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07 mars 2007

Martin Monestier... écrivain de l'étrange!

 

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Je ne sais pas vous, mais moi j’adore l’émission de Paris Première, Ca balance pas mal à Paris.

Pour ses chroniqueurs principalement.

Et les trois que je prends un malin (voire malsain) plaisir à voir tirer à bout portant sur presque tout ce qui bouge, sont Philippe Tesson, Eric Naulleau et celui qui tient quasi systématiquement le rôle du "très méchant", Martin Monestier.

C’est dans son appartement (cossu, mais loué) que je suis allé, peu rassuré, le mardi 20 février dernier, à l’occasion de la sortie de son livre Les monstres (paru aux Editions Cherche Midi).

medium_V83_Livres_Martin_Monestier_cover_.jpg30 ans après sa première version, le grand prêtre des faits divers, l’encyclopédiste du bizarre, propose une édition revue et largement augmentée de cette étonnante galerie « d’hommes différents ».

Il y a, dans cet ouvrage, des pages comiques, terribles, repoussantes ou séduisantes, alternance de contemplation pénible ou admirative.

-L’individu, en général, ne supporte pas une atteinte à l’intégrité de son corps et chacun a sa limite de l’inacceptable. C’est pour cette raison que ce livre dérange et fascine à la fois.

Martin Monestier explore toujours des univers décalés, surréalistes parfois, sans jamais verser dans l’écueil de la vulgarité.

-Mes livres sont des enquêtes longues, avec un style alerte, une information toutes les deux lignes, des intertitres qui aident à la lecture… Je suis mon propre archiviste-concepteur-metteur en page. Je fais tout de A à Z.

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Je lui demande pourquoi il s’est spécialisé dans les thèmes si peu ragoûtants comme le crachat, les excréments ou les monstres…

-Je cherchais moi-même depuis l’âge de 25 ans des documents qui parlaient de ses thèmes parce qu’ils font aussi partie de la vie quotidienne et qu’ils m’intéressaient vraiment. J’ai une nature qui tend vers l’exhaustivité, donc j’ai eu le besoin intense de posséder la totalité des informations. Les sujets dont je parle ne sont pas excentrés, ils sont juste ignorés. Mes choix d’enquêtes doivent répondre à 3 critères fondamentaux. Être pris depuis les origines, dans toutes les civilisations et sur tous les continents, avoir une actualité aujourd’hui et un devenir demain.

Etait-il impératif de compléter cette « histoire encyclopédique des phénomènes humains » ?

-Une fois qu’un sujet est publié, je ne renonce jamais à eux et je continue à engranger les informations dessus. Concernant les monstres, en 30 ans, j’ai reçu et recueilli beaucoup d’autres documents inédits et mon écriture a évolué. L’idée de me replonger dans cet univers vient peut-être d’un désir d’exorciser des psychoses, des déséquilibres, des réflexions confuses sur la vie, la mort, l’amour.

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Dans chacun de ses livres, il y a l’embryon d’un autre. Quel est donc le lien entre ses 40 ouvrages?

-Même s’il faut relativiser c’est quand même la mort et la conviction que l’humanité est mauvaise.

Sympa la vision de la vie!

Pas positive, mais réaliste.

Nous parlons de sa franchise et de sa dureté à Ca balance pas mal à Paris.

-Je ne peux admettre qu’une idée ou qu’un point de vue ne puisse avoir qu’une face. Ca me choque, alors, je regarde derrière les cartes… ça devient une seconde nature. Dans Ca balance pas mal à Paris, je me suis fait en 4 ans et demi beaucoup plus d’ennemis rédhibitoires que pendant 40 ans de vie professionnelle et journalistique. Certains de l’équipe me haïssent,  par exemple. A commencer par Pierre Lescure et aussi Elisabeth Quin. Je me demande si je vais rester encore longtemps…

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Je lui fais remarquer qu’il y  a une différence ENORME entre le brave homme, accueillant, sympathique, courtois et prévenant que j’ai devant moi et l’image que j’en avais en le regardant à la télé.

 

-C’est tout mon problème et en plus, je ne m’en fous même pas. Vous savez, en vrai, je suis un sentimental. Je suis catastrophé quand les gens me détestent. Parce que moi, ce n’est pas que l’on ne m’aime pas, on me déteste. C’est pire. Je provoque les extrêmes. Pas de tiédeur dans mes relations…

Nous faisons quelques photos (beaucoup en fait) de lui à son bureau (bordélique).

Martin Monestier obéit stoïquement à tout ce que je lui demande (mais, je reste raisonnable, vous me connaissez).

Ca ne l’énerve même pas.

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Ensuite, il me propose d’aller boire un coup ensemble dans le bar d’en bas.

J’accepte avec plaisir.

La conversation devient plus intime et serait hors sujet ici.

Monestier raconte facilement des pans de sa vie privée.

J’en suis étonné.

J’ai découvert un grand écorché vif.

Mais ce nounours-là, on peut le caresser.

Il ne mord pas si on le respecte.

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Il me pose beaucoup de questions sur moi, d’où je viens, mon parcours…etc.

Très curieux et ouvert.

Remarquez, il faut l’être pour écrire ce qu’il écrit.

En partant, je me dis que, décidément, ce métier m’apprend à me méfier des apparences.

On se trompe toujours sur ce que sont réellement les gens.

Toujours.

28 février 2007

La société du spectacle selon Jean-Marie Catonné!

medium_jmcartonne_portrait.jpgJe viens de lire cette note de Yansor (Tatiana de Rosnay, dont je vantais les mérites ici récemment). Je l’ai trouvé amusante étant donné que ma rencontre avec Jean-Marie Catonné s’est tenue précisément dans le bureau dont il est question…

Fou, non ?

Là, c’est sûr, si vous ne cliquez pas chez elle, vous ne comprendrez pas grand-chose.

 

Bref, je suis loin d’être insensible à ce que publient les Éditions Héloïse d’Ormesson (d’abord mon auteur fétiche, Pierre Pelot, est dans cette maison et j’aime bien leurs deux attachées de presse, Audrey et Anne-Laure. À ce moment là de ma note, j’ai pleine conscience que je donne du grain à moudre à Wrath… "encore du copinage attachée de presse/journaliste et bla bla blab et bla bla bla…" )

J’ai souhaité interviewer Jean-Marie Catonné parce que son Double Je m’a fortement intéressé. J’apprécie beaucoup les livres qui dévoilent l’envers du décor, en l’occurrence, du milieu de l’édition, de la télévision et des médias (qui pratiquent le nivellement pas le bas), et des politiciens qui manient la langue de bois et les coups bas (libre !).

Ce jeune homme de 65 ans, prof de philo à la retraite (39 ans à l’École Alsacienne) est l’auteur de quatre romans : La Tête étoilée (1996), Portraits volés (2001), Villa les mésanges bleues (2002) et Excès de mémoire (2004) et de deux biographies : Romain Gary - Émile Ajar (1990) et Queneau (1992).

Catonné n’a jamais été nègre.

Il me l’a assuré.

Cependant, il raconte l’histoire épique d’un romancier contrarié (et naïf), Jean-Rémy, qui va découvrir à ses dépens que le monde des Lettres n’est pas gouverné pas l’amour de la littérature.

Preuve est faite qu’il ne faut pas vendre son âme au Diable.

Pas bien.

medium_eho_catonnec.2.jpgDouble Je est sous-titré : Les éditeurs ne sont pas tous des chiens.

Justement, Pierre-Ulysse Banador (PUB) est un grand éditeur parisien. Il accueille le jeune homme en lui laissant l’espoir d’une publication prochaine. En attendant, peut-être pourrait-il se faire la main en écrivant la vie des autres ? Des gens connus mais sans le talent d’écriture, en l’occurrence, une pseudo Loana, un homme politique roublard et un animateur de télévision très con (c’est le mot !). Jean-Rémy, fasciné par l’éditeur (et s’imaginant qu’il tient là le sésame pour une publication prochaine) plonge tête baissée dans un système qui finit par le dépasser. Il devra lutter pour ne pas perdre son identité personnelle, ses valeurs, ses principes, bref, son intégrité. Gagnera-t-il ce combat?

C’est toute la question.

Je demande à Jean-Marie Catonné de quel personnage se sent-il le plus proche.

-Pas celui du narrateur en tout cas. Il n’a que la trentaine et n’est pas très sympathique. Il est lâche et est prêt à tout pour réussir. Il s’illusionne sur la fait qu’on va l‘éditer grâce à toutes ses compromissions. Très curieusement, je me retrouve plus dans l’éditeur. Il est un peu cynique, certes, mais il assume ses actes.

Et l’écrivain de m’expliquer que le système économique des maisons d’édition n’est pas simple à gérer.

- Je comprends parfaitement la logique des livres « commerciaux ». Ces livres peuvent exister si l’argent recueilli sert à éditer des ouvrages plus confidentiels, mais essentiels.

C’est loin d’être un cas systématique.

Quant aux auteurs « prête-nom » (nègres, puisqu’ils s’appellent ainsi et qu'il en est fortement question dans Double Je), ils sont légions. Mais pourquoi pas après tout ?

-Un sportif ou une starlette qui donne ses confidences, ses souvenirs à quelqu’un qui les met en forme, ça n’a rien d’infamant. Chacun son métier après tout. C’est le côté hypocrite des choses qui m’exaspère.

Je lui raconte que j’ai rencontré des « vedettes » qui prétendent mordicus avoir écrit leur livre.

-Je sais. Il y en a qui vivent très mal qu’on les soupçonne de ne pas être les vrais auteurs. Ils finissent par s’auto persuader qu’ils le sont réellement… c’est très curieux ce déni.

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Nous parlons aussi des écrivains qui sortent des pavés de 700 pages tous les 3 mois… Ca commence à se voir qu’ils ne sont pas les seuls rédacteurs.

Soyez plus malin, espacez vos sorties… ce sera plus discret.

J’ai envie de donner des noms.

Mais non.

On a dit « pas de méchanceté » sur ce gentil blog.

Cette satire enlevée est, en tout cas, pleine de rebondissements, cynique et drôle (très).

-J’ai écrit une charge que j’ai voulu flamboyante contre la médiatisation à tout prix et la célébrité factice et éphémère (et donc cruelle). J’évoque les méthodes utilisées pour le devenir et les renvois d’ascenseurs lancés en permanence dans les médias.

Pas beau le royaume du paraître.

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Jeunes auteurs en soif de reconnaissance, la lecture de ce livre est un passage obligé avant de frapper à la porte des maisons d’édition.

Salutaire.

23 février 2007

Un ex FUTUR PAPA nommé Fabrice Florent...

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Nous nous connaissions par lecture réciproque, anonyme et silencieuse.

Lui par le biais du blog de Ron l’infirmier lorsque ce dernier m’avait ouvert ses portes 3 jours et moi par Deedee qui avait écrit une note dithyrambique sur son blog : Futur Papa.

Un blog qui racontait pendant 9 mois les émois, les doutes, les tracas, les observations et les joies d’un type tout à fait normal qui voit sa vie se bouleversifier pour cause de femme enceinte… 9 mois de grossesse racontés par un mec, c’est franchement très drôle.

medium_couv_futurpapa_170.2.jpgCe blog est devenu un livre.

Et le livre possède désormais son propre blog et son site officiel...

(Ca devient compliqué !)

Un jour, je reçois un gentil mail de sa part. Il me propose de me rencontrer lors d’un prochain aller-retour à Paris. Il habite Lille.

J’accepte. Le personnage Fabrice Florent me paraît très sympathique. Je l’ai vu dans l’émission Les maternelles sur France 5 et dans quelques magazines. Sa tête est sympa et je me fie beaucoup au physique des gens.

Parfois, c’est une grossière erreur.

Pas là.

Rendez-vous est pris pour le jeudi 15 février. Il me propose de le rejoindre à la gare du nord à 10h02, heure d’arrivée de son train.

L’idée d’aller récupérer quelqu’un que je ne connais pas personnellement sur un quai m’amuse.

Il ne m’en faut pas beaucoup, je sais.

Pour tout dire, j’habite une petite commune du Val d’Oise et il y a une gare qui est directe avec celle « du nord » en 20 minutes.

L’aubaine.

Je vais laisser ma voiture et y aller en train.

Il faut savoir parfois de grande décision dans la vie.

Et vivre courageusement aussi.

Ainsi donc, Mandor se retrouve avec le peuple et il est ravi.

Car, j’ai beau être le président de la FAPM , je n’en suis pas moins normal.

(Ceci est du second degré. En fait, dans la vraie vie, je suis parfaitement imbuvable....)

medium_346585189_9473655079.2.jpgMe voici donc devant le quai n°18. Le train arrive à l’heure pile ( la SNCF assure souvent quand elle n’est pas en grève). Fabrice Florent ne connaît pas mon visage ce qui me permet de l’observer un peu avant de le héler. Il cherche qui je peux bien être. Pas longtemps parce qu’il passe devant moi.

Je me présente et lui s’étonne de ne distinguer aucun trait sur mon visage (je l‘ai déjà dit ici, j’ai perdu mon visage un beau matin de juillet 2006, sans aucune explication et personne ne me croit). C’est quand même curieux que cette mystérieuse disparition coïncide au jour près avec la création de ce blog.

Lien de cause à effet ?

Bref, nous nous enfuyons dans le premier bar respectable venu avant que les enfants ne me jettent des pierres.

Je suis coutumier du fait. Les enfants sont méchants avec les personnes « différentes ».

 

Nous nous installons dans un coin discret du Terminus Nord et je commence mon entretien.

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En fait, nous conversons sur nos expériences respectives de futur papa. J’ai eu quelques mois d’avance sur lui et je me suis bigrement retrouvé dans ses écrits.

Tellement universelle comme expérience !

Tous les hommes futurs papas devraient lire ce livre.

Parce qu’il est tendre, émouvant, ludique, riche en informations, sarcastique parfois et surtout drôle à chaque page. De plus, l’auteur n’hésite pas à faire preuve d’auto dérision.

Tiens ! Il donne envie d’être son ami. Je veux dire, un vrai pote quoi !

Je lui dis qu’en le lisant, j’ai l’impression de ne pas avoir été moi-même un bon futur papa.

medium_346585141_78cf2b690a.2.jpg-Il ne faut pas dire ça. Le fait d’écrire au quotidien cette expérience m’a mis constamment dans une situation d’éveil…

Je prends des nouvelles du bébé et de sa maman.

Ils se portent comme des charmes, merci !

 

Pour moi, ce livre est, avant tout, une formidable lettre d’amour à sa femme. Des passages sur elle sont à pleurer tellement on sent la puissance de son amour.

-Il faudra lui dire… Franchement, tout ce qui m’importait, c’est que ce que j’écrivais lui plaise, je me moque complètement des autres critiques. Que cela devienne un livre, alors là, c’est la cerise sur le gâteau.

Et, évidemment, elle a aimé.medium_346585169_51338e67b9.3.jpg

Elle a découvert les écrits de Fabrice après l’accouchement. Elle n’a rien lu pendant la grossesse.

C'étail un deal.

Une belle histoire.

Pendant que nous devisons, Dominique Strauss Kahn s’installe avec un ami juste à la table voisine. Je ne peux m’empêcher de la zieuter.

Et si je lui demandais de venir à notre table pour parler paternité?

Non, le concept serait un peu brouillon, il me semble.

Fabrice respire.

Je n’ai pas cédé à cette envie que je lui ai pourtant suggéré.

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En fait, je n’ai pas pu interviewer sérieusement Fabrice Florent parce que j'arrive après la bataille.

Tout a été dit sur son livre.

Je n’aime pas la redondance.

Alors, voilà, aujourd’hui, c’était juste une présentation d’un personnage très intéressant.

Simple et modeste.

Et travailleur…

Fabrice Florent est le fondateur du magazine en ligne pour les jeunes femmes, madmoizelle.com et de l’agence de communication Ah ! Les jeunes…
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Petite précision primordiale:
Les photos en gros plan sont signées Jean Delmarty, les autres sont de la jeune serveuse souriante du Terminus Nord et de bibi.
Dernière minute: Fabrice me signale que les photos en gros plan ne sont pas de Jean Delmarty (je n'ai donc rien compris) mais d'un de ses potes (à Fabrice, pas à Jean Delmarty... Vous ne suivez pas?)
Jean Delmarty est donc cité 4 fois dans cette note mais c'est un erreur de ma part car il n'est pour rien dans ces photos.
Mais Jean Delmarty (5 fois) mérite quand même un coup de projecteur.
Vive Jean Delmarty! (6 fois)

 

Fabrice Florent est un gars bien.

Son prochain souhait artistique serait que son livre soit décliné en mini série télé (genre « Un gars, une fille »).

Ce serait sacrément une bonne idée !

Parce qu’il y a beaucoup à dire sur cette période là de la vie.

Intense.

 

Tiens, je viens de trouver une photo de Jean Delmerty!(7 fois)

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J'espère que j'ai bon cette fois ci...

22 février 2007

Vincent Ravalec (2eme partie)

 

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Lundi dernier (19 février), j’ai rendez-vous avec Vincent Ravalec chez Flammarion (place de l’Odéon). J’arrive 10 minutes en avance, mais son attachée de presse me fait un peu patienter en me proposant un café.

J’attends quelques instants devant la porte d’un petit bureau. L’auteur est là, seul, mais au téléphone. Je m’efforce de ne pas écouter. Il parle fort, du coup, mes écoutilles entendent des bribes de conversation.

Je n'en dis rien ici.

La porte étant ouverte, je m’éloigne un peu afin qu’il ne pense pas que je le surveille.

Il sort avec son portable.

-J’en ai pour une minute ! Excusez-moi, c’est important.

Je patiente encore un peu puis il vient me chercher. Je lui rappelle les circonstances de notre première rencontre. Très poliment, il fait semblant de s’en souvenir.

-C’est vous qui êtes marié avec une attachée de presse ? Je me souviens bien.

Ce n’est pas moi, mais peu importe.

medium_V83_Livres_Ravalec_Cover_President_.JPGSi vous ne connaissez pas Vincent Ravalec, sachez qu’il est un touche-à-tout de l’expression artistique. Il écrit des nouvelles, des romans, des poèmes, des documentaires, des scénarios de bande dessinée et des films…

Ce mois-ci, il sort un récit et un livre pour enfant. Ce dernier, Le président ne peut pas être un imbécile (chez Panama) est le deuxième de la collection qu’il lance avec ses deux jeunes héros, Arthur et Violette.

-L’idée est d’en publier deux par an avec, à chaque fois, un thème différent. Le premier, Les filles sont bêtes, les garçons sont idiots, évoquaient les relations garçons/filles, celui-ci se penche sur la cité, la politique et la démocratie. Je veux écrire des petites réflexions sur des sujets de société à travers le regard un peu en contre-pied d’un jeune collégien qui se pique de philosophie et de sa copine, un peu voyante. Le prochain sera sur l'école. Beaucoup à dire...

Ravalec, de livre en livre, à l’art de dérouter ses lecteurs et d’attaquer de front des thèmes peu abordés dans la littérature.

 

medium_V83_Livres_Ravalec_cover_Hepatite_C_.JPGDans Hépatite C (Flammarion), aussi instructif qu’amusant, il raconte les aventures picaresques d’un écrivain pris dans les affres du traitement de cette maladie (qui touche près de 700.000 personnes en France).

 

-Je ne voulais pas faire un récit, genre, « mon douloureux combat contre l’alcool » ou « ma maladie épouvantable ». Étant artiste, ma vocation est d’essayer de transformer des faits négatifs en faits positifs. Les effets secondaires décrits, les maux rencontrés par les personnages ont été amplifiés ou rendus cocasses pour les besoins du récit. Il vaut mieux sourire de cette expérience qu’en pleurer. Tous les malades du livre sont soignés. Et c’est désormais vrai dans 80% des cas dans la réalité. 

Vincent Ravalec a écrit ce livre dans l’espoir d’inciter les malades à se traiter, car les résultats sont probants. medium_19.02.07_Vincent_Ravalec_2_.JPGNon seulement, lui est complètement guéri, mais il a tiré de cette expérience un livre décapant, rocambolesque… et salvateur.

-L’intérêt de l’expression artistique est d’arriver à prendre du réel qui n’est pas extraordinaire et de parvenir à le magnifier.

 

Cet écrivain, parfois, perd le sens de la mesure. Il publie des pavés de 800 pages sur des sujets complexes.

-J’ai un peu arrêté ça. J’écris dorénavant des livres plus « grands publics » qui touchent un maximum de personnes avec des sujets plus simples et un style moins compliqué. Jusqu’à présent, mon écriture a toujours été le reflet d’un état d’être. La complexité qui transparaissait dans mes livres venait des questions que je me posais. À partir du moment où je suis arrivé au bout de certains questionnements, j’essaie de rendre mes ouvrages accessibles à tous. Actuellement, je suis plus « connu » que « vendeur de livres ». Je fais en sorte que ça change.

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De toute façon, Ravalec passe sa vie à écrire. Tout le temps et tous les jours.

-Ce que j’aime particulièrement faire, c’est de travailler avec des gens. N’importe qui me propose un projet, que ce soit pour un fanzine pas payé ou un gros truc hyper bien rémunéré, mon engouement reste le même. Je ne sors pas beaucoup, je préfère écrire, écrire, écrire.

medium_2290344850.pngParmi ses projets à court terme, il y a l’adaptation cinématographique d’un de ses livres Ma fille à 14 ans. (Le père sera joué par Daniel Auteuil) et la sortie d’une bande dessinée dont il a écrit le scénario.

Et bien sûr, toujours un roman sur le feu.

Il me parle d’ouvrir éventuellement un blog. Vous pensez bien que je n’ai pu que l’encourager dans ce sens. Il hésite.

 -Raconter ma propre vie et mes propres réflexions, c’est intéressant à travers un filtre artistique. Il faut que je trouve une idée originale.

En attendant, il tient à prendre l’adresse du mien. Il trouve mon concept « sympathique et rigolo ».

Rigolo ?
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Nous nous quittons après la séance "photos".

Poignée de main franche et promesse de se revoir bientôt.

Au Salon du Livre, certainement.

Ah, le Salon du Livre !

Mon week-end plaisir de l’année.

J’adore.

Je vous dirai pourquoi un jour.

16 février 2007

Décapage... et Jean-Baptiste Gendarme!

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Je vous l’avoue, cette note n’est absolument pas objective. J’adore la revue littéraire dont je vais parler ici. Je ne suis pas le seul, mon ami second flore aussi (que j’ai d’ailleurs rencontré à une « beuverie » organisée par l’équipe de ladite revue), ainsi que Thomas Clément, (que je ne connais pas encore « en vrai »…) et enfin, la sympathique rédactrice du BUZZ…littéraire (qui dresse un portrait très complet de cette revue, du coup, je suis obligé de biaiser mon papier à moi et de partir dans une autre direction pour ne pas raconter la même chose... en fait je ne remercie pas la sympathique rédactrice du BUZZ... littéraire, même si elle a un an d'avance sur moi!).

medium_2070773051.jpgBref, j’ai voulu rencontrer le rédacteur en chef de Décapage, Jean-Baptiste Gendarme. Par ailleurs, il est auteur de deux ouvrages chez Gallimard. Chambre sous oxygène (qui lui a permis d’obtenir la « Bourse écrivain » 2005 de la Fondation Jean-Luc Lagardère) et cette année, Table Rase, un livre sur le travail de deuil (mais franchement fin et amusant, parce que très second degré et recul des évènements).

Jean-Baptiste n’accepte que très peu de rencontres de ce genre, car ce jeune homme est fort occupé. Bon, je connais un peu sa dulcinée et je suis abonné à sa « revue littéraire reconnue d’inutilité publique ». Peu de journalistes le sont, je pense qu’il a voulu ainsi me remercier. (À moins qu’un peu de publicité ne lui déplaise pas trop, au fond, je ne sais pas, mais ce n’est pas très important. Voilà pourquoi, moi-même, je ne deviendrai pas écrivain, j’écris parfois pour ne rien dire... Sinon, ça va vous ? Les enfants ?)

Il me donne rendez-vous place du Châtelet jeudi dernier (8 février). Nous nous installons au Zimmer. Café feutré medium_d851b75414fc33eeed183b1ff95e2f95.jpgque j’affectionne.

-Il paraît qu’il y a beaucoup d’écrivains ici.

Je réfléchis.

A part Nora Hamdi, que j’avais interviewé dans ce lieu et dont j’étais tombé amoureux directement tellement son sourire était ravageur (elle n’en n’a jamais rien su, je ne suis qu’un poltron), je ne trouve aucune justification à cette remarque. Bon, en même temps, je n’y passe pas ma vie dans ce café.

Pas Rothschild moi !

Pour savoir ce qu’est cette revue, il vous suffit d’aller voir sur le blog prévu à cet effet. Des tas de nouveaux auteurs, des rubriques originales et souvent tordantes… un style, une signature. Toujours de qualité. Décapage est parti de pas grand-chose à la base. En 2001.

-Nous étions 3 potes à la fac de Reims au milieu de personnes qui se foutaient royalement de la littérature. Je m’évertuais à leur expliquer qu’elle n’était pas que Balzac et ce que l’on étudiait en cours. Nous avons décidé de créer une revue de 10 pages (d’où le titre) photocopiée avec uniquement des textes. Un journal pas encore très abouti, mais je voulais montrer qu’on pouvait s’intéresser à la littérature, faire une critique de livre en s’amusant, lire des textes sans que cela paraisse rébarbatif. Depuis 2001, je peux dire que le même esprit nous anime. Essayer de faire une revue avec une approche ludique.

Aujourd’hui, Jean-Baptiste Gendarme est le seul maître à bord.

-Tout passe par moi. Je suis le Tout Puissant.

Il ironise sur sa condition de rédacteur en chef.

-Il faut bien que quelqu’un coordonne la revue sinon, ce n’est plus une revue, c’est un grand n’importe quoi. Je fais le lien avec les chroniqueurs et je choisis les auteurs des nouvelles. C’est un boulot énorme de motiver les gens.

Même s’il y a des auteurs « maisons », Xabi Molia par exemple ou Guillaume Tavard, Décapage reste ouvert à tous les talents.

-J’ai une rédaction de 10 personnes qui me font des chroniques et des auteurs qui me suivent dans presque tous les numéros, mais ce qui m‘intéresse, c’est d’avoir de nouveaux auteurs à chaque fois. Mon plus gros boulot est de lire des premiers romans pour découvrir de nouvelles plumes.

Je scrute la salle. Toujours pas d’écrivain ni de Nora Hamdi.

Déception.

Elle n’est pas venue, la belle Nora. On ne sait jamais, un pèlerinage, deux ans après, dans le secret espoir de retrouver le journaliste qui lui a tant fait battre le cœur.

Hum ! Reprenons.

Dis donc, rédac-chef décideur de tout. Ce n’est franchement pas cher 3 euros. Tu t’y retrouves ?

-Pas du tout. C’est pour ça que nous comptons sur les abonnements. 20 euros les 5 numéros… J’ai fait le pari d’une revue à ce prix avec l’espoir d’un achat impulsif en librairie. Le problème, c’est qu’à part Le Dilettante à Paris et la librairie Guerlin-Privat à Reims, aucun libraire ne souhaite le vendre. Pas assez de marges !

Donc, les amis, ici, c’est jouable.

Jean-Baptiste Gendarme m’explique pourquoi il est fier que sa revue existe, malgré tout.

-Les écrivains français ne se lisent pas entre eux. Ils se négligent mutuellement et portent aux nues la littérature étrangère. L’objectif de Décapage est aussi de devenir un trait d’union entre les écrivains.

J’apprends ensuite que l’homme qui est en face de moi est une machine à travailler.

-J’écris un scénario avec un ami, je m’occupe de la revue, je finis mon nouveau roman, j’ai de nombreux projets éditoriaux  et j’ai un travail « rémunérateur ». Donc je bosse à plein temps. Je n’ai pas de week-end et peu de vie sociale… et donc, je n’accepte pas beaucoup d’interviews.

J’en suis très honoré… de Balzac.

Si, si, je l’ai faite.

Il sourit, magnanime.

Et l’on va se quitter.

Mais avant, une première mondiale sur ce blog.

L’interviewé ne souhaite pas que l’on voit sa tête (pourtant très bien faite et que l'on voit sur pas mal de sites... mais je respecte la décision.)

Donc, la photo Mandorienne donne ça !
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Jean-Baptiste Gendarme, c’est le monsieur à gauche, quant à moi, vous m’avez reconnu…

Très intéressant, vraiment, cette photo.

Je suis très fier de moi.

De mieux en mieux!

13 février 2007

Pierre Barouh... l'artiste voyageur!

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Aller chez Pierre Barouh, c’est se rendre chez un monument de la chanson française.

medium_anouk67.jpgIl est l’auteur de chansons popularisées par Yves Montand (La bicyclette), Françoise Hardy (Des ronds dans l’eau) et les films de Claude Lelouch (Un homme et une femme).

« Comme l’eau, dabada, bada », c’est lui

Il a aussi joué dans le film (photo). Il était le mari d'Anouk Aimé.

Mais c’est aussi rencontrer le premier “Sambassadeur” en France de la chanson brésilienne. Il a adapté en français, les chansons de Vinicius de Moraes et Tom Jobim (Ce n’est que de l’eau camarade) ou de Chico Buarque (La nuit des masques).

Pour moi, amoureux de la belle chanson française, son titre de gloire le plus important est celui-ci : Barouh est le créateur du label Saravah. Il en assurait la direction artistique et y a accueilli puis révélé : Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, David Mc Neil, Jean-Roger Caussimon, L’Art Ensemble of Chicago, Steve Lacy, Richard Galliano,…

Il a aussi donné crédibilité et lisibilité aux musiques du monde.

medium_barouep.jpgJe ne savais donc plus avec qui j’avais rendez-vous jeudi dernier (le 8 février).

Le chanteur, l’auteur, l’éditeur, le directeur artistique, le cinéaste, l’homme des voyages et des rencontres ?

 Je plaisante. C’était le chanteur qui m’intéressait puisqu’il a sorti son 10e album Daltonien le 9 février.

Je trouve enfin la petite rue située derrière le Panthéon. Je suis en avance donc j’attends non loin en fumant un clope et en regardant passer les jeunes demoiselles.

Malheureusement, elles sont emmitouflées.medium_barouh_pier_lepollen_101b.jpg

J’adore l’été.

Je vois passer Pierre Barouh devant moi, le visage fermé, avec un sac plastique Prisu ou Monop, je ne sais plus bien. Par respect, je ne me signale pas. Les artistes préfèrent se montrer sous leur meilleur jour.

Allez, Mandor, plus que 10 minutes et tu pourras te montrer.

« Ding Dong », ne fait pas la sonnette.

J’entends Barouh chanter dans le couloir une des chansons qui figure sur son disque : Titine

Un visage jovial, quasi enfantin, ouvre la porte. Son large sourire, absent tout à l’heure, me rassure. Si je connais parfaitement sa carrière, après tout, je ne sais rien de son caractère et de sa personnalité.

medium_barouh_pier_saudade_101b.jpgL'endroit est gigantesque, le charme suranné des vieilles maisons remplies de souvenirs. Des disques, des cassettes vidéo traînent un peu partout. Le maître des lieux m’emmène dans sa cuisine où déjeunent 4 personnes. Des amis musiciens. Tout le monde très charmant. Je comprends qu’ils enregistrent un disque pour Saravah dès le lendemain… Pierre me présente aussi l’accueillante (et fort charmante) Maïa, sa fille (dont la maman me semble être japonaise) puis me propose d’admirer son jardin aux gigantesques bambous. Impressionnant !

Nous finissons par nous installer dans le salon.

medium_PICT1656.2.JPG

D’abord, je l’interroge sur sa non popularité française. Beaucoup connaît son nom, mais au fond, on ne sait rien de lui.

-Je suis en cause. J’ai trop aimé la chanson pour devenir chanteur. Je n’ai jamais eu d’agent, ni d’impresario. Je n’ai aucun sens de la carrière. Je ne sollicite jamais, mais je me rends disponible. Et puis, il y a une ambiguïté par rapport à mon parcours. Peu de temps après les chansons d’Un homme et une femme, paradoxalement, moi j’ouvrais la porte à des gens qui symbolisaient la subversion totale. Higelin, Fontaine, Caussimon… Cela a créé une espèce de confusion avec les médias.

medium_barouh.2.jpgIl réfléchit. Puis reprends.

-Je n’y peux rien, j’ai toujours été plus disponible à la reconnaissance du talent des autres qu’à la mienne. Ça se prononce par un prosélytisme qui est très chiant pour ceux qui m’entourent.

Pierre Barouh est plus aimé au Québec, au Brésil, au Japon qu’en France… Blessure ?

- La France est un pays que j’adore pour pleins de raisons. On peut y vivre des amitiés qui s’étalent sur une vie, c’est remarquable. Mais mon pays me rend parfois en colère, car la tricherie y est institutionnelle. Je n’ai donc jamais pu rester plus de 4 mois en France, parce que la colère, c’est bien quand elle reste positive. Je cherche l’équilibre entre l’enthousiasme et la colère, je pars, je medium_barouhsc06.3.jpgreviens, je pars, je reviens… et tout se passe bien. La France et moi avons donc des relations prudentes.

Je me mets soudain à éternuer.

Une crise d’atchoum.

-Vous avez un chat ?

-Oui. Il dort, juste derrière vous. Vous êtes allergique ?

-Euh, oui, un peu. Atchiiiiiii !

En fait, je suis très allergique aux poils de chat. Pierre Barouh me raconte que quelqu’un de sa famille a le même problème, mais qu’aujourd’hui, elle s’y fait.

Bon, je continue.

Je lui dit que je trouve formidable que Saravah perdure avec les années. L’année dernière, Pierre Barouh a fêté medium_Les-annees-Saravah.jpgles 40 ans d’existence de la maison de disque.

-Quand je parle du temps aujourd’hui, ça prend un parfum un peu nécrologique. J’ai un théâtre qui porte mon nom en Vendée, je reçois des coups de fil de gens qui veulent écrire un livre ou tourner un film sur ma vie… Je me dis qu’il faut que je fasse gaffe en traversant. J’ai l’impression de glisser petit à petit de ce ghetto de l’utopie dans lequel on m’a toujours enfermé à celui du mythe.

-Atchiiiiiiiii ! Pardon. Vous pensez que l’on finira par reconnaître enfin votre talent. Atchiiiii !

-Vous voulez un mouchoir ?

-Non, ça ira. Snif !

-Vous savez, je suis sûr que mon statut d’auteur finira par être mis en valeur. Serais-je encore là ? Ça, par contre, ce n’est pas évident.

-A 72 ans, vous êtes encore bon pied bon œil, là !

-De toute manière, je ne connais qu’une mort, c’est celle de la curiosité. Si on perd sa faculté d’émerveillement, on peut être mort à 12 ans.

-Vous avez raison. Atchiiiii !

medium_V82_Musique_Pierre_Barouh_cover_.JPGNous parlons de son disque… 16 chansons imprégnées de ses voyages, de ses préoccupations écologiques et de ses obsessions artistiques.

-Il y aussi un hommage à Billie Holyday, une reprise de Caussimon et une adaptation de A.C Jobim… Pour moi, ce disque est le plus riche que je ’n’ai jamais fait. J’interroge la création, ma mémoire et je sonde notre avenir.

-Il paraît que vous avez du mal à écrire. Atchiiiiiiiiii !

-Je fais sortir le chat, si vous voulez.

Je regarde le félin qui se love contre mon pantalon.

-Non, ça ira. Atchiiii !

-Mon imagination est très pauvre comparée au terrain imaginatif sur lequel m’entraînent les contraintes que je m’impose pour écrire. Plus je passe du temps sur une chanson, plus à la sortie, les gens qui medium_hp_pierre_barouh_55430.jpgl’écoutent ont l’impression que je l’ai écrite en 3 minutes. C’est ça la vraie élégance…qu’on ne sente pas l’effort.

-Et dites moi... Atchiiiiiii ! Pourquoi ne posez-vous jamais vos valises ?

-Depuis ma jeunesse, je n’ai qu’un but : témoigner du monde qui m’entoure et faire circuler les émotions avec des images et des mots. Sur mon passeport, je rêve de marquer « promeneur ». À la place, il y a « auteur ». Les deux faces de ma vie…

A ce stade, je n’en peux plus. Après les éternuements, vient une difficulté à respirer.

Il faut que je m’en aille.

Pierre Barouh, quant à lui, me montre ses archives. Une nouvelle version de A bicyclette qu’il a écrite pour un ami. La vidéo de sa fille sur scène. Trente minutes.

En temps normal, je serais heureux de partager ce moment privilégié avec lui, mais là, je commence à souffrir.

Je n’aime pas ça.

Ne pas pouvoir respirer.

Heureusement, ma précieuse Ventoline est toujours à portée de main.
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Je prétexte une corvée à faire et je fuis le grand homme.

Je le regrette, mais pas moyen de faire autrement.

-Atchiiiiiiiiiiiiiii ! Et merci pour l’accueil.

Demain, jour de la Saint Valentin … Pierre Barouh sera en concert.

Là, juste en dessous, pour en savoir plus.

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08 février 2007

Lettre à Michel Delpech...

medium_133333.jpgCher Michel,

J’ai déjà écrit sur vous récemment à l’occasion de la sortie de votre album de duo (qui est aujourd’hui numéro 1 des ventes) mais j’avais envie aujourd’hui d’approfondir.

Nous nous sommes vus souvent ces temps derniers et j’y ai trouvé beaucoup de plaisir, voire de fierté. Ayant un profond respect pour vous, je n’arrive d’ailleurs pas à vous tutoyer.

Mes parents vous adoraient… je parle au passé parce que ma mère n’est plus de ce monde (ceci dit, peut-être y a-t-il des Juke-box là-haut ?).

D’ailleurs, en entendant une de vos chansons, il m’arrive de penser à elle.

Ma maman chérie est partie quand j'avais 15 ans.

Oui, bien sûr que je marche bancal maintenant...

C’est aussi un peu pour ça que j’aime vous rencontrer, vous et deux autres artistes me servez de béquilles.

Si vous saviez comme les artistes chamboulent les gens parfois ! Vous chantez vos chansons et hop ! Moi, j'effleure ma vaporeuse maman.

Tiens puisque nous sommes dans les confidences, elle était aussi très fan d’Alain Barrière et de Julien Clerc… pourquoi croyez-vous que je les ai rencontrés (ici et aussi là).

Pour que maman soit fière de son fiston.

Et béquilles, donc.

Je vous jure, Michel, je sens sa présence à mes côtés dans ces moments là.

C’est con, hein ?

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Et puis, je ne vous l’ai pas dit mais vous avez le même prénom que mon père.

Bon, lui, il est encore ici, heureusement.

Vous voyez comment vous êtes… vous me faites parler de moi et je n’aime pas ça. Tout pareil que lors de notre dernier déjeuner ensemble à la maison du Danemark (où nous avons un peu trop bu, il faut bien l’avouer. Nous sommes sortis en titubant et en riant comme des gamins sur les Champs Élysées). Vous êtes curieux et généreux et vous me touchez Michel.

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Restez comme vous êtes.

Je suis content que votre album soit la meilleure vente française du moment.

Très content même.

Je sais, les bonnes chansons ne vieillissent jamais.

Les bons chanteurs non plus.

Je viendrai vous voir le 30 mars au Grand Rex (puisque le 31 est complet !).

Je suis sûr que maman viendra s’asseoir à côté de moi.

Toute mon amitié,

Mandor, qui vous adore.

06 février 2007

Tatiana de Rosnay... son devoir de mémoire.

 

medium_tdr.jpg

Je l’ai expliqué ici, j’ai reçu une grosse claque en lisant le livre de Tatiana de Rosnay, Elle s’appelait Sarah. Livre magistral et universel sur un sujet qui concerne chacun de nous.

Alors qu’il n’existe que peu de documentations sur cette page noire de notre pays, écrire sur la rafle du Vél d’Hiv’ était un tour de force.

 

Il est difficile de résumer son livre sans trop déflorer l’histoire (que l’on peut d’ailleurs écrire avec un grand H).

medium_AUT00352402.jpgEn 2002, à l’occasion de la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv, une journaliste américaine est chargée d’enquêter sur le sujet. Julia Jarmond, alors qu’elle est en pleine crise conjugale, va découvrir le calvaire inimaginable de ces familles juives… les conditions de vies dans le Vél d’Hiv’, les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers dont les trains partaient pour Auschwitz ou Drancy, les séparations des enfants de leurs parents, la police française pleine de zèle, les collabos, les délateurs…

Une horreur.

Il y a eu 11.000 enfants déportés en France.

11.000 !

Pour une raison qu’il serait complètement idiot de dévoiler ici, Julia va s’intéresser plus particulièrement au destin de la petite Sarah…

Je n’en dis pas plus.

Ce n’est donc pas le cœur léger que je pars à la rencontre de Tatiana de Rosnay. La fille du scientifique Joël de Rosnay est auteur, scénariste, journaliste, vice-présidente du Prix Lilas et… blogueuse acharnée (sous le nom de Yansor). Nous nous lisons mutuellement depuis plusieurs mois sans nous connaître « en vrai ». Donc, cette rencontre est toute particulière pour moi.

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Elle m’a donné rendez-vous dans le petit bureau que lui prête son éditrice Héloïse d’Ormesson pour écrire tranquillement. D’ailleurs, lorsque j’arrive au bon étage, Tatiana et Héloïse m’attendent devant la porte de la maison d’édition. On dirait deux sœurs. Même genre de femme. Héloïse d’Ormesson m’explique en plaisantant qu’elle voulait voir à quoi ressemblait Mandor. medium_tatianarosnay.jpg

Tatiana me fait visiter les lieux puis nous nous installons dans son bureau.

-Je viens ici tous les jours de 14 heures à 18 heures pour travailler sur un nouveau livre, pour lire les bouquins dont je vais parler dans Psychologies, pour réfléchir, pour « fuir » mes adolescents et surtout pour fuir Internet. Tu vois, là, sur le bureau, j’ai le vieil ordinateur de ma grand-mère. Je n’ai pas internet. Si je l’avais, je ne travaillerais  pas… je peux passer ma vie là-dessus. C’est affreux et dangereux.

Nous parlons longuement de ses blogs : son MySpace, son blog perso, celui de Sarah, du prix Lilas, des Blogauteurs auquel elle participe…

Tatiana est « blog addict » et elle n’y peut rien.

-Je passe généralement deux heures par jours à visiter les uns, les autres. Pas en ce moment, je n’ai plus le temps.

medium_couverture_sarah_page_1.2.jpgNous finissons par évoquer son roman Elle s’appelait Sarah.  Comment est-il né ?

-En 2002, je termine un livre en français La mémoire des murs chez Plon. J’avais donc fait une recherche sur les lieux dans Paris où ils s’étaient passés des choses abominables. Je te passe la Révolution  Française ou la Saint Barthélémy … je tombe sur la rafle du Vél d’Hiv, rue Nélaton, dans le XVe, à côté de chez moi. Je me suis rendu compte que je ne savais pas grand-chose sur cette rafle. Moi qui étais au lycée en France à la fin des années 70, je n’avais aucun souvenir de ce drame. Je commence à faire des recherches et je tombe des nues sur ce que j’apprends. Je suis à la fois effondrée, triste, choquée et honteuse de cette méconnaissance flagrante. Je finis par emmerder tout le monde dans mon entourage avec cette histoire et je me rends compte qu’ils n’en savent pas plus que moi. C’était pour moi intolérable, il fallait que je comble cette lacune commune. Pas moyen de lutter, pas question de faire autrement.

Elle s’arrête, réfléchit en buvant son eau pétillante.

Du Vichy.

 

Pas drôle.

-Je poursuis mon enquête de manière plus approfondie, j’accumule la documentation, mais je me demande comment je vais m’en sortir avec tout ça. Je ne suis pas historienne. Mon problème majeur est de savoir comment je peux donner à mon récit une signification contemporaine qui parle à toutes les générations.

Je vous assure, chers amis lecteurs, elle a trouvé. Et, il est difficile de s’en remettre. Le lien entre le passé et le présent fait froid dans le dos.

À pleurer.

-J’ai écrit ce livre dans ma langue natale, car j’avais besoin d’une distance pour me lancer dans ce sujet. Il s’agissait pour moi de me protéger et ainsi d’aller au cœur des choses. J’ai pu décrire les événements sans pathos…et Agnès Michaux en a fait une excellente traduction. Merci à elle…

Tatiana de Rosnay me raconte ensuite les difficultés rencontrées pour publier ce livre, les galères pour trouver un bon agent « c’est presque aussi compliqué que trouver un éditeur, sinon plus… », la rencontre avec Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal (épique la manière dont Gilles a insisté pour obtenir son roman par mail au plus vite et comment ses deux éditeurs ont fini par vendre le roman dans 15 pays).

Il est clair que son livre a un impact international.

-Je sais que tout ce que je vis là est unique. Cela ne va pas se reproduire. Je viens d’écrire le livre de ma vie. Je suis sur un nuage et en même temps, je suis terrorisée. La promo qui m’attend me donne un trac fou !

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Nous devisons en tout une heure et demie.

Pas envie de partir mais il faut laisser l’artiste créer. Je ne lui explique pas pourquoi cette période là de l’histoire me chamboule… mais, je l’ai écrit là.

Bravo à toi, Tatiana, et longue vie à ta Sarah qui vaut toutes les héroïnes du monde!

02 février 2007

Babet... l'ange de Dionysos s'envole en solo!

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Mercredi dernier (le 24 janvier), je suis dans ma voiture avec ma nièce de 19 ans.

Je l’adore. Elle habite à Limoges et elle est en visite chez moi une semaine.

Donc elle me suit partout.

Et ça me fait plaisir, même si ça me donne un coup de vieux.

medium_Babet_2.jpg-Tu écoutes quoi là tonton ? Ça craint !

-T’es folle ou quoi ? C’est la chanteuse des Dionysos !

-Dio quoi ?

-Aurélie, je parle des Dionysos, le groupe de rock là. Tu connais quand même ?

-Non.

Silence.

-Tu ne connais pas Dionysos ? Pas vrai ?

-Vrai tonton.

Re silence.

-Et bien Babet, c’est la seule fille du groupe. Elle sort son premier album solo…Mais dis-moi, tu écoutes quoi toi ?

-Diam’s, Sinik, Sniper, j’aime bien Vitaa aussi et M Pokora…

Re re silence.

Quoi dire ?

Je ne peux décemment la déposer au bord de la route. Nous sommes sur le périphérique et surtout, comment justifier cela à ma sœur (qui, dès qu’on touche à sa fille à un sacré mauvais caractère…)

-Bon, écoute, il va falloir que je t’explique certains trucs. Tu ne peux pas rester comme ça dans une telle inculture. C’est n’importe quoi !

-Mais tonton, pourquoi tu écris du bien sur eux dans le journal, alors, si c’est si nul ?

Elle m’énerve cette adolescente.

A ce moment, je décide de me comporter en adulte.

Je fais la gueule.

Normal, c’est moi le grand.

Je demande juste un peu de respect, c’est tout.

Je parviens à me garer tout à côté de V2 Music, ce qui est une véritable performance dans ce quartier. Je dis à Aurélie de m’attendre au café du coin le temps que je réalise mon interview.

medium_babet2.jpg-Bonjour, je suis Mandor, j’ai rendez-vous avec Babet.

-Oh, Mandor ! Le Mandor ? Je rêve, c’est le plus beau jour de ma vie. Pourriez-vous me donner un autographe ? Je lis vos chroniques depuis toujours. Mais alors… c’est vrai que vous n’avez pas de visage ?

J’adore tester ma popularité, mais je ne comprends pas pourquoi personne ne croit que mon visage est ainsi fait ?

La demoiselle me fait patienter dans le hall puis Babet et son attaché de presse arrivent.

Nous nous installons sur un canapé un peu déglingué. Je crains qu’un ressort surgisse du tissu à tout moment. Ce serait con d’achever une si brillante carrière de cette manière. Troué par un ressort de canapé.

Après 10 ans de rencontres, de tournées avec Dionysos, de rêves réalisés, Babet s’est retournée sur elle-même pour faire le point. Elle s’est demandée ce qu’elle était devenue depuis tout ce temps là. Et pour cela, pas d’autres solutions que de réaliser un disque toute seule. Une forme de thérapie.

-Tout passe par la musique chez moi, même pour dire des mots d’amour, j’ai un mal fou. Il fallait que toutes les choses que j’avais en moi sortent. Il y avait urgence, un peu comme quand une femme décide qu’elle veut un bébé. Je ne pensais qu’à ça tout le temps. Mettre des mots en musique me permet de mieux exister.

Il est vrai que trouver sa place au milieu d’un groupe de garçon pendant 10 ans n’est pas aisé.

-J’ai existé très fort dans le groupe, mais dans un rôle particulier. Très léger. Ces derniers temps, je ne voulais plus n’être que la Babet de Dionysos, il fallait que je me rende compte que j’étais aussi quelqu’un d’autre.

Cet album a été réalisé sans l’aide de quiconque, ou presque :medium_Babet.2.jpg

-Pédro à la basse, Andy à la réalisation, et Lionel, l’ingénieur du son, m’ont aidé, mais globalement, j’ai tout fait de A à Z. C’est un trait de caractère qui peut me mettre en danger, mais je suis très entière. Là, je voulais vraiment savoir jusqu’où je pouvais aller tout seule.

Babet chante dans son disque le petit bout de chemin qui est le sien, « une sorte de nécessité intérieure de raconter les choses avec mes yeux, avec mes mots, de jouer mes histoires toute seule ». C’est du folk rock et ses textes parlent de voyages, de rencontres et d’amour, « un condensé de ma vie emprisonné sur un disque de presque une heure que j’ai appelé : Drôle d’oiseau».

medium_dionysos-_Guysard2.2.jpgRassurez-vous, la belle n’a aucune intention de quitter les Dionysos.

-J’adore être en solo mais j’ai l’impression que les deux expériences se complètent parfaitement. Dans le groupe, j’ai tellement de bonheur à partager. La vie avec eux est super agréable, mais en même temps, je me régale à jouer en solo. Pour une fois, c’est moi la chef. Ca fait du bien de décider un peu… J’espère que je ne vais pas trop m’y habituer.

Rapidement, la conversation dévie sur les joyeusetés du web… Elle semble fière de sa page MySpace.

-Tu as vu ? C’est moi qui la gère entièrement. C’est du boulot, mais c’est un plaisir de parler avec des vrais gens. Quand je pars une semaine et que je rentre, je prends deux jours entiers pour répondre correctement à tout le monde. Je tiens à répondre à tous les messages et les commentaires. Un truc de fou !

Cette fille est inconsciente (mais c’est ce qui fait son charme)... elle est du genre à contacter, par le biais de son MySpace, quelques fans pour leur donner rendez-vous dans un bar quand elle s’ennuie seule à Paris.

Je lui dis que j'espère que son album (qui sort le 5 mars prochain) va bien se vendre. Je l'aime beaucoup alors, je touche du bois.

Elle me sourit et me demande si je sais pourquoi on touche du bois dans ce genre d'occasion.

J'avoue mon ignorance.

-Au Moyen Age, quand on était poursuivi par la milice, le seul endroit où on pouvait être sauf était dans l'église de la ville. A partir du moment où vous poussiez la porte en bois, vous étiez sauvé. Je trouve ça magique comme histoire!

Ce n'est pas sur tous les blogs que l'on se cultive autant. Moi même, je trouve ça impressionnant.

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Au moment où elle se plie à la séance de photo Mandorienne, la chanteuse Anaïs arrive. Elles se font la bise et papote.

 

-Tu te fais prendre en photo.

-Oui, c’est pour le blog d’un journaliste.

-Ah bon ? Ils font ça les journalistes maintenant?

Oui, enfin, je crois que je suis le seul à le faire.

Je quitte V2 Music en fredonnant Mon cœur, mon amour…

C’est malin, maintenant je vais avoir cet air jusqu’au soir.

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J'ai toujours aimé la voix de Babet et sa personnalité.

J'estempille cette note d'un "Avis positif confirmé après rencontre".

Pas toujours le cas.

Cet oiseau va s'envoler très haut.

J'en ai l'intime conviction. 

 

Je passe récupérer ma nièce.

Elle écoute son MP3 en sirotant un coca.

Je ne lui demande pas ce qu’elle écoute.

 

Au retour, la petite chipie a branché la radio sur Skyrock.

Mon dieu, je n’en peux plus.

Moi qui voulais écouter un truc intello, une émission qui m’élèverait éventuellement vers le haut…

Non, pas question d’écouter Ruquier sur Europe… place au rap !

Crotte de bique !

29 janvier 2007

Michel Jonasz... chanteur mélancolico-nostalgique!

medium_jonasz.jpg 

Attablé dans sa cuisine en l’attendant, je repense à toutes les chansons de Michel Jonasz qui ont bercé notre medium_119_5d0f3be3cd17622703a591011b2c1374.jpgvie : Je voulais te dire que je t’attendsLes vacances au bord de la mer, La boite de jazz, Super nana

Je sais, c’est dans le désordre mais la chronologie a-t-elle de l’importance en matière de chanson ?

Le temps, en tout cas, reste le sujet majeur de Jonasz.

Je suis dans son appartement, juste à côté de la place des Vosges, pour évoquer son nouveau disque. Chanson Française est un hommage à ses grands aînés. Brel, Brassens, Ferré, Piaf, Montand…

Le bluesman arrive avec trente minutes de retard, s’excuse, nous prépare un thé, ne sait pas trop pour quel journal je travaille et enfin se pose.

 

-Je reviens à l’instant de la salle de sport. A mon âge, il faut s’entretenir.

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Je lui propose une fine analyse de son album. Même quand il chante les chansons des autres, il s’en dégage une infinie tristesse. Je lui demande, un peu en rigolant, s’il va bien.

Il s’offusque.

 

-Mais moi je vais tout à fait bien ! Si vous trouvez mon disque triste, c’est que vous, vous avez de la tristesse en vous. Vous allez bien, vous ?

Jonasz poursuit :

medium_12603.jpg-Mes chansons et ma façon d'interpréter celles des autres font appel à une certaine nostalgie, mélancolie, voire tristesse, mais je ne revendique pas ça du tout de moi. Que je puisse avoir un lien avec ses musiques là, un peu déchirées, où il y a des violons qui pleurent, c’est une certitude. C’est le meilleur moyen pour exprimer des émotions sincères. Elles permettent de révéler à ceux qui écoutent, leurs propres émotions.

Jonasz me ressert un thé, je n’ose pas lui demander une sucrette pour mon régime alors je lui demande s’il a peur du temps qui passe, ce qui n’a rien à voir.

-Je sais que les apparences peuvent être trompeuses et contre moi, mais je n’ai pas peur de vieillir. Je trouve ça simplement fascinant, surtout quand on commence à dire que c’est relatif, que ça ne passe pas pareil pour tout le monde… C’est pour moi une source d’inspiration comme peut l’être le passé, ce que j’ai déjà vécu : l’enfance, l’adolescence, l’amour.

Après un moment de réflexion :

-De toute façon l’amour… on ne parle que de ça finalement. Je crois à l’amour éternel. Je m’interroge sur ce qui fait qu’un état amoureux, un jour, commence à s’étioler, que le feu s’amenuise, qu’on ne pardonne plus rien à l’autre. La fusion amoureuse est un vrai mystère. Je dis simplement « Préservez l’amour ! ».

Cet album hommage est important pour Jonasz… Ce n’est pas un disque de transition, entre deux albums originaux. Il l’explique avec émotion.medium_Michel_Jonasz.jpg

-Dans mes souvenirs, tout commence dans les années 50 au 4e étage d’un immeuble de Drancy au-dessus d’un café-tabac. Une cuisine minuscule, une seule chambre où vivaient quatre personnes : mon père, ma mère, ma sœur et moi, et un seul objet de luxe, une belle vieille radio et son cadre en bois vernis… des chansons françaises… et le dimanche les grands-parents avenue Henri Barbusse et les disques de musique tzigane hongroise. Et puis un jour Piaf sur scène… Et plus tard viendront Brel, Brassens, Ferré et les années 60, les premiers groupes de quartier. Et Ray Charles et le blues, le Golf Drouot et le rock’n’roll. Et Vigon et les Lemons et le King set, les deux premiers groupes dans lesquels j’officiais… et la suite…

Ainsi, Michel Jonasz précise que ce disque est le premier d’une trilogie qui veut rendre hommage à ses trois sources d’inspiration musicale. Chanson Française sera suivie d’un projet consacré au blues et d’un autre, comme une histoire de famille, qui sera dédié à la musique tzigane.

Avant de laisser le chanteur vaquer à ses occupations, certainement musicales, il me donne un livre édité par sa propre maison MJM. Un ouvrage sur le développement personnel… Je lui dis que je ne pense pas faire un papier dessus. Il faut que « je sente » le thème pour me lancer dans une critique. Il s’étonne de ma franchise, mais me demande de le garder et de le lire quand même.

Pour la photo, il craint de ne pas être assez élégant, là, avec son T shirt de sport. Il veut aller se changer.

-Non, il faut que ce soit naturel. Pas fabriqué… Vous êtes très bien comme ça !

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Il me propose encore un thé que je refuse. Je ne veux pas abuser. Sur le pas de la porte, il me rappelle qu’il présentera son nouveau spectacle Chanson Française au Casino de Paris en mars 2007, puis en province et à l’étranger. Ne pas oublier non plus qu’il reviendra à Paris en décembre 2007 à la salle Pleyel.

C’est dit.

Ce monsieur est un grand de cette chanson française à qui il rend hommage. C’est une fierté de l’avoir rencontré. Tout comme son pote Alain, il y a quelques mois.

26 janvier 2007

Faf Larage... de vivre et de vaincre!

 

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-Mais alors, quand tu t’es installé la première fois devant la série d'M6 et que tu t’es entendu, ça a fait quoi à ton petit cœur ?

-Je te dis pas. Toute ma famille était présente. Franchement, j’ai considéré que ce n’était pas moi cette chanson. C’est un peu comme quand tu regardes une photo, c’est difficile de se supporter. En plus, j’ai fait tellement de versions pour que les studios américains acceptent que je n’ai plus aucune objectivité sur le titre.

medium_musique.jpgQuand on a Faf Larage devant soi, on est obligé de lui poser des questions un peu bêtasses de cette nature. Prison Break, je dois dire, je suis assez fan, et ce putain de générique, je l’ai fichtrement  apprécié.

C’est ça...

 

Le grand gaillard devant moi, il est simple.

Il mange des sushis en répondant à mes questions.

-Tu m’excuses, mais depuis ce matin, on fignole l’album. Ça ne te dérange pas? Tu es sûr? Je n’ai pas eu une minute pour manger.

Effectivement, ce vendredi 12 janvier, je me trouve à Pantin au Harrys Studio ou le rappeur, met une touche finale au mixage de son deuxième album solo qui sort un mois plus tard, pile poil, Rap Stories.

Faf Larage à 35 ans. Et c’est à cet âge avancé (hum !) qu’il décroche un premier tube (et un sacré !)

-A mon âge, on a du recul sur les évènements, on s’enflamme beaucoup moins. C’est bien, je kiffe le succès de ce morceau, mais je me suis dis, dès le départ « OK ! Mais maintenant on fait quoi ? ». La méfiance et la crainte du lendemain sont inscrites dans mon code génétique.

medium_1.4.jpg Il se marre un peu parce que beaucoup de personnes pensent qu’il débute. Qu’il vient de débarquer sur la planète rap. Il en est pourtant un des pionniers.

Dans l'ombre, on peut dire qu’il a construit le hip-hop hexagonal. Au milieu des années 80, Faf Larage, marseillais, trace des plans sur la comète avec ses potes. Certains de ces irréductibles deviendront IAM, Uptown ou Soul Swing and Radical, le groupe que Faf forme avec Def Bond. Un mini album underground Le Retour de l'Ame Soul émanera de cette époque où le hip hop n'avait pas encore ses lettres de noblesse. Faf avec son frère Shurik'n, du groupe IAM, posent, en duo, un premier single La Garde Meurt Mais Ne Se Rend Pas. Les moments musicaux suivants de Faf ne sont que suite de featurings remarqués avec Kheops ou sur l'album Sad Hill ou la compil Chronique de Mars, regroupant les plus prestigieux rappeurs marseillais. En 99, Faf Larage sort son premier album solo C'est Ma Cause, un mélange d'humour, de prise de conscience et d'un flow hors du commun. Plus récemment, il apparaît sur la BO de Taxi 2 puis explose dans l’imparable duo Gomez et Dubois, avec Eben. Faf est Dubois. Un album et deux extraits qui cartonnent, dont le hit Hôtel Commissariat.

C’est lui qui a co écrit avec Michaël Youn le fameux Alphonse Brown

Contrairement aux apparences, force est de constater que le Faf Larage est aussi un sacré déconneur.

Il sourit.

 

-Tu sais, dans mon nouveau disque, je parle de cul, de nanas ( dans Le brancheur et Ta meuf) mais aussi de la famille, de la ségrégation, du rejet, du chômage, du divorce (dans Prise d’otage ou Le marketing du diable)… Je suis comme tout le monde. J’ai deux facettes.

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Faf Larage me parle de ses chansons, tout en continuant à mâchouiller son poisson cru.

Je m'abstiens de vous faire un laïus trop important sur son album car vous le verrez partout très prochainement (avec possibilité d'overdose).

 

Le rappeur est sympathique, mais crevé. medium_faflarage_2006_240x180.jpg

Un bon rhume mélangé à une période de suractivité n’arrange pas son homme…

Avant de le laisser, je lui explique mon blog, les photos à faire, etc…

Pas de problèmes.

Mais la photo en gros plan n’a pas été évidente à réaliser. Ce monsieur, tout talentueux qu’il est, a un truc irrémédiable et emmerdant.

Il ferme toujours les yeux et ne sourit jamais sur les clichés.

 

-Même pendant les séances officielles, c’est toujours l’enfer… Je t’assure, les photographes me disent tous qu’ils n’ont jamais vu ça !

Après une bonne dizaine d’essais, il a fait le maximum…

Le meilleur résultat donne ça.

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21 janvier 2007

Diam's... La battante victorieuse!

medium_diams-force.jpg 

Je suppose que l’on peut  considérer que la grande gagnante des NRJ Music Awards d’hier soir est… Diam’s.

Je ne sais pas.

Mais quand même.

Artiste féminine francophone de l’année : Diam’s.

Album francophone de l’année : Dans ma bulle.

Chanson francophone de l’année : La boulette.

Oui, on peut dire que la directrice artistique du nouveau label Motown France a battu tout le monde à plate couture. Même l'AFP est d'accord avec moi.

Ah! Ca vous en bouche un coin, hein?

Alors, en cette journée dominicale, je vous propose de revenir en arrière de quelques mois.

Le 13 décembre 2005 (putain, déjà plus d’un an !).

Une petite chambre de l’Hôtel d’Orsay.

Un palace? Non.

Un honorable hôtel, simplement…

A l’image de Diam’s.

Pas tape à l’œil mais efficace.

Je suis arrivé très curieux de la connaître car cette jeune fille m’intriguait un peu.

J’en ai profité pour faire un portrait.

Le voici.
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Petit bout de femme énergique, combattante, princesse de la rime pessimiste, Diam’s revient 3 ans après Brut de femme. Chronique d’un succès assuré.

Ce qui touche chez elle, ce sont les sanglots au bord des lèvres. Quand elle rappe, l’impression est nette qu’elle va exploser, violemment. Comme rarement. Elle confirme.

« Même derrière un micro je suis souvent prête à pleurer. Tout ce que je raconte dans mes textes me secoue. Je suis extrême. En moi, c’est tout noir ou tout blanc, jamais gris. Je ne parviens pas à relativiser ce qu’il m’arrive. »

medium_252359.jpgElle réfléchit quelques secondes.

« Franchement, je ne sais pas si tout interprète doit donner autant de soi, mais moi, je ne peux pas faire autrement. Même mes réalisateurs en studio, Tefa et Masta, ont tenté de me freiner. Ils me disaient que j’en faisais un peu trop. »

A tort, car c’est certainement ce trop plein d’émotion qui bouleverse le public de Diam’s. Elle raconte dans ses textes toute sa vie. Sa vraie vie. Et elle ressemble à celle de ceux qui l’écoutent.

« Si je n’avais pas eu la musique, je serais encore entrain de galérer pour trouver du taf. Je n’ai pas de diplôme et je n’ai pas été aidée quand j’ai voulu faire des études. Je suis vraiment persuadée d’être une nana parmi les autres avec exactement les mêmes problèmes. Au fond, je suis une jeune de mon temps, un peu déboussolée sur cette planète. »

Mélanie Georgiades naît le 27 juillet 1980 à Nicosie, capitale de Chypre, d’une mère française et d’un père chypriote. Très vite, le géniteur prend la poudre d’escampette. Dès ses quatre ans, cette fille unique est élevée par sa maman, à Orsay (au sud de Paris). A l’adolescence, elle s’ennuie mais le rap rythme la vie des jeunes de sa cité. Elle se met à rêver puis à créer ses propres textes. Il lui faut rapido un pseudo… Vite, le dico ! Une définition lui offre le nom idéal : « Objet de luxe et de parure. N’est composé que d’éléments naturels. Le diamant ne peut-être brisé que par un autre diamant. » Diam’s avait besoin d’un nom rassurant.

 « Je suis un mélange de sensibilité et de fragilité mais aussi de petite guerrière et de combattante de la vie. L’un n’empêche pas l’autre. Il faut savoir se protéger et se préserver quand on affronte un peu la jungle… »

A jungle, faut-il comprendre la vie, le show biz, l’extérieure de sa bulle ? En tout cas, l’ado Mélanie décide de s’y jeter à corps perdu. A 15 ans, elle rappe au sein de différents « posses » à travers la banlieue parisienne.

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Très vite, le nom de Diam’s s’installe sur la scène rap amateur, pourtant très phallocrate. Les premières expériences discographiques pointent le bout de leur vinyle. Diam’s commence à exister. Elle n’a aucune structure professionnelle autour d’elle mais elle réussit à effectuer une cinquantaine de concerts entre 98 et 99. Déjà ses textes sont noirs, peu enclin à l’espoir.

« Je suis de cette génération où il faut se battre pour être heureux. On ne nous laisse pas le choix. Passer medium_e822159a86329d4c.jpgpar la bagarre pour vivre, ça n’encourage pas à l’optimisme. Pourquoi les choses ne sont-elles pas plus fluides, plus faciles ? Il faut du courage pour être un jeune aujourd’hui. »

En 1999, même si elle continue les galères et jobs de tout poil, elle enregistre avec Black Mozart (compositeur rap et producteur) son premier album Premier mandat sur le label indépendant Reel Up. Echec commercial. De featuring en concert en passant par des participations aux émissions de radio où les rappeurs improvisent en direct, Diam’s continue sa trajectoire sans concession.

«La meilleure façon de me faire respecter et de me protéger était de tout dévoiler, ne rien cacher. Je deviens soudain moins attaquable étant donné qu’on sait beaucoup de choses sur moi. Peu de femmes dans ce milieu agissent de la sorte. Dans mes raps, je ne suis pas quelqu’un de mystérieux. Je dis les choses que je pense sans aucun calcul. C’est peut-être inconséquent, je ne sais pas. »

medium_diams.jpgSon discours est très clair : qui aime Diam’s aime Mélanie. Très rapidement, la chanteuse rappeuse un peu garçon manqué va se faire remarquer par EMI. En avril 2002, premier contrat. Un maxi de deux titres voit le jour. Pour d’obscures raisons, l’album est annulé. C’est le label Hostile qui sort finalement son deuxième album Brut de femme en mai 2003. Carton plein, même si le rap français n’est pas habitué aux thèmes abordés dans ce disque largement autobiographique : La violence conjugale, la place des filles en banlieue et l’absence du père… Le titre le plus léger de l’album, DJ, devient le tube de l’été 2003. Les scènes parisiennes et provinciales s’enchaînent à un rythme effréné et la consécration arrive immédiatement. Elle décroche la Victoire de la musique 2004 du meilleur album rap/hip hop de l’année.

«Je prends la vie que je mène comme un cadeau, pas comme un dû. J’ai presque fait le tour du monde pour aller chanter. Je suis donc épatée tout en restant parfaitement lucide. Le succès peut être éphémère alors je travaille beaucoup afin de me donner les moyens de faire de la musique et de la scène très longtemps. »

Après la sortie d’un CD/DVD live Ma vie-Mon live fin 2004 et de nombreux textes pour d’autres artistes medium_77.jpg(Amel Bent, Sinik…), voilà que déboule le nouvel album de « la boulette » (comme elle se surnomme elle même). « Dans ma bulle » reprend les mêmes thèmes, mais abordés avec plus de maturité et d’élégance. L’écriture est plus incisive, précise. Diam’s s’y montre nettement désabusée.

« Je suis pessimiste quant à l’amour sur Terre. J’ai l’impression que l’amour des gens envers les autres est au point mort. Même le romantisme n’existe plus. Les hommes trompent les femmes et vice-versa presque ouvertement. Tout le monde couche avec tout le monde. Je suis un peu fleur bleue alors tout ça m’écoeure un peu…»

Dans Nuit blanche, elle catégorise même son opinion. « Il faut se méfier de tous les mecs ». Le comportement des adultes face aux jeunes est un autre sujet d’exaspération. Trois chansons en témoigne : Ma France à moi, Cause à effet et TS (tentative de suicide).

« Personnellement, toute ma vie je me suis senti rabaissée par l’adulte. Aujourd’hui, je me sens jugée par eux. Les adultes croient qu’ils sont finis, qu’ils n’ont plus rien à apprendre de personne. Tous les problèmes, et principalement ceux des banlieues, viennent de cette incompréhension. Les adultes ont tout à apprendre des jeunes ! »

Diam’s revendique, dénonce, se révolte… Dans Marine, une chanson qu’elle interprète à la télévision et sur scène depuis plus d’un an, elle s’adresse à la fille du leader du FN.

« Pour moi, il y a un avant et un après « Marine ». Avant, les gens me voyaient comme un divertissement, aujourd’hui, ils me considèrent comme une artiste à message. Il n’y a pas beaucoup de nanas de 25 ans qui viennent ouvertement emmerder le FN sans se soucier des conséquences… ».

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Effectivement.
Dans sa bulle, Diam’s évoque aussi sa maman, son papa, son futur bébé, la France qui parfois lui fait honte, la célébrité, le succès… et parce qu’elle n’est pas une ingrate, elle clame sincèrement son amour du public. Avec ce nouvel album, cette charismatique artiste impose sa plume, sa voix et son talent. Cette Diam’s là est éternelle.

 

P.S: L'artiste masculin francophone de l'année (toujours aux NRJ Music Awards)...

C'est M.Pokora.

Vous croyez que cette victoire a un rapport avec ma lettre écrite la semaine dernière?

Oui?

Merci.

(N'importe quoi le Mandor!)

 

Re P.S: Les photos merdiques (si, si, j'en ai pleine conscience) de Diam's en noir et blanc sont de bibi.

Pas la chanteuse.

Bibi, c'est moi.

Enfin, c'est une expression...

Hum!

 

Re re P.S: Pour ceux qui savent que Fishturn et moi, on est pote... allez voir son délire du jour. Il met des vidéos de lui maintenant...

Que dire?

Il m'a bien fait marrer ce con.

18 janvier 2007

Zazie... chanteuse rêveuse!

 

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-Allo! Une rencontre Zazie, ça t'intéresse?

-Je veux mon n’veu…Quand ?

-Dans deux jours.

-Oui, mais je n’ai pas reçu son nouveau disque.

-Tu appelles Mercury et tu règles ça.

-Bien chef ! Répondis-je avec déférence.

medium_955_476920723_zazie_082_g_H161517_L.jpgJe jubile. J’apprécie beaucoup la chanteuse et je la rencontre presque à chaque album.

Trois heures plus tard, un coursier m’amène Totem.

J’explique à ma petite famille que je ne suis plus là pour personne pendant au moins une heure et je m’enferme dans mon bureau.

2 minutes plus tard, j’entends ma fille derrière la porte.

-Papa ? Papa ?

Gratt gratt.

-Papa ? Papa ?

Evidemment, j’ai ouvert la porte et évidemment je n’ai écouté le disque que le lendemain.

Il y a des priorités.

Faire des papouilles à son enfant par exemple.

J’avais moyen aimé son précédent disque, Rodéo, (trop techno) mais là, je dois dire, c’est du grand Zazie. Du comme on l’aime. De l’incisif, du nerveux, du tendre, du sociétal, du sarcastique, mais pas vraiment du joyeux.

On sent bien qu’elle s’est fait plaquer par son mec. Ses chansons d’amour ne riment pas avec toujours.

Non, non.

J’ai rendez-vous avec Zazie dans le métro.

Pardon, c’est nul mais si je ne la place pas là, je ne la place nulle part et cela est de l’ordre de l’inimaginable.

J’ai rendez-vous, disais je, avec Zazie au café Baci (le café de Jean-Pierre Bacri me dit-on mais je n’ai pas vérifié l’info !)

Bien bobo l’endroit. « On » me fait monter à l’étage supérieur et « on » m’installe derrière un rideau. Une grande table pour moi tout seul. Chouette ! J’attends un peu et la manageuse de la chanteuse arrive. Présentation d’usage et politesse de circonstance.

5 minutes passent et Zazie déboule, casque de scooter à la main et des tas de sacs. Je suppute qu’elle vient de faire des emplettes. Elle me le confirme et me montre le nouvel agenda 2007/2008 qu’elle vient de s’acheter.

-Il est tout simple mais j’aime ça, moi, la simplicité.

J’opine du chef en souriant car je suis très poli avec les artistes. Comme elle semble agitée en s’installant à la table, je lui suggère de prendre son temps. Je ne suis pas pressé. medium_955_476920723_zazie_083_g_H161610_L.jpg

Zazie n’aime pas la promo mais joue le jeu. Elle me le dit à chaque rencontre.

-Je ne vois pas trop à quoi ça sert. On nous demande de redire mal ce qu’on a bien chanté sur le disque. C’est frustrant aussi pour les journalistes, je sais. Chacun fait son boulot, alors autant que l’on s’amuse un peu. Ce qui est intéressant, c’est la rencontre, le feeling qui peut en découler…

La presse écrite pour elle, ça va encore, mais alors… la promo à la télé, elle n’aime pas du tout, du tout. D’ailleurs, elle s’y rend avec parcimonie.

-Parce que la télé est plus forte que moi et ça m’agace. C’est un outil qui fait passer pour de l’objectivité quelque chose qui est absolument le contraire. C’est dangereux.

En tout cas, quand elle répond, elle ne semble pas angoissée. Elle prend posément chaque nouvelle sortie d’album.

medium_folibus.jpg-Depuis que je fais ce métier, j’ai l’impression que le doute en fait parti. Ca permet d’apprécier quand tu en vends pas mal. Je me dis que quelque part, c’est vaguement  un peu mérité. J’y passe tellement de temps non comptabilisable. En rongeage d’ongles et en réflexions par exemple.

Il y a du second degré dans ces propos, rassurez-vous, la belle n’est pas prétentieuse. Par contre, elle est légèrement dans son monde.

Zazie c’est un peu « Au-delà du réel »…

-Depuis que je suis toute petite, je rêve. Entre le rêve éveillé et le rêve endormi. Il y a des moments ou je suis carrément dans une dimension parallèle. Ca peut être même un peu flippant. Par exemple, il y a des gens à qui je soutiens mordicus les avoir vu tel jour, ce qui, en fait, n’est qu’une vue de mon esprit troublé.

Je lui demande à quel âge elle a commencé la drogue.

Elle rit.

-Docteur, vous avez vu l’état dans lequel je suis sans rien prendre ? Non, sérieusement, je fais l’apologie medium_08.01.07_Zazie_1_.JPGdu rêve ? J’essaie aujourd’hui, dans ma vie, de trouver des ponts entre le rêve et la réalité. S’il pouvait y avoir de temps en temps quelques rives qui se rejoignent, ce serait déjà pas mal. Mon problème est que je suis une rêveuse professionnelle.

Mais une rêveuse qui, visiblement, a beaucoup souffert d’une rupture récente… Je lui fais remarquer que cet album l’évoque beaucoup.

-Je ne suis pas d’accord. Il n’y a que deux ou trois chansons sur ce thème. et Des rails, c’est guère tout.

J’insiste. Dans presque toutes les chansons, elle en parle, même par petites touches…

-Ce qu’il s’est passé dans ma vie et que tout le monde sait + la sortie d’un nouvel album = une vigilance journalistique, toute à votre honneur mais pas forcément fondée.

Un silence, puis elle ajoute.

medium_elle.jpg-De toute manière, la rupture n’est pas grave en soi. Ce qui est plus triste, c’est ce qu’il se passe avant.

Croit elle encore à l’amour ???

-Plus le temps passe, moins j’y crois. Du coup, je suis beaucoup plus dans la magie et dans le rêve. Un peu aussi dans la réalité, mais rarement…

Dans sa chanson Totem, elle construit elle-même, de ses petites mains, un homme parfait. L’homme qu’elle aimerait rencontrer.

-J’ai une vision fantasmagorique de l’amour idéal alors j’ai bien le droit d’avoir une vision intérieure de cet intime étranger. Puisqu’on ne le connaît pas, autant l’inventer et par la même occasion, réinventer l’amour…

Je trouve qu’elle s’est beaucoup plus livrée dans ce disque que dans les précédents.

-Il y a beaucoup de « je » dans mes chansons mais le « je » n’est pas obligatoirement moi. Employer « je » est une forme d’engagement. Mes « je » sont là pour porter un texte qui est plus symbolique, plus générique et qui dépasse complètement ma pomme.

L’engagement, justement, Zazie en a fait une jolie chanson. J’étais là. Elle s’autocritique, mais pas seulement.

-Dans notre bon système judéo-chrétien, on croit assez naïvement que, parce qu’on a fait un petit restau du coeur par ci, un Sol en si par là, on est super champion du monde de l’humanitaire, de l’humanisterie. Non. Pour un artiste, c’est la moindre des politesses. Il n’y a pas de quoi crier au miracle. On est une génération individualiste, super égocentrique… C’est ce que je raconte… sans m’épargner.

La conversation se poursuit très agréablement.

Mais voilà qu’un autre journaliste se pointe.

Ca y est ! La fête est gâchée.

Peuvent pas me laisser tranquille ceux là !

Elle était entrain de tomber amoureuse de moi.

Si, j’en suis sûr.

Non ?

Mytho, moi ?
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Une petite bise et je redescends:

-Du premier étage.

-De mon pied d’estal.

 

-Sur Terre.

Heureusement, en bas, j’ai bu un coup avec Benoît à qui j’avais donné rendez-vous.

Il a remonté le moral de son président préféré.

-Tu sais président, Zazie, elle n’est pas pour toi. Tu as une femme et une fille. Soit raisonnable!

Il est gentil Benoît. Il n’a même pas émis l’hypothèse (farfelue, certes) qu’elle pourrait ne pas être intéressé par Mandor.

Inimaginable, je sais.

16 janvier 2007

Lettre à M.Pokora.

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Cher Matthieu,

Cher Matt,

Cher M.

medium_pokora2.jpgJe ne sais plus bien comment t’appeler. Je me permets de t’écrire une lettre car je t’aime bien.

Je n’aime pas du tout ta musique, elle me sort par les trous de nez, si tu veux savoir.

Il faut dire que je n’ai pas l’âge de ton public. Tu es né en 1985 et moi j’étais déjà majeur (+4) donc forcément, ce que tu chantes ne m’intéresse pas le moins du monde.

« Touch down sur notre base la riposte claque, get back to the show
l'impact de nos bases remet tout à niveau
et c'est non stop qu'elles se mettent à danser sur du artop
elles nous testent encore sur l'impro sans savoir suivre le flow
 ».

Et ben, tu vois, ça ne me touche pas des masses.

D’ailleurs, je ne comprends pas la substantifique moelle de ton message.

Je sais, il n’y en a pas.

Les ados s’en foutent.

Ils veulent bouger et voir un beau mec se trémousser en chantant.

Tu le fais bien, donc ça marche.

Cette semaine je t’ai rencontré et j’ai bien aimé te parler.

D’abord, tu n'es pas prétentieux (et crois moi cet appréciable pour un bon gars de ton âge). Tu me sembles avoir la tête bien sur les épaules malgré l’affolant succès que tu as.

C’est bien. Bravo ! Je te félicite.
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Sachant que j’allais te rencontrer je suis allé te voir à Bercy le 13 janvier. Ma conscience professionnelle me fait faire des trucs comme ça. Aller voir M.Pokora à Bercy un samedi au lieu de m’occuper de ma petite famille. C’est assez nul, j’en conviens mais du coup j’ai compris le phénomène que tu représentes pour tous ces jeunes qui t’adulent.

La dernière fois que je suis allé à Bercy c’était il y a un mois pour applaudir Bénabar. Tu vois le vieux schnock que je suis, cher M. ?

Mais tu veux que je te dise ? Ton spectacle est bien foutu. Un son et lumière performant pour un show divertissement. Bon, je ne reviendrai pas te voir. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai encore mal aux tympans et vraiment le R’nB, je déteste.

Le reste, je te l’ai dit en face.medium_affiche.jpg

Et tu as accepté mes critiques. En souriant. J’ai bien aimé cela. Tu te remets en question même devant un inconnu.

En fait, je t’écris aussi pour te tirer un grand coup de chapeau. Tu m’as dit te retirer jusqu’en 2008 pour te ressourcer, pour ne pas péter un câble, pour réapprendre à vivre simplement… Je doute que tu y parviennes mais c’est bien d’avoir la sagesse de prendre une telle décision.

Il me semble que tu es un mec bien.

Je ne serai jamais client de ta musique mais je vais suivre ta carrière, comme ça au loin.

J’ai dit la suivre, pas l’écouter…

Tu as le droit de t’en foutre.

D’ailleurs, tu t’en fous, mais je voulais quand même te le dire.

Je te transmets le bonjour de ma nièce et de mon neveu. Ils sont très jeunes. Ils t’adorent.

Merci pour les photos… Je suis devenu un héros pour eux.

« Quoi ? Tonton avec M.Pokora ! C’est trop kiffant ! »

 

Signé : Un vieux con qui veut s'la jouer djeuns (comme vous pouvez le constater, juste en dessous. C'est absolument ridicule!)

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P.S : J’ai filé ton DVD du Player Tour qui sort en vrai le 22 janvier aux enfants de ma frangine… Un héros je suis, je te dis.

15 janvier 2007

Jean-Paul Dubois... écrivain solitaire!

 

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J’ai découvert Jean-Paul Dubois en 1999 avec Si ce livre pouvait me rapprocher de toi, puis je me medium_unevi19200.jpgsuis jeté sur Kennedy et moi. Depuis, je lis tout ce qu’il sort et je dois dire que je me sens en adéquation avec ses écrits. Récemment, il a reçu le prix Fémina pour Une vie française et il a connu un très large succès l’année dernière avec Vous plaisantez, monsieur Tanner. medium_vous-plaisantez_g.jpg

Aujourd’hui, il revient avec un roman magistral sur la bestialité qui est en chaque être humain (Hommes en eux, mon article est là).

Avant de le rencontrer, j’avais une image de lui pas très positive. Humainement, j’entends. Je le croyais sauvage, un rien sarcastique. J’ai rencontré jeudi dernier (11 janvier) un homme, exact contraire de mes préjugés. Satanées conneries de jugement à l’emporte pièce !

J’arrive un peu en avance aux rendez-vous fixé aux éditions de l’Olivier. Je monte et me présente (je m’appelle Henri !). C’est une nouvelle attachée de presse qui, donc, ne me connaît pas. Elle me propose à boire, ce que j’accepte. Il n’y a que de l’eau. Bon, va pour de l’eau ! C’est la big teuf en perspective.

Elle m’installe dans la salle de réunion. Je prépare mon matos puis regarde la bibliothèque dans laquelle il n’y a évidemment que des auteurs maisons. J’ai envie d’en chourer quelques uns mais je me retiens.

Question d’éducation.

L’auteur arrive enfin. Il semble un peu réservé. Pas sur la défensive mais observateur. Il voit que se trouve en face de moi le dossier de presse contenant les critiques déjà écrites sur son dernier livre.

-J’ai de la chance de n’avoir que des critiques positives… si j’en avais des mauvaises, je crois que j’en souffrirais.

Je ne pensais pas ça de lui. Il remarque que je suis étonné.medium_image0.jpg

-Tout dépend du degré de compétence que vous accordez aux critiques. Si vous sentez qu’il y a unanimité intelligente pour vous dire que vous avez fait une merde, c’est quelque chose qui doit être difficile à supporter. Bon, si c’est partagé pour des raisons idéologiques, c’est moins grave.

Et comment explique-t-il le succès considérable de ses livres ces dernières années ?

-J’ai du mal à réaliser que je fais toujours ce métier et que des gens parviennent à apprécier mes écrits. Vous savez, la réalité de ma vie se passe hors du monde de la critique et du monde de l’édition, donc le succès de mes livres me parait irréel. D’ailleurs, je trouve que le succès d’un livre n’est pas normal.

Je lui réponds que, comme moi, ses lecteurs se sentent peut-être proche de ses propos.

-Le décalage entre l’idée que l’on se fait de soi même (pas la plus fausse d’ailleurs) et l’idée que les autres se font de vous (souvent plus avantageuse) est un fossé. Je n’ai pas une formidable estime de ce que je suis. Je pense simplement que j’ai de la chance.

Il y a aussi du talent, quand même, non ?

-C’est très subjectif. Quand vous écrivez des livres depuis 25 ans et que pendant 15 vous vendez à 15.000 exemplaires et soudain, vous passez à 400.000, vous vous demandez  ce qu’il s’est passé à un moment donné. Etes-vous le même ? Vous, vous savez que oui. Vous savez aussi que vous faites quasiment les mêmes livres. Juste, il y a un phénomène que vous ne comprenez pas et que personne ne contrôle qui veut que vous ayez de la chance pendant 5 ou 6 ans. Il n’y a qu’une trentaine d’écrivains qui ont ça dans une génération. C’est peu. Je considère donc que j’ai de la chance.

Je souhaite rester sur ce terrain là. Il tient rarement ce genre de discours.

Ecrivain, c’est un métier ?

-Oui et ça se travaille. Plus vous écrivez, plus vous écrivez facilement. Longtemps et plus souvent vous écrivez, moins vous avez d’angoisse, plus le boulot se fait tranquillement. J’ai commencé l’écriture par le journalisme qui est le truc le plus difficile qui soit à cause des contraintes de temps, d’horaires, de signes, de pagination…etc. Alors que le roman, c’est de la liberté absolue. C’est un univers. Vous êtes créateur d’un monde entier, sans aucune contrainte.

Mais il faut également avoir de l’inspiration… et une sacrée en plus !

-Ce qu’on appelle bêtement l’inspiration n’est que le travail sur sa mémoire, ses peurs, sa présence et son utilité dans le monde.

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Je prétends que dans chacun de ses livres, ses héros lui ressemblent sacrément. Je ne le connais pas dans la vie, c’est donc une énorme bêtise mais pas grave !

-Chaque histoire que j’écris correspond à un moment qui raconte parfois la vie exacte de ce que je vivais à ce moment là…

Ah ! J’avais donc raison. Ca frisouille la psychanalyse.

-C’est quoi la psychanalyse ? C’est d’essayer de voir le bordel qui est en soi. C’est un travail sur sa mémoire… très important la mémoire. Mais aussi l’enfance, la jeunesse, le bonheur, la mort. C’est tout le corpus de la psychanalyse et moi je parle tout le temps de ces choses. C’est peut-être pour ça que les gens aiment mes livres. Ils sont fabriqués avec le même matériau humain qu’eux et moi.

Je lui parle de l’image que j’avais de lui avant de le rencontrer. Son côté ours qu’il ne faut pas emmerder. Son côté, j-habite-dans-une-petite-maison-dans-la-région-de-Toulouse-et-laissez-moi-tranquille-avec-votre-monde- des-lettres-factice !

medium_jean_paul_dubois1.jpg-Vous exagérez un peu jeune homme !  J’aime bien le contact avec les autres parce que je vis seul. Ma compagne vit au Canada. Simplement, je suis extrêmement timide alors je préfère vivre dans le retrait plutôt que l’on s’intéresse à ma personne… Ca me rend mal à l’aise. Je deviens gauche, emprunté, je bafouille, comme je le fais avec vous depuis une heure.

Mais pas du tout. Au contraire.

Il m’avoue qu’il craint avoir fait un peu trop la morale dans ses propos.

-Je n’ai aucune qualité particulière pour expliquer ni la littérature, ni la vie, ni les rapports entre les gens. Mon métier ne repose pas sur une science exacte ni sur la raison...

Voilà, Jean-Paul Dubois tel qu’il est.

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Après l’interview, je range mon magnéto, mon livre, mes notes. « Prenez votre temps, je ne suis pas pressé ». Mon prochain rendez-vous est dans deux heures.

Je me lève, lui sers quand même la paluche et… au final nous restons debout, sur le départ pendant une heure. Ce qu’il me raconte est passionnant mais il m’a fait jurer de ne rien dire. Les coulisses de repas entre auteurs, animateurs et comédiens… Ca vaut son pesant de cacahouète. Je ne regarderai plus miss Angot, et mister Durant et Depardiou tout à fait de la même façon. Je dis ça, j’ai rien dit !

 

Conclusion (dont j’ai affreusement honte. Mince, pourquoi, je me laisse aller ainsi ? Hop ! Ma tête dans le sable telle une autruche pendant un siècle pour me faire oublier à tout jamais…) : Dubois ne me laisse pas de marbre.

No comment !