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18 octobre 2006

Aldebert, le bouffeur de bonheur...

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Mince, deux jours de retard… Je  voulais sortir cette note le jour précis de la mise en vente du nouveau et quatrième disque d’Aldebert. C’était lundi, j’ai merdé.

Pardon.

J’arrête le métier.

Non, je plaisante. Vous n’allez pas vous débarrasser de Mandor si facilement.

medium_Aldebert_3.2.jpgAldebert donc, aujourd’hui.

Un rapide retour en arrière s’impose car ce n’est pas un chanteur encore très populaire, bien qu’il joue systématiquement dans des salles bondées…

Guillaume Aldebert est né en 1973 (quel jeunot !) à Paris mais grandit à Besançon.

Entre un papa dessinateur passionné par le chant et un oncle pianiste de bar, il tombe rapidement dans l’univers de la musique (même pas mal !) bercé par les grands noms de la chanson française (Brel, Brassens, Barbara, Carlos, Gainsbourg).

Quoi ? Il y a un truc qui vous choque. Z’êtes pas tolérant vous…

L’école ne le passionne pas (moi non plus) et Aldebert commence l’apprentissage de la musique : piano, orgue, medium_Aldebert_en_concert.jpgsynthé et guitare.

Il commence dans des petits groupes puis compose et joue de la guitare pendant 7 ans dans un groupe de Rock Métal (Les White).

En 2000 sort son premier album, tout seul, comme un grand : Plateau télé, puis le jeune homme bourlingue sur toutes les scènes et festivals de France et un peu de Suisse et de Belgique.

En mars 2003 (ça va, vous ne vous ennuyez pas ?), sort son deuxième album Sur place ou à emporter et participe à un album hommage à Hubert-Félix Thiéfaine : Les fils du coupeur de joint. Après cela, il poursuit ses périples « concertiques » avec de plus en plus de succès.

medium_paris_aldebert.jpgEn octobre 2004, il sort son troisième disque L’année du singe. C’est à ce moment que je découvre ce nouvel artiste. Je le rencontre pour mon journal et tout de suite, le type me parait gentil, sincère, marrant et surtout, content de ce qui lui arrive. Je me souviens qu’il m’expliquait que le fait que des journalistes se déplacent pour lui le touchait à un point inimaginable. Jusqu’à présent, c’était lui qui tapait aux portes, qui les enfonçait même pour avoir l’espoir que quelqu’un l’écoute et parle de lui. Avant il collait les affiches lui-même… depuis qu’il est chez Warner Music France, il est pris en main (et en considération). Son label Up Music croit beaucoup en lui…

Donc, pour la seconde fois, j’ai rendez-vous avec Aldebert (le 13 septembre dernier) dans un minuscule bureau de sa maison de disque. Toujours aussi courtois, bienveillant et amical.

medium_les-paradis-disponibles.jpgJe lui explique que j’ai flashé sur cet opus, Les paradis disponibles beaucoup plus que sur le précédent. D’abord parce qu’il a laissé de côté ses petites chansons du quotidien empreintes de nostalgie, très à la mode dans la nouvelle scène française.

-Avant mes textes étaient très descriptifs, très visuels. Aujourd’hui, ils sont plus oniriques, imagés, medium_Guillaume-Aldebert1.jpgpoétiques. Je cultive un peu mon côté rêveur. Dans la vie, je ne fais pas forcément la différence entre l’imaginaire et le réel, parfois ça me pose d’ailleurs un problème. Franchement, sans être autiste, il m’arrive d’être complètement déconnecté.

Un moment de réflexion assez long puis il reprend.

Pour ce disque, je voulais enfin prendre des risques. Parler des origines de l’homme dans L’homme songe et C’est comment là-haut ? par exemple était pour moi primordial.

Je l’interroge sur ces questionnements métaphysiques tardifs.

medium_aldebert_4.jpg-J’ai grandi dans une famille assez catholique, bien que mon père soit protestant… bref, je suis allé au cathé et j’ai reçu une éducation catho. Il n’empêche que j’ai du mal avec les gens qui sont sûrs, surtout sur ce terrain là. Moi, je veux avouer mes doutes, mes incertitudes. Je me pose en agnostique en disant que je crois autant aux extra-terrestres qu’au petit Jésus.

"Les paradis disponibles résonnent comme un hymne à la vie, à l’amour, une sorte de carpe diem cher à Aldebert. Il écrit des petites phrases telles « le bonheur, c’est d’arriver à désirer ce qu’on a déjà » ou encore, « le bonheur, c’est un chagrin qui se pose » (dans Des chatons dans un panier). Son sens de la formule, son goût pour la chanson métaphorique, ses interrogations sur l’au-delà, ses réflexionsmedium_13.09.06_Aldebert_1_.JPG sur le couple et cette obsession omniprésente pour le temps qui passe font de cet album, un recueil de textes à la fois touchant et plus mâture", dixit le dossier de presse, qui est souvent concocté par quelqu'un de quand même bien renseigné et qui, de préférence, a écouté l'album.

Par exemple, moi, il m'est arrivé d'en écrire pour une maison de disque et pas forcément pour des artistes que j'appréciais... Mais Aldebert, lui, j'aime bien. Mais, on ne m'a pas proposé d'écrire le dossier de presse. Voilà, c'est comme ça. La vie est injuste et cruelle.

Quiqu'il en soit, chez Guillaume Aldebert, on sent un homme qui vise le but ultime : être heureux. Regardez, la photo Mandorienne (juste là, un peu plus haut à gauche) en témoigne, non?

Même si ses personnages sont souvent claudicants, il y a toujours l’espoir qui pointe le bout de son petit nez.

-J’aime le héros ordinaire, les personnages qui ont des failles, qui boitent dans la vie. Je les aime parce que se dégagent de ces gens là des trucs très forts. La fragilité et la naïveté mêlées à l’inconscience, la fraîcheur et l’amour de la vie.

Même musicalement, Aldebert a changé. Fini le flon flon et le bal musette (là, j’exagère un peu). Il y a ici un zest de reggae, des pincées de rock, quelques rythmes africains et quelques bons morceaux pop électriques. Ca swingue toujours autant mais en plus moderne.

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Son premier single L’appétit du bonheur tourne en boucle sur les chaînes de clips et passe beaucoup à la radio… Elle est assez représentative de l’état d’esprit d’Aldebert. Un mec pas sûr de lui qui veut bouffer la vie à pleine dent.

Tendresse, rires, sourires et émotion… Voilà le programme de ce jeune homme en devenir.

Mesdemoiselles, vous serez nombreuses à rejoindre sa cohorte de fans en transe… (dans ses concerts, il n’y a que des jeunes filles, parfois accompagnées de leur copain mais rarement).

 

Aldebert est un tombeur talentueux.

 

En plus, il est aussi un dessinateur de bande dessinée très doué.

J’arrête là. Il m’énerve.

Jaloux, moi ?

Pfff !

N’importe quoi !

Mais, bon,  pour ceux et celles qui souhaitent le voir bouger, s'exprimer, chanter... , il y a une vidéo d'une interview et un documentaire très récent réalisé par France 3 Bourgogne-Franche-Comté et diffusé le 7 octobre (je ne suis pas chien.)

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Un gentil visiteur (Vincent) me signale par mail que la formule "le bonheur, c'est du chagrin qui se repose" n'est pas de Aldebert mais de Léo Ferré "un p'tit gars apparemment plein d'avenir" ajoute Vincent malicieusement. Dont acte. Mais précisons aussi qu'Aldebert lui même m'avait indiqué qu'il avait emprunté cette formule.

15 octobre 2006

James... Marianne James.

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C’est marrant, j’ai du mal à écrire cette note sur Marianne James. Ca fait un mois que je l’ai rencontré (le 11 septembre dernier) mais je ne sais pas par quel bout l’attaquer (si je puis dire). Bon, Mandor, creuse toi les méninges!

En cette journée dominicale, elle est l'invitée de Drucker dans Vivement Dimanche... c'est le jour ou jamais.

 

medium_Ulrika_2.jpgEn 1998 un pote me prie de l’accompagner à un spectacle « délirant, décapant, du jamais vu! ». Il s’agissait de « L’Ultima Récital ». Son personnage principal Maria Ulrika Von Glotte, artiste lyrique et diva tyrannique, presque aussi haute que large (2 mètres 08 au collet et 2 mètres 07 de tour de fesses) était impressionnante, déroutante, sauvage…

A la sortie, j’ai dit à mon ami : « Ah ouais, quand même ! » Ce qui en clair voulait dire : « Ce spectacle là est le truc le plus délirant que j’ai zieuté sur scène ! ». Marianne James se cachait derrière ses faux-cils, ses réparties cinglantes, ses airs de Mozart et des Sex Pistols revisitées…

Et depuis 4 ans, il y a la Marianne James membre du jury de « La Nouvelle Star », aujourd’hui, il y a celle qui sort son premier album de chansons.

 

J’ai rendez-vous avec elle dans une ancienne maison où se trouvaient naguère des jeunes femmes quemedium_Tele_7_jours_Marianne.jpg l’on pouvait qualifier « de joie ». La Villa Royale. Un petit salon kitsch et une Marianne très en verve et très « joyeuse » justement. Le matin même sortait le nouveau Télé7 Jours avec elle en couverture… Je lui mets sous le nez.

 

-C’est ma légion d’honneur à moi.  J’aime beaucoup les photos. Regarde celle là, elle est sexy, hein ?

Effectivement, elle est sexy. Elle poursuit.

-On peut être une quadra et être sexy. Tu sais, il n’y en a que pour les jeunes alors c’est une véritable résistance que d’être sexy après 40 ans pour une femme.

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Nous évoquons son passé artistique (cours de guitare avec le père du jazzman Michel Petrucciani à 11 ans, chorale et découverte de ses 3 octaves à l’adolescence, spectacles de rues, choriste et chanteuse de groupes, licence de musicologie, conservatoire, coaching vocal…) et principalement son rôle de Maria Ulrika qui lui a permis de remporter en 1999 un « Molière du meilleur spectacle musical ».

Après 11 ans de succès, elle a tué la diva teutonne fantasque. Elle n’en pouvait plus de porter ses costumes intérieurs et extérieurs…

 

-J’en avais marre d’être prise pour un travelo allemand et, en même temps, je ne voulais pas qu’Ulrika devienne démodée.

Marianne osant même la comparaison avec le destin de Marylin Monroe. Morte en plein succès.medium_Aujourd_hui_Marianne.jpg

Je ne lui pose aucune question sur La Nouvelle Star (ni d'ailleurs sur son émission sur Pink TV, là à droite). Aucune et pourtant, j’aurais bien aimé savoir pourquoi chaque année, les quatre membres du jury s’évertuent à annoncer qu’ils ne le seront plus l’année suivante… Je veux être le seul journaliste à ne pas lui poser la question mais ça me coûte. Je suis un sale curieux.

medium_11.09.06_Marianne_James_2_.JPGFranchement, elle est très sympathique la Marianne. Elle te parle comme si tu étais son meilleur ami, te livre des confidences (oui, oui, j’en sais un peu sur sa vie privée mais motus…) t’embrasse (voir photo, là, à gauche), te titille, t’interpelle, te demande des conseils, bref… casse les codes intervieweur/interviewé. Et c’est plaisant.

C’est avec enthousiasme qu’elle explique le pourquoi du comment de son premier album.

-J’ai eu plus de 800.000 spectateurs pour Ultima Récital et seulement 60.000 pour mon spectacle actuel Le caprice de Marianne. Il fallait bien que je prouve à un plus large public que je suis une medium_james-marianne-0046.jpgchanteuse. Les 6 millions de téléspectateurs qui regardent la Nouvelle Star n’étaient pas obligés de savoir que c’était ma profession officielle… Il fallait que je devienne légitime parce que la question « qu’est ce que vous faites dans la vie à part membre d’un jury ? », je l’ai prise en pleine gueule un nombre incalculable de fois… et ça m’a fait mal.

Je lui demande si elle ressent une pression énorme de présenter ses propres chansons. Passant son temps à juger les autres, elle doit bien s’imaginer qu’on l’attend un peu au tournant.

Elle rit.

 

-Mais ils peuvent y aller. Sur la justesse, la diction, la beauté de la voix, le vibrato, ah oui, ils peuvent toujours y aller !

medium_Marianne_James_8.jpgEt c’est vrai que son disque est joliment troussé. Pas révolutionnaire, mais c’est un bon album de variété française. Il est réalisé par un maître en la matière Jacques Ehrhart (Camille, Henri Salvador, Alain Chamfort…)

-Lui et mon principal auteur David André m’ont forcé à calmer ma voix. Ils me demandaient si j’étais obligée de pousser des cris en chantant. Ils ont été parfaitement intransigeants envers moi et c’est exactement ce qu’il me fallait…

Dans son album éponyme, Marianne James se présente telle qu’elle est aujourd’hui, débarrassée des artifices et des rôles à tenir. Bien sûr il y a la chanson « Les peoples » qui passe en boucle sur les chaînes musicales du groupe M6 (tiens donc !) mais vous seriez plus avisé de vous pencher sur d’autres titres bien plus sensibles et émouvants sur des airs de bossa nova, rock, blues ou pop... (Dans tes pupilles, Fragile, Corps et âmes...)

Et aussi 3.14 dont le texte est signé par sa copine Laurence Boccolini.

 

-C’est une chanson triste, je sais. 3.14, c’est le chiffre pi. La constance du cercle. Laurence, Marianne, medium_Marianne-james_3.jpgc'est-à-dire des femmes rondes qui sont au milieu de ce nulle part qui est nous même… une véritable planète avec laquelle il faut vivre. C’est une souffrance que nous avons en commun. On est amie dans la vie et je sais que nous traversons la même chose. Cachée derrière son rôle dans « Le Maillon faible », je sais pourtant l’érudite, la savante, la tendre qu’elle est. Toutes les deux on se cache. Enfin, moi, ça y est, je me mets à nu.

Comme le souligne bien la journaliste Véronique Dokan dans le dossier de presse :

« Certes, il y a du cynisme et de la colère dans les chansons de Marianne James mais aussi beaucoup de tendresse. Méfiez-vous, les coups de griffes de cette tigresse ressemblent souvent à des caresses. »

Pas mieux. Marianne James: Une chanteuse de chansons, tout simplement.

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Sinon, cette note est dédiée à Tybo, qui en parlait déjà, bien avant moi...

11 octobre 2006

Sheila, juste comme ça...

 

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medium_d06integraledetail.jpgBon, Sheila sort son premier Intégrale le 30 octobre prochain. 18CD/366 titres. Mais ce n’est pas tout, il y a aussi un Best Of Collector 2CD (44 titres remasterisés) et un coffret Long Box 3CD (67 titres remastérisés). Tout est expliqué sur son site officiel http://www.sheila2006.fr 

Alors oui, l’occasion de rencontrer cette icône française était trop belle pour ne pas la saisir.medium_ii06longbox.jpg Je ne suis pas précisément fan de la dame mais, évidemment, ses tubes ont jalonné ma petite vie à moi (principalement dans les années 70). Quelqu’un qui a vendu 70 millions de disques et interprété près de 400 chansons en 44 ans de carrière n’est pas négligeable. J’ai déjà causé ici d’artistes au passé de moindre importance !

medium_d63sheila.jpgLundi dernier (le 9 octobre), j’ai rendez-vous avec Sheila à l’hôtel Hyatt Regency du boulevard Malesherbes. J’arrive à 14 heures et l’hôtesse me fait patienter dans un fauteuil situé en face du restaurant ce qui me donne tout loisir d’observer les gens mâchouiller leurs aliments. C’est là que je remarque la présence lumineuse d’un acteur. Il a l’air en forme.  Putain, Jean-Paul Belmondo devant moi ! Je ne l’ai pas dit ici mais je suis cinéphile et principalement des policiers noirs français des années 60 et 70… Voyez ce que je veux dire ? Les films de Jacques Becker, Henri Verneuil, José Giovanni et surtout de Jean-Pierre Melville. Les Gabin, Ventura, Delon et Belmondo de cette époque là sont mes références absolues. Bref, Bébel, là, devant moi. Je me retiens de dégainer mon appareil photo numérique pour immortaliser cette vision, voire même de me faire prendre en photo avec lui. Mais je suis tiré de ma torpeur par l’attaché de presse de Sheila qui me tend la main.

-Bonjour, vous allez bien ?

-Oui, oui merci.

-Je vous fais patienter encore quelques minutes, le temps que Sheila soit prête.

Pas de souci jeune homme. Je vais continuer à mater Belmondo pendant ce temps là…medium_d71love.jpgne lui dis-je pas.

Quelques minutes plus tard, nous nous installons à une table pour deux, au coin d’un feu (qui crépite).

Je commence en lui parlant de son retour. Je crois qu’elle n’a pas goûté cette entrée en matière.

-C’est un peu ridicule de dire ça. Ca fait 44 ans que je suis dans le métier. C’est une suite, c’est tout… avec plus ou moins de temps d’arrêt.

Certes. Mais, comme je sens qu’elle est piquée au vif, je lui en demande la raison.

medium_d75bateaucompil.jpg-Aujourd’hui, moi, je vis les choses différemment. Je prends les propositions comme elles m’arrivent. Je considère que ce sont des bonus. Je n’ai pas du tout envie de me mettre en compétition. Il faut laisser la place aux jeunes et les laisser travailler. Des gens comme moi n’ont plus rien à prouver. Je me contente de revenir de temps en temps pour mon propre plaisir.

Il est vrai que Warner Music France a fait les choses en grand avec Sheila. Depuis le début de l’année, en collaboration avec l’artiste, la multinationale a lancé une vaste campagne de rééditions des albums originaux de Sheila en CD, DVD et en téléchargement. Baptisé Sheila 2006, cette opération a permis notamment de proposer pour la première fois en France le téléchargement de « Bundles », des albums digitaux agrémentés d’un livret interactif, constitués de nombreux bonus audio et vidéo. Et puis bientôt, donc cette intégrale faramineuse. Et là, elle retrouve le sourire.

-Je suis ravie que cette intégrale sorte. Ca fait 6 ans qu’on en parle et ça a été un travail énorme car medium_d76amour2.jpgnous avons eu l’honnêteté de tout mettre sans exception, jusqu’à ma première audition que ma mère avait conservée… Je me rends compte que la mémoire est très sélective parce qu’il y a des choses importantes que j’ai retenu et d’autres que j’avais complètement zappé. Tout ça me paraît être ma vie sans l’être réellement. En fait, c’est hallucinant et vertigineux quand on prend le temps de regarder le passé, ce que je fais extrêmement rarement. Je suis plutôt une femme d’avenir.

medium_d77lovemebaby.jpgJe jette un coup d’œil de temps à autre sur Belmondo qui continue à manger sans se soucier de ce con de journaliste qui interviewe Sheila. Pourquoi ne vient il pas saluer la chanteuse? Ils doivent bien se connaître un peu depuis le temps qu’ils sont dans le métier ces deux là !

Rien, nada. Je poursuis donc en demandant à l’artiste si elle assume toutes les chansons de son répertoire.

-Il y a des trucs biens et des trucs pas toujours heureux… mais j’assume l’ensemble de ma carrière. Je suis même très fière pour être franche. Et fière aussi de cette « intégrale ».

Et son public, ses fans dirais-je, quelle relation a-t-elle avec eux ?

-Au bout de 44 ans, je ne peux plus les appeler des fans. Non, plutôt des collectionneurs. Ils sont au medium_d80kingoftheworld.jpgcourant de tout. S’il me manque le moindre détail sur ma carrière, eux, ils savent. On est un peu comme deux rails de train. Nous avons des vies parallèles et sommes rassemblés par des traverses mais on ne se quitte jamais.

Ils vont être heureux les « collectionneurs », Sheila sera l’invité d’honneur de Michel Drucker dans Vivement Dimanche et Vivement Dimanche prochain le 29 octobre.

-Je suis restée pendant des années sans n’avoir plus rien dans mes casiers, là, au moins, je vais être présente. Ca m’amuse de revenir de manière soutenue… je revois les gens que j’ai connu il y a des années. Michel Drucker et moi, c’est un peu des anciens combattants qui se retrouvent. Nous nous sommes rencontrés la première fois dans les années 60, au début de nos carrières respectives.

Il n’en reste pas moins que Sheila donne l’image d’une femme moderne avec des goûts modernes et qui aime les chansons modernes.

medium_d81littledarlin.jpg-Je vais vous étonner. Dans la musique actuelle, j’aime bien Nâdiya, Mc Solar, Natalie Imbruglia, Corinne Bailey Rae et aussi Diam’s. Diam’s, il faut voir ce qu’il y a derrière ses textes. Elle représente parfaitement la jeunesse actuelle… en bien.

Ah oui, j’allais oublier. Sheila tient un blog. Le voici. Qui a dit qu’elle était dépassée ?

Ce qui est certain, c’est que j’irai la voir au Cabaret Sauvage. Elle s’y produira du 19 au 24 décembre. Elle promet plein de surprises « étonnantes » qu’elle ne souhaite pas dévoiler. Mazette ! Et puis, il y a un single inédit « L’amour pour seule prière ».

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Le temps de réaliser la superbe photo Mandorienne est arrivé (à ce propos, celle en N et B en haut est signé Jean-Marie Périer). Elle accepte. J’évite de lui dire que c’est sur sa chanson  Patrick, mon chéri que j’aimedium_3283.jpg embrassé pour le première fois une fille (avec la langue qui tournait dans tous les sens, et tout et tout). Je n’avais pas aimé du tout.

Beurk ! Ca mouille, c’est dégueulasse.

Non, ces choses là ne se disent pas.

En partant, je passe devant la table de Jean-Paul Belmondo. Je touche mon appareil photo et…

Et puis rien.

Je me tire.

Respect.

05 octobre 2006

Jamil, le fou fieffé de la chanson francophone...

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Une fois n’est pas coutume, voilà encore un coup de pub ! Je ne le fais pas souvent mais alors là, les amis, c’est du lourd…

medium_Jamil_fume.jpgJamil, qui chante depuis trois jours au Blancs Manteaux (et ce jusqu’au 21 octobre) est le chanteur le plus drôle, le plus second degré, le plus macho, le plus tendre, le plus cinglant (voire cynique) que j’ai entendu. Je vais essayer de faire court (car, « on » me dit que je livre des notes qui traînent un peu en longueur, ce qui ne doit pas être complètement faux) mais pour connaître le lascar, cliquez làou là!

Je l’ai rencontré récemment à l’occasion de la sortie de son album Pitié pour les femmes dans un bar très sympa du 14eme arrondissement de Paris, « L’entrepôt », et je suis tombé sur un fou… mais un fou génial dont on a envie de devenir l’ami (ouais parce qu’on est sûr de ne jamais s’ennuyer avec ce genre de type). Petit bémol tout de même, lorsqu’il est arrivé dans le bar, il est venu directement vers moi en me disant.

-Ce doit être vous Mandor !

-Oui, effectivement, mais comment le savez-vous ?

-J’espère que ça ne va pas vous vexer mais vous avez une tronche de journaliste…

Et ben, ça m’a vexé… « Une tronche de journaliste » ! Ca veut dire quoi cette remarque ? Bon, bref, je reste medium_Jamil_rit.jpgprofessionnel. Le type n’a pas arrêté de balancer des jeux de mots, vannes plus ou moins bonnes, refusant le jeu traditionnel du question-réponse habituel entre journaliste/artistes… Et du coup, j’avais plus l’impression de converser avec un pote que travailler réellement. Une heure à parler de sa carrière, de sa vie, de ses humeurs et à la fin, de blogs (car lui aussi en a un et il mérite le coup d’œil). Dans sa dernière note il parle de son concert de la veille. 'tain, en plus, y a du pinard servi gratos!!!

Ecoutez, un type capable de chanter des chansons comme Les glands, Je pète au lit, Je ronfle, Fuck faut que tu changes ne peut qu’avoir mon entière adhésion… Rigolez mais sous son aspect grossier (allons, allons, disons grivois), Jamil est un véritable poète avec un sens inné de la formule, des phrases qui touchent, qui font réfléchir, rire et pleurer parfois. S’il flirte avec l’absurde et le dérisoire, ce véritable acrobate de la rime va vous transporter dans son monde décalé mais réaliste.

Bref, j’adore.

medium_Jamil_sur_scene.jpgJ’y vais ce soir avec Thomas de Music Media Consulting (dont j’ai déjà parlé ici). Vous avez encore deux semaines pour découvrir cet étrange personnage qui vient du Québec, ne laissez pas l’occasion de passer une soirée « différente ».

Je sais, cette note est dithyrambique mais je suis comme ça. Un peu excessif quand j’ai des coups de cœur.

Allez, on finit avec la photo Mandorienne… « Je ne te tiens pas, tu me tiens, par la barbichette, le premier qui rira aura une tapette… »

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Dernière minute:
Le fameux Thomas R, (mais je suppose avec l'aval de Cocto, son boss, et aussi de la production du spectacle, de Jamil et du pape Benoit XVI) m'a envoyé un mail pour me signifier que je pouvais faire gagner 4 fois 2 places pour le show du chanteur sus cité.
Le principe est fastoche: Les 4 premiers qui m'envoient un mail avec:
 Nom (même un pseudo... on s'en tape le coquillard de comment vous vous appelez en vrai!) et jour préféré, remportent ce prix que même les Etats-Unis nous envient: 2 places pour aller voir Jamil aux  Blancs Manteaux.
Merci Thomas!
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Vendredi 6 octobre 2006 :

Bon, alors, je confirme.

Il faut que vous alliez voir Jamil sur scène. Ca décoiffe ! C’est bien grivois, taquin et drôle.

Après le concert, Jamil, Thomas et moi sommes allés nous sustenter pour nous remettre des quelques verres de pinard ingurgités au bar des Blancs Manteaux…

medium_O5.10.06_Jamil_2.JPGLe chanteur nous a emmené dans un restau marocain « L’Arganier » où nous nous sommes régalés et bien marrés. Le Boulaouane gris (c'est-à-dire « rosé » en vrai) m’a personnellement bien fracassé la tête et je ne sais pas trop comment je suis rentré chez moi, dans le Val d’Oise…

Je n’ai que deux mots à dire.

1) Hips !

2) Bravo Jamil !

Et la photo au restau… Jamil encore un peu net et moi encore un peu bourré.

03 octobre 2006

Bernard Werber, le marathonien...

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C'est la deuxième fois que j'évoque Bernard Werber sur ce blog... La première fois, c'était pour cette anecdote truculente...

 

Dans ma voiture, en ce mecredi 27 septembre (la semaine dernière, donc), je m’amuse à comptabiliser le nombre de fois que j’ai interviewé Bernard Werber…

Pour La Révolution des Fourmis à Limoges dans une radio locale, pour son court métrage La Reine de Nacre chez lui, pour Nous les Dieux dans un café pas loin d’Albin Michel, pour Le Souffle des Dieux de nouveau chez lui mais pas le même que pour le court (et oui, les écrivains déménagent aussi)… et enfin là pour medium_Werber_3.jpgLe Papillon des étoiles (l'ouvrage sort aujourd’hui.... comment je colle à l'actu moi!). Je jubile de trouver une place devant son immeuble. Je suis en avance mais j’en profite pour potasser encore un peu mes questions en écoutant le nouveau disque de Jeanne Balibar Slalom Dame (le 7 novembre dans les bacs)… quand la sonnerie stridente de mon portable déchire l’espace de mon véhicule en tuant la voix feutrée de la belle Jeanne. Ca me met en rogne.

-Bonjour, je suis l’attachée de presse de Bernard Werber.

Là, je me dis qu’il va y avoir du changement de dernière minute.

-J’appelle de la part de Bernard. Il me demande si ça ne vous gène pas de venir plutôt chez Albin Michel ?

-Ben non, pas du tout, j’ai juste tourné une demie heure pour me garer et comme il y a beaucoup de circulations je vais juste m’énerver avant mon interview… ne réponds-je pas.

medium_27.09.06_Bernard_Werber_5_.JPGEvidemment, j’accepte.

L’homme est faible.

Mandor est poli et met de l’eau dans son vin (même pas vrai !)

Du coup, j’arrive un peu en avance à la maison d’édition.

J’attends dans la salle d’accueil. Werber est à la bourre, il m’appelle directement et me dit.

-J’arrive, je suis coincé dans les embouteillages. Excusez-moi, franchement, je suis gêné…

Pas grave.

medium_PapillonDesEtoiles_200.jpgIl arrive enfin, comme d’habitude un sourire enfantin aux lèvres, s’excuse encore une fois et me propose de nous rendre dans un café, au bout de la rue. Nous nous installons dehors et commençons l’interview. A l’intérieur du café, je remarque deux étudiantes qui nous matent en minaudant. Enfin, j’imagine que c’est plutôt lui qu’elles ont reconnu. D’autant plus que son nouveau livre est posé bien en évidence sur le guéridon. Nous commençons d’ailleurs par l’analyser mais, bon, vous pouvez lire ma chronique ici alors je ne vais pas m’étaler. Sachez simplement, que c’est un bon cru Werberien, son Papillon des Etoiles se lit vite et le suspens est mené tambour battant.

-Moi j’ose oser ce qui n’est pas autorisé. C’est ma touche personnelle. Quand dans mon livre, le dernier survivant s’opère lui-même de la hanche, s’évanouit, puis se réveille pour continuer l’opération, je reconnais que c’est un peu gros. J’ai la volonté de prendre le maximum de surenchère de risques tout en  m’amusant avec l’outil littéraire pour ne pas m’ennuyer moi-même. Je ne veux pas faire des livres qui ressemblent à ceux des autres.

Il sait y faire le Bernard. D’ailleurs, il s’exerce comme un sportif de haut niveau pour garder le cap dans sa création littéraire.

-Pour moi la littérature, c’est un marathon. Il y a une vitesse à trouver et cette vitesse, je l’ai depuis l’âge medium_werber_.jpgde 16 ans. Dans le reste de ma vie, je suis un peu paumé. Il n’y a que sur ce rail là que je suis solide. Frédéric Dard disait : « Pour moi, être écrivain professionnel, c’est trouver une régularité quotidienne ». Quand je vois des écrivains qui font des coups, je me dis qu’ils ne savent pas que ce n’est pas un sprint, je le répète, c’est un marathon. L’imaginaire est un muscle qui s’entretient. Une fois assimilé la technique, il ne reste que l’émotion et le plaisir. Pour pouvoir embarquer le lecteur, il faut vraiment dépasser ce seuil de l’effort.

Alors, il écrit 4 heures par jour et sort un livre chaque année. Il est hors de question pour lui de ne pas suivre ce rythme.

-J’ai un contrat de régularité avec mes lecteurs et mon éditeur. Toujours ce côté marathon. Je fais ça aussi comme on rend une copie à l’école… on a envie de rendre son travail à l’heure. Je crois que l’art est servi par la contrainte… celle du temps est très intéressante. Actuellement, je pourrais sortir deux livres par an. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas le faire, mais en prenant un pseudo. En France, je crains qu’on ne me le pardonne pas. A ce sujet, aux Etats-Unis, ils sont plus tolérants.

Bernard Werber n’hésite pas à faire des révélations étonnantes…

-J’ai une relation avec mon public comme avec une maîtresse. Si je fais l’amour toujours de la même manière, au bout d’un moment, elle va en avoir marre de moi, donc il faut que je la surprenne.

Nous parlons aussi de son prochain livre, le 3eme volet de son «cycle des Dieux » qui sortira dans un an et de la sortie imminente de son premier film produit par Claude Lelouch :"Nos amis les Terriens", un documentaire extra-terrestre sur les Terriens, inspiré du court-métrage "Les Humains". La sortie en salles est prévue en janvier 2007.

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Avant de se séparer jusqu’à l’année prochaine, je lui parle de ce blog, sujet, vous vous en doutez, qui l’intéresse très franchement (si, si). Il décide de faire une séance photo devant le café où nous sommes mais plutôt que de me noircir le visage, le cacher tout simplement avec son livre. Oui, je sais… il fallait y penser…

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On peut dire ce qu’on veut sur lui, Werber suit sa route, en faisant fi des commentaires de tout poil…Chez lui, rien n’est le fruit du hasard.

Et je lui laisse le mot de la fin.

-Mes livres, mes bandes dessinées, mes films… tout est connecté pour former une méga œuvre architecturale. Le métier d’écrivain tel que je le conçois ressemble à celui d’architecte. Je place des éléments pour équilibrer, créer des harmonies, des surprises, de la lumière…

29 septembre 2006

Tété... en concert, en disque, en blog!

 

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Evidemment, j’aime Tété. Cet artiste là est une bombe à retardement. Bête de scène, voix aérienne magnifique, compositions et musiques élégantes…etc.  Il est réputé, certes, mais pas encore célébré à sa juste valeur. J’ai tout dit dans l’article que je viens de lui consacrer pour mon magazine (ici !) donc je ne vais pas m’attarder sur son disque (qui est carrément un bijou). Je vais me contenter de vous raconter ma rencontre (contenter, raconter, rencontre : très jolie phrase, pas du tout lourde) avec lui et surtout, vous donner son point de vue sur les blogs, moyens de communication qui le fait jubiler.

medium_PICT0849.JPGJ’arrive lundi dernier à 14h30 au Zébra Square. Il est là, assis à une table entrain de manger du poisson. Avec lui deux autres personnes, un homme que je ne connais pas et une attachée de presse de chez Jive Epic. Cette dernière me demande gentiment de m’assoire et de commencer l’interview.

 

-Vous allez rester là, avec nous, pendant que l’on discute ?

-Oui. Me répond-elle.

-Et bien, je vais vous dire franchement, je ne préfère pas. medium_tete_2006_240x180_1.2.jpg

- ???

-Non, mais restez là, nous on va à une autre table.

Tété me mate interloqué, genre « il n’est pas chier lui ! »

L’attachée de presse regarde son acolyte et hésite.

J’en remets une couche.

 

-Ecoutez, je sais par expérience que l’artiste est plus à l’aise quand il est en tête à tête avec le journaliste… et puis moi aussi je suis plus naturel. Je ne me sens pas épié.

Ils finissent donc par obtempérer mais pas franchement de bonne grâce. Je me confonds en excuse. Je commence en lui demandant pourquoi il n’a pas amené de caméra aujourd’hui. Une amie journaliste m’a expliqué la veille que Tété filmait parfois les entretiens.

medium_tete.jpg-J’ai hésité mais comme nous sommes dans un restau, je n’ai pas jugé opportun d’arriver ici avec tout mon matériel.

-Tant pis ! Je suis allé sur votre blog (www.tete.tv) et j’ai vu plein de vidéos très intéressantes. Notamment l’interview de mon collègue de Rolling Stone, vous en back stage, en studio, sur scène, en répétition, dans la rue … Ca m’aurait bien amusé cette expérience… même si je dois garder l’anonymat.

-Bon, ben, si j’avais su… En tout cas, ce que j’aime c’est l’immédiateté de la vidéo. Avec mon blog, j’aime communiquer avec les gens en direct, sans intermédiaire. Je trouve qu’avoir accès à des outils comme ça et ne pas s’en servir, c’est dommage.

-Ca doit vous demander du temps? J’ai constaté que vous le mettiez à jour fréquemment.

-Mais j’adore ça. Le fait de m’inscrire dans ce domaine m’oblige à plein de nouvelles choses. Dérusher mes images rapidement, décider de quoi je vais parler et comment je vais le faire… C’est finalement assez égocentrique mais à terme, je souhaiterais abandonner ma propre personne pour m’intéresser aux autres, faire des documentaires par exemple. Je m’estime un chroniqueur qui livre des constats avec un peu d’ironie mais désaffectés, comme dans mes chansons.

-Et bien, je vous tire mon chapeau…

medium_V75_Musique_Tete_photo1_Lisa_Roze_.JPGTété sourit.

-Vous savez, c’est la même énergie de proposer des chansons, de la musique, des mots ou de l’image…

Je sais, enfin, je suppose.

Après, nous avons parlé de l’album, de son amour de la scène et tutti quanti.

J’arrête mon magnéto et m’adresse à la table d’à côté.

 

-Ca y est, vous pouvez revenir, nous avons terminé…

Je m’excuse de nouveau pour ma goujaterie du début.

-Ce n’est rien, ne vous inquiétez pas.

 

J’explique à la tablée, de nouveau réunit, l’existence de mon blog… Tété me demande l’adresse et me dit :

 

-Je pourrai laisser un message après lecture ?

 

medium_25.09.06_Tete_1_edited.JPG

Bienvenu cher ami, effectivement, laisser un message est tout indiqué.

medium_0886970176828.jpg

A part ça, Le sacre des Lemmings et autres contes de la lisière est un disque à posséder IMPERATIVEMENT. 

Et moi, je vais l'applaudir lundi soir au Nouveau Casino (à Paris) pour un show case privé. J'ai hâte!

 

 

 

 

________________________________________________________

 

Et au passage je voudrais signaler l’excellentissime initiative des éditions Héloïse d’Ormesson (avec qui je n’ai pas de lien particulier, promis !)

 

J’ai reçu ce mail d’une certaine Anne-Laure Clément cet après-midi. Il était intitulé :

Une info qui mandor (ou pas)

Arf arf !

 

Alors mis à part, ce jeu de mot pourri en guise d'entrée en matière, je

voulais, cher Mandormasqué, te saluer (suis une lectrice qui oeille

régulièrement sans dire mot sur ton blog) et te signaler l'existence de

l'opération Passe-Livre des Éditions Héloïse d'Ormesson ( "la petite

maison d'édition qui a tout d'une grande" -et dont je suis chargée des

relations presse.)

medium_blog_roche2pl1.jpgle Passe-Livre, what is it ? (Un bookcrossing, si, simplement)

Nous avons abandonné, aujourd'hui, une vingtaine de livres (Une petite

fête sur la planète, Corinne Roche) aux 4 coins de la France et du

Québec. Nous avons devancé d'une semaine la sortie en librairie du

titre pour offrir une lecture inédite à ceux qui le trouveront.

Nous espérons créer une grande chaîne de lecture (initiée avec

l'abandon volontaire des Faiseurs de pluie de Tim Flannery, un essai de

géopolitique environnementale dont la lecture est simplement si medium_2350870235.jpg

essentielle qu'il faut qu'il soit lu et diffusé auprès du plus grand

nombre -ainsi nous faisons confiance au hasard des rues et à la

technologie. Un blog est dédié à l'opération

http://editionseho.typepad.fr/passelivre_eho/ comme un point de

rencontre avec nos lecteurs. J’espère que cette opération te séduira !

 

Et ben, figurez-vous qu’elle me séduit, et même drôlement en plus…

Je m’en vais même bientôt enquêter plus précisément sur cette opération. Genre interview de l’initiatrice de ce Passe-Livre qui est une sacrée bonne idée (même si je sais qu'elle n'est pas inédite)…

28 septembre 2006

Soirée Décapage décapante!

medium_Decapge.jpgAprès le concert de Laurent Madiot au Set de la Butte (dont je parlais ici il y a quelques jours), je suis passé voir mes « amis » de la revue littéraire « reconnue d’inutilité publique » Décapage. Bon, j’ai mis entre guillemet le mot ami parce que, quand même, il ne faut pas exagérer, je ne les connais pas très bien, par exemple, nous n’avons pas gardé les vaches ensemble. Je les apprécie beaucoup, ça, c’est une certitude. Le rédacteur en chef de ce magazine « décapant » est le monsieur là, à droite. Jean-Baptiste Gendarme. Ce jeune homme charmant (et par ailleurs auteur de medium_Jean-Baptiste_Gendarme.JPGdeux bons livres que je n’ai pas lu donc, je peux me permettre de vous en parler, je suis journaliste je vous rappelle…) mène son équipe avec brio, efficacité et humour (d’après mes sources qui ne sont pas très fiables mais je fais comme si). Donc, à l’occasion de la sortie du numéro 29, JB (et son équipe) a voulu fêter comme il se doit cet évènement interplanétaire (mais que vont-ils organiser pour le n°30 ?).

Ca s’est passé au K1ze (15 rue Gaillon dans le 2eme à Paris). Je suis arrivé vers 23 heures et il y avait encore du beau monde. Le gratin de la jeune littérature française était là. Celui qui n’est pas encore très connu (je veux dire le gratin) mais qui est bourré de talent, les salauds (là medium_Regis_de_Moreira_et_Guillaume_Tavard.JPGce sont les auteurs)! Eux par exemple, à gauche, Régis de Sa Moreira (dont mon article sur son livre Le Libraire est dans ma sélection de livres.) et Guillaume Tavard (qui tient un verre de jus de pomme, très certainement.). Alors, voilà, ça papotte, ça discutaille la bavette, ça s’auto congratule, ça se critique, ça échange des idées, ça rit, ça ra Bernard… bref, ça vit ! Jean-Baptiste a rempli mon verre de vin alors que je ne lui avais rien demandé, j’avais juste tendu mon verre en le regardant avec des yeux de cocker. Evidemment, j’ai croisé quelques attachées de presses et quelques éditeurs. Là, à droite, c’est le boss des éditions Le Dilettante, medium_Dominique_Gaultier.JPGDominique Gaultier. Je lui explique que je veux le prendre en photo pour mon blog, il accepte, tout sourire, et quand je veux lui montrer le résultat, il m’assène un « j’m’en fous ! » de derrière les fagots. Etant un être très sensible, je tente de me réfugier en pleurs dans les bras de Philippe Jaenada et Christophe Paviot ( à gauche). Philippe a sorti un Kleenex et medium_Philippe_Jaenada_et_Christophe_Paviot.JPGm’a mouché en me disant : « Allez, souffle ! Et ne pleurs pas, petit ! La vie est rude, le chemin sinueux, il faut être fort. » Rasséréné, je me dirige vers le bar pour réfléchir sur le sens de la vie.

Et puis, JB Gendarme s’approche de moi en me tendant une feuille de papier. Il me demande de parler ici du Prix 15 minutes plus tard. Comme, je suis un peu crevé là, je vous fais illico un copié collé piqué sur le blog de Décapage. C’est un peu long mais très instructif .

 

 

Le voici :

 

Tout savoir sur le prix du 15 minutes plus tard

Le K1ze (café parisien) et décapage s’associent pour créer un prix littéraire : “le k1ze minutes plus tard”.

“le k1ze minutes plus tard” sera remis au K1ze, 15 rue Gaillon (Paris 2), 15 minutes après l’annonce du lauréat du prix Goncourt qui se remet par tradition juste en face, chez Drouant.

Quelle est la composition finale du jury ?
Emmanuel Adely, David Foenkinos, Philippe Jaenada, Serge Joncour, Xabi Molia (voir photo à medium_Xabi_Molia.JPGgauche, il était là aussi hier soir !)  Régis de Sá Moreira, Guillaume Tavard,

Que des hommes !
Ca s’est fait comme ça. Pour ce premier jury, on a souhaité s’entourer des gens qui nous avaient soutenus spontanément quand la revue n’était pas encore vraiment au point. Mais puisque nous voulons un jury tournant, on veillera à ce qu’il y ait plus de femmes l’an prochain.

Quel genre de livre sera récompensé ?
À priori, un roman français, publié en septembre 2006. Ou des nouvelles. Pas d’essai, ni de biographie, ni de document.

En quoi consiste le prix ?
L’enjeu du prix réside dans la possibilité de trouver un roman qui saura fédérer les membres du jury. Ils sont écrivains et ont été rassemblés à l’initiative de la revue décapage. C’est un détail qui a son importance. Dans les autres prix, les jurys se forment et se déforment selon les affinités. Pour « le 15 minutes plus tard » nous réunissons des auteurs qui n’ont ni les mêmes goûts, ni les mêmes attentes. On a regardé la liste des auteurs qui avait participé à la revue et on s’est rendu compte qu’il y avait parfois une grande différence entre eux. Que ce soit dans leur travail où dans leur façon d’appréhender la littérature. Et pourtant, ça ne nous empêchait pas d’aimer leurs livres. On s’est dit qu’il était possible qu’ils tombent d’accord sur un livre. C’est le pari qu’on s’est fixé.

Qui choisit les livres en compétition et y a-t-il un nombre d’ouvrages limite ?
Les livres sont choisis par les membres du jury, sous la bienveillance de l’équipe de décapage. C’est-à-dire qu’on va veiller à ce que les membres du jury s’intéressent aux livres de jeunes auteurs. Des livres dont on n’a pas forcément parlé. Chaque membre proposera deux ou trois coups de cœur. À partir de cette liste nous établirons la première liste du prix. Entre 12 et 15 livres seront sans doute retenus.

Vous n’avez pas peur de passer pour l’anti-Goncourt ?
Non. « Le 15 minutes plus tard » n’a rien d’un anti-Goncourt. C’est un nouveau prix à part qui ne s’oppose à rien, ni à personne. Nous organisions une soirée à chaque sortie de numéro au K1ze, un bar qui se trouve juste en face Drouant. C’est comme ça que nous est venue l’idée. On souhaite juste profiter de la présence des journalistes sur place pour annoncer notre lauréat. Entre-nous, si on remet notre prix 15 minutes après la Palme d’or de Cannes, les gens diraient qu’on n’est pas bien malin. Et ils n’auraient pas tort. Contre ça : 15 minutes après le Goncourt nous paraît un bon compromis.

Que gagnera le lauréat ?
La Maison Veuve Clicquot Ponsardin offrira un magnum de Brut Carte Jaune en étui Ice Jacket (étui néoprène permettant de conserver le champagne déjà rafraîchi pendant deux heures, avec sa poignée en cuir pour le service...). Veuve Clicquot ne prévoit pas de soutenir la littérature, mais ils ont décidé « de participer pour l’audace que représente ce prix en marge des Prix. ». Et l’hôtel de luxe Sezz offrira une nuit dans l’une de ses chambres conçue par l’une des têtes d’affiche du design français : Christophe Pillet.

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Juste au dessus... 2 membres du jury et JB qui ont l'air de diablement réfléchir... Voici donc la première sélection que ce dernier m’a filé hier. (‘tain, faut que je recopie tout !)

Itinéraire Spiritueux, Gérard Oberlé, Grasset

Chaos de famille, Franz Bartelt, Gallimard, La Noire

Rhésus, Héléna Marienské, P.O.L.

Impasse, d’Antoine Choplin, La fosse aux ours

Le Patrimoine de l’Humanité, Nicolas Beaujon, Le Dilettante

La vie est un miracle, Laurent Marty, Le Cherche Midi

Ce qui est perdu, Vincent Delecroix, Gallimard

Contour du jour qui vient, Leonora Miano, Plon

Dans le foule, Laurent Mauvignier, Minuit

Marge brute, laurent Quintreau, Denoël

Le cri, Laurent Graff, Le Dilettante

Les îles éparses, Jean-Louis Magnan, Verticales

Ars Grammatica, David Bessis, Allia

Trans, Pavel Hak, Le Seuil

 

La prochaine liste sera établie le 20 octobre. Evidemment, je vous tiens au courant !

Sans rire, c’est bien ce qu’ils font dans Décapage. Pour vous procurer cette revue, c’est par ici

P.S: Et j'ai même rencontré des blogueurs que je lis dont Prix de Flore 2006. C'était sympa toutes ces billevesées sur la blogosphère... ça nous a fait du bien de le dire.

22 septembre 2006

Soirée des 10 ans d'Atmosphériques

medium_Chedid.JPGJ’ai trouvé sur le myspace du Label Atmosphériques cette présentation. Je m’en vais te la commenter (Mandor, on ne tutoie pas des gens que l’on ne connaît pas !).

 

L'acte de naissance d'Atmosphériques date très exactement du 1er avril 1996. (Ben alors, pourquoi c’est y que c’était hier soir qu’on a fêté ça en grande pompe à l’école nationale des Beaux-arts (quai Malaquais) ?) Dès les débuts, la ligne de (métro ?) conduite (merde, perdu !) du label tient en quelques mots : "artistes et nouvelles musiques" (vous vous imaginez : « loosers et vieilles musiques toutes cradingues »). Un credo qui peut paraître tout simple mais que revendique haut et fort Marc Thonon (boirais bien un verre d’eau moi !), et qui constitue d’ailleurs la base de tous les grands labels fondés dans la seconde moitié du vingtième siècle, (dites donc, ça ne nous rajeunit pas tout ça !) depuis que la musique est devenue peu à peu une industrie tout en restant un art, (ah bon ?) et qu’en Europe et aux Etats-Unis des maisons de disques intelligentes ont largement participé à la découverte et au développement de nouveaux talents. (Amen !)
A l'heure où parler de "maison d’artistes" plutôt que de "maison de disques"
(jamais entendu parler de cette nouvelle expression !) est à la mode dans le paysage français des musiques actuelles et où il est de bon ton (à ne pas confondre avec « il est de bonne daurade », parce que ça ne veut strictement rien dire…) de se revendiquer esthète plutôt que businessman, (ouais mais ça c’est les nuls qui font ça !) Marc Thonon (encore un verre ?) et son label Atmosphériques font figures de précurseurs. De Louis Chedid (j’adore et d’ailleurs, elle est belle ma photo de lui là haut, en ouverture de reportage) aux Wriggles (j’adore), de Joseph d'Anvers (j’adore) à Wallen (j’adore), des Wampas (j’adore et il est MAGNIFIQUE mon portrait de Didier là, à medium_Didier_Wampas.JPGdroite, non ?) à Tahiti 80 (j’adore), de Martin Rappeneau (j’adore… en dessous, là, à droite) à Ghinzu (j’adore) voilà des medium_Martin_Rappeneau.JPGgroupes et des chanteurs qui sont "engagés" (et que j’adore) puisque leur obsession première est la qualité de leur art (c’est pour ça que je les adore), qu’il s’agisse de son versant musical, de son pendant littéraire, voire des deux à la fois (bien dit ! Comment vous avez le bec cloué là…).

Tout ça pour dire qu’hier soir, il y avait du gratin… rarement vu autant de chanteurs, de journalistes, de gens de maisons de disques et même de comédiens (que faisait-il là l’ami Timsit ?), surtout au medium_Au_bar.JPGbar. Bon, moi j’vais vous dire franchement, je ne sais jamais ou donner de la tête tellement il y a du monde. Et que je te serre la paluche à droite et que je te claque la bise à gauche… En plus, je devais (oui, il s’agit désormais d’une mission !) prendre quelques clichés de personnalités. Là, pris en flagrante conversation avec Mandor, Gaëtan Roussel, le chanteur de Louise Attaque (évidemment, ce n'est pas moi qui ai pris cette photo, je ne suis pas un Barbapapa!)… medium_Louise_attaque_edited.JPGEt puis, je ne me suis pas gêné pour aborder un Monsieur que j’admire (mais là, sans déconner) depuis des lustres. Jean-Michel Boris. Il a dirigé la mythique salle parisienne de l’Olympia pendant près de quarante-sept ans. Mis à la retraite en mai 2001 – peu avant le rachat de la salle par le géant Vivendi-Universal – celui qui a vu passer toutes les pointures de la chanson française continue pourtant à œuvrer dans ce métier qui reste tout pour lui. Je n’arrête pas de le croiser dans les salles dans lesquelles chantent medium_Boris.JPGdes nouveaux artistes. Il tient d’ailleurs une chronique dans le trimestriel Chorus et il donne son avis sur les spectacles qu’il va voir. C’est grand et généreux. Son « coup de cœur actuel » m’a-t-il dit hier, « c’est incontestablement Abd Al Malik ». Nous avons bavardé quelques minutes et je n’ai pas arrêté de le complimenter sur son action en faveur de la chanson française. Il a eu l’air ému. Regardez sa photo, à gauche, il ne respire pas la bonté ce bon papa noël ?

medium_Marchet_et_Souchon_fils.JPGAllez, une dernière photo et après je vous laisse. Là, deux artistes « en voie de développement », Florent Marchet (j’adore) et Pierre Souchon (j’adore)… Ils sont beaux, hein ?

Maintenant, j’explique pourquoi je suis quelque peu redondant avec mes "j'adore"… Quelqu’un m’a écrit récemment : « Sur ton blog, tu dis toujours que tu aimes les gens. C’est chiant ! Et pis, du coup, comment savoir si ce que tu dis est crédible puisque tout est bien ? »

Que je dise que j’apprécie les artistes que je rencontre, c’est vrai mais il est faux de dire que je manque de discernement. Je sépare l’homme de son art. Mais sincèrement, vous ne croyez pas que c’est facile d’être méchant, ordurier, de mauvaise foi et sarcastique ? Moi, je préfère l’humour, l’ironie, l’auto dérision et la critique constructive… Voilà, je sais, c’est nul de se justifier mais il est bon de préciser les choses quand même. Il y a suffisamment de blogs où l’homme crache son venin (salut Fishturn ! Ca va ?)

20 septembre 2006

Vincent Delerm, le bobo chanteur...

 

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Le titre, c’est juste pour faire un mauvais jeu de mot et rendre hommage à la chanson de Renaud, dont je parle, ci après…

Hier soir, donc, je mate la télé et vois Vincent Delerm se faire « moquer » gentiment par la bande à Ruquier… Il est décrit comme un gars qui parle lentement, chanteur pour « intellos », négatif dans ses propos, pas très « cool » et se tenant mal à la télé. Ca m’énerve un peu mais je constate aussi que se dégagent des commentaires une certaine tendresse et un attachement pour le personnage. Le type décrit ne ressemble pas vraiment à celui medium_Restau_la_lubie.JPGavec qui j’ai partagé un coca light (c’était trop délire !) la semaine dernière (mardi 12 septembre) au bar « La Lubie » à Paris, en face de sa maison de disque tôt Ou tard…). Je suis curieux de le rencontrer parce que je ne parviens pas à me faire une opinion sur lui. Humainement, je veux dire. J’arrive un peu en avance, lui et son attachée de presse, pile à l’heure. Anne-Marie nous laisse seuls (mais pas désoeuvrés) et la souriante patronne du troquet nous installe au fond de la salle. Il est sympathique, enlève ses lunettes, comme pour mieux écouter, ne pas se laisser distraire par la vie qui bouge autour de nous. C’est idiot de le dire mais Vincent Delerm est « normal ». Pas d’esbroufe, chaleureux, attentionné, poli. Le cerveau non pollué par le succès. D’ailleurs je lui fais remarquer sa simplicité :

medium_Delerm_aglae_400.jpg-D’abord, ce n’est pas le genre de la maison d’être imbu. Et puis, aussi, tu n’as pas intérêt à faire le malin avec ton public. Les gens qui viennent me voir en concert ou qui achètent mes disques, je les considère pour la plupart comme des potes, comme des proches qui m’ont vu grandir. Ils sont comme moi. Un jour, ils peuvent me dire : « Dis donc, tu as bien changé, tu as pris le melon… » Je vais te dire franchement, je me demande si on appartient pas au public. C’est un peu fort mais c’est ça.

Il est clair que la génération montante de la chanson française a du recul sur la notoriété, le vedettariat et le star system. Ils ne sont pas dupes. Je fais observer à Vincent Delerm qu’ils regardent avec prudence, voire avec détachement, l’engouement qu’ils suscitent.

-C’est un peu vrai, avec des gens comme Jeanne (Cherhal) et Bruno (Bénabar), on parle souvent de ça. medium_12.09.06_Vincent_Delerm_1_edited.JPGPlus jeunes, nous avons certainement rêvé que ça se passe bien pour nous mais ce qu’on vit aujourd’hui reste un rêve éveillé. C’est spectaculaire! Un courant global qui a porté plusieurs personnes en même temps. D’autres générations avant nous auraient mérités d’avoir ce courant. »

Nous parlons du journal pour lequel je travaille. Il me dit qu’il le lit fréquemment et qu’il connaît bien mon nom et ma plume. Que voulez-vous ? Je suis flatté. Un chanteur en état de marche, fidèle lecteur… Allons, allons, je finis par me dire qu’il me brosse dans le sens du poil mais je ne vois pas bien pourquoi il ferait cela. Pas l’air hypocrite le gars. Et lui, de me citer un de mes articles écrit il y a deux ans. Je suis sur le popotin. J’en profite pour lui demander ce qu’il pense de ce qui est écrit sur lui dans la presse.

-Comme tu ne peux pas faire l’unanimité, satisfaire tout le monde, je tente de me préserver de la lecture des papiers sur moi. Qu’ils soient excellents ou horribles d’ailleurs. Les uns te poussent à penser que tu es le roi du monde et les autres que tu es une sous-merde. Mais au final, quoiqu’ils disent, c’est un luxe que les journalistes parlent de ton album.

medium_delermPiqures390.2.jpgJustement parlons en de cet album (ma vraie critique est dans With the stars 3eme partie) réalisé par Peter Von Poehl, (dont le disque perso Going to where the tea trees are est une petite merveille).Vincent Delerm et son acolyte nous offre un disque à l’atmosphère nouvelle, entre légèreté et profondeur, moins de ritournelles tressautantes mais toujours des mélodies douces-amères et des petits portraits au fusain, drames en esquisses délicates et chromos rétros des bonheurs passés et surtout désormais présents. Je vous rassure Vincent s’est soigné, il ne parle plus à des photos de comédiennes, cesse de fantasmer sur les filles de 1973 et ne caresse plus des chiens dégueulasses… Non, le jeune Vincent a grandi. Quant au « name dropping », il a calmé ses ardeurs :

-Mon évolution logique était d’arrêter d’utiliser les noms propres. A force d’entendre les gens m’en parler, ça a fini par me dégoûter. Bon, j’en ai laissé quelques uns, histoire de dire à mon public : « Coucou, je suis encore là… moi et mes pianos voix, ma hantise du temps qui passe et les noms de tennis women… »  »

Pendant la conversation, mon magnéto s’arrête. Sans me demander, Vincent Delerm retourne la cassette et il medium_Delerm_aglae2_400.jpgpoursuit.

-Au début je voulais carrément restreindre le piano mais Peter m’a dit non. Le piano reste présent mais on va l’utiliser autrement. Et puis, je chante un peu plus que dans les deux précédents albums…

Oui, il est devenu un crooner. Pas trop excité tout de même, il ne faut pas exagérer. Delerm fils a gardé intact son art de l’ellipse et du suggéré. C’est sa grande force et son talent immuable mais de là à le traiter d’intello, le pas a été allégrement franchit par medium_20050719_vincent_20delerm_04.jpgbeaucoup. Son œil malicieux frise.

-Quand les gens qui ne sont pas venus me voir en concert et qui ne connaissent pas mon répertoire me catalogue, c’est dans la case étudiant, intello, arts et essais, avec sa veste rouge. Je suis un peu ça mais tellement plus encore.

Et être cité dans la chanson de Renaud comme le chanteur indispensable des bobos, il réagit comment le medium_12.09.06_Vincent_Delerm_2_edited.JPGprincipal concerné ?

-Si je ne connaissais pas du tout Renaud et que je ne sache pas qu’il m’aime bien, j’aurais peut-être vécu la chanson autrement. C’est la première personne de cette génération de chanteur qui a parlé de mon premier album, un matin à la radio. Ca m’avait fait hyper plaisir. Renaud m’a fait lire le texte de Les bobos lors de la soirée hommage à Ingrid Betancourt. Et puis, sincèrement, à 15 ans, je n’aurais jamais imaginé un truc comme ça. Etre nommé dans une chanson de Renaud. Mince !

medium_j_cherhal_leau_192.2.jpgLe temps passe et soudain je m’aperçois que l’heure est presque arrivée à son terme. Je lui demande s’il est pressé. Non. Bon, on continue alors. L’est sympathique ce jeune homme ! L’interview terminé, séance photo Mandorienne. On se « shoote » mutuellement. Marrant ! Il me demande ensuite si je veux aller avec lui à la maison de disque. J’accepte et j’ai bien fait. Nous tombons sur Jeanne Cherhal… J’aime beaucoup Jeanne Cherhal. Et son album à venir L’eau (23 octobre) me laisse pantois d’admiration pour la belle. Elle, y a pas ! Faut que je la connaisse mieux. Fascinante.

11 septembre 2006

Renaud... entre liberté et libations.

 

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Lundi dernier (le 4 septembre), bien installé dans ma voiture, direction La Closerie des Lilas pour rejoindre Renaud, je tombe sur l’émission  Les auditeurs ont la parole. J’entends un excité cracher sur le chanteur poète. Le matin même, répondant aux questions fines et subtiles de Fogiel sur RTL, Renaud a déclaré au sujet de Sarkozy et de ses « peoples » invités à ses universités d’été que Johnny était l’idole des vieux et que Doc Gynéco, l’idole de rien. Bon, rien de bien méchant. Mais plusieurs auditeurs déversent leur fiel sur Renaud, dont on sait pourtant qu’il aime ce genre de petite provocation. Amusant de savoir que je passe une heure avec lui tout à l’heure. Entre cette déclaration, « l’affaire Sarko » et son nouvel album Rouge Sang, il y aura de quoi bavasser. J’arrive donc un peu en avance à la cantine de Renaud (La medium_Rouge_sang.jpgCloserie est son antre) et Sophie, attachée de presse de chez Virgin Records, m’accueille chaleureusement, comme d’habitude. Une vraie gentille.

Je me pose plein de questions sur Renaud et suis même un peu impressionné. Je l’écoute depuis la fin des années 70 et fut un temps, je n’étais pas loin d’être fan. Il arrive, à l’heure pile. On ne peut pas dire qu’il fasse de l’esbroufe. Discrètement, il s’installe à sa place habituelle (table Jean-Edern Hallier) après une franche poignée de main. Il commande un pastis. Ah ! Première constatation, Renaud boit encore son « poison jaune ». J’attaque direct avec la polémique du jour.

-Fogiel, c’est le Voici de la FM. Plutôt que de me parler de mon nouvel album, il ne m’a parlé que de cette histoire de Sarko, de mon couple, de mon mariage, de mon divorce, de mes problèmes d’alcool, de ma fille qui aurait soit disant dit que je m’embourgeoisais… Très original, ça fait 30 ans que l’on dit que je m’embourgeoise ! Quant à Johnny, je l’aime bien, c’est un pote, mais ses idées politiques, j’en suis revenu.

Il garde un sourire ironique, comme si il se foutait de tout ce tintamarre. D’ailleurs, il s’en fout complètement, je crois. Je passe donc au sujet Sarkozy.

-Il y a une polémique stérile née d’un article du Parisien selon laquelle j’aurais traité Sarko de facho et que ma chanson Elle est facho se résumait à ça. Je vais mettre les choses au point. Si j’avais quelques griefs à formuler à l’égard de ce monsieur, je ne me limiterai pas à l’anathème facile, primaire et caricatural de « Sarko facho ». J’aurais d’autres arguments à lui opposer. J’ai juste écrit le portrait d’une Marine de banlieue, électrice du Front. A la fin j’ai ajouté, comme ça, pour m’amuser, que cette électrice facho votait Sarko. 

Je lui dis que n’étant pas le dernier des naïfs, il savait très bien que cette petite phrase n’allait pas passer inaperçue.

-Bon, c’est vrai, ça a fait marrer tout le monde quand j’ai suggéré ce passage. Mais enfin, chacun sait que l’électorat Lepéniste, séduit par les idées de Sarko, qui brassent, qui labourent dans celles de Lepen pour séduire son électorat, va probablement voter pour lui au second tour. Il n’y a pas insulte ou calomnie de dire ça !

L’objet de notre rencontre est quand même son nouveau disque. Après Boucan d’enfer en 2002, voici un Renaud pur jus qui redevient le chanteur énervant. Il ressort ses griffes même si on sent qu’elles sont usées. On retrouve ses amis Jean-Pierre Bucolo et Alain Lanty à la composition et aux arrangements.

-Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Ce sont des amis avant d’être des partenaires professionnels. J’aime leur travail, leurs mélodies qu’ils plaquent sur mes textes. Il n’est pas interdit de penser que, par goût du risque et de la nouveauté, je choisisse une autre équipe pour le prochain album. Enfin, ce n’est pas pour tout de suite.

On entend déjà beaucoup Les bobos à la radio. Dans cette chanson, Renaud s'amuse à vilipender une catégorie de personne qui l'irrite avec une mauvaise fois et une tendresse assumée.

-Certains de vos confrères ont résumé cette chanson à « Renaud s’en prend aux bobos, il attaque les bobos ». Non. C’est un portrait un peu taquin et ironique d’une génération, d’une classe sociale. Il y a juste une phrase négative : « Des gens que je n’aime pas trop » mais tout de suite après je dis que je fais parti du lot. De toute façon, on est tous le bobo de quelqu’un.

medium_t-ROMANE_SERDA_01_03.gifJe lui fais remarquer qu’il y a pléthore de chansons dédiées à Romane Serda. Que son amour pour elle transpire de partout dans son disque. RS & RS, Ma blonde, Jusqu’à la fin du monde, Danser à Rome, Je m’appelle Galilée… N’est ce pas un chouia excessif ?

-Ma fille Lolita m’a dit qu’il y en avait beaucoup. J’en avais fait pas mal pour sa mère mais étalées sur des albums différents. Là, au bout de la quatrième chanson sur Romane, Lolita m’a dit que ça devenait redondant. Ca doit lui faire quelque chose, c’est sûr. Mais toutes les chansons ont des angles différents. Quel rapport entre les cinq ? Aucun. Il y en a même une qui est érotique…

Dans Je m’appelle Galilée, il devient l’explorateur du corps de sa nouvelle femme.

-Oui, d’ailleurs Romane est très gênée, sa pudeur en a pris un coup. C’est un bel hommage à son anatomie.

Il rigole.

-Je me suis choqué moi-même, mes frères et sœurs, puritains protestants l’ont été également mais ils ont tous reconnus qu’il y avait de la tendresse, de la poésie et de l’humour.

Romane et lui, c’est finalement un peu comme Roméo et Juliette ?

-Roméo et Juliette s’engueulaient moins que nous je crois. Je rigole… Quoique. Nous vivons tous les deux un amour passionnel, les petites crises de jalousie ou d’incompréhension sont à la hauteur de la passion que nous avons, démesurée, elle aussi.

Ah bon ! Ils leur arrivent de s’engueuler ? Ils donnent pourtant l’image idyllique du couple que rien ne peut medium_renaud_fronce.jpgatteindre.

-On est un couple comme les autres. Quand je suis en public ou devant les caméras, j’ai envie de montrer mon bonheur, la béatitude et l’amour que m’inspire cette femme. Elle est exceptionnelle mais elle est comme moi, excessive en tout, dans ses passions comme dans ses colères.

Renaud commande un verre. Je reste sage avec mon pauvre café alors que j’ai une putain d’envie d’un bon ballon de rouge. Je ne sais pas pourquoi je m’abstiens de picoler avec lui. Certainement parce que j’ai devant moi un grand maître en la matière, ça me rend timide du gosier… alors, je lui parle de son écriture qui évolue encore plus dans cet album (ce qui n’a aucun rapport, je sais !)

-J’écris de manière plus classique, il y a un peu moins d’argot aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Si je chante toujours les mêmes thèmes banals comme l’amour, la vie, la mort, l’amitié, le temps qui passe et l’injustice, je laisse de côté les histoires de mobylettes. Dès Morgane de toi, j’ai ouvert un peu plus mon regard sur le monde et moins sur ma ville, ma rue et mon bistrot.

Renaud déteste les filiations, alors quand, pour le faire réagir, je le compare à Brassens, ses yeux se plissent d’agacement. Il est dans un bon jour, j’en profite.

-Brassens n’a pas d’héritier même s’il y en a qui s’en revendique…

(N.D.L.R Sous entendu Maxime Leforestier)

medium_Renaud_gif.gif-Il a simplement des enfants dont moi et beaucoup d’autres de ma génération font parti. Ceux qui aiment la poésie, la chanson, la littérature ont forcément été bercés par Brassens. Nous sommes tous liés par l’amour du mot juste, de l’humour, de l’ironie et de l’impertinence.

Renaud, dans cet album, interprète de nouveau des chansons « impertinentes », justement. Notamment J’ai retrouvé mon flingue, remake inspiré de son fameux Où c’est que j’ai mis mon flingue de 1980. Il tire à vue sur tout ce qui bouge. Il dégomme et décime.

-C’est une réponse, un clin d’œil aux critiques sympathiques ou non, de fans, de journaux qui prétendent que j’avais perdu mon flingue, ma sève, que je n’étais plus le rebelle de naguère, que j’avais été récupéré. J’ai voulu montrer que je n’avais rien perdu de mes indignations et de mes colères. J’ai donc dressé un tout petit inventaire de ce qui m’énerve aujourd’hui, et c’est déjà très long. Je voulais aussi démontrer que les mots sont des armes qui, même si elles ne tuent pas, peuvent parfois faire tomber les murs.

Il appelle ses chansons revendicatrices ses « petites chansons colères qui relèvent de l’utopie ». Est-ce pour désamorcer les éventuelles critiques ? Non, parce que parfois, moi personnellement, je le trouve bien démago…

-Ouais, Renaud démago, je connais ça mais je m’en fous. Quand on se bat avec des chansons contre des puissances économiques, industrielles, militaires, nucléaires ou autres, on a l’impression de se battre contre des moulins à vent. Même avec un public nombreux comme le mien, j’ai l’impression que je ne ferai jamais bouger les choses mais si peux au moins sensibiliser quelques personnes… je ne me prive pas.

« La cheutron sauvage » ne se prive pas, donc, d’évoquer l’Amérique du grand capital avec sa culture pitoyablemedium_compil.jpg à outrance, les religions (toutes), l’exploitation par les médias de la souffrance, de la mort et de la maladie. Renaud balance et ça faisait longtemps qu’on attendait ses nouveaux coups de gueule.

-J’ai eu un passage à vide dans ma carrière ou je n’avais plus envie de m’énerver contre ce monde. J’étais tellement malheureux moi-même, tellement pas bien dans ma vie, dans ma tête, dans ma peau que je me désintéressais totalement du reste du monde. Quand on a mal au crâne, c’est difficile de s’intéresser au mal de dent du voisin. Quand on est en parfaite santé, on a envie de l’aider et de lui filer l’aspirine. Bref, j’avais baissé les bras, là, j’ai retrouvé la rage et la hargne.

Ce n’est pas pour rien que l’album s’intitule Rouge Sang (mêmes initiales que Renaud Séchan et Romane Serda !)

-C’est le rouge qui bat dans mon cœur, mon cœur gorgé d’amour pour l’humanité. C’est aussi le rouge de la colère, du sang qui coule partout versé par les hommes. Rouge révolution, rouge drapeau, rouge coquelicot…

Nous évoquons différentes chansons à mon sens « importantes » de cet album. Notamment Elsa ou le suicide d’un jeune qui avait tout pour réussir et Pas de dimanche qui évoque les paysans français qui triment sans plus d’espoir pour continuer à gagner leur croûte. Renaud parle avec passion de ses sujets qui lui tiennent particulièrement à cœur. Je lui demande sérieusement si ce n’est pas difficile d’être un chanteur engagé qui s’engage réellement, un chanteur qui agit concrètement.

-La gloire, la vertu, la chance, le courage, l’intérêt d’un chanteur engagé, c’est justement de prendre des positions impopulaires. Moi, je n’ai jamais eu envie que mes chansons plaisent à tout le monde. Même si mon public est une espèce d’entité mystérieuse que je n’ai pas envie de décevoir, rien ne m’arrêtera d’aller au bout de mes idées et de mes convictions. Je revendique mon titre de chanteur engagé. Je n’ai pas envie de faire du Bruel ou de l’Obispo. Personnellement, je vous promets de ne gonfler personne avec mes histoires éventuelles avec le fisc…

medium_Renaud_aquarelle.jpgIl s’arrête soudainement. Il réclame de toute urgence un paquet de Marlboro Light au garçon.

-Je n’en n’ai plus. Là, je suis en manque. Vite ! Je pensais qu’il m’en restait.

Le voyant devenir fébrile, je lui en offre une. Evidemment, j’enchaîne judicieusement avec sa chanson Arrêter la clope.

-Je fume près de 60 cigarettes par jour. Romane gueule un peu parce que nous avons un enfant, Malone, qui est né le 14 juillet dernier (un futur révolutionnaire !) alors je vais fumer dehors… Je ne peux pas arrêter parce que je suis gravement intoxiqué. La clope, ça tue, ça craint, ça rend malade. Si la cigarette n’existait pas et qu’un industriel inventait ce produit, le mettait sur le marché, on le prendrait pour un fou et il finirait sa vie en tôle. Un truc qui coûte cher, qui ne sert à rien, qui contient 4000 produits chimiques dont 75 cancérigènes, qui tue une personne sur deux parmi les grands consommateurs… et ça marche.

Il me sert sa diatribe tout en fumant. Il voit que ça me fait marrer. Je lui demande pourquoi il n’a pas écrit une chanson sur l’alcool. Sujet sensible.

-L’alcool fait moins de mort par an que le tabac. Mais, bon, on ne va pas comparer les drames, ni faire une hiérarchie dans les poisons. L’alcool avec modération n’a jamais fait de mal à personne, le tabac si.

Bon, bon… Moi qui suit amateur de la dive bouteille, je m’incline devant cette thèse irréprochable et pas du tout de mauvaise foi. Sinon, ça se passe comment sa nouvelle paternité ?

-Ben, c’est moins facile de dormir 4 heures par nuit à 55 ans que ça ne l’était à 28.

Il réfléchit puis ajoute :

-J’ai fait beaucoup d’erreurs avec ma fille, je vais essayer de ne pas les renouveler avec mon fils. Je sais bien que j’ai fait souffrir Lolita quand je me suis séparé de sa maman mais j’espère qu’elle sait que je lui ai donné tout mon amour et qu’elle est importante pour moi. Au début, elle n’a pas apprécié l’arrivée de Malone, aujourd’hui, je crois qu’elle l’aime bien. Elle commence à digérer le fait que je me sois marié avec une fille plus jeune et que je lui ai fait un enfant. Mon ex femme, Dominique, et Romane s’entendent bien alors il n’y a pas de drames importants, juste quelques souffrances que je déplore mais qui medium_Renaud-Betancourt.2.jpgs’atténuent avec le temps...

Avant de quitter Mister Renaud, je lui demande des nouvelles d’Ingrid Betancourt dont il défend la cause avec vigueur depuis quelques années.

-J’ai bu hier un thé avec sa sœur Astrid et sa maman Yolanda Pulecio. Elles n’ont aucune nouvelle et sont désespérées. Moi aussi, mais je ne baisse pas les bras. Je vais continuer à me battre pour exiger son retour.

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Sophie vient timidement (mais professionnellement) voir si nous avons terminé l’entretien. Le prochain journaliste (du JDD) patiente à une autre table. J’ai utilisé plus de temps que prévu. C’est rare mais là, j’avoue que je me sentais particulièrement bien. Renaud était en verve et loquace, j’en ai profité. Avant de le quitter, et après la photo Mandorienne habituelle, il me complimente pour mon « interrogatoire en règle » (quoi, il y a du mal à se vanter?). Je le sens sincère. Quand j’aime un artiste, je suis contrarié si la rencontre est sans âme. Là, je me plais à m’imaginer qu’il s’est passé un petit truc, que belle rencontre il y a eu. Enfin, j’espère. Laissez moi mes illusions.

07 septembre 2006

Elodie frégé, ange et démon...

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Douce Elodie qui rime avec Mélodie. L’idée de passer une heure en tête à tête avec elle dans une chambre d’hôtel n’est pas pour me déplaire. Je le dis, je le répète, le métier de journaliste culturel est très difficile. Bref, rendez-vous donc jeudi dernier (31 août) à l’hôtel Renaissance Paris Vendôme. Dans le hall, Christophe (son attaché de presse) me présente le manager de la chanteuse. Il semble un peu curieux, voire inquiet de ce que je peux penser de l’album Le jeu des sept erreurs. Il tente de me convaincre de la beauté du disque « qui est différent du premier, mieux réalisé, plus abouti… ». Je l’arrête en lui disant que justement, j’avais déjà aimé le premier et qu’étant fan de Benjamin Biolay (voir là, je parlais déja de cette collaboration), je suis encore plus sous le charme du second.

Nous montons dans une suite. En attendant que les deux animateurs débutants d’IDFM (radio du Val d’Oise) finissent leur interview, Christophe me propose de regarder le clip de La ceinture, le premier single, qui tourne en boucle dans un salon. Très sophistiqué, sensuel, léché… Il est en noir et blanc et réalisé par Jaco Van Dormael (Toto, le héros, Le huitième jour")

C’est enfin à moi. Je rentre dans la chambre et je vois une jeune fille, habillée en Bardot des années 60 (voir photo Mandorienne). Un visage d’ange et un sourire lumineux, des yeux rieurs. Bon, on est là pour bosser pas pour tomber amoureux ou quoique ce soit dans ce genre.

De toute façon, son album n’est pas enclin à nous faire croire à l’amour éternel entre un homme et une femme (chabadaba).

 

medium_Frege_2.JPG-Moi, j’ai un caractère particulier. Je suis quelqu’un de très compliquée à vivre, très difficile, vraiment. Je suis un peu psychopathe et beaucoup torturée. De plus, j’ai tendance à tomber amoureuse d’hommes qui ne sont pas spécialement fait pour moi. 

Elle est comme ça, la diaphane Elodie, très franche. Alors, puisqu’elle a décidé de tout dire, voyons un peu ce qu’elle pense de son nouveau mentor, Benjamin Biolay.

-Ce mec me faisait peur avant que je le connaisse. Quand je l’ai vu dans le public à un concert de Florent Marchet, j’étais pétrifiée de me présenter à lui mais il fallait que je le fasse. Je voulais tant qu’il écoute mon travail et qu’il devienne mon réalisateur… En fait, il a été super cool. 

Il accepte de bosser avec… Mais pourquoi donc ?

-Il me dit que c’est parce qu’il sent que nous sommes pareils. On n’a pas besoin de se parler pour se comprendre même pendant l’enregistrement de l’album, souvent, les regards suffisaient. Aujourd’hui, il est l’une des personnes avec lequel je me sens le plus proche dans ce métier. Il a compris qui j’étais réellement. J’ai encore du mal à réaliser, c’est énorme de travailler avec un mec comme ça ! 

Dans ce disque, un thème revient souvent : l’infidélité.

medium_00602498395837.jpg-L’infidélité me fait super peur parce que j’en suis capable, comme tout le monde… et puis j’en ai souffert. Je préfère me dire que la personne avec qui je suis va m’être infidèle plutôt que de penser que ça ne va jamais m’arriver et tomber de haut, me ramasser, me vautrer dans la détresse… J’ai demandé à Jacques Lanzmann de m’écrire une chanson sur la jalousie et l’infidélité mais abordée avec ironie. C’est comme ça que  La fidélité  est née.

Oui, mais Jacques Lanzmann, lui, est décédé. Cette chanson est son dernier texte.

-Quand j’ai appris qu’il était mort, j’étais complètement retournée. Il m’avait appelé la semaine précédente pour que je lui donne le numéro de Benjamin. Il souhaitait travailler avec lui. Il était très drôle comme gars…

Dans Fous de rien, elle chante les dimanches où il ne se passe rien au sein d’un couple.

-Je n’aime pas les dimanches car quand un couple va mal, c’est caricatural. On attend que la journée passe en regardant la télé, en attendant le repas du soir. J’ai vu ça 1000 fois autour de moi et dans ma propre vie. Moi, j’ai trop de vie, trop de spontanéité pour supporter cela. J’ai trop besoin de surprises et de feu dans mon existence. Je ne veux pas me faire chier avec quelqu’un qui n’a rien à me dire.

Je lui dis que cette chanson me faisait penser au film Le chat avec Gabin et Signoret.

-Putain, je n’y avais pas pensé mais c’est tout à fait ça ! Quand j’ai vu ce film, certaines scènes me donnaient mal au ventre de douleur tellement je me disais que je ne voulais pas devenir ça.

C’est connu, Elodie Frégé a toujours dit qu’elle n’avait jamais eu de chance dans sa vie sentimentale, mais il est étonnant qu’une jolie et talentueuse jeune fille comme elle soit devenue méfiante à l’extrême en sa destinée amoureuse. Au fond, croit-elle encore à l’amour ?

-Oui, malgré tout. Je suis assez fleur bleue. J’ai toujours l’impression, dans un coin de ma tête, qu’il y a medium_31.08.06_Elodie_Frege_2_.JPGquelqu’un qui m’attend quelque part. Peut-être l’ai-je déjà croisée sans le savoir ? Je me dis qu’il y a un moment pour tout et que, si ça se trouve, il y a plusieurs princes charmants dans une vie… En fait, j’ai tendance à être fataliste pour ne pas être trop déçue.

Et le mariage, qu’elle évoque en filigrane dans Il en faut ?

-Je trouve qu'il met l’homme et la femme dans un contexte de séduction amoindri. J’ai peur de devenir une mère plutôt qu’une femme. J’ai peur de ne plus être un objet de désir pour mon mari quand j’aurai des enfants. Ca me traumatise carrément !

Et elle, d’évoquer Desperate Housewives.

-Je suis fan de la série parce que je m’y retrouve pas mal. J’ai chopé la saison 2 sur Internet… Ah oui ! Faut pas le dire ça ! J’en suis déjà au 19 éme épisode. Hé hé !

Je lui avoue que j’ai du mal à comprendre la différence entre ses écrits et la fille qui se tient devant moi. Elle signe 6 textes, beaux mais tous tellement pudiques que finalement compliquées, tortueux et torturés.

-En apparence, je suis un peu « mine de rien ». Joviale, fraîche, rigolote, bonne vivante mais au fond, un peu psychopathe.

Je lui fais remarquer que c’est la deuxième fois qu’elle utilise ce mot, plutôt fort, pour parler d’elle. Elle sourit.

-Il n’y a que les gens très proches de moi qui savent comment je suis quand je pète les plombs. Je suis capable de trucs invraisemblables. J’écris des chansons torturées à cause de ça parce que sinon, je peux piquer des grosses crises de nerf. Vous ne pouvez pas savoir ce qui se cache sous cette façade de fille « de brise printanière »… C’est très noir. Très.

Un long silence. Puis elle ajoute.

-Ce n’est pas facile de vivre avec un esprit comme le mien, vous savez. Par exemple, je suis incapable de me concentrer sur quelque chose, incapable d’avoir de la mémoire, incapable de me souvenir des prénoms des gens, c’est horrible dans ma vie quotidienne. Quand on me dit quelque chose, je suis entrain de penser à tellement de trucs en même temps que je ne retiens rien.

medium_31.08.06_Elodie_Frege_1_edited.JPGMais c’est cette ambivalence qui m’incite à penser que cette fille là va faire une grande carrière. Au cinéma aussi. Son côté ange ou démon toujours sur le fil du rasoir, en équilibre… va plaire très longtemps. Une certitude. Avant de clore l’entretien, elle me demande, les yeux dans les yeux.

-Dites moi la vérité. Vous croyez que mon disque va plaire au public. Non, parce que j’ai l’impression que ce qui marche en ce moment, c’est plutôt Ilona Mitrecey ou le Papa Pingouin.

Elle se met à chanter « Le papa pingouin, le papa pingouin, le papa, le papa, la papa pingouin, le papa pingouin s’ennuie sur la banquiiiiseu ! » Je regarde Elodie Frégé, amusé, en me disant que c’est certainement son grain de folie qui me fait craquer. Moi, la fragilité et la solitude des êtres humains me touchent plus que tout. Merci à elle de ne pas se rendre compte du talent et du charisme qu’elle transporte avec elle. Pourvu que ce « charme » dure !

03 septembre 2006

Miguel Angel Munoz, le latin lover multi média...

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Il y a quelques jours, je reçois le sampler (disque avec uniquement des extraits d’1mn30) d’un type appelé Miguel Angel Munoz. Sa tête me disait vaguement quelque chose mais, moi, tout ce qui est latin lover et compagnie, ce n’est pas précisément ma tasse de thé. Je mets donc le disque de côté quand ma femme passe me voir dans mon bureau, l’antre secret dans lequel je ponds les chefs d’œuvre que vous lisez ici même, la langue pendante d’éblouissement et les yeux écarquillés d’admiration ( ?)

medium_MAM_3.JPGElle me dit :

-Oh, c’est Roberto !

Mais qui peut bien être Roberto ? Une connaissance de ma femme ? Un prétendant à qui il va falloir que j’aille casser la gueule ? Le jardinier ?

Donc, judicieusement et avec un esprit fort à propos, je demande :

-Roberto ? Qui c’est ce naze ?

Alors là, j’apprends que Roberto est un élève qui veut apprendre à devenir acteur, chanteur et danseur dans « Un, dos, tres ». Bon, un branleur aussi, dans la série d'M6, il paraît.

-Tu vas le rencontrer dis, mi amor ?

Oui. Rencontrer « en vrai » les gens qu’elle admire fait de moi, dans ma vie conjugale, un héros des temps modernes… (bien que là, je crois que ce sont ses biscotos qu’elle admire… mais enfin, bref !)

Ainsi donc mercredi dernier (30 août), à 10h, j’ai rendez-vous à l’hôtel Duret pour interviewer Miguel Angel qui sort son premier album solo le 4 septembre: MAM. En attendant que l’artiste finisse de petit-déjeuner, je papote avec Gaëlle, l’attachée de presse d'M6 Interactions puis, fais la connaissance de deux nanas (genre lolitas) un peu foldingues… Après leur avoir claqué la bise, je demande qui elles sont. Je viens donc d’embrasser Stéphanie et Marina, les deux animatrices de l’émission de Canal J : Lollytop. Des stars de demain, si ça se trouve !

Bref, Gaëlle me présente aussi Astrid, qui sera ma traductrice durant l’entretien. Elle est espagnole et très sympa (ce qui, il est vrai, n’est pas incompatible).medium_MAM_2.JPG

On nous installe dans un petit salon privé et c’est parti mon quiqui !

Miguel Angel Munoz est professionnel jusqu’au bout des ongles. Il répond à mes questions de manière volubile tout en faisant croire que c’est la première fois qu’il les entend… Ce qui est appréciable pour l’ego. En fait, je suis certain d’être affreusement banal. Mais que dire d’original à un type dont je ne comprends même pas les paroles de chansons ?

 

-Je parle d’amour, de désenchantement amoureux, de la liberté, de l’amitié. Et je conseille aux gens de ne pas rester les bras croisés en attendant que la vie s’impose. Il faut bouger, travailler et surtout croire en soi. 

Original, non ? Mais, bon, c’est à moi de poser les bonnes questions. Parce que si je me contente de lui demander quand il a pris le goût de chanter, ça donne en gros, ce genre de réponse…

medium_MAM_1_.2.JPG-Je suis un artiste multi facette. Depuis l’âge de 9 ans, je suis acteur. La musique est apparue dans ma vie grâce à « Un, dos, tres »… Je n’y avais jamais pensé avant. Quand la production a décidé de créer le groupe Upa Dance avec quelques acteurs de la série, j’ai trouvé ça génial. Aujourd’hui, j’aime autant chanter que jouer la comédie. J’ai conscience que, sans la série, je n’aurais pas pu être là où j’en suis actuellement. 

Alors, vous apprenez des trucs nouveaux là ? Non. Si vous achetez Fan de ou Star Mag, vous lirez la même chose. J’essaie donc d’aller plus loin dans les confidences... qu’il m’explique, par exemple, la fragilité de la vie d’artiste.

-Je suis conscient que le fait d’être connu est éphémère et que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Ce qui est important pour moi, c’est d’être présent pendant longtemps, de durer. Ce que je souhaiterais, c’est que, l’année prochaine, nous ayons rendez-vous tous les deux, ça voudrait dire que je continue mon chemin en France. Je voyage dans 20 pays différents en ce moment et je suis connu partout mais je sais que lorsque la série cessera d’être diffusée, plus personne ne se souviendra de moi si je ne continue pas à travailler sérieusement. 

Donc le travail, la rançon du succès éternel... Pas mal, oui, en effet.

-Vous ironisez j’ai l’impression. Vous savez, je suis conscient qu’il n’y a que peu d’élus qui peuvent mener de front deux carrières différentes. Pour l’instant, le public sait juste que je suis un acteur capable de danser et de chanter en plus. Il faut que je montre encore plus. 

D’où une recherche de crédibilité en jouant au théâtre… (Dès le lundi 4 septembre, à Madrid.)medium_1.jpg

-C’est une des raisons. En tant qu’acteur, je persiste à dire que le théâtre est la meilleure école. Et je veux effectivement que l’on ne me considère pas uniquement comme le Roberto de « Un, dos, tres », c'est-à-dire un type léger, inconséquent qui ne pense qu’à jouer la comédie, danser et chanter… Je ne renie pas ce rôle parce que j’ai adoré le jouer. En règle générale, plus le personnage est différent de moi, plus je trouve drôle de l’interpréter. 

Je lui parle aussi de l’obsession qu’il a de son image, de son souci de vouloir tout gérer, d’être finalement le seul maître de son destin face à un monde factice et cruel. (Où je vais chercher tout ça ? C’est beau, non ?)

-J’ai toujours le dernier mot mais je suis très attentif à l’avis des professionnels qui sont là depuis plus longtemps que moi. Je n’aime pas me plaindre du travail des autres alors je fais les choses puis je les montre aux gens compétents et nous choisissons ensemble. Ainsi, je suis certain d’être satisfait. 

Dubitatif, je lui demande si on ne lui a rien imposé pour ce disque là, qui est quand même pas mal calibré « latin lover qui sait se trémousser ». (Ricky Martin, si tu me lis !)

-J’étais présent sur toutes les étapes du disque, dès le début. Le choix des morceaux a été fait entre la maison de disque et moi. J’ai reçu beaucoup de chansons et c’est moi seul qui ai choisi les 20 derniers morceaux. On a mis 8 titres de côté. Franchement, il n’y a rien que je n’aime pas sur ce disque. Il y a des chansons que j’adore, d’autres que j’aime beaucoup et les autres que j’aime…

Waow, les nuances ! Je lui demande pour conclure, s’il croit en sa bonne étoile. (Merde, il était 10 h du mat… J’étais un peu fatigué, la drogue, l'alcool, j’avais du me lever tôt parce que j’habite dans le Val d’Oise, tout ça quoi!)

-J’ai conscience que j’ai eu beaucoup de chance parce que de nombreuses opportunités incroyables se sont présentées à moi. Mais, je pense que la chance peut arriver à tout le monde. Il faut juste être éveillé pour la voir arriver. Ensuite, il faut la saisir, s’accrocher à elle et ne plus la lâcher. Et puis, il faut bosser, bosser, bosser.

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Voilà, c’est terminé… Petite séance photo Mandorienne et la journaliste suivante fait son entrée. Je reprends un café avec la gentille attachée de presse et sa chef venue la rejoindre. Cette dernière me propose d’écrire des bios pour eux… Pourquoi pas ? Il est temps pour moi de prendre congé et de rejoindre les embouteillages.medium_oc.2.jpg

Je zappe sur ma radio et je tombe sur « Loco, loco, loco… » (le vrai titre c’est Diras Que Estoy Loco ) mais je n’arrive pas à le dire… Il n'y a pas à dire, je ne suis pas fan de ce genre musical.

Euh… sinon, lundi après-midi, je rencontre Renaud pour la sortie de son nouvel album Rouge sang. Comme d’hab, ça va se passer dans sa cantine (de luxe) La Closerie des Lilas… En tant que trentenaire bien tassé, il fait partie de mon panthéon personnel (avec les Souchon, Cabrel, Sanson, Chédid, Balavoine et autres Goldman), c’est vous dire si je suis content.

01 septembre 2006

Isabelle Alonso, chienne qui ne mord pas!

medium_V73_Livres_Isabelle_Alonso_photo_.jpgL’homme est faible. Je suis faible. Je pensais que ma rencontre avec une chienne de garde allait être une joute verbale ironico-hypocrite mais alors, pas du tout…

Isabelle Alonso me donne rendez-vous au bar de l’hôtel du Louvre (le Defender) à 18h00. Comme, évidemment, j’arrive largement en avance, je pose mon fessier sur le bar qui fait face à l’hôtel. Je commande un verre de Bordeaux, puis un deuxième, puis un troisième (j’étais vraiment très en avance) tout en lisant, regardant les gens passer et respirant l’air vif et sain de la capitale (qui a dit que les hommes ne pouvaient pas exercer plusieurs activités en même temps ?) L’heure H arrive et je reçois un coup de fil de Gilles Paris, l’éminent et sympathique attaché de presse d’Isabelle (et par ailleurs auteur de deux jolis romans). Il me prévient qu’elle aura une trentaine de minutes en retard.

-Tu comprends, elle était invitée par Bern dans sa nouvelle émission. Elle était là pour évoquer le cas Ségolène Royale.

-D’accord Gilles, je patiente.

Garçon ! Un autre s’il vous plait !

Pour être franc, le livre d’Isabelle Alonso L’exil est mon pays (Editions Héloïse d’Ormesson) m’a beaucoup plu. Elle raconte sa petite enfance au sein d’une famille d’exilés politiques espagnols qui débarque en France dans un petit village. Un livre plein d’humour qui raconte surtout comment une fillette apprivoise le déracinement et se débrouille avec ses questions de mômes… (ma chronique sur le livre est dans la rubrique Mille feuilles, à gauche).

Je m’installe au Defender. Mince, il y a peu de luminosité… L’ambiance feutrée, c’est sympa pour un rendez-vous galant mais pour faire une interview avec mes notes couchées sur une feuille mal imprimée (parce que je suis à court d’encre chez moi), c’est pas la joie ! Tant pis, je vais improviser, de toute façon, le thème m’intéresse. Je vis avec une arménienne (donc ma fille de 16 mois est moitié arménienne, je réalise tout juste… ça alors !), vous pensez si je connais les problèmes d’exil et de déracinement.

Isabelle Alonso arrive mais ne connaissant pas la tête de son futur interlocuteur, je la laisse essayer de deviner avec qui elle a rendez-vous (quel espiègle personnage je suis !) Au bout de 30 secondes (ma pitié arrive vite) je me signale à elle. Et là, je tombe sur un nana pétillante, souriante et très sympathique. L’osmose dans toute sa splendeur.

-Je prendrais bien une petite coupette si ça ne vous dérange pas.

-Bon, deux coupettes alors !

Nous voilà donc lancés dans des explications sur son livre. Le pourquoi du comment. medium_V73_Livres_Isabelle_Alonso_cover_.jpg

Et je lui parle de son écriture. Subtile, tendre. Les propos tenus sont des réflexions enfantines, mais sa façon d’écrire reste celle d’une adulte maîtrisant parfaitement la langue française (Isabelle Alonso a fait des études littéraires).

 

-Ce livre est un voyage très subjectif dans mon enfance. Je voulais échapper au discours bêtifiant et aux mots faussement naïfs qu’on n’a plus quand on est adulte. Les mots d’enfants sont magnifiques quand ils sont dits par des enfants.

 

Ce roman autobiographique n’est pas larmoyant au contraire, il est plein d’espoir et d’humour.

 

-L’humour est la défense ultime. Dans toutes les dictatures et chez tous les peuples opprimés, la première chose qui se développe, c’est l’humour. C’est vraiment un sparadrap contre l’adversité.

 

Encore aujourd’hui Isabelle est une femme qui s’interroge tout le temps. Exemple :

 

-Qui aurais-je été si mes parents n’avaient pas eu à quitter le pays. Si j’étais née en Espagne en 1930, aurais-je pu survivre telle que je me plais à me considérer aujourd’hui ? Je n’en suis pas sûre. Je pense que je serais morte. Dans une société très conservatrice, très bloquée, je n’aurais pas pu m’en sortir.

 

Au lieu de cela, en France, elle s’en est bien sortie la diablesse !

 

-Je suis arrivée à la télé par hasard… mais le hasard existe-t-il vraiment ? Si au départ, dans la vie, on a eu le sentiment d’être méprisée pour ce qu’on est, après, on a toujours le désir très excessif d’être approuvé, accepté, intégré par les autres. Ce désir, pour moi, est une fragilité.

medium_arton498.2.jpgFragile, je constate qu’elle l’est. Rentrant assez loin dans ses souvenirs, parlant de ses parents, de ce qu’ils ont vécu et fait pour les protéger (les enfermer dans un cocon de bonheur, un peu à la manière de Roberto Benigni dans La vie est belle), elle s’arrête de parler, des sécrétions lacrymales coulent sur sa joue… Je lui dis que si elle s’implique autant dans chaque interview, elle n’a pas finie de verser des torrents de larmes. Elle se ressaisie très vite. Puis pleure encore un petit coup.

-Vous comprenez, je ne peux même pas voir à la télévision l’image d’un réfugié marchant sur une route. C’est pour moi insupportable ! Les images du Liban cet été…

Silence… yeux mouillés, encore. Bon, comme j’ai l’art de détourner la détresse humaine (et l’art de savoir consoler tout en douceur), je change de conversation. Je lui parle de son image qui lui colle à la peau et lui avoue même que, parfois, son côté « chienne de garde » me sort par les trous de nez.

-Pour moi, c’est un honneur d’être féministe, parce que les féministes ce sont des femmes qui ont fait avancer l’humanité de façon merveilleuse. Etre féministe, c’est se battre contre l’injustice, contre l’exploitation, contre l’oppression. Je revendique tout ça et je me fous totalement des gens qui trouve ce terme péjoratif, ils ont simplement un manque de culture…

N’en jetez plus, la coupette est pleine (enfin, plus vraiment) ! Je l’interroge ensuite sur son rapport aux livres.

-Je suis épanouie quand je le vois physiquement. C’est quelque chose de palpable que j’ai fait. J’ai un sentiment de plénitude. En plus, mon nouveau livre à l’air de plaire encore plus que les précédents. Ce matin, j’ai reçu un courrier très positif de Benoîte Groult et un de Gisèle Halimi.

Isabelle manque de s’étouffer avec des cacahuètes, il est temps pour moi de lui parler sexe (ne cherchez pas de rapport, il n’y en a pas.). Il y a des pages osées dans son livre. Elle raconte ses premiers émois sexuelles, ses attouchements solitaires (il y a notamment une scène avec un bâton de rouge à lèvre de sa mère, pas piquée des hannetons !)

-Pour moi le sexe est tellement éminemment positif et génial que je me dis que les pervers et  les pédophiles ont gagné, que tous les gens qui salissent la sexualité ont gagné parce que finalement, on entend qu’eux. Vous entendez, vous, les gens qui ont une sexualité juste joyeuse, débridée, tranquille et sereine ?  Moi, je voulais juste décrire sincèrement quelque chose qui fait partie de mes souvenirs. Ne pas en parler aurait été une forme d’auto censure que je réprouve. L'évoquer est très sain.

Bref, ce fut un moment vraiment très surprenant. Isabelle Alonso devrait faire gaffe à son image… Elle agace plein de gens alors qu’elle est agréable et qu’émane d’elle un fluide positif, humainement chaleureux.

-Mais les gens me voient comme ils veulent bien me voir. Mes discours à la télé, chez Ruquier par exemple, ne sont pas radicaux contrairement à ce que l’on pense… Je suis même plutôt gentille. L’étiquette que l’on me colle n’est pas celle qui me correspond.

Du coup, j’écouterai plus attentivement ce qu’elle raconte. Peut-être édulcore-t-elle ce qu’elle est ou est-ce moimedium_isabellealonso_laurent_denis.jpg qui ai des œillères ? Je ne sais plus trop. Mais, de toute façon, quelle importance ? J’ai passé un joli moment, il me semble qu’elle n’a pas été dérangée par ma personne.

La « mauvaise » réputation, depuis Brassens, on sait ce que c’est…

Rien à voir, mais ce soir la Star Ac’ revient ! Cela me permet de préciser que je prépare une note sur Elodie Frégé, gagnante de la troisième mouture (dont la photo est déjà sur With the Star 3eme partie). Je l’ai rencontré hier après-midi. Je n’en suis pas encore complètement remis…

29 août 2006

François Hadji-Lazaro, le dernier des rebelles...

medium_V73_Musique_Francois_Hadji-Lazaro_cover_.2.JPG« Moi les blogs, je ne comprends pas qu’on s’y adonne… Si c’est pour écrire à des lecteurs inconnus et voyeurs que j’ai fait tomber mon bouchon de dentifrice sous le lavabo, j’ai beau me triturer les méninges, je n’en vois pas l’utilité. » Bon, d’accord, je n’insiste pas. François Hadji-Lazaro n’est pas très ouvert à ce nouveau moyen de communication. J’évite donc de lui parler des « chroniques de Mandor », j’ai peur qu’il tire des conclusions hâtives sur mon humble personne. Ne déconnez pas ! Le François, assis en face de soi, il impressionne. Pas vraiment le physique d’une danseuse étoile de l’opéra de Paris (Aaaah ! Aurélie Dupont, si tu me lis…)

L’ex Garçon Boucher, Pigalle, Los Carayos… m’a donné rendez-vous hier après-midi dans un troquet de la porte des Lilas… medium_hadji-lazaro-2.jpgIl est fermé. Nous allons dans celui d’à côté. Son attaché de presse s’installe avec nous. J’ai horreur de ça mais je m’abstiens de faire le moindre commentaire. Bertrand est sympa, je laisse couler et finalement, l’entretien se déroule à merveille… François Hadji-Lazaro est quelqu’un d’ouvert (ce n’est pas un scoop !) et de chaleureux intériorisé. On sent qu’il est content mais ça ne se voit pas. Nous parlons de son nouvel album (voir chronique et photo Mandorienne dans l’album With the stars 3eme partie, à gauche…). Je lui dis, un peu en fayotant, que je trouve qu’il à l’art de présenter des chansons aux textes finement ciselés racontant des histoires originales, nous permettant, simples quidams, de nous sortir de nos vies quotidiennes banales (peut-être étais-je excessif?)

medium_Hadji-Lazaro.jpg-Mais est-ce qu’on les écoute tant que ça les paroles ? Moi, je dois avouer que je n’écoute pas les textes de mes confrères… Le dernier Miossec, par exemple, je ne sais même pas de quoi ça parle. Je m’en fous ! Ce que je retiens c’est l’atmosphère.

Je trouve curieux cette réflexion de la part d’un type si exigeant, réaliste, engagé, sensible, original…

-Très franchement, je ne pense pas être un parolier génial, ni un mélodiste hors pair, encore moins un musicien exceptionnel mais je suis particulièrement bon dans le cocktail de tout ça ! Ce sont les arrangements qui sont primordiaux. J’ai refusé d’avoir des producteurs pour mon disque. AZ me l’a proposé. Personne n’aura une meilleure connaissance que moi pour manipuler le genre d’instrument que j’utilise dans mes disques.

Oui parce que François Hadji-Lazaro en utilise tout plein et de manière iconoclaste. Des médiévaux, des medium_fhl11.jpgtraditionnels, à vents, électriques et électroniques, samplers, séquencers, percussions vocales… Il continue, comme au bon vieux temps, à faire ce que bon lui semble sur ses disques. De la musique juive Yiddish (ou d’Europe centrale), du trash métal, de la musique cajun, du reggae, du rock musette, Hadji-Lazaro reste fidèle à lui-même…

-C’est bizarre que Universal continue à me faire confiance. Je leur dis d’ailleurs. Je sais que je suis invendable. Alors que tout le monde pleure pour rester dans les maisons de disque, moi, je ne change aucunement mon attitude. Je suis un peu parallèle et fonctionner en survie ne me dérange pas.

medium_doc-1052.jpgLe genre de discours qu’AZ ne doit pas vraiment apprécier. Se déprécier devant un journaliste n’est pas franchement conseillé. Mais voilà, François Hadji-Lazaro est comme ça. Brut de décoffrage ! Allez essaye un peu de te mettre en valeur, l‘ami !

-Ok ! Je ne suis pas un chanteur de rock, ni un chanteur de chanson française traditionnelle. Je suis un chanteur populaire… simplement, mon populaire est de petite taille… »

Ah ? Alors, Michel Sardou/Hadji-Lazaro, même combat ?

Eclats de rire de l’artiste et de Bertrand.

-Non, même maison de disque. C’est déjà pas mal. Mais, par contre, je veux bien qu’on échange nos royalties quand il veut… 

medium_28.08.06_Francois_Hadji-Lazaro_edited.JPGLe François, il est resté rebelle dans l’âme et dans son attitude. Il ne changera pas. On aura beaucoup de mal à mettre le lascar dans une case bien définie. Ce vilain petit canard notoire se fout bien des règles établies et c’est comme ça qu’on l’aime. Il sera sur scène à Paris au Café de la Danse le 1er, 2 et 3 novembre… Faut y aller. Un des derniers authentiques, ça ne se loupe pas !

Ce soir, je discutaille dans un bar près du Louvre avec Isabelle Alonso (oui, oui, la chienne de garde) au sujet de son livre « L’exil est mon pays » (Editions Héloïse d’Ormesson). Très surprenant ce « roman autobiographique ». Certaines scènes m’ont laissé sur le cul ! (terme choisi exprès !)

19 août 2006

Cali, l'homme émotion...

medium_20050909-cali_20beau_20goss.jpgMontant à cru un noir destrier fougueux, rebelle à l'amour courtois, Cali va, debout, de front, le crayon bien affûté face aux sentiments extrêmes, au chaos brûlant de ses amours où ruptures, blessures et jalousies donnent le ton. Baroque, folk, rock ou classique, Menteur, produit par Daniel Presley, poursuit l'épopée et regorge aussi d'humour bien senti, tel un sceau du bouillonnant Catalan.

Mais, je ne vais pas chroniquer de nouveau son deuxième disque car medium_20050909-cali4.jpgc'est fait ici dans l'album photo With the stars, 2eme partie… je viens juste confirmer que Cali est un garçon aussi gentil qu’il en a l’air. Le 6 septembre 2005 (presque un an, tout de même !), Eric, le valeureux et sympathique attaché de presse du bonhomme m’accueille à EMI. Je le connais bien donc nous discutaillons une bavette en attendant l’artiste. Je regarde ma montre et constate que l’heure du rendez-vous a sonnée depuis 5, puis 10 puis 30 puis 45 minutes. Je lui dis :

-Tu ne crois pas qu’on peut interrompre le journaliste précédent ? Tu as vu l’heure ?

Je le sens un peu gêné.

-Euh, oui mais c’est B. D. ! Tu comprends, c’est important pour nous qu’il fasse un bon papier pour le Figarum. Je ne peux pas le précipiter.

-Mais il ne s’agit pas de le précipiter. Il a déjà dépassé de 45 minutes le temps initial!

medium_20050910-cali_20bo.jpgJe respecte beaucoup ce monsieur car il est l’un des plus fin connaisseur de la chanson française (et bosse d’ailleurs aussi pour le trimestriel Chorus, ma bible) et que sa plume est belle. Mais, putain ! Ce n’est pas une raison pour ne pas respecter les autres journalistes, d’autant plus qu’il m’avait déjà fait le coup avec Ariane Moffat. Eric continue de me parler mais il voit que je commence à faire la gueule.

-Bon, ok, j’y vais !

Résultat, une heure de retard…

Cali me sent énervé.

-Pardon, mais, je ne pouvais pas l’interrompre.

-Non, non, ce n’est rien…

Je me suis juste demandé qui était la vedette ? Le journaliste du Figarum ou le chanteur ?medium_20050928-cali_20bo_20yeux.jpg

L’entretien avec un personnage comme Cali ne peut que formidablement bien se dérouler puisqu’il a une véritable chaleur humaine sincère. Sa sensibilité à fleur de peau me touche… (mais qu’est ce qui ne me touche pas, au fond ?) Outre l’album, nous évoquons sa campagne promo loupée. Sa publicité télévisuelle a été censurée car il tournait gentiment en dérision le gouvernement français (qui pourtant ne le mérite pas. Chichi, Sarko et le beau de Villepin sont, vous n’allez pas me dire le contraire, des gens irréprochables et exempts de tout reproches !)

-Ouais mais du coup, on en a beaucoup parlé dans la presse et ça m’a fait un sacré coup de pub !

medium_20050923-cali_20blog.jpgCali est un enfant. Je veux dire par là qu’il continue malgré le succès à s’extasier de tout. Une lueur, que dis-je ? Une étincelle luit dans ses yeux. L’homme est heureux.

-Tu sais, je me dis tous les jours qu’il faut que j’en profite. Tout ce qui m’arrive en ce moment est du bonus, la cerise sur le gâteau. Les belles choses qui me tombent dessus m’éblouissent, me surprennent, me rendent heureux à un point inimaginable.

Je sors mon Kleenex et me mouche à chaudes larmes d’émotion (si, si, c’est possible !) Nous sommes au milieu du jardin de la maison de disque, à la vue de tous. Je me reprends. Un Mandor dans l’exercice de ses fonctions se doit de rester digne. Mais il en remet une couche, le salaud.

-Et tu vois, quand je lis la fierté dans le regard des gens de mon entourage, alors là, il n’y a rien qui me fait plus craquer.

-Bououououh réponds-je fort à propos.medium_homphoto9.jpg

Il poursuit.

-Je n’y peux rien. J’ai besoin d’amour. On m’en donne énormément mais j’en veux toujours plus. Même avant, j’ai toujours eu besoin de me sentir aimé là où j’étais. Quand quelqu’un ne m’aime pas, ça me rend malheureux… 

Je fonds en larmes sur son épaule. Cali me console en me disant des paroles réconfortantes. Comme quoi il m’emmènera faire un tour de manège cette après-midi et puis après on ira voir la ferme de Bécassine, là ou il y a des animaux de petites tailles. Oh oui, tonton Cali !!! La ferme de Bécassine ! La ferme de Bécassine !

medium_cali_2005_240x180.jpgJe me ressaisis et redeviens le journaliste irréprochable que j’ai toujours été. Je l’écoute me parler de son engagement pour la condition des pères divorcés par rapport à leurs enfants. Cali prend position pour la résidence alternée. Il me parle de son association fondée en 2004 L’amour parfait dont l’objet est d’organiser des activités artistiques au profit d’autres associations oeuvrant pour la protection des enfants et le soutien aux parents en détresse.

Mais soudain, nous voyons passer Alain Souchon devant nous… Cali me dit :

-Il faut que j’aille lui serrer la paluche. Je suis fan.

-Et tu vas lui demander un autographe ?

-Tu rigoles mais je suis à deux doigts de ce genre de comportement.

Un enfant, je vous dit ce Cali. Heureusement que moi je suis adulte. Ca relève le niveau.

A la fin de l’interview, le chanteur s’est levé, m’a pris sur ses épaules et comme promis m’a emmené voir les manèges et la ferme de Bécassine. Il y avait des poneys, des cochons nains, et des poussins. Il y en a un, il s’est approché de lui et il est resté avec nous toute l’après-midi. C’était bien. Mais quand il a fallu se séparer les uns des autres après avoir mangé medium_0026_edited.jpgune barbe à papa géante, j’ai regardé Cali et Caliméro en me disant que c’était vraiment trop injuste de se quitter alors qu’on s’amusait si bien.

N.B : Les propos tenus sont véridiques, je suis moins certain de la véracité des faits concernant le déroulement de l’interview et de la journée. Par contre, je tiens à dire à monsieur B.D du Figarum que ce serait bien qu’il apprenne le respect. Ses petits camarades de jeux officiants dans d’autres journaux, même de moindre importance, n’ont pas à subir son impolitesse. Une heure de plus, ça frise la goujaterie !!!

Et la photo en bas à droite est celle que j'ai prise personnellement et ne soyez pas de mauvaise foi, avouez que c'est la meilleure de toutes!