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10 août 2006

Jérôme Attal, l'homme séduction...

medium_attal.jpgMardi 8 août, 15h30 au Café le Rouquet à l’angle du boulevard St Germain et de la rue des Saints Pères. Jérôme Attal m’a donné rendez-vous dans ce Paris germanopratin que j’aime tant. Je me pointe à l’heure précise mais il n’est pas encore là. Je prends un café en l’attendant (mince, j'ai oublié mes sucrettes Candérel!). Il arrive la démarche nonchalante, l’air contemplatif de ceux qui observent le monde avec acuité mais recul, un livre dans la main… « Je viens de passer à la librairie La Hune… Il fallait que j’offre un livre à quelqu’un. » (Yann Kassile : Penseur japonais, dialogue du commencement. Editions de l’éclat). Je le remercie d’avoir accepté cette rencontre, hors contexte promotionnel. « Ce que j’aime dans ce quartier, c’est que tu peux varier le café selon l’humeur. Il y a plusieurs lieux de replis… » Aujourd’hui, donc, medium_1_Jerome_Attal_08.08.06_.JPGc’est le Rouquet. Le Café de Flore, ce sera pour une prochaine fois. Pour ceux qui ne connaissent pas l’auteur et chanteur Jérôme Attal, reportez vous à la chronique de son disque Comme elle se donne (à gauche). Vous comprendrez tout le bien que je pense de son œuvre… Qu’il interprète ses propres chansons ou qu’il écrive pour d’autres (Johnny Hallyday, Florent Pagny, Vendetta, Pierre Guimard, Jane Birkin…) son style est là : littéraire, romantique, amoureux, poétique, fragile, gris (pour ne pas dire noir) et très sensible.

Jérôme Attal n’a aucune raison précise d’être là avec moi… Ca ne lui rapporte rien, hormis une rencontre avec quelqu’un qui se sent proche de sa vision de la vie, de l’amour et de l’existence. Peut-être aime t’il observer les gens acquis à sa cause ?

medium_4_Jerome_Attal_et_moi_08.08.06_edited.JPGNous parlons de son journal intime qu’il a mis en ligne en 1998. Journal devenu culte très rapidement. « J’ai été un des premiers à écrire quasi quotidiennement sur le web et une fidélité, un lien s’est réellement installée avec mes lecteurs et lectrices. Je ne cache rien, je suis très direct car ils me connaissent parfaitement. Mon journal est très labyrinthique avec de nombreux thèmes récurrents. Les gens finissent par se sentir en terrain connu. J’ai tissé une toile d’araignée dont je suis désormais pris au piège. Si je n’écris pas au bout de 3 jours, j’ai de nombreux mails qui me rappellent à l’ordre. » Il sourit. « Ce journal, finalement, est devenu un vrai travail. Aussi important que les chansons. » Pour le lire depuis longtemps, je peux affirmer qu’il se met à nu pas toujours avec pudeur mais systématiquement avec style et élégance. Je lui demande ce qu’en pense son entourage, les personnes citées... « C’est très simple. Les amis dont je parle sont ceux qui me laissent écrire ce que je veux. Si je constate la moindre réticence sur ce que j’écris, je les retire à vie de mon journal. Je suis un littéraire, il me faut donc de la liberté. »  D’autant plus qu’il lui arrive d’inventer ou d’arranger les dialogues et que ses medium_5_Jerome_Attal_et_moi_08.08.06_edited.JPGlecteurs sont accros à ses saillies littéraires. « Ce qui est chouette, c’est que, dès le début, mon journal a été lu par plein d’étudiant(e)s étranger(e)s. J’évoque des quartiers de Paris, la littérature, la musique d’ici… ils apprécient ce lien avec la France. » Lire un poète qui habite et aime Paris, ça émoustille donc les étudiantes ? « Il m’arrive d’en rencontrer. » Silence, puis il ajoute. « Mais, je te jure, je n’ai jamais abusé de ses moments d’échanges là. » Jérôme Attal me précise qu’il a plus de 2000 visiteurs par jour sur son site (je refuse de lui donner mes stats, du coup) et il reçoit plus de 70 mails quotidiennement. Je le traite de gourou… « Oui, mais un gentil gourou. Pas le Mandarom… Ceci dit, Gilbert Bourdin, c’était quand même le meilleur dans son genre. Finalement, je vais peut-être faire construire une statue de 30 mètres à mon effigie en plein boulevard Saint Germain. Ca va concurrencer les couloirs de bus ignobles qu’a fait Delanoë ! »

Jérôme Attal aimerait que son journal soit publié, tout comme le roman dont il a mis un point final récemment et qu’il tarde à proposer aux maisons d’édition. « Quand j’écris, il faut que je sois le meilleur. Une fois mon texte terminé, je dois me dire : voilà, il n’y a personne qui écrit aussi bien. » Il explique ça avec humour medium_8_Jerome_Attal_et_Mathieu_Zazzo_08.08.06_edited.JPGmais je suis sûr qu’il le pense. Il continue : « Quand tu écris une chanson, tu as très vite une vision globale… Ce que je trouve éprouvant dans le roman, c’est d’avoir sur une centaine de pages, une satisfaction constante de son écriture. » Très poli, Jérôme me parle de mon blog qu’il a lu très sérieusement puisqu’il ponctue notre conversation de certains propos tenus dans mes différentes notes. J’apprécie. « Ton style est assez alerte pour que l’on comprenne ton second degré. Ce qui est drôle, c’est qu’il y a des angles différents sur la plupart des notes. Quant à tes photos avec les artistes, je trouve ça très Warholien, ta tête noircie pour respecter ton anonymat. » (D'ailleurs, la sienne en mon auguste compagnie est à voir dans "With the stars, 3eme partie".) Il est temps pour moi de boire un verre de Bordeaux. Lui reprend un café. Merde, il me laisse seul culpabiliser dans mon putain d’alcoolisme mondain ! Nous évoquons l’industrie du disque, le fait qu’il ne parvienne pas à sortir du lot. Je le sens emprisonné, tel un poisson dans la nasse. « J’ai 1000 fois plus de papiers que tous les nouveaux qui sortent chez Warner ou Universal mais ce n’est pas pour ça qu’une multinationale a accepté de me signer ou que je vends beaucoup de disques. Pour le prochain que je suis entrain de faire en ce moment, j’imagine que ce sera la même galère. Je suis désolé mais la presse ne fait plus vendre. Avoir un article, c’est moins efficace que d’avoir une pub payée par la maison de disque dans les journaux comme les inrocks. » Mais comment semedium_Affiche_attal_2.2.jpg fait-il que lorsqu’il s’est produit en concert au Café de la Danse, le 1er mars dernier, la salle était remplie à craquer ? « Le bouche à oreille, simplement. Même pas une affiche dans Paris… » Après un moment de réflexion, le poète me dit (le poète maudit ?): « Je m’en fous de marcher ou pas. J’essaie juste d’écrire une œuvre, je souhaite avoir les moyens de poursuivre ma route. » On the road again… Pas de chance ! Il vit dans une époque où on ne laisse plus les artistes prendre leur temps, se développer, se bâtir avec de solides fondations.

medium_9_Jerome_Attal_et_Mathieu_Zazzo_08.08.09_edited.JPGLes filles passent devant nous mais je suis tellement plongé dans notre entretien que je ne fais pas attention. Jérôme si. « Tiens, elle est belle celle là ! ». Je lève la tête et je ne vois qu’une fille à la plastique parfaite mais de dos (ce qui est appréciable également). Je ne suis pas concentré. Attal le séducteur, si, en toutes circonstances. C’est un professionnel, moi, qu’un pauvre amateur. Ce qui nous incite à parler religion (???) « Dans ma jeunesse, j’étais chez les frères de l’école chrétienne de St Germain en Laye. Je leur racontais que j’étais comme le christ : que mon père était juif et que ma mère était catho… Je ne comprends pas, ça ne les faisait pas rire. » (Rires). De mon côté, je lui raconte ma période de journaliste littéraire sur la radio chrétienne de Paris. Deux ans de bonheur à recevoir deux écrivains par émission… « Dommage que tu ne poursuives pas cette expérience sur une autre radio. » me dit Jérôme. Oui, dommage ! Je me suis fait virer de cette station en 1999 à cause de Jean-Pierre Coffe qui a un peu dérapé lors d’une émission en direct. Tiens, je vais raconter ça dans ma prochaine note… Ca vaut le coup ! (Mandor, roi du teasing !)

L’après-midi s’écoule agréablement. Va bien falloir interrompre ce moment. Jérôme Attal ne medium_AFFICHE_Attal.4.jpgmontre aucun signe d’impatience mais son guitariste bassiste, Mathieu Zazzo, doit le rejoindre. Nous faisons une série de photos pour cette note… Il fait amicalement jouer son droit à l’image. « Celle là oui, medium_14_Mathieu_Zazzo_08.08.06_.4.JPGcelle là non… Oh, non pas celle-ci ! » Mathieu arrive sur ces entrefaites. Très sympa le garçon. S’il est l’un des musiciens de Jérôme, Mathieu est surtout un excellent photographe (voir lien plus bas.) C’est lui qui a réalisé la photo en noir et blanc en haut à gauche ! Et la tête du beau Mathieu qui s’est prêté au jeu du photographe photographié, c’est à droite… Là.

C’est une connerie de dire qu’on ne doit pas rencontrer les gens que l’on admire. La peur d’être déçu et tout le toutim… Parfois, l’image peut coller à la réalité. C’était le cas ce jour là.

 

Liens :

www.jerome-attal.com

www.matzazzo.com

07 août 2006

Olivia Ruiz et Mandor craque...

medium_olivia_1_.2.jpgLu sur le site d’RFI : « La "Femme Chocolat" s'apprête à aller à la rencontre de ces rythmes et de cette langue qu'elle chérit tant ! Olivia Ruiz passera en effet le mois de septembre en Amérique Latine, où elle présentera son rock mâtiné de sonorités hispanisantes, tziganes et jazzy. Elle se produira, comme d'habitude, en anglais, français et espagnol. Du 2 au 8 septembre, elle traversera l'Argentine, s'arrêtant à Buenos Aires, Bahia Blanca, Rosario et Cordoba avant de s'envoler pour une date à Montevideo, en Uruguay, le 12 du mois. Elle conclura cette tournée par quatre concerts au Chili, du 20 au 23, à Santiago, Conception, Valparaiso et Valdivia. » medium_olivia_2_netb_.2.jpg

Voilà notre petite souris qui s’exporte bientôt dans de lointaines contrées… C’est mérité !

J’ai découvert la miss en regardant la Star Ac’ 1 (comme tout le monde). Elle évoluait dans cette sphère cathodique avec curiosité et originalité. Bon sang, dans le château, elle portait un T-shirt des Têtes Raides (elle en parle tout le temps dans les interviews) ! Il fallait donc mater la donzelle avec intérêt… Olivia Ruiz est devenue depuis une des valeurs sûres de la chanson française d’aujourd’hui. Je l’avais loupé lors de la sortie de son premier disque extra Star’Ac J’aime pas l’amour, pas question de la rater pour celle de La femme chocolat l’année dernière (voir photo et mon article dans « With the stars, 1ere partie »). Le 20 octobre 2005, je rencontre Olivia Ruiz chez Universal, à 11h du mat. J’arrive complètement décalqué, la fête de la veille ayant eu raison de ma tête. J’ai le cerveau en bouillie et je me permets de demander à Carine (attachée de presse bienveillante de chez Polydor) de se débrouiller par tous les moyens pour me trouver un aspirine (sous peine de décès fulgurant). On m’installe dans une grande salle et j’attends la belle mais surtout mon médoc salvateur. C’est lui qui arrive en premier. A peine terminé d’effervescer, je l’avale cul sec ! Olivia arrive, resplendissante, simple et fraîche (elle). La demoiselle me demande si elle peut cloper, ce que j’accepte avec écoeurement mais politesse. La fumée dans mon état… Beurk ! Et l’on commence à causer:

1) De son enfance : « J’ai été élevée dans un café par mes grands-parents maternels et les deux frères de maman. Les vieux qui jouaient à la belotte, Tonton André qui était un tombeur de nanas, tout ça, c’est du vécu. (cf : J’traîne des pieds). Cette période de ma vie a forgé ma personnalité. Ce côté très indépendant, très jeune et en même temps très sociable, cette tendresse particulière que j’ai  pour toutes les générations me vient de là. »

2) De ses doutes : « Je suis quelqu’un de très angoissée et dans le doute perpétuel. En même temps, je ne m’autorise pas dans les moments de création et de production de perdre du temps avec ce travers là. Je le garde pour la maison et mes proches. »

3) De ses névroses : « J’aime bien rire de mes défauts et de mes pires névroses, de prendre les détails et les exacerber. C’est ma manière à moi de mieux en rire. »medium_olivia_3.jpg

 

Olivia Ruiz est délicieuse, rieuse, un brin coquine. Je vais essayer de ne pas tomber amoureux. Ils ont de la chance les Alain Cluzeau (réalisateur de Bénabar, Thomas Fersen, Paris Combo, Bertrand Belin…) et Mathias Malzieu (chanteur de Dionysos et écrivain) d’avoir réalisé avec elle, en toute intimité, ce disque croustillant. Les textes évoquent désormais ses aspirations, ce qu'elle a vécu et ce qu'il peut désormais arriver dans sa vie. Elle confie aussi sa fierté pour son sang mêlé, elle, la Française née de parents immigrés espagnols (cf. la chanson Quijote). Christian Olivier des Têtes Raides chante avec elle en duo un texte qui évoque les secrets de famille Non-dits. Christophe Mali de Tryo lui offre Cabaret Blanc, un magnifique hommage adressé à ce père chanteur de bal. « Quand je pense que papa a essayé de me dissuader de faire ce métier professionnellement. Il me disait : « Ma chérie, ce métier n’est pas pour toi. Que vas-tu faire dans ce monde de fou ou les gens sont sans scrupule ? Toi qui es si gentille et si pure, tu vas te faire croquer ». Aujourd’hui, il est fier de moi et vient de temps en temps chanter avec moi sur scène. » Il y aussi Juliette, La petite voleuse,  Chet, Vitrier et Néry, Je te quitte, les parrains de toujours. Et puis, Mathias Malzieu. Le co-réalisateur qui se métamorphose parfois en auteur, signant trois titres de l'album dont La Femme Chocolat. Un casting qui frisouille la perfection : « Je pense être medium_20050821-olivia-ruiz-2004.jpgquelqu’un de fédérateur et de doué dans les rapports humains. J’arrive à convaincre qui je veux à coup d’amour ! » Oh ! Mon Olivia, je ne t’aime pas… Convainc moi, convainc moi ! Sans blague,  je suis simplement content de la présence de cette mutine lutine dans le royaume de la chanson. Son souffle nouveau fait du bien medium_0015.2.jpgpar où elle chante…

Quand je l’ai embrassé en partant, j’ai trouvé qu’elle sentait bon et que sa peau était douce. Ne pas défaillir Mandor… Non, surtout ne pas.  

(Là, à gauche, Olivia se colle à moi... Normal. Charme irrésistible!)

 

Liens :

 

www.olivia-ruiz.com  

www.rfimusique.com

05 août 2006

Le bon Oxmo Puccino...

medium_LIPOPETTE_©WAHIB-Cap_13A336.jpgPour tout dire, j’en avais un peu ma claque des rappeurs cette année. Je ne me sens pas particulièrement proche d’eux (sauf peut-être de Diams qui est quand même un être à part et bigrement attachant) et de leurs revendications. Mais, bon… converser avec Rohff, K maro, Lynshaa, Sinik, les Snipers, Singuila… (au demeurant charmants en promo) ne me défrise pas le cerveau. Deux exceptions cependant, Abd Al Malik  dont je conseille très vivement l’écoute de son deuxième et récent album Gibraltar (voir With the star, 2eme partie : lui et moi au Mac Do de l’Aquaboulevard plus la chronique de son album !) et le bon Oxmo Puccino. Je dis « le bon » parce que c’est la première impression que j’ai eu quand nous nous sommes serrés la paluche dans le jardin d’EMI mardi dernier (le 1er août)… Dans ses yeux se medium_Oxmo_Puccino_1_1er_aout_2006_edited.JPGlit la bonté et il m’a tout de suite inspiré la sympathie. Son 4eme disque studio Lipopette Bar (en vente des le 25 septembre 2006) enregistrée avec le groupe Jazzbastards est une pure merveille. Très franchement, l’alliance (en or) entre le rap, le jazz et la soul est du plus bel effet. Mon rédac chef me dit souvent que j’ai une tendance très nette à m’enthousiasmer un peu trop (je suis comme ça aussi dans la vie) mais là, je suis prêt à rembourser les mécontents (euh… je déconne!) Voilà donc une expérience musicale concoctée par un brillant auteur (Oxmo) et d’excellents compositeurs (Vincent Taeger et Vincent Taurelle) jouée par des musiciens de jazz pas manchots (Vincent Taurelle: piano, claviers - Ludovic Bruni : guitares - Marcello Giuiliani : basses, contrebasse, guitare - Vincent Taeger : batterie, percussions – Julien Chirol, Fabrice Martinez, Rémi Sciuto : cuivres – Vincent Ségal : violoncelle acoustique.) Je cite tout le monde car Oxmo Puccino insiste : « Ce n’est pas l'album d’un seul homme. C’est une aventure collective qui a débuté quand le directeur artistique de Blue Note m’a proposé de faire un disque dans son label. Chez Blue Note, vous vous rendez compte de ce que ça représente ??? J’étais sur le cul ! Evidemment, j’ai accepté immédiatement parce que cette proposition m’a été faite alors que j’avais le fantasme de faire un album acoustique. Je savais qu’il allait falloir beaucoup d’idées, du courage et une certaine maturité… » A partir de ce moment, le projet est devenu "top secret". « C’était un album classé confidentiel. On a travaillé dans la discrétion la plus absolue. Personne n’avait le droit de passer dans le studio d’enregistrement. » Et le résultat sent bon le polar des années 50. Comme le chantait Eddie Constantine en medium_Oxmo_Puccino_2_1er_aout_2006_edited.JPG1947 : Cigarettes, whisky et petites pépées. « On voulait retranscrire l’ambiance jazz et cinématographique de l’époque, il fallait forcément des textes et des musiques en noir et blanc, des dialogues urbains intemporels ambiance Tontons flingueurs et Le pacha. Ce disque est devenu au fil des 5 mois de boulot intensif et inventif un mini film. » Et ce court métrage musical et sans image est très beau car léché et savamment dosé. « Nous voulions une histoire cohérente et des musiques qui s’emboîtent en étant large dans les sonorités. J’ai sué sur le travail d’écriture et sur l’interprétation. Je me suis fait violence pour employer des mots simples, compréhensibles par tous. Il fallait que ce disque soit universel et qualitatif. » Exercice de style parfaitement réussi. Les thèmes de Lipopette Bar toucheront un large public : la célébrité, les choix de vie, les décisions, le hasard, les coïncidences, la malchance, la violence, l’amour… « Le fond de l’histoire c’est qu’il faut croire à la vie. Tout peut s’arranger. Dans l’existence, il y a des hauts et des très bas. Il faut garder l'espoir d’une vie meilleure. » Il est clair qu’Oxmo Puccino est un raconteur medium_Oxmo_Puccino_et_moi_3_1er_aout_2006_edited.2.JPGd’histoires hors pair doublé d’un parfait orateur. Il semble flatté du compliment. « Aujourd’hui, on existe uniquement si on sait s’exprimer et moi j’ai un amour immodéré des mots. D’ailleurs, je suis fasciné par les politiciens. Ils dirigent le monde avant tout avec des mots, ça tombe bien! Le peuple est conquis par une force d’interprétation et de conviction. C’est un métier d’acteur 24 heures sur 24. Je trouve ça impressionnant. » Alors, monsieur Puccino, un jour président ? « Non, évidemment. Moi, je suis dans la réalité humaine… l’humanisme philosophique, la profondeur de l’âme. »

Après l’interview, je prends quelques photos de l’artiste (celles qui dévoilent un magnifique blouson rouge et un jardin tout vert). Lui aussi est curieux de visiter mon blog et se prête au jeu avec humour et espièglerie. Je constate avec joie et étonnement que décrire les coulisses de ce petit monde renfermé sur lui-même amuse un paquet de monde… à commencer par les protagonistes eux-mêmes. Suis pas près d'arrêter moi...

 

 

Liens:

www.oxmo.net

www.myspace.com/oxmopuccino

www.emi.fr

29 juillet 2006

Polar sous influence...

medium_Polar.jpgCe doit être une nouvelle mode…

Dans une précédente note j’évoquais le travail d’écriture à deux entre Pierre Guimard et Jérôme Attal. Quatre mains et deux cerveaux seraient donc la manière 2006 d’écrire un disque. Bâtir un nouvel édifice musical avec des fondations solides ? Un puceau de l’écriture lié à un Don Juan de la prose ? Le 28 juin dernier, j’ai rencontré dans les locaux d’EMI un autre artiste qui a bénéficié du talent d’un as de la plume. Fait trop chaud à l’intérieur mais toutes les tables sont prises dans l’immense jardin de la maison de disque. Nous trouvons finalement refuge sur des escaliers extérieurs. Même pas à l’ombre et dégoulinants. J’ai vraiment bien fait de choisir une chemise noire (voir « with the stars 3eme partie »). Je suis avec le suisse Polar (Eric Linder en vrai). Pour son premier disque en langue française Jour Blanc (sortie officielle le 4 septembre prochain), il s’est adjoint les services de Christophe Miossec. Excusez du peu ! Polar a déjà trois albums à son actif (du folk existentiel à vif) mais tous interprétés en anglais (maman irlandaise et papa suisse germanophone oblige). Un beau jour, il rencontre Miossec, fan de la première heure, qui l’incite à se lancer dans cette nouvelle aventure. Un album tout en français. « Il considérait qu’avec ma voix et mon univers c’était dommage de ne pas tenter l’aventure. Grâce à lui, j’ai ouvert une porte que je ne pensais jamais ouvrir. » Mais il se trouve que Polar sait ce qu’il veut et qu’il n’est pas homme à dire amen à tout. « J’ai accepté que Miossec écrive avec moi mais avec certaines règles. Je ne voulais pas que ce soit par ordinateurs interposés. Il fallait que ce soit un boulot de rencontres. » J’avoue que j’ai du mal à me concentrer sur les propos du sympathique suisse puisque je ne cesse de regarder Axelle Red déjeuner à 20 mètres de nous avec quelques obscurs personnages (attaché(e)s de presse, directeurs marketing, chefs de projet et autres directeurs artistique… Son nouvel album Changer ma vie sort le 11 septembre 2006, il faut donc préparer le plan promo). Pas mal la dame! Je rechoppe la conversation de Polar : « J’ai trouvé une maison qui a appartenu à un important éditeur allemand. Il y accueillait de très grands auteurs. Bon, c’est un gars qui était légèrement nazi et donc interdit de publication… » Là je dresse l’oreille parce que, quand même, ça mérite son pesant de cacahuète. «Après la guerre, il a fait fortune en publiant des auteurs américains... Hemingway, Miller, Faulkner venaient en vacances dans cette maison. Et donc Miossec et moi nous nous sommes retrouvés dans ce lieu chargé d’histoire, en huis clos, dans une campagne magnifique et une ambiance automnale. »  Merde ! Axelle Red ne jette même pas un regard sur nous. Je déboutonne deux boutons supplémentaires. Quelle fournaise! Polar m’explique qu’au début avec Miossec, ce n’était pas gagné. medium_0002_edited.jpgmedium_0001_edited.jpg« Quand il est arrivé, nous avons du accorder nos violons. Tu connais Miossec... » Euh… non, pas personnellement. « On n’est pas tout à fait pareil. Moi, je courais pendant que lui s’en jetait une. » (Autrement dit, il se pétait la tronche au vin rouge) « Mais très vite, on a trouvé une méthode de travail. Je lui ai raconté toutes les histoires des chansons de mes trois premiers albums. Au début j’étais un peu timide parce que c’était très personnel. Nous avons fini par nous livrer nos vies respectives. Nos deux histoires se sont rencontrées, elles se sont même confondues dans nos textes. » Hop ! Un coup d’œil sur Axelle qui rigole d'une blague, certainement vaseuse, racontée par son voisin, hilare lui aussi.

J’essuie les gouttes qui coulent sur mon visage luisant. « Avec Christophe, on a écrit des histoires de cœur et surtout des amours déchirés. Et puis, la nature aussi est très présente dans les chansons de cet album. L’énorme étendue de forêt qui était devant nos yeux constamment a été une source d’inspiration involontaire. Pour tout dire. On a vécu deux mois en synergie artistique et personnelle totale. » J’opine du chef. Et Edith Fambuena dans tout ça ? (Comme Chancel disait « Et Dieu, dans tout ça ? ») « Elle aimait bien mon travail mais, selon elle, les arrangements n’étaient pas exactement à la hauteur… Chez elle, en écoutant sa version de mes chansons, j’ai été bluffé ! C’est donc finalement elle qui donne la couleur de l’album. » Il faut dire qu’Edith n’est pas un bras cassé de l’arrangement (Pauline Croze, Jean Guidoni, Alain Bashung…). Mes semelles en caoutchouc commençant à coller aux escaliers, je décide d’interrompre cette conversation pour aller nous rafraîchir. En nous dirigeant vers la buvette, Polar me demande de ne pas oublier de parler de ses sites dont son myspace. « J’ai jusqu’à présent plus de 5000 visites et 300 personnes par jour. Les gens peuvent découvrir ma musique et mon journal quasi quotidien. » C’est fait. Nous passons devant l'Axelle Red’s band et je prodigue à la chanteuse un clin d’œil lourd de sous-entendus scabreux juste au moment où elle fixe son assiette. La belle ne saura jamais à côté de qui elle est passée ce jour là. Sacré destin !

 

(Les photos judicieusement parallélisées par mes soins sont de Mandor lui même, disciple de David Hamilton... Manquaient les adolescentes pré-pubères mais avec mon doigté et mon regard le monde est tout de même resté flou! Quant à la photo d'en haut, elle a été prise par un type qui aime les arbres, le vent et les chemises écossaises.)

 

Liens:

www.polar-music.com

www.myspace.com/ilovepolar

www.axelle-red.com

www.emimusic.fr

 

23 juillet 2006

Pourquoi Biolay énerve...

medium_biolay_2_.jpgAvant-hier soir j’ai regardé l’excellente émission « La boîte à musique de Jean-François Zygel » sur France 2. Chaque semaine, le présentateur (compositeur, pianiste et pédagogue hors pair) fait redécouvrir un musicien classique de manière ludique en présence d’une vedette de la chanson française. Cette fois-ci, il s’agissait d’une leçon magistrale sur l’œuvre et la vie de Schubert sous le regard intéressé de Benjamin Biolay (qui en connaît un rayon sur la question). Benjamin Biolay… Un vrai mystère ce garçon là. Je suis sa carrière depuis le début même si j’ai moyennent accroché à Rose Kennedy (2002) et Négatif (2004). Trop lent, trop « atmosphérique », trop triste, trop noir, trop neurasthénique… Par contre son boulot pour les autres m’a toujours impressionné (Henri Salvador, Valérie Lagrange, Coralie Clément, Daphnée, Françoise Hardy, Isabelle Boulay, Juliette Gréco, Karen Ann, Julien Clerc, Hubert Mounier...). Jusqu’au jour où l’album A l’origine (2005) a pointé le bout de ses sillons… Une claque (voir mon article, à gauche). Qui est ce type « énervant », décrié par une bonne partie de la nouvelle génération de la chanson française? Je veux juger par moi même cet artiste qui fait tant l’unanimité contre lui. Encore tout récemment, un chanteur que je ne nommerai pas m’a dit à propos de la réputation de Biolay : « Il n’y a pas de fumée sans feu ! ». J’adore ce genre de phrase… très fin comme analyse. Au fait, quelle est sa réputation ? Que reproche-t-on à ce Benjamin Biolay? (En cherchant bien, à l’heure où Israël et le Liban s’entretuent, il y a certainement au moins une personne qui se pose cette question essentielle pour l’avenir du monde.) Peu habitué à manier la langue de bois, il a rapidement été considéré comme quelqu’un d’arrogant et de détestable. Son allure indolente d’élégant suranné, ombrageux, boudeur, séducteur et bohème en excède plus d’un. Mais non ! Il ne s’agit aucunement de jalousie. Quoique… La lecture d’une table ronde entre Jeanne Cherhal, Vincent Delerm et Bénabar dans le Chorus n°50 m’a franchement incité à me poser la question. Les trois chanteurs (que j’aime au demeurant beaucoup) se foutent discrètement de sa gueule sans explication et justification apparente. Ma copine Sophie de EMI/Virgin Music me cale donc un rendez-vous le 10 mars 2005 avec ce monstre d’opportunisme « qui se prend pour Gainsbourg » (dixit d’autres artistes bien intentionnés). C’est au Café des éditeurs que m’attend le mari de Chiara Mastroianni (4 carrefour de l’Odéon dans le 1er arrondissement de Paris, pour ceux qui souhaiteraient éventuellement y faire un pèlerinage… c’est son point de chute fréquent) . Il me semble au bout du rouleau mais je m’abstiens de lui en faire la remarque (pour le moment). Nous échangeons nos avis sur son disque : « même s’il est lapidaire, ce n’est pas un album règlements de compte. Je dis beaucoup de choses mais mes colères les plus intimes restent mes colères. » Rapidement, sans que je ne lui pose aucune question sur ce sujet, il déballe ce qu’il a sur le cœur, comme un trop plein de bile à déverser sous peine d’étouffer. « Je commence à vieillir et donc à devenir plus sage, à voir le vrai visage des gens, à démasquer les personnes qui pensent ne jamais être démasqués. » Devant mon air interloqué, il précise. « Je suis dégoûté en fait. Des journalistes mais surtout des confrères se sont permis de m’insulter dans les journaux. Qu’est ce que je leur ai fait ? J’ai gagné le respect de mes aînés mais pas celui des gens de ma génération. Ils s’imaginent que je suis un prince consort parce que j’ai épousé une actrice qui a des parents célèbres. Il y a une espèce de décorum pourri autour de ma personne. Avec le lot de coups bas et d’intrigues que j’ai reçu de manières répétitives, je suis fatigué. Très las de devoir me justifier. Merde ! Il ne s’agit que de musique après tout. » Il me regarde avec un air de chien battu. Je me retiens de le caresser sur le haut du crâne, entre les deux yeux, de peur qu’il tire la langue de contentement. Ce ne serait pas correct dans un tel établissement. J’ai envie de lui dire « non, t’es pas tout seul Jef » mais n’est pas Brel qui veut et son prénom ne correspond pas. Je me contente de lui demander si ce n’est pas la fameuse rançon de la gloire (ouais, je sais, j’ai toujours su remonter le moral des troupes !). « Mais ma gloire est toute relative. Ca me fait chier de recevoir la dose maximale. » Pour ne pas le peiner un peu plus, j’en rajoute dans les compliments. Il est content mais prudent: « J’attends de lire ton article. Souvent les gens sont gentils devant mais ce qu’ils écrivent est assassin… » Ca sent quand même le mec qui en a pris plein la gueule. A l'issue de l'entretien, je lui demande pourquoi il a l’air déchiré (ça s’appelle le tact), du moins fatigué. « Non, aujourd’hui, ça va plutôt bien ! » Je m’entends expulser de ma bouche espiègle cette subtile remarque : « Heureusement que je ne t’ai pas vu hier alors. » Benjamin Biolay m’a regardé en appréciant à sa juste valeur cet excellent trait d’humour. Qui ne dit rien consent.

Moi, je le trouve touchant Benjamin Biolay. J’aime sa fragilité mais aussi et surtout son talent d’auteur, de compositeur et d’arrangeur. A ce propos, j’ai reçu récemment le nouvel album d’Elodie Frégé (Le jeu des 7 erreurs, sortie le 25 septembre prochain chez Mercury). Mes aïeux ! L’est en forme le Biolay ! Il l’a trouvé son Elodie Nelson ! (Quelqu’un m’a dit (pas Carla Bruni malheureusement) que je point d’exclamationise beaucoup mes phrases… Et aussi que je point de suspensionise et entre parenthérise énormément mes propos. C’est vrai ?) Quoiqu'il en soit, j’aurai l’occasion de revenir très bientôt sur ce disque qui va en bluffer plus d’un. Les anti Biolay et anti ex gagnante de la Star Ac’compris. Voilà, c’était notre rubrique « Joie de vivre et compagnie. » A bientôt pour une nouvelle tranche de rigolade !

 

Liens:

www.benjaminbiolay.com

http://elodiefrege.artistes.universalmusic.fr

www.chorus-chanson.fr

www.france2.fr

www.emimusic.fr

20 juillet 2006

Pierre Guimard... et un peu Jérôme Attal.

medium_Pierre_Guimard_edited.jpgJe lis le journal intime, tendre et cynique de Jérôme Attal depuis bientôt deux ans. Sa vie est un roman et je vous invite cordialement à y jeter un œil… mais je vous préviens, quand on commence, on a du mal à s’arrêter. Les filles, les soirées parisiennes, la culture, les joies et déconvenues professionnelles… des thèmes qui ne sont pas éloignés des préoccupations de bon nombre d’entres nous, trentenaires romantiques (en ce qui me concerne, bien tassée la trentaine). Jérôme Attal est chanteur et l’une des plus belles plumes actuelles. (Pour en savoir plus, lire ma chronique de son disque Comme elle se donne). Donc, dans le journal de notre dandy (il est présenté comme tel par les journalistes, tous plus originaux les uns que les autres), il m’est arrivé de lire le nom d’un de ses amis musiciens Pierre Guimard. J’ai reçu il y a quelques jours son premier disque De l’autre côté. Textes admirables… Il y est question d’errances, d’interrogations sur le sens de la vie et surtout d’engagements (dans la société et dans l’amour)… bref, pas de la parole pacotille. Et qu’est ce que donc je remarque ??? Guimard a co-écrit la majorité des textes avec Jérôme Attal. Ni une, ni deux, je souhaite rencontrer ce nouveau et excellent song writer. L’attachée de presse me donne rendez-vous mardi (18 juillet) au Chao Ba à Pigalle. J’arrive un peu en avance, pas encore trempé (c’est bien la clim’ dans la voiture !) et je repère à l’étage le chanteur et son manager attablés. Guimard à l’air sympa. Une voix un peu fluette quand il parle (lorsqu'il chante, elle prend toute sa dimension). Nous discutons ensemble en attendant Sabine, de chez Jive/Epic, qui, de son côté, est entrain de boire un verre de menthe à l’eau, en bas, seule et désoeuvrée (même pas !). Sabine est l’attachée de presse d’Obispo derrière laquelle je tentais de me cacher (voir précédente note). Enfin, nous nous voyons, s’ensuivent de terribles embrassades et des effusions sensationnelles (je déconne !). Je demande à Pierre Guimard de nous éloigner de tout ce beau monde pour être tranquille. J’exècre interviewer un artiste en présence de l’entourage. J'attaque en lui parlant d’Attal. J’apprends qu’il le connaît depuis 10 ans puisqu’ils étaient dans le même lycée de Verneuil-sur-Seine (dans les Yvelines), ainsi que les membres de Kyo et aussi Alexis HK… « Ce doit être parce que c’est un coin bourgeois. L’accessibilité à la musique est plus simple. » Nous parlons de sa carrière que je vais résumer en quelques mots. Pierre Guimard fut naguère le medium_18.07.06_Pierre_Guimard_1_edited.JPGguitariste du groupe (fresh indie power pop rock) Noisy Fate. Il abandonne le groupe (avec beaucoup de peine) pour devenir le bassiste choriste de Jean-Louis Aubert en tournée. « C’est lui qui m’a incité à chanter en solo. Il m’a affirmé que j’avais une belle voix alors quand un mec comme Aubert te dis ça, tu réfléchis deux secondes et tu finis par foncer… ». Rapidement, il fait les premières parties de Kyo (sans avoir encore signé dans une maison de disque) et celles de Raphaël plus récemment (mais là, son contrat avec Jive/Epic in the pocket !). Enfin l’album est là (pour vous, c’est le 28 août, non mais !) Il prend ses racines dans la musique anglo-saxonne et ses influences (Neil Young, Bob Dylan…) se devinent. Ce disque « authentique » (car enregistré en quasi live) est réalisé par un autre song-writing, jeune lui aussi, l'américain Ben Kweller. « Finalement, il y a peu de gens avec qui j’ai envie de faire de la musique car je suis très exigeant. Exigeant en terme de musicalité ou d’arrangement. Je tente d’élever mes chansons au moins au niveau de ceux que j’écoute. Ben Kweller est d’ailleurs de ceux là ! »  Snif, snif! Ca sent le futur chanteur adulé par la foule. Musique plus qu’honorable, textes sensibles, beau gosse (le salaud !), voix agréable et talent fou. A la fin de l’interview, séance photos pour « with the stars ». Il ne comprend pas la raison pour laquelle je pose avec lui puisque je vais gommer mon visage. medium_18.07.06_Pierre_Guimard_2_edited.JPG« Tu n’as qu’à prendre les artistes seuls ! ». Non, mec ! C’est un concept. Mon concept. L’artiste avec Mandor, mais Mandor qu’on ne voit pas. Ca finit par l’amuser mais je sens que, décidément, je serai toujours incompris avec cette histoire. Bouououh !

Message personnel : Si quelqu’un connaît Jérôme Attal personnellement, pouvez vous lui dire que je passerai bien un petit moment avec lui devant un verre, histoire que je me fasse une opinion sur ce type qui m’intrigue…

(Photos de Pierre Guimard prisent par moi lors de la rencontre, sauf celle avec la guitare, parce que, quand même, faut pas déconner! C'est l'excellent Mathieu Zazzo qui s'y est brillamment collé.)

 

Dernière minute:

Finalement, j’ai envoyé un mail à Jérôme Attal sans attendre d’hypothétiques aides extérieures. Voici notre échange épistolaire :  

 

Mandor (poli):

Bonjour,

Par correction, je tiens à vous signaler que je parle de vous dans mon blog (en bien). www.www.mandor.fr

Amitiés

Mandor

 

Jérôme Attal (magnanime):

Waouh ! Bravo pour la chronique sur Pierre (et un peu sur moi...) pleine d'esprit. Hé bien oui prenons un verre très bientôt, moi aussi je veux avoir droit à la fameuse photo sans visage !
amitiés,
jerome.

 

Mandor (content) :

Ah, chouette alors!
Avec plaisir le verre et la photo (Gasp!) Et bien sûr, après il y aura compte rendu sur le blog, vous en avez conscience? Je me régale à l'avance. Je ne suis pas à Paris jusqu'au 3 août. Vous êtes dans le coin à partir de
cette date? Un verre sur une terrasse ensoleillée de la capitale, à regarder les filles passer...
A bientôt!

 

Jérôme Attal (voyageur finalement sédentaire) :

Oui n'hésitez pas à me recontacter début août. Sauf un contretemps....je ne sais pas moi l'amour fou avec une brésilienne ou une esquimaude (à cause des températures) qui m'entraînera dans son pays lointain pour me présenter à sa famille, hé bien je serai là Paris début août. alors nous prendrons ce verre en terrasse,
amitiés
jerome.

 

La suite dans quelques jours...

medium_ATTAL.2.jpg

 

Liens:

www.pierreguimard.com

http://myspace.com/guimard

www.jerome-attal.com

www.matzazzo.com

 

 

13 juillet 2006

Pierre Lapointe ou le moderne anachronique...

medium_Lapointe.jpgVous allez penser que je ne suis qu’une girouette et que j’aime toutes les personnalités que medium_Pierre_Lapointe_et_moi_12.07.06_6_edited.2.JPGje rencontre (je ne suis pas du tout d’accord mais c’est peut-être vrai !). J’expliquais dans la précédente note mon amour pour les disques imparfaits et aujourd’hui je vais vanter les mérites d’un album absolument parfait, léché à l’extrême et parfaitement génial. Celui de l’extravagant Pierre Lapointe. Ce québécois débarque en France après avoir conquis son pays avec deux disques impressionnants et foisonnants de trouvailles musicales novatrices (qui c’est le roi du superlatif ?). Le second La forêt des mal-aimés sort le 11 septembre prochain. L’artiste est venu le présenter à Paris avant son passage aux Francofolies de la Rochelle le 15 juillet (Avec Dobacaracol à 16h dans la salle bleue La Coursive). Rendez-vous donc hier dans les nouveaux bureaux de l’antenne parisienne d’Audiogram (maison de disque indépendante qui lutte pour la liberté de création et contribue à enrichir et à transformer la scène culturelle québécoise depuis plus de 20 ans.) En l’attendant (5 minutes) je me demandais comment allait se comporter ce personnage qui, de part ce que j’en avais lu ou entendu dire ici et là, me semblait complexe, précieux, un brin prétentieux et peu medium_Pierre_Lapointe_12.07.06_1_edited.JPGdisert avec son prochain. Tout le contraire. C’est un garçon tout à fait charmant, souriant et très bavard qui se présente à moi. A 25 ans, bigre ! Il en impose le grand gaillard. Ca s’appelle simplement le charisme. Il m’explique que sa réputation d’arrogant vient de son comportement sur scène. « Au début de ma carrière, j’étais très provocant, voire très obscène, à la limite perpétuelle du border line. J’ai compris récemment que c’était parce que j’étais très mal à l’aise dans ma peau de chanteur et que je ne l’assumais pas du tout. Ce sont « les hasards » de la vie qui m’ont transformé en chanteur à l’âge de 19 ans, mais moi, j’ai toujours voulu faire de la création. Je revendique d’ailleurs le fait de créer des arts visuels… » Il faut regarder ses clips, écouter ses chansons et le voir sur scène pour comprendre ce qu’il veut insinuer par là. Pierre Lapointe parle beaucoup, très vite et j’ai du mal à en placer une. Il tente de m’expliquer son univers déjanté, mystérieux, éclectique et poétique mais je perds un peu le fil conducteur de la conversation. Je vois un type devant moi qui n’a rien à faire dans ce siècle. Il s’est trompé d’époque et c’est ce qui doit me plaire chez cet énergumène anachronique. Le paradoxe c’est que son dossier de presse écrit ceci : « Pierre Lapointe est un artiste du XXIeme siècle ; un jeune alchimiste medium_Pierre_Lapointe_12.07.06_2_edited.JPGmétamorphosant le savoir-faire musical de ces dernières décennies en un concept mélodieux et audacieux, visuel et visionnaire… ». Pas faux. Ce disque est un mélange de kitch et de sonorités électroniques originales, de pop sixties, de menuet et de programmations modernes et efficaces. Pierre Lapointe ne comprend pas l’engouement qu’il y a autour de lui et de son œuvre. « J’apprécie mais ça ne me rend pas très à l’aise… Je regrette juste une chose, c’est de ne plus pouvoir rejoindre mon public après mes concerts, comme au début. » Evidemment, je cherche à connaître ses influences littéraires. Un type qui écrit des textes aussi raffinés a forcément beaucoup lu. « Non, pas du tout. J’ai longtemps pensé que j’étais quelqu’un de déficient et même de carrément con. Je ne maîtrise pas le concret et n’arrive pas à me concentrer. Lire un livre est presque impossible, ça me demande beaucoup d’exigence. Mon imaginaire est tellement débordant que je peux faire une fixette sur un mot et partir en vrille. Du coup, j’ai mangé du théâtre et de la musique toute medium_Pierre_Lapointe_et_moi_12.07.06_5_edited.JPGma vie. » Il m’avoue sa passion de jeunesse pour le dadaïsme et le surréalisme. Cela explique d’où viennent sa medium_Pierre_Lapointe_12.07.06_4_edited.JPGpoésie parfois absurde et son comportement théâtral exacerbé. Ce que je retiens de ma rencontre avec lui, c’est sa gentillesse… et sa patience. Vous savez que pour ce blog, je me fais tirer le portrait avec les artistes (ce qui, je vous l’assure, n’est pas toujours facile à assumer !). L’idée de poser à côté d’un type qui va enlever son visage de la photo (déjà en ligne dans « With the stars 3eme partie ») fait marrer l’ami Pierrot. Il doit se dire « ils sont fous ses français ! ». Bon, je vous explique. J’ai un nouvel appareil numérique et donc, je n’en connais pas encore toutes ses subtilités. J’ai mis 10 minutes pour comprendre comment fonctionnait le retardataire (après de nombreuses poses infructueuses… la GROSSE HONTE !) Il n’arrêtait pas de me répéter en rigolant: « Ok ! J’ai pas de problème avec ça ! » Mais en se foutant un peu de ma gueule quand même… C’est dur la vie de blogueur consciencieux !

(Les photos d'une beauté extrême sont de mon humble personne lors de l'entretien et j'en suis très fier... sauf celle d'en haut à gauche car elle n'est pas de moi et donc, aucune raison de la créditer. Non mais!)

 

Liens:

www.pierrelapointe.com

www.audiogram.com

www.francofolies.fr

 

11 juillet 2006

Fabien Martin, un être à part...

medium_Fabien_Martin_photo_3_edited.JPGJe viens de lire le blog très intéressant du chanteur Fabien Martin. C’est amusant car il rejoint les propos de ma précédente note sur le comportement de Zinedine Zidane. Fabien Martin est un jeune artiste qui « fabrique » (parce que très artisanalement) une œuvre émouvante et puissante. Ca fait longtemps qu’un chanteur ne m’a pas touché ainsi et j’ai d’ailleurs un peu de mal à en expliquer les raisons. Son deuxième album Comme un seul homme sort le 18 septembre prochain. Je tenais absolument à le rencontrer 1) dans le but d’écrire un article 2) pour lui témoigner toute mon admiration. (A ce propos, la déontologie professionnelle des journalistes implique une certaine neutralité dans leurs articles et devant les personnes interrogées. Moi, quand j’aime, je dis. Point barre.) Le 12 juin dernier, j’ai rendez-vous avec lui chez ULM/Universal. L’attachée de presse (salut Myriam !) nous installe sur une terrasse ensoleillée à souhait. Je lui parle de son blog (le mien n’existait pas encore). Mine de rien, on apprend beaucoup sur la personnalité de quelqu’un en lisant ses propos (ça frise l’euphémisme, là !). Jetez-y un coup d’œil ! Je vous assure, il écrit sur lui, sa vie, ses concerts mais il « philosophe » aussi pas mal avec humour, ironie et pertinence. « Ce qui me fait marrer c’est comment les gens atterrissent sur mon blog. Dans les stats, je vois les référents. Certains tapent mon nom sur Google, mais d’autres arrivent chez moi par hasard en ayant écrit des trucs comme « les yeux qui coulent » ou « chanteur+cortisone ». J’ai effectivement raconté dans une note mon allergie au pollen...» On est peu de chose… Plus sérieusement, Fabien Martin enregistre des albums exigeants mais très abordables, accessibles à tous (pour peu qu’on aime le bel ouvrage). « De toute façon, le fait d’aimer un album tout de suite n’est pas une garantie pour l’aimer à vie. C’est comme avec une fille. Ce n’est pas parce que l’on a un coup de foudre avec elle que ça va durer longtemps. ». Alors, oui, pour ceux qui ne connaissent pas bien l’univers de cet artiste, je propose d’écouter deux à trois fois son nouveau disque avant de se faire une idée réelle de son talent. Il a le sens de la mélodie accrocheuse (bien qu’elle ne soit pas linéaire) et des paroles qui ne peuvent laisser indifférent. La première fois que j’ai écouté son premier opus Ever Everest, j’avais déjà été saisi par sa voix, à la fois ténébreuse et aérienne, selon les moments. Dans son dernier bébé, Fabien Martin a su créer sa Foule sentimentale à lui. Toute une vie, une sacrée chanson générationnelle sur l’enlisement des consciences : « On se pose tous de nombreuses questions sur la vie, sur comment combattre les injustices, sur la meilleure manière d’aider son prochain mais on ne sait pas comment réagir. Alors, j’écris des chansons juste pour montrer la situation, le désengagement politique et plus généralement la désillusion de notre génération. » Le garçon mérite d’être reconnu par ses pairs et surtout par un public plus large. Je vous le medium_0023_edited.jpgrépète, ce type là à un truc en plus que les autres, mais, je ne sais pas quoi. Peut-être que j’en ai ras le bol d’entendre des chansons lisses, sans aspérité, sans saveur et que là, c’est exactement le contraire… Oui, peut-être bien que j’aime les chanteurs qui livrent leurs fêlures sans honte mais avec pudeur. Et peut-être que je sens que mes fêlures à moi sont proches des siennes. Je ne sais pas. En tout cas, quand dans La grande aventure il chante: « La vie cette jungle/ Nous aiguille, nous épingle/ Dans les allées et les aléas/ Moi je fléchis, je flanche/ Je m’accroche aux branches/ Je m’éloigne de lianes en lianes… » et plus loin  « La peur de l’éboulis/ La mélancolie/ Toutes ces choses qui nous empêchent/ Allons ! Que l’on se hâte/ De jeter à terre/ tout ce bordel qu’on a dans la tête ». J’applaudis des deux mains. Clap Clap ! Prochainement, je livrerai dans « With the stars (2006) 3eme partie » mon article plus formel et détaillé de l’album Comme un seul homme. Demain, je rencontre un autre chanteur, québécois celui-ci : Pierre Lapointe. Je l’ai vu au Café de la Danse il y a quelques semaines et il m’avait vraiment charmé. L’album La forêt des mal-aimés qui sortira le 11 septembre prochain (hum! Quelle date curieuse!) est très surprenant car son univers est déjanté et mystérieux. J’ai hâte d’en savoir plus sur lui. Mais bon, Fabien, c’est bien toi le meilleur !

(Pas mal la photo que j'ai prise après l'entretien! Le soleil dans les yeux et la main sur le genou droit, c'est une bonne idée, non? C'est beau et naturel.)

 

Dernière minute:

Je viens de recevoir ce mail. Je suis démasqué (gasp!) mais j'ai enlevé ma vraie identité. Et j'ai rectifié la date de sortie de son disque...

 

Salut Mandor

 Merci pour ce post plus que sympathique envers                
 ma modeste personne.                
 Tu es bien … ?                
 Bon, sinon, info ultra importante, l'album               
 sort le 18 septembre et non plus le 21 aout.               
  Bon à savoir.  Merci encore.                
  A +                
  Fabien Martin           

Liens:

http://fabienmartin.artistes.universalmusic.fr 

http://fabienmartin.blog.lemonde.fr 

http://myspace.com/fabienmartin        

07 juillet 2006

Murat emmuré...

medium_murat.4.jpg"Je suis pour l'Italie à fond. Moi, vous savez, je compare le foot à la musique... Ce combo de 11 mecs fait une espèce de jazz-rock-zouk qui ne me fait ni chaud, ni froid. Je préfère de loin la musicalité du jeu italien ou anglais. Franchement, celle des français est loin d'être enthousiasmante, non?" Jean-Louis Murat n'est pas chauvin et encore moins nationaliste mais provocateur, ça oui. L'homme est enfin là, devant moi, de bonne humeur, le sourire goguenard, pieds nus, la chemise débraillée laissant poindre son petit ventre rebondi (prouvant que l'ermite auvergnat n'en n'est pas moins bon vivant). Relax quoi... Je suis venu pour qu'il m'en dise plus sur son album à venir (le 28 août 2006): Taormina. Il répond à mes questions allongé sur son lit (oui, nous sommes dans sa chambre d'hôtel) en sirotant un verre de rouge dans lequel régulièrement il ajoute des glaçons (quelle faute de goût!) Je vous le dis tout net: j'aime bien ce type. En tant qu'artiste mais aussi en tant que je m'en foutiste absolu, électron libre dans ce milieu pas toujours sincère. "Le monde médiatique, c'est de la connerie. Dans la mesure ou il faut plaire au plus grand nombre et prendre le plus petit dénominateur commun, évidemment, on tombe dans la tyrannie de la médiocrité. Ce monde du show biz est une machine à broyer, avec mes chansons et mon comportement, je tente simplement de résister." Je vous le concède, parfois, Murat va trop loin (chez Bern, Ardisson ou Ruquier par exemple). Je lui dit, il s'énerve. Il est franchement dégouté de l'hypocrisie ambiante et du nouvellement vers le bas permanent. Personne ne trouve grâce à ses yeux parmi ses collègues de la chanson. "Dans le milieu, je ne connais personne et personne ne me dit bonjour. Je n'ai aucun ami chanteur. J'ai essayé mais je n'y arrive pas. Il y a toujours un moment où je ne suis pas d'accord. Je suis donc quelqu'un de très seul et ça me fait souffrir." Snif! Quelqu'un a t-il un mouchoir? "Vous savez qu'on m'a viré de l'Elysée Montmartre récemment. Je me suis fait insulter par 4 mecs qui n'avaient pas aimé ma prestation lamentable chez Bern. Ils m'ont carrément foutus dehors au bout de 10 minutes du concert que je venais voir tranquillement. Depuis, je vous jure, je suis devenu parano. Je trouve que tout le monde me regarde de travers. Encore ce matin dans le train... J'ai décidé d'essayer de me calmer sur les plateaux de télé parce que les conséquences sont terribles pour moi." Mon opinion perso c'est que Murat est emmuré dans un monde dans lequel il ne se sent pas bien. (C'est qui le roi de la psychanalyse de comptoir?) Donc, il déborde constamment. Sa seule issue est de créer. Ecrire, peindre, chanter, jouer de la guitare... tout le temps. "Peut-être bien." réfléchit-il en me versant, sans me demander, un verre de Vittel (putain, mais j'en veux bien, moi, de son pinard congelé!). "Etre créatif, c'est vouloir sortir de soi. Si je n'expulse pas les choses, elles m'empoisonnent, alors j'écris. Vous avez raison au fond. Je passe mon temps à essayer de retrouver une vie ou une dimension humaine dans laquelle je me retrouve. La vie quotidienne sans exercer mon art est une torture pour moi." Hop! Encore deux glaçons in the wine! Paradoxal discours parce qu'en même temps le crédo de Jean-Louis (oui, je l'appelle Jean-Louis, c'est désormais mon meilleur pote...) c'est "Amour, plaisir, désir".  Je lui demande si l'amour au sens large, le plaisir de boire et de s'envoyer en l'air sont ses seules activités extra artistiques. Il se marre. "Pas vous peut-être? Franchement, il faut en profiter et faire en sorte que la vie soit enthousiasmante pour tout le monde." Moralité: il faut picoler, baiser et se lâcher. La vie selon St Murat, c'est un peu le paradis.

Lien:

www.jlmurat.com

05 juillet 2006

Petit Patxi deviendra grand...

medium_Patxi.2.jpgL'album de ce jeune gars de la 3eme saison de la star'ac devenait peu à peu l'Arlésienne. Mon pote Carl d'RTL2 (et néanmoins musicos) m'invitait fréquemment au studio Ferber pour me faire rencontrer Patxi pendant ses séances d'enregistrement. Je déclinais systématiquement la proposition faute de temps. Puis j'ai rencontré pas mal de "gens du métier" me disant le plus grand bien de cet album. J'ai reçu S'embrasser la semaine dernière et effectivement, c'est du bon. (Merci Briginounette qui est l'une des attachées de presse de Paris qui n'accepte que des artistes de qualité...) Un p'tit Souchon qui aurait mangé du Raphaël et de l'Innocent au p'tit déj... Vous touillez le tout et ça donne du Patxi avec un style finalement très personnel. Ca cause d'amour désillusionné et de vie pas facile sur de la zic diablement acoustique... Banjo, mandoline, Harmonica en plus des instruments habituels. Jean-Christophe Urbain et J-P Nataf (deux Innocents, tiens, tiens!) ont réalisé le disque. "Les Innos ont marqué ma jeunesse. Colore, Un homme extraordinaire et Dentelle sont des chansons importantes pour moi. J'aime leur façon de claquer les guitares. J'avais envie de trouver avec leur "truc" à eux, un "truc" à moi." Jil Caplan joue à la choriste sur le 1er titre, Louis Chédid et Pierre Souchon ont co-écrit une chanson chacun. Voyez l'atmosphère! (D'ailleurs, ça sort chez Atmosphèriques le 28 août prochain). Bref, un skeud pas du tout académique chanté par un gars qui ne se prend pas pour une star et qui auteur-compositorise lui même son oeuvre... Espérons que certains auront la curiosité d'écouter. "J'ai soif d'honnêteté. Je sais qu'il y aura des critiques faites par des gens avec des oeillères. Ca m'attriste un peu mais, bon, ce n'est que de la musique. Il n'y a pas mort d'homme." J'ai passé une heure avec lui aujourd'hui au Chao Ba pour un futur article (et re-merci Briginounette parce que c'est elle qui me cale les rendez-vous avec "ses" petits protégés... et souvent au Chao-Ba. J'ai cru comprendre que c'est parce que ce n'est pas trop loin de son bureau (feignasse, moi ça me fait venir du Val d'Oise!) et aussi, c'est vrai, l'endroit et agréable.) Je mets des parenthèses dans des parenthèses, ça ne se fait pas mais j'm'en balance. Bref, à part les questions d'usage sur son 1er vrai disque, on a parlé littérature. Lui est pro Philippe Besson. "J'ai lu tout ses livres, c'est un pote!". Moi, j'aurais tendance à largement préféré son homonyme Patrick (qui détruit consciencieusement Philippe dans ses chroniques à chaque nouveau livre). Patxi me parait bien dans sa tête et droit dans ses bottes. Sympathique, réfléchi, calme et solitaire. Un rien medium_0006_edited.jpgcontemplatif m'a t-il avoué. Pas du tout le tout fou qu'il avait l'air d'être au chateau de Dammarie-les-Lys... "J'aime bien être seul, me balader, m'installer à une terrasse de café, regarder les gens, imaginer leur vie. Ca me repose." Je suis toujours impressionné quand un jeune de 22 ans arrive à garder la tête froide dans ce milieu. Il a juste un problème. Il ne boit que de l'eau pendant les interviews (ce qui ne fut pas le cas de Jacno lors de ma récente rencontre. Nous étions très vite complètement torchés au vin rouge (pichet). Mais, le torchage, ça m'est arrivé aussi avec Nicolas Rey (la grosse biture: 2 bouteilles de rouge à deux), avec Fernando Arrabal (une seule mais moi tout seul, le salaud!) et avec Michel Delpech (mais là, c'était à la Maison du Danemark donc avec de l'alcool TRES FORT!). Nous sommes sortis en titubant sur les Champs-Elysées. Je ne savais plus où j'avais garé ma voiture... et puis aussi avec Jacques Lanzmann mais lui était sobre, je crois. Moi je sortais d'un repas bien arrosé avec mes deux amis chanteurs (pas encore très connus mais bigrement talentueux) Laurent Madiot et Tichot. Bref, Patxi lui boit de l'eau à midi et c'est très bien pour ma santé et pour la cohésion de mes questions... (photo dans "with the stars 3eme partie".) En parlant photo, celle qui illustre cette note en haut à gauche est signée Richard Dumas et l'autre là, elle est de moi après l'interview. Elle est d'ailleurs nettement plus belle parce qu'elle fait plus professionnelle. Hein?

Bon, sinon, demain, je devrais interviewer Jean-Louis Murat (à l'hôtel Plazza Bastille), je suppose, si la France gagne ce soir et s'il n'annule pas une deuxième fois (voir plus bas). J'espère que ma rencontre avec lui ne se transformera pas en Arlésienne. (Merci à Georges Bizet de me permettre d'utiliser ce terme 2 fois sur cette note!).

Liens:

www.patxi.fr

www.atmospheriques.com

www.rtl2.fr