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14 mai 2016

Matthias Vincenot : interview pour Hors Cadre

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(Photo : David Desreumaux)

Le poète Matthias Vincenot m’impressionne. Il passe sa vie à défendre la langue française en général et la poésie en particulier à travers de nombreux projets (voir sa mini bio ci-dessous). Cette fois-ci, avec Etienne Champollion et l’ensemble DécOUVRIR, il propose un CD intitulé Hors Cadre dans lequel il réunit 21 textes à lui qu’il dit, trois chantés (par Antoine Coesens, Damien Roquetty et Emily Marsh) et un, où se succèdent les voix de 53 artistes : la « génération deux mille quoi ».

Voilà ce qu’en dit ma collègue (et amie), Stéphanie Berrebi dans le magazine FrancoFans.

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Ecouter l'album .

Pour sa troisième mandorisation (la première ici et la seconde), Matthias Vincenot est venu à Webedia le 5 avril dernier.

matthias vincenot,étienne champollion,ensemble découvrir,hors cadre,interview,mandorLe projet  Hors Cadre :

C’est tout d’abord une histoire d’une rencontre et d’une amitié longues depuis bientôt dix années entre le poète Matthias Vincenot et le musicien Etienne Champollion durant lesquelles les deux artistes collaborent lors de nombreux spectacles et du livre-disque L’âge de mes désirs paru en février 2011.

Hors Cadre, c’est du slam à sa façon, puisque le slam pur n’admet pas de musique. C’est hors catégorie.
De la poésie dite, mise en valeur par un bel habillage. C’est hors format.
Un prolongement de la tradition de l’oralité, dans un esprit de transmission. C’est d’aujourd’hui et de tout temps. C’est hors mode.
De la musique aux influences multiples par des musiciens hors pair.
Une formule singulière qu’on n’a pas l’habitude d’écouter.

C’est Hors cadre.

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(Photo :  Romain Jacquot)
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Les intervenants :

Matthias Vincenot (photo David Desreumaux):

Né en 1981, il a publié, depuis Un autre ailleurs (éditions Lettres du Monde, 1998), quatorze recueils, dont le plus récent, Génération deux mille quoi, est paru en 2015 aux éditions Fortuna. Président de l’association Poésie et Chanson Sorbonne, fondateur et directeur artistique du Festival DécOUVRIR de Concèze, il a créé, avec Thierry Cadet, le Prix Georges Moustaki de l’artiste indépendant et/ou autoproduit. Il est également directeur artistique de Poésie en liberté. Par ailleurs Docteur ès lettres, il est professeur aux Cours de Civilisation française de la Sorbonne. Il donne régulièrement des lectures ou des récitals, accompagné par des musiciens, le plus souvent par Etienne Champollion, et aussi avec l’Ensemble DécOUVRIR. Il organise régulièrement des événements autour de la poésie et de la chanson.

Étienne Champollion (photo Romain Jacquot):matthias vincenot,étienne champollion,ensemble découvrir,hors cadre,interview,mandor

Multi-instrumentiste, il est aussi compositeur et arrangeur. Naviguant de la musique classique à la chanson, il partage également la scène avec différents chanteurs et comédiens tels que Michael Lonsdale, Marie Christine Barrault, Bertrand Burgalat, Emilie Marsh ou Céline Caussimon.

En tant que compositeur, il a déjà rédigé plusieurs cycles de mélodies ainsi que des pièces variées, de l’instrument solo au grand orchestre, qu'il joue actuellement en concert, en Europe et en Amérique du Nord.

matthias vincenot,étienne champollion,ensemble découvrir,hors cadre,interview,mandorL'Ensemble DécOUVRIR (photo Romain Jacquot):

Né lors de la dixième édition du festival DécOUVRIR de Concèze, l’Ensemble DécOUVRIR a décidé de poursuivre avec joie l’aventure musicale au-delà de ce berceau.

L’Ensemble est composé de sept musiciens permanents dont un quintet à cordes, une clarinette et un piano. Il s’enrichit aussi de ses doubles instrumentistes, de son compositeur/arrangeur, de ses membres invités et des artistes qu’il accompagne. Il consiste surtout en la réunion de jeunes musiciens issus de géographie et de cultures musicales différentes. Ainsi, la spécificité de l’Ensemble est de proposer un répertoire et des interventions sur mesure à la rencontre des musiques actuelles et classiques. Il s'est retrouvé aux côtés d'artistes tels que Clarika, Michaël Lonsdale, Jean Fauque, Bertrand Burgalat, Benoit Carré...

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(Photo : David Desreumaux)

matthias vincenot,étienne champollion,ensemble découvrir,hors cadre,interview,mandorInterview :

Le concept de ce disque est simple : tu dis tes propres poèmes tirés de tes différents recueils.

Oui, dont certains tirés d’anciens recueils épuisés… et il y a aussi trois poèmes inédits, le tout sur des musiques d’Etienne Champollion. Ce musicien a un talent fou pour rentrer dans l’univers des gens qu’il accompagne. J’aime quand il joue avec moi car il rentre immédiatement dans l’esprit des textes. Cela fait 10 ans que je travaille avec lui et je le trouve toujours impressionnant.

As-tu choisi les textes aussi en fonction de ce que l’on pourrait en faire musicalement ?

J’ai choisi les poèmes que l’on fait déjà en récital avec Etienne et l’Ensemble DécCOUVRIR. Ce sont ceux que l’on aime le plus jouer. Mais pour garder une certaine cohérence, j’ai conçu ce disque comme un recueil. J’ai fait attention aux thématiques et à l’ordre des poèmes.

"Nous irons", extrait de l'album Hors Cadre.

Que l’on soit clair, ce n’est pas du slam.

Les gens qui ne connaissent pas bien la poésie ont tendance à penser que la poésie, c’est le slam. Non, le slam est une toute petite partie de la poésie d’aujourd’hui et elle est extrêmement inspirée de poésies anciennes. Le slam est la parole dite, nue et qui parle de la société. Le slam a permis de montrer qu’un texte dit, ça peut passer et intéresser.

Parfois, je suis agacé par le ton que prennent les slameurs.

Moi aussi. En fait, je n’aime pas quand ce ton devient une posture. Il y a des choses très bien dans le slam et des choses moins bien, comme dans tout. En plaisantant, Etienne dit que ce disque est du slam de chambre, parce qu’il y a un peu de musique de chambre.

Parle nous de ce poème interprété par 53 artistes, Génération deux mille quoi.

Ce poème était le premier tiré de mon recueil sorti en 2015 aux éditions Fortuna, Génération deux mille quoi. Il est dit par des artistes qui sont plus ou moins de cette génération. J’ai fait parler des artistes entre 30 et 40 ans de notre époque.

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(Photo : David Desreumaux)

Ce disque est aussi une façon de défendre la poésie ?

Pour moi, la poésie doit être partout. Faire des ponts artistiques est une des manières de faire entendre de la poésie. C’est difficile parce que cet art n’est pas à la mode. Avec ce disque, je veux aussi montrer que la poésie n’est pas forcément chiante. Ça ne l’est pas du tout, mais il faut se battre pour le prouver.

Ton disque s’appelle Hors Cadre. Cela correspond à ta personnalité, je trouve.

J’aime sortir des clous. Ce disque ne ressemble pas à ce qu’on entend habituellement. Déjà, la poésie est hors cadre par rapport à ce qu’on lit le plus aujourd’hui. Moi, je veux prouver qu’il s’est passé des choses depuis Victor Hugo. Il y a des centaines de poètes en France et personne ne les connait. Je me bats pour que l’on connaisse, voire reconnaisse ces poètes dans leur diversité.

"Question de voie", extrait de l'album Hors Cadre.

Ça se vend la poésie ?

En général, un poète va vendre tout au plus cinquante recueils en librairie et il sera content. C’est un micro monde, alors tout ce qui peut se passer autour, les rencontres, les festivals, les projets comme le mien, ça permet de montrer que la poésie est autre chose que l’idée que certains peuvent en avoir.

Tu es un garçon très actif. Je ne vais pas revenir sur tout ce que tu as fait et ce que tu prépares, mais quel est ton futur projet le plus important à tes yeux ?

Il y a un truc qui me ferait plaisir. Je ne sais pas si j’y arriverai, mais je vais tenter. J’ai publié mon premier recueil de poèmes le 6 février 1998, ça va donc faire 20 ans. J’adorerais réussir à sortir un livre ou un album le 6 février 2018. J’aime bien les symboles et les boucles bouclées.

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Après l'interview, le 5 avril 2016.

Dans le FrancoFans daté de l'été 2016.

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11 mai 2016

Julien Jouanneau : interview pour La dictature du bien

P1000643.JPG

Si le nouveau livre de Julien Jouanneau, La dictature du bien, était signé Guillaume Musso, il serait immédiatement numéro 1 des ventes (et ce serait mérité). Cette histoire de deux hommes que tout oppose, Antoine et Madji, qui deviennent des justiciers qui œuvrent pour le bien est absolument jouissive. Jouanneau part du postulat simple que l’homme fait plus souvent le mal que le bien. Il a donc mis en scène deux héros qui n’ont plus rien à perdre et souhaitent remettre dans le droit chemin ceux qui sèment le mal sur leurs passages.

Belle idée, belle histoire. Sa dictature, on s’y soumet avec un immense plaisir.

Le 30 mars dernier, Julien Jouanneau est venu à Webedia pour une troisième mandorisation (lire la première ici et la seconde ).

1507-1.jpgRésumé :

C’est à l’hôpital que les destins de ces deux hommes se croisent. L’un est condamné. L’autre est ­convaincu de l’être.

Parce qu’ils n’ont plus rien à attendre, ils ­s’interrogent sur la meilleure façon d’utiliser le temps dont ils disposent. Le romancier nous questionne : que ­ferions-nous si nous étions voués à ne plus rien espérer pour nous-mêmes ?

Antoine et Madji tergiversent peu : ils vont faire le Bien. Démarre ainsi une quête peu ­banale, qui consiste à ­offrir une victoire aux victimes et aux perdants de la vie. Chaque nuit, ils « empruntent » une ambu­lance et partent à l’assaut de la misère, de l’injus­tice et de la vilenie : donner une leçon au type valide qui se gare sur une place réservée aux handi­capés, exaucer le dernier vœu d’un mourant, retrouver un amour Photo Jouanneau 5 couleurs Crédit Pascal Mary.jpgperdu…

Plus rien à perdre ! est leur mantra. On a envie de leur ­répondre Tout à gagner à lire ce livre, qui évoque une  solidarité collective, éclairée et joyeuse.

L’auteur :

Julien Jouanneau est né en 1980. Passionné de cinéma et de télévision, journaliste et écrivain, il est chef des infos du site de L'Express.

Il a publié plusieurs ouvrages, dont le plus récent s’intitule L’effet postillon et autres poisons quotidiens, paru chez Rivages en 2014.

P1000645.JPGInterview :

Tes deux héros veulent faire le bien, mais parfois en faisant du mal. Ce n’est pas un peu paradoxal ?

Quand tout va mal, il faut bien agir, quitte à utiliser des méthodes extrêmes. Et de manière générale, faire le mal est plus facile que faire le bien. En dépit de toutes les tentatives de faire des choses positives, on arrive toujours à une impasse, finalement. J’ai essayé de montrer que dans certaines situations, on peut faire le bien facilement et dans d’autres, moins facilement, dans d’autres encore, plus difficilement. Mais à chaque fois, on peut le faire. Plus généralement, le mal, le bien, ça dépend sous quel angle on se place.

Antoine et Madji, ils sont extrêmes quand même !

Oui, mais extrêmes originaux. J’ai voulu rendre hommage aux « vigilante movies » (films qui mettent en scène unjulien jouanneau,la dictature du bien,interview,mandor ou plusieurs personnages qui vont se substituer à la loi d'un état où pays, et vont juger, condamner et faire appliquer la peine aux criminels hors de tout cadre légal.) J’aime les films de justiciers. On a tous le fantasme de se faire justice soi-même. Je crois que mes lecteurs vont se placer derrière la philosophie de mes deux héros. On a tous en nous une petite étincelle sombre.

Que voulais-tu démontrer ?

Qu’il y a des gagnants parfois, mais qu'il y a toujours des perdants. Est-ce que c’est le mal ou le bien qui triomphe à la fin? 

Ton livre a failli s’appeler Les états généreux. C’est une référence aux états généraux de 1789 ?

Oui, exactement. Il y a dans ce livre beaucoup de discrètes références à la Révolution Française. Le peuple est avec mes deux héros. Il les suivent avec une confiance absolue. Quand l’un d’eux monte sur la table, c’est ce qu’a fait Camille Desmoulins. (Note de Mandor : se promenant dans les jardins du Palais-Royal, apprenant le renvoi de Necker, Desmoulins monte sur une table et, oubliant ses difficultés d'élocution, se met à haranguer la foule, lui donne pour signe de ralliement une feuille verte cueillie sur les arbres et lance l'idée de prendre la Bastille). 

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Je verrais bien ce livre devenir un film.

Une série pour la télé, ce serait pas mal. A chaque épisode, mes deux héros justiciers seraient chargés de régler un problème. Cette histoire est déclinable à souhait.

Il y a un peu de Kubrick dans ton livre.

C’est bien que tu aies vu ça. Le lion, le clown, en effet, c’est très Kubrickien. J’ai distillé plein de références cinématographiques. Mon livre, c’est un mélange de La ligne verte, Terminator et des Valseuses.

julien jouanneau,la dictature du bien,interview,mandorIl y a aussi des références un peu littéraires. J’y ai vu du Vian. Comme lui, tu ajoutes du merveilleux dans le quotidien.

Merci de remarquer cela. C’est tout à fait cela et j’ai souvent pensé à lui.

Que souhaites-tu en tant qu’auteur. Etre reconnu ?

Etre lu serait déjà pas mal. Ce n’est pas un souhait énorme. J’ai envie de faire rêver, d’émouvoir et de captiver mes lecteurs.

J’ai lu tous tes livres et aucun ne ressemble à un autre.

Je cherche mon style, ma voie/voix. J’essaie tout, je tâtonne.

Considères-tu que La dictature du bien est ton meilleur livre ?

Non. Je serai encore plus fier du prochain.

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Le 30 mars 2016, après l'interview.

10 mai 2016

Clio : interview pour son premier album

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clio,chanteuse,interview,mandorEt Clio, tu connais ? Cette question récurrente posée par mes confrères journalistes spécialisés dans la chanson française commençait à m’agacer. A cela, je répondais. « Oui, ce qu’elle fait est plutôt bien troussée ». Réponse un peu vague que l’on peut attribuer à de nombreux artistes. Réponse mensongère, de surcroît. J’aurais dû répondre, vexé comme un pou : « pas du tout, lâchez-moi avec cette Clio que je ne connais ni d’Eve, ni d’Adam », mais ce n’est pas digne d’un journaliste spécialisé dans la chanson française de mon envergure. J’ai ma réputation et une crédibilité professionnelle sans faille à protéger.

Bref, un beau jour (ou peut-être un nuit), je reçois le disque de Clio (non, je n’avais pas eu, entre temps, la curiosité de chercher sur YouTube deux, trois vidéos de la demoiselle, histoire que je me fasse une idée et que je puisse répondre avec honnêteté). Et je l’écoute, donc. Une voix douce et « emportante » (qui nous emporte, quoi !), des chansons empreintes de mélancolie, une écriture subtile, des mélodies discrètement accrocheuses. Je ne sais pas pourquoi j’aime, mais j’aime. Elle sort du lot de la multitude de chanteuse à texte s’accompagnant seule à la guitare. Je lis l’argumentaire qui accompagne le disque de cette diplômée de Lettres Modernes. 

« Il y a autant d’histoires chez Clio que d’introspections. Sans nostalgie. A peine le fond de mélancolie nécessaire à l’hygiène de l’âme. Clio interroge la relation, la questionne du haut de ses 28 ans, de sa langue élégante, de ses métaphores-sémaphores. En noir et blanc, en couleurs, avec subtilité et malice. Avec tantôt un zeste d’ironie à l’encre sympathique, tantôt un humour franc et clairement affiché. »

On ne saurait mieux dire.

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Clio est donc venue le 23 mars dernier dans les locaux de Webedia pour une première mandorisation (quelques jours avant qu’elle ne reçoive les trois f de Télérama, j’ai donc rencontré une chanteuse en devenir encore humble et sans garde du corps (oui, ça va, je plaisante !))

Biographie officielle :clio,chanteuse,interview,mandor

Clio écrit des histoires, et chanter l'amuse.

Avec sa voix unique, elle promène ses jolis textes, poussés par des mélodies qui rentrent dans la tête. Elle parle de balades seule à observer le monde, de garçons pas vraiment les bons, de petits morceaux de vie qui laissent un goût sucré, ou iodé.

Son premier album est sorti le 1er avril 2016 (uGo&Play / L'Autre Distribution).

Clio vient de remporter le 1er Prix du Tremplin Francophone Le Mans Cité Chanson 2016 et fera partie du Mégaphone Tour 2016/2017.
Et un peu avant : Clio a remporté en 2015 le premier prix du Carrefour de la Chanson de Clermont-Ferrand, et le 3ème prix de la médaille d'or de la chanson de Saignelégier. Elle était en juin 2015 dans les 6 finalistes du radiocrochet "Partons en Live #LaReleve" de France Inter présenté par André Manoukian

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clio,chanteuse,interview,mandorInterview :

Ta passion pour la musique vient-elle de ton enfance ?

Pas du tout. Mes parents sont profs et ils ne m’ont pas incité à jouer de la musique étant petite. Mes frères et sœurs eux en faisaient. C’est amusant parce qu’aujourd’hui, je suis la seule à faire faire ce métier.

Quand as-tu envisagé de faire de la musique et de chanter alors ?

Depuis toute jeune, j’écrivais beaucoup et plein de choses différentes dans des cahiers qui trainaient partout. Vers 22 ans, j’ai appris un peu la guitare, du coup, ça m’a incité à chanter. J’ai commencé en interprétant avec deux accords de guitare le répertoire de Georges Moustaki et de Maxime Le Forestier. Ensuite, j’ai essayé de mettre des accords et des mélodies à moi sur certains de mes textes. J’ai beaucoup travaillé parce qu’au départ, ce que je faisais n’était pas encore façonné pour la chanson. Un jour, j’ai estimé que je pouvais me lancer. J’ai tout de suite compris que j’aimais faire ça. Cela m’a surpris parce que c’était inattendu que je me dirige dans cette voie-là.

Et tu aimais chanter ?

En tout cas, je ne me sentais pas légitime. Je n’avais jamais voulu chanter et ça m’intimidait de le faire. Aujourd’hui, j’écris avec l’idée que je vais chanter moi-même mes textes, mais ce n’était pas le cas à l’époque. Je n’envisageais même pas de chanter sur scène, cela me faisait bien trop peur.

"Eric Rohmer est mort".

Quand as-tu sauté le pas ? (Photo à droite : Annie-Claire Hilga)clio,chanteuse,interview,mandor

Il y quatre ans, pour mon anniversaire, mes parents  m’ont offert un petit papier sur lequel était écrit : « Bon pour enjoliver tes chansons ». J’ai vu sur le site de Jérémie Kisling qu’il proposait des ateliers. Je cherchais quelqu’un qui puisse m’aider à faire des arrangements à mes chansons. Cela correspondait à ce qu’il proposait. Grâce à mon bon, j’ai pris deux heures d’atelier avec lui à Paris. Je lui ai fait écouter deux chansons et il a beaucoup aimé. Il m’a dit qu’on allait faire un disque. A partir de là, nous avons travaillé ensemble pendant un an. Après, ça s’est un peu compliqué avec lui, alors nous avons interrompu notre collaboration. J’ai rencontré Ugo Berardi, qui travaillait pour la boite de production de Jérémie. Il a aimé mon travail et en avril 2014, il a envoyé des chansons à moi aux Trois Baudets. Le mois suivant, j’étais programmée. Il a fallu que je trouve un guitariste pour m’accompagner et Ugo m’a présenté Gilles Clément. 

Comment s’est passée ta première scène aux Trois Baudets ?

Je n’étais pas sûre de parvenir à chanter, mais au final, c’était vraiment très bien. Bien sûr, c’était maladroit, mais j’ai vraiment eu l’impression que j’avais donné quelque chose aux personnes présentes dans la salle. C’était une curieuse sensation que de partager avec les gens. C’était fort. La deuxième fois que je suis revenue chanter dans cette salle, j’ai l’impression que c’était moins bien, parce que je n’ai pas retrouvé la magie du premier soir.

Clip de "Des équilibristes".


Tu es en dispo de l’éducation nationale depuis trois ans. Il va falloir que tu finisses par choisir définitivement:

Pour le moment, j’ai fait le choix de laisser mon métier d’institutrice pour me consacrer à 100% à la chanson. On ne peut pas faire ce métier en dilettante, il me semble. Je fais tout pour reculer l’échéance, mais au mois de juin, je vais être obligée de démissionner.

J’ai l’impression que les choses vont vite pour toi, ressens-tu la même chose ?

Je vois comment ça se passe pour les uns et pour les autres, je suis obligée de constater qu’effectivement, il se passe beaucoup de choses pour moi en ce moment. J’ai un début de parcours rapide, voire idéal.

Tu n’es pas passée par la case EP, directement tu sors un album.

On voulait sortir un EP, mais c’est mon attachée de presse, Patricia Espana, qui m’a incitée à sortir directement un album. Elle croyait en moi et elle a considéré qu’elle allait réussir plus facilement à  capter l’attention sur moi si j’avais un album complet.

Que penses-tu de ta voix ?

Je n’ai aucune idée de ce qu’elle peut produire sur les gens. C’est ma voix, je fais avec puisque je veux être l’interprète de mes propres chansons.

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Pendant l'interview...

Alain Cluzeau, le réalisateur de ton album a choisi de mettre en avant ta voix. C’est un grand réalisateurclio,chanteuse,interview,mandor qui a travaillé pour pléthores d’artistes. Comment cela s’est passé avec lui ?

Il a toujours été très réservé. C’est lui qui a choisi les titres qui figurent sur le disque. Plusieurs chansons sont parmi les plus vieilles de mon répertoire, des chansons de jeunesse, des chansons à chutes comme « Le coiffeur ». C’est un peu du gâchis autant de chansons qui ne me correspondent plus aujourd’hui. Bon, j’ai décidé de faire confiance…

Tu ne le regrettes pas aujourd’hui, je suppose ?

Je ne sais pas encore. Les chansons récentes et que j’aime bien seront donc sur un prochain album, j’espère.

Arrives-tu à te considérer comme une chanteuse ?

Je voudrais juste plus assumer le fait d’aller sur scène. J’aimerais bien être plus « fortiche ».

Idéalement, comment envisages-tu la suite ?

Je n’ai jamais été très forte pour me projeter dans l’avenir. Je ne prévois rien, mais ce qui me plairait c’est de pouvoir continuer tranquillement à chanter et à vivre de ce métier.

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Le 23 mars 2016, après l'interview.

01 mai 2016

Gérard de Cortanze : interview pour Zazous

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(Photo : Witi de TERA/Opale/Leemage)

Des adolescents qui ont 15 ans quand la guerre commence, 21 lorsqu'elle prend fin. Ils refusent de voir leur jeunesse confisquée et s’opposent à la barbarie grâce à leur joie de vivre, la danse, les chansons… et le swing, Un véritable fait de société qui a toujours été occulté. Dans ZazousGérard de Cortanze a voulu rendre hommage à ces anticonformistes qui, à leur manière, ont fait de la résistance. J’ai beaucoup aimé ce livre.

Le 24 mars dernier, je suis allé rejoindre l’auteur dans sa maison d’édition, Albin Michel pour une longue mandorisation (merci à Gilles Paris).

gérard de cortanze,zazous,interview,mandor4e de couverture :

On n’est pas sérieux quand on a quinze ans, même en pleine Occupation. Chaque jour, au café Eva, une bande de zazous se retrouve pour écouter du jazz. Josette, Pierre et Jean sont lycéens, Sarah est coiffeuse, Charlie trompettiste, Marie danseuse, Lucienne apprentie mannequin. Dans un Paris morose, ils appliquent à la lettre les mots d’ordre zazous : danser le swing, boire de la bière à la grenadine, lire des livres interdits, chausser en toutes circonstances des lunettes de soleil et enfiler de longues vestes à carreaux.
À mesure que les Allemands montrent leur vrai visage, ces jeunes gens qui ne portent pas encore le nom d’adolescents couvrent les murs de Paris du « V » de la victoire, sèment la panique dans les salles de cinéma et les théâtres, déposent une gerbe le 11 novembre sous l’Arc de Triomphe, arborent, par solidarité et provocation, l’étoile jaune. Traqués par les nazis, pourchassés par les collaborateurs, rejetés par la Résistance, les zazous ne veulent pas tant « changer la vie » qu’empêcher qu’on ne leur confisque leur jeunesse.
 
Dans cet ample roman aux accents de comédie musicale, Gérard de Cortanze nous plonge au cœur d’un véritable fait de société trop souvent ignoré, dans le quotidien d’un Paris en guerre comme on ne l’avait encore jamais vu, et nous fait découvrir la bande-son virevoltante qui, de Trenet à Django Reinhardt, sauva une génération de la peur.

L’auteur :gérard de cortanze,zazous,interview,mandor

Traducteur littéraire, essayiste, poète, éditeur, Gérard de Cortanze a publié 80 livres, parmi lesquels des romans, des récits autobiographiques dont Spaghetti ! et Miss Monde (collection Haute Enfance), ainsi que des essais consacrés à Auster, Semprun, Hemingway, Sollers, Le Clézio... En 2002, il a obtenu le prix Renaudot avec Assam. Descendant d'une illustre famille aristocratique (les Roero Di Cortanze) par son père, et de Michele Pezza (plus connu sous le nom de Fra Diavolo) par sa mère, cet ancien coureur de 800 mètres a fait de l'Italie en général et du Piémont en particulier la matière première de son œuvre littéraire, notamment dans son cycle romanesque des Vice-rois. Il collabore au Magazine littéraire et dirige la collection Folio Biographies aux Éditions Gallimard. Gérard de Cortanze est aussi auteur de nombreux livres, articles et conférences sur le monde hispanique et l'Amérique latine. Il est considéré comme l'un des grands spécialistes de Frida Kahlo. Conseiller lors de l'exposition Frida/Diego, l'art en fusion, qui s'est tenue en 2013 à l'Orangerie, il en a rédigé le catalogue. Auteur aux éditions Albin Michel de Frida Kahlo par Gisèle Freund (2013), il a également publié Frida Kahlo, la beauté terrible (finaliste du Prix Femina 2011).

gérard de cortanze,zazous,interview,mandorInterview :

Comment avez-vous préparé ce livre ?

Mes romans historiques parlent du présent de l’époque traité. Je fais donc beaucoup de recherches sur l’histoire du moment. J’essaie de ne jamais écrire avec tous le bagage d’analyses et le recul qu’on a aujourd’hui sur cette époque. La seule façon d’être le nez sur une période précise, c’est de consulter les journaux de cette période, c’est à dire les nouvelles au jour le jour. Dans ses journaux, il y a aussi des rumeurs et des fausses nouvelles. Je me sers de tout pour avancer dans mon livre. J’ai consulté aussi des journaux intimes et des mémoires.

La musique vous a-t-elle beaucoup aidé ?

Elle a été primordiale. Comme c’est un livre sur les zazous, j’ai écouté et réécouté en boucle pendant plus d’un an entre 200 et 300 morceaux de jazz et de musiques swing.

Pendant l’écriture aussi ?

J’ai beaucoup travaillé à partir de fonds sonores. Ce livre est un peu une comédie musicale. Il y a beaucoup de références à des chansons.  J’en cite de nombreuses d’ailleurs.

Ça vous a amusé de chercher des chansons qui collaient à l’intrigue de votre histoire ?

Beaucoup. J’ai souvent trouvé l’équivalent musical de la scène que j’étais en train d’écrire. Il y avait quelque chose de troublant dans ce phénomène.

D’où vient le mot zazou ?

Cab Calloway vient à Paris en 1934. Il donne un concert à la salle Pleyel. Il chante « Zaz Zuh Zaz ». A la suite de cela, Johnny Hess, qui quitte le duo qu’il formait avec Charles Trenet, chante en solo « Je suis swing »et dans le refrain, il reprend l’expression de Cab Calloway, Zaz Zuh Ze. A partir de là, le mot zazou rentre dans le vocabulaire.

Cab Calloway : "Zaz Zuh Zaz" (1933)

Peut-on dire que les zazous étaient les précurseurs des yéyés ?

C’est exactement ça. Ils se sont regroupés en classe d’âge et pas du tout en classe sociale. Dans mon livre, il y a une modiste, une boulangère, des étudiants, un soldat… Que font des jeunes du même âge qui se regroupent ? Ils s’habillent de la même façon, en l’occurrence des vestes très longues, des pullovers moulant pour les filles, des jupes courtes, des pantalons serrés pour les garçons. Les filles et les garçons ont deux accessoires indispensables : les lunettes de soleil qu’il est de bon ton de porter quand il n’y a pas de soleil et le parapluie Chamberlain que l’on prend toujours avec soi, mais qu’on n’ouvre jamais, encore moins quand il pleut.

Ils avaient des drôles de rites.

Ils mangeaient des carottes rappées, buvaient de la bière grenadine, lisaient des livres comme Rebecca de Daphné du Maurier et Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell.

Johnny Hess : "Ils sont Zazous" (1942).

Avant de lire votre roman, j’avais une opinion sur les zazous, complètement erronée. Pour moi, c’était de jeunes écervelés, légers, qui ne pensaient qu’à s’amuser et à écouter du jazz… Or, vous nous les présentez aussi comme des gens très profonds et courageux. On dirait que vous les réhabilitez.

Mais c’est ce que j’ai voulu faire. En rendant hommage aux zazous, je rends hommage à la jeunesse française de ces années-là. Cette jeunesse a refusé qu’on lui confisque leur jeunesse. Ils voulaient continuer d’exister et faire en sorte que Paris continue d’être une fête. Ils refusent ce qu’il se passe avec les armes de leur âge, le chant, la danse, la musique, et une certaine dose d’inconscience. Ce roman est un hymne à la joie et à l’espoir.

On voit vos zazous évoluer. Ils ont 15 ans au début de la guerre et 21 à la fin.

Au fur et à mesure que la situation devient complexe et tendue, avec les assassinats, la barbarie, les trahisons, les dénonciations, les enlèvements, les camps, leurs positions évoluent. Ils se rendent bien compte qu’en continuant à faire les imbéciles, ils sont dans une forme de résistance.

Vous ne niez pas l’autre résistance, évidemment.

J’évoque bien sûr la résistance qui est armée, constituée, De Gaulle, Londres… Mais force est de constater qu’il y a eu aussi une résistance quotidienne très importante menée par des gamins et des gamines.

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A travers eux, on voit ce que devient Paris à cette période-là.

J’y tenais beaucoup. La guerre, ce n’est pas un bloc qui tombe comme ça. La guerre en 39, ce n’est pas la guerre en 44 et 45. En montrant la transformation de Paris, j’ai essayé de ne pas tomber dans les clichés habituels. Un écrivain doit travailler sur les zones grises un peu complexes et ambiguës.

Au début de la guerre, à Paris, la guerre n’était pas perceptible.

Les cinémas, les théâtres et les boites de nuit ont été rouvertes très rapidement. Les allemands sont présents, mais relativement discrets. Il y a même des consignes données par la Kommandantur pour que les soldats soient polis avec les français. Il y a une zone étrange où il ne se passe pas grand-chose et la jeunesse va se déployer dans ce Paris encore endormi. Mais la capitale va vite changer en se trouvant face à tous les travers d’un monde en guerre.

Andrex : "Y'a des zazous" (1944).

La couverture de votre livre montre une jolie fille qui fait de la bicyclette dans les rues de Paris. C’est un acte de résistance, non ?

Oui, parce qu’il y a une loi en 1942 qui interdit aux femmes faisant de la bicyclette de porter un pantalon. Elles doivent porter une jupe. Vous avez raison, c’est une forme de résistance.

Ça manque, aujourd’hui, des jeunes comme les zazous ?

Au lendemain de la tuerie du Bataclan et des terrasses de café, la jeunesse d’aujourd’hui a continué à aller dans d’autres terrasses de café. Finalement, ils se sont comportés comme les zazous d’hier. Mon fils, trois jours après ces terribles évènements, est allé assister à un concert avec ses amis. Je trouve qu’il y a là aussi, à la fois une espèce d’inconscience et une prise de position évidente chez ces ados. Eux aussi ont dit « on ne va pas se laisser faire ! »

gérard de cortanze,zazous,interview,mandorIl y a un coffret sorti chez EPM avec deux CD réunissant 50 morceaux sélectionnés par vous.

Les 50 morceaux figurent, d’une façon ou d’une autre, dans le livre. Elles sont les plus représentatives de cette époque, en versions originales et remasterisées. C’est tellement frais qu’on a l’impression que ces titres ont été enregistrés hier.

Votre maman était une zazoue, c’est une des raisons pour laquelle vous avez écrit ce livre ?

Certainement. Ma mère était à Paris à cette époque-là, elle avait 14 ans. Elle avait la chance d’avoir un père italien qui jouait de l’accordéon dans les bals du samedi soir. Il avait un petit orchestre. Toute son adolescence, elle a dansé. Les dancings et les bals populaires étaient fermés, mais il y a eu un développement des concerts de jazz pendant la guerre qui était absolument hallucinant. Le jazz et le swing étaient interdits, mais on donnait quand même des concerts dans lesquels un monde fou se rendait. C’était gai et festif. Au fond, je voulais que ce livre sur une période sombre soit un livre joyeux. Je voulais rendre la joie de vivre de ces jeunes gens.

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Après l'interview, le 24 mars 2016.

29 avril 2016

Claire Favan : interview pour Serre moi fort.

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Claire Favan, de livre en livre, devient notre Stephen King à nous. Elle ne se contente pas d’écrire des thrillers d’une efficacité redoutable, elle prend un malin plaisir à nous terroriser. Elle l’assume, comme elle me le disait dans sa deuxième mandorisation : « Je pense toujours à ma mère qui, un jour, a refermé un livre de Stephen King en disant : « C’est génial ! C’est l’histoire d’un tueur en série. Je n’avais jamais lu un livre comme ça ! ». Ce jour-là, elle m’a donné une deuxième naissance. » 

(La première mandorisation (où elle n'était pas toute seule) est .)

Dans ce 5e roman, Serre moi fortClaire Favan nous raconte l’enquête du policier Adam Gibson sur un charnier où toutes les victimes sont des femmes. Une fois de plus, Claire ballade le lecteur dans tous les sens. Son nouveau thriller est d'une noirceur à vous couper le souffle. Le 15 mars dernier, je suis allé la rejoindre dans un bar parisien pour évoquer ce nouveau livre (notamment).

claire favan,serre moi fort,interview,mandor4e de couverture :

« Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré.
Du jeune Nick, d'abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l'incertitude et l'absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l'Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité.
Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l'enquête sur la découverte d'un effroyable charnier dans l'Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psycho logique d'une rare violence...

Ce qu’ils en disent :

« Monstrueusement magistral, horriblement bon ! » Bruno Lamarque, Librairie de la Renaissance, Toulouse.
« Intime, violente, déroutante, l'intrigue de Claire Favan s'enroule autour du lecteur tel un serpent. » Olivier Norek, auteur de Code 93,de Territoires et Surtensions.claire favan,serre moi fort,interview,mandor
« Une des grandes du polar français ! » Gérard Collard, librairie La Griffe noire, Saint-Maur.

L’auteure :

Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son premier thriller, Le Tueur intime, a reçu le Prix VSD du Polar 2010, le Prix Sang pour Sang Polar en 2011 et la Plume d'or 2014 catégorie nouvelle plume sur le site Plume Libre. Son second volet, Le Tueur de l'ombre, clôt ce diptyque désormais culte centré sur le tueur en série Will Edwards. Elle a également participé aux recueils de nouvelles du Collectif des auteurs du noir : Santé !, Les Aventures du concierge masqué et Irradié. Après les succès remarqués d'Apnée noire et de Miettes de sang, Claire Favan nous revient avec un thriller d'une noirceur absolue : Serre-moi fort.

claire favan,serre moi fort,interview,mandorInterview :

Par rapport à notre précédente rencontre, les choses ont évolué pour toi. Tu commences à te forger une belle réputation. Comment vis-tu cette nouvelle notoriété ?

Je le vis raisonnablement parce que je sais que rien n’est gagné et qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Je prends les bonnes choses comme elles arrivent, mais je reste prudente et je ne me relâche pas. La notoriété t’apporte aussi des regards moins bienveillants, je suis en train de le remarquer.

Je trouve que ça va très vite pour toi. Est-ce que ce qui t’arrive te donne confiance en toi ?

Chaque livre est un nouveau pari. Une fois que ton plus récent roman est cautionné, tu n’as plus qu’à recommencer sur le suivant. Ça donne confiance, certes, mais il y a quand même toujours une part de frissons.  

claire favan,serre moi fort,interview,mandor

claire favan,serre moi fort,interview,mandorEn lisant tes thrillers, j’ai remarqué que tu prends un malin plaisir à manipuler les lecteurs.

C’est le travail d’un auteur de polar. J’écris sur les tueurs en série et, à priori, tout a déjà été écrit sur eux. Quand j’écris je me demande jusqu’où je peux aller pour sortir des sentiers battus. Ma priorité est d’écrire des livres qui parviennent à me surprendre moi-même. Je ne veux pas de sentiments de « déjà lu ».

Pourquoi mets-tu en scène toujours des tueurs en série ?

Ça fait partie un peu de mon image désormais. Et puis, je ne pourrais pas écrire une histoire policière basique… Je n’ai pas fait d’études ou de recherches dans ce domaine, je ne suis pas tueuse en série, mais ces criminels m’intéressent beaucoup, je ne sais pas pourquoi. A chaque livre, je trouve un angle différent pour expliquer le pourquoi du comment des actes commis.

Je sais que tu as rencontré le spécialiste mondial des tueurs en série, Stéphane Bourgoin. Lui as-tu poséclaire favan,serre moi fort,interview,mandor des questions sur ce qu’il y a dans la tête de ce genre de tueur ?

Non, parce que lui est vraiment dans la vérité, moi dans la fiction. Je ne prétends pas être autre chose qu’une romancière, mais je tente de faire en sorte que mes explications tiennent la route psychologiquement parlant. Je fais tout pour être crédible.

Il y a quelques scènes très émouvantes dans ton livre. Notamment quand le fils de la famille s’occupe de ses parents qui se laissent dépérir après la disparition de leur fille.

Stephen King, notre maître à tous, prend toujours des gens dans le quotidien pour tout bouleverser de manière fantastique. Il raconte un peu leur vie, cela permet que tous les lecteurs se sentent concernés. C’est ce que je fais également. Il faut que l’on soit touché par le sort des uns et des autres, que l’on soit presque dans l’empathie.

Mais, tu aimes bien, aussi, traumatiser le lecteur.

Je ne veux pas le traumatiser, mais l’idée de le secouer ne me dérange pas (rire).

Comment vis-tu la phase de création ?

Je ne la vis pas dans la sérénité, ça se rapproche même de la souffrance. Avant, quand j’avais le temps, j’écrivais des livres soupapes non publiés pour me libérer l’esprit. Aujourd’hui, je n’ai plus le temps.

claire favan,serre moi fort,interview,mandorLes histoires qui sont dans ta tête, ne parasitent-elles pas ton quotidien ?

Il y a des auteurs qui disent que quand ils écrivent, ils ne peuvent pas lire. Moi, je peux. Ce que je lis ne va pas m’influencer. La journée, je suis responsable, j’encadre des gens, je construis des dossiers, il faut que je sois concentrée. Le soir je rentre, il faut que je sois disponible pour ma famille. J’ai une bonne faculté à compartimenter. J’arrive devant mon ordinateur, je sais que c’est pour bosser, donc je bosse.

Tu es toujours dans la banque. Il n’y a pas un moment où tu vas devoir faire un choix entre la littérature et la finance ?

Je ne le souhaite pas. Le doute fait partie de mon travail, mais si je n’avais que du doute, j’imploserais en vol. Et puis, pour être sincère, actuellement, je ne vends pas suffisamment pour me le permettre. Je ne me plains pas, mais là, c’est encore un peu tôt (rire).

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Le 15 mars 2016, après l'interview.

Bonus :

La chronique de Gérard Collard sur Serre moi fort.

26 avril 2016

Armelle Dumoulin : interview pour T'avoir Connu

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Armelle Dumoulin est comédienne, auteure de chansons et de pièces de théâtre. Avec T'avoir connu, elle signe un album original, mélange de chansons parfois traditionnelles et souvent très singulières et rock. Elle projette sa voix vers des zones où elle peut se mettre en danger. Armelle Dumoulin a fait des études de littérature et raffole de poésie, à commencer par Henri Michaux. 

Le 14 mars dernier, l’artiste est venue me voir à Webedia, pour une toute première mandorisation.

Armelle-Dumoulin-Simulation-Sticker1.jpgBiographie officielle :

Armelle Dumoulin commence à dire voire jeter ses textes sur scène à Paris vers 2000.
Evoluant entre les univers de la musique et du théâtre, elle multiplie les projets: les Plombiers du réel (Antoine Sahler, Alexandre Leïtao, Michel Taieb, Éric Mouchot) avec lesquels elle fait un 1er album : Est-ce nous ? (2009) ; les Sœurs Sisters, créations de divers spectacles, dont Les magnifiques et Eloge du réel ; l’écriture d’un feuilleton de 10 épisodes pour France Culture ( La vésicule merveilleuse ) avec Benjamin Abitan, Wladimir Anselme et Nicolas Flesch ; la sortie du double album Les magnifiques avec Christian Paccoud et les Sœurs Sisters ; la pièce Le curé de Camaret de Noël Tuot, joué avec Benjamin Abitan et qui tourne à travers la France…
Chanteuse rock et décalée dans la lignée des Rita Mitsouko ou de Brigitte Fontaine, Armelle Dumoulin développe un univers personnel et poétique à travers ses 2 premiers albums, dont le second est coup de cœur du Centre de la Chanson et demi-finaliste du Prix Georges Moustaki. Pour ce 3e album, elle continue son dessein exigeant, portée par une écriture à la fois littéraire et lapidaire et son chant sanguin, intime et balancé. 
Elle invite Yolande Moreau et Bertrand Belin à partager son univers singulièrement familier.

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P1000578.JPGInterview :

Tu as commencé sur scène en disant tes textes plutôt qu’en les chantant.

Je viens de la littérature, j’ai notamment une Maîtrise de Lettres. Quand j’étais petite je voulais devenir écrivain. Alors, effectivement, j’ai commencé au Limonaire en disant mes textes. C’était de la prose, pas des chansons. Peu de temps après, comme je voyais beaucoup de chanteurs et de chanteuses passer, j’ai commencé à chanter a cappella. Je me suis mise à écrire des chansons et, au fil des rencontres, je me suis lancée un peu plus sérieusement. Cela dit, même aujourd’hui, je garde des textes sans musique. Pendant que je m’accorde, j’aime bien dire des poèmes des autres, comme Antonin Artaud par exemple.

Tu aimes chanter ?

Oui, je trouve que la forme de la chanson est hyper dense. J’aime à la fois la contrainte des rimes et de la concision. J’ai une forte exigence dans l’écriture. De plus, je bégaye énormément, je mange facilement mes mots, et la chanson m’a obligé à poser les mots sur les syllabes et sur les notes.

Tu as pris des cours ?

J’ai fait Musique-Etude quand j’étais petite. J’ai fait du solfège pendant 15 ans, beaucoup de hautbois, de musique classique et de chorale. J’ai eu une maîtrise au Conservatoire. J’ai tellement étudié qu’à 22 ans, j’ai décidé d’arrêter de prendre des cours, donc ma voix est naturelle et pas du tout travaillée.

"Honneur" un morceau d'Armelle Dumoulin extrait de l'album "T'avoir connu" (Le Furieux / Musicast)
Réalisation Armel Hostiou / Production Bocalupo Films / avec le soutien du FCM

Ce disque te ressemble-t-il ?

Avec mon équipe de trois personnes, on a pris plus de temps pour cet album. On a beaucoup répété ensemble avant d’enregistrer. Je voulais un disque très épuré, très sobre, un son brut qui va avec ma voix, un album de face et profond. J’apprends la simplicité dans l’écriture. J’ai une ligne d’exigence dans le style, mais je veux parler aux gens. Je ne veux pas rester dans ma tour d’ivoire.

Il y a de la gaité et des titres plus graves.

J’essaie de tirer le fil entre ces deux états.

Comment peut-on qualifier la planète Dumoulin?

Elle est multi schizophrène, pleine de reliefs. J’aime ce qui est minéral… la pierre, la terre, les cailloux, mais sur un terrain avec des trous et des chausse-trappes.

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En écoutant ton disque et en te voyant sur scène, j’ai eu l’image de quelqu’un de fort. L’es-tu réellement ?

Je suis une grande timide, mais sur scène je suis super à l’aise. Avec l’expérience, je contrôle mieux ma timidité et je sais un peu plus ce que je veux. Mais je suis dans le doute. Le doute est un moteur et je crois que c’est la première qualité d’un artiste. A un moment, j'ai compris qu’il ne fallait pas qu’il n’y ait que ça, parce que ça peut devenir paralysant. Il faut donc dompter son doute.

Tu es une littéraire, cela se sent dans ton écriture. Quel écrivain aimes-tu ?

J’ai écrit une chanson sur Henri Michaux dans le précédent album. Il a été un grand choc littéraire et émotif. A 18 ans, j’avais tout lu de lui. Aujourd’hui, j’aime Valère Novarina, un auteur contemporain avec lequel il m’est arrivé de travailler au théâtre.

Bertrand Belin chante avec toi sur « Puisse le jour ». Pourquoi ?

C’est un ami. On se connait depuis longtemps et nous sommes très proches. Il avait déjà fait deux, trois guitares sur l’album précédent. Je suis fière qu’il chante sur une chanson.

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Pendant l'interview.

Les-Armelles-Dumoulin-2-Barbara-Heide.jpgQue penses-tu de la chanson d’aujourd’hui ?

Il y a beaucoup d’artistes qui écrivent comme si Rimbaud n’avait jamais existé, ni Beckett, ni Artaud. Ça me dérange un peu. Certains écrivent de la chanson comme on en faisait il y a cent ans, sans se soucier des bouleversements de la langue ces dernières années. Nous sommes en 2016 ! Avec la modernité, la langue a été déconstruite et pas grand monde n’en tient compte. Je trouve qu’il  y a un certain manque d’audace. Les artistes sont là pour chercher, se mettre en danger!

Deux questions que je pose souvent… qu’est-ce qu’une bonne chanson ?

Une chanson profonde, qui bouscule, bien écrite, mais compréhensible par tous.

Qu’est-ce qu’un artiste ?

C’est quelqu’un qui doit être disponible au monde. Il doit être aux aguets, en alerte permanente et retransmettre aux autres. Il doit voir différentes choses, des images, des mots, les faire s’associer et créer une réflexion autour de ça. Un artiste doit soulever des pierres.

Est-ce dur d’être artiste en 2016 ?

Je m’en sors, mais tout le monde est classifié, donc les milieux sont verrouillés. Après, ma vie me plait beaucoup comme ça. Je n’ai aucun regret, même si ce n’est pas évident de se faire connaitre.

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Le 14 mars 2016, après l'interview.

17 avril 2016

Finale du concours de slam, "Vive la parole libre", 5e édition : photos et bilan

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finale du concours de slam,vive la parole libre,fédération france quebec,corinne tartareCorinne Tartare
, la vice-présidente Commission Culture de la Fédération France-Québec me contacte un jour pour me faire une drôle de proposition. Elle souhaite que je sois l’invité d’honneur de la finale nationale de la 5e édition du concours de slam « Vive la parole libre ! ». J’hésite.

Premièrement, je ne connaissais pas ce concours. Deuxièmement, je ne me sentais pas légitime dans ce rôle d’ « invité d’honneur ». Au nom de quoi  le serais-je ? A part Grand Corps Malade, S Petit Nico (Nicolas Séguy) et Ami Karim, je ne connais rien au slam. Elle me répond que l’idée d’avoir quelqu’un dont l’activité principale est de mettre en avant les livres et les chansons est complètement légitime. Elle ajoute aussi qu’une personnalité extérieure à ce mouvement est plus objective pour juger de la qualité d’un texte. Oui, parce qu’en plus, je deviens juré. Soit. J’accepte.

Ce concours est organisé depuis 2012 par la Fédération France-Québec / francophonie avec le soutien de la Délégation générale du Québec à Paris, de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, de l’Office franco-québécois pour la jeunesse et de la Radio CNRV.  Il est ouvert à tous et vise à promouvoir la richesse de la langue française et l’amitié franco-québécoise. Une sélection a lieu dans 15 régions françaises. Nous avons donc eu la crème de la crème du slam national.

Là, c'était avant que le spectacle ne commence...

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La hyper très sympathique équipe de la radio CNRV a retransmis la cérémonie, mais avant cela, a interviewé notamment l'invité d'honneur (qui a dit tout le bien de cette soirée à venir et du slam). 

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 Nous a rejoints au micro, l’animateur de la soirée, David Goudreault, le premier Québécois à remporter la Coupe du Monde de poésie, à Paris en 2011. Il est travailleur social, poète et romancier. Ce jeune homme a été récipiendaire de la médaille de l’Assemblée nationale du Québec pour ses réalisations artistiques et son implication sociale. Son premier roman, La bête à sa mère, publié aux Éditions Stanké, est un best-seller et il vient de remporter le Grand Prix Littéraire Archambault (l'équivalent du Prix Renaudot en France).

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Avant la finale, avec David Goudreault.

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Pour être clair, je n'ai jamais vu un animateur de ce niveau-là. Le meilleur. David Goudreault est drôle, percutant, insolent, sensible, malin, un sniper de l'impro... j'en passe et des meilleurs. Je suis devenu fan. Ce type-là n'est pas comme tout le monde. Il est supérieurement intelligent et met cette intelligence au service du divertissement ou de la solidarité.

Pour la Semaine des travailleuses sociales et des travailleurs sociaux, qui s'est déroulé du 24 au 30 mars 2013, l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec ont lancé une campagne de sensibilisation innovante. Peu importe la diversité des problématiques et leurs interrelations dans le tissu social, le rôle de la travailleuse sociale et du travailleur social, c'est l'accompagnement, c'est de raviver l'espoir.

Paroles et interprétation: David Goudreault
Musique et réalisation: Félix Bernier

En tout cas, je défie quiconque de trouver meilleur animateur que lui. Rien que pour David Goudreault, je suis ravi d'avoir été invité à ce concours. 

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Le public présent ce soir-là au Pan Piper. Et dans la foule, le jury disséminé qui note sur un panneau à la vue de tous. Il peut se faire huer ou applaudir selon la note. Tout ceci dans une ambiance bon enfant. 

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Corinne Tartare, la vice-présidente Commission Culture de la Fédération France-Québec et l'animateur s’apprête à donner le résultat. 

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Présentée par Pays Nantais-Québec, Clo a remporté (assez largement, je dois dire) la finale de « Vive la Parole Libre » 2016. Une virtuose des mots qui avait déjà gagné la Coupe du monde de slam en 2015. Elle a été tout simplement bluffante.

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La lauréate de cette année remercie le public (les organisateurs et le jury).

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Il a fallu que je monte sur scène pour expliquer ce que j'avais pensé des artistes et de la soirée en général. Du bien. Et avec conviction.

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Tous les slameurs ayant participé au concours sont montés sur scène pour dire au revoir (et pour la photo).

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Corinne Tartare et "l'invité d'honneur" (heureux d'être là).

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Autre invité, artiste réputé au Québec, Biz Fréchette du groupe Loco Locass est rappeur, indépendantiste convaincu et écrivain. Son roman, Mort-terrain, a remporté le Prix littéraire France-Québec 2015.

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Biz est le leader de Loco Locass, fondé en 1995. C'est un groupe hip hop québécois surtout connu pour la défense du français et ses prises de position politiques, particulièrement pour son engagement en faveur de la souveraineté du Québec. 

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France Québec mag en parle dans le numéro 175 daté du mois de mai 2016:

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13 avril 2016

Benoît Doremus : interview pour En Tachycardie

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Comparaison n’est pas raison, je sais bien, mais pour moi, Benoît Dorémus est l’héritier légitime de Renaud. En moins écorché vif, il me semble… quoique. Sophie Delassein, dans Le Nouvel Obs, va encore plus loin : « Benoît Dorémus appartient à une lignée que l'on pourrait ainsi présenter : petit-fils adoptif de Brassens, neveu rêvé de Souchon et Le Forestier, fils caché de Leprest, ami d'enfance possible d'Alexis HK, de Vianney, d'Agnès Bihl. » Rien que ça!
Si Benoît Dorémus ne peut nier ces filiations, en trois albums, il propose sa propre poésie et sa propre révolte douce. Le dernier en date est un joyau. Il ressemble bien à son titre En Tachycardie : un cœur qui vibre, qui s’emballe, un peu comme sa vie ces dernières années.

C’était donc le moment de le rencontrer de nouveau (sa première mandorisation en 2007 est ici, la seconde en 2010 est ). Ainsi fut fait le 3 mars dernier, dans un magasin de guitares.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorMot (raccourci) de Benoît Dorémus à propos de En Tachycardie :

Ce titre ne reprend pas l’une des chansons, pourtant il leur colle à toutes. Comme si cet état physique, ce symptôme de vigilance et de désarroi était un pays, un continent à part entière, où le cœur bat trop vite et trop fort, et qu’il m’a semblé traverser ces dernières années.

Trop fort, à cause des filles. Enfin, à cause de l’amour. Enfin, à cause de l’amour quand il s’arrête et vous cloue sur place. Trop vite, à cause des questions qui tournent constamment dans nos esprits comme des petits vélos agaçants. Il y a ce que le monde attend de nous, il y a ce qu’on attend de nous-mêmes, il y a ce qu’on attend du monde, et on doit se débrouiller comme ça.

Pour qu’il batte un peu moins durement, on peut être tenté par les anxiolytiques, ils sont là pour ça non ? « 20 milligrammes » est une chanson importante pour moi. J’ai mis du temps à mettre ce thème en chanson, or j’en avais besoin, dans le fond comme dans la forme.

J’ai composé l’intégralité de ces 14 titres, sauf 2, ce qui fait 12. A ma grande fierté, je dois la musique de « Ton petit adultère » à Maxime Le Forestier et celle de « Lire aux chiottes » au duo d’Archimède.

Il faut que j’évoque le plaisir que j’ai eu à travailler avec benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorPolérik Rouvière, qui signe la réalisation de ce disque. Je lui parlais de Rodriguez pour les cuivres, d’Eminem pour l’intensité, des Beatles pour les batteries, de Gainsbourg pour les basses, de MGMT pour les claviers, de Dylan, d’Ennio Morricone, de Feist, que sais-je encore... Son travail a été de me faire taire au bout d’un
moment, et de faire en sorte que mes chansons ne ressemblent qu’à moi. J’ai trouvé avec lui le son que je cherchais depuis longtemps.

Pour finir, je ne peux passer sous silence ce jour d’août 2015 où j’ai trouvé Alain Souchon en personne sur mon paillasson ! J’explique. Avec une gentillesse déconcertante, il avait accepté de venir expressément dans mon petit appartement enregistrer sa si belle phrase « Tu la voyais grande et c’est une toute petite vie », pour le titre « Dernièrement (acte V) ».

De battre, mon cœur ne s’est pas arrêté.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorInterview :

Cinq ans entre ton dernier disque et celui-ci. As-tu trouvé le temps long ?

Oui. S’il y a eu un peu de frustration, il y a eu aussi plein d’évènements qui ont ponctué cette attente. J’ai notamment fait beaucoup de concerts. Mais discographiquement parlant, ce n’est pas passé vite. Je ne peux pas dire que j’ai passé cinq années délicieuses à attendre.

Je te le dis à chaque fois que je te vois, mais je ne comprends pas que tu ne sois pas plus reconnu et soutenu.

Je me suis longtemps demandé pourquoi il en était ainsi, mais franchement, aujourd’hui, je cesse de me poser la question. J’ai une très belle reconnaissance des gens qui font ce métier, Renaud dans un premier temps, puisque c’est lui qui a produit mon premier album Jeunesse se passe, puis Francis Cabrel quelques années plus tard. J’ai tendance à dire que Renaud m’a découvert et que Cabrel m’a relancé. « Il a découvert mon travail lors des Rencontres d’Astaffort auxquelles j’ai participé en 2013, puis a eu dans les mois qui ont suivi d’autres occasions de m’écouter. Il m’a alors invité à passer une semaine avec lui dans son studio. Rien que ça. J’ai profité de ses suggestions très avisées, de ses guitares très avisées aussi, de sa gentillesse. Francis joue du banjo sur « Aïe ouille » et chante avec moi en clin d’œil dans le dernier refrain de « Dernièrement (acte V) ». Il faut dressez l’oreille… Non seulement on a travaillé dur, mais en plus, on a bien rigolé. Et rigoler, y compris de moi-même, c’est peut-être ce que je préfère au monde, vous savez. Peu après, lorsqu’il m’a proposé d’assurer toutes les premières parties de sa nouvelle tournée, j’ai tout fait pour que l’album soit prêt pour ce rendez-vous avec son public. J’ai cessé d’attendre les maisons de disque qui ne l’ont d’ailleurs pas vraiment remarqué ».

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Benoît Dorémus chez et avec Francis Cabrel.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorOn s’habitue à côtoyer ces deux légendes de la chanson française ?

Il y a toujours un moment dans la journée où je fais un pas de côté et où je me dis « tu réalises ce que tu es en train de vivre ? » Je sais qu’il y a plein de gens qui donneraient beaucoup pour vivre ça, ne serait-ce qu’une heure. Cela dit, je ne suis pas tétanisé par le trac, l’enjeu ou qui ils sont, au contraire. Je ne dis pas oui à tout. Cabrel et Renaud aiment bien qu’on leur résiste un peu. Très vite, avec Renaud, nous nous sommes engueulés et boudés plein de fois. Cabrel, lui, est économe en mot. Il est plus calme. Ce sont des gens que j’admire énormément, mais une fois que nous sommes dans le concret, on ne peut pas être dans un état de vénération totale sinon, il est impossible de travailler. Je tiens également à préciser qu'il y a un autre grand artiste qui est très présent dans ma vie, c'est Maxime Le Forestier. Il est  toujours là quand j'ai besoin de conseils...

Justement, tu as fait récemment la première partie de Francis Cabrel pendant trois mois et cela s’est super bien passé.

J’ai fait 45 dates avec lui. C’était énorme !

Bande annonce d'En Tachycardie.

Ressens-tu de la douleur de ne pas être plus accepté et aimé ?benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandor

J’ai surtout ressenti de la culpabilité quand j’étais dans de grosses maisons de disque. Eux te parlent de ventes de disques et ça te met une pression de dingue. J’ai très mal vécu ça. Je fais partie des 95 % de chanteurs de ma génération qui font leur métier en vivant bon an mal an de leur métier. Et il y a les 5% qui cartonnent.

Au final, n’est-ce pas mieux de faire tout soi-même ?

Il y a le pour et le contre. C’est difficile de se passer de tout un tas de métier. Franchement, les métiers des maisons de disques me manquent. Je fais tout moi-même et quand je dis tout, c’est tout. Je suis allé chercher les disques à l’usine, je les ai envoyés aux 800 personnes qui l’ont préacheté sur KissKissBankBank, alors que j’étais en pleine tournée avec Cabrel. Cela fait neuf mois que j’ai des  journées de 12 à15 heures par jour. Je donne physiquement de ma personne. Je me transforme en producteur, en juriste, en attaché de presse, en administrateur, je signe les chèques… j’en passe et des bien pires.

Quelle énergie bousillée au lieu de créer !

C’est vrai que tout ceci est au détriment de la création. Je t’avoue que j’ai hâte de retrouver l’artiste qui sommeille en moi, qui a envie d’écrire, de trouver l’inspiration. Pour nous, chanteurs des années 2010, il faut tout faire soi-même.

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Benoît Doremus, Gaël Faure et Mandor. Interview en avril 2015.

As-tu eu la tentation de baisser les bras ?

Oui, il y a trois ans, quand j’ai vu que personne ne s’intéressait à cet album, qu’aucune maison n’en voulait. Je ne voyais pas comment l’enregistrer. Il faut de l’argent pour faire les choses bien, c’est le nerf de la guerre. « Après deux albums en major, j’ai mis un moment à m’adapter aux évolutions de mon métier. Je me suis senti perdu et découragé bien des fois, j’ai mal vécu cette attente compliquée commune à bien des chanteurs de ma génération. Heureusement, il y a la scène pour faire vivre les chansons, il y a le soutien du public, et les coups de pouces de compères comme Renan Luce, Alexis HK ou Oldelaf. »

Je sais que tu as hésité à demander de l’argent sur un site participatif.

Oui, mais c’est mon manager qui a eu les mots qu’il fallait pour me décoincer. Il m’a dit : « Benoît, c’est juste du préachat. Les gens qui t’aiment bien, qui te connaissent, achètent maintenant ton disque et il ne sort que dans six mois. Rien de plus. S’ils ont envie de donner plus des 15 euros qu’ils auraient donnés à la Fnac, ils le peuvent. Ils ont la possibilité d’avoir des petits cadeaux de ta part, tu ne voles personne… » Il a fini par me décomplexer et j’ai accepté de rentrer dans ce système. J’ai remarqué que les gens sont contents d’avoir ce lien avec l’artiste…  J’ai atteint en 24 heures une somme que j’attendais sur un mois. Ca fait énormément de bien et c’est très gratifiant. « La somme finale m’a non seulement permis d’enregistrer en toute indépendance mais m’a aussi fait prendre la mesure de l’attente du public pour la suite de mes histoires. J’ai foncé en studio ».

Clip de "Bêtes à chagrin", réalisé par Thierry Teston avec Valentine Atlan. Montage Nicolas Elie.

Les chanteurs sont-ils tous des « bêtes à chagrin » ?

Dans cette chanson, je mets en garde. Attention ! Les artistes dans leur quotidien, hors micro et hors caméra ne sont pas forcément ceux que l’on fantasme. Ils peuvent faire du mal car un artiste est quelqu’un qui est hanté, qui est un peu prisonnier de son intériorité et de ses questionnements. Y a-t-il de la place pour de l’amour dans le cerveau déjà bien encombré d’un artiste ? J’ai essayé de mettre de l’humour, de la tendresse et de l’autodérision dans cette chanson. Il y a des clins d’œil à des artistes que je fréquente.

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Benoît Dorémus et Renaud.

J’ai pensé à Renaud, évidemment.

Renaud est clairement une bête à chagrin. C’est la personne la plus complexe que j’ai croisé dans ma vie. Francis Cabrel, lui, a l’air plus maître de ses émotions.

Un artiste est différent des autres ?

Oui, mais ça devient une douleur. J’utilise cette douleur et j’en fais du second degré pour que mes chansons ne soient pas plombantes. Un artiste est quelqu’un qui est plus sensible que la moyenne, dont le boulot est de faire en sorte que cette sensibilité résonne chez ceux qui l’écoutent. On transforme notre sensibilité en art.

Ton album sort des sentiers battus et il est très varié.

J’essaie de varier les plaisirs et de ne pas faire que de la chanson française en octosyllabe tout le temps, d’une chanson à l’autre. Même si ma famille reste la chanson, j’aime me diriger vers le hip-hop ou explorer d’autres planètes musicales. Je fais en sorte qu’on ne s’emmerde pas, ce qui me fait chercher des astuces dans la forme.

"Brassens en pleine poire", live en première partie de Francis Cabrel.

Dans certaines chansons, il faut gratter pour saisir le propos. On y parvient toujours, mais au bout de quelques écoutes.

J’aime bien qu’il y ait à manger au niveau du texte et que l’on n’ait pas tout compris à la première écoute. J’y tiens. Il y a toujours une histoire, un fil conducteur et une chute… mais toujours une deuxième couche.

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benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandor

Pendant l'interview...

Tu t’amuses en écrivant ?

Je m’éclate. C’est le moment que je préfère. Parfois, c’est un peu dur parce que je ne trouve pas, alors je cherche, je retourne… et je finis par trouver. Tant que je sais que je suis sur une bonne chanson, le temps, le travail et la patience ne me dérangent pas. Au contraire.

benoît dorémus,en tachycardie,interview,mandorSais-tu quand une chanson est terminée ?

Quand j’estime qu’une chanson est terminée, je la joue à trois copains. J’ai des cobayes comme Renan Luce, Alexis HK (voir photo à gauche), Renaud et même Cabrel. Leur opinion compte énormément. Mais après ces appréciations, elle est validée, tamponnée, cachetonnée, quand la chanson traverse et réussit l’épreuve de la scène.

Un artiste fait du bien au gens. As-tu conscience  de l’importance de son rôle dans la société?

Pas assez, même si on me le dit parfois. C’est vrai que si je pense au bien que m’ont fait Alain Souchon, Renaud, Eminem, les Beatles ou Dylan, je ne me dis jamais que moi, je peux procurer la même chose à des gens. J’ai l’impression que c’est trop beau pour être vrai. Si mon travail peut faire du bien, je suis le plus heureux des hommes.

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Après l'interview, le 3 mars 2016.

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08 avril 2016

14e Salon du Livre et de la Chanson de Randan : bilan et photos.

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affiche2016.jpg-Allo, François ! Ça te dirait de participer au salon du livre de Randan ?

-D’où ?

-Randan.

-Connais pas.

-C’est dans le Puy-de-Dôme, pas loin de Vichy. C’est le Salon du Livre et de la Chanson. Il se tient tous les premiers week-ends d’avril depuis 14 ans. Inauguré en 2003, ce salon se propose d’inviter en Auvergne, face à l'orangerie du château de Randan, une vingtaine d’auteurs, artistes, biographes et chroniqueurs pour deux journées de dédicaces avec un public passionné par la chanson française. Cette manifestation culturelle, unique en France, met vraiment en lumière la chanson francophone

-Il y a qui cette année ?

-Nicoletta, Hervé Vilard, Jean-Jacques Debout, Anne Sylvestre…

-Les jeunes pousses de la chanson française quoi ! Note que je les respecte tous et que je sais qu’ils vont ramener du monde.

-Non, mais il y a aussi Emma Daumas. Et des biographes comme Stéphane Loisy ou Baptiste Vignol.

-Baptiste Vignol ! Mais il va me snober avec mon livre sur Louane. Le mec est pointu, je lis son blog Mais qu’est-ce qu’on nous chante ? depuis longtemps. J’adore. Mais il sort des livres sur Renaud et Guy Béart… il va me regarder de haut c’est sûr !

-Non, François, détrompe-toi. Tu vas voir, ils sont tous sympa. Les organisateurs sont doués pour que tout le monde se sente bien. Je t’assure, tu viens une fois, tu as envie de revenir l’année suivante. Je ne te cache pas, qu’en plus, on mange et on boit très bien.

-C’était la première chose à me dire. Top là ! J’accepte.

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Extraits d’une conversation téléphonique (légèrement exagérée) que j’ai eue avec Olivier Vadrot. J’ai accepté, et je ne l’ai pas regretté. J’ai passé deux jours exquis. Je tiens ici à remercier Edda Mathillon et la formidable association organisatrice de l’évènement « Le Livre et la Chanson ». Deux jours de bienveillance et de gentillesse.

Voici quelques photos avec leur légende.

(Je sais que je ne reviendrai pas l’année prochaine, car mon prochain livre ne sera pas « musical », mais je garderai un doux souvenir de ces deux jours auvergnats).

Le samedi.

Baptiste Vignol, celui que je craignais. Il va falloir que j'apprenne à exterminer les a priori. S'il peut avoir la dent dure dans ses chroniques, il se révèle un homme délicat et sympathique. Globalement, nous sommes restés deux jours ensemble sans discontinuer. Il sera bientôt mandorisé pour son excellent Guy Béart, il n'y a plus d'après.

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Hervé Vilard... non, je ne dis pas encore ce que j'en pense humainement. 

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Jean-Jacques Debout et Nicoletta dans "Confessions intimes". 

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La souriante chanteuse corse Domistria.

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Le souriant François Alquier pour son livre (Prix Albert Londres 2016) sur la chanteuse et comédienne Louane. Joie de vivre et compagnie. 

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Bon, Emma Daumas, je l'adore depuis longtemps. J'aimais son travail, j'aime la femme qu'elle est devenue. Simple et talentueuse. On en reparle bientôt ici... parce son livre Supernova est bien écrit et nous en apprend beaucoup sur l'envers du décor du show-biz. 

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Emma et moi, ce tout petit supplément d'âme...

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Le salon et son public.

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Le dimanche.

Au petit-déjeuner, je découvre la presse locale. La Montagne fait un focus sur le salon.

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Alors Corbier, franchement, il n'y a pas plus sympathique. Un vrai mec bien. Gentil, généreux, drôle... et une oeuvre à découvrir. 

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J'ai été très déçu par le comportement d'Hervé Vilard et de Nicoletta envers leur public. Une condescendance souvent insupportable dont j'ai été témoin. Je respecte la carrière de ces deux artistes. A eux deux, ils ont vendu des millions d'albums. Chapeau! Mais le respect envers ceux qui ont acheté leurs disques, ce n'est pas un luxe, c'est un devoir. En 2016, qu'ils se comportent en diva me laisse pantois. Je précise qu'ils ont été très corrects envers moi, là n'est pas le problème. J'ai juste vu et entendu des trucs qui ne m'ont pas plu. Du tout. J'ai posé avec eux avant que le salon n'ouvre ses portes le dimanche parce qu'ils représentent beaucoup dans la variété française. Et, encore une fois, ils ont une carrière magnifique et certaines de leurs chansons m'ont touché. 

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Hervé Vilard. Donc.

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Et Nicoletta. (Que je déteste être déçu humainement!)

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Jean-Jacques Debout. Lui, simple, un peu ironique et beaucoup de recul sur lui-même et sur le métier.

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Philippe Jadin, un des deux ayants droit de Jean Sablon

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Baptiste Vignol et Charles Langhendries, le deuxième ayant-droit de Jean Sablon

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L'association "Le livre et la chanson" remet la médaille de la ville à Hervé Vilard

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Puis à François Corbier (devant Hervé Vilard particulièrement attentif et respectueux de la cérémonie).

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Un auteur à l'aise devant les objectifs. 

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Et des lectrices attentives. (Photo non truquée). (Et trois ventes en une minute). (Merci à elles).

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Peu de temps avant de partir, photo souvenir avec les deux ayants droit de Jean Sablon, Anne Sylvestre (Anne Sylvestre quoi! Ce n'est pas de la gnognotte. C'est la plus grande!), la femme de Ricet Barrier, grand habitué de ce salon, parti en 2011, Ane Barrier.)

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Voilà, il a fallu partir. Avec regret. Beaucoup.

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06 avril 2016

La Maison Tellier : interview pour Avalanche

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Véritable succès critique et public, Beauté pour tous, le précédent album studio de La Maison Tellier, l’a positionné comme l’un des groupes incontournable de la scène française. Bien décidés à entériner leur statut, les cinq Tellier reviennent avec un album ambitieux et magnifique, Avalanche.

Yannick, alias Helmut Tellier, auteur-compositeur-interprète du groupe a été mandorisé une seconde fois (la première, à l’occasion de la sortie de l’album live Beauté partout, en novembre 2014, est à lire ici)

la maison tellier,avalanche,interview,yannick,helmut tellier,mandorArgumentaire du disque :

Dès le premier titre La Maison Tellier donne le ton de ce nouvel album : Cinq est le numéro parfait. Cinq musiciens à l’heure de leur cinquième album. Le groupe n’y est pas allé par quatre chemins. L’album précédent glorifiait le combat pour la beauté. Celui-ci témoigne d’une quête. Une quête vers la joie. Comme certains sont en quête de la foi. Une quête semée d’embûches, de doutes et d’angoisses (« J’ai rêvé d’Avalanches », « Haut, Bas, Fragile »). De questions sans réponses (« Où Sont les Hommes ? »). Une quête où la musique et l’amitié tiennent lieu d’armes fatales (« Cinq est le Numéro Parfait »). Où l’amour (« En Toutes Choses », « Beautiful Again »), les femmes (« Amazone ») et la fête (« 23h59 ») viennent aider nos 5 Chevaliers de la Table Ronde à s’approcher du Graal.

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la maison tellier,avalanche,interview,yannick,helmut tellier,mandorInterview :

Beauté pour tous a été très bien accueilli, ça a placé la barre haute pour le disque suivant, non ?

Nous l’avons pris comme une forme de reconnaissance et cela a eu un côté stimulant pour enchaîner sur Avalanche. On a essayé d’enfoncer le clou pour rester dans la même démarche, voire de faire encore mieux.

Avalanche est l’album le plus pop de La Maison Tellier, il me semble.

(Rires.) On a fait rentrer le loup dans la bergerie. Pour la première fois, on a eu un réalisateur de bout en bout, Yann Arnaud. Du coup, cela a donné une cohérence dans le son. On avait tous confiance en lui et on a accepté de le suivre dans des choix esthétiques qui n’auraient pas été les nôtres. Il nous a parfois mis devant nos contradictions, c’était intéressant. Il a une élégance dans le son qui s’est parfaitement mariée à notre style musical.

Dans Beauté pour tous, vous étiez partis dans de multiples directions parce que vous étiez livrés à vous-mêmes ?

Oui, cela nous a incités à nous autoriser plein de choses. Il y a les deux côtés de la médaille quand on réalise nous-mêmes. On est plus libre, mais on peut s’égarer. Aujourd’hui, grâce à Yann, nous avons moins d’instrumentaux à rallonge, de musiques un peu cinématographiques. Il reste mes influences et celles de Sébastien avec qui j’ai co-composé l’album avant de faire les arrangements avec les autres membres du groupe. A l’origine, j’étais partie pour faire quelque chose d’assez live, d’assez simple et potentiellement d’un peu rock… et, au final, on a un objet qui est soyeux. Yann m’a encouragé à crooner plutôt qu’à crier sur certaines chansons. Etre dans le murmure, un peu caressant, je dois dire que c’est une surprise. Nous sommes tous très fiers de ce disque-là.

Clip officiel de "Amazone".

Est-ce que ça va faire bouger vos habitudes scéniques?la maison tellier,avalanche,interview,yannick,helmut tellier,mandor

On a nécessairement des instruments qui se sont ajoutés, mais ça ne change pas notre approche de nos modes de fonctionnement scéniques.

La chanson « Cinq est le numéro parfait » parle de votre groupe.

Oui, mais j’aime bien mettre quelques filtres et nous présenter de manière plus romancée. On a passé des heures innombrables sur des autoroutes, dans des stations-services à faire des pleins, ce n’est la chose la plus romanesque qui soit. Ce genre de chanson donne un sens un peu mythique, voire métaphysique, à tous ces instants et au fait de fabriquer des chansons. C’était aussi ma façon à moi de remercier mes partenaires et de leur dire que ma vie a changé grâce à eux.

Ça m’a fait penser à cinq chevaliers qui partent sur la route à la recherche du Graal ?

C’est tout à fait ça. Nous savons que l’on recherche quelque chose, mais nous ne savons pas quoi.

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Parfois, il y a des chansons que je ne comprends pas, comme « Où sont les hommes ? », mais ça ne me dérange pas. Ça laisse mon imagination travailler un peu.

(Rires) Je ne la comprends pas plus. Cette chanson était un peu une boutade. J’ai voulu parodier une chanson de Patrick Juvet qui m’a toujours intriguée, « Où sont les femmes ? ». Je n’ai pas voulu choisir mon camp, je pose juste la question, « où en sont les hommes du XXIe siècle qui ont grandi dans un monde où l’égalité homme femme est prioritaire ? » J’avoue que l’on a perdu un peu nos repères.

Les gens reçoivent les chansons chacun à leur façon. Ils comprennent ce qu’ils veulent comprendre.

Je n’aime pas les chansons qui ne sont que du collage de mots qui sonnent bien. Je trouve qu’il faut un juste milieu entre ce type de chansons là et les chansons narratives au premier degré constant. J’aime bien l’idée qu’on ait envie d’écouter la chanson plusieurs fois pour se l’approprier et trouver son sens.

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31 mars 2016

Parnell : interview pour Ce qu'il en reste

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(Photo : Flora Riffet)

Une jolie découverte aujourd’hui. Parnell est à mi-chemin entre la folk et la chanson. Une voix à faire tomber, un sens inné de la mélodie et une musique élégante. L’homme, que l’on pressent sensible, raconte les difficultés amoureuses (Pour Que Mon CœurElle Passe…), le quotidien et ses tourments (Santé…) et la joie (Le Grand BainMa Vie)…

Parnell est venu me voir à l’agence le 3 mars dernier. J’ai tout de suite beaucoup apprécié cette personne. Question de feeling…

Résumé (officiel) d’une vie musicale :parnell,ce qu'il en reste,interview

La guitare d’abord, puis la voix et les textes. La suite passe par ATLA, à Pigalle en 2006, pour se former, puis par FGO-Barbara, en studio, pour se perfectionner. Le tout mélangé à la scène, plus d’une centaine jusqu’ici, des Trois Baudets à Paris, au Printemps de Bourges 2013, 2014 et 2015 en passant par l’Angleterre et l’Irlande…

Ses premières vibrations de tympans se sont faites avec le rock progressif et la chanson française. Et puis, un jour, il y eu le folk. Approfondi en Irlande où il se rend régulièrement, Parnell y trouve son nom. Il se sert aujourd’hui de sa force, de son indépendance et de sa fragilité pour imaginer des ballades lourdes ou légères, et des rythmes énergiques et puissants. Toujours en français.

En 2014, il rencontre Johan Ledoux qui se prend au jeu pour la réalisation de son 1er album. Une campagne participative (réussie à 201%) lui permet de l’enregistrer en septembre, et de le masteriser au Studio La Source en Octobre.

De ses expériences, de ses écoutes, Parnell prend le temps d'assimiler sans savoir toujours ce qui l’est… Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est qu’il commence à vouloir garder des choses en mémoire. Immortaliser pour ne pas oublier.

parnell,ce qu'il en reste,interviewArgumentaire du disque :

Ce qu’il en reste est un album de mise à plat entre ce qui est arrivé et ce qui va advenir. Un retour aux fondamentaux qui donne envie de voir plus loin. Les atmosphères s’imposent dès les premiers sons de chaque titre. Le guitare-voix est la poutre sur laquelle viennent se greffer des éléments qui subliment l’ambiance recherchée. Du Rhodes au mellotron, en passant par du violoncelle, de la percussion et de la basse, ses éléments habillent les musiques, et soutiennent les textes.

Le ressenti est la base de ses textes. Parnell se plait à observer en profondeur. Savoir ce qu’il se passe dans la tête ou dans le ventre de celui qui vit un événement. Comment on vit, comment on ressent les choses.

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(Photo : Flora Riffet)

parnell,ce qu'il en reste,interviewInterview :

As-tu été élevé dans un environnement musical ?

Dans ma famille, personne ne pratique un instrument. J’ai deux sœurs  et un frère et je suis le petit dernier. Ils ont cinq, neuf et onze ans de plus que moi. Ils étaient fans de musique et c’est ce qui m’a plongé dans cet univers. A dix ans, j’écoutais Freddy Mercury et Neil Young grâce à eux. Mon père, lui, était fan de Clapton et de Cabrel… Il y a une fibre musicale chez nous. 

A 10 ans, tu voulais faire du piano.

On m’a dit non, parce que c’était encombrant. A 15 ans, mon frère a acheté une guitare. J’en avais 10. Six ans plus tard, je me suis mis à cet instrument. Je me rends compte que j’ai été attiré par la musique bien avant d’en faire.

L’Irlande a joué un rôle dans ton amour pour la musique.

J’ai découvert l’Irlande assez tôt, car j’ai une sœur qui vit là-bas. A 12 ans, j’allais dans les rues et il y avait de la musique partout, dehors et dans les pubs. C’est culturel. Il y a un côté direct et instinctif chez les gens qui jouent. Il n’y a pas de calcul. Cela m’a beaucoup plu.

Très vite, tu as chanté ?

Dès que j’ai eu une guitare, j’ai commencé à écrire et très vite à chanter. Mais les gens qui m’écoutaient me signifiaient qu’on n’entendait pas assez ma voix. La guitare était beaucoup trop forte par rapport à la voix.

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(Photo : Flora Riffet)

parnell,ce qu'il en reste,interviewTu as pris des cours de chants ?

J’en ai pris beaucoup, pour avoir confiance en ma voix. J’ai fait une école ATLA à Paris où j’en rencontré une prof de chant, Elisabeth Baïle, avec laquelle j’ai continué à prendre des cours après. Ce n’était pas du travail vocal pur, c’était surtout une prise de conscience de mon corps. On a fait un travail annexe à la musique. Pour moi, la musique et le chant ne sont pas que de la performance pure, c’est aussi très intérieur, méditatif, une sorte de recherche de paix. Cela englobe un tout. Cette professeure avait une approche très orientale.

Entre 16 ans, quand tu as commencé la guitare, et 29 ans, aujourd’hui où tu sors ton premier album, il s’est passé beaucoup de choses.

A partir du moment où on me disait que j’allais pouvoir faire quelque chose avec ma voix, j’ai fait des scènes ouvertes. J’ai foncé tête baissé. Je me suis mis en danger, je suis tombé parfois, mais j’ai persisté. Quand je jouais devant des potes, je leur demandais de me critiquer et d’y aller à fond. La seule chose qui m’intéressait, c’était d’apprendre, de me perfectionner.  Aujourd’hui, je sais un peu plus ce que je veux.

Tu as déjà enregistré un EP autoproduit.

J’ai enregistré d’abord quelques chansons, mais c’était surtout pour apprendre à utiliser les logiciels. J’ai besoin d’apprendre ce sur quoi on travaille pour pouvoir parler correctement avec la personne que j’ai en face de moi ensuite, musicien, arrangeur ou réalisateur. J’ai enregistré un EP il y a 6 ans sous le nom d’Antoine F.  Je ne l’ai jamais utilisé, jamais sorti commercialement. Il n’était pas assez abouti.

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Pour ce premier album, tu es rentré en studio avec une quarantaine de chansons.

Je voulais avoir de la matière, du choix et que ce choix de chansons soit logique.

Pour toi, le solitaire, c’était simple de travailler avec Johan Ledoux à la réalisation?

On a écouté toutes mes chansons et des titres des autres qui me plaisaient. Je voulais qu’il comprenne la musique et le style que je souhaitais. Ce que j’ai apprécié chez Johan, c’est qu’il a une vraie capacité à s’adapter au style des gens avec lesquels il travaille.

Tes références musicales sont plus dans la folk américaine et irlandaise, mais tu chantes en français.

Si je comprends la langue anglaise, je ne la maitrise pas assez pour écrire des chansons qui se tiennent.

Ton pseudo, Parnell, ça vient d’où ?

C’est un personnage historique irlandais. Charles Stewart Parnell, dit « le roi sans couronne d'Irlande », figure de proue du nationalisme. Il a défendu les irlandais contre les méchants anglais.

"Elle passe", version audio.

Ton premier single, « Elle passe », je l’adore. Il se passe beaucoup de choses dedans.

Pour moi, c’est la chanson la plus « grand public » de mon disque. J’ai vu un gamin de 12 ans l’apprécier, tout comme des gens qui ont fait khagne hippokhagne ou d’autres qui ont une grande culture musicale. Je suis étonné par le succès de cette chanson, mais ça me fait plaisir. Mais, les chansons que je préfère sont « Le grand bain » et « Piste noire ». Il y a différentes ambiances dans l’album, mais ces deux-là sont un peu plus folks que les autres.

Tu dis que tu fais de la « chanson folk ».

Ben Mazué dit souvent qu’il ne connait pas la chanson. Je suis comme lui. Je connais un peu Barbara, Brassens, mais sans plus… Quand on dit « chanson » aux gens, ils croient que l’on va faire du Brassens. Moi, j’essaie d’avoir une autre esthétique.

Tes chansons sont-elles très personnelles ?

Oui, elles le sont. Mais elles sont très instinctives. J’écris des chansons très rapidement, dans l’urgence. Elles ne sont pas forcément frontales, mais on les comprend quand même. J’aime faire travailler l’imagination de ceux qui écoutent.

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A ne pas louper pour découvrir Parnell!

C’est un disque mélancolique.

Oui, j’avoue. La mélancolie est en moi. Avant cet album, mes chansons étaient encore plus lourdes et pesantes, voire carrément plus dures. J’ai réussi à trouver un peu de lumière et de légèreté. J’ai trouvé un équilibre pour que mes chansons deviennent plaisantes pour les autres et libératrices pour moi-même.

Cet album, c’est le début d’une carrière ?

Depuis que j’ai 16 ans, ma vie est centrée sur le fait de devenir musicien, auteur, compositeur, interprète et d’en vivre. Toutes mes décisions ont été prises en fonction de ce projet. Ce disque n’est que le début, en effet. Je veux aller plus loin dans la recherche musicale. Je veux que la musique nous porte. Je veux du partage, de l’apprentissage et de la rencontre…

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Le 3 mars 2016, après l'interview.

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29 mars 2016

Christophe Robillard : interview pour le site Merci Edgar

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Christophe Robillard est l’homme qui se cache derrière le site Merci Edgar. Il a conçu un logiciel de booking qui permet aux artistes et aux tourneurs de gérer leurs contacts professionnels (lieux, festivals, autres organisateurs de spectacles, mais aussi tout type de structure comme les médias, les institutionnels, les imprimeurs, ...) à l'aide d'une interface simple et intuitive.

Comme l’indique le site, Merci Edgar (http://www.merciedgar.com/), c’est aussi une association qui a pour objectif de faciliter l'entraide entre artistes. Le logiciel de booking conçu par Christophe Robillard va évoluer. Il désire mettre dans une seule et même base commune l'ensemble des informations d'ordre public sur les lieux (nom du lieu, styles programmés, adresse postale). A noter que les contacts directs (téléphone / mail du programmateur) ne seront pour le coup pas partagés. En effet, il pense que c'est contre-productif de les rendre publiques.

J’ai rencontré Christophe Robillard, il y a trois ans et j’ai trouvé son idée excellente. Il a d’ailleurs déjà fait l’objet d’une mandorisation, mais comme le projet a évolué depuis, j’ai souhaité le rencontrer de nouveau. Pour faire le point.

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christophe robillard,monsieur robi,merci edgard,interviewInterview :

Comment as-tu eu l’idée de Merci Edgar ?

Je suis passé dans Vivement Dimanche. Cette visibilité m’a permis de faire le Sentier des Halles. Après, j’ai eu une vraie démotivation. J’avais réussi à remplir la salle, mais je n’avais pas réussi à faire venir des pros. J’ai compris que si je voulais continuer, il fallait que je change ma manière de fonctionner. Je ne savais pas comment le métier fonctionnait, alors j’ai commencé à faire des interviews de pros. Tu le sais, tu y es passé. Je suis partie de l’idée que les questions que je me pose, d’autres se les posent. Mon logiciel a été conçu sur la base de mes questionnements.

Clairement, qu’est-ce que c’est Merci Edgar ?

C’est un logiciel qui permet d’aider les artistes à prospecter pour trouver des dates et vendre leur spectacle dans des lieux ou des festivals.

Gagnes-tu de l’argent avec Merci Edgar ?

Non. J’ai créé une association loi 1901 à but non lucratif. Je ne cherche pas à faire de l’argent sur Merci Edgar. Je veux faciliter l’entraide entre artistes et un des outils pour faciliter l’entraide, c’est le logiciel. Depuis le mois de janvier, pour utiliser le logiciel, il faut être adhérent de l’association. C’est 20 euros l’année pour un artiste autoproduit et pour une prod, c’est 50 euros. C’est pour couvrir les frais d’hébergement et les frais de fonctionnement de l’association.

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Il faut être sacrément partageur pour pouvoir utiliser le logiciel.

Effectivement. Les contacts que tu vas saisir, les lieux que tu vas découvrir, à terme, seront dans un pot commun. Tu acceptes de contribuer à une base commune. Pour l’instant, elle n’est pas opérationnelle, c'est le chantier de cette année. Bref, je souhaite la coopération plutôt que la compétition entre artistes. On discutera de tout ça à l'assemblée générale de l'association le 24 mai !

Mais toutes les informations seront publiques ?

Non, on peut accéder au nom du lieu, sa capacité en terme de places assises ou debout, le type de style programmé… mais pas aux numéros de portable ou mail du programmateur de la salle, par exemple. C’est une question de respect pour les personnes concernées. Ils n’ont pas demandé à être dans une base commune.

De toute manière, se la jouer « chacun pour soi », ce n’est pas normal quand on est artiste.

On est d’accord. Normalement, chaque artiste à une proposition artistique unique. Si chacun apporte quelque chose de nouveau, on ne peut pas se faire de la concurrence.

Adhérez à l'association Merci Edgar ! from Merci Edgar on Vimeo.

Qu’aimerais-tu encore faire avec ton association ?christophe robillard,monsieur robi,merci edgard,interview

J’aimerais créer une émulation entre les artistes, qu’ils se rencontrent. J’aimerais qu’il y ait des discussions sur tous les sujets, même les plus tabous. Evoquer les questions économiques par exemple. Comment on fait pour bouffer et en même temps écrire, composer ? Ce n’est pas simple. Il y a peu d’espace où on parle des problèmes. Il faut les regarder en face.

Tu chantes sous le nom de Monsieur Robi. Après une longue pose, tu reviens enfin en tant qu’artiste.

Le spectacle que je conçois est simple : « Dans sa quête de célébrité, Monsieur Robi prépare son Olympia 2020. Mais il se heurte à un souci de taille : il n'a qu'une chanson à son répertoire... Il sillonne alors les routes de France pour préparer son spectacle dans votre salon avec vos amis. » Bref, un one-piano-man-show où le spectateur va lui aussi mouiller la chemise ! ( http://www.monsieurrobi.com)

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Après l'interview...

28 mars 2016

Erwan Pinard : interview pour Obsolescence programmée

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erwan pinard,obsolescence programmée,interview,mandorErwan  Pinard a un répertoire poético-cynico-dépressives. Ses chansons acides, amères, piquantes, caustiques n’ont rien d’anodines. Il dépeint la gravité de la vie et du monde en nous amusant/faisant réfléchir/angoissant. C’est selon. L’anticonformiste Erwan Pinard est totalement inclassable. Dans son troisième album, Obsolescence programmée, on écoute d’abord ses textes (chansons tiroirs à plusieurs niveaux de lecture). On entend ensuite sa musique et ses orchestrations faussement minimalistes. Une collection de treize nouvelles chansons, témoignages d’une société et d’un citoyen en perte de repères (enregistrées avec ses complices de scène Jérôme et Lionel Aubernon), qui mérite qu’on s’y attarde.

J’ai donc reçu Erwan Pinard à l’agence le 15 février dernier. Si l’homme est une bête de scène, il n’est pas des plus loquaces devant un micro. J’ai fait ce que j’ai pu.

Biographie officielle :erwan pinard,obsolescence programmée,interview,mandor

Après deux albums studios et une centaine de concerts en trio ou solo, Erwan Pinard (de son vrai nom Erwan Pinard) revient avec un troisième album pas pour faire pouet pouet youpi, mais pour remuer encore et encore la boue du cœur et de notre société. Ça n’empêche pas d’en rire, ni d’en pleurer, bien au contraire.

Mi-punk, mi-crooner, il débarque sans mode d’emploi avec ses chansons piégées : baroques, farouches, absurdes et toujours bienveillantes. Des pogos pour dire je t’aime, des slows à s’arracher la calvitie servis sur un bel enrobé d’humour. On ne peut jamais rouler tranquille et pourtant, on en redemande. Va comprendre, va voir.

(Sa page Facebook).

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erwan pinard,obsolescence programmée,interview,mandorInterview :

Comment, jeune, on décide d’intégrer une école de musique à Chassieu ?

Mes parents m’ont un peu poussé à faire une activité. Le foot, le basket ou des sports de ce genre ne me plaisaient pas, alors, j’ai opté pour cette école. J’aimais bien mon prof de trompette. Il m’a beaucoup appris.

Au lycée, vous participez à un premier groupe. Vous jouiez du rock.

Oui, je sais, c’est banal. J’étais chanteur bassiste. J’adorais ça. On s’enfermait dans des caves et on faisait énormément de bruit. Ça m’a donné envie de faire ce métier plein de fantasmes et de mystères. Depuis, je me suis laissé porter pour assouvir tranquillement ce désir de faire de la musique. Me laisser porter, c’est un peu ma nature.

"Tranquille", enregistré dans le backstage de France 3 Rhône-Alpes. Mars 2014.

C’est Gainsbourg et Brassens qui vous donnent envie d’aller vers la chanson.erwan pinard,obsolescence programmée,interview,mandor

Quand j’étais au lycée, j’avais pourtant un hermétisme pour tout ce qui était chanson française. Puis petit à petit, j’ai fini par apprécier. Brassens, je l’ai découvert grâce à mes parents. Quant à Gainsbourg, j’ai entendu son œuvre la première fois en anglais, interprété par un artiste qui avait repris quelques morceaux. Du coup, j’ai écouté ses premiers albums et j’ai adoré ça.

Adolescent, vous écriviez beaucoup?

Pas forcément des chansons. Des bouts de chansons, des pièces de théâtre… c’est vers 22 ans que j’ai commencé à écrire de vraies chansons.

Vous avez fait des études de musicologie. Est-ce que ce genre d’étude n’enlève pas ensuite la spontanéité de la création ?

Pour moi, c’est plus un atout, un cadre assimilé que je m’amuse à contourner. J’ai pour principe de toujours m’amuser en travaillant.

"Compte à rebours", enregistré dans le backstage de France 3 Rhône-Alpes. Mars 2014.

erwan pinard,obsolescence programmée,interview,mandorLa meilleure école, ce sont les bars et les cafés ?

Oui, c’est là que l’on apprend le métier. Il faut capter le public et mettre son ego de côté. Les gens ne viennent pas dans ce genre d’endroit pour écouter religieusement un mec chanter. Il faut s’imposer en douceur.

Vous sortez déjà un troisième album.

Le premier, autoproduit, date de 2010. C’était la démerde totale. Le second date de 2013. J’en sors un tous les trois ans finalement. J’adore les disques. J’ai toujours aimé cet objet-là. En fin de compte, une fois qu’on a un disque, puis deux, puis trois, il ne se passe rien de bien nouveau (rires).

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Cet album, en tout cas, a été conçu pendant une mésaventure sentimentale.

Oui, ça a nettement influencé les textes. Je n’évoque que cela sous différents angles, même si on peut comprendre différemment certaines chansons. J’adore quand des gens me disent qu’ils ont aimé une chanson et qu’elle n’est pas été comprise comme je l’ai conçue à la base. Je trouve fascinant le pouvoir d’une chanson. Chacun peut se l’attribuer à sa manière.

Vous êtes prof de musique. Vos élèves connaissent-ils votre double vie de chanteur ?

Oui, quelques-uns. Ils vont voir ce que je fais en allant sur YouTube ou sur Facebook. En tout cas, il ne m’emmerde pas avec ce que je fais.

Le fait d’avoir un travail rémunérateur enlève la pression de réussir à tout prix pour gagner sa vie, non ?

C’est bien et pas bien à la fois. Si je n’avais pas ce filet de sécurité, peut-être aurais-je pris plus de risque dans ma carrière de chanteur. Au fond, je pense qu’il faut être dans l’urgence pour montrer sa gueule et tout donner. Quand il y a moins d’urgence, on y va à pas feutré. Maintenant, j’aime ces deux boulots et c’est parfait pour mon équilibre.

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Vous sentez-vous proche d’autres artistes de votre génération ?

J’aime beaucoup Nicolas Jules. Je ne connais pas trop la scène française actuelle. Cela fait un moment que je n’ai pas eu la curiosité d’aller voir ce qu’il se passait… je suis un peu centré sur moi et mes soucis en ce moment, alors, les soucis des autres… (Sourire.)

Qu’attendez-vous de la sortie de ce disque ?

Qu’il me permette de jouer davantage et qu’il se vende un petit peu. Si tel n’est pas le cas, cela ne m’empêchera pas de continuer. On peut passer sa vie à faire des albums invendables (rires). 

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24 mars 2016

Mallock : interview pour Le principe de parcimonie

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mallock,le principe de parcimonie,interview,mandor« Pardon, mais pourquoi Mallock, ce pur génie de la littérature noire, n'a pas le succès foudroyant qu'il mériterait d'avoir. Pourquoi la France ne le célèbre pas (l'Italie le vénère). Il est réellement (et largement) au-dessus de tous, tant dans l'écriture, les intrigues, la philosophie et la personnalité de ses personnages que dans le suspense. C'est violent (mais comme la société est violente), réaliste, malin, d'une intelligence rare, extrêmement bien documenté, sans concession... et souvent prophétique. Un jour, on reconnaîtra son talent à sa juste mesure. Tous ses livres sont des bijoux absolus. Le dernier, "Le principe de parcimonie", est un pur chef d'œuvre! Jamais rien lu d'aussi intense. J'ai voulu parler de lui aujourd'hui (comme une sorte de pulsion) parce que je trouve injuste que cet auteur ne soit pas porté aux nues. Je trouve injuste que les médias culturels le laissent de côtés. On ne laisse pas un auteur pareil dans la solitude du doute. Moi, je lui réitère une énième fois mon admiration sans borne. » J’ai écrit ça, il y a quelques jours, sur Facebook.

Pour tout dire, j’en ai marre de prêcher dans le désert depuis 6 ans. J’ai reçu ici Mallock, à chacun de ses nouveaux livres. Je l’ai découvert avec Le massacre des Innocents, un putain de bon thriller qui m’a époustouflé dès les premières pages et que je n’ai pu lâcher. J’ai récidivé à la sortie de Les Visages de Dieu et l’enthousiasme ne m’a pas quitté. Je lui ai ouvert cet espace pour la troisième fois pour Le cimetière des hirondelles, autre chef d’œuvre du monsieur. La quatrième fois, c’était pour Les larmes de Pancrace.

Ses livres ont toujours trois niveaux : Un niveau mythologique, un niveau narratif, un niveau purement littéraire. Aujourd’hui, je vous propose ma 5e mandorisation de Mallock. Je l’ai accueilli le 2 mars dernier, pour son nouveau chef d’œuvre, Le Principe de parcimonie. Sur fonds de crue, de boue et de sang, le voilà aux prises avec une enquête qui ne manque pas de créativité. Ce thriller baroque en immersion totale dans le monde de l’art contemporain, constitue la chronique la plus esthétiquement cruelle du commissaire. Son chef-d’œuvre, si l’on peut dire.

4e de couverture :mallock,le principe de parcimonie,interview,mandor

Dans le bocal de verre, à la place des cornichons, des doigts humains. Et sur l’étiquette cette mention : « Pervers au vinaigre. Tu ne toucheras pas aux enfants avec des pensées sales. »

En ce mois d’octobre finissant, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas sous le ciel de la capitale. L’artiste contemporain Ivo est soufflé par une explosion en pleine performance. Quant à l’objet de son étude, La Joconde, elle s’est purement et simplement
volatilisée.

Tout porte à croire que ces méfaits sont signés Ockham, personnage dérangeant qui se met en scène dans des vidéos délirantes, entièrement habillé de latex rouge. Mais que recherche-t-il au juste ? L’argent ? Le geste politique ? Flatter son ego surdimensionné ?

Une nouvelle occasion pour Mallock de se ronger les méninges, avec cet acharnement qui fait de lui plus qu’un commissaire : un véritable extralucide auquel aucun tordu ne résiste…

Lecture de la Quatrième de couverture. Sur FinalCut ProX… © Mallock. Pour l'essentiel : prises de vues personnelles (faites au iPhone + quelques iStock et musique de Alan Singley)

mallock,le principe de parcimonie,interview,mandorL’auteur :

Sous le pseudonyme de Mallock se cache J.D. Bruet-Ferreol, peintre, photographe, designer, inventeur, directeur artistique, compositeur et bien entendu… écrivain. Depuis 2000, ce génial touche-à-tout ne se consacre plus qu’à sa carrière de peintre numérique au travers d’expos et d’édition de livres d’art, et à celle d’auteur, notamment de romans policiers. Pour cette année 2016, Fleuve Éditions met son œuvre à l’honneur, avec la publication du Principe de parcimonie, mais aussi les rééditions du Cimetière des hirondelles et des Larmes de Pancrace, en versions revues et embellies, avec des couvertures entièrement designées par Mallock. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir cet auteur au charme singulier, en train de bâtir sa propre légende.

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Interview :

Bon, on en est au même point que d’habitude. Tu n’es toujours pas un écrivain « populaire », ce que je ne trouve toujours pas compréhensible.

Il n’y a que les blogs qui me suivent. Tu es le premier à avoir parlé de moi et beaucoup d’autres t’ont suivi. Je les remercie tous et du fond du cœur. Mais, il est certain que je déplore ne pas avoir de papier dans la presse, ni être invité nulle part pour parler de mes livres.

Pour moi, je le dis tout net, tu es le meilleur.

Tu me l’as toujours dit et ça me touche beaucoup. Je suis très laborieux, j’ai attendu très tard pour sortir tous ces livres, je bosse énormément dessus, je leur fait profiter de mon expérience de vie, de lectures, de créations dans tous les domaines. Ça donne à chaque fois, ce que j’espère être des sommes.

Tu sors trois livres d’un coup chez Fleuve Noir. Deux précédents et le nouveau, Le principe de parcimonie.

C’est une idée de mon éditrice parce qu’elle a estimé que mes deux précédents, Le cimetière des hirondelles et Les larmes de Pancrace n’avaient pas eu la carrière qu’ils méritaient. J’ai trouvé ça très sympathique de sa part. On s’est mis d’accord sur un format plus petit afin que l’accès financier, pour les gens, soit plus abordable.

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A Livre Paris 2016.

Tu es aussi graphiste et c’est toi qui as fait les couvertures de ces ouvrages.

J’ai fait les couvertures et j’ai « designé » le principe des typos et les illustrations. Je voulais que l’ensemble soit pertinent.

Il parait que tu vas aller jusqu’à neuf livres.

Après Mallock va disparaître et c’est le commissaire Amédée Mallock lui-même qui va raconter les histoires. Elles seront écrites à la première personne et les romans seront plus courts. Il racontera ce qui lui ait vraiment arrivé pendant son enfance, avec ses parents… Jusqu’à aujourd’hui, je l’ai toujours suggéré, mais ne l’ai jamais raconté pas.

Toi, tu ne t’appelles pas Mallock, mais tu écris sous ce nom. Les prochains seront écrits par Amédée Mallock et non plus par Mallock tout court qui n’est pas le commissaire, mais l’auteur… tu ne crois pas que c’est un peu compliqué tout ça ?

Il y a une mise en abyme. Cela permet de prendre du recul par rapport à ce que l’on fait. M’appeler Mallock pour écrire les aventures d’Amédée Mallock était presque de l’ordre du gag et cela m’amusait beaucoup. Mes éditeurs, eux, ne voulaient pas que je signe Mallock, parce que cela ne se faisait pas. Le simple fait que l’on me dise que cela ne se faisait pas m’a incité à le faire. Deuxième raison, le nom est court et cela permettait de ne pas ajouter de signes sur la couverture. Le personnage s’appelle Amédée Mallock, il est écrit par qui ? Pas pour mon véritable non, Jean Denis Bruet-Ferreol. Il est trop long. Je fais quoi ? Je vais chercher un troisième nom ? Principe de parcimonie, je prends le signifiant qui existe, le plus petit, c’est Mallock. Je décide de signer Mallock, deux simples syllabes.

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A Livre Paris 2016.

Dans les salons littéraires, tes lecteurs t’appellent Mallock, Amédée ou Jean-Denis ?

On m’appelle par ces trois noms.

Alors que l’on se connait bien, je continue à t’appeler Mallock. Tu es indissociable de ton héros.

Je ne dis plus rien à personne, parce que je comprends les confusions et il y a la même gentillesse derrière.

Quand je lis les histoires d’Amédée Mallock, je te vois toi dans le rôle du commissaire.

Ceux qui me connaissent ou ceux qui m’ont vu en dédicaces me font tous la réflexion.

Il faut dire que physiquement, tu corresponds bien.

Comme je rêvais d’être plus grand, je me suis rajouté quinze centimètres. Il y a vingt ans, tout à fait au départ de l’aventure Mallock, je voulais que le rôle soit tenu par Depardieu ou Nick Nolte,  alors je lui ai mis des cheveux blonds. Sinon, le reste, cela peut être moi en effet. Ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est la vérité du personnage. J’ai contrôlé tous les personnages que j’ai créé, mais le seul que j’avais du mal à contrôler, c’était Mallock. J’ai préféré le laisser vivre sa vie et vivre la mienne en fin de compte. Je ne savais pas comment il allait être reçu.

Comment décris-tu Amédée Mallock ?

C’est un personnage d’une sensibilité exacerbée, qui souffre du monde dans lequel il vit. C’est un personnage de vérité. Nous vivons dans un monde de mensonge, de parfaite médiocrité, de non courage. Toutes les valeurs qui lui sont chers, la droiture, le courage, la sincérité, n’ont plus lieu d’être dans cette société.

Dis donc, Ockham, il pense exactement comme toi… ou comme Mallock.

Je me demande si Mallock l’écrivain n’est pas plus proche d’Ockham qu’il n’est du commissaire Amédée Mallock. J’ai un profond désespoir de voir le monde devenir ce qu’il est. Ce que l’on voit à la télévision est immonde de médiocrité, de mensonge et d’hypocrisie. Aujourd’hui, dans ce monde médiatique, nous sommes avides de tout, sauf de vérité. Moi qui suis avide de vérité, je me sens très mal.

Tu te sens un peu seul ?

Oui, je me sens seul dans ma colère, dans ma rage. Cela me tue et me déprime complètement. Heureusement que je prends des médicaments depuis des années et que je suis sous substances. Je ne vois pas comment on peut tenir dans cette société sans avoir de médications appropriées. Quelqu’un qui vit sans antidépresseur, c’est un grand malade. Si tu es lucide, tu prends des cachets ou tu t’en vas d’ici et tu n’allumes plus jamais ta radio et ta télé.

Amédée Mallock, à un moment, se demande s’il n’aime pas Ockham.

Ockham est un rédempteur fou. Quelque part, c’est un justicier. Moi, Mallock l’écrivain, si la loi n’existait pas, je me demande si je ne serais pas comme lui. Je me demande si je ne mettrais pas des bombes dans certains lieux, si je ne me baladerais pas avec des rasoirs pour couper quelques têtes.

Tu tuerais des innocents ?

Qui est innocent, à partir du moment où tu es complice et que tu profites du système à ce point-là ?

Tu dis ça parce que le système médiatique te boude ?

Non, je t’assure. Même si j’arrive à cette chose incroyable : écrire depuis 20 ans et n’avoir jamais eu un seul article dans un journal, une seule interview télé ou radio.

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Mallock et Franck Thilliez, deux maîtres du thriller français à Livre Paris 2016. 

Ça me révolte aussi, je te l’avoue.

Ça me rend fou. J’investis beaucoup de temps, d’énergie, d’amour. Je donne tout dans chacun des bouquins. Je ne m’économise pas. Si tu me voyais en train d’écrire…

Combien de temps mets-tu pour écrire un roman ?

Au minimum, trois ans. Et je ne fais que ça. On ne fait pas le genre de livre que j’écris en six mois. Il faut habiter les personnages, avant, pendant, après. Les mettre en cave. Je pose, j’attends trois mois et je relis.

Je crois savoir que tu travailles en permanence sur trois livres.

J’en finalise un, j’en écris un autre et je conçois la structure et le plan d’un troisième.

Quand tu écris, tu ne t’épargnes pas et tu ne nous épargnes pas.

J’ai envie d’aller au bout de tout. Dans mes livres, ce qui est poétique, triste, nostalgique est extrêmement poétique, triste et nostalgique. Ce qui est sanglant est donc extrêmement sanglant. Je pense que dans la réalité, nous sommes en deçà. Il m’est arrivé de rencontrer des morts dans la vie. C’est terrible et terrifiant. Dans un livre, il faut exagérer le trait si on veut que les gens aient un vrai malaise.

(A voir absolument pour comprendre qui est cet auteur!) Pour la librairie Mollat, Mallock vous présente son ouvrage "Le principe de parcimonie" aux éditions Fleuve Noir.

Tu fais comme dans la série Game of Thrones. Tu tues sans vergogne les héros récurrents auxquels nous nous sommes attachés.

Il y a une raison un peu stratégique, je dois le reconnaître. Quand tu écris un one shot, tu ne sais pas ce qu’il va se passer avec le héros, c’est ce qui crée la tension d’un véritable thriller. Comment mener un thriller avec un personnage récurrent ? Comment créer la tension ? La solution est simple : avoir une équipe autour de Mallock, composé de personnages héroïques et attachants, en sachant que n’importe lequel d’entre eux peut mourir.

On annonce une éventuelle crue du siècle de la Seine pour prochainement… et c’est ce qui arrive aussi dans ton livre.

Cette crue me permet de refaire une description de Paris que je hais et que je « aime » d’une autre façon. Je l’avais déjà décrit dans Le visage de Dieu et dans Le massacre des innocents et je ne voulais pas me répéter. J’ai toujours la peur d’avoir des livres qui se ressemblent. Je veux que l’originalité soit constante. Métaphoriquement, c’était aussi intéressant d’avoir cette eau qui vient nettoyer les rues de la capitale, comme Ockham vient nettoyer cette espèce de Sodome et Gomorrhe de la médiocrité qu’est devenue notre société.

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Après l'interview, le 2 mars 2016, à l'agence.

11 mars 2016

Anne Cardona : interview pour Oiseau de nuit

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Il y a eu un six titres Je déteste le rose en 2007, l’album Au jour la nuit en 2009, l’EP Hidden Garden sous le pseudo d’Orna Danecan en 2013 (pour lequel j’ai mandorisé cette artiste une première fois). Anne Cardona poursuit son chemin créatif avec Oiseau de nuit, aux dix titres intemporels, enchanteurs et poétiques. Ce premier album est réalisé par Benoit Guivarch et Nicolas Leroux d'Overhead ainsi que de Jean-Louis Piérot. Il contient dix chansons aux influences folks. Cette comédienne qui, le jour, fait de la télévision, du théâtre, des voix off, rêvait de chanter, ce qu’elle fait sur scène depuis déjà un certain temps. Le 11 février dernier, Anne Cardona est venue à l’agence pour une seconde interview.

1540-1.jpgArgumentaire officiel du disque :

Élégantes, sincères, singulières : ses chansons, sa voix, elle. Anne Cardona ne comprend pas la mode des chansons qu'on ne comprend pas. Pour elle, une vraie chanson, c'est un texte sans mots faiseurs, et une mélodie qui se retient sans se cacher sous des sons éphémères. Mélodies méticuleusement travaillées et pourtant mémorisables, ballades nostalgiques, avec guitares twang aux couleurs 60's et violoncelle envoûtant, ou folk plus sombre, mots choisis en français, alliés à des influences folk-rock anglo-saxonnes : ainsi se dessinent les chansons du premier album d'Anne Cardona. La mélancolie qu'elles distillent - légère, rêveuse, naïve - reste toujours au-delà des modes et modèles, empreinte de simplicité. « Ni rimes choisies, vibrante poésie, juste des mots jolis » (L'Homme de ma vie - de ces temps-ci). Les textes ne cherchent pas à faire, ils racontent.

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P10004971.JPGInterview :

Voilà enfin ton premier vrai album.

J’en avais déjà fait un, mais en autoproduction et il est resté hyper confidentiel.

Qu’a-t-il de différent par rapport à ce faisait Orna Danecan, ton pseudo utilisé pour ton précédent disque ?

Déjà, je chantais en anglais, alors qu’aujourd’hui, je chante en français.

Bravo ! Les français qui chantent en français, c’est un peu ma tasse de thé.

Je le sais. Il n’y a que cela qui a changé. Mais, tu sais, une langue, ça change la musique et la mélodie. Quand j'ai écrit en anglais, ça m’a ouvert des portes musicalement et élargit mon spectre de possibilités. Textuellement, je me suis finalement rendu compte que j’écrivais mieux en français qu’en anglais. Globalement, je suis restée sur les mêmes couleurs musicales, les mêmes influences, le même genre de son. Musicalement, c’est vraiment le prolongement de ce que je fais depuis le début de ma carrière.

Anne Cardona aux 3 Baudets le 29 septembre 2015. Quelques extraits de l'album Oiseau de nuit.

Est-ce que lorsqu’on écrit en français, on peut se permettre d’être moins exigeant avec le texte ?

Oui, surtout si cela est destiné  au marché français. On peut se permettre d’écrire des choses un peu moins littéraire et moins profond. L’anglais a vite fait de bien sonner.

Tu parles beaucoup d’amour. Par exemple, dans « Pas nous », tu expliques qu’il faut lutter contre le quotidien, ce tue l’amour.

Rien n’est jamais acquis. Comme dirait Beigbeder, l’amour dure trois ans, après il y a une sorte d’amitié qui s’installe. Une fois que l’amitié s’est rodée un peu, c’est la routine qui s’installe. S’il n’y a pas de fantaisie, de créativité au sein du couple, je trouve que ça s’étiole. Soit on décide de supporter cela, soit on décide de vivre sa vie ailleurs. Pour moi, c’est un exercice de tous les jours d’alimenter le feu du couple.

"Pas nous"

Il y a un climat de sérénité dans ta musique.562183_166953813462437_942766058_n.jpg

La musique que j’écoute est souvent triste, assez noir, mélancolique et low tempo. Généralement, la musique que l’on écoute déteint sur la musique que l’on fait. Sinon, j’avais aussi des morceaux qui avaient la patate. On ne les a pas sélectionné pour l’album, je les joue donc sur scène.

Avoir des réalisateurs, c’est confortable ?

Oui, surtout quand on passe son temps à douter de soi artistiquement. Je propose des idées d’arrangements, mais je serais incapable de tout réaliser moi-même. Je me suis entouré de personnes dont j’aimais les réalisations et le travail.

Tu es content du résultat de ce disque ?

Il est sorti récemment, mais je l’ai fait il y a presque deux ans. Pour moi, il est presque obsolète tant je suis déjà passé à autre chose. Ce n’est pas pour autant que je ne revendique pas cet album. Je l’aime beaucoup, mais aujourd’hui, je l’aurais fait différemment.

On n’entend pas ton disque à la radio. Je le déplore car il est dans l’esprit de France Inter par exemple.

C’est dur ça. Je suis dans une phase où je me demande où je vais. Quand on n’est pas en playlist sur France Inter, où que l’on n’a pas un article dans Télérama, c’est dur de démarrer un disque. Il faut que je réfléchisse à comment évoluer. Moi, j’irais bien vers l’épure, vers le piano-voix, le violoncelle-voix ou le guitare-voix. Je n’irais pas chercher dans les sons à la mode, juste parce que je vais considérer que c’est la solution pour que cela marche. L’electro eighties, ce sera fini dans deux ans.

Du coup, tu en es où concrètement dans la musique ?

Je gratouille ma guitare, j’écris, je composouille, je cherche, je réfléchis. Mais, je reviendrai. 

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Pendant l'interview, à l'agence, le 11 février 2016.