ghilini)

Aujourd’hui, tu continues le sport ?

Je pensais que j’allais parvenir à maintenir une certaine hygiène de vie, mais en toute franchise, je n’y parviens pas. J’essaie de courir toutes les trois semaines, mais c’est un peu laborieux. J’ai la flemme de m’y remettre. Ma malédiction, c’est que j’aime beaucoup trop la bière et le jambon. Je suis un bon vivant.

René Ghilini a-t-il lu le livre ?

Après mes éditrices, il a été mon premier lecteur. Son avis était le plus important pour moi. Il l’a lu hyper attentivement. Il m’a appelé un soir et il m’a dit : « Ça roule ma poule ». Il était très content. Il m’a juste fait quelques remarques hyper précises. J’ai parlé de calcaire à propos d’une paroi, il m’a dit que c’était du granit, des trucs dans ce genre… il m’a précisé qu’il y a des choses qu’il n’aurait pas racontées comme moi, mais il n’y a aucune erreur technique, ni erreur factuelle.

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

Richard Gaitet au sommet du Mont Blanc. Mission accomplie! (Photo : René Ghilini)

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandorQuel est ton prochain projet ?

Début juillet, avec quelques amis écrivains (dont la plupart sont certainement dans cette mandorisation), nous allons refaire intégralement, à pied, la seconde fugue d’Arthur Rimbaud.

Rappelons qu’au début d’octobre 1870, alors qu’il va sur ses 16 ans, Rimbaud fuit sa ville de Charleville et une mère étouffante et prend la direction de Charleroi, en Belgique, à travers la forêt des Ardennes. Seul !

Voilà. Nous, on part de la maison de Rimbaud le 2 juillet et on a pour objectif de marcher 111 kilomètres pour aboutir à Charleroi en longeant la Meuse et en suivant au plus près le trajet de cette fugue. Ce serait beau d’écrire un livre collectif sur cette promenade. Il y aura aussi avec nous cinq personnes de Radio Nova pour prendre un maximum de son. L’idée est d’en faire un feuilleton radiophonique qui sera diffusé pour la reprise de la Book Box en septembre. L’aventure est ouverte aux auditeurs. Si vous n’avez rien de mieux à faire du 2 au 7 juillet, venez marcher avec nous !

richard gaitet,tête en l'air,paulsen,interview,mandor

Le 20 mai 2018, après l'interview. #soleildanslesyeux #mercifrançois

21 mai 2018

Franck Thilliez : interview pour Le manuscrit inachevé

unnamed.jpg

franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandorAvis aux amateurs d’énigmes et de thrillers habilement ficelés, le nouveau Franck Thilliez est sorti. Quoi de plus mystérieux qu’un roman dont on vous annonce dès les premières pages qu’il n’a pas de fin ? Dans son 17e thriller, Thilliez se joue du livre, des lecteurs et s’amuse avec les mots et les énigmes tout en nous proposant une intrigue de haut-vol. 

Pour Le magazine des loisirs culturel Auchan (daté des mois d'avril et mai 2018), j'ai rencontré l'auteur dans un café parisien, el 26 mars dernier. Voici le fruit de notre heure passée ensemble + le bonus mandorien. 

(Ici, sa première mandorisation en 2011).

4e de couverture :franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

Une enquête sans corps. Une défunte sans visage. Un thriller sans fin.

Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. A la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule. Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lien, l’Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l’enlèvement de sa fille Sarah. L’agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre années écoulées.   Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d’autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l’unique vérité est que tout vous devient étranger.

unnamed 1.jpg

unnamed 3.jpg

unnamed2.jpg

franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandorBonus mandorien :

En n’évoquant dans tes livres que des gens dont l’âme humaine n’est pas reluisante, les vois-tu de manière très sombre ?

On a tous une partie sombre au fond de nous. Tous les gens qui sont dans ce café avec nous ont ça en eux. Ils ne vont pas l’exprimer devant nous, mais ils vont l’exprimer d’une manière ou d’une autre ailleurs, à un certain moment de leur existence. Je ne dis pas que tout le monde est pourri et que tous les gens sont mauvais. Ceux qui le sont ne sont pas forcément des gens que l’on trouve dans les bas-fonds, ils peuvent faire partie des hautes sphères politiques, de la haute hiérarchie d’une entreprise. J'ai lu qu'il y a 10% de psychopathes chez les grands patrons,  c’est hallucinant. Et ils font beaucoup de dégâts.

Parallèlement à la sortie du Manuscrit inachevé, Sharko vient de ressortir en poche. franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

Quand j’ai rendu le manuscrit, je pensais ne jamais écrire un livre mieux que celui-ci. Lucie Henebelle et Franck Sharko, mes deux flics du 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, ont fortement déconné. En dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, Lucie a tué un homme. Pour la protéger, Franck a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d’être confiée au 36, car l’homme abattu n’avait rien d’un citoyen ordinaire. Il a fallu lui inventer une mort à sa mesure. Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l’enquête et s’enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine.

Reprendre un personnage récurent est compliqué ?

Oui, parce qu’il faut être à la hauteur des livres précédents.

Pourquoi tes livres sont volumineux ?

Comme il y a beaucoup d’intrigues tordues, complexes, qu’il y a toujours deux points de vue, j’ai besoin d’au moins 500 pages. Il faut trouver des rebondissements à chacune d’elle pour que le lecteur ait envie de continuer  à lire.

franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

Pendant l'interview...

Tu es considéré comme le maitre du polar français. Tu le vis comment ?

Je le prends avec beaucoup de recul. Tous les jours, quand je suis devant mon bureau, je me dis que c’est une chance incroyable. Depuis La chambre des morts, les choses sont allées au fur et à mesure. Maintenant, je sais que les gens achètent le nom, pas forcément le livre. C’est bien d’en arriver là. C’est un sacré gage de confiance, mais si les gens sont déçus par l’histoire que je leur raconte, ils sont déçus par moi, pas par le livre. Ça change la donne.

Pourquoi sors-tu un livre tous les ans, à la même période.

C’est mon rythme. Je travaille tous les jours de 8 heures à 17h, sauf le week-end, comme la plupart d’entre nous. J’adore écrire, mais j’aimerais bien ne pas le faire un certain temps. Le rendez-vous annuel est parfait pour être là, pour exister. La complexité est dans l’épuisement des idées. A peine je termine un livre, je dois enchainer avec le suivant… et des idées neuves. Pour cela, mon cerveau est perpétuellement en éveil. J’ai la passion de l’écriture, quand je ne l’aurai plus, je ne suis pas certain de pouvoir continuer. Pour le moment, en tout cas, je suis toujours très motivé.

franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

Après l'interview, le 26 mars 2018.

franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

19 mai 2018

Thomas Chaline : interview pour Alain Souchon, la vie en vrai et Indochine, la véritable histoire

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

Thomas Chaline fait partie d’une nouvelle génération de biographe. Il est jeune et écrit aussi bien sur des nouveaux artistes comme Tal et Zaz (je l’avais d’ailleurs mandorisé pour cette biographie) que sur des « monstres » de la chanson française comme Souchon et Indochine (les deux chez City Editions). C’est d’ailleurs ces deux derniers qui nous intéressent aujourd’hui. Pour en parler, j’ai reçu l’auteur le 12 avril dernier chez moi.

Les livres :

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandorAlain Souchon, la vie en vrai :

Éternel adolescent, rebelle tranquille et nostalgique… Alain Souchon promène sa silhouette dégingandée sur les scènes françaises depuis plus de quarante ans, enchantant des générations de fans avec des tubes inoubliables, de J’ai dix ans à La ballade de Jim ou Allo maman bobo. Qui aurait deviné que cet homme fragile, doutant toujours de son talent, ferait une carrière aussi exceptionnelle ? Obscur chanteur de la Rive gauche parisienne, Alain Souchon lui-même ne croyait pas en sa bonne étoile. Il aura fallu dix ans de galère et la rencontre décisive avec son alter ego Laurent Voulzy pour que tout change. L’auteur de cette biographie est parti sur les traces d’un artiste unique. Un homme secret qui, dans ses chansons, raconte nos vies pour mieux dissimuler la sienne. Un homme authentique, simple et sensible. Vrai.

Alain Souchon intime : la biographie d’un artiste authentique.

Indochine, la véritable histoire : thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

Bientôt quarante ans... Indochine est le seul groupe de rock français à avoir su traverser les époques et les modes en touchant de nouvelles générations de fans. Des débuts confidentiels au Rose Bonbon jusqu’aux gigantesques concerts du Stade de France, Indochine a tout vécu. Adulé dans les années 80, détesté dans les années 90, avant de renaître triomphalement dans les années 2000, Indochine a un parcours incroyable, unique. Grâce à un homme: Nicola Sirkis, dont l’envie et l’énergie n’ont jamais faibli, malgré les difficultés, les doutes, les trahisons et les tragédies. C’est cette exceptionnelle saga musicale que l’auteur nous fait vivre, notamment à travers des entretiens inédits. L’histoire d’un groupe entré dans la légende et qui n’a pas fini de faire parler de lui…

De L’Aventurier à 13: dans l’intimité du groupe culte.

Interview :

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

Première partie : Alain Souchon.

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandorAlain Souchon, tu l’aimais bien à la base ?

J’adorais quand j’étais ado, entre 15 et 18 ans. Après il s’est absenté pas mal d’années, de 1999 avec l’album Au ras des pâquerettes à 2005 et La vie Théodore, donc je suis passé à d’autres artistes entre temps.

Avant d’enquêter sur lui, j’imagine que tu te disais qu’il était un personnage intéressant…

Pour sortir des textes comme les siens, forcément, il faut avoir du fond derrière et une histoire. Il y a une grande sensibilité chez Souchon. Quand on regarde son parcours, on se dit qu’il revient de loin. Son enfance n’a pas été facile.

Tu racontes l’accident de voiture dont il a été victime. Il a perdu son père et sa mère et son frère ont été grièvement blessés… c’est atroce.

On est en 1959. L’ambulance part avec sa famille et lui il rentre en stop. C’est vraiment du Zola. Aujourd’hui, au moindre accident, il y a une cellule psychologique et c’est tant mieux. Lui, à l’époque, à 13 ans, on le laisse seul. Il a été évidemment marqué par cet évènement.

Tu expliques dans le livre qu’il lui a fallu bien du temps pour être sûr de son talent. Il était dans le doute permanent.

C’est un anxieux de nature. Michel Cœuriot, son réalisateur et arrangeur, m’a confié qu’en studio, Souchon n’est jamais confiant, mais qu’il assure en une prise de voix ce qu’il a à faire. Il connait de jeunes artistes imbus d’eux-mêmes et trop sûrs d’eux avec lesquels c’est la croix et la bannière pour travailler.

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

En 1985 à Nostalgie Montpellier.

Alain Souchon a toujours cru que le succès n’allait pas durer.

Comme il avait mal démarré dans la vie, il se disait qu’il n’aurait jamais de chance. Pendant très longtemps, il a considéré qu’il était à la mode à un  moment donné, mais que ça allait s’arrêter.

Et aujourd’hui, il pense quoi de sa carrière ?

Il est toujours aussi humble. Il prend tout ça avec beaucoup d’humilité. Il a en tête ses maîtres comme Brassens ou Ferré. Pour lui, il n’a jamais atteint ce niveau-là. Je ne sais pas s’il a conscience de l’importance qu’il a dans la chanson aujourd’hui.

En écrivant cette biographie, tu as appris des choses que tu ne savais pas ?

Je soupçonnais ce côté très anxieux qu’il a sous son éternel allure d’enfant perdu sous sa bulle, mais pas à ce point. J’ai aussi compris que pour exorciser ou oublier un peu les drames qu’il a vécus, il s’est réfugié dans la poésie, la littérature et la création. Ça l’a sauvé. 

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

Parle-moi de l’amitié Souchon-Voulzy.

Ils sont copains, mais sans plus. Ils ont toujours eu besoin l’un de l’autre professionnellement, mais c’est tout. Voulzy a quand même déclaré après leur tournée commune il y a deux ans que ça ne les avait pas rapprochés. Ils se sont rendu compte de leurs différences. Ils n’avaient pas la même vision artistique. Voulzy voulait faire les Zénith, Souchon les théâtres. Souchon voulait une formation réduite, Voulzy voulait sortir la grosse artillerie. Finalement, contrairement à ce que prétend la légende, ils ne se voyaient pas beaucoup sauf pendant les périodes de travail. Ils partaient en Bretagne ou sur la côte d’azur trois semaines et ils bossaient. Ils savent ce qu’ils se doivent l’un et l’autre, ils ont ce lien très fort, au-delà de ça, ce ne sont pas les prétendus meilleurs amis du monde. 

Quand tu écris un livre sur Souchon, tu écoutes du Souchon ?

Tout à fait. J’ai besoin d’être dans son univers. Quand on connait sa vie, ça lève le voile sur beaucoup de textes. Il sait traduire la faiblesse et la sensibilité des hommes comme personne.

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

Charles (Ours), Alain et Pierre Souchon.

J’ai l’impression qu’actuellement, il met en avant ses enfants, comme s’il voulait passer le relais.

Il a 74 ans cette année, ses enfants ont la quarantaine. Il a toujours dit qu’il ne voulait pas que le public le vire, mais qu’il préférait partir de lui-même. Alors, c’est vrai qu’en ce moment, avec notamment le troisième volet du Soldat Rose signé Alain, Charles (Ours) et Pierre Souchon, il les porte plus qu’à l’accoutumée. Ces enfants ont beaucoup de talents, c’est indéniable, et je trouve que c’est bien qu’il agisse ainsi. Je crois qu’il passe le relais tranquillement. 

C’est un mec bien Alain Souchon ?

J’en suis convaincu. Il a comme nous tous ses défauts, il ne faut pas non plus l’idéaliser. Même si il a un petit ego, il vit très tranquillement et normalement.

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

En juillet 2005, à l'hôtel Régina (Paris)

Comment expliques-tu son succès ?

Les blessures amoureuses, les amours platoniques, les regrets, le mal être… ce sont des choses que tout le monde vit. Il a le courage de mettre tous ces thèmes en chansons. De plus, ses mots sont bien portés par la musique de Voulzy et la réalisation de Michel Cœuriot. Sa popularité vient aussi du fait qu’il parait très léger. Il arrive sur un plateau comme s’il arrivait dans sa cuisine. On dirait que rien ne l’effraie alors que c’est tout l’inverse.

Il est peut-être plus zen aujourd’hui ?

Oui, je l’espère.

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

En mars 2010, chez EMI.

Il aime son côté Pierrot lunaire ?

Non. Il ne s’aime pas tellement et regrette sa nature. Il est souvent dans la lune avec les choses du quotidien. Beaucoup de choses lui échappent. Il est dans une bulle.

Ton livre se vend bien, tu es surpris ?

Souchon est populaire. Personne ne le déteste. Au maximum, on s’en fout. Les gens ont voulu aller au-delà du chanteur pour essayer de comprendre qui il est, connaitre sa vie et les dessous de ses albums.

Il n’a pas interdit la sortie de ce livre ?

Il est au courant, mais je crois qu’il s’en fout un peu. A son âge, il a d’autres préoccupations.

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

2eme partie : Indochine

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandorPourquoi un livre sur ce groupe ?

Je suis un grand fan. Tout à l’heure je te disais que j’étais très amateur de Souchon entre 15 et 18 ans, c’est Indochine qui a pris le relais. J’ai découvert ce groupe avec « J’ai demandé à la lune ». Après l’écoute de ce titre, je me suis intéressé à ce qu’ils avaient fait avant et j’ai adhéré à l’œuvre dans son ensemble. Je suis moins amateur de la fin des années 80, mais j’adore la période suivante. Il y a deux albums dont j’étais fou, c’est en 1993, Un jour dans notre vie et en 1996, Wax.

Là, pour le coup, il y a eu beaucoup de livres sur Indochine. Qu’apportes-tu de nouveau ?

Chaque auteur à sa patte et sa façon d’aborder le sujet.

Mais l’histoire reste la même. Un fan qui va acheter trois biographies d’Indochine, je pense qu’il a fait le tour de la question, non ?

Je mets en avant une période et des chansons qui m’ont plus touché, parfois même des chansons cachées. Le public ne les connait pas forcément. Je préfère les mettre plus en avant que « L’aventurier », « Canary Bay » ou « Trois nuits par semaine ».

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

Avec Dimitri Bodianski (saxophone, synthétiseur, 1981-1989) et Nicola Sirkis en 1985 à Montpellier.

Les fans de Nicola Sirkis n’aiment pas qu’on touche à lui et à son œuvre. thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

Indochine, c’est aujourd’hui une machine très protégée, très ficelée. Et bien, curieusement, les avis sur mon livre sur les réseaux sociaux et sur Amazon sont très positifs. J’ai même eu deux avis d’ultra fans qui étaient très sceptiques sur ma démarche, qui ont reconnu que mon travail était d’une bonne qualité. Je ne me suis pas fait allumer.

Tu as réussi à obtenir beaucoup de témoignages ?

Quelques-uns dont un très important pour moi, Alexandre Azaria, le co-compositeur et co-réalisateur de Wax dont Nicola Sirkis dit que c’est l’album qui marque la première pierre du nouvel Indochine. On y entend les prémices de ce que va devenir Indochine. Il y avait des rumeurs pas très reluisantes à son sujet qu’il a pu démentir. On le disait fâché avec son binôme Jean-Pierre Pilot alors que pas du tout. Au contraire, à 25 ans, il ne sentait pas de réaliser seul un disque d’un groupe qui avait autant d’années d’existence. Il se disait aussi que ça s’était mal passé avec Nicola Sirkis, qu’il s’était quitté fâché, alors que pas du tout. C’est bien de rétablir quelques vérités.

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandorComment expliques-tu la longévité de la carrière d’Indochine ?

Nicola Sirkis a le don de bien savoir s’entourer. Il a un côté intuitif qui lui réussit bien. Indochine, c’est le rôle de sa vie, sa flamme. Artistiquement, depuis 15 ans, il y a OLi dE SaT qui est guitariste compositeur et réalisateur des albums. C’est lui qui a donné le nouveau son d’Indochine. Le succès qui perdure vient aussi des paroles qui sont hyper simples, faciles à retenir, avec pas mal de métaphores dedans, mais d’une redoutable efficacité. Nicola Sirkis a créé sa patte et son univers et il n’a jamais dévié de trajectoire... tout en évoluant.

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

Pendant l'interview...

Nicola Sirkis me parait proche de ses fans.

Il l’est. Il s’est toujours senti redevable du public. Indochine et son public, c’est une histoire commune. Un jour, il a reçu une Victoire de la Musique et il l’a remis à un fan qui était assis devant lui. Il sait que c’est le public qui décide. Il se souvient que dans les années 90 les albums ne se vendaient pas, mais que les concerts étaient pleins à craquer. Les fans ont toujours fait en sorte que Nicola Sirkis ne lâche jamais.

Contrairement à Alain Souchon, Nicola Sirkis fait attention à son image. Il n’aurait pas le syndrome de Peter Pan ?

C’est ce que l’on dit toujours. Après, il y a les gènes qui font qu’il ne s’en sort pas trop mal (rires). Passé la vingtaine, il a eu une sérieuse hygiène de vie. Je ne suis pas certain qu’il ait beaucoup touché aux drogues et à l’alcool. Il y a deux ans, pour le retour de Renaud, il avait déclaré dans une émission de Drucker : « prendre soin de soi, c’est respecter son public ». Ce n’était pas forcément une pique contre Renaud, mais il voulait expliquer que le public attend l’artiste qu’il aime, qu’il soutient, il ne peut pas le décevoir.

thomas chaline,alain souchon,la vie en vrai,indochine,la véritable histoire,interview,mandor

Le 12 avril 2018 après l'interview.

15 mai 2018

Arnaud Dudek : interview pour Tant bien que mal.

arnaud dudek,tant bien que mal,roman,interview,mandor

arnaud dudek,tant bien que mal,roman,interview,mandorEvidemment, quand on lit le nouveau roman d’Arnaud Dudek (photo à gauche: Molly Benn), une des fines plumes françaises actuelles, on se demande s’il raconte son histoire. Evidemment, quand je me suis trouvé devant lui pour cette mandorisation, j’avais envie de lui demander si le petit garçon de sept ans abusé par un adulte dans une voiture, c’était lui.

Je ne suis pas toujours délicat, certes, mais je me suis abstenu. Dudek, lui, en a eu à revendre de la délicatesse pour raconter cette histoire. Le récit est toujours sur le fil. On craint la dégringolade. Non, l’équilibre est parfait. Jamais un mot de trop, pas de pathos. Ceux qui connaissent son œuvre savent que la résilience fait partie des thèmes de l’auteur, ce livre là est le puis puissant sur la question.

Une nouvelle rencontre s’imposait, car ce livre est important. Très court, mais si intense.

J’ai déjà mandorisé Arnaud Dudek en 2013 pour son deuxième livre Les Fuyants et en 2015 pour son troisième, Une plage au pôle Nord. Pour joindre l’utile à l’agréable, le 13 avril dernier, nous avons déjeuné dans un restaurant (délicieux) de Montparnasse et je lui ai posé quelques questions sur ce roman qui ne laissera personne indifférent.

A propos du livre :

Un petit garçon rentre de l’école. Un homme portant une boucle d’oreille lui demande s’il peut l’aider à retrouver son chat. Il conduit une Ford Mondeo. La forêt est toute proche.

Le petit garçon de sept ans est mort en partie ce soir-là et n’en dira rien à personne.

Délicatement, Arnaud Dudek monte sur le ring. Il raconte comment vit et grandit un enfant violé. Comment il devient adulte, père. Et ce qu’il fait lorsque, vingt-trois ans après les faits, il reconnaît l’homme à sa voix.

A propos de l’auteur : arnaud dudek,tant bien que mal,roman,interview,mandor(Photo à droite : France 2)

Arnaud Dudek vit et travaille à Paris. Selon des sources concordantes, ce garçon discret serait né à Nancy, en 1979. Dans ses nouvelles (pour la revue littéraire Les Refusés ou pour Décapage) et dans ses romans (tous publiés chez Alma), il raconte les gens ordinaires avec humour et tendresse. Son premier roman, Rester sage (2012) a fait partie de la sélection finale du Goncourt du premier roman et a été adapté au théâtre par la Compagnie Oculus. Le second, Les fuyants (2013), a été sélectionné pour le prix des lycéens et apprentis de Bourgogne. Le troisième, Une plage au pôle Nord (2015) est traduit en allemand. Les vérités provisoires (2017) est son quatrième roman. Tant bien que mal (2018), son dernier ouvrage est un texte épuré, un concentré brut des thèmes qui lui sont chers : l’enfance, l’identité, la fuite.

Il est par ailleurs co-organisateur des rencontres littéraires AlternaLivres, dont la dernière édition s’est tenue en octobre 2015 à Messey-sur- Grosne en Saône-et- Loire (et que j’ai animée).

arnaud dudek,tant bien que mal,roman,interview,mandor

(Photo : Mandor)

arnaud dudek,tant bien que mal,roman,interview,mandorInterview :

Ce livre-là n’était pas franchement attendu. Je crois que tu étais sur un projet de livre politique.

Oui, depuis près d’un an. Un livre plus politisé et beaucoup plus long que les précédents. Il est presque terminé, mais il m’a demandé un travail différent. J’ai dû mener une enquête, beaucoup me documenter, faire quelques interviews pour maitriser au mieux mon sujet. J’interroge sur le sens de la politique, j’ai donc rencontré des élus de différents partis, de différents niveaux, pour affiner ce roman autour d’un jeune homme politique trentenaire qui découvre ce milieu. Ce projet, ne me satisfait pas encore, alors je l’ai laissé de côté pour le moment. J’ai écrit Tant bien que mal en décembre 2017. Ça fait un moment, que je tourne autour de l’histoire de ce petit garçon, mais je trouvais le sujet très lourd, donc je repoussais son écriture.

Comment est né ce projet de livre ?

Quand ma compagne est tombée enceinte. Quasiment, au même moment, il y a eu ce fait divers atroce d’une petite fille enlevée, torturée et qui a réussi à s’échapper de son tortionnaire. En tant que futur papa, j’ai peut-être aussi voulu conjurer le mauvais sort…

Tu t’es dit que si tu écrivais sur ce thème, ça ne pourra pas arriver à ton enfant ?

C’est ça. C’est un peu ridicule. C’est avec un recul de six mois que je me le suis avoué.

Y-a-t-il aussi des choses un peu plus personnelles qui t’ont incité à réfléchir sur ce thème ?

Oui, mais pas directement. En tout cas, ça m’intéressait de tenter de répondre à ces questions : Qu’est-ce qu’un enfant fait après ? Comment il vit ? 

Les réactions de l’enfant, le déni… c’est comme ça que réagit un enfant qui se fait violer ?

Je n’en ai aucune idée et je n’ai pas cherché à intellectualiser ses réactions. Ma sensibilité, mon côté éponge ont dû les inspirer. Je me suis peut-être juste demandé ce que j’aurais fait si ça m’était arrivé, comment je l’aurais vécu et comment j’aurais réagi. Tel que j’étais enfant, je pense que je n’aurais rien dit.

Les parents ont quand même bien fermés les yeux devant le changement comportemental du jeune garçon. Ils sont passés outre sans creuser.

Peut-on se rendre compte de certaines choses ? Quels signaux peut-on voir et ne pas voir ? On peut très bien passer à côté du mal être de son enfant.

La scène de viol n’existe pas. Tout est suggéré.

Il était hors de question que je décrive cette scène. L’idée était d’en faire un cheminement universel. On a nos blessures d’enfance, plus ou moins profondes, plus ou moins guéries… L’enfant aurait pu être victime de violences ou de harcèlement scolaire, ce que, sans doute, beaucoup d’entre nous ont vécu sans mettre de mots derrière. Ce traumatisme à sept ans aurait pu être aussi familial. Comment on réagit ? Comment et pourquoi on tait les choses et comment on revient à la vie ? C’est l’éternel thème de la résilience.

Tu as lu des livres sur la question ?

Je n’ai pas voulu. Je ne voulais pas tomber dans la théorie, je préférais que l’on soit dans l’affect. J’ai écrit à l’instinct, ce qui ne me ressemble pas forcément, mais c’était nécessaire pour ce thème.

Tu savais où tu allais en commençant à écrire ?

J’avais en tête le premier chapitre, je savais comment je voulais démarrer. Aller dans le polar, c’était hors de question, ça ne pouvait être que du fond. Une fois que c’était clair, j’ai mis trois jours à écrire le livre.

Tu l’as écrit en 3 jours ?

Oui, alors que d’habitude, pour mes autres livres, il y a au moins six mois de rédaction. Bon, il n’y a que 90 pages dans celui-ci…

Quelle a été la plus grosse décision à prendre avant de commencer le livre ?

Est-ce que j’écris à la première personne du singulier ou pas ? J’ai choisi de dire « je ».

En employant le « je », ça fait sacrément questionner le lecteur… « C’est lui ou pas ? » 

Dans un premier temps, je n’ai pas forcément anticipé. Ce qui est clair, c’est que, pour donner du poids au personnage, pour qu’il tienne bien debout, il fallait que je mette de moi. Pas frontalement, mais dans mon parcours d’adolescent et dans mon parcours de vie.

Tu n’as pas eu peur que ta famille, tes amis, tes proches se demandent si tu as vraiment vécu cela ?

J’y ai pensé, mais pas forcément immédiatement. Je me suis dit que s’il fallait des « warnings » pour les vrais proches, il y aura. Après lecture, il y a eu la pudeur de certains. Quant à mes parents, on n’en a pas parlé. Je les ai prévenus. Ils savent ce qui est vrai dans le texte, car ils me connaissent suffisamment bien. Ce que je n’avais pas mesuré, c’est le degré supérieur comme les amis de mes parents ou des gens que je connais un peu…

Il fallait que tu sortes ce que tu avais en toi une bonne fois ?

Le fait que ce sujet soit aussi important pour moi maintenant vient peut-être de quelque chose de profond que je n’ai pas encore décelé.

Le titre du livre est bien choisi. L’enfant avance « tant bien que mal », mais il avance. Il n’a pas laissé son drame submerger sa vie.

Malgré ses tocs, son incapacité à prendre des décisions, il a su se construire une vie sociale. Il a des amis, il s’est épanouit dans une première vie de prof, puis d’écrivain. Il a soigné ses maux par des mots, c’est un grand classique.

J’étais habitué à des pointes d’humour dans tes livres précédents…

Là, ce n’était pas possible. Pour laisser respirer les gens, il y a des pages blanches (sourire). Mais, si tu regardes bien, mes romans précédents ne sont pas très gais non plus. Dans Rester sage, je parle d’une mère qui emmène son fils en vacances dans la cave. Dans Les fuyants, il est question d’un père qui se suicide sans donner d’explications à son fils. Dans le troisième, c’est une veuve dont le mari s’est suicidé en allant cambrioler un casino… Ça n’a jamais été très léger, mais, effectivement, jusqu’à présent, j’avais ajouté une pincée d’humour.

Se cache-t-on derrière l’humour ?

Sans doute. C’est de la mise en distance facile, mais je pense que je continuerai dans cette voie-là dans mes prochains projets. Sur un sujet comme celui de Tant bien que mal, exceptionnellement, je ne voulais rien maquiller.

Tu as peur des  réactions des gens qui ont vécu ce qu’a vécu A. (c’est ainsi qu’est nommé l’enfant) ?

Je commence à avoir des réactions. Il y en a qui me remercient d’avoir su trouver les mots.

Ta promo sera compliquée, car il va falloir que tu te justifies tout le temps. A. est-il Arnaud ?

Je sais bien, mais j’espère que le côté littéraire de l’exercice ne sera pas mis de côté.

Est-ce que l’Arnaud Dudek que j’ai rencontré en 2013 est le même que celui d’aujourd’hui.

Sans doute pas. Il y a l’expérience engrangée, la vie qui passe avec ses joies et ses épreuves. Le fait d’être papa, le fait aussi d’être publié régulièrement. Même si je ne suis pas Marc Lévy, j’ai mon petit lectorat (enfin j’espère).

arnaud dudek,tant bien que mal,roman,interview,mandor

Après l'interview, le 13 avril 2018.

arnaud dudek,tant bien que mal,roman,interview,mandor

02 avril 2018

Guillaume Jan : interview pour Samouraïs dans la brousse

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandorUn écrivain voyageur-baroudeur-aventurier qui part sur les traces d’un des plus grands primatologues à la découverte des bonobos en République démocratique du Congo, ça me parle. Le truc que ne vit à priori personne, sauf quand on a le goût de vivre une existence hors-norme et que l’on a du courage (et du culot). Bon quand cet écrivain est un ami, c’est quand même plus facile d’organiser un rendez-vous. Guillaume Jan à cet air de ne pas y toucher qui fait qu’on ne s’imagine pas la vie qu’il a eue. Je ne vais pas réitérer qu’il a été notamment palefrenier, barman, chercheur d’or, auto-stoppeur, libraire et grand reporter, il me semble m’être déjà attarder sur son cursus exceptionnel dans une première mandorisation (pour son précédent livre Traîne-savane qui m’avait conquis). Guillaume Jan est aussi présent dans une mandorisation assez particulière.

Le 27 mars dernier, nous nous sommes retrouvés dans un bar de la capitale (son fief à deux  pas de chez lui) pour évoquer le livre qui découle de son aventure, Samouraïs dans la brousse.

Argumentaire officiel du livre : guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

Qu’est-ce qui a poussé Guillaume Jan à entreprendre, seul, un voyage au plus profond de la forêt équatoriale ? Au terme d’une interminable remontée du fleuve Congo et de ses affluents, après plusieurs jours de vagabondages à pied et à moto à travers la jungle, l’écrivain voyageur gagne Wamba, minuscule hameau près duquel on peut encore voir des bonobos sauvages. Parti sur les traces du Japonais Takayoshi Kano, le premier scientifique à étudier le comportement des bonobos dans leur environnement naturel en 1973, l’auteur s’engouffre dans une aventure rocambolesque et rapporte un livre magnétique, qui s’attache autant à fouiller la personnalité de cet énigmatique primatologue qu’à décrire le quotidien d’un village littéralement oublié du monde. Un récit fluide et drôle, créant des ponts entre le Zaïre des années 1970 et le Congo d’aujourd’hui, entre le Japon et l’Afrique, entre Mohamed Ali et le premier samouraï noir...

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor« Un récit picaresque et émouvant » Les Inrocks

« Ces rencontres imprévisibles, cette observation de plusieurs strates, rendent la lecture de Samouraïs dans la brousse captivante. » Libération

L’auteur :

Né en 1973, Guillaume Jan est journaliste et écrivain. Grand reporter pour le magazine Max, co-auteur de L’Almanach des voyageurs, il a vécu plusieurs années en Afrique et s’est marié à une congolaise en pays Pygmée. Il vit désormais à Paris avec sa femme et leurs deux enfants. À 45 ans, l’homme a déjà cherché de l’or en Guyane, a essayé d’apprendre la boxe à Cuba et fut éjecté à coups de pied aux fesses d’un camp d’entraînement pour enfants soldats en Côte d’Ivoire. Un Breton qui a traversé l’Afrique d’est en ouest, en claquettes, en moto ou en pirogue, descendant seul le fleuve Congo – sujet de son premier livre, Le Baobab de Stanley. Il a ensuite publié Le Cartographe (2011), roman d’errance dans les Balkans et Traîne-savane, truculent récit de son voyage sur les traces de Livingstone, encensé par France Inter et Le Nouvel Observateur.

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

(©Tetsuya Sakamaki)

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandorInterview :

C’est ton troisième livre sur la République Démocratique du Congo. Tu en es devenu un peu le spécialiste.

Oui, même si j’ai eu une vie avant le Congo. J’étais journaliste pendant 15 ans et j’ai parcouru beaucoup de pays. Ma première rencontre avec la forêt, c’était en Guyane. Je souhaitais faire un bon sujet sur les chercheurs d’or, j’en avais donc accompagné dans leur exploration dans la jungle pour trouver des pépites. Il se trouve que depuis 10 ans, je voyage au Congo. J’ai tout de suite aimé ce pays. J’y ai vécu plein d’histoires. Quand les éditions Paulsen m’ont contacté pour me demander de faire un voyage pour leur collection « Démarches » en me laissant le choix de la destination, je leur ai fait 10 propositions en espérant qu’ils en acceptent une. J’ai commencé par leur parler des bonobos au Congo, tout de suite, ça les a intéressés.

Quand tu as su le pays, tu as cherché un angle ou tu connaissais déjà l’existence du scientifique japonais Takayoshi Kano ?

Il m’a fallu trouver un angle. Paulsen s’est enthousiasmé pour le projet des bonobos, c’est bien, mais ça ne faisait pas une histoire. Il fallait que je trouve une manière de parler des bonobos, de parler d’un voyage qui m’amènerait sur leur territoire congolais. J’avais peur de devoir écrire un livre de vulgarisation scientifique. Un jour, en lisant de la documentation scientifique, justement,  je suis tombé sur un Don Quichotte. Tu sais que j’aime bien les Don Quichotte.

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

Takayoshi Kano à Wamba en 1973 (archive personnelle de Takayoshi Kano) .

On connaissait peu de chose sur son parcours.

Et notamment sur son premier voyage au Congo que j’ai tout de suite trouvé extraordinaire. Quand j’ai appris qu’il a cherché un emplacement pour observer les bonobos en se déplaçant à vélo, sans argent pendant plusieurs mois dans la jungle, alors qu’entre le japon et le Congo il n’y avait aucune histoire commune, j’ai su que je tenais mon histoire et que je prenais la bonne direction.

J’ai passé pas mal de temps à faire des recherches sur Takayoshi Kano avant notre rendez-vous, je n’ai pas trouvé grand-chose…

Je me suis heurté à la même difficulté que toi, mais il m’intéressait de plus en plus. J’ai donc enquêté sur lui moi-même. J’ai vite compris qu’il fallait que j’aille jusqu’à son poste d’observation des bonobos, à Wamba.

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

Takayoshi Kano : autoportrait sous un palétuvier en 1980 (archive personnelle de Takayoshi Kano)

Tu racontes dans le livre les nombreuses galères que tu as rencontrées. Le voyage dans une pirogue de 25 mètres, les sentiers en moto, les araignées dans les maisons qui t’accueillaient, j’en passe des vertes et des pas mûres. J’imagine qu’à chaque fois tu devais te dire : « Chouette, ça fera une anecdote à raconter ».

Mais c’est tellement ça. C’est ma bouée. Il faut bien trouver un point positif quand on galère à ce point. Les galères c’est important pour rythmer le récit. Dans le bateau, je ne savais pas si j’allais pouvoir rencontrer Takayoshi Kano, je n’étais même pas sûr de pouvoir aller jusqu’à Wamba. J’étais dans le doute absolu sur tout. C’était un voyage très compliqué. Je suis bien content de l’avoir fait avant 45 ans parce que je ne sais pas si je referais un jour des voyages aussi ardus. J’ai toujours aimé en faire, mais celui-là a été le plus difficile de tous.

Tu es écrivain voyageur, mais te sens-tu une sorte d’aventurier ?

Tu me demandes si je me sens comme Indiana Jones ? Très franchement, quand on vit l’aventure, on ne pense pas à ça. On se contente de régler les problèmes dès qu’ils arrivent. Par exemple, si j’ai un problème aux pieds, il faut trouver une solution pour que cela ne s’infecte pas. Il fallait que je sache où j’allais bien pouvoir dormir le soir. Il y avait aussi sur place des problèmes administratifs à gérer. Au Congo, beaucoup de choses sont compliquées.

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

Guillaume Jan avec son conducteur Joël pendant leur visite à Wamba en octobre 2016.

Le Congo est complètement délaissé par Kinshasa et les hommes au pouvoir. Tu racontes aussi cet aspect-là.

Leur président, Joseph Kabila,  reste au pouvoir, alors que son mandat s’est terminé il y a deux ans. Il y a à la fois un énervement, une lassitude et un épuisement. Les congolais sont énergiques, mais j’ai l’impression que là, ils baissent les bras. Chaque année supplémentaire, ils doivent faire avec un peu moins. Au bout d’un moment, ils ne peuvent plus suivre.

Il y a évidemment des conséquences sur l’écosystème. Il y a moins d’animaux par exemple…

Comme il n’y a plus de routes, les gens qui vivent dans la forêt sont laissés à l’abandon, ils doivent donc se débrouiller pour manger. Ils sont obligés de beaucoup chasser. Il y a une surchasse, il en résulte que la forêt devient de plus en plus silencieuse. 

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

Guillaume Jan avec Iyokango, l'un des meilleurs pisteurs de Wamba.

Dans le livre, tu racontes l'état du Congo d’aujourd’hui.

Je ne pourrais pas parler du Congo en disant que, globalement, ça va quand même. Ce serait mentir. J’essaie d’être honnête autant avec les gens que je rencontre qu’avec les lecteurs, qu’avec moi et mon histoire. 

Tu as évidemment voulu rencontrer Takayoshi Kano.

Plus je cherchais, plus on me faisait comprendre que ce serait impossible. J’étais déçu, mais j’ai quand même pris la décision de raconter son histoire. Tant que je n’étais pas allé à Wamba, ses successeurs ne répondaient même pas à mes mails. Je leur demandais des renseignements, comme de m’indiquer la route à prendre pour aller là-bas, je n’ai reçu aucune réponse. J’ai donc dû me débrouiller tout seul. Quand je suis arrivé à Wamba, ils ont été très surpris. A partir de là, on a commencé à échanger. Ils m’ont enfin pris au sérieux.

Tu t’es attaché à ce personnage ?

Avant de le rencontrer, c’est quelqu’un pour qui j’avais beaucoup d’admiration et d’attachement. En le rencontrant, ça s’est confirmé. J’ai bien aimé son humour, sa modestie, sa bienveillance… et son courage. Il a quand même fait un AVC en 2008. Il est encore handicapé du côté droit, mais il semble bien rétabli.

Tu l’as donc rencontré le 6 décembre 2016.

Je n’avais pas les moyens de me rendre au Japon. Mais un miracle est arrivé. Un des magazines pour lesquels je travaille m’a envoyé en reportage sur la péninsule coréenne, juste en face de l’archipel nippon. Je n’ai eu qu’une heure d’avion pour enfin le rencontrer. Je l’ai vu à Toyonaka, tout au fond de  la baie d’Osaka. J’étais accompagné de son successeur à l’institut de recherche sur les primates Takeshi Furuichi. Son épouse Noriko Kino nous a accueillis. L’homme de 78 ans arrive enfin. Il nous raconte des détails sur ses voyages, le paradis des premières années, l’appendice dans la brousse, la 404 en panne, la bicyclette rouge, les colères et les éblouissements. Entre deux sakés, il exhume ses souvenirs dans le désordre. Il déplie ses planisphères et me raconte très précisément son itinéraire et ce qu’il a vécu.

Tu dis, je te cite : « Le vieux singe n’est pas un ours, il est simplement entré en ermitage pour s’écarter de la vanité des hommes ».

Voilà, ça le résume bien. Un homme simple, humble, mais un grand scientifique qui a fait avance l’étude des grands singes.

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

Guillaume Jan avec Noriko & Takayoshi Kano ainsi que Takeshi Furuichi (debout), le successeur de Kano, le 6 décembre 2016 à Toyomaka.

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

Guillaume Jan et Takayoshi Kano à Toyomaka, le 6 décembre 2016 à Toyomaka.

Parlons des bonobos que tu appelles les hippies de la jungle. Ce sont des bêtes de sexe qui ont plein de positions différentes à proposer à leur partenaire.

Un vrai kamasutra. Qui leur sert de régulateur social. Disons que le sexe leur sert à prévenir les conflits dans le groupe. Ils préfèrent faire l'amour que la guerre.

J’ai retenu aussi qu’ils sont bien plus cools que les chimpanzés.

Ils sont plus sociaux.

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

Tu as assisté au réveil des bonobos. A part les scientifiques et les gens du village, personne ne peut assister à un tel spectacle.

Et encore, les locaux ne vont pas assister au réveil des bonobos à 6 heures du matin.

Tu veux dire que c’est comme les parisiens qui ne vont pas visiter la Tour Eiffel ?

C’est exactement ça. Comme je te l’ai dit tout à l’heure, avant d’aller au Congo, j’avais déjà vécu pas mal de trucs dans différents endroits du monde, mais ce moment-là a été le plus exceptionnel de ma vie. Il me semble en tout cas.

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

Pendant l'interview...

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandorTu as pris des photos ?

Non. Je voulais me charger au minimum parce que je savais que le voyage allait être duraille. J’avais mon iPhone, mais à ce moment-là, il s’est bloqué. Je ne pouvais plus prendre de photos. Ce  n’est pas grave, j’ai tout emmagasiné sur mes carnets. J’ai même fait des croquis (voir à gauche). C’est amusant parce que pendant 10 ans, j’étais très intéressé par la photo. Mais 10 premières années de journaliste, j’étais reporter et  photographe. La photo m’intéressait presque plus que le texte. Aujourd’hui, j’arrive à voyager sans appareil photo, ce que je considère comme une victoire. Mon but est d’arriver à voyager avec rien. Je m’encombre encore de trop de choses. J’aimerais parvenir à voyager uniquement en chemisette (rires).

Si je te compare à Nicolas Bouvier, ça te va ?

Nicolas Bouvier est très important dans l’histoire des récits de voyage. Il a amené une nouvelle génération. Il a une très belle plume. Avant lui, il me semble qu’il y avait moins d’exigence littéraire. Cela dit, je n’ai pas envie que l’on me compare à quelqu’un. Il y a beaucoup d’écrivains voyageurs que j’admire et chacun dans un style différent. Quand j’écris, je n’essaie pas d’aller dans les pas de quelqu’un d’autre. Par contre, tout ce que j’ai lu ou vu depuis plusieurs décennies, ça nourrit ce que j’écris aujourd’hui. Ce n’est pas nécessairement de la littérature de voyage, mais de la littérature tout court, de la bande-dessinée, du cinéma et du théâtre.

Et n'hésitez pas à rencontrer Guillaume Jan pour un apéro-lecture le mercredi 4 avril prochain.

guillaume jan,samouraïs dans la jungle,bonobos,takayoshi kano,interview,mandor

26 mars 2018

Yann Hegann : interview pour L'enfant qui venait des étoiles

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandorYann Hegann, c’est une Madeleine de Proust. C’est un type, quand je n’étais qu’un gamin introverti, qui me faisait rêver. Lui, mais également Jean-Loup Lafont et François Diwo. Mon triumvirat radiophonique. Ce sont ces trois-là d’Europe 1 qui m’ont donné envie de devenir animateur radio et télé (ce que j’ai fini par faireyann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor plus tard et un long moment). Bref, je vous la fais courte, quand j’ai su que mon pote manager/agent Olivier Vadrot connaissait Yann Hegann et qu’il lui faisait faire un peu de promo, je lui ai demandé qu’il m’organise une rencontre. Je n’avais pas lu son livre, je le confesse, ce n’était pas là le plus important. J’avais même, je le confesse (bis), un énorme a priori sur l’intérêt d’un livre se voulant un ersatz du Petit Prince écrit par un animateur radio. J’allais faire ce qui s’appelle une « concession ». J’interviewerai Yann Hegann, mais pas vraiment pour parler du livre.

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

Yann Hégann avec Thierry Le Luron et Gérard Lenorman.

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

Yann Hegann sur Europe 1 (ça donne ça, notamment).

Et puis, j’ai lu.

Et puis, j’ai lu en me disant, « mais quel con je suis ! »

Je lutte contre l’a priori depuis toujours et bim ! Je m’y adonne. yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

En fait, L'enfant qui venait des étoiles est un conte fabuleux qui fait renaître l'enfance en chacun de nous. Le célèbre Petit Prince n’y est intentionnellement jamais cité, mais le lecteur se rend vite compte qu’il s’agit de la suite suggérée par l'auteur historique. Dans cette narration romanesque, on découvre pourquoi le petit héros revient sur Terre, ce qu’il cherche et surtout, ce qu’il est vraiment. Cet ouvrage à double lecture m’a scotché. Comme Le petit Prince, L’enfant qui venait des étoiles s’adresse aux enfants comme aux adultes. Un très joli conte philosophico-initiatique que je conseille à tous.

Le 22  février 2018, Yann Hegann m’a donné rendez-vous dans le bar à côté d’Europe 1. L’homme est disert et aimable… et un peu taquin aussi. 

4e  de couverture : 

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandorInterview :

Quelle est la genèse de ce livre ?

En 1957, j’ai tourné dans un film avec Gérard Philipe, Le joueur, d’après l’œuvre de Dostoïevski. Jamais Gérard Philipe ne m’appelait par mon prénom. Il m’appelait Petit Prince. Un jour, il m’interpelle: « Viens voir Petit Prince, j’ai quelque chose pour toi. » Il m’a offert deux cadeaux. J’ai ouvert le premier, c’était le livre d’Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince. Le deuxième, c’était la version disque racontée par Gérard Philipe lui-même. Je l’ai écouté des quantités de fois en lisant le livre en même temps. Pour moi, le Petit Prince c’est la voix de Gérard Philippe. Je ne peux dissocier les deux. Au point que ça a créé une confusion : je confondais Saint-Exupéry et Gérard Philipe.

Et toi, tu ne te prenais pas pour le Petit Prince, du coup ? yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

Non, je ne me suis jamais identifié à lui. Je le voyais comme un personnage dans lequel « on » peut s’identifier,  mais c’est tout. Même si Gérard Philipe m’appelait Petit Prince, je savais que je n’étais pas ce héros. J’étais naïf, mais pas con à ce point-là (rires).

Quand  tu allais avec ta mère dans les librairies à Paris, tu demandais toujours aux libraires : « vous avez la suite du Petit Prince de Saint-Exupéry ? »

C’est vrai. Les libraires me répondaient qu’il n’y avait pas de suite. Moi, je disais « Si, si, regardez ce qu’il y a écrit à la fin : Regardez attentivement ce paysage afin d'être sûrs de le reconnaître, si vous voyagez un jour en Afrique, dans le désert. Et, s'il vous arrive de passer par là, je vous en supplie, ne vous pressez pas, attendez un peu juste sous l'étoile ! Si alors un enfant vient à vous, s'il rit, s'il a des cheveux d'or, s'il ne répond pas quand on l'interroge, vous devinerez bien qui il est. Alors soyez gentils ! Ne me laissez pas tellement triste: écrivez-moi vite qu'il est revenu... Alors, monsieur, vous voyez bien qu’il y a une suite !

Un jour après une lecture de Saint-Exupéry devant des enfants, une maman t’a encouragé à écrire la suite.

Oui. J’ai décidé d’y réfléchir en me baladant avec mon chien. Je me suis retrouvé sur un quai que je fréquentais tous les jours, mais dont je ne connaissais pas le nom. Ce soir-là précisément, je découvre avec stupeur qu’il s’appelle le quai Saint-Exupéry. Là, je me dis que c’est un signe qu’il ne faut pas occulter.

Comment on attaque une suite à ce livre culte ?

Je me suis posé la question. J’avais juste écrit un premier roman que je n’avais jamais envoyé à des maisons d’édition. Le narrateur raconte l’histoire d’un promeneur qui tombe sur un enfant qui a tout du personnage que l’on connait. Après, partant de cette base, je me suis laissé aller.

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

L'illustratrice du livre : Luba Aguilova est née en Sibérie, habite à Bordeaux où elle vit de son talent d’illustratrice.

Tu ne cites jamais Le Petit Prince.

C’est intentionnel.

Ce petit personnage qui venait des étoiles s’est fait manger par un serpent. Il n’y a donc aucun doute sur son identité.

Admettons que ce soit une suite. Il revient, mais pourquoi ? Que cherche-t-il aujourd’hui, ce personnage des années 40 ? Qui est-il ? Je dois répondre à ces trois questions, mais à ma manière dans des chapitres qui correspondent à des voyages « initiatiques ». Quand on écrit un roman, le bon dieu et l’auteur, c’est la même personne. On a le droit de vie ou de mort sur qui on veut.

Ce qui est agréable, c’est que tu n’as pas cédé à la vulgarité ambiante de notre époque.

Tu as raison de le souligner. Notre époque est sous le signe de la cruauté et de la méchanceté. Mon livre est aux extrêmes de tout ça. Ma meilleure amie me dit que je vis au pays des Bisounours. Je suis empreint d’une grande naïveté et je vais mourir comme ça. Pendant des années, j’ai essayé de combattre ma naïveté et j’ai décidé que c’était une erreur il n’y a pas si longtemps.

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

Illustratriation : Luba Aguilova.

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandorC’est un roman initiatique avec plein de considérations philosophiques. On rencontre la souris philosophe, l’aigle royale, l’homme du désert, le voyant infaillible, le marin et les statistiques…

J’avais très envie d’écrire ce livre, alors j’y suis allé tête baissée, même si je suis dans l’incapacité de te dire si j’ai du talent. Le monde littéraire est un monde que je ne connais absolument pas. Il a fallu faire abstraction de tout ça et que je fonce sans me poser de questions.

Tu fais dire au voyant infaillible : « il y a une différence fondamentale entre le rêve et l’illusion ».

Dans cette parabole, je dis qu’il ne faut jamais sacrifier le moindre de ses rêves. Quand on écrit un conte philosophique, on passe par des chemins qu’on a vécu soi-même.

Le Petit Prince s’est vendu à largement plus de 150 millions d’exemplaires.

C’est pas mal, effectivement. Je sais bien que je me suis attaqué à un monument et que mes chiffres de ventes seront dérisoires à côté. Je considère mon livre comme un hommage. Il fallait que je le fasse. Point barre. Je ne me pose aucune autre question. 

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

Le 22 février 2018 dans le bar à côté d'Europe 1.

Stop archive! Les mêmes protagonistes, 34 ans plus tôt, le 22 août 1984 lors d'un podium Europe 1  à la Grande-Motte.

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

yann hagann,l'enfant qui venait des étoiles,europe 1,interview,mandor

11 mars 2018

Caryl Férey : interview pour Plus jamais seul

FÉREY_Caryl©Francesca Mantovani-Gallimard.jpg

C©Francesca Mantovani-Gallimard

IMG_0100.JPGCaryl Férey est né à Caen en 1967 mais a grandi en Bretagne. Grand voyageur, il a parcouru l'Europe à moto, collaborant même au fameux Guide du Routard. Il s'est aventuré en Nouvelle-Zélande avec sa « saga maorie » (Haka et Hutu), en Afrique du Sud avec Zulu (récompensé entre autres par le Grand Prix de littérature policière en 2008 et adapté au cinéma en 2013), puis en Argentine avec le sublime Mapuche et au Chili avec Condor (2016). Un détour en 2017 par la ville ultra-secrète et hyper polluée de Norilsk, en Sibérie, un carnet de voyage paru aux éditions Paulsen.

Tous les deux-trois ans je mandorise Caryl Férey. (Celle de 2012 ici et celle de 2014 là !) Cet auteur engagé me fascine (un écrivain punk aventurier, ça ne court pas les rues non plus) et ses livres me passionnent. Pour Le Magazine des Loisirs Culturels Auchan, je suis allé chez lui pour évoquer son nouveau livre, Jamais seul. Après l’interview pour le magazine, je vous propose un bonus mandorien…

unnamed.jpg

Pour ceux qui n'ont pas de bonnes lunettes, voici l'introduction en plus lisible. 

Caryl Ferey s’est fait connaitre en 2008 avec Zulu, récompensé par de prestigieux prix littéraires et adapté au cinéma en 2013. Avec Mapuche et Condor, il a emmené ses héros partager les turpitudes du continent sud-américain. Entre deux voyages, Férey revient se ressourcer en Bretagne en compagnie de son héros tonitruant, Mc Cash. Dans le troisième roman de ses aventures,  l’ex-flic borgne à l’humour grinçant et consciencieusement autodestructeur fait l’apprentissage tardif de la paternité ,tout en enquêtant sur la disparition brutale en mer de son ami Marco.  

unnamed1.jpg

unname.jpg

C©Francesca Mantovani-Gallimard

unnamed2.jpg

5627115_11-1-2045550601_1000x625.jpg

Bonus mandorien :

Les filières clandestines que vous évoquez, pourquoi on n’arrive pas à régler le problème ?

Je ne sais pas, mais en Allemagne Angela Merkel a eu le courage d’ouvrir ses frontières. J’ai des amis allemands qui donnent des cours à des réfugiés. Ils sont très solidaires. Les réfugiés, pour le reste de l’Europe, c’est la dernière roue du carrosse. Je comprends qu’on ne puisse pas accueillir toute la misère du monde, mais ce qui faisait la grandeur de la France, c’était justement l’accueil. Si on vivait ce que vivent certains de ces gens-là dans leur pays, on n’agirait pas comme des égoïstes. Beaucoup sont des gens comme nous. Le fait qu'aujourd'hui les réfugiés hésitent à venir en France, je considère que c’est une défaite de l’esprit de notre pays. Maintenant, je n’ai pas de solutions concrètes.

Revenons à Mac Cash, je n’arrive pas à savoir s’il est beau ou pas.

(Rires) Ca me plait bien ça. Mon pote dégage vraiment quelque chose. C’est un aimant à filles. Vous mettez un bandeau, ça change complètement une personnalité. On se demande ce qui lui ait arrivé. Ça rend mystérieux… les filles, ça les attirent.

lecrivain-caryl-ferey-et-son-heros-mc-cash.jpg

Caryl Férey et son pote Lionel Chauveau, le Mc Cash de ses livres.

Dans le livre, avec sa fille, il peut paraitre brutal.

Il se protège. Il ne s’attendait pas à devenir père du jour au lendemain. Ça lui fait peur. Mais on voit bien qu’il ne peut s’empêcher de l’aimer, c’est comme ça. C’est plus fort que lui, c’est sa fille. Il est rattrapé par les sentiments… et heureusement.

Il faut préciser qu’elle est issue d’une relation furtive. Un soir, sur un capot de voiture avec une fille qu’il connaissait à peine.

A la Bretonne, quoi! (Rires) Mc Cash est rattrapé par son bon fond, mais ça le désole. En fait, sa pulsion de vie est plus forte que sa pulsion de mort.

Parfois, il fait pitié.

Qu’on le prenne en pitié, c’est une insulte. « Pitié de moi ! Plutôt crever ! » En tout cas, on peut avoir de la compassion pour lui. La pitié, c’est trop chrétien, la compassion, c’est plus humain. Mc Cash à une vraie humanité. Une humanité rock’n’roll, c’est sûr.

lauteur-de-polars-sur-les-marches-de-cannes.jpgQue pense le vrai Mc Cash de se retrouver héros de vos livres ?

Ça le fait rire parce que, du coup, on l’appelle Mc Cash dans la rue. A Rennes, il est connu comme le loup blanc. Il me dit juste : « Bon, tu fais ce que tu veux, mais je te préviens, Mc Cash n’est pas pédé ! » Il n’est absolument pas homophobe, mais il est très macho. C’est son honneur qui est en jeu.

Il vous donne des idées pour vos livres.

Non, mais je l’emmène dans tous mes voyages et je le regarde. C’est tellement  n’importe quoi que cela en devient fascinant.

l-ecrivain-francais-caryl-ferey-chez-lui-le-4-avril-2016-a-paris_5577977.jpg

Caryl Férey, chez lui.

Entre le fameux Marc, devenu Marco dans le livre, et celui qui est le vrai Mc Cash, vos amis sont spéciaux (rires).

J’aime les gens romanesques. Quand on a des amis comme ça, déjà, c’est drôle dans la vie. On se marre tout le temps. J’ai une bande à Rennes et quand il y en a un de nous qui meurt, c’est un choc, un traumatisme. Quand Marc est mort sur son bateau, ça m’a bouleversé. Ça me tenait à cœur de lui rendre hommage dans un roman.

Vous aimez diversifier vos livres ?

Oui, j’écris du théâtre, des livres « jeunesse », des récits de voyage, des polars sud-américains, africains, européens… tout me nourrit. Un auteur ne doit pas avoir forcément la même écriture selon ce qu’il écrit.

Je voudrais revenir sur le terme « cauchemar » que vous avez employé au début de l’interview. C’est un cauchemar quand vous écrivez vos pavés comme Zulu ou Mapuche ?

Vu la gueule des rêves que je fais en les écrivant, je ne vois pas quel autre terme utiliser. Je m’endors avec, je me réveille avec. Des livres comme ces deux-là ne fonctionnent que si l’on s’implique. Des livres sur l’Argentine, il y en a eu plein, mais si on n’est pas complètement avec les personnages et en empathie totale, ça ne marche pas. Je décris les horreurs de la dictature, les tortures, ce qu’ils ont fait aux disparus... Je n’aime pas le gore et la violence inutile, mais ce qui m’intéresse, c’est de donner la parole aux victimes. Pour donner la parole aux victimes, il faut être avec elles.

Envisager un livre sans fond social derrière ?

Non. Ça ne m’intéresse pas d’écrire s’il n’y a pas ça. Ecrire sans fond social ne sert à rien.

IMG_0101.JPG

Après l'interview, le 24 janvier 2018, avec/chez Caryl Férey.

01 mars 2018

Frédéric Quinonéro : interview pour deux biographies sur Goldman et Hallyday

27337170_1343132905832134_7198515914340244660_n.jpg

Depuis que  j’écris des livres sur des artistes et la musique en général, je suis beaucoup plus sensible au travail des biographes (voir et ). J’en rencontre parfois pour parler des spécificités de ce métier. Il y a des questions que j’aime leur poser. Je me demande, par exemple, comment on peut écrire sur une personnalité qui a déjà été traité maintes fois par d’autres. Personnellement, j’en serais incapable. Comment écrire plusieurs livres sur le même artiste? Comment ne pas écrire la même histoire, alors que l’histoire est la même?

Le 14 février dernier, j’ai rencontré dans une brasserie parisienne, l’un des plus brillants et prolifiques biographes français, Frédéric Quinonéro. Il vient de sortir coup sur coup un Goldman et un Hallyday.

Les livres :

9782824647784.jpgJean-Jacques Goldman, vivre sa vie (City Editions) :

Qui est vraiment Jean-Jacques Goldman ? Un incroyable faiseur de tubes ayant vendu près de 40 millions de disques ? Un auteur-compositeur qui a créé des classiques indémodables, de Je te donne à Envole-moi, Comme toi ou Là-bas ? Certes. Mais il est impossible de résumer Jean-Jacques à cette seule - formidable - carrière. Cette biographie nous entraîne sur les traces d’un Goldman qui a toujours cultivé la discrétion et l’authenticité. On découvre un enfant solitaire, ancien scout et fils de résistant. Un homme profondément marqué par le parcours de sa famille d’immigrés juifs et par la disparition de son frère, à 35 ans. Loin des paillettes du show-business, c’est l’histoire d’un artiste resté présent dans le cœur du public. Une exceptionnelle histoire d’amour qui dure depuis 40 ans…

La biographie vérité d’un artiste unique.

Johnny, immortel (L’Archipel) : Johnny-immortel.jpg

« J’ai oublié de vivre », chantait Johnny Hallyday en 1977. Le 6 décembre 2017, quarante ans plus tard, au terme d’une carrière phénoménale – plus de mille chansons enregistrées, plus de 110 millions de disques vendus –, l’enfant prodige a quitté la scène. Mais sa voix allume encore le feu dans le cœur des Français. « Que je t’aime », « Le Pénitencier », « Quelque chose de Tennessee », « Laura », « Noir c’est noir », « Je te promets »… Un demi-siècle de succès a bâti la légende d’un enfant de la balle, devenu « idole des jeunes » avant de s’élever au firmament du rock. De triomphes en disques de platine, Johnny a tracé sa route, entraînant dans son sillage des admirateurs de toutes les générations. « M’arrêter ? disait-il. C’est impossible, je ne sais rien faire d’autre. » Jusqu’à la fin, il aura continué à y croire, souhaitant toujours enregistrer et remonter sur scène. Le public était sa raison de vivre. Et il aura vécu intensément.

Cette biographie – la plus complète à ce jour – retrace la vie et l’exceptionnelle carrière d’une légende de la chanson française.

L’auteur :

Né à Béziers en 1963, Frédéric Quinonero a passé son enfance dans les Cévennes ; il vit près d’Alès. Spécialiste de musique et de cinéma, il est l’auteur de nombreuses biographies d’artistes dont Johnny Hallyday, Jane Birkin, Julien Doré, Jean-Jacques Goldman, Edith Piaf, Juliette Binoche, Michel Sardou, Sheila, Sophie Marceau  

27073224_10214344455981927_7233327753404028577_n.jpg

IMG_0605.JPGL’interview :

Pourquoi as-tu accepté d’écrire un livre sur Goldman, alors qu’il y a eu un pavé sur lui par Fred Hidalgo l’année dernière ?

J’ai accepté parce qu’on est venu me chercher. En principe, c’est un auteur qui part en quête d’un éditeur, là, ça a été le contraire.... et c’est flatteur. On ne peut pas refuser, surtout quand les conditions sont bonnes. De plus, Jean-Jacques Goldman est un artiste sur lequel j’avais envie d’écrire depuis toujours. C’est quelqu’un qui a marqué mon adolescence. De moi-même, je n’aurais pas décidé d’écrire un livre sur lui, car je trouvais qu’il y en avait déjà beaucoup. Après, il faut trouver un angle original pour l’aborder.

Savais-tu tout de suite ce que tu allais apporter de neuf ?

Non, il a fallu que je trouve comment apporter un plus pour « parler de sa vie ». On peut écrire trente livres sur un artiste, ce n’est pas un problème. Il faut se faire confiance. On est biographe, on sait écrire, on a un style. Si on n’a pas de style, on est journaliste, pas écrivain. Même si je tiens à préciser qu'il y a des journalistes qui ont de sacrées plumes. 

Tous les biographes ne sont pas des écrivains ?

Certainement pas. Il y a des biographes qui sont à la recherche du scoop, parce que le scoop permet de faire du buzz et le buzz permet à un livre de se vendre. Le problème aujourd’hui, c’est que l’on va davantage dans cette direction au détriment d’une plume. On s’en fout un peu du style, l’important, c’est de faire vendre. Ça m’inquiète tellement que je me dis qu’un jour, je pourrais faire un autre boulot. Je n’ai pas envie de céder à ça. Je n’ai pas envie de faire les poubelles. J’ai une éthique et je préfère lui rester fidèle. Je préfère écrire un livre sur Goldman en sachant qu’il me fait confiance et qu’il le valide. Il me l'a écrit. Là, je viens de finir un livre sur Michel Sardou. C'est sa femme, Anne-Marie Périer qui l’a lu, parce que Sardou, lui, ne lit rien le concernant... pour se protéger. Elle m’a fait changer deux, trois petites choses, mais elle a trouvé le livre très bien écrit. Je prends cela comme une sorte de validation. 

Je trouve ça plus confortable d’écrire un livre avec la permission, ou mieux, la collaboration de IMG_0589 (2).JPGl’artiste.

On écrit sur un être humain. Même si on est souvent seul avec ses archives et ses documents, on rencontre aussi des témoins. A la base, c’est quand même une aventure humaine, un échange. Je n’ai pas suffisamment d’ego pour que je prenne ombrage qu’un artiste me dise d’ôter ou de préciser tel ou tel évènement. Ce sur quoi, je ne transigerais pas, c’est mon style. Si mon style ne plaît pas à l’artiste, je n’y peux rien.

C’est quoi ton style ?

J’essaie de rendre mes biographies un peu littéraires. Encore une fois, j’essaie de m’élever au-dessus de l’écriture journalistique ou de la biographie basique.

Comment commence-t-on un livre sur une personnalité déjà traitée maintes fois ?

Je ne lis pas les autres biographies pendant mon travail, parce que je n’ai pas envie d’avoir une musique qui ne va pas avec la mienne. Avant mon travail rédactionnel, j’en lis certaines, pas toutes, pour prendre des notes. Mais pour ne pas faire du plagiat, je privilégie quand même les interviews, les documents filmés, les vidéos, les journaux,  bref, les archives de ce genre. Pour Goldman,  j’ai lu notamment le livre de Didier Varrod. Il a d’ailleurs écrit la préface de mon livre et m’a livré un témoignage précieux pendant deux ou trois heures. Il m'a permis de nourrir mon récit.

Comment travailles-tu ?

Je fais un plan chronologique avec toutes les notes et les citations que j’ai trouvées. Pour Goldman, je me suis retrouvé avec 180 pages de tout ça. Je suis très ordonné et logique quand j’écris. Quand je suis parti dans le récit, je lis des romans très stylés d’auteurs que j’aime pour avoir leur musique dans la tête. Le fait d’avoir un vocabulaire plus riche me permet vraiment de sortir du langage journalistique.

Contrairement à moi, toi, tu écris l’histoire et ensuite, tu ajoutes les interviews.

Je n’ai pas besoin de 50 000 témoignages. J’interviewe une quinzaine de personnes maximum, parce qu’après, je suis submergé de témoignages qui ne sont pas tous forcément pertinents. Les témoignages servent mon propos et pas l’inverse.

sans-titre.pngMoi, je me sers des témoignages avant tout pour construire l’histoire. (A gauche, Goldman avec moi, aux Iles du Salut en 1989, en Guyane).

Chacun travaille comme bon lui semble. Pour le livre sur Goldman, je voulais insister sur son côté humain. Je raconte aussi son parcours, mais j'ai privilégié l’homme qu’il est. Pour montrer le vrai Goldman, il était préférable que j’interviewe des personnes peu connues et parfois hors show-biz. Ils ont un regard humain. Interviewer les gens du show-biz, ses musiciens, je l’ai fait, mais juste un ou deux. C’est largement suffisant. Ils disent tous la même chose, alors je ne vois pas l’intérêt d’en interroger plusieurs. J’ai besoin de témoignages éclairants.

Est-ce que pour écrire une biographie, il faut aimer le personnage dont on parle ?

A une époque, j’aurais dit oui, parce que c’est plus facile. Aujourd’hui, je peux dire non parce qu’il m’est arrivé d’écrire pour des gens que je n’aime pas.

Tu ne veux pas le dire, mais moi, je le dis, c’est Julien Doré. Je sais que c’est quelqu’un que tu aimais103661301_o.jpg beaucoup  à la base, que tu étais à l’origine de ce livre, mais que son comportement a tout gâché.

J’ai pris une sacrée douche froide. Je n’avais même pas commencé à écrire une ligne que j’ai reçu une lettre recommandée de son avocat. J’ai appelé l’éditeur et je lui ai dit que j’abandonnais ce projet. J'étais dégoûté. Sur le moment, il a bien senti que j’en avais gros sur la patate, il n’a pas insisté. Quelques mois plus tard, c’est l’avocat de la maison d’édition qui m’appelle en me disant que c’était ridicule de ne pas faire le « Julien Doré ». Il m’explique que si ce n’est pas moi qui le fais, ce sera quelqu’un d’autre. Il m’explique aussi que cette lettre est juste de l’intimidation. Il ne se passera rien. Si problème il y a, il me défendra. J’ai finalement accepté, mais je n’aurais pas dû. Ça a été un four. J’ai passé beaucoup de temps pour pas grand-chose.

Tu as tiré une leçon de cette mésaventure ?

J’ai compris une chose. On peut écrire sur quelqu’un dont, au final, on pense les pires choses et malgré tout le mettre en valeur. Ce que j’ai fait. A aucun moment, je ne règle mes comptes.

Biographe, c’est un métier valorisant ?

C’est exactement le contraire. C’est frustrant, car on n’a jamais les retours que l’on souhaiterait. Les chanteurs, en général, n’aiment ni les biographies, ni les biographes. On n’est pas aimé à cause de certains qui font les poubelles. J’aimerais bien que l’on reconnaisse que je suis quelqu’un de bienveillant. Si les artistes disent un jour que Quinonéro est quelqu’un de bienveillant, j’aurai atteint un palier supplémentaire. J’ai envie d’avoir de plus en plus de biographies validées.

La bienveillance dans une biographie, ça ne veut pas dire tomber dans l’hagiographie ?

L’hagiographie, c’est un fan qui écrit sur son idole. Il s’interdira d’écrire des choses qui risquent de ne pas lui faire plaisir. L’hagiographie, c’est passer de la brosse à reluire, d’aller dans le sens du poil constamment.

frédéric quinonéro,jean-jaques goldman vivre sa vie,johnny immortel,biographie,biographe,interview,mandor

(Photo : Midi Libre)

Quand tu écris sur Hallyday, tu n’es pas hagiographe ?

On pourrait le penser, mais non. Je n’ai pas évité certains sujets qui fâchent. J’ai parlé des impôts, de son exil fiscal, de l’emprise de Laeticia… Je sais qu’il appréciait mon travail, mais j’imagine qu’il devait un peu tiquer sur certaines choses.

C’est sacrément d’actualité, l’emprise de Laeticia.

Ça fait longtemps que j’en parle, mais je trouvais toujours quelqu’un qui me reprenait en me disant qu’elle était gentille, qu’elle lui faisait du bien, qu’elle avait réuni la famille...

C’est quoi la bienveillance chez un biographe ?

C’est de ne pas faire les poubelles. J’ai lu récemment un livre sur Claude François qui raconte en détail, minute par minute, son agonie. Au fond, ça ne raconte rien, mais ça fait le buzz.

Mais, ce sont certains éditeurs qui demandent ça, il me semble.

C’est le fond du problème. Moi, je ne veux pas tomber là-dedans. C’est ça la  bienveillance.

Johnny Hallyday et Jean-Jacques Goldman en duo. 

Parlons de ton livre sur Johnny qui vient de ressortir après sa mort avec un titre différent. Ce n’est pas du marketing ça ?

J’y ai pensé. J’étais sûr qu’on allait me dire ça. Sache que je n’ai pas torché un livre sur lui en 4 mois en prévision d’une mort annoncée. Et tout le monde le sait. Les fans de Johnny ne m’ont jamais fait ce reproche-là. Ça ne veut pas dire que je suis à l’abri d’une erreur quand on écrit 920 pages sur lui.

Aujourd’hui encore, tu continues ton travail d’archiviste et de chercheur es-Johnny.

Je fais ça depuis toujours. Je scrute et répertorie les archives municipales et les bibliothèques des villes de France ce qui me permet d’essayer de reconstituer les plannings des tournées. Quand on est toujours en recherche, on fait forcément des erreurs, même minimes soient elles. Plus on a d’infos, plus ça alimente un texte. Paradoxalement, il faut élaguer après, parce que trop d’infos tuent l’info.

Un biographe est-il un historien ?

J’aime aller vers cette voie-là. Pour Goldman par exemple, je raconte le parcours de sa famille, de ses parents et il est très lié à l’histoire avec un grand H. Les nazis, les combines, les magouilles… j’ai fait beaucoup de recherches sur cette période.

Demi-frere-Goldman_width1024.jpgJ’ai trouvé très intéressant le passage sur son demi-frère, Pierre Goldman (à gauche, avec ses parents).

C’est parce que c’était un personnage passionnant. On peut critiquer son engagement sur certaines causes, mais ce qui m’a intéressé c’est pourquoi il s’est engagé. Il avait cette personnalité-là par admiration pour son père et sa mère. Il a voulu être un héros comme eux. Le problème c’est qu’il n’y avait plus la guerre. Il fallait être un héros autrement. Lui, il a suivi une révolution d’opérette. Je note que Jean-Jacques Goldman ne préfère pas aborder le sujet parce que c’est intime. Ça lui appartient.

La chanson « Ton autre chemin », ça évoque son frère, non ?

Je ne sais pas précisément. Mais, ce dont je suis certain c’est que « Puisque tu pars » parle de lui. Il y a plein de chansons de Goldman dans lesquels il rend hommage discrètement à ses parents, notamment dans l’album « Rouge ». Cet album exprime son opinion personnelle. Il dit, comme son père, que les valeurs du communisme, à l’origine, sont belles. Le sens du partage, l’humain d’abord. C’est ce qu’on en a fait après qui ne va plus. Ces gens qui croyaient en ces belles valeurs se sont sentis floués à cause du stalinisme. Goldman, c’est ça aussi. Son attachement aux siens.

Est-ce qu’écrire sur quelqu’un vampirise ?

On passe 6 ou 8 mois en étant obnubilé par l’artiste. On écoute sa musique, on regarde les vidéos, les spectacles. On écoute toute sa discographie. On peut être habité par le personnage, du coup il vaut mieux écrire sur des gens qu’on aime. Il faut être en empathie avec le personnage, sinon, ça ne fonctionne pas.

IMG_0604.JPG

Après l'interview, le 14 février 2018.

06 février 2018

Gérard de Cortanze : interview pour Laisse tomber les filles

gérard de cortanze,laisse tomber les filles,les yéyés,mandor,interview,albin michel

Il y a deux ans, je mandorisais Gérard de Cortanze (prix Renaudot en 2002) pour un livre intitulé Zazou, qui rendait hommage à ces anticonformistes qui, à leur manière, sous l’occupation ont fait de la résistance. Ils s’opposaient à la barbarie grâce à leur joie de vivre, la danse, les chansons… J’avais beaucoup aimé ce livre. L’auteur propose aujourd’hui, non pas une suite, mais un autre émouvant voyage dans le temps, des années yéyé jusqu'aux récents attentats qui ont endeuillé Paris. Laisse tomber les filles, du nom de la chanson de la récente disparue France Gall, est une fresque générationnelle dans lesquelles les références abondent. Gérard de Cortanze aborde ici avec plein d’humanité les grands sujets politiques, économiques, sociaux et musicaux d'un demi-siècle d'histoire de France. Laisse tomber les filles est tout simplement l’histoire d’une génération.

Le  18 janvier dernier, je suis allé rejoindre l’auteur dans son bureau de chez Albin Michel.

gérard de cortanze,laisse tomber les filles,les yéyés,mandor,interview,albin michelLe livre :

Le 22 juin 1963, en compagnie de 200 000 autres spectateurs, quatre adolescents assistent, place de la Nation, au concert donné à l'occasion du premier anniversaire du magazine Salut les copains. Il y a là François, blouson noir au grand cœur, tenté par les substances hallucinogènes, grand amateur de Protest Song ; Antoine, fils d'ouvrier qui ne jure que par Jean Ferrat ; Lorenzo, l'intellectuel, fou de cinéma et champion de 800 m. Michèle enfin, dont tous trois sont amoureux, fée clochette merveilleuse, pourvoyeuse de chansons yéyé et féministe en herbe. gérard de cortanze,laisse tomber les filles,les yéyés,mandor,interview,albin michel

Laisse tomber les filles est la saga douce-amère d'une génération qui avec ses contradictions, sa fougue ingénue et violente, avec sa rage parfois, ses moments de découragement et de doute, a essayé, tout en ne se résignant pas au monde tel qu'il est, à le rendre un peu meilleur. Commencé en twistant le madison le livre se clôt sur la « marche républicaine » du 11 janvier 2015. 

L’auteur :

Auteur de romans, de biographies, d'essais sur l'art et la littérature, Gérard de Cortanze a obtenu le prix Renaudot 2002 pour Assam. Nombre de ses livres s'appuient sur une réalité historique forte. Après sa saga familiale des Vice-RoisL'An prochain à GrenadeLes amants de Coyoacan, et Zazous, qui a obtenu le Prix Jacques-Chabannes « attribué à un livre traitant de l'actualité », Laisse tomber les filles ne déroge pas à cette règle.

gérard de cortanze,laisse tomber les filles,les yéyés,mandor,interview,albin michel

gérard de cortanze,laisse tomber les filles,les yéyés,mandor,interview,albin michelInterview :

Par rapport aux Zazous, qui sont les yéyés ?

On peut dire que ce sont leurs petits-enfants. Ce livre est un prolongement du précédent, parce que c’est toujours l’histoire de France qui se poursuit.

Dans Laisse tomber les filles, on part de 1963 jusqu’en 2015 et ses dramatiques attentats parisiens.

Il y a 50 ans d’histoires de France à travers quatre personnages, de l’adolescence à l’âge de 65 à 70 ans.

Ce livre m’a fait penser à plein de comédies italiennes.

Oui, vous avez raison. Des films comme Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, Nos meilleures années de Marco Tullio Giordana. On peut penser aussi à Jules et Jim de François Truffaut ou certains films de Claude Lelouch. Je suis cinéphile, alors votre remarque me touche.

Bande annonce du film d'Ettore Scola, "Nous nous sommes tant aimés". 

Les yéyés, ce sont finalement les baby-boomers, les enfants de l’immédiat après-guerre qui sont nés entre 1945 et 1955.

Ils font partie des 12 millions de bébés demandés au français par le Général de Gaulle. Ces baby-boomers vont traverser les Trente Glorieuses. C’est la France heureuse qui se relève de la guerre. Il n’y a pas de chômage. Ce sont des gens qui vont consommer. C’est la première génération qui ne connait pas la guerre en France.

Cette génération qui consomme et surconsomme, qui s’épanouit dans le plaisir de consommer, va pourtant finir par se rebeller contre cette consommation.

Oui et cela va conduire à Mai 1968 et le mouvement hippie.

1h 10 de compilation des années 60 (chanson intégrale) : Dalida : « Itsi Bitsi, Petit Bikini »,  Johnny Hallyday : « Retiens la nuit »,  Leny escudero : « Pour une amourette »,  Fats Domino : « Blueberry Hill », Claude François : « Si j’avais un marteau », Françoise Hardy : « Tous les garçons et les filles », Enrico Macias : « Les filles de mon pays », Guy Marchand : « La passionata », Hervé Vilard : « Capri, c’est fini », Gilbert Bécaud : « Nathalie », Eddy Mitchell : « Be bop a lula », Dario Moreno : « La marmite », Les Surfs : « A  présent, tu peux t’en aller », Antoine : « Les élucubrations », Adamo : « Vous permettez monsieur », Sheila : « L’heure de la sortie », Michel Orso : « Angélique », Hugues Aufray : « Céline », Nino Ferrer :  « Le téléfon », Nicoletta : « La musique », France Gall : « Les sucettes », Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot : « Comic Strip », Jacques Dutronc : « Il est 5 heures, Paris s’éveille », Wildon Simonal : « Païs Tropical ».

Comment est construit le livre ?

Les deux-tiers du livre, ce sont les années 60. Après, on arrive assez vite à 2015. Stylistiquement, c’est intéressant parce que plus on vieillit, plus le temps passe à une vitesse folle. J’ai voulu montrer cela aussi dans l’écriture. Le livre débute à la Nation avec en 1963, un concert joyeux, finit aussi à la Nation, mais avec une manifestation pour défendre des valeurs que l’on pensait acquise : la liberté d’expression et la démocratie.

S’il est nostalgique, c’est loin d’être un roman mélancolique, encore moins pessimiste.

Pour schématiser, je considère qu’il y a deux types d’écrivains. Il y a ceux qui pourraient pencher du côté d’André Gide, c’est-à-dire de la réflexion, du savoir, de la pensée, de la philosophie, de l’introspection, et ceux qui pourraient pencher du côté de Roger Martin Du Gard, c’est-à-dire de l’observation, de la description de ce qu’il se passe sans se projeter dans le futur. Je suis plutôt du côté du deuxième écrivain. Mes personnages ont le nez sur les évènements et ne tirent pas de plan sur la comète. J’estime que ce n’est pas mon rôle de donner mon avis. Je reste factuel et c’est au lecteur d’en tirer les conclusions.

Publicité de la fin des années 50 aux années 60.

Je trouve qu’il y a plus de références historiques dans ce livre que dans Les zazous.

C’est vrai et je peux comprendre qu’on n’apprécie pas cette façon de faire de la littérature. Un ami m’a dit qu’avec ces deux livres j’ai inventé  un genre : le roman sociologique. Ce n’est pas faux parce que j’ai besoin de m’appuyer sur des faits réels. Mais, j’insiste sur le fait qu’avec cette reconstruction formelle historique, on est quand même dans la littérature.

Est-ce votre livre le plus intime ?

Oui. Je livre beaucoup de moi, mais peut-être pas dans le personnage que l’on croit, Lorenzo. Bien sûr il est d’origine italienne, il est un fou de cinéma, il voudrait devenir écrivain, il court le 800 mètres… mon fils qui a lu la 4e de couverture du livre m’a dit que j’exagérais car c’était ma propre description. Oui et non. C’est  moi, mais complètement recréé, retravaillé. Je suis aussi dans le personnage féminin qui est Michèle et également dans les deux autres copains, François et Antoine. J’ai placé des bouts de moi chez mes quatre héros

Documentaire sur la France des années 60.

Contrairement à l’époque des zazous, vous racontez là une période que vous avez vécu.

Oui, et c’est très différent. Ça apporte une dimension supplémentaire parce que j’ai été témoin de ce que je raconte. Mais, je n’ai pas tout dit et j’ai fait mon travail d’écrivain en travestissant quelques réalités… mais pas la réalité historique.

Vous écrivez beaucoup de livres et dans chacun, il y a une présence de l’histoire.

C’est parce que cela me passionne. Ce n’est pas pour rien que j’écris des articles dans Historia. Le romancier ne fait rien d’autre que d’écrire des biographies puisqu’il invente les vies des personnages. Moi ce qui m’intéresse, c’est de voir comment des destins individuels s’agencent et bougent dans cette sorte de fleuve ininterrompue qu’est l’histoire.

Après les années zazous, vous évoquez les années yéyés jusqu’à aujourd’hui… vous arrêtez donc ce genre de livre-là ?

Je serais très tenté d’écrire la suite. J’ai écrit 90 livres, mais ce qui est étrange, c’est que je n’arrive pas à écrire un livre sur notre époque, un livre sur la France d’aujourd’hui. Je ne sais pas si j’y parviendrai un jour.

France Gall : "Laisse tomber les filles".

Vous avez écrit Laisse tomber les filles en écoutant de la musique yéyé ?

Oui, au grand dam de ma femme et de mon fils. Ils me disent qu’à chaque fois que j’écris un livre, on bouffe matin, midi et soir, la musique de l’époque sur laquelle je travaille. Quand j’ai écrit Les zazous, j’écoutais en boucle la musique swing des années 30 à 45 et là, j’ai écouté et réécouté la musique des années 60.

gérard de cortanze,laisse tomber les filles,les yéyés,mandor,interview,albin michelComme pour Les zazous, il y a un triple album qui constitue la bande originale de votre roman.

Il y a 98 titres situés dans le temps. C’est la musique yéyé, c’est-à-dire celle sortie entre 1960 à 1965. Il faut écouter ça en lisant le livre. Chaque titre du roman fait d’ailleurs référence à une chanson.

Le titre du livre, Laisse tomber les filles, est troublant par rapport au récent décès de France Gall.

Oui, c’est d’autant plus troublant que j’avais hésité entre deux titres… ce livre a failli s’appeler Retiens la nuit. Un titre de Johnny…

Johnny Hallyday : "Retiens la nuit". 

Vous qui écrivez sur le passé, estimez-vous que « c’était mieux avant » ?

Pas du tout parce que je ne suis pas passéiste. Bien sûr, dans ces années-là, il y avait un côté collectif. On avait l’impression d’être une nation qui avançait vers le futur. Je le ressentais assez fort. Ce collectif c’est transformé aujourd’hui en une sorte d’individualisme forcené.

Le monde hyper connecté vous fait-il peur ?

Peur, non, c’est un bien grand mot. Mais il est vrai qu’on est aujourd’hui dans une époque où on se prend en photo en permanence,  où on balance sa vie à tout le monde sur les réseaux sociaux, où on croit ne plus être seul grâce à son IPhone. Je me demande juste quelle va être l’étape suivante.

gérard de cortanze,laisse tomber les filles,les yéyés,mandor,interview,albin michel

Avec Gérard de Cortanze, après l'interview, le 11 janvier 2018.

30 janvier 2018

Laurent Fialaix : interview pour Toutes griffes dedans

laurent fialaix, toutes griffes dedans, interview, mandor

(Photo : Anne Kurenai)

Le journaliste et auteur Laurent Fialaix sort un livre particulièrement prenant tiré d’une histoire vraie (mais un peu transformée, sinon, quelle serait l’utilité d’être écrivain ?) Toutes griffes dedans se lit d’une traite. Comme le dit une lectrice sur Amazon : « Une sorte de schizophrénie, de folie harceleur-harcelé, amour-violence, admiration-haine... » C’est en tout cas un thriller psychologique percutant !

J’ai rencontré Laurent Fialaix lors d’un de ses récents passages à Paris  au début du  mois de janvier 2018.

laurent fialaix, toutes griffes dedans, interview, mandorPrésentation de l'éditeur :

Il s'appelle Laurent. Il est journaliste indépendant dans une petite ville perdue. Laurent se sent seul. Il travaille peu. Alors, pour combler sa solitude, il se plonge dans les livres. C'est qu'il aime les auteurs, Laurent. Passionnément. Il leur écrit souvent. Pour leur dire son admiration, tenter un dialogue. Rarement ils répondent. Il s'est fait une raison... 
Jusqu'au jour où il découvre le livre de Ronan Fardeze. Un récit fait d'amour et de mort qui le bouleverse, et dans lequel il trouve un peu de sa vie, ses combats, beaucoup de ses douleurs passées. Dans les mots du romancier, Laurent se voit en transparence. Cette fois, il en est sûr : l'écrivain et lui pourront s'aider, se comprendre, devenir proches. Ils ont rendez-vous, comment en douter ? Reste à le faire savoir à celui qu'il attend... Téléphone, SMS, réseaux sociaux... Laurent est prêt à tout pour attirer Fardeze jusqu'à lui. Y compris à s'arranger avec ses vérités...

"Toutes Griffes Dedans" est le roman noir d'une folie qui rampe et qui explose. Celle d'un obsessionnel chez qui la schizophrénie trouve son écrin. Ce roman (librement adapté d'une histoire vraie) retrace le parcours d'un homme désespéré, brisé par ses différences et par une enfance faite de rejets et de drames. Un homme dont on ne saura jamais si on doit le plaindre ou bien le détester...laurent fialaix, toutes griffes dedans, interview, mandor

L’auteur :

Laurent Fialaix est auteur et journaliste. Le très autobiographique Nos Bonheurs Fragiles, est paru aux éditions Léo Scheer en 2009. Entre récit autobiographique et fiction, ce livre traite notamment des thèmes du deuil et de la reconstruction, d’amour, de solitude, d’abandon et de différences, le tout dans une quête perpétuelle du bonheur. Malgré tout.  Il reçut à l’époque un très bel accueil public et critique. Toutes Griffes Dedans est son deuxième roman. Dans l'ombre il écrit aussi pour d'autres, et co-signe parfois quelques autobiographies ou documents.
Après quelques 25 années passées à Paris et quatre en Provence (mais n'en parlons plus!), il est de retour dans sa ville d’origine, Auxerre. Jamais loin de Paris...

laurent fialaix,toutes griffes dedans,interview,mandorInterview :

Toutes griffes dedans à une résonance avec Nos bonheurs fragiles.

Quelques mois après la parution de mon premier livre, j’ai été contacté par mail par quelqu’un qui me tutoie d’emblée. Il me dit le plus grand bien de mon livre et me donne son numéro comme si nous étions amis de longue date. Il s’exprimait vraiment de manière à me faire croire que nous étions intimes. Moi, je me demandais quelle était cette personne. Elle avait un prénom mixte, je ne savais donc même pas si c’était un homme ou une femme. J’ai fait une petite enquête sans succès. J’ai donc appelé de mon bureau avec un numéro masqué pour savoir si je reconnaissais sa voix. Je pensais que j’allais tomber sur son répondeur, or, je suis tombé sur lui, alors j’ai raccroché.

Que s’est-il passé après ?

Tout de suite après, il a rappelé, ça voulait dire qu’il avait mon numéro au bureau. Je ne connaissais pas cette personne, c’était maintenant clair. Il s’en est suivi trois semaines de harcèlement étouffant intense. Ça m’a fait très peur, je devenais parano. Je sortais dans la rue, j’avais peur de le rencontrer, je faisais une séance de dédicace, j’avais peur qu’il débarque… Je te passe les détails, mais j’en ai fait ce livre. C’est expiatoire.

Ce qui est intéressant, c’est que dans ton livre, le narrateur est celui qui harcèle l’écrivain.

J’ai voulu jouer en me mettant à sa place. J’ai fait exprès d’appeler le harceleur par mon prénom et j’en ai fait un journaliste pour que l’on pense que c’est moi. J’aime créer la confusion.

laurent fialaix,toutes griffes dedans,interview,mandor

(Photo : Anne Kurenai)

Tu démontres bien qu’un « fan » peut très vite se transformer en un ennemi farouche s’il est déçu par laurent fialaix,toutes griffes dedans,interview,mandorcelui qu’il admire.

C’est un grand classique. Mais ce genre de personne est généralement quelqu’un qui est seul, différent, schizophrène ou bipolaire. C’est toujours quelqu’un dont la différence est trop lourde à porter. Il comble ce vide abyssal par le harcèlement qui confine à la folie. Quelque part, il n’est pas fautif de ses actes. Je comprends que l’on puisse prendre le Laurent de mon livre en sympathie. A ce  propos, le retour des lecteurs est étonnant. Beaucoup l’apprécient, les autres le détestent, il ne laisse personne indifférent. Ça me plait bien qu’il soit perçu différemment.

En vrai, tu sais qui t’a harcelé ?

Oui, parce qu’un jour, il m’a envoyé une carte de visite à son nom. Et  puis il m’envoyait des messages avec sa vraie boite mail. Avec Google, c’est très simple de retrouver quelqu’un.

La scène où  il t’appelle alors qu’il fait l’amour à un homme, c’est arrivé ?

Oui. Je  sortais d’une séance de cinéma. Je rallume le portable et j’entends un message très explicite. C’était comme si j’assistais à un film porno, mais sur mon répondeur.

Tu as gardé tous ses messages ?

Oui, au cas où ça dégénère. Pour le livre, j’ai inventé des histoires autour de ces messages

laurent fialaix,toutes griffes dedans,interview,mandor

(Photo : Anne Kurenai)

laurent fialaix,toutes griffes dedans,interview,mandorLes réseaux sociaux ont une part importante dans ton livre.

Ca a changé la société et le rapport aux autres. Ca a cassé la distance entre l’artiste et le fan. Je trouvais que ce moyen très simple pour approcher n’importe qui était intéressant à aborder. Il n’y a plus d’armure.

Il  y a de toi dans les deux personnages, le harceleur et le harcelé ?

Oui, j’avoue, le harceleur aussi parfois me ressemble. J’ai relu une partie du livre dans le train et c’est ce que je me suis dit. Pas dans le harcèlement, mais dans certains traits de caractère et dans sa sensibilité. Dans tous les romans qu’un écrivain écrit, il met de lui.

Ça t’a replongé dans cette histoire d’écrire ce livre ?

Oui, mais avec une certaine distance. La peur a complètement disparu. Du temps est passé.

Tu es journaliste et tu es devenu écrivain.  C‘est quoi le cheminement ?

J’ai toujours voulu être auteur. Depuis tout petit j’écris. J’étais mauvais, mais j’avais besoin de m’exprimer par ce biais-là. C’était une nécessité. J’ai traversé quelques épreuves que j’ai racontées dans Nos bonheurs fragiles et ça m’a fait du bien de les raconter dans un livre. C’est une forme de thérapie.

laurent fialaix, toutes griffes dedans, interview, mandor

Après l'interview, un soir de janvier 2018...

11 janvier 2018

Baptiste Vignol : interview pour Claude François, je reviendrai comme d'habitude

baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandor

Baptiste Vignol est un journaliste et biographe pour lequel j’ai beaucoup de respect (son blog). Dès qu’il « attaque » un sujet, il ne laisse strictement rien passer. Pas question pour lui de se laisser aller à une quelconque hagiographie. Il brosse le portrait  le plus précis de l’artiste, sans concession, sans exagération (pour vendre) non plus. Il est pointilleux, précis et obtient des informations souvent  inédites.

(Baptiste Vignol est déjà passé par ici, mais très rapidement, pour son livre Les tubes, ça s'écrivait comme ça.)

Là, il s’est occupé du cas Claude François. « Quoi ? Encore ! » répondit l’écho.

Baptiste Vignol a  tout simplement réalisé LE livre sur Cloclo. Vous pouvez oublier tout ce que vous avez lu/vu avant. Si vous ne deviez posséder qu’un seul ouvrage sur sa vie et sa carrière, ce serait Claude François,  je reviendrai comme d’habitude.

Une bible.

baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandorArgumentaire de presse :

Depuis ses débuts, en octobre 1962, " Cloclo" est resté l'un des plus gros vendeurs de disques en France avec Johnny Hallyday, Michel Sardou, Jean-Jacques Goldman, Mylène Farmer, Francis Cabrel et Renaud. Même si sa carrière n'a duré que quinze ans (rappelons qu'il est mort à l'âge de 39 ans), sa discographie compte 23 albums studio, chacun s'étant, du vivant de l'artiste, écoulé à plus de 500 000 exemplaires ! Chanteur culte et vénéré, Claude François n'a rien perdu de son statut d'idole absolue. 
Quarante ans après sa mort, quelques-unes de ses chansons figurent encore parmi les tubes (" Alexandrie Alexandra ", " Je vais à Rio ", " Le lundi au soleil ", " Magnolias for ever ") les plus joués dans les boîtes de nuit du pays ! 
Ce livre est le dictionnaire de sa vie, qu'il mena comme une bataille, folle et tumultueuse. Il permettra aux fans historiques de découvrir quelques anecdotes inédites sur cet éternel séducteur et aux curieux de faire connaissance avec un homme infiniment plus cultivé que ses détracteurs l'affirmèrent. 
Cloclo for ever !

L’auteur :

En parallèle de son activité d'éditeur à l'île de La Réunion où il est installé, Baptiste Vignol, ancien programmateur de La Chance aux chansons, a écrit une dizaine d'ouvrages sur la chanson française, parmi lesquels Cette chanson que la télé assassine (Pirot), Cette chanson qui emmerde le Front national (Tournon), Le Top 100 des chansons que l'on devrait tous connaître par cœur (Carpentier), Guy Béart, il n'y a plus d'après (L'Archipel). 
En 2016, il signe Renaud, chansons d'enfer et Téléphone, 3400 nuits, tous deux aux Éditions Gründ.

baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandorInterview: 

Quand on décide d’écrire sur un artiste qui a déjà été l’objet de nombreuses biographies, quelle est la première question que l’on se pose avant de commencer  le travail ?

Quel est le livre que je souhaiterais lire ? Quelles informations voudrais-je y découvrir ? Et on se lance, avec appétit.

Lit-on les précédents ouvrages sur l’artiste pour s’informer et trouver des informations?

Bien sûr. On commence même par ça. En annotant, en recoupant les informations, en dénichant les erreurs, ou les confusions, nombreuses hélas, en vérifiant les sources, les dates pour établir l’exacte chronologie des événements…

Il y a beaucoup d’interviews de personnalités ayant travaillé ou ayant connu l’artiste. Les témoignages inédits, c’est ça le secret d’une bonne biographie ?

C’est en tout cas une valeur ajoutée ! Et j’étais très étonné de constater que trente-neuf après sa mort, il restait des artistes, des auteurs, des collaborateurs de Claude François qui n’avaient pas été consultés, en tout cas pas avec le sérieux qu’ils méritaient. Je pense à Frank Thomas, Jean-Michel Rivat, ces paroliers de génie, par exemple. À Jeff Barnel. Qui enregistra son premier 45 tours chez Flèche, avant de devenir parolier pour Claude François, puis Dalida. À Gilbert Sinoué aussi, qui a signé deux chansons pour Cloclo avant de devenir l’écrivain qu’on connait. Ou à Jean-Pierre Sabar, qui « lança » Claude François en l’engageant comme percussionniste à Paris en 1961, puis travailla avec lui sur d’innombrables chansons en studio.

Ce n’est pas un ouvrage hagiographique. Tu n’épargnes pas Claude François. Penses-tu avoir été baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandortotalement objectif… et est-ce facile de l’être ?

Les hagiographies n’ont aucun intérêt et l’immense majorité des livres parus sur Claude François, mis à part ceux rédigés par Isabelle Forêt, la mère de ses enfants, ou Janette, sa première épouse, ont travesti la réalité des événements pour mettre l’histoire de son côté. Comme s’il fallait épargner la légende. Claude François était un homme complexe, à la fois incroyablement généreux et tyrannique. Pourquoi ne pas le dire ? Et chercher d’en comprendre les raisons. Cela fait aussi la richesse de sa personnalité. Mais je rappelle aussi dans mon livre qu’il était très cultivé et, disons, ouvert d’esprit, puisqu’il fut le premier à imposer des danseuses Noires à ses côtés à la télévision.

Même les interviewés ne sont pas toujours tendres avec Claude François. Le souci de la vérité implique l’effritement de la statue du commandeur ?

Chacun sait depuis la sortie du  film « Cloclo » que Claude François était un être « spécial » comme le dit Vline Buggy, sa parolière et amie, qui cosigna avec lui 80 chansons, dont les premiers tubes. Prétendre le contraire ou effacer ses emportements, voire ses travers, pour ne pas dire ses excès, c’est prendre le lecteur pour un gogo.

"Le chanteur malheureux".

baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandorCe livre fourmille d’anecdotes. Est-ce que les anecdotes sur un artiste finissent par décrire une personnalité ?

Les anecdotes, les faits anecdotiques, ceux dont les témoins se souviennent, ont l’avantage de mettre en lumière le caractère, les façons de vivre, les caprices, les angoisses d’un artiste.

Tu as disséqué toutes les chansons. Honnêtement, as-tu tout réécouté pour écrire ce livre ?

Évidemment ! Quelle question ! (Rires) Et plutôt deux fois qu’une. Et je me suis éclaté ! Car la discographie de Claude François est magnifique, riche, dense, novatrice, pointue, populaire, malgré les inévitables « mauvaises » chansons qui polluent tous les répertoires, à l’exception d’un Brassens qui, lui, n’en comptait aucune.

L’iconographie est impressionnante. J’ai rarement vu autant d’archives photographiques inédites… qui s’est occupé de cette partie-là et comment as-tu fait pour obtenir autant d’exclusivité ?

Je m’en suis occupé, et c’était là encore un vrai bonheur. Bizarrement, on retrouve toujours les mêmes clichés dans les livres sur Claude François ! Alors qu’il existe, notamment « chez » Jean-Marie Périer, des photos absolument superbes. Il y en a plein d’ailleurs de Périer qu’on n’a pas pu mettre, faute de place, alors que le livre fait plus de 300 pages…

"Je viens dîner ce soir".

Peut-on écrire sur un artiste que l’on n’apprécie pas ?baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandor

Oui, à condition d’être objectif et de ne pas avoir peur de reconnaître ses mérites, sa constance, son instinct, son sens du tube. Je ne suis pas fan de Johnny Hallyday, par exemple, mais j’aurais beaucoup aimé travailler sur son répertoire.

Au fond, que représente Claude François pour toi ?

Mon enfance, puisque c’est le premier chanteur français dont j’ai écouté les chansons lorsque je suis rentré de Tunisie. Et c’était à l’occasion de sa mort, sans que nous ayons la télévision… Mais sa mort a fait un tel boum qu’avec ou sans télé, on était forcément au courant. Tout ne parlait que de ça. Il est donc devenu mon idole. J’avais 7 ans. Jusqu’alors, j’étais fan des Frères Jacques, que j’adore toujours. Après Cloclo, vers 9-10 ans, je suis tombé dingue de Renaud, de Luis Mariano, de Georges Brassens, de Christophe (à l’époque, au milieu des années 80, on se foutait de moi parce que j’écoutais Christophe) et puis de Charles Trenet, à 17 ans, que je vénère encore. Tu sais tout.

"Cette année-là".

baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandorLe livre est sous-titré « Je reviendrai comme d’habitude », cela sous-entend qu’il sera là éternellement ?

On va « fêter » en mars prochain les quarante ans de sa disparition. Combien tu paries qu’en 2028, on fêtera les cinquante ? Ça ne fait aucun doute. Pourquoi ? Parce qu’on dansera toujours sur « Alexandrie Alexandra », « Magnolias for ever » et « Je vais à Rio ». Ils ne sont pas bezef les chanteurs français qui provoquent ça.

Comment expliques-tu le succès de l’album et la tournée hommage à Claude François de M Pokora ?

M Pokora, dont je ne connais pas les chansons, avait déjà du succès, me semble-t-il, et depuis quelques années, lorsqu’il a enregistré cet album. Il ne sortait pas de nulle part. Et il a eu l’idée, ce qui prouve qu’il a du nez, de reprendre à sa sauce Claude François, et ça a cartonné. Je ne sais pas si c’est bien pour les chansons de Claude François, mais c’est chouette pour les ayant-droits. Frank Thomas, qui avait signé le texte de « 17 ans » qu’a repris M Pokora, m’avait dit, en souriant : « Ça paie l’électricité ! »

Y a –t-il un nouveau Claude François en 2018 ?

Il n’y en a pas eu depuis 1978, si ?… Je crois qu’il n’y aura jamais un nouveau Claude François, avec cette exigence du détail, ce talent de danseur, ce sens du spectacle, je pense aux Clodettes… Et ce don de dénicher le tube imparable, et d’en être souvent à la source.

Medley ("Chanson Française"-"Je vais à Rio"-"Le téléphone pleure"-"Magnolias for ever"-"Alexandri Alexandra").

20 décembre 2017

François Alquier : interview par Fabien Martin pour L'aventure Starmania +promos

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmaniaFabien Martin est un ami auteur compositeur interprète dont j’apprécie le travail depuis qu’il enregistre des disques. Il a été un des tout premiers mandorisés il y a 11 ans, en juillet 2006, puis il est revenu en 2014. Nous sommes devenus amis au fil des années.

Un jour, il m’envoie un message.

Lui :
-Pour ton livre, L'aventure Starmania, tu veux bien que je te mandorise?
Moi :
-Euh...
Lui : Tu fais la promo des autres tout le temps, je ne te laisse pas le choix. Je vais m'occuper de ton cas, point barre!
(Ainsi, le 29 septembre dernier, dans son studio d'enregistrement, un de mes chanteurs préférés a fait son boulot d'intervieweur impeccablement. Il avait bien lu le livre et m'a posé une série de questions très intéressantes. 
(Fabien, reste dans la chanson, je ne veux pas que tu me piques mon job!) 
(Et merci pour tout!)

Interview :françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Bonjour François.

Bonjour Fabien.

Il y a environ deux ans, tu sortais un livre sur la chanteuse Louane, et aujourd’hui nous sommes ici pour parler de la parution de ton ouvrage sur l’aventure Starmania.

Tout d’abord, toi qui as l’habitude d’interviewer des chanteurs, qu’est-ce que ça te fait d’être interviewé par un chanteur ?

Etre interviewé n’est pas l’exercice dans lequel je me trouve le meilleur. Par un chanteur, qui plus est, c’est la première fois. Donc je ne sais pas. Je vais vivre cette expérience, et je t’en parlerai à la fin.

Alors ce sera notre première fois pour tous les deux. Tu as bien dormi ?

J’ai… moyennement dormi, mais pas à cause de ça.

La première question que je vais te poser sera la dernière à laquelle tu répondras, parce qu’elle n’est pas simple, et qu’elle va te demander un peu de réflexion et d’imagination. Tu vas donc y penser durant l’interview et j’y reviendrai à la fin.

Nous sommes donc en 2017, la dernière édition de Starmania a eu lieu en 1993 et, comme tu le sais, une nouvelle édition verra vraisemblablement le jour en 2018, sous la houlette de son auteur.

Ce que tu ne sais pas encore, en revanche, c’est que Luc Plamondon va t’appeler d’ici la fin de la semaine pour te proposer le poste de Directeur de Casting, poste que tu ne peux pas refuser évidemment.

Evidemment.

Qui verrais-tu dans chacun des rôles aujourd’hui ? Evidemment, on a besoin d’un casting franco-québécois, c’est le désidérata de monsieur Plamondon. Alors tu y réfléchis et on y revient dans trente minutes. Ok pour toi ?

OK.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmaniaQuel âge avais-tu au moment de la première mouture de Starmania ?

J’avais onze ans, je m’en souviens parfaitement. J’avais fait acheter le disque bleu de 1978 par mes parents, pour la seule et unique raison qu’il y avait à l’intérieur un chanteur que j’entendais de plus en plus, Daniel Balavoine. « Le Chanteur » était joué sur toutes les radios. Et cette voix-là m’avait complètement… bouleversé. Je l’adorais.

Donc tu as acheté l’album de Starmania juste…

… Juste parce qu’il y avait Balavoine, exactement !

C’est un spectacle que tu as vu ou que tu as fantasmé ?

Oui je l’ai vu, mais uniquement la dernière version.

Je voulais savoir si tu avais vu l’original.

Malheureusement, non. Et c’est vraiment ma version préférée. J’ai aimé Starmania avec la première version. D’abord l’album bleu, enregistré en studio, puis la version live, un an plus tard, qui est, à mon avis, la plus complète. Le vrai Starmania c’est cet album-là, puisqu’il y a toutes les chansons, ainsi que les intermèdes qui racontent l’histoire.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Daniel Balavoine (Johnny Rockfort) en 1984 au Palais des Sports de Paris.

Donc c’est par le truchement de Balavoine que tu arrives à Starmania, mais tu y découvres d’autres chanteurs…

Oui, et j’ai fini par aimer toutes les chansons très rapidement. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’elle racontait, parce que les thèmes abordés à l’époque ne me parlaient pas vraiment, mais j’aimais les voix. Et j’adorais la musique de Michel Berger. D’autant plus que toutes les chansons se suffisaient à elles-mêmes. On pouvait les écouter sans forcément penser à l’histoire.

Justement, c’était ma question suivante… Penses-tu que le public ait à ce point conscience de ce que raconte Starmania, au-delà des chansons ? Ne crois-tu pas que la redoutable efficacité et popularité de chacune des chansons n’a pas un peu éclipsé l’ensemble de la comédie musicale, son livret, son propos ?

Je partage ton avis. Les chansons ont éclipsé l’histoire et, j’irai même plus loin, elles ont éclipsé les interprètes.  En France, peu de gens savent que c’est Claude Dubois qui chante « Le Blues du Businessman » par exemple. Et encore, là, je te parle de la première version…

C’est ce que tu écris dans ton livre d’ailleurs, ce sont les chansons qui sont au service des interprètes et non pas l’inverse…

C’est ce que me disait le directeur de Radio Nostalgie. Quand la radio diffuse ces chansons, personne ne sait qui les chante, à part Balavoine et Fabienne Thibault.

Oui quand même… Dans ton avant-propos, tu mentionnes une personne que tu as interviewée pourfrançois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania ton livre et qui te demande pourquoi tu aimes Starmania depuis toujours. Tu dis te retrouver dans l’incapacité de répondre. Depuis que tu as terminé le livre, j’imagine que tu as eu le temps de réfléchir à la question… As-tu une réponse à lui donner aujourd’hui ?

Je ne sais pas, j’imagine que toi aussi tu as des albums de référence, que tu as écouté toute ta vie, que tu aimes, mais tu ne sais pas vraiment pourquoi. Starmania, c’est un truc qui m’a toujours touché. Chaque chanson raconte une histoire dans laquelle tout le monde peut se retrouver.

Justement, est-ce qu’il y a une chanson qui te tient particulièrement à cœur ? Un personnage auquel tu t’identifies ? Ne me dis pas « Balavoine », attention! Je ne parle pas d’un chanteur en particulier, mais d’un personnage.

Je serai tenté, effectivement, de te dire que ma chanson préférée est « S.O.S. d’un terrien en détresse », car je la trouve superbe, mais Johnny Rockfort n’est pas le personnage dans lequel je me retrouve ; c’est un terroriste, il est plutôt faible, il se fait un peu mener par le bout du nez par Sadia puis par Cristal… De fait, en réalité, je trouve qu’il n’a pas tant de personnalité que cela.

Comme la plupart des terroristes aujourd’hui.

Oui, c’est vrai. Ma sensibilité m’amènerait donc plutôt vers le rôle de Marie-Jeanne, la serveuse automate. Je crois que c’est le rôle le plus universel. Elle raconte la solitude, les déceptions amoureuses, l’interrogation sur ce que l’on fait sur Terre, sur où est notre place… Marie-Jeanne se pose des tas de questions que l’on se pose tous. Les autres personnages sont davantage segmentants.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Maurane (Marie-Jeanne), le 30 mars 1993 au Palais des Congrès de Strasbourg.

En lisant ton livre, j’ai eu la sensation que le succès et la réussite de Starmania, tant commerciale qu’artistique, tenaient au fait que Berger et Plamondon n’étaient pas du même continent. Un compositeur du Vieux Continent, et un auteur du Nouveau, avec tout ce que cela implique de modernité. Je ne sais pas si Starmania aurait été si visionnaire à l’époque, et donc autant d’actualité quelques décennies plus tard, si Luc Plamondon avait été européen. Qu’en penses-tu ?

Effectivement, Luc Plamondon est arrivé avec sa culture, et la culture nord-américaine, tu le sais, n’est pas la même que la nôtre. Et ce choix, Michel Berger l’a fait volontairement. Il savait qu’il n’allait pas trouver les mots, il sentait qu’il manquait quelque chose. Il n’avait pas la virulence de Plamondon, la même culture, ni forcément la même vision du monde. Cette association a été comme une étincelle, ils se sont trouvés. Et ils n’ont jamais pu refaire aussi bien, même s’ils ont remis le couvert par la suite avec « La Légende de Jimmy »…

Oui, un peu comme un vieux couple qui se remet ensemble des années après, mais ce n’est plus la même magie.

Ça n’a pas matché de la même façon. Je ne sais pas, il devait y avoir toutes les conditions réunies en 78 pour faire ce chef-d’œuvre.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmaniaLes planètes étaient alignées.

Voilà, c’est ça!

Je voudrais revenir un peu sur ton livre, sur la façon dont tu l’as écrit. Quelles ont été les premières étapes ?

J’ai commencé par les entretiens. Comme tu le sais, c’est mon métier, et j’aime beaucoup ça. Tous les livres que j’écris sont à base d’interviews, je trouve que c’est le bon matériel pour commencer un livre. Donc j’en ai fait beaucoup, beaucoup, beaucoup… Et le problème c’est que quand tu as autant de témoignages, et là j’en avais quand même trente ou trente-cinq, c’est qu’il faut déjà les retranscrire. Savoir où tu vas situer telle phrase, telle citation, tel thème… et cela devient vite un casse-tête, un véritable enfer même ! J’avais tout imprimé, tout disposé par terre, je relisais, je me disais : « tiens, ça, ça peut aller là, ça ici », etc… C’était ludique, mais difficile.

Combien de temps t’a demandé l’écriture de ce livre ? A quelle fréquence, à quels moments de la journée ?

Ça m’a pris un an en tout, dont véritablement trois mois à temps complet, où je ne faisais quasiment que ça. 

Es-tu parvenu à sacrifier ta vie de famille et à laisser tomber tes amis afin de te consacrer pleinement à l’écriture ?

Les gens qui me sont proches ont eu la gentillesse de ne pas m’en vouloir quand j’avais beaucoup de boulot. Mais c’est vrai qu’on n’est pas disponible, ni dans le temps, ni dans sa tête. Mais je suis sûr que c’est pareil pour toi, qui est chanteur et musicien, quand on est dans son truc, on a du mal à s’en extirper. Starmania a occupé un an de ma vie ; je ne vivais que Starmania, je ne pensais que Starmania. Ça m’a fait pareil avec Louane. Quand tu prends un sujet,  tu vis avec, tu t’endors avec, tu te réveilles avec.

En tout cas, bravo, le livre est vraiment beau, bien documenté, très fourni en photos et en témoignages. J’ai appris par exemple que Michel Jonasz avait décliné l’offre de chanter « Le Blues du Businessan ». C’est fou !

Oui, mais comme je sais que c’est quelqu’un de ta famille, il faudra quand même lui demander si c’est vrai.

On lui demandera. Cela dit, puisqu’on est entre nous tu peux me le dire, de quels protagonistes aurais-tu aimé avoir les témoignages, t’entretenir, et qui n’ont pas voulu te répondre ? Ou peut-être que tu n’as pas osé contacter ? Evidemment, on pense à France Gall, Luc Plamondon…

Ce sont ces deux-là justement ! Luc Plamondon, je voulais que ce soit lui qui fasse la préface.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Luc Plamondon, l'auteur de Starmania, le 20 novembre 1998 à Radio Notre Dame.

C’est Maurane qui va être contente (Maurane signe la préface, NDLR)…

Je pense qu’elle le sait et qu’elle le comprend. Donc, concernant Plamondon, je n’ai pas eu de réponse. Ou plutôt une fin de non-recevoir de la part de son entourage, qui m’a expliqué qu’il ne participait jamais à ce genre de chose... France Gall, c’est une toute autre histoire. C’est quelqu’un de tout à fait admirable professionnellement, mais lorsque sort un projet concernant Michel Berger, je crois qu’elle aime bien avoir l’œil dessus, et moi je ne souhaitais personne qui veille sur ce que je faisais. Je voulais de la liberté et de la sérénité.

Donc tu ne lui as même pas demandé…

Pour être franc, j’ai hésité. Je me suis dit « soit je l’appelle », au risque d’être un peu embêté pendant l’écriture, soit je fais sans. Et il y avait suffisamment de témoignages d’elle à droite et à gauche sur le sujet pour que je puisse m’en passer.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec France Gall (Cristal), le 3 septembre 2015. ®Bruck Dawit

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmaniaLa ou les personnes que tu as été le plus heureux de rencontrer ?

J’étais heureux de les voir tous, car ce sont des personnes qui ont fait partie d’une aventure qui me fascine. Donc passer un après-midi avec les uns et les autres, c’était génial. Maintenant, la rencontre qui m’a le plus intéressée, c’était quand même Bernard de Bosson (photo à gauche)

Ça ne m’étonne pas. Un grand monsieur du métier.

Un grand monsieur sans qui Starmania n’aurait certainement pas existé puisque, comme je l’explique dans le livre, c’est lui-même qui a insisté auprès de Michel Berger, alors encore un peu frileux, pour financer le projet… et sans avoir entendu une seule note de musique ! C’est une anecdote assez connue, mais je la trouve incroyable. Prendre ce pari…

… avec la maison-mère américaine, qui demandait des comptes et lui mettait la pression !

Oui, mais Warner USA finançaient aussi les albums de Quincy Jones sans non plus avoir entendu quoique ce soit, ce que ne manquait pas de leur rappeler Bernard de Bosson. C’est quelqu’un qui a été à la tête de Warner pendant 17 ans, il a tout vu, tout connu, découvert Véronique Sanson, Berger… Alors quand je suis en face d’un gars comme ça, qui me reçoit chez lui à grand renfort de whisky et qui me raconte tout ça, je me dis que je suis un peu privilégié. Et je me dis aussi que sans lui, il y a de fortes chances que Starmania, on n’en ait jamais entendu parler.  

Il faut parfois des gens un peu fêlés également pour suivre les artistes dans ce genre d’entreprise.

Exactement.

D’autres personnes ?

Je suis devenu assez proche de Sabrina Lory qui jouait Stella Spotlight dans la deuxième version, Peter Lorne également, qui était une des étoiles noires. Ce sont des gens qui m’ont beaucoup aidé, qui m’ont donné des photos personnelles inédites. Ils m’ont proposé de venir chez eux et on a sélectionné ensemble tout un tas de photos. Les frères Groulx, Richard et Norman respectivement Zéro Janvier et Johnny Rockfort, se sont réunis un après-midi pour retrouver et sélectionner plein de photos et me les envoyer par mail. Wenta, une formidable Sadia, aussi m’a envoyé des photos de sa collection personnelle. Tout ça fait une somme de documents que personne n’a jamais vu ! Je voulais absolument que le fan de Starmania y trouve son compte.

François, toi qui est un peu un des grands spécialistes de la chanson francophone, penses-tu qu’un opéra rock aussi puissant que Starmania puisse être créé d’ici disons… les 300 prochaines années ?

Je n’y crois pas du tout en fait. Mais je l’espère bien sûr, j’aimerais bien que quelqu’un détrône Starmania un jour. J’ai vu beaucoup de comédies musicales, ça n’a jamais, jamais le niveau de Starmania. Ni dans les thèmes abordés, ni dans les voix. Peut-être dans le décor, dans la scénographie, mais ça ne me touche pas. Même « Notre-Dame-de-Paris », pourtant écrite par Luc Plamandon… je trouve ça tellement insipide…

Et encore, au niveau des compositions, tu ne cites pas la pire de ces vingt dernières années… Pour le reste, c’est vrai qu’en général on sent que tout a été lissé et raboté afin de plaire au maximum de personnes mais que plus personne ne s’en souvienne.

Et c’est l’erreur. Dans la première version de Starmania, il n’y a rien d’édulcoré. D’ailleurs, lors de la deuxième version, ce n’est déjà plus pareil…

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmaniaEn ce qui te concerne, tu es plutôt version 1979, 1988 ou 1994 ?

79 et sans conteste. 

Ce qui est dit en sous-texte dans ton livre, c’est que l’ambiance des représentations de Starmania en 79  n’est pas fofolle… c’est un peu la lutte des egos. On sent qu’ils ne vont pas partir ensemble en vacances… Contrairement aux versions suivantes d’ailleurs.

Cette réunion entre les Québécois et les Français était une première, et on m’a souvent dit qu’ils ne s’entendaient pas forcément bien entre eux. Mais également entre musiciens américains et chanteurs canadiens ! Il y avait pas mal de mics-macs en coulisses. Les petits conflits, l’esprit de compétition, etc…  Quant à France Gall, elle avait une place un peu particulière, puisqu’elle était également la femme du compositeur, en plus d’être déjà une star. Balavoine, lui, ne voulait pas vraiment en être. Ces histoires de comédies musicales, son personnage de terroriste, il avait vraiment peur que ça parasite sa carrière qui commençait à décoller. Ce manque d’envie, ça ne facilite pas vraiment l’adhésion. Et puis il y avait le metteur en scène, Tom O’Horgan, un Américain un peu déjanté, qui n’aidait pas à l’ambiance.

Qu’est-ce que tu reproches aux versions suivantes ?

J’aime beaucoup la deuxième version,  celle de 1988. J’aime beaucoup Sabrina Lory, Renaud Hantson, Wenta, les frères Groulx et bien sûr Maurane. Même la mise-en-scène est pas mal du tout. Je déplore juste le fait qu’ils aient retiré certaines chansons. Et je regrette vraiment les arrangements musicaux, très marqués années 80. Ils étaient très dans l’époque, et forcément, ça a mal vieillit.

C’est vrai que les versions qu’on entend aujourd’hui sont toujours celles de 79.françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Toujours ! Starmania, on entend toujours la première version. Quant à celle de 1994, mise en scène par Lewis Furey et tant décriée par France Gall, c’est la seule que j’ai vue en vrai. C’était un peu déroutant, car le délire de Lewis Furey n’était pas du tout celui de Berger ou de Plamandon, mais je ne l’ai pas trouvé non plus catastrophique. C’était spectaculaire, avec cascadeurs, jongleurs… On en avait plein les mirettes, c’était vraiment la grosse artillerie. Mais plus le temps passait, moins il y avait de décor, de personnes sur scène… ça devenait un peu n’importe quoi à la fin.

Et toi, est-ce que tu aurais aimé chanter dans Starmania ?

Je ne sais pas, et puis aujourd’hui c’est moi qui pose les questions. En plus, tu sais que c’est ma première interview alors c’est important de s’inspirer de ce qui a été fait avant, par les maîtres. Je vais donc, pour terminer, te poser trois questions « à la manière de ».

OK, allons-y.

On va commencer à la manière de Thierry Ardisson.

Tu as pris beaucoup de cocaïne pour écrire ce livre ? Peut-être même avec certains interprètes de Starmania ?

Avec les interprètes de Starmania, je n’ai bu que du thé ou du café. Ah! Aussi un Coca Light un jour. 

Quelle tristesse cette époque…

Maintenant, à titre personnel, je ne prends pas de drogue, mais il m’est arrivé d’être accompagné d’un bon verre de vin. Ça me détendait et finissait par débloquer la situation quand je me retrouvais dans une impasse.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmaniaA la Manière de Yann Moix.

L’impossible n’étant pas le contraire du possible, mais plutôt une sorte de possible qui serait arrivé à son incandescence, penses-tu que c’est justement parce qu’une telle comédie musicale était impossible à réaliser en France que Luc Plamondon et Michel Berger l’ont fait ?

Euh… oui. T’as pas un aspirine, s’il te plait ? 

Et enfin à la manière de Jacques Chancel. Et Dieu dans tout ça ?

Dieu n’a pas sa place dans Starmania. Etonnamment, il n’est pas du tout question de religion. Il y a juste eu dans la première version un gourou d’une secte.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Pendant l'interview...

Je reviens donc à ma première question. Tu as fait ton casting ?

Qui verrais-tu dans le rôle de Johnny Rockfort ?

C’est compliqué pour moi qui suis toujours à la recherche du nouveau Balavoine. Mais je dirai Pierre Lapointe.

J’en étais sûr. Zero Janvier ?

Renaud Hantson. Il a participé aux versions 88 et 94, il serait parfait pour faire le raccord. Et il a l’âge du rôle à présent.

Stella Spotlight?

Une québécoise aussi foldingue que Diane Dufresne à l’époque : Klo Pelgag. Elle est peut-être trop jeune, mais elle serait très bien, excentrique comme il faut. Son show est une folie totale.

Ziggy?

Eddy de Pretto.

Cristal?

Louane, tiens!

Oui, enfin si France Gall accepte. Sadia?

Je ne vois pas à quoi tu fais référence (rires). Mais ma réponse est Fishbach.

Et enfin Marie-Jeanne ?

Buridane.

Très bon casting. Merci.

Merci, c’était ta dernière question ?

Oui, et je te remercie de tes réponses.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Pendant l'interview (bis). 

Quelques personnalités présentes dans le livre... avec le livre.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Renaud Hantson (Ziggy en 1988 et 1989 et Johnny Rockfort en 1989).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Grégoire Colard (attaché de presse de Starmania 1979 et de Michel Berger et France Gall pendant 16 ans).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Fabienne Thibeault (Marie-Jeanne 1978 et 1979).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Norman Groulx au Québec (Johnny Rockfort dans les versions de 1988 et 1993)

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Roddy Julienne, le grand gourou dans les version 1978 et 1979.

Et oui, il y a eu une merveilleuse soirée de lancement le 17 novembre dernier, à Paris, à la librairie Les nouveautés. Beaucoup de monde, dont quatre artistes de Starmania. Voici quelques photos.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec René Joly, L'extra-terrestre dans la version 1978 et Roger-Roger dans la version live de 1979.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

René Joly (voir photo précédente), Roddy Julienne (le grand gourou dans la version public de 1979), Fabienne Thibeault (Marie-Jeanne en 1978 et en 1979) et Peter Lorne (une étoile noire dans la version 1988).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Les mêmes avec le chanteur Thomas Caruso.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Quelques invités, en début de soirée...

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

En mode sérieux.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec la chanteuse Céline Lenfant, le chanteur Thomas Caruso et le découvreur de talent, Olivier Bas...

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

...à qui je me demande bien ce que je racontais. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Jérôme Collet (Spartacus, Notre-Dame de Paris...) et Roddy Julienne (Starmania, Notre-Dame de Paris...)

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Les mêmes avec Corinne Labat, la présidente du Pic d'Or. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec les chanteuses et chanteurs, Geneviève Morissette, K!, Fabien Martin, Sophie Le Cam, Carole Masseport et Jean-Jacques Nyssen.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec mes amis, Patrice Demailly (journaliste) et Arnold Turboust (auteur-compositeur-interprète).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Laurent Balandras (éditeur, manager, auteur...)

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec mon ami, le chanteur Caruso.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Les chanteuses Céline Lenfant (à gauche) et Déborah Elina, entourant Stéphane Violas et Alexei Smigielski (ASV Chansons).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Quelques invités...

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

La présidente du Pic d'Or, Corinne Labat, avec deux Pic d'Argent K! et Thomas Caruso.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec les deux humoristes, comédiens, auteurs, Jonathan O'Donnell et Akim Omiri.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec mes potes comédiens et auteurs, Kaza, Vincent Scalera et Guillaume Gamand.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Mon attachée de presse, Clémentine Duguay, Fabienne Thibeault et Jean-Louis Hocq, directeur adjoint du pôle Tourisme - Pratique- Livres illustrés (marques Lonely Planet, Solar, Hors Collection, Acropole, Pré aux clercs) de Place des éditeurs (groupe Editis).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Boris Gasiorowski (animateur et manager), Roddy Julienne et Peter Lorne.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Stéphane Violas (organisateur de spectacle) et la chanteuse Sophie Le Cam.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec les quatre artistes de Starmania et mon pote de toujours, l'animateur de Nostalgie, Olivier Louvet. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Petit melting pot de photos. Merci à tous d'être passés, vous dire que l'émotion était là est un euphémisme...

Le livre se vend bien. Il est souvent très bien classé dans les ventes du site d'Amazon (même si la mort de Johnny, le 5 décembre 2017, a un peu biaisé les résultats.)

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

On parle du livre là:

Dans la presse écrite : 

FrancoFans (le bimestriel indé de la scène francophone, décembre/janvier 2018, n°68): 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Open Mag (le journal gratuit de la FNAC, n°201, décembre 2017, janvier 2018):

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Gala (n°1278, du 6 décembre 2017):

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Hexagone (janvier-février-mars 2018 n°06) :

Dans sa version en ligne.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

France Dimanche (N°3722, 29  décembre 2017).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Longueur  d'Ondes (N°84 Hiver 2017/2018):

Dans sa version en ligne.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Apollo Magazine, trimestriel masculin haut de gamme (N°21 avril 2018):

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Jukebox Magazine, le mensuel musical des passionnés de musique et collectionneurs de disques (N°377- mai 2018):

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Le Figaro (N°22950-26 mai 2018):

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Sur le net :

Chez TouteLaCulture.com.

Sur le site de  France  Bleu.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

France Bleu avec Julien Baldacchino. 

Sur le site de TV Melody.

Sur le blog consacré aux biographie, Bios enchantées.

Sur le site consacré aux comédies musicales, Musicale Avenue.

Sur un autre de même type, Regard en coulisses.

Sur le site culturel Art Six Mic.

Sur le site culturel, Culturellement Vôtre  (l'article certainement le plus détaillé de tous.)

Sur le site culturel Week-People.

Sur le site culturel FanMuzik.

Sur le site culturel France Net Infos.

Sur le "quotidien des professionnels des médias" Médias+.

Sur le site culturel Fenêtres sur blog (Music Box).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Gérard Quentin de Music Box.

Sur la page YouTube du Monde du ciné (dans la hotte du Père Noël).

Sur le site consacré à la chanson française, Chanter, c'est lancer des balles.

Sur un autre site consacré à la chanson française (et pas des moindres), Nos Enchanteurs

Sur la page Facebook de Broadway à Paris.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Mickael Obry de Broadway à Paris.

Le livre est aussi conseillé comme cadeau de Noël par le site Culture Hebdo, le carrefour d'information du livre au Québec et dans le monde, La Presse, site d'info de Montréal,  Le Journal de Montréal et par le site consacré  aux livres et aux films, Baz'Art.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Le Journal de Montréal (25 novembre 2017).

Une idée de cadeau en or et un jeu concours dans le n° spécial fêtes de Maxi (n°1624, du 11 au 17 décembre 2017).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Un  autre jeu concours avec la radio partenaire du  livre, Nostalgie, sur leur site, du 4 au 10 décembre 2017. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Et, malheureusement, la presse people et leurs extraits non contextualisés.

Le pompon avec Voici, puis Yahoo qui copie-colle, et ceux qui suivent, GalaNon Stop People, OrangePure People, Free, Télé Loisirs, Le Gossip, People no limit, Femme Actuelle, 7 sur 7Le Point (oui, même eux!), Le Figaro, Pure Break...

En pleine promo de ce livre, France Gall est décédée... j'ai écrit "mon rendez-vous manqué" avec elle pour le Huffingtonpost. A lire ici. 

Et quelques mois plus tard, c'est au tour de Maurane de partir. Voici des articles qui font référence au livre:

Le Huffpost édition Québec , PureBreak Charts...

Quelques médias:

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

MOI FM (le podcast de l'interview est là!), le 16 octobre 2017, dans L’œil de Sab animé par Sabrina Fraty. Emission avec Fabienne Amiach (présentatrice de la météo sur France 3 depuis 28 ans) pour son livre "Les potagers des grosses légumes" aux éditions Fortuna.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Sabrina Fraty, Fabienne Amiach et moi.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Sabrina Fraty, Fabienne Amiach et moi.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Fabienne Amiach et moi interprétant en direct, "Le monde est stone".

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Photo d'après émission avec Sabrina Fraty, le rappeur Alibi Montana (directeur de la radio), Fabienne Amiach et moi. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Ici avec Olivier Vadrot (manager d'artistes), Sabrina Fratry, Fabienne Amiach et son éditeur François Michalon

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Radio Air Show, le 27 octobre 2017, dans Le Kiosque, animé par Arno Koby. (Le podcast est là).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Face à toute l'équipe de l'émission Le kiosque

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

En pleine écoute.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Présentation de l'ouvrage. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

L'auteur compositeur interprète et humoriste Show Man, William Klank (http://william-klank.com/) présente l'objet.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Jacky lave plus propre (JLPP), présenté par Jacky sur IDF1, le 7 novembre 2017. (Le podcast de l'interview est là. Commencer à 24'16'')

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avant l'interview, le divertissement (tout est visible ici en replay). Ici Jonglage.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Là, dessin.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Si. Ceci est bien une chaise. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Sauter à cloche-pied en épelant un mot à l'envers. La promo d'aujourd'hui.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Et enfin, la promo…

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec les deux autres invités (très sympathiques), la chanteuse Noon et le chanteur Olivier Saf.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Radio Campus Paris (93.9 FM) le vendredi 10 novembre 2017 de 21h à 22h30, l'émission TriFaZé avec Buridane, Alysce (en direct) et moi (en différé) animée par l'excellente Cécile Goguely et la participation de Cyril Adda. Le podcast de l'émission est là (début d'interview sur le livre à 58'29''). 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Enregistrement de l'interview par Cécile Goguely, le 5 novembre 2017 à l'agence Mixicom.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Le 15 novembre 2017, dans les matinales d'IDFM (Radio Enghien), présenté par Christophe Caron. (Pas de podcast).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Dans l'émission de François JoyeuxUne heure avec... (à écouter là) sur différentes radios provinciales (voir bandeau ci-dessus).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec François Joyeux, lors de l'enregistrement de "Une heure avec...", le 17 janvier 2018.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Dans l'émission Que faire des mômes présentée par Eric Coudert et diffusé sur plus de 30 radios. (A écouter là à partir de 26 mn 10 secondes).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Eric Coudert, lors de l'enregistrement de "Que faire des mômes", le 19 janvier 2018.

 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Sur France Musique, le dimanche 10 décembre dans l'émission, 42e Rue, présentée par Laurent Valière, le livre est chroniqué. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Le 30 novembre 2017, dans l'émission 18h-Minuit présenté par David Khalifa, sur la chaîne de télévision Non Stop People

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

En régie...

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec le journaliste David Khalifa après l'interview.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Le 4 décembre 2017, sur la télé des Pyrénées HPyTv dans l'émission présentée par Steeve, HpyHour (#136). A partir de 4'18''

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Le 15 janvier 2018 dans l'émission "Loft Music" sur Sud Radio présenté par Yvan Cujious, depuis le studio Luna Rossa à Paris avec les artistes Noon, Geneviève Morissette et Cyril Adda. L'émission en podcast est là

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Noon, Cyril Adda, Geneviève Morissette, moi et Yvan Cujious.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Cyril Adda, Noon et Geneviève Morissette. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Après l'émission, Cyril Adda, Geneviève Morissette, Noon, moi et Yvan  Cujious.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

A Europe 1, pour Europe Week-end présentée par Wendy Bouchard. Je suis le coup de cœur culturel du 4 mars 2018. Ecouter le podcast ici.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Wendy Bouchard, pendant et après l'enregistrement de l'interview, le 26 janvier 2018.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Frédéric Zeitoun a interviewé Fabienne Thibeault et moi pour l'émission de France 2, C'est au programme, présentée par Sophie Davant. Ce reportage a été diffusée le vendredi 9 février 2018. Le voici.

Voici quelques photos pendant l'enregistrement de ce reportage.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec une maquilleuse de choix... #générositédelartiste

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

En pleine interview de Frédéric Zeitoun.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Hop! Raccord maquillage. Fabienne Thibeault, toujours aussi prévenante et généreuse. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Fabienne Thibeault, elle aussi interviewée pour ce spécial Starmania. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Fabienne Thibeault, à la fin de l'enregistrement.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Frédéric Zeitoun, à la fin de l'enregistrement.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

L'excellente journaliste Véronique de la Maisonneuve m'a reçu le 27 mars 2018 dans le mag culture de Radio Sensations (à Elancourt), la radio des Yvelines. L'émission a été diffusé le samedi 31 mars 2018. Le podcast est là.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Pendant l'enregistrement…

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Le 17 avril 2018, le journaliste culturel de France 2, Laurent Hakim, m'a interviewé dans les locaux de France Télévisions pour le journal télévisé du Week-end présenté par Thomas Sotto. Le reportage a été diffusé le samedi 16 juin 2018. Vous pouvez le voir ici.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Quelques photos des coulisses du tournage.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Yves Lecoq m'a interviewé le 4 mai 2018 pour l'émission de France 3, Les grands du rire. L'émission a été diffusée le 15 septembre 2018.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avant l'interview. Plateau vide.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

En place.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

En régie...

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Après l'enregistrement.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Le 29 août 2018, j'ai été l'invité de Sidonie Bonnec et Thomas Hugues sur RTL dans l'émission La curiosité est un vilain défaut pendant 45 mn. Le podcast est écoutable là.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

(Photo : Isabelle Piana/RTL)

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

En direct...

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Sidonie Bonnec et Thomas Hugues, à la fin de l'émission.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Le 13 septembre 2018, tournage pour l'émission Cette semaine-là pour France 3 à l'hôtel Mansart.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Et la diffusion de l'émission s'est tenue le 14 octobre 2018 (voir là).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Quelques signatures: 

Dédicace (en toute discrétion) au Rivoli 59, dans le cadre de la journée de présentation du Mégaphone Tour 2017-2018.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Sur mon stand, j'ai reçu la visite de la journaliste de FrancoFans, Stéphanie Berrebi...

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

...qui m'a offert un joli autocollant. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Martin Luminet est passé aussi.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Siau.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Geneviève Morissette.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Une Camille Hardouin se cache derrière mon livre. Sachez la retrouver.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Fred Nevché

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

...et enfin Jeanne Rochette. Merci à tous d'être venus faire un coucou.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Séance de dédicaces du livre à l'Espace Culturel Leclerc du Méridien à Ibos (à coté de Tarbes).

La Nouvelle République des Pyrénées a annoncé l'événement. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Pyrénées infos Tarbes, aussi (lire là).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Des anonymes fans de Starmania...

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

...et des amis.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

La Nouvelle République des Pyrénées du mardi 21 novembre 2017 est revenu sur cette signature.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

J'étais invité au 16e Salon du Livre et de la Chanson à Randan les 15 et 16 septembre 2018.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Quelques minutes avant l'ouverture...

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Olivier Vadrot, mon attaché de presse/manager préféré qui s'est bien occupé de moi durant ces deux jours. 

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Mon voisin de table durant ces deux journées, Nilda Fernandez. Un lien s'est créé entre nous.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Oliver Vadrot et Nilda Fernandez. Le trio de choc!

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Une fan (très austère) de Starmania.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Jacqueline Boyer, Anne Sylvestre et moi (attendant les lecteurs).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

L'orchestre de l'Université de Limoges, le chœur de l'Université et des artistes professionnels ont interprété "Les chansons de Starmania" à l'Opéra de Limoges  le 22 septembre 2018. J'ai été invité à et évènement par la directrice du service culturel de l'Université de Limoges, Nadine Gogne. Ce jour-là, l'occasion m'a été donné de me livrer à deux séances de dédicaces.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

La presse locale en a parlé…

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Pour lire l'article ci-dessous, cliquez sur l'image (ou achetez-vous une bonne loupe).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Un article très sympa sur le site de France 3 Nouvelle Aquitaine.

La librairie Anecdotes avait fait les choses en grand.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avant ces deux dédicaces, j'ai fait un peu de promo à France Bleu Limousin avec Christophe Besson (animateur et responsable des programmes).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avant la dédicace à la Libraire Anecdotes, un peu de repos devant l'entrée…  genre, je suis là par hasard.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

C'est parti pour une après-midi de dédicaces.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Jean-Michel Gillet, le bienveillant maître des lieux.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Une fan de Starmania...

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avant de partir, pot de l'amitié. 

Le soir, la représentation de "Les chansons de Starmania" s'est parfaitement déroulée à l'Opéra de Limoges. (Photo : Isabelle Rio).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Ici, avec Nadine Cogne, la directrice du service culturel de l'Université de Limoges et organisatrice de l'évènement, ici en "étoile noire". 

Il est temps de signer…

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Le 10 novembre 2018, dédicaces à la librairie les Volcans à Clermont-Ferrand.

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Avec Dominique Janin (Kanopé Prod, réseau chanson occitanie).

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Du monde, cet après-midi là. Merci à tous les auvergnats présents, attentifs et réceptifs!

françois alquier,mandor,interview,l'aventure starmania

Et le lendemain, à Cébazat, autre séance de signature dans le cadre du festival Sémaphore en Chanson.

 

11 décembre 2017

Kevin Tran : interview pour le manga Ki et Hi (tome 2)

Auchan-Tran01.jpg

En décembre 2016, j’avais ici réalisé une première interview du YouTuber star et désormais auteur de manga à succès, Kevin Tran (Le Rire Jaune). C’est un garçon que j’apprécie beaucoup humainement et j’ose dire « intellectuellement ».

Il sort le deuxième tome de sa série Ki & Hi, intitulé Une famille de fous. Pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois de décembre 2017 et janvier 2018), je l’ai interviewé de nouveau.

Auchan-Tran02.jpg

Auchan-Tran02s.jpg

Auchan-Tran02ss.jpg

01 décembre 2017

Matthias Vincenot : interview pour Poésie et chanson, stop aux a priori

matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandor

(Photo : David Desreumaux)

« Matthias Vincenot pose en une centaine de pages la petite encyclopédie qui va donner aux amoureux de la chanson de quoi discuter, sans disputer, du bien-fondé de la chanson « à texte » de la ritournelle anodine, de la comptine naïve, de la chanson rebelle, de tous ces moments qui font naître la tendresse, ou la rage de vivre, ou un certain regard bienveillant sur la vie, même quand elle est rugueuse, difficile » explique le blog Le doigt dans l’œil. On ne saurait mieux dire.

Sur le rapport entre la poésie et la chanson, on ne peut trouver plus clair et précis que ce court essai de Matthias Vincenot, Poésie et chanson, stop aux a priori, publié aux éditions Fortuna. Comme il l’écrit lui-même, il réfute  « le simplisme déguisé en évidence, les idées reçues ou ce qu’il serait convenu de croire ou de penser ».

Le 13 septembre dernier, Matthias Vincenot est venu chez moi pour évoquer ce formidable et passionnant sujet. C’était sa quatrième mandorisation (la première en 2013 pour son recueil de poèmes Les années aperçues, la deuxième en 2014 pour son Almanach insolite et son essai Le mot et la note et la troisième en 2016 pour le projet d’album Hors cadre.)

matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandor4e de couverture :

Poésie et chanson, stop aux a priori ! Il était temps de remettre les pendules à l’heure, à l’écart des raccourcis commodes, des jugements de valeur, des fausses prétentions et des vraies confusions.

Ce livre s’adresse à tous ceux qui aiment soit la chanson, soit la poésie soit les deux, connaisseurs ou non.

Il s’agit d’une promenade à travers le plaisir des mots, le long de « la bande originale de nos vies ».

L’auteur :

Poète, président de l’association Poésie et Chanson Sorbonne, fondateur et directeur artistique du Festival DécOUVRIR de Concèze, directeur artistique de Poésie en liberté, sociétaire de l’Académie Charles Cros, il a aussi créé, avec Thierry Cadet, le Prix Georges Moustaki de l’artiste indépendant et/ou autoproduit.

Docteur ès lettres, Chevalier des Arts et des Lettres, il est par ailleurs professeur aux Cours de Civilisation française de
la Sorbonne.

Ses ouvrages les plus récents sont Le mot et la note (éditions de l’Amandier, avec un prologue de Georges Moustaki, 2014) et Génération deux mille quoi (éditions Fortuna, 2015).

Il dirige L’Almanach insolite, paru en octobre 2014, qui rassemble 300 participants (avec des photos de Pascal et Nicolas Rabot et des éphémérides de Christophe Tastet, éditions Mines de rien).

matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandor

matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandorInterview :

Pourquoi ce livre ?

Déjà parce que j’aime la poésie et la chanson. Par contre, je ne mélange pas les deux, même si les frontières entre ces deux arts ne sont pas rigides. J’ai fait tout un doctorat sur ce sujet, s’en est suivi un gros livre. C’était plus un ouvrage de spécialiste. J’ai souhaité que cette  nouvelle version soit plus grand public, précise et digeste. 

Tu as d’ailleurs eu plus de mal à l’écrire que le pavé…

Je ne voulais pas enlever la moindre idée. Il fallait donc que j’arrive à condenser sans perdre en densité, mais en gagnant en lisibilité. C’était beaucoup plus difficile. Je tenais à ce que ce soit un livre qui parle de la poésie de tous les styles et de la chanson de tout temps, mais qui soit bien ancré dans l’actualité. Il a fallu repenser les choses sur cet axe-là. Il fallait devenir plus simple sans perdre en exigence. Poésie et chanson, stop aux a priori est un autre livre, pas seulement un résumé du précédent.

Tu en as fait neuf versions.

Oui, mon éditeur a été très courageux. Je lui ai envoyé neuf manuscrits définitifs dans un délai très court. Ça devenait compliqué pour lui.

Pour toi, les textes de Brassens, Brel ou Ferré ne sont pas de la poésie ?matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandor

Je fais un distinguo entre écrire de la poésie et écrire des chansons poétiques. Il ne faut pas confondre le point de départ et le point d’arrivée. Il y a des chansons de nombreux artistes qui peuvent s’apparenter à des poèmes, mais il n’empêche que quand on écrit un simple poème, on n’est pas attentif aux mêmes éléments que quand on écrit une chanson. Si j’écris une chanson, je sais qu’elle va être chantée, si j’écris un poème, je sais qu’à priori, il ne sera pas chanté.

Tu veux dire que si on écrit en sachant qu’il y a aura de la musique derrière, ça fausse l’écriture d’un poème ?

On n’écrit pas dans le même but et on n’écrit pas la même chose. Personnellement, à chaque fois que j’ai essayé, je n’y suis pas parvenu. Il faut avoir quelques notions de tempo, de régularité, de longueur. On m’a donné un jour une musique pour que je tente d’écrire un texte, mais ça a été une catastrophe. On ne peut pas mettre tout mot sur tout son. Mais j’aimerais beaucoup réessayer !

Tu insistes sur le fait que tu ne fais pas de hiérarchie entre la poésie et la chanson.

Ce sont deux arts différents qui peuvent se rencontrer, qui ont des liens de cousinage. Il y a des poètes qui rêveraient d’écrire des chansons et il y a des chanteurs qui rêveraient d’écrire des poèmes. Je connais des poètes qui ont décidé d’écrire des chansons parce qu’ils espéraient être plus entendus.

matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandor

Est-ce que tout poème peut devenir une chanson ?

Non. Ou alors, pas de la même façon et pas dans le même univers. Il peut y avoir une régularité dans le poème qui n’est pas la même dans la chanson. La  musicalité du poème et de la chanson aussi peut différer.

Il y a des chanteurs qui estiment faire de la poésie.

Ils peuvent avoir raison, mais ils font quand même des chansons. J’espère qu’ils n’estiment pas cela parce qu’ils considèrent que ce n’est pas assez noble de faire de la chanson. En disant que l’on fait des poèmes, il ne faut pas qu’on ait l’impression que l’on dévalorise son propre art.

matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandorCharlElie Couture a appelé un de ses meilleurs albums « Poèmes rock ».

Je trouve que c’est audacieux. Les frontières sont poreuses et certains artistes sont proches de la poésie. Encore une fois, le résultat d’une chanson peut être un poème, mais pas le point de départ.

Toute chanson à texte n’est donc pas forcément poétiqus ?

Quand des artistes sont un peu trop attentifs aux textes, ils peuvent en oublier la musique. Il faut faire attention au risque d’en dire trop. C’est comme les chansons à message, tu mets le message, mais tu oublies la chanson, c’est pareil pour les poèmes. Il ne faut pas que le fond écrase la forme. Il faut faire attention au danger de l’explicitation de tout. Le poétique que l’on trouve dans les chansons, c’est aussi la suggestion, le mystère… j’appelle ça la chair des mots, c’est-à-dire, ce que les mots suscitent en soi et qui n’est pas seulement leur sens. S’il n’y a que du sens dans les mots, ce n’est plus du poétique, on est dans le récit.

Tu expliques dans ton livre que quand un artiste disparait, on dit de lui que c’était « un grand poète ».

La société met le poète très haut sur un piédestal, du coup, elle le voit plus. Quand un chanteur décède, on dit que c’était un poète, même quand il n’écrivait pas ses textes d’ailleurs. C’est la qualité suprême.

La poésie contemporaine, dans un certain nombre de vecteurs de diffusion, a un peu de mal.

C’est toujours amusant d’entendre parfois ceux qui ignorent totalement la poésie dire au moment du décès de l’un ou de l’autre, que c’était un poète. Ils ne connaissent pas les poètes d’aujourd’hui. Moi, je me bats beaucoup pour faire entendre la parole des poètes contemporains.

matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandor

matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandorDans toutes tes actions, ta façon de présenter la poésie, c’est souvent à travers le mélange de la poésie et de la chanson.

Un animateur d’une émission culturelle me disait que quand il fait une émission sur la poésie, il perd de l’audience. Si, dans son émission, il y a d’autres personnes que des poètes, il ne perd pas d’audience. Moi, effectivement, j’essaie de mettre dans mes  différentes  programmations, des poètes, des comédiens et des chanteurs. Ça permet de surprendre, de se faire surprendre et de mêler les publics.

Est-ce que je peux prétendre que tu « vulgarises » la poésie, pour que l’on y accède ?

Je n’aime pas trop le terme « vulgariser », je rends l’accès à la poésie plus facile. Je montre ce que c’est en exposant à la vue ses différentes facettes à un maximum de gens.

Tu as sorti ton premier livre à l’âge de 17 ans, en 1998. Dis donc, cela va faire 20 ans !

Je vais sortir mon prochain recueil de poèmes le 6 février 2018 aux éditions Fortuna. Il va s’intituler J’ai 20 ans. Pour fêter ce nouveau livre, il y aura même une soirée de lectures de certains nouveaux poèmes ce soir-là à l’Entrepot. Je serai accompagné au piano par Etienne Champollion et Éric Guilleton sera là, pour chanter quelques chansons. Ça fera exactement 20 ans, jour pour jour, que mon premier recueil est sorti. J’aime bien ce symbole.

matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandor

matthias vincenot,poète,recueil,poésie et chanson stop aux a priori,interview,mandor

Après l'interview, le 13 septembre 2017.